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 La chlorpromazine, l'existence et Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:28

La chlorpromazine est historiquement le premier médicament antipsychotique. Elle a été utilisée dans les années 1950 et 1960. Vendue sous forme de chlorhydrate de chlorpromazine (surnommée la « matraque liquide » ou « camisole chimique »), elle est sédative, calmante, elle a un effet antihypertenseur, elle est antiémétique, et possède des effets anticholinergiques. Elle est aujourd'hui considérée comme un antipsychotique typique.

Classée comme antipsychotique de 1re génération, elle est utilisée dans le traitement des psychoses aiguës et chroniques, comme la schizophrénie et certaines phases maniaques du trouble bipolaire. On l'utilise aussi dans le traitement de la porphyrie, du tétanos, de certains problèmes liés à la croissance chez l'enfant, et comme préanesthésique.

Sommaire

  1 Histoire
  2 Effets indésirables
  3 Chimie
  4 Fonctions physiologiques
  5 Spécialités
  6 Divers
  7 Évocations artistiques
  8 Notes et références
  9 Voir aussi
      9.1 Bibliographie
      9.2 Liens externes

Histoire

La chlorpromazine est issue de recherches sur la famille des phénothiazines menées par le laboratoire Rhône-Poulenc. À partir du noyau de phénothiazine, c'est toute une série d'antihistaminiques (antiallergiques) qui ont été mis au point, comme le Phénergan (prométhazine), l'Antergan, etc. Ces produits présentent un effet secondaire sédatif.

Après la découverte par Henry Dale, en 1910, du rôle de l'histamine dans le choc anaphylactique, les chercheurs s'intéressèrent aux antihistaminiques de synthèse. Les premiers résultats essentiels furent atteints dans le laboratoire de chimie thérapeutique d'Ernest Fourneau, à l'Institut Pasteur2. Dans le prolongement de ces découvertes et des travaux de chimistes américains, Mosmier et Halpern obtinrent, en 1942, la phenbenzamine, médicament actif et peu toxique. Et c'est en 1951 que Paul Charpentier mit au point la chlorpromazine (Largactil), d'abord utilisée en chirurgie par Henri Laborit en association avec la prométhazine (Phénergan). L'année suivante, en 1952, « J Delay et P Deniker virent dans le Largactil, médicament psychotrope, le prototype du médicament psychiatrique ». La voie était ouverte à la chimiothérapie des maladies mentales3.

Henri Laborit (1914-1995) chirurgien de la Marine, alors en poste au Val de Grâce, menait des recherches, depuis la guerre, sur le choc, ou maladie post-opératoire. C'est en plaçant des cochons d'Inde, fragiles au niveau tissulaire, en état de choc traumatique pour lutter contre ce syndrome, qu'il débute l'utilisation d'antihistaminiques (anti-histamine libérée dans les états de choc) dont les échantillons lui sont fournis par Rhône-Poulenc[réf. nécessaire].

Utilisés seuls, ces produits ne peuvent rien contre le choc. Laborit, avec l'aide de Pierre Huguenard, un des fondateurs de l'anesthésie moderne en France), mélange différents anti-histaminiques dans ce qu'ils appellent désormais des « cocktails lytiques ». Laborit remarque que ses patients sont détendus avant l'opération, de laquelle ils récupèrent parfaitement, et que, en outre, l'usage de ses cocktails lui permet d'opérer quasiment sans anesthésique, ce qui le met sur la voie de l'anesthésie sans anesthésique et de l'anesthésie potentialisée.

Très intrigué par ce qu'il décrit comme « un effet de désintéressement », il demande à Rhône-Poulenc une molécule qui présenterait cet effet non pas en effet secondaire, mais en qualité centrale. Il s'agit du 4560 RP, écarté par Rhône-Poulenc (car trop sédatif et pas assez anti-histaminique). Laborit l'expérimente en 1951 avec une collègue psychiatre, Cornélia Quarti, mais cette expérience restera inédite.

Laborit, qui comprend l'intérêt de cette molécule pour la psychiatrie4, demande à Hamon, Paraire et Velluz, psychiatres au Val de Grâce, d'essayer la molécule. Les psychiatres ne disposent alors que des cures de sommeil par les barbiturates ou des thérapies de choc pour tenter de traiter des patients qui, le plus souvent, sont destinés à passer leur vie à l'asile. Les psychiatres du Val de Grâce essaient la molécule en association avec des cures de sommeil et ratent l'effet central de la molécule.

Le gendre de Pierre Deniker, assistant de Jean Delay à Sainte-Anne, assiste aux réunions hebdomadaires que Laborit tient au Val de Grâce et où il expose ses résultats. Il sensibilise Deniker aux promesses du 4560 RP. Delay et Deniker commencent alors à effectuer des tests systématiques avec la molécule et ils observent des effets spectaculaires : les catatoniques reprennent la parole et deviennent accessibles à la psychothérapie, les agités maniaques se calment, cessent de hurler et s'alimentent normalement : l'asile, lieu de bruits et de fureur, se transforme radicalement5.

C'est le début de ce qui deviendra le premier neuroleptique (qui suspend le nerf) et qui va se propager en Europe dans un premier temps (Deniker sillonne les asiles d'Europe avec des échantillons de la chlorpromazine). Puis c'est au tour des États-Unis d'adopter la molécule par l'intermédiaire de Heinz Lehmann.

La chlorpromazine, dont le nom commercial, Largactil, signifie « large action », est commercialisée dès 1952 alors que la molécule est encore en test en psychiatrie. Elle n'est à cette époque pas utilisée comme un médicament spécifique du traitement de la psychose. Ses premières indications sont vastes en effet, elles s'étendent du prurit du nourrisson aux règles douloureuses. Néanmoins, l'usage de la chlorpromazine amène Deniker et Delay à repenser totalement la catégorisation des molécules à effet psychotrope et à inventer le terme de « neuroleptique ».

Cette découverte majeure des qualités centrales d'une molécule issue des phénothiazines, ne fera pourtant pas l'objet d'un prix Nobel pour Henri Laborit. Il partagera le prix Albert-Lasker (petit Nobel américain) avec Lehman et Deniker en 1957, tandis que Daniel Bovet obtient le prix Nobel la même année, pour la découverte des antihistaminiques6.
Effets indésirables

Les effets indésirables sont notamment extrapyramidaux : tremblements, dyskinésies précoces, tardives et invalidantes. Les symptômes extrapyramidaux apparaissent lorsque le taux d'occupation des récepteurs D2 striataux dépassent 80 % (Nyberg et al. 1998). Ces effets secondaires apparaissent moins fréquents lors de l’utilisation d’antipsychotique atypique tel la clozapine du fait d'une moindre occupation des récepteurs dopaminergiques et d'une activité antagoniste 5-HT2 sur les récepteurs sérotoninergiques ; fréquence d'apparition du SEP supérieure à 10 %.

Hyperprolactinémie par inhibition de la voie dopaminergique tubéro-infandibulaire entraînant une sécrétion inapproprié d'une hormone : la prolactine, potentiellement responsable d'une impuissance réversible chez l'homme et d'une aménorrhéegalactorrhée chez la femme.

Dyslipidémie possible, avec prise de poids et risque de développement d'un diabète de type 2.

Effets anticholinergiques fréquents : dysurie en cas d'hypertrophie bénigne de la prostate, aggravation d'un glaucome pré-existant, sécheresse buccale et infection associée. Mydriase et trouble de l’accommodation.

Abaissement du seuil épileptogène potentiellement responsable de crises épileptiques. Recherche d'antécédents épileptiques éventuels et EEG de surveillance à prévoir si traitement indispensable.
Chimie

La chlorpromazine est un dérivé de la phénothiazine.
Fonctions physiologiques

La chlorpromazine est un antagoniste des récepteurs dopaminergiques D2 uniquement, mais pas des récepteurs sérotoninergiques 5HT2A caractéristique des antipsychotiques atypiques plus récents.

100 mg de chlorpromazine équivaut 2 mg d'halopéridol, autre antipsychotique typique de la famille des butyrophénones.
Spécialités
Chlorpromazine
Noms commerciaux

  Chlorazin (Suisse),
  Thorazine (États-Unis),
  Largactil (France),

N'est plus commercialisé en Belgique
Classe antipsychotique
Autres informations Sous-classe : phénothiazines
modifier Consultez la documentation du modèle
Divers

La chlorpromazine fait partie de la liste des médicaments essentiels de l'Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013)7.
Évocations artistiques

Le nom commercial de la chlorpromazine, "thorazine" en anglais, est déformé en "thorizene" dans la chanson Kill your sons de Lou Reed :

« (…) when they shoot you up with thorizene on crystal smoke / you choke like a son of a gun (…) »

Le groupe de metal canadien The Agonist a écrit une chanson nommée Chlorpromazine sur l'album Lullabies for the Dormant Mind.

Le groupe de punk-rock américain The Ramones a également réalisé plusieurs chansons qui évoquent la thorazine, l'auteur-compositeur et bassiste du groupe, Dee Dee Ramone, ayant été atteint de troubles bipolaires. Dans ce registre se trouve notamment We're a Happy Family sur l'album Rocket to Russia, sorti en 1977.
Notes et références

  ↑ Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 » [archive], sur www.chem.qmul.ac.uk.
  ↑ « Avec son équipe, Fourneau orienta ses travaux sur l’étude des amino-alcools et de leurs dérivés, qui aboutirent aux premiers adrénolytiques et aux premiers antihistaminiques de synthèse, dont dérivent tous les médicaments anti-allergiques. Il découvrit le premier neuroleptique majeur, la chlorpromazine. » (Dominique Kassel, conservateur des collections d'histoire de la pharmacie de l'Ordre national des pharmaciens, « Ernest Fourneau (1872-1949) », dans Des pharmaciens dans leur siècle. Le XXe [archive], avril 2002, consulté le 5 décembre 2010.)
  ↑ Judith P. Swazey, « Chlorpromazine in Psychiatry. A study of Therapeutic » (consulté le 23 mars 2010) [archive], dans Revue d'histoire des sciences, 1977, 30 × {{{2}}} × {{{3}}}, no 2, p. 189-190.
  ↑ Laborit, Henri, Pierre Huguenard, et R. Alluaume, « Un nouveau stabilisateur neuro-vegetatif, le 4560 RP » Presse médicale 1952;60:206-208.
  ↑ Delay et Deniker, 38 cas de psychoses traitées par la cure prolongée et continue de 4560 RP, comptes-rendus du Congrès d'aliénation et de neurologie de langue française, Paris, Masson, 1952, p. 497-502.
  ↑ Daniel Bovet, Une chimie qui guérit, Paris, Payot, 1989.
  ↑ (en) WHO Model List of Essential Medicines, 18th list [archive], avril 2013

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

  Chlorpromazine, sur Wikimedia Commons

Bibliographie

  Jean-Noël Missa, Naissance de la psychiatrie biologique : Histoire des traitements des maladies mentales au XXe siècle, Presses universitaires de France, Paris, 2006.

Liens externes

  (en) Psychiatric Drugs: Thorazine sur le site www.sntp.net
  Notice sur Vidal.fr
  Compendium suisse des médicaments : spécialités contenant Chlorpromazine


Dernière édition par yanis la chouette le Mar 22 Nov à 3:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:29

Les neuroleptiques (du grec neuron, nerf et leptos, qui affaiblit) encore appelé antipsychotiques (contre les symptômes florides des psychoses) sont des médicaments psychotropes utilisés pour leur effet tranquillisant majeur, anti-délirant et — pense-t-on — pour lutter contre la désorganisation des pensées. Ils sont donc des dépresseurs du système nerveux central. Ils sont utilisés notamment dans le traitement de certaines affections psychiatriques telle que la schizophrénie, les troubles bipolaires et certains autres syndromes comportant des hallucinations, un délire et de l'agitation psychomotrice. On admet généralement que les symptômes positifs de la schizophrénie (délires/hallucinations) répondent mieux aux neuroleptiques que les symptômes négatifs (retraits psychiques,apragmatisme).

Une première génération de neuroleptiques connues sous le nom de neuroleptiques classiques ou typiques a été découverte dans en 1951 par Henri Laborit, il s'agit de la chloropromazine. La plupart des médicaments de seconde génération, connues sous le nom de "neuroleptiques atypiques" ont été développés récemment sauf la clozapine qui a été découverte en 1950 et testée en clinique dès 1970.

Ils sont aussi plus largement utilisés pour des usages hors autorisation de mise sur le marché1 comme la lutte contre l'insomnie, l'anxiété ou syndrome de stress post-traumatique2 du fait notamment de leur propriétés anxiolytiques3.

Ils ont été utilisés contre les dissidents politiques en URSS4.

Ils agissent au niveau de la transmission synaptique, en bloquant les récepteurs à la dopamine, notamment les récepteurs D2. Les plus récents agissent aussi sur les récepteurs à la sérotonine. La recherche actuelle vise principalement à diminuer leurs effets secondaires et à améliorer les symptômes négatifs.

Sommaire

1 Terminologie
2 Histoire et société
2.1 Découverte : les neuroleptiques typiques
2.2 Neuroleptiques de deuxième génération
2.3 Justice et neuroleptiques
3 Principaux neuroleptiques
4 Mécanismes d'action
5 Prescription
5.1 Indications
5.2 Contre-indications
5.2.1 Les contre-indications relatives des neuroleptiques sont
5.3 Efficacité
5.4 Effets secondaires
5.4.1 Neurologiques
5.4.2 Effets sur le système nerveux autonome
5.4.3 Métaboliques et endocriniens
5.4.4 Psychiques
5.4.5 Accoutumance
5.4.6 Autres
5.4.7 Utilisation hors AMM
5.5 Sevrage
6 Notes et références
7 Voir aussi
7.1 Bibliographie
7.2 Article connexe
7.3 Liens externes

Terminologie

La différence d'usage entre les termes neuroleptique et antipsychotique recouvre à la fois une dimension historique, linguistique mais aussi théorique5. Historiquement, le terme « neuroleptique » est apparu sous la plume des deux médecins français Jean Delay et Pierre Deniker découvreurs des effets antipsychotiques de la chlorpromazine. Le premier usage de ce terme daterait d'une publication de 19556. Le mot tire son origine des radicaux « neuro- » (qui a trait aux nerfs, nerveux) et « -leptique » (qui affecte en calmant, dérivé du grec « saisir »)7. À l'époque, les termes « neuroplégique » (du grec ancien plettein, « frapper »), « ataraxique » (voir Ataraxie) ou « tranquillisant majeur » étaient aussi rencontrés, mais sont aujourd'hui tombés en désuétude. Le terme antipsychotique (qui date aussi des années 1950) fait référence plus précisément aux effets de ces médicaments sur les troubles psychotiques. Il s'est notamment imposé par la volonté des psychiatres américains de se débarrasser d'un terme connoté : le syndrome extra-pyramidal, dit aussi syndrome neuroleptique, était un effet secondaire gênant de ces médicaments. Ces deux termes sont donc souvent employés comme synonymes, les médecins français préférant le premier, alors qu'on trouve fréquemment utilisé le terme antipsychotique dans la littérature psychiatrique anglo-saxonne. Toutefois, l'apparition des neuroleptiques de deuxième génération a un peu modifié cet usage.

Les antipsychotiques typiques (dits encore "classiques", "traditionnels", "conventionnels", ou "de première génération"). Découverts dans les années 1950, ils sont de plus en plus remplacés par les antipsychotiques dits atypiques.
Histoire et société
Découverte : les neuroleptiques typiques

Le premier neuroleptique fut la chlorpromazine (molécule commercialisée sous le nom « Largactil »), utilisée dès les années 1950. Elle fut découverte en France par Henri Laborit, qui travaillait sur l’anesthésie. Durant ses premiers travaux, il avait mis au point, avec Pierre Huguenard, un « cocktail lytique » qui, combinant trois composés aux effets narcotique (protoxyde d'azote), antalgique (péthidine) et sédatif (prométhazine, un dérivé phénothiazinique), induisait un état d’« hibernation artificielle »8. Huguenard et Laborit avaient déjà noté que la prométhazine présente dans le « cocktail lytique » qu’ils utilisaient pour l’anesthésie induisait un « état d'indifférence du malade pour son environnement » (ou « ataraxie »). Ainsi, lors d'une opération de la face qui ne pouvait donc être accompagnée par une inhalation de protoxyde d'azote, ils purent observer le puissant effet d'une combinaison de péthidine et d'hydrochloride de diéthazine (un dérivé phénothiazinique, proche de la prométhazine) ; la patiente décrivit ainsi l’intervention : « Je sentais les coups de marteau et les ciseaux couper, mais comme si cela arrivait au nez d’un autre : cela m’était indifférent »9.

Chez Rhône-Poulenc, le chimiste Paul Charpentier travaillait sur les propriétés anthelmintiques des dérivés phénothiaziniques (pour combattre la malaria), et c'est en décembre 1950 qu’il synthétisa la chlorpromazine. Inspirés par les observations faites par Laborit sur les phénothiazines, les pharmacologues de Rhône-Poulenc (P. Koetschet, L. Julou et S. Courvoisier) notèrent une propriété remarquable de la chlorpromazine : chez l’animal, elle induisait un état de catalepsie, sans pour autant le paralyser. Au cours des deux années qui suivirent, les effets chez l’humain de la chlorpromazine furent évalués par différents médecins français : au Val-de-Grâce, Laborit fit tester la chlorpromazine par sa collègue psychiatre Cornelia Quarti, qui lui rapporta ressentir une impression de détachement. À l’Hôpital Sainte-Anne, Jean Delay, Pierre Deniker et Jean-Marie Harl, qui avaient été alertés par les travaux de Laborit sur les effets psychoactifs des antihistaminiques, découvrirent qu’en plus de produire ce détachement psychologique, la chlorpromazine était aussi efficace sur les patients schizophrènes10. Ces propriétés antipsychotiques firent l’objet de publications, qui eurent un impact retentissant sur le traitement médical des psychoses. Confirmés par différentes équipes, les résultats de Delay, Deniker et Harl révolutionnèrent la thérapeutique psychiatrique en initiant ce que Deniker baptisa la psychopharmacologie.

Au cours des années qui suivirent, de nombreuses molécules neuroleptiques dérivées du noyau phénothiazine furent mises au point. Incidemment, c'est en voulant synthétiser un antihistaminique que les laboratoires suisses Geigy initièrent la deuxième révolution dans le domaine de la psychopharmacologie, avec l’imipramine, en 1957. En effet, cette molécule faillit être abandonnée, car ses effets antipsychotiques étaient relativement pauvres, jusqu'à ce que Roland Kuhn, l’ayant testé sur des malades dépressifs, constate son effet antidépresseur. L’imipramine devint ainsi le premier antidépresseur tricyclique.
Neuroleptiques de deuxième génération
Article détaillé : Neuroleptique atypique.

Les neuroleptiques atypiques (aussi appelés neuroleptiques « de deuxième génération », ou simplement neuroleptiques) désignent une sous-classe pharmacologique des neuroleptiques utilisés dans le traitement médicamenteux de troubles psychiatriques. Ils sont en particulier utilisés dans le traitement de la schizophrénie, mais aussi pour d'autres types de psychoses. Le qualificatif « atypique » est utilisé pour distinguer ces médicaments des neuroleptiques « typiques ». En effet, les neuroleptiques atypiques seraient plus spécifiques (moins d'effets indésirables, notamment moteurs), parfois plus efficaces (notamment sur les schizophrénies dites « résistantes » ainsi que sur les symptômes négatifs de la schizophrénie). En tant qu'antagonistes de la dopamine, les effets secondaires des neuroleptiques atypiques sont à peu près les mêmes que ceux des antidépresseurs sédatifs, par exemple la prise de poids, un diabète, une hypertension artérielle.
Justice et neuroleptiques

Les procès et recours collectif (« class action ») deviennent légion à travers le monde. Ainsi, 28 000 personnes ont été indemnisées par Lilly pour que cessent les poursuites relatives à l’olanzapine (Zyprexa)[réf. nécessaire].

La quétiapine fait l'objet de class action, ainsi que la rispéridone, tandis qu'en Europe la veralipride (Agréal) (un neuroleptique utilisé contre les bouffées de chaleur) a été interdit et le laboratoire poursuivi.

De nombreuses plaintes sont déposées par les États des États-Unis contre les laboratoires pharmaceutiques (Lilly, AstraZeneca, Johnson & Johnson, Pfizer…) concernant « des actions alléguées de corruption ou de désinformation dans la promotion d'antipsychotiques atypiques »11,12.
Principaux neuroleptiques

Neuroleptiques typiques
Les phénothiazines
chlorpromazine (Largactil)
la cyamémazine (Tercian)
la lévomépromazine (Nozinan)
fluphénazine (Modécate)
perphénazine (Trilafon)
prochlorpérazine (Compazine)
thioridazine
trifluopérazine
Les butyrophénones
l'halopéridol (Haldol) et sa forme avec décanoate (action prolongée)
diphenylbutylpiperidine
pimozide (Orap)
Les benzamides
tiapride
Les thioxanthènes :
zuclopenthixol (Clopixol)
Flupentixol (Fluanxol)

Neuroleptiques atypiques
clozapine (Leponex)
olanzapine (Zyprexa)
rispéridone (Risperdal)
quétiapine (Seroquel en Belgique, au Canada et en Suisse (Sequase également), Xeroquel en France)
ziprasidone
Amisulpride (Solian)
Agonistes partiels de la dopamine
aripiprazole (Abilify)

Neuroleptiques « cachés » (neuroleptique ou contenant un neuroleptique)13.
Antinauséeux :
le métoclopramide trouvé dans le Primperan, Anausin, Cephalgan, Chlorhydrate de métoclopramide Renaudin (sol inj), Métoclopramide Merck, Migpriv, Prokinyl LP
la métopimazine (Vogalene)
Somnifères (antihistaminiques possédant des propriétés antidopaminergiques) :
l’acépromazine en association avec l'acéprometazine : Noctran (le Noctran n'est pas utilisé comme neuroleptique même s'il contient un neuroleptique caché, il ne devrait pas être utilisé en monothérapie pour la psychose, son indication étant les troubles du sommeil)
l’acépromazine seule (Mépronizine)
l'alimémazine (Théralène)
le prométhazine (Phénergan)
Traitement non hormonal des bouffées de chaleur :
le véralipride (Agréal)
Problèmes neuropsychiatriques :
le sulpiride (Dogmatil)
la cinnarizine (Sureptil), déficit cognitif et neurosensoriel du sujet âgé

Mécanismes d'action

Les neuroleptiques agissent sur les neurones, plus spécifiquement sur les récepteurs des neurotransmetteurs. Les neurotransmetteurs permettant aux neurones de communiquer. Le neurotransmetteur le plus particulièrement visé est la dopamine. Les neuroleptiques atypiques agissent principalement par antagonisme (blocage) des récepteurs dopaminergiques D2 et sérotoninergiques 5HT2A.

Toutefois, cette classification est un peu simpliste : en réalité, la plupart de ces molécules agissent globalement sur l'ensemble des récepteurs aux monoamines (dopamine, sérotonine, histamine, noradrénaline). Une grande partie d'entre elles (phénothiazines, clozapine, olanzapine), ont également un effet anticholinergique (action sur les récepteurs muscariniques), ce qui contribue à diminuer — ou tout du moins à masquer — leurs effets secondaires extrapyramidaux (ou pseudo-parkinsoniens).

En réduisant l'activité monoaminergique, les neuroleptiques diminuent l'intensité des émotions : peur, joie, colère, amour, désir, combativité, autres[réf. nécessaire]. Ils ralentissent le psychisme, notamment les fonctions imaginatives et intuitives (ils permettent ainsi de réduire les symptômes psychotiques et maniaques).

L'équilibre sérotonine/dopamine n'étant pas le même dans les différentes voies cérébrales, la double action des neuroleptiques atypiques permet d'obtenir des résultats différents dans ces différentes voies. Ainsi, par exemple, un neuroleptique atypique va augmenter l'activité dopaminergique au niveau de la voie mésocorticale alors qu'il la réduira au niveau de la voie mésolimbique (contrairement aux neuroleptiques classiques qui réduisent cette activité dans toutes les voies)14.
Prescription
Indications

La principale indication est les syndromes délirants notamment dans la schizophrénie. Ces traitements ne sont pas curatifs, ils sont symptomatiques. Ils n'agissent pas sur la cause de la pathologie mais sur ses conséquences. Le maintien du traitement à long terme est souvent préconisé, bien que certains psychiatres militent pour une utilisation ponctuelle des neuroleptiques (en cas de crise, puis pendant le sevrage), afin de limiter les effets secondaires et l'accoutumance à ces médicaments.
Contre-indications

La contre indication absolue aux neuroleptiques est l'hyperthermie. Dans ces cas de fièvre, même légère (38°), les neuroleptiques peuvent causer un syndrome malin et entrainer le décès du patient. Lorsque ce dernier est déjà sous neuroleptiques et qu'une hyperthermie est remarquée, le traitement est immédiatement arrêté.
Les contre-indications relatives des neuroleptiques sont

syndrome de QT long
une allergie à ce neuroleptique
un antécédent de syndrome malin des neuroleptiques avec ce neuroleptique
une pathologie neurologique évolutive notamment une maladie de Parkinson (sauf la clozapine)

Efficacité

Tous les antipsychotiques sont d'efficacité équivalente, seuls changent les effets secondaires. Seule la clozapine semble avoir une efficacité supérieure. Elle est recommandée en cas d'échec de deux traitements neuroleptiques bien conduits.

À court terme (1-12 mois), les neuroleptiques sont efficaces pour réduire les symptômes de la schizophrénie chez 70% des patients environ: les 30% restant ne répondent pas ou peu aux neuroleptiques15.

À moyen terme (12-24 mois), l'efficacité des neuroleptiques diminue à cause de l'accoutumance. Selon certaines études, les neuroleptiques restent efficaces à moyen terme16,17 , selon d'autres, le taux de rechute des patients dans la psychose est plus élevé avec les neuroleptiques18,19,20,21.

À long terme (au-delà de 2 ans) peu d’études ont été réalisées. La première étude (non-randomisée) montre un taux de rétablissement nettement supérieur chez les patients ayant arrêté les neuroleptiques par rapport à ceux ayant continué (40 % vs 12,5 % après 7 ans et demi, 40 % vs 5 % après 15 ans)22,23. La deuxième étude (randomisée) montre un taux de rétablissement sensiblement supérieur chez les patients ayant suivi un protocole de sevrage progressif par rapport à ceux ayant poursuivi le traitement en continu (40 % vs 18 % après 7 ans)24.
Effets secondaires

Les neuroleptiques produisent une grande variété de troubles sévères et fréquents25. Ces effets dépendent de la sensibilité de la personne et s'atténuent parfois avec le temps, sinon par la prise de médicaments complémentaires.
Neurologiques

Un risque particulièrement grave mais rarissime de tout neuroleptique notamment est l'apparition d'un syndrome malin des neuroleptiques qui peut engager le pronostic vital. Au vu d'un taux sous-évalué de 1 %, Maxmen et Ward (1995,p. 33) estiment que 1 000 à 4 000 morts aux États-Unis résultent chaque année du syndrome malin des neuroleptiques25. La fréquence de ce syndrome est difficile à déterminer précisément car aucune étude détaillée n'a été entreprise. A minima, des coups de chaleur sont plus fréquents sous neuroleptiques26.
L'akathisie
Une autre variante de dyskinésie tardive (TD) est l'akathisie tardive. L'individu est virtuellement torturé de l'intérieur, dans son corps, par une sensation d'irritabilité, souvent au point de souffrir constamment25. Elle se traite par la prescription d'une benzodiazépine ou/et d'un bêta-bloquant.
spasmes musculaires (dystonies)25
certains symptômes moteurs de type parkinsonien (troubles de coordination, tremblements, mouvements involontaires du visage)
Les neuroleptiques pourraient engendrer une diminution de la taille du cerveau s'ils sont pris longtemps27,28, affectant irrémédiablement les capacités cognitives des patients29 et la mémoire.

Effets sur le système nerveux autonome

une hypotension orthostatique, sécheresse de la bouche, constipation, rétention d'urine (affection prostatique),

Métaboliques et endocriniens

L'effet indésirable reconnu des neuroleptiques atypiques (olanzapine, clozapine) est l'apparition d'un syndrome métabolique (prise de poids, hypertension artérielle, diabète (qui bien évidemment est permanent, même après cessation du traitement), hypercholestérolémie)30.
Rares : colites ischémiques (surtout les phénothiazines, mais aussi le clozapine, l'olanzapine, la rispéridone)31. La prescription des neuroleptiques est formellement contre-indiquée chez les enfants.
impuissance sexuelle
Hyperprolactinémie pouvant conduire, lors d'un traitement prolongé, à une aménorrhée, une gynécomastie, ou une galactorrhée ;
réduction de la sécrétion des gonadotrophines[réf. nécessaire].

Psychiques

Les antipsychotiques engendrent souvent un ralentissement cognitif (troubles cognitifs, lenteur idéative...). Ils peuvent favoriser une dépression, une anhédonie (incapacité à prendre du plaisir), notamment les neuroleptiques typiques. Les neuroleptiques peuvent engendrer une désinhibition (aripiprazole ; dans une moindre mesure, olanzapine32).
Accoutumance

Bien qu'on ne puisse pas parler de dépendance pour les neuroleptiques, (puisqu'ils ne provoquent pas de plaisir), un phénomène d'accoutumance peut se produire33, justifiant une perte d'efficacité sur le long terme, et souvent une augmentation de dose34. Voir le chapitre Sevrage.
Autres

Arythmie cardiaque (risque de torsades de pointe) surtout en cas d'hypokaliémie25
Photosensiblisation [réf. nécessaire]
L'agranulocytose, possiblement mortelle mais peu fréquente avec la clozapine.

Utilisation hors AMM

Les neuroleptiques de première génération et neuroleptiques atypiques sont associés avec une importante augmentation de la mortalité. L'étude DART-AD sur des patients atteints d'Alzheimer a montré qu'après 3 ans 30% des patients sous neuroleptiques sont encore en vie contre 59% pour les patients sous placebo35. Cette augmentation est aussi rencontrée dans les traitement de démence36 et de schizophrénie37,38. Elle est moins importante pour les neuroleptiques atypiques39,40. Les deux causes principales de mortalité sont la mort subite dont le risque s'estompe à l'arrêt du traitement41 et l'infection due à la suppression de la moelle osseuse avec compromission du système immunitaire. Le Dr David Healy, expert psychopharmacologiste, a fait remarquer que le taux de suicide, de mort et de tentatives de suicide liées au Zyprexa ayant eu lieu pendant les essais cliniques de pré-commercialisation a été « plus élevé que tout autre médicament psychotrope dans l'histoire »42.

Les neuroleptiques, typiques ou atypiques, ont été fréquemment employés de manière empirique, hors AMM - sans que l’efficacité ou la sécurité aient été formellement évaluées -, pour calmer l’agitation, chez les patients déments agités. Or la prescription hors AMM expose à un risque accru d'effets secondaires : ce n’est par exemple que récemment, notamment avec le développement de la rispéridone et l’arrivée des neuroleptiques atypiques que les études contrôlées à large échelle ont souligné l’augmentation de mortalité par les neuroleptiques dans cette population43. Les effets secondaires sont ressentis de la même façon par les malades que par les personnes saines. Les opposants placés en psychiatrie en URSS dans les années 1970 ont su décrire leur supplice qui est le même que celui des malades44. Les effets secondaires ont pu occulter la guérison par leurs symptômes.
Sevrage

Comme l'alcool, l'arrêt brutal des neuroleptiques peut provoquer des hallucinations et des bouffées délirantes, jusqu'à plusieurs mois après la fin du traitement. Ces effets secondaires ont longtemps été confondus avec une "rechute" dans la maladie, jusqu'à ce qu'il soit prouvé qu'un sevrage progressif réduisait drastiquement le taux de réadmission des schizophrènes dans les hôpitaux psychiatriques45.

Face à la question du sevrage, le British National Formulary, équivalent britannique de l'ordre des médecins, a recommandé à ces membres, qu'en cas de sevrage, celui-ci soit effectué progressivement, notamment afin d'éviter des symptômes de sevrage comme l'insomnie, les nausées, l'angoisse et ce qui est nommé dans la littérature médicale anglophone, le “withdrawal psychosis” (psychose de sevrage) ou "supersensitivity psychosis"(psychose de hyper sensibilité), attribué à une augmentation de la sensibilité des récepteurs cérébraux de dopamine, dû aux blocages antérieur de ces récepteurs par les neuroleptiques. Le british national formula recommande donc, un sevrage progressif même pour passer d'un traitement neuroleptique à un autre46.

Cette psychose lié au sevrage a été évoqués essentiellement par des auteurs anglophones, mais quelques auteurs francophones l'évoquent, tout en réaffirmant la nécessité de ces traitements47.

Bien que l'apport de ces traitements ne soient pas remis en cause par le corps médical, en Grande-Bretagne, certains professionnels, recommandent une approche basé sur la réduction des risques, similaire à celles utilisées pour aider les personnes usagères de drogues, afin d'accompagner les personnes souhaitant arrêter de toute façon leur traitement, avec comme objectif celui de diminuer la brutalité du sevrage, y compris en terme psychologiques et neurologiques48,49.
Notes et références

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Antipsychotique » (voir la liste des auteurs) (voir aussi la page de discussion).

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↑ http://www.pharmalot.com/2012/06/the-us-military-and-off-label-antipsychotic-use/ [archive]
↑ http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/8834417 [archive]
↑ Marc Epstein et Alla Chevelkina, « Ces dissidents qu’on dit encore fous » [archive], Grands-reporters.com (consulté le 5 août 2012)
↑ Sur ce sujet, voir aussi l'article What’s in a name? The evolution of the nomenclature of antipsychotic drugs [archive], Caroline King and Lakshmi N.P. Voruganti, J Psychiatry Neurosci. 2002 May; 27(3): 168–175.
↑ Delay et Deniker (1955), Bull. de l'Acad. Nat. de Méd., 139, 145 ds NED Suppl.2.
↑ Deniker P., Qui a inventé les neuroleptiques ? Confrontations Psychiatriques, 1975, no 13, p. 7-17.
↑ Laborit H, Huguenard P., L’hibernation artificielle par moyens pharmacodynamiques et physiques, Presse med 1951;59:1329.
↑ « Traitement de la psychose : une histoire mouvementée » (Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), consulté le 2013-04-08, A. Mastropaolo C. Bryois. Revue Médicale Suisse.
↑ Delay J, Deniker P, Harl JM., Traitement des états d’excitation et d’agitation par une méthode médicamenteuse dérivée de l’hibernothérapie, Anr Med-psychol 1952;110:267–73.
↑ Antipsychotiques atypiques : procès États des États-Unis [archive]
↑ Prescrire, la rédaction, « Frapper au portefeuille », Rev Prescrire, vol. 30, no 324,‎ 1er octobre 2010, p. 777 (ISSN 0247-7750, lire en ligne [archive])
↑ Les Neuroleptiques « cachés » [archive]
↑ Stephen M. Stahl, Psychopharmacologie essentielle, Médecine-Sciences Flammarion)
↑ Patients with poor response to antipsychotics have a more severe pattern of frontal atrophy: a voxel-based morphometry study of treatment resistance in schizophrenia [archive]
↑ 1976, Schizophrenia -- A Follow-up Study of Results of Treatment [archive], Philip R. A. Stay Over Two May, MD; A. Hussain to Five Years Tuma, PhD; Coralee Yale, MS; Penelope Potepan; Wilfrid J. Dixon, PhD
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↑ Lex Wunderink, MD, PhD; Roeline M. Nieboer, MA; Durk Wiersma, PhD; Sjoerd Sytema, PhD; Fokko J. Nienhuis, MA Recovery in Remitted First-Episode Psychosis at 7 Years of Follow-up of an Early Dose Reduction/Discontinuation or Maintenance Treatment Strategy Long-term Follow-up of a 2-Year Randomized Clinical Trial [archive]
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↑ «Breakthrough Dopamine Supersensitivity during Ongoing Antipsychotic Treatment Leads to Treatment Failure over Time» [archive] The Journal of Neuroscience, 14 March 2007, 27(11): 2979-2986; doi: 10.1523/JNEUROSCI.5416-06.2007
↑ The dementia antipsychotic withdrawal trial (DART-AD): long-term follow-up of a randomised placebo-controlled trial [archive]
↑ http://ajp.psychiatryonline.org/article.aspx?articleid=181240 [archive]
↑ http://davidhealy.org/books/pharmageddon-is-the-story-of-a-tragedy/ [archive]
↑ http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19524406 [archive]
↑ http://laveilleepsy.wordpress.com/2012/04/17/les-antipsychotiques-prescrits-dans-les-etablissements-de-longue-duree-risques-comparatifs/ [archive]
↑ http://ajp.psychiatryonline.org/article.aspx?articleid=181225 [archive]
↑ http://www.hc-sc.gc.ca/dhp-mps/medeff/advisories-avis/prof/_2005/atyp-antipsycho_hpc-cps-fra.php [archive]
↑ Alliance for human research protection [archive]
↑ http://rms.medhyg.ch/numero-165-page-1661.htm#r12 [archive]
↑ (en) H J N Andreyev, « Political dissent and “sluggish” schizophrenia in the Soviet Union », British Medical Journal (Clinical research ed.), vol. 293, no 6550,‎ 27 septembre 1986, p. 822 (ISSN 0267-0623, PMID 11653751, lire en ligne [archive])
↑ Archives of General Psychiatry, janvier 1997, 54e éd., p. 49 :

« Clinical risk Following Abrupt an Graual Withdrawal of Maintenance Neuroleptic Treatment »

.
↑ British National Formulary, United Kingdom, Royal Pharmaceutical Society of Great Britain, mars 2009, 57e éd., « 4.2.1 », p. 192 :

« Withdrawal of antipsychotic drugs after long-term therapy should always be gradual and closely monitored to avoid the risk of acute withdrawal syndromes or rapid relapse. »

.
↑ Alain Bottéro, un autre regard sur la schizophrénie, (Édition Odile Jacob)
↑ Dawn Freshwater Dawn Freshwater, Journal of Psychiatric and Mental Health Nursing,, février 2012, 19e éd. :

« Addressing non-adherence to antipsychotic medication: a harm-reduction approach. »

↑ «article en ligne gratuitement ici» [archive]

Voir aussi
Bibliographie

Jean-Noël Missa: "Naissance de la psychiatrie biologique", PUF, 2006, ISBN 2-13-055114-9
J.-P. Olié, D. Ginestet, G. Jollès, H. Lôo (sous la dir. de), Histoire d'une découverte en psychiatrie. 40 ans de chimiothérapie neuroleptique, Doin, 1992
Peter.R.Breggin et David Cohen, M.D et PhD de Psychiatrie, Your drug may be your problem. Comment et pourquoi arrêter les drogues psychiatriques., Da Capo Press, juillet 2000
David Cohen (PhD), Suzanne Cailloux-Cohen, AGIDD-SMQ, Guide critique des médicaments de l'âme, Les éditions de L'Homme, 1996.
Blog d'un chercheur sur les neuroleptiques
Psychopharmacologie essentielle bases neuroscientifiques et applications pratiques, Stahl
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:29

Les thérapeutiques psychiatriques
Ouvrage de Henri Baruk
Presse Universitaire de France

conseil de lire:
traité de Psychiatrie
de Masson, 1959

The K.L.F - America What Time is Love
https://www.youtube.com/watch?v=9L4OnoEh2us

-----------------------------------------
Loi de Monsieur Tignard Yanis Cyril dit TAY la Chouette effraie

Un philosophe parle de recherche qui sont effectués à la Silicon Valley sur la Génétique. Ecoutant ses conseils, je vais essayer de prévenir et de protéger le droit de naître. Éviter de sombrer dans l'esclavage de l'a.d.n et du vampirisme de l'éternité.

Le clone, le reflet et l'image... Je n'ai pas envie de faire des clones des hérésies... En effet, ils sont créés et en cela, si il ne commette pas de crime: Ils sont innocent. Peut on condamné un enfant d'avoir des parents criminels. Eh bien non, l'existence d'être né ne peut être incriminer à l'enfant. Peut on condamner un enfant d'être une hérésie. Personne ne mérite un tel fait au moment de sa naissance et de sa vie. A suivre.

Certains se cacheront devant les lois de l’avortement pour les détruire... Mais, nous verrons le droit du parents alors
se mettre en devant des faits... Certains essaieront et devant la discorde, la vie prendra le dessus: Celui qui leur accordera un fait comme l’hérésie ou de la divination sera stupide... Il possédera des mêmes droits qu'un bébé embryon ou in-vitro donc il sera Citoyennes et citoyens et sera ensemble du peuple et des origines du Monde.

Il pourra donner des organes de sa seule volonté et ne pourra mettre mis sous tutelle sous le simple fait de son existence... Seule des actes venant de sa personne propre pourront le conduire à des hôpitaux psychiatriques : Elle ou Il ne sont des hérésies.

Le robot est tout comme la fourmis et la cigale, il est conduit par un instinct par le fait de vivre... Et si la Force existe, je ne serai pas surpris par le fait qu'il puisse en faire usage au même titre que la chair. L'acier est une force de sang établi sur d'autres phénomènes que notre Corps. créer des machines mi chair et mi acier pour créer un être absolu et parfait démontre de la stupidité de ses créateurs: Et un jour les enfants se révolteront et pas besoin d’être devin pour comprendre ce phénomène lié à la vie de l'individu et du spécimen.

Non à l'Esclavage.
Non aux Viols physiques et Morales.
Non aux Tortures physiques et Morales

Ecrit de
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:30

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:33



ÉNÉIDE, LIVRE III



LIVRE DES VOYAGES ET DES PROPHÉTIES

Étapes en Grèce - Rencontres avec le passé (3, 192-355)



Escale aux îles Strophades (3, 192-269)

Les Troyens subissent une violente tempête qui ne s'apaise qu'après trois jours et trois nuits ; ils aperçoivent alors une terre, vers laquelle ils se dirigent avec empressement ; il s'agit des îles Strophades, habitées en fait par les Harpyes, monstrueux oiseaux griffus, à tête de jeunes filles et à l'estomac toujours affamé (3, 192-218).

Mais les Troyens l'ignorent et accostent en toute confiance ; ayant trouvé des troupeaux dans les pâtures, ils préparent un repas, sans négliger leurs obligations religieuses. À plusieurs reprises, les Harpyes surgissent du ciel, pillent et souillent les mets des naufragés, qui s'apprêtent à user de leurs armes, mais les Harpyes sont invulnérables et s'éloignent (3, 219-244).

Cependant l'une d'elles, Céléno, laisse aux Troyens un message étrange : ils atteindront bien l'Italie, mais ne s'installeront définitivement dans leur cité qu'après avoir souffert de la faim au point de dévorer leurs tables. Effrayés, les Troyens cèdent devant ces êtres surnaturels et, sur les conseils d'Anchise, font des offrandes et des prières aux dieux, avant de reprendre la mer (3, 245-269).

Postquam altum tenuere rates, nec iam amplius ullae

adparent terrae, caelum undique et undique pontus,

tum mihi caeruleus supra caput adstitit imber,


Quand les bateaux eurent gagné le large, sans plus désormais

aucune terre en vue, avec partout le ciel et partout la mer,

un sombre nuage alors se fait menaçant sur nos têtes,




noctem hiememque ferens, et inhorruit unda tenebris.

Continuo uenti uoluunt mare, magnaque surgunt

aequora ; dispersi iactamur gurgite uasto ;

inuoluere diem nimbi, et nox umida caelum

abstulit ; ingeminant abruptis nubibus ignes.


porteur de nuit et d'orage, et les flots se soulèvent dans l'obscurité.

Aussitôt les vents retournent la mer ; d'énormes vagues se lèvent ;

nous sommes ballottés dispersés dans un immense abîme ;

les nuages ont enveloppé la clarté et une nuit humide

a dérobé le ciel ; les éclairs redoublent, déchirant les nuages.


3,195

Excutimur cursu, et caecis erramus in undis.

Ipse diem noctemque negat discernere caelo,

nec meminisse uiae media Palinurus in unda.

Tris adeo incertos caeca caligine soles

erramus pelago, totidem sine sidere noctes.


Déviés dans notre course, nous errons en aveugles sur les flots.

Palinure même dit que il ne discerne plus le jour et la nuit

dans le ciel, et que au milieu des flots, il a oublié la route.

Dans d'aveugles ténèbres, pendant trois longs jours d'incertitude

et autant de nuits sans étoiles, nous errons sur la mer.


3, 200

Quarto terra die primum se attollere tandem

uisa, aperire procul montis, ac uoluere fumum.

Vela cadunt, remis insurgimus ; haud mora nautae

adnixi torquent spumas et caerula uerrunt.

Seruatum ex undis Strophadum me litora primum


Le quatrième jour enfin, pour la première fois, une terre semble émerger,

découvrant au loin des montagnes et déroulant de la fumée.

Les voiles tombent ; nous forçons sur les rames ; sans tarder, les matelots,

de toutes leurs forces, tourmentent l'écume et balaient les flots sombres.

Rescapé des ondes, j'échoue le premier sur les bords des Strophades.


3,205

accipiunt ; Strophades Graio stant nomine dictae,

insulae Ionio in magno, quas dira Celaeno

Harpyiaeque colunt aliae, Phineia postquam

clausa domus, mensasque metu liquere priores.

Tristius haud illis monstrum, nec saeuior ulla


Les îles Strophades, avec leur nom grec, se dressent au milieu

de l'immense mer Ionienne ; la cruelle Céléno et les autres Harpyes,

habitent ces îles depuis que leur fut fermée la maison de Phinée

et que, par peur, elles abandonnèrent leurs tables antérieures.

Il n'existe pas de monstre plus sinistre qu'elles, et jamais n'a surgi


3,210

pestis et ira deum Stygiis sese extulit undis.

Virginei uolucrum uoltus, foedissima uentris

proluuies, uncaeque manus, et pallida semper

ora fame.



Huc ubi delati portus intrauimus, ecce


des eaux du Styx fléau plus cruel ni fureur divine plus enragée .

Ces oiseaux ont une tête de femme, un flux immonde

s'écoule de leur ventre, leurs mains sont griffues,

et leurs faces affamées sont toujours blêmes !



Déportés en ce lieu, nous entrons au port, et voici qu'aussitôt


3,215

laeta boum passim campis armenta uidemus,

caprigenumque pecus nullo custode per herbas.

Inruimus ferro, et diuos ipsumque uocamus

in partem praedamque Iouem ; tum litore curuo

exstruimusque toros, dapibusque epulamur opimis.


nous voyons de riches troupeaux de boeufs dispersés dans les champs,

et des bandes de chèvres dans les prairies, sans surveillance.

Armes à la main, nous fonçons et nous appelons les dieux

et Jupiter lui-même à partager notre butin ; puis, au creux d'une baie,

nous dressons les lits de table et faisons un copieux repas.


3,220

At subitae horrifico lapsu de montibus adsunt

Harpyiae, et magnis quatiunt clangoribus alas,

diripiuntque dapes, contactuque omnia foedant

immundo ; tum uox taetrum dira inter odorem.

Rursum in secessu longo sub rupe cauata,


Mais soudain, se laissant glisser des montagnes en un vol effrayant,

les Harpyes apparaissent, faisant bruyamment claquer leurs ailes.

Elles pillent notre repas et leur contact immonde souille tout ;

puis un cri sauvage se mêle à une odeur nauséabonde.

À nouveau, dans un lieu très retiré, sous une roche creuse,


3,225

arboribus clausi circum atque horrentibus umbris,

instruimus mensas arisque reponimus ignem :

rursum ex diuerso caeli caecisque latebris

turba sonans praedam pedibus circumuolat uncis,

polluit ore dapes. Sociis tunc, arma capessant,


[entouré d'arbres et d'ombres inquiétantes],

nous dressons nos tables et replaçons du feu sur les autels.

À nouveau, d'un autre point du ciel et de cachettes invisibles,

une horde bruissante aux pattes crochues survole sa proie

et souille nos mets de crachats. Alors j'ordonne à mes compagnons


3,230

edico, et dira bellum cum gente gerendum.

Haud secus ac iussi faciunt, tectosque per herbam

disponunt enses et scuta latentia condunt.

Ergo ubi delapsae sonitum per curua dedere

litora, dat signum specula Misenus ab alta


de prendre leurs armes pour combattre cette tribu sauvage.

Immédiatement, ils obéissent aux ordres, tiennent prêts leurs épées

recouvertes d'herbes et enfouissent leurs boucliers.pour les cacher

Ainsi donc, tombées du ciel, elles emplissent la baie de leurs cris ;

alors Misène, du haut de son poste de guet, donne un signal


3,235

aere cauo. Inuadunt socii, et noua proelia temptant,

obscenas pelagi ferro foedare uolucres :

sed neque uim plumis ullam nec uolnera tergo

accipiunt, celerique fuga sub sidera lapsae

semesam praedam et uestigia foeda relinquunt.


de sa trompe creuse. Nos compagnons s'élancent et s'essayent

à ce combat nouveau : blesser de leurs traits ces sinistres oiseaux marins.

Mais leurs plumes les protègent contre toute atteinte, leurs échines

sont invulnérables et, rapides, elles glissent sous les astres et fuient,

laissant leurs proies à demi consommées et leurs traces répugnantes.



3,240

Vna in praecelsa consedit rupe Celaeno,

infelix uates, rumpitque hanc pectore uocem :

ʻ Bellum etiam pro caede boum stratisque iuuencis,

Laomedontiadae, bellumne inferre paratis,

et patrio Harpyias insontis pellere regno ?


Seule, au sommet d'un rocher, Céléno s'est installée,

oiseau de malheur, qui de sa poitrine laisse éclater ces mots :

ʻ La guerre aussi, en échange des boeufs massacrés et des génisses abattues

la guerre, êtes-vous vraiment prêts à la faire, descendants de Laomédon,

et à chasser de leur royaume ancestral les Harpyes innocentes ?


3,245

Accipite ergo animis atque haec mea figite dicta,

quae Phoebo pater omnipotens, mihi Phoebus Apollo

praedixit, uobis Furiarum ego maxuma pando.

Italiam cursu petitis, uentisque uocatis

ibitis Italiam, portusque intrare licebit ;


Écoutez donc, et ancrez dans vos coeurs la prophétie que voici,

le tout-puissant Jupiter l'a faite à Phébus, et Phébus Apollon

me l'a faite à moi, l'aînée des Furies, qui vais vous la dévoiler.

Vous courez vers l'Italie, et avec les vents que vous avez appelés,

vous irez en Italie, et vous pourrez entrer dans ses ports.


3,250

sed non ante datam cingetis moenibus urbem,

quam uos dira fames nostraeque iniuria caedis

ambesas subigat malis absumere mensas. ʼ

Dixit, et in siluam pennis ablata refugit.



At sociis subita gelidus formidine sanguis


Mais avant de ceindre de murs la ville qui vous est destinée,

une faim intolérable et l'injuste massacre que nous avons subi

vous obligeront à mordre et à consommer vos tables ʼ.

Elle dit et, prenant son envol, elle se réfugie dans la forêt.



La crainte subitement glace le sang de nos compagnons ;


3,255

deriguit ; cecidere animi, nec iam amplius armis,

sed uotis precibusque iubent exposcere pacem,

siue deae, seu sint dirae obscenaeque uolucres.

Et pater Anchises passis de litore palmis

numina magna uocat, meritosque indicit honores :


leur courage défaille et ils me pressent de demander la paix

non plus par les armes mais par des voeux et des prières,

qu'elles soient des déesses ou des oiseaux cruels et repoussants.

Et mon père Anchise, du rivage, les paumes tendues,

invoque les grands dieux et indique les honneurs à leur rendre :


3,260

ʻ Di, prohibete minas ; di, talem auertite casum,

et placidi seruate pios ! ʼ Tum litore funem

deripere, excussosque iubet laxare rudentes.

Tendunt uela Noti ; fugimus spumantibus undis,

qua cursum uentusque gubernatorque uocabat.


ʻ Dieux, écartez de nous ces menaces ; dieux, détournez un tel malheur ;

soyez indulgents, sauvez des hommes pieux ʼ. Puis il ordonne

de détacher le câble du rivage, de secouer et de larguer les cordages.

Les souffles du Notus tendent les voiles : sur les vagues écumantes,

nous fuyons par le passage où nous appelaient le vent et notre pilote.


3,265



Arrivée à Buthrote : Andromaque et Hélénus (3, 270-355)

La flotte troyenne aboutit, en contournant Ithaque et les îles voisines, à l'île Leucade, où Virgile situe le promontoire d'Actium. Le séjour dans ce lieu si évocateur pour les Romains est marqué par des rites et des jeux qui sont autant d'allusions à Octave-Auguste (3, 270-288).

Quittant Actium, les Troyens arrivent en Épire, à Buthrote, où une nouvelle inouïe éveille chez Énée joie et curiosité : le roi du pays est le Troyen Hélénus, héritier du trône de Pyrrhus et époux actuel d'Andromaque ; Énée rencontre celle-ci occupée à faire des offrandes près du cénotaphe d'Hector ; très troublée en l'apercevant, Andromaque croit voir un fantôme et regrette que ce ne soit pas celui d'Hector ; Énée l'informe de ses malheurs, puis l'interroge à son tour (3, 289-319).

Déplorant de n'avoir pas connu le sort de Polyxène, Andromaque raconte son mariage humiliant avec Pyrrhus, à qui elle donna des enfants, avant d'être abandonnée pour Hermione puis transmise à son beau-frère troyen Hélénus qui, suite à l'assassinat de Pyrrhus par Oreste, avait hérité d'une partie du royaume d'Épire, où il cherchait à perpétuer les souvenirs de Troie (3, 320-336).

En proie à sa douleur et tout absorbée dans le souvenir d'Hector et d'Astyanax, elle demande à Énée des nouvelles de son fils Ascagne. Hélénus apparaît alors avec une escorte, reconnaît ses compatriotes et les accueille avec chaleur, émotion et générosité ; les Troyens et Énée, accueillis dans une cité amie, découvrent avec joie une profusion de souvenirs qui leur rappellent Troie (3, 337-355).

Iam medio adparet fluctu nemorosa Zacynthos

Dulichiumque Sameque et Neritos ardua saxis.

Effugimus scopulos Ithacae, Laertia regna,

et terram altricem saeui exsecramur Vlixi.

Mox et Leucatae nimbosa cacumina montis


Déjà, au milieu des flots, apparaît Zacynthe et ses bois,

et Dulichium et Samé et les rocs abrupts de Nérite.

Nous évitons les rochers d'Ithaque, royaume de Laërte,

et maudissons la terre qui nourrit le cruel Ulysse.

Et bientôt apparaissent les sommets brumeux du mont Leucate


3, 270

et formidatus nautis aperitur Apollo.

Hunc petimus fessi et paruae succedimus urbi ;

ancora de prora iacitur, stant litore puppes.

Ergo insperata tandem tellure potiti,

lustramurque Ioui uotisque incendimus aras,


et le temple d'Apollon, redouté des marins.

Épuisés, nous allons de ce côté et approchons d'une petite ville.

De la proue, l'ancre est jetée, les navires se dressent le long du rivage.

Alors, ayant enfin touché terre contre tout espoir, nous nous purifions

en l'honneur de Jupiter, brûlons sur les autels les offrandes promises,


3, 275

Actiaque Iliacis celebramus litora ludis.

Exercent patrias oleo labente palaestras

nudati socii ; iuuat euasisse tot urbes

Argolicas, mediosque fugam tenuisse per hostis.

Interea magnum sol circumuoluitur annum,


et célébrons sur les rivages d'Actium les jeux d'Ilion.

Nos compagnons, dénudés, le corps ruisselant d'huile,

pratiquent les jeux ancestraux : il nous est agrable d'avoir échapper

à tant de villes argiennes et d'avoir pu fuir au milieu des ennemis.

Entre-temps, le soleil parcourt sa longue révolution d'un an,


3, 280

et glacialis hiemps aquilonibus asperat undas.

Aere cauo clipeum. magni gestamen Abantis,

postibus aduersis figo, et rem carmine signo :

ʻ AENEAS HAEC DE DANAIS VICTORIBVS ARMA. ʼ



Linquere tum portus iubeo et considere transtris :


et le glacial hiver soulève les flots, au gré des Aquilons.

Le creux bouclier de bronze, que portait le grand Abas,

je le fixe aux montants de la porte face à moi, et le signale par ce vers :

ʻ Énée consacre cet arme prise aux Danaens vainqueurs ʼ.



J'ordonne alors de quitter le port et d'occuper les bancs de rameurs.


3, 285

certatim socii feriunt mare et aequora uerrunt.

Protinus aerias Phaeacum abscondimus arces,

litoraque Epiri legimus portuque subimus

Chaonio, et celsam Buthroti accedimus urbem.

Hic incredibilis rerum fama occupat auris,


Les matelots, rivalisant d'ardeur, frappent la mer et balayent les flots.

Bientôt, nous cessons de voir les hautes citadelles des Phéaciens ;

nous longeons le rivage de l'Épire, entrons dans le port des Chaoniens

et nous accédons à la ville haut perchée de Buthrote.

Là, un récit incroyable parvient d'emblée à nos oreilles :


3, 290

Priamiden Helenum Graias regnare per urbes,

coniugio Aeacidae Pyrrhi sceptrisque potitum,

et patrio Andromachen iterum cessisse marito.

Obstipui, miroque incensum pectus amore,

compellare uirum et casus cognoscere tantos.


Hélénus, le fils de Priam, règne sur des villes grecques,

il possède et l'épouse et le trône de Pyrrhus l'Éacide ;

Andromaque une seconde fois est échue à un époux de son pays.

Je restai stupéfait et mon coeur brûlait d'un désir sans borne

de m'adresser au héros, d'être informé d'événements si importants.


3, 295

Progredior portu, classis et litora linquens,

sollemnis cum forte dapes et tristia dona

ante urbem in luco falsi Simoentis ad undam

libabat cineri Andromache, Manisque uocabat

Hectoreum ad tumulum, uiridi quem caespite inanem


Je m'éloigne du port, laissant ma flotte et le rivage ; à ce moment,

aux portes de la ville, dans un bois sacré, près du cours d'un faux Simoïs,

Andromaque offrait un repas rituel et des présents funèbres ;

elle versait une libation aux cendres d'Hector et invoquait ses Mânes

près d'un tertre vide recouvert de gazon verdoyant,


3, 300

et geminas, causam lacrimis, sacrauerat aras.

Vt me conspexit uenientem et Troia circum

arma amens uidit, magnis exterrita monstris

deriguit uisu in medio, calor ossa reliquit ;

labitur, et longo uix tandem tempore fatur :


qu'elle avait consacré avec deux autels, pour venir y pleurer.

Dès qu'elle me vit approcher et, affolée, se vit environnée

d'armes troyennes, épouvantée par cet extraordinaire prodige ;

son regard se figea, la chaleur quitta ses membres,

elle tomba évanouie et, après un long moment, balbutia :


3, 305

ʻ Verane te facies, uerus mihi nuntius adfers,

nate dea ? Viuisne, aut, si lux alma recessit,

Hector ubi est ? ʼ Dixit, lacrimasque effudit et omnem

impleuit clamore locum. Vix pauca furenti

subicio, et raris turbatus uocibus hisco :


ʻ Est-ce ton vrai visage, me viens-tu en messager véridique,

fils de déesse ? Es-tu vivant ? Ou, si la lumière de ta vie s'est retirée,

où est Hector ?ʼ, dit-elle, et elle fondit en larmes, emplissant l'espace

de ses cris. J'ai peine à répondre à cette femme éperdue

et, dans mon trouble, je balbutie ces quelques mots :


3, 310

ʻ uiuo equidem, uitamque extrema per omnia duco ;

ne dubita, nam uera uides.

Heu, quis te casus deiectam coniuge tanto

excipit, aut quae digna satis fortuna reuisit

Hectoris Andromachen ? Pyrrhin' conubia seruas ? ʼ




ʻ Oui, je suis vivant, et ma vie passe mille épreuves extrêmes ;

n'aie pas de doute, ce que tu vois est la réalité !

Hélas ! Quel sort as-tu connu, privée d'un époux si valeureux ?

Quelle destinée assez digne de toi t'a revisitée, Andromaque,

épouse d'Hector ? Es-tu toujours l'épouse de Pyrrhus ? ʼ



3, 315

Deiecit uoltum et demissa uoce locuta est :

ʻ O felix una ante alias Priameia uirgo,

hostilem ad tumulum Troiae sub moenibus altis

iussa mori, quae sortitus non pertulit ullos,

nec uictoris eri tetigit captiua cubile !


Elle baissa les yeux et, d'une voix éteinte, dit :

ʻ Elle est heureuse entre toutes, la fille de Priam,

qui, près du tertre d'un ennemi, sous les hauts murs de Troie,

fut condamnée à mourir, sans avoir à subir un tirage au sort

et sans avoir, captive, à partager la couche d'un vainqueur !


3, 320

Nos, patria incensa, diuersa per aequora uectae,

stirpis Achilleae fastus iuuenemque superbum,

seruitio enixae, tulimus : qui deinde, secutus

Ledaeam Hermionen Lacedaemoniosque hymenaeos,

me famulo famulamque Heleno transmisit habendam.


Moi, après l'incendie de notre patrie, emportée à travers les mers,

j'ai enduré la morgue du rejeton d'Achille et son orgueil juvénile,

et j'ai accouché dans la servitude. Ensuite, Pyrrhus a suivi Hermione,

la fille de Léda, et a contracté un hymen lacédémonien ;

l'esclave que je suis, il l'a transmise à son esclave Hélénus.


3, 325

Ast illum, ereptae magno inflammatus amore

coniugis et scelerum Furiis agitatus, Orestes

excipit incautum patriasque obtruncat ad aras.

Morte Neoptolemi regnorum reddita cessit

pars Heleno, qui Chaonios cognomine campos


Mais, brûlant d'un amour infini pour sa fiancée enlevée,

et agité par les Furies suite à ses crimes, Oreste surprit Pyrrhus

qui était sans méfiance, et l'égorgea près de l'autel de ses pères.

À la mort de Néoptolème, une partie du royaume revint à Hélénus,

qui donna à ces champs le nom de Chaoniens,


3, 330

Chaoniamque omnem Troiano a Chaone dixit,

Pergamaque Iliacamque iugis hanc addidit arcem.



Sed tibi qui cursum uenti, quae fata dedere ?

Aut quisnam ignarum nostris deus adpulit oris ?

Quid puer Ascanius ? superatne et uescitur aura,


et appela Chaonie toute la région, en l'honneur du Troyen Chaon.

Sur les hauteurs, il a ajouté une Pergame, la citadelle troyenne que voici.



Mais, toi, quels vents, quels destins ont dirigé ta course ?

Ou quel dieu t'a poussé, à ton insu, vers nos rivages ?

Qu'en est-il du petit Ascagne ? A-il survécu ? Respire-t-il ?


3, 335

quem tibi iam Troia...

Ecqua tamen puero est amissae cura parentis ?

Ecquid in antiquam uirtutem animosque uirilis

et pater Aeneas et auunculus excitat Hector ? ʼ

Talia fundebat lacrimans longosque ciebat


Lui que Troie à tes soins désormais...

Cependant l'enfant s'inquiète-t-il de sa mère disparue ?

L'exemple de son père Énée et de son oncle Hector

le pousse-t-il à l'antique vertu et aux sentiments héroïques ? ʼ

En pleurant, elle laissait couler ces propos et bien en vain ,


3, 340

incassum fletus, cum sese a moenibus heros

Priamides multis Helenus comitantibus adfert,

adgnoscitque suos, laetusque ad limina ducit,

et multum lacrimas uerba inter singula fundit.

Procedo, et paruam Troiam simulataque magnis


de longs gémissements, quand, s'amène depuis les remparts

Hélénus, le héros Priamide, suivi d'une nombreuse escorte.

Il reconnaît les siens et, heureux, les conduit à sa demeure,

entrecoupant chacune de ses paroles d'abondantes larmes.

Je m'avance, et je reconnais une petite Troie et Pergame,


3, 345

Pergama, et arentem Xanthi cognomine riuum

adgnosco, Scaeaeque amplector limina portae.

Nec non et Teucri socia simul urbe fruuntur :

illos porticibus rex accipiebat in amplis ;

aulai medio libabant pocula Bacchi,


imitant leurs grands modèles, et un ruisseau à sec,

dénommé Xanthe. J'embrasse l'entrée d'une porte Scée.

Et avec moi, les Teucères ont plaisir à voir cette ville amie.

Le roi les accueillait sous de vastes portiques : au milieu de la cour,

ils offraient en libation des coupes de la liqueur de Bacchus,


3, 350
impositis auro dapibus, paterasque tenebant.

et tenaient en main des patères d'or chargées de mets.


3,355

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Notes (3, 192-355)

Les bateaux... (3, 192-195). Les vers 192-195 sont inspirés d'Homère (Odyssée, 12, 403-406 = 14, 301-304), et repris avec de subtiles variations en 5, 8-11, pour évoquer une tempête qui semble se préparer et qui décidera Énée à relâcher en Sicile.

Palinure (3, 201-202). Palinure est le pilote ou timonier d'Énée (cfr aussi 3, 513, 3, 562 et 5, 12). Il mourra, victime du dieu Sommeil, à la fin du chant 5 (835-860), et sera encore évoqué au chant 6 (337-383).

jours d'incertitude (3, 203). Il était difficile de savoir si c'était le jour ou la nuit.

déroulant de la fumée (3, 206). Les Troyens ont peut-être pu penser que l'île était habitée. On songera à des textes d'Homère, comme par exemple lorsqu'Ulysse arrive au pays des Lestrygons (Odyssée, 10, 101-103 : « de troupeaux ou d'humains, on ne voyait pas trace ; il ne montait du sol au loin qu'une fumée »).

de toutes leurs forces, etc. (3, 208). Ce vers sera repris en 4, 583, dans un contexte différent, puisque l'effort là est déployé en vue de gagner le large ; ici, il s'agit, au sortir d'une tempête, d'accoster dans une terre que les Troyens espèrent salvatrice.

Strophades (3, 209-211). Les Strophades sont deux petites îles (aujourd'hui Strivali) à l'ouest du Péloponnèse, dans la mer Ionienne, au sud de la mer Adriatique. Appelées primitivement îles Plotées (= flottantes), elles auraient pris le nom de Strophades, tiré du verbe grec (strephesthai « tourner »), dans des circonstances particulières. Selon la légende qu'on trouve chez Apollonius de Rhodes (2, 296-297), les fils de Borée, Calaïs et Zéthès, poursuivant les Harpyes depuis la Thrace, auraient reçu à cet endroit précis l'ordre d'abandonner la poursuite et de faire demi-tour. Virgile semble innover en imaginant en quelque sorte une suite à l'épisode raconté par Apollonius de Rhodes et qui mettait en scène Phinée (cfr la note suivante).

Harpyes (3, 211-213). Dans la mythologie grecque, les Harpyes sont des génies ailés, qui pourraient à l'origine avoir personnifié les vents de tempêtes. « On les représente comme des femmes pourvues d'ailes ou comme des oiseaux à tête féminine. Elles ont des serres aiguës. [...] On plaçait parfois leur image sur les tombeaux, emportant l'âme du mort dans leurs serres. » (P. Grimal, Dictionnaire, 1969, p. 175). Homère en fait des pourvoyeuses des Enfers (« Et maintenant les Harpyes l'ont enlevé sans gloire », dira-t-il par deux fois à propos d'un héros mort). Pour Hésiode, elles personnifient les génies de la tempête farouche, qui ravissent les navigateurs. Elles sont au nombre, tantôt de deux, tantôt de trois, mais le nom de Céléno n'apparaît pas avant Virgile, qui semble aussi les avoir dotées du don prophétique. Les Harpyes sont encore mentionnées collectivement en 3, 226, en 3, 249, et aussi en 6, 289 (où Virgile leur ménage une place dans le vestibule des enfers) ; quant à Céléno, elle sera à nouveau citée en 3, 365.

Phinée (3, 212). C'est dans la légende de Phinée que les Harpyes jouent le rôle le plus important. Roi de Thrace, Phinée avait été puni pour des raisons qui varient selon les traditions. L'une des versions dit que Phinée aurait abusé de ses dons de devin, révélant aux hommes les intentions des dieux. Quoi qu'il en soit, sa punition était d'être tourmenté par les Harpyes qui s'abattaient sur sa table pour lui dérober sa nourriture ou la souiller au fur et à mesure qu'il mangeait. Les Argonautes lui vinrent en aide lorsqu'ils passèrent sur le lieu de son supplice ; les fils de Borée, Calaïs et Zéthès, chassèrent les Harpyes de Thrace, les poursuivirent à travers les airs et les auraient tuées sans l'intervention d'Iris, qui promit qu'elles ne tourmenteraient plus Phinée (Apollonius de Rhodes, 2, 178-300). C'est ainsi qu'elles s'établirent aux Strophades.

Styx (3, 215). Le Styx est un fleuve des enfers qu'on retrouvera plus loin, notamment au livre 6 (par exemple 6, 154 et 6, 439).

de riches troupeaux (3, 220). Un souvenir probablement du motif homérique du troupeau du Soleil (Odyssée, 12, 261-262 ; 12, 353-354), auquel les compagnons d'Ulysse, dans l'île du Soleil, n'auraient pas dû toucher.

les lits (3, 224). Allusion aux coutumes des Romains, qui se couchaient pour prendre les repas. On imagine que les Troyens avaient construits ces lits avec de la terre et des feuilles.

entouré (3, 230). Ce vers, probablement introduit ici par une erreur de copiste, semble repris de 1, 311.

Misène (3, 239). Misène est le trompette d'Énée, cité ici pour la première fois. Virgile raconte en détail son histoire en 6, 156-235.

descendants de Laomédon (3, 247-248). Il s'agit des Troyens ; mais la référence à Laomédon, roi de Troie, père de Priam, est injurieuse, compte tenu de la mauvaise réputation de Laomédon. On sait en effet (cfr 2, 610 n Neptune) que le roi Laomédon avait demandé à Poséidon, à Apollon et à Éaque de construire les murs de Troie. Une fois le travail terminé, Laomédon s'était parjuré et avait refusé de payer le salaire convenu, ce qui provoqua contre Troie et les Troyens l'hostilité des dieux lésés. Sur Laomédon et son parjure, cfr aussi 4, 542 ; 5, 811 ; 7, 105 ; 8, 18 ; 8, 158 et 8, 291).

royaume ancestral (3, 249). Elles considèrent donc ainsi les Strophades où elles avaient été envoyées par la volonté de Jupiter.

innocentes (3, 249). Elles n'ont rien fait aux Troyens.

faite à Phébus, etc. (3, 251). La prophétie s'est donc transmise de Jupiter à Apollon, puis d'Apollon à Céléno. Selon Varron (cfr Servius, 3, 256) c'est à Dodone qu'Énée aurait reçu cette prophétie. Profitant de son séjour en Épire, le héros troyen aurait en effet été consulter l'oracle de Jupiter. Virgile, qui n'a pas retenu l'épisode de Dodone, aurait donc mis la prophétie dans la bouche de Céléno, tout en rappelant subtilement la version varronienne par l'évocation de Jupiter. On trouvera plus loin, en 3, 466, une mention de Dodone (« des vases de Dodone ») qui pourrait elle aussi renvoyer à cette dernière version.

Furies (3, 252). Comme c'est souvent le cas, les Harpyes sont assimilées ici aux Furies, divinités infernales. On retrouvera en 6, 605 la même expression « l'aînée des Furies » pour qualifier une des Furies stricto sensu, dans une activité proche de celle des Harpyes.

injuste massacre (3, 256). Exagération épique, car les Harpyes ont échappé aux traits des Troyens. Mais Céléno fait peut-être allusion aux bêtes tuées (cfr 3, 248).

consommer vos tables (3, 257). Cette prophétie sinistre sera accomplie sans dommage en 7, 107-134.

Notus (3, 268). Un vent du sud, qui logiquement va pousser les Troyens vers le nord. Sur les vents, cfr 1, 84-86.

notre pilote (3, 269). C'est Palinure (cfr 3, 201). Le vers est librement imité d'Homère (Odyssée, 11, 10 : « On n'a plus qu'à s'asseoir et à laisser mener le vent et le pilote ».

Zacynthe... Dulichium... Samé (3, 270-271). Zacynthe (aujourd'hui Zante), Dulichium (aujourd'hui Dolicha ou Néochori), Samé ou Céphallénie (aujourd'hui Céphalonie), sont des îles de la mer Ionienne, voisines d'Ithaque, dont Virgile a certainement trouvé l'inspiration chez Homère (Odyssée, 9, 24), dans le passage où Ulysse se présente à Alkinoos, le roi des Phéaciens (cfr 3, 291) : « C'est moi qui suis Ulysse [...]. Ma demeure est Ithaque [...] ; tout autour d'elle se pressent des îles habitées, Doulichion, Samé, Zante la forestière ».

Nérite (3, 270-271). Chez Homère, le Nérite est une montagne d'Ithaque (Odyssée, 9, 22 ; Iliade, 2, 632).

Ithaque... Laerte (3, 272). Ithaque (aujourd'hui Théaki), une île de la mer Ionienne, se trouve au large de la côte ouest de la Grèce, à l'est de Céphallénie. Si elle ne joua aucun rôle dans l'histoire grecque, elle occupe une place importante dans la littérature, car c'est le royaume d'Ulysse, dont Laerte était le père. Ulysse la décrit ainsi à Alkinoos : « Sur la mer, mon Ithaque apparaît la plus basse, laissant à l'est et au midi les autres îles. Elle n'est que rocher, mais nourrit de beaux gars ; cette terre ! il n'est rien à mes yeux de plus doux » (Odyssée, 9, 25-28).

le cruel Ulysse (3, 273). C'était l'ennemi mortel des Troyens, souvent cité dans l'Énéide, tout particulièrement dans le livre deux (vers 7, 44, 90, 97, 164, 261, 436, 762). Dans le livre trois, il apparaît encore aux vers 613, 628 et 691.

mont Leucate (3, 274). L'île de Leucade était située au nord d'Ithaque. À son extrémité sud-ouest se trouvait le cap Leucade, un promontoire dont les roches de calcaire blanc (hautes de quelque 600 mètres) expliquent le nom « La Blanche » donné à l'ensemble de l'île. C'est de leur sommet qu'on précipitait dans la mer les criminels ; ceux qui en réchappaient étant récupérés en bateau et grâciés (Strabon, 10, 452). La légende raconte que Sapho aurait fait « le saut de Leucade » par désespoir d'amour. Sur ce promontoire, réputé dangereux, se dressait un célèbre temple à Apollon. Il est encore question de l'île en 8, 677, dans la description de la bataille d'Actium, qui s'était déroulée dans les environs, au nord de Leucade.

temple d'Apollon (3, 275). La suite du texte « nous nous dirigeons de ce côté et approchons d'une petite ville » semble montrer que Virgile n'a pas en vue le temple d'Apollon au sud de l'île de Leucade mais un autre temple d'Apollon, qui se dressait beaucoup plus au nord, sur le continent même, sur le promontoire d'Actium (3, 280). Ce sanctuaire venait d'être restauré par Auguste en l'honneur de sa victoire (Suétone, Auguste, 18 ; Virgile, Énéide, 8, 704)

petite ville (3, 276). Actium est un promontoire de sable, plat, à l'entrée sud du Golfe d'Ambracie ; il fait partie du territoire d'Anactorium, à l'extrémité nord-ouest de l'Acarnanie. Dès le 6ème siècle avant J.-C., Apollon y était honoré, et dès la fin du 3ème siècle, semble-t-il, il y possédait un temple et on y célébrait des jeux en son honneur. En 31 avant Jésus-Christ, Antoine y établit son camp. Actium donna son nom à la bataille navale, qui se livra en fait en dehors du Golfe d'Ambracie. Quelques années plus tard, de l'autre côté du détroit (en Épire donc, à l'entrée du golfe d'Ambracie, très exactement sur l'isthme de la péninsule Prévésa en face d'Actium), Octave fonda Nicopolis destinée à commémorer sa victoire (en grec, Nicopolis signifie « la ville de la victoire »). Il veilla aussi à agrandir le sanctuaire d'Apollon à Actium en reconstruisant l'ancien temple et y ajoutant un trophée naval monumental (Strabon, 7, 7, 6). En outre il redonna vie aux anciens jeux d'Actium en les transférant à Nicopolis. Appelés Actia, ces jeux, en l'honneur d'Apollon, se modelèrent sur les jeux olympiques et eurent lieu tous les quatre ans. Il fut même question en chronologie d'une « ère d'Actium ».

contre tout espoir (3, 278). Manifestement ils avaient eu très peur au cours de leur voyage, notamment en naviguant dans la région d'Ithaque et des autres îles. Ils n'osaient plus espérer toucher terre sains et saufs.

nous nous purifions (3, 278). Ils devaient probablement se purifier après leur rencontre avec les Harpyes. Mais pourquoi s'adressent-ils spécialement à Jupiter ?

Actium les jeux d'Ilion (3, 280). Après tout ce qui vient d'être dit, on conçoit que Virgile, en imaginant ces jeux d'Ilion, fait une allusion évidente à l'histoire contemporaine.

tant de villes argiennes (3, 282-283). Argiennes, c'est-à-dire grecques, donc ennemies, les derniers endroits approchés rappelant le souvenir d'Ulysse, un des ennemis les plus acharnés des Troyens. Les Troyens semblent convaincus d'avoir maintenant quitté le territoire ennemi. Butrothe, la prochaine étape, sera la première escale dans un pays ami et sûr.

Aquilons (3, 285). C'est-à-dire les vents froids du nord-est (cfr 1, 102). On est en hiver.

Abas (3, 286). Selon Servius, Abas serait un des Grecs, dont les armes avaient été prises par les Troyens dans les combats qu'ils livrèrent lors du sac de Troie (cfr 2, 389-395, où Corèbe suggère cette initiative). Abas était un nom assez répandu. De toute façon, on ne confondra pas cet Abas avec le guerrier troyen mentionné en 1, 121, ni avec le guerrier étrusque qui apparaît en 10, 170 et en 10, 427-428.

je le fixe (3, 286-288). La dédicace d'un trophée ennemi sur les portes du temple pourrait renvoyer aux trophées élevés par Auguste après sa victoire à Actium (cfr (3, 276 note). Le piquant en l'occurrence est que les vaincus dressent un trophée avec les dépouilles d'un vainqueur : les Troyens, c'est-à-dire les Romains, ont finalement triomphé des Grecs.

Les matelots (3, 290). Ce vers sera répété en 5, 778.

les Phéaciens (3, 291). L'île des Phéaciens, où régnait Alkinoos, le père de Nausicaa, fut la dernière étape de l'odyssée d'Ulysse avant son retour à Ithaque (Odyssée, chant 6). Homère l'appelle Schéria ; elle est généralement identifiée avec l'île de Corcyre (aujourd'hui Corfou), voisine de l'Épire.

Épire (3, 292). L'Épire (actuellement l'Albanie) fait face à Corcyre, sur le continent.

Chaoniens (3, 292). La Chaonie est une région de l'Épire (cfr 3, 334-335). Ce « port des Chaoniens » n'est pas autrement précisé, mais il pourrait s'agir de Buthrote, une ville proche de la côte, qui possédait un port.

Hélénus (3, 295). Hélénus, un des fils de Priam (cfr le terme « Priamide » en 3, 346) et de Créuse, était le frère jumeau de Cassandre et doué, comme elle, du don de prophétie. Selon une légende qui ne se trouve pas chez Homère, il fut capturé par Ulysse à qui il révéla que les Grecs ne prendraient Troie qu'avec l'aide des flèches de Philoctète. Après la chute de Troie, il fait partie, comme Andromaque, veuve d'Hector, du butin de Pyrrhus. Prévoyant, grâce à ses dons divinatoires, que le retour des Grecs par la mer serait dangereux, il avait persuadé son nouveau maître de rentrer par voie terrestre. Lorsque Pyrrhus abandonna Andromaque pour Hermione, il laissa Andromaque à Hélénus, qui l'épousa. À la mort de Pyrrhus, une partie de son royaume revint à Hélénus (cfr 3, 325-334).

Pyrrhus l'Éacide (3, 296). Pyrrhus, appelé aussi Néoptolème, était le fils d'Achille, le petit-fils de Pélée, et l'arrière-petit-fils d'Éaque, d'où le qualificatif d'Éacide qui lui est ici attribué. Il a joué un grand rôle dans les combats entre Grecs et Troyens, et il été largement question de lui dans le livre deux, où il tue le vieux roi Priam (vers 469, 491, 526ss, 547, 662). Cfr aussi 11, 264.

Andromaque (3, 297). C'est la veuve d'Hector, dont il a déjà été question en 2, 456. Elle épouse pour la seconde fois un Troyen.

un faux Simoïs (3, 302). Une rivière rebaptisée Simoïs, en souvenir du vrai Simoïs, celui de Troade (cfr 1, 100).

un repas rituel et des présents (3, 300-301). Il n'est pas impossible qu'en décrivant cette cérémonie, Virgile ait en tête le rituel romain de la fête des morts, qui se déroulait du 13 au 21 février. On se réunissait près des tombeaux pour un repas funèbre, et on faisait des offrandes sur la tombe des défunts, dans les cimetières situés généralement à l'extérieur des villes (cfr 3, 301 « aux portes de la ville »). On a rencontré plus haut (3, 62-68) la description d'une autre cérémonie funéraire, autour de la tombe de Polydore en Thrace. On en verra une autre près de la tombe d'Anchise, en Sicile (5, 77-81). À leur arrivée à Buthrote, les Troyens tombent donc sur une cérémonie religieuse ; il en est de même à Pallantée (en 8, 102ss), où Évandre et ses Arcadiens célèbrent Hercule.

tertre vide (3, 304). La tombe d'Hector était évidemment un cénotaphe.

deux autels (3, 304). On ne sait pas à qui ils étaient consacrés. Servius (3, 305) s'interroge : Dis et Proserpine ? ou Hector et Astyanax ? Dans les Bucoliques aussi (5, 65-66), les autels funéraires vont par deux : « Voici quatre autels ; deux pour toi, Daphnis, et deux pour Apollon ».

des armes troyennes (3, 306). Celles des compagnons d'Énée.

ton vrai visage (3, 310). Vu l'endroit de l'apparition (un cimetière), Andromaque se demande si elle n'a pas devant elle un fantôme.

la fille de Priam... (3, 321-324). Il s'agit de Polyxène, qui passe pour la plus jeune des filles de Priam et d'Hécube. Son histoire n'apparaît pas dans les poèmes homériques. Achille l'avait aimée et épousée à l'insu des Grecs. Lorsque Achille mourut, tué par Pâris, une voix était sortie de son tombeau, exigeant que l'on sacrifiât Polyxène, qui fut ainsi immolée par Pyrrhus sur le tombeau de son père, lors de la chute de Troie (cfr notamment Euripide, Hécube, et Ovide, Mét., 13, 439-532).

un tirage au sort (3, 323). Après la prise de Troie, les Grecs se sont partagé leurs prisonniers en les tirant au sort.

ai accouché dans la servitude (3, 327). Andromaque aurait eu de Pyrrhus trois fils.

Hermione (3, 328). Hermione était la fille unique d'Hélène, fille de Léda, et de Ménélas, roi de Sparte (cfr 1, 650ss). Sa vie n'est pas toujours racontée de la même manière. Homère (Odyssée, 4, 3-9) dit simplement que Ménélas l'avait donnée en mariage à Pyrrhus. - « La version des Tragiques est notablement différente. Selon eux, Hermione avait d'abord été fiancée par Ménélas à Oreste, avant la guerre de Troie [...]. Mais pendant la guerre, Ménélas s'était rétracté et avait promis sa fille au fils d'Achille, dont la coopération était nécessaire pour que Troie pût être prise [...]. Après la guerre, Oreste fut obligé de céder Hermione, sa fiancée (ou, selon certains, sa femme, car il l'aurait déjà épousée) à Pyrrhus, qui la lui réclama » (P. Grimal, Dictionnaire, 1969, p. 207-208). Les détails varient selon les auteurs, mais il reste qu'Hermione était l'enjeu d'une rivalité entre Oreste et Pyrrhus. L'histoire finira mal. Son mariage avec Hermione étant stérile, Pyrrhus était allé consulter l'oracle de Delphes. C'est là qu'Oreste le tua ou (selon d'autres versions) le fit tuer. Oreste épousa alors Hermione qui lui donna un fils. - Virgile s'inscrit très globalement dans cette histoire, mais le lecteur, à le lire, pourrait penser que Pyrrhus avait abandonné Andromaque pour épouser Hermione et qu'il avait été tué par le mari de cette dernière, Oreste, devenu fou de jalousie. Racine, à son tour, transforma l'histoire dans sa tragédie Andromaque.

les Furies suite à ses crimes (3, 331). Allusion à un épisode bien connu de l'histoire des Atrides. Oreste, fils d'Agamemnon et de Clytemnestre, avait tué sa mère adultère et meurtrière, pour venger le meurtre d'Agamemnon, à son retour de Troie. Ce parricide lui avait valu d'être frappé de folie par les Furies. Cfr 4, 471-473.

près des autels de ses pères (3, 332). Si Virgile ne donne pas plus de précision géographique, Euripide place à Delphes le meurtre de Pyrrhus. Mais il reste qu'on ne sait pas trop bien comment comprendre cette expression qui traduit littéralement le texte latin (patriasque... ad aras). Virgile voudrait-il dire qu'Oreste a tué Pyrrhus, non pas à Delphes, mais dans la maison même de son père Achille ? Servius penche pour Delphes et suggère que Pyrrhus aurait élevé dans cette cité un autel en l'honneur d'Achille. On peut supposer que, dans la bouche d'Andromaque, la formule « de ses pères » évoquait la terre grecque. Quoi qu'il en soit, la précision « près des autels » rappelle les circonstances de la mort de Priam, tué par Pyrrhus (2, 524-558).

Néoptolème (3, 333). Rappelons que Néoptolème était le nom du fils d'Achille ; Pyrrhus (en grec « le Roux ») était son surnom (cfr 3, 296).

Chaoniens (3, 333-334). Les Chaoniens ou Chaones, qui formaient une tribu de l'Épire, étaient réputés, selon Thucydide (2, 81), « les plus belliqueux parmi les habitants de cette partie du continent ». Le terme Chaonie, qui, au sens propre, désignait leur région, était parfois utilisé pour l'ensemble de l'Épire (3, 295). Le nom de leur héros éponyme, Chaon, n'apparaît pas avant Virgile dans la littérature. Tout ce que nous savons sur lui vient de Servius. C'était un Troyen, le frère, ou l'ami, d'Hélénus, qui aurait suivi celui-ci chez Néoptolème. Il aurait été tué dans un accident de chasse par Hélénus, lequel, pour l'honorer, aurait donné son nom à la région. Selon d'autres versions, Chaon se serait sacrifié pour ses compatriotes, en s'offrant comme victime volontaire aux dieux, au cours d'une épidémie. D'où le geste de reconnaissance d'Hélénus.

Pergame, citadelle troyenne (3, 336). À Buthrote, Hélénus avait voulu faire revivre Troie, non seulement en donnant aux lieux des noms troyens (Simoïs, cfr 3, 302), mais aussi en reproduisant ses monuments, en l'occurrence la citadelle de Troie, qui s'appelait Pergame (cfr notamment 1, 466). Il a veillé à constuire, comme le dira le texte (3, 349), « une petite Troie ».

Lui que Troie (3, 340). Le seul des vers incomplets de l'Énéide, dont on ne perçoit pas le sens exact.

de sa mère disparue (3, 341). Comment Andromaque sait-elle que Créuse a disparu ? Peut-être la partie inachevée devait-elle comporter des nouvelles de Créuse.

Xanthe (3, 351). C'est un ruisseau de Troade, appelé aussi Scamandre (cfr entre autres 1, 473 ; 6, 88 et 10, 60).

porte Scée (3, 351). Les Portes Scées (au pluriel) sont des portes de la ville de Troie, très souvent citées dans l'Iliade. Elles sont évoquées par Virgile en 2, 612.

la liqueur de Bacchus (3, 354). C'est-à-dire de vin, dont Bacchus est le dieu, destinataire de la libation. (cfr 1, 215).

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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:36

Définition médico-légale

D'un point de vue médico-légale la mort d'un être humain est le moment où le corps commence à se décomposer, à partir de l'instant où toutes les fonctions vitales sont suspendues : arrêt du cœur, de la respiration, du flux sanguin, des activités cérébrales, etc. Médicalement, certains états mènent irrémédiablement à la mort, alors même que les cellules et certains organes continuent à remplir leurs fonctions. C’est le cas de la mort cérébrale constatée dans certains cas de coma.

Cette définition légale est importante, car c’est elle qui va permettre des actes tels que le prélèvement d'organes pour la transplantation : la mort légale précède en ce cas la mort physiologique. On maintient ainsi des personnes en état de mort cérébrale sous respiration artificielle, lorsque le cœur continue à battre spontanément : cela permet de maintenir les organes en bon état en vue d’un prélèvement. Certains pays autorisent le prélèvement d’organes à cœur arrêté. Cette pratique est controversée.
Décès

Dans la plupart des cas, le décès est constaté par un médecin par des signes cliniques caractérisant un arrêt cardio-circulatoire prolongé. Cela peut être un échec des tentatives de réanimation cardio-pulmonaire par une équipe médicale, ou bien la constatation par un médecin généraliste à domicile pour une personne que l’on sait en fin de vie (personne âgée ou bien souffrant d’une maladie diagnostiquée).

En France, comme dans la plupart des pays développés, le médecin remplit alors un certificat de décès comportant la date et l’heure de la constatation de la mort, l’identité de la personne décédée, les causes suspectées, l’absence de contre-indication à une inhumation ou à une crémation. L'état de mort légale entraîne la perte des droits de la personnalité : la personne décédée n'est plus considérée, sauf exceptions[Informations douteuses] [?], en tant que personne au sens juridique du terme.
Définition générale

La mort biologique résulte de l’incapacité permanente d’un organisme à résister aux modifications imposées par son environnement. Cette définition permet de définir en miroir aussi ce qu’est la vie (dans sa définition la plus large) : la capacité à maintenir son intégrité malgré la pression de l’environnement (homéostasie).

En termes d’entropie (niveau de désorganisation), il s’agit pour l’organisme de maintenir localement une entropie basse. Or l’entropie d'un système fermé ne peut qu’être stable ou augmenter d’après les principes de la thermodynamique. L’organisme doit donc puiser dans son environnement, d’où la nécessité de respirer, etc. La mort intervient quand l’organisme ne peut plus puiser et maintenir son entropie basse. La principale source d’énergie sur Terre est la lumière du soleil qui permet la photosynthèse.
Organismes unicellulaires

On ne peut se contenter de la définition donnée plus haut pour les organismes unicellulaires, tels que les bactéries, levures, les champignons unicellulaires. En effet, ces organismes possèdent une forme de résistance aux variations de conditions extérieures : la spore. Pour ces organismes, le critère de la vie devient le suivant : la membrane cellulaire est intègre et sépare un milieu intérieur de composition différente du milieu extérieur. La mort est donc causée par la rupture de la membrane. La présence de cette forme de résistance explique la différence entre la pasteurisation et la stérilisation, seul ce dernier traitement tuant les spores.

Les organismes unicellulaires meurent aussi de « vieillesse ». Cela est assez bien documenté dans le cas des levures saccharomyces sp. Une cellule mère donne par division deux cellules filles. On a toujours pensé que ces cellules filles sont identiques entre elles. Ce n’est pas le cas. Il existe en effet sur l’une des cellules une cicatrice visible sur la membrane et reflet de la division qui vient de se produire. Au-delà d’un certain nombre de ces cicatrices, la cellule ne peut plus se diviser : elle mourra de « vieillesse ».
Virus

Les virus se situent dans l’inerte. Ainsi, la question de la catégorisation d’un virus parmi les organismes vivants n’étant pas tranchée de manière satisfaisante, il est impossible de se prononcer sur la mort d’un virus en général, car il a besoin d'un autre être vivant pour survivre.

Cela dit, il existe différents types de virus, se situant plus ou moins du côté du vivant ou de celui de l’inerte. Par exemple, beaucoup de virus sont grosso modo du code génétique dans une membrane ayant la propriété de se fondre avec celle des cellules infectées. Ces virus peuvent être comparés à des livres attrayants, le texte étant le code génétique. Ils seraient donc, d’un point de vue biologique, plutôt du côté de l’inerte. Par contre, le virus ATV (Acidianus Two-tailed Virus) quand il sort de la cellule qui l’a produit a une forme de citron et deux bras lui poussent à chaque extrémité. C’est un processus actif, ce qui fait que ce virus est plus du côté du vivant que de l’inerte2. Quant au virus mimivirus, il contient un code génétique plus important que certaines bactéries, et en même temps de l’ADN et de l’ARN.

Les médicaments antiviraux se contentent d’empêcher les virus de se multiplier, par interférence avec la réplication du matériel génétique, formation de la capside ou prévention de la formation de virus complets. La prévention de l’encapsidation du code génétique du virus, ARN ou ADN, dans la capside virale est donc une manière d’inactiver un virus. Dès que les conditions sont à nouveau réunies (présence d’une cellule hôte, absence d’antiviraux), le virus se multipliera à nouveau. Le problème se complique par la présence d’une forme silencieuse du virus au cours de laquelle le code génétique du virus s’intègre dans celui de l’hôte parasité. La destruction totale du virus implique la destruction de ce code.
Statistiques
Articles détaillés : Taux de mortalité, Table de mortalité et Espérance de vie humaine.

Les statistiques modernes de mortalité humaine ne concernent que les personnes ayant été vivantes, ne serait-ce que quelques secondes, à l'exclusion des statistiques de mortinatalité. Cependant, dans le passé, plusieurs pays incluaient dans la mortinatalité une partie des décès peu après la naissance, et les excluaient donc des statistiques de mortalité, ce qui pose des problèmes de comparabilité des données dans le temps et dans l'espace (entre pays)[réf. nécessaire].

Les causes de mortalité sont un élément important de l’épidémiologie. En France elles sont suivies par un laboratoire de l’INSERM, le CépiDc (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès ; centre collaborateur OMS) qui alimente une base de données depuis 1968 : près de 18 millions de données, issues des certificats de décès (établis par les médecins lors du constat de décès) et des bulletins de décès (faits par l’officier d’état civil en mairie)3.
Philosophie et religion
Article détaillé : Mort (allégorie).

La mort est appréhendée différemment selon les courants philosophiques ou religieux.
Philosophie
Le Triomphe de la Mort.
Peinture de Pieter Brueghel l'Ancien (1562).
Article détaillé : Être-vers-la-mort.

Pour une approche philosophique de la Mort dans la pensée contemporaine voir l'article consacré à l'Être-vers-la-mort

En paléontologie, la découverte de rites funéraires est un élément important pour déterminer le degré d’éveil social d’un hominidé.

Cette conscience de la mort est un moteur de cohésion sociale (s’unir pour résister aux calamités, aux ennemis) et d’action (réaliser quelque chose pour laisser une trace). Elle est un élément important de la réflexion métaphysique. C’est aussi ce qui donne la puissance symbolique à des actes tels que l’homicide et le suicide.

La philosophie des Lumières en Europe, incitant à la maîtrise de la nature, suggère l’avènement d’une domination de la dégradation du corps de l’Homme.

D'après le Phédon de Platon, la mort est la séparation de l’âme et du Corps. Enfin délivrée de sa prison charnelle, l'Âme immortelle peut librement rejoindre le ciel des Idées, L'Éternité, le domaine des philosophes.

Selon Épicure, la mort n'est rien puisque « tant que nous existons la mort n'est pas, et que quand la mort est là nous ne sommes plus. La mort n'a, par conséquent, aucun rapport ni avec les vivants ni avec les morts, étant donnée qu'elle n'est plus rien pour les premiers et que les derniers ne sont plus. » (Lettre à Ménécée).

Jankélévitch, dans La Mort, quant à lui propose une réflexion sur la mort d'un point de vue grammatical : « la mort en troisième personne est la mort-en-général, la mort abstraite et anonyme » (c'est la mort du « on »), « la première personne est assurément source d'angoisse [...] En première personne, la mort est un mystère qui me concerne intimement et dans mon tout, c'est-à-dire dans mon néant » (la mort du « je »), « il y a le cas intermédiaire et privilégié de la deuxième personne ; entre la mort d'autrui, qui est lointaine et indéfférente, et la mort-propre, qui est à même notre être, il y a proximité de la mort du proche » (c'est la mort du « tu »).
Religions
Animisme

Dans l'animisme, la mort est perçue comme une continuité, au point que l'on puisse dire qu'il n'y a pas vraiment de mort dans le langage animiste et que le dialogue des « morts » et des vivants se poursuit sans interruption.

Un célèbre poème de Birago Diop intitulé Souffles4 résume cette perception :

« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis/ Ils sont dans l’Ombre (…) / Les morts ne sont pas sous la Terre:/ Ils sont dans le Bois (…) / dans l’Eau (…) / dans la Foule (…) / Les Morts ne sont pas morts. »

Athéisme

Pour les athées la mort ne recèle aucun mystère métaphysique : elle n'est pas plus difficile à appréhender que ne l'est le sommeil profond, et il n'existe pas plus de vie après la mort qu'avant la naissance.

Selon le philosophe grec Épicure :

« Le plus effrayant des maux, la mort, ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est nous qui ne sommes pas5. »

Selon Wittgenstein, dans le même esprit, mais deux millénaires plus tard :

« La mort n'est pas un événement de la vie. On ne vit pas la mort. Si l'on entend par éternité non la durée infinie mais l'intemporalité, alors il a la vie éternelle celui qui vit dans le présent. Notre vie n'a pas de fin, comme notre champ de vision est sans frontière6. »

Bouddhisme

La mort n’est qu’un passage d’une vie à l’autre dans le bouddhisme qui ne reconnait ni les concepts de dieu, ni d'âme. Anatta :

« Il y a deux idées, psychologiquement enracinées dans l'individu : protection de soi et conservation de soi. Pour la protection de soi, l'homme a créé Dieu duquel il dépend pour sa propre protection, sauvegarde et sécurité, de même qu'un enfant dépend de ses parents. Pour la conservation de soi, l'homme a conçu l'idée d'une âme immortelle ou Ātman qui vivra éternellement. Dans son ignorance, sa faiblesse, sa crainte et son désir, l'homme a besoin de ces deux choses pour se rassurer et se consoler ; c'est pourquoi il s'y cramponne avec fanatisme et acharnement7. »

Le Bardo Thödol (Livre des morts tibétain) décrit les différentes étapes de ce passage d’une vie à une autre vie et constitue une sorte de guide fournissant divers conseils (abandon de l’ego, etc.) pour réussir cette transition.

Pour un être éveillé, la mort n’est pas un passage d’une vie à une autre : c'est la fin du conditionnement, donc la fin de toute existence possible (parinirvâna). Le Bouddha refusait de parler de ce qu'il pouvait advenir après la mort. Les croyances respectées par le Bouddhisme permirent d'accepter des croyances diverses. Le Bouddha s'attachait à ce qui était réel, dite vérité ultime et à l'expérimentation, bases de notre libre choix. Conclusion : Si vous voulez savoir ce qui se passe après la mort , demandez le à un mort. Il ne vous répondra pas. Conclusion la mort c'est l'extinction du vivant conséquence de l'impermanence dans un éternel existant.
Christianisme

La conséquence de la mort physique est la séparation du corps avec l'âme qui est immortelle8. Le corps, quant à lui, doit ressusciter pour se joindre de nouveau à l'âme soit à la Fin des Temps qui est le retour du Christ (résurrection de ceux qui sont morts en Christ, les Bienheureux) ou soit à la Fin du monde, résurrection de ceux qui sont morts sans Christ (les Damnés) pour le jugement dernier qui est le triomphe final de Dieu et de la vie.

Au moment de la mort physique, l'âme du défunt subit un jugement particulier. À la lumière de la vérité de Dieu, elle accepte ou non son amour en pleine liberté. Elle dit oui à la grâce sanctifiante qui lui est offerte par le Christ, ou elle la refuse et se coupe ainsi de la communion avec Dieu et se damne éternellement. Le purgatoire ne doit pas être compris comme une troisième voie mais bien comme un instrument du salut9, une « purification, afin d'obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel »10.

Les âmes qui vont au Purgatoire sont privées de la vision de Dieu (la « vision béatifique ») et ressentent le regret de ne pas avoir fait tout le bien possible. Une fois purifiées, ces âmes quittent le Purgatoire pour le Paradis et peuvent enfin « voir Dieu » (les damnés eux ne verront jamais Dieu). Seules les personnes parfaitement pures peuvent entrer directement au Paradis : Jésus, Marie par exemple.

Les Protestants ne croient pas à l'existence du Purgatoire. Pour eux, en effet, l'homme choisit de vivre ou non en conformité avec la volonté divine, en reconnaissant Jésus comme son sauveur et Seigneur, et ce avant de passer en jugement ou de voir Dieu face à face :

« En effet, Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Celui qui met sa confiance en Lui n'est pas condamné, mais celui qui n'a pas foi en Lui est déjà condamné... »

— Jean 3v1711

L’eschatologie chrétienne a réfléchi sur le sens de la mort et des fins dernières. Il y a un jugement immédiat de l’âme et un jugement dernier collectif afin que les mérites de chacun soient connus de tous12.
Hindouisme

L’hindou croit en une vie après la mort — le corps n’étant qu’une enveloppe matérielle temporaire. Lorsque survient le moment de quitter la vie, il est dit que toutes les facultés d'action et de sensations se replient dans le mental (manas), puis le mental se replie dans le souffle (prana) puis le souffle dans l’âme individuelle ou Jivatman et enfin cette dernière retourne au Brahman et atteint la libération ou moksha13.

Cependant, si son karma a accumulé le fruit de trop d’actes négatifs (les mauvaises actions), l’âtman s’incarne dans un nouveau corps sur une planète comme la terre (ou inférieure qui compose l’enfer), afin d’y subir le poids de ses mauvaises actions. Si son karma est positif, il ira vivre comme un dieu ou deva, sur l’une des planètes célestes (supérieures à la terre, ou paradis). Une fois épuisé son karma, l’âme retournera sur terre dans un autre corps d'être vivant. Ce cycle est appelé « samsâra ». Pour briser ce cycle perpétuel, l’hindou doit vivre de manière que son karma ne soit ni négatif, ni positif, ainsi :

« Le Seigneur Bienheureux dit : "Bien que tu tiennes de savants discours, tu t’affliges sans raison. Ni les vivants, ni les morts, le sage ne les pleure." (2.12) "Jamais ne fut le temps où nous n’existions, Moi, toi et tous ces rois ; et jamais aucun de nous ne cessera d’être." »

— Bhagavad-Gîtâ (II.11 & II. 12)14

Au moment de la mort l’esprit est séparé du corps. Le non-initié sera alors pris d’une irrésistible envie d’en retrouver un, ce qu’il fera. Par contre, l’initié saura trouver la porte de la libération.
Islam

Dans l'islam, la conséquence de la mort du corps est la séparation de celui-ci avec l'âme (c'est l'ange de la mort, nommé Malak Al Mawt, qui est chargé de cette tâche). Le corps, quant à lui, doit ressusciter pour se joindre de nouveau à l'âme à la fin des temps lors du Jugement Dernier. Le Coran décrit en détail et mentionne de nombreuses fois la résurrection et le Jugement Dernier.

Selon l'Islam, tous les êtres sont destinés à mourir, comme il est indiqué dans la Sourate 3 AL-IMRAN La famille d'Imran, verset 185 : « Toute âme goûtera la mort ». Y compris l'ange de la mort lui-même, qui sera le dernier à mourir, mais à l'exception de Dieu, qui est éternel.

Du point de vue du rituel, quand un musulman est au seuil de la mort, il doit prononcer une dernière fois la chahada, le témoignage de Foi. Ceux qui l'assistent dans l'agonie doivent l'inciter à la répéter et lire la sourate 36 YA-SIN au chevet du mourant, car elle incite l'âme à ne pas être tentée par le Diable dans les affres de la mort. Après la mort, le corps est lavé et enveloppé dans des pièces de tissu blanc (Al Kafn), le linceul, par la suite les musulmans font la prière funéraire Salat Al Janaza, de préférence à la mosquée, à la suite de quoi on procède à l’enterrement le plus tôt possible. Le corps est enterré le visage tourné vers La Mecque ou, s'il est dans un cercueil, il est positionné de telle façon que La Mecque se trouve à sa droite. Le rite funéraire consiste à jeter de la terre sur le linceul (s'il n’y pas de cercueil), tandis que les personnes présentes prient et invoquent Dieu pour qu'Il aide le défunt à bien répondre aux questions de Monkar et Nakir, les deux anges qui questionnent les morts dans leur tombe.
Jaïnisme

Dans le jaïnisme, comme dans l'hindouisme, l'âme est soumise au cycle des naissances et des morts. L'âme y est donc une entité distincte qui voyage par-delà les limites et la disparition du corps15.
Judaïsme

Dans la religion juive, on considère que la mort est l'arrêt irréversible du battement cardiaque (ou bien la mort cérébrale, selon certains).

Lorsqu'une personne décède, on doit l'enterrer le jour même si possible. Un homme (bénévole d'une association, la Hevra kaddisha, la « confrérie sainte » en français) qui ne connaît pas le défunt, nettoie le corps, soigne les blessures (si le défunt en avait), l’habille d'une robe blanche et couvre la tête du défunt.

Ensuite, la levée du corps se déroule en une heure. Le corps du défunt, (couvert des pieds à la tête), est exposé dans un cercueil dans sa maison où à l'hôpital. Seule la famille est autorisée à rester autour du cercueil. À ce moment-là, la personne qui a nettoyé le corps lit les tehillim. Enfin, a lieu l'enterrement. Les amis et la famille se rendent au cimetière, un discours en hommage du défunt est prononcé et des bénédictions sont récitées avant la mise en terre. Lorsque l'on enterre le cercueil, les endeuillés (fils, frères et parents du défunt) jettent de la terre sur le cercueil avant de l'ensevelir. Les endeuillés déchirent alors leur vêtement en signe de deuil et récitent enfin le Kaddish.

La religion juive accorde une importance extrême et un profond respect au défunt. On récitera alors le Kaddish au moins une fois par jour pendant un an à partir de l'enterrement, dans le but de sanctifier le nom divin.
Polythéisme mésoaméricain
Article détaillé : Religions mésoaméricaines.
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Spiritisme

Les spirites considèrent que chaque individu existe avant sa naissance et s'incarne sur la Terre pour progresser et vivre une expérience éducative. L'incarnation provoquant une perte temporaire du souvenir des vies antérieures. La mort du corps matériel libère l'esprit éternel de l'homme, qui retourne ensuite dans une « dimension spirituelle » correspondant à son niveau d'avancement16.
Témoins de Jéhovah

Les Témoins de Jéhovah, croient que lors de la mort le corps retourne à la poussière (Ecclésiaste 3:20). La mort pour les Témoins de Jéhovah est donc le contraire de la vie. Les morts n'ont donc aucune activité et ne se rendent compte de rien (Ecclésiaste 9:5,10).

L'espérance des Témoins de Jéhovah pour les morts réside en la croyance de la résurrection. Cette résurrection doit avoir lieu sur la terre, lorsque Dieu aura rétabli les conditions originelles (un Paradis). Toute personne, "juste" ou "injuste" doit être ressuscité selon Jean 5:28,29 . La résurrection de "jugement" pour les "injustes" sera l'occasion pour eux de démontrer leur volonté de reconnaître Dieu et sa souveraineté.

Quelques hommes, les « membres oints » (au nombre de 144 000) iront aux côtés de Jésus Christ afin « d'administrer » les humains et le paradis. Ils rejoindront le milieu spirituel.
Saints des derniers jours

Pour les saints des derniers jours (mormonisme), la préexistence, vie avant la naissance en présence de Dieu, la vie sur terre, temps de mise à l’épreuve et d’expériences, et la vie après la mort font partie du plan de salut.

Après la mort, le monde des esprits est l’endroit où attend l’esprit de l’homme entre la mort et la résurrection. Il comporte deux parties distinctes : la prison des esprits où sont reçus ceux qui n'ont pas obéi à l'Évangile ou qui ne l'ont pas accepté pendant qu'ils étaient sur la terre ou qui n'ont pas eu l'occasion de l'entendre, et le paradis.

L'Évangile est enseigné dans la prison des esprits et ceux qui acceptent le sacrement du baptême célébré en leur faveur dans les temples vont dans le paradis. Chaque être humain ressuscitera (réunion du corps et de l’esprit) avant d’être amené devant Dieu pour le jugement dernier où sera tenu compte de la globalité de la personne jugée (connaissance, actes, paroles, pensées, désirs, repentance). Selon ces critères, l’un des trois degrés de gloire, téleste, terrestre ou céleste (en présence de Dieu) lui sera attribué.
Symbolique
La Faucheuse est l'une des allégories de la Mort.
Article détaillé : La Mort (mythologie).

La haute teneur symbolique de la mort et la forte charge affective liée au décès d’êtres humains ont façonné l’imaginaire des Hommes qui ont créé un personnage, la Mort, qui vient chercher les gens au terme de leur vie.

Deux représentations symboliques se démarquent : la douce et l’austère. La première se réfère à la douce mort qui libère des souffrances infinies auxquelles la vie nous oblige. La deuxième vient souligner le côté cruel, froid et irrémédiable qu’elle peut prendre lorsque les proches du défunt le pleurent.
Démarches administratives en France

La déclaration unique à l'administration, en cas de décès d'un parent, fait partie des démarches administratives en ligne qui seront effectuées via Mon.service-public.fr, un portail internet de l'administration française créé début 200917.
Le corps peut être ensuite transporté, sans cercueil, dans un véhicule spécifique, par une entreprise funéraire, dans un délai de 48 h après le décès. Ce transport, qui nécessite une déclaration préalable à la mairie du lieu de décès effectuée par l'entreprise funéraire elle-même, peut se réaliser :
soit de l'établissement de santé dans lequel le décès est survenu vers un domicile ou une chambre funéraire,
soit du domicile du décédé ou de la voie publique vers la chambre funéraire.
En France, l'inhumation ou la crémation du corps de la personne décédée doit avoir lieu dans un délai de 6 jours après le décès (non compris dimanches et jours fériés).

Notes et références

↑ Code sanitaire pour les animaux terrestres [archive], Organisation mondiale de la santé animale, 2008, (page consultée le 5 février 2008).
↑ Pour la Science, décembre 2006
↑ Présentation du CépiDc [archive]
↑ Leurres et Lueurs (1960), Birago Diop
↑ Lettre à Ménécée
↑ Tractatus logico-philosophicus
↑ Walpola Rahula, L'Enseignement du Bouddha d'après les textes les plus anciens (préface de Paul Demiéville), Collection Points Sagesses no SA 13, Éditions du Seuils, 1961.
↑ « En acceptant fidèlement les paroles du Seigneur rapportée en Matthieu 10.28, l’Église affirme la continuité et la survie, après la mort, d'un élément spirituel doté de conscience et de volonté, de sorte que subsiste le même "moi" humain manquant cependant de ce complément qu'est son corps », Questions actuelles sur l'eschatologie, 1992
↑ Père Nathanaël Pujos, « Que se passe-t-il au moment de la mort? » [archive], sur http://questions.aleteia.org [archive] (consulté le 28 avril 2016).
↑ CEC §1030 et 1031.
↑ La Bible, version SEMEUR, 2000.
↑ « Catéchisme de l'Église Catholique » - IntraText [archive]
↑ La mort et les états posthumes, Dominique Viseux, Guy Trédaniel.
↑ https://fr.wikisource.org/wiki/La_Bhagavad_G%C3%AEt%C3%A2/Chapitre_2 [archive]
↑ Le Jaïnisme [archive]
↑ « Les Esprits revêtent temporairement une enveloppe matérielle périssable, dont la destruction, par la mort les rend à la liberté. » Le livre des Esprits, introduction.
↑ http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5i9j9IOtVRn-zE9dzH2yp41WA1FvQ [archive]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

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Bibliographie

Essais philosophiques

Platon, Phédon [1].
Épicure, Lettre à Ménécée [2].
Épictète, Entretiens [3].
Saint Augustin, Les Confessions (livre IV, 4) [4].
Lucien de Samosate, Sur le deuil
Blaise Pascal, Pensées [5].
Malebranche, Entretiens sur la métaphysique, sur la religion et sur la mort.
Arthur Schopenhauer, Métaphysique de la mort.
Martin Heidegger, Être et Temps.
Ferdinand Alquié, Le Désir d'éternité.
Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.
Jean-Paul Sartre, L'Être et le Néant.
Vladimir Jankélévitch, La mort.
Emmanuel Lévinas, La Mort et le temps.
Jean Baudrillard, L’Échange symbolique et la mort.
Thomas Nagel, Questions mortelles.
Jacques Derrida, Chaque fois unique la fin du monde.
André Comte-Sponville, Pensées sur la mort.
Françoise Dastur, La Mort. Essai sur la finitude.
Charles Pépin, Comment se préparer à mourir ?.
Paul Ricœur, Vivant jusqu'à la mort.
François Cheng, Cinq méditations sur la mort. Autrement dit sur la vie, Albin Michel, 2013 (ISBN 978-2-226-25191-6)

Essais de sciences humaines

James George Frazer, La Crainte des morts (1934) et Le Rameau d'or (Bouquins, 1984)
Sigmund Freud, « Deuil et mélancolie », Œuvres complètes, t. 12, PUF, 1994
Edgar Morin, L'Homme et la mort, Seuil, 1951-1970
Philippe Ariès, Essais sur l'histoire de la mort en Occident, Seuil, 1975
Louis-Vincent Thomas, Anthropologie de la Mort, Payot, 1975
Louis-Vincent Thomas, La Mort, Que sais-je/PUF, 1991
Jean Ziegler, Les Vivants et les morts, Seuil, 1978
Michel Vovelle, Les Âmes du purgatoire ou le travail du deuil, Gallimard, 1996.
Brigitte Azam & Michel Puech, La vie et la mort, Milan, 2000
Marie-Frédérique Bacqué & Michel Hanus, Le Deuil, Que sais-je/PUF, 2001
François Dagognet & Tobie Nathan, La Mort vue autrement, 2003
Marie-Hélène Encrevé-Lambert, La Mort, Bayard, 2003
« Mort » par Maxence Caron in Jean-Pierre Zarader (s./dir.), Dictionnaire philosophique, 2007
Philippe Di Folco (s./dir.) Dictionnaire de la mort, Larousse, 2010
Chantal Dupuy-Dunier, Celle, L'Arbre à paroles, 2012
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:39

La mort est l'état irréversible d'un organisme biologique ayant cessé de vivre. Cet état se caractérise par une rupture définitive et irréversible dans la cohérence des processus vitaux (nutrition, respiration…) de l'organisme considéré.

Au niveau cellulaire, la mort désigne l’arrêt des fonctions de base d’une cellule. Au sein de communautés pluricellulaires, cette mort peut être accidentelle (nécrose) ou régulée, voire programmée (apoptose).

Chez l'être humain, le fait que le cœur puisse arrêter de battre pendant un moment avant d’être réanimé pose la question de la limite, ou de la transition entre vie et mort. Face à cette question, l’Organisation mondiale de la santé animale considère la mort comme « la disparition irréversible de l’activité cérébrale mise en évidence par la perte des réflexes du tronc cérébral »1 : elle adopte ainsi une définition de la mort en tant que mort cérébrale, par distinction avec un simple arrêt cardio-circulatoire, état qualifié de « mort clinique ».
----------------------------------------------------------

La mortinatalité est l'expulsion d'un fœtus mort après 22 semaines de gestation. Lorsque le fœtus est mort ou expulsé avant 22 semaines de gestation, il ne s'agit pas d'une mortinaissance, mais d'un avortement ou d'une fausse couche au sens épidémiologique et non pas médical.

Le calcul du taux de mortinatalité se fait en comptant le nombre de mortinaissances enregistrées durant une période donnée (en général l’année civile) pour mille naissances vivantes et mortinaissances enregistrées durant la même période

Enregistrement à l'état civil

En France, selon l’article 79-1 du Code civil, lorsqu’un enfant est décédé avant que sa naissance soit déclarée à l'état civil, l'officier de l’état civil établit un acte de naissance et un acte de décès sur production d’un certificat médical attestant que l’enfant est né vivant et viable, et précisant les jours et heures de sa naissance et de son décès. Si l'enfant est né vivant mais non viable ou lorsque l'enfant est mort-né après un terme de 22 semaines d'aménorrhée ou ayant un poids de 500 grammes, l'officier de l'état civil établit un acte d'enfant sans vie5. Depuis un arrêt de la Cour de cassation en 2008, il n'existe théoriquement plus de seuil de poids ou de durée de la grossesse s'opposant à la déclaration d'un enfant sans vie, ce qui permet aux parents d'inscrire l'enfant sur leur livret d'état-civil, et d'organiser des funérailles. Les fœtus issus de fausses-couches précoces, ou d'IVG ne sont toutefois pas concernés6,7.

En Belgique, l’Arrêté royal du 17 juin1999 définit la mortinaissance comme « toute mort fœtale dont le poids de naissance est égal ou supérieur à 500 grammes ou,si le poids de naissance n’est pas connu, ayant l’âge gestationnel correspondant (22 semaines) ou la taille correspondante (25 centimètres du vortex au talon) ». Une circulaire du Ministère de la justice du 10 juin 1999 relative à l’acte de déclaration d’un enfant sans vie précise que l’acte de déclaration d’un enfant sans vie n’est dressé que si la naissance a eu lieu plus de six mois après la conception. Une circulaire du Ministère des affaires sociales, de la santé publique et de l’environnement du 27 mars 2000 précise que l’allocation de naissance peut être accordée pour un enfant mort-né pour autant que la durée de grossesse soit au minimum de 180 jours8. L'inhumation des fœtus mort-nés est une compétence régionale et selon les régions elle est possible dès 12 ou 15 semaines de gestation9.
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:41

Le terme d'existence en soi est ambigu, il recouvre de multiples sens. Dans le langage trivial il désigne le fait d'être, d'être de manière réelle, il est ainsi utilisé dans un usage tout aussi indéterminé chez beaucoup de philosophes comme équivalent au terme d'« être ». Outre le fait d'exister il intervient nous dit le Petit Larousse dans plusieurs expressions courantes pour signaler une durée (une longue existence), au sens de vie (être las de son existence), un mode de vie (changer d'existence), etc.

En métaphysique, notamment chez Thomas d'Aquin, il forme avec le terme d'« Essence » un couple complémentaire, l'essence serait les idées des choses, ce qu'elles sont « en soi » et l'existence le fait d'être dans la réalité, d'avoir été créées pour les croyants.

Cependant au sens étymologique d'origine latine existere ou « exis-tance » possède une signification plus précise, il signifie être hors de soi, être auprès des choses. En ce dernier sens Existence ne pourrait s'appliquer qu'à l'homme, proprement dit, et nullement aux simples choses, seul l'homme existe. C'est en ce dernier sens que l'existentialisme et Jean-Paul Sartre usent de ce terme, il en est de même chez Martin Heidegger dans son livre Être et Temps1 et chez Emmanuel Lévinas2. L'existence chez Heidegger ne concerne que l'homme, les choses et les animaux sont simplement là. Dans existence, il y a l'idée de la Vie avec ses fragilités et ses incertitudes, mais aussi celle d'un mouvement d'un « avoir-à-être » ou de « faire place à être » (entendu comme exposition à l'être) qui ne concerne que le Dasein.

Sommaire

1 L'existence en philosophie
1.1 L'existence en métaphysique
1.2 L'origine métaphysique de l'existence
1.3 Nature de l'existence des objets
1.4 Existence du passé
2 L'existence en logique
3 Références
4 Notes
5 Bibliographie
6 Voir aussi

L'existence en philosophie
L'existence en métaphysique

Être c'est exister. Ainsi l'existence est-elle quelque chose d'immédiat, qui constitue le commencement de tout.

En ce sens, l'existence est le simple fait d'être, l'être conçu sans détermination aucune, sans prédicat, sans rien : l'être commence donc par l'indétermination de l'existence, indétermination du fait d'être pur et simple. Ainsi, cette première idée de l'existence nous la ferait concevoir par une connaissance immédiate [Laquelle ?]. De ce point de vue :

Être et pensée sont identiques comme peut le témoigner le cogito "Je pense donc je suis" de René Descartes;
L'existence est immédiatement connue, car l'existence précède l'essence.

La connaissance de ce qu'est l'existence est ainsi issue originellement de l'existence même. Chacun aurait donc un savoir immédiat de l'immédiat. Ces points soulèvent quelques-unes des difficultés fondamentales de la philosophie :

Si l'existence est connue par un moi, l'existence des choses peut-elle en être déduite ?
L'existence est-elle immédiatement connue par notre conscience ?
L'existence est-elle un objet de connaissance ?

L'origine métaphysique de l'existence
Question book-4.svg

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Dans cette dernière distinction, on peut estimer que la philosophie a traditionnellement choisi l'être au détriment de l'existence, ce qui se traduit par la formulation d'Aristote : L'objet éternel de toutes les recherches présentes et passées, le point toujours en suspens : qu'est-ce que l'être ? Revient à demander qu'est-ce que la substance ?(Métaphysique, Z, 1, 1028 b 5) À la suite de Platon, la recherche d'Aristote se porte donc sur l'essence, et non sur l'existence, et l'existence serait ainsi occultée : l'existence doit toujours métaphysiquement se penser par rapport à l'essence ; l'essence est la condition d'intelligibilité de l'existence.

De ce point de vue essentialiste, il découle plusieurs conséquences importantes :

l'essence est l'être possible, et l'existence l'être réel ;
l'existence d'un être est fonction de son essence ;
l'existence est donc définie par son essence, et c'est la notion d'essence qui exprime le mieux l'existence ;
l'existence est subordonnée aux lois de l'essence, qui lui donne donc ses limites et sa perfection ;
la différence entre les essences produit une hiérarchie des existences i.e. une hiérarchie de la réalité : il y a de l'ordre ;
plus une essence est parfaite, plus l'existence qui en découle est parfaite ;
Dieu (ou le Bien, l'acte pur, etc.) -étant la souveraine essence, est ce dont procède toute existence ; il serait d'ailleurs également la seule véritable essence, dont l'existence découle nécessairement, ce qui ferait de toute métaphysique et de toute science, une théologie (Philosophie première chez Aristote).

Or, cette métaphysique pose un problème très simple : si l'existence dépend à ce point de l'essence (définition, intelligibilité, structure de l'être, raison d'être, etc.) alors pourquoi quelque chose existe-t-il en dehors de l'essence ?
Une réponse est que Dieu a créé les essences et accomplit ce passage du possible au réel que la raison humaine ne parvient pas à penser (voir aussi Platon, Timée). Mais le problème est toujours le même : comment une essence suprême peut-elle poser hors d'elle quelque chose de contingent et d'inférieur, l'existence ?


Face à ces problèmes, on peut vouloir penser l'existence d'une manière autonome, indépendamment de l'essence. C'est le renversement existentiel de la métaphysique : le fait d'exister devient le point de départ de la pensée, ce qui donne sens véritablement à notre expérience. C'est l'existence sans essence, i.e. sans raison et sans hiérarchie.

L'existence, dans la métaphysique occidentale, est en dehors du concept : en ce sens, on ne peut lui reprocher d'avoir ignoré l'existence, puisque l'existence est simplement ce qui échappe à l'essence : l'existence ne se déduit pas du concept, elle n'est pas un prédicat mais une position -ce qui est posé ici et maintenant (cf. Kant).
Mais l'existence est aussi ce qui est individuel, et par conséquent elle relève non du savoir sur ce qui est, mais de la subjectivité. C'est donc l'individu qui est l'existant, et la connaissance de sa réalité passe par sa conscience et par ses actes (sa volonté). Or, c'est cet aspect de l'existence qu'ignore la spéculation métaphysique, à laquelle s'opposent les philosophies qui partent de l'individu, de sa liberté et de ses choix de vie.

La réalité de l'existence peut être appréhendée de manière affective (cf. la sensibilité chez Rousseau), indépendamment de la raison, i.e. que ce qui en est saisi ne se déduit pas de l'essence, n'est pas démontrable, est irréfutable (Nietzsche) et semble donc surtout un phénomène irrationnel. Mais cette conscience affective peut être conçue comme une « humeur » (Stimmung, cf. Heidegger) a priori, i.e. une tonalité de l'existence qui précède la saisie des choses dans leur particularité. Cette tonalité est alors contemporaine de ce qui est appelé « ouverture au monde. »

nausée, chez Sartre, les choses perdant leur sens utilitaire ne peuvent plus être nommées ; c'est alors leur existence pure qui devient envahissante, incontrôlable. La conscience hésite entre la fusion sujet/objet et le rejet.
angoisse : pour Heidegger, l'angoisse, à la différence de la peur, n'a pas d'objet réel identifiable dans l'expérience. La peur peut être combattue par l'emploi de moyens de protections contre un danger bien identifié. L'angoisse, au contraire, n'ayant aucun objet, est une angoisse de rien, et sa source est par conséquent l'existant lui-même qui a à être de manière authentique.
bonheur : au contraire des philosophies contemporaines de l'existence qui placent au cœur de l'existent, dans sa structure même, des sentiments plutôt négatifs, un philosophe comme Rousseau pense trouver sous la fausseté de la vie sociale le pur plaisir de l'exister qui est l'épanouissement naturel de la sensibilité : cette sensibilité est pour lui le point de départ de l'existence.

Dans les philosophies [Lesquelles ?] de l'existence, la liberté est un absolu, l'essence indépassable de l'existence. Mais cette liberté ne peut être son propre fondement, car il y a une facticité originaire de la liberté qui en révèle donc la finitude insurmontable. La liberté est néanmoins l'homme même, son existence et elle définit la condition humaine : nous sommes condamnés à la liberté, nous y sommes jétés, exactement comme nous sommes jetés-là dans le monde.
Nature de l'existence des objets
Article détaillé : Idéalisme (philosophie).
Existence du passé

"Le passé n'existe que par les traces qu'il a laissées dans le présent" (Paul Valéry)

La symphonie oubliée

On sait que, vers la fin de sa vie, Mozart a écrit une symphonie qui n'a jamais été jouée et dont le manuscrit a été perdu. Cette symphonie existe-elle encore aujourd'hui "quelque part", ou est-elle néant absolu ?
L'existence en logique

Le concept d'existence a connu un renouvellement important grâce aux développements de la logique mathématique avec Frege que Russell a ensuite repris et développé dans un célèbre article On Denoting. Le grand apport de Frege est l'introduction d'un nouveau quantificateur en logique, ∃.

Pour Frege affirmer l'existence d'un objet ne consiste pas à lui attribuer une nouvelle qualité ou prédicat. La phrase « il existe une montagne d'or » ne signifie pas qu'on doive attribuer deux qualités à cette montagne a) qu'elle est en or et b) qu'elle existe. Dire d'un objet qu'il existe n'est donc nullement une prédication selon Frege mais revient à affirmer que l'ensemble des objets qualifiés de « montagne d'or » n'est pas vide.
Références

↑ Martin Heidegger (trad. Vezin), Être et Temps, Paris, Gallimard, 1986.
↑ Emmanuel Lévinas En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger VRIN 1988

Notes
Bibliographie

Emmanuel Lévinas En découvrant l'existence avec Husserl et Heidegger VRIN 1988
Martin Heidegger (trad. François Vezin), Être et Temps, Paris, Gallimard, 1986, 589 p. (ISBN 2-07-070739-3)

Voir aussi

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Phénoménologie de l'existence
Heidegger et la question de l'existence
Finitude
Liste des concepts de la philosophie
Essence (philosophie)
Être
Existentialisme
Mort
Sujet (philosophie)
Sens de la vie
Temps
Vie
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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:44

Le temps est une notion humaine qui rend compte du changement dans le monde. Le questionnement s'est porté sur sa « nature intime » : propriété fondamentale de l'Univers, ou plus simplement produit de l'observation intellectuelle et de la perception humaine. La somme des réponses ne suffit pas à dégager un concept satisfaisant du temps. Toutes ne sont pas théoriques : la « pratique » changeante du temps par les hommes est d’une importance capitale.

Il n'existe pas de mesure du temps de la même manière qu'il existe, par exemple, une mesure de la charge électrique. Dans ce qui suit il faudra comprendre « mesure de la durée » en lieu et place de mesure du temps. La mesure de la durée, c'est-à-dire du temps écoulé entre deux événements, se base sur des phénomènes périodiques (jours, oscillation d'un pendule...) ou quantiques (temps de transition électronique dans l'atome par exemple). La généralisation de la mesure du temps a changé la vie quotidienne, la pensée religieuse, philosophique, et scientifique. Pour la science, le temps est une mesure de l'évolution des phénomènes. Selon la théorie de la relativité, le temps est relatif (il dépend de l'observateur), et l'espace et le temps sont intimement liés.

Étymologie

Le mot temps provient du latin tempus, de la même racine que le grec ancien τεμνεῖν (temnein), couper, qui fait référence à une division du flot du temps en éléments finis. temples (templum) dérive également de cette racine et en est la correspondance spatiale (le templum initial est la division de l’espace du ciel ou du sol en secteurs par les augures). Le mot « atome » (« insécable »), du grec ἄτομος (atomos) (non coupé, indivisible) dérive également de la même racine.
Définition

Selon les Définitions du pseudo-Platon, le temps est le « mouvement du soleil, mesure de sa course »1
Temps historique

Le temps historique est découpé en trois périodes :

Le passé qui désigne ce qui n’est plus, avant le présent.
Le présent qui désigne la limite entre le passé qui n’est plus, et le futur qui n’est pas encore.
Le futur qui désigne ce qui n’est pas encore, après le présent.

Dans certaines religions ou croyances, le futur, projet ou dessein d'une force surnaturelle, peut déterminer le présent ; cependant, le principe de causalité affirme que l'effet ne peut précéder la cause. Ce principe donne une définition implicite du temps : le temps est l'ordre de l'enchaînement des causes et des effets.
Éléments généraux
Image représentant la vision du temps du Chronos

Le Chronos (Χρόνος : « temps, durée de temps ») est un concept qui, adjoint à l’Aiôn (Αἰών : « temps, durée de la vie d'où destinée, sort ») et au Kairos (Καιρός : « moment opportun, occasion »), permet de définir le temps. Ces concepts sont apparus chez les Grecs. Le Chronos est le tout du temps, relatif au présent :« Hier était le jour précédent et demain sera le jour suivant parce que je suis aujourd’hui. ». C'est un point mouvant sur la flèche du temps qui définit les infinis à ses deux bornes.

La notion de temps est un corollaire de la notion de mouvement : le mouvement est la variation des choses la plus accessible à la perception. La variation n'existe que dans la durée. Ainsi, selon Aristote, le temps est le nombre du mouvement selon l’antérieur et le postérieur.

« Dans un même temps, dans un temps unique, dans un temps enfin, toutes choses deviennent » écrivait Alain2. L’être humain constate en effet trivialement que des « objets » de toutes sortes sont altérés par des « événements » et que ce processus prend place dans un temps partagé par tous ceux qui ont conscience de son cours. Ces objets, ou du moins leur substance, sont cependant censés demeurer les mêmes, numériquement, malgré les changements qu’ils subissent. Le temps semble donc supposer à la fois changement et permanence. Il a comme corrélat la notion de substance, que Descartes avait assimilée, en ce qui concerne les choses matérielles, à l’espace. Ces constatations amènent encore à un autre couple de notions essentielles quant à l’étude du temps : la simultanéité (ou synchronie), qui permet d’exprimer l’idée qu’à un même moment, des évènements en nombre peut-être infini se déroulent conjointement, a priori sans aucun rapport les uns avec les autres. En corrélation se trouve la notion de succession, ou diachronie, (et par-là, l’antériorité et la postériorité) : si deux évènements ne sont pas simultanés, c’est que l’un a lieu après l’autre – de sorte que d’innombrables événements simultanés semblent se suivre à la chaîne sur le chemin du temps. Deux moments ressentis comme différents sont ainsi nécessairement successifs. De ces deux considérations, il est appris que le temps, si difficile à imaginer et à conceptualiser de prime abord, ne peut-être examiné que sous l’angle de l'expérience individuelle universelle : l’avant, l’après et l’en-même temps. Néanmoins, de la simple succession, ou de la simultanéité, la durée ne peut être déduite. En effet, quand un même film est projeté à une vitesse plus ou moins grande, l’ordre des événements y est conservé, mais pas la durée. Remarquons aussi que la projection à l’envers ne correspond à rien dans l’expérience du temps, qui est, lui, irréversible.

Ces notions font notamment appel à la mémoire : le classement des événements dans un ordre quelconque ne peut se faire que si l’observateur se souvient. De façon opposée, la mémoire se construit grâce au fait que certains événements se répètent, autorisant ainsi l’apprentissage. De façon plus générale, il semble que le temps puisse être considéré (et considérer n’est pas connaître) sous deux aspects :

l’aspect cyclique : cycle des jours, des saisons, de la vie…
l’aspect linéaire : évolution, transformation irréversible, passage de la naissance à la mort…

Tandis que l'aspect linéaire et irréversible a d'abord servi à mesurer le temps, par exemple par la combustion complète d'une bougie, la régularité du retour de certains événements donne une mesure plus précise. Les phénomènes périodiques naturels ont permis d’établir très tôt une référence de durée, le calendrier, et donc de quantifier le temps, c'est-à-dire lui associer un nombre et une unité, en effectuer une mesure. Aux temps modernes, des phénomènes périodiques artificiels ont permis de mesurer des durées plus courtes avec des horloges. Toutefois, cette connaissance est au mieux celle d’une substance du temps : elle n’apprend rien sur sa nature intime, car la mesure n’est pas le temps – il faut du temps pour établir une mesure. Et bien que l’intuition du cours du temps soit universelle3, définir le temps en lui-même semble au-delà de nos capacités. Saint Augustin écrit à propos de la définition du temps : « Ce mot, quand nous le prononçons, nous en avons, à coup sûr, l’intelligence et de même quand nous l’entendons prononcer par d’autres. Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne m'interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l'ignore4 ». Il est vrai que décrire le temps ne semble possible que par une analogie, notamment au mouvement, qui suppose de l’espace. Imaginer le temps c’est déjà se le figurer et, en quelque sorte, le manquer.

Il faut donc distinguer la problématique de la représentation du temps de sa conceptualisation, tout comme il faut établir ce qu'on sait du temps par l’expérience pour mieux s’en détacher. Au fil des siècles, ces penseurs ont essayé d’évaluer le temps au travers de la méditation, du mysticisme, de la philosophie ou encore de la science. Il en ressort en fait que bien qu'il puisse être supposé avec raison que tous les hommes ont la même expérience intime du temps – une expérience universelle – le chemin vers le concept de temps n’est pas universel. Ce n’est donc qu’en détaillant ces modèles intellectuels et leurs évolutions historiques que l’on peut espérer saisir les premiers éléments de la nature du temps.
Perceptions culturelles

Toutes les cultures ont apporté des réponses nombreuses au questionnement sur le temps, et la plupart d’entre elles tournent autour des mêmes thèmes, dictés par la condition humaine : l’immortalité des dieux ou l’éternité de Dieu, la permanence du cosmos et la vie fugace de l’homme, sont autant de dimensions temporelles partagées par la plupart des peuples de la Terre. Elles s’expriment dans le langage, dans les arts… Pourtant, toutes ne portent pas la même vision intime du temps.

Le partage le plus évident pour l’observateur des civilisations – avant d’envisager l’étude anthropomorphique du temps – est sans doute la séparation entre une vision linéaire du temps, prévalant en Occident, et une vision cyclique de l’ordre temporel, prévalant par exemple en Inde (cf. l’œuvre de Mircéa Eliade).
Représentation spatiale

Le temps est souvent représenté de façon linéaire (frises chronologiques). Cependant, des représentations en spirales, voire en cercles (le temps est un éternel recommencement) peuvent être trouvées marquant ici l'aspect cyclique et répétitif de l'histoire des hommes.

Dans presque toutes les cultures humaines le locuteur se représente avec le futur devant et le passé derrière lui. Ainsi en français on dit « se retourner sur son passé », « avoir l'avenir devant soi ». Cependant, le peuple aymara inverse cette direction du temps : le passé, connu et visible, se trouve devant le locuteur alors que le futur, inconnu et invisible, se trouve derrière lui5,6.

Deux conceptions du temps qui passe peuvent être perçues : soit l'individu est en mouvement par rapport à l'axe du temps ("se diriger vers la résolution d'un conflit..." ), soit ce sont les évènements qui se dirigent vers un individu statique ("les vacances approchent..."). La première est plus fréquente en français5.
Éternité et échéance

Héritée du védisme, la croyance en une succession d’un même temps, ou plutôt d’une même durée cosmique, se retrouve dans le brahmanisme et l’hindouisme. Le cosmos et tout le monde sensible y est assujetti à un renouvellement cyclique et infini, où périodes de destruction et de reconstruction se succèdent pour redonner naissance au même Univers. C’est une renaissance et un retour éternel. Chaque cycle est une kalpa, schématiquement scindée en quatre âges au sein desquels l’Univers périclite graduellement. Cette vision cyclique sera reportée à l’Homme dans le bouddhisme, à travers la croyance en la réincarnation. La vie de l’Homme, aux yeux du bouddhiste, est telle une kalpa, lui conférant l’immortalité des premiers dieux occidentaux.

En Occident, précisément, le temps suit un ordre tout autre et témoigne d’une vision du monde bien différente. La tradition judéo-chrétienne hérite elle-même de vues mystiques plus anciennes, où le temps pur est celui des dieux et divinités. Les hommes connaissent une vie éphémère, limitée, un véritable « néant » au regard de l’immortalité. La Bible présente ainsi le temps comme une révélation, car c’est Dieu qui le crée et en offre l’« usage » aux hommes. Bien qu’en dehors du temps, Dieu se joue des temps historiques pour intervenir dans la destinée des hommes, au moins par ses actions de grâces. La volonté de Dieu s’exprime ainsi dans une dualité toute différente des croyances indiennes : le temps est complètement borné par la Création et l’Apocalypse, et il est en même temps considéré comme universel, car d’origine divine. Aussi, il est compris que le temps chrétien, du point de vue de l’homme, est un temps d’espérance, de promesse, de délivrance attendue : sa fin même est un retour vers le divin7. À l’inverse, le temps intime de la culture hindouiste est un temps de la permanence et de l’introspection, où l’homme a un autre rôle à jouer dans sa destinée : il y subit en quelque sorte moins les affres du temps.

À une moindre échelle, chaque individu s’appuie sur sa culture historique du temps pour se définir son propre temps psychologique. Nul doute que le pêcheur, l’artisan et le cadre supérieur ne partagent pas exactement la même notion de temps quotidien, car chaque perception est le fruit de ses exigences propres. Toutefois, les bases culturelles jouent un rôle très important dans la perception globale du temps, en tant que rythme de vie.
Multitude de rapports

Écrire un récit, prédire le retour d’une comète, lister une série de dates : chacune de ces actions est directement liée au temps. Pourtant, il y joue des rôles divers. Il peut être essentiellement un repère plus ou moins explicite, comme dans le récit ou la liste de dates. Mais il peut également être l’objet d’étude de la connaissance. Dans tous les cas, il est essentiel de le quantifier pour l’aborder dans le détail, que cette quantification soit figurée ou bien précise et effective (réalisée avec un instrument de mesure). Il semble que le temps s’offre à l’être humain d’abord comme un objet ambigu, dont la mesure permet de créer des repères, mais pas de le définir complètement. Les cultures asiatiques ont cultivé le goût d’un temps mystique, à la fois fugace et perpétuel, illustré par exemple par le haïku japonais : la notion de flux y est prépondérante. Parallèlement, des peuples d’Amérique du Sud tels les Incas, ont privilégié une dimension rituelle du temps, où la discontinuité prévaut ; c’est également le cas dans la tradition musulmane. Pour autant, toutes ces approches reposent sur une même sensation intime : il est donc plus évident encore que ce que l’homme a connu du temps au fil de l’histoire n’a pas été le temps pour lui-même, mais quelque manifestation culturelle rendue possible par une singularité particulière du temps, donné par certains aspects seulement.

Toutes ces traditions « inconscientes » auront une influence non négligeable sur les développements du concept du temps, que ce soit en sciences ou en philosophie. Elles manifestent les croyances d’un peuple à une époque donnée, et la façon dont ces croyances traduisent le ressenti, l’expérience par l’imaginaire. Plus la confrontation au temps sera fine et consciente, plus la conceptualisation du temps sera complexe : en effet, une caractéristique forte du temps dans les premiers âges de réflexion était son lien direct et exclusif avec le divin. Au fil des siècles, ce lien deviendra plus distant et sera même rejeté par certains. (À développer.)

Les sociétés modernes et industrialisées modifient sensiblement le rapport culturel et traditionnel au temps. Même là où les mythes et la religion perdurent, le temps du quotidien subit les assauts de l’instantané : médias, nourriture, déplacement… l’ensemble des actes quotidiens s’accélère, de sorte que les contraintes du temps se font moins sentir – ou deviennent au contraire plus criantes quand les facilités s’estompent. Quels que soient les avantages ou les pertes occasionnés par cette mutation parfois brutale, le temps culturel n’a jamais été et n’est pas le temps de l’économie. La lenteur est une caractéristique fondamentale du rythme des sociétés humaines : il s’agit peut-être de la force d’inertie qui assure leur cohésion. Temps de la réflexion et temps de l’action entrent en concurrence et se distordent, jusqu’à parfois faire éclater les repères psychologiques. Ainsi il est constaté que les zones urbanisées, où le temps personnel est très souvent sacrifié sur l’autel des contraintes (aller plus vite, à un autre rythme, et tout ce que cela présuppose et entraîne) sont les noyaux durs de la consommation de médicaments du type psychotropes. Dans son développement accéléré, l’humanité prend le risque d’altérer durablement son rapport au temps.
Richesses descriptives
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Le temps est orienté : il coule du passé au futur. Grâce au profond sentiment de durée, l’être humain peut agir, se souvenir, imaginer, mettre en perspective… si bien que le temps lui est essentiel, et par-là, banal. Le niveau de complexité du rapport au temps est assez bien traduit par le langage, bien qu'imparfaitement : certaines cultures primitives ont peu de mots porteurs d’un sens temporel, et se situent essentiellement dans le présent et le passé. Pour les peuples anciens de Mésopotamie, par exemple, le futur est « derrière » et le passé, connu, est placé « devant ». Dès lors qu’un peuple s’intéresse à l’avenir, toutefois, cet ordre intuitif s’inverse : on attend du temps qu’il nous apporte le moment suivant. Ce qui constitue une première confusion entre temps et mouvement. La simplicité de ce rapport s’estompe rapidement : bientôt, l’homme essaye de se jouer du temps. « Perdre son temps » ou « prendre son temps », ou toutes autres expressions de quelque langue que ce soit, traduisent la volonté séculaire de gagner un contrôle sur ce temps subi. Somme toute, c’est encore d’une conception faussement spatiale qu’il s’agit : pouvoir agir sur notre flèche du temps intime, la tendre, la distordre, l’infléchir. Mais le temps reste fidèle à lui-même, et sa dimension rigide est également exploitée avec ténacité, par la quête de la juste et précise mesure. Quantifier, voilà une autre façon de décrire le temps qui fut engagée très tôt. Bien que privilégiée des sciences, elle n’en est pas moins source d’amalgames et de tromperie toujours renouvelées. Ainsi, compter le temps n’est pas le saisir en soi, car l’action de compter le temps, présuppose du temps. Quel est donc ce « vrai » temps qui mesure le temps, celui invoqué par la boutade « laisser le temps au temps » ? Cette question a laissé muettes des générations entières de penseurs ; les disciplines modernes tentent d’y répondre en exhibant un temps pluriel, physique, biologique, psychologique, mais le temps de la vérité évidente ne semble pas encore venu.

Pour réfléchir au concept du temps, l’être humain s’appuie sur son langage ; mais les mots sont trompeurs et ne nous disent pas ce qu’est le temps – pire, ils viennent souvent nous dicter notre pensée et l’encombrer de préjugés sémantiques. La dimension paradoxale du langage temporel n’est pas très complexe : il suffit de s’attarder sur une simple expression courante comme « le temps qui passe trop vite » pour s’en rendre compte. Cette expression désigne un temps qui s’accélérerait. Mais l’accélération, c’est bien encore une position (spatiale) dérivée (deux fois) par rapport au temps : voilà que ressurgit le « temps-cadre » immuable ! Le temps n’est ni la durée, ni le mouvement : en clair, il n’est pas le phénomène temporel. Ce n’est pas parce que des évènements se répètent que le temps est nécessairement cyclique. Cette prise de recul, distinction entre temps et phénomène, sera relativement effective au cours de l’histoire en sciences et peut-être moins en philosophie, parfois victime des apparences sémantiques.

Toutefois, en distinguant ainsi le temps et les évènements portés par lui surgit une dualité embarrassante : dans quelle réalité placer ces phénomènes qui surviennent, si ce n’est dans le temps lui-même ? Le sage dira, dans le « cours du temps ». Cette scène animée des phénomènes est séduisante et juste, mais il faut prendre garde au piège sémantique. Le cours du temps, c’est ce que beaucoup ont figuré dans leurs cahiers d’écolier par la droite fléchée : au-delà de l’amalgame trompeur avec le mouvement, il y a l’idée de la causalité, et aussi de la contrainte. Le cours du temps illustre la sensation de chronologie imposée, qui est une propriété du temps pour lui-même. Rien ici n’indique encore l’idée de changement ou de variation. Il s’agit véritablement d’un cadre, du Chronos – du devenir rendu possible par Kronos. L’homme, pour sa part, devient, et les phénomènes, eux, surviennent. C’est là l’affaire de la flèche du temps, qui modélise les transformations au cours du temps, ou plutôt, « au cours du cours du temps ». Elle est une propriété des phénomènes.

Ces deux notions sont importantes et non intuitives – elles sont mélangées et brouillées par le langage en un seul et même tout, une fausse idée première du temps. La science, notamment, s’est appuyée sur elles pour édifier plusieurs visions successives du temps au fil de ses progrès.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: La chlorpromazine, l'existence et Y'becca   Mar 22 Nov à 3:46

Philosophie
Articles détaillés : Temps (philosophie) et Philosophie de l'espace et du temps.

L’instant est le produit de la projection du présent dans la série successive des temps, c’est-à-dire que chaque instant correspond à un présent révolu. Le présent lui-même est cependant à son tour une abstraction, puisque personne ne vit un présent pur, réduit à une durée nulle. Le passé est l’accumulation, ou plutôt l’organisation des temps antérieurs, selon des rapports chronologiques (succession) et chronométriques (les durées relatives). Le futur est l’ensemble des présents à venir. Seuls les contenus à venir, les évènements futurs, sont susceptibles d’être encore modifiés. C’est ce qui fait que l’avenir n’est pas encore.
Conceptualisations notables héritées des Anciens
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Le temps suppose le changement, mais ces changements ne peuvent être intégrés dans la pensée d’un objet que si l'on pose sous ces changements une substance. Les Grecs, contrairement aux Hébreux, étaient étrangers à l’idée de création. Le cosmos avait toujours existé, le temps était inséparable des cycles astronomiques, la matière, sous-jacente aux formes, était éternelle et incréée. Si les formes étaient elles aussi éternelles, l’information était fugitive, du moins en ce qui concerne le monde physique dans lequel vivent les hommes, par opposition au ciel. « Éphémère » est le mot qu’utilisaient les Grecs pour parler de la condition des hommes. Les hommes apparaissent pour disparaître, « comme des ombres ou des fumées » écrit Jean-Pierre Vernant. Ils manquent de consistance, d’être. Étymologiquement, en effet, est éphémère ce qui ne dure qu’un jour et se fane aussitôt dans la mort et l’oubli. À défaut de gagner l’éternité, réservée aux dieux, les anciens souhaitaient sans doute gagner de la permanence. Contrairement à l’Éternité, la permanence n’est pas hors du temps. Est permanent au sens le plus fort du terme ce qui durera toujours, voire ce qui a également toujours existé. À première vue, la permanence se confond donc avec le temps lui-même. « La permanence exprime en général le temps, comme le corrélatif constant de toute existence des phénomènes, de tout changement et de toute simultanéité. En effet, le changement concerne non pas le temps lui-même, mais seulement les phénomènes dans le temps » écrit Kant. En un sens plus faible du mot, est permanent ce que nous avons « toujours » vu et que nous verrons peut-être « toujours ». « Où étais-tu quand je fondais la terre ? » répond l’Éternel à Job. La permanence est ainsi l’attribut premier de ce que nous pouvons habiter, de tout ce qui permet d’organiser l'existence et de lui donner sens. C’est ce qui est appelé le monde, ce qui constitue l'univers. Il s’agit non seulement d’un cadre physique ou institutionnel, mais aussi de la continuité d’une civilisation ou encore de valeurs et de représentations qui nous semblent aller de soi. Tous ces éléments forment la permanence en tant que soi.

Comme le remarque Hannah Arendt, la distinction que fait Aristote entre la fabrication et l’action doit être rattachée à la fugacité de l’existence humaine. La chose fabriquée est bien le produit d’une activité humaine, mais elle lui survit, elle s’intègre dès qu’elle est fabriquée à ce monde que nous habitons. En revanche, l’action, aussi admirable soit-elle, est éminemment passagère. Seulement, il en va au fond de même pour la vie tout entière. Le temps semble nous écraser complètement, se jouer de notre destinée. À lire Épicure, il n’y a cependant pas d’incompatibilité entre le caractère fugace de notre existence et le bonheur. Lorsque notre vie s’achève, nous avons le privilège de la reprendre comme un tout. Peu importe s’il ne restera rien de nous après la mort : nous n’en souffrirons pas plus que de ne pas avoir été avant de naître. Le vieillard doit savoir jouir du récit de sa propre vie, lorsqu’elle a été réussie. « Ce n’est pas le jeune homme qui doit être considéré comme parfaitement heureux, mais le vieillard qui a vécu une belle vie. Car le premier est encore souvent exposé aux vicissitudes de la fortune, tandis que le dernier se trouve dans la vieillesse comme dans un port où il a pu mettre à l’abri ses biens. »

Rattacher étroitement l’existence humaine au récit nous aide à ne pas confondre la durée avec le néant, ni avec l’instant. La durée est la condition du déploiement d’une histoire. Elle suppose l’écoulement du temps, et cet écoulement lui-même demeure, tandis que l’on ne peut pas se représenter l’instant pur, infiniment bref, sinon en en faisant une sorte de cliché photographique immobile, hors du temps.

Pourtant, note Henri Dilberman, la mort est davantage qu’une simple limitation. Par exemple, la limite spatiale n’abolit pas l’espace qu’elle enferme. En revanche, ma vie passée n’existe encore que si je me la rappelle. La mort est précisément l’oubli, et donc l’anéantissement de ce que je fus.Vladimir Jankélévitch rappelle cependant que nous avons tous ce viatique mélancolique pour l’éternité : à défaut d’être toujours, rien ne fera que nous n’ayons pas été.

Ainsi, selon Vladimir Jankélévitch, « L’avoir été » est une forme spectrale de l’être que nous avons été, le devenir fantomatique de notre passé. En faire un être, lui donner une réalité, céder à son attrait, c’est confondre l’espace et le temps. Apaisante et voluptueuse, la musique témoigne elle aussi de ce « presque-rien » - présence éloquente, innocence purificante – qui est pourtant quelque chose d'essentiel. Expression de la « plénitude exaltante de l'être » en même temps qu'évocation de l'« irrévocable  », la musique constitue l'image exemplaire de la temporalité, c'est-à-dire de l'humaine condition. Car la vie, « parenthèse de rêverie dans la rhapsodie universelle », n'est peut-être qu'une « mélodie éphémère » découpée dans l'infini de la mort. Ce qui ne renvoie pourtant pas à son insignifiance ou à sa vanité : car le fait d'avoir vécu cette vie éphémère reste un fait éternel que ni la mort ni le désespoir ne peuvent annihiler.

Si Épicure ne se souciait guère de ne bientôt plus être, son cas est exceptionnel, écrit Arendt. Les Grecs ont cherché à immortaliser leurs actions par la gloire, dont la condition était une vie brève, mais héroïque. Ils étaient hantés, rappelle-t-elle, par le dicton qui voulait que nul ne passe pour heureux avant d’être mort : en effet rien ne nous garantit que nous ne finirons pas notre vie de façon ignominieuse. Seuls les Hommes qui nous survivront pourront dire si notre vie a été ou non réussie, car eux seuls pourront la considérer comme un tout, la raconter et en tirer la leçon.

Le récit permettrait de conjurer l’impermanence que le temps confère à l’existence. À lire les paradoxes de Sextus Empiricus, la dimension temporelle des étants permet de tous les nier, ainsi que les savoirs qui prétendent porter sur eux. Augustin reprendra les thèmes sceptiques, mais pour en faire l’instrument de la foi ! Ce qui a été n’est plus, ce qui sera n’est pas encore, le présent n’est que la limite de ces deux néants. Le temps est moins une dimension, ou un cadre, de l’être que sa négation. Saint Augustin, se posait avant tout la question de l’utilité du temps pour les hommes. Il constate que la connaissance du temps nous échappe, mais c’est là l’œuvre de Dieu : seul l’être humain bon saura transcender le temps subi, au côté de Dieu, après sa mort. Aussi Saint Augustin insiste sur des notions plus anthropocentriques portées par le temps religieux. Le temps n’est que dans la mesure où il est présent. Le présent du passé, c’est la mémoire, le présent de l’avenir, c’est l’attente, le présent du présent, c’est la perception. Le temps n’est plus défini comme mesure du mouvement cosmique, mais comme entité psychologique. C’est une distension, vraisemblablement une distension de l’âme (distentio animi). C’est là à la fois subjectiviser le temps et le renvoyer à Dieu, sa révélation, son mystère. Le chrétien doit user avec justesse et piété du temps qu’il lui est accordé pour enrichir sa finitude, et se porter vers le Christ dans un mouvement d’espoir.
Philosophie moderne
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Le temps est, par exemple pour Newton, un flux continu. Comme bien souvent, l’analogie avec le mouvement – largement exploitée par les philosophes de toutes époques, à divers degrés d’abstractions – permet de donner un premier éclairage au concept du temps.

La continuité d’un mouvement n’est pas une chose facile à imaginer. Zénon, dans ses paradoxes, avait mis au jour la dualité entre le mouvement fini et le temps infini du parcours. En effet, la première intuition du mouvement est celle d’une transition spatiale, continuelle, entre deux points de l’espace séparés par d’infinies positions intermédiaires. De manière analogue à la suite infinie des divisions entières8, l’espace semble être un continuum infini. Pourtant, les mouvements perçus par nos sens s’effectuent bel et bien en un temps fini ! De sorte qu’on[Qui ?] a du mal à imaginer comment une infinité de positions peut être parcourue en une durée limitée. Imaginer des bonds dans un espace de points séparés par du vide pour définir le mouvement, comme l’ont fait les pythagoriciens, n’est pas satisfaisant, car cela conduirait par exemple à admettre une vitesse uniforme pour tous les mouvements. Un mouvement plus lent serait un mouvement plus long, et un mouvement plus rapide, un mouvement plus court. On[Qui ?] peut, pour dresser un premier état des lieux, conclure avec Russell que « la continuité du mouvement ne peut consister dans l’occupation par un corps de positions consécutives à des dates consécutives. »9

Tout le problème du temps, et de l’espace, repose ici sur la difficulté à imaginer des grandeurs infinitésimales. Il ne s’agit pas d’une lacune : c’est que précisément, il n’y a pas de distances infinitésimales, mais une infinité de distances finies. Pour résoudre le paradoxe du mouvement dans l’espace, il faut imaginer que le temps est également conceptualisable de façon analogue : il existe une infinité de durées finies dans le parcours d’un mouvement, mais aucune « durée infinie ». Si on imagine couper une distance finie en deux, puis l’une de ses moitiés en deux, et cela indéfiniment, il en ressort que plus la distance est petite (et finie), plus la durée nécessaire à son parcours sera courte (et toujours finie). La progression des séries de termes infinis, les séries mathématiques compactes, illustre ce mécanisme de pensée. Il n’est pas important ici de savoir si cette modélisation correspond exactement à la réalité physique du monde : il suffit pour avancer qu’elle l’illustre fidèlement, qu’elle la traduise correctement.

Le raisonnement de la série compacte est le plus simple qui peut être imaginé et qui corresponde de près à l’expérience. Il conduit directement à penser qu’il faut considérer en dernier ressort, au moins théoriquement, des instants sans durée, supports des moments et des durées, et par-là du temps tout entier. Cette philosophie, rattachée à la pensée scientifique moderne mais qui ne lui est pas exclusive, n’a pas fait l’unanimité. Ainsi Bergson défendait-il l’idée d’un mouvement et d’un temps indivisibles, irréductibles à une série d’états. En effet, la perception est impensable si on n’admet pas que je perçois le passé dans le présent, ce qui vient d’arriver dans ce qui persiste. L’instant pur est donc une abstraction, une vue de l’esprit. Poussée à bout, cette doctrine s’oppose pourtant à l’expérience quotidienne, dans la droite ligne de la vision pythagoricienne du monde. Nous[Qui ?] pouvons considérer une ligne, une aire ou un volume comme un groupe infini de points, l’essentiel est que nous ne pouvons pas en atteindre tous les points, les énumérer, les compter, en un temps fini – par exemple, la division successive en moitiés égales d’une distance peut bien être répétée à l’infini : il est dès lors impossible d’arriver à une quelconque fin dans cette énumération de divisions. On peut citer Bergson : « Comment ne pas voir que l'essence de la durée est de couler et que du stable accolé à du stable ne fera jamais rien qui dure ? » (La pensée et le mouvant, p. 7)

La connaissance du temps gagne en précision par ces remarques tirées de la théorie mathématique de l’espace, car pour l’homme, il est facile de mélanger temps, infini et éternité en une seule et même idée floue. Kant, pour qui le temps était une forme a priori de l’intuition (interne), et non pas un concept, distinguait illimitation du temps et infinité : « Il faut que la représentation originaire de temps soit donnée comme illimitée. »10 Le temps n’est pas en soi infini, mais c’est qu’il n’existe pas en soi. Il n’a pas non plus de commencement. Nous percevons toujours un instant antérieur, mais c’est nous qui introduisons dans l’expérience cette régression. Le temps n’est donc ni infini ni fini, parce qu’il n’est pas un être mais une forme de notre propre intuition. Les choses en soi ne sont ni dans le temps ni dans l’espace. Si on jauge l’idée du temps par nos impressions, il nous semble qu’il est parfois fugace, mais tout aussi bien interminable ; il est évident et en même temps insaisissable, comme le notait Saint Augustin : chacun a fait l’expérience de ces contradictions d’apparence. Elles sont amplifiées par le langage, qui par le mot « temps » désigne tout et son contraire. Mais connaître le caractère d’infini du temps, c’est bien déjà connaître le temps tel qu’il nous vient – et chercher une vérité transcendantale au-delà de cette notion d’infini est peut-être bien tout à fait vain. Il ne suffirait pas de conclure que l’infini caractérise le temps de façon essentielle, car on n’a pas une meilleure connaissance de l’infini et le concept d’infini n’est pas celui de temps ! En revenant au problème de l’infini dans l’espace, on peut constater que « de Zénon à Bergson, [une longue lignée de philosophes] ont basé une grande part de leur métaphysique sur la prétendue impossibilité de collections infinies. »9 Pourtant, on sait depuis Euclide et sa géométrie que des nombres expriment des grandeurs dites « incommensurables » (les nombres irrationnels, formalisant une idée qui fut fatale à la philosophie des pythagoriciens pour laquelle tout, dans le monde, était nombre – entier). Certains éléments résistent, en effet, à la simple mesure, et se placent sur un autre plan. Qu’en est-il du temps et de l’idée de l’incommensurable ? La mesure du temps peut-elle nous donner les clés de la compréhension du temps, comme nous l’espérons depuis les temps les plus anciens ?

Un retour à Zénon peut donner quelque indice de réflexion. Ses paradoxes, qui touchent aussi au temps, reposent sur plusieurs axiomes – principalement la croyance en un nombre fini d’états finis pour caractériser les phénomènes, que ce soit en termes d’espace ou de temps : nombre finis de points dans l’espace, etc. Ces paradoxes mènent à plusieurs « solutions » métaphysiques : on peut rejeter la réalité de l’espace ou du temps (Zénon semble l’avoir fait, au moins pour le temps et en théorie, de sorte qu’il était en quelque sorte pris à son propre piège) ; on peut aussi décider de s’en tenir aux prémisses de Zénon et considérer que le temps est absolu et indivisible, comme chez Bergson, avec les difficultés de retour à l’expérience qu’on sait et qui ont entraîné la chute de la mécanique classique. On peut enfin considérer que les bases mêmes des paradoxes sont fausses, et étudier la possibilité de collections infinies, comme on l’a également vu avec les séries compactes. Russell expose l’erreur de raisonnement qui caractérise selon lui la doctrine kantienne, mais qui ne lui est pas exclusive. Kant ne voulait pas admettre la possibilité d’un infini en acte, il assimilait l’infinité à une régression illimitée. L’infini n’était qu’en puissance, et supposait un sujet. Ainsi, les nombres naturels sont infinis, mais seulement en ce sens que le sujet ne parvient jamais au plus grand des entiers. Selon une des branches de l’antinomie kantienne, qui ne saurait être confondue avec la solution kantienne elle-même, le passé doit avoir un commencement dans le temps, car, selon l’autre branche de la même antinomie, en supposant le temps infini, comment serions-nous arrivés jusqu’à aujourd’hui ? Un temps infini n’aurait pu en effet s’écouler tout entier. Certes, de façon analogue, le futur est borné par l’instant présent, et s’étend sur le cours du temps, mais cela ne pose aucun problème à Kant, car la question de l’avenir n’est pas symétrique de celle du passé. L’avenir n’est pas encore. Son infinité est « en puissance », et non pas en acte. L’avenir est illimité, mais pas infini en acte. Le tour de force de Kant sera d’appliquer ce raisonnement au passé lui-même. C’est le sujet qui régresse toujours vers un passé antérieur, afin d’expliquer le présent. La série n’existe pas en soi, elle exprime la nature de notre perception. C’est nous qui portons avec nous la forme du temps, elle n’est pas une dimension de l’Être en soi, par ailleurs inconnaissable.

On peut du moins répondre à un aspect du problème de l’infinité du temps, en laissant de côté la question de l’écoulement du temps, et en l’assimilant à l’espace. Est-il impossible qu’une collection d’états en nombre infini soit complète, comme le suggère la tradition philosophique à la suite de Zénon ? On peut répondre par la négative par un argument simple qui découle des suites mathématiques compactes, mais qui se retrouve tout aussi bien en philosophie. Le point décisif est qu’une suite infinie peut être bornée, comme l’examen attentif du passé, du présent et du futur nous en donne l’indice. Elle connaît un début, et aucune fin, mais il existe des valeurs supérieures à elle. Ainsi, l’unité est supérieure à une infinité de fractions entières qui lui sont toutes inférieures11. Cette somme a un nombre infini de termes, et pourtant la voilà bien ancrée dans un cadre discret.

C’est que compter les durées ne permettra jamais de saisir le temps comme un ensemble, tout comme compter les éléments un à un d’une série de termes en nombre infini ne permettra jamais d’en saisir l’idée essentielle. Ainsi, le temps est dépendant d’autres aspects dont nous avons également conscience, et c’est sa relation avec l’espace et la matière qui constitue l’enveloppe « ontologique » de notre Univers. Cette doctrine métaphysique s’accorde bien avec la théorie de la relativité, qui a bouleversé l’idée métaphysique du temps, car elle suggère que le temps est une propriété de l’univers, et non son cadre. L’espace-temps n’est pas une notion seulement scientifique, loin de là. Cette vision du monde n’est en fait pas fondamentalement opposée à celles qui prévalaient chez Kant ou chez Newton : il s’agit au juste de replacer le temps à son niveau, de lui redonner une consistance propre. Dans la même veine, Francis Kaplan reprend cette définition du temps comme la multiplicité d'une unité et l'espace comme l'unité d'une multiplicité. Il considère comme Kant que ces deux notions sont subjectives. Le temps n'ayant aucune existence matérielle, il privilégie la notion de temporalité à celle du temps12. Si le temps est mieux décrit et compris au terme de ces progressions, il n’est toutefois toujours pas connu essentiellement.
Conceptualisation scientifique
Articles détaillés : Temps (physique) et Temps biologique.

Le temps de la science renvoie largement à sa conceptualisation philosophique, à la fois du fait des questionnements que l’étude rationnelle suscite, mais aussi par les progrès qu’elle apporte : progrès dans la mesure, progrès dans la perception. S’il est vrai que l’essentiel du rapport scientifique au temps réside dans sa représentation — que les scientifiques souhaitent toujours mieux adaptée et plus précise — l’histoire de la « dimension temps » apprend beaucoup sur l’essence du temps. Le souci de lui conférer une objectivité propre a amené les scientifiques de toutes époques à considérer son étude avec beaucoup de pragmatisme.

Cependant, du temps « instantané » de la mécanique newtonienne au temps dépendant et paramétré de la théorie de la relativité, étroitement lié à l'espace, c’est une véritable révolution par distanciation qui s’est produite dans le champ scientifique. Henri Poincaré a introduit en 1905 la notion nouvelle d'espace-temps dans un cadre qui deviendra la relativité restreinte. Cette notion a été reprise par Hermann Minkowski dans ce que l'on appelle aujourd'hui l'espace de Minkowski.

La thermodynamique, par ailleurs, met en exergue la notion essentielle de « flèche du temps » telle qu’elle transparaît en physique comme en biologie. Selon Ilya Prigogine, il doit y avoir deux sortes de temps : le temps réversible des physiciens et le temps irréversible (flèche du temps) de la thermodynamique (et de la biologie).

Mais on ne peut écarter la conception mathématique qui introduit cet « être mathématique » : le temps (t), indispensable pour exprimer des notions fondamentales comme la vitesse et l'accélération telles que nous les percevons par les sens, et qui est donc étrangère, voire opposée parfois, à toute conception philosophique. Le temps mathématique et le temps de la physique sont liés par le renoncement à la notion de période en faveur de cycle dans l'espace des phases13.
Moteur

La vision moderne du temps est donc paradoxalement à la fois plus anthropocentrique et plus distante de l’être humain que celle qui prévalait jusqu’à Newton. Il fallait, des Anciens grecs jusqu’à Kant, décider si le temps était dans ou hors de nous, mais toujours de notre point de vue : voilà que la science propose un temps existant pour lui-même ! Mais ce temps-là est dépendant d’autres réalités, au premier rang desquelles l’espace et la matière – et nous vivons précisément dans l’espace, par la matière. Le temps nous est donc viscéralement acquis mais en partie masqué. Par les exemples de flèches du temps, on réalise également plus aisément pourquoi notre compréhension intuitive du temps est orientée, du passé au futur. Toutefois, là où la science a fait du temps un élément créateur, l’homme continue de subir le temps et son ambiguïté, en victime malheureuse du solipsisme.

De fait, d’anthropocentrique le temps dérive dans la pensée de certains modernes sur le terrain de l’anthropomorphisme. L’être humain a une vision schématique du temps, entre passé, présent et avenir : les raisons en sont maintenant connues. Mais si on comprend pourquoi notre conscience nous dicte une telle représentation face à l’expérience, il est plus crucial de se demander pourquoi le temps se présente à nous sous le jour de la « flèche du temps ». Lorsque nous donnons au temps l’image d’une droite fléchée, c’est son cours que nous représentons. En barrant cette droite d’une perpendiculaire pour marquer l’instant présent, cloisonnant passé et futur dans deux compartiments psychologiquement hermétiques, nous représentons le devenir. Pourtant, le présent est fixe, par définition. L’instant présent n’appelle rien d’autre que lui-même, mais le voilà déjà chassé par un autre moment, qui le remplace aussitôt. Sur la droite fléchée du temps, la barre du présent se déplace malgré elle : quel est ce moteur du temps ? Une approche parmi d’autres, qui vient en contradiction des plus récentes conclusions d’origines scientifiques (du champ de la science Physique, au moins), place l’Homme comme machiniste involontaire de la chronologie, thèse déjà défendue par Hermann Weyl au début du XXe siècle. Si on considère que le temps est le cadre ultime de la réalité, pré-existant à toutes choses, alors nous nous faisons en effet une fausse idée de lui, en lui attribuant notre propre mouvement historique. Immuable, « rampant en lui » pour rattraper un avenir déjà écrit, nous sommes les consciences malmenées d’un déterminisme complet. Étrangement, cette vision se rapproche de celle d’Arthur Eddington, qui introduisit en 1928 le terme de « flèche du temps » – il présenta l’idée sous un jour bien différent de son acception actuelle, et peut-être, dans une certaine confusion conceptuelle entre cours et flèche du temps.

On peut tout aussi bien prendre le contre-pied de cette doctrine, en prétextant que rien n’indique que le temps « pur » doive se penser en termes de présent, que le passé et l’avenir ne sont tels que du point de vue de l'homme, non de celui de l'absolu. Selon Henri Bergson, si le temps en soi est une sorte d’éventail déployé, de film dont les images successives sont en réalité juxtaposées sur la bobine, ce n’est plus le temps, c’est l’espace. Et si je rampe vers l’avenir, je suis quant à moi dans le temps. Le temps existe bien, au moins en moi, il n’est pas qu’une illusion. Ou bien faut-il supposer que je passe d’un état éternel de moi-même à un autre, tout en ayant l’illusion que sous le pont Mirabeau tout s’écoule et je demeure ? Mais quel est ce Je mystérieux qui transite ainsi d’un état de moi-même à un autre ? Ou encore, pourquoi celui que j’étais hier, s’il existe toujours dans le passé spatialisé, n’est-il pas encore moi ? Comment le relais s’est-il fait de l’un à l’autre, sinon dans la durée, ce temps vécu rebelle selon Bergson à la spatialisation ? Pourquoi ne pas admettre alors que le cosmos soit porté par le même mouvement ? Il est vrai qu’en procédant ainsi, on attribue au temps une marche en avant qui n’est peut-être qu’un développement cognitif propre à l’humain et à sa finitude. Il serait donc présomptueux de vouloir trancher ici la question de la nature du temps. Sur la base de l’« Histoire » informelle du temps, chaque conscience peut décider de se ranger à l’une ou l’autre des représentations du monde, ou prolonger la réflexion sur l’ambiguïté toujours renouvelée du concept du temps.
Mesure
Article détaillé : Histoire de la mesure du temps.

Comme précédemment expliqué, un problème essentiel a consisté (et consiste encore, par exemple en physique quantique) à choisir le rôle que le temps va jouer dans un système de lois. La façon dont le concept de temps est pensé a une implication très forte sur le résultat d’ensemble : le temps peut-être un paramètre immuable (mécanique classique), ou une grandeur malléable au gré des phénomènes (relativité générale). Il peut être donné a priori ou construit, pour apporter une réponse sur-mesure à un problème. Mais quelle que soit la conceptualisation du temps, le problème de sa mesure demeure. Trivialement, l’homme a une expérience faible du temps comparée aux concepts qu’il peut imaginer pour le définir : il a simplement l’intuition d’un temps qui s’écoule, et il n’est pas surprenant qu’il ait cherché à utiliser cette propriété de son univers comme repère. Cela suppose de pouvoir mesurer le temps, donc de la quantifier.

Paradoxalement, le temps est un objet de mesure très simple. Il est de dimension un : pour exprimer une date, un seul nombre suffit. Ce n’est évidemment pas le cas de l’espace tridimensionnel. Cette propriété singulière du temps implique cependant une première complexité : le temps doit-il être schématiquement représenté par une droite (temps linéaire) ou un cercle (temps cyclique) ? La physique, et la cosmologie en premier lieu, a apporté la notion de flèche du temps, donc d’un temps linéaire, mais il n’en fut pas toujours ainsi. L’Éternel Retour, l’Âge d’Or sont des illustrations de la croyance en un temps cyclique.
Premières mesures
Image d'une clepsydre (ou horloge à eau) athénienne
Une clepsydre. L'écoulement de l'eau d'un vase vers l'autre permet de mesurer une durée.

Deux approches différentes ont coexisté :

   on peut créer des points de repères, marquer des moments ; Une façon triviale de mesurer de cette manière le temps consiste à simplement compter. La capacité à séquencer le cours du temps par des intervalles réguliers est certainement la marque d’une propriété plus profonde, mais ce sont surtout ses applications qui sont ici intéressantes.
   On peut aussi décider de créer des durées limitées, en utilisant par exemple une quantité finie. Ainsi, dans la Grèce Antique, le temps de parole à l’Agora était mesuré équitablement par l’écoulement d’une quantité bien connue d’eau dans une clepsydre.

En fait, les deux façons de faire se rejoignent, car marquer deux moments distincts revient à mettre à jour la durée intermédiaire, si bien que le cœur du problème n’est autre que celui-ci : une durée « de base » pourrait possiblement être définie par une unité de mesure.
Mesure moderne
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Cette section a besoin d'être recyclée (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).  

Depuis 1967, la seconde est définie à partir d’un phénomène physique qui est à la base du concept d'horloge atomique: le temps nécessaire à un rayon lumineux bien accordé pour effectuer 9 192 631 770 oscillations. Ce rayon lumineux bien accordé servant à définir la seconde est celui dont la fréquence provoque une excitation bien déterminée d’un atome de césium-133 (transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état de base de cet atome). Ceci signifie qu’en une seconde, il y a 9 192 631 770 périodes de ce « pendule » atomique ou horloge atomique dont la fréquence d’horloge est proche des 10 gigahertz.

Ainsi pour mesurer 1 seconde il suffit de savoir produire cette émission et d’en mesurer la fréquence. Cette émission pourrait, par sa longueur d’onde (3,261226 cm), donner une unité de longueur puisqu’il faut 30,6633 = ( 9 192 631 770/299 792 458) périodes spatiales pour faire un mètre. Ceci souligne le fait qu’en l’état actuel des connaissances, la vitesse de la lumière dans le vide est constante et indépendante du référentiel, et constitue de fait l’étalon « naturel » dont sont dérivés l’étalon-temps et l’étalon-longueur.

En fait, selon les connaissances actuelles de la mécanique quantique, les rayons lumineux absorbables par un type d’atome ont toujours la même fréquence, pour une excitation (transition) donnée. Et selon les connaissances actuelles de la relativité générale, cette mesure sera toujours la même pour un observateur immobile par rapport aux atomes en question.

Avant la décision de la Conférence générale des poids et mesures de 1967 de définir l’unité de temps en fonction d’un phénomène atomique, le temps a longtemps été défini en fonction de phénomènes d’origine astronomique. La seconde est issue historiquement du jour (qui est lié à la période de révolution de la Terre sur elle-même14), qui est subdivisé en heures, minutes et secondes. Le coefficient 9 192 631 770 de la définition ci-dessus vise à donner à la seconde sa valeur historique.

Mais en fait, la science moderne a montré que les phénomènes astronomiques tels que la durée de rotation de la Terre sur elle-même, ou la révolution de la Terre autour du Soleil, n’ont pas une durée constante, et ne sont donc pas un bon support pour définir une unité de temps. Par exemple, la rotation de la Terre sur elle-même ralentit (très lentement), en particulier à cause des effets de marée de la Lune. De même, l’orbite de la Terre autour du Soleil se modifie avec le temps, car le Soleil a tendance à perdre de la masse de par son rayonnement de surface (égalisé par les réactions nucléaires qui ont lieu en son centre) à la raison de 4,3 millions de tonnes/s ; auquel se rajoute son « vent solaire » d’environ 1 million de tonnes/s.


La réalisation de la première horloge atomique en 1947 a permis d’adopter par la suite la définition de la seconde connue, et qui est plus rigoureuse, d’un point de vue scientifique, que la définition historique basée sur des phénomènes astronomiques.

La plupart des horloges modernes, (montres, ordinateurs, etc.), utilisent des cristaux de quartz ayant une fréquence d’oscillation stable pour définir leur base de temps. La fréquence employée est quasi exclusivement 32 768 Hz (215), ce qui permet d’obtenir très simplement la seconde. Ces petits quartz en coupe XY sont appelés « quartz horlogers ».

Les temps définissant les durées nécessaires à réaliser une tâche dans une usine sont généralement mesurés en centième d’heure (ch) ou décimilliheure (dmh). Ces besoins divers expliquent les options des chronomètres modernes.

   Horloge moderne utilisant un cristal de quartz pour fonctionner

   Une horloge atomique à césium.

Médias
Informatique

Le temps est un paramètre essentiel en informatique. En effet, les traitements informatiques nécessitent du temps, à la fois pour les traitements d’accès aux données (entrées/sorties, input/output ou I/O), et pour le traitement des calculs et mises en forme des données (temps CPU, Central Processing Unit). Les ressources informatiques nécessaires sont une combinaison de ces deux types de traitement. En informatique scientifique, les traitements prépondérants sont les temps de calcul. Les accès sont limités à la recherche des paramètres des calculs. En informatique de gestion, les traitements prépondérants sont les traitements d’accès, autrement dit les entrées/sorties. Les temps de calcul (CPU) sont le plus souvent limités, sauf pour les traitements de fin de mois qui portent souvent sur des volumes importants (comptabilité), ainsi que les sauvegardes.

En informatique industrielle et en informatique dite embarquée, les traitements sont essentiellement exécutés en système temps réel. En informatique de gestion, on avait coutume de distinguer les traitements par lots ((en)batch, ou réponse différée, Rd en initiales) et les traitements transactionnels (ou transactional processing, ou TP en initiales, ou réponse instantanée, ou Ri en initiales), selon que le traitement était réalisé un certain temps après la saisie des données, ou immédiatement après la saisie.

Avant l’apparition de l’informatique moderne, à l’époque de la mécanographie en particulier, les techniques disponibles ne permettaient d’exécuter les traitements qu’en batch, en utilisant les cartes perforées. L’apparition des ordinateurs modernes multi-tâches a d’abord autorisé le traitement simultané de plusieurs tâches différentes sur le même ordinateur, puis le traitement en temps réel avec saisie sur un clavier couplé à un moniteur permettant d’afficher les données saisies, puis le résultat du traitement. Les terminaux dits passifs, exclusivement employés jusque dans les années 1990, avant l’apparition des micro-ordinateurs, nécessitaient d’effectuer les traitements en temps réel sur un ordinateur distant (ordinateur central, ordinateur sous Unix). L’apparition des micro-ordinateurs a permis d’exécuter certains traitements sur le poste de travail de l’utilisateur, donc en théorie de limiter la part du temps d’accès dû aux communications à distance.

Les traitements par lots les plus courants sont les traitements longs et difficilement divisibles comme les tâches comptables, le calcul de la paye, les traitements d’interfaçage, les contrôles complexes, les sauvegardes. Ils sont généralement effectués périodiquement. Les périodes de traitement peuvent être journalières, mensuelles, annuelles, ou quelquefois hebdomadaires.

Dans le client/serveur, le temps de traitement temps réel dépend du temps de traitement sur le micro-ordinateur, du temps de cheminement des informations sur le réseau (local/LAN ou grande distance/WAN), et du temps de traitement sur l’ordinateur central. Les temps de traitement sont largement dépendants de la puissance de calcul et surtout de la mémoire disponible dans l’ordinateur. Les temps de cheminement sur le réseau sont dépendants de la capacité de la ligne.

Aujourd’hui[Quand ?], la distinction traditionnelle entre le temps réel et le batch tend à évoluer : les possibilités techniques (mémoire, capacités de stockage, capacité des lignes télécoms) ont radicalement changé la donne. La notation Ri/Rd (réponse instantanée/différée) issue des méthodologies de conception (MERISE) n’a plus autant d’intérêt. Le choix entre temps réel et batch est le plus souvent imposé par le concepteur du progiciel de gestion intégré. Le caractère discriminant du choix entre le temps réel et le batch n’est plus le même. Pendant longtemps, les capacités techniques dictaient le choix du mode de traitement. Le traitement batch reste nécessaire pour les traitements volumineux ou nécessitant des contrôles impossibles à effectuer en temps réel. Il est souvent question aussi de traitements synchrones ou asynchrones.

Les traitements effectués sur le web sont le plus souvent exécutés en système temps réel et à distance. Les contraintes de mise en cohérence des informations saisies subsistent, afin que ces informations soient conformes aux référentiels métiers, aux référentiels comptables et aux législations de plus en plus nombreuses. Ces contraintes s’expriment d’une façon plus complexe encore, et peuvent être gérées non plus par des contrôles effectués a posteriori dans chaque application, mais par la constitution de référentiels ou de normes, et par la gestion de données et de documents en communautés (forums, groupwares, espaces de travail partagés…).

Avec l'internet, la logique de traitement en temps réel avec des partenaires nécessite de plus en plus d’assurer l’interopérabilité entre des logiciels de domaines variés. Cette interopérabilité est assurée, dans les langages de balisage, par l’intermédiaire de données spéciales (métadonnées par exemple cf Resource Description Framework), parmi lesquelles on trouve la date.
Création artistique

La création artistique peut être assimilée à la synthèse de la fabrication et de l’action au sens d’Aristote, c’est-à-dire, dans le vocabulaire de Wilhelm von Humboldt, de l’énergie créatrice (energeia en grec) et du produit (ergon). Apprécier une œuvre d’art, c’est à la fois la considérer comme une réalité distincte de l’artiste, possédant l’ambiguïté des choses, et y retrouver la puissance vivante de l’imagination, des sentiments, d’une vision du monde. L’œuvre confère la permanence de la chose à la fugacité de l’inspiration et du geste de l’artiste. Cette tension entre Apollon et Dionysos se retrouve dans la rivalité du classicisme et du romantisme, ou encore du formalisme et de l’expressionnisme. Dans un clin d’œil à Bichat, André Malraux définissait la culture tout entière comme l’ensemble des formes qui résistent à la mort. À vrai dire, remarque Jean-Paul Sartre, si l’œuvre d’art survit en effet à l’artiste, on ne saurait la confondre avec une chose, c’est-à-dire une réalité qui demeure indépendamment de l’imagination humaine. C’est parce que nous contemplons un tableau qu’il est davantage que des pigments étalés sur une toile.

Certaines cultures ne voient dans la création que l’aspect dynamique, l’acte pur ou l’inspiration, et ne se soucient absolument pas de pérenniser le dessin ou la peinture. En Inde, par exemple, toute vie est transition : tout est pris dans un cycle perpétuel de création et de destruction. L’art ne saurait faire exception. Il est vrai qu’il s’agit surtout de communier, par l’intermédiaire d’un objet, avec l’esprit de quelque divinité. En dehors de cet instant sacré, l’œuvre n’est plus qu’un réceptacle déserté. Elle aura surtout servi à relier l’âme de l’artiste à la divinité, à la manière d’une prière.

Benedetto Croce soulignait cependant qu’il n’y a art à proprement parler que si la création se continue dans la contemplation. Contempler, ce n’est pas coïncider avec les affects de l’artiste. L’art n’est pas de l’ordre du sentiment immédiat, ce qui ne signifie pas qu’il soit un jeu frivole et froid. L’art objective les sentiments ainsi que les idées. La colère s’évanouit en se répandant. Mais l’artiste la donne à voir, donne à voir les passions, les élans du cœur, des concepts métamorphosés dans la forme ou le rythme. Il les met au passé en quelque sorte. Alain écrit à propos de la musique qu’elle n’est ni gaie ni triste. « On appelle quelquefois mélancolie, faute d’un meilleur mot, cet état où l’on contemple ses propres malheurs, et tous les malheurs, comme des objets qui passent et déjà lointains ; la musique figure merveilleusement ce souvenir et cet oubli ensemble. »

Ainsi, la contemplation esthétique ne consiste pas seulement à apprécier une forme soustraite au temps. Elle nous libère de l’urgence de l’instant, elle nous permet de contempler la condition humaine de loin, ou de plus loin. C’était aussi la raison d’être de la tragédie : contempler les malheurs de l’homme du point de vue du destin, dans un mouvement de recul par rapport au temps.
Musique

Le temps est le paramètre principal de la musique, un des rares arts à s’inscrire dans une évolution temporelle et à créer un temps. La différenciation entre temps subjectif et temps objectif y joue un rôle primordial, puisque l’émotion procurée se mesure à l’aune de ce temps subjectif de l’écoute active, temps non quantifiable, et qui fait l’objet de plusieurs recherches en psychologie. Plusieurs compositeurs contemporains, comme Arvo Pärt, Pierre Boulez, José Manuel Lopez Lopez et bien d’autres, ont recherché des formes d’écriture, des procédés musicaux pour suspendre ce temps subjectif, pour inscrire le temps vécu dans une dimension contrôlée.

Dans le solfège, le temps est une subdivision de la mesure et suggère la dynamique à apporter à l’interprétation (temps fort - temps faible).

L’observation des conduites musicales enfantines permet une approche un peu différente. La musique, dans sa pratique « de concert » implique en effet un temps commun. Il s’agit d’un temps à la fois pratique et formel. Un des penseurs de l’Ars Nova, au XIIIe siècle, Francon de Cologne exprime brillamment cette idée : le Tempus est la mesure de la musique émise et de la musique omise. L’observation met en évidence la construction de ce temps formalisé par les enfants, qui passent de l’activité égocentrique (dans le sens piagétien) à un temps pratique, basé sur le concret, perceptif et actif qui le produit, puis à ce temps formalisé qui permet les activités interactives, complémentaires. Ce niveau n’est guère atteint avant la sixième année.
Notes et références

   ↑ Brisson 2008, p. 292
   ↑ Alain in Éléments de philosophie.
   ↑ À propos du sentiment intime et universel du temps : « (…) si mes impressions changent, aussitôt l’impression première, tout entière, prend le caractère du passé, et est en quelque sorte repoussée dans le passé par celle qui survient. » Alain, in Éléments de philosophie.
   ↑ Augustin d'Hippone, Confessions XI, 14, 17
   ↑ a et b Rafael E. Núñez, « Le passé devant soi », La recherche, no 422,‎ 2008 (lire en ligne [archive])
   ↑ (en) Rafael E. Núñez et Eve Sweetser, « With the Future Behind Them: Convergent Evidence From Aymara Language and Gesture in the Crosslinguistic Comparison of Spatial Construals of Time », Cognitive Science, vol. 30, no 3,‎ 2006, p. 401-450 (lire en ligne [archive])
   ↑ À ce sujet, consulter une analyse du temps chez Saint Augustin [archive].
   ↑ Deux rapports de deux nombres entiers chacun ont toujours un troisième rapport intermédiaire, de sorte qu’il n’y a jamais deux divisions entières successives comme peuvent l’être deux nombres entiers.
   ↑ a et b Bertrand Russell in La méthode scientifique en philosophie.
   ↑ Emmanuel Kant, Critique de la raison pure (Théorie transcendantale des éléments, partie I, esthétique transcendantale, §4).
   ↑ Par exemple, l’unité, 1, est supérieure à 1/2, 3/4, 7/8, 15/16 … dont l’ensemble est une suite au nombre de termes infini, ie. une suite compacte.
   ↑ Francis Kaplan, L'irréalité du temps et de l'espace - Réflexions philosophiques sur ce que nous disent la science et la psychologie sur le temps et l'espace, Cerf, 2004
   ↑ (en) « Generalized clocks in timeless canonical formalism » [archive] (consulté le 30 novembre 2011)
   ↑ Dictionnaire de physique. Richard Taillet, Loïc Villain, Pascal Febvre. 2e édition. De Boeck, 2009, page 301.

Annexes

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Bibliographie

   Luc Brisson (dir.) (trad. du grec ancien), Définitions, Éditions Gallimard, 2008 (1re éd. 2006) (ISBN 978-2-0812-1810-9)
   Les Caractères (trad. Nicolas Waquet, préf. Nicolas Waquet), Paris, Payot & Rivages, coll. « La Petite Bibliothèque », 2010, 112 p. (ISBN 978-2743621384)

Dans l'ordre de la Classification décimale de Dewey

1. Philosophie

   Aristote, Physique, livre IV.
   Alain, Éléments de philosophie, Français, Éd. Gallimard, collection Folio/essais, Paris, novembre 2001, Broché, 384 pages, (ISBN 2-07-032612-Cool.
   Kant, Critique de la Raison pure.
   Henri Bergson, La Pensée et le Mouvant, PUF, quadrige
   Henri Bergson, L’Évolution créatrice, PUF, quadrige.
   Agustín García Calvo, Contra el Tiempo, Editorial Lucina, Zamora, 2001.
   Martin Heidegger, Sein und Zeit
   Michel Paty, Jean-Pierre Luminet, Marc Lachièze-Rey, Gilles Cohen-Tannoudji, Maurice Jacob, Roger Balian, Ladislas Robert, André Comte-Sponville, Jean-Marc Lévy-Leblond, Le Temps et sa Flèche, Français, Éd. Flammarion, collection Champs Flammarion, Paris, 1994, 1995, 1996, Poche, 282 pages, (ISBN 2-08-081339-0).
   Bertrand Russell, La méthode scientifique en philosophie, Français (traduit de l’anglais), Éd. Payot & Rivages, collection Petite bibliothèque Payot, Paris, 17 février 2002, Poche, 290 pages, (ISBN 2-228-89529-6).
   Michel Lefeuvre, La réhabilitation du temps. Bergson et les sciences d’aujourd’hui, Éd. L’Harmattan, novembre 2005, (ISBN 2-7475-9388-6).
   Étienne Klein, Les tactiques de Chronos, Flammarion, 2003
   Étienne Klein, Le facteur temps ne sonne jamais deux fois, Flammarion, 2007
   Jacques Attali, Histoires du temps, Fayard, 1982 - 333 p. (ISBN 2-213-01118-4)
   Mircea Eliade, Le mythe de l’éternel retour. Archétypes et répétition, traduit du roumain par Jean Gouillard et Jacques Soucasse, Paris, Gallimard, « Les Essais », 1949 ; nouvelle édition revue et augmentée, « Idées », 1969.

2. Religion

   Saint Augustin, Confessions, Français (traduit du latin), Éd. Seuil, collection Points Sagesses pour la traduction de Mondalon, Paris, novembre 1982, Édition Pierre Horay pour la traduction originale, Poche, 405 pages, (ISBN 2-02-006318-2).
   Jean-Marc Rouvière, Brèves méditations sur la création du monde, Éd. L’Harmattan, 2006

4. Langues

   Élisabeth Vauthier, Variations sur le Temps : penser le Temps dans le monde arabe, CRINI, Nantes, 2007, 113 pages, (ISBN 2-916424-08-3).

5. Sciences pures

   Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, Flammarion, 1989.
   Richard Feynman, La nature des lois physiques (The Character of Physical Law).
   Ilya Prigogine et Isabelle Stengers, La Nouvelle Alliance, Gallimard, 1979.
   Ilya Prigogine et Isabelle Stengers, Entre le temps et l’éternité, Fayard, 1988.
   Carlo Rovelli, What is time? What is space?, Di Renzo Editore, 2006. Traduction : Qu’est-ce que le temps ? Qu’est-ce que l’espace ?, Bernard Gilson Éditeur 2006

7. Arts

   Helmut Breidenstein, Mozart’s tempo indications. What do they refer to? (aussi en allemand et italien, http://mozart-tempi.net
   Elena Belaïa, Variations sur le Temps : d’une langue à l’autre, quelle temporalité ?, CRINI, Nantes, 2005, 132 pages, (ISBN 2-86939-190-0).

Articles connexes

Dans l'ordre de la Classification décimale de Dewey

1. Philosophie de l'espace et du temps

   Temps (Philosophie)
   Heidegger et la question du temps
   Emmanuel Kant, le temps comme forme a priori de l'intuition, et non point concept
   Ferdinand de Saussure, sur les concepts de synchronie et diachronie

2. Religion

   Genèse, Apocalypse : le début et la fin des temps
   Temps liturgique

3. Sciences sociales

   Perception du temps
   Temps de réponse (psychologie)
   Temps de travail

4. Langues

   Temps (grammaire)

5. Le temps en physique

   Espace-temps
   Flèche du temps
   Temps cosmique
   Temps newtonien
   Temps tridimensionnel
   Théorie de la relativité

6. Techniques

   Histoire de la mesure du temps
   Horlogerie
   Ordre de grandeur du temps
   Temps universel coordonné (UTC), Temps universel (TU), et Greenwich Mean Time (GMT)
   Le temps décimal

7. Arts

   Liste d'œuvres impliquant le voyage dans le temps
   Temps (solfège)

8. Littérature

   À la recherche du temps perdu
   Voyage dans le temps

9. Histoire

   Chronologie

Liens externes

   La Mesure du temps, Henri Poincaré dans La Valeur de la Science
   Vidéo-conférence sur le thème Le temps et sa flèche, intervention d’Étienne Klein
   L'assise de l'ontologie critique, François-Xavier Chenet.

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Temps
Concepts clés

   Passé (histoire) Présent Instant Futur Futurologie Chronologie du futur lointain Éternité

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Mesures et normes
Chronométrie

   TU UTC TAI Unité de temps Temps de Planck Seconde Minute Heure Jour Semaine Mois Année Décennie Siècle Millénaire Année tropique Année sidérale

Système d'unités

   Fuseau horaire Système horaire sur 12 heures Système horaire sur 24 heures Heure d'été Temps solaire Temps sidéral Temps décimal Temps hexadécimal

Calendriers

   Calendrier par civilisation Grégorien Julien Hébreu Musulman Lunaire Maya Intercalation Seconde intercalaire Année bissextile

Horloges

   Horlogerie Histoire de la mesure du temps Principaux types
       Astrarium atomique marine solaire montre clepsydre

Chronologie et histoire

   Frise chronologique Époque historique

Religion et mythologie

   Temps du rêve Prophétie Immortalité Heures

Philosophie du temps

   Présentisme et éternalisme Causalité Éternel retour Éternalisme Présentisme

Expériences humaines et utilisation du temps

   Exercice fiscal Procrastination Base de données temporelle Court terme Long terme Gestion du temps Perception du temps Valeur temps de l'argent Pointeuse Temps de travail

Temps en
Géologie

   Temps géologiques
       âge chron éon époque ère période échelle des temps géologiques lunaires échelle des temps géologiques martiens Géochronologie

Physique

   Flèche du temps Chronon Temps imaginaire Ère de Planck Temps propre Espace-temps Théorie de la relativité Dilatation du temps Domaine temporel Symétrie T

D'autres domaines

   Chronobiologie Rythme circadien Datation Espace-temps géographique

Sujets en lien

   Carpe diem Heure (direction) Espace Tempus fugit Capsule temporelle Complexité en temps Voyage dans le temps

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