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 Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:06

Silence

« Entends ce bruit fin qui est continu, et qui est le silence. Écoute ce qu'on entend lorsque rien ne se fait entendre. »

— Paul Valéry, Tel quel II, 1943, p. 118


Sujet: La petite fille aux allumettes, le travail et Y'becca
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On dit que je vis dans un conte de fée et nous vivons au milieu de la petite fille aux allumettes.
Malgré la présence d'un état dans la lutte contre les faits sociaux et généralisé, ceux-ci prolifèrent sur les écrans de télévisions et dans l'actualité. Malgré la volonté d'un peuple organisé dans ses intentions et dans ses bénévolats; on nous dit que ce n'est toujours pas assez. Alors stop et rappeler vous du Lundi de Pentecôte... On vous dira que et pourtant malgré le résultat, il n'y a pas eu des manifestations telles que le Cpe. Nos chiffres c'est nos chiffres; nos intentions s'est nos intentions devant le côté sombre de l'être humain alors oui, je dis que 39 n'est pas l'égale de 37 du fait que je n'ai pas hésité à sacrifier un jour férié. Rappelez-moi, c'est après 2002. Pourtant, nous avons continué le bénévolat malgré la montée des tva et des prix; cela n’a pas empêché ces histoires de petites filles aux allumettes.


L'histoire se déroule au soir de la Saint-Sylvestre. Une jeune marchande d'allumettes erre en guenilles dans les rues enneigées d'une ville (souvent perçue comme Copenhague), sans trouver aucun acheteur. Cette petite fille est exploitée par son père, qui la battra si elle ne rapporte pas d'argent. À la fin de la journée, épuisée et grelottante mais n'osant rentrer à la maison, elle se blottit dans une encoignure entre deux maisons. Pour se réchauffer, elle craque une allumette. Elle est aussitôt émerveillée par la flamme, qui rend le mur transparent et laisse voir un grand poêle en fonte aux ornements de cuivre. Malheureusement, l'allumette se consume. Elle frotte alors une seconde allumette et aperçoit la table richement garnie d'un repas de fête. Sur une belle nappe blanche couverte de vaisselle en fine porcelaine trône une appétissante oie rôtie, garnie de compote de pommes. Une troisième allumette lui montre un magnifique sapin de Noël, orné de bougies multicolores et d'innombrables jouets. Mais quand l'allumette s'éteint, l'arbre semble monter au ciel et ses bougies se transformer en étoiles. L'enfant se souvient alors des paroles de sa grand-mère décédée depuis peu, le seul être qui l'ait aimée : « quand on voit filer une étoile, c'est une âme qui monte au paradis ». Une quatrième allumette produit une grande clarté et fait apparaître la grand-mère. Alors l'enfant allume fébrilement tout le reste des allumettes, de peur de voir sa grand-mère s'évanouir comme les visions précédentes. Mais la vieille femme prend l'enfant dans ses bras et toutes deux s’envolent jusqu'au trône de Dieu. Le lendemain, on retrouve la petite fille sans vie, avec un grand sourire aux lèvres. On la croit morte de froid, ignorant qu'elle a rejoint pour toujours sa grand-mère chérie pour jouir de la félicité céleste.

Le secourisme engagé dans la lutte contre les Tortures, les Viols et l'Esclavage ainsi que contre ceux qui se nourrissent des sévices sur l'aspect moral et physique qu'il engendre dans la société. Nombreux de citoyennes et citoyens ont manifesté et maintenant, c'est eux qui devrait encore plus s'investir alors qu'ils ont tous investis. Car finalement, à force de débattre contre une telle mécanique de l'horreur, nous devenons des petites filles aux allumettes.

Nous ouvrons les yeux.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie

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Kounak le chat....

Un philosophe parle de recherche qui sont effectués à la Silicon Valley sur la Génétique. Ecoutant ses conseils, je vais essayer de prévenir et de protéger le droit de naître. Éviter de sombrer dans l'esclavage de l'a.d.n et du vampirisme de l'éternité.

Le clone, le reflet et l'image... Je n'ai pas envie de faire des clones des hérésies... En effet, ils sont créés et en cela, si il ne commette pas de crime: Ils sont innocent. Peut on condamné un enfant d'avoir des parents criminels. Eh bien non, l'existence d'être né ne peut être incriminer à l'enfant. Peut on condamner un enfant d'être une hérésie. Personne ne mérite un tel fait au moment de sa naissance et de sa vie. A suivre.

Certains se cacheront devant les lois de l’avortement pour les détruire... Mais, nous verrons le droit du parents alors
se mettre en devant des faits... Certains essaieront et devant la discorde, la vie prendra le dessus: Celui qui leur accordera un fait comme l’hérésie ou de la divination sera stupide... Il possédera des mêmes droits qu'un bébé embryon ou in-vitro donc il sera Citoyennes et citoyens et sera ensemble du peuple et des origines du Monde.

Il pourra donner des organes de sa seule volonté et ne pourra mettre mis sous tutelle sous le simple fait de son existence... Seule des actes venant de sa personne propre pourront le conduire à des hôpitaux psychiatriques : Elle ou Il ne sont des hérésies.

Le robot est tout comme la fourmis et la cigale, il est conduit par un instinct par le fait de vivre... Et si la Force existe, je ne serai pas surpris par le fait qu'il puisse en faire usage au même titre que la chair. L'acier est une force de sang établi sur d'autres phénomènes que notre Corps. créer des machines mi chair et mi acier pour créer un être absolu et parfait démontre de la stupidité de ses créateurs: Et un jour les enfants se révolteront et pas besoin d’être devin pour comprendre ce phénomène lié à la vie de l'individu et du spécimen.

Non à l'Esclavage.
Non aux Viols physiques et Morales.
Non aux Tortures physiques et Morales

Ecrit de
TAY
La chouette effraie
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Kounak le chat....

La Garonne et le Printemps ou Les Fleuves et les Saisons.

Dans le tumulte, les obscurcies se font encore
plus effrayante, car on l'associe
au monde de l'invisible ....

Le Printemps nous est parvenu et déjà
les hirondelles et les martinets nous font
parvenir leurs présences...

T'es tu rendu compte que par nature,
elles nous protègent nous les hommes de
tous ce qui est rapaces et moustiques.

Les martinets n'aiment pas aussi les
marais que le serpent ou le furet...
Car, ceux-ci dévorent leurs œufs...

Alors lui aussi, le Rapace fut dans cette
existence de recherche du Nid : Termites et Fourmis.
Ayant lui aussi le besoin de laisser une belle
empreinte: La sienne.

Sur les bords d'un fleuve, le Destin
des nids nous lient à la coexistence et
à la plus grande diversité.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

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Kounak le chat....

Le Serment de la Justice.

Dés que vous avez pris place au coté du
président de la cour, celui ci prononce ces
paroles: il s'agit de l'article 304 de la
procédure pénal... Vous le lisez...

En faites, les charges et les moyens de la
Défense... C'est l'aspect de la preuve qui
est mal défini dans le cadre d'une affaire
où il y a une composition d'une défense et
d'un réquisitoire...

Ce son de cloche doit être revu afin d'apporter
un équilibre de liaison entre les fonctionnaires
de Justice et les fonctionnaire de Police... Tout
en préservant, intégrité des Juges devant le Peuple
et le vote.

Un juré(e) doit saisir le sens d'une preuve et d'une
plaidoirie... Il doit discerner les lapsus de sens dû
à la présomption d'innocence. Si l'on fortifient les nids,
nous devons plomger dans un lointain regard dans la
conception du Crime.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

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Kounak le chat....

Aramon et la France.

L'Ecologie a bien plus besoin que la mandature; et pourtant, tout cela est bien établit
dans les bilans prévisionnels de l'union européenne...

Mais voilà, il y a eu des visages parsemé(e)s sur la construction européenne et de la Grande Europe... Alors certains mouvements ont dénoncés l'écologie politique envers eux-même et tous. En cela, on peut dire que le clivage des extrêmes entre la droite et la gauche s'est bien réduite mais la haine par elle même s'est accentué par le fait du libre pensée et de la raison d'être l'option de secours.

Le bien sera bien 'être un équilibriste mais entre les deux pentes des montagnes la Corde n'est plus... Alors à l'ancienne tel des Mitterrand et des Chirac, nous allons en randonnée et gravir des collines. Il faut lutter contre l'extermination, concevoir la conception de la vie et la chaines des reproductibilités....

A l'ancienne, Ne pas oublier l'aspect de sauvegarder le rapport de la mutuelle et de la sécurité sociale devant les faits climatiques et autres: Cela engendre une plus grande concertation entre les assurances et l'Etat où le peuple est représenté par des associations et des syndicats... Ça serait houleux mais je pense que je pourrai éviter des émeutes et des divisions entre les familles pour de la politique.

Lancer des ouvrages des digues car malgré les débats et toutes les propositions, le Temps et ses variations jouent contre Nous et Eux... Un Sujet qui relève de la Justice, de l'Intérieur et de la Défense...

Ainsi des Dossiers sur les transports les ponts et chaussés seront mis à Jour par les Vice-Présidents du Sénat plus clément envers les acteurs sociaux-économiques:
Ils sont Francs dans le Langage et c'est un bien aux yeux du Peuple...!

Ecrit de
TAY
La chouette effraie;

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Entretien sur la discorde...

On parle de propos virulents de Monsieur Sarkozy, lors de ses fonctions de ministre de l'Intérieur, sous la Présidence de Mr ... ? Quelle est votre position ?

Tout d'abord supprimer le laxisme, la faute et la falsification... Il arrive que les affaires mal gérées puissent resurgir au cœur de la cour de l'Elysée... Au niveau d'une réforme démocratique, le Sénat est et sera toujours d'un grand secours car ses décisions ne sont jamais prévisible aux yeux de Matignon, pour éviter toute crise intérieur entre les Services Sociaux de la Police, de l'Armée et de la Justice. On le voit une affaire mal gérée est une affaire bâclée sans géographie et au mépris de la Patience.

Il n'y a plus de sociale ?

Non, il y a la Peur devant la Prudence ! Disons qu'avec la guerre contre le terrorisme amplifié depuis le 11 septembre 2001... Être un homme de bien se résume en deux catégories: la défense et le secourisme et l'on s’aperçoit que la Prudence est meilleur guide que la Peur. D'accord il faut s'amuser mais il y a toujours le terme de Citoyenneté... Sujet d'un Éternel désaccord entre les convives aux seins de toutes les Organisations mondiales.

Et le Secourisme ?

Même pour les Banlieues, il est à organiser en villes et campagnes devant les accidents, les agressions et les catastrophes... La Justice a toujours au même titre que tous les services publics d'être à la pointe du monde industrielles, économiques et de prévoyances... Dans un mode de compétitif, prolétaire et capitaliste; il doit être l'ensemble, le médiateur et bien sur, celui qui est le meilleur en tout pour sa sagesse, sa modernité et son social.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:07

Title Star formation on filaments in RCW106
Released 20/02/2017 9:30 am
Copyright ESA/Herschel/PACS, SPIRE/Hi-GAL Project. Acknowledgement: UNIMAP / L. Piazzo, La Sapienza – Università di Roma; E. Schisano / G. Li Causi, IAPS/INAF, Italy
Description

Stars are bursting into life all over this image from ESA’s Herschel space observatory. It depicts the giant molecular cloud RCW106, a massive billow of gas and dust almost 12 000 light-years away in the southern constellation of Norma, the Carpenter's Square.

Cosmic dust, a minor but crucial ingredient in the interstellar material that pervades our Milky Way galaxy, shines brightly at infrared wavelengths. By tracing the glow of dust with the infrared eye of Herschel, astronomers can explore stellar nurseries in great detail.

Sprinkled across the image are dense concentrations of the interstellar mixture of gas and dust where stars are being born. The brightest portions, with a blue hue, are being heated by the powerful light from newborn stars within them, while the redder regions are cooler.

The delicate shapes visible throughout the image are the result of radiation and mighty winds from the young stars carving bubbles and other cavities in the surrounding interstellar material.

Out of the various bright, blue regions, the one furthest to the left is known as G333.6-0.2 and is one of the most luminous portions of the infrared sky. It owes its brightness to a stellar cluster, home to at least a dozen young and very bright stars that are heating up the gas and dust around them.

Elongated and thin structures, or filaments, stand out in the tangle of gas and dust, tracing the densest portions of this star-forming cloud. It is largely along these filaments, dotted with many bright, compact cores, that new stars are taking shape.

Launched in 2009, Herschel observed the sky at far-infrared and submillimetre wavelengths for almost four years. Scanning the Milky Way with its infrared eye, Herschel has revealed an enormous number of filamentary structures, highlighting their universal presence throughout the Galaxy and their role as preferred locations for stellar birth.

This three-colour image combines Herschel observations at 70 microns (blue), 160 microns (green) and 250 microns (red), and spans over 1º on the long side; north is up and east to the left. The image was obtained as part of Herschel’s Hi-GAL key-project, which imaged the entire plane of the Milky Way in five different infrared bands. A video panorama compiling all Hi-GAL observations was published in April 2016.
Id 373561

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20 February 2017

ESA has backed the development of a ‘metamaterial’ device to sift through the faint afterglow of the Big Bang, to search for evidence of primordial gravitational waves triggered by the rapidly expanding newborn Universe.

“This technological breakthrough widens the potential for a future follow-on to ESA’s 2009-launched Planck mission, which would significantly increase our detailed understanding of the Universe as it began,” explains Peter de Maagt, heading ESA’s Antennas and Sub-Millimetre Wave section.

Planck mapped the ‘cosmic microwave background’ (CMB) – leftover light from the creation of the cosmos, subsequently redshifted to microwave wavelengths – across the deep sky in more detail than ever before.

The CMB retains properties of ordinary light, including its tendency to polarise in differing directions – employed in everyday life by polarised sunglasses to cut out glare, or 3D glasses used to see alternating differently polarised cinema images through separate eyes.
Metamaterial-reflective half-wave plate

Researchers are now searching for one particular corkscrew polarisation of the CMB, known as ‘B-mode polarisation’, predicted to have been caused by gravitational waves rippling through the early Universe as it underwent exponential expansion – surging from a subatomic singularity to its current vastness.

Identifying these theorised ‘stretchmarks’ within the CMB would offer solid proof that expansion did indeed occur, bringing cosmologists a big step closer to unifying the physics of the very large and the very small.

“This would be the holy grail of cosmology,” comments Giampaolo Pisano of Cardiff University, heading the team that built the new prototype B-mode polarisation device for ESA.
The history of the Universe

“Our contribution is only a small bit of the hugely complex instrument that will be necessary to accomplish such a detection. It won’t be easy, not least because it involves only a tiny fraction of the overall CMB radiation.”

One of the main obstacles in detecting primordial B-modes is additional sources of polarisation located between Earth and the CMB, such as dust within our own galaxy.

Such polarised foreground contributions have different spectral signatures to that of the CMB, however, enabling their removal if measurements are taken over a large frequency range.
ESA's Planck spacecraft was the second, after Herschel, to be safely retired after orbiting at L2
Planck

The challenge is therefore to devise a polarisation modulator that operates across a wide frequency bandwidth with high efficiency.

“Our new ‘magnetic mirror’-based modulator can do just that, thanks to the quite new approach we adopted,” said Giampaolo Pisano.

Polarisation modulation is often achieved with rotating ‘half-wave plates’. These induce the rotation of the polarised signals which can ‘stick out’ from the unpolarised background. However, the physical thickness of these devices defines their operational bandwidths, which cannot be too large.

“Our new solution is based on a combination of metal grids embedded in a plastic substrate - what we call a ‘metamaterial’ – possessing customised electromagnetic properties not found in nature.

“This flat surface transforms and reflects the signal back like a half-wave plate, facing none of the geometrical constraints of previous designs.”

The team’s prototype multiband magnetic mirror polarisation modulator measures 20 cm across. Any post-Planck space mission would need one larger than a metre in diameter, its design qualified to survive the harsh space environment. The team are now working on enlarging it.

“To come so far, the University of Cardiff team has had to develop all the equipment and engineering processes making it possible,” adds Peter. “Their work has been supported through ESA’s long-running Basic Technology Research Programme, serving to investigate promising new ideas to help enable future missions.”

http://www.esa.int/spaceinimages/Images/2017/02/Star_formation_on_filaments_in_RCW106

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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:07

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

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Y'becca ou murmure de l'Arbre-Olivier.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t41-y-becca-ou-murmure-de-l-arbre-olivier

Profils des Juges du Secourisme et
la république de l'Olivier.

Chére Minouska, Féline de Pierre et Yvette et toutes les bonnes volonté(e)s

Je regarde le temps différemment après la mort de Athéna la chatte Bleue.
De longues années à voyager; à travailler et à écrire... Tel un Spartiate, je me suis emprunt à une apogée sur la compréhension du monde qui m'entourai de ses richesses; J' y ai rencontré des lueurs, des affronts et des forces.

Je regarde celle qui a su réveiller la force de réveiller ces écrits que j'ai voulu sauvegarder par le fait que après
tout, aide toi et le ciel te répondra: Et je dois dire que ma volonté fut exaucer... Alors je regarde Minouska, une chatte qui a recueilli mon cœur en lambeau lors de la guerre ou intifada, si vous préférez:

Le Juge Suprême de la république de l'Olivier est un personnage
qui doit s'informer et accueillir la Parole de l'un et de l'Autre. Il se doit d'écrire des vers, des proverbes, des espoirs, des fables car notre peuple aime cela: Ni fouet, ni chaines ! être sérieux devant les nuages gris !
Car l'arbre peur garantir notre fraternité et la justice de l'eau propager la diversités des écritures des forets donc vers la connaissance et Yahvé... La République est le pilier de l’Âme dans le sens où il s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première du Juge Suprême de la République de l'olivier.

Dans la vallée du Nil à la plaine des cèdres; le juge suprême doit présenter ses hontes et ses espoirs... je vous fait part de mon expérience... Nuls réponses dans un premiers temps ne se fit entendre alors j'envoyai des mouettes, des chouettes et des canaris sous forme de lettre tel un oiseau qui apprends son premier envol.

Alors sous forme de mirage pour certains et pour d'autres, cela s'appelle un message. Je me fis ce constat et que la volonté en soit ainsi si il ne veulent pas entendre;

"Propage la Connaissance des serments car ce sont les hommes qui s'entretuent par leur entreprise, leur volonté et leur désir! Car certains vomissent sur la fraternité voilà un maillon de haine du trois en un délivré par le vieux coq... Rétablit l'apprentissage de l'Espérance sur l'apprentissage de marcher ! La canne de l'age n'est pas un spectre; elle est une source d'eau ! Tu apprendra à entendre ta douleur devant la faim ! Nous sommes des étapes et en cela cherche le fait d'exister ! La République est le pilier de l’Âme dans le sens où elle s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première !

Ecrit de
TAY
La chouette Effraie.

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Y'becca est soumis à toujours suivre un dossier médical, on ne peut se reposer sur des radios anciennes et toutes opérations auquel Lise Verdier ne peut être bâclé... Certains medecins oublient d'osculter la gorge quand un patien à une fiévre... Il est des gestes de précautions auquel la médecine n'a pas la droit de s'occulter... Y'becca doit répondre à ces faits là et son secouriste ne doit jamais dire jamais sur le fait que l'expérience ne donne jamais d'acquis et il est une chose auquel je voue une grande discipline et rigueur: Celle d'entendre la Prudence lorsque le temps le permet... quel que soit l'opération, on agit avec prudence du temps, de l'aspect et des allergies possibles auquel le patient ou la patiente peut être soumis en fonction de son age et de sa corpulence...

"La grâce est à la beauté ce que la souplesse est à la rose. Sans grâce, la beauté n'est qu'une fleur artificielle, qu'un colibri sans vie."
Citation de Jean-Napoléon Vernier ; Fables, pensées et poésies (1865). L'association pour Lise et pour vous, s'inspire de cette citation de Jean-Napoléon Vernier qui est si réelle sur l'aspect du courage d'être dans des situation auquel l'aspect humain se doit de se reconsidérer dans l'aspect de l'adversité dans l'être. Cette citation cherche à nous monter des aspects qui nous semblent enfoie par l'adversité et la douleur mais qui ne demande qu'à renaitre afin de permettre à la rose de devenir Rosier...


Aide pour le retour à domicile d’une personne lourdement handicapée.

L’Association Pour Lise et pour Vous, a but non lucratif, met à la disposition des personnes en situation de grand handicap et leurs familles, son expertise dans la prise en charge du retour au domicile.

Plus largement, l’association veut favoriser et permettre le développement des soins de qualité et le maintien à son domicile de tout enfant, adolescent ou jeune adulte, atteint d’une maladie grave ou d’un handicap lourd.

Nous sommes à votre écoute pour parler et construire ensemble de votre projet de vie, nous sommes à vos côtés pour le concrétiser.


Pour Lise Et Pour Vous
le Bourg Chevreau, 53600 SAINTE GEMMES LE ROBERT
Association humanitaire, d'entraide, sociale



"La grâce est à la beauté ce que la souplesse est à la rose. Sans grâce, la beauté n'est qu'une fleur artificielle, qu'un colibri sans vie."
Citation de Jean-Napoléon Vernier ; Fables, pensées et poésies (1865)

"La beauté sans grâce est un printemps sans verdure."
Citation de Mirabeau ; Lettres à Sophie Ruffei (1777-1780)

"La beauté sans grâce est un hameçon sans appâts."
Citation de Ninon de Lenclos ; Confessions (1700)

"On admire d'un coup d'œil la beauté, elle ne laisse plus rien à deviner ; la grâce se fait aimer peu à peu par des détails variés, imprévus, qui vous plaisent d'autant plus qu'ils vous surprennent, et ses petits défauts d'ensemble sont quelquefois des charmes qui nous attachent."
Citation de Louis-Philippe de Ségur ; L'ennui (1816)

"La grâce, ce charme suprême de la beauté, ne se développe que dans le repos du naturel."
Citation de Madame de Staël ; L'influence des passions (1796)

"La beauté ne déplaît jamais, mais sans la grâce, elle est dépourvue de ce charme secret qui invite à la regarder."
Citation de Voltaire ; Dictionnaire philosophique (1764)

"Les grâces préférables à la beauté, ornent la femme de tous ce qu'elles ont de séduisant."
Citation de Marie-Geneviève-Charlotte Darlus ; Traité des passions (1764)

"Il y a un art caché dans la simplicité qui donne une grâce à l'esprit et à la beauté."
Citation de Alexander Pope ; Maximes et réflexions morales (1739)

"Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie."
Citation de Victor Hugo ; Post-scriptum de ma vie (1901)

"Brillante de beauté, de grâces, de jeunesse, pour vous plaire, on accourt, on s'empresse."
Citation de Charles-Guillaume Étienne ; L'Intrigante, I, 9, le 6 mars 1813.

"Sans le fard de l'amour, par qui tout s'apprécie, les grâces sont sans force, et la beauté sans vie."
Citation de Antoine Bret ; La double extravagance, VII, le 27 juillet 1750.

"La beauté est la clef des coeurs, la grâce le passe-partout."
Citation de Paul Masson ; Les pensées d'un Yoghi (1896)

"La beauté réside dans la forme ; la grâce dans les mouvements, le charme dans l'expression."
Citation de Lucien Arréat ; Réflexions et maximes (1911)

"La grâce, plus belle encore que la beauté."
Citation de Jean de La Fontaine ; Adonis (1658)

Compte rendu de
TAY
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:08

NASA to Host News Conference on Discovery Beyond Our Solar System

NASA will hold a news conference at 10 a.m. PST (1 p.m. EST) Wednesday, Feb. 22, to present new findings on planets that orbit stars other than our sun, known as exoplanets. The event will air live on NASA Television and the agency's website.

Details of these findings are embargoed by the journal Nature until 10 a.m. PST (1 p.m. EST).

Media and the public also may ask questions during the briefing on Twitter using the hashtag #askNASA.

The briefing participants are:

• Thomas Zurbuchen, associate administrator of the Science Mission Directorate at NASA Headquarters in Washington

• Michael Gillon, astronomer at the University of Liege in Belgium

• Sean Carey, manager of NASA's Spitzer Science Center at Caltech/IPAC, Pasadena, California

• Nikole Lewis, astronomer at the Space Telescope Science Institute in Baltimore

• Sara Seager, professor of planetary science and physics at Massachusetts Institute of Technology, Cambridge

A Reddit AMA (Ask Me Anything) about exoplanets will be held following the briefing at noon PST (3 p.m. EST) with scientists available to answer questions in English and Spanish.

For NASA TV streaming video, downlink and updated scheduling information, visit:

http://www.nasa.gov/nasatv

The briefing will also be carried live on:

www.ustream.tv/NASAJPL2

For more information on exoplanets, visit:

http://exoplanets.nasa.gov

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NASA's Juno to Remain in Current Orbit at Jupiter

NASA's Juno mission to Jupiter, which has been in orbit around the gas giant since July 4, 2016, will remain in its current 53-day orbit for the remainder of the mission. This will allow Juno to accomplish its science goals, while avoiding the risk of a previously-planned engine firing that would have reduced the spacecraft's orbital period to 14 days.

"Juno is healthy, its science instruments are fully operational, and the data and images we've received are nothing short of amazing," said Thomas Zurbuchen, associate administrator for NASA's Science Mission Directorate in Washington. "The decision to forego the burn is the right thing to do -- preserving a valuable asset so that Juno can continue its exciting journey of discovery."

Juno has successfully orbited Jupiter four times since arriving at the giant planet, with the most recent orbit completed on Feb. 2. Its next close flyby of Jupiter will be March 27.

The orbital period does not affect the quality of the science collected by Juno on each flyby, since the altitude over Jupiter will be the same at the time of closest approach. In fact, the longer orbit provides new opportunities that allow further exploration of the far reaches of space dominated by Jupiter's magnetic field, increasing the value of Juno's research.

During each orbit, Juno soars low over Jupiter's cloud tops -- as close as about 2,600 miles (4,100 kilometers). During these flybys, Juno probes beneath the obscuring cloud cover and studies Jupiter's auroras to learn more about the planet's origins, structure, atmosphere and magnetosphere.

The original Juno flight plan envisioned the spacecraft looping around Jupiter twice in 53-day orbits, then reducing its orbital period to 14 days for the remainder of the mission. However, two helium check valves that are part of the plumbing for the spacecraft's main engine did not operate as expected when the propulsion system was pressurized in October. Telemetry from the spacecraft indicated that it took several minutes for the valves to open, while it took only a few seconds during past main engine firings.

"During a thorough review, we looked at multiple scenarios that would place Juno in a shorter-period orbit, but there was concern that another main engine burn could result in a less-than-desirable orbit," said Rick Nybakken, Juno project manager at NASA's Jet Propulsion Laboratory in Pasadena, California. "The bottom line is a burn represented a risk to completion of Juno's science objectives."

Juno's larger 53-day orbit allows for "bonus science" that wasn't part of the original mission design. Juno will further explore the far reaches of the Jovian magnetosphere -- the region of space dominated by Jupiter's magnetic field -- including the far magnetotail, the southern magnetosphere, and the magnetospheric boundary region called the magnetopause. Understanding magnetospheres and how they interact with the solar wind are key science goals of NASA's Heliophysics Science Division.

"Another key advantage of the longer orbit is that Juno will spend less time within the strong radiation belts on each orbit," said Scott Bolton, Juno principal investigator from Southwest Research Institute in San Antonio. "This is significant because radiation has been the main life-limiting factor for Juno."

Juno will continue to operate within the current budget plan through July 2018, for a total of 12 science orbits. The team can then propose to extend the mission during the next science review cycle. The review process evaluates proposed mission extensions on the merit and value of previous and anticipated science returns.

The Juno science team continues to analyze returns from previous flybys. Revelations include that Jupiter's magnetic fields and aurora are bigger and more powerful than originally thought and that the belts and zones that give the gas giant's cloud top its distinctive look extend deep into the planet's interior. Peer-reviewed papers with more in-depth science results from Juno's first three flybys are expected to be published within the next few months. In addition, the mission's JunoCam -- the first interplanetary outreach camera -- is now being guided with assistance from the public. People can participate by voting on which features on Jupiter should be imaged during each flyby.

"Juno is providing spectacular results, and we are rewriting our ideas of how giant planets work," said Bolton. "The science will be just as spectacular as with our original plan."

JPL manages the Juno mission for NASA. The mission's principal investigator is Scott Bolton at Southwest Research Institute in San Antonio. The Juno mission is part of the New Frontiers Program managed by NASA's Marshall Space Flight Center in Huntsville, Alabama, for NASA's Science Mission Directorate. Lockheed Martin Space Systems, Denver, built the spacecraft. JPL is managed for NASA by Caltech in Pasadena, California.

More information on the Juno mission is available at:

http://www.nasa.gov/juno

http://missionjuno.org

Follow the mission on Facebook and Twitter at:

http://www.facebook.com/NASAJuno

http://www.twitter.com/NASAJuno

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Dawn Discovers Evidence for Organic Material on Ceres

NASA's Dawn mission has found evidence for organic material on Ceres, a dwarf planet and the largest body in the main asteroid belt between Mars and Jupiter. Scientists using the spacecraft's visible and infrared mapping spectrometer (VIR) detected the material in and around a northern-hemisphere crater called Ernutet. Organic molecules are interesting to scientists because they are necessary, though not sufficient, components of life on Earth.

The discovery adds to the growing list of bodies in the solar system where organics have been found. Organic compounds have been found in certain meteorites as well as inferred from telescopic observations of several asteroids. Ceres shares many commonalities with meteorites rich in water and organics -- in particular, a meteorite group called carbonaceous chondrites. This discovery further strengthens the connection between Ceres, these meteorites and their parent bodies.

"This is the first clear detection of organic molecules from orbit on a main belt body," said Maria Cristina De Sanctis, lead author of the study, based at the National Institute of Astrophysics, Rome. The discovery is reported in the journal Science.

Data presented in the Science paper support the idea that the organic materials are native to Ceres. The carbonates and clays previously identified on Ceres provide evidence for chemical activity in the presence of water and heat. This raises the possibility that the organics were similarly processed in a warm water-rich environment.

Significance of organics

The organics discovery adds to Ceres' attributes associated with ingredients and conditions for life in the distant past. Previous studies have found hydrated minerals, carbonates, water ice, and ammoniated clays that must have been altered by water. Salts and sodium carbonate, such as those found in the bright areas of Occator Crater, are also thought to have been carried to the surface by liquid.

"This discovery adds to our understanding of the possible origins of water and organics on Earth," said Julie Castillo-Rogez, Dawn project scientist based at NASA's Jet Propulsion Laboratory in Pasadena, California.

Where are the organics?

The VIR instrument was able to detect and map the locations of this material because of its special signature in near-infrared light.

The organic materials on Ceres are mainly located in an area covering approximately 400 square miles (about 1,000 square kilometers). The signature of organics is very clear on the floor of Ernutet Crater, on its southern rim and in an area just outside the crater to the southwest. Another large area with well-defined signatures is found across the northwest part of the crater rim and ejecta. There are other smaller organic-rich areas several miles (kilometers) west and east of the crater. Organics also were found in a very small area in Inamahari Crater, about 250 miles (400 kilometers) away from Ernutet.

In enhanced visible color images from Dawn's framing camera, the organic material is associated with areas that appear redder with respect to the rest of Ceres. The distinct nature of these regions stands out even in low-resolution image data from the visible and infrared mapping spectrometer.

"We're still working on understanding the geological context for these materials," said study co-author Carle Pieters, professor of geological sciences at Brown University, Providence, Rhode Island.

Next steps for Dawn

Having completed nearly two years of observations in orbit at Ceres, Dawn is now in a highly elliptical orbit at Ceres, going from an altitude of 4,670 miles (7,520 kilometers) up to almost 5,810 miles (9,350 kilometers). On Feb. 23, it will make its way to a new altitude of around 12,400 miles (20,000 kilometers), about the height of GPS satellites above Earth, and to a different orbital plane. This will put Dawn in a position to study Ceres in a new geometry. In late spring, Dawn will view Ceres with the sun directly behind the spacecraft, such that Ceres will appear brighter than before, and perhaps reveal more clues about its nature.

The Dawn mission is managed by JPL for NASA's Science Mission Directorate in Washington. Dawn is a project of the directorate's Discovery Program, managed by NASA's Marshall Space Flight Center in Huntsville, Alabama. UCLA is responsible for overall Dawn mission science. Orbital ATK Inc., in Dulles, Virginia, designed and built the spacecraft. The German Aerospace Center, Max Planck Institute for Solar System Research, Italian Space Agency and Italian National Astrophysical Institute are international partners on the mission team. For a complete list of mission participants, visit:

http://dawn.jpl.nasa.gov/mission

More information about Dawn is available at the following sites:

http://www.nasa.gov/dawn

http://dawn.jpl.nasa.gov

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The Beatles - Hey Jude
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:08

Natalia Nikolaïevna Gontcharova ou Наталья Николаевна Гончарова

Par son père, Nathalie Nikolaïevna provient d'une très riche famille bourgeoise1, à la noblesse (de service) toute fraîche : son ancêtre, le célèbre manufacturier de papier et de tissu Athanase Abramovitch (1693-1784), originaire de Kalouga, fournisseur de la Cour, est intégré en 1742 dans la jeune administration impériale, au rang d'assesseur de collège, par l'impératrice Elisabeth Pétrovna. Catherine II confirme définitivement les Gontcharoff dans la noblesse héréditaire en élevant le père de Nathalie, Nicolas Afanassiévitch (1787—1861) à la dignité de chevalier de Saint-Vladimir (2 octobre 1789).
La naissance de sa mère, Nathalie Ivanovna Zagryajskaïa (1785-1848), est entourée de mystère : elle serait vraisemblablement2 la fille illégitime d'Ivan Alexandrovitch Zagryajsky (remontant à une antique famille princière tatare et beau-frère de la comtesse Nathalie Kirillovna Razoumovsky, dame d'honneur de l'impératrice et parente d'Elisabeth Pétrovna par les Narychkine) et de la baronne Posse, née Ulrike von Liphardt, d'une ancienne famille balte.
Pouchkine

Nathalie Nikolaïevna est (lointaine) parente de son futur époux par sa grand-mère maternelle ; son père Nicolas Afanassiévitch a d'ailleurs eu comme répétiteur de français le suisse David (Marat) de Boudry (frère du célèbre révolutionnaire Jean Paul Marat) qui sera ensuite le professeur très apprécié du poète au Lycée impérial.
Les enfants du ménage Pouchkine-Gontcharova : Grégoire, Marie, Natalie et Alexandre (dessin de la baronne Nathalie Friesenhof, amie de Nathalie Nikolaïevna (1839)).

Natalia Gontcharova donne naissance à quatre enfants pendant son mariage avec Alexandre Pouchkine : Marie3 (1832-1919) épouse Léonide N. Hartung, Alexandre (1833-1914), Grégoire (1835-1905) et Nathalie (1836-1913) qui épouse en premières noces M. L. Dubelt, homme violent et instable dont elle divorce en 1862, et, en secondes noces, (titrée comtesse von Merenberg) morganatiquement le prince Nicolas-Guillaume de Nassau.
L'affaire d'Anthès

Coquette, Nathalie Nikolaïevna laisse un officier français, Georges d'Anthès, lui faire la cour. Pour donner le change, d'Anthès épouse en 1837 la sœur aînée de Natalia, Ekaterina (1809-1843). Mais il semble que l'idylle entre d'Anthès et Natalia ne s'arrête pas pour autant et des lettres anonymes prétendant Pouchkine « cocu » circulent. Cela provoque la jalousie de l'écrivain, qui défie bientôt son beau-frère séducteur en combat singulier. Pouchkine est mortellement blessé lors de ce duel. Fuyant la Russie, d'Anthès emmène Ekaterina sur ses terres en Alsace, où elle meurt en 1843, à l'âge de 34 ans. D'Anthès, comblé d'honneurs durant le Second Empire, meurt en 1895.
Remariage
La comtesse Nathalie Nikolaïevna Lanskaïa, en 1843 (peinture de W. Hau).

Natalia se remarie en 1841 avec le comte Pierre Lanskoï (1799-1877) à qui elle donne trois filles, Alexandra (épouse Arapov) 1845-1919, Sophie (épouse Nicolas Chipov) 1846-vers 1915, Élisabeth (épouse Arapov en premières noces et Bibikov en secondes) 1848-vers 1917.

Sa tombe se trouve au cimetière Saint-Lazare de Saint-Pétersbourg.

Ekaterina et Natalia sont les aïeules de la peintre du XXe siècle, Natalia Gontcharova.
Tombe de Natalia Gontcharova-Lanskaïa
Notes et références

↑ Le patronyme familial signifie potier.
↑ Il y a d'autres hypothèses, dont l'une du mariage de son père avec une aristocrate française, mariage contracté en France. Il n'existe aucune preuve de la présence du prince Ivan Zagryajsky en France, et encore moins d'un acte de mariage… Cette hypothèse provient peut-être de la relation compliquée et étroite qu'a eue le célèbre couple Pouchkine-Gontcharova avec la patrie des Lumières : Pouchkine bilingue (on l'appelait couramment le Français), influence du frère de Marat (tuteur du père de Nathalie et professeur du poète), amant (et beau-frère) français… à une période — brève — de détestation de la France, conséquence, non de l'esprit de la révolution, mais des guerres sanglantes de Napoléon.
↑ Qui inspira à Tolstoï le personnage d'Anna Karénine.

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Je dépose ma courte plume...
Des morts qu'elles fussent jalouses, imbéciles ou accidentelles
Ne pourront jamais étouffer les chagrins engendrés sur ma douce terre.
O Natalia Nikolaïevna Gontcharova, je porte ces mots sur ceux qui jette
des pierres sur tes manières... Telle une Pauline Bonaparte, tu fut de celle
qui aimait rire et dansé dans les couloirs de vie que d'assister aux pleurs
des enterrements... et pourtant, tu y assistais amenant une clarté obscur
d'espérance et de joie dans un instant de deuil: Même de Noir vêtue. Tu es
et tu restera digne de la douceur de Saint-Lazare de Saint-Pétersbourg.
Je sais que ces mots viennent d'un inconnu, mais en terme de Mousquetaire,
tu es digne des plus grande œuvre auquel les homme se laissent conduire
dans leur imagination: celle que tu donna à tes filles et à tes fils...
Des morts qu'elles fussent jalouses, imbéciles ou accidentelles
Ne pourront jamais étouffer les chagrins engendrés sur ma douce terre.
O Saint-Lazare de Saint-Pétersbourg, recois cette courte plume de paix...

Monsieur Tignard yanis
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:09

Dans la mythologie grecque, Écho (en grec ancien Ἠχώ / Êkhố) est une oréade, nymphe des sources et des forêts du mont Hélicon, et la personnification de l'écho acoustique.

Elle fut élevée par les nymphes. Elle était très prolixe et inventait de nombreuses histoires : c'est ainsi qu'elle distrayait Héra pour favoriser les amours de Zeus.

On rencontre Écho avec Narcisse dans le théâtre du Siècle d'or espagnol (Calderón, Eco y Narciso ; Sor Juana Ines de la Cruz, El Divino Narciso). Le dialogue avec l'écho devient à la Renaissance un véritable genre poétique, illustré dans les pastorales dramatiques, dans la poésie lyrique, dans l'opéra. Les poètes (Pétrarque, Villon (La ballade des dames du temps jadis, v. 5-7), Ronsard, Du Bellay, Hugo, Pouchkine…) utilisent volontiers la figure de la nymphe Écho ou le phénomène de l'écho pour désigner la voix et l'activité poétiques.
Sources

Longus, Daphnis et Chloé (III, 21-23).
Nonnos de Panopolis, Dionysiaques [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (IV, 327).
Ovide, Métamorphoses [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (III, 356 et suiv.).
Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne [archive]] (IX, 31).

Bibliographie

(en) Elbridge Colby, The Echo-Device in the Literature, New York Public Library, 1920.
(en) John Hollander, The Figure of Echo. A Mode of allusion in Milton and after, University of Columbia Press, 1981.
(en) Joseph Lœwenstein, Responsive readings: versions of Echo in pastoral, epic, and the Jonsonian masque, Yale University Press, 1984.
Véronique Gély-Ghedira, La Nostalgie du moi : Écho dans la littérature européenne, Presses Universitaires de France, 2000.

Articles connexes

Narcisse
Conte étiologique
Écholalie

Le sinthome et la singularité du sujet

Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (en russe : Александр Сергеевич Пушкин, [ɐlʲɪˈksandr sʲɪˈrɡʲejɪvʲɪtɕ ˈpuʂkʲɪn] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est un poète, dramaturge et romancier russe né à Moscou le 6 juin (26 mai) 1799 et mort à Saint-Pétersbourg le 10 février (29 janvier) 1837.

Origines familiales

Alexandre Pouchkine est né à Moscou dans une famille de la noblesse russe, relativement aisée, férue d'art et de littérature1.

Par sa mère, Nadejda Ossipovna Pouchkina (1775—1836), une des beautés2 de Saint-Pétersbourg, il descendait d'une des plus brillantes familles de la noblesse de service instituée par l'empereur Pierre Ier, remontant à Abraham Pétrovitch Hanibal (son arrière grand-père), esclave africain3 affranchi et anobli par Pierre le Grand, dont il fut le filleul4 et l'ami fidèle ; Abraham Pétrovitch mena une remarquable carrière d'ingénieur militaire qu'il termina comme général.

Passionné d'histoire et de généalogie, Pouchkine était particulièrement fier de ce glorieux et célèbre aïeul, dont il avait hérité certains traits qui le distinguaient fortement de ses concitoyens : teint olivâtre, lèvres épaisses, cheveux crépus, ce qui lui vaut d'être surnommé « le singe » par ses camarades de lycée5. Si lui-même se considérait comme laid6, ses contemporains soulignaient que la vivacité et l'éclat de ses yeux bleu acier illuminaient sa peau mate, lui donnaient la fascinante séduction et le charme d'un prince oriental ; il collectionna ainsi les succès féminins, malgré une faible attirance pour les mondanités.

Par son père, Sergueï Lvovitch Pouchkine (1770-1848), major puis conseiller militaire, esprit libre7 et francophile8, il était issu d'une des plus illustres familles (ru) de la noblesse russe, remontant à un gentilhomme allemand venu en Russie au XIIIe siècle. Son épouse Nadiejda Ossipovna était d'ailleurs une de ses petites cousines par les Pouchkine9.

Pouchkine se réfugia dans la lecture. Lecteur passionné et insatiable, il pilla la bibliothèque familiale, s'attaquant particulièrement aux classiques anglais (Byron, William Shakespeare, Laurence Sterne) et français (Molière, Voltaire, Évariste Parny). Sa profonde connaissance de la culture française et son parfait bilinguisme (qu'il cultiva toute sa vie) lui valurent d'ailleurs le surnom12 de Frantsouz (Француз, « Le Français ») parmi ses camarades du lycée de Tsarskoïe Selo13. Alexandre Pouchkine étonnait aussi son entourage par son aisance à improviser, comme à réciter par cœur des vers innombrables ; sa mémoire était infaillible, sa vivacité d'esprit remarquable.
Pouchkine récitant À un ami poète devant Derjavine, peinture d'Ilia Répine, 1911.

De 1811 à 1817, il fait ses études14 au lycée impérial de Tsarskoïe Selo (ville rebaptisée Pouchkine en son honneur, en 1937), près de Saint-Pétersbourg. S'ouvre une des plus heureuses périodes de sa vie : c'est dans cet internat qu'il noue de fidèles amitiés (Delvig, Poushine, Wilhelm Küchelbecker) ; c'est aussi là, dans le parc du palais impérial, qu'il dit avoir connu sa première inspiration poétique. Dès 1814 son poème À un ami poète est publié dans la revue Le Messager de l'Europe. Ces vers, déclamés lors d'un examen de passage, lui valent l'admiration du poète Gavrila Derjavine.

En 1817, il intègre le ministère des Affaires étrangères ; une sinécure. Suivent trois années de vie dissipée à Saint-Pétersbourg. Durant ce temps, il rédige des poèmes romantiques inspirés par les littératures étrangères et russes. Il rencontre aussi les grands noms des lettres russes contemporaines, comme Karamzine ou Vassili Joukovski. Ses poèmes sont parfois gais et enjoués, comme Rouslan et Ludmila. Ils peuvent aussi être graves, notamment lorsqu'ils critiquent l'autocratie, le servage et la cruauté des propriétaires fonciers. À cette classe appartiennent Ode à la Liberté, Hourrah ! Il revient en Russie, et Le Village.

Bien qu'incontestablement libéral, Pouchkine n'est pas révolutionnaire, ni même véritablement engagé politiquement, contrairement à nombre de ses amis qui participent aux mouvements réformateurs qui culminent avec la révolte décabriste15.
Exil et premières grandes œuvres
C’est dans cette petite maison du village de Mikhaïlovskoïe, que Pouchkine vécut son exil de 1824 à 1825 (cl. Ria Novosti).

En 1820, ses poèmes étant jugés séditieux, Pouchkine est condamné à l'exil par l'empereur Alexandre Ier. Échappant de peu à la Sibérie, il est d'abord envoyé à Iekaterinoslav (l'actuelle Dnipropetrovsk, en Ukraine), où il contracte une fièvre violente. Affaibli, il obtient la permission de voyager dans le Caucase et en Crimée, en compagnie de la famille Raïevski ; un séjour qui le marque profondément. Pouchkine est ensuite expédié à Kichinev en Bessarabie (actuelle Moldavie), avant de partir pour Odessa. Pendant cette première partie de son exil, passée dans le sud de l'empire, Pouchkine continue à mener une vie très déréglée, toute consacrée à l'amusement : conquêtes amoureuses, fêtes et jeu. Celle-ci, ainsi que son caractère enthousiaste, colérique et moqueur, le pousse à plusieurs reprises à des duels, dont il sort indemne.

À Odessa, Pouchkine est initié en franc-maçonnerie dans la Loge Ovide16 et il s'attire l'inimitié du gouverneur de la ville, Vorontsov (sans doute en raison de son penchant pour l'épouse de ce dignitaire), et est exilé dans la propriété familiale de Mikhaïlovskoïe dans le gouvernement de Pskov. Condamné à l'isolement presque total, il s'y s'ennuie mortellement. Quand il n'écrit ou ne lit pas, les seules distractions qui lui sont permises sont des promenades et courses à cheval, les visites qu'il rend à ses voisines, Praskovia Ossipova et ses filles et nièces, dans leur propriété de Trigorskoïe. Mais aussi histoires que lui raconte sa nourrice Arina Rodionovna, à laquelle il vouera une reconnaissance toute sa vie, lui consacrant même des vers. À la mort d'Alexandre Ier, en décembre 1825, Pouchkine décide d'aller plaider sa cause à Pétersbourg, mais un pressentiment le fait revenir sur ses pas. C'est ainsi qu'il évite, à la demande de ses amis voulant le protéger, de se trouver mêlé à la révolte avortée des décembristes, à laquelle participent nombre de ses amis, même s'il se sent proche des idées révolutionnaires du cercle des décembristes (il adhère en 1819 à la société littéraire « La lampe verte » à l'origine de ce cercle)5.

Ces six années d'exil sont essentielles pour l'inspiration de Pouchkine : voyage dans le Caucase et en Crimée, découverte de la campagne russe profonde, discussions avec divers aventuriers, contes de sa nourrice. Ce sont aussi celles des premières grandes œuvres, encore fortement marquées par l’influence romantique de Byron : Le Prisonnier du Caucase (1821) décrit les coutumes guerrières des Circassiens ; La Fontaine de Bakhtchisaraï (1822) évoque l’atmosphère d'un harem en Crimée ; Les Tziganes (1824) est le drame d'un Russe qui tombe amoureux d'une Tsigane ; la Gabrieliade (Gavriliada, 1821), dont il devra plus tard se défendre avec acharnement d'être l'auteur-pour échapper à la Sibérie, est un poème blasphématoire qui révèle l’influence de Voltaire. Surtout, Pouchkine entame son chef-d'œuvre, Eugène Onéguine17 (1823-1830), écrit sa grande tragédie Boris Godounov (1824-1825), et compose les « contes en vers » ironiques et réalistes.
Le retour en grâce et la maturité
Portrait de Pouchkine par Oreste Kiprensky (1827, galerie Tretiakov)

En 1826, une fois matée l'insurrection décabriste, Nicolas Ier, nouvel empereur de Russie, fait revenir le poète à Moscou. En audience privée, il lui offre le pardon, à condition qu'il renonce aux débordements de sa jeunesse. Et, puisque le poète se plaint de la censure, l'empereur, posant au protecteur des arts, lui propose d’être son censeur personnel. Pouchkine n’a pas le choix : c’est ça ou le retour en exil. Il accepte.

Ainsi débute pour le poète une nouvelle phase de persécution politique. Pouchkine doit rendre compte de ses moindres déplacements aux autorités. Son activité littéraire est étroitement contrôlée. L'empereur va jusqu’à donner des conseils artistiques à son protégé : ainsi, à propos de Boris Godounov, « Faites-en un roman à la Walter Scott ! » Et le comble est que, simultanément, il passe pour un odieux collaborateur du despotisme aux yeux des libéraux, qui le considéraient comme l'un des leurs.

Pouchkine reprend sa vie oisive et dissolue. Il accompagne aussi l'armée russe de Ivan Paskevitch dans sa campagne militaire de 1828-1829 contre l'Empire ottoman. Cette aventure lui inspire un récit, Voyage à Erzurum, mais lui vaut aussi de nombreux démêlés avec les autorités, qu'il n'avait pas jugé bon d'informer de ses déplacements. Sur le plan littéraire, il achève Poltava (1828), poème à la gloire de Pierre le Grand.

Cependant, l'idée de se marier commence à obséder Pouchkine, persuadé que ce serait pour lui la voie du bonheur. Il jette son dévolu sur une jeune beauté moscovite, Natalia Nikolaïevna Gontcharova.
L'épouse de Pouchkine, Nathalie Gontcharova.

Après de nombreuses difficultés, principalement dues à la mère de la jeune fille, qui lui reproche son passé de débauché et de proscrit, Pouchkine finit par l'épouser à Moscou le 18 février 1831. D'abord installé à Moscou sur la rue Arbat, le couple déménage rapidement à Saint-Pétersbourg.

Pendant cette période de sa vie, Pouchkine, en pleine maturité littéraire, entame son œuvre en prose. Les Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine (regroupant Le coup de pistolet, La Tempête de neige, Le Maître de poste et La Demoiselle-paysanne sont composés à l'automne 1830, tandis qu'une épidémie de choléra bloque l'écrivain dans sa propriété familiale lors de L'Automne de Boldino. La Dame de pique (1833) est une longue nouvelle d'inspiration fantastique. La Fille du capitaine (1836), quant à elle, est une histoire d'amour qui se déroule pendant la révolte de Pougatchev. De cette période datent encore les « petites tragédies » : Le Chevalier avare (1836) d'influence shakespearienne, L'Invité de pierre (1836), qui reprend le thème de Don Juan, Mozart et Salieri et celui du Festin en temps de peste. Il compose aussi le célèbre poème du Cavalier de bronze (1833).

Pouchkine déploie également une intense activité de journaliste, notamment dans le cadre de la revue littéraire Le Contemporain. Celle-ci lui permet de révéler de nouveaux auteurs, comme Nicolas Gogol, dont il publie Le Nez, et à qui il fournit le sujet du Revizor et des Âmes mortes. Son prestige est énorme. Cependant, une partie du public, regrettant le ton exalté de ses premières œuvres, n'apprécie pas le style dépouillé des dernières. Politiquement, les réformateurs reprochent aussi à celui qu'ils voient comme un symbole de la cause libérale d'adopter une attitude trop servile à l'égard du pouvoir tsariste.
Une disparition dramatique

Cependant, si les dernières années de la vie de Pouchkine ne sont pas heureuses, c'est avant tout pour des raisons familiales. Sa famille et celle de son épouse sont une source constante de problèmes pratiques, principalement financiers, qui le détournent de l'écriture. Son épouse Natalia, qui lui a donné quatre enfants18, se révèle aussi particulièrement dispendieuse. Comme les activités de Pouchkine sont constamment contrôlées et interdites par les autorités, il n'a d'autre ressource que de mendier l'assistance financière de l'empereur, assortie de nouvelles contraintes et vexations.
Le dernier tir de Pouchkine, par A. Volkoff.

Natalia est également très coquette. Traînant son époux à toutes les fêtes, elle y tombe sous le charme d'un officier alsacien, le baron Georges-Charles de Heeckeren d'Anthès19. Ce dernier se faisant de plus en plus pressant, les rumeurs de plus en plus venimeuses, Pouchkine tente une première fois de provoquer un duel. L'affrontement est évité de justesse, d'Anthès se prétendant amoureux de la sœur de Natalia et l'épousant sur-le-champ. Mais le Français, devenu entretemps le propre beau-frère de Pouchkine, reprend bientôt ses manœuvres de séduction. Des lettres anonymes proclamant Pouchkine « coadjuteur du grand maître de l'Ordre des cocus et historiographe de l'Ordre20 », commencent aussi à circuler. Exaspéré, le poète envoie une lettre d'insultes au père adoptif de d'Anthès, qu'il soupçonne d'encourager les entreprises malhonnêtes de son fils. Le 6 février (25 janvier) 1837, une nouvelle lettre anonyme apprend à Pouchkine que Natalia a eu un entretien avec d'Anthès. Le duel entre les deux hommes est inévitable21. Il a lieu le 27 janvier, dans les faubourgs de Saint-Pétersbourg, près de la rivière Tchernaïa (« Noire »). Le poète reçoit une balle de pistolet dans le ventre et meurt chez lui deux jours plus tard, dans d'atroces souffrances des suites de cette blessure22.

Sa femme le fait mettre dans un cercueil habillé en costume à la place de son habit militaire23. Une foule immense24 vient rendre hommage à l'écrivain dans sa chambre. Les autorités prennent des mesures pour limiter le plus possible les manifestations publiques25. Le service funéraire change de lieu au dernier moment. Il devait avoir lieu dans la cathédrale Saint-Isaac, mais finalement il n'est autorisé que dans le Храм Спаса Нерукотворного Образа (temple du Sauveur de l'image miraculeuse)26 à Saint-Pétersbourg. Son cercueil est ensuite transporté près de sa propriété familiale pour être enterré au monastère Sviatogorski dans le gouvernement de Pskov.
Statue de Pouchkine à Moscou, œuvre d'Alexandre Opékouchine, inaugurée par Dostoïevski et Tourgueniev en 1880.

Pouchkine était déjà considéré au moment de sa mort comme le plus grand écrivain russe. Les circonstances dramatiques de sa disparition l'ont transformé en véritable légende. Il bénéficie toujours d'une énorme popularité en Russie27.
Critique

S'il n'invente pas la langue russe moderne, comme on le prétend parfois28, c'est lui qui parachève l'action de ceux qui luttaient depuis des décennies pour imposer le russe tel qu'il était parlé, et non celui, figé, des textes administratifs (oukazes) et religieux. Le deuxième mérite de Pouchkine est d'avoir libéré la littérature russe de l'influence étrangère. Il s'inspire des grands maîtres européens mais sans se faire l’imitateur d’aucun (si ce n'est dans quelques écrits de jeunesse), contrairement à ceux qui l’avaient précédé.

Sur son style, tous s’accordent à lui reconnaître une simplicité, une précision et une élégance extrêmes. Son écriture est celle d'un écrivain classique, héritier du siècle des Lumières, bien que vivant au cœur de l'ère romantique (l'influence de celle-ci ne se fait sentir que dans ses premiers poèmes).

La contradiction entre la vie mouvementée et l'œuvre harmonieuse du poète a inspiré cette considération à Henri Troyat « S'il avait écrit comme il vivait, Pouchkine eût été un poète romantique, inégal dans son inspiration. S'il avait vécu comme il écrivait, il eût été un homme pondéré, sensible et heureux. Il n'a été ni l'un ni l'autre. Il a été Pouchkine29 ».

Mikhaïl Lermontov, Nicolas Gogol, Léon Tolstoï, Fiodor Dostoïevski ou Ivan Tourgueniev se sont tous inspirés de son œuvre. Son influence s'est poursuivie, le siècle suivant, dans l'œuvre de Alexandre Blok, Mikhaïl Boulgakov, Marina Tsvetaïeva (qui explique dans Mon Pouchkine ce que son inspiration poétique lui doit) ou Vladimir Nabokov. Pouchkine a également inspiré de nombreux compositeurs russes, comme Piotr Ilitch Tchaïkovski (Eugène Onéguine et La Dame de pique), Nikolaï Rimski-Korsakov (Le Conte du tsar Saltan) et Modeste Moussorgski (Boris Godounov).

L'œuvre de Pouchkine est moins connue à l'étranger que celle d'autres écrivains russes, comme Léon Tolstoï ou Fiodor Dostoïevski. Ceci est dû au fait qu'elle est surtout poétique. Or la poésie est difficilement traduisible, en général. Les traductions du XIXe siècle, en particulier, donnent une image particulièrement faussée de la poésie de Pouchkine. Quant à son œuvre en prose, elle est d'ampleur limitée. Par ailleurs, son style, classique, peut paraître sec ; on l'a comparé à celui de Prosper Mérimée (l'un des auteurs qui a contribué à faire connaître son œuvre en France). Une autre explication, fréquemment donnée par ses biographes30, est que Pouchkine, solaire, joueur, léger, ne correspond pas à l’image typique de l’écrivain russe maudit.
Citations
Les Adieux de Pouchkine à la mer, tableau d'Ilia Répine et de Ivan Aïvazovski (1877).

Nicolas Ier : « Ici tout est calme et seule la mort de Pouchkine intéresse le public et sert de prétexte aux plus sots commérages… Dieu soit loué, il est mort en chrétien. »
Vassili Joukovski : « Notre jeune et prodigieux Pouchkine est l’espoir de notre littérature. »
Nicolas Gogol : « Avec lui, c'est la joie suprême de ma vie qui a disparu. »
Nicolas Gogol : « Je n'entreprenais rien sans son conseil… Je n'ai pas écrit une ligne sans qu'il ne fût devant mes yeux… J'ai le devoir de mener à bien le grand ouvrage qu'il m'a fait jurer d'écrire, dont la pensée est son œuvre. » (Gogol se réfère à son roman inachevé, Les Âmes mortes).
Nicolas Gogol : « La Russie sans Pouchkine — comme c'est étrange. »
Vissarion Belinski : « Ses vers étaient profondément différents quant au fond et quant à la forme d’une année sur l’autre. »
Alexandre Blok « Notre mémoire conserve depuis l'enfance un nom joyeux : Pouchkine. Ce nom, ce son, emplit de soi de nombreux jours de notre vie. Les noms lugubres des empereurs, des chefs de guerre, — les inventeurs d'armes de morts, les bourreaux et les martyrs de la vie. Et puis, à côté d'eux, ce nom léger : Pouchkine. »
Marina Tsvetaïeva : « Pouchkine m'a inoculé l'amour. Le mot amour. »
Wladimir Weidlé : « Un poème de Pouchkine, traduit honnêtement mais sans miracle, produit l’impression la plus fâcheuse, celle du lieu commun. »

Liste des œuvres
La statue de Pouchkine, place Pouchkine à Moscou.
Ouverture du festival de poésie Pouchkine, le 6 juin 1983, à Mikhaïlovskoïe.
Poèmes

Poésies, recueil de poèmes
Souvenirs à Tsarskoïe Selo (1814)
Ode à la liberté (1817)
Rouslan et Ludmila, Poème épique (1817-1820), mis en opéra par Glinka
Le Prisonnier du Caucase (1821)
La Gabrieliade (Gavriliada, 1821)
La Fontaine de Bakhtchisaraï (1824), mis en ballet par Assafiev
Les Tsiganes (1824), mis en opéra par Rachmaninov («Aleko»)
Le Comte Nouline (1825)
Le Fiancé (1825)
La Tempête (1827)
Au fond des mines sibériennes (1827)
Le Noyé (1828)
Le Matin d'hiver (1829)
L'Avalanche (1829)
Poltava, poème (1828), mis en opéra par Tchaïkovski («Mazeppa»)
La Petite Maison de Kolomna (1830), mis en opéra par Igor Stravinsky («Mavra»)
Le Cavalier de bronze, nouvelle en vers (1833)

Contes (en vers)

Du Tsar Saltan, de son fils Gvidon le preux et puissant chevalier et de la belle princesse cygne, mis en opéra par Rimski-Korsakov
Du pêcheur et du petit poisson
Du Pope et de son valet Balda
De la princesse morte et des sept preux chevaliers
Le coq d'or (1834), mis en opéra par Rimski-Korsakov

Drames
Alexandre Pouchkine, monument à Québec
Portrait de Pouchkine (aquarelle de Piotr Sokolov) (1836).

Boris Godounov, tragédie historique (1825), mis en opéra par Modeste Moussorgski.
L'Invité de pierre (1830), sur le thème de Dom Juan, mis en opéra par Alexandre Dargomyjski.
Mozart et Salieri (1830), mis en musique par Rimski-Korsakov en 1897
Le Festin en temps de peste (1830), mis en musique par César Cui
La Roussalka (1832), mis en opéra par Alexandre Dargomyjski (1856).
Le Chevalier avare (1836), mis en musique par Sergueï Rachmaninov.

Nouvelles

Le Nègre de Pierre le Grand (1827), roman inachevé, relatif à son ancêtre Abraham Hanibal : premier roman historique russe5)
Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine
Le Coup de pistolet
La Tempête de neige
Le Marchand de cercueils
Le Maître de poste
La Demoiselle paysanne (1831)
Histoire du bourg de Gorioukhino (1830), écrite en 1830, publiée en 1837
Roslavlev (1831), écrite en 1831, publiée en 1836
La Dame de pique, nouvelle (écrite en 1833, publiée en 1834), dont Tchaikovski tire un opéra
Kirdjali (1834)
Nuits égyptiennes (1835), inachevée
Un Pelham russe (1835), inachevée
Voyage à Arzroum, autre traduction Voyage à Erzeroum, récit (1836)
Alexandre Radichtchev (1836)

Romans et prose

Eugène Onéguine (1823-1831), roman en vers, duquel Tchaïkovski tire un opéra.
Un Roman par lettres (1829), roman commencé en 1829 et resté inachevé, publié en 185731
Doubrovsky (1832-1833), roman publié en 1841
Histoire de la révolte de Pougatchev (1834)
La Fille du capitaine, roman (1836)
Itinéraire de Moscou à Pétersbourg

Journal

Journal secret (1836-1837), publié par Belfond en 2011, probable canular32 (ISBN 978-2-7144-4858-3)

Postérité
Sur Pouchkine

Collectif, avec les collaborations d'Olga Medvedkova, Georges Nivat, Sergueï Fomitchev, Pascale Melani, Valérie Pozner et André Markowicz, Pouchkine illustré, coéd. Somogy / Bibliothèque universitaire de Strasbourg, (ISBN 978-2-7572-0360-6), 2010
Vassili Joukovski, Les Derniers instants de Pouchkine récit, trad. Bernard Kreise, Bibliothèque Ombres (ISBN 2-84142-125-2), 2000
Iouri Tynianov, La Jeunesse de Pouchkine roman, trad. Lily Denis, Gallimard, coll. Du Monde entier, 1980
Abram Tertz, Promenades avec Pouchkine, trad. du russe Louis Martinez, Éd. du Seuil, ISBN 2-02-004429-3, 1976
Corinne Pouillot, Pouchkine , le génie de l'amour, Éd Belfond, ISBN 2-7144-4149-1, 2005
André Markowicz, Le soleil d’Alexandre, Le Cercle de Pouchkine (1802–1841), Anthologie poétique, (Actes sud) (ISBN 978-2-330-00023-3) qui remporte une Mention spéciale au Prix Russophonie 2012

Adaptations au cinéma et à la télévision

1972 : Pouchkine (d'après l'œuvre d'Henri Troyat), téléfilm de Jean-Paul Roux.
1984 : le film Amadeus de Miloš Forman s'inspire de Mozart et Salieri de Pouchkine dans la thématique de la prétendue rivalité finale entre Mozart et Salieri.

Notes et références

↑ Notice de Gustave Aucouturier in Griboïedov, Pouchkine, Lermontov, Œuvres, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1973, p. 1 183.
↑ Elle était connue comme « la belle créole » (Прекрасная креолка) à la Cour.
↑ Selon certaines sources, Abraham Hanibal serait un prince camerounais, longtemps passé pour éthiopien (hypothèse revendiquée par l'intéressé et sa descendance) (Dieudonné Gnammankou, Abraham Hanibal, l'aïeul noir de Pouchkine, Présence africaine, 1996), au destin étonnant, arrivé très jeune en Russie après avoir été capturé par des marchands d'esclaves au service des Ottomans.
↑ D'où Pétrovitch.
↑ a, b et c Corinne Pouillot, Pouchkine - Roman d’un séducteur, éd. du Rocher, 2011, 272 p.
↑ Extrait de A.S. Pouchkine, Correspondance (non traduit), Moscou, éditions Nauka, 1965, t. X, p. 49
↑ Initié en juillet 1814 dans la loge Bouclier du Nord (Северного Щита).
↑ Il reçut, selon son fils, une éducation française et laïque.
↑ Cf. l'arbre d'ascendance du poète (en russe): http://upload.wikimedia.org/wikipedia/ru/3/3f/Pushkin_rod.png
↑ Il trouve pourtant un grand réconfort auprès de sa grand-mère Hanibal, née Pouchkine (et lointaine cousine de son propre père), qui l'amena à s'accepter et sut lui faire aimer son arrière-grand-père Abraham Pétrovitch, ancêtre dont il tira toute sa vie durant une grande fierté.
↑ Le poète souffrira toujours de son apparence physique ; tout - fors son excellente origine, indiscutable - le différenciait de ses camarades et amis : brun, des cheveux crépus (comme sa mère), petit (1,66 m (5′ 5″) - il était plus petit que son épouse Nathalie Nikolaïevna, qui mesurait 1,73 m (5′ 8″)). L'une des raisons de son amitié indéfectible avec le poète Joukovsky, dont la calme carrière s'oppose en tous points à la vie aventureuse de Pouchkine, semble avoir été cette « camaraderie » dans la différence (Joukovsky était à demi-turc, né bâtard, etc.).
↑ Il était alors du meilleur ton dans l'aristocratie russe d'entretenir un tuteur français (voire suisse, comme David de Boudry et Frédéric-César de La Harpe, c'est-à-dire moins porté à promouvoir les idées de la Révolution française ou de Napoléon) pour l'éducation des enfants. Un gentilhomme russe parlait idéalement russe avec ses domestiques et ses paysans, français avec ses amis et sa famille et parfois allemand avec certains officiers. Le français en tant que langue européenne était appris par toute l'aristocratie européenne. Le français et l'allemand étaient les deux langues étrangères obligatoires dans l'enseignement secondaire jusqu'en 1917.
↑ Henri Troyat, Pouchkine, Perrin, 1999, p. 68.
↑ Il a notamment pour professeur de français David de Boudry, frère du conventionnel Jean-Paul Marat, homme de grande culture classique et ancien tuteur du père de sa future épouse.
↑ Henri Troyat, Pouchkine, Perrin, 1999, p. 169.
↑ Notice de la loge maçonnique Alpina [archive].
↑ Dans Eugène Onéguine, Pouchkine décrit un duel qui ressemble étrangement au combat singulier qui lui a coûté la vie : le paysage est hivernal, les adversaires sont un dandy et un poète jaloux…
↑ Une des filles de Pouchkine a inspiré Léon Tolstoï pour le personnage d'Anna Karénine.
↑ Natalia Smirnova, Saint-Pétersbourg ou L'enlèvement d'Europe, Olizane, 1999, p. 77 à 79
↑ Préface de Louis Martinez au volume I des Œuvres complètes de Pouchkine à l'Âge d'Homme, p. 22
↑ Selon Henri Gourdin, le duel est probablement un assassinat commandité par le tsar. La thèse est analysée par Henri Gourdin dans l’édition 2010 de sa biographie.
↑ Saint-René Taillandier, Allemagne et Russie, Michel Lévy Frères, 1856, p. 269 et suivantes
↑ Последний год жизни Пушкина, Составление, вступительные очерки и примечания В. В. Кунина, Москва, Правда, 1988, page 595. (La dernière année de sa vie de Pouchkine, Compilation, essais introductifs et notes de V.Kunin, Moscou, Ed. Pravda, 1988)
↑ estimée à 50 000 personnes, selon August von Liebermann, ambassadeur de Prusse
↑ Elles s'appuient toutefois sur la législation en cours depuis Pierre Ier : interdiction de tout duel, sous peine de mort du ou des participant(s) survivant(s).
↑ Последний год жизни Пушкина, Составление, вступительные очерки и примечания В. В. Кунина, Москва, Правда, 1988, page 585.
↑ Lors du concours Name of Russia, visant à désigner le Russe le plus populaire, il termina en quatrième place, avec plus de 516 000 voix, juste derrière Alexandre Nevski, Stolypine et Staline, mais loin devant Lénine et Pierre le Grand : (ru) (www.nameofrussia.ru [archive])
↑ Hélène Carrère d'Encausse, Russie : 1837-1937, Paris, Maisonneuve & Larose, 1997, 437 p., p. 80.
↑ Henri Troyat, Pouchkine, Paris, Perrin, 1999.
↑ Henri Troyat, op. cit., p. 791 à 796.
↑ Griboïedov, Pouchkine, Lermontov, Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1986, (ISBN 2-07-010774-4)
↑ Pouchkine, en chair et en faux [archive], Libération, 10 mars 2011

Bibliographie

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Union List of Artist Names • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Service bibliothécaire national • Bibliothèque nationale de la Diète • Bibliothèque nationale d'Espagne • WorldCat
E. Piccard E, Alexandre Pouchkine, Paris, 1939.
Henri Troyat, Pouchkine, Paris, 1953.
A. S. Pouchkine, Œuvres complètes (3 vol.), Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne, 1973.
Abram Testz, Promenades avec Pouchkine, Paris, 1976.
Alexandre Pouchkine Contes (126 pages), Éditions du Sorbier, Paris, 1985 - traduit du russe par Henri Abril et illustré par Stanislav Kovaliov.
Les Écrivains célèbres, tome III, Le XIXe et le XXe siècle, Éditions d’art Lucien Mazenod.
André Markowicz (trad. du russe par André Markowicz, anthologie poétique), Le Soleil d'Alexandre : Le cercle de Pouchkine 1802-1841, Arles, Actes Sud, septembre 2011, 570 p. (ISBN 978-2--330-00023-3)
Henri Gourdin : Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (Biographie), Éditions de Paris - Max Chaleil, 2010.
Corinne Pouillot : Pouchkine, le génie de l'amour, Éditions Belfond, Paris, 2005.

Voir aussi
Articles connexes

Place Pouchkine, célèbre place de Moscou
Statue de Pouchkine à Rostov-sur-le-Don
Natalia Alexandrovna Pouchkina

Liens externes

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Fondation Internationale Pouchkine [archive] par Alexandre Pouchkine dernier du nom (1942 - ) et son épouse
Entre la Russie et l'Afrique : Pouchkine, symbole de l'âme russe [archive] par Dieudonné Gnammankou, historien de l'Afrique, de la diaspora africaine et de la Russie, in Diogène no 179, juillet-septembre 1997
Naissance et mort du classicisme russe. Pouchkine et le magistère de l'écrivain [archive] par Louis Martinez.
Natalia Smirnova, Saint-Pétersbourg ou L'enlèvement d'Europe, Olizane, 1999, p. 77 à 79, [lire en ligne [archive]] (mort de Pouchkine).
Saint-René Taillandier, Allemagne et Russie, Michel Lévy frères, 1856, p. 269 et suiv. [lire en ligne [archive]] (récit de la mort de Pouchkine).
Traductions en ligne sur la Bibliothèque russe et slave [archive] :
Boris Godounov, trad. Tourgueniev-Viardot, 1862 [archive]
Eugène Onéguine, trad. Tourgueniev-Viardot, 1863 [archive]
La Dame de pique, trad. Julvécourt, 1843 [archive]
4 poèmes traduits par Tourgueniev et Flaubert [archive]
Jean-Marie Thiébaud & Patrick Bailleau, La Descendance de Pouchkine, dans L'Intermédiaire des chercheurs et curieux (Icc), juillet-août 2014, p. 567.
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:10

L'Écho (anciennement L’Écho de la bourse de Bruxelles jusqu'en 1889, puis L'Écho de la Bourse jusque vers 1990) est un quotidien belge d'information politique, économique et financière.

Lacan se livre alors à un plaidoyer pour démontrer en quoi toute l'œuvre freudienne peut et doit être lue avec l'appui de ces références linguistiques et que, pour ces raisons mêmes, ce qui fait l'efficience de la psychanalyse est lié au fait de parler, qu'elle est une expérience de parole.

Il propose la métaphore d'un hamac :

« l'homme qui naît à l'existence a d'abord affaire au langage ; c'est une donnée. Il y est même pris dès avant sa naissance, n'a-t-il pas un état civil ? Oui, l'enfant à naître est déjà, de bout en bout, cerné dans ce hamac de langage qui le reçoit et en même temps l'emprisonne. »

Au Colloque de Bonneval de l'automne 1960, dans le rapport présenté avec Serge Leclaire et soumis à discussion « L'inconscient, une étude psychanalytique », Jean Laplanche a critiqué la théorie linguistique de l'inconscient de Lacan selon laquelle « l'inconscient est structuré comme un langage »


Παντα ῥει 69

Choses que coule en vous la sueur ou la sève,
Formes, que vous naissiez de la forge ou du sang,
Votre torrent n’est pas plus dense que mon rêve,
Et si je ne vous bats d’un désir incessant,

Je traverse votre eau, je tombe vers la grève
Où m’attire le poids de mon démon pensant ;
Seul il heurte au sol dur sur quoi l’être s’élève,
Le mal aveugle et sourd, le dieu privé de sens.

Mais, sitôt que tout verbe a péri dans ma gorge,
Choses qui jaillissez du sang ou de la forge,
Nature –, je me perds au flux d’un élément :

Celui qui couve en moi, le même vous soulève,
Formes que coule en vous la sueur ou la sève,
C’est le feu qui me fait votre immortel amant.

Melancholiae Tibi Bellaenote 17. Hardelot. 6 août 1929

Sonnet de Jacques Lacan dans une phase surréaliste note 18
intitulé Hiatus irrationnalis et adressé à Ferdinand Alquié,
publié en 1933 aux côtés de Arp, Goll, Asturias et Queneau

69 ↑ Simplicius, in Aristotelis physicorum libros quattuor posteriores commentaria.

note 18 ↑ Victoria Ocampo (V. Ocampo, Lettre à une de ses sœurs, Angelica,
20 janvier 1930, in Cartas a Angélica y otros, op. cité) témoigne qu'à l'époque,
en 1930, Jacques Lacan était extrêmement fier de cette œuvre et jaloux
de son originalité.

C'est cependant dans le service voisin d'Henri Claude — qui défendait la psychanalyse en psychiatrie note 22 — qu'il perfectionne en compagnie d'Henri Ey 86 et Pierre Mâle la clinique.

Note 22 « protecteur officiel d’une psychanalyse adaptée au "génie latin" »48 selon Roudinesco, il chargea à partir de 1922 « René Laforgue d'une consultation qui regroupait Adrien Borel, Henri Codet, Angelo Hesnard et Eugénie Sokolnicka »48 ; il permit l’existence de l'école dynamique et organiciste française dont Henri Ey héritera48.

48 ↑ a, b, c et d Roudinesco 1993, p. 1537.

Une interview qu'il accorde à Madeleine Chapsal, pour L'Express, en 1957, révèle la portée de ce qu'il avancenote 48 :
↑ Manifestement, il s'agit d'un pillage d'idées de Cassirer et de Bergson, où Lacan confond à tort linguistique et psychologie
↑ Clefs pour la psychanalyse.

86 ↑ H. Ey et J. Lacan,, « Parkinsonisme et syndrome démentiel », AMP, t. II,‎ 1931, p. 418-428.

http://ecole-lacanienne.net/bibliolacan/pas-tout-lacan/1957-05-31/

Lacan a également été critiqué pour la création d'un culte de la personnalité parmi ses disciples. Le psychologue Dylan Evans, auteur du Dictionnaire d'introduction de la psychanalyse lacanienne (1996) et plus tard de Le Lacanisme déçu, signale : « Les disciples de Lacan assument simplement comme une vérité n’importe quelle phrase que le « maître » ait dite. Ses textes sont perçus comme une des Saintes Écritures. Était-ce cela une simple projection de ces disciples ? Se peut-il qu’ils l’aient placé à la place du sujet étant censé savoir, à la place où les patients illusoirement situent l’analyste ? »

Le psychologue communautaire argentin Alfredo Moffatt écrit à propos de Lacan critiqué pour son accent sur la langue et le discours au détriment de la matérialité de la réalité sociale :

« Nous pensons que cet évitement de la réalité de l’école lacanienne qui domine actuellement dans le champ de la psychothérapie, a été fonctionnelle dans notre pays grâce à sa capacité à nier ce qui se passait. Pendant la dictature militaire, se contaminer avec le réel était très dangereux, un patient militant « brûlait ». »

En philosophie
Le philosophe Jean Guitton pour sa part en dénonçant cette idée selon laquelle en psychanalyse, et comme le pensait Freud, presque tous les maux sont d'ordre sexuels, a dit de Lacan : « L'on a toujours l'impression avec Lacan qu'autrui n'est qu'un être, un objet dont on voudrait abuser, et de ne pas le pouvoir librement là serait l'origine de tous les problèmes psychiques. »

Dans la mythologie grecque, Écho est une nymphe, elle est la personnification du phénomène acoustique auquel elle a donné son nom : l’écho.

Linguistique

L’écho est le jeu stylistique sur des sonorités proches dans une phrase (prosonomasie) ;

Sciences et techniques
Aérospatiale

Echo 1 et Echo 2 sont deux satellites ballons de télécommunication américains (1960-1964).
EChO (Exoplanet Characterisation Observatory) est un projet de télescope spatial destiné à l'observation des exoplanètes ;

Écholocation

l’écho est un phénomène acoustique de réflexion du son ;
une écho est une abréviation familière pour une échographie ;
un écho radar désigne le retour d'une cible quelconque illuminé par le faisceau radar et affiché sur un affichage radar.

Informatique

Le terme echo est employé par analogie avec le phénomène acoustique pour désigner plusieurs concepts :

echo, une commande Unix ;
« echo request » et « echo reply » sont des messages ICMP utilisés pour tester la connectivité et le délai de transmission entre deux adresses IP. Ils sont notamment utilisés par la commande ping (RFC 792) ;
Echo est une boîte à outils pour le développement d'applications fonctionnant sous internet.

Drones

Echo Seeker , Echo Ranger et Echo Voyager sont des drones sous-marin autonomes .

Presse

en journalisme, un écho est un court article consacré à une personnalité ou à un événement de la vie d'une personnalité ;
L'Écho est un quotidien belge d'information économique et financière ;
Les Échos est un quotidien français d’information économique et financière (1908-) ;
L'Écho des savanes est une revue de bande dessinée française (1972-) ;
L'Écho magazine est un magazine de la presse écrite sur la culture sourde (1908-);

Entreprises et institutions

Echo est une marque de Miyuki Ind. Co, fabricant d’électronique japonais ;
ECHO (European Community Humanitarian Aid Office) est le service de l'Union européenne chargé du budget et des missions d'aide humanitaire en Europe et dans le monde ;
Écho de Moscou est une radio russe (1990-) ;
Echo TV est une chaîne de télévision hongroise (2005-) ;
Echo Orange est un label indépendant de Lyon (2008-) ;

Communication

Selon l'alphabet phonétique de l'OTAN, echo est le terme qui désigne la lettre E ;

Cinéma et télévision

Double Écho (Echo) est un téléfilm américain de Charles Correll (1997) ;
Écho est un court métrage de Yann Gozlan sorti en 2006 ;
Écho (Echo) est un film américain de Yam Laranas sorti en 2008 ;
Écho est un court métrage de Magnus von Horn sorti en 2008 ;
Écho (Earth to Echo) est un film américain de Dave Green sorti en 2014 ;

Littérature et bande dessinée

Échos est une poésie de René de Clercq (1900) ;
Echo est une super-héroïne de l'univers Marvel ;
Echo est une série de comics écrite et dessinée par Terry Moore ;

Musique

Le prix Echo est une récompense musicale allemande décernée annuellement par l'industrie du disque ;
Écho et Narcisse est un opéra de Gluck (1779) ;
Echo and the Bunnymen est un groupe de rock anglais (1972-) ;

Echo est un album de Tom Petty and the Heartbreakers (1999) ;
Echo est un album de Leona Lewis (2009) ;
Echo (You and I) est une chanson d’Anggun (2012) ;
Echo est une chanson d'Al.Hy (2013) ;

Toponyme

Echo, une ville du Minnesota (États-Unis).
Le lac Echo, lac de Californie.

Autre

Écho est un prénom basque, masculin.

Voir aussi

Echoes Page d'aide sur l'homonymie
Echo Park Page d'aide sur l'homonymie

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Ἠχώ / Êkhố)

A vous, les philosophes et à la plupart des diplômes acquis à la sueur du front;
oui acquérir un diplôme est une fierté qui ne doit pas se transformer en Orgueil
mais l'écho est il une transformation du silence tout comme la fierté se mue
en Orgueil..."

Monsieur Tignard Yanis




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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:10

Plusieurs domaines font du terme « métaphore » un usage élargi jusqu'à rattacher au domaine de la métaphore tout symbole et toute association mentale.

Psychanalyse

La métaphore chez Lacan.

Lorsqu'il s'agit soit de comprendre la dynamique inconsciente d'un individu, soit de lui apporter des modèles d'enrichissement de ses dynamiques inconscientes, la métaphore a une place importante. La pratique du « soin par la métaphore » précède de plusieurs millénaires la compréhension de l'organisation de la pensée profonde par la métaphore. Jacques Lacan a ainsi ouvert la voie de l'exploration métaphorique en psychanalyse, notamment dans La métaphore du sujet (1960). Pour Lacan, « l'inconscient est structuré comme un langage », et le désir a deux façons d'être exprimé : par la métaphore ou par la métonymie. Pour Lacan, le signifiant prime sur le signifié. Ce franchissement de la barre entre signifié et signifiant se ferait pour lui par le jeu des signifiants entre eux, chez chaque individu, avec un glissement incessant du signifié sous le signifiant qui s’effectue en psychanalyse par les formules de la métonymie et de la métaphore, qu’il nomme « lois du langage » de l’inconscient. Lacan postule que l'inconscient, qui présente la même structure que le langage, peut également être défini par un axe syntagmatique et un axe paradigmatique, dans une image schématique similaire à celle que Roman Jakobson édifia pour la langue. Lacan prend ainsi comme exemple cette citation célèbre : « La langue latine étant la vieille souche, c’était un de ses rejetons qui devait fleurir en Europe ». Cette métaphore d’Antoine Rivarol dévoile la fonction psychique de celle-ci : « La formule de la métaphore rend compte de la condensation dans l’inconscient ». Par condensation, Lacan entend, (en reprenant le vocabulaire de Freud quant aux deux processus à l'œuvre dans le rêve), la substitution d'un élément par un autre, permettant d'en exprimer le côté refoulé. Autrement dit, un mot pour un autre, un mot concret pour un mot abstrait, un transfert de sens par substitution analogique, telle est la définition de la métaphore en psychanalyse lacanienne, figure de style plus fréquente et plus apte à la poésie. Lacan cite ainsi des métaphores célèbres : « La racine du mal, l’arbre de la connaissance, la forêt de symboles, le jardin de la paresse, l’écheveau du temps, l’automne des idées », ou encore « les fleurs du Mal » de Baudelaire comme des recours linguistiques exprimant une impossibilité du sujet de conceptualiser en totalité son mal et son refoulé. Lacan se démarque ainsi de la linguistique saussurienne centrée sur l'objet signe déconnecté du sujet et de son ressenti intérieur ; Lacan semble même en prolonger le paradigme épistémologique : « l’inconscient ne connaît que les éléments du signifiant » explique-t-il et il « est une chaîne de signifiants qui se répète et insiste ». Il élabore ainsi une formule mathématico-linguistique de la métaphore, qu'il développe comme suit : S S 1 ′ ⋅ S 2 ′ x → S ( 1 S ″ ) {\displaystyle {\frac {S}{S'_{1}}}\cdot {\frac {S'_{2}}{x}}\rightarrow S\left({\frac {1}{S''}}\right)} {\frac {S}{S'_{1}}}\cdot {\frac {S'_{2}}{x}}\rightarrow S\left({\frac {1}{S''}}\right)71. Lacan relève le mode selon lequel l’inconscient opère, ainsi que Freud l’avait décelé par la production de condensations et de déplacements le long des mots, à travers les lapsus et dans le matériel onirique surtout, mais « sans tenir compte du signifié ou des limites acoustiques des syllabes » ajoute Lacan. Le jeu du « Fort-da », décrit par Freud en 1920 atteste ainsi directement de ce processus de métaphorisation (ou condensation en psychanalyse) et du refoulement qui lui est lié : en soi la bobine est une métaphore de la mère, alors que le mouvement de va-et-vient symbolise les retours et départs auprès de la figure maternelle.
Le soin par la métaphore

Née des apports de Jacques Lacan dans le phénomène de la métaphorisation comme substitution d'un signifiant à un signifié inconscient et refoulé, difficile pour le sujet, se développent des thérapeutiques usant de la fonction cathartique de la métaphore. Le conte magique, le mythe, l'histoire enseignement, la fable, sont des textes utilisés pour permettre à l'enfant et à l'adolescent d'intégrer des savoirs quant aux enjeux de l'homme — la naissance, la transformation, la rupture, le désir mimétique, la violence, la mort. Contrairement au texte philosophique où les choses sont explicitées, le texte d'apprentissage et de soin entre en résonance directe avec des parties de la pensée qui sont mal accessibles à la conscience, ce que montrent les travaux de Julian Jaynes et l'ouvrage commun de Joyce C Mills et Richard J. Crowley Métaphores thérapeutiques pour enfants72. En psychologie clinique, un certain nombre d'écoles de thérapie mentale préconisent de raconter des histoires qui sont en relation métaphorique avec la difficulté du patient comme l'école de Milton Erickson, qui y a recours dans sa méthode de l'hypnose. Par ailleurs, l'apprentissage par la métaphore des ressources du langage figuré, en Français Langue Étrangère (FLE) donne lieu à une véritable découverte des différences inter-culturelles73.

Dans la psychose, la métaphore n'est pas un outil thérapeutique dans la mesure où le psychotique(schizophrènes, paranoïaques…) n'a pas accès à celle-ci74. Ceci est structural.Le "trou" symbolique exclut la métaphore: la langue de la folie n'est pas seulement une autre comme une langue étrangère, elle est singulière à chacun des sujets psychotiques. Pour paraphraser Lacan, le psychotique se parle. La notion évidente de communauté d'esprit, il ne la connaît pas. Ainsi, il faut avoir la Loi75 comme le névrosé pour accéder au langage et ainsi à la métaphore qui renvoie à cette communauté d'esprit.
Cognitivisme
George Lakoff

George Lakoff — professeur de linguistique cognitive à l’université de Californie à Berkeley et à l'origine du concept de la cognition incarnéez — considère que les métaphores sont loin d'être uniquement des procédés relevant de l'imagination poétique, ou ne concernant que les mots, plutôt que de la pensée ou l'action. Les métaphores sont présentes dans notre vie de tous les jours et sont, selon lui, à la base du sens donné à nos concepts. Dans Les Métaphores dans la vie quotidienne, Lakoff montre que nous n'avons pas conscience de notre système conceptuel, et qu'une observation attentive de notre langage permet de voir que les métaphores structurent nos concepts : il forge ainsi la notion de métaphore conceptuelle.
George Lakoff

Il s'attache alors, au travers de son étude, à montrer le recours systématique aux métaphores dans les différents domaines de la vie comme le sommeil76, la nourriture, le travail, l'amour ou le sexe. Les métaphores définissent ainsi un réseau de relations entre les choses qui constituent notre expérience personnelle du monde et notre perception culturelle — ce qu'il nomme des métaphores culturelles. Ainsi, à propos de la métaphore de la guerre, Lakoff explique : « « La discussion c’est la guerre ». Cette métaphore est reflétée dans notre langage quotidien par une grande variété d’expressions : Vos affirmations sont indéfendables. Il a attaqué chaque point faible de mon argumentation. Ses critiques visaient droit au but. J’ai démoli son argumentation. Je n’ai jamais gagné sur un point avec lui. Tu n’es pas d’accord ? Alors, défends-toi ? Si tu utilises cette stratégie, il va t’écraser. Les arguments qu’il m’a opposés ont tous fait mouche. […] C’est en ce sens que la métaphore « La discussion c’est la guerre » est l’une de celles qui, dans notre culture, nous font vivre : elle structure les actes que nous effectuons en discutant77 ».

Lakoff conclut que « l'objectivisme n'est pas en mesure de rendre compte de façon satisfaisante de la compréhension humaine78 ».
Ressemblance et communication : Deirdre Wilson et Dan Sperber

Wilson et Sperber79 suggèrent que « contre l'opinion générale, l'interprétation de tout énoncé sans exception exploite une relation de ressemblance » entre « l'énoncé et une pensée ». Dans ce cadre, ils étudient la métaphore au même titre que l'ironie, l'approximation consciente, l'hyperbole, la citation ou la représentation implicites de la pensée de quelqu'un d'autre, tout en soulignant les différences entre ces exceptions à la « règle de littéralité ». Ils remettent en question la définition de la métaphore en tant que « l'exploitation d'une ressemblance de sens entre le terme propre et le terme figuré » : l'idée de « tigre » est proche de celle de « lion », pourtant on ne dira pas métaphoriquement d'un tigre que « c'est un lion », alors qu'on pourra le dire à propos d'un valeureux guerrier : selon eux, c'est parce que la ressemblance dans le premier cas serait trop grande pour que la métaphore fonctionne. Les métaphores, basées sur des « mécanismes psychologiques fondamentaux », ne constitueraient pas un écart ou une transgression par rapport à une norme, mais « des exploitations créatives et évocatrices » du fait que tout énoncé « ressemble », d'une manière ou d'une autre, à une pensée du locuteur : l'auditeur anticiperait une telle ressemblance, dans le cadre général de l'anticipation de pertinence, sans idée préconçue quant au caractère littéral, métaphorique ou approximatif de l'énoncé.
Psycholinguistique : Métaphore et Conscience chez Julian Jaynes

Avec les découvertes de la psycholinguistique, les sciences voient de plus en plus dans la métaphore un processus, au lieu d'un résultat esthétique du seul domaine du langage. André Leroi-Gourhan observe par exemple que lorsqu’un ou des hommes créent une nouvelle « machine », il y a apparition simultanée de mots, à travers notamment des technolectes (des jargons propres à un métier ou à une discipline). Cette création de nouvelle désignation va se faire selon le principe d’économie : si un mot déjà existant peut « représenter » l’élément nouveau, alors il est employé plutôt que de forger un mot nouveau. La construction d’un « mot pour dire telle chose nouvelle » se fait de manières différentes selon les situations. La société est donc la matrice qui conditionne l'apparition et l'emploi des métaphores. Dans La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, le psychologue américain Julian Jaynes soutient que la conscience réflexive, proprement humaine, est permise par un processus métaphorique enraciné dans le mode de perception visuelle80. Jaynes met en place une nouvelle terminologie pour étudier le phénomène métaphorique d'un point de vue phénoménologique et cognitif. Pour lui, à la base de tout langage existe la perception brute, qui est le mode de compréhension premier du monde : il s'agit ensuite de parvenir à une métaphore de cette chose, en lui substituant quelque chose qui nous soit plus familier.
Arts visuels
Métaphore ou comparaison? Le sème de la transparence est ici renvoyé par tous les objets disposés.

La métaphore étant la figure de similitude majeure, certains auteurs transposent ce concept à d'autres arts que celui du discours, notamment la peinture. Depuis l'époque classique, les peintres en quête de reconnaissance sociale ont multiplié les liens avec la rhétorique81 ; mais jusqu'à l'époque moderne, on ne confondait pas les symboles et allégories de la peinture avec la métaphore, qui finit par englober toutes les similitudes82.

Certains critiques et professionnels appliquent ce concept de métaphore élargie à tout rébus ou symbole au cinéma83, à la publicité[réf. souhaitée], à la musicologie84. Mais peut-on pour autant parler sans précaution de métaphore et transposer sans précaution une terminologie élaborée pour la communication linguistique à la visuelle ? Dans son Traité du signe visuel (1992), le Groupe µ étudie cette question de la transposition, étude reprise plus d'une fois par l'un de ses membres, Jean-Marie Klinkenberg, et se montre prudent devant l'utilisation du terme métaphore ici, démontrant qu'il faut distinguer soigneusement les structures des deux familles de figures, la "métaphore visuelle" pouvant parfois se rapprocher du mot-valise85.
Annexes
Bibliographie

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monographies

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Rapport de l'étude, séminaire sur l’appropriation sociale des nouvelles technologies [archive]
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George Lakoff et Mark Johnson (trad. Michel de Fornel), Les métaphores dans la vie quotidienne [« Metaphors We Live By »], Paris, Éditions de Minuit, coll. « Propositions », 1986 (1re éd. 1980), 254 p. (ISBN 270731059X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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Paul Ricœur, La métaphore vive, Paris, Seuil, coll. « Points Essais », 1997, 411 p. (ISBN 2020314703) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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chapitres et articles

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Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca, « 87. La métaphore », dans Traité de l'argumentation. La nouvelle rhétorique, Éditions de l'Université de Bruxelles, coll. « UBlire Fondamentaux », 2008 (ISBN 978-2-8004-1398-3), p. 534-542 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes

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métaphore, sur le Wiktionnaire

Lexique des termes littéraires [archive]

Articles connexes

Figure de style
Trope (rhétorique)
Métaphorologie

Notes et références

↑ Dans la terminologie du Groupe µ, un trope est un « métasémème »
↑ Pour Fontanier, « Les Tropes par ressemblance consistent à présenter une idée sous le signe d'une autre idée plus frappante ou plus connue, qui, d'ailleurs, ne tient à la première par aucun autre lien que celui d'une certaine conformité ou analogie14 ».
↑ Ou « conceptuelle » en littérature anglaise.
↑ La faucille d'or est à la ceinture de Velleda dans les Martyrs de Chateaubriand (1809)20
↑ Pour décrire une grandeur, on n'a guère d'autre choix que d'utiliser la métaphore de l'espace, dont les grandeurs, longueur, largeur et hauteur sont les plus accessibles.
↑ Les locutions comparatives peuvent être : « comme », « semblable à », « tel » etc.
↑ Ou l'inverse, qui est également possible, mais qui renforce l'implicite et l'aspect hermétique de l'image.
↑ Un lexème est, dans un mot, une unité de sens et de son qui n'est pas fonctionnelle ou dérivationnelle. Le lexème renvoie à une notion abstraite ou concrète indépendante de la situation de communication. C'est un synonyme de « radical » du mot dans la plupart des cas.
↑ Sachant que la comparaison est toujours positive, autrement cette dernière devient une oxymore ou alliance de mots contradictoires ou de sens opposés, comme dans l'expression « un soleil noir ».
↑ Ce qui n'empêche personne de jouer sur l'ambiguïté du mot35.
↑ Il ne faut pas confondre les métaphores heuristiques avec les métaphores filées, il s'agit de deux procédés différents42.
↑ Le contexte renvoie en linguistique à l'environnement d'un énoncé verbal (mot, phrase, texte) auquel il sert de cadre de référence, ainsi que le cadre non verbal appelé l'« univers », définition du Dictionnaire des Termes Littéraires, d'Hendrik Van Gorp et alii, Champion Classiques, 2005, ISBN 2-7453-1325-8, p. 116.
↑ Gérard Genette a en effet initié la notion de « pacte en littérature » et en rhétorique (avec la figure de la métalepse par exemple). Genette parle en réalité de deux ententes entre le lecteur et l'auteur: le pacte de fiction (renvoyant à la mimésis) et le pacte autobiographique propre à ce genre, in Le pacte autobiographique, 1975.
↑ L'isotopie est un procédé sémantique qui désigne la présence d'un même sème consistant en un terme ou en plusieurs termes au sein d'un texte ; on peut parler, par exemple de l'isotopie de l'eau ou du feu, de la guerre, de l'amour etc. Son étude est à la source même de la stylistique.
↑ Ce peut être un solécisme, c'est-à-dire une altération personnelle des règles de la syntaxe. L'auditeur est réduit à deviner l'intention du locuteur. L'habitude permet parfois de saisir le décalage ; on parle alors de « langage populaire » et de barbarisme.
↑ La psychanalyse, de Freud à Lacan, emploie ainsi ce sens de déplacement pour désigner la métaphore au niveau psychique, sous la notion de « condensation ». Cette discipline attribue à la « faucille d'or » une série d'associations supplémentaires appropriées à la nuit de Ruth et Booz, en rapport avec la petite castration que représente pour l'homme un acte sexuel complet55, et à l'association symbolique de la lune d'argent et du soleil d'or avec les sexes féminin et masculin.
↑ L'hyperonymie repose sur un mot qui renvoie à une catégorie qui englobe l'autre, par exemple : « jaune » pour « couleur d'or ».
↑ L'antonymie repose sur des mots qui sont de sens opposé : « or » aurait pu être remplacé par « plomb » par exemple.
↑ L'homonymie repose sur des mots qui sont de même sonorité et de même morphologie, mais de sens différents, « Cette faucille dort dans le champ des étoiles» au lieu « d'or ».
↑ « L'essentiel du procédé revient à assimiler, sur un certain plan, deux signifiés apparemment étrangers. (..) La métaphore est ainsi le résultat de la substitution d'un mot à un autre sur la base de leur commune possession d'un noyau de sens dénoté. (..) Dans la métaphore on procède, autour d'un noyau fixe de sèmes, à des suppressions et à des adjonctions pour aboutir à la substitution56 ».
↑ Selon Roman Jakobson, le langage contient six fonctions, l'une étant plus dominante dans un genre ou un style. Il distingue ainsi: la « fonction référentielle » (ou « dénotative »: le message est centré sur le référent du message ; la « fonction expressive » (ou « émotive ») dans laquelle le message est centré sur l'émetteur ; la « fonction conative » où le message est centré sur le destinataire ; la « fonction métalinguistique », le message est y centré sur le langage lui-même ; la « fonction phatique » dans laquelle le message cherche à établir ou à maintenir le contact comme le « Allô ? » au téléphone et enfin la « fonction poétique » qui permet que le message soit centré sur lui-même, sur sa portée.
↑ Perelman et Olbrechts-Tyteca 2008 adaptent la terminologie de Ivor Armstrong Richards qui a été le premier à analyser le fonctionnement de la métaphore en « tenor and vehicle »57, littéralement la teneur et le véhicule, respectivement le thème et le phore dans Perelman et Olbretchts-Tyteca.
↑ Le cotexte est l'espace référentiel dans le texte lui-même, matérialsié par un jeu de références et de renvois expliquant, avant ou après la figure, sa portée ou sa nature.
↑ À la différence de l'adjectif semblable, suivi de la préposition « à », réservé à la comparaison.
↑ Les métaphores filées et les métaphores proportionnelles demandent une série d'opérations impliquant des éléments qui ne sont pas dans l'énoncé.
↑ En anglais : « embodied cognition ; embodied mind ».

↑ a, b et c « Booz endormi », La légende des siècles, 1859 (texte sur Wikisource)
↑ Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique, Paris, PUF, 1991, p. 235.
↑ Définition d'une métaphore [archive] , sur lettres.org
↑ Aristote, Poétique (trad. et notes Jules Barthélemy-Saint-Hilaire), A. Durand, Paris, 1858, p. 112.
↑ Cicéron (trad. M. Nisard), Rhétorique à C. Hérrenius : Œuvres complètes, t. 1, 1864 (1re éd. 55 av. J.-C.) (lire en ligne [archive]), p. 218 (III-XXXIX)
↑ Cicéron 1864, III-XXXVIII.
↑ Cicéron 1864, p. 448, Les trois dialogues de l'orateur.
↑ César Chesneau Dumarsais et Pierre Fontanier (commentaire raisonné), Les Tropes de Dumarsais, Paris, Belin-Le-Prieur, 1818 (lire en ligne [archive]), p. 155.
↑ Tzvetan Todorov et Oswald Ducrot, Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Paris, Seuil, 1972, p. 354.
↑ Vers extrait de La Henriade de Voltaire, 1728, cité par
Pierre Fontanier, Les Figures du Discours, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1977, 510 p., p. 100.
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↑ Monique Boaziz-Aboulker, « Al Jurjani : une rhétorique différente », Cahiers de linguistique hispanique médiévale, vol. 13,‎ 1988, p. 53-60 (lire en ligne [archive]).
↑ Reboul 1991, p. 75.
↑ Manuel classique pour l'étude des tropes, Première partie du Traité général des figures du discours, réédité comme : Pierre Fontanier, Les Figures du Discours, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1977, 510 p., chap. III (« Des Tropes par ressemblance, c'est-à-dire, des métaphores »), p. 99.
↑ Reboul 1991, p. 74-77.
↑ Jean-Marie Klinkenberg, « L'argumentation dans la figure », Cahiers de praxématique, Montpellier, no 35,‎ 2001 (lire en ligne [archive]).
↑ « L'infini dans les cieux », Harmonies poétiques et religieuses, 1830.
↑ Charmes
↑ Poème traduit par Li Tche-houa, édité et commenté dans Anthologie de la poésie chinoise classique, Paul Demiéville (dir.), Gallimard, Paris, 1988, p. 467.
↑ François-René de Chateaubriand, Les Martyrs, Paris, 1809 ; réédité à plusieurs reprises.
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↑ (en) Matthew C. Tate, Guillaume Herbet, Sylvie Moritz-Gasser, Joseph E. Tate et Hugues Duffau, « Probabilistic map of critical functional regions of the human cerebral cortex: Broca’s area revisited », Brain, Oxford University Press, vol. 137, no 10,‎ octobre 2014, p. 2773-2782 (DOI 10.1093/brain/awu168)
↑ Hugues Duffau et Estelle Saget (interviewer), « Hugues Duffau : "Le cerveau se répare lui-même" », L'Express,‎ 2 octobre 2014 (lire en ligne [archive])
↑ « L'instance de la lettre dans l'inconscient », Écrits I, seuil, 1966.
↑ Richard J. Crowley, Métaphores thérapeutiques pour enfants, Desclée de Brouwer, Coll. Re-Connaissances, 1995, (ISBN 2220037207).
↑ L'enseignement des métaphores en FLE [archive]
↑ Jacques Lacan, Le seminaire", livre III, les psychoses, Seuil, 1981
↑ Jacques Lacan, « Clinique de la perversion », dans Séminaire livre XVI — D'un Autre à l'autre, Seuil, 2007, p. 247.
↑ Exemple des métaphores du sommeil [archive], consulté le 7 février 2009
↑ Lakoff et Johnson 1986, Chapitre 10 : Quelques exemples supplémentaires.
↑ Le chapitre 27 de Metaphors We Live By (Lakoff et Johnson 1986) est intitulé « How Metaphor Reveals the Limitations of the Myth of Objectivism » (« Comment la métaphore révèle les limitations de l'objectivisme ».
↑ Ressemblance et communication, in Introduction aux sciences cognitives, dir. Daniel Andler, Gallimard Folio / Essais, 2004 (ISBN 2-07-030078-1).
↑ John Stewart, « La Conscience en tant que métaphore spatiale: la théorie de Jaynes », Intellectica, no 32,‎ 2001 (lire en ligne [archive])
↑ Jacqueline Lichtenstein, La couleur éloquente : Rhétorique et peinture à l'âge classique, Paris, Flammarion, 1989
↑ Nanine Charbonnel, « Métaphore et philosophie moderne » [archive] dans Charbonnel et Kleiber 1999.
↑ J. Gesternkorn, La métaphore au cinéma : les figures d'analogie dans les films de fiction, Méridiens-Klincksieck, 1999 (ISBN 2865633233) ;
Adolphe Nysenholc, « Métonymie, synecdoque, métaphore : analyse du corpus chaplinien et théorie », Semiotica, The Hague, Paris, New York, Mouton Publishers, vol. 34, no 3/4,‎ 1981, p. 311-341.
↑ Francesco Spampinato, Les Métamorphoses du son, Paris, L'Harmattan, 2008.
↑ Groupe Mu (Francis Edeline, Jean-Marie Klinkenberg, Philippe Minguet), Traité du signe visuel, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 1992, 504 p..
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:11

La métaphore dans le discours scientifique

L'épistémologie classique, dont l'expression la plus pure est mathématique, exclut rigoureusement la métaphore. Le discours scientifique doit être réfutable, c'est-à-dire qu'on doit pouvoir prouver qu'un énoncé est soit vrai, soit faux. À ce titre, la métaphore a, dans la présentation scientifique, mauvaise réputation. On ne peut pas dire qu'une métaphore soit vraie ou fausse : son interprétation dépend du récepteur. Pour Gaston Bachelard, la conceptualisation se construit contre l'image. Mais la capacité de conviction du langage imagé, et le potentiel expressif de la rhétorique sont difficiles à éviter, même dans le discours scientifique. Dans la deuxième moitité du XXe siècle, un courant épistémologique a réévalué la rhétorique. La pensée logique, en effet, est tout à fait incapable de fonder l'intuition, la découverte, qui constituent l'heuristique41.

Les disciplines didactique, emploient des métaphores (souvent filées) afin d'expliquer les modèles scientifiques comme ceux relatifs au Big Bang, à la physique quantique, etc. Par ailleurs, nombre de philosophes ont recours à des allégories tels Platon et sa « caverne » ou encore Buridan et son ânek. Il ne s'agit pas de clichés au moment de leur utilisation, mais d'images permettant de véhiculer une idée ou une théorie.
Les modèles cosmologiques utilisent des métaphores heuristiques.

La métaphore est entrée au sein de l'épistémologie pour illustrer comment les modèles se situent et fonctionnent par rapport aux théories scientifiques, et comment une terminologie théorique est introduite dans le langage scientifique. Julian Jaynes en fait d'ailleurs un argument central de sa théorie de la conscience comme métaphorisation du réel43. Toutes les disciplines sont ainsi créatrices de métaphores : la biologie44, dans la théorie de l'évolution (le « chaînon manquant » de Charles Darwin, l'arbre comme image de la phylogénèse), en physique (le modèle de Maxwell et son démon), en écologie (l'hypothèse Gaïa) et en astrophysique (la théorie des cordes par exemple).

Les métaphores organiques, mécanistes, rituelles, théâtrales, ludiques, cybernétiques, etc. sont un mode d'expression récurrent en sociologie, notamment pour la construction de modèles descriptifs des phénomènes45. Le recours aux métaphores permet d'extraire des structures et des outils conceptuels issus d'autres champs pour les réutiliser dans un contexte distinct, comme c'est par exemple le cas pour la théorie des jeux. Ce procédé est particulièrement visible chez des auteurs comme Erving Goffman46.
Dans la langue des signes

Dans la langue des signes, on retrouve des gestuelles fondées sur la métaphorisation. Dans Le corps et la métaphore dans les langues gestuelles : À la recherche des modes de production des signes, Danielle Bouvet (1997) analyse le mode de production des signes de la langue des signes française et montre que les métaphores construites par référence au corps permettent de constituer un vocabulaire abstrait qui coïncide souvent avec des expressions imagées du français parlé et écrit.
Métaphore et discours

La stylistique a pour objet d'étudier les effets du discours dans l'énoncé et en communication. Le contextel littéraire, énonciatif et culturel seul permet de cerner la nature et la portée de la métaphore, qui mélange deux champs sémantiques, parfois suivis d'une comparaison. Le transfert qu'elle permet entre deux termes fut souvent à l'origine de la « théorie de l'écart », qui ambitionnait d'expliquer le style par un écart envers la norme ou envers l'usage minimal du langage. Cette vision fut abandonnée, notamment lorsque les recherches modernes établirent que ce transfert sémantique a une fonction stylistique destinée à amplifier le discours47.
Une connivence entre le locuteur et l'interlocuteur

La métaphore repose souvent sur des clichés, des lieux communs ou des allusions qui se retrouvent à toute époque. Dès lors, elle produit des effets affectifs qui apparaissent dans la poésie, les jeux du langage, et en rhétorique ; en cela sa réception dépend d'une connivence entre le locuteur et l'interlocuteur. L'ironie utilise cette connivence (chez Voltaire par exemple), comme les journaux et les jeux de mots. En poésie, le pacte de connivence (que Gérard Genette étudia, surtout dans le genre autobiographiquem) est beaucoup plus ambigu, et nécessite de la part du lecteur un effort de décodage qui fait toute la spécificité littéraire et symbolique des images poétiques.

La stylistique se donnant comme objet le texte, elle étudie surtout les effets sur l'interlocuteur, et les moyens mis en œuvre par le locuteur pour cela, dans un cadre macro-structural. La métaphore filée est ainsi une métaphore privilégiée pour l'analyse de texte : elle peut en effet se fonder sur une gamme plus variée de moyens linguistiques et stylistiques. Néanmoins, on ne peut parler dans son cas de véritable métaphore, mais d'une juxtaposition de métaphores. Grâce à cette figure de pensée, l'auteur peut faire coïncider deux réalités distinctes dans la conscience du récepteur ; c'est pourquoi, d'après le linguiste Roman Jakobson, elle est propre au fonctionnement du discours. Pratiquement, la métaphore permet une concentration du sens et non un véritable changement de sens et il y a donc polysémie (ajout d'une désignation sur un sens). Elle met en œuvre une activité qui s’affirme d’une façon symbolique et contribue à faire voir quelque chose qui ne se donne pas entièrement par des signes linguistiques. Elle renseigne sur la vision du monde propre à l'auteur à travers les grandes structures récurrentes dont il parsème son texte, tels l'isotopien, les champs sémantiques ou lexicaux.
Une aide à la conceptualisation

Catherine Fromilhague rappelle que pour la sémantique cognitive, la métaphore est une figure qui peut être employée au service de la connaissance, « notre système conceptuel ne pouvant formuler certaines idées abstraites et subjectives que par le biais des métaphores48 » ; elle permet ainsi de « lever le voile » de certains phénomènes inconnus ou difficiles à expliquer et à traduire. La poésie symboliste montre, par son manifeste esthétique, que la métaphore est au service de la révélation d’un inconnu et du mystère de la Nature. Le discours scientifique l'utilise souvent, afin de représenter, dans un but pédagogique, des concepts ou des modèles.

La métaphore aide à conceptualiser ce qui ne peut pas être compris par la désignation (ou connotation stricte), et relevant notamment des sentiments et de la pensée. George Lakoff et Mark Johnson (en) ont ainsi montré qu'elle est un auxiliaire linguistique à la conceptualisation49. Au sens propre, elle permet en effet de rendre compte d'une réalité que la grammaire ne peut assumer : la métaphore « Jean est un lion » est acceptable comme figure de style, alors que l'énoncé « Jean est le lion » est logiquement faux. Dans l'expression métaphorique, le sens de la phrase n’est plus la somme des sens des éléments : on parle alors de « sens métaphorique ». Dans nombre de textes, comme dans les poèmes, elle permet ainsi de signifier un paradoxe que des mots non métaphoriques ne peuvent exprimer. Des linguistes et philosophes comme Paul Ricœur, Cornelius Castoriadis et Jacques Derrida, ont proposé une approche transdisciplinaire, la métaphorologie, étude des métaphores comme produits sémiotiques et cognitifs.
Un mode fondamental du discours

La métaphore exprime « l'énigmatique : ce qu'elle dit ne peut être pris au pied de la lettre. Elle est une façon de dire le problématique au sein du champ propositionnel. Elle se situe à mi-chemin entre l'ancien, qui n'a plus à être énoncé puisque connu, et le nouveau, qui est irréductible aux données dont on dispose, puisque nouveau. Bref, la métaphore négocie l'intelligibilité des situations et des émotions nouvelles par rapport aux anciennes, dont elle modifie le sens tout en le préservant: et c'est cette dualité que l'on retrouve dans les expressions métaphoriques50. ». Patrick Bacry développe : « substitution, dans le cours d'une phrase, d'un mot à un autre mot situé sur le même axe paradigmatique – ces deux mots recouvrant des réalités qui présentent certaine similitude, ou qui sont données comme telles51 » comme dans : « (..) une mélancolie secrète et profonde régnait dans cette volière striée de rires » (Albert Cohen) ou dans « S'envoler, sous le bec du vautour aquilon » (Victor Hugo). La figure joue sur la fonction référentielle du langage.

La translation linguistique qu'opère la métaphore se révèle une structure fondamentale du discours. Elle intervient sur son « axe paradigmatique », qui correspond à l'ensemble des vocables dont le locuteur dispose, et sur son « axe syntagmatique », qui correspond aux combinaisons des mots entre eux pour former une phrase compréhensible selon les règles de la langue. Cette organisation est universelle ; Roman Jakobson, qui l'a formalisée, a clairement établi le rapport qui existe entre cette structure et les figures. On parle du « modèle de la métaphore » en linguistique structurale52.
Schéma de la métaphore comme déplacement de sens sur les axes linguistiques53.

Toutes les combinaisons sont possibles dès lors qu'elles respectent la « cohérence syntaxique », sans laquelle la phrase est a-grammaticale et incompréhensibleo. Le critère de la « cohérence sémantique » n'est que secondaire : combiner des mots entre eux, si les règles de syntaxe sont observées, peut aboutir à des énoncés cohérents, suivant le contexte dans lequel ils naissent. C'est le cas des énoncés poétiques comme « La terre est bleue comme une orange » de Paul Éluard54. Le locuteur peut opérer un choix inattendu sur l'axe paradigmatique : au lieu du mot attendu par le contexte, il choisit un autre mot n'ayant pas de rapport sémantique direct avec le reste de la phrase, créant une ambiguïté. Ce déplacement enrichit l'expression et fait naître un effet stylistique caractéristique de la figure de style.

Dans la métaphore de Victor Hugo : « cette faucille d'or1 », « faucille » renvoie au croissant de lune. Hugo opère un déplacement de sens en déplaçant un mot : « croissant », qui est remplacé par « faucille » et qui renvoie aux sèmes communs qui existent entre l'astre et l'outil, à savoir la forme en demi-arc de cercle. Le schéma ci-joint montre le déplacement opéré et le résultat, ainsi qu'un exemple de choix que peut avoir le locuteur dans le paradigme. L'interlocuteur a ainsi en conscience les deux mots renvoyant au sens de « croissant de lune », l'un explicite, l'autre implicite. La métaphore permet ainsi de présenter en un seul mot le sens de deux mots, par un phénomène de déplacement de sensp.

Selon les combinaisons retenues, le locuteur aboutit à différents types de relations : à la place du partitif « d'or », le poète aurait pu dire, par exemple, « d'argent », ce qui relève tout aussi bien du champ sémantique des couleurs. On peut imaginer ensuite d'autres types de relations, principalement l'hyperonymieq, l'antonymier et l'homonymies. Former une métaphore consiste ainsi à opérer une relation entre des mots choisis (axe paradigmatique ou paradigme) au moyen de ces trois catégories de relation, étant toutes sur l'axe syntagmatique. Le Groupe µ y repère comme caractéristique principale cette faculté de substituer des entités linguistiques à laquelle il donne le nom plus générique de « métaplasme »t.
Les axes syntagmatique et paradigmatique de la langue, d'après Roman Jakobson.

Jakobson propose ainsi que la métaphore soit un processus de substitution effectif (elle met en œuvre la « fonction poétique » du langageu) opéré sur l'axe paradigmatique ; c'est-à-dire qu'elle réalise un effet stylistique comparable à une impropriété puisqu'elle lie deux termes sémantiquement disjoints. C'est pourquoi nombre d'expressions métaphoriques sont perçues comme des manipulations déroutantes de la langue et du sens, surtout dans le cas des métaphores aboutissant à des personnifications (« Cette architecture parle au visiteur ») ou à des chosifications (« Cet homme est un roc »).
Analyse linguistique de la métaphore

Chaïm Perelman et Lucie Olbretchts-Tyteca distinguent dans une métaphore trois éléments dont deux présents dans le discoursv :

le thème, ou comparé, qui est le sujet dont on parle ;
le phore (signifiant porteur en grec) ou comparant qui est le terme mis en relation avec ce sujet.
le motif ou tertium comparationis qui est l'élément ressemblant — ou analogue — sur la base duquel les deux premiers sont liés, appelé qualité et constituant le trait sémique qui fait l'objet du transfert de sens. Ce troisième élément, implicite, est décodable par le contexte culturel et symbolique et par le cotextew.

Le verbe est le mot support privilégié de la métaphore, en raison de sa valence, c'est-à-dire de sa capacité à accueillir des constructions syntaxiques : plus un verbe a de constructions syntaxiques variées, plus il est candidat à la métaphore. Les verbes de mouvement ou d'action, les verbes de pensée également, permettent ainsi une multitude de sens métaphoriques. Les mots comparants et comparés peuvent être reliés par d'autres moyens syntaxiques que ceux mis en œuvre dans la comparaison. Pierre Fontanier insiste sur son universalité et sa grande productivité au sein du discours : « La métaphore s'étend bien plus loin sans doute que la métonymie et que la synecdoque, car non seulement le nom, mais encore l'adjectif, le participe et le verbe, et enfin toutes les espèces de mots sont de son domaine. »58. Comme comparants, on peut ainsi trouver :

l'apposition : « Le blanc cheval aurore59 »
l'apostrophe : « Bergère, ô tour Eiffel60 »
le verbe copule « être » : « La nature est un temple61 » ()
le verbe « sembler »x[réf. nécessaire] :

« Il arrive souvent que sa voix affaiblie
Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie »

— Baudelaire, La Cloche fêlée

une formule, comme « je crois voir » :

« Dures grenades entr'ouvertes
Cédant à l'excès de vos grains
Je crois voir des fronts souverains... »

— Paul Valéry, Grenades

un mot très simple peut également créer une métaphore. Par exemple, l'emploi du mot « nuit » renvoie souvent au plaisir charnel entre deux personnes, ou connote « les faveurs d'une femme », comme dans « Ils achetèrent de leur vie une nuit de Cléopâtre » (Jean-Jacques Rousseau, Émile, IV). Dans ce genre de cas, la polysémie du mot est maximale. Le mot « nuit » peut ainsi renvoyer à d'autres thèmes et symboliques : l'obscur caché, le secret, la mort entre autres.

La métaphore est par ailleurs l'une des rares figures à être autonymique (qui peut se prendre comme objet) comme dans cette citation de Robert McKee : « Une histoire est une métaphore de la vie », qui est — en elle-même — une métaphore évoquant une métaphore. Raymond Queneau, dans Les Ziaux62, appelle ainsi la figure « un double à toute vérité » et joue sur cette spécificité :

Loin du temps, de l’espace, un homme est égaré,
Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore,
Les naseaux écumants, les deux yeux révulsés,
Et les mains en avant pour tâter le décor

– D’ailleurs inexistant. Mais quelle est, dira-t-on,
La signification de cette métaphore :
« Mince comme un cheveu, ample comme l’aurore »
Et pourquoi ces naseaux hors des trois dimensions ?

Victor Hugo fait ainsi une métaphore de la métaphore lorsqu'il dit : « La métaphore, c'est-à-dire l'image, est la couleur, de même que l'antithèse est le clair obscur63 ».
La métaphore en neurosciences et en psychologie

La métaphore dépasse au XXe siècle le seul cadre linguistique pour devenir un objet d'études de psychologie du développement et de l'apprentissage, de psychologie cognitive et de neurosciences et de psychanalyse.
Apprentissage de la métaphore chez l'enfant

En psychologie du développement, on cherche à discerner à quel point de l'apprentissage du langage l'enfant devient capable de comprendre et de produire des métaphores. Les expressions caractéristiques du langage enfantin marquent souvent l'interprétation « au pied de la lettre » (une maman dit à son enfant « tu m’as laissé tomber «, l’enfant répond « où ? ») qui fait sourire l'adulte qui néglige habituellement ce sens immédiat.

La recherche sur l'apprentissage de la métaphore suppose qu'on détermine ce qu'est une métaphore, et ce qui n'en est pas ; les différences d'appréciation sur ce point sont à la source d'importantes divergences entre les chercheurs. Pour se renseigner sur le degré de maîtrise de l'enfant, on lui demande en général d'expliquer un énoncé métaphorique dont on s'est assuré qu'il comprend chacun des termes. L'âge et le degré d'éducation auxquels les enfants sont capables de répondre aux épreuves varie largement. On peut établir une échelle de difficulté entre les métaphores les plus simples et celles dont la compréhension demande une série d'inférencesy. Pour les chercheurs suivant la ligne théorique de Jean Piaget, la comparaison s'acquiert au stade de développement de la capacité à des opérations concrètes, tandis que les séries d'inférences ne sont possible qu'au stade de la pensée formelle, bien plus tard. La difficulté de l'investigation réside dans l'incertitude sur ce que l'enfant connaît des termes qui lui sont proposés. Il ne suffit pas qu'il connaisse l'objet que l'énoncé lui désigne, mais encore qu'il lui associe la propriété qu'utilise la métaphore. La compréhension de la métaphore exige des apprentissages hors du langage. La plupart des auteurs situent l'âge où l'enfant peut comprendre des métaphores entre 9 et 14 ans64.

En psychologie du développement, on observe que jusqu’à 2 ans l'enfant ne comprend pas et ne produit pas de métaphore. Ce n'est qu'à partir de 4 ans que, selon les auteurs les plus partisans de la précocité de l'interprétation, les métaphores sont comprises et produites. Après 6 ans le stade du développement de l’activité métaphorique est lié à l’émergence de l’activité métalinguistique (ou autonymique). Les composantes sémantiques sont différenciées, la différenciation permettant l'acquisition pratique des analogies et des images, constituant les réseaux sémantiques et les jeux de mots. Dès 11-12 ans la manipulation des métaphores conventionnelles et culturelles est acquise. La psychologie de l'éducation fait ainsi passer l'enfant, par le biais de l'activité symbolique permise par la métaphore, des activités linguistico-cognitives concrètes (sens immédiat, « au pied de la lettre ») aux activités linguistico-cognitives formelles, respectant le code syntaxique et les contraintes de la langue.

La métaphore est un objet cognitif témoignant du processus mental de la conceptualisation. Elle implique en effet un nouveau rapport à un univers construit, processus cognitif appelé la re-catégorisation65.

On assiste ainsi chez l'enfant pré-langagier au passage du pôle du codage au pôle de l’invention : par la métaphore l'enfant exerce une liberté linguistique. L’enfant doit être aussi capable de renvoi syntaxique, via les procédés de l'anaphore et de la cataphore.

La métaphore suppose donc l'acquisition de capacités mentales :

la capacité de catégorisation
la capacité de généralisation

Neurologie

Paul Broca en 1865 et Carl Wernicke en 1874 établissent la distinction encore actuelle du cerveau comme un double appareil neuronal : un cerveau gauche d'une part (siège des unités linguistiques et de leurs combinaisons, responsable de l'analyse) et un cerveau droit d'autre part (siège de la reconnaissance de structures syntaxiques, de la mélodie, des émotions, responsable de la synthèse et de la compréhension globale). Leurs recherches démontrent donc que les unités linguistiques sont psychologiquement réelles alors qu’elles n’ont aucune matérialité corticale, démonstration corroborée par l'imagerie moderne comme celle permise par l'imagerie par résonance magnétique.
Le cerveau et ses deux hémisphères cervicaux

Une série d'expériences cognitives et neurologiques vont ainsi, tour à tour, aboutir à isoler la métaphore comme inhérente au cerveau, et non production seule de la langue. Les aphasiques de l’hémisphère droit peuvent ainsi former la grammaire et la phonologie, mais ils ne comprennent pas les métaphores. Jean-Luc Nespoulous, chercheur au Laboratoire Jacques-Lordat, Institut des Sciences du Cerveau de Toulouse, montre pour sa part que l'absence de métaphore nuit à la compréhension d'un énoncé complexe66. Bottini (199467) de son côté évoque le rôle important que jouerait l'hémisphère droit dans l’appréciation de la métaphore : le traitement de la métaphore impliquerait des ressources cognitives additionnelles. Des expériences sur le temps de lecture, plus long pour les énoncés métaphoriques que pour les énoncés littéraux (de Janus & Bever en 1985) et sur l'influence cognitive du contexte, qui permet de mieux comprendre, et plus rapidement le sens métaphorique (par Keysar en 1989) témoignent de l'actualité des recherches sur l'origine et la localisation cérébrale de la métaphore. Bonnaud & al. (2002) montrent également que parmi une paire de mots sans lien sémantique, une paire de mots avec lien métaphorique et une paire de mots avec lien littéral, constituant leur protocole expérimental, il y a plus d’erreurs sur les mots avec lien métaphorique que sur les mots avec lien sémantique littéral.

Les recherches aboutissent à la conclusion que le traitement global est moins spécialisé que prévu, et que la métaphore naît de la coopération des deux hémisphères (cérébraux et non cervicaux comme dans la légende de la figure)68. Dans une étude publiée en 2014 dans la revue Brain69, le neurochirurgien et neuroscientifique Hugues Duffau montre que « l'aire de Broca n'est pas l'aire de la parole » et que les fonctions langagières ne sont pas tant localisées dans une aire précise que dépendantes de connexions neuronales en reconfiguration constante70.
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:12

Silence

« Entends ce bruit fin qui est continu, et qui est le silence. Écoute ce qu'on entend lorsque rien ne se fait entendre. »

— Paul Valéry, Tel quel II, 1943, p. 118

pourtant,

Le silence est, dans son sens originel, l'état de la personne qui s'abstient de parler. Dans son sens actuellement le plus courant, c'est l'absence de bruit, c'est-à-dire de sons indésirables. Le silence absolu est l'absence de tout son audible.

Par extension, le silence désigne aussi l'absence de l'expression par écrit. Le bruit s'associant au désordre et à l'agitation, le silence s'associe à l'inverse au calme et à la tranquillité.

En solfège, les silences sont les signes qui indiquent un arrêt de la production de sons musicaux pendant une durée spécifiée.

Environnement et acoustique
Environnement

Dans le domaine de l'acoustique environnementale, on définit le silence comme l'absence du désagrément que causent les sons indésirables.

Les autorités locales créent des zones ou des périodes de silence dans les endroits où les bruits ordinaires sont les moins bien tolérés, par exemple la nuit ou autour d'un hôpital. Dans le même esprit, elles peuvent réglementer les activités bruyantes dans des zones calmes, autour des cimetières et dans des espaces naturels. Elles figurent dans les cartes de bruit1.
Psychoacoustique

Le silence absolu est une notion dépendant de la perception humaine. Il n'est défini que par la psychoacoustique, dont un des premiers objectifs a été de déterminer les limites physiques de l'audition humaine. L'acoustique, branche de la physique qui s'occupe de la vibration des particules d'un milieu élastique, ignore ces limites. L'absence totale de vibration supposerait qu'il n'existe aucune agitation moléculaire. Cette condition n'est remplie que dans le vide ou à la température zéro absolu (-273,15 °C).

Les sons les plus ténus perceptibles par l'oreille humaine dans la plage de fréquences à laquelle ils sont les plus sensibles, de 1 à 4 kHz, correspondent à une pression acoustique d'environ 20 µPa (vingt micropascals), valeur qui a été choisie comme niveau de référence lorsqu'on exprime le niveau sonore en décibels. Tous les sons audibles sont donc plus forts, et le niveau sonore en décibels est toujours un nombre positif. Ainsi, une ambiance très calme se trouve à un niveau de 40 dB SPL (quarante décibels Sound Pressure Level, c'est-à-dire Niveau de Pression Sonore) ; une conversation correspond, pour les participants, à un niveau de 60 à 80 dB SPL2.

L'audition humaine est limitée aux fréquences d'environ 20 Hz à 16 000 Hz. Les vibrations acoustiques que leur niveau ou leur fréquence rend inaudibles aux humains (notamment ultrasons et infrasons) ne rompent pas le silence, mais relèvent de la physique des vibrations, un domaine d'étude qui fournit ses bases à l'acoustique.
Vie sociale
Le silence opposé à la parole

Réduire au silence un adversaire, c'est l'empêcher de parler, et de s'exprimer en général. Passer sous silence un sujet, c'est éviter d'en parler3.

Dans l'expression « loi du silence », silence signifie secret. Une société secrète interdit à ses membres de communiquer à l'extérieur du groupe des précisions sur son activité4. On décrit l'Omertà, qui interdit à toute personne d'une région dominée par une mafia de parler aux autorités des sujets qui l'intéressent, par la même expression.
Nocivité du silence

La vie sociale valorise la communication. Plusieurs théories exposent la nocivité du silence.

Dans son sens le plus matériel, l'exposition à un silence aussi absolu que possible est une torture par privation sensorielle5.
Le silence est un effet de la censure exercée sur les autres par une personne disposant de la force. La déclaration du roi Louis XV de France imposant la fin des discussions entre le Parlement et l'archevêque de Paris dans la querelle janséniste en 1754 fut connue et citée dans des décisions de justice comme la loi du silence.
L'option du silence peut être aussi une autocensure. La psychanalyse propose une psychothérapie fondée sur la parole, dans laquelle le silence est une des expressions de la résistance inconsciente de l'analysant à l'évolution thérapeutique, et éventuellement une manifestation du déni6.
Les moralistes réprouvent souvent le silence face à l'erreur ou à l'injustice « Il est honteux de se taire, et de laisser parler Isocrate », disait Aristote7. Ils réprouvent le mensonge par omission à l'égal du mensonge ordinaire : « le silence est criminel toutes les fois que pour son profit particulier on ne dit pas une chose que ceux à qui on la cache auraient intérêt de savoir8 ».
Les institutions exigent la communication, indispensable pour que les instances responsables soient informées de l'état des choses et puissent prendre les décisions qui justifient l'existence de l'organisation sociale. Ceux qui occupent, soit actuellement, soit potentiellement, ces positions, rappellent fréquemment la nécessité de « briser la loi du silence »9.

Valorisation du silence

Dans les sociétés où seuls certains ont le droit à la parole, le silence signale un statut inférieur10. La production de parole étant pour certains une obligation, ils peuvent considérer le silence comme « le repos de l'âme11 ». Ils peuvent aussi, en refusant d'opiner, faire du silence un usage expressif en lui joignant une attitude dont ils laissent à leurs contemporains le soin de juger de la signification12. Dans l'épisode du retour de Varennes en 1791, le silence demandé au peuple au passage du roi fugitif marque un renversement de la hiérarchie politique13.

En opposition à la « vanité du monde », des courants religieux monastiques chrétiens, hindouistes, bouddhistes, taoïstes pratiquent l'ascèse et entendent se retirer le plus possible de la vie sociale, et pratiquer la méditation, inséparable du silence. En particulier certains ordres monastiques catholiques comme les trappistes (Cisterciens) intègrent dans leur règle monastique une règle de modération de la parole qu'on appelle souvent le vœu de silence14. Pour permettre la nécessaire communication liée au travail, les premières communautés monastiques se servaient d’un langage gestuel.

Prenant le contrepied de l'opinion commune sur le droit à la parole, qui en fait un bien commun ou un privilège d'expert, et développant en long discours le proverbe « la parole est d'argent, mais le silence est d'or », un courant de réflexion non catholique valorise de même le silence et la réserve15. Cette amplification de la mise en garde contre la parole incontrôlée rejoint celle du courant philosophique et éducatif qui prône avec Sénèque le contrôle de soi et la censure des instincts : « imposer le silence à ses passions16 ».

On peut classer dans la même catégorie les réflexions qui s'élèvent contre les excès de la rhétorique et le bavardage dans la tradition classique, et, dans le monde contemporain, celles qui préconisent une pause dans le flux médiatique incessant de la société du spectacle17.

L'écoute du silence est un oxymore qui indique l'attention extrême et la préoccupation du détail :

« Entends ce bruit fin qui est continu, et qui est le silence. Écoute ce qu'on entend lorsque rien ne se fait entendre. »

— Paul Valéry, Tel quel II, 1943, p. 118
Le silence au-delà des limites de la parole

À l'issue de son Tractatus logico-philosophicus, Ludwig Wittgenstein conclut « Ce dont on ne peut parler, qu’on se taise à ce sujet18 ». Le silence apparaît ici comme un devoir quand on aborde des propositions indécidables.

Cette conception n'est pas particulière à la culture européenne. Dans les Entretiens de Confucius, celui-ci refuse de parler de sujets inconnaissables comme la vie après la mort19.
Le Monde du Silence

Dans son livre de 1953, suivi par son documentaire de 1956, le commandant Cousteau surnomme la mer « Le Monde du silence », car on n'y parle pas.

C'est évidemment une métaphore pour « la mer » fondée sur une synecdoque populaire ou le silence s'oppose au bavardage. L'association entre la mer et le silence était fermement établie dans le public par la célèbre nouvelle de Vercors, Le silence de la mer.

Bien entendu, le son se propage dans l'eau (voir hydrophone). Outre qu'on y utilise des sonars (artificiels ou naturels, comme ceux des cétacés), la mer est pleine du bruit des navires, des vagues, de la pluie, des mouvements de terrain ou des plaques tectoniques, des animaux comme les crevettes, etc.
Le silence opposé à l'agitation
Article détaillé : Majorité silencieuse.

Lorsque les autorités se trouvent confrontés à une agitation spectaculaire, elles font souvent appel au concept de majorité silencieuse, pour rappeler le fait que la plupart des gens n'expriment pas volontiers leurs choix ou leurs opinions, voire qu'elles ne se permettent pas d'en avoir.
Notes et références

↑ En France, ces zones sont prévues par l'Art. L-572-6 du code de l'environnement.
↑ Mario Rossi, Audio, Lausanne, Presses Polytechniques et Universitaires Romandes, 2007, 1e éd., p. 126-127.
↑ Trésor informatisé de la langue française [archive].
↑ À propos de l'obligation de réserve des francs-maçons lire Jacques Joel, Le Silence des Apprentis, Maison De Vie, 2007.
↑ Françoise Sironi, Bourreaux et victimes: Psychologie de la torture, Paris, Odile Jacob, 1999 (lire en ligne [archive]), p. 31, 153sq.
↑ Nasio 2001 ; Chabert 2013.
↑ D'après Cicéron, De Oratore ; reprenant un vers de Sophocle dans Philoctète, en substituant Isocrate aux barbares.
↑ Cicéron, Des devoirs III, 12.
↑ entre mille exemples —Huffington Post, « Bizutage, week-end d'intégration : ces victimes qui veulent briser la loi du silence » [archive], 28 septembre 2013. — Sénat français, « Maltraitance envers les personnes handicapées : briser la loi du silence » [archive], rapport de MM. Jean-Marc Juilhard et Paul Blanc, 2003 — Eurosport « Jan Ullrich critiqué pour son refus de briser le silence » [archive], 23/01/2013.
↑ Moulin 1885, p. 12 donne l'exemple de la Rome antique où le silentiarius était chargé d'empêcher la parole des esclaves et prolétaires.
↑ Bacon apud Moulin 1885, p. 19. Bacon, en conclusion du chapitre sur la rhétorique de son Instauratio Magna (Livre VI, chap. III), donne sous le titre « Exemples du pour et du contre » une série de lieux communs pour que ceux qui cultivent l'art de convaincre aient, selon le mot de Cicéron, de quoi « s'approvisionner ». Dans la section n° 31, « Du babil » on trouve (en) « Silence is the sleep that nourishes wisdom », « Le silence est une espèce de sommeil qui nourrit la prudence » dans la plus exacte traduction Lasalle vol. 3 [archive]. Sept lieux sont favorables au babil, cinq au silence. Voir aussi n° 28 « De la discrétion », qui concerne le secret.
↑ Cicéron, Orator ; Moulin 1885, p. 20.
↑ Retour de la famille royale à Paris, le 25 juin 1791…le peuple gardoit un profond silence [archive].
↑ Laroche 2010.
↑ Moulin 1885 ; de Smedt 1989 ; Le Breton 1997 ; Vigne 2003 ; Delacomptée 2011.
↑ Moulin 1885, p. 8, 24sq, 60.
↑ Breton et Le Breton 2012 ; Hanus et Nazarova 2013.
↑ Proposition 7, « Wovon man nicht sprechen kann, darüber muss man schweigen », dans la traduction de Pierre Klossowski (Paris:Gallimard, coll. Tel n°109, p. 107).
↑ Simon Leys, Une introduction à Confucius [archive], [PDF], p. 16.

Voir aussi
Bibliographie

Philippe Breton et David Le Breton, Le silence et la parole contre les excès de la communication, Toulouse, Erès-Arcanes, 2012
Catherine Chabert, Le silence des émotions : Clinique psychanalytique des états vides d'affects, Paris, Dunod, 2013
Alain Corbin, Histoire du silence : De la Renaissance à nos jours, Paris, Albin Michel, 2016
Jean-Michel Delacomptée, Petit éloge des amoureux du silence, Paris, Gallimard, 2011
Françoise Hanus (org.) et Nina Nazarova (org.), Le silence en littérature de Mauriac à Houellebecq, Paris, L'Harmattan, 2013.
Michel Laroche, La voie du silence : Dans la tradition des pères du désert, Paris, Albin Michel, 2010.
David Le Breton, Du silence, Paris, Métailié, 1997, 283 p. (ISBN 978-2864242567)
Émile Moulin, Le silence : étude morale et littéraire, Montauban, impr. de Forestié, 1885 (lire en ligne [archive]).
Juan-David Nasio (dir.), Le silence en psychanalyse, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 2001
La revue Sigila a consacré son numéro 29 (2012) au thème du silence.
Marc de Smedt, Éloge du silence, Paris, Albin Michel, 1989.
Robert Tirvaudey, Les mots du silence, Paris, Mon petit éditeur, 2010
Jacques Vigne, La mystique du silence, Paris, Albin Michel, 2003.
Alain Corbin, Histoire du silence. De la Renaissance à nos jours, Paris, Albin Michel, 2016.

Articles connexes

Bruit
Droit au silence

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La métaphore, du latin metaphora, lui-même du grec μεταφορά (metaphorá, au sens propre, transport), est une figure de style fondée sur l'analogie. Elle désigne une chose par une autre qui lui ressemble ou partage avec elle une qualité essentielle2. La métaphore est différente d'une comparaison3 ; la comparaison affirme une similitude : « La lune ressemble à une faucille » ; tandis que la métaphore la laisse deviner, comme quand Victor Hugo écrit « cette faucille d’or dans le champ des étoiles. » Le contexte est nécessaire à la compréhension de la métaphore ; c'est le contexte qui indique qu'il ne faut pas prendre le mot à son sens ordinaire.

La métaphore s'emploie dans le langage quotidien avec l'emploi d'épithètes (« un cadeau royal »), aussi bien que dans le langage soutenu de la littérature et particulièrement dans l'expression poétique. L'invention de métaphores est une des attractions majeures de la création littéraire. Une métaphore courante est un cliché ; si elle est entièrement passée dans le langage (comme « à la tête » signifie « au poste d'autorité »), on peut la considérer comme une catachrèse.

Le concept de métaphore est issu de la rhétorique, qui en étudie la constitution, les types, l'usage. La linguistique découvre dans la métaphore un aspect fondamental du langage. Les sciences humaines la situent dans le contexte de la formation des symboles. La psychologie s'intéresse à travers la métaphore aux relations entre le langage, le psychisme, les connaissances et les sentiments, la sociologie à son importance dans la communication et aux conditions dans laquelle elle peut être comprise dans un groupe humain.

« Entends ce bruit fin qui est continu, et qui est le silence. Écoute ce qu'on entend lorsque rien ne se fait entendre. »

— Paul Valéry, Tel quel II, 1943, p. 118

Définitions

Les divergences de définition de la métaphore concernent l'extension du concept.

Le philosophe grec Aristote est le premier, dans sa Poétique (certainement vers -347), à évoquer la métaphore comme procédé majeur de la langue. Il explique ainsi l'origine de l'étymologie de la figure, qui renvoie à la notion de transport : « La métaphore consiste à transporter le sens d'un mot différent soit du genre à l'espèce, soit de l'espèce au genre, soit de l'espèce à l'espèce, soit par analogie »4.

Pour Cicéron « La métaphore est une comparaison abrégée, et renfermée dans un mot mis à la place d'un autre5 ». Quand la langue ne fournit pas de terme propre à exprimer la chose, les métaphores sont « comme des espèces d'emprunts par lesquels nous allons trouver ailleurs ce qui nous manque. D'autres, plus hardies, ne sont pas des signes d'indigence, mais répandent de l'éclat sur le style6 ». L'usage et l'effet de ces ornements persuasifs sont l'objet principal de son étude. Il note qu'Aristote range sous le nom de métaphore les catachrèses ou abus de mots, les hypallages, qui sont des substitutions croisées, et les métonymies, dans lesquelles le terme qu'on remplace est dans une relation de dépendance à son remplaçant7.

César Chesneau Dumarsais définit la métaphore comme « une figure par laquelle on transporte, pour ainsi dire, la signification propre d'un mot à une autre signification qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans l'esprit8 ». Le rhétoricien français Pierre Fontanier, qui a entrepris de dénombrer et classer les figures de style, la définit au début du XIXe siècle comme l'emploi d'« un mot dans un sens ressemblant à, et cependant différent de son sens habituel9 ».
Exemple :

Le verbe « dévorer », dont le sens premier est « manger en déchirant avec les dents », ou « manger avidement », prend un autre sens dans le vers suivant :

« Le remords dévorant s'éleva dans son cœur…10 »

Les auteurs qui suivent Aristote considèrent que métaphore est synonyme de trope et désigne toute figure de « déplacement » du sens d'un mot. Les auteurs qui suivent Dumarsais n'appliquent le terme métaphore qu'aux tropes qui ne sont pas définis par ailleurs (synecdoques, métonymies, métalepses). Les auteurs du Groupe µ analysent la métaphore comme le produit de deux synecdoques11. La question de savoir ce qu'est ce « déplacement », et par rapport à quoi, est bien plus épineuse.

La question de la métaphore a aussi préoccupé les grammairiens et rhétoriciens arabes. Leur définition se base, comme celle des rhétoriciens grecs, sur l'écart entre le sens métaphorique et le sens ordinaire, et l'effort que doit consentir le récepteur pour comprendre12.
Classification
Articles détaillés : Trope (rhétorique) et Métaphorologie.

Cicéron compte la métaphore parmi les figures de mots, comme le calembour13. Pour les rhétoriciens modernes, la métaphore est une « figure de sens ».

Un « trope » est une figure qui consiste à détourner un mot de son sens habituel (ou propre)a. César Chesneau Dumarsais décrit la métaphore, avec les métonymie et les synecdoques, comme une figure de la classe des tropes. Pour Pierre Fontanier, elle est un « trope par ressemblance »b

L'utilité de classer les figures, et surtout, la pertinence de la notion de déplacement ou de détournement d'un mot sont objets de controverses. Il est en effet difficile de déterminer rigoureusement ce qu'est un « sens propre » ou un usage où il n'y ait pas la moindre trace de figure de style15.

En rhétorique, la métaphore est considérée comme une figure « microstructurale » : son existence est manifeste et isolable au sein d'un énoncé et n'en dépasse pas souvent les limites formelles (la phrase).

La métaphore est un procédé rhétorique doté d'une portée argumentative, c'est-à-dire qu'elle vise à rapprocher l'opinion de l'auditeur de celle de l'orateur. Elle suppose la coopération des auditeurs, et des enjeux de persuasion et conviction16.
Types de métaphores

Les linguistes et les rhétoriciens ne sont pas unanimes sur la nécessité de classer rigoureusement les tropes, ni autour d'une typologie des différentes métaphores. Cependant, on peut distinguer deux formes principales :

la métaphore dite « annoncée »
la métaphore dite « directe ».

Au-delà de ces types simples, la métaphore « filée » se base sur des rapprochements successifs.
Métaphores annoncées :

« Je me suis baigné dans le poème de la mer. » (Arthur Rimbaud).

« Vieil Océan, ô grand célibataire. » (Comte de Lautréamont, Les Chants de Maldoror, Chant I).

La métaphore annoncée signale un rapport entre deux choses en rapprochant les expressions qui les signifient. Elle se nomme également la « métaphore explicite » ou « métaphore par combinaison » ou in præsentia (« présente dans l'énoncé » en latin). Elle ressemble beaucoup à une comparaison.
Métaphores directes :

« C'est une nuit d'été ; nuit dont les vastes ailes » Lamartine17 (compare la nuit à un oiseau, sans que ce mot n'apparaisse.)

« Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. »

Le poète Arthur Rimbaud compare les rimes aux cailloux — ou aux miettes de pain que les oiseaux mangeront — que sème le personnage du conte du Petit Poucet pour retrouver son chemin. Au lecteur de constituer l'analogie.

La métaphore directec lie deux réalités au moyen d'un mot précisé, mais où un des termes est sous-entendu. Elle se dit également « métaphore contextuelle » ou métaphore in absentia ou encore « métaphore indirecte ». On la retrouve principalement dans le langage populaire ; mais aussi quand on exige délibérément un effort de compréhension, comme dans l'argot, et dans la poésie de style symboliste ou hermétique, qui la cultivent.
Métaphore pure :

« Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes. » (Paul Valéry18)

Seul un élément du contexte, le titre du poème — « Le Cimetière marin —, permet de comprendre que l'auteur évoque la surface de la mer parcourue de voiles blanches de bateaux.

La « métaphore pure » — ou par remplacement — est un type de métaphore directe extrême. Seul le mot métaphorique y est présent ; le contexte permet de l'interpréter.

« Nuages de mes torsades, brumes de mes tempes, plus noires que l'aile des corbeaux…
Mes lotus d'or se laissent deviner, voilés d'une gaze écarlate
Ne me prends pas pour la fleur commune, qui pousse au-delà de l'enclos. »

— Kouan Han-k'ing, Trois poèmes d'amour.

Ici, le contexte culturel (poème chinois du XIIIe siècle) et le thème (poème d'amour) permettent l'interprétation des métaphores : « lotus d'or » étant une métaphore usuelle pour les « petits pieds » (critère de beauté à l'époque et symbole de féminité) et les nuées (par les mots « nuages » et « brumes ») évoquant littérairement les rencontres amoureuses19. Ces métaphores pures sont usuelles et culturelles, comme dans l'expression « L'astre du matin » pour le soleil levant, et sont souvent communes à diverses cultures. On retrouve ainsi en anglais par exemple l'expression également présente en français « to break the ice » (« casser la glace »).
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Une métaphore filée : le poème Hymne à la beauté de Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
Métaphores filées :

Le vers de Victor Hugo1

« Cette faucille d’or dans le champ des étoiles »

se comprend par trois analogies visuelles : le « champ des étoiles », rapproche les étoiles des fleurs et le ciel d'un champ ; et du coup, la « faucille » de la lune. Un quatrième rapprochement se fait jour avec l' « or » une fois la lune identifiée, avec la serpe d'or des druidesd ; car la lune est plutôt d'argent. L'or solaire convient mieux à « l'éternel été » des dieux, évoqués dans les vers précédents. Ce dernier rapprochement est caractéristique de la métaphore filée.

« Adolphe essaie de cacher l'ennui que lui donne ce torrent de paroles, qui commence à moitié chemin de son domicile et qui ne trouve pas de mer où se jeter »

Honoré de Balzac21 rénove en la filant la métaphore usée qui associe un discours incessant à un torrent auquel rien ne résiste. Il compare le cours de cette eau tumultueuse au trajet vers le domicile, et indique que le discours ne s'arrête pas pendant le trajet par la référence à la mer, dont l'eau est plus calme.

« La bête souple du feu a bondi d’entre les bruyères comme sonnaient les coups de trois heures du matin. (…) Comme l’aube pointait, ils l’ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. C’était trop tard. »

Jean Giono22 commence par une métaphore annoncée qui relie le feu, dont il est question, et une bête. Les adjectifs qui la décrivent, « souple », « robuste », « joyeuse » s'appliquent tous à l'incendie, auquel ramène la seconde métaphore qui rapproche la bête, donc le feu, et le torrent. Le rapport entre feu et torrent serait, s'il était direct, plutôt usé.

La métaphore filée est constitué par un enchaînement de comparaisons implicites. En anglais, on parle d' extended metaphor, ou de conceit. Selon Michael Riffaterre il s'agit d'« une série de métaphores reliées les unes aux autres par la syntaxe - elles font partie de la même phrase ou de la même structure narrative – et par le sens : chacune exprime un aspect particulier d'un tout, chose ou concept, que représente la première métaphore de la série »23. Lorsqu'elle se fonde sur la narration, on parle de « métaphore diégétique ». Il s'agit, selon Gérard Genette24, d'une métaphore liée à la structure narrative du texte. Les comparants sont alors empruntés au contexte diégétique. Par exemple, Genette cite un passage où Proust dit à propos du clocher de Combray : « doré et cuit lui-même comme une plus grande brioche bénie, avec des écailles et des égouttements gommeux » et ce après l'épisode de la messe, à l'heure des pâtisseries25.
Métaphore proportionnelle :

« la vieillesse est le soir de la vie »

Cette métaphore exprime en peu de mots l'idée que dans la durée de la vie, la vieillesse commence et se termine à des moments comparables à ceux qui commencent et termine le soir dans la durée du jour. La puissance d'évocation de cette métaphore apparaît quand on considère la baisse de la luminosité et le refroidissement atmosphérique en fin de journée. La lumière s'associe fréquemment à l'intelligence et la chaleur, à la pulsion sexuelle ; tandis que la vieillesse s'accompagne d'une diminution des capacités mentales d'une baisse de la pulsion sexuelle. Cette métaphore concerne donc, d'un coup, au moins trois couples de grandeurs.

Dans la métaphore proportionnelle, appelée aussi homologie, la propriété que l'expression évoque pour associer ses termes est une grandeur qu'on peut classer sur une échelle de la « plus petite » à la « plus grande »e26.
Métaphore et comparaison

La métaphore apparaît superficiellement comme une comparaison. La comparaison affirme la ressemblance de deux réalités en reliant les deux termes qui les désignent par une locution appelée le « comparant »f.
Comparaison :

« La terre est ronde comme une orange »

La comparaison est explicite : le comparant « est comme » relie les deux réalités « terre » et « orange », la propriété « ronde » permet de comprendre leur similitude, qui n'est pas évidente quand on regarde la terre sous les pieds et le fruit dans la main.

Au contraire, dans la métaphore, l'auditeur ou la lectrice doivent reconstituer le sens.
Métaphore :

« La terre est une orange bleue dans l'espace »

La comparaison est implicite : la propriété « ronde », qui la fonde, n'est pas dite. C'est à vous de la comprendre. Cette métaphore devenue cliché n'est sûrement pas comprise par quelqu'un qui n'a jamais vu de photographie de la terre vue de l'espace.

Dans la métaphore, « figure de la ressemblance », les comparaisons sont implicites. Aucun comparant ne guide le récepteur pour lui donner un sens, qu'il faut trouver dans le contexte. La métaphore étant une figure de l'ambiguïté, le contexte laisse un vaste champ possible d'interprétations, en raison, d'une part, de la disparition des mots supports, et d'autre part à cause de la connotation : « [elle] sentait que cette pensée y avait sauté en même temps et s'installait sur ses genoux, comme une bête aimée qu'on emmène partout » (Marcel Proust, Du côté de chez Swann).
Le contexte de la métaphore :

« mon chauffeur de taxi a fumé quatre centimètres de son obélisque27 »

On peut imaginer un obélisque fumant ; mais cela est peu vraisemblable dans une scène où aucun élément surnaturel ne guide vers une interprétation littérale. On comprend que l'objet fumé est bien de forme allongée et de grande taille, ce n'est donc pas une cigarette mais le cigare dont il est question quelques lignes auparavant, que l'auteur aurait pu, de façon plus convenue, dire « monumental ». Le lecteur habituel de Frédéric Dard aura pu hésiter un instant, l'auteur appliquant avec une certaine récurrence la métaphore de l'obélisque au pénis.

Pour Patrick Bacry28, la métaphore se présente sous la forme schématique :
mot normal (le comparé) + le mot métaphorique (le comparant)g.

La comparaison n'affecte pas le sens des mots qu'elle articule29. Dans « Eugène était brave comme un lion », ni « brave » ni « lion » n'ont un sens différent de celui qu'ils ont ordinairement ; la comparaison n'affecte qu'Eugène. Désigner Eugène par la métaphore « ce lion » peut, selon le cas, signifier qu'il est un dandy, que ses cheveux et barbe clairs et longs ressemblent à la crinière d'un lion, qu'il a la bravoure proverbiale de ce fauve, ou, par ironie, qu'il en est entièrement dépourvu ; à moins qu'Eugène ne soit cité parmi les pensionnaires d'un parc zoologique — on aurait alors affaire à une métaphore particulière appelée synecdoque. Le mot « lion » n'appelle plus nécessairement l'idée de l'animal, mais celle de ses qualités qui pourraient s'appliquer à Eugène. Il se peut que la métaphore s'applique à la fois à plusieurs qualités.

L'intérêt de la métaphore est d'attribuer au sens du terme qu'elle décrit certaines nuances, et pas n'importe lesquelles, qui appartiennent au terme qu'elle lui accole et qu'une simple comparaison ne pourrait expliciter. Ces nuances, ou sèmes, ajoutent du sens au langage. Elle active la polysémie du mot et l'associe à des symboles culturels précis. La métaphore est souvent une métaphore, une métonymie exactement, pour le trope et même pour le symbole en général30. Pour Patrick Bacry, au contraire, il faut réserver le terme de « métaphore » à une apposition stricte de deux mots remplaçants des mots attendus. Selon lui, toute autre forme tend à se confondre avec la comparaison31.

La comparaison met en jeu deux mots de catégories lexicales homogènes : au contraire, dans « Eugène est un lion », « Eugène » et « lion » sont respectivement un nom propre et un substantif. La phrase « Eugène est comme un lion » passerait pour une comparaison, si l'on se fiait à la différence morphologique de la présence d'une locution comparative. Mais la différence de nature des termes en jeu oblige à la considérer comme une métaphore.
Combinaison de métaphore et de comparaison :

« cet homme (...) mordant et déchirant les idées et les croyances d'une seule parole [métaphore], comme un chien d'un coup de dents déchire les tissus avec lesquels il joue [comparaison] »

— Maupassant, Auprès d'un mort.

La présence ou non d'un terme comparant ne suffit pas à distinguer ce qui relève de la métaphore de ce qui relève de la comparaison : le contexte et l'effet recherché par le locuteur renseignent bien davantage sur la portée de la figure.

Pour Georges Molinié32, pour passer de la comparaison à la métaphore plusieurs transformations successives sont nécessaires, ce qui explicite bien le fait que la métaphore enrichit le sens, là où la comparaison est assez pauvre. Soit la comparaison :

état 1 : « Cet homme est rusé comme un renard »
état 2 : « Cet homme est un renard rusé » exprime le trope dans son état pur (l'homme rusé dont il est question ne s'est pas transformé, il s'agit d'une analogie) à travers une métaphore in præsentia car les comparés et le comparant sont encore présents dans l'expression.
état 3 : « Cet homme est un renard » est une métaphore in præsentia également, cependant la qualité a disparu ; c'est ici au lecteur, au moyen du contexte, d'interpréter la portée de l'expression.
état 4 : « Cet homme est un vieux renard » est une métaphore mettant en avant un trait sémique (le qualificatif « vieux » est connoté comme un trait de malignité).
état 5 : « Nous avons affaire à un vieux renard » est une métaphore in abstentia puisque la mention explicite du comparé a disparu, et qu'il ne reste que le comparant. L'effort d'interprétation est ici maximal.
état 6 : « Le vieux renard nous a tous bernés » est aussi une métaphore in abstentia, mais elle est ici absolue et fonctionne comme une preuve démonstrative dont le prédicat est « nous a tous bernés ».

Métaphore et autres figures de l'analogie
Hans Baldung, Les sept âges de la femme
Articles détaillés : personnification et allégorie.

La polysémie de la métaphore en fait une figure générale, qui fonde d'autres procédés analogiques comme l'allégorie, qui rend concrète une idée abstraite, et la personnification, qui présente tout objet sous forme humaine. Les rapports entre ces figures sont très étroits33, bien que la métaphore n'implique que quelques mots, alors que personnification et allégorie impliquent des textes entiers. Une allégorie est souvent une métaphore poursuivie dans la longueur d'un texte.
La Faucheuse :

L'allégorie célèbre de la Mort comme faucheuse, et concrétisée sous les traits d'un squelette, est par exemple une somme de métaphores : le squelette pour la décomposition, la chute des épis pour la chute des corps humains et la chute pour la mort, le noir du costume au deuil, etc.

Il en est de même pour la personnification, mais avec moins d'emphase ou d'hyperbole : les entités non humaines sont ainsi représentées sous une forme humaine.
Usages

La métaphore est un recours fréquent dans tous les types de discours pour éviter la répétition d'un terme ou d'un nom, tout en insistant sur un aspect de la caractérisation. Un journaliste peut ainsi d'abord présenter une personne, puis la mentionner par des périphrases qui sont souvent autant de métaphores : « le témoin », « l'infirmière », « l'automobiliste », selon la circonstance.

La métaphore produit d'innombrables rapprochements entre les choses qu'évoquent deux termes, ainsi que le note le poète français Pierre Reverdy dans Le Gant de crin : « L'image est une création pure de l'esprit (…). Plus les rapports des deux réalités rapprochées sont lointains et justes, plus l'image sera forte, plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique ».

Paul Ricœur considère la métaphore comme le produit d’une libre invention du langage. Les herméneutes la définissent comme le remplacement d'un lexèmeh par un second, présentant avec le premier un ou plusieurs sèmes communs. Ainsi le travail métaphorique repose sur la tension entre ces sèmes communs ou opposés que le locuteur veut pourtant, par la figure, faire se ressembleri. Le décalage crée donc l'intérêt de l'image34.
Cliché, lieu commun, métaphore morte, catachrèse
Articles détaillés : Topos (littérature), Cliché, Lieu commun, Stéréotype et Catachrèse.

Certains professionnels du langage peuvent chercher à se distinguer en trouvant de nouvelles métaphores ; quand une plaît, elle « court le monde », on l'entend partout. D'autres personnes s'identifient à leurs milieux (d'autant plus qu'ils n'en font pas partie par certains aspects) en n'utilisant que les métaphores reçues, clichés et lieux communs.
Illustration au pied de la lettre du cliché anglais « It's raining cats and dogs »

Les métaphores passées dans le langage courant et devenues une tournure figée sont des clichés ; il s'agit souvent de métaphores annoncées comme dans « Le temps c'est de l'argent » ou dans « Bruges, la Venise du Nord ». Elles peuvent passer d'un langage à l'autre : l'anglais « life is a journey » se retrouve en français « la vie est un voyage ». Dans beaucoup d'autres occasions, la traduction littérale échoue : l'anglais dit « It's raining cats and dogs » (littéralement : il pleut des chats et des chiens.), mais il faut traduire en français « Il pleut des cordes » ou « Il pleut des hallebardes ». Il arrive même que la traduction littérale d'un cliché donne une métaphore efficace, mais qui amène un sens équivoque ou différent de celle de la langue d'origine.

Ces métaphores sont souvent issues des milieux artistiques et intégrées à la langue et au parler populaire. La métaphore « un beau ténébreux » pour désigner un homme aux cheveux et yeux noirs, ou bien mélancolique et rebelle, est déjà attestée dans le roman de chevalerie Amadis de Gaule (XVIe siècle).
Métaphores mortes :

L'expression « courir un danger » est une métaphore morte.

L'expression « courir un danger » est à l'origine une métaphore, dont l'origine est perdue. Peut-être vient-elle de la chasse à courre, où le chasseur peut souffrir de l'animal qu'il pourchasse ; peut-être de la navigation maritime où « courir une route » est une métaphore « courante » pour « naviguer dans une direction » qui peut être celle d'un obstacle dangereux. Ces origines supposées n'ont pas d'influence sur l'usage général de cette expression. L'emploi de « courir » est une catachrèsej.

L'expression « métaphore morte » est une métaphore dont l'étude révèle un jugement de valeur. Une métaphore morte se définit comme une « métaphore lexicalisée, dont la qualité figurative et poétique n'est plus ressentie36 ». Quand une métaphore passe dans le langage « courant », qu'elle « court » partout, qu'elle « a cours » dans tous les milieux, elle est lexicalisée. Paradoxalement, plus elle court, plus elle est morte. Le choix d'une métaphore pour décrire cette situation alors qu'il existe des qualificatifs propres (banale, vulgaire, vernaculaire), et la sélection de la référence peuvent surprendre. « Métaphore domestiquée » ou « neutralisée » auraient indiqué, avec moins d'emphase, la diffusion et l'absence de surprise d'une telle métaphore. Il faut en conclure que pour ses premiers auteurs, seule la littérature est vivante, et que, non moins paradoxalement, la langue vernaculaire est une langue morte.

Quand une métaphore passe dans le langage courant, et qu'on perd de vue le sens premier du mot, on parle de métaphore morte et parfois de catachrèse. Le mot ou l'expression prend alors un sens nouveau, la métaphore est lexicalisée37. Ainsi trouvera-t-on dans le dictionnaire français la définition du « pied » d'un meuble ou de l'« aile » d'un avion ; d'autres langues témoignent de ce que ce rapprochement n'est pas le seul possible. Le pied d'un meuble est une jambe en anglais (« a table's leg »).
Littérature

La métaphore est une figure majeure en littérature, comme l'exprime Denis de Rougemont dans L' Amour et l'Occident : « Dès l'Antiquité, les poètes ont usé de métaphores guerrières pour décrire les effets de l'amour naturel. Le dieu d'amour est un « archer » qui décoche ses « flèches mortelles ». La femme « se rend » à l'homme qui la « conquiert » (...) ». Elle fait intervenir d'autres concepts linguistiques, comme les champs sémantiques, l'isotopie ou l'analogie et la connotation, en rendant même parfois très complexe le décodage (on parle alors de poésie — ou de style, pour la prose — « hermétique ») comme dans :

« Soir de Paris ivre du gin
Flambant de l'électricité. »

— Guillaume Apollinaire, La Chanson du mal-aimé

Cette métaphore fait référence ainsi au monde moderne du Paris électrique, mais ses associations sont aujourd'hui difficiles à saisir, en raison du renvoi au vers suivant de l'adjectif qualifiant le gin, et de la présence de deux éléments caducs, le gin flambé, qu'il était à la mode de servir dans les cafés, et la nouveauté de l'électricité. Le poète établit un double parallélisme, entre la flamme bleue de l'alcool flambant, et la lumière électrique, bleue en comparaison de celle du gaz ou plus encore de la bougie ; et entre l'agitation urbaine désordonnée du soir, l'ivresse et la rapidité de l'électricité.

Les métaphores sont des audaces de rapprochement de termes qui dérangent les habitudes de langage du lecteur. La littérature a ainsi apporté à la culture et à la conscience linguistique populaires des métaphores célèbres, devenues à terme clichés : « Le lac, divin miroir. » (Alfred de Vigny), « Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits » (Paul Éluard), « Tu es la terre qui prend racine » (Paul Éluard) ou « le chant grave de la forêt ondulait lentement » (Jean Giono).

La métaphore permet souvent de dépasser l'analogie pour réaliser une identification, créant une autre réalité. Selon le philosophe Michel Meyer, elle « est la substitution identitaire par excellence, puisqu'elle affirme que A est B38. ». Elle permet de lier l'âme du poète au monde dans le Romantisme ou dans le Symbolisme. Ainsi, Charles Baudelaire use de la métaphore comme du seul instrument permettant de décrire le fond humain. Le poète tente par la métaphore de transcrire un sentiment unique, et, hormis les clichés, chaque figure est propre à la subjectivité de l'auteur. Lorsque ces figures se lient à d'autres, comme l'oxymore ou l'hyperbole, elles établissent un vaste réseau de significations, mi-symbolique, mi-affectif, qui prend le nom d'isotopie littéraire. D'autres figures peuvent être apparentées à des métaphores : l'harmonie imitative ou la synesthésie littéraire, par exemple. Victor Hugo est de ceux qui font un usage immodéré, mais toujours créateur de sens et d'images, de la métaphore. Associée avec l'oxymore, elle lui permet de mettre en lumière des réalités que des mots seuls ne peuvent traduire : « Les cœurs sont le miroir obscur des firmaments. »39.

Par la métaphore donc le poète permet l'existence d'un sens nouveau, même en apparence absurde comme dans la métaphore surréaliste qui rapproche deux réalités qui ne possèdent aucun point commun et qui est, selon le mot de Lautréamont, « la rencontre sur une table de dissection d'un parapluie et d'une machine à coudre », réalité que peu de figures peuvent exprimer. Gaston Bachelard dit ainsi qu'elle permet de rechercher « un avenir du langage »40. Cette fonction de la métaphore se retrouve dans d'autres disciplines comme les sciences ou la politique.
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mar 21 Fév à 10:14

Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca

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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mer 22 Fév à 10:38

Qualité de ce qui est chaud ; température élevée ; sensation que donne un corps chaud : La douce chaleur d'un soleil d'automne. Qualité d'une couleur, d'un parfum, d'une voix, etc., à la fois soutenus et attirants.

Le terme chaleur peut désigner :

un transfert thermique en thermodynamique. Cette dernière notion est également reliée à :
l'énergie interne dont la chaleur est une des formes d'échange,
la chaleur latente, mise en jeu dans les changements d'état,
la capacité thermique, ou capacité calorifique,
l'équation de la chaleur.

d'une manière impropre par rapport à la notion de chaleur telle qu'elle est définie en physique :
une température élevée,
la sensation physiologique ressentie au contact d'une température élevée (voir Chaleur (sensation)),
la chaleur du corps et la température corporelle,
au pluriel ou dans l'expression en chaleur, l'œstrus, le moment du cycle où une femelle mammifère est fécondable,
l'expression bouffée de chaleur désigne le symptôme d'un dysfonctionnement du mécanisme de régulation de la température corporelle, notamment chez les femmes au moment de la ménopause.

Toponymie

La région Chaleur, dans la province du Nouveau-Brunswick, au Canada ;
Chaleur, un district de services locaux dans la province du Nouveau-Brunswick, au Canada ;
Baie des Chaleurs.

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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Sam 25 Fév à 2:51

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Citations de Babelio‏@citationbabelio 15 déc. 2016
Nouvelle citation : La Science: une ambition pour la France par André Brahic La recher...
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Les Enfants du soleil
Pauline Gedge
Anne Laflaquière (Traducteur)
ISBN : 225313757X
Éditeur : Le Livre de Poche (17/05/1995)
Après le succès mondial de La Dame du Nil, Pauline Gedge revient à son sujet favori, l’Egypte.
L’histoire qu’elle nous conte ici est celle du pharaon peut-être le plus surprenant de l’Egypte ancienne, Aménophis IV, et de son épouse la très belle Néfertiti. C'est aussi celle d'une femme d'une rare clairvoyance, sa mère, l'impératrice Tii.
Nonchalant et rêveur, préférant s'initier à la poésie plutôt qu'aux affaires publiques, le jeune pharaon semble, dans les premières années de son règne, laisser à sa mère le soin de gouverner l’Etat. Sous la ferme direction de Tii, l'empire connaît paix et prospérité et, à la cour de Thèbes, les fêtes succèdent aux banquets.
Pourtant une passion habite le cœur et l’âme de Pharaon, non pour une femme mais pour un Dieu, Aton, le dieu du disque solaire, dont il croit être la réincarnation terrestre. Bravant la colère et la puissance des prêtres d’Amon, il se proclame Akhenaton (l’Esprit d’Aton): désormais, l'Esprit du dieu touchera tous ceux qui, charnellement, s'uniront à lui. ils seront tous les Enfants du Soleil.
Dès lors, plus rien ne compte aux yeux de Pharaon que ce culte hérétique. Tandis que les royaumes vassaux se rebellent et qu’une épouvantable sécheresse s’abat sur le pays, Akhenaton, reclus dans ses appartements, se livre à tous les débordements, allant jusqu’à transgresser, avec sa mère, le plus terrifiant des tabous…

S'appuyant sur une vérité historique indéniable, Pauline Gedge, avec son immense talent de conteur, ressuscite un monde passionné, où les jeux de l'amour côtoient sans cesse la folie du pouvoir.
Dès les premières pages on pénètre avec bonheur dans une vie quotidienne d'une rare qualité. L'ocre et le safran qui ornent les corps, la souplesse du lin des tuniques, la somptuosité des demeures, le léger murmure des fontaines intérieures... Un réel plaisir de lecture.

pourtant;
Enigma - Beyond The Invisible
https://www.youtube.com/watch?v=f8mMWh62XpU

Stéphanie Guillaume‏@sguillaume 14 nov. 2016
J'ai ajouté une vidéo à une playlist @YouTube - La physique, André Brahic
https://www.youtube.com/watch?v=IWzOQL-FGd8

Nouveaux livres‏@Nouveaux_livres 23 oct. 2016
Nouvelle notice : De feu et de glace: Planètes ardentes par André Brahic
http://www.babelio.com/livres/Brahic-De-feu-et-de-glace-Planetes-ardentes/887742 …

Les étoiles et la matière qui nous entoure , par André Brahic – DNU#2
bit.ly 2dz0sAH @cafe_sciences Watts Up Science

A concept is an abstract idea representing the fundamental characteristics of what it represents. Concepts arise as abstractions or generalisations from experience or the result of a transformation of existing ideas.[1] The concept is instantiated (reified) by all of its actual or potential instances, whether these are things in the real world or other ideas. Concepts are treated in many if not most disciplines both explicitly, such as in linguistics, psychology, philosophy, etc., and implicitly, such as in mathematics, physics, etc. In informal use the word concept often just means any idea, but formally it involves the abstraction component. These concepts are then stored in long term memory[2]
Diagram
When the mind makes a generalization such as the concept of tree, it extracts similarities from numerous examples; the simplification enables higher-level thinking.

In metaphysics, and especially ontology, a concept is a fundamental category of existence. In contemporary philosophy, there are at least three prevailing ways to understand what a concept is:[3][See talk page]

There are hierarchical organizations of concepts and they are at the top, superordinate, the middle basic level categories, and at the bottom, subordinate categories.[4] It would go furniture, chair, and easy chair.

Concepts as mental representations, where concepts are entities that exist in the brain (mental objects)
Concepts as abilities, where concepts are abilities peculiar to cognitive agents (mental states)
Concepts as Fregean senses (see sense and reference), where concepts are abstract objects, as opposed to mental objects and mental states

et

Concept peut désigner :

Sommaire

1 Philosophie
2 Psychologie
3 Art
4 Informatique
5 Commerce
6 Jeux et musique

Philosophie

Un concept est un contenu de pensée, parfois considéré comme une idée abstraite, donc séparée de la réalité d'une chose, d'une situation, d'un phénomène. Un concept se distingue aussi bien de la chose désignée par ce concept, que du mot ou de l'énoncé verbal, qui est le signifiant de ce concept. Voir aussi conceptualisme.

Psychologie

concept (psychologie).

Art

Le concept est l'idée de base et l'élément moteur du processus créatif. Voir aussi art conceptuel.

Informatique

Dans le cadre d'un réseau de concepts (aussi nommé réseau sémantique), un concept est un ensemble de nœuds fortement liés et activés simultanément.

Commerce

on désigne aussi comme concept toute idée, le plus souvent commerciale, plus ou moins novatrice.
la décoration, tout comme l'idée commerciale de base, d'un commerce franchisé, le design et la fonction d'un objet, sont parfois désignés comme des concepts.
un concept car est un prototype de véhicule automobile conçu et réalisé par un constructeur pour tester et montrer des idées, sans forcément qu'il y ait une intention de production en série et de commercialisation par la suite.

Jeux et musique

Concept est un jeu de société où le mécanisme de jeu repose sur l'identification d'entités par combinaison d'éléments symboliques.
un album-concept (concept album) est un recueil de musique dont les morceaux et chansons, au lieu d'être indépendants, sont liés entre eux par un thème ou une histoire, par exemple les opéras rock.

In a platonist theory of mind, concepts are construed as abstract objects. This debate concerns the ontological status of concepts – what they are really like.

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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mer 1 Mar à 3:50

En mathématiques, un estimateur est une statistique permettant d'évaluer un paramètre inconnu relatif à une loi de probabilité (comme son espérance ou sa variance). Il peut par exemple servir à estimer certaines caractéristiques d'une population totale à partir de données obtenues sur un échantillon comme lors d'un sondage. La définition et l'utilisation de tels estimateurs constitue la statistique inférentielle.

La qualité des estimateurs s'exprime par leur convergence, leur biais, leur efficacité et leur robustesse. Diverses méthodes permettent d'obtenir des estimateurs de qualités différentes.

Illustrations de la notion

Si l'on cherche à évaluer la taille moyenne des enfants de 10 ans, on peut effectuer un sondage sur un échantillon de la population des enfants de 10 ans (par exemple en s'adressant à des écoles réparties dans plusieurs milieux différents). La taille moyenne calculée sur cet échantillon, appelée moyenne empirique, sera un estimateur de la taille moyenne des enfants de 10 ans.

Si l'on cherche à évaluer la surface totale occupée par la jachère dans un pays donné, on peut effectuer un sondage sur plusieurs portions du territoire de même taille, calculer la surface moyenne occupée par la jachère et appliquer une règle de proportionnalité.

Si l'on cherche à déterminer le pourcentage d'électeurs décidés à voter pour le candidat A, on peut effectuer un sondage sur un échantillon représentatif. Le pourcentage de votes favorables à A dans l'échantillon est un estimateur du pourcentage d'électeurs décidés à voter pour A dans la population totale.

Si l'on cherche à évaluer la population totale de poissons dans un lac, on peut commencer par ramasser n poissons, les baguer pour pouvoir les identifier ultérieurement, les relâcher, les laisser se mélanger aux autres poissons. On tire alors un échantillon de poissons du lac, on calcule la proportion p de poissons bagués. La valeur n/p est un estimateur de la population totale de poissons dans le lac. S'il n'y a aucun poisson bagué dans l'échantillon, on procède à un autre tirage.

Un estimateur est très souvent une moyenne, une population totale, une proportion ou une variance.
Définition formelle
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue !

Un estimateur du paramètre inconnu θ {\displaystyle \theta } \theta d'un modèle ou loi de probabilité est une fonction qui fait correspondre à une suite d'observations x 1 {\displaystyle x_{1}} x_{1}, x 2 {\displaystyle x_{2}} x_{2}..., x n {\displaystyle x_{n}} x_{n} issues du modèle ou de la loi de probabilité, la valeur θ ^ {\displaystyle {\hat {\theta }}} {\hat \theta } que l'on nomme estimé ou estimation.

Définition — θ ^ n = f ( x 1 , x 2 , . . . , x n ) {\displaystyle {\hat {\theta }}_{n}=f(x_{1},x_{2},...,x_{n})} {\hat \theta }_{n}=f(x_{1},x_{2},...,x_{n})

Un estimateur ne doit évidemment jamais dépendre de θ {\displaystyle \theta } \theta , il ne dépend que des observations empiriques.
Qualité d'un estimateur

Un estimateur est une valeur θ ^ {\displaystyle {\hat {\theta }}} {\hat \theta } calculée sur un échantillon tiré au hasard, la valeur θ ^ {\displaystyle {\hat {\theta }}} {\hat \theta } est donc une variable aléatoire possédant une espérance E ( θ ^ ) {\displaystyle E({\hat {\theta }})} E({\hat \theta }) et une variance Var ⁡ ( θ ^ ) {\displaystyle \operatorname {Var} ({\hat {\theta }})} \operatorname {Var}({\hat \theta }). On comprend alors que sa valeur puisse fluctuer selon l'échantillon. Elle a de très faibles chances de coïncider exactement avec la valeur θ {\displaystyle \theta } \theta qu'elle est censée représenter. L'objectif est donc de maîtriser l'erreur commise en prenant la valeur de θ ^ {\displaystyle {\hat {\theta }}} {\hat \theta } pour celle de θ {\displaystyle \theta } \theta .
Biais
Article détaillé : Biais (statistique).

Une variable aléatoire fluctue autour de son espérance. On peut donc souhaiter que l'espérance de θ ^ {\displaystyle {\hat {\theta }}} {\hat \theta } soit égale à θ {\displaystyle \theta } \theta , soit qu'en "moyenne" l'estimateur ne se trompe pas.

Définition — Biais ⁡ ( θ ^ ) ≡ E [ θ ^ ] − θ {\displaystyle \operatorname {Biais} ({\hat {\theta }})\equiv \mathbb {E} [{\hat {\theta }}]-\theta } \operatorname {Biais}({\hat \theta })\equiv {\mathbb {E}}[{\hat \theta }]-\theta

Lorsque l'espérance E ( θ ^ ) {\displaystyle \mathbb {E} ({\hat {\theta }})} {\mathbb {E}}({\hat \theta }) de l'estimateur égale θ {\displaystyle \theta } \theta , i.e. le biais est égal à zéro, l'estimateur est dit sans biais.

L'estimateur choisi précédemment sur la taille moyenne des enfants de 10 ans est un estimateur sans biais mais celui des poissons comporte un biais: le nombre de poissons estimé est en moyenne supérieur au nombre de poissons réels.

Dans son ouvrage Dynamic programming, Richard Bellman s'en prend violemment à la recherche trop systématique des estimateurs sans biais en rappelant à l'aide d'exemples que des estimateurs avec biais ont dans plusieurs cas une convergence plus rapide, et donc une efficacité pratique bien plus grande.
Erreur quadratique moyenne
Article détaillé : Erreur quadratique moyenne.

L'erreur quadratique moyenne (Mean Squared Error en anglais) est l'espérance du carré de l'erreur entre la vraie valeur et sa valeur estimée.

Définition — MSE ⁡ ( θ ^ ) ≡ E ( ( θ ^ − θ ) 2 ) . {\displaystyle \operatorname {MSE} ({\hat {\theta }})\equiv \mathbb {E} \left(({\hat {\theta }}-\theta )^{2}\right).} \operatorname {MSE}({\hat {\theta }})\equiv {\mathbb {E}}\left(({\hat {\theta }}-\theta )^{2}\right).
Convergence

On souhaite aussi pouvoir, en augmentant la taille de l'échantillon, diminuer l'erreur commise en prenant θ ^ {\displaystyle {\hat {\theta }}} {\hat \theta } à la place de θ {\displaystyle \theta } \theta . Si c'est le cas, on dit que l'estimateur est convergent (on voit aussi consistant), c'est-à-dire qu'il converge vers sa vraie valeur. La définition précise en mathématique est la suivante :

Définition — L'estimateur θ ^ n {\displaystyle {\hat {\theta }}_{n}} {\hat \theta }_{n} est convergent s'il converge en probabilité vers θ {\displaystyle \theta } \theta , soit: lim n → ∞ P ( | θ ^ n − θ | > ϵ ) = 0 ∀ ϵ > 0 {\displaystyle \lim _{n\to \infty }\mathbb {P} (|{\hat {\theta }}_{n}-\theta |>\epsilon )=0\qquad \forall \,\epsilon >0} \lim _{{n\to \infty }}{\mathbb {P}}(|{\hat \theta }_{n}-\theta |>\epsilon )=0\qquad \forall \,\epsilon >0.

On l'interprète comme le fait que la probabilité de s'éloigner de la valeur à estimer de plus de ϵ {\displaystyle \epsilon } \epsilon tend vers 0 quand la taille de l'échantillon augmente.

Cette définition est parfois écrite de manière inverse:

Définition — L'estimateur θ ^ n {\displaystyle {\hat {\theta }}_{n}} {\hat \theta }_{n} est convergent s'il converge en probabilité vers θ {\displaystyle \theta } \theta , soit: lim n → ∞ P ( | θ ^ n − θ | ≤ ϵ ) = 1 ∀ ϵ > 0 {\displaystyle \lim _{n\to \infty }\mathbb {P} (|{\hat {\theta }}_{n}-\theta |\leq \epsilon )=1\qquad \forall \,\epsilon >0} \lim _{{n\to \infty }}{\mathbb {P}}(|{\hat \theta }_{n}-\theta |\leq \epsilon )=1\qquad \forall \,\epsilon >0.

Il existe enfin un type de convergence plus forte, la convergence presque sûre, définie ainsi pour un estimateur :

Définition — L'estimateur θ ^ n {\displaystyle {\hat {\theta }}_{n}} {\hat \theta }_{n} est fortement convergent s'il converge presque sûrement vers θ {\displaystyle \theta } \theta, soit : P ( lim n → ∞ θ ^ n = θ ) = 1 {\displaystyle \mathbb {P} \left(\lim _{n\to \infty }{\hat {\theta }}_{n}=\theta \right)=1} {\mathbb {P}}\left(\lim _{{n\to \infty }}{\hat \theta }_{n}=\theta \right)=1


Exemple : La moyenne empirique est un estimateur convergent de l'espérance d'une variable aléatoire. La loi faible des grands nombres assure que la moyenne converge en probabilité vers l'espérance et la loi forte des grands nombres qu'elle converge presque sûrement.
Taux de convergence

Dans la limite d'un échantillon infini, l'estimateur doit converger vers la valeur vraie du paramètre : lim n → ∞ θ ^ n = θ 0 {\displaystyle \lim _{n\to \infty }{\hat {\theta }}_{n}=\theta _{0}} {\displaystyle \lim _{n\to \infty }{\hat {\theta }}_{n}=\theta _{0}}. Rigoureusement, il s'agit d'une convergence en probabilité, soit: ∀ ε > 0 , lim n → ∞ P ( | θ ^ n − θ 0 | ⩽ ε ) = 1. {\displaystyle \forall \varepsilon >0,\lim _{n\to \infty }P(|{\hat {\theta }}_{n}-\theta _{0}|\leqslant \varepsilon )=1.} {\displaystyle \forall \varepsilon >0,\lim _{n\to \infty }P(|{\hat {\theta }}_{n}-\theta _{0}|\leqslant \varepsilon )=1.}
Efficacité

La variable aléatoire fluctue autour de son espérance. Plus la variance Var ⁡ ( θ ^ ) {\displaystyle \operatorname {Var} ({\hat {\theta }})} \operatorname {Var}({\hat {\theta }}) est faible, moins les variations sont importantes. On cherche donc à ce que la variance soit la plus faible possible. C'est ce qu'on appelle l’efficacité d'un estimateur.
Robustesse
Article détaillé : Robustesse (Statistiques).

Il arrive que lors d'un sondage, une valeur extrême et rare apparaisse (par exemple un enfant de 10 ans mesurant 1,80 m). On cherche à ce que ce genre de valeur ne change que de manière très faible la valeur de l'estimateur. On dit alors que l'estimateur est robuste.

Exemple: En reprenant l'exemple de l'enfant, la moyenne n'est pas un estimateur robuste car ajouter l'enfant très grand modifiera beaucoup la valeur de l'estimateur. La médiane par contre n'est pas modifiée dans un tel cas.
Estimateurs classiques

On se placera dans le cas simple d'un tirage aléatoire de n individus dans une population en comportant N. On s'intéresse au caractère quantitatif Y de moyenne Y ¯ {\displaystyle {\overline {Y}}} \overline Y et de variance V(Y). Dans l'échantillon tiré, le caractère quantitatif est y, sa moyenne est y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y et sa variance est σ 2 = 1 n ∑ i = 1 n ( y i − y ¯ ) 2 {\displaystyle \sigma ^{2}={\frac {1}{n}}\sum _{i=1}^{n}(y_{i}-{\overline {y}})^{2}} \sigma ^{2}={\frac {1}{n}}\sum _{{i=1}}^{n}(y_{i}-\overline y)^{2}. Les valeurs y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y et σ 2 {\displaystyle \sigma ^{2}} \sigma ^{2} varient selon l'échantillon et sont donc des variables aléatoires possédant chacune une espérance, une variance et un écart type.
Estimateur de la moyenne de Y

On prend en général comme estimateur de Y ¯ {\displaystyle {\overline {Y}}} \overline Y la valeur

y ¯ = 1 n ∑ i = 1 n y i {\displaystyle {\overline {y}}={\frac {1}{n}}\sum _{i=1}^{n}y_{i}} \overline y={\frac 1n}\sum _{{i=1}}^{n}y_{i}.

appelée moyenne empirique de Y. On démontre que c'est un estimateur sans biais, c’est-à-dire que E ( y ¯ ) = Y ¯ {\displaystyle E({\overline {y}})={\overline {Y}}} E(\overline y)=\overline Y
Estimateur de la variance de Y

On pourrait penser que σ 2 {\displaystyle \sigma ^{2}} \sigma ^{2} est un bon estimateur de V(Y). Cependant des calculs (voir écart type) prouvent que cet estimateur est biaisé, l'espérance de σ 2 {\displaystyle \sigma ^{2}} \sigma ^{2} est toujours inférieure à V(Y). On prouve qu'un estimateur sans biais de V(Y) est :

n n − 1 σ 2 {\displaystyle {\frac {n}{n-1}}\sigma ^{2}} {\frac {n}{n-1}}\sigma ^{2} dans le cas de tirage avec remise,
N − 1 N n n − 1 σ 2 {\displaystyle {\frac {N-1}{N}}{\frac {n}{n-1}}\sigma ^{2}} {\frac {N-1}{N}}{\frac {n}{n-1}}\sigma ^{2} dans le cas de tirage sans remise (qui vaut bien σ 2 {\displaystyle \sigma ^{2}} \sigma ^{2} lorsque n = N : l’échantillon est identique à la population, donc on mesure la variance réelle).

On peut remarquer que, pour N grand, le calcul avec remise et le calcul sans remise donnent des résultats presque équivalents. (le quotient N − 1 N {\displaystyle {\frac {N-1}{N}}} {\frac {N-1}{N}} est alors proche de 1). On prend donc en général, pour estimateur sans biais de V(Y) la valeur :

s 2 = 1 n − 1 ∑ i = 1 n ( y i − y ¯ ) 2 {\displaystyle s^{2}={\frac {1}{n-1}}\sum _{i=1}^{n}(y_{i}-{\overline {y}})^{2}} s^{2}={\frac {1}{n-1}}\sum _{{i=1}}^{n}(y_{i}-\overline y)^{2}

appelée variance empirique sans biais de Y.
Efficacité, convergence et intervalle de confiance

La manière dont y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y fluctue autour de son espérance E ( Y ) {\displaystyle \mathbb {E} (Y)} {\mathbb {E}}(Y) dépend de sa variance V ( y ¯ ) {\displaystyle V({\overline {y}})} V(\overline y). Cette variance se calcule grâce à V(Y).

V ( y ¯ ) = V ( Y ) n {\displaystyle V({\overline {y}})={\frac {V(Y)}{n}}} V(\overline y)={\frac {V(Y)}{n}} dans le cas d'un tirage avec remise,
V ( y ¯ ) = N − n N − 1 V ( Y ) n {\displaystyle V({\overline {y}})={\frac {N-n}{N-1}}{\frac {V(Y)}{n}}} V(\overline y)={\frac {N-n}{N-1}}{\frac {V(Y)}{n}} dans le cas d'un tirage sans remise (qui vaut bien 0 lorsque n = N : l’échantillon est identique à la population, donc on mesure la moyenne réelle, donc l’incertitude de la mesure est nulle).

On peut remarquer que, pour N très grand devant n, les deux valeurs sont très voisines. Par la suite, on ne s'intéressera donc qu'au cas du tirage avec remise en considérant que N est très grand.

On s'aperçoit que plus n est grand, plus V ( y ¯ ) {\displaystyle V({\overline {y}})} V(\overline y) est petit. Donc, plus la taille de l'échantillon est grande, plus l'estimateur y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y est efficace.

L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev précise que, pour tout réel strictement positif ϵ {\displaystyle \epsilon } \epsilon ,

P ( | y ¯ − Y ¯ | > ϵ ) ≤ V ( y ¯ ) ϵ 2 {\displaystyle \mathbb {P} \left(|{\overline {y}}-{\overline {Y}}|>\epsilon \right)\leq {\frac {V({\overline {y}})}{\epsilon ^{2}}}} {\mathbb {P}}\left(|\overline y-\overline Y|>\epsilon \right)\leq {\frac {V(\overline y)}{\epsilon ^{2}}}

donc que

P ( | y ¯ − Y ¯ | > ϵ ) ≤ V ( Y ) n ϵ 2 {\displaystyle \mathbb {P} \left(|{\overline {y}}-{\overline {Y}}|>\epsilon \right)\leq {\frac {V(Y)}{n\epsilon ^{2}}}} {\mathbb {P}}\left(|\overline y-\overline Y|>\epsilon \right)\leq {\frac {V(Y)}{n\epsilon ^{2}}}

Or V ( Y ) n ϵ 2 {\displaystyle {\frac {V(Y)}{n\epsilon ^{2}}}} {\frac {V(Y)}{n\epsilon ^{2}}} converge vers 0 quand n tend vers l'infini. Il en est de même de P ( | y ¯ − Y ¯ | > ϵ ) {\displaystyle \mathbb {P} (|{\overline {y}}-{\overline {Y}}|>\epsilon )} {\mathbb {P}}(|\overline y-\overline Y|>\epsilon ) : l'estimateur y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y est convergent.

Enfin, il résulte du théorème central limite que pour n relativement grand, la variable aléatoire y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y suit (approximativement) une loi normale d'espérance Y et de variance V ( Y ) n {\displaystyle {\frac {V(Y)}{n}}} {\frac {V(Y)}{n}}, variance que l'on peut estimer être voisine de s 2 n {\displaystyle {\frac {s^{2}}{n}}} {\frac {s^{2}}{n}}. Pour toute loi normale, dans 95 % des cas, la variable aléatoire s'éloigne de son espérance de moins de deux fois son écart type. Dans le cas du sondage, cela signifie qu'il y a 95 % de chances que l'estimateur y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y s'éloigne de Y ¯ {\displaystyle {\overline {Y}}} \overline Y de moins de 2 s n {\displaystyle {\frac {2s}{\sqrt {n}}}} {\frac {2s}{{\sqrt n}}}. L'intervalle [ Y ¯ − 2 σ ( Y ) n , Y ¯ + 2 σ ( Y ) n ] {\displaystyle \left[{\overline {Y}}-{\frac {2\sigma (Y)}{\sqrt {n}}},{\overline {Y}}+{\frac {2\sigma (Y)}{\sqrt {n}}}\right]} \left[\overline Y-{\frac {2\sigma (Y)}{{\sqrt n}}},\overline Y+{\frac {2\sigma (Y)}{{\sqrt n}}}\right] est appelé intervalle de confiance à 95 %. On peut remarquer que, pour diviser par 10 la longueur de l'intervalle de confiance, ce qui consiste à augmenter la précision de l'estimateur, il faut multiplier par 102 = 100 la taille de l'échantillon.

On parle souvent de la précision d'une enquête : c'est le rapport σ ( y ¯ ) Y ¯ {\displaystyle {\frac {\sigma ({\overline {y}})}{\overline {Y}}}} {\frac {\sigma (\overline y)}{\overline Y}} entre l'écart type et la moyenne de la variable aléatoire y ¯ {\displaystyle {\overline {y}}} \overline y. Si l'enquête est précise à 2 % par exemple, c'est que ce rapport est de 2 %. Cela signifie que l'intervalle de confiance à 95 % est de [ 0 , 96 Y ¯ , 1 , 04 Y ¯ ] {\displaystyle [0,96{\overline {Y}},1,04{\overline {Y}}]} [0,96\overline Y,1,04\overline Y]
Influence des techniques de sondages sur les estimateurs

Découper la population en strates homogènes peut réduire de manière significative la valeur de la variance de l'estimateur et donc le rendre plus efficace.

Utiliser un tirage aléatoire à probabilités inégales, procéder à un sondage en plusieurs étapes ou par grappe change évidemment les formules calculées précédemment.

Enfin, l'utilisation d'informations auxilaires permet parfois d'effectuer une correction sur l'estimateur pour le rapprocher de la valeur réelle.
Construction d'estimateurs
Méthode du maximum de vraisemblance
Articles détaillés : M-estimateur et Maximum de vraisemblance.

Comme son nom l'indique, cette méthode consiste à maximiser une fonction appelée fonction de vraisemblance, contenant le paramètre que l'on souhaite estimer. Elle aura ainsi de fortes chances d'être très proche de ce paramètre.

Fonction de vraisemblance, au vu d'un n-échantillon ( x 1 , . . . , x i , . . . , x n ) {\displaystyle (x_{1},...,x_{i},...,x_{n})} (x_{1},...,x_{i},...,x_{n}) :

L ( x 1 , . . . , x i , . . . , x n ; θ ) = f ( x 1 ; θ ) × f ( x 2 ; θ ) × . . . × f ( x n ; θ ) = ∏ i = 1 n f ( x i ; θ ) {\displaystyle L(x_{1},...,x_{i},...,x_{n};\theta )=f(x_{1};\theta )\times f(x_{2};\theta )\times ...\times f(x_{n};\theta )=\prod _{i=1}^{n}f(x_{i};\theta )} L(x_{1},...,x_{i},...,x_{n};\theta )=f(x_{1};\theta )\times f(x_{2};\theta )\times ...\times f(x_{n};\theta )=\prod _{{i=1}}^{n}f(x_{i};\theta )

L'estimateur obtenu par cette méthode est généralement le meilleur possible, mais cela peut être fastidieux et surtout nécessite de maîtriser des règles mathématiques plus difficiles que la méthode des moments (voir ci-dessous).
Méthode des moments
Article détaillé : Méthode des moments (statistiques).

La méthode des moments permet d'estimer des paramètres : pour cela, on pose l'égalité entre moments théoriques et empiriques correspondants puis, en résolvant les équations écrites, on exprime les paramètres en fonction de ces moments.
Estimateurs et loi de probabilité

Le fait de pouvoir estimer une espérance et une variance permet alors d'estimer les paramètres d'une distribution (loi normale, loi de Poisson etc.).

En probabilité, on cherche parfois à valider une loi de probabilité théorique à l'aide d'une expérience statistique. Dans le cas d'une variable discrète finie, on prend comme estimateur de chaque probabilité p k {\displaystyle p_{k}} p_{k}, la fréquence f k {\displaystyle f_{k}} f_{k} dans l'échantillon. Les valeurs f k {\displaystyle f_{k}} f_{k} étant des variables aléatoires, il est normal que ces estimateurs ne coïncident pas complètement avec les valeurs p k {\displaystyle p_{k}} p_{k}. Pour vérifier si les différences trouvées sont significatives ou non, on effectue des tests d'adéquations dont le plus connu est le test du χ².
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie

(fr) FAVRE J.P., (2009) Mathématiques de gestion, Digilex, 2009, (ISBN 978-2-940404-01-Cool
(fr) DAGNELIE P. (2007) Statistique théorique et appliquée. Tome 1 : Statistique descriptive et base de l'inférence statistique. Paris et Bruxelles, De Boeck et Larcier.
(fr) DAGNELIE P. (2006) Statistique théorique et appliquée. Tome 2 : Inférence statistique à une et à deux dimensions. Paris et Bruxelles, De Boeck et Larcier.
(fr) DROESBECKE J.-J. (2001) Éléments de statistique. Paris, Ellipses.
(fr) ESCOFIER B., PAGES J. (1997) Initiation au traitement statistique : Méthodes, méthodologie. PUR, Rennes.
(fr) FALISSARD B., MONGA (1993) Statistique : concepts et méthodes. Paris, Masson.
(fr) ROUANET H., BERNARD J.-M., LE ROUX B. (1990) : Statistique en sciences humaines : analyse inductive des données. Paris, Dunod.
Gilbert Saporta, Probabilités, Analyse des données et Statistiques, Paris, Éditions Technip, 2006, 622 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-7108-0814-5, présentation en ligne [archive])
(fr) VEYSSEYRE R. (2002) Statistique et probabilité pour l'ingénieur. Paris, Dunod.
(en) LEHMANN, E.L. (1983) "THEORY OF POINT ESTIMATION". John Wiley and Sons, New York.
(fr) ROUAUD M. (2012) Probabilités, statistiques et analyses multicritères [archive] Une introduction aux estimateurs et à la méthode du maximum de vraisemblance. Version numérique libre et gratuite.

Articles connexes

Biais (statistique)
Inférence statistique
M-estimateur
Statistique mathématique
Sondage
Théorème de Masreliez
Variable indépendante et identiquement distribuée
Variance
Estimateur du minimum du χ²

Liens externes

estimateur [archive] cours de Bernart Ycart
Estimation [archive] cours de l'INSA de Lyon
Glossaire [archive] sur l'estimation
Rémy Clairin et Philippe Brion, Manuel de sondages. Application aux pays en développement. Paris, Centre français sur la population et le développement, 1996.

En route sur les projets quantiques tel que Le temps existe-t-il ou
ne s'agit-il que d'une illusion ?
En suivant les principes de Feu l'Astrophysicien Brahic André et dans l'honneur de sa conscience sur les dangers des atomes et des combinaisons physiques, morales et biologiques,
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mer 1 Mar à 3:51

le 7e jour du mois de floréal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour du muguet, Le 26 avril est le 116e jour de l’année du calendrier grégorien...
muguet de mai (Convallaria majalis)

La conjuration des Pazzi est un complot fomenté à Florence par la famille Pazzi contre les Médicis en 1478 et qui se solda par un échec, les assassins ayant été arrêtés et Laurent de Médicis ayant échappé à l'attentat.

Histoire
Une famille aristocratique opposée aux Médicis

La maison de Pazzi est une ancienne famille noble de Florence, originaire du Valdarno, où elle possédait de grands fiefs, et qui fut rivale acharnée de celle des Médicis.

Issue d'une lignée prestigieuse (en 1099, Pazzino de Pazzi, se couvrit de gloire pendant la Ire Croisade1, en étant le premier chevalier à entrer dans Jérusalem), la famille de Pazzi est au XVe siècle l'une des plus anciennes et importantes familles de Florence, et, à ce titre, représentative d'un ancien ordre où l'ancienne aristocratie exerçait son influence sur les républiques italiennes.

Les Médicis, installés en ville depuis peu, roturiers et de surcroît « nouveaux riches », dominent la vie politique de la cité. Une confrontation paraît presque inévitable et si Bianca de Médicis, fille de Pierre le Goutteux et sœur de Julien et de Laurent a épousé Guglielmo de Pazzi, les vieilles haines n'ont jamais vraiment disparu.

L'ascension des Médicis mettant, aux yeux de leurs ennemis, en péril les libertés de la République de Florence, les Pazzi prennent la tête du complot destiné à évincer les Médicis du cercle du pouvoir (et de les remplacer comme première famille de la ville).

Les Pazzi peuvent également compter sur l'appui du pape Sixte IV. Le souverain pontife voudrait étendre le pouvoir de son neveu, Jérôme Riario, dont il favorise l'ascension sans retenue.

Le complot
Événements

Un complot est alors ourdi dans le but d'éliminer Julien et Laurent de Médicis, décapitant ainsi la famille de ses principaux chefs. Après une tentative avortée la veille, lors d'un banquet où Julien, indisposé à la suite d'une légère blessure de chasse, ne se rend pas, le 26 avril 1478, jour de Pâques, au moment de l'élévation de l'hostie par le prêtre dans la cathédrale Santa Maria del Fiore, Julien de Médicis et son frère Laurent, agenouillés, sont attaqués par Francesco de Pazzi et ses complices : Julien qui n'a pas enfilé son habituelle cuirasse succombe de 19 coups de couteau mais Laurent, blessé à la gorge, est emmené par ses gardes du corps dans la sacristie où il se réfugie et en réchappe2.
Conséquences
Léonard de Vinci, dessin du cadavre du conjuré Bernardo di Bandino Baroncelli pendu au Bargello (1479).

Les participants au complot qui n'ont pu rallier les habitants de Florence au cri de « Liberté, liberté » sont très vite démasqués et punis : l'archevêque de Pise, dont le passage avait servi de prétexte au complot, est immédiatement pendu. Jacopo, Renato et Francesco de Pazzi sont quant à eux vite retrouvés et exécutés. Guglielmo de Pazzi, époux de Bianca, est épargné mais condamné à un exil perpétuel. Plus de 70 personnes auraient été exécutées pendant 15 jours, certaines sont déterrées et traînées avant d'être jetées dans l'Arno, d'autres sont pendues dans la tour du Bargello qui fait office de tribunal et de prison. Les autres Pazzi sont bannis et font l'objet d'une damnatio memoriæ3.

Sixte IV réussit pourtant à entraîner ses alliés dans une guerre contre les Médicis et Florence, à laquelle il n'a toujours pas renoncé : la guerre des Pazzi, dans laquelle le pape, allié au roi de Naples, à Lucques, Urbino et Sienne, lutte contre Florence, durera encore quelques années.

Finalement, l'échec de la conjuration des Pazzi marque un tournant dans l'histoire de la dynastie : elle renforce énormément la popularité de Laurent qui deviendra le Magnifique, et fait indiscutablement des Médicis les primi inter pares à Florence, les parant d'un prestige alors inégalé4.
Postérité

En 1494, la prédication du moine dominicain Jérôme Savonarole eut pour conséquence le départ des Médicis de la ville et le retour de la famille Pazzi dans ses prérogatives et privilèges.

L'histoire de la conjuration des Pazzi a été écrite par Ange Politien5 et a fourni à Alfieri le sujet d'une tragédie.
Évocations modernes
Au cinéma

Cette conjuration de la famille Pazzi est évoquée dans le film Hannibal de Ridley Scott dans lequel le cupide inspecteur de police Rinaldo Pazzi, descendant de cette illustre famille florentine, se fait chasseur de prime pour le compte du milliardaire Mason Verger prêt à verser 3 millions de dollars pour la capture du psychopathe Hannibal Lecter dont il a été l'une des victimes.
À la télévision

Dans la série Da Vinci's Demons6, le 8e épisode de la saison 1, raconte la conjuration de la famille Pazzi. La scène finale termine sur Laurent de Médicis réfugié dans la sacristie pendant que les Pazzi et le neveu du pape le Comte Girolamo Riario enfonce la porte.
Autres médias

En 1893, Ruggero Leoncavallo met la conjuration des Pazzi au centre de son opéra I Medici.

En 2009, Ubisoft utilisa également la guerre entre les Médicis et les Pazzi comme base pour son jeu Assassin's Creed II, où le héros Ezio Auditore poursuit et assassine tous les conjurés dans San Gimignano et sa campagne entre 1479 et 1480.

Le compositeur italien Riz Ortolani (né en 1931) compose, sur le thème de la conjuration des Pazzi, un "OperaMusical" intitulé Il Principe della Gioventu. Il en écrit également le livret en collaboration avec Ugo Chiti. La création mondiale de l'ouvrage a lieu en septembre 2007 à la Fenice de Venise dans une mise en scène de Pier Luigi Pizzi7.

Bibliographie

Lauro Martines, Le sang d'avril - Florence et le complot contre les Médicis, essai - Albin Michel - Histoire - Paris - 2006

Susana Fortes, " Le complot Médicis", roman -éditions Heloise d' Ormesson -2014

Notes et références

↑ Voir la commémoration pascale du Scoppio del Carro
↑ Bruno Tribout, Les récits de conjuration sous Louis XIV, Presses Université Laval, 2010, p. 288
↑ Odile Bordaz, Au labyrinthe avec vous descendue, Nouvelles Éditions Latines, 1986, p. 167
↑ Fred Bérence, Les papes de la Renaissance : du concile de Constance au concile de Tiente, Éditions du sud, 1966, p. 113
↑ Ange Politian descrit tout à la fin de ses œuvres latines l'histoire de la conjuration faicte contre Laurent et Julien de Médicis à Florence, par quelques-uns des principaux de la ville, ne pouvant supporter la prospérité des Médicis aprez la mort de Cosme. Les chefs estoient Jaques de Pazzi chevalier et l'archevesque de Florence avec autres, qui tuerent Julien et faillirent Laurent, lequel vescut en grande estime depuis, et maintint les affaires d'Italie en un merveilleux contrepoids, comme François Guichardin le marque au commencement de son histoire. Combien que Jaques de Pazzi soit représenté par Politian et autres, homme sans religion, dissolu, adonné au jeu, tenant peu de compte de ses affaires : néanmoins il fit un trait la veille de l'execution de son dessein, qui fGt notable, soit qu'il presageast sa mort prochaine (car il fut pendu et estranglé quatre jours après), soit qu'une force plus puissante qu'humaine poussast sa conscience à ce devoir. Ainsi donc le Samedi, precedant ce Dimanche que Julien fut tué dans l'Église, Pazzi paya tout ce qu'il devoit à plusieurs particuliers, jusques à la dernière maille, et d'une sollicitude extraordinaire fit retirer de la douane, et rencdre aux uns et autres les marchandises y gardees sous son nom, sans réserve de pièce quelconque : comme aussi tout ce qu'il avoit en son palais autre que du sien fut renvoyé et rendu ce mesme jour aux propriétaires. Tout cela fut executé sans bruit, d'esprit rassis en apaience, et part d'aucun : de sorte qu'avant nuit close ce personnage se vid nettement desgagé de la main des hommes. C estoit se deesfaire du moindre lien : tant y a qu'un tel acte flestrit infinis hommes venus depuis, lesquels ni durant leur vie, ni proches de la mort, n'ont tenu compte de leurs devoirs envers les autres. Brutus, au sixiesme livre de son Histoire de Florence
↑ Da Vinci's Demons - A STARZ Original Series - Episode 108 - The Lovers [archive]
↑ Il principe della gioventù (it) [1] [archive] [2] [archive]

Sources

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Conjuration des Pazzi » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, 1878 (Wikisource)

1319 : Jean II, roi de France († 8 avril 1364).
1336 : ascension du mont Ventoux par Pétrarque.
1564 : William Shakespeare, dramaturge et poète anglais (date présumée) († 23 avril 1616).
1575 : Marie de Médicis, reine de France († 3 juillet 1642).
1782 : Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, reine des Français, épouse du roi Louis-Philippe Ier († 24 mars 1866).
1765 : Lady Hamilton, personnalité anglaise († 15 janvier 1815 ou 16 janvier 1815).
1792 : Rouget de l’Isle achève de composer Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, précurseur de l’hymne national français La Marseillaise.
1798 : Eugène Delacroix, peintre français († 13 août 1863).
1803 : chute de la météorite de L'Aigle.
1894 : Rudolf Hess, homme politique allemand († 17 août 1987).
1919 :
Georges de Caunes, journaliste français († 28 juin 2004).
Manuel Zorrilla, peintre, sculpteur et dessinateur argentin.
1921 :
Zbigniew Dłubak, peintre et photographe polonais († 21 août 2005).
Marga Höffgen, artiste lyrique allemande († 7 juillet 1995).
1961 :
Leif Andersson, biathlète suédois.
Galina Beliaïeva, actrice russe.
Serge Bromberg, cinéaste français.
Joan Chen, actrice et cinéaste américaine.
Philippe Chevallier, coureur cycliste français.
1962 : Debra Wilson, actrice et scénariste américaine.
1962 : impact de la sonde Ranger 4 (en) sur la face cachée de la Lune.
1963 : Jet Li, acteur chinois.
1965 : fondation de Rede Globo, principal réseau de télévision au Brésil.
1977 : rencontre du pape Paul VI et de l’archevêque de Cantorbéry Donald Coggan dans une volonté de réconciliation entre l’église anglicane et l’église romaine.
2007 : premier vol du téléscope Stratospheric Observatory for Infrared Astronomy.
2012 : résolution no 2045 du Conseil de sécurité des Nations unies ayant pour sujet : la situation en Côte d’Ivoire.
2015 : l’élection présidentielle au Kazakhstan conduit à la réélection de Noursoultan Nazarbaïev.
2016 : annonce de la découverte d’un satellite autour de la planète naine (136472) Makémaké.

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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Mer 1 Mar à 3:52

En théorie des probabilités, l'espérance mathématique d'une variable aléatoire réelle est, intuitivement, la valeur que l'on s'attend à trouver, en moyenne, si l'on répète un grand nombre de fois la même expérience aléatoire. Elle se note E ( X ) {\displaystyle \scriptstyle \mathbb {E} (X)} \scriptstyle \mathbb E(X) et se lit « espérance de X ».

Elle correspond à une moyenne pondérée des valeurs que peut prendre cette variable. Dans le cas où celle-ci prend un nombre fini de valeurs, il s'agit d'une moyenne pondérée par les probabilités d'apparition de chaque valeur. Dans le cas où la variable aléatoire possède une densité de probabilité, l'espérance est la moyenne des valeurs pondérées par cette densité. De manière plus théorique, l'espérance d'une variable aléatoire est l'intégrale de cette variable selon la mesure de probabilité de l'espace probabilisé de départ.

La présentation intuitive de l'espérance exposée ci-dessus est la conséquence de la loi des grands nombres : l'espérance, si elle existe, est la limite presque-sûre de la moyenne des résultats au cours de plusieurs expériences, quand leur nombre augmente à l'infini.

Il n'existe pas toujours d'espérance pour une variable aléatoire. En particulier les distributions à longue traine comme la distribution de Cauchy, produisent des intégrales non convergentes et donc des espérances non définies.

L'espérance est une caractéristique importante d'une loi de probabilité : c'est un indicateur de position. Ainsi, une variable aléatoire est dite centrée si son espérance est nulle. Elle forme, avec la variance, indicateur de dispersion, l'ensemble des indicateurs qui sont presque systématiquement donnés quand est présentée une variable aléatoire.

L'espérance joue un rôle important dans un grand nombre de domaines, comme dans la théorie des jeux pour minimiser les risques, en théorie du signal ou en statistique inférentielle où un estimateur est dit sans biais si son espérance est égale à la valeur du paramètre à estimer.

La notion d'espérance est popularisé par Christian Huygens dans son Traité du hasard de 1656 sous le nom de « valeur de la chance ».

Motivations

La notion d' espérance prend forme au XVIIe siècle en théorie des jeux[réf. nécessaire]. Il s'agit de savoir quelle somme on peut espérer gagner dans un jeu de hasard. Ainsi Blaise Pascal, dans son problème des partis, cherche à savoir comment répartir les mises quand le jeu s'interrompt en cours de partie1 . Il imagine ainsi un jeu de pile ou face et un pot commun de 64 pistoles, le premier joueur à voir apparaître trois fois la face qu'il a choisie remporte la mise. Si le jeu s'interrompt à un moment où chacun des deux joueurs a la même chance de gagner, il est équitable de répartir les 64 pistoles à parts égales entre chaque joueur, mais si la partie s'interrompt alors qu'un des joueurs a pris un avantage, la répartition doit se faire autrement. Pascal imagine ainsi que le jeu s'interrompt alors que le lancer de dé est PPF. Il envisage alors ce qu'aurait été le coup suivant :

si le coup suivant avait été P, le joueur ayant misé sur P aurait tout remporté et gagné 64 pistoles ;
si le coup suivant avait été F, la partie aurait été équitable et l'interruption du jeu aurait conduit à distribuer 32 pistoles à chaque joueur.

Pour Pascal, le joueur ayant misé sur P doit obtenir 32 pistoles à coup sûr mais a une chance sur 2 de gagner 32 pistoles supplémentaires. Il doit donc récupérer 48 pistoles.

Pascal ne parle pas de probabilité ni d'espérance de gain mais son idée intuitive reste d'associer un gain à une chance de l'obtenir2. Les 48 pistoles que Pascal propose de donner au joueur ayant misé sur P correspondent de fait à son espérance de gain : si la partie s'arrête au quatrième coup, ce joueur a une chance sur 2 de gagner 64 pistoles (si la pièce tombe sur P) et une chance sur 2 de gagner seulement 32 pistoles (si la pièce tombe sur F et que le jeu s'interrompt). Son espérance de gain est alors de S = 64 × 1 2 + 32 × 1 2 {\displaystyle S=64\times {\frac {1}{2}}+32\times {\frac {1}{2}}} S=64\times {\frac 12}+32\times {\frac 12} (on multiplie chaque gain par la probabilité de l'obtenir puis on fait la somme de tous ces produits).

Christian Huygens, quant à lui, dans son Du calcul dans les jeux de hasard de 16573 s’intéresse à la somme à miser pour que le jeu soit équitable. Il établit que, si dans un jeu, on a p chances de gagner la somme a pour q chances de gagner la somme b, il faut miser : S = a p + b q p + q {\displaystyle S={\frac {ap+bq}{p+q}}} S=\frac{ap+bq}{p+q} pour que le jeu soit équitable. Il formalise ainsi la notion d'espérance, qu'il nomme la valeur de ma chance et l'étend à d'autres domaines que la théorie des jeux. En particulier, avec son frère, il s'intéresse à l'espérance de vie 4.
Illustration de la convergence vers 3,5 de la suite des moyennes obtenues pour des lancers de dés quand le nombre de lancers (trials) augmente.

L'espérance est fortement liée à l'idée de moyenne. En effet, la notion de hasard empêche de prédire le résultat d'une seule expérience aléatoire mais la loi des grands nombres permet de mieux maitriser le résultat si on exécute un grand nombre d'expériences aléatoires de même type. Ainsi, au cours d'un seul lancer de dé, chaque face a normalement une chance sur 6 d'apparaître et il est difficile de prédire le résultat moyen sur trois lancers de dé. Mais, en renouvelant mille fois ou dix mille fois le lancer, les résultats se répartissent presque équitablement entre les différents nombres de 1 à 6. La moyenne des nombres obtenus au cours de ces nombreux lancers s'approche alors de m = 1 ⋅ 1 6 + 2 ⋅ 1 6 + 3 ⋅ 1 6 + 4 ⋅ 1 6 + 5 ⋅ 1 6 + 6 ⋅ 1 6 = 3 , 5. {\displaystyle m=1\cdot {\frac {1}{6}}+2\cdot {\frac {1}{6}}+3\cdot {\frac {1}{6}}+4\cdot {\frac {1}{6}}+5\cdot {\frac {1}{6}}+6\cdot {\frac {1}{6}}=3,5.} m=1\cdot {\frac 16}+2\cdot {\frac 16}+3\cdot {\frac 16}+4\cdot {\frac 16}+5\cdot {\frac 16}+6\cdot {\frac 16}=3,5.qui correspond à l'espérance de cette expérience de lancer de dé. L'espérance sert donc à prévoir la valeur moyenne obtenue pour la variable que l'on mesure si l'expérience est renouvelée un très grand nombre de fois. Elle sert donc, en théorie des jeux, à l'organisateur qui peut ainsi prévoir la somme moyenne qu'il remporte pour chaque joueur, mais aussi dans le domaine des assurances pour déterminer le coût moyen d'une assurance permettant de couvrir les frais dus aux accidents.

L'espérance et la loi des grands nombres permettent aussi d'invalider une loi de probabilité. On raconte qu'Henri Poincaré s'en serait servi, avec d'autres indices, pour mettre en évidence la malhonnêteté de son boulanger5. En effet, le poids d'un pain est soumis à des fluctuations aléatoires mais son espérance est fixée par la loi. Le poids d'un pain annoncé à 1 kg, par exemple, peut fluctuer autour de cette valeur. Poincaré aurait pesé sur une grande période le pain acheté chez son boulanger et aurait trouvé que son poids moyen était largement inférieur à 1 kg. Cette moyenne était trop loin de l'espérance et indiquait une malversation du commerçant.
Définition
Variable discrète prenant un nombre fini de valeurs

Si la variable X prend les valeurs x1, x2, ... , xn avec les probabilités p1, p2, ... , pn, l'espérance de X est définie comme : E [ X ] = x 1 p 1 + x 2 p 2 + ⋯ + x n p n . {\displaystyle \mathbb {E} [X]=x_{1}p_{1}+x_{2}p_{2}+\dotsb +x_{n}p_{n}\;.} \mathbb{E}[X] = x_1p_1 + x_2p_2 + \dotsb + x_np_n \;.

Comme la somme des probabilités est égale à un, l'espérance peut être considérée comme la moyenne des xi pondérée par les pi E [ X ] = x 1 p 1 + x 2 p 2 + ⋯ + x n p n p 1 + p 2 + ⋯ + p n . {\displaystyle \mathbb {E} [X]={\frac {x_{1}p_{1}+x_{2}p_{2}+\dotsb +x_{n}p_{n}}{p_{1}+p_{2}+\dotsb +p_{n}}}\;.} {\displaystyle \mathbb {E} [X]={\frac {x_{1}p_{1}+x_{2}p_{2}+\dotsb +x_{n}p_{n}}{p_{1}+p_{2}+\dotsb +p_{n}}}\;.}

Exemple : Le jeu de la roulette française consiste à lancer une petite balle sur une roulette contenant 37 cases. Un joueur mise une certaine somme M sur une des cases. Si la balle s'arrête dans sa case, on lui rembourse 36 fois sa mise (son gain est alors de 35M =36M - M) , sinon il perd sa mise (son gain est alors de -M = 0 - M). Son espérance de gain est alors de : E [ Gain M ] = − M ⋅ 36 37 + 35 M ⋅ 1 37 ≈ − 0 , 027 M . {\displaystyle \mathbb {E} [\,{\text{Gain}}_{M}]=-M\cdot {\frac {36}{37}}\ +35M\cdot {\frac {1}{37}}\approx -0,027M.} {\mathbb {E}}[\,{\text{Gain}}_{M}]=-M\cdot {\frac {36}{37}}\ +35M\cdot {\frac {1}{37}}\approx -0,027M. Ce résultat signifie qu'en moyenne, le joueur perd 2,7% de sa mise à chaque jeu et inversement que le casino gagne en moyenne 2,7% de la mise de chaque joueur. Le nombre de joueurs dans un casino est suffisamment important pour que cette espérance corresponde effectivement au gain moyen par joueur pour le casino.

En théorie des jeux, une espérance nulle correspond à un jeu équitable.
Variable discrète prenant un ensemble dénombrable de valeurs

Si la variable X prend une infinité dénombrable de valeurs x1, x2,..., avec les probabilités p1, p2,..., l'espérance de X est définie comme E [ X ] = ∑ i = 1 ∞ x i p i , {\displaystyle \mathbb {E} [X]=\sum _{i=1}^{\infty }x_{i}\,p_{i},} \mathbb{E}[X] = \sum_{i=1}^\infty x_i\, p_i, à condition que cette somme soit absolument convergente. Ainsi la série qui prendrait les valeurs 1, -2, 3, -4 ,... avec les probabilités c⁄12, c⁄22, c⁄32, c⁄42, ..., où c = 6⁄π2 est choisi de telle sorte que la somme des probabilité donne un, donnerait pour somme infinie : ∑ i = 1 ∞ x i p i = c ( 1 − 1 2 + 1 3 − 1 4 + ⋯ ) . {\displaystyle \sum _{i=1}^{\infty }x_{i}\,p_{i}=c\,\left(1-{\frac {1}{2}}+{\frac {1}{3}}-{\frac {1}{4}}+\dotsb \right).} \sum _{{i=1}}^{\infty }x_{i}\,p_{i}=c\,\left(1-{\frac {1}{2}}+{\frac {1}{3}}-{\frac {1}{4}}+\dotsb \right). Cette somme converge vers ln(2) ≃ 0,69315. Cependant il serait incorrect d'en conclure que l'espérance de X serait égal à ce nombre — En fait, l'espérance de X n'existe pas car la série n'est pas absolument convergente (voir série harmonique).
Variable continue à densité

Si la variable aléatoire X admet une densité de probabilité f, son espérance est définie comme : E [ X ] = ∫ − ∞ ∞ x f ( x ) d x , {\displaystyle \mathbb {E} [X]=\int _{-\infty }^{\infty }xf(x)\,\mathrm {d} x,} \mathbb{E}[X] = \int_{-\infty}^\infty x f(x)\, \mathrm{d}x , à condition que l'intégrale soit absolument convergente.
Définition générale

La définition permet de retrouver toutes les définitions précédentes. Soit X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X une variable aléatoire de l'espace probabilisé ( Ω , E , P ) {\displaystyle \scriptstyle (\Omega ,\,{\mathcal {E}},\,\mathbb {P} )\,} \scriptstyle(\Omega, \, \mathcal E, \, \mathbb{P})\, vers ( R , B ( R ) ) , {\displaystyle \scriptstyle (\mathbb {R} ,\,{\mathcal {B}}(\mathbb {R} )),} \scriptstyle(\mathbb R, \, \mathcal B(\mathbb R)),. Si X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X est intégrable selon la mesure P , {\displaystyle \scriptstyle \mathbb {P} ,} \scriptstyle \mathbb{P}, , l'espérance de X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X est définie par : E ( X ) = ∫ Ω X ( ω ) P ( d ω ) = ∫ R x P X ( d x ) . {\displaystyle \mathbb {E} (X)=\int _{\Omega }X(\omega )\mathbb {P} (\mathrm {d} \omega )=\int _{\mathbb {R} }x\mathbb {P} _{X}(\mathrm {d} x).} \mathbb E(X) = \int_\Omega X(\omega) \mathbb{P}(\mathrm d\omega) = \int_{\mathbb R} x \mathbb{P}_X(\mathrm dx).
Généralisation : espérance d'une fonction d'une variable aléatoire

X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X étant une variable aléatoire non nécessairement réelle, donc à valeur dans un espace mesurable ( F , F ) {\displaystyle \scriptstyle (F,\,{\mathcal {F}})} \scriptstyle(F, \, \mathcal F) général, une fonction φ {\displaystyle \scriptstyle \varphi } \scriptstyle \varphi mesurable de ( F , F ) {\displaystyle \scriptstyle (F,\,{\mathcal {F}})} \scriptstyle(F, \, \mathcal F) dans ( R , B ( R ) ) {\displaystyle \scriptstyle (\mathbb {R} ,\,{\mathcal {B}}(\mathbb {R} ))} \scriptstyle(\mathbb R, \, \mathcal B(\mathbb R)) définit une nouvelle variable aléatoire réelle φ ∘ X {\displaystyle \scriptstyle \varphi \circ X} \scriptstyle \varphi \circ X notée φ ( X ) {\displaystyle \scriptstyle \varphi (X)} \scriptstyle \varphi(X) dont l'espérance, lorsqu'elle existe, s'écrit en remplaçant x {\displaystyle \scriptstyle x} \scriptstyle x par φ ( x ) {\displaystyle \scriptstyle \varphi (x)} \scriptstyle \varphi(x) dans les formules précédentes (théorème de transfert).

Son espérance est définie par :

E ( φ ( X ) ) = ∫ Ω φ ( X ( ω ) ) P ( d ω ) = ∫ F φ ( x ) P X ( d x ) . {\displaystyle \mathbb {E} {\big (}\varphi (X){\big )}=\int _{\Omega }\varphi {\big (}X(\omega ){\big )}\mathbb {P} (\mathrm {d} \omega )=\int _{F}\varphi (x)\mathbb {P} _{X}(\mathrm {d} x).} \mathbb E \big( \varphi(X) \big) = \int_\Omega \varphi \big( X(\omega) \big) \mathbb{P}(\mathrm d \omega) = \int_F \varphi(x) \mathbb{P}_X(\mathrm dx).

Si X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X est une variable aléatoire absolument continue, de densité de probabilité f X {\displaystyle \scriptstyle f_{X}} \scriptstyle f_{X} par rapport à une mesure σ {\displaystyle \sigma } \sigma -finie μ {\displaystyle \mu } \mu sur ( F , F ) {\displaystyle \scriptstyle (F,\,{\mathcal {F}})} \scriptstyle(F, \, \mathcal F), alors :

E ( φ ( X ) ) = ∫ F φ ( x ) f X ( x ) μ ( d x ) . {\displaystyle \mathbb {E} {\big (}\varphi (X){\big )}=\int _{F}\varphi (x)f_{X}(x)\mu (\mathrm {d} x).} \mathbb E \big( \varphi(X) \big) = \int_F \varphi(x) f_X(x) \mu(\mathrm dx).

Si X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X est une variable aléatoire discrète à valeurs dans un ensemble dénombrable S ⊂ F {\displaystyle \scriptstyle S\subset F} \scriptstyle S \subset F, alors :

E ( φ ( X ) ) = ∑ x ∈ S φ ( x ) P X ( { x } ) . {\displaystyle \mathbb {E} {\big (}\varphi (X){\big )}=\sum _{x\in S}\varphi (x)\mathbb {P} _{X}(\{x\}).} \mathbb E \big( \varphi(X) \big) = \sum_{x \in S} \varphi(x) \mathbb{P}_X(\{x\}).

C'est notamment le cas quand S {\displaystyle \scriptstyle S} \scriptstyle S est fini. En notant ses valeurs x 1 , … , x n {\displaystyle \scriptstyle x_{1},\,\dots ,\,x_{n}} \scriptstyle x_1, \, \dots, \, x_n et p 1 , … , p n {\displaystyle \scriptstyle p_{1},\,\dots ,\,p_{n}} \scriptstyle p_1, \, \dots, \, p_n les probabilités correspondantes, l'espérance devient :

E ( φ ( X ) ) = ∑ i = 1 n φ ( x i ) p i . {\displaystyle \mathbb {E} {\big (}\varphi (X){\big )}=\sum _{i=1}^{n}\varphi (x_{i})p_{i}.} \mathbb E \big( \varphi(X) \big) = \sum_{i = 1}^n \varphi(x_i) p_i.

En particulier, il est intéressant de considérer la variable aléatoire à valeurs complexes φ ( X ) = e i θ X {\displaystyle \scriptstyle \varphi (X)=e^{i\theta X}} \scriptstyle \varphi(X) = e^{i \theta X} (où θ {\displaystyle \theta } \theta est un réel) dont l'espérance mathématique est la transformée de Fourier inverse de f X {\displaystyle \scriptstyle f_{X}} \scriptstyle f_{X} (dans le cas où F = R {\displaystyle \scriptstyle F=\mathbb {R} } \scriptstyle F = \R) :

ϕ X ( θ ) = E ( e i θ X ) . {\displaystyle \phi _{X}(\theta )=\mathbb {E} \left(e^{i\theta X}\right).} \phi_X(\theta) = \mathbb E \left( e^{i \theta X} \right).

Il s'agit de la fonction caractéristique d'une variable aléatoire. L'exponentielle se développe en série de Taylor :

ϕ X ( θ ) = E ( ∑ k = 0 ∞ ( i θ X ) k k ! ) = ∑ k = 0 ∞ ( i θ ) k k ! E ( X k ) . {\displaystyle \phi _{X}(\theta )=\mathbb {E} \left(\sum _{k=0}^{\infty }{\frac {(i\theta X)^{k}}{k!}}\right)=\sum _{k=0}^{\infty }{\frac {(i\theta )^{k}}{k!}}\mathbb {E} \left(X^{k}\right).} \phi_X(\theta) = \mathbb E \left(\sum_{k = 0}^\infty \frac{(i \theta X)^k}{k!} \right) = \sum_{k = 0}^\infty \frac{(i \theta)^k}{k!} \mathbb E \left( X^k \right).

Propriétés
Propriétés élémentaires

L'espérance d'une variable aléatoire constante est égale à cette constante ; par exemple, si b {\displaystyle b} b est une constante, alors E ( b ) = b {\displaystyle \scriptstyle \mathbb {E} (b)=b} \scriptstyle\mathbb E(b)=b.
Monotonie : si X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X et Y {\displaystyle \scriptstyle Y} \scriptstyle Y sont des variables aléatoires telles que X ≤ Y {\displaystyle \scriptstyle X\leq Y} \scriptstyle X \le Y presque sûrement, alors E ( X ) ≤ E ( Y ) {\displaystyle \scriptstyle \mathbb {E} (X)\leq \mathbb {E} (Y)} \scriptstyle\mathbb E(X)\le\mathbb E(Y).
Linéarité : l'espérance est un opérateur linéaire. Pour deux variables aléatoires quelconques X {\displaystyle \scriptstyle X} \scriptstyle X et Y {\displaystyle \scriptstyle Y} \scriptstyle Y (qui doivent être définies sur le même espace probabilisé) et pour deux nombres réels a {\displaystyle \scriptstyle a} \scriptstyle a et b {\displaystyle \scriptstyle b} \scriptstyle b :

E ( a X + b Y ) = a E ( X ) + b E ( Y ) {\displaystyle \mathbb {E} (aX+bY)=a\mathbb {E} (X)+b\mathbb {E} (Y)} \mathbb E(aX+bY)=a\mathbb E(X)+b\mathbb E(Y)

Produit : en général, l'opérateur espérance ne respecte pas le produit, c'est-à-dire qu'en général E ( X Y ) ≠ E ( X ) E ( Y ) {\displaystyle \scriptstyle \mathbb {E} (XY)\neq \mathbb {E} (X)\mathbb {E} (Y)} \scriptstyle\mathbb E(X Y)\ne\mathbb E(X)\mathbb E(Y). L'égalité est vraie pour des variables X {\displaystyle X} X et Y {\displaystyle Y} Y indépendantes. L'absence de la multiplicativité amène à étudier les covariances et corrélation.

Cas d'une variable aléatoire positive

Si X est une variable aléatoire positive ou nulle, alors

E ( X ) = ∫ 0 + ∞ P ( X ≥ x ) d x = ∫ 0 + ∞ P ( X > x ) d x . {\displaystyle \mathbb {E} (X)=\int _{0}^{+\infty }\mathbb {P} (X\geq x)dx=\int _{0}^{+\infty }\mathbb {P} (X>x)dx.} \mathbb E(X)=\int_0^{+\infty}\mathbb P(X\ge x)dx=\int_0^{+\infty}\mathbb P(X> x)dx.

Plus généralement, si φ {\displaystyle \scriptstyle \varphi } \scriptstyle \varphi est positive, continument dérivable, croissante sur R + , {\displaystyle \scriptstyle \mathbb {R} _{+},} \scriptstyle \mathbb R_+, et si φ ( 0 ) = 0 , {\displaystyle \scriptstyle \varphi (0)=0,} \scriptstyle \varphi(0)=0, on a

E [ φ ( X ) ] = ∫ 0 + ∞ φ ′ ( x ) P ( X ≥ x ) d x = ∫ 0 + ∞ φ ′ ( x ) P ( X > x ) d x . {\displaystyle \mathbb {E} [\varphi (X)]=\int _{0}^{+\infty }\varphi ^{\prime }(x)\mathbb {P} (X\geq x)dx=\int _{0}^{+\infty }\varphi ^{\prime }(x)\mathbb {P} (X>x)dx.} \mathbb E[\varphi(X)]=\int_0^{+\infty}\varphi^{\prime}(x)\mathbb P(X\ge x)dx=\int_0^{+\infty}\varphi^{\prime}(x)\mathbb P(X> x)dx.

Un cas particulier important est celui des moments de X : pour α > 0 , {\displaystyle \scriptstyle \alpha >0,} \scriptstyle \alpha>0,

E [ X α ] = ∫ 0 + ∞ α x α − 1 P ( X ≥ x ) d x , {\displaystyle \mathbb {E} [X^{\alpha }]=\int _{0}^{+\infty }\alpha x^{\alpha -1}\mathbb {P} (X\geq x)dx,} \mathbb E[X^{\alpha}]=\int_0^{+\infty}\alpha x^{\alpha-1}\mathbb P(X\ge x)dx,

la première égalité étant l'instance α = 1 {\displaystyle \scriptstyle \alpha =1} \scriptstyle \alpha=1 de l'égalité précédente. Dans le cas d'une variable aléatoire à valeurs entières, ces formules se réécrivent, après un petit calcul intermédiaire, respectivement :

E [ X ] = ∑ k ≥ 1 P ( X ≥ k ) , et E [ X α ] = ∑ k ≥ 1 ( k α − ( k − 1 ) α ) P ( X ≥ k ) . {\displaystyle \mathbb {E} [X]=\sum _{k\geq 1}\mathbb {P} (X\geq k),\quad {\textrm {et}}\quad \mathbb {E} [X^{\alpha }]=\sum _{k\geq 1}(k^{\alpha }-(k-1)^{\alpha })\mathbb {P} (X\geq k).} \mathbb E[X]=\sum_{k\ge 1}\mathbb P(X\ge k),\quad\textrm{et}\quad\mathbb E[X^{\alpha}]=\sum_{k\ge 1}(k^{\alpha}-(k-1)^{\alpha})\mathbb P(X\ge k).

[afficher]
Démonstration
Loi de l'espérance itérée

Pour une variable aléatoire discrète : Pour deux variables aléatoires X , Y {\displaystyle X,Y} X,Y, on peut définir l'espérance conditionnelle

Définition — E ( X | Y ) ( y ) ≡ E ( X | Y = y ) ≡ ∑ x x ⋅ P ( X = x | Y = y ) . {\displaystyle \mathbb {E} (X|Y)(y)\equiv \mathbb {E} (X|Y=y)\equiv \sum \limits _{x}x\cdot \mathbb {P} (X=x|Y=y).} \mathbb E(X|Y)(y)\equiv\mathbb E(X|Y=y)\equiv \sum\limits_xx\cdot\mathbb{P}(X=x|Y=y).

qui signifie que E ( X | Y ) ( y ) {\displaystyle \mathbb {E} (X|Y)(y)} \mathbb E(X|Y)(y) est une fonction de y (en fait une variable aléatoire). L'espérance itérée vérifie

Propriété — E ( E ( X | Y ) ) = E ( X ) {\displaystyle \mathbb {E} \left(\mathbb {E} (X|Y)\right)=\mathbb {E} (X)} \mathbb E\left(\mathbb E(X|Y)\right)=\mathbb E(X)
[afficher]
Démonstration

Pour une variable continue : dans le cas continu, les résultats sont analogues. Dans ce cas-ci, on utilise la densité de probabilité et les intégrales à la place de la distribution et des sommes. En tout cas, le résultat reste valable:

E ( X ) = E ( E ( X | Y ) ) . {\displaystyle \mathbb {E} (X)=\mathbb {E} \left(\mathbb {E} (X|Y)\right).} \mathbb E(X)=\mathbb E\left(\mathbb E(X|Y)\right).

Espérance d'une fonctionnelle

En général, l'opérateur espérance ne respecte pas les fonctions de variable aléatoire, c'est-à-dire qu'en général :

E ( g ( X ) ) = ∫ Ω g ( X ) d P ≠ g ( E ( X ) ) . {\displaystyle \mathbb {E} (g(X))=\int _{\Omega }g(X)\,\mathrm {d} \mathbb {P} \neq g(\mathbb {E} (X)).} \mathbb E(g(X))=\int_\Omega g(X)\, \mathrm d\mathbb{P}\ne g(\mathbb E(X)).

Une inégalité célèbre à ce propos est l'inégalité de Jensen pour des fonctions convexes (ou concaves).
Estimation

On utilise souvent comme estimateur de l'espérance la moyenne empirique, qui est un estimateur:

Sans biais
Convergent selon la loi des grands nombres et même fortement convergent selon la loi forte des grands nombres
Distribué normalement asymptotiquement selon le théorème central limite

Caractère central

On considère fréquemment l'espérance comme le centre de la variable aléatoire, c'est-à-dire la valeur autour de laquelle se dispersent les autres valeurs.

En particulier, si X et 2a - X ont même loi de probabilité, c'est-à-dire si la loi de probabilité est symétrique par rapport à a, et si X admet une espérance, alors E(X) = a.

Mais ce point de vue n'est plus valable lorsque la loi est dissymétrique. Pour s'en persuader il suffit d'étudier le cas d'une loi géométrique, une loi particulièrement dissymétrique. Si X représente le nombre de lancers nécessaires pour obtenir le chiffre 1 avec un dé cubique, on démontre que E(X) = 6 ce qui veut dire qu'il faut en moyenne 6 lancers pour obtenir le chiffre 1. Pourtant, la probabilité que 5 essais ou moins suffisent vaut près de 0,6 et la probabilité que 7 lancers ou plus soient nécessaires est de 0,33. Les valeurs de X ne se répartissent donc pas équitablement de part et d'autre de l'espérance.
Interprétation et applications
Espérance mathématique et choix rationnel

Dans certains cas, les indications de l'espérance mathématique ne coïncident pas avec un choix rationnel. Imaginons par exemple qu'on vous fasse la proposition suivante : si vous arrivez à faire un double six avec deux dés, vous gagnez un million d'euros, sinon vous perdez 10 000 euros. Il est probable que vous refuserez de jouer. Pourtant l'espérance de ce jeu vous est très favorable : la probabilité de tirer un double 6 est de 1/36 ; on obtient donc :

1 000 000 36 − 10 000 × 35 36 = 18 055 {\displaystyle {\frac {1\,000\,000}{36}}-{\frac {10\,000\times 35}{36}}=18\,055} \frac{1\,000\,000}{36} - \frac{10\,000 \times 35}{36} = 18\,055

à chaque partie vous gagnez en moyenne 18 000 euros.

Le problème tient justement sur ce « en moyenne » : si les gains sont extrêmement importants, ils n'interviennent que relativement rarement, et pour avoir une garantie raisonnable de ne pas finir ruiné, il faut donc avoir suffisamment d'argent pour participer à un grand nombre de parties. Si les mises sont trop importantes pour permettre un grand nombre de parties, le critère de l'espérance mathématique n'est donc pas approprié.
Incidence de la prime de risque

Ce sont ces considérations et de risque de ruine qui conduisirent, à partir de son « paradoxe de Saint Petersbourg », le mathématicien Daniel Bernoulli à introduire en 1738 l'idée d'aversion au risque qui conduit à assortir l'espérance mathématique d'une prime de risque pour son application dans les questions de choix.
Applications particulières (économie, assurance, finance, jeux)

La notion de prime de risque appliquée à l'espérance mathématique fut en économie à l'origine du concept d'utilité (et d'utilité dite « marginale »).
les primes d'assurance sont d'un coût supérieur à l'espérance mathématique de perte du souscripteur du contrat. Mais c'est ce risque de forte perte en cas d'évènement rare qui l'incite à le souscrire.
L'espérance mathématique, comme d'autres concepts probabilistes, est utilisée dans les calculs d'évaluation en finance, par exemple pour l'évaluation d'entreprise.
La finance comportementale aborde, entre autres, les aspects émotionnels et cognitifs, qui vont au-delà de la simple prime de risque, et qui peuvent interférer avec le concept rationnel d'espérance mathématique à l'heure du choix.
De même que l'on paye une prime pour éviter le risque avec les assurances, on paie au contraire un accès au risque dans les jeux de hasard (qui rapportent toujours moins que leur espérance mathématique, puisqu'ils doivent s'autofinancer).

Notion d'utilité probabiliste

Plutôt que de passer par une notion de prime, on peut directement établir une fonction d'utilité, associant à tout couple {gain, probabilité} une valeur. L'espérance mathématique constitue alors la plus simple des fonctions d'utilité, appropriée dans le cas d'un joueur neutre au risque disposant de ressources au moins très grandes à défaut d'infinies.

Émile Borel adopta cette notion d'utilité pour expliquer qu'un joueur ayant peu de ressources choisisse rationnellement de prendre un billet de loterie chaque semaine : la perte correspondante n'est en effet pour lui que quantitative, tandis que le gain – si gain il y a – sera qualitatif, sa vie entière en étant changée. Une chance sur un million de gagner un million peut donc valoir dans ce cas précis bien davantage qu'un euro.
Notes et références

↑ Lettre de Pascal à Fermat du 29 juillet 1654, citée et analysée dans Pascal, Fermat et la géométrie du hasard [archive] [PDF], Nicolas Trotignon, 1er juin 1998, « La méthode pas à pas », pp. 5-6.
↑ Nicolas Trotignon, Pascal, Fermat et la géométrie du hasard [archive] [PDF], 1er juin 1998, p. 17.
↑ Christiaan Huygens, Œuvres complètes. Tome XIV. Probabilités. Travaux de mathématiques pures, 1655-1666 (ed. D.J. Korteweg). Martinus Nijhoff, Den Haag 1920, Van rekeningh in spelen van geluck/Du calcul dans les jeux de hasard, 1656-1657 [archive].
↑ Jean-Marc Rohrbasser et Jacques Véron, « Les frères Huygens et le «calcul des aages» : l'argument du pari équitable », Population, vol. 54, no 6,‎ 199, p. 993-1011 (lire en ligne [archive]).
↑ Alex Bellos, Alex au pays des chiffres, p. 389 [archive].

Voir aussi
Articles connexes

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
Moment
Formule de Wald

Liens externes
Probabilités adaptées à la finance [archive] : article sur l'espérance et exemple simple, sur le site gestion-des-risques-conseil.fr

Réflexions et méditations
TAY
La chouette effraie

l'espérance des mathématiques se doit d'être élaborer sur le concept qui lie le moteur immobile
et le rien: le souffle de l'essence... La Force
de Monsieur Tignard Yanis

King Crimson - Larks' Tongues In Aspic, Part Two - 1973
https://www.youtube.com/watch?v=vy3UiXb2uDQ
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   Jeu 2 Mar à 10:39

Inside Man...

J'ai donné parole de maintenir un fait... Il y a le candidat désigné par le vote des
adhérents et en cela, j'interpelle la Justice sur le fait que je maintiens le cap choisis
par les adhérents... Je savais qu'il s'agissait d'une erreur mais je fais preuve de
démocratie même si cela m'en coute... Ce n'est pas pour Monsieur Fillon mais
pour les adhérents, le principe de justice démocratique et l'affirmation d'une parole.
Je déplore la mauvaise foi sur les mots et les actes tout en y ajoutant le fait
que je vais balayer devant mon seuil que devant celui des autres...

En cela, je ne participerai pas à la manifestation Fillon mais je ne trouve pas choquant
sur le fait qu'il doit avoir étudier d'une manière juridique, le fait... Je n'abandonne
pas le profit de l'éthique pour celui de la conviction... je ne cherche pas à établir
une lumière qui est le fait de la Justice... Vous savez que je suis de ceux qui croit
en une république organisé sur tous les aspects de la complexité du peuple de Droit.

Si Fillon se détourne de sa parole et de ses convictions, en tant que membre fondateur
des républicains 201 001 364; je m'investis dans le fait de diriger mon navire dans
le fait de se maintenir devant une rancœur annoncée... Je ne comprends pas la décision
des adhérents et je pars du principe que je reste à bord: je peux faire acte sur le fait.
En cela, je prépare les premiers secours car les pertes seront certaines... Régionales...

Il y a pas de quoi crier ! Oui, vraiment; vivre dans la peur ou dans le rôle de l'inculpé !
Certes, je ne défie pas la Justice mais je compare cette situation que j'ai vécu en 1995
contre le Gouvernement Chirac et Juppé... Je ne comprends pas la décision des adhérents.
Pour Fillon, c'est plutôt rude mais vaut mieux être isolé et bien entouré que le contraire...
Des gens croient encore en lui et cela est une équation d'écoute de la Démocratie...
J’espère que les Procureurs ma pardonneront mais je rajoute que je ne partage pas le fait
qu'il soit une victime du système judiciaire...

Il peut prétendre à présent avoir réunis autour de lui, une équipe de baroudeurs prête à
exercer une expérience gouvernementale et présidentielle; Je réalise le fait et je réitère
mon soutien dans l'exercice de la Justice... Le voilà tel Octave devant Marc Antoine
dans la célèbre bataille de Actium... Il reproche à la justice de vouloir sa mort;
il devrai se réjouir de s'être débarrasser des piques assiettes... mais il devra accepter
un fait il n'est pas Octave devant Marc Antoine car je dirais plus que son destin
s'approche de plus en plus à celui de Brutus... Ceux, qui l'entoure, sont brave pour Certains...

L'image de l’infamie est celle que l'on attribut à son adversaire. Le salaire du privilège
peut être rendu à de la vanité et de la jalousie sur des fonctions plus hautaines... Cela et
cela, il ne veut l'admettre... Entouré par les siens, il cherche la fonction de l'oint pour
ensuite se sentir investi par une force électorale qui se transformera en une action miraculeuse
du Peuple si il est élu... Cela fait peur même pour les plus proches d'entre eux... Le doute
ne fait pas parti de leur recueil... La prière est une révélation sur le mauvais sort ambiant...
le sacrifice du soi et du service publique sans prendre en compte l'aspect social de la personne
humaine: Les frais médicaux, chirurgicaux et une saignée sur le Service Public alors que la
population augmente... Les vieux vivent trop longtemps, se permettent de dire tous les classes
sociales au sujet de la santé et des retraites... Hum; oui, la Justice surveille les homicides !

La Justice, elle, se remets dans le droit de sauvegarde du bien et de l’intérêt sur les aspects
que les sbires des présidentielles ont constitués des comités de riposte sur tous les événements
de la campagne... Prêt à donner des coups sans vouloir en recevoir: La Naïveté ou l'Orgueil de Foi.
en tout cas, je ne suis pas juge de la République Française... Je déplore des faits où nul n'est
à l'abri d'une mauvaise réflexion sur ces idées et sur sa conscience... Les candidats le savent,
les militants le savent mais ceux qui sont là pour entendre des faits... Ils entendent la vérité
sur un système élaboré par le concept des droits : L'attribution divine et électorale où même
la Justice est soumise aux vagues de l'apriori, du conflit d’intérêt et de Personne...
Chacun y va de son Jugement... Pourtant, il y a une procédure indéterminée... Et cela, Personne
ne veut l'admettre... La Justice est confondu avec le Secourisme et le Secourisme est confondu
avec la Justice... Y'becca et Les Pompiers Jacques Vion de Toulouse...
Pour La Justice
Non à l'Esclavage, à la Torture qu'elle soit physique ou morales et aux viols qu'ils soient physiques
ou morales, Non à la diffamation de la Justice pour un intérêt morale ou physique...
Oui à la Gréve, à La Justice, à l’Écoute, à la Santé, au bien être, aux manifestations publiques...

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TAY
La chouette effraie
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MessageSujet: Re: Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca   

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Le silence absolu, Paul Valéry, la mer d'Aral et Y'becca
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