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 L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:13

Pierre (Piotr) Alekseïevitch Kropotkine, Al-Fârâbî et Pierre Abélard.


Pierre (Piotr) Alekseïevitch Kropotkine (en russe : Пётр Алексеевич Кропоткин), né le 9 décembre (27 novembre dans le calendrier russe) 1842 à Moscou et mort le 8 février 1921 à Dmitrov près de Moscou, est un géographe, explorateur, zoologiste, anthropologue, géologue1 et théoricien du communisme libertaire.

Il acquiert une formation scientifique de haut niveau à l’école du corps des pages du tsar Alexandre II. Contre les attentes familiales, il se décide pour un service militaire en Sibérie orientale alors que son rang lui promet une brillante carrière à Moscou. De 1862 à 1866, il accumule plusieurs expériences fondatrices. Anthropologue, il observe l’organisation sociale de petites communautés sibériennes et de peuples reculés, dont l’inventivité institutionnelle et le sens de la coopération, à mille lieues du pouvoir central, le frappent durablement. Géographe et naturaliste, il pratique une expédition en Mandchourie.

À son retour de Sibérie, il se spécialise en géographie, intégrant la Société géographique impériale à Saint-Pétersbourg. En 1871, il en refuse le poste de secrétaire général. Il voyage en Suisse et dans le Jura, où il rencontre des membres de la Fédération Jurassienne, et surtout Michel Bakounine. En 1872, il adhère à l’anarchisme : « L’exposé théorique de l’anarchie tel qu’il était présenté alors par la Fédération Jurassienne [...] la critique du socialisme d’État [...] et le caractère révolutionnaire de l’agitation, sollicitaient fortement mon attention. Mais les principes égalitaires que je rencontrais dans les montagnes du Jura, l’indépendance de pensée et de langage que je voyais se développer chez les ouvriers [...] tout cela exerçait sur mes sentiments une influence de plus en plus forte ; et quand je quittai ces montagnes, après un séjour de quelques jours au milieu des horlogers, mes opinions sur le socialisme étaient faites : j’étais anarchiste ».

Revenu en Russie, il prend largement sa part dans la deuxième vague de l’« aller au peuple », ce mouvement par lequel les jeunes intellectuels russes s’efforcent d’influencer les masses travailleuses dans le sens de la révolution sociale. Il est arrêté en 1874 pour ses menées subversives. Commence alors une vie d’exil, où Kropotkine devient l’un des théoriciens, sinon le théoricien le plus respecté du mouvement anarchiste international.

En 1883, arrêté à Lyon, il est impliqué dans le « Procès des 66 », accusé d’être affilié à l’Association internationale des travailleurs (AIT) alors interdite. Il est condamné à cinq ans de prison mais finalement amnistié en 1886. De son expérience pénitentiaire, il tire l'ouvrage Dans les prisons russes et françaises (1887).

Lors de la Première Guerre mondiale, il est l’un des signataires du Manifeste des seize rassemblant les libertaires partisans de l'Union sacrée face à l'Allemagne.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont notamment : La Conquête du pain, L’Entraide, un facteur de l’évolution, Autour d'une vie (mémoires d'un révolutionnaire) et L’Éthique.
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Al-Fârâbî fut appelé le « Second Maître » par Maïmonide, le « Premier Maître » n'étant autre qu'Aristote11. Il est l'un des premiers à étudier, à commenter et à répandre parmi les musulmans la connaissance d'Aristote et à influencer l'école péripatétique orientale.

Fils d'une famille de notables perses12 dans laquelle le père aurait exercé un commandement militaire à la cour samanide, vassale du califat abbasside arabe de Bagdad, Abu Naser Farabi part se former dans la capitale califale. À Bagdad (actuel Irak), il étudie la grammaire, la logique, la philosophie, les mathématiques, la musique et les sciences. Farabi y suit les enseignements de Abu Bishr Matta ben Yunus et fréquente les philosophes chrétiens nestoriens, héritiers de la translatio studiorum des Grecs vers le monde arabe, du fait de la fermeture des écoles philosophiques païennes d'Athènes par Justinien en 529. Cette fermeture marque la fin de l'Académie de Platon. Les textes grecs antiques seront cependant sans cesse recopiés et étudiés (seul procédé de conservation de l'époque) dans les centres monastiques de Grèce et à Constantinople. Toujours est-il que les philosophes grecs platoniciens se réfugient à Alexandrie, à Harran et à Antioche, avant d'essaimer vers Bagdad.

Son éloquence, ses talents dans la musique et la poésie lui concilièrent l'estime du sultan de Syrie, Seïf-ed-Daulah, qui voulut l'attacher à sa cour de Damas. Mais Farabi s'en excusa pour s'installer à Alep, voyager en Egypte, et revenir mourir à Damas en 950.

Selon une autre version, il passa la plus grande partie de sa vie à la cour de Syrie dès 942, pensionné par le prince. Après avoir accompagné le souverain au cours d'une expédition, il déceda vers l'âge de 80 ans13.

Il fut le maître à penser d'Avicenne (indirectement, celui-ci étant né en 980).

Œuvre et pensée
Farabi est un philosophe qui vit dans le contexte particulier de la longue émergence de l'islam comme civilisation et entité politique stable. Le califat central se morcelle en émirats et en États qui se veulent indépendants. Les détails de la science de la religion et du droit musulman (fiqh) structurent les détails et les discussions qui se développent au sein de la vie intellectuelle en pays d'Islam.

Farabi n'est pas le premier philosophe musulman, les deux grands prédécesseurs d’Al-Farabî sont Al-Kindi et Al-Razi, mais leurs réflexions éthiques demeurent assez éloignées des considérations politiques. Farabi, quant à lui, s'intéresse particulièrement à la question du régime politique. Il publie un certain nombre de textes qui sont des commentaires, ou des synthèses personnelles sur la philosophie de Platon et d'Aristote : « L'Accord des Philosophes Platon et Aristote », une énumération des Dialogues de Platon, un ouvrage consacré aux Opinions des habitants de la Cité vertueuse et un Sommaire des Lois de Platon.

Bien que parlant d'Aristote (dont au demeurant les Arabes médiévaux semblent totalement ignorer l'ouvrage sur Les Politiques), Farabi consacre tous ses efforts à la philosophie politique de Platon. Il commente La République et distingue deux types d'enseignement : l'enseignement de Socrate et l'enseignement de Thrasymaque (le personnage violent mis en scène dans La République). L'enseignement de Socrate est doux et s'adresse aux philosophes ; mais Socrate périt sous l'accusation d'impiété. L'enseignement de Thrasymaque est un enseignement capable de manipuler les opinions et les passions qui couvent dans la Cité. Il peut aussi bien exciter la Cité que la calmer. C'est dans ces qualités que l'on trouve la fibre du législateur.

Farabi s'oppose aux prétentions philosophiques des médecins, en particulier celles de Galien. Il s'appuie sur un auteur antique qui pourrait être Alexandre d'Aphrodise. Il cherche à donner raison à Aristote contre Galien, dans une controverse sur le rôle du cerveau. Dans son Traité sur les sciences, il n'inclut pas la médecine, celle-ci n'étant qu'un art pratique (technè selon Aristote), au même niveau que la menuiserie ou la cuisine. Pour résoudre le problème de l'articulation de la médecine et des sciences de la nature, il divise la médecine en 7 disciplines, dont 3 théoriques, dites communes avec la science, les 4 autres relevant uniquement de la pratique médicale. Les médecins, n'étant pas compétents pour juger de la théorie (connaissance du corps, de la santé et des maladies), devraient se cantonner à leurs pratiques : observation des symptômes, diététique, l'hygiène, et traitements .

Farabi oppose ainsi l'activité apparente dans un monde matériel, à la béatitude essentielle de la connaissance pure14.

Le style de Farabi est un style ésotérique, ou qui emprunte des motifs ésotériques (conformément à des traditions numérologiques qui sont répandues partout). Il est également à l'origine d'une tradition d'angélologie développée par des Perses et des Juifs vers le xe siècle. Selon Farabi, l'univers est constitué d'une hiérarchie de mondes sphériques, composés d'intellects qui s'engendrent réciproquement, par une montée, vers le monde du pur intellect actif parfait unitaire et total, ou par une descente, vers le monde matériel imparfait et divisé de génération-corruption. Ce modèle a été utilisé par Pierre Lévy dans sa tentative de penser l'intelligence collective dans le cadre d'Internet et des NT
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Abélard, Abailard, ou encore Abeilard (Abaelardus en latin), Pierre alias Petrus en religionnote (né en 1079 au Pallet près de Nantes - mort le 21 avril 1142, au prieuré Saint-Marcel près de Chalon-sur-Saône) est un philosophe, dialecticien et théologien chrétien, père de la scolastique et inventeur du conceptualisme.

Né dans une famille de souche poitevine établie dans le duché de Bretagne, il a été abbé du Rhuys mais a exercé principalement dans le domaine royal (Ile-de-France actuelle), d'où sa renommée à travers tout l'Occident comme professeur appointé par des familles aristocratiques et comme compositeur de chansons pour goliards. Sa notoriété, importante dès le début du XIIe siècle, aboutira à l'extension du statut de clerc au corps enseignant et étudiant.

Auteur latin, entre autres, de Oui et non (la), qui a été le premier ouvrage à être diffusé, de son vivant, à un large public non spécialisé, il est un des principaux acteurs du renouveau des arts du langage au sortir d'un Haut Moyen Âge carolingien entrant dans la réforme grégorienne. Il initie au sein des écoles cathédrales les études aristotéliciennes et fonde en 1110 à Sainte Geneviève le premier collège qui, préfigurant l'Université, échappe à l'autorité épiscopale. Il se fait moine en 1119 à Saint-Denis mais voit en 1121 au concile de Soissons son cours Théologie du souverain bien dénoncé pour sabellianisme et livré à un autodafé. En 1125, son traité d'éthique Connais-toi toi-même inaugure le droit moderne en fondant la notion de culpabilité non plus sur l'acte commis mais sur l'intention. Apologiste de la femme et partisan de l'éducation de celle-ci, il fonde en 1131 en Champagne la première abbaye qui suive une règle spécifiquement féminine, le Paraclet, refuge de femmes savantes pour lesquelles il produit un important corpus de musique liturgique. En 1140, sa Théologie pour les étudiants fait l'objet d'une seconde condamnation pour hérésie au concile de Sens.

Instrument de propagande au gré des disgrâces du second personnage de l'état, le Chancelier Étienne de Garlande, Abélard, protégé du rival des Capétiens, le comte de Champagne Thibault, a été un objet de gloire et de scandale, plus encore à l'occasion d'un fait divers, la castration dont il a été victime en 1117 et qui a motivé la rédaction de la première autobiographie où le récit subjectif et le romanesque l'emportent sur le didactique et l'édification, Histoire de mes malheurs (en). Sa liaison initiée en 1113 avec celle qui deviendra la mère de son fils Astralabe, Héloïse, annonçant le modèle de l'amour courtois, est devenue un mythe fondateur de l'amour libre et les lettres échangées par le couple, Lettres des deux amants et Lettres d’Abélard et d’Héloïse, un monument de la littérature où la liberté du propos intime est servie par un style moderne. Le 16 juin 1817, les restes de la nonne amoureuse et de son époux moine sont transférés au cimetière du Père-Lachaise, où leur mausolée se visite (division 7).
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:16

Platon est le premier grand idéaliste de la pensée occidentale. On peut en effet rapprocher l'utopie (au sens moderne que prit ce mot) du concept d'idée de Platon[réf. souhaitée].

La pensée de Platon est exposée dans l’ouvrage classique La République, dont le titre même est un programme. Par République, Platon entend Politeia, c’est-à-dire État, Constitution. Platon voulut donc tracer les grandes lignes de ce que devait être une cité organisée de manière idéale par castes. C’est cette volonté de constituer une cité idéale, faisant de Platon le grand fondateur du concept d'idée, qui fut reprise ultérieurement par les utopistes du xixe siècle (notamment Fourier, Saint-Simon et Étienne Cabet).

Même si Platon a réfléchi aux questions économiques, sa pensée ne fut pas aussi aboutie sur ce thème que celle de l'école de son successeur, Aristote, auquel on attribue un ouvrage consacré à l'économie : Économiques.

Articles connexes : Histoire de la pensée économique#La pensée économique de l'Antiquité orientale et grecque et Histoire de la pensée économique.
L’Histoire vraie de Lucien de Samosate est, comme la Batrachomyomachie, avant tout rattachée au genre de la fantaisie imaginaire. Cependant, elle présente aussi, dans son voyage aux confins de l'univers fantasmé de l'époque (iie siècle), bien des caractéristiques littéraires et thématiques de l'utopie: ainsi, l'utopie, en littérature, n'offre pas seulement la lecture d'un archétype parfait d'organisation, elle propose aussi, parfois au travers du prisme de la fantaisie, une grille interprétative critique des structures institutionnelles, politiques et sociales du modèle culturel de régime dans lequel évolue l'auteur de l'utopie10 ; celle-ci, loin de se présenter systématiquement comme une œuvre indépendante, peut advenir selon une mise en abîme discursive (cas d'une narration, enchâssée dans une autre trame fictionnelle dont les ressorts seraient historiques, politiques ou philosophiques) introduisant à un dialogue complexe entre les textes ainsi imbriqués l'un dans l'autre11. Ainsi en est-il du voyage de Lucien dans le royaume d'Endymion sur la lune12 ou encore dans l'Île des Bienheureux où Rhadamante l'accueille durant des mois13.

Articles détaillés : Lucien de Samosate et Histoire vraie.

L’utopie (mot forgé par l'écrivain anglais Thomas More, du grec οὐ-τόπος « en aucun lieu ») est une représentation d'une réalité idéale et sans défaut. C'est un genre d'apologue qui se traduit, dans les écrits, par un régime politique idéal (qui gouvernerait parfaitement les hommes), une société parfaite (sans injustice par exemple, comme la Callipolis de Platon ou la découverte de l'Eldorado dans Candide) ou encore une communauté d'individus vivant heureux et en harmonie (l'abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais en 1534), souvent écrites pour dénoncer les injustices et dérives de leurs temps.

Les utopistes situent généralement leurs écrits dans des lieux imaginaires pour éviter la censure politique ou religieuse : un pays lointain et mythique (Les Aventures de Télémaque, Livre 7, Fénelon, 1699), île inconnue par exemple (L'Île des esclaves, Marivaux, 1725).

Une utopie peut désigner également une réalité difficilement admissible : en ce sens, qualifier quelque chose d'utopique consiste à le disqualifier et à le considérer comme irrationnel. Cette polysémie, qui fait varier la définition du terme entre texte littéraire à vocation politique et rêve irréalisable, atteste de la lutte entre deux croyances, l'une en la possibilité de réfléchir sur le réel par la représentation fictionnelle, l'autre sur la dissociation radicale du rêve et de l'acte, de l'idéal et du réel.

Genre opposé, la dystopie — ou contre-utopie — présente non pas « le meilleur des mondes » mais le pire.

Origine du terme « utopie »[modifier | modifier le code]

Thomas More, 1527, Frick Collection, New York.
Le terme utopia est un néologisme grec forgé par Thomas More en 1516 pour désigner la société idéale qu'il décrit dans son œuvre (en latin) Utopia. Il est traduit en français par « utopie ».

Ce terme est composé de la préposition négative grecque ou et du mot topos qui signifie « lieu ». Le sens d'« utopie » est donc, approximativement, « sans lieu », « qui ne se trouve nulle part ». Dans l'en-tête de l'édition de Bâle de 1518 d’Utopia, Thomas More utilise, exceptionnellement, le terme d’Eutopia pour désigner le lieu imaginaire qu'il a conçu. Ce second néologisme ne repose plus sur la négation ou mais sur le préfixe eu, que l'on retrouve dans euphorie et qui signifie « bon ». Eutopie signifie donc « le lieu du Bon ».

Seul le premier de ces deux termes est passé à la postérité, mais ils n'en sont pas moins complémentaires pour décrire l'originalité de l’Utopia de More. En effet, cette œuvre est d'une part un récit de voyage et la description d'un lieu fictif (utopia) et d'autre part un projet d'établissement rationnel d'une société idéale (eutopia). Ces deux aspects du texte de Thomas More ont amené à qualifier d'utopie des œuvres très différentes.

Définitions[modifier | modifier le code]
L'utopie (utopia) est la description d'une société idéale. Elle procède d'une tradition que l'on fait remonter à La République de Platon. Plus spécifiquement l'utopie (utopia) est un genre littéraire s'apparentant au récit de voyage mais ayant pour cadre des sociétés imaginaires1.

Ces deux définitions ne s'excluent pas : l’Utopie de Thomas More, La Cité du Soleil de Tommaso Campanella ou La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon remplissent ces deux conditions et sont à la fois des récits et des descriptions de sociétés originales.

Cependant, dès le xviie siècle, de nombreux auteurs s'emparent de ce nouveau genre littéraire et en développeront l'aspect romanesque et satirique au détriment du projet politique. C'est ainsi que des œuvres telles que Les voyages de Gulliver (1721) de Jonathan Swift furent qualifiées en leur temps d'utopies.

Thomas More inventa le genre littéraire de l'utopie, il avait l'ambition d'élargir le champ du possible et non de l'impossible comme ce mot est synonyme aujourd'hui.

Dans son essai consacré aux premières utopies, celles d’avant les récits de More, de Tommaso Campanella ou de Cabet (Les Premières Utopies, rééditions ex nihilo, 2009, paru d'abord en 1938), Régis Messac donne une définition restrictive du terme Utopie : « Le mot d’Utopie, forgé par Thomas More, et de nom propre devenu générique, est d’usage courant pour désigner les œuvres littéraires qui, sous une forme fictive et narrative, nous offrent l’image d’un État idéal, où tous les maux et les torts de la société présente sont guéris et redressés. […] ce genre littéraire […] fut longtemps le principal véhicule des idées réformatrices, mais ces écrits se répètent beaucoup, on y retrouve cent fois les mêmes banalités, cent fois les mêmes lacunes ou les mêmes erreurs »2.

Régis Messac considère l’utopie comme une œuvre purement romanesque, nécessairement progressiste, constituée de deux éléments : « le cadre, c’est-à-dire le récit d’aventures fantaisistes ou fantastiques, le roman merveilleux ou géographique ; le contenu, c’est-à-dire la représentation d’une société idéale »3. Cependant, l’un ne va pas sans l’autre, mais « l’un ou l’autre des deux éléments peut prédominer »3. Pour Messac, il va sans dire que ne peuvent être considérées comme de véritables utopies les œuvres où domine le second élément, le contenu, c'est-à-dire la représentation d’une société parfaite ou du moins perfectionnée.

C'est pourquoi Messac ne reconnaît ni la République de Platon ni la Cyropédie de Xénophon comme appartenant exactement au genre utopique ; il considère ces œuvres comme relevant de la catégorie des traités de politique pareils à ceux de Félix Bodin, Nicolas Machiavel et Montesquieu. Il dit : « Tout au plus, peut-on ranger, si l’on veut, la Cyropédie dans la catégorie des utopies pédagogiques et le mettre à côté de Télémaque, auquel il servit d’ailleurs de modèle ».

Selon Régis Messac, les récits utopiques répondent à un besoin social. Il écrit : « Il est sans doute permis de dire, dans l’ensemble, que ce sont les périodes d’incertitude, d’inquiétude, voire de souffrance, qui sont surtout favorables à l’apparition de récits de ce genre. Lorsque beaucoup d’hommes, la majorité des hommes, peut-être, sont contraints de se replier sur eux-mêmes, ils cherchent dans leur imagination ce que la réalité leur refuse, et l’on voit fleurir les utopies ».

Le philosophe français Michel Foucault définit l'utopie comme un « emplacement sans lieu réel » qui entretient un rapport analogique avec la réalité et qui tend soit vers l'envers de la société, soit vers le perfectionnement de cette dernière. Elle s'oppose, dans sa théorie, à l'hétérotopie.

Théodore Monod, de son côté, écrit « L'utopie n'est pas l'irréalisable, mais l'irréalisé. »[réf. nécessaire]

L'avocat et homme de lettres Thomas More s'inscrit, à l'instar de son ami Érasme, dans le cadre du mouvement humaniste qui redécouvre la littérature antique grecque et latine et s'en inspire. More connaissait les œuvres d'Aristote et de Platon et le projet de cité idéale qui occupe une partie de La République peut être considéré comme l'une des sources d'inspiration de l’Utopie.

Le texte de More, paru en 1516, emprunte en partie sa forme aux récits de voyage de Vasco de Gama ou de Magellan. La découverte du Nouveau monde en 1492 a mis les Européens en contact avec d'autres peuples, et permet à More d'imaginer une civilisation originale située aux confins du monde connu. De manière plus générale, son projet de société s'inscrit dans le courant philosophique de la Renaissance.

Le premier livre de L'Utopie rapporte une conversation entre le narrateur et plusieurs autres personnages, dont Raphaël Hythlodée un navigateur qui a découvert l'île d'Utopie. La discussion porte principalement sur les injustices et les défauts de la société, injustices auxquelles Raphaël Hythlodée oppose les sages coutumes du pays dont il a fait la découverte. Le second livre rapporte la description par Hythlodée de l'Utopie. Cette description, assez détaillée, porte sur les lois, les coutumes, l'histoire, l'architecture et le fonctionnement économique de l'île.

La société utopienne est foncièrement égalitaire et ignore toute propriété privée. Elle décrit une société qu'on a souvent qualifiée de communiste, ou plus précisément d'« isonome », cherchant l'égalité parfaite de tous devant la loi. Elle repose en outre sur un ensemble de lois et sur une organisation très rationnelle et précise. Elle est présentée comme la plus aboutie des civilisations[réf. nécessaire].

Cette œuvre s'entend avant tout comme une critique de la société anglaise (et européenne) du xvie siècle. Les vertus de l'Utopie sont en quelque sorte des réponses aux injustices du monde réel : elles les soulignent par contraste (l'égalité de tous les citoyens utopiens met en lumière l'extrême misère, à cette époque, de nombre de paysans anglais sans terres) et montrent que les maux de l'Angleterre ne sont peut-être pas des fatalités puisque les Utopiens les ont résolus. L'Utopie, qui se présente comme une œuvre de fiction, affirme néanmoins que l'homme a la possibilité d'influer sur son destin et est donc porteuse du concept d'histoire. More s'abstient pourtant de présenter son utopie comme un programme politique. Il considère la réalisation d'une telle société comme souhaitable mais affirme ne pas même l'espérer.

Ainsi, le genre littéraire créé par Thomas More repose sur un paradoxe. Il se présente en effet comme une œuvre de fiction sans lien avec la réalité : le nom de l'île (« nulle part ») mais aussi du fleuve qui la traverse (Anhydre, c'est-à-dire sans eau) ou du navigateur Hythlodee (qui signifie : habile à raconter des histoires) sont là pour le rappeler. Cependant, l'utopiste se refuse à tout recours au merveilleux ou à la fantaisie et le bonheur qui est censé régner en Utopie repose seulement sur la cohérence du projet. Nul climat paradisiaque, nulle bénédiction divine, nul pouvoir magique n'a contribué à la réalisation de la société parfaite. Il s'agit donc d'une fiction dont la valeur repose sur la cohérence du discours[réf. nécessaire].

Les utopies de la Renaissance[modifier | modifier le code]

François Rabelais
L'Utopie de Thomas More, 1516. Cet ouvrage porte les marques avérées de la culture humaniste ainsi que du goût de la Renaissance. L'utopie de ce livre expose un projet de régénération sociale profonde.
L'Abbaye de Thélème dans Gargantua de Rabelais, 1534. L'ouvrage fait écho aux débats idéologiques nés des progrès de l'humanisme. Gargantua est une parodie de l'historiographie contemporaine. L'Abbaye de Thélème est fondée à la fin du roman, et a pour devise "Fais ce que tu voudras".
La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon, fin xvie siècle, début xviie siècle. L'ouvrage décrit une société philosophique.
Les utopies de la période classique[modifier | modifier le code]
La Cité du Soleil de Tommaso Campanella, 1623. Cette utopie totalitaire décrit, avec une grande précision, une société de liberté carcérale où le bien-être existe sans désirs ni passion.
Le Criticon de Baltasar Gracián, 1651-1657. Cet ouvrage est un roman allégorique composé de 3 parties. Le Criticon rappelle le style romanesque byzantin par ses nombreuses aventures et reflète une vision satirique de la société.
Histoire comique des États et Empires de la Lune de Cyrano de Bergerac, 1657.
La Terre Australe connue de Gabriel de Foigny, 1676.
Histoire des Sevarambes de Denis Vairasse, 1677-1679.
Les Aventures de Télémaque de Fénelon, 1699.
Les utopies des Lumières[modifier | modifier le code]
Voyages et Aventures de Jacques Massé de Simon Tyssot de Patot, 1714 (date d'impression fictive 1710)
Libertalia dans Histoire générale des plus fameux pyrates de Daniel Defoe, 1724.
L'Île des esclaves et La Colonie de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, 1725.
Voyage au pays de Houyhnhnms, quatrième des Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift, 1726.
Relation du Royaume des Féliciens du marquis de Lassay, 1727
L'Eldorado dans Candide (chapitres XVII et XVIII) de Voltaire, 1759.
La Vérité, ou le Vrai système de Léger Marie Deschamps (Ca. 1750-1760)
Voyage de Robertson aux Terres Australes, anonyme, Amsterdam, 1766
Le Pays des Gangarides dans La Princesse de Babylone de Voltaire, 1768.. Dans cet endroit parfait, chacun est en paix avec son prochain et lui-même. Par le pacifisme ce peuple guérit même un roi des Indes venu envahir le pays. Ce dernier en ressort " soigné " et pacifiste.
La Découverte australe par un homme volant, ou Le Dédale français, nouvelle très philosophique, suivie de la Lettre d'un singe, de Nicolas Anne Edme Restif de la Bretonne, Paris, 1781
L'An 2440, rêve s'il en fut jamais de Louis Sébastien Mercier, 1786 (2de édition).
Paul et Virginie de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, 1789.
L'Isle des philosophes de l'Abbé Balthazard, Chartres, 1790
L'ile de Tamoé dans Aline et Valcour (Histoire de Sainville et de Léonore) du Marquis de Sade, 1795
Recueils d'utopies au siècle des Lumières[modifier | modifier le code]
La Bibliothèques des romans de Lenglet-Dufresnoy, Paris, 1735
Voyages imaginaires, songes, visions, et romans cabalistiques, réunis par Charles Garnier, Amsterdam, 1787-1789, 36 vol. in-octavo
Les utopies au xixe siècle[modifier | modifier le code]

François Marie Charles Fourier
Nouveau Christianisme de Claude Henri de Saint-Simon, 1825
Le Phalanstère de Charles Fourier v. 1830
Voyage en Icarie d'Étienne Cabet, 1840
Les Cinq Cents Millions de la Bégum, de Jules Verne, 1879
Looking Backward (1888), traduit en Cent ans après ou l'An 2000 d'Edward Bellamy14
Nouvelles de Nulle Part ou Une Ère de Repos (News from Nowhere or An Epoch of Rest) de William Morris, 1890
Hygeia: a city of Health, de Benjamin Ward Richardson, 1890
L'Île mystérieuse (1874) Jules Verne
Les utopies au xxe siècle[modifier | modifier le code]
Une Utopie moderne de Herbert George Wells, 1905. Deux touristes en villégiature dans les Alpes se retrouvent projetés sur une planète semblable à la Terre (au point d'y retrouver leurs doubles), gouvernée par un État mondial utopique.
La Visite du capitaine Tempête dans le ciel de Mark Twain, 1909. L'histoire raconte en première personne le voyage du capitaine Élie Tempête après sa mort, son erreur de direction qui le mène dans un ciel non-humain, et sa découverte d'un paradis inattendu.
Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien d'Alfred Jarry, 1911.
Utopolis de Werner Illing, 1930. Karl et Heinz, deux marins de Hambourg, échouent sur les côtes d'Utopie, un monde sans classes sociales, ni titres de propriété. Ils y découvrent une civilisation très avancée, entièrement tournée vers le progrès technique. Mais les derniers capitalistes qui vivent encore retranchés dans le quartier d'U-Privée trament un sombre complot qui pourrait bien signer la fin de cette communauté idéale. Karl et Heinz auront pour mission d'aider les Utopiens à défendre leur monde solidaire contre les affres de l'individualisme et de l'appât du gain.
For Us, The Living de Robert A. Heinlein, 1938 (publié en 2003 ; pas de traduction française). Perry Nelson, un ingénieur normal de 1939, (Marine Pilot) conduit sa voiture quand une explosion survient, qu'il dérape en bas de la falaise et se réveille en l'an 2086. Bien que cela soit survenu pendant l'été, il réapparaît au milieu d'une neige très froide, meurt presque à nouveau gelé, et est sauvé par une femme vêtue de fourrure, nommée Diana. Les circonstances exactes de sa mort et renaissance un siècle et demi plus tard ne sont jamais expliquées. Les personnages vivant à la fin du xxie siècle semblent étrangement peu curieux : montrant peu d'intérêt pour la façon dont il est parvenu jusqu'à eux, ils prennent plutôt son apparition pour acquise et continuent de lui expliquer les détails de la mise en place sociale et politique de leur monde.
Le Jeu des perles de verre de Hermann Hesse, 1943.
Île d'Aldous Huxley, 1962.
Le monde de Gondawa dans La Nuit des temps de René Barjavel, 1968.
L'An 01 de Gébé, 1970. Le film narre un abandon utopique, consensuel et festif de l'économie de marché et du productivisme. La population décide d'un certain nombre de résolutions dont la première est « On arrête tout » et la deuxième « Après un temps d'arrêt total, ne seront ranimés — avec réticence — que les services et les productions dont le manque se révélera intolérable. Probablement : l'eau pour boire, l'électricité pour lire le soir, la TSF pour dire “Ce n'est pas la fin du monde, c'est l'an 01, et maintenant une page de Mécanique céleste” ». L'entrée en vigueur de ces résolutions correspond au premier jour d'une ère nouvelle, l'An 01. L'An 01 est emblématique de la contestation des années 1970 et aborde des thèmes aussi variés que l'écologie, la négation de l'autorité, l'amour libre, la vie en communauté, le rejet de la propriété privée et du travail.
Les Villes invisibles d'Italo Calvino en 1972.
La planète Annares dans Les Dépossédés de Ursula K. Le Guin, 1974.
Écotopie de Ernest Callenbach, 1975 il raconte l’histoire d’un journaliste américain envoyé en Écotopie, un pays formé des états de la côte ouest nouvellement sécessionnée, pour lever, la première fois depuis 19 ans, le voile sur ce pays qui prône l’écologie comme manière de vivre.
Adieux au prolétariat, d'André Gorz (surtout la dernière partie)
La Québécie de Francine Lachance, 1990. la Québécie est une utopie d'un nouveau genre, qui, après les anti-utopies, tient compte de leur critique, qu'elle radicalise même : « La Québécie parvient donc à éviter les écueils des utopies traditionnelles en résolvant leurs difficultés. Elle parvient même à critiquer celles-ci bien au-delà de ce que font les anti-utopies. Elle est néanmoins une utopie dans la mesure où elle répond tout à fait aux deux fonctions de celles-ci, à savoir la critique de la société et l'instauration d'un monde idéal. »
Le Passeur de Lois Lowry, 1994. Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n'existent pas. Les inégalités n'existent pas, la désobéissance et la révolte n'existent pas. L'harmonie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveau-nés inaptes sont " élargis ", personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c'est le dépositaire de la mémoire. Lui seul sait comment était le monde, des générations plus tôt, quand il avait encore des animaux, quand l'humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d'une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. Jonas ne sait pas encore qu'il est unique. Un destin extraordinaire l'attend. Un destin qui peut le détruire.
L'Île des gauchers d'Alexandre Jardin, 1995. Le roman met en scène Jeremy Cigogne, un jeune aristocrate qui se reproche de n'avoir pas su convertir en amour véritable sa passion pour sa femme. Il décide alors de mettre le cap sur une île ignorée des géographes abritant une population exclusivement constituée de gauchers, qui savent mieux vivre leur vie qu'en Occident. Au contact de ces grands vivants, Jeremy va mûrir et acquérir une autre approche de l'amour et de la vie.
Les Fourmis de Bernard Werber, 1996. Le livre raconte l'histoire de la fourmi 103e et d'une étudiante au chant captivant, Julie Pinson. Elles essaient chacune de révolutionner leur monde respectif, se rencontrent, et se comprennent malgré les millions d'années de préjugés qui les séparent.
La Belle Verte, film de Coline Serreau, 1996. Quelque part dans l'univers existe une planète dont les habitants évolués et heureux vivent en parfaite harmonie. De temps en temps quelques-uns d'entre eux partent en excursion sur d'autres planètes. Curieusement, depuis deux cents ans plus personne ne veut aller sur la planète Terre. Or un jour, pour des raisons personnelles, une jeune femme décide de se porter volontaire. Et c'est ainsi que les Terriens la voient atterrir en plein Paris.
Les Cités obscures, série de bande dessinées de Francois Schuiten et Benoit Peeters, 1996.
Les utopies au xxie siècle[modifier | modifier le code]
Saint-Pantel de Xavier Tacchella, 2003.
L'Île de la Tranquillité dans Nous les dieux de Bernard Werber, 2004. Le héros de l'histoire est toujours Michael Pinson qui après avoir été un être humain (Les Thanatonautes) puis un ange (L'Empire des anges) est finalement devenu un « élève dieu ». Il est maintenant quelque part dans l'Univers, sur l'île d'Aeden. Chaque jour, un dieu différent (issu de la mythologie grecque) enseigne à ces nouveaux élèves comment façonner un monde afin de pouvoir un jour devenir un dieu à leur tour. La compétition est rude dans ce monde. Ainsi, chaque jour, les derniers de la classe sont éliminés, emportés par des centaures. Les élèves sont aussi confrontés à un mystérieux « déicide », un tueur de dieux faisant des ravages parmi les 144 élèves de cette nouvelle promotion d'apprentis dieux. Certains élèves essaient en plus de gravir la montagne de l'île, croyant qu'au sommet règne le maître de tous les dieux…
La Possibilité d'une île de Michel Houellebecq, 2005. Roman d'anticipation autant que de mise en garde. La possibilité d'une île est aussi une réflexion sur la puissance de l'amour. Au-delà des thèses sur la fin des religions ou le rêve d'un Homme Nouveau, il s'agit surtout d'un livre sur la peur.
Le Papillon des étoiles de Bernard Werber, 2006.
« Cette planète est notre berceau mais nous l'avons saccagée.
Nous ne pourrons plus jamais la soigner ni la retrouver comme avant :
Quand la maison s'effondre, il faut partir.
Recommencer tout, ailleurs et autrement.
Le dernier Espoir,
C'est la Fuite. »
La Deuxième Terre de Mario Salerno, 200415 « Je suis mort le 22 juin 1997 à 18h 37 ». Mais pour Pascal Marisal cette mort terrestre signe le début d'une nouvelle vie sur la Deuxième Terre, une planète où vit une société en parfaite harmonie. Les habitants de ce monde utopique, régi par la Loi de la Vérité, souhaitent entrer en contact avec la Terre afin de partager leur expérience. Le contact s'établit avec Maxime Nopiar, ancien patron de Pascal.
Sur la route des Utopies de Christophe Cousin, 2007. Après un tour du monde à vélo, Christophe Cousin a fait le tour des communautés utopiques du monde : de Libertalia jusqu'à Twin Oak, en passant par la ville de Disney, Celebration. Il a livré ses impressions et ses souvenirs lors d'un chat... étonnant !
L'utopie dans les arts[modifier | modifier le code]
L'utopie en architecture[modifier | modifier le code]

Het Fort, construit par Jacob van Campenplein en 1890, à La Haye.
Bataville
Le Labyrinthe
La Tour de Babel
La Cité idéale
Le Familistère de Guise de Jean-Baptiste André Godin
Étienne-Louis Boullée
Claude-Nicolas Ledoux
La Cité-jardin
La Cité radieuse, le Plan Voisin de Le Corbusier
Archigram
La fonction oblique de Paul Virilio et Claude Parent
L'Ivre de Pierre, 1977-1980, éditions Aérolande
L'utopie au cinéma[modifier | modifier le code]
Métropolis, Fritz Lang, 1927
L'atlantide, Jacques Feyder, 1921
La zona, Rodrigo Plà, 2007
American dream, Barbara Koppel, 1990
L'utopie se caractérise par un recours à la fiction, par un artifice cinématographique qui consiste à décrire une société idéale dans une géographie imaginaire, souvent dans le cadre d'un récit de voyage. L'utopie a pour condition première la mise à distance du monde réel à partir de laquelle la réflexion critique peut se déployer et le sujet se constituer. Le recours à la fiction est un procédé qui permet de prendre ses distances par rapport au présent pour mieux le relativiser et de décrire ce qui pourrait être. Le genre utopique permet de percevoir, au lieu d'attendre un monde meilleur dans un au-delà providentiel, que les hommes devraient construire autrement leurs formes d'organisation politique et sociale pour venir à bout des vices, des guerres et des misères. En ce sens, les descriptions qu'ils proposent, dans lesquelles ils font voir des cités heureuses bien gouvernées, visent à convaincre leurs spectateurs que d'autres modes de vie sont possibles.

L'utopie dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]
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Dans Bioshock, sorti en 2007, le personnage incarné par le joueur, survivant d'un crash aérien en pleine mer, découvre la ville sous-marine de Rapture. C'est une ville construite par un mégalomane milliardaire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d'y réaliser ses rêves les plus fous de société utopique, loin de toute morale extérieure.
L'utopie en dessin et peinture[modifier | modifier le code]
Albrecht Dürer
Maurits Cornelis Escher
Préraphaélites
L'utopie en musique[modifier | modifier le code]
Beethoven.
Jacob de Hann → Utopia
Rachmaninov, L'Île des morts, poème symphonique de 1909
Julien Varin → Utopie : évocation du Familistère de Guise dans l'Aisne (02)
Richard Wagner → Gesamtkunstwerk
Portée politique du concept d’utopie[modifier | modifier le code]
L'interprétation de la portée politique de l'utopie pour la pensée et l'action politique n'est pas consensuelle, notamment parce que l'utopie intervient directement ou bien comme contestation ou bien comme justification idéologique dans la sphère politique. On peut cependant dégager certaines thèses à son sujet qui font autorité pour certaines traditions philosophique.

Selon Miguel Abensour16,17, l'utopie, particulièrement dans sa forme classique, est une simple stratégie d'écriture politique permettant au philosophe de critiquer la société de son époque. En parlant uniquement d'une société fictive, déclarée comme telle, l'auteur de l'utopie évite de critiquer les pouvoirs en place sans le faire directement. Dans L'Utopie de Thomas More à Walter Benjamin, Abensour montre comment More utilise cette stratégie pour critiquer le pouvoir absolu d'Henri VIII.

Les marxistes orthodoxes, et Karl Marx le premier, ont utilisés le terme « utopie » de manière péjorative. Cela venait en partie d'une volonté de Marx de distinguer sa propre théorie de celles des autres socialistes de son époque (notamment Pierre-Joseph Proudhon), avec qui il avait entretenu des controverses. Il nommait d'ailleurs Proudhon, Charles Fourier, Saint Simon et d'autres « socialistes utopiques ». En ce sens, « utopie » signifie la représentation imaginaire d'un régime politique idéal et idéaliste, c'est-à-dire détaché de toute considération et compréhension des circonstances matérielles qui pourrait présider à son avènement18. Bref, pour Marx, le terme « utopique » est une accusation de frivolité. Ici, le sens du terme « utopie » est très proche « d'idéologie ».

Karl Mannheim19, un marxiste non-orthodoxe et Paul Ricœur20 proposent quant à eux de comprendre l'utopie en opposition à l'idéologie. Selon eux, l'utopie est une force de changement : « elle propose une rupture radicale avec un système existant » et ainsi tente de briser la suprématie de l'actuel sur le possible. À cela s'oppose l'idéologie, une force conservatrice ramenant plutôt la société vers l'existant.

L'utopie est souvent entendue, dans un sens large, comme une réponse à la question du meilleur régime, une question de philosophique politique particulièrement favorisée par les anciens. C'est dans ce sens que nous pouvons dire que la République de Platon est une utopie avant la lettre (le terme ne datant que de 1516 apr. J.-C.).

Ces interprétations ne sont ni entièrement contraires, ni parfaitement réconciliables. Par ailleurs, elles n'épuisent pas entièrement le sujet. D'autre théoriciens du politique, plus contemporains, ont donné une extension beaucoup plus large au concept d'utopie, lui donnant un rôle dans la dialectique historique. Notamment, Walter Benjamin21 et Ernst Bloch22.

Notons également que l'utopie a été largement critiquée en philosophie politique dans le seconde moitié du xxe siècle : pour son attachement à l'idée de progrès héritée des Lumières (par les Catastrophistes et Hans Jonas23 par exemple) et pour les dangers d'exploitation totalitaire qu'elle représente (par l'École de Francfort notamment).

Bibliographie[modifier | modifier le code]
Ouvrages[modifier | modifier le code]
Thomas More, L'Utopie, Flammarion, 1987. 248 p. ; J'ai lu, 2003 (ISBN 978-2-290-33768-4), première édition en latin en 1516.
Michèle Riot-Sarcey, Dictionnaire des utopies, Larousse, 2007. 296 p.
Les œuvres suivantes classées par date de parution.

Alberto Manguel et Gianni Guadalupi, Guide de nulle part & d'ailleurs, à l'usage du voyageur intrépide en maints lieux imaginaires de la littérature universelle, Paris, Éditions du Fanal, 1981, 412 p. (ISBN 2-7308-0010-7)
Julien Freund, Utopie et violence, Marcel Rivière et Cie, 1978, 263 p.
René Dumont, L'Utopie ou la mort, Seuil, 1974 (ISBN 978-2-02-000371-1)
Jean Servier, Histoire de l'utopie, Gallimard, 1991 (ISBN 978-2-07-032647-1)
Gilles Lapouge, Utopie et civilisations, Albin Michel, 1991 (ISBN 978-2-226-04947-6)
Erich Fromm, L'Homme et son utopie, Desclée de Brouwer, 2001 (ISBN 978-2-220-04973-1)
Georges Jean, Voyages en Utopie, Gallimard, 2001, 176 p., ill. en coul.
Jacques Attali, Fraternités : une nouvelle utopie, Le Livre de poche, 2002 (ISBN 978-2-253-15278-1)
Anne Staquet, L'Utopie ou les fictions subversives, Éditions du Grand Midi, 2003 (ISBN 978-2-88093-119-3)
Mario Salerno, La Deuxième Terre, Publibook, 2004 (ISBN 978-2-7483-0552-4)
Roger-Michel Allemand, L'Utopie, Éditions Ellipses, 2005 (ISBN 978-2-7298-2330-6)
Denis Langlois, L'utopie est morte ! Vive l'utopie !, Éditions Michalon, 2005 (ISBN 978-2-8418-6265-Cool
Albert Jacquard, Mon utopie, Stock, 2006 (ISBN 978-2-234-05940-5)
Yolène Dilas-Rocherieux, L'Utopie ou la mémoire du futur, de Thomas More à Lénine, Pocket Robert Laffont, 2007
Christophe Cousin, Sur la route des utopies, Arthaud, 2007 (ISBN 978-2-7003-9673-7)
Nathalie Brémand, Les Socialismes et l'enfance : expérimentation et utopie (1830-1870), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008 (collection Histoire), 365 p.
Pierre Thomé, Créateurs d'utopies. Démocratie, autogestion, économie sociale et solidaire, Yves Michel, 2012 (ISBN 978-2-36429-013-6)
Yann Rocher, Théâtres en utopie, Actes Sud, 2014
Documents, articles[modifier | modifier le code]
« Utopies ils rêvent d'un monde meilleur », Papiers de France Culture no 10, été 2014
Regards sur l'utopie, revue Europe no 985, mai 2011
« L'utopie », Textes et Documents pour la classe, no 855, mai 2003
Philippe Pelletier, « Les territoires de l’imaginaire libertaire », sur Libération,‎ 30 septembre 2015.
Vidéographie[modifier | modifier le code]
Conférence du Collège de France (Vidéo) intitulée Les utopies classiques, par Luciano Canfora, professeur à l’Université de Bari (Italie) ; 2008/07/04
Conférence du Collège de France (Vidéo) intitulée Lumières de l’utopie, par Bronislaw Baczko, professeur honoraire à l’Université de Genève (Suisse), 2008/02/18
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:16

Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. L'auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les conséquences néfastes d’une idéologie (ou d’une pratique) présente à notre époque1.

La différence entre dystopie et utopie tient plus à la forme littéraire et à l'intention de son auteur qu'au contenu. En effet, nombre d'utopies positives peuvent également se révéler effrayantes.

Cette forme littéraire a été popularisée par des romans devenus des classiques du genre dystopique : Nous autres (1920) de Ievgueni Zamiatine, Le Meilleur des mondes (1932) d'Aldous Huxley, La Guerre des salamandres (1936) de Karel Čapek, La Kallocaïne (1940) de Karin Boye, Ravage (1943) de René Barjavel, 1984 (1949) de George Orwell, Limbo (1952) de Bernard Wolfe, Fahrenheit 451 (1953) de Ray Bradbury, La Grève (Atlas Shrugged, 1957) de Ayn Rand, La Planète des singes (1963) de Pierre Boulle, Un bonheur insoutenable (1970) de Ira Levin, ou encore La Servante écarlate (1985) de Margaret Atwood et en littérature jeunesse Le Passeur de Lois Lowry.

Les mondes terrifiants décrits dans ces romans ont souvent tendance à faire croire qu'une dystopie est, par définition, la description d'une dictature sans égard pour les libertés fondamentales. Il existe cependant des contre-exemples et la critique est divisée quant aux relations entretenues entre la dystopie et les régimes politiques qu'elle vise. Que la dystopie soit par nature une critique d'un système politique ou idéologique précis (et en particulier une critique du totalitarisme) est un point qui demeure débattu dans les milieux universitaires.

L'impact que ces romans ont eu sur la science-fiction a souvent amené à qualifier de dystopie toute œuvre d'anticipation sociale décrivant un avenir sombre.

Le genre a connu des déclinaisons dans d'autres domaines artistiques, notamment au cinéma, avec de nombreuses adaptations de romans dystopiques mais aussi des créations originales comme Metropolis (1927) de Fritz Lang, le premier du genre, Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard, Bienvenue à Gattaca (1997) d'Andrew Niccol2, la ville dystopique de Scarfolk ou encore The Lobster (2015) de Yorgos Lanthimos.


Notes et références
↑ Voir l'article Utopie dans : Collectif, Les Littératures française et étrangères, Paris, Larousse, 1992, 1864 p. (ISBN 2-03-508304-4, lire en ligne [archive]), p. 1663-1664
↑ Régis Messac, Les Premières Utopies, Paris, Ex Nihilo, 2008, p. 17
↑ a et b Régis Messac, Les Premières Utopies, Paris, Ex Nihilo, 2008, p. 34
↑ Régis Messac, Les Premières Utopies, Paris, Ex Nihilo, 2008, p. 18-19
↑ Régis Messac, Les Premières Utopies, Paris, Ex Nihilo, 2008, p. 32
↑ « Michel Foucault. Des espaces autres (1967), Hétérotopies. » [archive].
↑ Charles Fourier, Le Nouveau monde industriel et sociétaire ou invention du procédé d'industrie attrayante et naturelle, distribuée en séries passionnées, Paris, 1829
↑ Claude Henri de Rouvroy de Saint-Simon, Nouveau christianisme, Paris, 1825
↑ Étienne Cabet, Voyage en Icarie, Paris, 1840
↑ Collectif, « Article "Utopie" » [archive], sur Larousse-Littérature [archive] (consulté le 8 mai 2012)
↑ Pascal Mougin et Karen Haddad-Wotling, Dictionnaire mondial des Littératures (un vol. in-4), Paris, Larousse, coll. « Littérature », 2002 (ISBN 978-2-035-05120-2)
↑ voir à ce sujet le Livre I dans: M. Ticht, Lucien, Histoire véritable, livres I et II, Paris, 1995
↑ Voir à ce sujet le Livre II dans: M. Ticht, Lucien, Histoire véritable, livres I et II, Paris, 1995.
↑ Voir « L'œuvre d'Edward Bellamy et la question féministe » [archive] sur rh19.revues.org.
↑ La Deuxième Terre. [archive]
↑ Abensour, Miguel, L'Utopie de Thomas More à Walter Benjamin, Paris, Sens & Tonka, 2000
↑ Abensour, Miguel, Le Procès des maîtres rêveurs, Arles, Sulliver, 2000
↑ Marx, Karl, L'Idéologie Allemande, 1845
↑ Mannheim, Karl, Ideologie und Utopie, Bonn, 1929
↑ Ricœur, paul, L'idéologie et l'utopie, Paris, Seuil, 1997
↑ Benjamin, Walter, Thèses sur le concept d’histoire
↑ Bloch, Ernst, Le Principe Espérance (Das princip Hoffung)
↑ Jonas, Hans, Le Principe responsabilité

Étymologie du mot dystopie
Le mot « dystopie » vient de l'anglais dystopia, qui a été formé par l'association du préfixe dys- et du radical d'origine grecque, τόπος (topos : « lieu »). Cette association a été conçue pour rappeler le terme utopie, auquel il s'oppose.

Le préfixe dys- est emprunté au grec δυσ-, et signifie négation, malformation, mauvais, erroné, difficile. Il a surtout une valeur péjorative. Il s'oppose ainsi clairement à l’utopie (mot forgé par l'écrivain anglais Thomas More, du grec οὐ-τοπος « en aucun lieu ») qui est une représentation d'une réalité idéale et sans défaut. « Utopia » constitue en effet une sorte de jeu de mots : la prononciation anglaise de l'époque ne distingue pas la prononciation des préfixes εὖ- (« heureux ») et οὐ- (« négation », « inexistence »). L'utopie est donc étymologiquement un lieu heureux et un lieu inexistant3. D'un point de vue étymologique, dystopie signifie donc « mauvais lieu », « lieu néfaste », un lieu en tout cas connoté négativement. En revanche, la fin du xixe siècle a vu naître la dystopie (ou contre-utopie), davantage proche de la science-fiction, et dont l'exemple le plus connu est 1984 de G. Orwell (1948). Dans la dystopie, le projet utopique est présenté comme réalisé : les bonnes lois sont appliquées et tout le monde est donc censé être heureux. Mais cette réalisation n'est pas, comme dans l'utopie, présentée par les yeux du Sage ou des gouvernants. Elle est vécue au quotidien par des habitants du lieu, qui subissent ces lois, dont on s'aperçoit alors, à leur souffrance, qu'elles ne sont pas aussi bonnes que le discours officiel le prétend. Ce renversement du point de vue passe par la révolte d'un héros, qui retrouve lucidité et conscience de soi, en général après une rencontre avec l'amour (évidemment interdit).

La mise en scène de cette révolte dans le cadre d'un récit, les péripéties de la lutte font de ces textes des parents proches de la science-fiction, d'autant que ces dystopies se situent dans l'avenir, comme on le voit avec 1984 (écrit en 1948) ou Le Meilleur des mondes (1932) de A. Huxley, qui se situe en l'an 2500. Il en va de même du roman Les Monades urbaines de R. Silverberg (1971), où un historien d'un futur surpeuplé se penche sur notre présent pour repenser ce qu'est l'intimité4.

La première utilisation du terme dystopia est habituellement attribuée à John Stuart Mill, dans un discours de 1868 au parlement britannique5.

Dystopie, contre-utopie et anti-utopie[modifier | modifier le code]
La terminologie critique de la dystopie ne fait pas l'objet d'un large consensus, et les termes « dystopie », « contre-utopie » et « anti-utopie » sont souvent employés de façon interchangeable. Sauf peut-être dans le milieu restreint de la critique de science-fiction, où le terme « dystopie » est le plus utilisé.

Certains critiques toutefois utilisent simultanément plusieurs de ces termes pour opérer des distinctions plus fines. Le but est généralement de distinguer (1) les récits peignant des avenirs sombres des (2) récits visant à récuser la pensée utopique. Les couples de termes opposés sont très variables. Par exemple :

(1) Dystopie et (2) contre-utopie
(1) Dystopie et (2) anti-utopie
(1) Contre-utopie et (2) anti-utopie
La question des relations entre les genres dystopiques et utopiques demeure un sujet débattu. Cette absence de consensus, compliquée par l'origine anglaise du mot « dystopie », explique en partie les divergences terminologiques existant dans la littérature critique.

Définition du champ spécifique de la dystopie[modifier | modifier le code]
Dystopie et science-fiction[modifier | modifier le code]
Parce que la dystopie vise à présenter sous forme narrative les conséquences néfastes d'une idéologie, l'univers qu'elle décrit ne s'éloigne du nôtre que par les seules transformations sociales ou politiques que l'auteur désire critiquer. Rapprocher l'univers dystopique du nôtre, c'est un moyen pour l'auteur de rendre sa dénonciation plus efficace6. Il est donc naturellement amené à situer son univers dystopique dans un futur plus ou moins proche et à en exclure toute dimension fantastique qui viendrait affaiblir son argumentation.

Anticipation, mouvement rationnel de l'Histoire : ces caractéristiques rapprochent naturellement le projet dystopique de la science-fiction. C'est pourquoi la dystopie est souvent considérée comme un sous-genre de la science-fiction. Les deux genres se distinguent néanmoins dans leur traitement de la science et de l'innovation technologique[réf. nécessaire].

En effet, si la science-fiction imagine des découvertes scientifiques ou technologiques, les met en scène et s'interroge sur leurs conséquences, le champ spéculatif de la dystopie est en revanche centré sur les conséquences possibles des changements d'ordre politique. Dans une dystopie, l'évolution technologique n'est pas un facteur déterminant : les trouvailles technologiques (« télécrans » dans 1984, méthodes de clonage et de manipulation des fœtus dans Le Meilleur des Mondes) ne sont pas des phénomènes dont les conséquences sont analysées, ils sont les conséquences d'une volonté politique, volonté de surveillance dans 1984, volonté de modeler les humains aux besoins de la société dans Le Meilleur des Mondes. D’ailleurs, les innovations technologiques présentées dans les plus célèbres des dystopies n'ont pas l'aspect spectaculaire qu'elles ont souvent dans la science-fiction. Elles se sont souvent montrées parfaitement réalisables a posteriori : la télésurveillance est aujourd'hui commune, et le clonage animal, qui laisse présager du clonage humain, est également une réalité. Quant aux postulats scientifiques surnaturels ou métaphysiques ils n'ont tout simplement pas leur place dans la dystopie.

Ainsi, si la dystopie s'inscrit dans le cadre du texte d'anticipation en décrivant un univers futur plus ou moins proche, son objet spécifique la distingue de la science-fiction classique[réf. nécessaire]. Les auteurs des premières dystopies ne sont d'ailleurs pas des auteurs de science-fiction. Les frontières entre les deux genres demeurent toutefois poreuses : la science-fiction qui se préoccupe de problèmes politiques et sociaux, intègre bien souvent des thèmes issus des contre-utopies.

Dystopie et monde futuriste sombre[modifier | modifier le code]
Il convient, pour saisir la signification du terme de contre-utopie, de revenir au sens de l'utopie. Une utopie, c'est-à-dire une société idéale, n'est pas le fruit d'un concours de circonstances mais le résultat d'un plan réfléchi. Les sociétés utopiques, comme celle de Thomas More, sont « parfaites » parce que voulues comme telles. De même, une contre-utopie n’est pas simplement la description d'un monde effrayant : elle est la description d'un monde rendu effrayant par la réalisation raisonnée et consciente d'un projet politique. Les mondes de 1984, de Nous Autres ou du Meilleur des Mondes sont des contre-utopies en ce sens qu'ils sont, de même que les mondes « parfaits » des utopies, des créations visant à réaliser sur Terre un certain idéal.

Il apparaît donc abusif de qualifier de contre-utopie toute création littéraire visant à décrire un avenir terrifiant. Les univers décrits par la littérature cyberpunk, la plupart des mondes post-apocalyptiques et, en général, les récits de science-fiction anticipant sur les dérives de notre société ne peuvent être qualifiés de contre-utopiques, même s'ils ont des points communs avec la contre-utopie, car ces mondes ne sont pas le fruit d'un projet politique précis.

La dystopie, une mise en perspective de l'utopie[modifier | modifier le code]
Points communs entre utopie et dystopie[modifier | modifier le code]
Les univers utopiques et contre-utopiques ont en commun de ne pas être simplement des mondes imaginaires. Ils sont le résultat d'un projet politique. Ce projet vise à rendre possible un idéal : idéal d'égalité dans l'utopie collectiviste de Thomas More ou dans celle de Campanella, idéal de pouvoir absolu dans 1984, idéal d'ordre et de rationalité dans Nous Autres. L'idéal de bonheur est peut-être un peu plus ambigu. Il est défini comme la suppression de toute souffrance dans Le Meilleur des Mondes, et comme la sécurité et la stabilité dans Un bonheur insoutenable d'Ira Levin.

Les sociétés décrites dans les utopies aussi bien que dans les contre-utopies ont pour caractéristique d'être « parfaites ».

« Certes, ce Taylor était le plus génial des anciens. Il est vrai, malgré tout, qu'il n'a pas su penser son idée jusqu'au bout et étendre son système à toute la vie, à chaque pas, à chaque mouvement. »

— Zamiatine, Nous autres, p. 64
Leur perfection tient en ce que, d'une part, elles réalisent parfaitement l'idéal qu'elles se sont assigné (égalité parfaite chez More, oppression parfaite chez Orwell et bonheur parfait chez Huxley) et que, d'autre part, elles sont inaltérables. En effet, un monde parfait ne saurait être menacé ou provisoire et se doit d'être, d'une manière relative du moins, éternel. Le principal défi posé à l'utopiste consiste, en effet, à empêcher toute possibilité de retour en arrière.

Passage du descriptif au narratif[modifier | modifier le code]
Les nombreuses utopies créées depuis la Renaissance (La Cité du Soleil de Campanella, L'Utopie de Thomas More, La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon et bien d'autres encore) sont des textes de type descriptif, voire philosophique. Ils débutent assez souvent par une courte partie narrative où un voyageur raconte comment il a abordé les terres inconnues qu'il décrit ensuite en détail. Il n'y a pas d'action dans une utopie, ce qui est d'ailleurs bien naturel car que pourrait-il s'y passer7 ?

À l'inverse, les contre-utopies sont des romans ou des récits. Le monde de 1984 ou de Nous Autres ne nous apparaît qu'au travers d'une intrigue et de personnages. Le plus souvent, la nature réelle de l'univers d'une contre-utopie ainsi que les intentions profondes de ceux qui la dirigent ou l'ont créée n'apparaissent que très progressivement au lecteur.

Le sens de la contre-utopie, en tant que genre s'opposant à l'utopie, réside davantage dans ce changement de type textuel que dans la nature des univers décrits. À l'exception notable de 1984 qui décrit un monde maléfique de par son projet même, les univers contre-utopiques se distinguent assez peu de leurs pendants utopiques : les deux sont également motivés par la recherche du bonheur de tous. Seul le point de vue change.

Passage du collectif à l'individuel[modifier | modifier le code]
Les utopies classiques portent leur regard sur la construction sociale, politique et culturelle dans son ensemble. Le cas des individus ne trouvant pas leur bonheur dans un tel monde, ou refusant d'en suivre les règles, est considéré comme un problème marginal. Thomas More envisage par exemple l'éventualité que des citoyens de son île refusent de se plier aux règles communes et propose que ceux-ci soient condamnés à l'esclavage. Il ne considère pourtant pas cette impossibilité d'intégrer tout le monde à sa société parfaite comme une faille majeure de son système.

À l'inverse, les contre-utopies sont des romans dont les personnages principaux sont justement des inadaptés qui refusent ou ne peuvent se fondre dans la société où ils vivent.

La contre-utopie n'est donc pas tant une utopie maléfique qu'une utopie classique vue sous un angle différent : celui de l'individu.

Problématiques soulevées par la dystopie[modifier | modifier le code]
Les œuvres contre-utopiques portent la marque des préoccupations et des inquiétudes de leur époque. La naissance du régime soviétique et, plus tard, la menace du totalitarisme offraient des thèmes idéaux à la naissance et au développement de la contre-utopie. Les perspectives nouvelles de prospérité et de bonheur pour tous offertes dès la première moitié du xxe siècle par la société de consommation naissante (permise par le taylorisme) aux États-Unis offrent, quant à elles, la matière première du Meilleur des Mondes de Huxley.

Dystopie et communisme[modifier | modifier le code]
Selon certains critiques, l'histoire de l'utopie et de son prolongement en contre-utopie est étroitement liée à celle du communisme au sens le plus large du terme. Plusieurs siècles avant la parution du Manifeste du Parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels, les utopies de la Renaissance proposent des modèles de sociétés collectivistes.

Thomas More, qui compatit au sort misérable des paysans sans terre de l'Angleterre du xvie siècle, et voit dans la propriété privée la principale cause des malheurs de son époque, invente une société, l’Utopie, dont la principale caractéristique est de récuser la propriété individuelle. La Cité du Soleil de Campanella présente elle aussi un système de type collectiviste.

Au xixe siècle, l'utopie prend une tournure plus pratique. Les utopistes ne sont plus simplement des théoriciens mais des militants. On parle alors de socialisme utopique pour qualifier les œuvres d'auteurs tels que Saint-Simon, Robert Owen ou Charles Fourier. Des créations de micro-sociétés utopiques sont tentées comme la secte des Shakers aux États-Unis ou le Familistère de Jean-Baptiste André Godin, d'inspiration fouriériste. Ces expériences n'ont connu qu'un succès limité.

Au xxe siècle, des régimes se réclamant du socialisme, du communisme et du marxisme s'établissent pour la première fois en Europe et ailleurs. C'est à ce moment que les dystopies majeures de l'histoire littéraire voient le jour. Nous autres de Ievgueni Zamiatine est écrit en Russie en 1920, c'est-à-dire au lendemain de la Révolution soviétique. Alors même que le régime soviétique n'en est qu'à ses balbutiements, Zamiatine dénonce les risques de la société qui se dessine en Russie : au nom de l'égalité et de la rationalité, l'État décrit dans Nous autres organise et contrôle méticuleusement les moindres aspects de l'existence de ses citoyens ; la vie privée est abolie. Nous autres n'est pas une critique visant spécifiquement le marxisme, Zamiatine critique la volonté de vouloir planifier et rationaliser tous les aspects de l'existence et de refuser à l'homme le droit à toute fantaisie.

En 1948, le roman 1984 s'attaque lui aussi à un régime communiste, le régime stalinien. Il serait cependant exagéré d'en faire une critique de la doctrine marxiste. Le monde de 1984 ne ressemble en effet en rien à une société égalitariste. Selon ses propres déclarations, ce que dénonce Orwell dans son roman, c'est le totalitarisme qu'incarne en 1948 le régime de Joseph Staline mais, plus encore, le danger d'une généralisation mondiale de ce totalitarisme : il pense que « les graines de la pensée totalitaire se sont déjà répandues » dans la jeune classe politique de 19488. Écrivain engagé à gauche, Orwell souhaitait par ce roman combattre la fascination qu'exerçait sur un certain nombre d'intellectuels britanniques de l'époque le régime soviétique. Le monde de 1984 n'est pas l'URSS de 1948 (il est bien pire) mais de nombreux détails y font allusion : l'Océania est dirigé par un parti (nommé simplement « le Parti »), la doctrine officielle s'appelle « angsoc » (« socialisme anglais »), le visage de Big Brother rappelle celui de Staline et la falsification des documents fait allusion aux falsifications des photographies opérées par le régime soviétique de l'époque.

Ainsi, il existe bien des relations entre le développement des idéologies communistes et du genre dystopique. Cependant, l'existence de dystopies dont la cible est différente comme Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, qui critiquent plutôt la société de consommation, voire de dystopies prenant fait et cause pour le marxisme et nettement anti-capitaliste comme Le Talon de fer de Jack London montrent que la dystopie est avant tout une arme rhétorique « neutre » pouvant s'appliquer à n'importe quelle idéologie, au choix de l'auteur.

Dystopie et conservatisme
D'autres critiques envisagent la dystopie comme un genre essentiellement conservateur et réactionnaire, œuvrant à l'encontre des forces du progrès social. En effet, en s'opposant à des courants idéologiques en plein essor au moment de sa rédaction, la dystopie défend de fait le statu quo et valorise implicitement le présent, fût-il critiquable, au détriment des projets progressistes.

Cet avis est celui de Régis Messac qui, pendant l'hiver 1936-37, publie La Négation du progrès dans la littérature moderne ou Les Antiutopies. La thèse qu'il y expose est celle d'une continuité entre les critiques du socialisme et de l'utopie du xixe siècle9 et les prémices de la dystopie telles qu'il les observe dans le premier tiers du xxe siècle10.

À une époque plus contemporaine, ce type de critique a été produit à l'encontre de 1984 de George Orwell. Ainsi la critique Nadia Khouri estime-t-elle qu'Orwell se situe pleinement dans la tradition de la dystopie qui est par nature « nihiliste et réactionnaire » :

« À l'instar des autres anti-utopies, 1984 organise toute sa rhétorique pour s'en prendre aux forces historiques montantes qui menacent de détruire les structures et les principes traditionnels. »

Selon elle, en dépit de l'adhésion proclamée d'Orwell au socialisme, 1984 ne correspond en aucune manière à « une conception véritablement progressiste ou socialiste ».
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:17

Dystopie et conditionnement
Dans Le Meilleur des mondes, le conditionnement commence avant la naissance.
Les utopies de la Renaissance puis de l'âge classique ne sont pas des sociétés paradisiaques offrant à l'homme un cadre de vie répondant à tous ses besoins et ses désirs. Thomas More, le premier, voit dans l'égoïsme et la cupidité les causes de l'injustice de toutes les sociétés existantes et son utopie est un projet d'amélioration morale de l'homme. Les sociétés idéales ne le sont que parce qu'elles ont su faire de l'homme un être meilleur, plus civilisé et capable de servir sa communauté avant ses propres intérêts.

Or, dès la naissance des utopies, leurs auteurs n'ont pu parvenir à ces résultats qu'en imposant un certain nombre de lois contraignantes : l'égoïsme et l'avidité sont empêchés, dans l'utopie de More, par l'interdiction absolue de toute propriété privée.

Les contre-utopies dénoncent dans les utopies l'incapacité de celles-ci à changer véritablement l'homme pour en faire un être heureux et digne de bonheur. Les œuvres de Huxley, Orwell, Zamiatine ou Silverberg soulignent le caractère superficiel des changements que les États contemporains ont pu imposer à la nature humaine. Ceux-ci n'ont pas su changer l’homme en profondeur et n'ont pu agir que sur son comportement.

Ainsi :

Dans 1984, l'État entend modifier l'esprit humain par l'usage du « novlangue » et de la « doublepensée ». Le novlangue est une langue volontairement appauvrie dont le but est d'empêcher ses locuteurs de formuler des pensées complexes et d'exercer leur esprit critique. La doublepensée est une sorte de gymnastique mentale consistant à accepter comme également vraies des propositions contradictoires. Son but est également de détruire chez l'individu tout sens logique. Ces procédés ne réussissent pourtant pas à faire accepter aux habitants de l'Océania leurs conditions de vie. Orwell insiste sur le fait que, même dépourvus de tous moyens intellectuels de contester l'ordre en place, les personnages de son roman n'en continuent pas moins de ressentir instinctivement que leur vie est inacceptable. Les méthodes du Parti n'ont pas pu venir à bout des besoins et des goûts de l'homme et n'ont su que les refouler comme en témoigne l'exemple du personnage de Parsons, fervent supporter du régime qui insulte pourtant Big Brother contre son propre gré durant son sommeil.
Dans Le Meilleur des mondes, les individus sont conditionnés dès leur plus jeune âge par l'écoute durant leur sommeil de slogans et d'aphorismes censés s'imprimer pour la vie dans leur esprit et visant à leur dicter le comportement à adopter dans toutes les situations. Les personnages du roman de Huxley sont ainsi dispensés d'avoir jamais à penser et échappent aux tourments qui pourraient en résulter. Ils sont également façonnés de manière à toujours se comporter conformément aux attentes de leur société. Cependant, tout comme leurs homologues de 1984, ils n'échappent pas à l'angoisse, angoisse renforcée par leur incapacité à mettre des mots sur ce qu'ils peuvent éprouver. D'où le recours régulier à une drogue (nommée « soma ») sans laquelle leur vie ne saurait être supportable. Ici encore, l'utopie n'a pas réussi à faire un homme nouveau.
Les contre-utopies dénoncent donc la prétention utopique à changer l'homme par conditionnement.

« [Les prêtres] apportent tous leurs soins à instiller dans les âmes encore tendres et dociles des enfants les saines doctrines qui sont la sauvegarde de l'État. Si elles y ont profondément pénétré, elles accompagnent l'homme sa vie entière et contribueront grandement au salut public, lequel n'est menacé que par les vices issus de principes erronés »

— Thomas More, L'Utopie12
Prétention qui n'aboutit qu'à l'aliénation, le refoulement et la névrose.

Quelques textes précurseurs de la dystopie[modifier | modifier le code]
La dystopie tire son origine de deux genres littéraires qui apparaissent ou se développent du xviiie siècle : les fictions critiquant la littérature utopique, dont Les Voyages de Gulliver sont l'exemple le plus célèbre, et le roman d'anticipation qu'a popularisé Louis-Sébastien Mercier.

Les récits de voyage satiriques[modifier | modifier le code]

Les Voyages de Gulliver.
La mise en parallèle de deux univers, l'univers réel et un univers fictif, permet souvent à un auteur d'exercer ses talents de satiriste. La satire peut s'exercer de deux manières différentes :

L'univers imaginaire est une satire de l'univers réel. Les travers du monde fictif sont une exagération de ceux du monde réel et ont pour but de les dénoncer. Ce procédé, largement utilisé dans Le Meilleur des mondes (critique de la société de consommation) mais aussi dans 1984 (caricature de l'ancien régime soviétique) se retrouve dans de nombreux récits de voyages fantaisistes des xviie et xviiie siècles tels que l’Histoire comique des Estats et empires de la Lune et l'Histoire comique des Estats et Empires du Soleil de Cyrano de Bergerac, ou Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift.
La critique du monde réel se fait par la voix des habitants du monde fictif. Huxley joue également sur ce tableau, car si le monde qu'il nous décrit peut nous sembler repoussant, il évoque aussi régulièrement au cours de son roman le dégoût que notre monde inspire à ses personnages. L'Utopie de Thomas More faisait déjà usage de ce procédé et on peut voir dans ce texte davantage une critique indirecte de l'Angleterre, par contraste avec le monde de justice de l'Utopie, qu'un véritable programme politique. More fait également référence à l’effroi et à l'étonnement que suscitent chez les Utopiens les mœurs européennes. Les Lettres persanes de Montesquieu utilisent la voix d'étrangers (de Persans, en l’occurrence) pour dénoncer les défauts de la France du xviiie siècle.
Fictions critiquant l'utopie au siècle des Lumières[modifier | modifier le code]
(en) Bernard de Mandeville, The fable of the bees : Private vices, public benefits, 1714
(en) Jonathan Swift, Gulliver's travels, 1726
Antoine François Prévost, Le Solitaire anglais : Histoire de M. Cleveland, 1731
Charles-François Tiphaigne de la Roche, Histoire des Galligènes : Mémoires de Duncan, Amsterdam et Paris, Vve Durand, 1765
La société socialiste utopique, voire naturaliste des Galligènes, ce peuple antipodal tirant son origine des Français, voit progressivement son idéal social se saper à la base, transformant le discours du roman en une contre-utopie.
Donatien Alphonse François de Sade, Aline et Valcour : Le roman philosophique, Paris, Veuve Girouard, 1795
Roman épistolaire écrit à la Bastille entre 1785 et 1788.
Les débuts du roman d'anticipation[modifier | modifier le code]
Article principal : Anticipation.
L'héritage de la thématique dystopique[modifier | modifier le code]
Le nombre d'œuvres relevant de la dystopie au sens strict du terme est assez restreint. Les dystopies les plus célèbres ont cependant créé une thématique dont l'influence a été très importante sur la science-fiction actuelle. On retrouve dans nombre de romans de science-fiction les thèmes suivants :

l'utilisation de moyens médicaux pour contrôler les individus violents, contestataires ou plus simplement pour endormir l'angoisse est l'un des piliers du Meilleur des mondes. L'Orange mécanique d'Anthony Burgess reprend cette idée de manière plus brutale dans le traitement infligé à Alex pour supprimer en lui toute possibilité de se montrer violent ;
le thème d'une société très organisée, refermée sur elle-même et séparée par des murs d'un monde chaotique (Le cycle de Wang, de Pierre Bordage, habituellement classé dans la science-fiction « tout court » et non dans le genre dystopique) ;
le thème plus large d'un futur non plus radieux, mais inquiétant et sans espoir, ou encore celui d'une concentration de tout le pouvoir entre les mains d'une petite élite.
Au-delà de la science-fiction, de nombreux autres genres littéraires ont intégré les thématiques de la dystopie. L'influence de ces thématiques s'étend également au-delà de la littérature et enrichissent de nombreuses bande dessinées (notamment les mangas), le cinéma, ou encore le jeu vidéo.

Œuvres dystopiques[modifier | modifier le code]
En littérature[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Liste d'œuvres littéraires dystopiques.
(Par ordre chronologique.)

1846 Émile Souvestre, Le monde tel qu'il sera, 1846
1895 H. G. Wells, La Machine à explorer le temps [« The Time Machine »], 1895
1899 Herbert George Wells, Quand le dormeur s'éveillera [« When the Sleeper wakes »], 1899
1907 Jack London, Le talon de fer, 1907
Ce roman décrit les prémices d'une révolution socialiste aux États-Unis et la répression sanglante de cette dernière par l'oligarchie capitaliste au pouvoir.
1909 (en) Edward Morgan Forster, La machine s’arrête [« The Machine Stops »], 1909
Cette nouvelle décrit une société entièrement dominée par la Machine, créée par les humains pour les connecter entre eux mais qui leur a échappé et les domine totalement. La nouvelle est souvent vue, aujourd'hui, comme une anticipation dystopique du réseau Internet.
1912 Jack London, La Peste écarlate
En 2073, le monde est revenu à l'état de nature sauvage, à la suite d'un étrange fléau qui a ravagé la planète et qui a provoqué une mort presque immédiate de ses habitants. Cette peste écarlate, ainsi nommée car elle provoquait une coloration rouge de la peau, a totalement bouleversé l'ordre naturel et a quasiment rayé l'homme de la surface du globe. Seuls quelques individus, mystérieusement épargnés, ont survécu à la pandémie et ont réussi à recréer une forme de société, sans passé et sans culture. Un vieillard, interrogé par ses petits-enfants, tente de faire comprendre l'ancien monde à des êtres incapables de se figurer celui-ci.
1920 Eugène Zamiatine, Nous autres, 1920
Ce roman décrit une société égalitaire et totalement centralisée où l'État gère et planifie les moindres aspects de la vie des citoyens. Ceux-ci vivent dans des maisons de verre ne leur permettant d'échapper à aucun moment au regard des autres. Ce texte, qui est probablement la première véritable contre-utopie, a été composé en 1920 en Union soviétique et a très largement inspiré 1984 de George Orwell.
1927 Metropolis (1927) de Fritz Lang
1930 Andreï Platonov, Le Chantier ou La Fouille (Котлован), 1930
1932 Aldous Huxley, Le meilleur des mondes [« Brave New World »], 1932
Toute valeur morale est remplacée par l'économie. La science est au service du conditionnement des hommes. Mais tout ce qui est imaginaire renvoie à l'univers de référence du lecteur (électrochocs, montée du nazisme). La contre-utopie est planétaire.
1935 Sinclair Lewis, Cela ne peut arriver ici, 1935
Roman décrivant la montée du fascisme aux États-Unis en 1936 et l'instauration d'une dictature.
1936 Karel Capek, La Guerre des salamandres. Ce roman décrit la révolte de salamandres géantes que les humains ont asservies et exploitées au nom du profit. Les salamandres finissent par détruire méthodiquement les terres émergées et partant, le genre humain. C'est une satire mordante du capitalisme irresponsable, mais aussi une dénonciation du nazisme et du racisme.
1940 Karin Boye, La Kallocaïne, 1940
Un chimiste, qui vit dans la Ville des Chimistes n° 4, crée un sérum de vérité : celui qui a tout révélé sous l'influence de la piqûre se souvient ensuite parfaitement de ce qu'il a avoué. Vouée à délivrer l'État mondial des criminels par la pensée, la drogue lui permet en fait de comprendre la profonde humanité de sa propre femme et de la révéler à elle-même : elle part retrouver ceux qui lui ressemblent, tandis qu'éclate la guerre faite par l'État voisin à l'État mondial : le héros est fait prisonnier ; il écrit l'histoire de la kallocaïne dans sa prison.
1943 René Barjavel, Ravage
Ravage présente le naufrage d'une société mature, dans laquelle, un jour, l'électricité vient à disparaître et plus aucune machine ne peut fonctionner. Les habitants, anéantis par la soudaineté de la catastrophe, sombrent dans le chaos, privés d'eau courante, de lumière et de moyens de déplacement. Un étudiant en chimie agricole, François Deschamps, décide avec quelques autres personnes, de quitter Paris, mégalopole de vingt-cinq millions d'habitants, en proie au chaos et aux flammes pour retrouver son village d'enfance en Provence. Il espère pouvoir y reprendre une vie normale mais paysanne… Le chemin est cependant long et difficile, pour ceux qui n'ont jamais connu autre chose que le confort qu'offrent la technologie et la science.
1948 George Orwell, 1984 [« Nineteen Eighty Four »], 1948
Ce roman décrit un monde divisé en trois blocs totalitaires. L'individu, ses activités, ses pensées, y sont intégralement soumis à une raison d'Etat omniprésente et motivée par la volonté de pouvoir pure.
1952 Bernard Wolfe, Limbo, 1952
1953 Ray Bradbury, Fahrenheit 451, 1953
Dans le futur décrit par Bradbury, les pompiers brûlent les livres, les gens sont invités à dénoncer leurs voisins, leurs amis et même leurs parents lorsqu'ils les surprennent à lire. Un roman qui dénonce l'inculture à travers l'exemple marquant de l'autodafé.
1956 Shozo Numa, Yapou, bétail humain, 1956
Ce roman, écrit dans le Japon de l'après-guerre, décrit le futur Empire des 1000 Soleils, dominé par les femmes et basé sur l'idéologie du philosophe nazi Alfred Rosenberg. Dans ce monde les Japonais ont été réduits à l'état d'objets.
1957 Ayn Rand, La Grève, 1957
En l'absence de ceux qui soutiennent le monde (tel le légendaire titan grec Atlas), la société s'écroule
1957 Nevil Shute, Sur la plage (également connu sous le titre Le Dernier Rivage, titre de son adaptation cinématographique). Vu d'Australie, les derniers moments de l'espèce humaine irrémédiablement condamnée à la mort lente par dissémination des retombées atomiques d'une guerre nucléaire.
1958 Robert Sheckley, Le Prix du danger
La nouvelle décrit un jeu télévisé consistant en une chasse à l'homme. Le livre Running Man de Stephen King reprend le sujet en 1982.
1958 Jack Vance, Les Langages de Pao [« The Languages of Pao »], 1958
Ce roman décrit la création volontaire et construite de langages, pensés spécifiquement pour créer des castes parmi un peuple neutre et homogène. Le thème du modelage des comportements via un changement de langue prolonge le concept de Novlangue de 1984.
1963 Pierre Boulle, La Planète des singes, 1963
Le récit de scientifiques astronautes atterrissant sur une planète où l'espèce au sommet de la chaine animale est le singe. C'est à travers leurs façons de traiter les hommes ainsi que leurs semblables, que Pierre Boulle va utiliser ces singes pour dresser un portrait peu qualitatif de l'Homme, de ses actions, de sa façon de penser et de sa bestialité.
1965 Jean-Luc Godard, Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution, 1965
1968-1974 John Brunner, La tétralogie noire, 1968-1974
Un monde où règnent la surpopulation, l'eugénisme et le terrorisme dans Tous à Zanzibar (1968), la violence, la haine raciale et le complexe militaro-industriel dans L'Orbite déchiquetée (1969), la pollution, l'activisme écologique et les toutes-puissantes corporations dans Le Troupeau aveugle (1972), les réseaux informatiques, les virus et la manipulation de l'information dans Sur l'onde de choc (1974).
1970 Ira Levin, Un bonheur insoutenable, 1970
Dans le monde décrit par Ira Levin, le bonheur est imposé. Chacun est porteur d'un bracelet qui permet à l'ordinateur central de gérer la vie du porteur : du choix de son métier à celui de son (sa) conjoint(e), tout est géré par une énorme machine.
1971 Robert Silverberg, Les monades urbaines, 1971
Une utopie principalement axée sur la procréation obligatoire et la libération sexuelle la plus complète à rapprocher de celle de Huxley.
1974 Vladimir Pozner, Mal de lune, 1974
1975 Ursula Le Guin, Les Dépossédés, [The Dispossessed], 1975
Description de deux fausses utopies, l'une libertaire l'autre capitaliste, de leurs travers et de leur rencontre. Description de l'administration centralisée du système libertaire et les pouvoirs qui s'y développent, puis du confort illusoire du système capitaliste.
1977 Pierre Pelot, Fœtus-Party, 1977
Dans un monde surpeuplé et envahi par le béton, les humains n'essayent même plus d'échapper à leur sort et attendent la mort comme un soulagement. Un livre noir, sans espoir sur l'avenir de l'Humanité.
1979 Trevanian, Shibumi, 1979
1980 Walter Tevis, L'Oiseau d'Amérique, 1980
Une société future où les robots pourvoient au bonheur de l'Homme en lui fournissant tout ce dont il a besoin : nourriture, confort, sexe et drogues et en gérant toutes les facettes de l'humanité jusqu'au contrôle des naissances.
1982 Stephen King, Running Man, 1982
En 2025, dans une société à l'économie ruinée et parcourus par une violence omniprésente, un jeu télévisé, dans lequel les participants sont traqués à travers tout le pays, fait fureur, et un candidat décide de s'y présenter pour sauver sa fille malade.
1984 William Gibson, Neuromancien, 1984
Considéré comme le roman fondateur du mouvement Cyberpunk. Un réseau central (sorte d'internet) est la cible de tous les pirates et autre passionnés du cyber-espace qui s'y connectent grâce à de puissantes connexions neurales.
1985 Margaret Atwood, La servante écarlate, 1985
Dans une société ultra-conservatrice dominée par les Commandants, la plupart des femmes sont devenues stériles. Les Épouses tiennent les maisons, où les Marthas sont des bonnes, tandis que les Servantes écarlates, comme la narratrice Defred sont chargées des relations charnelles avec les Commandants.
1992 P. D. James, Les Fils de l'homme, 1992
En 2020, le fertilité de l'humanité diminue drastiquement. Son extinction est-elle proche ? Un film a été adapté de ce roman en 2007 par Alfonso Cuarón.
1995 José Saramago, L'Aveuglement, 1995
1999 Alain Damasio, La Zone du dehors, 1999
Huis clos planétaire et science-fiction politique, une auto-régulation des individus par la surveillance et la notation mutuelle ; un système politique qui rappelle Nous autres, l'outil démocratique remplaçant l'outil totalitaire.
2000 Tatiana Tolstoï, Le Slynx, 2000
2003 Margaret Atwood, Le Dernier Homme, 2003
2004 Jean-Christophe Rufin, Globalia, 2004
L'action se déroule dans un futur daté précisément (première partie, chapitre 3) juillet 27 de l'ère globalienne. On n'en sait pas plus, si ce n'est que l'ère globalienne est postérieure à la nôtre. Une sorte d'État mondial, Globalia assure à ses citoyens la sécurité, la prospérité et une certaine forme de liberté. À partir du moment, bien sûr, où ils ne remettent pas en cause le système. Les zones sécurisées sont principalement situées dans l'hémisphère nord, tandis que les non-zones, surtout dans l'hémisphère sud, sont réputées inhabitées et servent de refuge à des populations que le pouvoir central qualifie de "terroristes". Baïkal, un jeune globalien, cherche à fuir cette société qui lui pèse.
2005 Amélie Nothomb, Acide sulfurique, 2005
Le roman parle de "Concentration", une émission de télé-réalité dont les candidats sont enlevés dans la rue. Chaque semaine, dans ce camp de travail forcé filmé 24 heures sur 24, l'un des détenus est choisi par ses camarades pour être exécuté en direct à la télévision. Le succès de l'émission est phénoménal; chaque exécution fait grimper l'audimat. Panonnique, l'héroïne, fera en sorte d'en sortir vivante mais la Kapo qui la surveille tentera de l'en empêcher. Ce livre est une réflexion cruelle mais pertinente sur l'évolution toujours plus dangereuse de la télé-réalité. À noter: le roman a fait vive polémique lors de sa publication en 2005.
2006 Will Self, Le Livre de Dave, 2006
2007 Céline Minard, Le Dernier Monde, 2007
2009 Margaret Atwood, Le Temps du déluge, 2009
2009 Jasper Fforde, La Route de Haut-Safran, 2010
Un régime basé sur des castes de couleurs et des règles strictes, parfois fantaisistes mais jamais remises en questions, comme les bonds en arrière qui interdisent l'usage de certaines technologies, ou l'interdiction de fabriquer des petites cuillères. Derrière l'humour anglais on retrouve tous les éléments d'une dystopie, où ceux qui se mettent à réfléchir risquent leur vie.
2011 (ru) Anna Starobinets, Le Vivant (Живущий), 2011
2011 Xabi Molia, Avant de disparaître, 2011
2012 Tarun Tejpal, La vallée des masques
2013 Menotti Lerro, 2084. Il potere dell'immortalità nelle città del dolore, 2013
2015 Michel Houellebecq, Soumission13
2015 Boualem Sansal, 2084, La fin du monde
2016 Benjamin Hoffmann, American Pandemonium
En littérature de jeunesse[modifier | modifier le code]
Le Passeur (1993) dépeint une société future, aseptisée à son paroxysme, dans laquelle l'individu est dénué de tout sentiment, de toute sensation, où le destin de chacun est programmé dès sa naissance. Seule une personne dans cette société échappe à cette lobotomie collective, il s'agit du passeur. Jonas, 12 ans, sera formé par le passeur actuel pour être son successeur. Il recevra ce savoir par le don de transmission du vieil homme. Après la mort de ce dernier, il devra être le seul garant de tous les sentiments tels que l'amour, la tristesse, la gourmandise, la douleur…
La Déclaration (2007) est un livre de Gemma Malley. C'est une société dans laquelle les humains ont découvert l'immortalité. Pour éviter la surpopulation, faire des enfants est strictement interdit. Les enfants qui ont le malheur de naître sont appelés "les surplus", ils vont dans des pensions où ils sont traités comme des esclaves.
Uglies (2007) est une tétralogie américaine de Scott Westerfeld. Après que l'économie, et en même temps, l'équilibre mondial ont été ravagé dans une maladie du pétrole, une société nouvelle est créée : à leur seizième anniversaire, les adolescents subissent une opération de chirurgie esthétique les rendant beaux (pretty). Ce qu'ils ne savent pas, c'est que des lésions du cerveau leur sont volontairement infligées afin de pouvoir les contrôler. Une société créée sur le besoin de se conformer, d'être à la mode, de se sentir beau et ce que cela implique est donc le thème de l'ouvrage.
The Hunger Games (2008) est une trilogie américaine de Suzanne Collins. Dans une société américaine post-apocalyptique, le Capitole, une métropole technologiquement avancée, exerce un contrôle politique total sur la population répartie dans douze districts. Elle organise chaque année les « Hunger Games » (les jeux de la faim), une épreuve télévisée où un garçon et une fille entre douze et dix-huit ans de chaque district sont tirés au sort. Les vingt-quatre enfants sont placés dans une arène géante où ils s’entre-tuent jusqu'à ce qu'il ne reste d'un seul survivant.
Divergent (2011) est une trilogie américaine de Véronica Roth. Dans une société américaine post-apocalyptique, les habitants sont répartis entre cinq factions, chacune spécialisée dans le développement d'une vertu humaine, jusqu'à l'extrême.
Delirium (2011) est une trilogie de Lauren Oliver. Dans une société américaine, l'amour est considéré comme la pire des maladies, et les habitants subissent dès 18 ans une opération pour en être immunisé, et sont privés de tout sentiments. La liberté n'est plus qu'un vieux souvenir dénué de sens. Les personnes contaminées sont sévèrement punies.
Starters (2012) est une duologie de Lissa Price. Des jeunes personnes peuvent louer leur corps contre de l'argent à des vieilles personnes qui veulent retrouver la jeunesse. Ces vieillards peuvent donc vivre une semaine dans le corps d'une personne jeune. Et l'endroit où la location se passe, la banque des corps, veut proposer de vendre des corps jeunes à ses clients.
La Sélection (2012) : Trois cent ans ont passé et les États-Unis ont sombré dans l'oubli. De leurs ruines est née Illea, une monarchie de castes. Mais un jeu de téléréalité pourrait bien changer la donne. Elles sont trente-cinq jeunes filles : la Sélection s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre un monde de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, cette sélection relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure. Quitter sa famille. Entrer dans une compétition sans merci. Vivre jour et nuit sous l'œil des caméras… Puis America rencontre le Prince. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés… Tout jeu comporte des règles, et les règles sont faites pour être transgressées.
Au cinéma[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Liste de films dystopiques.
En bande dessinée[modifier | modifier le code]
1978 Chantal Montellier, 1996, Paris, Les Humanoïdes Associés, 1978
1979-en cours Hermann, série Jeremiah
1980 Chantal Montellier, Shelter, Paris, Les Humanoïdes Associés, 1980
1980-1993 Enki Bilal, Trilogie Nikopol
1981-1989 Moebius, Incal
1982 Chantal Montellier, Wonder city, Paris, Les Humanoïdes Associés, 1982
1984 Chantal Montellier, L'esclavage c'est la liberté, Paris, Les Humanoïdes Associés, 1984
1984-1986 Griffo et Jean Van Hamme, SOS Bonheur
1986 Alan Moore, Watchmen.
L'histoire des Watchmen se déroule en 1985. Alors que la troisième guerre mondiale menace d'éclater, un surnommé Dr Manhattan doté d'incroyables pouvoirs a modifié l'histoire.
1989-1990 Alan Moore, V pour Vendetta [« V for Vendetta »], 1989 - 1990
Cette fiction décrit une société anglaise dirigée par un parti totalitaire. Le gouverneur a pris le pouvoir après avoir procédé à une épuration ethnique, politique et sociale sans pitié. Un anarchiste commence une campagne pour ébranler tous les symboles du pouvoir. Cet anarchiste qui se fait appeler « V » porte un masque représentant le visage de Guy Fawkes, le plus célèbre membre de la conspiration des poudres.
1996 John Wagner, Carlos Ezquerra, Judge Dredd (bande dessinée).
Après que la Terre aie subi plusieurs conflits atomiques, elle n'est plus que ruines. À la suite de l’éradication de la police, un nouvel ordre surgit, les Judges.Les Judges sont impitoyables, ils n'hésitent pas à utiliser la violence pour faire régner la justice. Joe Dredd est un des Judges emblématiques de Méga-City One.
1997-2002 Warren Ellis, Transmetropolitan
1998-2007 Enki Bilal, Tétralogie du Monstre.
La Tétralogie du Monstre réunit 4 tomes, Nike Hatzfeld, le personnage principal, a une mémoire phénoménale et se souvient jusqu'à ses premiers jours auprès d'Amir et Leyla dans l'hôpital de Sarajevo. Il a juré dès ce jour de les protéger et souhaite les rencontrer, et va se retrouver pris dans une vaste machination de l'Obscurantis Order.
2003-en cours Robert Kirkman, Walking Dead
2005-2012 Motorō Mase, Ikigami, préavis de mort
2008 Yalçin Didman, Moins quatre-vingt
Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]
Bioshock et Bioshock 2 sont deux jeux se déroulant dans les années 1960 dans une cité « dystopique » en ruine nommée Rapture. Cette cité sous-marine située au milieu de l'océan Atlantique a été construite par Andrew Ryan, à l'abri du capitalisme, du communisme et de toute religion.
Half-Life 2 se déroule dans les années 2020. Le monde est alors sous l'emprise d'un régime totalitaire dirigé par le docteur Wallace Breen, où la propagande est omniprésente. La sécurité est assurée par « le Cartel », police pratiquant fréquemment les arrestations et les rafles afin d'assurer le plus grand maintien de l'ordre. Ce jeu s'inspire en grande partie de 1984, œuvre majeure de la dystopie.
Deus Ex se déroule dans les années 2060, et montre comment un virus, la peste grise, se répandant dans la population, amène certains hommes, les Majestic 12, à prendre le pouvoir. À noter que ce jeu prend beaucoup ses sources dans la théorie du complot.
Mirror's Edge a pour cadre une ville où l'information est contrôlée et les forces de l'ordre omniprésentes. Ici les habitants ont dû troquer la plupart de leurs libertés contre la sécurité.
Metro 2033, inspiré du livre du même nom, se déroule en 2033 dans un Moscou ravagé par une guerre nucléaire globale ayant entraîné un hiver nucléaire sur la planète. Les survivants vivent réfugiés dans les sombres tunnels du métro et se déchirent pour assurer la survie de leur station.
La série Fallout se déroule entre 2161 pour Fallout et 2287 pour Fallout 4 dans une Amérique ravagée par une guerre nucléaire mondiale, résultant majoritairement de tensions entre la Chine et les États-Unis à la suite de l'épuisement des ressources petrolières. Avant le début de la guerre, certaines personnes ont pu se réfugier dans des abris antiatomiques construits par la société Vault-Tec. Le jeu dépeint toujours l'histoire d'un descendant de ces réfugiés, devant sortir de son abri pour une raison quelconque et confronté aux dangers du monde extérieur.
Rage se déroule en 2135, 106 années après la chute d'Apophis sur la Terre. On y incarne un survivant de la catastrophe, cryogénisé avant l'impact et enterré dans un abri hautement perfectionné appelé Arche, qui doit faire face au monde extérieur, peuplé de bandits.
Remember Me (2013) se déroule en 2084 dans un Paris où les souvenirs sont contrôlés par l'armée et le pouvoir en place. N'importe qui risque de se voir effacer ses souvenirs. À la fin du jeu, lors du combat final, le terme « dystopie » est utilisé par l'un des personnages.
Papers, Please (2013) se déroule en Arstotzka, une dystopie communiste où vous incarnez un inspecteur des douanes. Vous avez pour principale mission de contrôler tous les immigrants désirant passer par votre checkpoint. Armé, pour commencer, de deux tampons « Approved » et « Denied », les évènements (attentats, visites officielles, etc.) et les personnages (corruption, contrebande, etc.) vont faire évoluer les contrôles et les complexifier au fil des jours.
En musique[modifier | modifier le code]
L'univers du groupe de rock anglais Muse est inspiré fortement par la dystopie. L'album The Resistance est imprégné de 1984 de George Orwell avec des musiques telles que United States of Eurasia ou encore Resistance (chanson). Ce n'est pas la seule référence à ce livre d'ailleurs puisqu'en 2001, sort l'album Origin of Symmetry, avec notamment la chanson Citizen Erased. Récemment, Muse réitère ses références avec l'album The 2nd Law, où le clip de Madness est très largement inspiré de l'histoire entre Julia et Winston dans 1984. Les clips fatalistes de The 2nd Law : Unsustainable / Isolated System montrent aussi un monde à l'aube d'un futur sombre.
Le cinquième album du groupe de rock anglais Coldplay, intitulé Mylo Xyloto (2011), raconte une histoire d'amour entre deux personnages fictifs évoluant dans un environnement urbain dystopique14.
Le quinzième album du groupe de Métal Megadeth s'appelle Dystopia et contient une chanson portant le même titre.
Dans les séries télévisées[modifier | modifier le code]
12 Monkeys (2015) est une série télévisée américaine créé par Terry Matelas et Travis Flickett. Elle est l’adaptation du film L'Armée des douze singes (12 Monkeys) réalisé en 1995 par Terry Gilliam, qui a lui même été inspiré du court métrage français La Jetée (1962), réalisé par Chris Marker. L’histoire se déroule en 2042 dans un monde post-apocalyptique où 99% de la population mondiale a succombé a un virus mortel d’origine inconnue. La terre est devenue invivable pour l’humanité, ce qui contraint les rares survivants à vivre sous terre. Le remède contre le virus n’ayant toujours pas été trouvé, des scientifiques placent leurs derniers espoirs dans un voyage dans le temps qui leur permettrait d’empêcher le virus de voir le jour. James Cole est alors choisi pour cette mission.
Black Mirror (2011) est une série télévisée d’anthologie britannique, créé par Charlie Brooker. D’après le créateur de la série, pour chaque épisode il y a un casting différent, un décor différent et une réalité différente mais les épisodes sont reliés par le thème commun d’une technologie dystopique. Ils traitent tous de la manière dont nous vivons tout de suite et de la manière dont nous pourrions vivre dans 10 minutes si nous sommes maladroits.
The Last Ship (2014) est une série télévisée américaine créé par Hank Steinberg et Steven Kane. Après plusieurs mois en mission secrète en Antarctique, l’équipage de l’USS Nathan James, destroyer de la United States Navy, découvre que le monde est ravagé par une épidémie qui a tué la majeure partie de la population mondiale et que le gouvernement des États-Unis n’existe plus. À son bord, une scientifique, elle aussi en mission, va tout faire pour trouver un vaccin à cet épidémie.
The 100 (2014) est une série télévisée américaine dont le concept a été imaginé par Alloy Entertainment et développé, en parallèle au roman éponyme de Kass Morgan duquel elle a été inspirée, par Jason Rothenberg. L’histoire débute près de 100 ans après qu’un holocauste nucléaire ait décimé la population mondiale. Seuls 4000 personnes qui habitaient en orbite dans les douze stations spatiales ont survécu. Depuis, les stations spatiales ont été reliées pour former l’Arche, et réorganisées afin de maintenir le reste de l’humanité en vie. Cependant, après trois générations de survivants et malgré des mesures très strictes prises pour ne pas gaspiller l’énergie, l’Arche se meurt et les dirigeants doivent faire des choix impitoyables. 100 jeunes prisonniers sont alors envoyés sur Terre afin de découvrir si elle est à nouveau habitable.
Under the Dome (2013) est une série télévisée américaine créé par Brian K. Vaughan, d’après le roman éponyme de Stephen King, qui a été diffusé de 24 juin 2013 au 10 septembre 2015 sur le réseau CBS et sur le réseau Global au Canada. L’histoire se déroule à Chester’s Mill, une petite ville du Maine, qui se retrouve un beau jour enfermée dans un dôme invisible et infranchissable. Pris au piège, les habitants de cette ville vont devoir se soutenir mutuellement pour survivre ensemble sous ce dôme mystérieux.
Notes et références[modifier | modifier le code]
↑ « Dystopie » [archive]
↑ Nieves Meijde (trad. Joséphine Coqblin), « La dystopie : réalité ou fiction ? », Le Journal International,‎ 22 septembre 2013 (lire en ligne [archive])
↑ Raymond Trousson, Voyages aux pays de nulle part : Histoire littéraire de la pensée utopique, Bruxelles, Editions de l'Université de Bruxelles, 1999, 3e éd., p. 9-10
↑ Voir « science-fiction » [archive] sur larousse.fr.
↑ Ou plutôt le mot dystopians. (en) « Article dystopia », dans Oxford English Dictionary
↑ Dans (en) Krishan Kumar, Utopia and Anti-Utopia in Modern Times, Oxford, Basil Blackwell, 1987, p. 109-110, on lit :
The anti-utopia felt no need to look very far into the future […] It was this evident focus on a clearly recognizable contemporary world that gave the anti-utopians the reputation of being hard-headed realists, as against the woolly idealism of the utopians.
— Krishan Kumar, Utopia and Anti-Utopia in Modern Times

« L'anti-utopie ne ressent pas le besoin de se projeter très loin dans le futur […] C'est ce ciblage évident sur un monde contemporain clairement reconnaissable qui a donné aux anti-utopistes la réputation d'être des réalistes têtus par comparaison avec l'idéalisme confus des utopistes. »
— Utopia and Anti-Utopia in Modern Times

↑ Sur l'absence d'action dans la dystopie :
« L'idéal, c'est clair, sera atteint lorsque rien n'arrivera plus. »
— Zamiatine, Nous autres p. 36
↑ George Orwell (trad. Bernard Hoepffner, préf. Jean-Jacques Rosat), Écrits politiques (1928-1949) : Sur le socialisme, les intellectuels et la démocratie, Marseille, Agone, coll. « Bancs d'essais », 2009, 401 p. (ISBN 9782748900842), p. 357
↑ Par exemple l'Histoire du communisme ou réfutation historique des utopies socialistes d'Alfred Sudre (1849). Cf. Régis Messac (préf. Serge Lehman), « La Négation du progrès dans la littérature moderne ou Les Antiutopies », dans Les premières utopies, Paris, Editions Ex Nihilo, 2008 (1re éd. 1936-1938), 183 p. (ISBN 2916185054), p. 143.
↑ Il cite à cet égard — et entre autres — Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Cf. Régis Messac (préf. Serge Lehman), « La Négation du progrès dans la littérature moderne ou Les Antiutopies », dans Les premières utopies, Paris, Editions Ex Nihilo, 2008 (1re éd. 1936-1938), 183 p. (ISBN 2916185054), p. 137.
↑ (en) Nadia Khouri, « The Political Genealogy of 1984 », Science-Fiction Studies, vol. 12-2, no 36,‎ juillet 1985, p. 136-147 (ISSN 0091-7729)
↑ p. 222.
↑ Voir sur nybooks.com. [archive]
↑ « Interview avec Chris Martin: "Ce n'est plus aussi facile" » [archive], sur 7sur7.be,‎ 28 octobre 2011 (consulté le 14 août 2012).
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:18

Bibliographie
Jean-Paul Engélibert, Apocalypses sans royaume (politique des fictions de la fin du monde), Classiques Garnier, Paris, 2013 (ISBN 978-2-8124-1028-4)
Clément Dessy, Valérie Stiénon (dir.), (Bé)vues du futur : Subtitle Les imaginaires visuels de la dystopie (1840-1940), éd. Presses Universitaires du Septentrion, 2015 (ISBN 978-2-7574-0887-2)

Articles connexes
Anticipation
Anticipation sociale
Behaviorisme
Eugénisme
Fable politique
Humanistes
Satire
Science-fiction
Utopie

L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à intervenir sur le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé, du moins tel que conçu à l'époque en cours. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une culture qui valoriserait la recherche de l’« enfant parfait ».

Le terme eugenics a été employé pour la première fois en 1883 par le scientifique britannique Francis Galton. Les travaux de celui-ci participèrent à la constitution et à la diffusion de la mouvance eugéniste. Mené par des scientifiques et des médecins, le mouvement de promotion de l'eugénisme qui se met en place au tournant du xxe siècle milite en faveur de politiques volontaristes d'éradication des caractères jugés handicapants ou dans le but de favoriser des caractères jugés bénéfiques. Son influence sur la législation s’est traduite principalement dans trois domaines : la mise en place de programmes de stérilisations contraintes là où la culture dominante le permettait, un durcissement de l’encadrement juridique du mariage et des mesures de restriction ou promotion de tel ou tel type d’immigration.

Dans la période contemporaine, les progrès du génie génétique et le développement des techniques de procréation médicalement assistée ont ouvert de nouvelles possibilités médicales (diagnostic prénatal, diagnostic préimplantatoire…) qui ont nourri les débats éthiques concernant la convergence des techniques biomédicales et des pratiques sélectives.

Singapour a mis en place, ainsi que la Chine, un système qualifié d'eugéniste.
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Le darwinisme social, ou spencérisme, est une doctrine politique évolutionniste apparue au xixe siècle qui postule que la lutte pour la vie entre les hommes est l'état naturel des relations sociales. Selon cette idéologie, ces conflits sont aussi la source fondamentale du progrès et de l'amélioration de l'être humain. Son action politique préconise de supprimer les institutions et comportements qui font obstacle à l'expression de la lutte pour l’existence et à la sélection naturelle qui aboutissent à l’élimination des moins aptes et à la survie des plus aptes (survival of the fittest : survie du plus apte).

Envisagé à l’échelle de la compétition entre les individus, il préconise la levée des mesures de protection sociale, l’abolition des lois sur les pauvres ou l’abandon des conduites charitables. Le sociologue Herbert Spencer, un des idéologues, pense ainsi que « toute protection artificielle des faibles est un handicap pour le groupe social auquel ils appartiennent, dans la mesure où cette protection a pour effet [...] de le mettre en position d'infériorité face aux groupes sociaux rivaux. » Son versant racialiste fait, à l’échelle de la compétition entre les groupes humains, de la « lutte entre les races » le moteur de l’évolution humaine. Il s’est conjugué à la fin du xixe siècle avec les théories eugénistes.
Selon l'historien de la pensée sociale britannique Mike Hawkins, le journaliste anarchiste Émile Gautier est le premier à avoir employé l'expression « darwinisme social » pour en faire la critique, dans une brochure du même nom publié en 1880 à Paris3. De son vivant, Charles Darwin s'est opposé avec vigueur à l'application « brutale » de la sélection naturelle au sein des sociétés humaines, publiant en 1871 La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe contre le spencérisme. Il y avance que la sociabilité et l'empathie ont été sélectionnées au cours de l'évolution humaine.
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La thèse de l'entraide est développée en 1902 par Pierre Kropotkine dans L'Entraide : Un facteur de l'évolution une critique claire vis-à-vis du darwinisme social. Dans cet ouvrage, le prince et anarchiste russe répond spécifiquement aux théories de Thomas H. Huxley publiées dans La Lutte pour l’existence dans la société humaine en 1888. Kropotkine, sans nier la théorie de l’évolution de Darwin, y précise que les espèces les mieux adaptées ne sont pas nécessairement les plus agressives, mais peuvent être les plus sociales et solidaires. Il fournit des exemples empiriques du règne animal, ainsi que d’autres puisés dans des sociétés humaines, celles qu’il appelle les « Sauvages », les « Barbares », les villes médiévales, ainsi que dans la société de son époque. Kropotkine ne nie pas non plus l’existence de compétition, mais pense que la compétition est loin de constituer le seul facteur de l'évolution, et que l’évolution progressiste est plutôt due à la socialisation et à l’entraide mutuelle.

Le primatologue néerlando-américain Frans de Waal, qui a étudié au début du xxie siècle le sentiment d'empathie chez les animaux, en déduit que le darwinisme social « est une interprétation abusive : oui, la compétition est importante dans la nature mais, on l'a vu, il n'y a pas que cela. (...) Nous sommes aussi programmés pour être empathiques, pour être en résonance avec les émotions des autres. »
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:23

Le mot « laïc », apparu au XIIIe siècle et d'usage rare jusqu'au XVIe siècle, désigne les personnes (et les choses) qui ne sont pas de condition religieuses (prêtres, religieux), de la même manière que le mot civil désigne ceux qui ne sont pas de condition militaire.

Ce terme est issu du latin laicus « commun, du peuple (laos) », terme ecclésiastique repris au grec d'église λαϊκός, laikos, « commun, du peuple (Laos) »N 1, par opposition à κληρικός, klerikos (clerc)4, désignant les institutions proprement religieuses. Le terme laicus est utilisé dans le vocabulaire des églises chrétiennes dès l'Antiquité tardive pour désigner toute personne de la communauté qui n’est ni clerc, ni religieux c'est-à-dire profane en matière de théologie. Cependant, elle appartient bien à l'Église, dans le sens qu'elle en suit le culte (l'incroyance étant alors inconcevable à l'époque); et peut même y exercer des fonctions importantes. L'abstrait désignant cette position a donné en français le terme « laïcat ».

Au Moyen Âge, le mot « laïc » distingue l'homme commun, qui doit être enseigné, de l'individu « instruit » consacré par son état religieux.

Ferdinand Buisson, un des inspirateurs des lois laïques de la Troisième République française, définit plus la laïcité comme de la sécularisation des institutions politiques d'un État, à savoir que cet État ne s'adosse à aucune religion officielle, ni ne suppose quelque onction divine. Le principe de séparation des pouvoirs politique et administratif de l’État du pouvoir religieux en est une application :

« Ce n'est que par le lent travail des siècles que peu à peu les diverses fonctions de la vie publique se sont distinguées, séparées les unes des autres et affranchies de la tutelle étroite de l’Église. La force des choses a de très bonne heure amené la sécularisation de l'armée, puis celle des fonctions administratives et civiles, puis celle de la Justice. Toute société qui ne veut pas rester à l'état de théocratie pure est bien obligée de constituer comme forces distinctes de l’Église, sinon indépendantes et souveraines, les trois pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire. Mais la sécularisation n'est pas complète quand sur chacun de ces pouvoirs et sur tout l'ensemble de la vie publique et privée le clergé conserve un droit d'immixtion, de surveillance, de contrôle ou de veto. Telle était précisément la situation de notre société jusqu'à la Déclaration des droits de l'homme. La Révolution française fit apparaître pour la première fois dans sa netteté entière l'idée de l’État laïque, de l’État neutre entre tous les cultes, indépendant de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique. L'égalité de tous les Français devant la loi, la liberté de tous les cultes, la constitution de l'État-civil et du mariage civil, et en général l'exercice de tous les droits civils désormais assuré en dehors de toute condition religieuse, telles furent les mesures décisives qui consommèrent l’œuvre de sécularisation. Malgré les réactions, malgré tant de retours directs ou indirects à l'ancien régime, malgré près d'un siècle d'oscillations et d'hésitations politiques, le principe a survécu : la grande idée, la notion fondamentale de l’État laïque, c'est-à-dire la délimitation profonde entre le temporel et le spirituel, est entrée dans nos mœurs de manière à n'en plus sortir. Les inconséquences dans la pratique, les concessions de détail, les hypocrisies masquées sous le nom de respect des traditions, rien n'a pu empêcher la société française de devenir, à tout prendre, la plus séculière, la plus laïque de l'Europe. »

En France, la liberté de conscience fait partie des Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (PFRLR), qui sont des principes dégagés par le Conseil constitutionnel français et par le Conseil d'État, qui figurent dans le bloc de constitutionnalité, elle recouvre notamment le droit de ne pas être croyant, la liberté de culte si on l'est, le droit de changer de religion ou de conviction, l'objection de conscience et le droit à l'éducation en accord avec ses convictions religieuses et philosophiques.

Elle découle :

de l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 17893 :

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi »

de l'article 1er de la loi de séparation des Églises et de l'État de 19054 :

« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public »

de l'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme qui définit le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cela comprend aussi la liberté de changer de religion ou de convictions, et de manifester sa religion ou ses convictions individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites et l'objection de conscience selon la jurisprudence de la cour.
de l'article 2 du premier protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'homme permettant aux parents d'éduquer leurs enfants en accord avec leurs convictions religieuses et philosophiques5.

La Commission de réflexion sur l'application du principe de laïcité dans la République parle de la liberté de conscience comme du « second pilier de la laïcité »6.
Déclaration universelle des droits de l'homme

La Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée en 1948 par les Nations unies, mais qui n'a pas de portée contraignante, définit la liberté de conscience et de religion dans son article 18 :

« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

Liberté de conscience et fanatisme

Le fanatique religieux est-il suffisamment libre pour bénéficier du droit à la liberté de conscience ? Selon le philosophe Henri Pena-Ruiz, le principe de liberté de conscience est une invention laïque et un rempart contre le fanatisme7.

Ainsi, se fondant sur l'interdiction de l'abus de droit, la Cour européenne des droits de l'homme a dénié le droit d'association à des mouvements pronant la charia car contraires aux valeurs de la convention8.
Église catholique

Dans l'Église catholique, la place de la liberté de conscience vis-à-vis du magistère et de l'autorité cléricale a historiquement fait l'objet de polémiques. Elle est dénoncée dans l'encyclique Mirari Vos au XIXe siècle par le pape Grégoire XVI qui y voit un deliramentum (trad. : une absurdité9) et la seule cause de la déchéance des anciens États puissants « pour amener la destruction des États les plus riches, les plus puissants, les plus glorieux, les plus florissants, il n'a fallu que cette liberté sans frein des opinions, cette licence des discours publics, cette ardeur pour les innovations. »10.

Le concile Vatican II, par la déclaration Dignitatis Humanae, reconnaît la liberté religieuse. Comme le précise le catéchisme de l'Église catholique, « Le droit à la liberté religieuse n’est [A] ni la permission morale d’adhérer à l’erreur, [B] ni un droit supposé à l’erreur, [C] mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure […] ». Un débat a cours entre les théologiens pour savoir si les condamnations des papes du XIXe siècle sont devenues sans objet ou si elles restent d'actualité car portant sur le rejet des thèses [A] et [B] mentionnées dans le catéchisme.


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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:25

Haute naissance scandaleuse

Astralabe naît hors mariage, Fils des célèbres amants Héloïse et Abélard, à l'automne 11162 chez sa tante paternelle Denyse, à laquelle Abélard a confié la garde de sa maîtresse enceinte3. Son grand père paternel est le seigneur du Pallet, Bérenger, homme de cour attaché au comte Mathias. Quatre ans plus tôt, c'est en compagnie du duc et roi Fergent que ce grand père a pris l'habit de moine à l'abbaye de Redon, tandis que, parallèlement, sa grand mère paternelle, Lucie, se retirait en compagnie de la duchesse et reine Ermengarde à Fontevraud4.

Quand Astralabe naît, dans les circonstances rocambolesques qui ont donné matière au mythe d'Héloïse et Abelard, son père est déjà parvenu à une gloire qui dépasse les frontières et en fait la vedette des intellectuels de son temps. Sa mère est déjà célèbre pour être l'unique femme ayant osé suivre l'enseignement des arts libéraux5.

Quand ses parents retournent à Paris régulariser leur situation par le mariage, l'enfant est confié, non sans déchirements, à Denyse6.
Un prénom ésotérique
Astrolabe de Saragosse
dit d'Ahmed le Ciseleur
exposé au Musée national germanique,
contemporain de ceux qu'Abélard étudiait.

Le prénom d'Astralabe, forme ancienne d'astrolabe, est choisi par sa mère en l'absence de son père, reparti à Paris négocier un arrangement familial avec l'oncle et tuteur de celle-ci. C'est un prénom non chrétien tout à fait unique. Il dénote une prédilection pour l'Antiquité grecque et les sciences de l'époque, dont Abélard s'efforce d'introduire l'étude à travers la Logica nova au sein des écoles cathédrales. Celui-ci a eu l'occasion de rencontrer à Laon Adélard de Bath, le spécialiste des astrolabes du moment7, lors d'un voyage effectué l'année précédant sa rencontre avec Héloïse. L'astrolabe, qui n'est à l'époque pas encore utilisé pour la navigation, évoque l'astrologie, qui ne se distingue pas encore de l'astronomie.

Le prénom a été choisi également pour la signification de Puer Dei, c'est-à-dire rien moins que Fils de Dieu, que forment les lettres restantes lorsqu'on extrait celles d'Astralabe de l'anagramme du nom latin Petrus Abaelardus II8, soit Pierre Abélard junior. Héloïse affirme ainsi l'espoir du salut du monde placé dans la génération à venir et invite à l'imitation de Jésus-Christ. En dédiant son fils à une des hypostases, celle du Fils, elle file une allégorie eschatologique de la Sainte Trinité qui se retrouvera dans l'oraison funèbre dédiée à Abélard9 et dans sa correspondance10. Si l'être aimé, pour elle Abélard, reflète sur terre l'image du Christ, elle prend elle-même dans ce nouveau tableau de la Sainte Famille la place du Paraclet, consolateur du pécheur. C'est la première référence du thème11, qui sera développé à la génération suivante par la poésie courtoise12, de la dame aimée célébrée comme consolation de l'âme13.

Ce prénom est donc en soi un programme philosophique à contre courant voire gnostique et un hommage aux cultures non évangéliques, de la Grèce antique comme d'Al Andalus. L'enfant sera toutefois baptisé sous le patronage de Pierre, nom en religion de son père.
Chant pour Astrolabe

Élevé en Bretagne dans une famille aristocratique, Astralabe devenu adolescent poursuit à l'école cathédrale de Nantes le cursus des arts libéraux puis des études supérieures. C'est probablement là qu'il reçoit de son père sexagénaire, redevenu écolâtre à l'abbaye Saint Geneviève du Mont depuis 1136, des félicitations sous la forme versifiée d'une sorte de nouvelle Ethique à Nicomaque plus pratique de mil quarante strophes, le Chant pour Astrolabe14.

« Astrolabe mon fils, douceur de la vie d'un père
Fais plus pour apprendre que pour enseigner.
Si ce que tu apprends t'a échappé, arrête d'apprendre.
Sois attentif non à par qui s'est dit mais à ce qui est dit15. »

— Premiers conseils du professeur de logique et exégète Abélard à son fils étudiant16.
Carrière cléricale et monastique

Breton, Astralabe n'obtient pas de canonicat en France, malgré la démarche entreprise en 1144, deux ans après la mort de son père, par sa mère, devenue abbesse du Paraclet, auprès de Pierre le Vénérable17, devenu le supérieur de celle-ci. En revanche, il en obtient un du chapitre cathédral de Nantes, qui le dote de la prébende versée à son oncle paternel Porchaire par l'abbaye de Buzay18 quand ce dernier s'y retire, en 1144.

Quelques années plus tard, soit dans les suites d'un coup d'État lié à la disparition prématurée à Nantes de l'usurpateur Geoffroy Plantagenêt le vieux1, il est exilé, vraisemblablement par Bernard d'Escoublac1, secrétaire de feu Bernard de Clairvaux, à Cherlieu19. Cette filiale de Cluny se trouve à quelque soixante-dix lieues du Paraclet où sa mère a dressé le tombeau de son père, mais en Empire, de l'autre côté de la frontière. L'implication dans le coup d'état de ce jeune chanoine aristocrate, dont la famille est du parti adverse des Plantagenêt, n'est pas documentée et, dans l'imprécision des dates, reste une hypothèse1. Les clercs meurtriers échappaient à la justice seigneuriale et se voyaient en général simplement exilés1.

De sa nouvelle maison, Astralabe est missionné à la fin de l'année julienne 116220 par cette abbaye pour devenir le quatrième abbé de la filiale de Hauterive21 en Transjurane. C'est là qu'il trépasse le 5 août22 117121 à l'âge de cinquante quatre ans. L'anniversaire de son décès continue d'y être commémoré par une prière23.
Notes et références

↑ a, b, c, d et e B. M. Cook, One Astralabe or two ? The mystery of Abelard's son [archive], Association culturelle Pierre Abélard [archive], Le Pallet, juin 1999.
↑ S. Piron, "Reconstitution de l'intrigue", in Lettres des deux amants, p. 27, NRF Gallimard, Paris, 2005 (ISBN 2-07-077371-X).
↑ Abélard, éd. J. Monfrin, Historia calamitatum, p. 74, Vrin, Paris, 1978.
↑ B. M. Cook, Abelard and Heloise : some notes towards a family tree [archive]., Genealogists' Magazine, vol. 26, no 6, p. 208, Londres, juin 1999.
↑ G. Constable, The letters of Peter The Venerable, no 167, Harvard, Cambridge (Massachusetts), 1967.
P. de Montboissier, Première lettre à Héloïse, in L. Stouff, Héloïse et Abélard lettres, 10/18, Paris 1964.
↑ Ch. de Rémusat, Abélard: sa vie, sa philosophie et sa théologie [archive], vol. I, p. 2, Didier libraire éditeur, 1855.
↑ L. Cochrane, Adelard of Bath : the first English scientist, p. 23, British Museum Press, Londres, 1994.
↑ B. East, Abelard’s Anagram, int Notes and Queries, nouvelles séries 42-3, p. 269, Oxford University Press, Oxford, 1995.
↑ A.A.L. Follen (de), Alte christliche Lieder und Kirchengesänge : Teutsch und lateinisch: nebst einem Anhange, p. 128-233, Büschler, 1819.
↑ Abélard & Héloïse, ed. E. Bouyé, Correspondance, Folio Gallimard, Paris, septembre 2000 (ISBN 2-07-041528-7).
↑ D. de Rougemont, L'Amour et l'Occident, p. 234, 10/18, Paris, 1972 (ISBN 2-264-00838-5).
↑ D. de Rougemont, L'Amour et l'Occident, p. 120-121 & 408, 10/18, Paris, 1972 (ISBN 2-264-00838-5).
↑ D. de Rougemont, L'Amour et l'Occident, p. 84 & sq., 10/18, Paris, 1972 (ISBN 2-264-00838-5).
↑ Rubingh-Bosscher, op. cité.
↑ Abéblard, Chant pour Astrolabe, I, v. 1, 3, 5 & 7, Paraclet ?, ~1139.
↑ J.B. Hauréau, Notice et extraits des manuscrits de la bibliothèque nationale, t. XXXIV-2, p. 153, Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, 1895.
↑ G. Constable, The letters of Peter The Venerable, no 168, Harvard, Cambridge (Massachusetts), 1967.
P. de Montboissier, Deuxième lettre à Héloïse, in L. Stouff, Héloïse et Abélard lettres, 10/18, Paris 1964.
↑ Archives de Loire-Inférieure, fonds de l'abbaye de Buzé : Jugement de Bernard, évêque de Nantes sur un litige avec les moines de Buzay relatif à une vigne. 1153/1157, in Bulletin, vol. IV, p. 50-51., Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, Nantes, 1881.
↑ Dr Sinner, Tradition monastique orale, Ministère de la Culture, Berne, 1845, cité in R. Pittet, L'abbaye d'Hauterive au Moyen Âge, p. 96, Fragnière Frères ed., 1934.
↑ B. de Vevey, Le nécrologe de l'abbaye cistercienne de Hauterive, f. 80, Berne, 1957.
↑ a et b Liste des Abbés de Hauterive, depuis la fondation de ce couvent jusqu'à l'année 1302., in Mémorial de Fribourg, recueil périodique, vol II, p. 14-15, Fribourg, 1855.
↑ R. de Castella, Necrologium sive mortirologium in quo continentur Nomina Reverendissimorum D.D. Abbatum, Religiosorum, ac Benefactorum Monasterij B.V.M. de Alataripa Ord. Cist., BCU L812, Archives cantonales, Fribourg, 1774.
↑ Fr. Henri-Marie, Lettre du prieur de Hauterive à M.. & Mme. Rocou, Archives privées, Le Pallet, 1999, cité in B. M. Cook, One Astralabe or two ?, op. cit.

Bibliographie

Abélard, éd. J. Monfrin, Historia calamitatum, Vrin, Paris, 1978.
J. M.A. Rubingh-Bosscher, Peter Abelard. Carmen ad Astralabium. A Critical Édition, chez l'auteur, Groningue, 1987.
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:29

Le droit de Prénom, une liberté laïque...

Un fruit de l'Espérance...

Astralabe (né à l'automne 1116 au Pallet - mort le 5 août 1171 à Hauterive en Fribourg), Astralabius en latin, Astrolabe en français moderne, est un chanoine nantais devenu abbé clunisien. Fils des célèbres amants Héloïse et Abélard

La liberté de religion, liberté de culte ou liberté de croyance désigne le droit subjectif fondamental des personnes de choisir et de pratiquer une ou aucune religion donnée et l'évaluation du respect de ce droit. Par extension, elle fait référence aux textes de droit, déclarations, pactes, conventions, lois, textes constitutionnels divers qui permettent d'affirmer, défendre, étendre ou limiter ce droit. La liberté de religion est un aspect de la liberté de conscience.

La Convention européenne des droits de l'homme reprend dans son article 9 et en l'amendant, l'article 18 de la Déclaration Universelle : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites. » et précise également les restrictions liées à la liberté de conviction et de religion en amendant l'alinéa 3 de la déclaration de 1981 : « La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. »4
En France

Concernant la France, la liberté religieuse est évoquée dans l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. »

La loi de séparation des Églises et de l'État en 1905, élément clé de la laïcité française, introduit la notion de « culte » qui désigne la pratique associée à une croyance au sens large. L'État s'interdit de définir ce qu'est ou n'est pas une religion ou une croyance. Son article premier dispose que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »5

Selon l'article 1 de la Constitution française de 1958, « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Notons le terme de « croyance » et non de « religion ».
Aux États-Unis
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:32

Un monarque Asbolue et pourtant laïque dans l'aspect de sa modernité au contraire des ...

Ashoka traite également toutes les religions, faisant et recommandant de faire des dons aux moines bouddhistes, jaïns aussi bien qu'aux brahmanes. Cette attitude impressionne durablement les souverains indiens qui pendant longtemps font des dons aux différentes religions présentes dans le pays. Il promeut la non-violence (ahimsa) dans ses édits et dans sa façon de vivre, incitant au végétarisme, interdisant les sacrifices et la torture. Il limite l'abattage des animaux à la cour et remplace la chasse par des pèlerinages. Il encourage la diffusion du bouddhisme pour lequel il convoque un concile dans la capitale et aurait fait édifier 84 000 stupas dont ceux de Sarnath et Sanchi largement remaniés au cours des siècles suivants.

La prospérité économique, les échanges et la paix favorisent l'essor culturel. Le règne d'Ashoka voit l'apparition de l'épigraphie et d'une sculpture sur pierre de grande qualité influencée par l'art grec et perse. Elle se caractérise par sa sobriété, des motifs animaliers et des chapiteaux en corolle de lotus renversée comme en témoignent les colonnes aux chapiteaux aux lions retrouvées à Sarnath et Vaishali...

Ashoka ou Açoka (hindi : अशोक, IAST : Aśoka ; né v. 304 av. J.-C. mort en 232 av. J.-C.) est le troisième empereur de la dynastie indienne des Maurya.

Il accède au pouvoir en 273 av. J.-C. et s'efforce tout d'abord de consolider et d'agrandir l'empire hérité de son père Bindusara. À la suite de la conquête meurtrière du Kalinga, il adopte les principes non violents (ahimsa) du bouddhisme. Dès lors l'empire n'est plus troublé par la guerre et, en souverain pacifique, il s'emploie à l'organiser grâce à un corps important de fonctionnaires et une police efficace ainsi qu'au travers d'édits gravés sur des rochers ou des colonnes dispersés dans tout le pays. Il interdit les sacrifices, promeut le végétarisme et encourage la diffusion du bouddhisme en Inde et dans toute l'Asie.

L'empire d'Ashoka s'étend de l'actuel Afghanistan jusqu'au Bengale et aussi loin vers le sud que le plateau de Mysore mais il ne lui survit guère, s'effondrant en cinquante ans. Cependant, Ashoka est le premier souverain à réaliser l'unité de l'Inde sur un aussi vaste territoire et, consciente de son apport dans l'histoire nationale, la République indienne a emprunté au chapiteau qui surmonte le « pilier d'Ashoka » de Sarnath son emblème national aux lions et la roue du dharma qui figure sur son drapeau.
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:34

Anne Boleyn (vers 15001 – 19 mai 1536) est la deuxième épouse du roi Henri VIII d'Angleterre et reine consort de 1533 à 1536. Elle est la mère de la reine Élisabeth Ire. Son mariage avec Henri VIII est à l'origine du changement politique et religieux complexe, et souvent tragique, qu'a été la réforme anglaise. Accusée d'adultère, d'inceste et de haute trahison, elle est exécutée par décapitation. Il est maintenant généralement admis qu'elle était innocente de ces accusations. Anne Boleyn a été célébrée plus tard comme martyre dans la culture protestante, particulièrement dans l'œuvre de John Foxe.

L'absence de registre paroissial ne permet pas d'établir la date de naissance précise d'Anne Boleyn. Au début du XVIIe siècle, un historien italien a suggéré qu'elle était née en 1499, tandis que le gendre de Thomas More, William Roper suggère la date beaucoup plus tardive de 1512. De nos jours, les cercles académiques tendent à s'accorder sur deux dates plausibles : 1501 et 15072. L'historien britannique Eric Ives, expert de la période Tudor estime que 1501 est la date la plus appropriée, tandis que Retha Warnicke, une universitaire américaine, préfère la date de 1507.

Une des pièces les plus probantes est une lettre qu'Anne aurait écrite à son père vers 15143. Cette lettre est rédigée en français, sa deuxième langue, alors qu'elle complète son éducation aux Pays-Bas, auprès de Marguerite d'Autriche. Selon Ives, le style de la lettre et la maturité de l'écriture prouvent qu'Anne doit avoir environ treize ans au moment de sa rédaction. Cet âge est proche aussi de l'âge minimum requis pour être dame de compagnie ; une thèse corroborée par un chroniqueur de la fin du XVIe siècle, qui écrit qu'Anne est âgée de vingt ans lors de son retour de France4. Cependant, Jane Dormer (1538-1612), duchesse de Feria, qui fut dame d'honneur de la reine Marie Ire, affirme dans ses mémoires qu'Anne n'avait pas encore vingt-neuf ans au moment de sa mort et William Camden (1551-1625), biographe de la reine Elisabeth Ire, indique 1507 comme étant l'année de naissance d'Anne. Faute de preuves substantielles, il est donc impossible d'en tirer une conclusion définitive.
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:36

L'astronomie est considérée comme la plus ancienne des sciences1. L'archéologie révèle en effet que certaines civilisations disparues de l'Âge du bronze, et peut-être du Néolithique, avaient déjà des connaissances en astronomie. Elles avaient compris le caractère périodique des équinoxes et sans doute leur relation avec le cycle des saisons, elles savaient également reconnaître certaines constellations. L'astronomie moderne doit son développement à celui des mathématiques depuis l'antiquité grecque et à l'invention d'instruments d'observation à la fin du Moyen Âge. Si l'astronomie 'est pratiquée pendant plusieurs siècles parallèlement à l'astrologie, le siècle des Lumières et la redécouverte de la pensée grecque a vu naître la distinction entre la raison et la foi, si bien que l'astrologie n'est plus pratiquée par les astronomes.
Antiquité
Dans la Haute Antiquité

À ses débuts, l'astronomie consiste simplement en l'observation et en la prédiction du mouvement des objets célestes visibles à l'œil nu. Ces différentes civilisations ont légué de nombreux apports et découvertes.

Préalables :
Inutile de préciser que toutes les observations se faisaient à l'œil nu puisque les anciens étaient aidés dans cette tâche par l'absence de pollution industrielle et surtout lumineuse. C'est pour cette raison que la plupart des observations à l'antique seraient impossibles aujourd'hui. Les dessins de la Grotte de Lascaux sont en étude, on a pensé que les dessins servaient d'emplacements de constellations.
Il faut avoir à l'esprit que ces observations, parfois relativement simples en apparence (simple dessin de quatre ou cinq astres), supposent déjà une haute avancée dans la civilisation, à savoir l’existence d’un ensemble regroupant au minimum : une écriture ou tout au moins de son ébauche, (une proto-écriture regroupant conjointement un ensemble de signes représentant les principaux objets et évènements) et un « système » comprenant une cosmogonie, une cosmologie, une carte du ciel connu sans oublier un calendrier (parfois très développé) et un observatoire, celui-ci souvent rudimentaire. Sans ces préalables, il ne saurait exister d’observation astronomique enregistrable.
Durant des millénaires, l'astronomie fut couramment associée à l'astrologie, qui en était d'ailleurs souvent le primum movens. Le divorce n'interviendra qu'au siècle des Lumières pour se perpétuer de nos jours.
Les systèmes les mieux connus sinon les plus développés sont :
au Néolithique : tous les grands cercles mégalithiques sont en fait des observatoires astronomiques, citons les plus connus : Nabta Playa, vieux de 6 000 à 6 500 ans et Stonehenge (Wiltshire, Angleterre) 1 000 ans plus tard. Flammarion, qui le comprit l’un des premiers, parlera au sujet des cercles mégalithiques de « monuments à vocation astronomique » et d'« observatoires de pierre ».

Stonehenge

aux débuts de l’Histoire :
dans l'ancien monde :
l'astronomie indienne et chinoise : ainsi, le Rig-Veda mentionne 27 constellations associées au mouvement du Soleil ainsi que les 13 divisions zodiacales du ciel.
l'astronomie sumérienne, et ses dérivées les astronomies chaldéenne, mésopotamienne, égyptienne et hébraïque. Si bien que la Bible contient un certain nombre d'énoncés au sujet de la position de la Terre dans l'Univers et sur la nature des étoiles et des planètes.
dans le nouveau monde, les astronomies amérindiennes sont aussi déjà très développées notamment la Toltèque, la Zapotèque (assez proche) et la Maya tout à fait originale. Ainsi, sans aucun instrument optique, l'astronomie maya avait réussi à décrire avec précision les phases et éclipses de Vénus !

En Mésopotamie, l'astronomie voit apparaître ses premiers fondements mathématiques. Le repérage des trajets des astres errants se fait d'abord sur trois voies parallèles à l'équateur. Puis, après les premières observations systématiques de la fin du IIe millénaire (vers -1200), les trajets du Soleil et de la Lune sont mieux connus. Vers le VIIIe siècle av. J.-C. apparaît la notion d'écliptique et plus tard encore une première forme de zodiaque à douze parties égales (dans le temps, pas encore dans l'espace). Vers le milieu du Ier millénaire on voit ainsi cohabiter un repérage en douze signes très pratiques pour les calculs de position des astres, et un repérage en constellations utilisé pour les interprétations de la divination astrale. On détermine seulement vers ce moment-là les périodes des cycles des planètes, apparaît aussi le découpage en 360° de l'écliptique. L'astronomie mésopotamienne est différenciée en général de l'astronomie grecque par son caractère arithmétique : contrairement à l'astronomie grecque, l'astronomie mésopotamienne est empirique. On ne cherche pas les causes des mouvements, on ne crée donc pas de modèles pour en rendre compte, les phénomènes ne sont pas perçus comme des apparences résultant d'un cosmos représentable géométriquement. Les astronomes mésopotamiens ont cependant le grand mérite d'avoir consigné soigneusement de nombreuses observations dès le VIIIe siècle au moins. Ces observations seront très utiles aux astronomes grecs.
Dans l’Antiquité classique et tardive
Article détaillé : Astronomie grecque.

Socrate considère l’astronomie comme futile2,3, au contraire de l’Athènes antique : Les anciens Grecs, dont Ératosthène, Eudoxe de Cnide, Apollonios, Hipparque et Ptolémée, élaborent progressivement une théorie géocentrique très élaborée. Aristarque de Samos les bases d'une théorie héliocentrique. En ce qui concerne le Système solaire, grâce à la théorie des épicycles et à l'élaboration de tables fondées sur cette théorie, il fut possible, dès l'époque alexandrine, de calculer de manière assez précise les mouvements des astres, y compris les éclipses lunaires et solaires. Concernant l'astronomie stellaire, ils apportent d'importantes contributions, notamment la définition du système de magnitude. L’Almageste de Ptolémée contient déjà une liste de quarante-huit constellations et 1 022 étoiles.
Moyen Âge

L'astronomie ne peut être étudiée sans l'apport d'autres sciences qui lui sont complémentaires et nécessaires : les mathématiques (géométrie, trigonométrie), ainsi que la philosophie. Elle sert au calcul du temps.

Sur les sciences et l'éducation en général au Moyen Âge :
Articles détaillés : Science du Moyen Âge, Éducation médiévale et Sciences et techniques islamiques.
Haut Moyen Âge

L'astronomie indienne aurait culminé vers 500, avec l'Āryabhaṭīya, qui présente un système mathématique quasi-copernicien, dans lequel la Terre tourne sur son axe. Ce modèle considère le mouvement des planètes par rapport au Soleil.
Pour naviguer sur mer mais aussi dans le désert, les civilisations arabo-persanes avaient besoin de données très précises. Dérivée des astronomies indienne et grecque, l'astronomie islamique culminera vers le Xe siècle.

Il faut signaler le rôle de Boèce comme fondateur dès le VIe siècle du quadrivium, qui inclut l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie.

Après les invasions barbares, l'astronomie se développe relativement peu en Occident.

Elle est par contre florissante dans le monde musulman à partir du IXe siècle :

l'astronome persan al-Farghani (805–880) écrit beaucoup sur le mouvement des corps célestes ; Il effectue une série d'observations qui lui permettent de calculer l'obliquité de l'écliptique ;
Al-Kindi (801–873), philosophe et scientifique encyclopédique, écrit 16 ouvrages d'astronomie ;
Al-Battani (855–923), astronome et mathématicien ;
Al-Hasib Al Misri (850–930), mathématicien égyptien ;
Al-Razi (864–930), scientifique persan ;
Al-Farabi (872–950) grand philosophe et scientifique iranien.

À la fin du Xe siècle, un grand observatoire est construit près de Téhéran par l'astronome perse al-Khujandi.

La philosophie (Platon et Aristote) fait partie intégrante, avec l'ensemble des autres sciences (médecine, géographie, mécanique, etc.) de ce grand mouvement de renaissance appelé âge d'or de la civilisation arabo-musulmane.
Article détaillé : Civilisation islamique.

Saint Bède le Vénérable au VIIIe siècle développa en Occident les arts libéraux (trivium et quadrivium). Il établit les règles du comput pour le calcul des fêtes mobiles, et pour le calcul du temps, qui nécessitaient des éléments d'astronomie.

D'autres éléments furent introduits en Occident par l'intermédiaire de Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II) un peu avant l'an mille, avec la philosophie d'Aristote. Il est difficile de savoir exactement quels astronomes musulmans étaient connus de Gerbert d'Aurillac. Gerbert est important pour la compréhension du développement historique de l'ensemble du savoir occidental, qui incluait la philosophie.
Bas Moyen Âge

L'œuvre d'Al-Farghani est traduite en latin au XIIe siècle, en même temps que bien d'autres traités arabes et que la philosophie d'Aristote.
Article détaillé : Moyen Âge.

Dans le monde musulman, on peut citer :

en Perse, Omar Khayyam (1048–1131), qui compile une série de tables astronomiques et réforme le calendrier ;
Ibn al-Haytham (965–1039), mathématicien et physicien perse ;
Al-Biruni, (973–1048), mathématicien, astronome, encyclopédiste, etc. ;
Nasir ad-Din at-Tusi (1201–1274), philosophe, mathématicien, astronome et théologien perse (considéré comme l'un des fondateurs de la trigonométrie) ;
Al-Kashi (1380–1429), en Iran et Ouzbékistan actuels.

On peut encore citer Al-Maghribi, Al-Sufi.
Époque moderne
Dessin d'un astronome chinois en 1675.
Isaac Newton

Pendant la Renaissance, Copernic propose un modèle héliocentrique du Système solaire ayant de nombreux points communs avec la thèse de Nasir ad-Din at-Tusi, avec le De revolutionibus publié en 1543 après sa mort.

Près d'un siècle plus tard, cette idée est défendue, étendue et corrigée par Galilée et Kepler. Galilée imagine une lunette astronomique, en s'inspirant des travaux du hollandais Hans Lippershey (dont la lunette ne grossissait que trois fois et déformait les objets), pour améliorer ses observations. S'appuyant sur des relevés d'observation très précis faits par le grand astronome Tycho Brahe, Kepler est le premier à imaginer un système de lois régissant les détails du mouvement des planètes autour du Soleil, mais n'est pas capable de formuler une théorie allant au-delà de la simple description présentée dans ses lois.

C'est Isaac Newton qui, en décrivant la gravitation par ses lois du mouvement permet finalement de donner une explication théorique au mouvement des planètes. Il invente aussi le télescope réflecteur, qui améliore les observations.

Le passage du modèle géocentrique de Ptolémée au modèle héliocentrique avec Copernic / Galilée / Newton est décrit par le philosophe des sciences Thomas Samuel Kuhn comme une révolution scientifique4.
Époque contemporaine

On découvre que les étoiles sont des objets très lointains : l'étoile la plus proche du Système solaire, Proxima du Centaure, est à plus de quatre années-lumière.

Avec l'introduction de la spectroscopie, on montre qu'elles sont similaires au soleil, mais dans une grande gamme de température, de masse et de taille. L'existence de notre Galaxie, en tant qu'ensemble distinct d'étoiles, n'est prouvée qu'au début du XXe siècle du fait de l'existence d'autres galaxies.

Peu après, on découvre l'expansion de l'univers, conséquence de la loi de Hubble, établissant une relation entre la vitesse d'éloignement des autres galaxies par rapport au Système solaire et leur distance.

La cosmologie fait de grands progrès durant le XXe siècle, notamment avec la théorie du Big Bang, largement supportée par l'astronomie et la physique, comme le rayonnement thermique cosmologique (ou rayonnement fossile), et les différentes théories de nucléosynthèse expliquant l'abondance des éléments chimiques et de leurs isotopes.

Dans les dernières décennies du XXe siècle, l'apparition des radiotélescopes, de la radioastronomie, et des moyens de traitement informatique, autorise de nouveaux types d'expérimentations sur les corps célestes éloignés, par analyse spectroscopique des raies d'émission émises par les atomes et leurs différents isotopes lors des sauts quantiques, et transmis à travers l'espace par les ondes électromagnétiques.

L'UNESCO décrète 2009 comme étant l'Année mondiale de l'astronomie.
Matières de l'astronomie
Observations astronomiques et gravimétriques faites sur l'île de Cayenne en Guyane française) par l'astronome français Jean Richer, d'après une gravure de Sébastien Leclerc.

À son début, durant l'Antiquité, l'astronomie consiste principalement en l'astrométrie, c'est-à-dire la mesure de la position dans le ciel des étoiles et des planètes. Plus tard, des travaux de Kepler et de Newton naît la mécanique céleste qui permet la prévision mathématique des mouvements des corps célestes sous l'action de la gravitation, en particulier les objets du Système solaire. La plus grande partie du travail dans ces deux disciplines (l'astrométrie et la mécanique céleste), auparavant effectué à la main, est maintenant fortement automatisée grâce aux ordinateurs et aux capteurs CCD, au point que maintenant elles sont rarement considérées comme des disciplines distinctes. Dorénavant, le mouvement et la position des objets peuvent être rapidement connus, si bien que l'astronomie moderne est beaucoup plus concernée par l'observation et la compréhension de la nature physique des objets célestes.

Depuis le XXe siècle, l'astronomie professionnelle a tendance à se séparer en deux disciplines : astronomie d'observation et astrophysique théorique. Bien que la plupart des astronomes utilisent les deux dans leurs recherches, du fait des différents talents nécessaires, les astronomes professionnels tendent à se spécialiser dans l'un ou l'autre de ces domaines. L'astronomie d'observation est concernée principalement par l'acquisition de données, ce qui inclut la construction et la maintenance des instruments et le traitement des résultats. L'astrophysique théorique est principalement concernée par la recherche des implications observationnelles de différents modèles, c'est-à-dire qu'elle cherche à comprendre et à prédire les phénomènes observés.

L'astrophysique est la branche de l'astronomie qui détermine les phénomènes physiques déduits par l'observation des astres. Actuellement, les astronomes ont tous une formation poussée en astrophysique et leurs observations sont presque toujours étudiées dans un contexte astrophysique. En revanche il existe un certain nombre de chercheurs et chercheuses qui étudient exclusivement l'astrophysique. Le travail des astrophysiciens est d'analyser des données d'observations astronomiques et d'en déduire des phénomènes physiques.

Les domaines d'études de l'astronomie sont aussi classés en deux autres catégories :

Par sujet, généralement selon la région de l'espace (par exemple, l'astronomie galactique) ou le type de problème traité (formation des étoiles, cosmologie)
Par le mode d'observation, selon le type de particules détectées (lumière, neutrino) ou la longueur d'onde (radio, lumière visible, infrarouge).
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:37

L'exécution a lieu le matin du vendredi 19 mai 1536. Le gouverneur de la tour de Londres décrit la scène ainsi :

« Ce matin elle m'envoya chercher, car elle voulait que je l'accompagne dans sa communion pour que les gens comprennent son innocence et me dit ceci : "M. Kingston, j'ai entendu que je ne mourrai pas avant midi. Je suis déçue car je pensais être morte à cette heure et avoir oublié ma souffrance." Je lui répondis qu'elle ne souffrirait pas, c'était peu. Et elle me dit : "J'ai entendu que le bourreau était très habile, et j'ai un petit cou", elle prit alors son cou entre ses mains et se mit à rire. J'ai vu beaucoup de femmes exécutées, et elles étaient toutes en grande peine, et à ma connaissance, cette femme était dans la joie en l'attente de la mort. Son aumônier est toujours avec elle depuis deux heures après minuit. »

On l'amène enfin à l'endroit où est dressé l'échafaud (Tower Green) dans l'enceinte de la tour de Londres. Elle porte une petite cape rouge sur une grande robe grise en soie bordée de fourrure. Ses cheveux sont attachés et elle porte sa coiffe française habituelle. Elle fait une courte déclaration :

« Bon peuple chrétien, je suis venue ici pour mourir, parce que selon la loi et par la loi je dois mourir, alors je ne parlerai pas contre. Si j'ai été amenée à cette fin par la volonté de Dieu, je ne suis ici pour accuser personne, ou pour parler de ce dont je suis accusée et condamnée à mort, mais je prie Dieu pour sauver le roi et pour qu'Il lui accorde un long règne, car jamais il n'y eut de prince plus doux et clément, et, pour moi, il a toujours été un bon et doux souverain. Et si une personne s'intéresse à ma cause, je lui demande de juger pour le mieux. Sur ce, je prends mon congé du monde et de vous tous, et je vous demande du fond du cœur de prier pour moi. »

Selon l'usage, elle pardonne au bourreau qui l'en a suppliée. Elle demande aux assistants de prier pour le roi « qui est si bon ». Elle s'agenouille. Lors d'une exécution à la française, il n'y a pas de billot pour déposer sa tête. Ses demoiselles d'honneur lui enlèvent sa coiffe et lui bandent les yeux. Ses prières finales consistent à répéter : « À Jésus-Christ je recommande mon âme ; Jésus recevez mon âme. » L'exécution est brève, d'un seul coup d'épée. Selon une légende, le bourreau fut tellement touché par l'histoire d'Anne qu'il aurait dit : « Où est mon épée ? » la décapitant dans le même mouvement, pour qu'elle puisse penser qu'il lui restait encore un petit moment à vivre et qu'elle ne devine pas que l'épée s'abattait.

Sur l'autre rive de la Tamise, le théologien réformateur Alexandre de Hales accompagné de l'archevêque Thomas Cranmer marche dans les jardins du manoir Lambeth. Ils entendent les canons signalant la fin de l'exécution, l'archevêque lève les yeux au ciel et déclare : « Elle qui était une reine anglaise sur terre est devenue une reine du paradis ». Il s'assoit alors sur un banc et pleure41.

Le gouvernement n'a pas prévu de cercueil pour Anne, son corps et sa tête sont alors placés dans une caisse de flèches et enterrés sans cérémonie dans la chapelle de St Peter ad Vincula dans l'enceinte de la tour. Son corps fut l'un de ceux qui purent être identifiés lors de la restauration de la chapelle sous le règne de la reine Victoria : son lieu de repos éternel est maintenant signalé dans le marbre du sol.

L'ambassadeur de l'Empire, Chapuys, l'un des principaux acteurs de sa chute, écrira au roi en guise de condoléances : « Plus d'un homme bon et grand, même parmi les empereurs et les rois, a souffert de l'astuce des mauvaises femmes ». Afin de bien montrer qu'il ne regrette rien, le roi lui dira qu'Anne avait eu au moins cent amants. Chapuys écrira à l'empereur Charles Quint : « Vous n'avez jamais vu de prince ni d'homme qui fasse plus parade de ses cornes et les porte avec autant de sérénité ».
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:39

Pedanius Dioscoride (en grec ancien Πεδάνιος Διοσκορίδης Pedanios Dioskoridês), est né entre les années 20 et 40 ap. J.-C., à Anazarbe en Cilicie (une province romaine située sud-est de l'actuelle Turquie) et mort vers 90 ap. J.-C.. C'est un médecin, pharmacologue et botaniste grec dont l'œuvre a été une source de connaissances majeures en matière de remèdes de nature végétale, animale ou minérale, durant les 1 500 ans que couvrent les époques de l'Empire romain, de l'Empire byzantin, de la période arabe classique et du Moyen Âge au début de l'époque moderne en Europe1. Il est l'auteur de Peri hulês iatrikês (Περὶ ὕλης ἰατρικῆς), « À propos de la matière médicale », œuvre rédigée en grec mais plus connue sous le nom latin de De Materia Medica. Considéré comme un manuel de référence dans le domaine de la pharmacologie européenne et musulmane, il se conserva et se propagea tout au long de l'Antiquité et du Moyen Âge, par des copies du texte grec sur papyrus, parchemin et papier et à travers ses traductions en latin, syriaque, arabe, persan et langues européennes.

Jusqu'au début du XVIe siècle, l'ouvrage fut abondamment recopié (et plus ou moins remanié) et l'objet de quelques exégèses, sans qu'il soit porteur d'un progrès notable dans l'analyse botanique ou thérapeutiquen 1,2. Le tournant s'opère à l'époque de la Renaissance, où les riches commentaires du médecin Mattioli apportent une contribution nouvelle à la matière médicale et en annoncent d'autres tant dans les prescriptions médicales qu'en botanique, comme ce fut le cas des études de terrain précises faites aux siècles suivants, par les botanistes Tournefort et John Sibthorp.

Par la suite, le texte de Dioscoride cessa peu à peu d'être l'ouvrage de référence de la matière médicale. Quand les développements des sciences biologiques et de la chimie ouvrirent un nouveau paradigme de l'évaluation des remèdes, l'objet de la recherche passa de la matière médicale aux principes actifs, de l'écorce de quinquina à la quinine, du pavot à la morphine, etc. Les plantes médicinales laissèrent progressivement la place à des remèdes chimiques aux doses parfaitement contrôlées et le nom de Dioscoride fut largement oublié. Les chercheurs ne visèrent plus à s'inscrire dans des lignées les plus longues possibles, mais ambitionnèrent de se positionner à la tête d'une marche en avant de la connaissance.

Plusieurs des grandes traditions médicales apparues dans l'Antiquité ont produit concurremment, aux alentours du Ier siècle, des ouvrages fondateurs de leur matière médicale respectives (le Shennong bencao jing en Chine, et le Caraka samhita en Inde). Cependant, les médecines traditionnelles chinoise ou indienne ont offert une évolution contrastée avec la médecine européenne. Au contact de la médecine moderne, elles se sont rationalisées et se sont débarrassées des notions magiques et religieuses, les plus difficilement acceptables de nos jours. Mais alors qu'elles n'ont pas effectué de ruptures épistémologiques avec les principaux concepts des anciennes médecines savantesn 2, non seulement n'ont-elles pas été laminées par la biochimie comme l'a été la médecine gréco-latine, mais ont-elles continué à être exercées et même à essaimer dans de nombreuses régions du monde.

En ce qui concerne les anciennes matières médicales, qu'elles soient d'origine chinoise ou indienne, l'analyse chimique et les évaluations cliniques modernes aboutissent immanquablement à des travaux de pharmacognosie, identiques à ceux effectués partout dans le monde (voir par exemple l'ouvrage Pharmacognosie de Jean Bruneton, à valeur totalement universelle, traitant de toutes les plantes médicinales quelle que soit leur origine).

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Les Arabes traduisent les traités de Dioscoride (De Materia Medica) et font progresser la pharmacopée. Le mot sirop est d'origine arabe. L'utilisation des alambics permet d'extraire des substances telles que l'essence de rose, l'eau de fleur d'oranger. Ils perfectionnent également le raffinage du sucre, venu de Perse, et introduisent la confiserie dans l'alimentation et la conservation des végétaux. On leur doit l'extension jusqu'à l'Atlantique de la culture de la canne à sucre, du riz, du coton. Leur acquis principal réside dans la création de jardins botaniques expérimentaux (Al-Andalus), l'Al-munia est à la fois lieu d'acclimatation, de plaisir et d'étude où les plantes sont considérées sous tous leurs aspects : alimentaire, parfum, médicinale, utilitaire et décoratif. La zone de culture de certains fruits (bigarades, citrons, bananes, dattes) et de certaines fleurs (crocus sativus dont on tire le safran, jasmin ), de plantes utilitaires (murier à soie) connait une expansion qui suit celle de l'islam. La maîtrise de l'hydraulique permet aux agronomes arabo-musulmans de faire évoluer la triade méditerranéenne antique blé-vigne-olivier.

À partir du travail de sélection de la dynastie perse des Sassanides, ils créeront les chevaux arabes, les alezans, qui étonneront tant les premiers croisés par leur agilité. La création de races originales de chameaux de bât sera un atout essentiel pour la maîtrise de l’espace.
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:41

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

--------------------------------------------------------------------------------------------------

Y'becca ou murmure de l'Arbre-Olivier.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t41-y-becca-ou-murmure-de-l-arbre-olivier

Profils des Juges du Secourisme et
la république de l'Olivier.

Chére Minouska, Féline de Pierre et Yvette et toutes les bonnes volonté(e)s

Je regarde le temps différemment après la mort de Athéna la chatte Bleue.
De longues années à voyager; à travailler et à écrire... Tel un Spartiate, je me suis emprunt à une apogée sur la compréhension du monde qui m'entourai de ses richesses; J' y ai rencontré des lueurs, des affronts et des forces.

Je regarde celle qui a su réveiller la force de réveiller ces écrits que j'ai voulu sauvegarder par le fait que après
tout, aide toi et le ciel te répondra: Et je dois dire que ma volonté fut exaucer... Alors je regarde Minouska, une chatte qui a recueilli mon cœur en lambeau lors de la guerre ou intifada, si vous préférez:

Le Juge Suprême de la république de l'Olivier est un personnage
qui doit s'informer et accueillir la Parole de l'un et de l'Autre. Il se doit d'écrire des vers, des proverbes, des espoirs, des fables car notre peuple aime cela: Ni fouet, ni chaines ! être sérieux devant les nuages gris !
Car l'arbre peur garantir notre fraternité et la justice de l'eau propager la diversités des écritures des forets donc vers la connaissance et Yahvé... La République est le pilier de l’Âme dans le sens où il s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première du Juge Suprême de la République de l'olivier.

Dans la vallée du Nil à la plaine des cèdres; le juge suprême doit présenter ses hontes et ses espoirs... je vous fait part de mon expérience... Nuls réponses dans un premiers temps ne se fit entendre alors j'envoyai des mouettes, des chouettes et des canaris sous forme de lettre tel un oiseau qui apprends son premier envol.

Alors sous forme de mirage pour certains et pour d'autres, cela s'appelle un message. Je me fis ce constat et que la volonté en soit ainsi si il ne veulent pas entendre;

"Propage la Connaissance des serments car ce sont les hommes qui s'entretuent par leur entreprise, leur volonté et leur désir! Car certains vomissent sur la fraternité voilà un maillon de haine du trois en un délivré par le vieux coq... Rétablit l'apprentissage de l'Espérance sur l'apprentissage de marcher ! La canne de l'age n'est pas un spectre; elle est une source d'eau ! Tu apprendra à entendre ta douleur devant la faim ! Nous sommes des étapes et en cela cherche le fait d'exister ! La République est le pilier de l’Âme dans le sens où elle s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première !

Ecrit de
TAY
La chouette Effraie.

_________________
Kounak le chat....
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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Jeu 24 Nov à 3:51

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MessageSujet: Re: L’Utopie, la dystopie, la Laïcité Républicaine et Y'becca   Aujourd'hui à 19:10

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