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 Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca

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Minouska.KounakDenat



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MessageSujet: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:17

"crédit fait à la nature et foi dans la Liberté."

V. - La Quête d'une Nouvelle Sagesse.

La rédaction de l’œuvre rabelaisienne s'étale sur une vingtaine d'année, durant une des périodes les plus troublées de la conscience européenne. Elle pose les problèmes essentiels de la pensée contemporaine, propose un idéale de sagesse que l'auteur a baptisé lui même le Pantagruélisme.
Plus qu'un système philosophique, Rabelais à l'image des grands humanistes du Temps, indique ou suggère les règles de vie, une philosophie morale qui s'inscrit dans le cadre de la pensée chrétienne et qui s'est nécessairement approfondie et enrichie au contact de l'Expérience.

Les Deux Premiers Livres retracent deux vies de géants. Ils datent des années 1532-1534 au moment où triomphe l'humanisme et l'évangélisme; Le Tiers et le Quart Livre sont rédigé entre 1546 et 1551, pendant des années de luttes, de persécutions et d'intransigeance religieuse. Si l'Orientation de la vie de Rabelais reste la même, elle n'en subit pas moins des modifications qui infléchissent son art de vivre.

"vivre en Paix, Joie, santé, faisant toujours Grande-Chère"", tel est le fait des bons pantagruélistes de 1532. L'accent y est important entre Grande-Chère et Pantagruélistes. Ces ambitions modestes d'une morale du bonheur s'enrichissent dans Gargantua dont le sous titre mentionne qu'il est "un livre plein de Pantagruélisme", mais sans autre précision lui même.

Toutefois moi, Lazard Madeleine souligne Le Mythe de Thélème et L'accent y est tout aussi important que entre Grande-Chère et Pantagruélistes. L'auteur y consacre les sept derniers chapitres de son ouvrage comme en ayant un clin d’œil envers la dernière épouse, vierge et Jeune du Roi David. Le Ton continument sérieux contraste avec celui des autres chapitres de l’œuvre de Rabelais.

En effet, le sens des règles des Thélèmites et la porté du Texte ont suscité des controverses...

E.Faguet y a vu le manifeste du naturalisme et de l'optimisme rabelaisiens qui supposent l'homme spontanément bon si on ne le contraint pas;
J.Plattard, "Rabelais a pu tenir Thélène pour une chimère mais non sur les principes sur lesquelles il la fondait".
Pour J.Villey, la règle repose sur le grand principe de l'humanisme: "crédit fait à la nature et foi dans la Liberté."

Cette fois dans l'Homme, j'y inclus la Femme, a paru incompatible avec la religion révélée. A.Lefranc fait de sa règle une condamnation du fanatisme et une preuve de l'incroyance de Rabelais. L'inscription mise sur la porte de Thélème, a remarqué V.L. Saulnier indique que l'abbaye est ouverte aux évangélistes et semble bien à en fonder "La foi profonde3; O subtil mélange, mais n'y a t'il pas antagonisme entre l'idéal morale et religieux et l'existence d'épicuriens des thélèmistes ?

Une Confiance si totale en la nature humaine a paru évidemment peu chrétienne: elle semble ignorer le pécher originel et ne fait pas mention de la nécessité de grâce divine souligné toutefois dans l’œuvre plusieurs fois et reprises. Sans doute Rabelais songe t'il moins à définir ici un idéal religieux sur " un idéal intellectuel, esthétique et mondain", selon P.Jouda.

Ecrit par Madeleine Lazard, Docteur ès lettres.
Maître-Assitant à l'Université de Paris Sorbonne
Que sais je ? N°1767
Presses Universitaires de France;

Certains me disent qu'ils écrivent beaucoup et lise peu ou rien pour certains... Moi, j'aime recopier par mes doigts soulignant l'importance du débat et d'apercevoir des similitudes entre des êtres que tout oppose et pourtant qui les rassemble dans le domaine de l'inconscient, de la filiation et de l'adoption.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie

Fernand de Magellan (Fernão de Magalhães en portugais, Fernando de Magallanes en castillan1), né dans le nord du Portugal2 aux environs de 1480 et mort sur l'île de Mactan aux Philippines le 27 avril 1521, est un navigateur et explorateur portugais de l'époque des Grandes découvertes. Il est connu pour être à l'origine de la première circumnavigation de l'histoire – achevée en septembre 1522 sous les ordres de Juan Sebastián Elcano après trois ans de voyage – en ayant navigué vers l'ouest pour rejoindre les Moluques, découvrant sur son chemin le détroit qui porte son nom aujourd'hui.

Au XVe siècle, contrairement aux idées reçues, le fait que la Terre soit ronde était une idée connue depuis l'Antiquité3,4. Au IIIe siècle av. J.-C., Ératosthène en avait mesuré la circonférence avec un degré d'exactitude remarquable. Même si les écrits des Grecs, notamment ceux d’Aristote, perdirent leur autorité, cette idée perdura pendant tout le Moyen Âge. Le Traité de la Sphère de Joannes de Sacrobosco, écrit à Paris en 1224, fut largement divulgué dans tous les cercles savants sans que l'Église y trouvât à redire. Le premier globe connu, c'est-à-dire le plus ancien conservé, est celui réalisé à Nuremberg par Martin Behaim en 1492.

À cette époque également, l'Europe avait développé un goût pour les épices exotiques, ce qui a favorisé, outre l'intérêt de géographes, celui d'explorateurs et de commerçants5,6. Magellan était convaincu que les Moluques (îles aux Épices) se trouvaient dans la moitié du globe qui revenait à la couronne d'Espagne depuis le Traité de Tordesillas qui partageait le monde entre Castillans et Portugais depuis 1494. Il pensait qu'il pourrait rejoindre par l'ouest les îles aux Épices qu'il avait déjà approchées lors de son séjour à Malacca en 1511-1512. Avant même qu'il n'entreprît son voyage aux îles Moluques d'où provenait en exclusivité le girofle, Magellan avait reçu des lettres d’un de ses amis personnels, le Portugais Francisco Serrão, qui s’y trouvait depuis 1512. C'est ce projet de rejoindre par l'ouest les îles des Épices, soutenu finalement par la Couronne espagnole, qui conduisit la flotte qu'il commandait à effectuer le tour du monde, ce qui n'était en rien le projet initial. L'événement eut un retentissement considérable en Europe. Après un peu plus d'un quart de siècle, le projet de Christophe Colomb était enfin réalisé et comme le souligne Pierre Chaunu « jamais le monde n'a été aussi grand qu'au lendemain du périple de Magellan »7.


Dernière édition par Minouska.KounakDenat le Jeu 17 Nov à 9:49, édité 1 fois
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Minouska.KounakDenat



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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:18

L'abbaye de Thélème est la première utopie de la littérature française, décrite par Rabelais du chapitre LII au chapitre LVIII (ou L à LVI dans l'édition de 1535) de Gargantua (première publication en 1534 ou 1535, édition définitive en 1542). À la fin de la guerre picrocholine, Gargantua remercie son ami, le frère Jean des Entommeures, de l'avoir aidé dans sa lutte contre Picrochole, en lui offrant de lui bâtir une abbaye. Le frère Jean refuse d'abord, « car comment pourrais-je, dit-il, gouverner autrui, qui moi-même gouverner ne saurais ? ». Puis il accepte, mais la règle du lieu sera l'inverse de ce que connaissent les abbayes de l'époque, dont les moines sont soumis à l'obéissance à une discipline et à une hiérarchie. La devise de l'abbaye est : « Fais ce que voudras ». Le nom « Thélème » est d'ailleurs dérivé du grec θέλημα (« thélêma »), qui, dans le Nouveau Testament, désigne la volonté divine, laquelle se manifeste en l'homme sans que la raison de celui-ci n'intervienne. Dans le Songe de Poliphile, de Francesco Colonna, Thélémie (la volonté) est l'une des deux nymphes qui accompagnent Poliphile dans sa quête1.

Sommaire

1 La vie dans l'abbaye
2 Une utopie
3 Notes et références
4 Annexes
4.1 Bibliographie
4.2 Articles connexes

La vie dans l'abbaye

L'abbaye de Thélème évoque par son architecture un château de la Renaissance, tel Chambord, plutôt qu'un monastère médiéval. Rabelais décrit une vie collective fondée sur la volonté générale. Les résidents, femmes et hommes, y font ce qui leur semble vertueux (« Fais ce que voudras » ne signifie pas qu'ils font ce qu'ils veulent, mais ce que la volonté divine leur suggère) ; les exemples d'activité sont plutôt agréables : boire, lire, chanter, jouer de la musique. Personne ne contrarie personne, il n'y a pas d'abbé, ni de hiérarchie, les conflits sont inexistants ; cependant l'abbaye de Thélème accueille ceux « qui annoncent le saint Évangile » (Gargantua, chapitre 54). Rabelais présente ainsi son idéal évangélique2. La description de l'abbaye de Thélème serait ainsi une réécriture de celle de la Jérusalem céleste qui apparait dans l'Apocalypse de Jean.

En humaniste de son temps, Rabelais postule qu'une société sans contraintes ni conflits est possible dès lors qu'on laisse s'exprimer la nature foncièrement bonne de l'humain. Les résidents de Thélème ont par nature le sens de l'honneur et de la responsabilité : « parce que les gens libres, bien nés, bien éduqués, vivant en bonne société, ont naturellement un instinct, un aiguillon qu'ils appellent honneur qui les pousse toujours à agir vertueusement et les éloigne du vice » (Gargantua, chapitre 57).

Pour arriver à ce résultat, Rabelais souligne l'importance de l'éducation : les résidents de Thélème sont nourris de connaissances dans des domaines étendus, lisent, écrivent, parlent cinq ou six langues, savent jouer de différents instruments de musique, etc. Cependant cette éducation n'est rien sans la θέλημα, la volonté divine.

Quant à Frère Jean, il refuse de gouverner cette abbaye, car « comment, disait-il, pourrais-je gouverner autrui, alors que je ne saurais me gouverner moi-même ? » (Gargantua, chapitre 52) En effet l'idéal est de se gouverner soi-même, ce qui semble l'objectif des Thélémites.
Une utopie

Le système social décrit par Rabelais n'en est pas moins fragile, puisque, par définition, il tient au bon vouloir de ses membres. Rabelais insiste donc sur la composition de la population de l'abbaye, qui a fait l'objet d'une sélection : c'est une élite de femmes et d'hommes d'origine noble, d'excellente éducation, présentant des qualités sociales. Le texte suggère même qu'il faut être physiquement avenant pour faire partie de la sélection. « Jamais ne furent vus chevaliers si preux, si galants, si habiles à pied et à cheval, plus verts, mieux remuant, maniant mieux toutes les armes. Jamais ne furent vues dames si élégantes, si jolies, moins acariâtres, plus doctes à la main, à l'aiguille, à tous les actes féminins honnêtes et libres, qu'étaient celles-là ».

Thélème rappelle donc l'importance de l'éducation pour l'évolution de l'homme et de la société : une éducation ouverte et diversifiée, permettant l'affirmation de soi. Mais une telle éducation n'est pas accessible à tous, à l'époque où Rabelais écrit. Comme dans beaucoup d'utopies, la vie à Thélème est, de fait, réservée à une élite.

L'Abbaye de Thélème semble être la réécriture de plusieurs « utopies », notamment la Jérusalem céleste dans l'Apocalypse, celle du Songe de Poliphile de Francesco Colonna (1499) et l'Utopia de Thomas More. En effet Rabelais connaissait l'Utopia, publiée en 1516 à Louvain, en Belgique. Au début du chapitre II de son Pantagruel (1532), il désigne la mère de celui-ci, la femme de Gargantua, comme étant « Badebec, fille du roi des Amaurotes en Utopie ».
Notes et références

↑ « La nymphe [Thélémie] donne son nom à l'abbaye de Thélème dans le Gargantua"" (chap. 52 et suiv.). Distinct de la βουλή, « volonté délibérée » et de l'έπιθυμία, « caprice », le θέλημα s'entend comme l'expression de la volonté profonde. Le terme est connoté par son emploi dans le Nouveau Testament où il désigne l'écho, en l'homme, de la volonté divine » ; (note de Gilles Polizzi dans Le Songe de Poliphile de Francesco Colonna, Imprimerie nationale, 1994, p. 432).
↑ Au XVIe siècle humanistes évangéliques redécouvrent le texte original de la Bible et fondent leur théologie sur un rapport plus direct, non seulement aux textes, mais aussi à Dieu.

Annexes
Bibliographie

Ouvrage

Charles Lenormant, Rabelais et l'architecture de la Renaissance : restitution de l'abbaye de Thélème, J. Crozet, 1840 [lire en ligne]

Articles

Louis Marin, « Les corps utopiques rabelaisiens », Littérature, 1976, volume 21, numéro 21, p. 35-51 [lire en ligne]
Per Nykrog, « Thélème, Panurge et la dive bouteille », Revue d'histoire littéraire de la France, no 65, 1965, p. 385-397 [lire en ligne]
Gilles Polizzi, « Thélème ou l'éloge du don : le texte rabelaisien à la lumière de l'« Hypnerotomachia Poliphili » », Bulletin de l'Association d'étude sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 1987, volume 25, numéro 25, p. 39-59 [lire en ligne]
Jean-Yves Pouilloux, « Notes sur l'abbaye de Thélème », Romantisme, 1971, volume 1, numéro 1-2, p. 200-204 [lire en ligne]
François Rouget, « Rabelais lecteur de Castiglione et de Machiavel à Thélème (Gargantua, chap. 52-57) » », dans Études rabelaisiennes, t. XLII, Genève, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et Renaissance », 2003 (ISBN 2-600-00869-1), p. 101-116

Articles connexes

Gargantua
Thelema
Château de Bonnivet, Château de Chambord, Château de Chantilly, qui servirent de modèles à l'abbaye de Thélème
L'abbaye de Thélème fut aussi une communauté mystique et magique instaurée par Aleister Crowley à Cefalù en Sicile dans les années 1920.
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Minouska.KounakDenat



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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:30

Utopia (le titre complet en latin est De optimo rei publicae statu, deque nova insula Utopia, ou par extense, Libellus vere aureus, nec minus salutaris quam festivus de optimo rei publicae statu, deque nova insula Utopia) est un ouvrage de Thomas More paru en 1516. Il s'agit d'un livre fondateur de la pensée utopiste, le mot utopie étant lui-même dérivé de son titre. L'ouvrage a connu un succès particulier en France au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle.

Le titre est construit d’après une racine grecque signifiant « lieu qui n'est nulle part », οὐ τοπος (ou topos) en grec1.

Bien que Thomas More ne fût pas économiste, mais juriste, historien, théologien et homme politique, Utopia, qui n'était pas un traité d'économie, mais plutôt une satire de la société de son temps, fut repris au XIXe siècle pour construire des théories économiques.

Sommaire

1 Récit
2 Description d'Utopie
3 Contexte historique
4 Accueil en France
5 Personnages
6 Postérité
7 Notes et références
8 Annexes
8.1 Bibliographie
8.2 Articles connexes
8.3 Liens externes

Récit

Utopus conquiert Abraxa, terre rattachée au continent, et lui donne son nom. Il humanise « une population grossière et sauvage, […] pour former un peuple qui surpasse […] tous les autres en civilisation ». Ensuite, il fait creuser un isthme et la terre d'Abraxa devient une île, l'île d'Utopie. La genèse de l'île est symbolique des intentions d'Utopus ; il a voulu en faire un lieu protégé, rebutant les voyageurs par sa difficulté d'accès. Les barrières naturelles mettent l'île à l'abri des influences extérieures. Quant au terme d'Abraxa, il n'est pas insignifiant : il désigne la ville des fous dans l'Éloge de la Folie de son ami Érasme. Désormais, l'Utopie sera régie par les mathématiques, pure manifestation de l'intelligible. Dans l'île, tout est mesurable parce que le nombre seul garantit l'égalité. Par exemple, toutes les rues de la ville d'Amaurote mesurent 6,5 mètres de largeur.
Description d'Utopie

La base de l’organisation utopique est la stricte égalité entre les êtres. Pour assurer cette égalité, il n’existe ni propriété, ni argent. C’est le point central sur lequel le débat s’engage avec Thomas More (lui-même personnage de l’œuvre) qui semble d’abord sceptique vis-à-vis de cette idée, qui encouragerait selon lui la fainéantise. C’est alors que le voyageur Raphaël décrit toute l’organisation d’Utopie : chacun se voit prêter une maison pour 10 ans. Tous sont agriculteurs pendant 2 ans (ou plus s’ils le souhaitent), et travaillent 6 heures par jour. Il n’y a aucun oisif (pas de « nobles » par exemple). Tous ont les mêmes vêtements. Ils prennent leur repas en commun. Le temps libre est consacré à des loisirs comme les échecs ou l'apprentissage des belles lettres. Il y a des cours gratuits pour adultes, la culture devant être accessible à tous. Les Utopiens ne sont pas superstitieux, il n’existe aucune forme de divination ou d’augure. Les jeux de hasard sont interdits, le luxe inexistant. La chasse est interdite, sauf pour les bouchers (qui sont des esclaves), par nécessité, il ne s’agit donc pas d’un amusement. L’or et l’argent (le matériau) n’ont aucune importance. Un système de péréquation entre les villes permet d’aider les plus pauvres. C’est seulement par un tel système qu’on peut se soucier réellement de l’intérêt général, quand la fortune de l’Etat est bien distribuée. Il n’y a pas de pauvres en Utopie. Au contraire, dans les autres formes d’organisation, chacun doit toujours penser à lui-même, et il y a une « conspiration des riches », qui font les lois, et qui parviennent par ces lois à maintenir leur domination et à exploiter les pauvres. Ils veulent rester supérieurs et se réjouir en se comparant aux pauvres, plus bas qu’eux. « L'orgueil ne mesure pas le bonheur sur le bien-être personnel, mais sur l'étendue des peines d'autrui. »

Les Utopiens sont épicuriens, ils conçoivent le bonheur avant tout comme le plaisir de l’absence de troubles, mais ils ont une religion, ils croient en Dieu et à la vie après la mort (contrairement à Epicure). Ils pratiquent l’euthanasie quand ils la jugent nécessaire.

Les futurs époux se voient nus avant le mariage, pour juger correctement de l’autre. Le divorce par consentement mutuel est autorisé. La récidive en matière d’adultère est punie de mort.

Les lois sont en petit nombre, d’où l’absence d’avocats.

La vanité est partout rejetée. Notamment, il est honteux de chercher la gloire militaire; les rois européens et leurs perpétuelles guerres d’expansion sont vertement critiqués par le voyageur Raphaël. Celui-ci refuse d’ailleurs de mettre son intelligence au service des rois. Il s’imagine déjà ridicule dans les discussions des conseillers royaux, lui prêchant la paix et la sobriété alors que les autres parlent de guerre. Pourtant il est vrai selon lui que les rois doivent devenir philosophes ou les philosophes rois, comme l’a dit Platon ; mais il ne sert à rien de donner des philosophes comme conseillers à des rois non philosophes. Plusieurs références explicites sont faites à la République de Platon.

En Utopie, seules les guerres défensives sont permises, ou les guerres en vue du « bien de l’humanité ». On y méprise les mercenaires qui se font payer. Les guerres sont menées avec les utopiens, mais aussi les femmes utopiennes qui sont volontaires, et même avec les enfants (surtout en tant qu’observateurs).

Plusieurs religions sont tolérées en Utopie (même si elles tendent à devenir une) : la religion du soleil, la religion des grands hommes, etc. Mais la majorité des Utopiens croit en l’existence d’un Père incompréhensible, ainsi qu’en Jésus. « Dans les idées utopiennes, le Créateur […] expose sa machine du monde aux regards de l'homme, seul être capable de comprendre cette belle immensité. Dieu voit avec amour celui qui admire ce grand œuvre, et cherche à en découvrir les ressorts et les lois ; il regarde avec pitié celui qui demeure froid et stupide à ce merveilleux spectacle, comme une bête sans âme. »

La tolérance religieuse et la liberté de conscience existent, en revanche le matérialisme et l’athéisme sont honteux, censés mener à l’égoïsme.
Contexte historique

Utopia paraît en 1516 en latin chez l’éditeur Thierry Martens de Louvain en Brabant (Pays-Bas des Habsbourg), un livre étrange dont l’auteur Thomas More (Morus en latin), avocat des bourgeois de Londres passé depuis peu au service de la diplomatie du roi d’Angleterre Henri VIII, était réputé l’ami d’Érasme.

L'ouvrage connut un succès immédiat. D’autres éditeurs entreprirent d’éditer le livre :

Gourmont à Paris en 1517,
Alde à Venise en 1519,
d’autres encore à Vienne, à Florence, à Bâle, etc.

Utopia est traduit en italien à Venise en 1548, en français à Paris en 1550, en anglais à Londres en 1551 chez Ralph Robinson.

Les humanistes, en se consacrant à la redécouverte de l’Antiquité et de ses savoirs, les clercs qui s’interrogeaient sur le présent et l’avenir de l’Église romaine, les magistrats au service du droit et des États, les bourgeois instruits des villes marchandes, assurèrent la réputation de Utopia. Du coup, l’éditeur brabançon qui en avait eu la primeur en tira huit éditions entre 1516 et 1520 ; le célèbre Johann Froben de Bâle — pour lequel travaillait Érasme — en publia deux éditions.
Accueil en France

L’Utopie de Thomas More a eu en France un retentissement particulier au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle : en 1643, en 1715, en 1730, en 1741, en 1780 : éditions, traductions nouvelles, rééditions, n’ont cessé de se succéder, faisant ainsi de cette œuvre l’un des livres les plus lus de la littérature européenne moderne pendant les Lumières.

L'originalité comme le succès de ce roman ont conduit à des imitations et cette œuvre se trouve ainsi à l'origine d'un nouveau genre littéraire auquel on donne précisément le nom d'utopie.

Au XIXe siècle, le mot utopie a servi à la construction de systèmes socialistes, avec d'autres sources plus idéologiques que l'intention initiale de Thomas More :

Saint-Simon ;
Étienne Cabet
Charles Fourier ;
Pierre Leroux ;
Pierre-Joseph Proudhon ;
Jean-Baptiste André Godin.

Personnages

Utopus, mort depuis des années, reste le concepteur génial de tout ce qui se trouve sur l'île. Les rues, les égouts, les remparts, les habitations, les lois, les règles sociales... sont le résultat de son œuvre en Utopie.
Raphaël Hythlodée, explorateur qui décrit l'Utopie.

Postérité

Utopia est passé dans le langage courant : une « utopie » signifie un rêve impossible, un désir inaccessible.

Thomas More fait écho à Érasme et son Éloge de la folie, qu'Érasme lui a d'ailleurs dédié (extraits de l'Éloge de la folie). Il compose l'utopie comme un éloge de la sagesse répondant à l'œuvre d’Érasme.
Gargantua et Pantagruel, les héros éponymes des romans de François Rabelais (auteur de l'Abbaye de Thélème), font séjour dans la ville d'Utopie, dont le nom est dû à Thomas More.
Dans son Champfleury (1529), Geoffroy Tory publie le dessin d’un alphabet imaginaire composé de lettres « utopiques et volontaires », en hommage à Thomas More.
Tommaso Campanella (1568 - 1639), auteur de la Cité du Soleil, ouvrage décrivant également ce que pourrait être une société d'avenir.
Au XVIIe siècle, la vision communiste de l'Utopie fut reprise par des mouvements à la fois sociaux et religieux (Diggers, Levellers) qui essayèrent de traduire en actes leur lecture de l’Évangile en collectivisant les terres.
XVIIIe siècle :
Voltaire, dans son conte philosophique Candide, développe les idées de l'utopie dans deux chapitres et donne un sens à cette utopie, dénonçant les dysfonctionnements de la société du XVIIIe siècle.
Babeuf et le babouvisme
Résurgence moderne de la République platonicienne, le terme d’« utopie » est repris par les grands projets socialistes du XIXe siècle, avec bien d'autres sources souvent plus idéologiques :
Saint-Simon2
Pierre Leroux
Phalanstère et son concepteur Charles Fourier
Pierre Joseph Proudhon
Karl Marx et Friedrich Engels (Engels oppose toutefois, pour s'en démarquer, socialisme utopique et socialisme scientifique)
Familistère de Guise et son fondateur Jean-Baptiste André Godin

Le thème et les personnages d'Utopia ont inspiré de nombreuses créations et improvisations, non seulement littéraires, cinématographiques, mais aussi musicales ; dont des œuvres homonymes Page d'aide sur l'homonymie.
Notes et références

↑ La prononciation anglaise du préfixe permet la confusion avec une autre racine grecque, « eu », ce qui autorise des traductions comme « bon endroit » ou « lieu de bonheur » (eu-topos en grec). Cette interprétation est à l'origine de la création du terme « dystopie », supposé être l'inverse de l'utopie.[réf. nécessaire]
↑ Voir l'article saint-simonisme et l'analyse qu'en fait Pierre Musso.

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Utopia, sur Wikisource

Bibliographie

Germain Marc'hadour, Thomas More, Utopia, Didier érudition - CNED, 1998 (ISBN 2864603489)
Philippe Godding, Petite vie de Thomas More, Desclée de Brouwer, 2002 (ISBN 2220051072 et 9782220051079)

Articles connexes

Renaissance
Histoire de la pensée économique
Eldorado

Liens externes

Moreana, site consacré à Thomas More
L'Utopie ou Le Traité de la meilleure forme de gouvernement sur Les classiques des sciences sociales
Humour, utopie, science (en archive)
Dossier « Utopie » sur Gallica
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:33

La marque d'imprimeur de Johann Froben sur ce colophon du « De re metallica » d'Agricola.

Johann Froben (forme latinisée : Johannes Frobenius), dit aussi en français Jean Froben, né vers 1460 à Hammelburg (Franconie) et mort le 27 octobre 1527 à Bâle, fut un imprimeur et un éditeur important de Bâle.

Après avoir terminé sa carrière universitaire à Bâle, où il fit la connaissance du grand imprimeur Johann Amerbach (vers 1440-1513), il devint en 1490 citoyen de cette ville et y fonda vers 1491 son imprimerie qui fut bientôt connue dans toute l’Europe pour son soin et pour son goût. En 1500 il se maria avec Gertrud Lachner, fille du libraire Wolfgang Lachner qui devint son associé. Il imprima les Biblia integra: summata: distincta: sup[er]eme[n]data vtriusq[ue] testame[n]ti [con]corda[n]tijs illustrata. D’autres travaux importants suivirent, entre autres en 1516 le Nouveau Testament grec Novum Instrumentum omne, diligenter ab Erasmo Rot. Recognitum et Emendatum, dont le texte avait été établi et traduit du latin par l’humaniste Érasme de Rotterdam, dont il devint un grand ami.

Érasme, d’ailleurs, non seulement lui fit imprimer ses propres travaux, mais dirigea ses éditions de Jérôme, Cyprien, Tertullien, Hilaire de Poitiers et Ambroise. C’est son édition du Novum Testamentum traduit en latin et émendé par Érasme (1519) qui fut utilisée par Luther pour sa traduction.

Frobenius eut recours à Hans Holbein le Jeune, alors inconnu, pour illustrer ses textes. Cela faisait partie de son dessein d’imprimer des éditions des Pères grecs, mais il mourut en octobre 1527, avant d’avoir réalisé ce projet qui fut très vraisemblablement exécuté par son fils Jérôme Froben (1501-1563) et son beau-fils Nicolas Episcopius.

Son travail à Bâle fit de cette ville au XVIe siècle le centre principal de l’édition de livres allemands. Il existe une lettre d’Érasme, écrite l’année où mourut Frobenius, et qui nous donne un résumé de sa vie et un aperçu de ce qu’il était ; Érasme y signale qu’il avait eu plus de chagrin à la mort de son ami que s’il avait perdu son propre frère, ajoutant que tous les apôtres de la science devaient porter le deuil. La lettre se termine par une épitaphe en grec et en latin.

Son fils Jérôme et ses petits-enfants perpétuèrent l’entreprise.

Il a donné son nom à une école, le Gymnasium Frobenius, à Hammelburg.
Sources

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Johann Froben » (voir la liste des auteurs).
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Johann Froben » (voir la liste des auteurs).
(en) « Johann Froben », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [lire en ligne]

Bibliographie

Notices d'autoritéVoir et modifier les données sur Wikidata : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
J. Mähly: Frobenius, Johannes (Froben, Fröben). In: Allgemeine Deutsche Biographie (ADB). Volume 8, pp. 127–128.
Article « Froben, Johann » dans l'Encyclopædia Britannica 2007 Ultimate Reference Suite.
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:39

Hypnerotomachia Poliphili, en français, Songe de Poliphile, rédigé en 1467 et imprimé à Venise en 1499, est un roman illustré italien écrit en un mélange de grec, de latin et d'italien dialectal.

Qualifié de l'un des « livres les plus beaux du monde », il est aussi l'un des plus mystérieux de la Renaissance. Ce « Combat d'amour en songe » eut, au XVIe et au XVIIe siècle, une grande influence, d'abord en Italie et en France, sur la « République des Lettres », et, notamment, en architecture et dans l'art des jardins.

Alde Manuce a imprimé ce livre à Venise en décembre 1499. L'auteur est anonyme, mais un acrostiche tend à faire attribuer l'œuvre à un certain Francesco Colonna, identifié traditionnellement avec le moine vénitien Francesco Colonna et plus récemment avec Francesco Colonna, seigneur de Palestrina.

Sommaire

1 Titre
2 Résumé
3 Auteur
4 Présentation technique
5 Diffusion, réception, interprétation
6 Bibliographie
6.1 Édition originale et traductions
6.2 Études critiques, fictions, adaptations
7 Notes et références
8 Voir aussi
8.1 Articles connexes
8.2 Liens externes

Titre
« Poliphile s'agenouillant devant la reine Eleuterylida » : l'une des 172 gravures du livre.

Le premier mot du titre de l'ouvrage, « hypnerotomachia poliphili », souvent pris pour le nom complet, est dérivé du grec, le titre complet étant en latin.

En général, en français, on préfère se référer au Songe de Poliphile, ou plus brièvement encore au Poliphile plutôt qu'à l'Hypn-eroto-machia Poliphili. Ces différents titres d'usage sont en fait une simplification du titre complet, composé, à l'impression, sur la page de titre, en un triangle équilatéral, posé sur sa pointe :

HYPNEROTOMACHIA POLIPHILI,VBI HV
MANA OMNIA NON NISISOMNIVM
ESSE DOCET .ATQVE OBITER
PLVRIMA SCITV SANE
QVAM DIGNA COM
MEMORAT.
* * *
* *
*

Les éditions françaises retiennent aussi : Discours du songe de Poliphile, Combat d'amour en songe (équivalent du titre de la traduction anglaise de 1592 : The Strife of Love in a Dream) ou Les amours de Polia. En France, il fut publié pour la première fois à Paris par Jacques Kerver sous la direction de Jacques Gohory en 1546 (réimpression en 1554 et 1561).

Le nom Poliphile, mentionné dans le titre est également tiré du grec et signifie « celui qui aime Polia ». Polia est elle-même protagoniste de cette histoire, et son nom signifie « beaucoup » ou « plusieurs choses ». Poliphile est donc celui qui a de multiples objets d'amour.

Rien qu'à l'examen de ce titre, les deux grandes lignes-force du texte sont déjà bien en évidence : d'une part, la veine du romanzo d'amore à la Boccace ou peut-être à la façon des romans allégoriques de la fin du Moyen Âge (le Roman de la Rose, de Guillaume de Lorris et Jean de Meun, et plus directement : le Livre du Cuer, de René d'Anjou), de l'autre le roman multiforme, multicentré, stratifié, qui célèbre le savoir antique, celui de Rome et de la Grèce essentiellement.
Résumé

Poliphile rêve de celle qu'il aime, Polia, mais elle se montre totalement indifférente à ses avances. Commence alors un voyage initiatique qui le conduira sur l'île d'amour : Cythère.

Le rêve commence, à la manière de la Divine Comédie, dans les affres d'une forêt obscure, où Poliphile, recru de fatigue, s'endort au pied d'un arbre et se retrouve transporté en songe (un rêve dans le rêve) dans un monde merveilleux, jonché de débris antiques. Cependant, de nombreux bâtiments sont encore intacts et Poliphile nous en conte l'architecture par le menu : leurs proportions, leurs ornements, les inscriptions qu'ils portent (souvent en grec, latin et hébreu, parfois même en arabe). Son périple lui fait rencontrer force allégories et êtres fabuleux : des monstres, des faunes, des nymphes, des dieux et déesses. Les nymphes en particulier se montrent très attentionnées et lui présentent « sa » Polia, procèdent à une cérémonie nuptiale, puis emportent les amants sur l'île de Cythère où règne le dieu de l'amour Cupidon. Mais lorsque Poliphile veut serrer sa maîtresse contre lui, elle s'évapore dans ses bras et il comprend que tout cela n'était qu'un rêve.

Un tel schéma narratif ne suffirait pas à lui seul à remplir le livre : l'essentiel des pages est consacré à des descriptions plus que minutieuses de l'architecture des bâtiments que Poliphile trouve sur sa route, à des gloses sur l'agencement des jardins merveilleux et des buissons sculptés qu'ils contiennent, à la présentation de machines, qui ne laissent pas de le surprendre, et à l'interprétation enfin des nombreuses épigraphies qui se trouvent sur les édifices, sculptures, stèles, etc., qui ornent le chemin du héros.
Auteur

Le nom de l'auteur du livre n'est pas explicitement mentionné. Une indication, cependant, est fournie par l'acrostiche formé par les lettrines des têtes de chapitres. On peut y lire : Poliam frater Franciscus Columna peramavit (« Frère Francesco Colonna a aimé Polia intensément »).

L'étrangeté du roman, déjà en son temps, la référence permanente aux cultes païens antiques, l'indécence enfin de ses métaphores érotiques (la dimension érotique de l'original est considérablement affaiblie dans la version française) pouvaient valoir à l'auteur un soupçon d'hérésie, ce qui explique le mystère maintenu sur son identité.

Certains chercheurs considèrent que l'auteur est Francesco Colonna, rejeton d'une puissante famille de la noblesse romaine. Colonna fit notamment restaurer le temple de Fortuna à Palestrina et il fit reconstruire la maison familiale, dévastée en 1436 par les troupes du pape. Il disposait sans conteste de l'érudition nécessaire à la rédaction d'un livre aussi éclectique, et sa formation lui permettait de donner les descriptions détaillées des constructions architecturales avec le vocabulaire et la sûreté du professionnel, se fût-il agi de bâtiments en forme d'éléphant portant obélisque ou de l'empilement d'une pyramide, d'un obélisque et d'une statue.

Cependant, le doute reste permis quant à l'identification de l'auteur. Plusieurs érudits attribuent ce livre à d'autres personnes, comme Leon Battista Alberti1 ou Laurent de Médicis.

Il existe un autre Francesco Colonna, dominicain vénitien mal connu, un lettré, auteur par ailleurs de poèmes, sans rapport avec la famille des Colonna, auquel l'ouvrage a été attribué à partir de 1723, grâce entre autres à une note découverte par Apostolo Zeno2, laquelle note renforce l'acrostiche mentionné plus haut, le tout constituant une hypothèse reprise et développée ensuite jusqu'à nos jours.

En 1986, Emanuela Kretzulesco-Quaranta3 défend l'idée – mais sans réussir à la faire accepter4 – que l'auteur véritable serait le grand humaniste et architecte Leon Battista Alberti (1404-1472), ami et protégé de la famille Colonna, que le texte aurait été conservé dans ses papiers et que Francesco Colonna aurait veillé, une trentaine d'années plus tard, à sa publication.

En définitive, la question de l'auteur importe peu parce qu'elle risque de n'être jamais tranchée et d'éloigner le lecteur de la seule chose qui compte : lire et comprendre ce texte à l'aune de son contexte et de son impact, comme le conseillent les spécialistes de la Renaissance Yves Hersant et Francesco Furlan dans leurs séminaires5.
Présentation technique
Page de l'Hypnerotomachia Poliphili

La langue du livre constitue un mélange, appelé « macaronnée », essentiellement de latin et d'italien. Quelques fragments d'hébreu, d'arabe, de grec sont également présents, ainsi que des hiéroglyphes prétendument égyptiens, des annotations mathématiques et diverses énigmes mises en images (ils ne constituent pas des rébus au sens propre). Tout ceci contribue à en faire l'un des livres les moins bien compris et les plus illisibles qui soient.

Le livre, constitué de 234 feuillets non numérotés, imprimé en 1499 par Alde Manuce à Venise, reste un joyau très prisé des bibliophiles. Alors que la mise en page de la plupart des incunables reprend le modèle du manuscrit médiéval, à l'écriture gothique, le Songe de Poliphile est imprimé avec un type romain, adapté de l'Antiqua mise au point par Nicolas Jenson à Venise. Pour cet ouvrage, Alde Manuce reprend la fonte gravée par Francesco Griffo, déjà utilisée pour le de Ætna du futur cardinal Pietro Bembo. Par sa clarté, cette famille de fontes contraste singulièrement d'avec les fraktur utilisées pour les publications de l'époque ; en particulier, elle est quasiment dépourvue de ces ligatures, bien moins nécessaires aux textes imprimés qu'aux manuscrits, et est encore abondamment utilisée de nos jours.

Autre nouveauté typographique, l'enchevêtrement d'écritures aussi diverses que le grec, l'hébreu et l'arabe : le Songe de Poliphile est d'ailleurs le premier livre imprimé occidental à contenir des caractères arabes.

En plus du texte, 172 gravures sur bois, au trait et donc d'une grande lisibilité et d'excellente facture, permettent au lecteur de se faire une meilleure image des merveilles décrites dans l'histoire. L'identité du graveur, qui n'a rien signé et dont le nom n'est mentionné nulle part, reste, comme celle de l'auteur, sujette à controverse. Certains[Qui ?] attribuent ces dessins à Andrea Mantegna et les gravures à Giovanni Bellini.

Le typographe joue de façon créative avec le corps du texte, par endroits justifié en forme de blason ou de calice ; avec les images, qu'il n'hésite pas à rendre sur deux pages en vis-à-vis pour obtenir un format plus proche de notre cinémascope ; avec l'intégration du texte et des images enfin : on trouve plusieurs occurrences où la justification du texte répond aux grandes lignes des illustrations.
Diffusion, réception, interprétation

La première édition de 1499 rencontra d'abord peu d'écho : le livre était à tout point de vue trop en avance sur son temps. Le commanditaire et mécène qui paya l'impression est Leonardo Grassi, originaire de Vérone, et membre d'une importante famille milanaise : ses contemporains le qualifie de savant. En 1507-1511, il réclama une extension du privilège d'impression de dix années, car cet ouvrage avait nécessité la dépense de plusieurs centaines de ducats, et la majeure partie du tirage restait invendue6.

C'est surtout la réimpression italienne de 1545 qui fut un succès.

L'influence la plus marquée de ce roman se fit alors sentir dans l'art du jardin de la Renaissance. Cosme Ier de Médicis fit aménager les jardins de sa Villa de Castello, dans lesquels il avait passé son enfance, afin d'en faire une réplique exacte de ceux du Songe de Poliphile. D'autres imitations ou jardins inspirés du livre suivirent : les jardins de Bomarzo, ceux de la Villa Francesco de Medici à Florence, les jardins de Frascati dans la Villa Aldobrandini et le Jardin de Boboli. Des éléments issus du Songe de Poliphile (ruines artificielles, temples, nymphes) sont présents dans les jardins européens jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, soit bien 300 ans après.

L'Hypnerotomachia Poliphili fait l'objet d'une traduction en français, revue et corrigée par Jean Martin puis publiée par Jacques Kerver à Paris en 1546. Sensiblement plus courte que l'édition italienne, elle constitue tout à la fois une traduction, une contraction et une adaptation7.

Dans l'édition Kerver, l'aspect étrange que revêt l'original, truffé de latinismes et hellénismes, disparaît, diverses énumérations sont tout simplement rendues par des listes « équivalentes », et nombre de paragraphes prolixes sont réduits à une phrase fort brève. Il arrive également que le traducteur corrige son modèle lorsque celui-ci tente de perdre le lecteur dans les méandres d'une description-fleuve, ou qu'il fasse montre d'un zèle louable en traduisant également, ce que Colonna ne faisait pas, les phrases grecques et latines, introduisant occasionnellement de volontaires contresens visant à rendre l'œuvre un peu plus décente.

Le Songe de Poliphile français, réimprimé en 1554, puis en 1561, fut incontestablement un bestseller de son temps, abondamment discuté et commenté à la cour érudite et humaniste constituée autour du roi François Ier et de ses successeurs : fourni en références aux textes antiques, raffiné dans sa description des rites de l'amour, il devient rapidement une source d'inspiration pour les courtisans, qui « poliphilisent » à tout-va, selon le mot d'un critique de son temps8. Il inspire également les organisateurs des « cérémonies d'entrées royales », et de tout ce qui relève des rituels de la cour (ou monarchiques).

Dans le domaine littéraire, on reconnaît généralement en François Rabelais un lecteur attentif du Songe de Poliphile, dont certains passages de Gargantua ou du Quart-Livre notamment s'inspirent assez directement. L'influence souterraine du livre ne se dément pas jusqu'à nos jours, et les écrits de La Fontaine, de Charles Nodier, de Gérard de Nerval, puis de Georges Perec en trahiront parfois la présence. Le psychologue Carl Gustav Jung était également un grand amateur du Songe de Poliphile, dans lequel il voyait, comme, du reste, dans les ouvrages alchimiques, une illustration des archétypes de sa théorie de la psyché humaine. La Nuit blanche du 1er octobre 2016 à Paris choisit le parcours de Poliphile comme fil rouge des œuvres exposées le long de la Seine9.

Plus généralement, ce livre énigmatique a occupé et occupe encore nombre d'architectes, historiens, philosophes, mystiques et autres chasseurs d'énigmes. Une interprétation complète de l'œuvre reste encore à écrire. Pour l’alchimiste Fulcanelli, le Songe de Poliphile est une œuvre hermétique qui contient les connaissances utiles à l’accomplissement du grand œuvre (cf. Les Demeures philosophales, livre 2.)
Bibliographie
Édition originale et traductions

1499 : [anonym.] Hypnerotomachia Poliphili, Venise, imprimé par Alde Manuce pour Leonardo Grassi et comprenant 172 figures gravées sur bois10.

Liste des principales éditions en français, à partir de l'édition originale « princeps » de 1499 :

1546 : Francesco Colonna, Hypnérotomachie ou Discours du songe de Poliphile, déduisant comme Amour le combat à l'occasion de Polia... nouvellement traduit de langage italien en françois11 : XVe – XVIe siècle : 1433-1546, Paris, Jean Martin, année. (notice BnF no FRBNF30260290). Édition 1561, (notice BnF no FRBNF30260292), Jacques Kerver (notice BnF no FRBNF40361194). Édition Payot, reprint 1926, (notice BnF no FRBNF33424896)
1811 : Francesco Colonna, Songe de Poliphile : XVe – XIXe siècle : 1433-1811, Parme, Imprimerie Bodoni, 1811.
1883 : Introduction et notes de Claudius Popelin, Paris, Isidore Liseux, (notice BnF no FRBNF30260295).
1963 : Paris, Club des libraires de France, reprint de l'édition de Paris de 1546, avec une préface d'Albert-Marie Schmidt.
1994 : Le Songe de Poliphile, Paris, Éditions de l'Imprimerie nationale (rééd. en 2004).
2000 : Francesco Colonna, Hypnerotomachia Poliphili ou Le Songe de Poliphile, le plus beau livre du monde : XVe – XXIe siècle : 1499-2000, Auxerre, Bibliothèque municipale d'Auxerre, 2000. Exposition. Auxerre, Bibliothèque municipale, 2000. (notice BnF no FRBNF37628528).
2004 : Francesco Colonna, Le Songe de Poliphile, compositions de Mantegna ; choisies et gravées sur bois par Jean Goujon ; éd. établie par Gilles Polizzi, d'après la traduction de Jean Martin publiée en 1546 : XVe – XXIe siècle : 1499-2004, 7, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008, Jean de Bonnot, 1811. (notice BnF no FRBNF39950301). Illustrations : (notice BnF no FRBNF38497138).

Reprint :

[Francesco Colonna], Hypnerotomachia Poliphili, Gregg International Publishers Limited - fac-similé de l'édition originale de 1499.

Liste des éditions en d'autres langues :

(it)Francesco Colonna, Hypnerotomachia Poliphili, a cura di Giovanni Pozzi e Lucia Ciapponi, 2 vol., Padoue, Antenore, 1964 - comporte une étude sur l'identification des sources anciennes.
(it)Francesco Colonna, Hypnerotomachia Poliphili, a cura di Marco Ariani, Mino Gabriele, 2 vol., Milano, Adelphi (« Classici », 66) 1998 - fac-similé, traduction en italien moderne et commentaire dans lequel les auteurs discutent l'édition de Pozzi & Ciapponi de 1964.
(en)Francesco Colonna, Hypnerotomachia Poliphili, The Strife of Love in a Dream , translated by Joscelyn Godwin, Londres, 1999.
(es)Francesco Colonna, Sueño de Polífilo, edición y traducción de Pilar Pedraza Martinez, Barcelone, 1999.
(nl)Francesco Colonna, De droom van Poliphilus (Hypnerotomachia Poliphili), Uit het Italiaans en Latijn vertaald door Ike Cialona, Amsterdam, 2006.
(de)Francesco Colonna, Hypnerotomachia Poliphili, Interlinearkommentarfassung, übersetzt und kommentiert von Thomas Reiser, Breitenbrunn, 2014.

Études critiques, fictions, adaptations

[nouvelle] Charles Nodier12, Franciscus Columna, avec quelques reproductions des gravures, Paris, Le Promeneur, 2004 - lire l'édition de 1844 sur Gallica13.
Gérard de Nerval, Voyage en Orient, 1844 - cf. § XIII « La Messe de Vénus » et § XIV « Le Songe de Poliphile ».
Emanuela Kretzulesco-Quaranta, Les Jardins du songe : « Poliphile » et la mystique de la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 1986.
(en)Alberto Pérez-Gómez, Polyphilo, or The Dark Forest Revisited: an Erotic Epiphany of Architecture, Cambridge, MIT Press, 1992.
Martine Furno, Une « fantaisie » sur l’Antique : le goût pour l’épigraphie funéraire dans l’Hypnerotomachia Poliphili de Francesco Colonna, Genève, Droz, 2003.
(en)Esteban Alejandro Cruz, Hypnerotomachia Poliphili: Re-discovering Antiquity through the Dreams of Poliphilus, Trafford Publishing Co, 2006.
Ian Caldwell et Dustin Thomason, La Règle de quatre, Paris, Michel Lafon, 2005 - interprétation romancée du Songe de Poliphile dans ce roman policier, rapprochant Colonna et Savonarole14.
Bruno Rives, Aldo Manuzio, passions et secrets d'un Vénitien de génie, Paris, Librii, 2008 (ISBN 978-2953164503) - avec de nouvelles pistes sur l'auteur et l'illustrateur de l'Hypnerotomachia.
Yves Hersant, La Renaissance et le rêve. Bosch, Véronèse, Greco..., Paris, RMN, 2013 (ISBN 978-2711860937) - catalogue de l’exposition du Musée du Luxembourg15.

Notes et références

↑ Emanuela Kretzulesco-Quaranta, op. cit..
↑ Giornale dei Letterati d'Italia, tome XXXV, 1723, p. 300-301.
↑ Emanuela Kretzulesco-Quaranta, Les Jardins du songe : « Poliphile » et la mystique de la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 1986, p. 214 et suiv.
↑ Voir, par exemple Stefano Borsi, Albertiana, II, 1999, p. 288-294.
↑ « Esthétique, valeurs, représentations. Bilan 2007-2012 : Humanisme et Renaissance », dans CRAL-EHESS [archive], en ligne.
↑ (en) « Incunabula », dans Rariora; being notes of some of the printed books, manuscripts, historical documents, medals, engravings, pottery, etc., collected (1858-1900) [archive], Londres, Bemrose & Sons, p. 38 et suiv.
↑ Traduction française de Jean Martin sur le site Architectura : voir ici [archive].
↑ Castiglione, dans son Cortegiano, entre 1514 et 1518.
↑ Les incontournables de la Nuit blanche [archive], site eu journal Le Monde, 1er octobre 2016.
↑ Francesco Colonna, Hypnerotomachia Poliphili ubi humana omnia non visis omnium esse docet atque obiter plurima scitu sane quam digna commemorat... ou Le Songe de Poliphile, le plus beau livre du monde : XVe – XVIe siècle : 1433-1499, Venise, Venetiis, Alde Manuce, 1499. (notice BnF no FRBNF36576811), disponible [archive] sur Gallica. Iconographie reproduites d'après le microfilm m 17423/R 27487. Paris, BNF, Réserve des livres rares et précieux, (notice BnF no FRBNF36576811).
↑ Le titre complet est : Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile, deduisant comme Amour le combat à l’occasion de Polia. Soubz la fiction de quoy l’aucteur monstrant que toutes choses terrestres ne sont que vanité, traicte de plusieurs matieres profitables, et dignes de memoire. Nouvellement traduit de langage italien en francois
↑ Cf. également « Bibliographie des fous. De quelques auteurs excentriques », présenté par Jean-Luc Steinmetz, dans L'Amateur de livres, Paris, Le Castor astral, 1993, coll. « Les inattendus ».
↑ L'édition de 1949 parue chez Les Bibliolâtres de France comporte une étude de Mario Roques.
↑ « La règle de quatre et l'Hypnerotomachia Poliphili ou le songe de Poliphile » [archive], Maison de l'outil et de la pensée ouvrière, s. d.
↑ Lire l'essai de Carla Pinzauti, paru d'abord en italien dans Il sogno nel Rinascimento (Chiara Rabbi Bernard, Alessandro Cecchi, Yves Hersant, édit., Livourne, Sillabe, 2013, p. 96-99), catalogue de l'exposition d'abord tenue à Florence, au Palazzo Pitti, Galleria Palatina, du 21 mai au 15 septembre 2013.

Voir aussi

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Articles connexes

Bûcher des Vanités
Livre d'emblèmes

Liens externes

Exemplaires numérisés de l'édition de 1499 et des traductions/adaptations françaises de l'Hypnerotomachia Poliphili (1546, 1554 et 1600), sur le site Architectura
Édition électronique de l'Hypnerotomachia Poliphili, sur le site du MIT Press.
Traduction en français de l'Hypnerotomachia Poliphili par François Béroalde de Verville (1600), sur le site des Bibliothèques virtuelles humanistes
Illustrations de l'Hypnerotomachia Poliphili tirées de l'édition de 1499 sur Gallica.
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:41

Étymologie

(XVIe siècle) Mot créé par Rabelais composé de Pantagruel (« héros rabelaisien aimant à jouir de la vie ») et -isme.

Nom commun
Singulier Pluriel
pantagruélisme pantagruélismes
\pɑ̃.ta.ɡʁu.e.lism\

pantagruélisme \pɑ̃.ta.ɡʁu.e.lism\ masculin

(Philosophie) Épicurisme français.
Pantagruelisme, vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites. — (François Rabelais, Prologue)
Par ces temps de pantagruélisme, où le succès, chez nous, est aux bateleurs, où la gloire est aux clowns, où le trapèze de Léotard fait merveille, où Blondin triomphe sur la corde roide, les badauds des deux mondes trouveraient peut-être encore des émotions neuves au spectacle des exercices de force et d’adresse des Cingalais. — (Octave Sachot, L'Île de Ceylan et ses curiosités naturelles, 5e éd. augmentée et ornée de gravures, Paris : Victor Sarlit, 1869,p.23)

Apparentés étymologiques

pantagruéliste
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:44

Éléments historiographiques
Portraits et Vies des Hommes Illustres, 1584

Si le voyage donne lieu à différents récits, commentaires et témoignages au XVIe siècle, les premiers travaux importants concernant la personne de Magellan ne datent que du XIXe siècle avec la publication en 1864 au Chili d'une biographie du navigateur par Barros Arana. Ses travaux mènent des auteurs européens à écrire eux aussi sur le sujet à la fin du XIXe siècle jusqu'aux synthèses très importantes de José Toribio Medina en 1920 et celle du vicomte de Lagoa en 1938. Tous les documents d'archives disponibles sont alors connus et publiés8.

Les origines et les détails de nombreuses années de la vie de Magellan avant son départ sont très incertains. En revanche, l'ensemble du voyage est très bien connu grâce à plusieurs documents d'époque dont en premier lieu le Journal du voyage de Magellan, relation complète du périple d'Antonio Pigafetta, un des survivants du périple : il ne reste du manuscrit original perdu que quatre copies (trois en français et une en italien)9, la plus complète étant le manuscrit de Yale10. Il existe également un certain nombre de lettres et de dépositions, ainsi que des récits et témoignages plus fragmentaires mais précieux comme le journal de bord de Francisco Albo, la relation de Ginés de Mafra ou encore le carnet de bord du pilote génois. Tous ces documents ont permis aux historiens de retracer l'intégralité du parcours de la flotte au cours de sa longue navigation et d'identifier les différents lieux visités.

Les chroniqueurs du temps ont rendu compte de l'exploit : côté espagnol, Maximilianus Transylvanus dès janvier 1523 mais aussi Pierre Martyr d'Anghiera en 1530, et le chroniqueur royal Antonio de Herrera y Tordesillas en 1601 – plus tardif, mais beaucoup plus fiable que ses prédécesseurs Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés et Francisco López de Gómara ; côté portugais, Fernão Lopes de Castanheda (1552), Damião de Góis (1557) et João de Barros (1563).
Origines et premiers voyages en Orient et au Maroc

Plusieurs localités, telles Sabrosa, Ponte da Barca, Vila Nova de Gaia ou Porto, revendiquent d'avoir vu naître Magellan11.

Fernand de Magellan appartient à l'une des branches de la vieille lignée des Magalhães, famille noble du Nord du Portugal dont l'origine remonte à la fin du XIIIe siècle12. Les historiens peinent à le situer dans l'arbre généalogique et ignorent tout de sa jeunesse : quelques traces suspectes semblent indiquer que ses parents, Rui de Magalhães, alcaide-mór (gouverneur) d'Aveiro, et Alda de Mesquita, appartiennent à la petite noblesse. Dès son plus jeune âge, son père obtient peut-être qu'il soit page à la cour de la reine Éléonore de Viseu où il apprend probablement la navigation et l'astronomie, enseignées notamment par Martin Behaim11.

La première mention historiquement sûre, une pièce d'archive, le désigne comme supplétif (sobresaliente) et pensionné (moradores) de la Maison du Roi sur la flotte de Francisco de Almeida, nommé vice-roi des Indes orientales portugaises. C'est à bord de cette armada de vingt navires qu'il quitte Lisbonne le 25 mars 150513,14. Il découvre les Indes, combat de concert avec Francisco Serrão qu'il sauve à deux reprises15 et se livre quelques mois au commerce du poivre, avant de participer à la prise de Malacca à l'été 1511 sous le commandement d'Afonso de Albuquerque16. Son ami Francisco Serrão atteint l'île de Ternate dans les Moluques où il s'établit après avoir gagné les faveurs du roi local17. Magellan recevra des nouvelles de son ami Francisco Serrão par courrier, avant de quitter Malacca le 11 janvier 1513 pour rejoindre le Portugal. Contraint de rester à Lisbonne, il étudie les cartes et planisphères de la bibliothèque royale et les bureaux de la Casa da India, y découvre notamment une carte de Martin Behaim, tracée à Nuremberg en 1492, qui signale un passage au Sud du Brésil et un globe de Johann Schöner réalisé en 1515, qui indique également ce passage vers 40 degrés de latitude sud18. Il rencontre le cosmographe Rui Faleiro avec qui il partage la conviction de pouvoir rejoindre les Moluques en contournant l'Amérique par l'Ouest et qui deviendra son associé19.

À l'été 1513, Magellan est envoyé au Maroc au sein d'une puissante armée qui doit s’emparer d’Azemmour20. Durant les combats, il aurait été blessé à la jointure d’un genou, le laissant légèrement boiteux sa vie durant21. Après être parti sans permission, il est accusé de commerce illégal avec les Maures22. Ces accusations sont vite abandonnées, mais Magellan est alors un soldat qui ne jouit pas des meilleurs liens avec son souverain, le roi Manoel, qui refuse d'augmenter sa pension de seulement 1/2 crusado par mois . Magellan a comme projet secret d'atteindre les îles des épices par l'ouest , il se garde bien de s'en entretenir à son souverain (qui captait déjà par l'intermédiaire de commerçants malais le trafic du girofle des Moluques et de la noix de muscade de Banda).Il demande enfin simplement à son roi de le libérer de ses obligations. Mécontent de ne pas voir ses mérites reconnus au Portugal, Magellan demeure encore une année à Lisbonne, faisant la connaissance de Rui Faleiro et murit son projet23, puis décide d'aller offrir ses services au roi d'Espagne24, le futur Charles Quint, qui à ce moment n'a que 18 ans. L'enjeu était moins la découverte des îles, déjà connues et colonisées par des Portugais25, que l'établissement d'une cartographie exacte permettant de délimiter les domaines réservés à l'Espagne et au Portugal, définis par le traité de Tordesillas, cartographie que Magellan accommoda à sa manière, en faveur du roi d'Espagne. Privilège de la noblesse, il se dénaturalise officiellement, change de nom et devient espagnol (Fernão de Magalhães en Fernando de Magallanes) en octobre 1517
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:46

Les premiers circumnavigateurs
Monument à la mémoire de Magellan à Punta Arenas (Chili).

Voici la liste des 18 Occidentaux à avoir fait les premiers le tour du monde62 :

Juan Sebastián Elcano, capitaine ;
Francisco Albo, pilote ;
Miguel de Rodas, contremaître ;
Juan de Acurio, contremaître ;
Hans, canonnier ;
Hernando de Bustamante, barbier ;
Martin de Judicibus, prévôt ;
Diego Gallego, marin ;
Nicolás de Nauplie, marin ;
Miguel Sánchez de Rodas, marin ;
Francisco Rodrigues, marin ;
Juan Rodríguez de Huelva, marin ;
Antonio Hernández, marin ;
Juan de Arratia, mousse ;
Juan de Santander, mousse ;
Vasco Gomes Gallego, mousse ;
Juan de Cubileta, page ;
Antonio Pigafetta, supplétif.

Les douze hommes retenus prisonniers au Cap-Vert, qui reviennent quelques semaines plus tard à Séville, via Lisbonne63 :

Martín Méndez, secrétaire de la flotte ;
Pedro de Tolosa, dépensier ;
Richard de Normandie, charpentier ;
Roldán de Argote, canonnier ;
Maître Pedro, supplétif ;
Juan Martín, supplétif ;
Simón de Burgos, prévôt ;
Felipe Rodas, marin ;
Gómez Hernández, marin ;
Bocacio Alonso, marin ;
Pedro de Chindurza, marin ;
Vasquito, mousse.

Les cinq survivants de la Trinidad, qui eux aussi ont accompli le tour du monde, mais en ne revenant en Europe qu’en 1525-1526 :

Gonzalo Gómez de Espinosa, prévôt de la flotte (alguazil) ;
Leone Pancaldo, pilote ;
Juan Rodríguez el Sordo, marin ;
Ginés de Mafra, marin ;
Hans Vargue, canonnier.

Cependant, nombreux[Qui ?] sont les historiens qui font remarquer qu'en toute rigueur, le premier homme à avoir bouclé le tour du monde est l'esclave de Magellan, Enrique, dès 1521. En effet, cet esclave est originaire de la région où est mort Magellan, car il en parlait très bien la langue. C'est grâce au dialogue très facile de Enrique avec les locaux, les sujets du roi Humabon, que Magellan comprend, peu de temps avant sa mort, qu'Enrique a bouclé le tour du monde[réf. nécessaire].
Repères chronologiques
Repères chronologiques Date Description64
10 août 1519 Départ de Séville
13 décembre 1519 Arrivée dans la baie de Santa Lucia (Brésil)
12 janvier 1520 Début d'exploration du Rio de la Plata (Argentine)
31 mars 1520 Arrivée à Puerto San Julián (Patagonie, Argentine)
1er avril 1520 Mutinerie de San Julián
3 mai 1520 Naufrage du Santiago
21 octobre 1520 Découverte du cap Virgenes, entrée du détroit
vers le 8 novembre 1520 Désertion du San Antonio qui rentre à Séville
28 novembre 1520 Entrée de la flotte dans l'océan Pacifique
6 mars 1521 Arrivée aux Mariannes
7 avril 1521 Arrivée à Cebu
27 avril 1521 Mort de Magellan et de six autres hommes lors du combat contre les indigènes de Mactan
2 mai 1521 Destruction volontaire de la Concepcion
8 novembre 1521 Arrivée aux Moluques sur l'île de Tidore
21 décembre 1521 Départ de la Victoria chargée de girofle pour l'Espagne
19 mai 1522 La Victoria passe le cap de Bonne-Espérance
6 septembre 1522 La Victoria accoste à Sanlucar de Barrameda
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Minouska.KounakDenat



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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 9:47

Postérité

Le récit De Moluccis Insulis de Maximilianus Transylvanus est publié en 1523. C'est à partir de ce texte que l'Europe a pu en tout premier lieu satisfaire sa curiosité concernant le premier tour du monde réalisé par un navire espagnol. Relation du voyage de Magellan, le récit beaucoup plus complet d'Antonio Pigafetta, connaît un certain succès à sa publication en 1526 mais les exploits de Magellan sont oubliés dès la fin du XVIe siècle. C'est la biographie de Stefan Zweig en 1938 qui remet Magellan au devant de la scène et suscite d'autres biographies d'auteurs nationalistes portugais alors que jusque là les Lusitaniens voyaient en lui un traître. Le peuple portugais s'est désormais réapprorié ce personnage, contrairement aux Espagnols19.

Les Nuages de Magellan sont nommés en son honneur au début du XIXe siècle, de même que la sonde spatiale Magellan dans les années 1980 ou le Manchot de Magellan pour rappeler que l'explorateur avait aperçu cet oiseau en 1520 au cours de son voyage au sud du continent sud-américain65.

Créées en 1999, les éditions Magellan & Cie ont vocation à donner la parole aux écrivains-voyageurs de toutes les époques66.

Trois cratères, deux situés sur la Lune (Magelhaens et son cratère satellite « Magelhaens A ») et un autre sur Mars (Magelhaens), ont été nommés d'après Magellan et orthographiés « Magelhaens ».

De nombreux colloques, publications et cérémonies sont prévues pour la commémoration du 5e centenaire de la 1re circumnavigation de la Terre, tel le Sanlúcar de Barrameda 2019-2022.
Voir aussi
Bande dessinée

Magellan, jusqu'au bout du monde, Bande dessinée de Christian Clot, Thomas Verguet et Bastien Orenge, collection Explora, Glénat, 2012 (ISBN 9782723481977)

Série radiophonique

Magellan, le premier tour du monde, feuilleton radiophonique en français, en 15 épisodes de 20 minutes, créé par Dominique Blumenstihl et Edoardo Flaccomio, d'après la chronique d'Antonio Pigafetta, les notes de Francisco Albo, pilote de la Victoria et des lettres de Fernand de Magellan, réalisé et mis en musique par Olivier Verger67. Première diffusion (hebdomadaire) à partir du 14 juillet 2010, sur les ondes de Radio Exterior de España.

Bibliographie

Jean-Michel Barrault, Magellan. La terre était ronde, Gallimard, 1997.
Laurence Bergreen, Par-delà le bord du monde, Grasset, 2005.
Xavier de Castro (préf. Carmen Bernand & Xavier de Castro), Le voyage de Magellan (1519-1522). La relation d'Antonio Pigafetta & autres témoignages, Paris, Chandeigne, coll. « Magellane », 2007, 1088 p. (présentation en ligne)68
Stefan Zweig, Magellan, Paris, Grasset, coll. « Les cahiers rouges », 2010 (1re éd. 1938), 268 p. (ISBN 978-2-246-16805-Cool

Articles connexes

Juan Sebastián Elcano, à l'origine maître d'équipage de la Concepcion, il finit capitaine de la Victoria, seul navire à effectuer le tour de monde.
Antonio Pigafetta, le chroniqueur du voyage.
Henrique de Malacca, l'esclave et interprète de Magellan.

Liens externes

Notices d'autorité :
« Le voyage de Magellan 1519-1522 (carte animée avec commentaire sonore) », L'Histoire à la carte (consulté le 25 septembre 2011)

Notes et références

↑ Son nom apparaît sous différentes formes avant que les cartographes ne le latinisent en Magellanus, d'où Magellan.
↑ Le seul document du XVIe siècle indiquant un lieu de naissance est le manuscrit de Fernando de Oliveira daté de 1560 environ. Celui-ci, plutôt fiable et bien informé, écrit que Magellan est « né à Porto » (cité dans de Castro 2007, p. 749) ; c'est la meilleure hypothèse dont nous disposons (de Castro 2007, p. 40-41). En revanche, l'indication d'une naissance à Sabrosa est une pure fable qui a été forgée au XIXe siècle à partir de documents dont quatre historiens portugais dans les années 1921-1939 ont largement démontré la nature falsifiée, et qui de plus n'indiquaient aucun lieu de naissance… Malheureusement, malgré l'évidence, cette erreur a été répétée tant de fois depuis un siècle et demi, y compris par des historiens réputés sérieux, qu'elle semble désormais gravée dans le marbre (voir le résumé des démonstrations dans de Castro 2007, p. 312-315).
↑ Peter van der Krogt, « Le mythe de la terre plate » in Edward H. Dahl et Jean-François Gauvin, La découverte du monde. Une histoire des globes terrestres et célestes, Privat, 2001.
↑ William Randles, De la terre plate au globe terrestre. Une mutation épistémologique rapide 1480-1520, Armand Colin, 1980.
↑ « Il est difficile aujourd'hui de concevoir l'importance économique des épices à l'aube des temps modernes. (…) il faut néanmoins accorder aux denrées de luxe un rôle de premier plan dans l'expansion occidentale. », de Castro 2007, p. 15.
↑ Stefan Zweig écrit au tout début de sa biographie de Magellan : « Au commencement était les épices. Du jour où les Romains, au cours de leurs expéditions et de leurs guerres, ont goûté aux ingrédients brûlants ou stupéfiants, piquants ou enivrants de l'Orient, l'Occident ne veut plus, ne peut plus se passer d'« espiceries », de condiments indiens dans sa cuisine ou dans ses offices. », Zweig 2010, p. 17
↑ Pierre Chaunu, Conquête et exploitation des nouveaux mondes, PUF, Nouvelle Clio, 1969, p. 267.
↑ de Castro 2007, p. 36
↑ Emmanuelle Vagnon, « De la Grèce antique au voyage de Magellan. Les modèles humanistes d’Antonio Pigafetta et de Maximilianus Transylvanus », Médiévales, no 58,‎ 2010, p. 99-111
↑ Journal du voyage de Magellan [archive], manuscrit de Yale dans la Bibliothèque numérique mondiale.
↑ a et b Fernand de Magellan (1480 env.-1521) [archive], article de l'Encyclopædia Universalis
↑ de Castro 2007, p. 37
↑ de Castro 2007, p. 42
↑ Zweig 2010, p. 44
↑ de Castro 2007, p. 43
↑ Zweig 2010, p. 54-55
↑ de Castro 2007, p. 45
↑ (en) Thomas Suarez, Early Mapping of the Pacific : The Epic Story of Seafarers, Adventurers and Cartographers Who Mapped the Earth's Greatest Ocean, Tuttle Publishing, 2004 (lire en ligne [archive]), p. 37
↑ a, b et c Patrick Girard, Fernand de Magellan, l'inventeur du monde, Éditions n°1, 2012, 448 p. (ISBN 2846122814)
↑ de Castro 2007, p. 49-50
↑ João de Barros, Décadas da Asia, 1563, III, v, 8.
↑ Zweig 2010, p. 62-63
↑ Stefan Sweig, les grandes vies, Grasset, 2009, 1092 , 1093 p. (ISBN 978-2-246-42521-2)
↑ de Castro 2007, p. 54
↑ L'historien Jean Favier écrit que Magellan « ne parle pas de partir pour l'inconnu, mais de passer par une route inconnue » (Les Grandes découvertes : d'Alexandre à Magellan [1991], Librairie Arthème Fayard/Plurier, 2010, p. 554).
↑ (pt) Dom José Manoel de Noronha, Algumas Observações sobre a Naturalidade e a Família de Fernão de Magalhães, Imprensa da Universidade, Coimbra, 1921
↑ de Castro 2007, p. 55-56
↑ Réunion convoquée en 1505 par le roi Ferdinand le Catholique pour encourager l'exploration maritime qui permettrait l'ouverture de la route des épices. À cette réunion assistaient notamment Juan Rodríguez de Fonseca, Amerigo Vespucci et Vicente Yáñez Pinzón
↑ de Castro 2007, p. 326-328
↑ Les meilleures sont déjà utilisées pour des expéditions aux Indes.
↑ de Castro 2007, p. 329-332
↑ Paul Teyssier, « Les cent Glorieuses » in Michel Chandeigne (dir.), Lisbonne hors les murs. 1415-1580. L'invention du monde par les navigateurs portugais, Autrement, 1992, p. 38
↑ de Castro 2007, p. 515
↑ de Castro 2007, p. 347
↑ de Castro 2007, p. 487
↑ de Castro 2007, p. 97
↑ Les événements sont narrés en détail par Stefan Zweig dans sa biographie de Magellan, op. cit., p. 155-171.
↑ de Castro 2007, p. 362-364
↑ Zweig 2010, p. 168
↑ de Castro 2007, p. 104
↑ a et b de Castro 2007, p. 369
↑ de Castro 2007, p. 372-374
↑ de Castro 2007, p. 65-66
↑ a et b Fernand de Magellan [archive], article de l'encyclopédie Larousse
↑ Franck Ferrand, « Le tour du monde de Magellan », émission Au cœur de l'histoire, 19 septembre 2012
↑ de Castro 2007, p. 114
↑ de Castro 2007, p. 379-381
↑ de Castro 2007, p. 164-167
↑ Stefan Zweig écrit : « ainsi périt, dans une bagarre stupide avec une horde de sauvages, le plus grand navigateur de tous les temps. » Zweig 2010, p. 230
↑ de Castro 2007, p. 170
↑ de Castro 2007, p. 409-410
↑ de Castro 2007, p. 175
↑ de Castro 2007, p. 200
↑ de Castro 2007, p. 229
↑ de Castro 2007, p. 537-538
↑ de Castro 2007, p. 227
↑ de Castro 2007, p. 261
↑ de Castro 2007, p. 536
↑ de Castro 2007, p. 26-27
↑ Pierre Chaunu, op. cit., p. 134.
↑ de Castro 2007, p. 32
↑ de Castro 2007, p. 473
↑ de Castro 2007, p. 472
↑ « Chronologie du voyage » in de Castro 2007, p. 531-536.
↑ (en) Wildlife Conservation Society, « Magellanic Penguin » [archive], sur http://www.wcs.org [archive] (consulté le 16 septembre 2011)
↑ Éditions Magellan & Cie [archive]
↑ Sources : http://www.dbr-radio.com/magellan-feuilleton-radio-ouvert.html [archive] et http://www.dbr-radio.com/actualite.html [archive].
↑ Document audio : présentation du livre « Le voyage de Magellan », par Michel Chandeigne [archive]

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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 10:00

Je rêve d'atteindre inaccessible et je parcours l'essence même du vide.
Je vole au dessus des ides et je suis un père aimant portant le poids
Tel mon cousin Manchot Antarctique. Dans ces climat, je me suis loi
et j'ai construit une silhouette. Je suis l'existence et le néfaste sur celui
qui croit en mon déshonneur, je suis l'espérance Laïque du Monde. O Éternel.

Je ne recherche pas la beauté et pourtant je sais que j'effleure son vent. Un
Jour, j'atteindrai, en l'ignorance des, qui s'appelle son innocence montrant un
Chemin nouveau sur le temps. Je suis tel l'albatros car albatros dans l'esprit de
Jonathan. Mon ambition est la revendication des rencontres éphémères des soucis
Matériels des profiteurs se nourrissant de nos espérances et soucis.

-------------------------------------------------------------------------------

Je rêve d'atteindre inaccessible et je parcours l'essence même du vide.
Je vole au dessus des ides et je suis un père aimant portant le poids
Tel mon cousin Manchot Antarctique. Dans ces climats, je me suis
Construit une silhouette. Je suis l"existence d'une manière et je suis
L'espérance laïque du monde. Je ne recherche pas la beauté et pourtant,
Je sais que j'effleure son vent. Un jour, j'atteindrai en l’ignorance des
"s'appelle son innocence montrant un chemin nouveau sur le temps".
Je suis tel l'albatros, mon ambition est la revendication des rencontres
éphémères des soucis matériels des profiteurs se nourrissant de nos
espérances et soucis, telles des hydres ivres de sacrifices sur l'autel;
je m'incline devant la force de l'espérance mais en aucun cas devant les
illusions de l'esclavage, du viol et de la torture. Je défends mon nid et
connait le droit de l'existence dans la nature. Je suis poussière dans
un cyclone se dispersant dans l'infini. Je suis voué à errer tel une gravité
qui engendre la vie qui engendre d'autres vies ainsi que l'adoption de grandir
dans un amour certes primaire et qui est le concept de l'existence. Ma soif
ne me permet pas à me résoudre à l'ignorance: Le principe laïque de l'éducation.
Dans l'existence de l'essence de la Nature, j'apprends à découvrir l'aspect
même de l'enseignement que se livre dans l'honneur les principes de vie et
de mort. Sans un aspect de résigner, je marche sur ces sentiers qui m’amènent
à travers Campagnes, Villes, Caravanes, Oasis et Ports. Je secours le Malade,
la Religieuse Serviable et Humble ainsi que mon soi dans l'adversité. Je me rappelle
de l'Amour entre Hermaphrodite et Salmacis sur la capacité à évoluer dans l'esprit
tout en conservant l'aspect sauvage et naturel de l'Amour; La différence tout
tout comme la Similitude ne sont pas des peurs. Notre connaissance de l'utopie
et de l'anarchie n'a pas empêché à l'amour de s’agrandir tel la promesse dite
par le Homme Laïque envers son patriarche: Abraham et le pacte des étoiles.
Dans ce contexte, Notre Justice ne doit pas impliquer Dieu dans nos tourments;
c'est nos peurs et nos envies qui nous séparent de la réalité de la consommation
et du territoire dans l'aspect et le code Naturel. Le principe de Partage de l'Eau en
une réunion de mariage n'est plus d'actualité ni même de commerce, nous parlerons
d'acte civil laïque sur l'aspect de propreté, de partage et d'égalité. Si nous devons
mourir, nous devrons mourir; si nous devons vivre, c'est que nous devons vivre.
Portant ce regard de l'animal vers l'Univers tout comme les premiers hommes
adressé ces regards vers l’horizon et les océans. Dans l'existence de l'essence de
la Nature, j'apprends à découvrir l'aspect même de l'enseignement que se livre
dans l'honneur les principes de vie et de mort. L'aspect même de se soigner est similaire
à celui de se défendre ou de se protéger. L'aspect des chose est d'entendre car
entendre s'est savoir écouter; L'écoute est la meilleur amie de la prudence et de la vision.
L'écoute n'est pas seulement basé sur l'oreille mais aussi sur le regard et d'autres sens
tel que la communication, le toucher et le croire. Le croire est un aspect du soi;
le rien n'est pas une formule d'infini mais il s'y applique comme tout élément de l'existence.
------------------------------------------------------------------

Ecrit de
TAY
La chouette effraie

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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 10:28

Dans la religion grecque antique, Héra ou Héré (en grec ancien (attique) Ἥρα / Hêra ou en ionien Ἥρη / Hêrê), fille des Titans Cronos et Rhéa, est la sœur et la femme de Zeus. C'est aussi la sœur de Déméter, d'Hadès, de Poséidon et d'Hestia. Elle est la protectrice des femmes et la déesse du mariage, gardienne de la fécondité du couple et des femmes en couches. Elle est très jalouse des infidélités de son mari Zeus.

Elle correspond à Junon dans la religion romaine.

Sommaire

1 Mythe
1.1 Origine et fonctions
1.2 Lieux de culte
2 Épiclèses, attributs et sanctuaires
3 Hommage
4 Bibliographie
4.1 Sources
4.2 Monographies
5 Notes

Mythe

Fille de Rhéa et de Cronos (elle est l'aînée des enfants dans l’Iliade1 et la troisième chez Hésiode2), elle est dès sa naissance avalée par son père3. Elle est libérée par son frère Zeus en même temps que tous ses frères.

Après la Titanomachie, Héra devient l'épouse de Zeus4,5. Elle est la mère, par Zeus, d'Arès, d'Hébé et d'Ilithyie6. Elle engendre aussi Héphaïstos, qu'elle conçoit seule pour défier son mari et lui montrer qu'elle pourrait enfanter sans lui7. Homère8 et Cicéron9 font néanmoins d'Héphaïstos le fils de Zeus et d'Héra.
Drachme en argent avec Héra Lakinia.

Les traditions post-hésiodiques attribuent à Zeus et Héra de nombreux autres enfants absents des catalogues « traditionnels ». Quintus de Smyrne, dans ses Posthomériques, leur reconnaît ainsi trois filles supplémentaires : la Charite Pasithée et les déesses guerrières Ényo (les Batailles) et Éris (la Discorde). Le pseudo-Hygin, dans la préface de ses Fables, mentionne également parmi leurs enfants la Liberté. Par ailleurs, les scholies à Théocrite citent le mimographe Sophron, qui dans un écrit intitulé Angélos nomme ainsi une fille méconnue de Zeus et d'Héra, qui est plus ou moins identique à Hécate.

Alors que la grande majorité des mythes liés à Héra portent sur sa jalousie vis-à-vis des nombreuses aventures extraconjugales de Zeus, des récits minoritaires s'intéressent aux premiers moments du couple divin. L’Iliade fait ainsi allusion à la première fois où Zeus et Héra s'unissent, à l'insu de leurs parents10. Une scholie précise qu'Héra est fiancée à Zeus par Océan et Téthys après que Cronos ait été envoyé au Tartare ; en secret, les deux fiancés s'unissent sur l'île de Samos. Héra donne naissance à Héphaïstos et, pour cacher sa honte, prétend qu'il est né sans père11. Une autre scholie indique qu'Héra est violée par le Géant Eurymédon alors qu'elle se trouve encore chez ses parents12. Dans une autre version encore, Héra se trouve au mont Thornax (appelé depuis le « mont des Coucous »), lorsque son frère, Zeus, la rejoint, métamorphosé en coucou13.
Héra et Prométhée, intérieur de coupe de Douris, début du Ve siècle av. J.-C., Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France

Héra est le plus souvent présentée comme une épouse jalouse, qui se plaît à persécuter les maîtresses de Zeus et leur progéniture14. Parmi ses victimes, Héraclès, auquel elle dépêche deux serpents15, et la nymphe Io. Celle-ci, transformée en vache par Zeus pour la protéger mais malgré tout rendue folle par les piqûres d'un taon envoyé par Héra16. Héra envoie encore Lyssa, fille de la Nuit, déesse de la Folie furieuse, afin d'inspirer une folie sanguinaire à Héraclès, qui tue ses enfants puis sa femme en les prenant pour ceux de ses ennemis17. Héra se venge lors de nombreux épisodes en contrecarrant les desseins de son époux, provoquant d'incessantes querelles.

Dans l’Iliade encore, Homère fait mention par la bouche de Dioné, d'un tir de flèche à trois pointes décochée par Héraclès blessant Héra au sein droit18. Le héros tire de plus son nom de celui d'Héra : il fut baptisé ainsi quand il était nourrisson, après avoir été placé dans la couche de la déesse par une ruse d'Hermès19. Le lait jailli de la poitrine d'Héra après qu'Héraclès s'en soit gorgé aurait ainsi donné naissance à la voie lactée et indique que les épreuves et les travaux accomplis par le héros doivent servir à la gloire d'Héra.

Déesse du mariage légitime, elle n'a aucun amant14. Elle est pourtant désirée par Ixion, qui s'unit avec un nuage, croyant qu'il s'agit d'elle20, ainsi que par Endymion. Selon une tradition minoritaire21, elle est assaillie par le Géant Eurymédon et en conçoit Prométhée, d'où sans doute le médaillon de coupe de Douris représentant Héra assise face à ce dernier (voir ci-contre).

Un jour, exaspérée des incartades de Zeus, ou en raison de son orgueil, Héra décide de demander l'aide des autres dieux et parmi eux les enfants de Zeus pour punir le dieu volage. Ils projettent de ligoter Zeus pendant son sommeil avec des lanières de cuir pour l'empêcher de séduire les mortelles de la Terre, en tout cas, dans l'esprit d'Héra peut-être. De ce complot, participent les dieux Poséidon et Apollon et ajoute-on quelquefois Athéna22,23,24. Mais la Néréide Thétis envoie l'Hécatonchire Briarée, aux cent mains, ainsi que les hommes venus de Aigaion25,26 pour les en dissuader, ils sont plus forts que les dieux. Héra est ligotée par Zeus, tout comme Athéna, alors que Poséidon et Apollon sont envoyés travailler chez le roi Laomédon construire le mur de Troie27,24.

Héra est une seconde fois punie par son époux Zeus, dans une nouvelle scène de ménage divine. Héra, est toujours prête à nuire à Héraclès : aussi, lorsque les Grecs prennent la mer pour leur départ après avoir détrôné Laomédon et pillé sa ville Troie, elle enjoint le sommeil Hypnos d'endormir Zeus de façon à jeter des calamités sur son magnanime fils28. Et, sur la mer stérile, elle répand le vent tempétueux de Borée qui pousse Héraclès vers le Sud et l'île très peuplée de Cos28,29,30,31,32. Zeus s'éveillant indigné de cette ruse, dans une colère terrible, disperse tous les dieux et cherche Hypnos pour le précipiter du haut du ciel, celui-ci est sauvé par l'intervention de la nuit, Nyx28. Zeus jette néanmoins du haut du ciel Héphaïstos, le fils d'Héra, et, quant à elle, le dieu des dieux la suspend avec une enclume à chaque cheville et des chaînes d'or solides aux mains sous le regard douloureux des autres dieux qui prudemment restent figés29,28,30,31.

Offensée par le jugement de Pâris, qui lui préfère Aphrodite, elle se montre la plus farouche ennemie des Troyens pendant la guerre de Troie et contribue au sac de la ville.

Lorsqu'elle se dispute avec Zeus pour savoir quel sexe connaît le plus de plaisir lors d'une relation sexuelle, elle accepte que le devin Tirésias, qui avait été femme puis homme, juge la querelle. Mais lorsque celui-ci donne raison à Zeus, elle se venge en le frappant de cécité.
Origine et fonctions
Temple d'Héra à Agrigente.

Franz Rolf Schröder (de)33 avait avancé qu’il fallait rapprocher le nom d’Héra du nom indo-européen de l’année *yērā-, présent dans l'anglais year et l'allemand Jahr. Jean Haudry dans son essai La religion cosmique des Indo-européens (Archè, 1986) précise le sens de *yērā- comme la belle saison de l’année, comparable au grec et vieux russe jarǔ, printemps, belle saison. Cette étymologie révèle la nature originelle de la déesse, la signification de son union avec Zeus interprétée comme Ciel-diurne : c’est le retour de la partie claire de l’année. L’Héra porteuse de vie d’Empédocle est « celle qui apporte une récolte abondante ».

Héra est la personnification féminine de la belle saison. Ce n’est que par la suite que son union avec Zeus est interprétée comme le prototype de l’union légitime. Sa couleur symbolique est la couleur blanche, elle est qualifiée en grec de θεά λευκώλενος / theá leukốlenos, « déesse aux bras blancs », divinité d’élection d’Argos « la ville blanche ». Si Héra est liée au symbolisme de la vache blanche, c’est dans la mesure où cet animal est symbole de prospérité et d’abondance. Héra est enfin liée aux Heures, ces divinités du retour du printemps et enfin aux héros dont le prototype est Héraclès, littéralement celui qui a la gloire d’Héra. Le héros ainsi, selon Haudry, est celui qui né mortel, conquérant la belle saison de l’année échappe à la mort.

Héra est également la déesse du mariage et des épouses, protectrice du couple, de la fécondité et des femmes en couches — domaine qu'elle partage avec sa fille Ilithye. Sous son épiclèse de ὁπλοσμία / hoplosmía, au cap Lakinion et à Élis, elle assume une fonction guerrière. La cité de Stymphale consacre trois temples à Héra sous différentes épiclèses : Παρθενία / Parthenía (« vierge »), Τελεία / Teleía (« épouse de Zeus ») et Χήρα / Khếra (« veuve »).
Lieux de culte

Elle est surtout vénérée à Argos, citée par Homère comme une ville chère à la déesse, à l'instar de Mycènes et Sparte. Elle possède également un temple à Olympie, à Corinthe, à Samos ou encore au cap Lakinion, non loin de Crotone.[réf. nécessaire]
Épiclèses, attributs et sanctuaires
Dans ce tableau, Lemoyne représente la déesse Héra, assise sur le trône d'or construit par Héphaïstos. Elle est située dans un espace céleste, entourée de nuages où s'ébattent des angelots. Devant elle, l'un d'eux tire deux paons, ses animaux attributs.
François Lemoyne : Le Triomphe de Junon

Ses attributs : le diadème royal, le sceptre
Ses végétaux favoris : la grenade, l'hélichryse et le lys.
Ses animaux favoris : le paon et la génisse.
Épithètes homériques :
θεὰ λευκώλενος / theá leukốlenos, « déesse aux bras blancs »,
βοῶπις / boỗpis, « aux yeux de vache, aux grands yeux »,
χρυσόθρονος / khrusóthronos, « au trône d'or ».
Sanctuaires : spécialement dans les cités austères, Argos, Mycènes, Sparte, Olympie, Corinthe, Béotie, Samos, Lesbos, Délos, Knossos, Posidonia, Capoue et Sélinonte.
Jeux organisés en son honneur : Héraia.

Hommage

Héra est l'une des 1 038 femmes dont le nom figure sur le socle de l'œuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago. Elle y est associée à la Déesse de la fertilité, deuxième convive de l'aile I de la table34. En 2016, Georgio fait d'Héra, le titre de son second album.
Bibliographie
Sources

Hésiode (trad. Annie Bonnafé, préf. Jean-Pierre Vernant), Théogonie, Paris, Payot & Rivages, coll. « La Petite Bibliothèque », 1993, 184 p. (ISBN 978-2743621384)
Iliade (trad. Robert Flacelière), Éditions Gallimard, 1993 (1re éd. 1956) (ISBN 2-07-010261-0)

Monographies

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Héra, sur Wikimedia Commons

(en) Timothy Gantz, Early Greek Myth, Johns Hopkins University Press, 1993 [détail de l’édition].
(en) Joan V. O’Brien: The transformation of Hera. A study of ritual, hero, and the goddess in the „Iliad“. Rowman & Littlefield, Lanham, Md. 1993, ISBN 0-8476-7807-5.
(de) Walter Pötscher, Hera. Eine Strukturanalyse im Vergleich mit Athena. Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt 1987, ISBN 3-534-03131-8.

Notes

↑ Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], IV, 59.
↑ Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], 453-454.
↑ Théogonie, 459-460.
↑ Bonnafé 1993, p. 85
↑ Théogonie, 921.
↑ Théogonie, 922-923.
↑ Théogonie (927-929).
↑ Iliade, I, 578 ; XIV, 338 ; XVIII, 396 ; XXI, 332 et Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], VIII, 312.
↑ Cicéron, De natura deorum [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], III, 22.
↑ Iliade, XIV, 295-296.
↑ Scholie au vers I, 609 de l'Iliade ; cité par Gantz, p. 57.
↑ Scholie aux vers XV, 295-296 de l'Iliade ; Gantz, p. 57.
↑ Scholie à Théocrite, XV, 64 ; voir aussi Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], II, 38.
↑ a et b Gantz, p. 61.
↑ Pindare, Odes [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], Néméennes, I, 33-72.
↑ Catalogue des femmes [détail des éditions], fr. 126 MW.
↑ Euripide, Héraclès, Budé Belles-Lettres, 1976, Paris, 868-873
↑ (Chant V, vers 390)
↑ L. Kahn, Hermès passe ou les ambiguïtés de la communication, Maspero, 1978, p. 153
↑ Pindare, Pythiques, II, 27-48.
↑ Scolie de l'Iliade (ΣAB Il 14.295).
↑ Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], I, 396-406.
↑ Scholie sur les Olympiques de Pindare, VIII, 41b. Voir (grc) Drachmann, Scholia vetera in Pindari carmina, Leipzig, In aedibus B.G. TeubneriSum, 1903 (lire en ligne [archive]), p. 246.
↑ a et b Scholie sur l'Iliade d'Homère, Chant I, 312 (Codex 2079 Paris) citant la compilateur Didyme ou si ce n'est le grammairien Didymus Chalcenterus ? Voir (grc) John Antony Cramer, Anecdota graeca e codd. manuscriptis bibliothecae regiae Parisiensis, t. 3, Oxford, Université d'Oxford, 1841, env. 532 p. (lire en ligne [archive]), p. 5 (4).
↑ Αἰγαίων / Aígaíôn = mer Égée (?).
↑ Scholie de Tzétzès à propos de Lycophron, 34. Voir (grc) Christian Gottfried Müller, Ισαακιου και Ιωαννου του τζετζου Σχολια εις Λυκοφρονα [« Isaac et Jean Tzétzès Scholies sur Lycophron »], t. 1, Leipzig, Sumtibus F.C.G. Vogelii,‎ 1811, 1169 p. (lire en ligne [archive]), p. 326-330 (411-417).
↑ Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne [archive]], XXI, 435-460.
↑ a, b, c et d Iliade, XIV, 250-259.
↑ a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées ILXV1433.
↑ a et b Apollodore, I, 3, 5.
↑ a et b Apollodore, II, 7, 1.
↑ Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées PluGRC58.
↑ « Hera », Gymnasium, 63 (1956).
↑ Musée de Brooklyn - Hera [archive]

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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 10:32

Dans la mythologie grecque, Nyx (en grec ancien Νύξ / Núx, en latin Nox) est la déesse de la Nuit personnifiée. Selon la Théogonie d'Hésiode, elle et son frère Érèbe (les Ténèbres) sont les premières divinités issues du Chaos primordial. Sa demeure se trouve au-delà du pays d'Atlas, à l'extrême Ouest.

Sommaire

1 Descendance de Nyx
2 Représentations dans les arts après l'Antiquité
2.1 Littérature
2.2 Peinture
3 Bibliographie
3.1 Sources antiques
3.2 Études savantes
4 Notes et références
5 Voir aussi

Descendance de Nyx

Dans la Théogonie d'Hésiode1, Nyx engendre avec Érèbe :

Éther, la partie la plus brillante de la haute atmosphère ;
Héméra, le Jour ;
Charon, le Cocher des Enfers ;
Épiphron, la Prudence ;
Éléos, la Pitié

Puis seule :

Moïra, la Destinée ;
Géras, la Vieillesse ;
Philotès, l'Amour sexuel ;
Momos, le Sarcasme ;
Apaté, la Tromperie ;
Dolos, la Ruse ;
Moros, le Sort ;
Oizys, la Misère ;
Hypnos, le Sommeil, et les mille Oneiroi (les Songes) dont l'un des plus célèbres est Morphée ;
Thanatos, la Mort.

Selon d'autres sources, elle serait aussi la mère :

des Hespérides, gardiennes des pommes d'or ;
des Moires, tisseuses du destin des hommes et des dieux ;
de Némésis, la Vengeance et la Justice Divine ;
des Érinyes, divinités persécutrices ;
des Kères, les Esprits des morts violentes ;
d'Éris, la Discorde ;
de Lyssa, la Colère ;
d'Hécate, la déesse de la Sorcellerie et de la Lune ;
du Styx, un autre fleuve des Enfers ;
d'Adicie, l'Injustice.

Représentations dans les arts après l'Antiquité
Littérature

Nyx apparaît dans la littérature fantastique ou de fantasy mettant en scène des personnages inspirés de la mythologie grecque. Dans la suite romanesque La Maison de la nuit de P.C Cast et Kristin Cast, romans américains parus entre 2007 et 2012, Nyx est présentée comme la créatrice ou la mère des vampires.
Peinture

Le peintre français Henri Fantin-Latour peint un tableau Nyx en 1897 où Nyx est représenté avec les traits d'une femme nue environnée de nuages noirs et de brume.
Bibliographie
Sources antiques

Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne] (v. 123 et 211).
Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] (XIV, 259 ; VIII, 488).

Études savantes

Clémence Ramnoux, La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Paris, Flammarion, 1959.

Notes et références

↑ Hésiode, Théogonie, vers 211-232.

Voir aussi

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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 10:37

Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale. Vide peut désigner :

des Moires, tisseuses du destin des hommes et des dieux.

Physique

vide, absence de toute matière.
vide quantique, en mécanique quantique le vide physique dépourvu de matière contient toujours une énergie définie par sa valeur minimale.
chambre à vide, enceinte rigide dans laquelle l'air et d'autres gaz sont en grande partie éliminés par une pompe à vide.
claquage du vide, technique qui permettrait de générer des particules élémentaires à partir du vide, au moyen d'un laser de grande puissance.
pompe à vide, outil permettant d'extraire l'air ou tout autre gaz contenu dans une enceinte close.
technologie du vide, ensemble des solutions pour produire, réguler et mesurer le vide.
Une des difficultés des missions spatiales est d'offrir aux astronautes des combinaisons réellement protectrices et étanches. Dégradation et trou dans les gants de l'astronaute Richard Mastracchio, après son intervention hors de la navette spatiale (Mission STS-118).

Astronomie

vide, milieu interstellaire dont la densité de matière est extrêmement faible.
Vide local, région vide du milieu interstellaire adjacente à notre groupe local.
vide du Bouvier ou Grand Vide, région du milieu intergalactique de très grande taille mais contenant très peu de galaxies.

Philosophie

vide ou vide existentiel, condition humaine caractérisée par l'ennui généralisé, l'aliénation et l'apathie.

Mathématiques

ensemble vide, ensemble ne contenant aucun élément.

Musique

Vide-ordures et Sabordage (2003), album du groupe français Les Betteraves.
Vide cor meum (2001), chanson de Patrick Cassidy.
Vide (1982), chanson de Patrick Bruel.

Littérature

La Trilogie du Vide, trilogie de Peter F. Hamilton comprenant :
Vide qui songe (2007)
Vide temporel (2008)
Vide en évolution (2010)

Autres

vide-greniers ou braderie ou foire aux puces, marché occasionnel de vente d'objets par des particuliers.
vide-grenier à domicile, variante des vide-greniers.
vide juridique, absence de normes applicables à une situation donnée.
vide-ordures, système d'évacuation des ordures ménagères.
vide-poche, récipient permettant de ranger de petits objets.
vide-pomme, ustensile de cuisine.
vide sanitaire ou espace visitable, espace accessible ou non, situé entre le sol et le premier plancher d'un bâtiment.
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Jeu 17 Nov à 10:38

Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale. Vide peut désigner :

des Moires, tisseuses du destin des hommes et des dieux.

Physique

vide, absence de toute matière.
vide quantique, en mécanique quantique le vide physique dépourvu de matière contient toujours une énergie définie par sa valeur minimale.
chambre à vide, enceinte rigide dans laquelle l'air et d'autres gaz sont en grande partie éliminés par une pompe à vide.
claquage du vide, technique qui permettrait de générer des particules élémentaires à partir du vide, au moyen d'un laser de grande puissance.
pompe à vide, outil permettant d'extraire l'air ou tout autre gaz contenu dans une enceinte close.
technologie du vide, ensemble des solutions pour produire, réguler et mesurer le vide.
Une des difficultés des missions spatiales est d'offrir aux astronautes des combinaisons réellement protectrices et étanches. Dégradation et trou dans les gants de l'astronaute Richard Mastracchio, après son intervention hors de la navette spatiale (Mission STS-118).

Astronomie

vide, milieu interstellaire dont la densité de matière est extrêmement faible.
Vide local, région vide du milieu interstellaire adjacente à notre groupe local.
vide du Bouvier ou Grand Vide, région du milieu intergalactique de très grande taille mais contenant très peu de galaxies.

Philosophie

vide ou vide existentiel, condition humaine caractérisée par l'ennui généralisé, l'aliénation et l'apathie.

Mathématiques

ensemble vide, ensemble ne contenant aucun élément.

Musique

Vide-ordures et Sabordage (2003), album du groupe français Les Betteraves.
Vide cor meum (2001), chanson de Patrick Cassidy.
Vide (1982), chanson de Patrick Bruel.

Littérature

La Trilogie du Vide, trilogie de Peter F. Hamilton comprenant :
Vide qui songe (2007)
Vide temporel (2008)
Vide en évolution (2010)

Autres

vide-greniers ou braderie ou foire aux puces, marché occasionnel de vente d'objets par des particuliers.
vide-grenier à domicile, variante des vide-greniers.
vide juridique, absence de normes applicables à une situation donnée.
vide-ordures, système d'évacuation des ordures ménagères.
vide-poche, récipient permettant de ranger de petits objets.
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MessageSujet: Re: Lazard Madeleine, Rabelais, Pantagruélisme et Y'becca   Sam 19 Nov à 3:13

Quelle est la mission de l'état, de l'individu et de l'utopie ,

Elles et Ils sont les institutions du secourisme et doivent répondre aux demandes de la Citoyenneté. Ce qui peut sembler navrant; c'est la parution de l'affrontement... C'est l'effort des sens face aux déterminismes des courants entourant, intérieur et extérieur... La Femme et l'Homme se plongent dans le tourbillon sans réaliser qu'il peut ou pourrai le contourner... Il peut ainsi réparer plus vite et plus rapidement tout en respectant le savoir faire et la main d’œuvre issu de l'apprentissage et l’autodidacte. Telle, avec ou sans raison, cette femme ou cet Homme pourraient devenir très intéressant: C'est à l'état de dire ces choses là mais l'état est une forme utopie. Même une machine peut dire qu'elle issue d'inventeur plutôt que d'être la propriété d'un brevet. Ce mécanisme s'appliquent aussi aux robots. Car oui, Le caractère humain, l'animal, la machine et le robot ont plus de valeur qu'une valeur d'état établi par un comité restreint. L'aspect de défense commune est un aspect universelle car il implique l'aspect militaire tout comme l'aspect civil. En effet le donjon demeure dans le château fort: L'aspect humaniste doit être conserver dans la République car celle ci sépare et répare les cris et les gifles, Tout age et toutes volontés accentue son message de fraternité, d’égalité et de liberté.

La République s'est une bibliothèque où l'amour figure comme l'autocritique et l'évolution. Chacun ne peut tout accumuler par principe de transition car ce fut le souhait du peuple antique et du mariage. Par ainsi, la portée est de transmettre réellement les travaux pour permettre un réel constat de l'aménagement secouristes, médicales, militaires, d'habitations, d'emploi public en incluant l'aspect du secteur privé dans la légalité des droits de la Femme et de l'Homme, de protection juridique dans les divorces, accidents du travail, de contrainte morale, d'abus physiques, sur les moyens de transports permettant à tous le moyens de se déplacer dans un aspect physique en respectant le prix de vie, que la haute technologie sois abordable envers tous et chacun à un prix modéré pour ainsi permettre une meilleur surveillance sur l'égalité des chances pour l'aspect physiques et morales des individus, associations, organismes, entreprises et structure étatiques. Ces mesures montreront de l'élasticité d'aujourd'hui démontre que la plénitude ne fus pas "ou jamais atteint" d'une manière déterminée ni même indéterminée. Le Luxe fut utilisé comme une arme et fausse sur la modernité
de l’intérêt au détriment sur le concept de caractère propre du projet défini par un architecte, un penseur et d'un ouvrier; Le luxe favorise l'architecte sur l'ouvrier par le concept d'une vision chimérique établi par le concept du droit féodal. Il suffit...

La République et ses Organismes Public tout comme Privé ont des rôles de rigueur, d'alternance et de travail sur le bien commun. Car, La République s'est une bibliothèque où l'amour figure comme l'autocritique et l'évolution. Chacun ne peut tout accumuler par principe de transition car ce fut le souhait du peuple antique et du mariage. Par ainsi, la portée est de transmettre réellement les travaux pour permettre un réel constat de l'aménagement secouristes, médicales, militaires, d'habitations, d'emploi public en incluant l'aspect du secteur privé dans la légalité des droits de la Femme et de l'Homme, de protection juridique dans les divorces, accidents du travail, de contrainte morale, d'abus physiques, sur les moyens de transports permettant à tous le moyens de se déplacer dans un aspect physique en respectant le prix de vie, que la haute technologie sois abordable envers tous et chacun à un prix modéré pour ainsi permettre une meilleur surveillance sur l'égalité des chances pour l'aspect physiques et morales des individus, associations, organismes, entreprises et structure étatiques.

Ainsi, L'individu figurera à sa place au Panthéon à coté d'un vrai principe de la République:
La Paix et les Peuples tout en conservant son propre individu.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie
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