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 LE PRÉSAGE, LES NUAGES, L'INFINI, L'IMPORTANCE, L'ÉVOLUTION.

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yanis la chouette



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MessageSujet: LE PRÉSAGE, LES NUAGES, L'INFINI, L'IMPORTANCE, L'ÉVOLUTION.   Mar 9 Jan à 3:41

TIGNARD YANIS‏ @TIGNARDYANIS · 8 hil y a 8 heures
LA SÉRÉNITÉ OBSERVE LE SOMMEIL ET LE PEUPLE DEMEURE DANS UN SILENCE SUR LE SINGULIER DE L'AVENIR: LA CONSCIENCE LIT LE SAVOIR ET LE SECOURISME SUBIT DES MORTS DANS L'INTERVENTION DES ACTIONS: LES ACCIDENTS. LES ENQUÊTES SUIVENT SON COURS EN ÉTHIQUE ET RÉALITÉ: LA JUSTICE. TAY

PEUPLE, LA MÉMOIRE ACCENTUE LE PRÉSAGE ET LES NUAGES MESURENT L'INTENSITÉ DU MESSAGE. LA NATURE DISTINGUE DIEU DANS L'INSTANT AFIN DE SE FAIRE UNE IDÉE DU PLAISIR ET DE LA RESPONSABILITÉ CIVILE DANS LA RÉALITÉ: L'INFINI, L'IMPORTANCE ET L'ÉVOLUTION. TAY

LE CONCEPT DU DISTINGUER APPARTIENT AUX CONCEPTS; LES CONDITIONS AMÈNENT AUX CIRCONSTANCES: AINSI SONT LES YEUX DES VICTIMES LORSQUE IL S'AGIT D'UN ACCIDENT MAIS DEVANT LE CRIME, LA BLESSURE DEMANDE UNE EXPLICATION AUX GLAIVES DE L'ÉTAT. TAY

TIGNARD YANIS‏ @TIGNARDYANIS · 26 sil y a 26 secondes
CLARTÉ, subst. fém.CLARTÉ, subst. fém.A.− 1. Réverbération ou lumière irradiée d'un corps céleste (soleil, lune, etc.), d'un feu, ou de tout moyen artificiel d'éclairage permettant de distinguer nettement les objets. La clarté du jour, des étoiles, du soleil, de la lampe.
TAY

Selon son auteur, L'Illusion comique est un « étrange monstre » qui mêle plusieurs genres dramatiques (comédie, tragégie-comédie, tragédie) pour offrir une sorte de démonstration sur les pouvoirs du théâtre à une époque où celui-ci s'affirmait comme un art majeur et respectable.

Contexte de la création

L'action concertée du cardinal de Richelieu (qui vient de créer l'Académie française en 1635) et d'un groupe d'auteurs dramatiques permet en effet d'envisager une renaissance du théâtre qui souffre alors d'une réputation de barbarie et de mauvaises mœurs. Ce mouvement ne renie pourtant pas le passé, puisqu'il prend pour modèles à peine déguisés des traditions reconnues: la pastorale et la commedia dell'arte, venues d'Italie, ou encore la comédie romanesque et la tragi comédie, particulièrement développées en Espagne.
Corneille déploie dans sa pièce tout un arsenal de moyens qui à la fois démontrent la richesse des possibilités d'expression du genre, et suggèrent que l'« illusion » de la scène, loin d'être corruptrice et dangereuse (comme le soutiennent nombre de gens d'Église), permet de mieux saisir les complexités de la condition humaine, et apporte des plaisirs tout à fait dignes de la meilleure société.
Lorsqu'il compose L'Illusion comique, il a déjà fait jouer plusieurs comédies (Mélite, La Suivante, La Veuve, La Galerie du Palais, La Place Royale), une tragi-comédie (Clitandre) et une tragédie (Médée), qui font déjà de lui le chef de file de la dramaturgie nouvelle qu'on nommera bien plus tard « classique ». Pourtant, cette pièce éminemment baroque bouscule à peu près tous les principes selon lesquels on identifie le classicisme, comme les unités de lieu, de temps et d'action, ou la bienséance qui interdit de montrer un crime sur scène, sans parler du mélange des tons entre le sérieux et le comique. Par la suite, Corneille s'efforcera de montrer qu'il sait se montrer respectueux des règles néo-aristotéliciennes, même s'il défendra toujours la nécessité de les adapter aux besoins de la représentation.

Une pièce sur le théâtre

Le véritable sujet de L'Illusion comique, indépendamment de l'intrigue amoureuse et romanesque, c'est le théâtre lui-même, et ce qu'il nous apprend sur notre rapport à la réalité. Ainsi la structure de la pièce propose-t-elle un double enchâssement, puisque nous, spectacteurs, assistons à l'histoire de Pridamant qui recherche son fils Clindor (Acte I), et qui lui-même assiste à un spectacle de «spectres parlants» (Acte II-IV) lui exposant les aventures du jeune homme. Alors que l'Acte V, après un autre changement de scène, semble montrer la suite de l'histoire de Clindor, il s'avère finalement d'un autre niveau de fiction, puisque c'est une pièce jouée par les héros qui s'étaient faits comédiens. Pridamant, emporté par le pouvoir de la représentation, a pris pour la réalité ce qu'il savait pourtant n'être qu'un leurre ; mais cette méprise lui a fait découvrir l'histoire de son fils et surtout comprendre le pouvoir du théâtre et son honorabilité. Corneille termine donc sa comédie par un satisfecit d'Alcandre (magicien-metteur et scène) et une apologie de l'art dramatique qui a recouvré tout son éclat.

Les courants qui composent L'Illusion comique

Si, contrairement à beaucoup d'autres oeuvres françaises de l'époque, L'Illusion comique n'imite pas une pièce antérieure en particulier, elle rassemble en revanche une pluralité de courants esthétiques et thématiques alors privilégiés:

•Le «théâtre dans le théâtre» est considéré comme l'un des traits distinctifs de l'art dramaturgique baroque qui veut signaler au spectateur le statut fictionnel de l'œuvre, alors que néo-aristotélisme (le « classicisme » français) voudra au contraire effacer les marques de la fiction pour produire une illusion de réalité aussi convaincante que possible. Avant Corneille, Gougenot et Georges de Scudéry firent jouer presque en même temps (1631-1632) deux pièces portant le même titre de Comédie des comédiens, alors que Rotrou reprendra le même principe métathéâtral dans son Véritable Saint-Genest, en poursuivant la réflexion dans le sens du merveilleux chrétien. C'est pourtant L'Illusion comique qui reste la démonstration la plus virtuose du jeu entre la représentation et la réalité, en multipliant les registres pour tromper la vigilance du spectateur—qui comme Pridamant se perd dans les niveaux fictionnels pour s'être laissé prendre à la continuité de l'intrigue. Dans un ultime effet de miroir, le spectateur se voit finalement désabuser par l'auteur, tout comme Pridamant par Alcandre

•Le romanesque pastoral et tragi-comique caractérise à la fois la marche de l'intrigue avec ses multiples rebondissements, le décor et les personnages eux-mêmes. La pastorale représente une tentative de créer un genre raffiné dont les personnages seraient de qualité—même si leur identité se dissimule sous celle de bergers et bergères—sans pour autant impliquer les préoccupations politiques propres à la tragédie, ni un dénouement catastrophique, bien que les héros s'y trouvent mis en péril.

•La pastorale exige d'abord un décor, celui d'une nature idéalisée selon le modèle antique de l'Arcadie, réactualisé aux XVe et XVIe siècles en Italie dans des œuvres qui connaissent une diffusion internationale, comme le Pastor Fido de Guarani et L'Aminta du Tasse, et qui trouveront un prolongement en France dans le roman précieux, dont la célèbre Astrée d'Honoré d'Urfé. Le genre repose sur de complexes relations sentimentales que ponctuent des mises à l'épreuve, des disparitions, des fausses morts, des retrouvailles inattendues, et l'intervention de forces surnaturelles (comme celle du magicien Alcandre). Dans la deuxième moitié du siècle, la pastorale, loin de décliner comme on le croit trop souvent, passera dans le domaine de l'art lyrique—tous les premiers opéras véritablement français s'y rattachent.

•La tragi-comédie emploie des personnages de qualité plus proches de la réalité quotidienne, confrontés à des situations où les sentiments peuvent se mêler aux affaires d'Etat—Le Cid de Corneille, parangon du genre, en fournit un bon exemple—, sans pour autant comporter d'aspect comiques. Elle aussi finira par disparaître en tant que forme indépendante vers le milieu du siècle.

•La commedia del'arte constitue la source principale du renouveau dramatique au XVIIe siècle, en synthétisant à la fois la tradition populaire et les recherches esthétiques menées dans les académies de la Renaissance en Italie. La commedia se fonde sur la virtuosité verbale et physique de l'acteur, sans passer par un texte commun à tous; chacun compose son rôle à partir de fragments (de la phrase à une scène entière) propre à son personnage, qui garde ses caractéristiques d'une pièce à l'autre—les «types fixes» comme Arlequin, Colombine, Pantalone, le Docteur, dont certains portent un masque et un costume distinctif. Le personnage de Matamore et ses « rodomontades » sont directement empruntés à cette tradition (ils remontent d'ailleurs au théâtre antique), de même que, plus fondamentalement, la juxtaposition de personnages galants et grotesques.

L'Illusion comique offre donc un impressionnant catalogue de thèmes, de courants et de lieux communs qui pouvaient en 1636 définir l'art du théâtre en train de devenir la forme d'expression la plus prestigieuse du siècle. Remarquons tout de même que Corneille prend le contrepied de la vision du monde comme théâtre qui avait dominé la fin de la Renaissance—« All the world's a stage » chez Shakespeare (As You Like It, vers 1600), El Gran teatro del mundo de l'Espagnol Calderon (vers 1633)—en démontrant que le théâtre recèle en lui un monde intérieur capable de rivaliser avec l'univers environnant...

ACTEURS

ALCANDRE, magicien
PRIDAMANT, père de Clindor
DORANTE, ami de Pridamant
MATAMORE, capitan gascon, amoureux d'Isabelle
CLINDOR, suivant du capitan, et amant d'Isabelle
ADRASTE, gentilhomme, amoureux d'Isabelle
GÉRONTE, père d'Isabelle
ISABELLE, fille de Géronte
LYSE, servante d'Isabelle
GEÔLIER de Bordeaux
PAGE du capitan

CLINDOR représentant THÉAGÈNE, seigneur anglais
ISABELLE représentatnt HIPPOLYTE, femme de Théagène
LYSE représentant CLARINE, suivante d'Hippolyte
ERASTE, écuyer de Florilame
TROUPE des domestiques d'Adraste
TROUPE des domestiques de Florilame

La scène est en Touraine, et en une campagne proche de la grotte de magicien.

Synopsis de l'intrigue

ACTE I

(1) Désespéré de ne pouvoir retrouver son fils Clindor, qui avait quitté la demeure familiale sur un coup de tête, Pridamant demande conseil à son ami Dorante qui lui suggère de consulter un magicien, Alcandre. (2) Celui-ci propose au vieil homme de lui faire voir les aventures de son fils sous forme de «spectres animés». (3) On découvre donc que Clindor, aprés de nombreuses errances, est entré au service du capitaine Matamore, et a su charmer une jeune fille de bonne famille, Isabelle, que son patron cherche en vain à séduire.

ACTE II

(1) Sous les yeux de Pridamant et d'Alcandre, (2) Isabelle est également courtisée par un jeune gentilhomme, Adraste, qui effraye Matamore (3) et se dit bien déterminé à demander sa main à son père Géronte en dépit de la froideur de l'accueil qu'il a reçu. (4) Alors que Matamore ne se rend pas compte de l'ironie d'Isabelle à son sujet, (6) Clindor peut lui faire la cour en se sachant préféré, (7) même si Adraste n'entend pas céder la place et (Cool s'allie avec Lyse, suivante d'Isabelle qui aime Clindor, pour empêcher les amours des deux jeunes gens.

ACTE III

(1) Isabelle refuse d'obéir à son père qui lui intime d'épouser Adraste (2) et qui a bien l'intention de la forcer contre son gré, (3-4) et fait fuir Matamore venu faire sa demande. (5) Clindor explique a Lyse que son coeur balance entre elle et sa maîtresse, (6) ce qui ne dissuade pas la suivante de vouloir poursuivre son complot avec Adraste. (7-Cool Matamore, caché par peur de la bastonnade, découvre avec stupeur les projets de Clindor et d'Isabelle, résolue à désobéir à l'autorité paternelle; (9-10) mais lorsqu'il veut s'interposer, son valet réussit à l'effrayer et à le convraincre de lui abandonner la partie. (11) Géronte et ses sbires font irruption en compagnie d'Adraste, qui agresse Clindor mais se fait blesser. (12) Alcandre indique à Pridamant, très inquiet, que son fils est bien vivant.

ACTE IV

(1) Isabelle vient annoncer que Clindor n'a été que légèrement atteint, mais qu'il a tué son rival et attend en prison son exécution prochaine ; elle promet de ne pas lui survivre, et de revenir sous forme de fantôme pour torturer son père, qu'elle tient responsable. (2) Lyse lui révèle alors qu'elle a séduit le geôlier de Clindor, qui pourra s'évader le soir même, (3) et exprime son regret d'avoir provoqué cette crise par sa jalousie. (4) Sur ces entrefaites, on retrouve Matamore, qui s'était caché dans un grenier quatre jours durant par peur des valets de Géronte. (6) Alors que le geôlier confirme sa participation dans l'évasion pour l'amour de Lyse, (7) Clindor s'attend à être exécuté et se rend compte que c'est bien Isabelle qu'il aime; (8-9) après un ultime moment de désespoir, il se voit pourtant sauvé en voyant les deux jeunes femmes. (10) Alcandre prévient Pridamant que les aventures de son fils ne sont pas terminées pour autant.

ACTE V

(1) A la suite d'un changement de scène, Isabelle—apparemment devenue princesse—se plaint à Lyse de l'infidélité de son mari, qui s'apprête à la tromper avec Rosine, épouse de son bienfaiteur, le prince Florilame. (2) Clindor, trompé par la demi-pénombre, se déclare à celle qu'il croit être Rosine avant de découvrir qu'il s'agit d'Isabelle, laquelle le couvre de reproches et menace de se donner la mort; (3) ébranlé, l'inconstant la supplie de lui pardonner. (4) L'officier Eraste, qui surveillait le couple adultère pour le compte de Florilame, fait irruption avec une troupe d'homme de mains, poignarde Clindor et fait enlever Isabelle pour la livrer à son maître qui la convoite. (5) Alors que Pridamant est définitivement convaincu de la mort de son fils, il découvre que cet épisode n'était qu'une tragédie jouée par Clindor et Isabelle qui ont entrepris le métier de comédien ; Alcandre lui vante alors les vertus du théâtre et fait ressortir le bien-fondé du choix des jeunes gens, emportant l'adhésion du vieux père enfin rasséréné.

King Crimson - Asbury Park.
https://www.youtube.com/watch?v=LJ3UnGQCT1E







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MessageSujet: Re: LE PRÉSAGE, LES NUAGES, L'INFINI, L'IMPORTANCE, L'ÉVOLUTION.   Mar 9 Jan à 4:08

Une illusion est une perception reconnue comme différente de la réalité. Si son usage est initialement philosophique, particulièrement dans sa branche ontologique, elle a intégré le langage courant et donné lieu à des usages spécifiques, notamment en science.
TAY


La réalité est l’ensemble des phénomènes considérés comme existant effectivement. Ce concept désigne donc ce qui est physique, concret, par opposition à ce qui est imaginé, rêvé ou fictif. Si son usage est initialement philosophique, particulièrement dans sa branche ontologique, il a intégré le langage courant et donné lieu à des usages spécifiques, notamment en science.

Étymologie

Le terme français réalité, tout comme ses équivalents anglais (reality), allemand (Realität), suédois (realitet), italien (realtà) ou espagnols (realidad) dérive d'un mot forgé au XIIIe siècle par le philosophe scolastique Duns Scot : la realitas.

Construit à partir du latin res, la chose, ce concept désigne alors à la fois le principe et l’actualité d'un objet donné. Dans la tradition scotiste, la réalité d'une pierre comprend à la fois son essence (l'idée de pierre qui permet d'identifier toutes les pierres existantes) et son concret (cette pierre en particulier)2.

Un scholiaste de Duns Scot, Pierre Auriol note ainsi que « le terme « chose » se prend en deux acceptions : d'une part au sens d'une chose essentielle, — et alors il n'est pas vrai que l'être de la pierre ne soit que sa réalité —, d'autre part au sens de la réalité actuelle, et alors cela est vrai ; il en résulte que dans la pierre existant effectivement, il y a deux réalités, (l'une essentielle, la pierréité, et l'autre accidentelle, à savoir l'actualité). »3.

L'acception scotiste de la réalité domine la pensée européenne jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Publié en 1692, le Lexicon rationale seu thesaurus philosophicus d'Étienne Chauvin ne voit dans ce terme qu'une caractéristique de l’entièreté de la chose. « la doctrine des Scotistes »4. Des acceptions concurrentes ont pourtant déjà émergé plus tôt dans le siècle. Dans sa Troisième méditation, René Descartes développe le thème d'une réalité objective très éloignée de la realitas des scotistes : la réalité objective c'est tout ce qui se distingue à la fois de la fiction et de « l'être de raison ». La réalité objective de l'idée désigne ainsi ce processus mental de représentation qui attache une idée à une chose positive5.

Les sensualistes anglais radicalisent l'approche cartésienne. Chez George Berkeley la reality devient presque synonyme d’effectivity. Dans son Traité de la nature humaine, David Hume oppose clairement le réel au possible : appartient au réel non pas ce qui peut exister, mais ce qui existe effectivement6.

Réalité : essence et sensible

Pour les philosophes de l’Antiquité, la réalité est manifeste dans deux mondes : celui des essences, et celui du sensible.

La réalité du monde des essences est en particulier le domaine de la métaphysique et des religions.

Pour Platon, il faut dépasser l'apparence sensible, fugace et changeante des choses, pour accéder au monde des idées, qui fonde tout ce qui existe dans le monde sensible, et en permet la connaissance. L'apparence sensible est donc une forme d'illusion, en tout cas d'imperfection de l’archétype parfait. Kant en revanche considère que la réalité pour l’être humain n'est rien d'autre que celle qui lui apparaît, sa manifestation sensible ; elle est donc d’ordre phénoménal, la chose en soi étant, elle inconnaissable. Du coup, du fait de cette dissociation, la réalité n'est pas conçue comme identique ou équivalente à la vérité.

Le philosophe Karl Popper a proposé une approche différente de la réalité. Il a découpé le réel en trois mondes7 (Métaphysique des trois mondes) :
1.le monde 1 des objets physiques, vivants ou non
2.le monde 2 des ressentis et des vécus, conscients et inconscients
3.le monde 3 des productions objectives de l'esprit humain (aussi bien des objets que des théories, ou des œuvres d'art)

Selon cette approche, les contenus de pensée comme les rêves, les fictions, les théories font partie du réel. Le réel est donc pris dans un sens de « tout ce qui existe ». Cependant, Raynald Belay souligne dans le Dictionnaire des concepts philosophiques que « [m]ême si elle suppose conceptuellement l'identité, la permanence et l'univocité, la réalité ne peut être invoquée que sur le fond d'une différence première entre elle et ce dont on la distingue (apparence, phénomène, simulacre, rêve, illusion, idée ou idéal...), ce qui soulève une difficulté, puisque ce qui n'est pas la réalité et se confond parfois avec elle doit participer de celle-ci pour exiger cette discrimination. »8

Réalité et réel en psychanalyse

Article détaillé : Réel, symbolique et imaginaire.

La psychanalyse étudie une « réalité psychique » associée à l'appareil psychique: elle donne le statut de réalité à l'esprit et l'étudie comme un lieu ou un appareil, composé de différents phénomènes, systèmes ou instances. Sigmund Freud compara par exemple cette réalité à une ville réunissant d'anciens monuments et des bâtiments modernes. La psychanalyse ne discrédite cependant pas l'idée d'une « réalité extérieure » ; il s'agit en fait de redonner sa place au psychique.[réf. nécessaire] La notion de relativité de la réalité est également étudiée par René Laforgue dans un ouvrage du même nom.

Pour Jacques Lacan, le réel est ce qui fait objection au savoir. Ainsi, la démarche de connaissance consiste à investiguer le réel pour bâtir un savoir qui constitue notre réalité. Le réel s'impose donc au sujet et est caractérisé par l'inquiétante étrangeté (Unheimlich). La réalité, quant à elle, relève de la dimension imaginaire.

La réalité dans les sciences

Max Planck

Pour Max Planck, « la question de savoir ce qu'est une table en réalité ne présente aucun sens. Il en va de même ainsi de toutes les notions physiques. L'ensemble du monde qui nous entoure ne constitue rien d'autre que la totalité des expériences que nous en avons. Sans elles, le monde extérieur n'a aucune signification. Toute question se rapportant au monde extérieur qui ne se fonde pas en quelque manière sur une expérience, une observation, est déclarée absurde et rejetée comme telle »9. Par conséquent, la couleur rouge est la réalité pour le voyant et n'est pas la réalité pour l'aveugle. La notion de réalité dépendant des expériences vécues, elle est donc nécessairement variable en fonction des individus.

Richard Dawkins

Richard Dawkins estime qu'on peut définir la réalité comme ce qui peut rendre les coups (« Reality is what can kick back »).[réf. nécessaire] C'est, selon lui, le seul critère qui permet de la distinguer, sans discussion possible, de l'illusion.

Cette définition particulière a pour effet de définir comme réelles :
La réalité virtuelle (ce qui justifie d'ailleurs l'emploi du terme de « réalité »)
Les nombres premiers; en effet, aucune décision arbitraire ne peut empêcher un nombre premier de l'être, ni deux personnes qui n'ont jamais communiqué ensemble et vivent sur deux continents différents de découvrir les mêmes sans jamais s'être concertés.

Cette position est voisine de celle de l'écrivain Philip K. Dick pour qui « la réalité, c'est ce qui continue à s'imposer à vous quand vous cessez d'y croire ».[réf. nécessaire]

La notion de réalité dans le constructivisme

Selon la pensée constructiviste, qui s'oppose partiellement au réalisme, la réalité serait une expérience inévitablement relative à celui qui l'appréhende. La connaissance ne permet pas, dans cette logique, d'accéder a une perception « plus vraie » des choses; elle serait plutôt une donnée, une réalité en soi, celle de l'expérience de ce qui est. Le constructivisme postule ainsi la réalité comme une construction de l'esprit qui resterait toujours relative à celui qui la perçoit comme une réalité.

Edgar Morin préfère parler de coconstructivisme pour éviter l'image d'une réalité issue d'une construction exclusivement mentale. Il exprime ainsi une « collaboration du monde extérieur et de notre esprit pour construire la réalité ».[réf. nécessaire]

Autres

En 1981, l'ouvrage collectif intitulé L'invention de la réalité10 présente ce qu'est le ressenti de la réalité, et explique également comment il peut évoluer. Cette exploration est établie sous la direction de Paul Watzlawick, psychologue analytique, jungien de formation, qui a lui-même écrit sur le sujet, en 1976, dans La réalité de la réalité11.

Les travaux récents du neurologue David Eagleman, et de ses pairs, mettent en lumière les difficultés que l'on rencontre lorsqu'il s'agit de comprendre le monde réel.[réf. nécessaire] Les nouvelles technologies d'imagerie médicales permettent de voir les effets de la perception au niveau cérébral.[réf. nécessaire]

La réalité selon les religions

Bouddhisme

Articles connexes : Satya et Les Deux Réalités.

Dans le bouddhisme, qui avant d'être une « religion » fait partie des écoles hétérodoxes de la philosophie indienne, la réalité relative est différenciée de la réalité absolue qui est la vraie « nature » des phénomènes. Pour le bouddhisme, qui est une « voie moyenne » entre un « nihilisme » et un « éternalisme », cette nature ultime de la réalité est l'absence de soi ou d'égo (anatman), la vacuité. Il n'y a pas de chose qui existe en soi (ou absolument) pour un bouddhiste. Selon les écoles, l'accent sera mis davantage sur l'interdépendance des phénomènes, la non-dualité, sur l'esprit ou la conscience (citta, vijñāna) comme seule réalité (Cittamātra), sur la « nature de Bouddha », sur la Connaissance transcendante (Prajna), sur l'Éveil (bodhi), etc. Le bouddhisme theravāda affirme un dualisme (qui est d'ordre sotériologique plutôt qu'ontologique) entre d'une part les phénomènes conditionnés (et ultimement irréels : le saṃsāra) et d'autre part l'Absolu (seule réalité, "l'autre rive", Nibbāna), tandis que le bouddhisme mahāyāna affirme l'identité ultime des deux comme vacuité et non-dualité : "tous les dharma ont pour caractéristique la vacuité" (Sūtra du Cœur)12.

Religions abrahamiques

Pour les religions abrahamiques, la réalité a été créée et mise en forme par Dieu, le créateur du monde et des êtres vivants. Tout ceci est une vérité révélée par les prophètes de Dieu afin que les croyants se souviennent d'où ils viennent et que rien n'est le résultat du hasard.

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Annexes

Citations
"Ma main se sent touchée aussi bien qu’elle touche. Réel veut dire cela, rien de plus." - Paul Valéry, Mon Faust, Œuvres Pléiade, Tome 2
"La réalité, c'est ce qui refuse de disparaître quand on cesse d'y croire"- Philip K. Dick13
"Comment définir le réel ? Ce que tu ressens, vois, goûtes ou respires, ne sont rien que des impulsions électriques interprétées par ton cerveau." - Morpheus dans "The Matrix".

Notes et références

1.↑ Larousse encyclopédique en deux volumes - 1994-2003 p. 1310
2.↑ Jean-François Courtine, Article réalité dans Dictionnaire européen des philosophes, p. 1060-1061
3.↑ Jean-François Courtine, Article réalité dans Dictionnaire européen des philosophes, p. 1061
4.↑ Jean-François Courtine, Article réalité dans Dictionnaire européen des philosophes, p. 1062-1063
5.↑ Jean-François Courtine, Article réalité dans Dictionnaire européen des philosophes, p. 1063
6.↑ Jean-François Courtine, Article réalité dans Dictionnaire européen des philosophes, p. 1065
7.↑ Three Worlds, conférence de Karl Popper [archive]
8.↑ Raynald Belay, « Réalité », dans Michel Blay (dir.), Dictionnaire des concepts philosophiques, Paris, Larousse, coll. « In extenso », 2006, p.678.
9.↑ Max Planck, L'image du monde dans la physique contemporaine
10.↑ Paul Watzlawick (dir.), L'invention de la réalité. Contributions au constructivisme, Paris, Seuil, coll. « Points. Essais », 1981 [1996], 384 p.
11.↑ Paul Watzlawick, La réalité de la réalité. Confusion, désinformation, communication, Paris, Seuil, 1976, 256 p. (ISBN 9782757841129)
12.↑ Dans le Sūtra du Cœur, la phrase "sarvā dharmāḥ śūnyatā lakṣaṇā" se traduit par "tous les phénomènes (dharma : phénomènes conditionnés et inconditionnés) ont pour caractéristique la vacuité".
13.↑ "Reality is that which, when you stop believing in it, doesn't go away.", in "How To Build A Universe That Doesn't Fall Apart Two Days Later" (1978) [archive]

Bibliographie
Platon, La République
Descartes, Méditations Métaphysiques
Berkeley, Principes de la connaissance humaine
Hume, Traité de la nature humaine
Clément Rosset, "Le réel" et "Le réel et son double"
Mona Chollet, "La Tyrannie de la réalité"
Relativité de la réalité (Réflexions sur la genèse du besoin de causalité et sur le conditionnement de l'intelligence), René Laforgue.
L'invention de la réalité, Contributions au constructivisme, 1981, Collectif sous la direction de Paul Watzlawick, avec notamment Ernst von Glasersfeld, Heinz von Foerster et des personnalités de l'école Pablo Alto. (ISBN 9782020294522)
Raynald Belay, « Réalité », dans Michel Blay (dir.), Dictionnaire des concepts philosophiques, Paris, Larousse, coll. « In extenso », 2006, p.678-679.

Voir aussi

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