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 en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:38

en grec phronêsis, puis en latin prudentia

La prudence dans la philosophie grecque
La phronêsis

Étymologiquement, la phronêsis (φρόνησις) désigne l'acte de penser1. Selon le philologue allemand Werner Jaeger (Paideia, 1933), c'est Héraclite d'Éphèse qui le premier a utilisé le concept de prudence en philosophie, la mettant au même rang que la sagesse (sophia, σοφία.)2
Chez Platon

Selon Les Lois : « Dans l'ordre des biens divins, le premier est la prudence ; après vient la tempérance ; et du mélange de ces deux vertus et de la force naît la justice, qui occupe la troisième place ; la force est à la quatrième. Ces derniers biens méritent par leur nature la préférence sur les premiers ; et il est du devoir du législateur de la leur conserver3. »
Chez Aristote
Article détaillé : Phronesis#Le concept chez Aristote.

La prudence est une vertu intellectuelle : c'est la disposition qui permet de délibérer sur ce qu'il convient de faire, en fonction de ce qui est jugé bon ou mauvais4.
Chez Épicure

C'est de la prudence que proviennent toutes les autres vertus5.
Chez les stoïciens

Diogène Laërce mentionne que selon les stoïciens, « de la prudence viennent la maturité et le bon sens6. » Ils y voyaient une science, celle des choses à faire et à ne pas faire4.
La prudence chez les chrétiens
Allégorie du temps gouverné par la prudence (Le Titien, 1565). Cette allégorie indique que, informé du passé (vieil homme), le présent agit avec prudence (homme mûr) et se prépare au futur (jeune homme).

Cicéron transmettra la notion de prudence dans la pensée chrétienne, spécialement chez saint Ambroise, saint Augustin, saint Thomas d'Aquin4.

Selon Thomas d'Aquin, la prudence est celle des vertus cardinales qui doit diriger les trois autres4.

Selon saint Augustin, « la prudence est l'amour qui sépare avec sagacité ce qui lui est utile de ce qui est nuisible7. »
La notion de prudence dans la philosophie morale et politique de l'époque moderne
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Spinoza et la prudence
Le sceau de Spinoza.

La devise de Spinoza, inscrite sur son sceau de correspondance, est le mot latin Caute : méfie-toi, sois prudent. Plusieurs interprétations sur la signification de ce terme existent. Selon Robert Misrahi, c'est une recommandation au niveau de l'usage des concepts : Spinoza recommande de ne donner aux concepts qu'il emploie que le sens strict inscrit dans la définition qu'il propose8. Pour d'autres, cette injonction à la prudence est rendue nécessaire du fait des menaces qui pèsent sur Spinoza : il est victime d'un attentat, et des attaques de théologiens l'obligent à retarder sa publication de l'Éthique9.
Selon l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert

« Par rapport à soi, toute prudence étant pour arriver à une fin, il faut en chaque affaire nous proposer un but digne de notre soin. [...] En se proposant une fin telle que nous l’avons dite, il est encore plus important d’examiner s’il est en notre pouvoir de l’atteindre. [...] La troisième règle de prudence est appliquer à l’avenir l’expérience du passé ; rien ne ressemble plus à ce qui se fera que ce qui s’est déjà fait. [...] Une quatrième maxime est d’apporter tellement à ce qu’on fait toute son application, qu’en même temps on reconnaisse qu’avec cela on se peut tromper [...].
Les règles de prudence par rapport aux autres, sont principalement de ne s’entremettre des affaires d’autrui que le moins qu’il est possible, [...] à moins qu’un devoir évident ne l’exige, ou que nous n’y soyons directement appelés par les intéressés10. »

— L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1751.
L'Aufklärung et la critique de la notion de prudence
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La prudence aujourd'hui

Selon André Comte-Sponville : « Elle relève moins de la morale, pour les modernes, que de la psychologie, moins du devoir que du calcul. » On l'utilise dans le langage courant dans le sens de « précaution » pour éviter des dangers4.
Bibliographie
Auteurs anciens

Platon, Protagoras
Aristote, Éthique à Nicomaque
Baltasar Gracian, L'Homme de cour
Article « Prudence » de L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers

Études modernes

Pierre Aubenque, La Prudence chez Aristote, PUF, Quadrige, Paris, 2004 (4e éd.)
Chantal Jacquet, Spinoza ou la prudence, Quintette, 2004
Gil Delannoi, Éloge de la prudence, Berg International, Paris, 1993

Notes et références
Notes

↑ Selon Cicéron prudentia vient de providere, qui signifie « prévoir » ou « pourvoir » (Des Lois, XXIII).

Références

↑ Cf. Gill Delannoy, Éloge de la prudence, p.20, note 4.
↑ G. Delannoy, op. cit., p.20.
↑ Les Lois, Livre I, 631c-d.
↑ a, b, c, d et e André Comte-Sponville, Petit traité des grandes vertus, Seuil, 2001, « La prudence ».
↑ Lettre à Ménécée, 132.
↑ Vie des philosophes illustres, livre VII, 126.
↑ De moribus catholicae Ecclesiae, Desclée, 1936, p. 62.
↑ Robert Misrahi, Éthique, éditions de l’éclat, 2005 (lire en ligne [archive]), p. 447.
↑ Anne-Lise Polo, La Nef Marrane: Essai Sur le Retour du Judaïsme Aux Portes de L'Occident, PUQ, 2001 (lire en ligne [archive]), p. 100.
↑ Article « Prudence » de L'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:39

La prudence (en grec phronêsis, puis en latin prudentian 1) est un concept de la philosophie grecque qui a trouvé sa définition théorique la plus aboutie dans la philosophie d'Aristote. La phronêsis est ensuite devenue un concept central de la philosophie morale et politique, et la première des quatre vertus cardinales chez les Chrétiens.

Aurelius Prudentius Clemens, dit Prudence (né en 348 à Calagurris (auj. Calahorra), patrie également de Quintilien, dans le nord de l'Espagne - mort entre 405 et 410) est un poète lyrique latin qui mit sa poésie au service de la religion chrétienne.

Sommaire

1 Biographie
2 Œuvres
3 Sources
4 Réception (postérité)
5 Notes et références
6 Voir aussi
6.1 Éditions contemporaines des œuvres de Prudence
6.1.1 Éditions critiques (texte latin seulement)
6.1.2 Édition avec traduction française
6.2 Études
6.3 Liens internes
6.4 Liens externes

Biographie

Prudence appartient à une famille chrétienne, qui lui a donné une excellente éducation. Il a étudié le droit, avant de devenir fonctionnaire. Sa carrière a connu une ascension rapide, puisqu'il fut - à deux reprises - gouverneur d'une province. Il la termina à la cour de Théodose Ier, et, considérant ce qu'avait été sa vie jusque là, il la trouva médiocre et se retira de la vie publique, renonçant aux vanités du monde pour pratiquer un ascétisme rigoureux et se consacrer à la poésie, qu'il mit au service de la religion et de l'Église.

Il compose ses poèmes après sa retraite d'une carrière menée sous Théodose Ier - il a 56 ans lorsqu'il commence à écrire (en 404), d'après sa Praefatio, poème programmatique. D'autres indications, moins précises, concernent sa carrière : après avoir gouverné deux villes importantes et y avoir rendu la justice, Prudence fut appelé à la cour de l'empereur, avec un rang de proximus. Ce qui concerne sa jeunesse, hormis le fait de la pratique du droit, est stéréotypé, peut-être sur le modèle du début des Confessions d'Augustin d'Hippone.

Âgé de 14 ans au début de la réaction païenne de Julien, il a pu être concerné d'assez près par ses mesures contre les enseignants chrétiens. Il a probablement résidé à Milan durant l'épiscopat de Ambroise de Milan ; il a pu être témoin de ses luttes contre le dernier carré païen (affaire de l'autel de la Victoire en 383) et contre des hérétiques (entre 385 et 386, occupation de la basilique Porcienne revendiquée par l'impératrice-mère Justine, arienne), ainsi que de la découverte des restes de saints Gervais et Protais (en 386) ou de la pénitence publique de Théodose Ier après le massacre de Thessalonique (en 390). Il meurt probablement avant le sac de Rome par Alaric Ier en 410.

Prudence conclut la Præfatio par l'affirmation de sa conversion et de son désir de plaire à Dieu, sinon par ses mérites, du moins grâce à ses poèmes, qu'il énumère en évoquant leur propos. On entrevoit dans le Cathemerinon la vie ascétique qu'il mène, avec la célébration des heures, l'observation de jeûnes et même un régime édénique fait de produits végétaux, de lait et de miel.
Œuvres

Comme Horace, Prudence a écrit une partie de son œuvre en hexamètres dactyliques, et plus de la moitié dans d'autres formes poétiques. Ses œuvres peuvent être classées en trois groupes : lyriques, didactiques et polémiques.

Les poèmes hexamétriques sont épigraphiques :

Dittochæon, tableaux de scènes bibliques, quatrains en hexamètres dactyliques,
Peristephanon 8, inscription pour un baptistère, en distiques élégiaques,

et didactiques ;

Apotheosis, sur Dieu et le dogme de la Trinité ;
Hamartigenia (Αμαρτιγένεια), sur le péché originel ;
Psychomachie, sur le combat de l'âme, et dans l'âme (entre Vices - païens - et Vertus - chrétiennes - personnifiés), important du point de vue de l'histoire littéraire, car il s'agit du premier exemple en Occident de poésie allégorique ;

Article détaillé : Psychomachie.

Contra Symmachum, son travail le plus personnel, contre l'adresse à l'empereur Valentinien II par le sénateur Quintus Aurelius Symmaque qui voulait relever l'Autel de la Victoire.

Parmi les autres pièces, composées dans des formes métriques variées, on peut distinguer :

les hymnes, regroupées dans des recueils :
Cathemerinon (καθημερινω̂ν ν̔μνω̂ν)., sur les heures, les circonstances de la vie, les fêtes,
1. Ad Gallicantum
2. Hymnus Matulinus
3. Hymnus ante cibum
4. Hymnus post cibum
5. Hymnus ad incensum lucerne
6. Hymnus ante somnum
7. Hymnus jejunantium
8. Hymnus post jejunium
9. Hymnus omni hora
10. Hymnus in exsequiis defunctorum
11. Hymnus de natali Domini
12. Hymnus Epiphaniae
Peristephanon, sur les martyrs,
les poèmes servant de cadre aux œuvres de Prudence :
(Præfatio', Epilogus)
ou de préface à chacun des traités didactiques (præfationes, sans titre)
ou encore à l'ensemble de ces traités (Hymnus de Trinitate).

L'œuvre de Prudence est entièrement « chrétienne » : ses poèmes didactiques ont un contenu théologique et moral (Apotheosis : nature de Dieu - en particulier, doctrine de la Trinité ; Hamartigenia : origine du mal ; Psychomachia : combat de l'âme, et dans l'âme, de Vertus et de Vices personnifiés) ou polémique (Contra Symmachum : contre le paganisme) ; sa partie lyrique ou épigraphique est liée soit à la prière et à la liturgie (Cathemerinon : heures, circonstances de la vie chrétienne, fêtes du Seigneur ; Peristephanon : martyrs), soit à leur cadre (Dittochæon, ainsi que Peristephanon).

Un tel éclectisme dans les sujets et dans les formes métriques, mettant les ressources de la poésie profane au service de la culture et de la pensée chrétiennes, évoque celui des premiers auteurs latins (Livius Andronicus, Nævius), polygraphes qui transposaient les genres littéraires grecs au domaine romain. Ce qu'il y a de singulier chez Prudence est l'organisation de ses poèmes variés en un ensemble structuré - tentative apparemment sans parallèle dans l'Antiquité. Prudence ne se limitait donc pas à donner une réponse concrète aux attaques dirigées par ceux qui voulaient, pour diverses raisons, dissocier le christianisme de la culture latine, mais, sur le plan littéraire même, il introduisait un concept nouveau.
Sources

Prudence est un poète "alexandrin", chez qui la tradition littéraire est omniprésente et en même temps sans cesse revisitée, déformée. Ses sources sont nombreuses.

Comme tout Romain lettré, Prudence connaît par cœur Virgile (cette évolution perdure chez les chrétiens, qui voient dans la IVe Bucolique un texte prophétique) et compte également Horace parmi ses références. Horace est l’un des grands modèles de Prudence : on le voit avec la nature des mètres choisis, et la bipartition d'une œuvre entre poèmes hexamétriques et pièces lyriques de formes variées. On identifie nombre d'autres réminiscences lexicales ou thématiques d'auteurs profanes, notamment de poètes.

Prudence a pu fréquenter des poètes de cour tels Ausone et Claudien (avec lequel il polémique indirectement). Il a peut-être rencontré à Rome saint Paulin de Nole, auquel il rend hommage dans un catalogue de pèlerins. L’influence de ses contemporains fut surtout celle de saint Ambroise, qui lui fournit l'essentiel de ses thèmes et – par l'intermédiaire de l'évêque de Milan, puis de manière posthume, à Rome – du pape saint Damase, auteur d'épigrammes consacrées aux martyrs .

D'un autre ordre est l'inspiration biblique, très présente dans certains passages. Enfin, on constate que, conformément au goût des anciens, affleure ici et là le vocabulaire technique – qui, par sa singularité ou sa rareté, peut prendre une valeur poétique –, emprunté notamment au droit (que Prudence a pratiqué), à la critique littéraire, à la médecine et aux arts appliqués.
Réception (postérité)

Prudence aura une renommée considérable durant tout le Moyen Âge, et notamment à l'époque carolingienne : on étudie ses œuvres dans les monastères, on les commente. Il est imité, entre autres, par Sextus Amarcius dans ses Sermones1. Les manuscrits (conservés) de Prudence sont très nombreux - seule la Bible a davantage été copiée.
Notes et références

↑ Ronald E. Pepin et Jan M. Ziolkowski, Sextus Amarcius: Satires - Eupolemius, Harvard University Press, 2011, xx

Voir aussi
Éditions contemporaines des œuvres de Prudence
Édition ancienne des œuvres de Prudence
Éditions critiques (texte latin seulement)

Aurelii Prudentis Clementis carmina = CSEL 61, ed. Johannes Bergman, Vindobonæ - Lipsiæ, 1926
Prudentii carmina (= CCL 126), ed. Maurice P. Cunningham, Turnhout, 1966

Édition avec traduction française

Tome I : « Cathemerinon Liber (Livre d’heures) », Édité par M. Lavarenne, 152 p., Les Belles Lettres (coll. Budé Série latine), 1944 (3e édition, 1972) (ISBN 2251-01194-3)
Tome II : « Apotheosis (Traité de la nature de Dieu) - Hamartigenia (De l'origine du mal) », Édité par M. Lavarenne, 154 p., Les Belles Lettres (coll. Budé Série latine), 1945 (2e édition, 1961) (ISBN 2251-01195-1)
Tome III : « Psychomachie - Contre Symmaque », Édité par M. Lavarenne, 334 p., Les Belles Lettres (coll. Budé Série latine), 1948 (3e édition, revue par Jean-Louis Charlet, 1992) (ISBN 2251-01196-X)
Tome IV : « Le Livre des couronnes - Dittochaeon - Epilogue », Édité par M. Lavarenne, 284 p., Les Belles Lettres (coll. Budé Série latine), 1951 (2e édition, 1963) (ISBN 2251-01197-Cool

Études

Jean-Louis Charlet, « L'Influence d'Ausone sur la poésie de Prudence », Thèse, Université de Provence, Aix-en-Provence, 1980 (Éditions Champion, Paris, 1980)
Jean-Louis Charlet, « Culture et imagination créatrice chez Prudence », dans « De Tertullien aux Mozarabes », Mélanges offerts à Jacques Fontaine, Paris, 1992
Roy J. Deferrari & James M. Campbell, « A Concordance of Prudence », Cambridge Mass. 1932 (réimpr. Hildesheim 1966)
Jacques Fontaine, « Le pèlerinage de Prudence à Saint-Pierre et la spiritualité des eaux vives », dans Orpheus 11 (1964), p. 99-122
Pierre-Yves Fux, « Les sept Passions de Prudence (Peristephanon 2.5.9.11-14). Introduction générale et commentaire », 496 pages, Éditions Universitaires Fribourg, 2003
Pierre-Yves Fux, « Prudence et les martyrs : hymnes et tragédie (Peristephanon 1.3-4.6-8.10). Commentaire », 492 pages, Academic Press Fribourg, 2013
Laurence Gosserez, « Poésie de lumière. Une lecture de Prudence », 298 pages, Éditions Peeters, 2001
Maurice Lavarenne, « Étude sur la langue du poète Prudence », Paris 1933
Michael Roberts, « Poetry and the Cult of the Martyrs. The Liber Peristephanon of Prudentius », Ann Arbor 1993
Géraldine Viscardi, « La vision du martyre de saint Hippolyte ou La mortification transfigurée : Prudence, Peristephanon 11 », dans Latomus 56 (1997), p. 360-381

Liens internes

Symmaque
saint Augustin

Liens externes

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Bibliothèque nationale d'Espagne • WorldCat
Traduction intégrale du "Cathemerinon" en mode texte sur le site de Philippe Remacle accompagnée du texte latin
Une étude sur Prudence par l'abbé Bayle (1860), avec traduction intégrale du "Cathemerinon" à télécharger
Introduction au "Peristephanon" et texte, traduction et commentaire de certains poèmes par Pierre-Yves Fux, site de l'Université de Genève
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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:39

Le Peristephanon (Περὶ στεφάνων), est un recueil de poèmes composés par le poète latin Prudence en l'honneur des martyrs.

Le titre, transcription du grec, peut se traduire par « Livre des Couronnes », en référence à la victoire et à la récompense céleste des martyrs, et « Livre des Étienne », en référence au protomartyr, saint Étienne, diacre de Jérusalem. Les poèmes de ce recueil célèbrent les martyrs sur des modes très variés, qu’il s’agisse du mètre, du style, du ton ou du contenu.

La numérotation des pièces et le contenu du recueil remontent à une des éditions imprimées de la Renaissance (Sichard, 1527).

Le noyau primitif du recueil était constitué de sept Passions, à l'origine disposées dans l'ordre suivant :

Passion de s. Laurent (Peristephanon 2), en dimètres iambiques (str. 4)
Passion de s. Cyprien de Carthage (Peristephanon 13), en vers archiloquiens catastichon
Passion de s. Cassien d'Imola (Peristephanon 9), en distiques (hexamètre dactylique + trimètre iambique)
Passion des Apôtres (Pierre et Paul ; Peristephanon 12), en distiques (archiloquien et trimètre iambique catalectique)
Passion de s. Hippolyte de Rome, à l'évêque Valérien (Peristephanon 11), en distiques élégiaques
Passion de ste Agnès de Rome (Peristephanon 14), en hendécasyllabes alcaïques catastichon
Passion de s. Vincent (Peristephanon 5), en dimètres iambiques (str. 4)

Cinq poèmes y ont été ajoutés, pour égaler le nombre de pièces du Cathemerinon (12) :

Hymne en l'honneur des saints Hémétèrede et Chélidoine (Peristephanon 1), en tétramètres trochaïques catalectiques (str. 3)
Hymne en l'honneur de ste Eulalie de Mérida (Peristephanon 3), en trimètres dactyliques hypercatalectiques (str. 5)
Hymne en l'honneur des dix-huit martyrs de Saragosse (Peristephanon 4), en strophes saphiques
Hymne en l'honneur de s. Fructueux de Tarragone, évêque de Tarragone et de sts Augure et Euloge, diacres (Peristephanon 6), en hendécasyllabes phaléciens (str. 3)
Hymne en l'honneur de s. Quirin de Siscia (Peristephanon 7), en glyconiques (str. 5).

Deux autres poèmes de Prudence ont été insérés dans le recueil :

Une inscription destinée à un baptistère édifié sur le lieu du martyre de sts Hémétère et Chélidoine de Calahorra (Peristephanon Cool, en distiques élégiaques
Une paratragédie intitulée "Romain. Contre les païens" ("Peristephanon 10" : ajout moderne), en trimètres iambiques (str. 5)

Bibliographie

Roy J. Deferrari & James M. Campbell, « A Concordance of Prudence », Cambridge Mass. 1932 (réimpr. Hildesheim 1966)
Michael Roberts, « Poetry and the Cult of the Martyrs. The Liber Peristephanon of Prudentius », Ann Arbor 1993
Pierre-Yves Fux, « Les sept Passions de Prudence (Peristephanon 2.5.9.11-14). Introduction générale et commentaire », 496 pages, Éditions Universitaires Fribourg, 2003
Pierre-Yves Fux, « Prudence et les martyrs : hymnes et tragédie (Peristephanon 1.3-4.6-8.10). Commentaire », 492 pages, Academic Press Fribourg, 2013
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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:39

Origine du terme
Dieux du Panthéon grec

Le terme, qui vient du grec poly (plusieurs) et thés(dieux), a été inventé par l’auteur juif Philo d'Alexandrie (-12 ~ 54) pour argumenter avec les Grecs. Lors de l’expansion du christianisme autour du bassin méditerranéen et en Europe, les non-chrétiens furent appelés simplement impures (terme utilisé à l'origine par les Juifs pour désigner les non Juifs) ou païens (gens du pays), ou encore, de façon clairement péjorative, idolâtres (adorateurs de « faux » dieux). Jean Bodin aurait relancé l’emploi du terme polythéiste en 15801.
Aspects du polythéisme

Ils sont divers car chaque système polythéiste l’est à sa manière, et peut comprendre des sous-systèmes dans lesquels l’interprétation des dieux et de leurs relations diffèrent. Par ailleurs, certaines religions ne sont plus accessibles que par des traces archéologiques difficilement interprétables, des mythes et des textes littéraires (épopée etc.). Or la place d’un dieu dans un mythe ou dans une œuvre comme l’Odyssée ne reflète pas exactement sa place dans le culte.
Dieux du Panthéon égyptien

Dans les systèmes polythéistes, il y a partage des domaines d’influence ou de compétence entre les dieux. Ce partage peut être territorial (dieu dont le pouvoir s’étend sur un territoire limité), ethnique ou professionnel (dieu compétent seulement pour un clan ou un groupe professionnel), ou autre (dieu gouvernant un phénomène naturel, l’outre-tombe, les mariages etc.). Néanmoins, il y a tendance au cumul de plusieurs fonctions par certains dieux importants ; la divinité cumulatrice peut ne pas être la même pour différents groupes humains appartenant au même ensemble religieux, certains dieux faisant l’objet de préférences locales, par exemple.


On prête en général aux divers dieux des relations de type familial ou social (subordonné/supérieur hiérarchique). L’ensemble des dieux d’une religion est appelé panthéon (du grec pan « tout » et theos « dieux »). Ces panthéons peuvent présenter des variantes ; il n’est pas rare que des groupes ayant les mêmes dieux ne leur prêtent pas exactement les mêmes relations. Ils ne sont pas figés, pouvant accueillir de nouvelles divinités ou admettre une redéfinition des rapports entre dieux.

Souvent il existe une entité supérieure plus rarement invoquée que les dieux populaires, qui peut être la plus haute divinité du panthéon, comme le dieu Nzambi dans la religion africaine des Lundas, ou une entité plus abstraite, comme le Ciel de la religion chinoise.
Liste de religions polythéistes

Quelques religions polythéistes (au sens large) ; certaines de ces religions ou certaines de leurs interprétations peuvent également être qualifiées de moniste, dualiste ou panthéiste :

La religion des Romains
La religion des Grecs
La religion des Celtes
La religion des Germains
La religion des Slaves
La religion finnoise
La religion des anciens Égyptiens
Le shintoïsme
L’hindouisme
La religion des Perses
La religion chinoise
Les religions du Pérou précolombien
Les religions précolombiennes de Mésoamérique
Les religions pré islamiques des arabes (voir: Histoire de l'Arabie préislamique)
La religion des Gaulois

La qualification populaire de « religion polythéiste » de l'Égypte antique n'est pas remise en cause selon les égyptologues actuels, contrairement aux anciens égyptologues qui y voyaient un monothéisme polymorphe (un seul Dieu présenté sous différents aspects en fonction de son interaction avec le monde)2. En réalité, ce polythéisme est bien réel, même s'il fonctionne selon les logiques d'un hénothéisme (chaque Divinité est Unique, la plus grande dans le cadre de son culte) ; néanmoins, comme il y a possibilité de syncrétisme (un Dieu spécifique et unique pouvant apparaître à partir d'un mélange de plusieurs Divinités qui continuent à exister malgré cette interaction), ceci révèle une volonté chez les Anciens égyptiens de rejeter toute tendance monothéiste (Akhénaton et son monothéisme exclusif et intolérant, dédié au Dieu solaire, fut l'exception qui confirma la règle), le polythéisme égyptien se comprenant comme l'Un primordial (asexué) ne pouvant se manifester, et exister, qu'à travers une Multitude (non infinie) de Divinités 2. Les Dieux égyptiens ne sont jamais immortels (avec une naissance mais sans fin, comme chez les Dieux gréco-latins), ni éternels (sans début ni fin), car l'éternité et l'infinité correspondent chez les Anciens égyptiens au non-existant, non-existant (symbolisé par le serpent qui se mord la queue, l'ouroboros) que les Divinités et les hommes doivent repousser sans cesse, même si ce non-existant est utile à l'existence (mais il ne doit pas régner, amener le désordre, s'opposer à la Maât, l'Ordre, l'équilibre du monde, la Justice) : l'existence des divinités égyptiennes est ainsi très longue, mais néanmoins soumise au temps, au vieillissement et à la mort, mort nécessaire qui est cependant toujours suivie d'une renaissance (le non-être absolu ne pouvant être réellement) 2. Cette vision des choses existe aussi dans l'hindouisme, mis à part en ce qui concerne le Brahman, concept hindou de l'Absolu ou Âme universelle éternelle et immuable, au Centre de Tout, transcendant les cycles temporels infinis (Brahman identifié par le dévot soit à Vishnou, Shiva, ou la Grande Déesse, etc., Divinités non limitées par le Temps et l'Espace).
Notes

↑ F Schmidt Gordon & Breach The Inconceivable Polytheism: Studies in Religious Historiography (History & Anthropology Séries), Science Publishers I
↑ a, b et c Les Dieux de l'Egypte, l'Un et le Multiple, Erik Hornung, éditions Flammarion.

Articles connexes

Dieux
Dieu
Paganisme
Panthéisme
Théisme
Animisme
Indo-Européens
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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:40

Le monisme est une conception métaphysique. C'est une doctrine défendant la thèse selon laquelle tout ce qui existe – l'univers, le cosmos, le monde – est essentiellement un tout unique, donc notamment constitué d'une seule substance1. Le monisme s'oppose à toutes les philosophies dualistes, qui séparent monde matériel ou physique et monde psychique ou spirituel. Ainsi, le monisme s'oppose au dualisme platonicien ou cartésien.

Sommaire

1 Monisme métaphysique - Définition
2 Monismes orientaux
2.1 Monisme hindou
2.1.1 Histoire
2.1.2 Le monisme dans l'Hindouisme actuel
2.2 Monisme bouddhiste
2.3 Monisme taoïste
2.4 Monisme islamique
3 Monismes occidentaux
3.1 Monisme de la Kabbale
3.2 Monisme des Mystiques chrétiens
3.2.1 Maître Eckart
3.2.2 Teilhard de Chardin
3.2.2.1 Le holisme
3.2.2.2 L'évolutionnisme
3.2.2.3 Mystique teilhardienne
3.2.3 Monisme dit neutre
3.2.4 Monisme panenthéiste ou théomoniste
3.3 Monisme de Spinoza
4 Monisme et physique
5 Bibliographie
6 Notes et références
7 Voir aussi

Monisme métaphysique - Définition

Le monisme pose qu'il y a une seule réalité, donc une seule substance. On peut en distinguer plusieurs variantes apparentes selon la nature dont est conçue cette substance unique. Deux grandes écoles monistes apparaissent essentiellement, l'une matérialiste, l'autre spiritualiste (comme l'immatérialisme, l'ipséisme ou le solipsisme dont Berkeley a dépeint certains aspects) selon que la substance universelle est la matière ou l'esprit. Mais ces distinctions, relativement valables au plan phénoménal, ne résistent pas longtemps à l'analyse philosophique du monisme car s'il n'y a qu'une substance, peu importe le nom ou les attributs qu'on lui donne puisque, par définition, il n'existe qu'elle et elle rassemble dans son unicité donc tous les noms et tous les attributs existants. Par essence, au plan Métaphysique, le monisme s'oppose d'abord radicalement à tous les Dualismes (comme le platonisme ou les monothéismes) qui, tous, supposent l'existence d'un monde d'idées face à un monde matériel, ces deux mondes étant de natures différentes et dissociées.

Le monisme s'oppose aussi à toutes les écoles philosophiques construites sur la multiplicité intrinsèque du réel, comme l'atomisme de Démocrite qui envisage le cosmos comme un assemblage de vide et d'une infinité d'atomes, atomes appartenant secondairement à un nombre fini de catégories atomiques de natures différentes.

Concernant les fondamentaux métaphysiques du monisme, certains penseurs refusent de confondre monisme et non-dualité. Dans leur logique, ils restreignent le concept moniste à la seule unité de substance alors que la non-dualité, elle, implique l'unité absolue de tout dans toutes les dimensions. On peut alors parler de monisme restreint lorsqu'on limite l'unité à la seule substance, et de monisme généralisé pour affirmer la non-dualité absolue de tout ce qui existe.

Le grand théoricien de la non-dualité est l'indien Adi Shankara (IXe siècle) qui a construit toute une logique (au sens des logiciens) qui réfute le principe du tiers-exclu et qui récuse aussi tout usage du OU exclusif.

En Occident, le monisme apparaît chez certains présocratiques comme Héraclite qui prétend que tout est Feu, ou comme Thalès qui affirme, lui que tout est Eau, ou encore comme Anaximandre pour lequel tout est Apeiron.

En Occident, toujours, la métaphysique moniste a toujours été farouchement combattue par la théologie chrétienne et par l'Église catholique avec, par exemple, la condamnation du jésuite Pierre Teilhard de Chardin au XXe siècle.

En Orient, par contre, le monisme est le fondement de la plupart des traditions spirituelles et religieuses. Les concepts de Tao, de Brahman ou de pleine Vacuité traduisent ces monismes orientaux qui, aujourd'hui, inspirent aussi beaucoup d'occidentaux.
Monismes orientaux
Monisme hindou
Histoire

Selon la formule védique sarvam khalv idam brahma : tout ce que nous voyons dans le monde est Brahman. L'hindouisme tel qu'il est pratiqué en Inde actuellement est une religion issue du Brahmanisme, lui-même issu du Védisme. La conception actuelle du monde de l'Hindouisme est fractionnée en une multitude de sectes (d'où le terme de Brahmanisme sectaire, autrefois utilisé pour désigner l'hindouisme, le terme sectaire n'ayant alors pas une connotation péjorative2). Il est historiquement possible que l'extension du monisme soit une réaction à l'expansion du bouddhisme en Inde. Les principales écoles de pensée émergèrent entre le IXe et le XXe siècle.
Le monisme dans l'Hindouisme actuel
Adi Shankara
Statue de Adi Shanakaracharya, à Mysore.

La Trimurti, représentation triple de la divinité, s'articule en trois figures elles-mêmes multiples :

Brahma crée le monde et s'endort. Il rêve le monde afin de pouvoir se le rappeler à son réveil et le recréer lors d'un prochain cycle. Un jour de Brahma est appelé un kalpa et est une des plus grandes durées citée dans des textes religieux. Brahma n'est donc pas actif et seuls deux temples lui sont dédiés (le principal est à Puskar)
Vishnou lui maintient l'ordre du monde. Lorsque cet ordre est menacé, il envoie sur terre un avatar qui le défend. Il est également chargé de la préservation de la Terre, comme cela est décrit dans le Bhagavad-Gîtâ Gita dans lequel il intervient sous la forme de Krishna (8e avatar)
Shiva est un modificateur d'ordre. Il détruit et crée de nouvelles choses en permanence.

Ces deux dernières représentations font l'objet de deux points de vue monistes ou non-dualistes dont le rapport à l'Un peut-être simplifié3 en :

Pour le vishnouisme (Vaishnavisme) : Le monde est réel et Vishnou est dans chaque chose ou être vivant
Le monisme de l'Advaita Vedānta : L’Advaita Vedānta est probablement la plus connue des écoles du Védanta. Advaita signifie littéralement « non deux ». Cette doctrine établit la vérité de l’Advaita : la réalité non-duelle du Brahman dans laquelle atmân (l’âme individuelle) et brahman (la réalité finale exprimée dans la Trimurti) ne sont qu’une (ayam ātmā brahma). Il fut par la suite discuté de la réalité du brahman afin de déterminer s’il était saguna - avec attributs - ou nirguna - sans attributs. La croyance dans le concept du saguna brahman a provoqué une prolifération des attitudes dévotionnelles et a aidé à répandre le culte de Vishnou et de Shiva.
Le monisme qualifié du Vishistadvaita Vedanta : Ramanuja (1040-1137) est le premier partisan du concept de saguna brahman. Il enseigne que la réalité finale a trois aspects : Ishvara (Vishnou), cit (âme consciente) et acit (matière inanimée). Vishnou est la seule réalité indépendante, alors que les âmes et la matière dépendent de Dieu pour leur existence. En raison de ce concept de qualification de la réalité finale, le système de Ramanuja est considéré comme non-dualiste. Un texte anonyme tamoul du XIXe siècle, le Ellam Onru4 présente les concepts de l'advaita. L'Avadhuta Gita est un chant moniste du IXe siècle5.

Pour le Shivaïsme (Shivaisme) : Le monde est virtuel et est une illusion parfois considérée comme engendré par un démon. Seul Shiva est réel. Le monisme s'y exprime principalement au travers du Shivaisme du Kashmir, initié par Abihinavagupta à la fin du Xe siècle. Il s'oppose toutefois au Vedanta (absolu neutre) dans la mesure où Shiva est actif et crée sans avoir besoin d'autre chose, en se perdant lui-même, par jeu. Trois voies permettent la libération :
La voie de l'Individualité par l'action, l'ascèse, le yoga. Elle est considérée comme inférieure.
La voie de l'énergie, fondée sur la connaissance et la méditation intuitive que « Tout est Shiva »
La voie de la volonté, considérée comme la plus haute, Elle est dédiée au mystique qui a abandonné toute dualité et toute idée du « moi ». Cette voie dépasse le langage et est incommunicable. En cela, elle peut être rapprochée comme une expérience vécue de la célèbre phrase de Wittgenstein6 : « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ».

Une quatrième « non voie » est également possible. Elle est spontanée et concerne des êtres d'exception qui rejoignent Shiva sans aucun apport ou effort.

La philosophie Indienne, de manière assez générale, ne remplace pas une pensée par une autre nouvelle mais l'additionne à celles déjà existantes aussi ces diverses formes du monisme ne s'affrontent pas idéologiquement.

Les grands penseurs monistes ayant eu un rayonnement mondial au cours du XXe siècle sont Ramana Maharshi, Vivekananda ou Sri Aurobindo.
Monisme bouddhiste

Le Bouddhisme ne se veut ni moniste, ni dualiste, ni pluraliste. L’unité n’oblitère pas la multiplicité, la différence n’oblitère pas l'Identité ; toute chose (y compris l'Absolu) a pour caractéristique la vacuité (Śūnyatā), mais chaque phénomène est ainsi, tel qu'il est, c'est-à-dire Tathata, « ainsité, telléité ». L'école Madhyamaka enseigne que tout est vide, sans que cette vacuité constitue un substrat comparable au Brahman hindou. Toutefois c'est à la Tathata, ou à un de ses équivalents, comme le Dharmakaya, que les enseignements des sutras du Tathagatagarbha accordent ce rôle comparable. Pour ces derniers la vacuité de Substance n'est pas une vacuité d'essence. Cela dit, dans la mesure où l'on peut se permettre de telles transpositions de concepts occidentaux. Cette essence (svabhava) transcendante est dite présente dans tous les phénomènes et constituer leur ultime réalité7.

Dans le Mahaparinirvana Sutra du Mahayana le Bouddha Shakyamuni affirme avoir enseigné la Vacuité en tant qu'expédient salvifique (Upaya) afin de déraciner notre conception du soi des objets et particulièrement du soi des personnes, à l'origine de notre égarement (samsara), mais, dit-il : Lorsque j'ai enseigné le non-soi, les sots ont enseigné qu'il n'y avait pas de soi. Par cette méprise, ils sont incapables de comprendre le véritable soi. Voyant cela le Tathatagata a encore recours aux moyens habiles (Upaya), et il leur apprend à éteindre le feu rageant des innombrables distorsions (Kleshas), et leur révèle et leur explicite le tathatgata-dhatu8, l'élément ou dimension (Dhatu) de Bouddhéité. Sous la boue des passions, ils déterrent le diamant de leur inaltérable Nature de Bouddha.

Ici, la profusion des synonymes de cette essence n'est pas qu'un expédient poétique mais une façon, du moins pour les écoles du Mahayana, de verbaliser l'ineffable 'ultime' dont l'intuition serait cruciale à notre libération. En ce sens, la croyance en une seule vérité « toute-inclusive » est un monisme (seul existe authentiquement l'Absolu). En revanche, le Bouddhisme hīnayāna maintient un dualisme marqué entre Saṃsāra et Nirvāna, tandis que l'école Cittamātra affirme un certain monisme (seul le mental est réel) et que l'école Madhyamaka n'est ni dualiste ni moniste.

Les enseignements du Tathagatagarbha et ceux de la Non-dualité sont les deux principaux points de rapprochement de l'Hindouisme et du bouddhisme modernes dans leur approche de la Réalité (Dharma).
Monisme taoïste

Le taoïsme enseigne l'unité de tout le réel au sein du Tao9.

Littéralement l'expression Taï-yi (aussi écrit T'aï-i) signifie « Grand Un » ou « Un suprême ».

L'origine de cette idée de l'Un Suprême remonte au vieux chamanisme chinois. Elle exprime une attitude fondamentalement moniste et enseigne que tout ce qui existe constitue une unité organique où tout est dans tout, où tout interagit avec tout, où tout est cause et effet de tout, où tout est interdépendant de tout.

Cette vision du cosmos comme un organisme vivant et intégré est au cœur de la pensée chinoise et elle induit des applications importantes notamment en matière de médecine.

Dans le Tao Té King, au chapitre XLII, Lao-Tseu écrit :

« Le Tao engendre Un »

Le Tao est donc placé en amont de l'Un absolu qui est tout ce qui existe. Mais si le Tao est « avant » Un, le Tao est donc… zéro, néant, vide, vacuité….

En termes modernes, ce que nous dit Lao-Tseu, c'est que le Devenir précède et engendre l'Être, l'Existence précède et engendre l'Essence, le processus précède et engendre la structure. Le Tao précède et engendre le Taï-yi.

Puisque le Taï-yi concentre en lui tout le cosmos matériel, et que le Tao le précède, le Tao est purement immatériel, donc spirituel. Le spirituel précède et engendre le matériel. Le Noûs précède et engendre le Cosmos. L'Esprit précède et engendre le Monde.

Ceci nous permet donc de dire du taoïsme qu'il est un monisme spiritualiste : au début était l'Esprit et de lui émane tout ce qui existe, y compris la matière sous toutes ses formes.

On comprend ainsi l'étroite parenté qui unit le taoïsme philosophique et le vieux chamanisme chinois : si tout émane de l'Esprit, alors cet Esprit habite et anime tout ce qui existe.
Monisme islamique
Article connexe : Wahdat al-wujud.

Dans le Coran, Allah est essentiellement Un (tawhid). Selon Ibn Arabi, Dieu est la seule réalité, le seul à ne pas être conditionné, tout découle de lui. Le concept de non dualité et d'unicité est très développé dans le soufisme10. Cette conception du divin est cependant très contestée par les salafistes qui mettent en avant qu'Allah est « au-dessus de ses créatures »[réf. nécessaire].

Ismaïl Râji Al Farûqi offre une vision synthétique et réconciliatrice du sujet en articulant 11:

l'unité de Dieu (tawhîd)
l'unité de la création
l'unité du vivant et de l'humanité
l'unité des facultés humaines
l'unité du Qur'an

Monismes occidentaux
Monisme de la Kabbale
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Au judaïsme rabbinique - toujours dualiste, par essence, puisque Dieu et le monde procèdent de deux natures radicalement étrangères l'une à l'autre - s'oppose ainsi un monisme kabbalistique - un non-dualisme12,13,14,15,16. A l'image du Tao qui est Un, mais qui se manifeste dans les tensions entre Yin et Yang qui sont deux, dans la Kabbale, l'Ein-Sof (l'Un ineffable et absolu des kabbalistes - est Un, mais il se manifeste dans toutes les bipolarités, particulièrement entre le monde qui est advenu (la Matière) et le monde qui veut devenir (l'Esprit), entre accompli et inaccompli, entre instant et éternité.

C'est en ce sens que le Dieu biblique porte des noms différents : YHWH, Elohim, Adonaï, El-Elyon, El-Shaddaï, El-Tzébaot, etc. qui sont autant de manifestation du Dieu caché, Ein-Sof.

La Kabbale17 a toujours associé ces Elohim à des forces émanant du Ein-Sof qui portent, travaillent, ensemencent, pétrissent l'univers physique.

D'aucuns[Qui ?] les ont ainsi assimilés aux fameux dix Séphirot (« Figures ») de l'arbre séphirotique. Ces dix Figures se nomment Couronne (signe de la royauté divine), Sagesse, Intelligence, Bonté, Force, Beauté, Victoire, Gloire, Fondement et Royaume (surplombant la totalité de la création). Ces Figures sont ordonnées et hiérarchisées dans une structure connue comme « Arbre » complexe, étagées sur quatre niveaux (celui de l’Émanation en haut, celui de la Création dessous, celui de la Formation ensuite et celui de l'Action tout en bas) et rangées selon trois colonnes verticales (celle de la Rigueur à gauche (Intelligence, Force, Gloire), celle de la Miséricorde à droite (Sagesse, Bonté, Victoire), et celle de l'Harmonie au centre : Couronne, Beauté, Fondement, Royaume).

D'autres[Qui ?] associent aux Elohim, qui sont alors cinq, les divers Noms divins mentionnés dans la Torah : El Shaddaï (le dieu champêtre), El Elyon (le dieu d'en haut), El Tzébaot (le dieu des multitudes), Adonaï (le seigneur), YHWH (le dieu législateur).

la Torah laisse pencher pour une monolâtrie à l'égard de YHWH qui est, parmi les Elohim, le Dieu d'Israël, ami de certains dieux comme le El-Elyon de Mèlkhytzédèq, le Roi Juste de (Jéru)Salem, et ennemi implacable d'autres comme le Moloch des Cananéens.

La profession de foi juive, le Sh'ma Israël (Deut.:6;4-5) dit ceci :

« Écoute Israël

YHWH notre Elohim

YHWH est Un ».

Le « Il » est celui qui créa les Elohim : « Dans un commencement, Il créa des dieux avec le Ciel et avec la Terre ».

Ce « Il » est singulier, inaccessible, inconnu, caché, non manifesté, mais il est l'origine et la fin de toutes choses, de tous les hommes, de tous les mondes et de tous les dieux. « Il » est ce Un qui est le Brahman des Indes et le Tao de la Chine. « Il » est le Eyn-Sof des Kabbalistes.

YHWH, alors, devient l'expression purement et spécifiquement hébraïque - et par suite, juive - de ce Un suprême et ultime. Dieu est unique, mais il porte plus d'un nom.

Les Hébreux pensent le Un ultime au travers d'un des Elohim : YHWH, porteur de sa révélation propre, de sa Loi propre et de sa Promesse propre, bref de son Alliance propre avec Lui.
Monisme des Mystiques chrétiens
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Maître Eckart
Le portail de maître Eckhart au prieuré d'Erfurt.

Benoît Beyer de Ryke écrit : « Chef de file de la mystique dite rhénane ou allemande, Maître Eckhart (vers 1260–1328) est sans doute l’un des plus grands auteurs spirituels du Moyen Âge. Dominicain, maître en théologie de l’Université de Paris, Eckhart est l’auteur d’une œuvre latine inachevée. En tant que directeur spirituel, il développa une intense activité de prédication en allemand auprès de religieuses et de béguines déjà suspectées par l’autorité ecclésiale de véhiculer des thèses hétérodoxes, ce qui lui valut les foudres de l’Inquisition et du pape Jean XXII qui, en 1329, fulmina contre lui la bulle In agro dominico.

Ses deux principaux disciples, Johannes Tauler et Heinrich Suso, répandirent cependant sa pensée. Par eux, la mystique rhénane exerça une influence à l’échelle européenne. Il fallut attendre le XIXe siècle pour que soit redécouverte l’œuvre de Maître Eckhart lui-même, prélude à une série d’interprétations parfois extravagantes de sa doctrine. Mais Eckhart est surtout un personnage fascinant, théologien et mystique du XIVe siècle, qui aujourd’hui encore suscite un réel attrait chez nos contemporains. »

Ce Prince des mystiques, Maître Eckart, refonde l'apophatisme à sa manière et pourfend, d'une seule phrase, toute prétention théologique :

« Pourquoi discourez-vous au sujet de Dieu ?

Ne savez-vous pas que tout ce que vous dites de lui est faux ? »

Il paiera cher son audace.

Maître Eckart (1260-1327), de son vrai nom Eckart von Hochheim, fut un frère dominicain qui enseigna à Paris à la Sorbonne, et qui prêcha à Cologne et à Strasbourg avant d'administrer la Province dominicaine de Teutonie. Sur dénonciation de deux de ses « frères » dominicains, il fut trainé devant l'Inquisition et finit par être condamné à Avignon dans une bulle du Pape Jean XXII. Il en mourut sur le chemin du retour.

Le fait que Maître Eckart prêchait en public en langue vernaculaire, plutôt que d'écrire en latin dans des traités réservés aux doctes, fut probablement pour beaucoup dans sa condamnation pour hérésie. La papauté et son bras inquisitorial ne prisent guère de tels courts-circuits de la cléricature.

Maître Eckart fut condamné sur base d'une suspicion de panthéisme. Il n'était pas panthéiste mais prônait un panenthéisme moniste. Ce n'est pas tout qui est Dieu, mais tout est en Dieu, et Dieu est ce Un sans second qui contient tout. L'adage « Tout ce qui est en Dieu est Dieu « lui va à ravir et lui permet de développer sa théorie de la divinisation de l'homme : l'homme peut devenir Dieu (imaginez l'odeur d'hérésie que ceci souleva dans les cénacles de l'Inquisition). L'homme peut entrer vivant en Dieu parce qu'il est déjà Dieu, parce qu'il est une vague humaine sur l'océan divin. Il suffit de se détacher de l'illusion égotique de la vague pour commencer à plonger dans le Divin. Détachement, donc.

Maître Eckart a d'ailleurs écrit un texte sublime : « Traité du détachement ». Un texte petit par son volume, mais immense par sa portée18. On croirait lire une upanishad.

Eckart écrit, dans ce traité :

« J’ai lu beaucoup d’écrits tant de maîtres païens que de prophètes, de l’Ancien et du Nouveau Testament, et j’ai cherché avec sérieux et tout mon zèle quelle est la plus haute et la meilleure vertu par quoi l’homme peut le mieux et le plus étroitement s’unir à Dieu et devenir par grâce ce que Dieu est par nature, et pour que l’homme soit le plus semblable à son image lorsqu’il était en Dieu, dans laquelle il n’y avait pas de différence entre lui et Dieu, avant que Dieu formât les créatures. Et lorsque je pénètre tous ces écrits autant que le peut ma raison et qu’elle est capable de le reconnaître, je ne trouve rien que ceci : le pur détachement est au-dessus de toute chose, car toutes les vertus ont quelque peu en vue la créature, alors que le détachement est affranchi de toutes les créatures. »

Il n'y a rien à y ajouter. Tout est dit. Le détachement est la voie vers le Divin qui est déjà là, en nous, mais que nous ne voyons pas, que nous ne vivons pas, par aveuglement, aveuglés que nous sommes par nos attachements.

Il y a de nombreuses connexions entre la pensée de Maître Eckart et le mouvement mystique des Béguines et des Bégards. L'ouvrage « Le Miroir des simples âmes anéanties » de Marguerite Porète, brûlée vive à Paris en juin 1310, est clairement eckartien. L'inquisiteur qui instrumenta ce « procès » infâme, résidait, d'ailleurs, dans le même couvent que Maître Eckart. Vengeance ?

Ce mouvement des Béguines et Bégards est typiquement flamand. On trouve encore, dans certaines villes flamandes, des béguinages, sorte de cités qui abritaient ces communautés mystiques laïques. Le mouvement se développe, à partir du XIIe siècle, comme un réseau de communautés de femmes (souvent veuves) et d'hommes qui, sans prononcer aucun vœu monastique, ni accepter quelque allégeance que ce soit, vouent leur vie communautaire à la contemplation divine et à la prière. Au XIIIe siècle, le mouvement, touché par les idées du Libre-Esprit et l'hérésie de Gérard Segarelli, suscite la réprobation de l'Église. En 1311, le concile de Vienne condamne pêle-mêle, sous l'appellation de Bégards, les partisans du Libre-Esprit, les Apostoliques, les Fraticelles et les Béguines catholiques, qui se voient contraintes, pour échapper à la répression, de se soumettre à la règle de l'ordre franciscain. Ceci sonna le glas de leur déclin.

Maître Eckart eut des disciples et des continuateurs. Les plus célèbres sont Tauler et Suso, ses disciples allemands, et le flamand, ermite de Groenendael (le « Val vert ») près de Bruxelles, Jan van Ruysbroeck.
Teilhard de Chardin
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Pierre Teilhard de Chardin

Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) fut, à la fois, un prêtre jésuite aux vues mystiques et un homme de science, spécialisé en paléontologie et reconnu par ses pairs. Dès 1925, ses difficultés avec le Saint-Siège commencent. Elles dureront toute sa vie, car Teilhard demeurera écartelé entre sa fidélité à sa foi chrétienne et à ses vœux religieux, notamment d'obéissance, et la volonté de faire partager sa vision idéale du Christ. Ainsi, au lieu de léguer ses œuvres à son Ordre, il fera de sa secrétaire, Jeanne Mortier, sa légataire universelle afin qu'elle puisse les publier. Avec Teilhard, matière et esprit ne sont plus que deux faces d'une même réalité. Il développe deux notions complémentaires : holisme et évolutionnisme.
Le holisme

Le Holisme est une doctrine qui voit le réel comme un tout indissociable : Tout est Un et l'homme en est une infime manifestation locale et éphémère. Le mot « holisme » vient de l'adjectif grec ôlos qui signifie « entier, complet » qui a également donné holistique ou hologramme ou holographie.

Avec une telle position holistique, Teilhard se rapproche fort des traditions védantines et taoïstes (ce qui n'est guère surprenant de la part d'un chercheur qui a passé plus de la moitié de sa vie en Chine). Mais le holisme, parce qu'il affirme l'unité du Tout, nie forcément le fondement idéaliste, donc dualiste, de la doctrine chrétienne. Pour le Teilhard holistique, Dieu est le tout du Tout, Il est ce Un qui unit et unifie le Tout. De là à le suspecter au mieux de panenthéisme, au pis de panthéisme, il n'y aurait qu'un pas que maints prélats ont allègrement franchi sans vraiment le dire. Comme on le verra plus loin, Teilhard de Chardin est bien proche, par maints aspects de sa pensée, d'un Spinoza. Pourtant, Teilhard reste aussi fidèle à la pensée d'Augustin d'Hippone dont l'idée de « plan divin » telle que décrite dans la Cité de Dieu, corroborait assez l'idée d'évolution du Tout vers un plérôme à venir.
L'évolutionnisme

Fondée par Charles Darwin, l'évolutionnisme est adopté par Teilhard de Chardin, même si avec des réserves. Selon lui, le Réel est d'abord mouvement, métamorphose, création: rien n'est permanent, rien n'est écrit, rien n'est préétabli car tout s'invente et se crée perpétuellement.
Mystique teilhardienne

Il est paradoxal que ce soit précisément un prêtre jésuite chrétien qui ait formulé si radicalement le changement de paradigme induit par la conscience évolutionniste.

C'est bien de mystique qu'il faut parler. L'évolutionnisme est plus qu'un courant scientifique : c'est une philosophie du temps, c'est une métaphysique du devenir,

Pour Pierre Teilhard de Chardin, l'évolution a un début, appelé 'point Alpha' (la première lettre de l'alphabet grec), et une fin : le 'point Oméga' (la dernière lettre de ce même alphabet). Ceci est fidèle à la parole christique : « Je suis l'alpha et l'oméga » (dans Ap.1:Cool.

Et précisément, Teilhard identifie le point Oméga à la parousie : la fin de l'univers est le plein accomplissement du Christ cosmique. Tout est Dieu et Dieu s'accomplit par le monde qui se complexifie, qui se spiritualise jusqu'à pleinement réaliser le Christ qui est Dieu accompli. Teilhard voit cette évolution passer de la lithosphère minérale à la biosphère vivante pour, ensuite, créer une noosphère idéelle, psychique, mentale, spirituelle qui reliera entre eux, tous les esprits, toutes les âmes en l'Esprit et l'Âme du Christ qui vient.

Pierre Teilhard de Chardin fut le premier à faire la synthèse des sciences évolutives (en biologie avec Lamarck, d'abord, et Darwin, ensuite ; en géologie avec Vernadski ; en cosmologie avec Friedman, Lemaître et Gamow) et des vues théologiques sur le plérôme et la parousie.
Monisme dit neutre

Doctrine initiée par Spinoza qui enseigne que l'esprit et la matière sont dérivés d'un principe commun. Elle est défendue, entre autres, par Alfred North Whitehead et Bertrand Russell. Ce dernier pense que ce principe est inconnaissable dans l'état actuel de la science (voir Science et Religion).
Monisme panenthéiste ou théomoniste

Expression employée par Henry Corbin pour distinguer la doctrine d'Ibn Arabi de celle du panthéisme qui naturaliserait Dieu au lieu de diviniser l'univers. Cette doctrine enseigne « l'unicité de l'être » selon quoi, il n'y a que Dieu à être et en dehors de Dieu, il n'y a que le néant.
Monisme de Spinoza

Baruch Spinoza (1632-1677), dit aussi Benedictus d'Espinosa, est un juif sépharade issu d'une famille expulsée d'Espagne en 1492 et ayant émigré vers Amsterdam, en Hollande.

Une des grande idées de Spinoza tient en trois petits mots latins : « Deus sive Natura », ce qui signifie « Dieu c'est-à-dire la Nature ». Panthéisme ? On le lui en a fait le reproche et le procès. Mais Spinoza n'accepte pas cette étiquette car, pour lui, la Nature est bien plus que la collection des phénomènes visibles. Une autre étiquette, au risque d'anachronisme, serait plus séante : immanentisme.

L'immanence désigne un type de rapport. C'est un terme qui désigne la relation de l'attribut « pensée » et de l'attribut « étendue » dans l'Éthique de Spinoza. L'immanentisme de Spinoza s'oppose au dualisme de Descartes. Plus généralement, le terme « immanentisme » désigne la relation entre deux attributs, par exemple le corps et l'esprit, et plus généralement le matériel et le spirituel.

Descartes affirme en effet que la matière et l'esprit sont deux substances différentes (cfr. « Méditations métaphysiques »). Il affirme cependant dans le « Traité des passions » que l'esprit a un pouvoir sur le corps. Descartes ne parvient pas à expliquer clairement les rapports de ces deux substances.

Par contre, Spinoza affirme clairement au livre III de « l'Éthique » que « l'esprit est l'idée du corps ». Spinoza ne pose pas deux substances, mais une seule ce qui est bien le sens métaphysique du Deus sive Natura. Cette substance possède cependant une infinité d'attributs. Le psychisme est une manifestation de la substance, au même titre que la matière et que tout ce qui se trouve dans l'étendue. Mais selon des modalités différentes. L'apparente relation de cause à effet entre corps et esprit (quand on boit de l'alcool par exemple, ou quand la volonté de bouger son bras est suivie d'effet) et le résultat d'une causalité commune. Corps et esprit sont deux manifestations d'une même substance et d'une même cause, tout comme l'image et le son au cinéma sont deux manifestations de la même pellicule, que pourtant le spectateur ne voit pas.

Certains neurologues, comme Antonio Damasio, donnent raison à Spinoza sur l'absence d'une relation de cause à effet entre corps et esprit conçus comme deux entités différentes et sur le parallélisme corps/esprit19, sur la base de leurs recherches expérimentales.

On doit à Baruch Spinoza une deuxième idée puissante : celle du Conatus. En réunissant l'Esprit et la Chair, et en réhabilitant le Désir, Baruch Spinoza est probablement le plus antichrétien et le plus avant-gardiste des philosophes.
Monisme et physique

Il est possible de voir un lien entre le monisme et la théorie des cordes. Cette dernière essaie de fournir une description de la gravité quantique, c’est-à-dire de l’unification de la mécanique quantique et de la théorie de la relativité générale. La principale particularité de la théorie des cordes est que son ambition ne s’arrête pas à cette réconciliation, mais qu’elle prétend réussir à unifier les quatre interactions élémentaires connues, on parle de théorie du tout20.

Dans la théorie des cordes, les briques fondamentales de l’Univers ne seraient pas des particules ponctuelles mais des sortes de cordelettes vibrantes possédant une tension, à la manière d’un élastique. Ce que nous percevons comme des particules de caractéristiques distinctes (masse, charge électrique, etc.) ne seraient que des cordes vibrant différemment. Les différents types de cordes, vibrant à des fréquences différentes, seraient ainsi à l’origine de toutes les particules élémentaires de notre Univers21.

Or, selon le monisme tout ce qui existe est essentiellement un tout unique, donc notamment constitué d'une seule substance1. Ainsi, la thèse du monisme et de la théorie des cordes se rejoignent.
Bibliographie

Bertrand Russell, Analyse de l'esprit
David Chalmers, L'Esprit conscient

Notes et références

↑ a et b Une réalité fondamentale qui n'a besoin que d'elle-même pour exister: voir aséité.
↑ L. de Milloué [Conservateur du Musée Guimet], Le brâhmanisme. Paris: Dujarric et Cie, Éditeurs, 1905, 239 pp. Collection: Les religions des peuples civilisés.
↑ A. Astier, Comprendre l'hindouisme, 2006
↑ http://non-dualite.fr/advaita_vedanta/ellam_onru.html [archive]
↑ Traduction en français de l'Avadhuta Gita-http://fr.wikisource.org/wiki/Avadhuta_Gita [archive]
↑ Wittgnestein, Tractatus logico-philosophicus
↑ Wiki anglophone:et
↑ Nirvana Sutra :: Appreciation of the « Mahayana Mahaparinirvana Sutra »<! > [archive]
↑ Marc Halevy, « Le taoïsme », Éditions d'Organisation, Eyrolles pratiques, 2009
↑ Voir Ibn Arabi et sa théorie de « l'unicité de l'être »
↑ Al Tawhîd and its implications on Thought and Life
↑ - « Zohar » de Moïse de Léon (Maisonneuve & Larose -1985)
↑ -« Éthique » de Baruch Spinoza (La Pléiade)
↑ « Encyclopédie de la mystique juive » sous la direction d'Armand Abécassis (Ed. Berg Intl)
↑ « Les grands courants de la mystique juive » Gershom Scholem (Payot - 2002)
↑ « Pensée hébraïque » de Marc Halévy (Ed. Dangles - 2009)
↑ Marc Halevy, Aux sources de la Kabbale et de la Mystique juive, 2007
↑ Benoît Beyer de Ryke, Maître Eckhart, Une mystique du détachement, http://www.scribd.com/doc/2935315/Maitre-Eckhart-une-mystique-du-detachement [archive]
↑ Spinoza avait raison, Antonio Damasio, Odile Jacob, 2003
↑ http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/mysteres-quantiques-et-144950 [archive]
↑ Brian Greene (Céline Laroche), Paris, Robert Laffont, 2000, 470 (ISBN 2-2210-9065-9)

Voir aussi

Animatisme
Dieu
Dualisme
L'Un
Matérialisme
Monade
Neurosciences
Non-dualité
Ontologie (philosophie)
Panthéisme
Philosophie de l'esprit
Physicalisme
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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:40

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:40

Y'becca ou murmure de l'Arbre-Olivier.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t41-y-becca-ou-murmure-de-l-arbre-olivier

Profils des Juges du Secourisme et
la république de l'Olivier.

Chére Minouska, Féline de Pierre et Yvette et toutes les bonnes volonté(e)s

Je regarde le temps différemment après la mort de Athéna la chatte Bleue.
De longues années à voyager; à travailler et à écrire... Tel un Spartiate, je me suis emprunt à une apogée sur la compréhension du monde qui m'entourai de ses richesses; J' y ai rencontré des lueurs, des affronts et des forces.

Je regarde celle qui a su réveiller la force de réveiller ces écrits que j'ai voulu sauvegarder par le fait que après
tout, aide toi et le ciel te répondra: Et je dois dire que ma volonté fut exaucer... Alors je regarde Minouska, une chatte qui a recueilli mon cœur en lambeau lors de la guerre ou intifada, si vous préférez:

Le Juge Suprême de la république de l'Olivier est un personnage
qui doit s'informer et accueillir la Parole de l'un et de l'Autre. Il se doit d'écrire des vers, des proverbes, des espoirs, des fables car notre peuple aime cela: Ni fouet, ni chaines ! être sérieux devant les nuages gris !
Car l'arbre peur garantir notre fraternité et la justice de l'eau propager la diversités des écritures des forets donc vers la connaissance et Yahvé... La République est le pilier de l’Âme dans le sens où il s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première du Juge Suprême de la République de l'olivier.

Dans la vallée du Nil à la plaine des cèdres; le juge suprême doit présenter ses hontes et ses espoirs... je vous fait part de mon expérience... Nuls réponses dans un premiers temps ne se fit entendre alors j'envoyai des mouettes, des chouettes et des canaris sous forme de lettre tel un oiseau qui apprends son premier envol.

Alors sous forme de mirage pour certains et pour d'autres, cela s'appelle un message. Je me fis ce constat et que la volonté en soit ainsi si il ne veulent pas entendre;

"Propage la Connaissance des serments car ce sont les hommes qui s'entretuent par leur entreprise, leur volonté et leur désir! Car certains vomissent sur la fraternité voilà un maillon de haine du trois en un délivré par le vieux coq... Rétablit l'apprentissage de l'Espérance sur l'apprentissage de marcher ! La canne de l'age n'est pas un spectre; elle est une source d'eau ! Tu apprendra à entendre ta douleur devant la faim ! Nous sommes des étapes et en cela cherche le fait d'exister ! La République est le pilier de l’Âme dans le sens où elle s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première !

Ecrit de
TAY
La chouette Effraie.

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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:42

Laïque et athée ou Laïc et athée...

Au sens large, la pensée est une activité psychique, consciente dans son ensemble, qui recouvre les processus par lesquels sont élaborés, en réponse aux perceptions venues des sens, des images, des sensations, des concepts que l'être humain associe pour apprendre, créer et agir.

C'est aussi, une représentation psychique, un ensemble d'idées propres à un individu ou à un groupe, une façon de juger, une opinion (façon de penser), un trait de caractère (avoir une pensée rigoureuse), etc.

Souvent associée au célèbre cogito ergo sum de Descartes, la notion de pensée est aussi un héritage de l'Antiquité, philosophie antique grecque et romaine, et traditions judéochrétiennes.

Sommaire

1 Étymologie
2 Définition
3 Notes et références
4 Voir aussi
4.1 Articles connexes

Étymologie

Penser vient du bas latin « pensare » ( en latin classique : peser, juger) , fréquentatif du verbe « pendere » : peser.
Définition

Dans Le Sophiste, Platon définit la pensée comme "discours intérieur que l'âme tient en silence avec elle-même" (263d et sq, trad. Chambry). Et dans le Théétète, il l'avait déjà définie comme "discours que l'âme se tient à elle-même sur les objets qu'elle examine" (189e et sq, trad. Chambry). La caractéristique essentielle de la pensée est donc la réflexivité ("avec elle-même", "à elle-même").
Notes et références
Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

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Toutes les pages avec « pensée » dans le titre

Articles connexes

Abstraction (philosophie)
Âme
Entendement
Esprit
Libre-pensée
Pensée critique
Pensée divergente
Problème corps-esprit
Jugement
Raison
Cogito ergo sum
Philosophie chrétienne
Fides et ratio

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v · m
Théorie de la connaissance

A priori Concept Connaissance Conscience Contingence Croyance Dialectique Doute Empirisme Épistémologie Espace Idéalisme Imagination Innéisme Jugement Jugement analytique Jugement synthétique a priori Langage Logique Mémoire Métaphysique Nécessité Nominalisme Pensée Phénoménologie Philosophie du langage Principe de causalité Principe de raison suffisante Psychologie cognitive Pyrrhonisme Raison Rationalisme Réalisme Réalité Savoir Scepticisme Science Sciences cognitives Sociologie de la connaissance Solipsisme Temps Transcendantal Universalisme Vérité
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MessageSujet: Re: en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca   Mer 23 Nov à 3:47

en grec phronêsis, puis en latin prudentia et Y'becca
http://la-5ieme-republique.actifforum.com/t185-en-grec-phronesis-puis-en-latin-prudentia-et-y-becca#4339
Y'becca et le Secourisme spirituel
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