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 Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 6:58

L'invention du terme hypnose revient au médecin écossais James Braid en 1843. En référence au célèbre médecin allemand Mesmer ayant exercé à Paris, on utilise parfois le terme mesmériser pour signifier hypnotiser, bien que ce verbe soit un anglicisme encore inconnu des dictionnaires, calqué sur l'anglais to mesmerize.

En 1878, le professeur et médecin français Jean-Martin Charcot réhabilite l'hypnose comme sujet d'étude scientifique en la présentant comme un fait somatique pathologique propre à l'hystérie4'5.

L'histoire de l'hypnose dépasse de beaucoup celle de la psychothérapie. Cette vieille pratique a toujours négocié avec les frontières : sciences, occultisme, spectacle, thérapie, etc. Son utilisation dans un cadre thérapeutique a ainsi toujours été source de controverses, sans doute parce que la thérapeutique elle-même est prise dans ce même jeu des frontières : entre thérapeutiques officielles « scientifiques », thérapeutiques traditionnelles, thérapeutiques spirituelles, etc.

Une des controverses passionnantes qui ont traversé les pratiques hypnotiques est rapportée par Bertrand Méheust dans son travail sur le courant du magnétisme animal (Mesmer, Puységur…).
Expériences « comportementales » d'hypnose à la clinique de Budapest du ministère de la santé mentale et de pathologie. (a) Suggestion hypnotique de prière. (b) Suggestion hypnotique de suicide. (c) Suggestion hypnotique de serment. (d) L'hypnose produite par un diapason. (1899).

Pour résumer, ont émergé deux grands courants de pensée chez les praticiens de la transe : les partisans du magnétisme animal, pour qui la transe est une amplification du champ de conscience du Moi ; les partisans du courant hypnotique pour qui l'hypnose est une restriction du champ de conscience et l'accès aux automatismes inconscients. Il semble en tous cas que les sujets en transe ont su répondre avec habileté aux expériences des uns et des autres en donnant raison... aux deux ! se montrant tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, en fonction des attentes des expérimentateurs et des croyances culturelles de l'époque. L'histoire a surtout retenu la seconde version et les partisans du magnétisme animal (qui comptaient des personnes illustres comme Bergson) sont tombés dans l'oubli. Cependant, ces deux courants de pensée (l'hypnose comme amplificateur de conscience et hypnose comme réduction de la conscience) continuent de traverser les débats entre praticiens et théoriciens.
L'hypnose dans la littérature

Dans le roman-enquête Retour à Whitechapel de Michel Moatti (2013), un protocole d'hypnothérapie est utilisé à Londres pour aider une patiente à remonter dans ses souvenirs et tenter d'identifier Jack l'Éventreur6,7.
L'Hypnotiseur, de Lars Kepler (2012), met en scène un praticien obligé de recourir à cette technique dans une enquête policière, malgré ses réticences8.
Dans les aventures de Tintin Les Sept Boules de cristal puis Le Temple du Soleil d'Hergé parus respectivement en 1948 et 1949, divers personnages sont sujets à l'hypnose : Madame Yamilah qui se révèle posséder des dons incroyables lorsqu'elle est hypnotisée ; les explorateurs qui ont découvert au Pérou une momie andine sont plongés dans un état hypnotique par l'intermédiaire du contenu des boules de cristal qu'un Indien projette en leur direction.
L’hypnose et la télépathie sont largement utilisées par le célèbre Docteur Mabuse, personnage créé par l’auteur luxembourgeois Norbert Jacques en 1921. Le thème sera largement repris au cinéma par Fritz Lang, qui fera définitivement de Mabuse l’archétype de l’hypnotiseur passé maître dans l’art de l’autosuggestion.
La nouvelle d’Edgar Allan Poe, La Vérité sur le cas de Monsieur Valdemar (édition française, 1869, traduction par Charles Baudelaire) est centrée sur l’hypnose et les passes magnétiques, censées maintenir en vie un agonisant.
Le roman Ursule Mirouët, d’Honoré de Balzac, publié en 1842, fait largement mention de l’hypnose et du mesmérisme.
La nouvelle Le Horla, de Guy de Maupassant relate une expérience d'hypnose très troublante faite par le docteur Parent sur la cousine du personnage principal.

L'hypnose comme état de conscience

L'hypnose est un état modifié de conscience différent de celui produit par la relaxation ou la méditation. Cet état peut être léger (rêverie, transe hypnotique légère, hypnagogique), hypnopompique ou plus profond.

« L'hypnose offre tant au patient qu'au thérapeute un accès aisé à l'esprit inconscient du patient. Elle permet de s'occuper directement de ces forces inconscientes qui sont sous-jacentes aux perturbations de la personnalité, et elle autorise l'identification de ces éléments de l'expérience de vie d'un individu qui ont de l'importance pour la personnalité et auxquels on doit accorder toute l'attention requise si l'on souhaite obtenir des résultats thérapeutiques. Seule l'hypnose peut donner un accès aisé, rapide et large à l'inconscient, inconscient que l'histoire de la psychothérapie a montré être d'une telle importance dans le traitement des désordres aigus de la personnalité. »

— Milton Erickson

Léon Chertok considère l'hypnose comme un « quatrième état de l'organisme actuellement non objectivable » dont les racines profondes vont jusqu'à l'hypnose animale. Cet état renverrait aux « relations pré-langagières d'attachement de l'enfant ». Il se manifesterait électivement dans toutes les situations de perturbation entre le sujet et son environnement9.

« L'altération consciente n'existe que de cause à effet:l'utilisation de suggestions verbales en remplace d'autres.Mais si l'on puise dans les items préexistants à l'individu pour les reformuler sans les déformer ou les remplacer, les conduites futures restent en accord avec le conscient, ce qui affecte la mémoire à long terme et confère une durabilité au traitement.L'hypnose dans ce cas dépasse l'état modifié de conscience, qui n'est plus le terme approprié pour définir l'état d'hypnose.D'autres constats actuels, l'état dit "de somnambulisme" se visualise avec l'électro-encéphalogramme (EEG) tel un état de sommeil lent profond comparable au sommeil paradoxal.On devrait aussi parler de "surconscient" et non de subconscient pour qualifier les états d'hypnose car ceux-ci remplacent la fonction volontaire du conscient ayant une action dominante sur la motricité. »

— Martine Le Coz, Erich Lancaster, L'hypnose et la graphologie, Éditions Du Rocher, 1991.
Phases et techniques d'induction hypnotique

L'hypnose peut être atteinte ou renforcée en quatre phases, chacune facultative :

les tests
l'induction
l'approfondissement
les phénomènes hypnotiques

Les tests

Les tests sont utilisés en hypnose de spectacle afin de déterminer les personnes les plus réceptives à l'hypnose au moment du test.

Le test le plus courant, appelé "test des doigts aimantés", consiste à faire se rapprocher les index des mains jointes; bien qu'il existe une multitude d'autres techniques, comme "les mains aimantées" ou "les livres et les ballons".
Induction

Il existe des centaines, voire des milliers de techniques d'induction, et certaines sont brèves et directives : « Dormez, je le veux ! », d'autres plus suggestives et donc progressives.

Ainsi, par exemple : « Vous êtes bien… tranquille… vous respirez profondément, tranquillement… tous vos muscles se détendent… vos paupières sont lourdes… vous les fermez… vous sentez une agréable sensation de lourdeur vous envahir… vous êtes merveilleusement bien… vous glissez lentement, irrésistiblement dans un sommeil réparateur… »

Le thérapeute se doit d'être attentif aux signes qui se manifestent lors de cette phase. Le battement des paupières par exemple, ou la déglutition plus fréquente font partie de ces signes. Certains diront alors : « Vos paupières palpitent, vous ressentez le besoin plus fréquent d'avaler votre salive, voici des signes qui montrent que, rapidement, vous allez être hypnotisé. »

Il existe aussi une « technique de confusion », utilisée en PNL et mise en valeur par Milton Erickson : on demande à une personne de penser à son pied droit, puis très vite à sa main gauche, très vite encore à la couleur des yeux de son père, etc. Son esprit cohérent se trouve alors rapidement surchargé et préfère se réfugier dans la détente qu'on lui propose par ailleurs. Cette technique porte également le nom de « confusion des sens ».

On peut résumer les deux principales techniques d'inductions par les termes : « induction longue » ou « induction courte ». Une induction courte peut ne durer que quelques secondes à quelques minutes (et utiliser notamment la technique de « surcharge des sens » ou de « confusion »). L'induction longue (on peut aussi la qualifier de permissive) varie en moyenne entre 20 et 25 minutes. Toutes les inductions sont suivies « d'approfondissement ». Il est possible que les inductions longues permettent au sujet de mieux se mettre en hypnose et ainsi de permettre un meilleur travail de visualisation, alors que les inductions courtes sembleraient provoquer chez le sujet un possible blocage ou une possible résistance, mais cela n'est que théorie.
Hypnose et anesthésiologie

L’hypnose est reconnue pour ses effets analgésiques10 car elle permet de modifier radicalement la perception sensorielle et la perception de la douleur11. L’utilisation des techniques d’hypnose en anesthésie datent du XIXe siècle12. C'est dans le monde anglo-saxon que l'on trouve les précurseurs de l'utilisation de l'hypnose (alors appelé "sommeil magnétique" que l'on pensait produire par l'utilisation du magnétisme animal, par mesmérisme) en anesthésie[14]. En France, les médecins Eugène Azam et Paul Broca rendent compte devant l'Académie des sciences d'une intervention pratiquée sous anesthésie hypnotique en 1859. En 1860, le chirurgien Alfred Velpeau présente les travaux de Braid à l'Académie des sciences. En Belgique, l'hypnosédation est couramment utilisée au centre hospitalier universitaire de Liège pour l'anesthésie-réanimation lors d'interventions chirurgicales bénignes.

L'hypnose peut servir en médecine pour compléter, voire se substituer à l'anesthésie par sédatifs[15]. On parle alors d'"hypnosédation". L’hypnosédation est une technique d’anesthésie qui consiste à combiner une anesthésie locale avec une hypnose et une sédation consciente à base d’anti-douleur. Plusieurs bénéfices sont reconnus à cette technique : l’amélioration du confort du patient lors de l’opération, une diminution de l’anxiété et de la douleur, une diminution des médicaments administrés, une optimalisation des conditions chirurgicales, ainsi que récupération plus rapide du patient après l’opération 13,14.

Il existe plusieurs indications de chirurgies mineures ou majeures pour l’hypnosédation10 : opération de la thyroïde, mise en place de prothèse mammaire, lifting, septorhinoplastie, reconstruction maxillo-faciale, retrait de matériel d’osthéosynthèse, opération des varices, opération des dents de sagesse, soins des grands brûlés, etc. Depuis 1992, le Centre Hospitalier Universitaire de Liège a permis à plus de 8500 patients de bénéficier de l’hypnosédation, plutôt que d’une anesthésie générale.

Pratiquement, l’hypnosédation n’est possible que sous réserve de certaines conditions: possibilité de réaliser une anesthésie locale du site opératoire, motivation et habileté technique du chirurgien, motivation du patient de rester conscient et confortable au cours de la chirurgie, présence d’un anesthésiste formé à la technique d’hypnose. Quant au patient, juste avant l’intervention, il est invité à choisir un ou plusieurs évènements agréables qu’il souhaiterait revivre en cours de la chirurgie (souvenir de voyage, moment particulièrement agréable, une activité qu’il aime pratiquer).
Hypnose et psychothérapie

De nombreuses techniques de psychothérapie modernes découlent de l'hypnose, le terme psychothérapie a été créé en 1891 par Hippolyte Bernheim pour désigner sa pratique de l'hypnose médicale. En 1923, Pierre Janet déclarait : « la décadence de l'hypnotisme [...] n'est qu'un accident momentané dans l'histoire de la psychothérapie »15.

L'hypnose n'est pas sous-tendue par une théorie unique. Elle est d'abord et avant tout une pratique, un outil mis ici au service de la thérapie. Ainsi, elle peut s'intégrer facilement à toute approche psychothérapique : approche humaniste, psychanalyse, thérapies cognitives et comportementales, thérapies brèves, transpersonnelles, systémiques, etc. L’hypnose est considérée par ses praticiens à la fois comme un amplificateur et un accélérateur de thérapie. Ce serait un moyen d'accéder aux ressources inconscientes, de contourner les blocages et de permettre l'émergence de nouveaux comportements plus créatifs pour la vie du sujet.
Approches thérapeutiques

L'hypnose a fécondé de nombreuses approches thérapeutiques, directement ou non. Elle a été utilisée par Sigmund Freud à ses débuts, auprès de patientes hystériques dans la tentative de « retrouver » l'évènement traumatique (la scène de séduction) supposé à l'origine des troubles. Freud abandonnera rapidement (1895) la pratique de l'hypnose qu'il qualifie de manipulation du sujet et dont il constate dans la pratique que la « vérité » issue de l'hypnose ne peut être entendue (« utile » au sujet) sans résistance, et du fait qu'il lui faut (au patient) la « découvrir » (sa vérité) par lui-même, par le biais de sa parole. Ce sera le début de la talking cure les débuts de la cure analytique à proprement parler.

L'hypnose est aussi à l'origine de la sophrologie, méthode plus récente (1961), ainsi que d'autres techniques de relaxation.

L'hypnose est aujourd'hui un des outils du psychothérapeute. Les indications sont très larges et concernent en fait une très large gamme des problématiques humaines, psychologiques et somatiques : angoisses, troubles névrotiques, arrêt du tabac, perte de poids, stress, énurésie, insomnie, phobies, allergies, traumatismes, deuils, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), timidité, etc. mais aussi, anesthésie hypnotique, préparation mentale (chirurgie, sport, examen), résolution de conflit, apprentissages, développement personnel, etc. Les contre-indications dépendent surtout de l'expérience du thérapeute. Classiquement, elle est contre-indiquée en cas de troubles psychotiques et de paranoïa. Mais ici encore, tout dépend à la fois de l'expérience du thérapeute, de la qualité de la relation avec le patient.
Hypnose ericksonienne

Milton Erickson soutenait l'idée qu'on ne soigne pas un symptôme ou une maladie, mais une personne. L'hypnose en psychothérapie, envisagée à la manière d'Erickson, est une relation vivante entre deux individus :

« L’hypnose, c’est une relation pleine de vie qui a lieu dans une personne et qui est suscitée par la chaleur d’une autre personne. »

— Milton Erickson
Article détaillé : Hypnose ericksonienne.
Hypnose lancasterienne

Erich Lancaster créateur en 1973 de l'Hypnologie (dictionnaire Larousse,1978) modifie la pratique de l'hypnose fruste, à l'inverse d'Erickson il s'applique à l'étude des effets à moyens et longs termes. Il prouve que les thérapies brèves donnent des résultats identiques à ceux obtenus par Freud sur les hystériques (réapparition des symptômes après une certaine durée dans le temps). L'hypnologie remédie à ce processus.

« La relation à L’hypnose, doit être personnalisée. Ce n'est pas le patient qui doit s'adapter à l'hypnose, mais l'hypnose qui doit se mouler au patient. »

— Erich Lancaster
Autohypnose

Enfin, il existe une forme spécifique pour l'utilisation de l'hypnose sans avoir recours à un hypnotiseur. Cette méthode est appelée autohypnose. Elle consiste à s'autoinduire un état hypnotique par différentes techniques. il est d'ailleurs fréquent que spontanément, chacun invente des méthodes personnelles, sans que cela soit nommé. Par exemple, telle personne fait du tricot (« ça me détend et je ne vois pas le temps passer ! »), telle autre se ronge les ongles pensivement, etc. autant de pratiques spontanées qui détendent, stoppent le mental, ouvrent sur l'imaginaire et un univers de sensations agréables... ou désagréables (autohypnose négative). L'autohypnose offre un cadre où stimuler volontairement ce fonctionnement mental involontaire, avec des applications nombreuses. Généralement, on apprend l'autohypnose avec l'aide d'un hypnothérapeute (l'apprentissage est plus rapide, « sur mesure » et plus ancré), mais on peut aussi l'apprendre seul avec pour support un livre ou un enregistrement audio.
Article détaillé : Autohypnose.
Hypnose européenne
Article détaillé : Hypnose européenne.

L'hypnose européenne est un courant de l'hypnose classique. En hypnothérapie, l'hypnose européenne se concentre sur les symptômes. Elle est pratique, centrée sur les personnes et les symptômes d'ordre psychique, la modification des habitudes et comportements gênants ou la suppression des souffrances. Elle pourrait être qualifiée d'hypnose « cognitivo-comportementaliste ».
Mécanismes de l'hypnose

Bien que la science se soit depuis longtemps intéressée à l’hypnose, l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale a permis une amélioration des connaissances sur le fonctionnement du cerveau dans ces conditions particulières. Certaines aires cérébrales sont ainsi spécifiquement activées lors de l'hypnose16.
Hypnose et douleur
Le cortex cingulaire antérieur

C’est Pierre Rainville, professeur au département de stomatologie à l’université de Montréal, qui a le premier étudié les relations entre l’hypnose et la douleur grâce à des techniques d’imagerie cérébrale. Il a montré qu’un stimulus de même intensité physique, jugé douloureux par les sujets dans un état de veille normale et non douloureux lorsque ces mêmes sujets étaient sous hypnose, évoque des modifications d’activité dans le cortex cingulaire antérieur, une région médiale du cortex préfrontal17. Cette région est connue pour son appartenance, entre autres, à la matrice de la douleur, un ensemble de régions du cerveau dont l’activité augmente lors d’une expérience douloureuse.

Stuart Derbyshire et son équipe18 ont, quant à eux, utilisé une suggestion hypnotique d’hyperalgésie afin de contraster les activités cérébrales évoquées par une douleur imaginée et celles d’une douleur induite sous hypnose. Ils concluent également que la sensation subjective de douleur et le sentiment désagréable qui lui est associé se reflète dans l’activité du cortex cingulaire antérieur.

Cette étude apporte néanmoins un argument clair en faveur de la véracité d’induire une douleur sans aucun stimulus physique sans que celle-ci soit imaginée ou imaginaire. Cette conclusion doit sensibiliser certains médecins ou praticiens à réviser leur avis sur des douleurs qu’ils qualifiaient jusqu’alors de factices. Cette étude a été enrichie, entre autres, par une étude finlandaise menée par Tuukka Raij et publiée en 200519.

Hofbauer a réalisé une expérience en TEP publiée en 2001, avec une suggestion portant sur la sensation douloureuse et non sur le caractère désagréable de cette sensation comme c’était le cas dans l’étude de Rainville. Il a mis en évidence une modulation de l’activité dans les cortex somato-sensoriels et non dans le cortex cingulaire antérieur mettant ainsi en évidence l'importance de la suggestion.

Des travaux menés par le Pr. Faymonville au CHU de Liège en Belgique ont également permis de démontrer que l’hypnose diminue l’activité, d’une part, des régions somatosensorielles, d’autre part, du cortex cingulaire antérieur, qui participe aux aspects émotionnels et affectifs de la douleur 20. Grâce à l’étude de la connectivité cérébrale, nous savons que cette diminution de la perception de la douleur observée en hypnose est liée à une augmentation de la modulation fonctionnelle entre le cortex cingulaire antérieur et un large réseau neuronal de structures corticales et sous-corticales connues pour être impliquées dans les différentes douleurs et leurs diverses composantes (sensitives, affectives, cognitives et comportementales) 21,22. Ce réseau comprend le cortex préfrontal, l’aire motrice pré-supplémentaire, les thalami et le tronc cérébral. Ces variations de la connectivité induites par l’hypnose, entre le cortex cingulaire antérieur et les régions préfrontales, peuvent traduire une modification des processus associatifs du jugement, de l’attention ou de la mémoire des stimuli nociceptifs perçus. De plus, l’hypnose réduit l’activité des régions cérébrales gérant les réactions défensives et émotionnelles face à une stimulation 23. Cela expliquerait la diminution importante, voire la disparition, de toute réaction motrice quand un stimulus douloureux est appliqué aux patients sous hypnose. Enfin différentes études ont mis en évidence une modification de l’activité cérébrale observée lorsque les sujets sont en hypnose, sans tâche spécifique à réaliser, particulièrement au niveau des réseaux de la conscience interne (conscience de soi) et de la conscience externe (conscience de l’environnement) (pour une revue, voir 24).
Hypnose et attention

Les deux études ayant précisément abordé cette question sont celles de Raz et celle de Egner parues toutes les deux en 2005.

La première étude a montré une baisse de l’activité du Cortex cingulaire antérieur, qui est impliqué dans la détection des conflits25 alors que la seconde a montré une augmentation de l’activité de cette région en situation de conflit26. Ces résultats à première vue contradictoires illustrent l’importance de la suggestion puisque, dans le premier cas, une suggestion était réalisée sur la tâche (« le texte qui apparaissait était d’une langue inconnue ») tandis que la seconde ne faisait aucune suggestion directe sur la tâche. Ces deux études confirment qu'il n'existe pas une base cérébrale de l'hypnose mais que les activités cérébrales sont dépendantes de la suggestion hypnotique utilisée.
Hypnose et mémoire

Les liens entre hypnose et mémoire sont de deux ordres :

l'émergence de souvenirs pratiquée en hypnothérapie qui a pour but de rappeler au conscient des souvenirs enfouis et oubliés,
l'amnésie, souvent utilisée dans le cadre d'un spectacle, notamment avec l'amnésie d'un chiffre ou du prénom de la personne hypnotisée.

Le rappel de souvenirs devient persistant tandis que l'amnésie ne dure habituellement que quelques secondes à quelques minutes.

Dans une étude récente (2008), Mendelsohn a proposé que certaines régions qui supportent la récupération des informations en mémoire puissent être inhibées lors d’une suggestion hypnotique d’amnésie27.
Hypnose et sciences humaines
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Cet article ou cette section peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées (décembre 2013).

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L'hypnose révèle qu'en sciences humaines la réalité ne se comprend pas, elle se construit. Et le langage y joue un rôle majeur. Ainsi, si on décrit une chaise, la description aura un effet minimal sur la chaise, mais un effet important sur la perception de la chaise, ainsi que sur la perception des personnes qui écoutent. En hypnose, la réaction à la description est amplifiée : le langage (verbal et non verbal) de l'expérimentateur ne décrit pas simplement ce qu'il observe : il décrit-construit les comportements qu'il observe, et sa construction a un effet majeur sur l'attitude de la personne observée. Thierry Melchior nomme ainsi nos concepts des "réalités" car notre réalité est une articulation de ces constructions 28. Michel Weber a quant à lui proposé une lecture whiteheadienne des phénomènes hypnotiques 29.
L'hypnose comme spectacle

L'hypnose utilisée comme spectacle, sur scène, a joué un rôle important dans sa diffusion. C'est après avoir assisté à une démonstration du magnétiseur public Charles Lafontaine en 1841 que James Braid a commencé à s'intéresser aux phénomènes hypnotiques. Joseph Delboeuf, quant à lui, qui a fait des expériences avec le magnétiseur public Alfred D'Hont, dit Donato, se fait l'avocat des magnétiseurs de spectacle et demande « que chacun puisse faire de l'hypnotisme public ou privé, sous sa propre responsabilité »30.

Les hypnothérapeutes ont voulu se démarquer des hypnotiseurs de spectacle en se faisant appeler hypnotistes ou hypnologues ou en changeant le terme d'hypnose mais à la suite d'une étude randomisée du psychologue Nicholas Spanos montrant que l'état de transe hypnotique (thérapeutique de transe moyenne) est augmenté chez les sujets sachant qu'ils vont être hypnotisés31, le terme d'hypnose ayant une reconnaissance scientifique est maintenu32.
Questionnement sur de possibles trucages

C'est souvent la question qui se pose dans le cadre de l'hypnose de spectacle. La réalité de l'hypnose sur un sujet choisi au hasard n'est pas remise en cause. Même les milieux académiques sceptiques, comme le cercle zététique en France, ne la remettent pas complètement en cause33. Elle peut donc fonctionner sur un sujet sensible comme échouer, ce qui est le cas pour une grande majorité de personnes.

L'état d'hypnose étant un état naturel que nous vivons plusieurs fois par jour, en étant absorbé dans une tâche par exemple[réf. nécessaire], il est donc impossible de se dire non-hypnotisable. Toutefois, la personne doit vouloir être hypnotisée, se laisser aller et se concentrer. Ce qui varie, c'est le temps nécessaire pour arriver à cet état d'hypnose. C'est pourquoi les hypnotiseurs de spectacle font des exercices d'imagination en début de spectacle pour trouver ces gens du public prêts à se laisser aller.

Par contre lorsque l'hypnose se produit sur une scène, un échec de l'hypnotiseur étant préjudiciable à sa carrière, des soupçons de trucage sont fréquents. Il est parfois le fait d'un accord entre l'hypnotiseur et le patient ou bien improvisé par le seul patient qui veut se mettre en valeur devant l’assistance34. Ce cas est similaire à celui du guéridon qui tourne en répondant à des questions. Des capteurs installés sur la table montrent que s'il tourne c'est toujours du fait d'un des convives qui décide de truquer l'expérience. L'analyse statistique montre que ce cas est fréquent. La raison en est que si personne ne se décide à truquer l'expérience, la soirée devient rapidement ennuyeuse. Inversement, si un trucage est démontré, la carrière de l'artiste est aussi rapidement en danger35,36.
Analyses sociologiques sur l'hypnose de spectacle

L'hypnose de spectacle fonctionne probablement grâce à une combinaison de facteurs psychologiques, à la sélection des participants grâce à des tests de réceptivité, la suggestibilité et la scénographie37. Dans le cas de Messmer, il choisit toujours les participants à son spectacle grâce à certains tests de réceptivités en début de représentation. C'est de cette façon qu'il peut déterminer les spectateurs qui sont le plus réceptifs à son hypnose et à son magnétisme. Ensuite, s'ils le désirent, les gens réceptifs peuvent monter sur scène pour prendre part aux numéros.
Analyses scientifiques

Des protocoles scientifiques sont aisément disponibles (voir les protocoles des groupes de zététiques) afin de faire la part entre réel et trucage. Comme pour tous les phénomènes paranormaux, ces tests sont faits dans des laboratoires scientifiques, en présence de confrères de l'artiste qui, bien évidemment, connaissent et peuvent détecter tous les types de truquages. Par contre dans tous les cas (succès ou échecs), les tests sont publiés.

Dans le cas de l’hypnose de spectacle, les tests ont surtout été pratiqués par Kreskin (en). Kreskin a fait des expériences avec ses propres sujets pendant plusieurs années et il a conclu qu'il pouvait reproduire l'ensemble des phénomènes de l'hypnose de scène sans recourir à l'état hypnotique38.
Effets indésirables
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Abréaction
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Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2015).

Une abréaction hypnotique consiste en une réaction anormale, souvent paniquée, de la personne hypnotisée. Elle se traite en rassurant la personne et en la faisant revenir à la pleine réalité, consciente.

Une abréaction doit normalement être évitée par la mise en place de « fusibles » lors du pré-talk : avant l'induction hypnotique, l'hypnotiseur précise à la personne qui va être hypnotisée qu'elle ne doit ressentir seulement des effets agréables, et que si ce n'était pas le cas, elle devrait se réveiller aussitôt.

Les abréactions se produisent le plus souvent à la suite d'une suggestion comprenant une régression ou faisant appel à des souvenirs.
Mythes et craintes populaires liés à l'hypnose

La perte apparente de conscience durant une hypnose suscite de nombreuses craintes proportionnelles au risque d'une perte de contrôle de l'individu. Ces peurs se retrouvent dans les termes mêmes utilisés en hypnose, tel que le « lâcher-prise ».
Question book-4.svg

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (août 2016).

Cependant, l'action de l'hypnose a toujours été limitée à la perte de contrôle du conscient de l'individu. Le rôle de l'inconscient, pleinement actif dans les domaines de la sauvegarde de la personne (réflexes naturels) n'est jamais atteint, et seules des actions sans conséquences, telles qu'illustrées lors de spectacles, peuvent être réalisées sous hypnose. De plus les suggestions émises par l'hypnotiseur doivent être en accord avec l'inconscient de l'hypnotisé, sous peine de ne pas fonctionner. On ne peut ainsi pas aller contre la volonté de quelqu'un, contrairement aux craintes que l'on retrouve fréquemment dans ce domaine.[réf. nécessaire]
Notes et références

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Messmer (hypnotiseur) » (voir la liste des auteurs).

↑ (en)« Hypnosis and the altered state debate: something more or nothing more ? », Lynn S, Fassler O, Knox J, et « Theories of hypnosis: current models and perspectives », Steven J. Lynn
↑ (en)« Hypnosis as role enactment: Focus on a role specific skill », Coe W, Buckner L, Howard M, Kobayashi K
↑ (en)Encyclopaedia Britannica, 2004.
↑ https://www.psynapse.fr/historique-hypnose/jean-martin-charcot/ [archive]
↑ http://www.ch-charcot56.fr/index.php/jean-martin-charcot.html [archive]
↑ Julie Malaure, « Londres : sur la piste de Jack l'Éventreur » [archive], Le Point (consulté le 22 novembre 2013)
↑ http://les-hypnotises.appspot.com/articles/retour-a-whitechapel-la-verite-sur-jack-leventreur.php [archive]
↑ Florence Noiville, « “L'Hypnotiseur”, de Lars Kepler : traqueur de pensées », Le Monde,‎ 16 septembre 2010 (lire en ligne [archive])
↑ Leon Chertok. L'hypnose, Payot, petite bibliothèque payot, , 1989. Paris. p. 313
↑ a et b Vanhaudenhuyse A, Laureys S. et Faymonville M-E., « Neurophysiologie de l’hypnose [Neurophysiology of hypnosis] », Neurophysiol Clin, vol. ., no .,‎ 2013 (DOI 10.1016/j.neucli.2013.09.006, lire en ligne [archive])
↑ (en) Vanhaudenhuyse A, Boly M, Balteau E, Schnakers C, Moonen G, Luxen A, Lamy M, Degueldre C, Brichant JF, Maquet P, Laureys S, Faymonville ME, « Pain and non-pain processing during hypnosis: a thulium-YAG event-related fMRI study », Neuroimage, vol. 47, no 3,‎ 2009, p. 1047-54 (PMID 19460446, DOI 10.1016/j.neuroimage.2009.05.031) modifier
↑ Kirsch M., « À propos d’hypnosédation », Doul et Analg, vol. 21, no 1,‎ 2008, p. 27-30 (DOI 10.1007/s11724-008-0075-6, résumé [archive])
↑ Defechereux, T., et al., Hypnosedation, a new method of anesthesia for cervical endocrine surgery. Prospective randomized study. Ann Chir, 2000. 125(6):p. 539-46.
↑ Faymonville, M.E., M. Boly, and S. Laureys, Functional neuroanatomy of the hypnotic state. J Physiol Paris, 2006. 99(4-6): p. 463-9.
↑ Pierre Janet, La médecine psychologique, 1923
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↑ (en) Raij TT, Numminen J, Närvänen S, Hiltunen J, Hari R., « Brain correlates of subjective reality of physically and psychologically induced pain », Proc Natl Acad Sci U S A., vol. 102, no 6,‎ 2005, p. 2147-51. (PMID 15684052)
↑ Références Faymonville, M.E., et al., Neural Mechanisms of Antinociceptive Effects of Hypnosis. Anesthesiology, 2000. 92(5): p. 1257-1267.
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↑ Vanhaudenhuyse, A., S. Laureys, and M. Faymonville, Neurophysiology of hypnosis. Clinical Neurophysiology, in press.
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↑ (en) Egner T, Jamieson G, Gruzelier J. « Hypnosis decouples cognitive control from conflict monitoring processes of the frontal lobe ». Neuroimage. 2005 Oct 1;27(4):969-78. PMID 15964211 [archive]
↑ (en) Mendelsohn A, Chalamish Y, Solomonovich A, Dudai Y. « Mesmerizing memories: brain substrates of episodic memory suppression in posthypnotic amnesia » Neuron. 2008 Jan 10;57(1):159-70. PMID 18184572 [archive]
↑ Cf. Thierry Melchior, Créer le réel. Hypnose et thérapie, Paris, Seuil, 1998
↑ « Hypnosis: Panpsychism in Action [archive] », in Michel Weber and William Desmond, Jr. (eds.), Handbook of Whiteheadian Process Thought, Frankfurt / Lancaster, ontos verlag, Process Thought X1 & X2, 2008, I, p. 15-38, 395-414 ; cf. « Syntonie ou agencement ethnopsychiatrique ? [archive] », Michel Weber et Vincent Berne (sous la direction de), Chromatikon IX. Annales de la philosophie en procès — Yearbook of Philosophy in Process, Les Éditions Chromatika, 2013, p. 55-68.
↑ Magnétiseurs et Médecins, 1890
↑ (en) N. Spanos et coll, « Moderating effects of contextual variables on the relationship between hypnotic susceptibility and suggested analgesia », Journal of Abnormal Psychology, vol. 93, no 3,‎ 1984, p. 285-294
↑ Professeur Marcel Chatel, « L’hypnose et ses applications », émission Avec ou sans rendez-vous sur France Culture par Olivier Lyon-Caen, 13 mars 2012
↑ http://www.unice.fr/zetetique/travaux/503_hypnose/index.html [archive]
↑ sites de sceptiques désillusions [archive]
↑ Secrets of the Amazing Kreskin. Prometheus. 1991. ISBN 0-87975-676-4.
↑ Kreskin Confidential: The World's Greatest Mentalist Speaks Out. AuthorHouse. 2009. ISBN 978-1-4389-7279-4.
↑ (en) Michael Yapko, Trancework: An introduction to the practice of Clinical Hypnosis, NY, New York, Brunner/Mazel, 1990, p. 28
↑ (en) Kreskin, The Amazing World of Kreskin, 1973.

Voir aussi

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Bibliographie
Jean Martin Charcot, Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, 1882
Hippolyte Bernheim, De la Suggestion dans l'État Hypnotique et dans l'État de Veille, Paris, 1884, (réed. L'Harmattan, 2004, (ISBN 2747556239))
Henri Beaunis, Le Somnambulisme provoqué , 1886 (réed. L'Harmattan, 2007, (ISBN 9782296030084))
Alfred Binet, La psychologie du raisonnement : recherches expérimentales par l'hypnotisme, 1886
Georges Gilles de La Tourette, L'hypnotisme et les états analogues au point de vue médico-légal, Paris, 1887
Jules Liégeois, La question des suggestions criminelles, ses origines, son état actuel, 1897
Wilhelm Wundt, Hypnotisme et suggestion, 1892
Joseph Delbœuf, Le sommeil et les rêves ;: Le magnétisme animal ; Quelques considérations sur la psychologie de l'hypnotisme, Fayard, 1994, (ISBN 2213031002)
Émile Coué, La Maîtrise de soi-même par l'autosuggestion consciente, 1922, sur wikisource
Léon Chertok, (dir.), Résurgence de l'hypnose : une bataille de deux cent ans, 1984
Léon Chertok et Mikkel Borch-Jacobsen, Hypnose et psychanalyse, 1987
Léon Chertok et Isabelle Stengers, Le cœur et la raison. L'hypnose en question de Lavoisier à Lacan, Payot, Paris, 1989
François Roustang, Qu'est-ce que l'hypnose ?, 1994
Juliette Gueguen, Caroline Barry, Christine Hassler et Bruno Falissard, Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose, Inserm, juin 2015 (lire en ligne [PDF])
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 6:58

Franz Anton Mesmer (23 mai 1734 à Iznang – 5 mars 1815 à Meersburg) est un médecin badois, fondateur de la théorie du magnétisme animal, aussi connue sous le nom de mesmérisme.

Sommaire

1 Biographie
2 Mécénat musical
3 Œuvres
4 Postérité
5 Notes et références
6 Voir aussi
6.1 Bibliographie
6.2 Articles connexes
6.3 Liens externes

Biographie

En 1752, Franz Anton Mesmer s'inscrit à l'université jésuite de Dillingen (de) et, en 1754, à l’université d’Ingolstadt pour sa troisième année de théologie. Il s'inscrit en droit à l'université de Vienne en 1759, puis en médecine en 1760.

En 1766, Mesmer publie sa thèse de doctorat, De l'influence des planètes sur le corps humain, dans laquelle on retrouve l'influence des théories sur le magnétisme du médecin suisse Paracelse, du médecin belge Jan Baptist van Helmont (Le traitement magnétique des plaies, 1621), du médecin écossais William Maxwell (De Medicina Magnetica, 1679), du jésuite allemand Athanasius Kircher et de Ferdinand Santanelli (Geheime Philosophie oder magish-magnetische Heilkunde, 1723).

En janvier 1768, Mesmer épouse la riche veuve Maria Anna von Posch (von Bosch dans la correspondance de Mozart). De nombreux musiciens viennois fréquentent leur maison, notamment Haydn, Gluck et Mozart qui l’immortalisera en incluant une référence à lui dans son opéra Così fan tutte.

En 1773, il entreprend son premier traitement sur la base des idées d'un fluide universel. Pour cela, il utilise les plaques aimantées inventées par le père jésuite Maximilian Hell. À la suite d’une polémique avec Hell sur la paternité de ce procédé, Mesmer insistera sur le fait que le magnétisme animal est distinct du fluide magnétique minéral. En 1775, Mesmer est amené à donner son avis à l'Académie des Sciences de Munich sur les exorcismes du père Johann Joseph Gassner.

En juin 1775 il se rend chez le Baron Horeczky de Horka. Fin 1775 il est de retour à Vienne.

En 1777, il quitte Vienne après avoir tenté de traiter la cécité de Maria Theresia von Paradis, une musicienne de 18 ans aveugle depuis l’âge de quatre ans. Les soins de Mesmer parvinrent à rétablir partiellement sa vue, ce dont les parents lui furent d’abord fort reconnaissants, avant que le père de la jeune musicienne, qui tenait à conserver la pension d'invalidité de sa fille, n’insiste pour que Mesmer cesse de la traiter. Des échanges acrimonieux s’ensuivirent, et la vision de la patiente se détériora de nouveau. Pour éviter un scandale, Mesmer part s’installer à Paris l'année suivante.

Arrivé à Paris en 1778, il officie d'abord à l'hôtel Bourret place Vendôme puis à l'hôtel Bullion 1 rue Coquillère, près de Saint-Eustache, et encore à l'hôtel de Coigny, rue du Coq-Héron. Sa clientèle s'accroissant, il s'établit ensuite à Créteil en mai 1778. Il se fait assister par Charles Deslon, médecin personnel du comte d'Artois, avec le soutien duquel il publie, en 1779, son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal de 88 pages, suivi de ses 27 célèbres Propositions décrivant sa théorie. Ses thèses principales sont :

un fluide physique subtil emplit l'univers, servant d'intermédiaire entre l'homme, la terre et les corps célestes, et entre les hommes eux-mêmes ;
la maladie résulte d'une mauvaise répartition de ce fluide dans le corps humain et la guérison revient à restaurer cet équilibre perdu ;
grâce à des techniques, ce fluide est susceptible d'être canalisé, emmagasiné et transmis à d'autres personnes, provoquant des « crises » chez les malades pour les guérir.

Mesmer, de Puységur et Deleuze.

Selon Mesmer, le magnétisme animal est la capacité de tout homme à guérir son prochain grâce à un « fluide naturel » dont le magnétiseur serait la source, et qu'il diffuserait grâce à des « passes », dites « passes mesmériennes », sur tout le corps. Bientôt, Paris se divise entre ceux qui pensent que Mesmer était un charlatan forcé de fuir Vienne et ceux d’opinion qu'il avait fait une grande découverte.

En 1780 Charles Deslon publie Observations sur le magnétisme animal.

En 1780, ayant plus de patients qu'il n'en peut traiter individuellement, Mesmer introduit la méthode de traitement collectif dite du baquet. C'est notamment lors de ces traitements collectifs que se manifestent des phénomènes contagieux de « crises magnétiques » au cours desquelles les femmes de la meilleure société parisienne perdent leur contrôle, éclatent d'un rire « hystérique », se pâment, sont prises de convulsions…

Mesmer est vivement attaqué par la faculté de médecine mais obtient des clients influents, tels le juriste Nicolas Bergasse et le banquier Guillaume Kornmann.

En mai 1781 Mesmer quitte Paris pour Spa, aujourd'hui en Belgique, où il écrit son Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal qu'il adressera aux compagnies savantes du monde entier. Il rentre à Paris fin 1781.

Mesmer retourne à Spa en juillet 1782 ; il revient à Paris fin 1782 : en mars 1783 il crée la loge de l'harmonie (qui deviendra plus tard la Société de l'Harmonie Universelle).

En 1782, apprenant que Charles Deslon s'est lui-même constitué une clientèle de magnétisme animal, Mesmer organise avec l'aide de Nicolas Bergasse et Guillaume Kornmann, une souscription pour acheter le « secret de Mesmer ». Pour cela, ils créent en 1784 la Société de l'Harmonie Universelle, qui se révèle être un énorme succès financier. Armand Marc Jacques de Chastenet de Puységur et ses deux frères seront membres de cette société.

Les tentatives de Mesmer afin d’obtenir, au cours de ses premières années à Paris, l'approbation officielle de l'Académie des Sciences ou de la Société royale de Médecine pour ses doctrines se soldent par un échec. En 1784, Louis XVI nomme, à l’insu de Mesmer, deux commissions pour étudier la pratique du magnétisme animal, l'une de l'Académie des Sciences, l'autre de la Société royale de Médecine. Les commissaires, l'astronome Jean Sylvain Bailly, le médecin Joseph-Ignace Guillotin, le chimiste Antoine Lavoisier, l'ambassadeur des États-Unis Benjamin Franklin et le botaniste Antoine Laurent de Jussieu se fondent sur l'observation du travail de Charles Deslon. Jean Sylvain Bailly conclut que « l'imagination sans magnétisme produit des convulsions… le magnétisme sans imagination ne produit rien », il déclare aussi, dans un rapport secret que « le traitement magnétique ne peut être que dangereux pour les mœurs ». En revanche, Antoine Laurent de Jussieu déclare que « l'influence physique de l'homme sur l'homme doit être admise ». Auguste Thouret intervient aussi dans l'enquête.

Cependant, comme la commission n’avait observé que le travail de Deslon, beaucoup affirmèrent que ce dernier ne connaissait pas complètement le vrai système de Mesmer qui s’indigna de ce que les commissaires avaient adressé leurs questions au « traître » Deslon, et non à lui. Cette circonstance lui profita pourtant lorsque le ministère public décida d'interdire la pratique du magnétisme animal aux médecins sur la base du rapport des commissaires, car Bergasse réussit à faire lever l'interdiction du Parlement précisément parce que le rapport des commissaires concernait la pratique de Deslon et non celle de Mesmer. Loin de nuire au développement du mouvement magnétique, les rapports de 1784 firent, au contraire, de la publicité au mouvement magnétique. Cet effet fut renforcé par l’opinion contradictoire de Jussieu, et par le fait que la même année, un des plus fidèles disciples de Mesmer, le marquis de Puységur, avait fait de nouvelles découvertes d’un état jusque-là inconnu de la conscience, qu'il appelait « sommeil magnétique ». Ce phénomène suscita une nouvelle attention et, au lieu de trancher la question de l'existence du magnétisme animal, les rapports ont conféré un intérêt supplémentaire au sujet. L'intérêt soutenu pour le magnétisme animal en France se propagea en conséquence à de nombreux autres pays au cours des décennies suivantes et nombre de nouveaux partisans en adoptèrent la cause. La « Société de I'Harmonie » développa ses activités et plusieurs villes en France eurent des sociétés similaires, certaines très prospères, comme à Strasbourg, Chartres, Lyon, Amiens, Narbonne, Malte, Saint-Domingue, etc.

Jean-Jacques Duval d'Eprémesnil et Joseph Michel Antoine Servan prennent la défense de Mesmer.

Il parait probable que les membres fondateurs de la Société considéraient que leur engagement envers Mesmer ne durait que jusqu’à ce que cent membres eussent payé cent louis chacun. Cet objectif ayant été dépassé au cours de 1784, plusieurs membres influents se crurent désormais entièrement libres d'enseigner et de pratiquer et (encore pire pour Mesmer) de modifier ce qu'ils avaient appris.

En 1785, Mesmer expulse Bergasse, Kornmann et d'autres membres influents de la Société de l'harmonie. Cette scission reflète des divisions politiques : Bergasse et Kornmann souhaitent étendre la lutte contre l'Académie à la lutte contre le despotisme politique alors que Mesmer tient à un apolitisme, plus propre d'ailleurs à servir ses intérêts immédiats2.

En 1785, Mesmer quitte la France, reprochant à ses élèves de ne pas avoir gardé son « secret ». C’est principalement en raison des luttes intestines de nature économique au sein de la « Société de I'Harmonie » que Mesmer, qui pensait également que la comptabilité était délibérément falsifiée, décida de se contenter de 20 000 francs et de quitter le pays au lieu d’avoir à se préoccuper des luttes internes de la société.

En 17933, il quitte Paris (où il se trouvait de nouveau), lors de la Terreur, et rejoint Vienne où, suspecté de sympathies révolutionnaires, il est emprisonné pendant deux mois. Libéré le 18 décembre, il gagne la Suisse, sur les rives du lac de Constance,à Frauenberg. En 1798, sous le Directoire, il regagne Paris dans l'espoir de récupérer une partie de ses biens. Il séjourne pendant trois ou quatre ans à Paris et Versailles. Il écrit alors ses mémoires en 1799. Il obtient du gouvernement une compensation financière de 400 000 livres. Il regagne Frauenberg où Lorenz Oken l'y visite en 1809. À l'issue de ce séjour Oken appelle urgemment les médecins à rencontrer Mesmer. Johann Christian Reil propose alors à Mesmer de venir exercer à Berlin dans un établissement reconnu par les autorités prussiennes. Mesmer, arguant de son âge avancé, décline l'invitation, mais suggère à l'inverse de recevoir chez lui toute personne missionnée par Oken. Le chancelier Karl August von Hardenberg charge alors le ministre de l'éducation de constituer une commission d'évaluation. Présidée par Hufeland, la commission demande au Dr. Christian Wolfart - « mesmeriste » et membre de l'Académie de Prusse - de se rendre à Frauenberg où il arrive en septembre 1812. Mesmer lègue ses manuscrits à Wolfart qui les traduira (ils avaient alors été publiés en français) et les publiera dès 18144. Au début de l'année 1815 Mesmer se rapproche du village d'Iznang ; il meurt le 5 mars d'un arrêt cardiaque.
Mécénat musical

Grand amateur de musique et riche mécène, Mesmer commande au jeune Wolfgang Amadeus Mozart, alors âgé de douze ans, son second opéra, Bastien und Bastienne, pièce bucolique dans le goût champêtre de l’époque qui sera créé en son théâtre privé le 1er octobre 1768. Haydn et Gluck se produisirent également chez Mesmer.
Œuvres

De l'influence des planètes sur le corps humain, 1766
Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, 1779, Wikisource-logo.svg Édition numérique disponible sur wikisource. Il y a aussi une édition papier chez Allia, 2006, (ISBN 2844852262).
Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal. I, 1781, L'Harmattan, 2005, (ISBN 2747590542)

Postérité

Sa renommée dans le monde anglophone sera telle que le verbe « hypnotiser » (au propre et au figuré) se dit non seulement to hypnotize en anglais, mais également to mesmerize ; la forme verbale mesmerizing (littéralement « mesmerisant ») est également employée comme adjectif avec le sens de fascinant (pour qualifier un spectacle, un film, un livre, etc.).

Honoré de Balzac était un adepte du mesmerisme et du magnétisme animal. Il s'étend longuement sur le sujet dans son roman Ursule Mirouët où l'on voit le sceptique docteur Minoret se laisser convaincre de traiter sa pupille : Ursule.

En 1936, le docteur Jean Vinchon a publié chez Amédée Legrand, éditeur, une étude intitulée Mesmer et son secret5.

En 1994, Roger Spottiswoode réalise le film Mesmer, sur la vie du docteur (surtout le côté hypnose), avec Alan Rickman dans le rôle de Franz Anton Mesmer6.

Mesmer est évoqué dans le film Cure, de Kiyoshi Kurosawa, où un ancien étudiant en psychologie devenu fou a d'inquiétants pouvoirs hypnotiques.

Également cité par Abraham Van Helsing, dans Dracula de Francis Ford Coppola.

Le roman de Brian O'Doherty L'étrange cas de mademoiselle P. (1992) est consacré à l'affaire du traitement de la musicienne aveugle Maria Theresia von Paradis.

Alexandre Dumas décrit une séance de soins dans Le Collier de la reine.

Messmer, un artiste québécois, reprend le nom Mesmer comme nom de scène en hommage.
Notes et références

↑ Robert Delavault, Une destinée hors du commun : Marie-Anne Lavoisier, 1758-1806, Editions L'Harmattan, 2008
↑ Clifford D. Connor, Histoire populaire des sciences, éditions de l'échappée, 2011, p. 382 citant Darnton, La fin des lumières, le mesmérisme et la Révolution
↑ Betsy van Schlun, Science and the Imagination : Mesmerism, Media, and the Mind in Nineteenth-century English and American Literature, Galda & Wilch, 2007
↑ Saīd Hammoud, Mesmerisme et romantisme allemand 1766-1829, éditions L'Harmattan, 1994
↑ Jean Vinchon, Mesmer et son secret, l'Harmattan, 1999 (ISBN 2-7384-7426-Cool. Disponible aux éditions l'Harmattan [archive] (le lien permet la lecture de quelques pages de l'ouvrage)
↑ Mesmer (1994) [archive] sur l'IMDb.

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Frédéric-Antoine Mesmer, sur Wikimedia Commons Franz-Anton Mesmer, sur Wikisource

Bibliographie

Jean Vinchon, Mesmer et son secret, Amédée Legrand, 1936, 121 pages, préface de Lévy-Valensi
François Azouvi et Charles de Villers, Le Magnétiseur amoureux : Précédé de La polémique du magnétisme animal et suivi de Documents sur l'histoire du mesmérisme, Librairie Philosophique Vrin, 2e édition revue et augmentée, 2007, 263 p. (ISBN 9782711618385)
Léon Chertok et Raymond de Saussure, Naissance du psychanalyste. De Mesmer à Freud, Les empêcheurs de penser en rond / Synthélabo, 1997, 316 p. (ISBN 9782908602883)
Léon Chertok et Isabelle Stengers, Le Cœur et la Raison. L'hypnose en question de Lavoisier à Lacan, Paris, Payot, 1989, 286 p. (ISBN 9782228881739)
Robert Darnton, La Fin des Lumières : le mesmérisme et la Révolution, Odile Jacob, Paris, 1995, 220 p. (ISBN 9782738103376) [1e éd. fcse Perrin, 1984]
Henri Ellenberger, À la découverte de l'inconscient, Paris, Fayard, 1994, 975 p. (ISBN 9782213610900)
Bertrand Méheust, Somnambulisme et médiumnité, t. 1, Le défi du magnétisme animal, Les Empêcheurs de penser en rond, 1999, (ISBN 9782843240669)
Jean Thuillier, Franz Anton Mesmer ou l'extase magnétique, Robert Laffont, Paris, 1988, 317 p. (ISBN 9782221054567)
Stefan Zweig, La Guérison par l'esprit, Paris, Librairie générale française, 1994, 379 p. (ISBN 9782253064886)

Articles connexes

Magnétisme animal
Le Baquet de Mesmer (1905) : court-métrage de Georges Meliès.
Justinus Kerner fut, d'après Henri Ellenberger, le premier à faire une recherche sur la vie de Franz Anton Mesmer et à rassembler des documents biographiques s'y rapportant.
Antoine Court de Gébelin
Pierre-Yves Barré
Jean-Baptiste Radet

Liens externes

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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 6:59

Le Baquet de Mesmer est un film de Georges Méliès sorti en 1905 au début du cinéma muet.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Baquet_de_Mesmer

Le fameux Docteur Mesmer, inventeur du Mesmérisme, présente une expérience réalisée avec un baquet en bois, apporté par quatre laquais. Il en sort des robes dont il habille huit statues qui s’animent et dansent. Une 9e statue qui dominait la fontaine exécute une danse excentrique et acrobatique.

Georges Méliès : Dr Mesmer

Georges Méliès, né Marie Georges Jean Méliès le 8 décembre 1861 et mort le 21 janvier 1938, est un réalisateur de films français. Ayant choisi la prestidigitation comme profession, il profite d'une donation de son père, industriel de la chaussure, pour devenir propriétaire et directeur en 1888 du théâtre Robert Houdin, en sommeil depuis la mort du célèbre illusionniste. Le 28 décembre 1895, il découvre avec émerveillement les images photographiques animées lors de la première représentation publique à Paris du Cinématographe par les frères Lumière et propose même de racheter le brevet de la machine. Un refus poli mais narquois le pousse à se tourner vers un ami londonien, le premier réalisateur britannique, Robert W. Paul, qui lui fournit un mécanisme intermittent avec lequel il tourne son premier film en 1896, Une partie de cartes, réplique du même sujet réalisé par Louis Lumière. La même année, avec l’Escamotage d'une dame au théâtre Robert Houdin, il utilise pour la première fois en Europe le principe de l'arrêt de caméra, découverte américaine, qui lui assure un franc succès dans son théâtre où il mélange spectacles vivants et projections sur grand écran. Il fait alors de ses tableaux, ainsi qu'il appelle ses films, un nouveau monde illusoire et féerique, mettant à profit les dons de dessinateur et peintre que chacun a pu remarquer dans son adolescence.

Georges Méliès est considéré comme l'un des principaux créateurs des premiers trucages du cinéma, entre autres les surimpressions, les fondus, les grossissements et rapetissements de personnages. Il a également été le premier cinéaste à utiliser des storyboards1. Il a fait construire le premier studio de cinéma créé en France dans la propriété de Montreuil dont son père l'avait également doté.
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 6:59

Le magnétisme animal, aussi appelé mesmérisme, est un ensemble d'anciennes théories et pratiques thérapeutiques qui se développèrent de la fin du XVIIIe siècle à la fin du XIXe siècle en Occident et qui eurent un impact important sur le développement de la médecine, de la psychologie et de la parapsychologie1.

Le médecin allemand Franz-Anton Mesmer, qui postulait l'existence d'un fluide magnétique universel dont on pouvait faire une utilisation thérapeutique, introduisit l'expression magnétisme animal en 1773. Il avait l'ambition de donner une interprétation rationnelle à des phénomènes que l'on peut décrire sous le terme général de « transe » et qui, tels quels, semblent désigner l'irrationnel ou la magie2. Alors qu'il se voulait fondateur de science, ramenant ce qui relevait jusque là du surnaturel à l'étude des propriétés d'un fluide naturel, il est devenu l'archétype du charlatan3 et le magnétisme animal l'archétype d'une pseudo-science4.

Véritable phénomène de société, le magnétisme animal a fait l'objet de nombreuses polémiques, notamment en France, avec la Faculté de Médecine qui a condamné cette pratique pour les médecins dès 1784. Cela n'a pas empêché le magnétisme animal de continuer à se répandre sous diverses formes, certains magnétiseurs continuant à attribuer ses effets au fluide de Mesmer, d'autres les attribuant à la volonté ou à l'imagination du magnétiseur et du magnétisé. Ces derniers sont à l'origine de théories sur l'hypnose développées par des médecins comme James Braid5 ou Ambroise-Auguste Liébeault. D'autres encore expliquent les phénomènes magnétiques par un contact privilégié avec des « esprits »

Franz Anton Mesmer.

Honoré de Balzac, né Honoré Balzac à Tours le 20 mai 1799 (1er prairial an VII du calendrier républicain), et mort à Paris le 18 août 1850 (à 51 ans), est un écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur, il a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus de 1829 à 1855, réunis sous le titre La Comédie humaine. À cela s'ajoutent Les Cent Contes drolatiques, ainsi que des romans de jeunesse publiés sous des pseudonymes et quelque vingt-cinq œuvres ébauchées.

Il est un maître du roman français, dont il a abordé plusieurs genres, du roman philosophique avec Le Chef-d'œuvre inconnu au roman fantastique avec La Peau de chagrin ou encore au roman poétique avec Le Lys dans la vallée. Il a surtout excellé dans la veine du réalisme, avec notamment Le Père Goriot et Eugénie Grandet, mais il s'agit d'un réalisme visionnaire, que transcende la puissance de son imagination créatrice.

Comme il l'explique dans son Avant-Propos à La Comédie humaine, il a pour projet d'identifier les « Espèces sociales » de son époque, tout comme Buffon avait identifié les espèces zoologiques. Ayant découvert par ses lectures de Walter Scott que le roman pouvait atteindre à une « valeur philosophique », il veut explorer les différentes classes sociales et les individus qui les composent, afin « d'écrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs » et « faire concurrence à l'état civil ».

L'auteur décrit la montée du capitalisme et l'absorption par la bourgeoisie d'une noblesse incapable de s'adapter aux réalités nouvelles. Intéressé par les êtres qui ont un destin, il crée des personnages plus grands que nature, au point qu'on a pu dire que, dans ses romans, « chacun, même les portières, a du génie ».

Ses opinions politiques sont ambiguës : s’il affiche des convictions légitimistes en pleine Monarchie de Juillet, il s’est auparavant déclaré libéral, et défendra les ouvriers en 1840 et en 1848, même s'il ne leur accorde aucune place dans ses romans. Tout en professant des idées conservatrices, il a produit une œuvre admirée par Marx et Engels, et qui invite par certains aspects à l'anarchisme et à la révolte.

Outre sa production littéraire, il écrit des articles dans les journaux et dirige successivement deux revues, qui feront faillite. Convaincu de la haute mission de l'écrivain, qui doit régner par la pensée, il lutte pour le respect des droits d'auteur et contribue à la fondation de la Société des gens de lettres.

Travailleur forcené, fragilisant par ses excès une santé précaire, endetté à la suite d'investissements hasardeux et de dépenses somptuaires, fuyant ses créanciers sous de faux noms dans différentes demeures, Balzac a aussi eu de nombreuses liaisons féminines avant d'épouser, en 1850, la comtesse Hańska, qu'il avait courtisée pendant dix-sept ans. Comme l’argent qu’il gagnait avec sa plume ne suffisait pas à payer ses dettes, il avait sans cesse en tête des projets mirobolants : une imprimerie, un journal, une mine d'argent. C’est dans un palais situé rue Fortunée qu’il meurt profondément endetté au milieu d’un luxe inouï.

Lu et admiré dans toute l'Europe, Balzac a fortement influencé les écrivains de son temps et du siècle suivant. Le roman L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert est directement inspiré du Lys dans la vallée, et Madame Bovary, de La Femme de trente ans. Le principe du retour de personnages évoluant et se transformant au sein d'un vaste cycle romanesque a notamment inspiré Émile Zola et Marcel Proust. Ses œuvres continuent d'être rééditées. Le cinéma a adapté La Marâtre dès 1906 ; depuis, les adaptations cinématographiques et télévisuelles de cette œuvre immense se sont multipliées, avec plus d'une centaine de films et téléfilms produits à travers le monde.
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 6:59

Origines de la médecine magnétique
La médecine magnétique du XVIIe siècle
Paracelse, portrait peint par Quentin Metsys (1466-1530)

Les représentants de la médecine magnétique du XVIIe siècle, qui se présente comme un courant de sagesse médicale, ont, pour la plupart, subi l'ascendant des pères fondateurs du courant de la magie naturelle, tels le médecin suisse Paracelse6, Marsile Ficin, Roger Bacon ou Pietro Pomponazzi7. Ils présentent la santé comme un état d'harmonie entre le microcosme individuel et le macrocosme céleste, contenant des fluides, des aimants et des influences occultes de toutes sortes8. Pour Paracelse, la puissance interne de l'âme peut se déployer à l'extérieur de l'organisme qu'elle anime et agir sur le corps, la volonté et les représentations d'autrui9. Pour lui, l'imagination est la force magique par excellence, qui représente ce pouvoir d'agir sur autrui10.

Le médecin anglais Robert Fludd11, influencé par Paracelse, pratique la médecine à distance dont il attribue les effets à l'« onguent de sympathie ». On compte aussi parmi les représentants de ce mouvement le savant allemand Rudolph Glocenius, dit Gockel, qui considère que la nature est régie par une force agissante, partout présente mais discrète, consistant dans la loi de l'attraction et de la répulsion12. Le médecin belge Jan Baptist van Helmont développe des idées semblables à celles de Gockel13. Pour Gockel et pour Van Helmont, le magnétisme, par sa dimension tant théorique que pratique, fait partie du domaine de la magie6. Van Helmont écrit : « toute science occulte ou qui s'élève au-dessus de celle que nous acquérons par l'observation et le calcul est magie; toute puissance qui n'appartient pas à une action mécanique est une puissance magique »13. Pour lui, tout homme est capable d'influencer ses semblables à distance si un accord entre l'opérateur et le patient a été créé et si la sensibilité du patient a été exercée14.

Le jésuite allemand Athanasius Kircher, connu pour ses expériences sur des animaux, considère lui aussi que le magnétisme intervient comme un principe explicatif de tous les phénomènes naturels. Il explique le « magnétisme de l'amour » comme une loi fondamentale cosmique d'attraction entre les êtres vivants, attraction qui est la source aussi bien des liens érotiques que de la guérison des maladies par cure magnétique15.

Parmi les représentants plus tardifs de ce courant, on compte le médecin écossais William Maxwell16 et Ferdinand Santanelli17.
La « découverte » du magnétisme animal
Franz-Anton Mesmer

Le médecin allemand Franz-Anton Mesmer, qui publie en 1766 à Vienne De l'influence des planètes sur le corps humain, fut fortement influencé par les théories sur le magnétisme de ses prédécesseurs du XVIIe siècle18. Dans son livre, Mesmer s'inspire également des écrits du médecin anglais Richard Mead19,20. Ce n'est qu'à partir de 1773, à la suite d'une polémique avec le père jésuite Maximilian Hell à propos de l'utilisation thérapeutique de plaques aimantées inventées par ce dernier, que Mesmer commence à utiliser le terme de « magnétisme animal » qu'il distingue du fluide magnétique minéral.

En 1775, le prince-électeur Maximilien III Joseph de Bavière nomme une commission pour enquêter sur les exorcismes du père Johann Joseph Gassner. Cette commission invite Mesmer à Munich. Le 27 mai 1775, il se montre capable de provoquer chez les malades l'apparition et la disparition de divers symptômes sans utiliser l'exorcisme. Le lendemain, en présence de la Cour et de l'académie, il déclare que Gassner guérissait ses malades par le magnétisme animal sans s'en rendre compte21. Selon cette perspective, on peut considérer la relation entre le magnétiseur et le magnétisé comme la sécularisation de la relation qui existait entre l'exorciste et le possédé.

En 1777 Mesmer quitte Vienne, à la suite d'un échec thérapeutique avec la célèbre pianiste aveugle Maria Theresia von Paradis et en raison de la réaction hostile de ses confrères médecins qui le considèrent comme un charlatan. Il arrive à Paris en février 1778, s'installe au numéro 16 de la place Vendôme22 et tente sans succès de se faire reconnaître par l'Académie des sciences, la Société royale de médecine et la Faculté de médecine de l'université de Paris. Retiré dans le village de Créteil23, il publie son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal en 1779 avec le soutien de son premier converti important, le médecin Charles Deslon. Les thèses principales de ce Mémoire sont les suivantes20 :

Un fluide physique subtil emplit l'univers, servant d'intermédiaire entre l'homme, la terre et les corps célestes, et entre les hommes eux-mêmes ;
La maladie résulte d'une mauvaise répartition de ce fluide dans le corps humain et la guérison revient à restaurer cet équilibre perdu ;
Grâce à des techniques, ce fluide est susceptible d'être canalisé, emmagasiné et transmis à d'autres personnes, provoquant des « crises » chez les malades pour les guérir.

Selon Mesmer, le magnétisme animal est la capacité de tout homme à guérir son prochain grâce au fluide naturel que le magnétiseur serait capable d'accumuler et de retransmettre grâce à des « passes »24, dites « passes mesmériennes », sur tout le corps. Le magnétisme animal est aussi pour Mesmer une théorie unitaire permettant de décrire l'intrication de l'homme et de l'univers.

Mesmer est vivement attaqué par la Faculté de Médecine qui publie des pamphlets et des articles au vitriol dans le Journal de médecine et la Gazette de Santé25, mais il obtient des clients influents, tels le Marquis de La Fayette, le juriste Nicolas Bergasse et le banquier Guillaume Kornmann. En outre, dans son Précis historique des faits relatifs au magnétisme animal, publié en 1781, Mesmer réplique à ses opposants sur le ton de l'innocence blessée.
Le baquet et les crises magnétiques
Gravure représentant un « baquet »

En 1780, ayant plus de patients qu'il n'en peut traiter individuellement, Mesmer introduit la méthode de traitement collectif dite du « baquet » par laquelle il peut traiter plus de trente personnes à la fois26. Les patients, reliés entre eux par des cordes, sont assis autour d'une caisse circulaire en bois de chêne, dont le couvercle est percé de trous et de laquelle sortent des tiges en métal qui peuvent être en contact avec différentes parties malades du corps27. Au fond de la caisse, sur une couche de verre pilé et de limaille de fer, reposent des bouteilles remplies et rangées symétriquement, certaines pointant vers le centre, d'autres vers la périphérie26. Mesmer, dans un habit de soie lilas, et ses aides, qu'il choisissait jeunes et beaux, sont armés d'une baguette de fer de dix à douze pouces dont ils touchent les parties malades du corps des patients28. Mesmer accompagne habituellement ses séances de magnétisme en jouant du piano-forte ou du glassharmonica26, harmonica de verre inventé par Benjamin Franklin en 1762.

Lors de ces traitements collectifs autour du baquet se manifestent des phénomènes contagieux de « crises magnétiques », au cours desquelles les femmes de la meilleure société perdent leur contrôle, éclatent d'un rire « hystérique », se pâment, sont prises de convulsions… Un témoin décrit une crise en détail : « La respiration était précipitée ; elle étendait les deux bras derrière le dos en les tordant fortement, et en penchant le corps en devant ; il y a eu un tremblement général de tout le corps ; le claquement de dents est devenu si bruyant qu'il pouvait être entendu du dehors ; elle s'est mordu la main, et assez fort pour que les dents soient restées marquées »29. Mesmer considère que ces convulsions ont une vertu thérapeutique20 en ce qu'elles indiquent que le fluide, renforcé par les passes magnétiques, surmonte l'obstacle qui s'opposait à sa circulation dans le corps du malade30. Pour les cas de convulsions violentes, les patients sont emmenés dans une chambre matelassée appelée « chambre des crises »31. L'un des quatre baquets de Mesmer est réservé aux pauvres mais les places aux trois autres doivent être réservées longtemps à l'avance et lui rapportent quelque 300 louis par mois32.

En mars 1781, probablement influencée par des courtisans mesméristes, Marie-Antoinette prie Maurepas de négocier avec Mesmer33. Le gouvernement lui offre une pension à vie de 20 000 livres et une autre de 10 000 livres pour ouvrir une clinique s'il veut accepter la surveillance du gouvernement. Mesmer refuse l'offre car elle ne lui paraît pas assez généreuse et parce qu'il refuse d'être jugé par ses élèves.

En 1782, apprenant que Charles Deslon s'est lui-même constitué une clientèle de magnétisme animal, Mesmer ouvre, avec l'aide de Bergasse et Kornmann, une souscription permettant d'acheter le « secret de Mesmer ». Pour cela, ils créent la Société de l'Harmonie Universelle, qui se révèle être un énorme succès financier. Le but de la Société est d'assurer la survie de la doctrine et de la richesse de Mesmer, menacées par les corps académiques et le gouvernement. En 1785 Bergasse, Kornmann et D'Eprémesnil réclament sans succès la fin de la souscription en faveur de Mesmer et la vulgarisation de la doctrine34 et sont exclus de la Société. En juin 1785, Mesmer s'installe somptueusement à l'hôtel de Coigny, rue du Coq-Héron et possède 343 764 livres selon le trésorier de la société. En 1789, avant son démantèlement, l'organisation mère de Paris compte quatre cent trente membres et a ouvert des succursales notamment à Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Bayonne, Nantes, Grenoble, Dijon, Marseille, Castres, Douai et Nîmes35.
Les principaux courants du magnétisme

Lorsque Mesmer quitte Paris en 1785, la pratique du magnétisme animal, en plein essor malgré les interdits de la faculté, est représentée par trois courants principaux36:

Les mesmériens proprement dits, qui expliquent les modifications physiologiques et psychiques suscitées par la magnétisation en mettant l'accent sur la circulation du fluide. Leur conception dominante, résolument physicaliste et matérialiste, est proche de celles de médecins qui, tel Désiré Pététin, préfèrent parler d'« électricité vitale ».

Les psychofluidistes, qui considèrent la volonté comme l'agent véritable de l'action magnétique mais gardent l'hypothèse d'un fluide comme vecteur de cette volonté. Les théoriciens de ce courant, qui se réclament de la raison, estiment que le somnambulisme dévoile les puissances latentes de l'âme.

Les spiritualistes, apparentés à une branche mystique de la franc-maçonnerie37. Les uns pensent agir sur leurs malades directement par la volonté et la prière, d'autres considèrent que lors de leurs transes, les magnétisés entrent en contact avec des anges, des esprits.

Après la Restauration émerge le courant de ceux que l'on a appelé les imaginationnistes, pour qui ni la volonté du magnétiseur, ni un quelconque fluide n'interviennent. Pour eux, le magnétisme ne fait que libérer des puissances internes au sujet, les puissances de l'imagination, qui sont susceptibles de modifier de façon impressionnante la totalité psycho-organique de ce dernier.
Les psychofluidistes
Armand Marie Jacques de Chastenet de Puységur

Les psychofluidistes admettent l'hypothèse d'un fluide universel, mais insistent surtout sur la volonté du magnétiseur et sur sa croyance dans le magnétisme24 pour soigner le patient. En outre, pour eux, la volonté de l'opérateur, loin de s'imposer à la volonté du patient, vient s'ajouter à elle, collaborer avec elle.

Leur chef de file est l'officier d'artillerie Armand Marie Jacques de Chastenet, marquis de Puységur, qui est un des premiers, poussé par ses deux frères cadets, à s'inscrire à la Société de l'Harmonie Universelle pour suivre les enseignements de Mesmer. Le marquis pratique notamment le magnétisme dans le cadre de son régiment à Strasbourg pour soigner de jeunes soldats malades. Homme des Lumières, le marquis est en outre soucieux de la santé de ses vassaux et désireux d'œuvrer sur ses terres à l'avènement du progrès38. Le 4 mai 1784, au repos dans son domaine de Buzancy dans le Soissonnais, alors qu'il tente de soulager par le magnétisme un jeune paysan, Victor Race, alors âgé de 24 ans, Puységur constate, au lieu des convulsions de la crise mesmérienne qu'il attend, que Victor tombe dans un sommeil calme et profond. À son grand étonnement, Victor, bien qu'apparemment endormi, manifeste une activité mentale intense, s'exprime sans son patois et sur des sujets qui excèdent ses préoccupations habituelles.

Alors qu'il reproduit ces expériences les jours suivants, une autre chose étonne le Marquis : lors de ses accès que Puységur qualifie de « somnambulisme provoqué » ou « sommeil magnétique »39, Victor semble capter ses pensées et ses désirs sans qu'il ait besoin de les formuler. Il suffit que Puységur formule un ordre, un désir silencieux et Victor l'exécute, comme s'il avait accès direct à ce qui se passe dans son esprit. Par ailleurs, lorsqu'il est en transe, Victor aide Puységur à diagnostiquer les maux des autres malades et lui explique la conduite à tenir envers eux. On parle de « lucidité magnétique » pour qualifier la clairvoyance des somnambules sur leur propre maladie, sur celle des autres et sur les remèdes qui leur conviennent20. Puységur découvre en outre « qu'un somnambule peut voir à l'intérieur de son corps pendant qu'il est magnétisé, qu'il peut diagnostiquer sa maladie, prédire le jour de sa guérison et même communiquer avec les morts et les absents »40. Au réveil, Puységur remarque que les somnambules ont oublié tout ce qui s'est produit alors qu'ils étaient magnétisés41.

Les phénomènes de « lucidité magnétique » défient la rationalité des Lumières en ce qu'ils semblent impliquer que « la conscience humaine peut s'affranchir, dans certaines circonstances, des bornes du sujet et des contraintes spatio-temporelles qui semblaient encadrer inéluctablement son exercice. Cette fermeture du sujet était pour la pensée des Lumières de type axiomatique »38. Face aux faits qu'il découvre et qui semblent étayer l'idée d'une interconnexion virtuelle des consciences, Puységur abandonne l'axiome de la fermeture de la conscience. Pour lui, ces phénomènes de lucidité doivent être étudiés comme le sont toutes les autres facultés humaines.

Très vite, les malades affluent à Buzancy et Puységur organise des traitements collectifs autour d'un grand orme42. Le 17 mai, Puységur écrit à son frère : « Ils affluent autour de mon arbre, il y en avait ce matin plus de 130 ». Un témoin décrit la scène : « On a établi autour de l'arbre mystérieux, plusieurs bancs circulaires, en pierre, sur lesquels sont assis tous les malades, qui tous enlacent de la corde les parties souffrantes de leur corps. Alors l'opération commence, tout le monde formant la chaîne, et se tenant par le pouce. […] M. Puységur […] choisit entre ses malades plusieurs sujets que par attouchement de ses mains et présentation de sa baguette (verge de fer de 15 pouces environ), il fait tomber en crise parfaite […] Ces malades en crise, qu'on nomme médecins, ont le pouvoir surnaturel par lequel en touchant un malade qui leur est présenté, […] ils sentent quel est le viscère affecté, la partie souffrante ; ils indiquent à peu près les remèdes convenables »43.

Selon certains auteurs, les expériences de Puységur auraient réactivé les croyances populaires de ses paysans, croyances liées aux guérisseurs, aux voyants et aux plantes médicinales44,45. Puységur aurait également contribué à restructurer ces croyances, influencé notamment par ses lectures de Rousseau. La manière dont certains somnambules, après avoir diagnostiqué un malade, se portent en extase en forêt vers la plante susceptible de le guérir, et décrivent l'endroit où on la trouvera, n'est pas sans rappeler les textes dans lesquels le philosophe herborise dans un état proche de l'extase, notamment dans Les Rêveries du promeneur solitaire46.

En 1785, Puységur amène Victor Race à Paris pour faire une démonstration de ses découvertes devant Mesmer. La même année, il reprend le commandement de son régiment d'artillerie à Strasbourg et crée dans cette ville la Société harmonique des amis réunis au sein de laquelle il forme plus de 150 magnétiseurs47 et institue de nombreux centres de traitements. Cette société continue à exister jusqu'en 1789 et publie de nombreux articles sur les différents cas traités par magnétisme. Homme des Lumières, Puységur commence par suivre les idées nouvelles du courant révolutionnaire, puis est dépassé par la tournure que prennent les événements. Nommé général d'artillerie en 1791, il démissionne en mai 1792. Alors que ses deux frères se réfugient à l'étranger, il refuse de les suivre. Sous la Terreur, Puységur passe deux années en prison avec sa femme et ses enfants mais évite le pire et n'est pas spolié de ses biens. Sous l'Empire, de 1800 à 1805, il est maire de Soissons.

Entre 1807 et 1813, Puységur publie plusieurs ouvrages en faveur du magnétisme et effectue des démonstrations avec le jeune paysan Hébert devant de nombreuses sommités médicales, dont le médecin Franz Joseph Gall et en 1815, il fait renaître la Société de l'harmonie de Mesmer sous le nom de Société du magnétisme48.
Joseph Philippe François Deleuze

En 1814, l'intérêt pour les écrits d'un autre partisan du magnétisme animal, le naturaliste Joseph Philippe François Deleuze, collaborateur d'Antoine-Laurent de Jussieu au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, donnent lieu à la publication d'une revue, les Annales du magnétisme, dans laquelle on expose les expériences conduites par les magnétiseurs à travers l'Europe. Cette revue prendra le nom de Bibliothèque du magnétisme animal à partir de 181849. Deleuze défend le magnétisme contre les positivistes de l'académie mais aussi contre l'aile droite de l'église catholique, représentée notamment par l'abbé Fustier50, l'abbé Wurtz51 ou l'abbé Fiard52, qui voient dans le magnétisme une conspiration maçonnique visant à saper les fondements de la Chrétienté et derrière laquelle se profile Satan en personne53.

On trouve également parmi les psychofluidistes Charles de Villers, Auguste Leroux, A.A. Tardy de Montravel, Louis Joseph Charpignon54, Casimir Chardel, Charles Lafontaine et le médecin Alphonse Teste. Les membres de ce courant publient la plus grande partie de leurs écrits dans la Revue du magnétisme.
Les spiritualistes

Les spiritualistes s'inscrivent dans un courant chrétien issu de l'illuminisme, lié à une branche mystique de la franc-maçonnerie55. Leur chef de file est le théosophe Louis-Claude de Saint-Martin dont l'initiateur fut Martines de Pasqually et qui fut très influencé par les travaux d'Emanuel Swedenborg. Saint-Martin devient le vingt-septième membre de la Société de l'Harmonie le 4 février 1784 mais s'éloigne progressivement de Mesmer dont il regrette l'insistance matérialiste sur l'action du fluide56. Certains spiritualistes prétendent agir directement sur le patient, sans l'influence d'un fluide, par la volonté et la prière. D'autres considèrent que les magnétisés entrent en contact avec des entités supra-humaines57. Ces théosophes magnétiseurs lyonnais travaillent avec des femmes somnambules qui sont censées avoir un contact privilégié aux mystères célestes58. Parmi ces femmes, on trouve Jeanne Rochette ou Marie-Louise de Vallière de Montspey.

Au-delà des polémiques avec les psychofluidistes, on sait que Puységur a fréquenté ces milieux, notamment par l'intermédiaire de la loge maçonnique « La Candeur de Strasbourg » à laquelle il appartenait avec ses frères55 et dont le rituel s'inspirait de celui qu'avait insitué Jean-Baptiste Willermoz, un autre disciple de Pasqually. En outre, Pasqually mettait comme Puységur l'accent sur l'importance de la volonté dans la cure magnétique.

On compte également parmi les spiritualistes plus tardifs Louis Alphonse Cahagnet59 et Henry Delaage60.
Les imaginationnistes

Les imaginationnistes rejettent la notion de fluide et celle de volonté. Ils n'en pratiquent pas moins le magnétisme en utilisant les effets de l'imagination.

À partir d'août 1813, l'abbé Faria donne à Paris un cours sur le somnambulisme magnétique, qu'il préfère appeler sommeil lucide. Un témoin de l'époque, le médecin Alexandre Bertrand, nous décrit sa méthode: « Il faisait placer sur un fauteuil la personne qui voulait se soumettre à son action, et l'engageait à fermer les yeux en se recueillant; puis, tout à coup, il prononçait d'une voix forte et impérative le mot Dormez, qui faisait ordinairement sur le patient une impression assez vive pour produire en lui une légère secousse de tout le corps, de la chaleur, de la transpiration, et quelquefois le somnambulisme »61. Faria conteste aussi bien la théorie fluidique de Mesmer que la théorie de Puységur sur le rôle décisif de la volonté du thérapeute dans l'introduction de la transe magnétique62. Il refuse en outre à la personnalité de l'hypnotiseur tout pouvoir effectif sur le patient et conteste les théories populaires sur les pouvoirs supranormaux des magnétiseurs63. Pour lui, le sommeil lucide ne fait que libérer les pouvoirs cachés de l'âme, qui s'expriment de façon voilée et fragmentaire dans les rêves. Le magnétiseur ne fait qu'aider son patient à accéder à ses ressources intérieures.

Faria est ridiculisé dans la presse, notamment dans une série d'articles impitoyables d’Étienne de Jouy puis, à partir de 1816 dans une pièce de vaudeville de Jules Vernet, La magnétismomanie64. Critiqué par les psychofluidistes, qui ne lui pardonnent pas son rejet du fluide, et par ses collègues ecclésiastiques, qui l'accusent de pactiser avec des forces démoniaques, il doit fermer son salon de conférences et se retire dans un pensionnat de jeunes filles en tant qu'aumonier65.

Du 23 août 1819 à janvier 1820, le médecin Alexandre Bertrand, polytechnicien et futur chroniqueur scientifique au journal Le Globe, donne un cours public sur le magnétisme animal. D'abord partisan des thèses psychofluidistes, Bertrand devient un des maîtres à penser du courant imaginationniste66. Parmi les auditeurs de Bertrand, on trouve un certain nombre de médecins qui portent le magnétisme en milieu hospitalier. Progressivement, plusieurs médecins de renom initialement sceptiques tels Husson, Léon Rostan67, François Broussais, Pierre Fouquier ou Étienne-Jean Georget68, assistent à des expériences qui les rallient à la cause du magnétisme.

On trouve également parmi eux le baron Étienne Félix d'Henin de Cuvillers, éditeur des Archives du magnétisme animal à partir de 1819, le philosophe Maine de Biran, le général François Joseph Noizet69 ainsi que Jules Denis, alias baron Jules Dupotet de Sennevoy, qui publie le Journal du magnétisme de 1845 à 1861.
Controverses scientifiques
En France

L'historien Robert Darnton a montré comment la science pendant les années 1780 inspire un enthousiasme tel, qu'il efface presque la limite, jamais très distincte avant le XIXe siècle, qui sépare la vraie science de la pseudo-science70. À cette époque où l'aptitude du savant à exploiter les forces de la nature inspire une admiration quasi religieuse, où « Voltaire rend intelligible la théorie de la gravitation de Newton, ou Franklin applique les propriétés de l'énergie électrique à l'invention du paratonnerre, où Montgolfier stupéfie l'Europe en soulevant l'homme dans les airs, le fluide invisible de Mesmer ne semble pas tellement miraculeux »71. En outre, à cette époque, les phénomènes magnétiques étaient souvent produits de façon impromptue sans protocoles stricts, et on négligeait de rédiger des procès-verbaux circonstanciés, ce qui rend difficile, aujourd'hui, l'appréciation des récits.

Si l'on peut considérer que le courant du magnétisme animal fait la transition entre la foi des Lumières dans la capacité de la raison à décoder les lois de la nature et la fascination du Romantisme pour le surnaturel et l'irrationnel72, il faut souligner que le conflit qui oppose les magnétistes à l'institution médicale ne met pas face à face les lumières de la raison et les ténèbres de l'occultisme, mais des conceptions différentes de la raison. Aux yeux de magnétiseurs tels Puységur, Deleuze ou Bertrand, la raison n'a pas le droit d'exclure des faits au nom d'une idée prédéterminée du possible et de l'impossible. Pour leurs adversaires, en revanche, les phénomènes magnétiques contredisent l'ordre de la nature et on perd donc son temps à les étudier.
Les commissions de Louis XVI
Jean Sylvain Bailly
Antoine-Laurent de Jussieu

En 1784, confronté à la rumeur et à quelques cas de guérison sur des personnages haut placés, Louis XVI nomme deux commissions pour étudier la pratique du magnétisme animal73 :

La première, qu'il nomme le 12 mars, est composée de quatre médecins de la Faculté de Paris : Michel Joseph Majault, Charles Louis Sallin, Jean d'Arcet, Joseph Ignace Guillotin ; et de cinq membres de l'Académie royale des sciences : l'officier de marine Gabriel de Bory, le physicien Jean-Baptiste Le Roy, l'astronome Jean Sylvain Bailly, le chimiste Antoine Lavoisier et l'ambassadeur des États-Unis Benjamin Franklin ;
La seconde, qu'il fait nommer par le baron de Breteuil le 5 avril, est composée de membres de la Société royale de Médecine : Mauduyt de La Varenne, Charles-Louis-François Andry, Claude-Antoine Caille, Pierre-Isaac Poissonnier et le botaniste Antoine-Laurent de Jussieu.

Les commissaires se fondent sur l'observation du travail du disciple de Mesmer, le médecin Charles Deslon, qui, contrairement à son maître, a accepté de partager son expérience avec eux. Lors de leurs expériences, les commissaires constatent qu'une patiente est prise de crise en se croyant à tort mesmérisée, un autre patient est conduit devant cinq arbres dans le jardin de Franklin, dont un seul a été magnétisé par Deslon, il s'évanouit au pied de l'un des quatre autres. Dans la maison de Lavoisier, une tasse d'eau normale produit des convulsions chez une patiente qui avale calmement le contenu d'une tasse d'eau magnétisée74. Dans son rapport officiel75, Jean Sylvain Bailly conclut que « l'imagination sans magnétisme produit des convulsions... le magnétisme sans imagination ne produit rien... Les expériences sont uniformes et sont également décisives ; elles autorisent à conclure que l'imagination est la véritable cause des effets attribués au magnétisme » et que « tout traitement public où les moyens du magnétisme sont employés, ne peut avoir, à la longue, que des effets funestes ». Lavoisier rappelle que « c'est sur les choses qu'on ne peut voir ni palper qu'il est important de se tenir en garde contre les écarts de l'imagination »76. Le rapport officiel de l'autre commission rend des conclusions très proches de celles de Bailly77.

Bailly déclare aussi, dans un rapport secret au roi que « le traitement magnétique ne peut être que dangereux pour les mœurs »78. Il souligne que « l'homme qui magnétise a généralement les genoux de la femme renfermés dans les siens; les genoux et toutes les parties inférieures du corps sont par conséquent en contact. La main est appliquée sur les hypocondres et quelquefois plus bas sur les ovaires; le tact est donc à la fois appliqué sur une infinité de parties et dans le voisinage des parties les plus sensibles du corps... l'attraction réciproque des sexes doit agir dans toute sa force »78.

Antoine-Laurent de Jussieu, quant à lui, refuse de signer le même document que ses collègues et publie un contre-rapport dans lequel il déclare que « l'influence physique de l'homme sur l'homme » avec ou sans attouchements doit être admise79. Deslon publie lui aussi un contre-rapport dans lequel il critique les méthodes et les conclusions des commissaires. Il y remarque que « si la médecine d'imagination est la meilleure, pourquoi ne ferions-nous pas de la médecine d'imagination? ». En outre, les partisans du magnétisme animal soulignent que la notion d'imagination permet aux commissaires de disqualifier le magnétisme sans pour autant avoir à prendre le risque de définir cette imagination qu'ils invoquent, et donc sans avoir à produire de témoin fiable pour cette définition80.

À la suite de la publication en 24 000 exemplaires des deux rapports officiels, la Faculté de Médecine exige que ses membres initiés au magnétisme signent un acte d'abjuration dans lequel ils s'engagent à ce « qu'aucun docteur ne se déclarera partisan du magnétisme animal, ni par ses écrits ni pas sa pratique »81.
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 7:00

Le rapport Husson

Au début du XIXe siècle, l'opinion de l'académie reste largement défavorable au magnétisme animal, comme en témoignent notamment le pamphlet publié en 1812 par Antoine-François Jénin de Montègre, le secrétaire de l'Académie de médecine, dans lequel il accuse le magnétisme « d'être contraire à la raison, aux bonnes mœurs, et de conduire les hommes à l'abrutissement »82 et l'article de Julien-Joseph Virey, publié dans le Dictionnaire des sciences médicales en 181883. Il faut attendre 1825 pour qu'un médecin, le docteur Pierre Foissac, adresse à l'académie de médecine un mémoire pour plaider en faveur d'un réexamen du magnétisme84. Il y déclare que le somnambulisme magnétique est susceptible d'ouvrir des voies nouvelles à la physiologie et à la psychologie. Une séance publique se tient le 20 janvier 1826 pour juger de l'opportunité de ce réexamen. Alors que certains membres de l'académie considèrent que les conclusions des commissions officielles de Louis XVI sur le magnétisme animal sont toujours valables, le professeur Husson, médecin-chef de l'Hôtel Dieu, fait remarquer que les théories adoptées, les moyens employés et les effets obtenus dans les traitements magnétiques ont changé depuis l'époque de Mesmer85. En 1826, Husson se voit confier une commission officielle chargée de statuer sur le magnétisme animal. Cette commission commence son travail en janvier 1827 et présente ses conclusions à l'académie des sciences les 21 et 28 juin 1831, reconnaissant comme réels la plupart des phénomènes observés dans le magnétisme. En particulier, le rapport fait état de l'ablation d'une tumeur effectuée en 1829 par le chirurgien Jules Cloquet sous sommeil magnétique au cours de laquelle la patiente ne manifeste aucun signe de douleur86. Le rapport décrit également la manière dont Foissac a guéri un paralytique jugé incurable par les médecins en utilisant le magnétisme. Selon le rapport, ce paralytique, un certain Paul Villagrand, aurait par ailleurs fait preuve de sa capacité à lire à travers des corps opaques devant la commission et plusieurs médecins, dont François Broussais87.

Dans ce rapport, qui fait scandale et qui ne fut pas publié par l'académie88, la commission déclare que « considéré comme agent de phénomènes physiologiques ou comme moyen thérapeutique, le magnétisme devrait trouver sa place dans le cadre des connaissances médicales […] l'Académie devrait encourager les recherches sur le magnétisme comme une branche très curieuse de psychologie et d'histoire naturelle »89.
La ligne Dubois

En 1833, le médecin Frédéric Dubois (d'Amiens) publie un pamphlet attaquant les magnétiseurs et le rapport Husson90 qui a entre temps été publié par Foissac. Dans ce texte, Dubois assimile l'ensemble des magnétiseurs à des charlatans et se dit « révolté de voir la réputation de graves personnages compromise par d'indignes jongleries »91. En 1837, une commission dirigée par Dubois est nommée pour étudier les phénomènes magnétiques présentés par le docteur Didier Berna. Berna propose des protocoles expérimentaux qui ne sont soit pas acceptés par la commission soit rapportés de manière différente. Par ailleurs, Berna demande aux commissaires de s'engager à signer les protocoles expérimentaux à chaque séance, ce que ces derniers refusent92. La commission Dubois, qui n'a effectué qu'une demi-douzaine d'expériences sur deux somnambules93, rend des conclusions absolument opposées à celles de Husson. Selon son rapport, qui est lu à l'Académie de médecine les 12 et 17 août 1837, aucun des phénomènes allégués par les magnétiseurs n'a pu être observé.

Malgré les protestations de Husson et de Berna, le 15 juin 1842, l'académie de médecine décide de ne plus s'intéresser au magnétisme animal.
En Europe
Christoph Wilhelm Hufeland.

Alors qu'en France les autorités scientifiques ont presque toujours rejeté le magnétisme, la situation est différente en Prusse. En 1812, le gouvernement prussien nomme une commission d'enquête qui publie en 1816 un rapport favorable au magnétisme. Par la suite, les universités de Berlin et de Bonn instituent des chaires de mesmérisme. Parmi les mesmériens germanophones, on peut citer les médecins David Ferdinand Koreff, Christoph Wilhelm Hufeland94, Karl Alexander Ferdinand Kluge95, Karl Christian Wolfart, Karl Schelling, Arthur Lutze (de), Carl August von Eschenmayer et Justinus Kerner96.

En 1815, le Tsar Alexandre Ier de Russie nomme une commission qui conclut que le magnétisme est un agent réel mais qu'il ne doit être pratiqué que par des médecins instruits. En 1817, le roi Frédéric VI du Danemark publie une ordonnance analogue sur le même sujet97.

Le mesmérisme rencontre un certain écho en Suisse, notamment à Lausanne dès 1786, grâce au Français Michel Servan, avocat général au Parlement de Grenoble. Plusieurs séances sont organisées sous sa direction chez des particuliers, malgré l'avis défavorable du médecin lausannois Auguste Tissot98.

John Bell est le premier à pratiquer et enseigner le magnétisme animal à Londres dans les années 1780. En 1786, les Mémoires pour servir à l'histoire et à l'établissement du magnétisme animal de Puységur paraissent à Londres. Vers 1787, le docteur Jean-Bonnoit de Mainauduc, élève de Charles Deslon, arrive lui aussi de France et commence à y enseigner le magnétisme animal99. L'intérêt pour le magnétisme reprend en 1833, à la suite de la traduction en anglais du Rapport Husson et sa publication dans le journal médical The Lancet par J.C. Colquhoun, magnétiseur formé en Allemagne100.

En 1837, Jules Dupotet de Sennevoy, qui avait conduit les expériences pour la commission Husson, « exporte » à son tour la pratique du magnétisme animal en Angleterre et forme notamment le médecin anglais John Elliotson101. Ce dernier est, avec le médecin des Indes Britanniques James Esdaile102, un précurseur de l'usage du magnétisme animal en anesthésiologie. Objet de suspicions de fraude lors de démonstrations publiques sur deux femmes somnambules effectuées avec Dupotet, Elliotson est contraint de démissionner de son poste de professeur au University College de Londres en 1838, sous la pression du journal médical The Lancet, dont le directeur, Thomas Wakley avait été originairement favorable au magnétisme103. Le magnétisme est donc expulsé de l'institution britannique, mais, à la différence de la France, aucun décret officiel ne vient en empêcher ou en limiter la pratique104. De 1843 à 1856, Elliotson publie la revue The Zoist consacrée au magnétisme animal105.
Aux États-Unis
Marquis de Lafayette

En mai 1784, le Marquis de Lafayette écrit une lettre enthousiaste à propos des travaux de Mesmer à George Washington. Lafayette écrit: « Un docteur allemand nommé Mesmer, ayant fait la plus grande découverte sur le magnétisme animal, a formé des élèves, parmi lesquels votre humble serviteur est appelé l'un des plus enthousiastes »106. Cette lettre est suivie d'une lettre de Mesmer lui-même le 16 juin à laquelle Washington répond cinq mois plus tard en confirmant qu'il a bien rencontré Lafayette107. Ce dernier a entre temps donné une ou deux leçons de magnétisme animal et rencontré une communauté de Shakers ayant vu une similarité entre les pratiques de transe de ces derniers et les crises mesmériennes. Lafayette participe également à des rituels nord-Amérindiens, persuadé que le magnétisme animal est la redécouverte d'une pratique ancienne et primitive108. On sait en revanche que Benjamin Franklin et Thomas Jefferson étaient tous deux hostiles à la pratique du magnétisme animal. Jefferson, qui redoutait qu'une vague de mesmérisme n'envahisse son pays, envoyait de nombreux pamphlets antimesméristes et des copies des rapports des commissions à des amis influents.

Dans les années 1790, Elisha Perkins, membre fondateur de la société de médecine du Connecticut, fait un usage thérapeutique de plaques métalliques109. La pratique de Perkins est mal reçue aussi bien des partisans du magnétisme animal que des médecins de l'académie et Perkins est exclu de la Société de médecine du Connecticut.

Parmi ceux qui « importent » le magnétisme animal en Amérique du Nord, on trouve également Joseph du Commun, qui donne ses premières leçons de magnétisme animal à New York en 1829 et Charles Poyen Saint Sauveur, qui enseigne et pratique le magnétisme animal dans le Massachusetts à partir de 1834110. Aux États-Unis « les dispositifs de protection institutionnels, encore embryonnaires, ne freinent pas comme en France le développement du mesmérisme »104.
Le déclin du mesmérisme

Depuis la découverte de l'électromagnétisme par Hans Christian Ørsted en 1820, Ampère (1827) et Faraday (1831), la compréhension du magnétisme physique avance à grands pas. Durant la même période la médecine progresse et on se rend compte que les nerfs ne sont pas commandés par un fluide magnétique. Toutes ces découvertes ne vont pas dans le sens des courants du magnétisme animal mesmérien et psychofluidiste, qui mettaient l'accent sur l'existence du fluide. Enfin en 1887 l'expérience de Michelson-Morley démontre à la grande surprise des scientifiques de l'époque que la vitesse de la lumière est indépendante de son environnement et donc qu'aucun éther physique n'est le support de la lumière et de l'électromagnétisme. À la fin du XIXe siècle, les personnes qui se réclament encore du magnétisme animal sont essentiellement des adeptes des sciences occultes ou des personnes se disant « guérisseurs »111.
Influence et postérité du magnétisme animal
Du magnétisme animal à l'hypnose
James Braid

On peut considérer que l’hypnose est une réélaboration de la pratique des magnétiseurs par des médecins, épurée de certains phénomènes jugés occultes et en tant que tels inacceptables par l'académie. Ainsi, dans leur livre sur le magnétisme, les hypnotistes français Alfred Binet et Charles Féré opposent « l'histoire merveilleuse du magnétisme animal... aux faits positifs de l'hypnotisme »112. Un autre hypnotiste, Pierre Janet, regrette que « la crainte de ce renom de charlatanisme qui reste attaché aux opérations du magnétisme animal »113 ait longtemps empêché les psychologues de s'intéresser aux phénomènes de somnambulisme.

Dans tous les cas les deux lignées continuent parallèlement. Nous trouvons par exemple en France au début du 1900 les frères Durville qui continuent à développer autonomement les concepts du magnétisme et qui continuent à éditer la revue Le Magnétisme fondée par le baron Dupotet114.

Il est généralement admis que le chirurgien écossais James Braid fait la transition entre le magnétisme animal et l'hypnose. En 1841, Braid assiste à une démonstration du magnétiseur public Charles Lafontaine et en 1843 il publie Neurypnologie, Traité du sommeil nerveux ou hypnotisme. Dans ce livre, Braid essaie de se différencier des travaux des magnétiseurs imaginationnistes. Pour cela, il remplace leur méthode d'induction visuelle par fixation de l'attention sur la main tendue du magnétiseur par la fixation de l'attention sur un objet brillant.

En France, le 5 décembre 1859, le chirurgien Alfred Velpeau rend compte devant l'Académie des sciences d'une intervention pratiquée sous anesthésie hypnotique selon la méthode de Braid au nom de trois jeunes médecins, Eugène Azam, Paul Broca et Eugène Follin115. Ces derniers ont pratiqué la veille à l'hôpital Necker l'opération d'une tumeur anale sous anesthésie hypnotique. L'opération, très douloureuse par nature, se passe sans que la patiente ne donne aucun signe de douleur. En 1860, Joseph Durand (de Gros) publie son Cours théorique et pratique du Braidisme, ou hypnotisme nerveux. En 1870, Hippolyte Taine présente une introduction aux théories de Braid dans son De l'Intelligence.
Jean-Martin Charcot

Vers 1848, Ambroise-Auguste Liébeault, encore jeune interne en chirurgie, commence à s'intéresser au magnétisme animal. Il lit notamment le Manuel pratique de magnétisme animal d'Alphonse Teste et prend connaissance du rapport Husson déposé en 1831. Influencé par les magnétiseurs Charles Lafontaine et Jules Dupotet de Sennevoy, il commence à endormir des jeunes femmes. En 1864, il s’installe à Nancy comme guérisseur philanthrope, guérissant des enfants avec de l'eau magnétisée et par l'imposition des mains. Son intérêt pour le magnétisme animal a été ravivé par la lecture des travaux de Velpeau et Azam. Il apparaît comme un marginal à une époque où le magnétisme animal était complètement discrédité par l'académie lorsqu'il publie en 1866 dans l'indifférence générale Du sommeil et des états analogues considérés surtout du point de vue de l'action du moral sur le physique. Il y fait état de notions théoriques et pratiques largement proches de celles des magnétiseurs du courant imaginationniste. Liébeault est à l'origine de l'École de Nancy.

En 1876, le neurologue Jean-Martin Charcot est membre d'une commission nommée par Claude Bernard pour étudier les expériences de métallothérapie du médecin Victor Burq. En 1878, Charcot commence à étudier l'hypnose sous l'influence de Charles Richet et en 1882, dans Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, il réhabilite l'hypnose comme sujet d'étude scientifique en la présentant comme un fait somatique propre à l'hystérie. Charcot est à l'origine de l'École de la Salpêtrière.

Les spécialistes de l'hypnotisme n'accèdent pas à certains phénomènes observés par les magnétiseurs, la lucidité magnétique notamment. Ils sont vivement critiqués par les tenants du magnétisme, qui considèrent qu'ils ne produisent que des effets caricaturaux, rabaissant la personne au lieu de l’élever116. La question est de savoir si, en état somnambulique, les sujets sont plongés dans un état d'automatisme et de conscience amoindrie ou bien si, au contraire, comme l'ont toujours prétendu les magnétiseurs, ils accèdent à des facultés nouvelles et à une présence au monde plus intense117.

L’obtention de l’hypnose par l'utilisation de procédés non verbaux issus du magnétisme animal permet aux sujets d'évoquer le vécu de manière chronologique et de redynamiser la mémoire à long terme. Erich Lancaster, créateur en 1973 de l'hypnologie118 modifie la pratique de l'hypnose fruste : à l’inverse d'Erickson il s'applique à l'étude des effets à moyens et longs termes. Il prouve que les thérapies brèves donnent des résultats identiques que ceux obtenus par Freud sur les hystériques (réapparition des symptômes après une certaine durée dans le temps). L'hypnologie remédie à ce processus119.

« La relation à l’hypnose, doit être personnalisée. Ce n'est pas le patient qui doit s'adapter à l'hypnose, mais l'hypnose qui doit se mouler au patient. »

— Martine Le Coz, Erich Lancaster, Hypnose et Graphologie: études, Éd. du Rocher, 1993, (ISBN 2268014932)
Somnambules et voyants
Henry Sidgwick

Alors que les hypnotistes cherchent à « épurer » la pratique du magnétisme de ses aspects occultes et merveilleux, d'autres tentent d'étudier les phénomènes extraordinaires présentés par certains sujets lorsqu'ils sont en transe somnambulique.

C'est notamment le cas du médecin allemand Justinus Kerner, qui s'intéresse à la célèbre somnambule de Prevorst, Friederike Hauffe, qui vivait dans un état quasi permanent de transe somnambulique120. Selon Kerner, Friederike possédait le don de seconde vue, celui de prédiction, pressentait la mort de certaines personnes, décelait les maladies, prescrivait des remèdes, se montrait très sensible à certaines substances. Elle voyait même les morts et entretenait un commerce quasi permanent avec les esprits104.

En France, on citera le cas de la voyante Léonide Pigeaire de Montpellier qui était censée lire à travers les corps opaques. On sait notamment que le physicien François Arago, George Sand et Théophile Gautier assistent aux expériences effectuées avec Léonide à Paris121 en 1838. Il faut aussi citer le fameux Alexis Didier122, qui fut notamment l'objet d'expériences menées par le professeur anglais Herbert Mayo vers 1850104. C'est vers cette époque qu'apparaît le spiritisme123, dans lequel les « médiums » entrent dans un état de transe qui peut faire penser à celui des somnambules121.

En 1875, le philosophe anglais Henry Sidgwick entreprend d’étudier de manière scientifique les médiums spirites, inaugurant le courant des « sciences psychiques » avec la création de la SPR, Society for Psychical Research124. Quelques années plus tard, avec le philosophe William James, ils étudient des sujets telle la célèbre « médium » Eleonora Piper. En France, la métapsychique émerge à partir de 1905, notamment avec les travaux de Charles Richet. Richet, avec des savants mondialement reconnus tels le psychiatre Gilbert Ballet, Édouard Branly, Pierre Curie, Marie Curie, Henri Bergson et Jean Perrin, mène des expériences avec la médium napolitaine Eusapia Palladino de 1905 à 1907125. Après 1910, les tenants de la psychologie de laboratoire importée d'Allemagne font barrage à la montée des sciences psychiques, et finissent par la juguler après la mort de William James.
Le magnétisme animal et la politique

Parmi les premiers disciples de Mesmer, on compte bon nombre des futurs chefs de la révolution française dont La Fayette, Jacques Pierre Brissot, Nicolas Bergasse, Adrien Duport, Jean-Louis Carra et Jean-Jacques Duval d'Eprémesnil126. Lorsque Bergasse, Kornmann et D'Eprémesnil sont exclus de la Société de l'Harmonie en 1785, ils accusent Mesmer d'avoir trahi le but original du mouvement, à savoir la lutte contre « le despotisme des académies », et ils étendent cette lutte à la guerre contre le despotisme politique127. Quant à Brissot, qui a rejoint le groupe au cours de l'été 1785 et s'est lui aussi converti au magnétisme animal, il accuse le gouvernement français d'utiliser les académies pour étouffer les nouvelles vérités de la science et de la philosophie128.

Pour Bergasse et Brissot, « le fluide magnétique par lequel Mesmer explique l'action magnétique affecte tous les hommes et manifeste leur égalité essentielle au-delà des distinctions sociales »129. Or, à cette époque on reconnaît aux seuls rois le pouvoir de guérir les malades par le toucher. Ce pouvoir du roi de France à guérir les personnes souffrant des écrouelles est reconnu depuis le XIe siècle130 et confirme le droit divin dont procède la charge du monarque. Ainsi, le magnétisme représente-t-il une pratique lourde de menaces pour l'ordre politique de l'époque131.

Pendant la révolution, le magnétisme animal recule, dispersé par l'émigration et les bouleversements sociaux, et ne reprend de l'ampleur que sous le Premier Empire et sous la Restauration132. En 1815, la baronne de Krüdener, arrivée à Paris avec l'armée russe, s'entoure des magnétiseurs Puységur et Bergasse. Ce dernier reçoit plusieurs fois sa visite en compagnie du tsar Alexandre Ier de Russie lui-même133.
Le magnétisme animal et la philosophie
Maine de Biran
affiche d'une séance publique de magnétisme

Le philosophe Maine de Biran, comme son ami le physicien André-Marie Ampère134, était passionné par le magnétisme animal. Pour comprendre le somnambulisme, Maine de Biran commence par définir le sommeil comme « la suspension de l'effort et des facultés volontaires » qui permet de laisser à l'œuvre la faculté de « sentir ou de recevoir des impressions et d'en être affecté ». Il distingue les impressions obscures qui n'accèdent jamais à la représentation proprement dite des perceptions complètes qui exigent l'activité du moi pour être représentées135. Il suggère que dans l'état somnambulique, les impressions obscures, « une multitude d'impressions nulles ou sans effet dans l'état ordinaire, devenues sensibles alors, pourraient servir de signes ou de moyens de communication du magnétiseur au magnétisé »136. Ainsi, ce que dévoile l'état somnambulique, c'est cette influence d'une vie sous-jacente par laquelle nous participons, par l'intermédiaire de l'imagination passive, à l'animalité. Selon cette perspective, l'état magnétique serait « le révélateur des fils avec lesquels sont tissées, le plus souvent à notre insu, toutes les relations entre les humains »137.

Mais de manière générale, en France, la philosophie universitaire, peu à peu gagnée par le rationalisme positiviste, s'intéresse peu au magnétisme138. En Allemagne en revanche, le magnétisme animal est un objet de référence constante pour les plus grands penseurs tels Hegel, Schelling, Fichte, Schopenhauer ou Gustav Fechner.

Hegel, qui a lu Hufeland, Kluge et Schelling, parle du magnétisme animal au début de la troisième partie de son Encyclopédie des sciences philosophiques intitulée Philosophie de l'esprit. Hegel mentionne également le magnétisme animal dans sa correspondance avec le philosophe Schelling (frère de Karl Schelling) et avec son ancien élève, le hollandais Pieter Gabriel van Ghert. Dans une lettre à ce dernier, il écrit en parlant du magnétisme animal : « Son effet me parait résider dans la sympathie qu'une individualité animale peut contracter avec une autre, dans la mesure où la sympathie de celle-ci avec elle-même, sa fluidité à soi-même, est inhibée ou interrompue ». Pour Hegel, si, du point de vue de la conscience, l'état magnétique est une chute, une perte, un danger, la source de maintes erreurs, s'il est cette conscience entrée dans la maladie, il n'en est pas moins, en lui-même, un bienfait, car il restaure « l'âme sensible » par la plongée de l'individu en ce qui le fonde : avec le magnétisme animal, l'être humain récupère un peu de son sentir du vivant qu'il a perdu avec la conscience139.

Pour Schopenhauer, le magnétisme animal est une fonction du vivant, qui a son siège dans le système ganglionnaire, centre de la vie inconsciente, devenu seul centre de la vie psychique par une restriction temporaire du système cérébral, centre de la vie consciente. Il considère que la transe somnambulique fait collaborer les deux modes, normalement séparés de la conscience vigile et du sentir primitif. Schopenhauer suggère en outre qu'un processus inconscient analogue à celui du patient s'opère parallèlement chez le thérapeute. Pour lui, l'influence dans le magnétisme ne s'exerce pas seulement comme un rapport d'un esprit avec un autre esprit, mais aussi comme une communication corporelle sans contact physique directe, plus subtile, plus indirecte, plus voilée140. Dans les suppléments au quatrième livre du Monde comme volonté et comme représentation, il fait le lien entre l'amour, la sexualité, la magie et le rapport magnétiseur-magnétisé, expressions différentes d'un même phénomène universel de sympathie entre les êtres vivants141.

Schopenhauer a consacré deux textes au magnétisme animal. Le premier dans La Volonté dans la Nature (1836) 30 pages où l'on peut lire:

…« dans le magnétisme animal, nous constatons aussitôt la ruine du principium individuationis (espace et temps) qui appartient au domaine de la simple apparence. Les barrières qu'il impose aux individus et qui les séparent sont rompues; entre magnétiseur et somnambule, l'espace n'est plus une séparation, la communauté des pensées et des mouvements de la Volonté s'instaure. L'état somnambulique transporte l'individu au-delà des conditions qui appartiennent au simple phénomène, déterminées par l'espace et le temps, et qui s'appellent proximité et éloignement, présent et futur. »

Dans les Parerga et Paralipomena (1851), le chapitre 5 du premier livre (60 pages) est consacré aux Apparitions et les faits qui s'y rattachent.
Le magnétisme animal dans l'art et la littérature

Le médecin David Ferdinand Koreff, titulaire d'une chaire de magnétisme animal à l'université de Berlin, contribue à créer à Paris dès 1822 la grande vogue des Contes d'Hoffmann, son ami mesmériste142. Il introduit Heinrich Heine dans les cercles littéraires parisiens et influence Hugo, Stendhal, Balzac, Delacroix, Madame de Staël et Chateaubriand. Le magnétisme animal occupe une place importante dans la préface philosophique des Misérables de Victor Hugo, dans Ursule Mirouët143 et dans l'avant-propos de La Comédie humaine d'Honoré de Balzac. Alexandre Dumas a fréquemment recours au magnétisme animal dans son roman Joseph Balsamo et rend compte du baquet de Mesmer dans la suite : Le Collier de la reine.

Mozart, qui avait bien connu Mesmer à Vienne, donne une place (ironique) au magnétisme animal dans son opéra Così fan tutte.

John Elliotson était le médecin personnel de Charles Dickens, William Thackeray et Harriet Martineau144. Cette dernière, qui souffre d'une maladie chronique, entreprend en 1844 une cure de mesmérisme initiée par le magnétiseur Spencer T. Hall, qui lui permet en quelques mois d'obtenir une nette amélioration de son état. Elle publie l'année suivante ses Lettres sur le mesmérisme (Letters on Mesmerism). Le traitement suivi par Harriet Martineau est l'objet de la curiosité d'Elizabeth Barrett Browning et de Charlotte Brontë, qui procède à une expérimentation sur elle-même et écrit à ce sujet à sa sœur Emily en 1851.

Dans son roman philosophique Island, paru en 1962, Aldous Huxley fait allusion au magnétisme animal. Il se réfère notamment à un article paru dans The Lancet pour dénoncer la pratique du magnétisme par John Elliotson.

Dans le film Cure (1997) du japonais Kiyoshi Kurosawa, un policier poursuit un meurtrier amnésique qui agit par mesmérisme.

Le mesmérisme est l'un des principaux sujets du roman L'armata dei sonnambuli (it) écrit par un collectif d'écrivains italiens, Wu Ming, œuvre publiée en 2014.

Animal Magnetism est le 7e album du groupe de hard rock allemand Scorpions , paru en 1980 et dont la pochette controversée confère un sens sexualisé à ces termes. C'est aussi le titre du 9e et dernier morceau de l'album dont les paroles sans équivoque en anglais argotique voire en argot américain associées à une musique fiévreuse confirment le sens érotique.

The Caterpillar, single du groupe de new wave britannique The Cure paru en 1984 et présent sur l'album The Top, cite également l'hypnose et le mesmérisme dans un registre amoureux.
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 7:00

Notes et références

↑ *(en) Adam Crabtree, Animal magnetism, Early Hypnotism & Psychical research, 1766-1925, an annotated Bibliography, 1988
↑ Isabelle Stengers, L'hypnose entre magie et science, Les Empêcheurs de penser en rond, 2002.
↑ Isabelle Stengers, L'hypnose, entre magie et science, 2002, p. 28.
↑ « Magnétisme animal: propriété occulte […] », Petit Larousse illustré, Montréal, 2000, p. 614
↑ Jean-Michel Oughourlian, « L'hypnose, révélation du rapport interindividuel » in Résurgence de l'hypnose, 1984.
↑ a et b Saïd Hammoud, « Magnétisme » in Jean Servier, Dictionnaire critique de l'ésotérisme, PUF, 1998.
↑ Bertrand Méheust, Sommnambulisme et Médiumnité, 1999, p. 335.
↑ Robert Darnton, La fin des lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 25
↑ Bertrand Méheust, Sommnambulisme et Médiumnité, 1999, p. 339.
↑ Alexandre Koyré, Mystiques, spirituels, alchimistes du XVIe siècle allemand, Paris, Gallimard, 1971, p. 96-97.
↑ Alfred Binet et Charles Féré, Le Magnétisme Animal, 1887.
↑ Rudolph Glocenius, Tractatus de magnetica curatione vulnerum, Marbourg, 1609.
↑ a et b Jan Baptist van Helmont, De magnetica vulnerum naturali et legitima curatione (Le traitement magnétique des plaies), 1621.
↑ Bertrand Méheust, Sommnambulisme et Médiumnité, 1999, p. 339.
↑ Athanasius Kircher, Magnes sive de arte magnetica opus tripartum, Rome, 1643.
↑ William Maxwell, De Medicina Magnetica, 1679.
↑ Ferdinand Santanelli, Geheime Philosophie oder magish-magnetische Heilkunde, 1723.
↑ Alexandre Bertrand, Du magnétisme en France et des jugements qu'en ont porté les sociétés savantes, Paris, Baillière, 1826.
↑ Richard Mead, De imperio solis ac lunae in corpora humana et morbis inde oriundis, Londres, 1704.
↑ a, b, c et d (Spanos, Gottlieb 1979, p. 529).
↑ Henri F. Ellenberger, À la découverte de l'inconscient, SIMEP, 1974.
↑ Maurice Colinon, « Place Vendôme », Guide de Paris mystérieux, Paris, Éditions Tchou, 2001, (ISBN 271070322X).
↑ Robert Darnton, La fin des lumières. Le magnétisme et la révolution, 1968, p. 54.
↑ a et b (Spanos, Gottlieb 1979, p. 530).
↑ Robert Darnton, La fin des lumières. Le magnétisme et la révolution, 1968, p. 55.
↑ a, b et c Alfred Binet et Charles Féré, Le Magnétisme Animal, 1887, p. 6.
↑ (en) William Ramsey, The life and letters of Joseph Black, 1918, p. 84-85.
↑ Alfred Binet et Charles Féré, Le Magnétisme Animal, 1887, p. 7.
↑ Rapport des commissaires chargés par le roi de l'examen du magnétisme animal, Paris, 1784.
↑ Robert Darnton, La fin des Lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 18.
↑ Robert Darnton, La fin des Lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 19.
↑ Robert Darnton, La fin des Lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 77.
↑ Robert Darnton, La fin des lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 57.
↑ Robert Darnton, La fin des Lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 74.
↑ Robert Darnton, La fin des Lumières. Le mesmérisme et la révolution, 1968, p. 57.
↑ Bertrand Méheust, Sommnambulisme et Médiumnité, 1999.
↑ (Bergé 1995, p. 21).
↑ a et b Bertrand Méheust, Somnambulisme et Médiumnité, 1999, p. 14.
↑ Armand Marie Jacques de Chastenet de Puységur, Recherches, expériences et observations physiologiques sur l'homme dans l'état du somnambulisme naturel, et dans le somnambulisme provoqué par l'acte magnétique, 1811.
↑ Robert Darnton, La fin des lumières. Le mesmérisme et la révolution., 1968, p. 60.
↑ Didier Michaux, « L'émergence de la phénoménologie hypnotique au XVIIIe siècle », 1991.
↑ Didier Michaux, « L'émergence de la phénoménologie hypnotique au XVIIIe siècle », 1991.
↑ M. Cloquet, Lettre de M. Cloquet, receveur de gabelle à Soissons, 1784.
↑ Jean-Pierre Peter, « Puységur et l'enfant fou ou la raison originelle », in Marquis de Puységur, un somnambule désordonné, p. 9-88, Les Empêcheurs de penser en rond, Synthélabo, 1999
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Annexes
Bibliographie
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Rapport des commissaires de la Société Royale de Médecine nommés par le roi pour faire l'examen du magnétisme animal, Paris, 1784
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Abbé Petiot, Autres rêveries sur le magnétisme animal, à un académicien de province, Bruxelles, 1784
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Antoine-François Delandine, De la Philosophie corpusculaire, ou des connaissances et des procédés magnétiques chez les divers peuples, Paris, 1785
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Désiré Pététin, Mémoire sur la découverte des phénomènes que présentent la catalepsie et le somnambulisme, 1787

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Désiré Pététin, Électricité animale, Paris, Brunot-Labbe, 1808
Armand Marie Jacques de Chastenet de Puységur, Recherches, expériences et observations physiologiques sur l'homme dans l'état du somnambulisme naturel, et dans le somnambulisme provoqué par l'acte magnétique, 1811
(de) Christoph Wilhelm Hufeland, Ueber Sympathie, 1811
Armand Marie Jacques de Chastenet de Puységur, Les fous, les insensés, les maniaques et les frénétiques ne seraient-ils que des somnambules désordonnés?, Paris, 1812
Antoine-François Jénin de Montègre, Du magnétisme et de ses partisans, Paris, D. Colas, 1812
Armand Marie Jacques de Chastenet de Puységur, Appel aux savants observateurs du dix-neuvième siècle, de la décision portée par leurs prédécesseurs contre le magnétisme animal, et fin du traitement du jeune Hébert, 1813
Joseph Philippe François Deleuze, Histoire critique du magnétisme animal, deux volumes, 1813, in-8, réimprimée en 1819
Armand Marie Jacques de Chastenet de Puységur, Les vérités cheminent, tôt ou tard elles arrivent, Paris, Dentu, 1814
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Étienne Félix d'Henin de Cuvillers, Le magnétisme éclairé ou Introduction aux « Archives du Magnétisme Animal », Paris, Barrois, 1820
Étienne Félix d'Henin de Cuvillers, Le Magnétisme Animal retrouvé dans l'antiquité, 1821
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Pierre Foissac, Mémoire sur le magnétisme animal, adressé à Messieurs les membres de l'académie des sciences et de l'Académie royale de médecine, Paris, 1825
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Bibliographie contemporaine

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Bertrand Méheust, Somnambulisme et médiumnité, Les Empêcheurs de penser en rond, 1999 Document utilisé pour la rédaction de l’article
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Robin A. Waterfield, Hidden Depths. The Story of Hypnosis, Routledge, 2003
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(en) Bertrand Méheust, « Magnétisme animal », Dictionary of Gnosis and Western Esotericism,‎ 2005 (lire en ligne)
Reinhard Breymayer: Zwischen Prinzessin Antonia von Württemberg und Kleists Käthchen von Heilbronn. Neues zum Magnet- und Spannungsfeld des Prälaten Friedrich Christoph Oetinger. Dußlingen: Noûs-Verlag Thomas Leon Heck, 2010. - 229 p. 4°. - ISBN 978-3-924249-51-9. [La sympathie de Friedrich Christoph Oetinger pour le magnétisme animal et son influence sur Hölderlin, Hegel et Heinrich von Kleist.]

Voir aussi
Article connexe

Magnétoréception

Liens externes

Catalogue des textes en ligne, bibliothèque Interuniversitaire de Médecine, Paris
Le magnétisme animal, charlatanisme ?
Journal du Magnétisme (1845-1861)
Manuscrit de Condorcet "Sur les raisons qui m'ont empêché de croire au magnétisme animal [de Mesmer]", texte en ligne et analysé sur BibNum.
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 7:00

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 7:02

Jean-Martin Charcot, né à Paris le 29 novembre 1825 et mort à Montsauche-les-Settons le 16 août 1893, est un neurologue français, professeur d'anatomie pathologique et académicien. Découvreur de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative à laquelle son nom a été donné dans la littérature médicale francophone, il est le fondateur avec Guillaume Duchenne de la neurologie moderne et l'un des grands promoteurs de la médecine clinique, une figure du positivisme.

Ses travaux sur l'hypnose et l'hystérie, à l'origine de l'École de la Salpêtrière, ont inspiré à la fois Pierre Janet dans ses études de psychopathologie et Sigmund Freud, qui a été brièvement son élève et l'un de ses premiers traducteurs en allemand1, en ce qui concerne l'invention de la psychanalyse.

Il est le père du médecin et explorateur Jean-Baptiste Charcot.

L'ascension sociale par la science
Jeunesse (1825-1848)

Jean-Martin Charcot n'a pas laissé d'écrits biographiques, et ce que l'on connaît de son histoire personnelle repose essentiellement sur ses travaux et le témoignage de ses collègues.

Jean-Martin Charcot naît 1 rue du Faubourg-Poissonnière et grandit 27 rue Bleue2 sous le règne de Charles X, dans un milieu de petite bourgeoisie2, aîné de trois frères, Eugène Martin (1826-1869), qui deviendra marin et mourra spahi des régiments sénégalais au cours d'une mission, Pierre Martin, né en 1828, qui reprendra l'entreprise familiale, et Émile Martin (1830-1899), qui deviendra chef de bataillon dans l'intendance des Armées.

Le futur anatomiste apprend le dessin auprès de son père1, sellier2 dans l'entreprise de charronnage3 de son propre beau-père2, le grand-père maternel de Jean Martin. Il perd sa mère à l'âge de treize ans, en 1839. Il va poursuivre ses études au collège Bourbon. Il achève ses études secondaires pensionnaire au lycée Saint-Louis2 le 31 août 1843 par un baccalauréat ès lettres.

Il les poursuit par une année consacrée à obtenir le baccalauréat ès sciences, une année préparatoire et une année d'externat, en 1846-1847, à la faculté de médecine, cursus qui inclut des stages à l'hôpital Necker et à celui de la Charité, puis, en 1848, à l'hôpital Saint-Louis, auprès du professeur Jean Lugol4.
Internat (1849-1853)
Pierre Rayer, académicien positiviste proche des saintsimoniens qui a formé Claude Bernard, a remarqué le talent scientifique de l'interne Charcot et soutenu en plusieurs occasions de façon déterminante la carrière de celui-ci.

Après un premier échec en 1847, Charcot est admis cinquième sur dix-neuf4 au concours de l'internat des hôpitaux de Paris le 18 décembre 1848, neuf mois après la Révolution qui a instauré la Deuxième République. Il travaille dès lors comme interne, logé et rémunéré, en 1849 au Bon Secours auprès de Louis Jules Béhier, ex-médecin de Louis Philippe et promoteur des psychotropes, en 1850 à la Pitié auprès de Pierre Adolphe Piorry, en 1851 à la Charité auprès de Pierre Rayer4.

Ces deux derniers médecins le forment à la méthode d'observation clinique mise au point dix ans plus tôt dans ce dernier service par Claude Bernard1,nb 1 quand celui-ci y était externe. C'est à la Charité que Charcot découvre l'hystérie, qui y fait l'objet de l'étude de son inventeurR 1, le chef de service Pierre Briquet1. En 1851, Rayer le fait admettre précocement à la Société de biologie5 où le jeune homme est parrainé par François Magendie, Claude Bernard, Émile Littré, et où il se liera ultérieurement à Paul Bert.

En 1852, il est admis à la Société anatomique de Paris6 et poursuit son internat dans le service des femmes et des vieillards de Cazalis à la Salpêtrière4. Les observations cliniques qu'il y effectue nourrissent une thèseR 2 dirigée par Piorry et soutenue le 16 mars 1853 devant Armand Trousseau, lequel l'a gratifié d'une mention hors normes, « extrêmement satisfaisant »6. Charcot y marque l'histoire de la gériatrieR 3 en établissant la différence entre la goutte et le rhumatisme articulaire chronique et reçoit le prix Montyon6.
Carrière ascendante à l'ombre de Rayer (1854-1861)

Lauréat de la faculté de médecine6, il est nommé chef de clinique de Piorry7. Sur recommandation de Rayer, le banquier Benoît Fouldnb 2, frère du ministre Achille Fould, l'appointenb 3 comme médecin de famille7, ce qui lui permet de se constituer une clientèle privée mondaine et fortunée dans un cabinet qu'il ouvre à domicile, 6 cité Trévise8, dans le faubourg Montmartre de son enfance. Se contentant le plus souvent de prescrire, selon le précepte « Primum non nocere », de la belladone, du bromure, des élixirs, des cures9, qui contribueront fortement au succès de la station de Lamalou-les-Bains10, il épargnera en quarante années de pratique, tout en dépensant sans compter, un capital de plus de deux millions et demi de francs11,nb 4.
Un pavillon de la Salpêtrière, ici un demi siècle après l'arrivée de Charcot.

Il passe avec succès le concours des médecins des hôpitaux le 21 avril 1856 et est affecté à l'hôpital de la Salpêtrière1. Il occupe un poste ingrat de tri et d'orientation des patients7 et effectue des remplacements12. Toutefois, ses nombreux articles publiés dans des revues scientifiques12 lui valent d'être reconnu pour sa compétence13. Le 22 août 1858, grâce à l'appui de Rayer14, devenu le médecin de l'Empereur Napoléon III, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur et donne des conférences de pathologie à la Pitié et à l'École pratique15 de pathologie de la Faculté de médecine.

Reçu laborieusement, toujours grâce au zèle de Rayer qui siège au jury13,nb 5, à l'agrégation de médecineR 4 en 1860, après un échec en 1857R 5, Charcot peut accéder, au bout de deux années de probation, à la carrière de praticien enseignant. C'est alors en tant que maître de conférences qu'il continue son enseignement d'anatomie pathologique à l'École de médecine.
Chef de service à la Salpêtrière
Médecin établi (1862-1865)
Stimulation électrique, ici des muscles du sourire16, que pratique Duchenne dans le laboratoire de Charcot.

Le 13 novembre 1861, Charcot et Vulpian ont été promus chefs de service des deux services de médecine générale de la Salpêtrière, qui est appelée depuis 1837 Hospice de la Vieillesse-Femmes et dépend depuis 1849 de l'Assistance publique de Paris. Charcot prend la direction du plus important, soit cinq cents lits, dont deux cents de l'Infirmerie, cent de « reposantes », qui sont des employées de l'établissement à la retraite, le pavillon des grands infirmes et celui des incurables.

S'inspirant des méthodes de Rudolf Virchow, il installe un laboratoire, où il accueille les travaux de Duchenne de Boulogne, et procède au premier recensement systématique des pathologies de ses patientes17, son « musée pathologique vivant ».

À trente neuf ans, le 31 mars 1864, le professeur Charcot, homme timide face aux femmes18, se marie avec une veuve fortunée de dix ans sa cadette, Augustine-Victoire Durvis, laquelle a de son premier lit une fille âgée de dix ansnb 6 et habite le quartier voisin de la Chaussée d'Antin au 9 rue Laffitte8, le quartier de la haute bourgeoisie. Née Laurent, elle est l'héritière de la maison de couture de son grand père maternel, le tailleur Laurent-Richard, ex fournisseur de Louis Philippe8, et travaillera toute sa vie dans ses deux ateliers de création d'arts décoratifs, non sans une certaine reconnaissance18. De cette union, naitront Jeannenb 7, en 1865, et Jean-Baptiste Charcot, le célèbre océanographe, à la naissance duquel, en 1867, le couple quittera le 13 rue Laffitte pour le 6 avenue du Coq8. Les camarades du futur aventurier des régions polaires seront Léon Daudet et Georges Hugo, dont il épousera la sœur, Jeanne Hugo.
L'invention d'une neurologie scientifique (1866-1878)

Dès 1866, Charcot donne des « Leçons » à la Salpêtrière, le vendredi, le cours magistral, le mardi soir, la formation clinique, attirant toujours plus d'étudiants. En 1868, il décrit avec son camarade de faculté Alfred Vulpian la sclérose en plaques, qu'il différencie de la maladie de Parkinson, et, l'année suivante, la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative à laquelle son nom restera attaché. Il effectue de nombreux travaux sur les affections de la moelle épinière, la sclérose en plaques, l'atrophie musculaire progressive, la syringomyélie en collaboration avec Alix Joffroy, les atteintes neurologiques de la syphilis ou tabès et celles de l'alcoolisme, la maladie de Basedow en collaboration avec Pierre Marie, la maladie de Menière, les atrophies musculaires progressives et héréditaires. Il produit une clinique d'une finesse inégalée des troubles neurologiques, en particulier les paralysies, les tremblements, les chorées, les vertiges, les épilepsies, et révise les classifications.

Dès l'avènement de la Troisième République, ces recherches lui valent la reconnaissance croissante de ses collègues d'Angleterre et d'outre Atlantique, au premier rang ceux du Lancet, tel Ernest Hart (en), qui font régulièrement le déplacement19, et en France, les honneurs. Soutenu par Claude Bernard, il obtient le 28 novembre 1872 la chaire d'anatomie pathologique qui lui avait été refusée cinq ans plus tôt. En 1873, il devient membre de l'Académie de médecine. Deux ans plus tard, la famille Charcot s'installe à proximité de l'Académie, dans l'aile orientale de l'hôtel de Chimay20.

Dans son service, Charcot crée un laboratoire d'otologie où sont développées les techniques de laryngoscopie21 et un laboratoire d'ophtalmologie, que dirige Henri Parinaud et où sont étudiées les répercussions des encéphalopathies sur l'œil. À la mort de Duchenne, il crée un laboratoire d'électrothérapie qu'il confie à Romain Vigouroux22. Il y élabore une électrophysiologie à fin de diagnostic22. Les réponses aux stimulations galvaniques et faradiques permettent pour la première fois de repérer précisément les faisceaux musculaires et les nerfs atteints dans différentes atrophies ou paralysies.

Il systématise l'emploi de ce qui ne s'appelle pas encore la kinésithérapie10 et fait construire une salle d'hydrothérapie où sont pratiqués les bains sulfureux et les bains « électrostatiques »10. Pour soulager les parkinsoniens, il invente un « fauteuil trépidant », que son interne Georges Gilles de la Tourette complètera d'un « casque trépidant »23. Il adapte à la mesure des tremblements le sphygmographe22 mis au point par Karl von Vierordt et perfectionné en 1860 par Étienne-Jules Marey. Le photographe Albert Londe y ajoute ce qui est le premier film pour enregistrer le tremblement d'une lampe fixée sur la main du patient22.

En 1878, Charcot est élu membre honoraire de la British Medical Association, au congrès de laquelle il participait l'année précédente à Manchester. De son prestige et sa fortune personnelle, il soutient discrètement, face à l'opposition manifestée par la majorité de ses collègues, la création à la Salpêtrière par son assistant Désiré-Magloire Bourneville, qui est, contrairement à son patron, un franc maçon et un socialiste engagé, de la première école d'infirmières laïque, création qui visait essentiellement à exclure les représentants de l'évêché des conseils d'administration des Hôpitaux de Paris24.
De la neurologie à la psychiatrie (1878-1880)
Charcot utilise dès 1878 la chronophotographie inventée par Marey pour relancer les études de Briquet sur l'hystérie, ici une patiente qui convulse sous hypnose. La photographie sert de preuve que l'extase mystique, la possession et la « grande hystérie » sont une même chose.

À partir de 1878, le neurologue aborde l'étude des processus mentaux en revenant à l'étude de l'hystérie dans un esprit positiviste de réhabilitation de la malade persécutée25. C'est l'optique qu'avait adopté Pierre Briquet, héritier de l'humaniste Jean Wier, à la suite des débats26 animés par le comtiste Émile Littré25 et provoqués par la publication de la Sorcière de Michelet et surtout de Madame Bovary de Flaubert1, émule du spécialiste en son temps des maladies nerveuses, Auguste Axenfeld.

Pour ses études sur l' « hystérie », au sens d'agitation provoquée par toutes sortes de désordres mentaux et non pas seulement au sens moderne de névrose hystérique, Charcot teste toutes les techniques expérimentales de l'époque, l'hypnose mais aussi l'électrothérapie, l'hydrothérapie, le magnétisme, la métallothérapie, les techniques de suspension1. En mettant en scène ces techniques combinées, il provoque des « névroses expérimentales », reproductions artificielles des symptômes dont souffrent ses patientes, et met en évidence les quatre phases de la « grande hystérie ».

Il teste l'hypothèse d'une origine organique de l'hystérie et, en utilisant dans un but de prévention une ceinture de compression ovarienne23,nb 8, celle d'une localisation dans des zones « hystérogènes » du corps pour, à partir de 188027, renoncer progressivement28 à ces préjugés. Tout en se ralliant à l'hypothèse d'une étiologie psychique, il défendra celle d'une cause traumatique de l'hystérie, point de vue battu en brèche par l'École de Nancy mais que revivifieront en 14-18 les épidémies d'« obusite » et de « léthargie ». Ce n'est qu'à partir de 1882 qu'il généralise sa théorie de l'hystérie comme un phénomène universel d'autosuggestion en réfutant que l'hystérie masculine, décrite par Briquet comme une anomalie, soit liée à l'homosexualité27.

À l'instar du mouvement philotechnique, il ouvre au public ses « Leçons » en 1879. Il y expose diverses questions médicales. Les séances d'hypnose finiront par devenir un rendez vous mondain où se croisent bourgeois et artistes. Les détracteursR 6 du matérialismeR 7 scientisteR 8 et anticléricalR 9 ne manqueront pas d'en dénoncer29 la théâtralité et les artefacts provoqués par le « (...) grand prêtre de l'hystérie, cet éleveur d'hystériques en chambre (…) auxquelles il inocule la folie et dont il fait, en peu de temps, des démoniaques. »30
Charcot mythifié et dénigré
La consécration (1881-1883)
Charcot affectant une pose bonapartiste, la main sous le veston, lors du Congrès international de médecine de Londres en 1881.

En mars 1881, au cours d'un voyage à Moscou et Saint-Pétersbourg, Charcot est acclamé et célébré par ses collègues comme un thaumaturge31. En août, il connaît la consécration internationale au Congrès international de médecine de Londres. Il fait sensation en présentant le moulage en cire et le squelette d'une patiente atteinte d'ataxie locomotrice32. C'est à cette occasion que le président du congrès, James Paget, propose d'appeler désormais cette pathologie « Charcot disease »31, proposition qui ne fera pas florès d'autant qu'en français « maladie de Charcot » désignera une autre maladie neurodégénérative. La gloire de la médecine française est applaudie longuement par les trois mille représentants venus du monde entier32. Reçu avec Louis Pasteur et Rudolf Virchow par le Prince de Galles, il voit son visage et celui de ses deux collègues dessinés par un feu d'artifice31.

Le 2 janvier 1882, la première chaire des « maladies du système nerveux », première chaire au monde spécifiquement consacrée à la neurologienb 9, est créée pour lui. La Salpêtrière devient une école de neurologie. Dès novembre, les cas cliniques de ses patients, qu'il y examine devant ses étudiants (c'est le sujet d'un tableau bien connu d'André Brouillet), font l'objet de ses exposés. Il met en évidence le rapport entre les lésions de certaines parties du cerveau et les atteintes motrices. Inversement, il démontre dans les cas d'hystérie l'absence de lésion et la similarité, parfois la spécificité, des troubles moteurs, telle la spectaculaire hypertonie des femmes arcboutées, la conversion, l'astasie abasie, etc. Ces démonstrations cliniques permettent d'invalider la théorie de la dégénérescence soutenue à Sainte Anne par le titulaire de la chaire des « maladies mentales et de l'encéphale », Benjamin Ballnb 10.

Le 12 novembre 1883, Charcot, après plusieurs échecs, est élu à l'Institut en dépit des campagnes de la presse catholique15, campagnes de dénigrement dont la virulence est proportionnelle à la célébrité de l'homme de science et qui le poursuivront toute sa vie33. Il entame la publication de ses cours commencés en 1872, les Leçons sur les maladies du système nerveux. Ses collaborateurs et élèves commencent deux ans plus tard la publication des œuvres complètes du maître en quinze volumes. Le projet s'interrompra en 1890 à neuf volumes.
L'acmé de l'École de la Salpêtrière (1884-1886)
L'hôtel particulier de Charcot côté jardin. L'académicien a ajouté les deux ailes et redessiné le parc.

En 1884, Charcot est déjà une sommité mondaine, avec tout ce que cela comporte de brouilles et de calomnies34, quand, grâce à la fortune de sa femme, il s'installe dans l'hôtel de Varangeville, boulevard Saint Germainnb 11. Les jeudis soirs de Madame Charcot y sont animés par des amis proches, Alphonse Daudet35, le tout jeune fils de celui-ci, Léon, Philippe Burty, Paul Arène, et des collègues ou disciples, dont Adrien Proust. S'y montrent des écrivains, les frères Goncourt, Théodore de Banville, Jules Barbey d'Aurevilly, Frédéric Mistral, Édouard Pailleron, Georges Courteline, Émile Zola, Guy de Maupassant, Stéphane Mallarmé, Anatole France, Jules Renard, Jules Claretie, des plasticiens tels Jean-Léon Gérôme, Edouard Tofano (it), Alexandre Falguière, Pierre Roche, Charles Garnier, Jules Dalou, des hommes politiques, Antonin Proust, Eugène Poubelle, Louis Lépine, le futur gendre Pierre Waldeck-Rousseau, monseigneur Lavigerie36…

Parmi les élèves et collaborateurs de l'École de la Salpêtrière figurent Paul Richer, Joseph Babinski, Georges Gilles de La Tourette, Albert Regnard, Gilbert Ballet, Désiré-Magloire Bourneville, Benjamin Ball, Valentin Magnan, Albert Pitres, Charles Féré, Alfred Binet, Édouard Brissaud, qui assurera l'intérim au décès du maître. Y sont étroitement associés des médecins étrangersnb 12, en particulier Eugen Bleuler et Bernard Sachs, principalement des Russes, tel Nicolas Dahl, beaucoup d'Américains, dont William James Morton (en), William James, James Jackson Putnam, le New-Yorkais Édouard Séguin, le journaliste Lincoln Steffens.

Sigmund Freud, boursier à titre étranger, y est invité d'octobre 1885 à février 1886. Il participe aux travaux pratiques, assiste aux présentations de patients et discussions théoriques avec passion et incrédulité, suit des patients de Georges Gilles de La Tourette, est introduit aux jeudis soirs de Madame Charcot en l'hôtel de Varangeville, converse avec le maître et obtient même de traduire en allemand certains de ses travaux. C'est au contact de celui-ci qu'il envisage de renoncer à l'histologie et à l'anatomopathologie, ce qu'il ne fera qu'en 1888 après sa rencontre décisive avec Hippolyte Bernheim1 en ralliant le point de vue opposé de l'École de Nancynb 13.

La collaboration avec Pierre Janet et la correspondance avec Freud ont pour effet de convaincre Charcot de l'étiologie psychogénétique de l'hystérie33 même s'il hésitera toujours entre une vision anatomique et une vision psychique de l’hystérie37.
Leçons testamentaires (1887-1893)
Portrait photo en noir et blanc.
Charcot.

En 1887, Charcot publie avec son collaborateur Paul Richer, anatomiste et critique d'art, une étudeR 10 de la figuration des possédés dans la peinture, que prolongera deux ans plus tard une secondeR 11. À sept ans de la retraite, il se choisit un successeur en sortant d'un lycée du Havre un normalien, agrégé de philosophie remarqué par sa thèse sur l'automatisme psychologique. Il confie à Pierre Janet au sein de sa chaire de la Salpêtrière un séminaire de psychologie et lui fait soutenir en 1893 une thèse de médecine sur l'hystérie.

En janvier de cette année, il publie la version française d'un court traité paru quelques semaines plus tôt en anglais, La foi qui guérit. Il y donne une explication rationnelle, dans l'esprit positiviste de Claude Bernard et d'Ernest Renan, des guérisons qualifiées de miraculeuses, tout en recommandant l'usage du placebo qu'est la thaumaturgie. Il accepte la charge de conseiller scientifique de la nouvelle Revue neurologique, futur organe de la Société de neurologie de Paris qui sera fondée en 1899. Un an plus tôt, la publication de ses œuvres, interrompue en 1890, a été complétée de deux volumes reprenant ses cours donnés de 1887 à 1889. Les Leçons du mardi constituent l'aboutissement de son enseignement, resté en partie inédit.

Charcot souffre d'une insuffisance coronarienne chronique. Il a subi la première attaque sévère au réveillon 189038 et, après des évanouissements répétés, a dû interrompre son enseignement au cours de l'année 1891. Dans la nuit du 16 août 1893, au cours d'une excursion dans le Morvan organisée avec deux de ses étudiants pour découvrir, à l'invitation de René Vallery-Radot, Vézelay et les églises de la région, il meurt subitement d'un œdème pulmonaire dans une auberge située près du lac des Settons1. Le 19, des obsèques nationales sont organisées à la chapelle Saint Louis de la Salpêtrière1. Les honneurs militaires rendus, il est inhumé dans le caveau familial, au cimetière de Montmartre.
Son apport

Les travaux de Charcot peuvent être classés en trois grandes catégories : études de médecine interne, études sur les maladies du système nerveux central et périphérique et études sur l'hystérie et l'hypnose39
Contributions en médecine interne

Description des rhumatismes chroniques (1853).
Description de l'hyperthyroïdie et de sa tachycardie (1856).
Description de la claudication intermittente douloureuse.
Étude d'ensemble sur les cirrhoses du foie (1876).

Neurologie
Première planche anatomique illustrant en 1868 la sclérose en plaques.

Le rachis et les amyotrophies d'origine médullaire et bulbaire.
Les extrémités et l'« ataxie locomotrice ».
Le cerveau et les paralysies d'origine cérébrale, la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques.
Physiopathologie médullaire et phrénologie.
Troubles fonctionnels centraux (aphasie et épilepsie).
Troubles du langage et typologie psychologique.

Hypnose et hystérie
Articles détaillés : Hypnose et École de la Salpêtrière (hypnose).
Jean-Martin Charcot présentant Blanche Wittman, sa patiente hystérique qui est soutenue par Joseph Babinski à droite, lors d'une leçon clinique à la Salpêtrière.

En 1876, Charcot est membre d'une commission nommée par Claude Bernard pour étudier les expériences de métallothérapie du médecin Victor Burq. En 1878, il commence à étudier l'hypnose sous l'influence de Charles Richet et, en 1882, dans Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, il réhabilite l'hypnose comme sujet d'étude scientifique en la présentant comme un fait somatique propre à l'hystérie. Pour Charcot, l'intérêt pour l'hypnose est inséparable de la méthode anatomo-clinique, c'est-à-dire de l'identification des altérations anatomiques susceptibles d'expliquer les maladies nerveuses organiques. Il a recours à l'hypnose dans une perspective expérimentale pour démontrer que les paralysies hystériques ne sont pas déterminées par une lésion organique, mais par ce qu'il appelle une « lésion dynamique fonctionnelle », qu'il est possible de recréer sous hypnose. Charcot n'utilise en revanche pas l'hypnose dans un cadre thérapeutique, pour tenter de « défaire » des symptômes qu'il avait d'abord provoqués de manière artificielle.

La publication du livre de Charcot marque le début de l'âge d'or de l'hypnose en France, et fait de Charcot le chef de file de ce que l'on a appelé l'École de la Salpêtrière. Charcot y décrit les quatre états du « Grand Hypnotisme » des malades hystériques :

la léthargie, obtenue en pressant sur les paupières du sujet, durant laquelle le sujet reste inerte tout en manifestant une « hyperexcitabilité neuro-musculaire » (le moindre contact provoque une contracture) ;
la catalepsie, obtenue en rouvrant les yeux du sujet (ou en faisant résonner un gong), durant laquelle le sujet prend les poses qu'on lui donne et « transfère » à volonté les contractures du côté du corps où l'on applique un aimant ;
le somnambulisme, obtenu en frictionnant le sommet du crâne du sujet, durant lequel le sujet vous parle et bouge normalement ;
le sujet fait preuve d'une amnésie totale au réveil.

Le travail de Charcot restitue également toute sa dignité au sujet de l'hystérie : la malade n'est plus une simulatrice, puisque Charcot, de toute son autorité, répond de l'authenticité et de l'objectivité des phénomènes hystériques. Les études cliniques de Charcot permettent aussi de découvrir, à la surprise générale, que l'hystérie n'est pas le privilège des femmes.

Dans les leçons 18 à 22 des Leçons sur les maladies du système nerveux, portant sur sept cas d'hystérie masculine, Charcot déclare que les symptômes hystériques sont dus à un « choc » traumatique provoquant une dissociation de la conscience, et dont le souvenir, du fait même, reste inconscient ou subconscient. Il pose là les bases de la théorie « traumatico-dissociative » des névroses, qui sera développée par Pierre Janet, Josef Breuer, Jean Leguirec et Sigmund Freud. Ces derniers, entre 1888 et 1889, entreprennent de « retrouver » sous hypnose les souvenirs traumatiques de leurs patients.

La cure cathartique de Josef Breuer est dérivée de l'hypothèse de Charcot sur l'étiologie traumatique de l'hystérie. Selon cette hypothèse, une personne devient hystérique lorsqu'elle est amenée à se dissocier à la suite d'un choc traumatique.

L'école de Nancy, sous la direction d'Hippolyte Bernheim, va cependant s'opposer à ses conceptions.
Œuvre écrit
Charcot - Œuvres complètes, tome 1

Neurologie, [s.l.], [s.n.], [s.d.], manuscrit de 395 feuillets (fonds : manuscrits des leçons de J.M.Charcot).
Leçons cliniques sur les maladies des vieillards et les maladies chroniques, Paris, A. Delahaye, 1874.
Exposé des titres scientifiques, Imprimeries Cerf (Versailles), 1878.
Sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques, 1882.
Leçons sur les maladies du système nerveux, 1885-1887.
Avec P. Richer, Les Démoniaques dans l'art, Delahaye et Lecrosnier, 1887.
Avec P. Richer, Les Difformes et les Malades dans l'art, Lecrosnier et Babé, 1889.
La foi qui guérit, F. Alcan, Paris, 1897, 38 p.

Célébration
Éponymie

En son honneur, le nom de Charcot a été donné à des symptômes ou à des maladies, soit de son vivant, soit en son hommage40 :

la maladie de Charcot est l'autre nom de la sclérose latérale amyotrophique. Elle désigne également l'atteinte articulaire au cours de la syphilis (désignation plus utilisée dans le milieu anglophone) ;
la maladie de Charcot-Marie-Tooth est un ensemble de maladies héréditaires touchant les nerfs sensitivo-moteurs ;
le signe de Charcot se voit en cas de paralysie des muscles ulnaires (anciennement « muscles cubitaux ») ;
l'anévrisme de Charcot-Bouchard est une complication cérébrale de la tuberculose ;
les cristaux de Charcot-Leyden se voient dans certains crachats d'asthmatique ;
le pouls lent de Charcot est une manifestation du bloc auriculo-ventriculaire pouvant conduire à une syncope ;
le pied de Charcot est une description de l'ostéoarthropathie des chevilles et de pieds qui peut compliquer le diabète41.

Filmographie

Augustine, un film français d'Alice Winocour (2012) narre la fiction d'une relation de Jean-Martin Charcot avec l'une de ses patientes atteinte d'hystérie. Il y est incarné par le comédien Vincent Lindon.

Hommages

Buste de Charcot par Jules Dalou, vers 1884, bronze, Académie nationale de médecine42.
Portrait en médaillon de Charcot par Ella Casella vers 1890, musée Carnavalet, Paris.
La rue Charcot, dans le 13e arrondissement de Paris, abritant notamment l'un des centres de l'université Panthéon-Assas, porte son nom, près de la Salpêtrière.
Un timbre postal à l'effigie de Jean-Martin Charcot a été émis le 13 juin 1960.
Plusieurs collèges français portent le nom de Jean Charcot, à Fresnes, Joinville-le-Pont, Lyon, et Saint-Malo.
Établissement Public de Santé Mentale Jean-Martin Charcot : centre hospitalier implanté à Caudan dans le Morbihan (proche de Lorient) sur un domaine de 35 ha environ43.

Titres

1853 : lauréat de la faculté.
1873 : titulaire de la chaire des maladies du système nerveux.
1873 : membre de l'Académie de médecine.
1883 : membre de l'Académie des sciences.

Prix et décorations

1853 : prix scientifique Montyon6, remis par l'Académie des sciences.
Legion Honneur Commandeur ribbon.svg Légion d'honneur : chevalier 22 août 1848, officier le 4 août 1880, commandeur le 12 janvier 189244.

Notes
Remarques

↑ Cependant Charcot, à l'opposé de Bernard qui avait adopté le point de vue de Malebranche sur l'animal machine, restera très sensible au sort des animaux, très attaché à ses chats, ses chiens, ses oiseaux et sa guenon offerte par l'empereur Pédro. Il participera même à une manifestation contre la vivisection.
↑ Auprès de celui, Charcot découvre une autre monde et, lors d'un voyage effectué en 1853, l'Italie, moment d'une révolution esthétique.
↑ Mil deux cents francs annuels.
↑ Charcot a été le médecin de l'empereur Don Pedro, des Grands Ducs Nicolas et Constantin, de la reine Isabelle, de la richissime baronne Anna von Lieben (de), de l'écrivain Ivan Tourguenieff, du futur ministre Paul Ignatieff…
↑ Rayer a empêché Charcot de quitter la salle, l'obligeant à terminer son examen.
↑ Marie Durvis (1854-1936) épousera en secondes noces, Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1904), Président du Conseil de 1899 à 1902.
↑ Éprise sans retour de Léon Daudet, elle épouse tardivement en 1896 le milliardaire Alfred Edwards, fondateur du Matin, en divorce à cause de Misia Sert, épouse un riche écossais, Arthur Hendry, avec lequel elle périt en mai 1940 durant la Débâcle.
↑ Charcot était opposé à l'ovariectomie des hystériques.
↑ La chaire équivalente, que Carl Westphal a créé en 1869 à la Charité de Berlin, regroupait neurologie et psychiatrie. Charcot a rendu visite en 1880 à ce collègue pour s'instruire de son exemple et contre exemple.
↑ La querelle entre « psychiatres », tenants de l'étiologie psychique de la psychose, et « chimiatres », partisans du seul traitement neuroleptique, n'est toujours pas close.
↑ L'année précédente, son beau père a offert au couple la maison de Neuilly, rue Saint James, où il a l'habitude depuis 1868 de passer l'été. C'est là que le 14 juillet 1880 un dîner auquel participeront le Grand Duc Nicolas et Léon Gambetta, président de la Chambre des députés et ami personnel de Jean Martin Charcot, préparera l'Alliance franco-russe.
↑ Sur deux cent vingt-trois thèses dirigées par Charcot, quarante ont été soutenues par des étudiants étrangers.
↑ Freud fondera la psychanalyse en découvrant auprès de ses patients que les traumatismes dont souffrent les hystériques et dont l'hypnose vise à les soulager en les faisant revenir à la conscience, sont le plus souvent imaginaires, c'est-à-dire que la cause de la pathologie n'est pas un traumatisme réel, néanmoins pas toujours, mais, ce que soutient l'École de Nancy, la réminiscence elle-même. De là Freud explorera comment le psychisme se construit autour de souvenirs inconscients.

Sources

↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i et j J. Sédat, Avant propos, in J. M. Charcot, Leçons du mardi à la Salpêtrière, Bibliothèque des Introuvables, Paris, 2002 (ISBN 2-84575-069-2).
↑ a, b, c, d et e Corniou 2002, p. 19.
↑ B. Heimermann et G. Janichon, Charcot, le gentleman des pôles, Éditions Ouest-France et du Pen-Duick, 1991.
↑ a, b, c et d Corniou 2002, p. 22.
↑ M. Bonduelle, « Charcot. Dates. Légendes et réalités », Histoire des sciences médicales, no 28, p. 289-294, Paris, 1994.
↑ a, b, c, d et e Corniou 2002, p. 23.
↑ a, b et c Corniou 2002, p. 25.
↑ a, b, c et d Corniou 2002, p. 214.
↑ Corniou 2002, p. 184.
↑ a, b et c Corniou 2002, p. 186.
↑ Corniou 2002, p. 223.
↑ a et b Corniou 2002, p. 26.
↑ a et b Corniou 2002, p. 27.
↑ Corniou 2002, p. 224.
↑ a et b Corniou 2002, p. 51.
↑ G. B. Duchenne, Mécanisme de la physionomie humaine ou Analyse électro-physiologique de l'expression des passions, fig. 78, Renouard, Paris, 1862, 99 p.
↑ Corniou 2002, p. 32.
↑ a et b Corniou 2002, p. 215.
↑ T. Guelfand, « Charcot, médecin international » Revue neurologique, no 150, p. 517-523, Paris, 1994.
↑ Corniou 2002, p. 220.
↑ Corniou 2002, p. 182.
↑ a, b, c et d Corniou 2002, p. 183.
↑ a et b Corniou 2002, p. 187.
↑ Corniou 2002, p. 217.
↑ a et b D. M. Bourneville, Préface, in J. M. Charcot, La foi qui guérit, F. Alcan, Paris, 1897.
↑ É. Littré « Un fragment de médecine rétrospective », La Philosophie positive, t. V, p. 101, Germer Baillière, Paris, 1866.
↑ a et b Corniou 2002, p. 100.
↑ Corniou 2002, p. 102.
↑ M. Bonduelle, T. Gelfand et C. G. Goetz, Charcot, un grand médecin dans son siècle, p. 397, Michalon, Paris, 1996.
↑ G. de Maupassant, Magnétisme, 1882.
↑ a, b et c Corniou 2002, p. 69.
↑ a et b Corniou 2002, p. 68.
↑ a et b Corniou 2002, p. 108.
↑ Corniou 2002, p. 229-233.
↑ M. Bonduelle, « Charcot et les Daudet » Presse médicale 1993;22:1641-1648.
↑ Corniou 2002, p. 60.
↑ Corniou 2002, p. 110.
↑ Corniou 2002, p. 230.
↑ (en) Christopher G. Goetz, « Amyotrophic lateral sclerosis: early contribution of Jean-Martin Charcot », Muscle Nerve, vol. 23,‎ 2000, p. 336-343. (PMID 10679709, résumé [archive])
↑ (en) Notice biographique [archive] sur le site « Who Named It? »
↑ Gastaldi G, Ruiz J, Borens O, « “Pied de Charcot” : un diagnostic à ne pas manquer ! [Charcot osteoarthropathy: don't miss it!] », Rev Med Suisse, vol. 9, no 389,‎ 2013, p. 1212, 1214-20. (PMID 23798192, lire en ligne [archive] [html]) modifier
↑ Notice sur culture.gouv.fr [archive]
↑ « EPSM Jean-Martin CHARCOT - Morbihan (56) » [archive], sur www.ch-charcot56.fr (consulté le 28 septembre 2016)
↑ « Notice no LH/488/10 » [archive]

Références

↑ P. Briquet, Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie, J.-B. Baillière & fils, Paris, 1859.
↑ J.M. Charcot, Étude pour servir à l'histoire de l'affection décrite sous le nom de goutte asthénique primitive, nodosités des jointures, rhumatisme articulaire chronique, thèse d'exercice, faculté de médecine de Paris, 1853.
↑ A. Lellouch, Jean Martin Charcot et les origines de la gériatrie : recherches historiques sur le fonds d'archives de la Salpêtrière, Payot, Paris, 1992.
↑ J. M. Charcot, De l'hérédité dans les maladies du système nerveux.
↑ J. M. Charcot, L'expectation en médecine.
↑ E. de Goncourt, in E. & J. de Goncourt, Journal. Mémoires de la vie littéraire, Robert Laffont, Paris, 1989.
↑ L. Tolstoï, La Sonate à Kreutzer, 1889.
↑ J. K. Huysmans, Là-bas, 1891.
↑ L. Daudet, Les Morticoles, juin 1894.
↑ P. Richer & J. M. Charcot, Les Démoniaques dans l'art, Delahaye et Lecrosnier, 1887.
↑ P. Richer & J. M. Charcot, Les Difformes et les Malades dans l'art, Lecrosnier et Babé, 1889.
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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Mar 22 Nov à 7:03

Quelle est la mission de l'état, de l'individu et de l'utopie ,

Elles et Ils sont les institutions du secourisme et doivent répondre aux demandes de la Citoyenneté. Ce qui peut sembler navrant; c'est la parution de l'affrontement... C'est l'effort des sens face aux déterminismes des courants entourant, intérieur et extérieur... La Femme et l'Homme se plongent dans le tourbillon sans réaliser qu'il peut ou pourrai le contourner... Il peut ainsi réparer plus vite et plus rapidement tout en respectant le savoir faire et la main d’œuvre issu de l'apprentissage et l’autodidacte. Telle, avec ou sans raison, cette femme ou cet Homme pourraient devenir très intéressant: C'est à l'état de dire ces choses là mais l'état est une forme utopie. Même une machine peut dire qu'elle issue d'inventeur plutôt que d'être la propriété d'un brevet. Ce mécanisme s'appliquent aussi aux robots. Car oui, Le caractère humain, l'animal, la machine et le robot ont plus de valeur qu'une valeur d'état établi par un comité restreint. L'aspect de défense commune est un aspect universelle car il implique l'aspect militaire tout comme l'aspect civil. En effet le donjon demeure dans le château fort: L'aspect humaniste doit être conserver dans la République car celle ci sépare et répare les cris et les gifles, Tout age et toutes volontés accentue son message de fraternité, d’égalité et de liberté.

La République s'est une bibliothèque où l'amour figure comme l'autocritique et l'évolution. Chacun ne peut tout accumuler par principe de transition car ce fut le souhait du peuple antique et du mariage. Par ainsi, la portée est de transmettre réellement les travaux pour permettre un réel constat de l'aménagement secouristes, médicales, militaires, d'habitations, d'emploi public en incluant l'aspect du secteur privé dans la légalité des droits de la Femme et de l'Homme, de protection juridique dans les divorces, accidents du travail, de contrainte morale, d'abus physiques, sur les moyens de transports permettant à tous le moyens de se déplacer dans un aspect physique en respectant le prix de vie, que la haute technologie sois abordable envers tous et chacun à un prix modéré pour ainsi permettre une meilleur surveillance sur l'égalité des chances pour l'aspect physiques et morales des individus, associations, organismes, entreprises et structure étatiques. Ces mesures montreront de l'élasticité d'aujourd'hui démontre que la plénitude ne fus pas "ou jamais atteint" d'une manière déterminée ni même indéterminée. Le Luxe fut utilisé comme une arme et fausse sur la modernité
de l’intérêt au détriment sur le concept de caractère propre du projet défini par un architecte, un penseur et d'un ouvrier; Le luxe favorise l'architecte sur l'ouvrier par le concept d'une vision chimérique établi par le concept du droit féodal. Il suffit...

La République et ses Organismes Public tout comme Privé ont des rôles de rigueur, d'alternance et de travail sur le bien commun. Car, La République s'est une bibliothèque où l'amour figure comme l'autocritique et l'évolution. Chacun ne peut tout accumuler par principe de transition car ce fut le souhait du peuple antique et du mariage. Par ainsi, la portée est de transmettre réellement les travaux pour permettre un réel constat de l'aménagement secouristes, médicales, militaires, d'habitations, d'emploi public en incluant l'aspect du secteur privé dans la légalité des droits de la Femme et de l'Homme, de protection juridique dans les divorces, accidents du travail, de contrainte morale, d'abus physiques, sur les moyens de transports permettant à tous le moyens de se déplacer dans un aspect physique en respectant le prix de vie, que la haute technologie sois abordable envers tous et chacun à un prix modéré pour ainsi permettre une meilleur surveillance sur l'égalité des chances pour l'aspect physiques et morales des individus, associations, organismes, entreprises et structure étatiques.

Ainsi, L'individu figurera à sa place au Panthéon à coté d'un vrai principe de la République:
La Paix et les Peuples tout en conservant son propre individu.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie

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MessageSujet: Re: Le Somnambulisme provoqué, L'Hypnose, Messner et Y'becca   Aujourd'hui à 19:11

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