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 (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.

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yanis la chouette



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MessageSujet: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:50

Le terme « samouraï », mentionné pour la première fois dans un texte du Xe siècle, vient du verbe saburau qui signifie « servir ». L'appellation est largement utilisée dans son sens actuel depuis le début de la période Edo, vers 1600. Auparavant, on désignait les guerriers plutôt par les termes mono no fu (jusqu'au VIIIe siècle), puis bushi (武士?), qui peuvent l'un ou l'autre se traduire par « homme d'armes ». À partir de la période Edo, les termes bushi et samouraï ne sont pas tout à fait synonymes, il existe une différence subtile (voir l'article Bushi).

On trouve aussi parfois le terme buke : il désigne la noblesse militaire attachée au bakufu (gouvernement militaire), par opposition aux kuge, la noblesse de cour attachée à l'empereur. Les buke sont apparus durant l'ère Kamakura (1185–1333).

La classe de guerriers professionnels du Japon, constituée d'archers montés sur des étalons, trouve son origine dans la volonté impériale de conquérir des terres des Aïnous à la fin de la période Nara.

Jusque-là, le Japon disposait d'une armée fondée sur la conscription, inspirée du modèle chinois. Les hommes âgés de vingt à trente ans étaient conscrits, répartis en autant de gunki (corps de mille soldats et officiers) qu'il y avait de provinces et attachés au service du kokushi (gouverneur de la province).

ORIGINE /

Ce système se révéla totalement inefficace pour lutter contre les « barbares » Aïnous, redoutables cavaliers. L'empereur décida en 792 de le dissoudre pour mettre en place un nouveau système appelé kondeisei. Le kondesei avait l'avantage de réduire le poids du service militaire chez les paysans (sur qui reposait l'économie) puisqu'il était constitué de jeunes cavaliers archers issus de milieux plus aisés. Cette milice, formée de 3 964 hommes, commença à tomber en désuétude au Xe siècle1, mais on ne peut affirmer qu'elle soit à l'origine des premiers samouraïs, apparus à cette époque.

Mitsuo Kure, dans son livre Samouraïs (p. 7), cite plusieurs autres origines possibles pour les samouraïs :

les kugutsu, des nomades qui parcouraient le Japon en vivant de spectacles de marionnettes et d'acrobaties, eux aussi réputés grands cavaliers archers. Il est toutefois impossible de dire s'ils utilisaient des grands arcs ;
les contacts avec les Emishi, durant les combats contre eux, mais aussi au cours d'activités commerciales ou en les employant comme mercenaires pour protéger Kyūshū de tentatives d'invasion coréennes ou chinoises, ont pu inspirer à la cour impériale de Kyōto l'idée de créer une cavalerie, jusqu'ici totalement absente de l'histoire militaire du Japon.

Enfin, Mitsuo Kure énonce une dernière hypothèse selon laquelle les samouraïs seraient à l'origine des gardes du palais impérial au début du Xe siècle, se fondant sur les premiers documents mentionnant le mot samurai (ou plutôt saburai, « en service », qui se déforma plus tard en samurai). S'il rejette rapidement cette hypothèse, arguant que les meilleurs élevages de chevaux se trouvaient dans le Kantō et le Tōhoku et que les armures o-yoroi furent mises au point sur le champ de bataille et non dans la paix de la cour, cette hypothèse est en revanche la seule origine citée par Stephen Turnbull dans son Samurai Sourcebook, (p. Cool.

Turnbull indique à leur sujet qu'ils passèrent rapidement du service impérial à celui des riches propriétaires terriens des provinces, qui devaient lutter contre les Emishi, les bandits et les propriétaires terriens rivaux. Il précise aussi que ces premiers clans de samouraïs étaient d'origine modeste, mais se plaçaient sous l'égide de descendants de lignées impériales mineures, partis chercher fortune dans les contrées sauvages. Les deux plus puissants clans de samouraïs de la fin de l'ère Heian, les clans Taira et Minamoto, découlent de cette tradition, descendant respectivement des empereurs Kammu et Seiwa.

Ère Heian
Samurai à cheval, portant une armure Ō-yoroi (en), tenant un arc (yumi) avec des flèches dans un carquois (yebira (en)).

Si l'ère Heian est pour la cour impériale une période de paix et de prospérité, les provinces, en revanche, étaient secouées de révoltes paysannes dues aux lourds impôts, réprimées par les kokushi (gouverneurs de provinces nommés par le gouvernement impérial). Les petits fermiers se placèrent sous la protection de puissantes familles de propriétaires terriens, qui de ce fait s'enrichirent et furent bientôt en mesure de recruter des armées privées, constituées de guerriers professionnels, mais aussi de simples civils (paysans, artisans, citadins).

Ces armées conféraient une certaine puissance et une indépendance grandissante à ces propriétaires terriens, riches, mais dénigrés par l'aristocratie de Kyōto, et leur permettaient de défendre leurs terres contre les menaces diverses, mais aussi de s'étendre aux dépens de leurs voisins. De plus, certains tentaient de se dégager de la tutelle du gouvernement central, ce qui provoqua des révoltes auxquelles prirent part certains des premiers gouvernements samouraïs.
Premières rébellions

En 935, Taira no Masakado, gouverneur de la province de Shimosa, tua son oncle Kunika et rallia à lui de nombreux guerriers, gagnant ainsi le contrôle de la quasi-totalité du Kantō et s'autoproclama empereur en 939. La même année, sur les côtes de la mer intérieure, Fujiwara no Sumitomo rassembla des wakō (pirates) et se révolta également.

Le gouvernement n'eut pas de mal à réprimer ces premières révoltes samouraïs, se contentant d'engager d'autres clans pour lutter contre les premiers, lors de ce qui fut désigné comme Rébellion de Jōhei Tengyō.

En 1028, Taira no Tadatsune se révolta également et prit le contrôle du Kantō. La cour tarda alors à réagir, selon Louis Frédéric (Le Japon, dictionnaire et civilisation, [p. 1073]), « les forces impériales [étaient] trop faibles pour intervenir efficacement contre lui ». Au bout de quatre mois, cependant, la cour envoya contre lui Taira no Naokata, qui fut vaincu. En 1031, Minamoto no Yorinobu se joignit aux forces de pacification impériale, obligea Tadatsune à se rendre, et prit le contrôle du Kantō.

Par la suite, les familles de samouraïs les plus influentes, notamment les Taira et les Minamoto, furent appelées à la cour pour assurer la sécurité de l'empereur et de l'aristocratie, avec qui ils tissèrent peu à peu des liens, bien que gardant un statut très bas. Les jōkō, notamment, s'entouraient de gardes du corps samouraïs à demeure dans son palais, les hokumen no bushi (ce qu'on peut traduire par « samouraïs du côté nord ».)
Guerres dans le nord de Honshū
Dans les provinces du Tōhoku, la partie nord de l'île de Honshū, plus récemment colonisée et loin de la capitale, des seigneurs tentaient d'échapper à l'influence de la cour. En 1051, Abe no Yoritoki se souleva et la province de Mutsu fut secouée par les affrontements de la guerre de Zenkunen, qui dura en réalité jusqu'en 1062, le général des forces impériales, Minamoto no Yoriyoshi (fils de Yorinobu) ayant fait appel au clan Kiyohara de la province de Dewa. La cour attribua les biens du clan Abe à ces derniers, et, lorsqu'en 1083, Minamoto no Yoshiie, fils de Yoriyoshi, fut nommé juge dans une querelle interne des Kiyohara, il en profita pour les détruire au cours de ce qu'on appelle la guerre de Gosannen. Estimant qu'il avait agi pour des raisons personnelles, la cour refusa de lui attribuer une récompense et il dut prélever des parcelles sur son propre domaine pour payer ses hommes. Selon Mitsuo Kure (Samouraïs, p. 14), cet acte le rendit très populaire et de nombreuses familles de samouraïs se mirent à son service.

Intrigues à la cour

Ces premières rébellions samouraïs, actions isolées et menées loin de la cour eurent finalement peu d'impact dans l'arrivée au pouvoir à la fin du XIIe siècle. En revanche, les clans de samouraïs présents à la cour tirèrent parti de la lutte de pouvoir entre l'empereur Go-Shirakawa et l'empereur retiré Sutoku en 1156. À l'issue de ce qui est connu comme la rébellion de Hōgen, l'influence des régents Fujiwara diminua considérablement et les clans Taira et Minamoto parvinrent à gagner des positions importantes à la cour.

En 1159, lorsque Minamoto no Yoshitomo et Fujiwara no Nobuyori tentèrent un coup d'État connu sous le nom de rébellion de Heiji, Taira no Kiyomori écrasa les Minamoto, massacrant une bonne partie du clan et entama une ascension qui l'amena en 1167 au poste de dajō-daijin, premier ministre.

Cependant, en 1180 éclata la guerre de Gempei, une guerre de succession au trône impérial, les Minamoto reconstitués soutenant un candidat différent de celui des Taira. Au terme de cinq ans de guerre, les Taira furent finalement éliminés et Minamoto no Yoritomo mit en place le premier bakufu, avant d'être nommé shogun en 1192. Pour la première fois, le Japon était dirigé par des samouraïs, et le resta jusqu'en 1868.
Réincarnation en crabes

En 1185, les clans Taira et Minamoto s'affrontent dans la baie de Dan-no-ura. Lors de cette bataille décisive, le jeune empereur Antoku, âgé de six ans, sentant la défaite finale, plonge dans les eaux avec sa grand-mère pour se donner la mort plutôt que de subir le déshonneur d'une capture. Plusieurs samouraïs imitent son geste. La légende prétend que les guerriers Taira se sont réincarnés en crabes, d'où cet ornement qu'on retrouve quelquefois sur des casques de samouraïs. Encore aujourd'hui, les pêcheurs qui attrapent des crabes dont la carapace évoque un visage les rejettent à l'eau2. Il s'agit en fait d'une espèce endémique: le heikegani.
Avènement des Tokugawa
Le Samurai Hasekura Tsunenaga à Rome en 1615.
Collection Borghese, Rome.

Avec la pacification de la période Edo, la fonction combattante des guerriers diminue et ceux-ci deviennent des fonctionnaires. Ils vont laisser le côté guerrier pour les cérémonies, et commencer à s'intéresser aux arts (surtout l'écriture). Néanmoins, probablement pour se redonner de la valeur, des règles très strictes sont codifiées, sous le nom de bushidō (« voie du guerrier »). Le suicide rituel du seppuku — aussi connu sous le nom de « hara-kiri » (littéralement « ouvrir le ventre ») — devra être interdit à certaines périodes par le shogun (seigneur militaire du Japon).

En effet, pour sauvegarder son honneur, un samouraï devait se faire seppuku s'il arrivait malheur à son maître, à sa famille, ou simplement s'il avait fait une faute grave, son seigneur pouvait lui commander à n'importe quel moment le seppuku s'il ne s'estimait pas satisfait. Ce rite provoquait parfois des ravages dans les rangs des samouraïs.
Ère Meiji et fin des samouraïs
Matsudaira Katamori (1836–1893).

La période des Tokugawa amène un certain renfermement du Japon sur lui-même, peu ouvert aux pays étrangers. Cet isolement prend fin avec l'intervention du commodore Matthew Perry qui force le pays à s'ouvrir au commerce extérieur à partir de 1854. Des changements majeurs surviennent alors, avec notamment la reprise en main du pays par l'empereur.

La restauration de Meiji en 1867 entraîne avec elle toute une série de mesures. Les samouraïs sont également frappés par les réformes. Privés de leurs droits, ils se révoltent avant d'être écrasés par l'armée impériale en 1874 et lors de la rébellion de Satsuma en 1877. Le passage à l'ère moderne fit qu'il fut décidé de conserver l'héritage culturel des différents arts utilisés par les samouraïs au sein de la Dai nippon butoku kai créée en 1895.
Religions

Le bouddhisme zen a fortement influencé les samouraïs3. Voir par exemple le samouraï Suzuki Shōsan, devenu moine zen à 42 ans.

Le shintoïsme a eu une certaine influence4, ainsi que le confucianisme5.
Éducation du jeune samouraï
Musashi Miyamoto, un célèbre samouraï.

Dans la tradition samouraï, un fils de samouraï était soumis à une discipline très stricte. Le temps des caresses maternelles était douloureusement court. Avant même d'avoir vêtu son premier pantalon, on l'avait soustrait autant que possible aux tendres contacts et on lui avait appris à réprimer les élans affectueux de l'enfance. Tout plaisir oisif était rigoureusement mesuré et le confort lui-même proscrit, sauf en cas de maladie. Ainsi, dès le moment où il savait parler, on lui enjoignait de considérer le devoir comme le seul guide de son existence, le contrôle de soi comme la première règle de conduite, la souffrance et la mort comme des accidents sans importance du point de vue individuel.

Cette éducation austère n'allait pas sans impératifs beaucoup plus contraignants, destinés à développer une impassibilité totale dont l'enfant ne devait jamais se départir, hormis dans l'intimité de la maison. On accoutumait les garçonnets à la vue du sang en les forçant à assister à des exécutions. Ils ne devaient manifester aucune émotion. De retour chez eux, on les obligeait à manger un grand plat de riz coloré en rouge sang par l'adjonction d'un jus de prunes salées, afin de réprimer tout sentiment d'horreur secret. Des épreuves encore plus pénibles pouvaient être imposées, même aux très jeunes enfants. À titre d'exemple, on les contraignait à se rendre seuls, à minuit, sur les lieux du supplice, et à en rapporter la tête d'un des condamnés pour preuve de leur courage. En effet, la crainte des morts était jugée tout aussi méprisable de la part d'un samouraï que celle des vivants. Le jeune samouraï devait apprendre à se prémunir contre toutes les peurs. Dans toutes ces épreuves, la plus parfaite maîtrise de soi était exigée. Aucune fanfaronnade n'aurait été tolérée avec plus d'indulgence que le moindre signe de lâcheté.

En grandissant, l'enfant devait se satisfaire, en guise de distractions, de ces exercices physiques qui, très vite et pour le restant de ses jours, préparent le samouraï à la guerre : kenjutsu, jujutsu, bajutsu, kyujutsu, respectivement art du sabre, lutte, art équestre, tir à l'arc. On lui choisissait des compagnons parmi les fils des domestiques, plus âgés que lui et sélectionnés pour leur habileté dans l'exercice des arts martiaux. Ses repas, bien qu'abondants, n'étaient pas très raffinés, ses tenues légères et rudimentaires, sauf à l'occasion des grandes cérémonies. Lorsqu'il étudiait, en hiver, s'il arrivait qu'il eût si froid aux mains qu'il ne puisse plus se servir de son pinceau, on lui ordonnait de plonger dans l'eau glacée pour rétablir la circulation. Si le gel engourdissait les pieds, on l'obligeait à courir dans la neige. Plus rigoureux était encore l'entraînement militaire proprement dit : l'enfant apprenait de bonne heure que la petite épée à sa ceinture n'était ni un ornement, ni un jouet.

Pour l'éducation religieuse du jeune samouraï, on lui apprenait à vénérer les dieux anciens et les esprits de ses ancêtres. On l'initiait à la foi et à la philosophie bouddhiques et on lui enseignait l'éthique chinoise. Ceci est à nuancer, du fait que tel clan ou telle famille ou encore telle koryu (école d'arts martiaux) tendaient à une vision shintoïste, bouddhique ou confucianiste. Ainsi la Tenshin shōden katori shintō-ryū incline vers le shintoïsme tandis que la Hyoho niten ichi ryu ouvre son texte majeur sur une invocation à une déité bouddhiste en poursuivant que s'il faut vénérer les dieux, il ne faut pas pour autant attendre d'eux la victoire.

Peu à peu, à mesure qu'il passait de l'enfance à l'adolescence, la surveillance à laquelle il était soumis allait s'amenuisant. On le laissait de plus en plus libre d'agir selon son propre jugement, avec la certitude qu'on ne lui pardonnerait pas la moindre erreur, qu'il se repentirait toute sa vie d'une offense grave et qu'un reproche mérité était plus à redouter que la mort même.

Le samouraï apprenait son métier au sein d'écoles anciennes dispensant une formation aux armes, à la stratégie, au renseignement et aux divers aspects de l'art de la guerre. Ces koryu, écoles anciennes, ont été le cadre qui a façonné l'excellence technique et morale du samouraï.
Différents types de samouraïs

Un samouraï n'ayant pas de rattachement à un clan ou à un daimyō (seigneur féodal) était appelé un rōnin. Un samouraï qui était un vassal direct du shogun était appelé hatamoto.

Cependant, tous les soldats n'étaient pas samouraïs, ceux-ci constituant une élite équivalent en quelque sorte aux chevaliers européens ; l'armée, à partir de la période Kamakura, reposait sur de larges troupes de fantassins de base nommés ashigaru et recrutés principalement parmi les paysans.
Armes
Un samurai en armure avec son sabre, vers 1860.
Guerriers samurai avec différents types d'armures et d'armes, dans les années 1880.

Le samouraï utilisait environ 40 armes avec une mention spéciale pour le katana, grand sabre, qu'il était le seul à pouvoir porter. Il étudiait les kobudo, les arts martiaux japonais d'avant 1868, au sein des koryu. Il attribuait une grande importance au katana, suivant ainsi le bushidō pour lequel le katana est l'âme du samouraï. Quand un enfant avait atteint l'âge de 15 ans, il pouvait obtenir un wakizashi (petit sabre) et un nom d'adulte lors d'une cérémonie appelée genpuku (元服). Lors de cette cérémonie, il devenait samouraï. Il obtenait aussi le droit à porter un katana.

Une cordelette (souvent fabriquée à partir d'une mèche de cheveux) était souvent nouée à travers un trou dans le tsuba (habituellement prévu pour faire passer le kogatana, stylet rangé dans un compartiment du fourreau), une sorte de sécurité pour katana, permettant de manifester des intentions pacifiques, puisqu'il devenait dès lors impossible de le dégainer sans dénouer d'abord cette sécurité.

Un katana et un wakizashi réunis sont appelés un daisho (littéralement : « grand » et « petit »).

Le wakizashi était « la lame d'honneur » d'un samouraï et il ne quittait jamais son côté. Le samouraï dormait avec l'arme sous son oreiller et l'emmenait avec lui quand il entrait dans une maison et devait laisser ses armes principales dehors.

Le tanto était un petit poignard, et il était porté quelquefois à la place du wakizashi dans un daisho. Il était utilisé quand un samouraï devait faire seppuku ou hara-kiri (suicide). Cependant, placé dans le keikogi (« vêtement d'entraînement »), le tanto se révélait être une arme de poing très utilisée pour les assassinats ou les combats rapprochés.

L'arme favorite du samouraï était le yumi (« arc »). Le yumi resta inchangé jusqu'à l'apparition de la poudre à canon et des fusils au XVIe siècle. L'arc composite de style japonais n'était pas une arme très puissante en comparaison avec l'arc classique d'Eurasie. Sa taille permettait de lancer divers projectiles comme des flèches enflammées et des flèches-signaux d'une portée efficace de 50 m, et plus de 100 m quand la précision n'était pas importante. Il était ordinairement utilisé à pied derrière un tedate (手盾), un grand mur de bambou mobile, mais il pouvait même être utilisé à dos de cheval. La coutume de tirer à dos de cheval, yabusame (流鏑馬), est devenue une cérémonie shintoiste.

Le nodachi est un sabre d'aspect similaire au katana, mais qui mesure environ 150 cm ; il était réservé aux samouraïs les plus forts. On peut voir Kikuchiyo, personnage venant du monde paysan, en manipuler un dans le film Les Sept Samouraïs. Ce type d'arme est adapté à la lutte contre les unités de cavalerie, et surtout contre les fantassins en armures légères. Elle ne fut toutefois jamais vraiment populaire en raison de la difficulté de son maniement (requérant davantage de force et de dextérité qu'un katana de taille moyenne), et du fait que le naginata remplissait déjà très bien ce rôle.

Certains samouraïs les utilisaient toutefois, certains pour crâner à l'instar de nombreux kabuki-mono, et moins souvent en raison de compétences réelles dans son maniement. On notera notamment le célèbre Sasaki Kojirô et sa Monohoshizao, ainsi que Makara Jurōzaemon Naotaka, et son fameux nodachi, Tarōtachi, mesurant 220 cm pour 4,5 kg (éléments de poignée et autres accessoires exclus).

Au XVe siècle, le yari (lance) est également devenu une arme populaire. Il a remplacé le naginata sur le champ de bataille lorsque la bravoure personnelle est devenue moins importante, et les batailles, plus organisées. Le yari était plus simple à utiliser et plus mortel qu'un katana. Une charge, à cheval ou à terre, était plus efficace quand une lance était utilisée, et offrait plus de 50 % de chances de vaincre un samouraï armé d'un tachi, forme primitive de katana adaptée au combat monté, parfois appelé par erreur daïkatana dans la culture occidentale.

Dans la bataille de Shizugatake, où Shibata Katsuie fut vaincu par Toyotomi Hideyoshi (ou Hashiba Hideyoshi), les « sept lances » de Shizugatake (賤ヶ岳七本槍) ont joué un rôle crucial dans la victoire.

Jusqu'au XVIIIe siècle, le tranchant des lames de katana était testé sur des condamnés vivants par des bourreaux payés par les samouraïs6.

Les armes blanches utilisées par les samouraïs ont énormément gagné en qualité au fil des siècles, jusqu'à arriver à une qualité inégalée : les lames forgées selon la tradition japonaise sont encore aujourd'hui les meilleures que l'homme ait faites sur le plan des qualités physiques, grâce aux techniques complexes de forge et de trempe développées par les forgerons d'armes japonais, ainsi que le tamahagane, acier spécial obtenu à base de sable ferrugineux7.
Accessoires
Armure
Armure Ō-yoroi (en).
Musée national de Tokyo.
Article détaillé : Armure du samouraï.

Un équipement protecteur couvre le samouraï de la tête au pied. L'armure est constituée de plusieurs parties et est conçue de manière à favoriser le plus possible la mobilité du combattant.
Bâton de commandement

Durant les guerres féodales, plusieurs dizaines de milliers de samouraïs pouvaient être impliqués dans les combats. Il devenait donc important de trouver un moyen de transmettre les ordres de déplacement. À cette fin, on utilisait un bâton de commandement (saihai) qui pouvait être aperçu de loin. Il s'agissait d'un bâton orné à une extrémité d'un faisceau de poils de yak, de lamelles de papier laqué, de lanières de cuir ou de bandelettes de tissu. Le bâton était fixé à l'armure à l'aide d'une corde. Son utilisation remonte aux années 1570.

Bâton sahai de la période Edo avec des poils de yak.

Bâton sahai avec des lanières de cuir.

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Quelques samouraïs célèbres
Autoportrait de Miyamoto Musashi, Rōnin, écrivain et artiste, vers 1640.
Yamaoka Tesshū était un célèbre samurai lors de la période Bakumatsu.
Nom Fief né en mort en
Minamoto no Yoshitsune Yamashiro (un ancien nom de Kyoto) 1159 1189
Kenshin Uesugi Echigo (un ancien nom de Nigata) 1528 1578
Shingen Takeda Kai (un ancien nom de Yamanashi) 1522 1573
Hideyoshi Toyotomi Owari (un ancien nom de Aichi) 1536 1598
Torii Mototada 1539 1600
Yukimura Sanada Shinano (un ancien nom de Nagano) 1567 1615
Sune'emon Torii Mikawa (près de Nagoya) 1575
Musashi Miyamoto Aucun (ronin) 1584 1645
Shirō Amakusa Shimabara 1621 1638
Shigetsuke Taira 1639 1730
Tsunetomo Yamamoto 1659 1719
Heihachirō Ōshio 1793 1837
Takamori Saigō Satsuma (ancien nom de Kagoshima) 1827 1877
Isami Kondô Musashi 1834 1868
Tomoe Gozen 1161 1184

On peut également noter :

Les 24 généraux de Shingen Takeda et d'autres groupes de samouraïs.
Des étrangers au Japon ayant pu devenir samouraïs :
William Adams
Yasuke

Premier samouraï étranger

Le premier samouraï étranger, choisi par Oda Nobunaga, était un esclave africain.

Yasuke arrive du Mozambique en 1579, au service d'un très renommé jésuite italien du nom de Alessandro Valignano. Il fait aussitôt sensation lorsqu'il arrive à la capitale. De nombreuses personnes qui affirmaient l'avoir vu furent tuées pour ce qui était considéré comme un mensonge dont ils ne voulaient pas démordre. Nobunaga ayant vent de ces rumeurs et imaginant qu'il devait y avoir un subterfuge, suspectant en particulier que l'homme devait être tout simplement peint en noir, décide de le rencontrer et de faire gommer sa peau. À sa grande surprise, la couleur de l'homme était réelle, Nobunaga intéressé lui donne de l'argent en dépit du fait qu'il est toujours esclave de Valignano et le laisse repartir.

Lors des missions du Jésuite au Japon en 1581, Yasuke apprend à parler japonais et rencontre à nouveau Nobunaga qui apprécie beaucoup sa compagnie, jugeant l'homme incroyablement robuste, fort et intelligent. Il demande à Valignano, qui devait quitter le Japon cette même année, de laisser Yasuke vivre au Japon sous sa protection. Nobunaga appréciait tellement Yasuke que les gens pensèrent qu'il serait un jour nommé seigneur. Ce ne fut pas le cas, mais Yasuke devint samouraï.

En 1582, Nobunaga est défait à Kyoto par l'armée de Akechi Mitsuhide. Yasuke part alors à la rencontre de son héritier, Oda Nobutada, au château de Nijo. Nobutada à son tour attaqué, peut compter sur Yasuke qui reste un samouraï fidèle. Lorsque Mitsuhide fait tomber le château de Nijo, Yasuke n'est pas tué mais amené à Akechi Mitsuhide pour qu'il décide de son sort. On déclare qu'il n'est pas un homme, qu'il ne sait rien, n'est pas japonais, qu'il ne doit cependant pas être tué mais porté aux Jésuites indiens dont Valignano, le missionnaire italien, avait été responsable quelques années auparavant. Yasuke doit donc retourner aux jésuites indiens et nul ne sait ce qu'il est advenu de lui par la suite, aucun écrit n'ayant été retrouvé après cet événement.

Description de Yasuke dans les mémoires de Nobunaga Oda (信長公記, Shinchōkōki) :

« Le 23 du second mois, un serviteur noir vint des pays chrétiens. Il semblait avoir 26 ou 27 ans, son corps tout entier était noir comme celui d'un bœuf. Il était solide et avait de la présence. De plus, sa force était supérieure à celle de 10 hommes réunis. »

Yasuke mesurait en effet 1,88 m ce qui à l'époque au Japon devait être extrêmement impressionnant8,9,10,11,12.
Dans la culture populaire
Poésie

Un poème des Trophées de José-Maria de Heredia se nomme « Le Samouraï ».

Romans

Lian Hearn, Le Clan des Otori.
Armand Cabasson, Par l'épée et le sabre.
Eiji Yoshikawa, La Pierre et le Sabre, La Parfaite Lumière.
James Clavell, Shogun.
Thomas Day, La Voie du sabre.
Yukio Mishima, Le Japon moderne et l'éthique samouraï.
Romain d'Huissier, Seppuku, Trash éd., 2015, coll. « Trash », no 14.

Cinéma
Article détaillé : Chanbara.

Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa (1954).
Samurai d'Hiroshi Inagaki (1954).
Le Garde du corps d'Akira Kurosawa (1961).
Sanjuro d'Akira Kurosawa (1962).
Hara-kiri de Masaki Kobayashi (1962).
La Légende de Zatoïchi. Le masseur aveugle de Kenji Misumi (1962).
Les 13 Tueurs de Eiichi Kudō (1963).
Les Trois Samouraïs hors-la-loi de Hideo Gosha (1964).
Dai-bosatsu tōge de Kihachi Okamoto (1966).
Le Samouraï de Jean-Pierre Melville (1967).
Goyokin, l'or du shogun de Hideo Gosha (1969).
Puni par le ciel de Hideo Gosha (1969).
Kozure Ōkami.
Soleil rouge, de Terence Young (1971).
Im Schatten des Shogun de Kinji Fukasaku (1978).
Shogun (1980).
Kagemusha, l'ombre du guerrier, de Akira Kurosawa (1980).
Ran, de Akira Kurosawa (1985).
Ninja Scroll de Yoshiaki Kawajiri (1993).
Blade, de Stephen Norrington (1998) utilisation d'un katana et des valeurs zen du combattant.
Ghost Dog : La Voie du samouraï de Jim Jarmusch (1999).
Après la pluie, de Takashi Koizumi (1999).
Tabou de Nagisa Ōshima (1999).
Le Dernier Samouraï de Edward Zwick (2003).
Zatoichi, de Takeshi Kitano (2003).
Le Samouraï du crépuscule (The Twilight Samurai), film japonais réalisé par Yoji Yamada (2002).
Sword of the Stranger, de Masahiro Andō (2007).
Hara-Kiri. Mort d'un samouraï de Takashi Miike (2011).

Bande dessinée et manga

Bosse, Michetz, Kogaratsu, Dupuis, 1988-1999.
Stan Sakai, Usagi Yojimbo.
Takehiko Inoue, Vagabond, Tonkam, 1999.
Hiroaki Samura, L'Habitant de l'infini.
Hideki Mori, Tengu.
Nobuhiro Watsuki, Kenshin le vagabond.
Akimine Kamijyō, Samurai Deeper Kyo.
Patrick Cothias, Adamov, Le Vent Des Dieux.
Hub, Okko.
Ron Marz (en), Luke Ross, Jason Keith, L'Âme du samouraï.
Tite Kubo, Bleach.
Takashi Okazaki, Afro Samurai.
Shinichiro Watanabe, Samurai Champloo.
Hideaki Sorachi, Gintama.
Eiichirō Oda, One piece.

Notes et références

↑ Louis Frédéric, Le Japon, dictionnaire et civilisation, français, Éditions Robert Laffont collection « Bouquins », Paris, 1996 (ISBN 978-2-221-06764-2)
↑ Uesugi Kenshin, « Le temps des samouraïs », dans Richard Béliveau, Samouraïs, Les Éditions Libre Expression, 2012, (ISBN 978-2-7648-0783-5), p. 15-16.
↑ Thomas Cleary, La Voie du samouraï, Seuil, 1992
↑ « Le code du Bushido » [archive], sur Gctm.free.fr (consulté le 28 août 2015)
↑ « Le confucianisme » [archive], sur Culturedujapon.e-monsite.com (consulté le 28 août 2015)
↑ « Les Samouraïs [ Samurai Headhunters ] », de John Wate, de Urban Canyons, Smitshonian Channel, Arte, UKTV et ZDF Enterprises, Arte, 25 janvier 2014 [présentation en ligne [archive]], de 0h09m30s à 0h10m30s : présentation en anglais sur les sites du réalisateur [archive] et du producteur [archive]
↑ Documentaire Arte : Katana, le sabre des samouraïs
↑ Histoire ecclésiastique des isles et royaumes du Japon, vol.1, p. 444. Retrieved 2013-06-22.
↑ 1581 letters of the Jesuits Luis Frois and Lorenço Mexia.
↑ International Institute for Children's Literature, Osaka, One Hundred Japanese Books for Children 1946-1979: Kuro-suke, retrieved on: June 30, 2007.
↑ Matsuda, Kiichi, ed., Jūroku-jūnanaseiki Iezusukai Nihon Hōkokushuu, Hōdōsha, 1987-98.
↑ Ōta, Gyūichi, Shinchōkōki, 1622.

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Samouraï, sur Wikimedia Commons samouraï, sur le Wiktionnaire

Bibliographie

Hagakure, Le Livre du samouraï.
Yoshikawa Eiji, Musashi.
Inazo Nitobe, Bushido, l'âme du Japon, (ISBN 978-2-84617-011-6).
Shigetsuke Taira, Budō shōshin shū. Le code du jeune samouraï, (ISBN 978-2-84617-102-1).
Dale Furutani, La Promesse du samourai.
Dale Furutani, Vengeance au pays de jade.
Dale Furutani, Menace sur le shogun.
Yoshikawa Eiji, La Pierre et le Sabre.
Pascal Fauliot, Contes des sages samouraïs, Seuil, novembre 2011.
Richard Béliveau, Samouraïs, Les Éditions Libre Expression, 2012, ISBN 978-2-7648-0783-5.
Cyril Flautat, William Adams, le samouraï des mers, Éditions du Jasmin, 2013, ISBN 978-2-35284-115-9.
David Kirk, Le Samouraï, Éditions Albin Michel, 2014.
Julien Peltier, Samouraïs. 10 destins incroyables, Economica, 2016.

Histoire générale

Jean Mabire, Les Samouraï, Balland, Paris, 1971.
Lafcadio Hearn, Kokoro, Minerve, 1989.
Inazo Nitobe, Bushidō, l'âme du Japon, Budo éditions, 1899.
C. Parvulesco, Samouraï et kamikaze, la tradition guerrière au Japon, ETAI, 2009.
Robert Calvet , Une histoire des samouraïs, Larousse, 2009 (ISBN 978-2-03-583984-Cool.
Julien Peltier, Le Crépuscule des samouraïs. L'âge d'or des guerriers japonais au tournant du XVIIe siècle, Economica, 2010.
Pierre-François Souyri, Samouraï : 1 000 ans d'histoire du Japon, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014, 263 p.

Articles connexes

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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:50

Lettre ouverte de Kirk Douglas à propos de Trump.

La décision de rester libres est entre nos mains.

Kirk Douglas, véritable mythe du septième art fut l’un des premiers à porter ce qu’on pourrait nommer la « quadruple casquette » : celle de l’acteur, du producteur, du réalisateur et enfin de l’écrivain. Cette année, celui qui sut incarner Spartacus comme personne va souffler ses cent bougies. Nous disons souvent que le temps apporte la sagesse et il semblerait que cette étape vers la sagesse ultime lui ait donné la force de s’exprimer sur les différents débats qui animent la scène politique américaine actuelle à presque un mois des élections présidentielles. En un siècle, le cinéaste a connu deux guerres mondiales et une arrivée aux Etats-Unis qui n’était pas bien vue aux yeux de tous, et notamment des « bien pensants ». Au travers de ces quelques mots, de son histoire, Kirk Douglas revient sur l’importance de la tolérance, de l’écoute de soi et des autres et surtout du respect mutuel nécessaire à toute démocratie.

19 septembre 2016

Je suis dans ma centième année. Quand je suis né en 1916 à Amsterdam, New York, Woodrow Wilson était notre président.
Mes parents, qui ne savaient ni parler ni écrire l’anglais, étaient des émigrés de Russie. Ils faisaient partie d’une vague de plus de deux millions de juifs qui ont fui les pogroms meurtriers du tsar au début du 20e siècle. Ils étaient à la recherche d’une meilleure vie pour leur famille dans un pays magique où, croyaient-ils, les rues étaient littéralement pavées d’or.
Ce qu’ils n’avaient pas réalisé avant d’arriver étaient que ces belles paroles gravées sur la Statue de la Liberté dans le Port de New York ‘Envoyez-moi vos fatigués, vos pauvres, Envoyez-moi vos cohortes qui aspirent à vivre libres’ ne s’appliquaient pas de la même manière à tous les Américains. Les Russes, les Polonais, les Italiens, les Irlandais, et particulièrement les catholiques et les juifs, ont été traités comme des extra-terrestres, des étrangers qui ne deviendraient jamais de ‘vrais Américains’.
On dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Depuis que je suis né, notre planète a voyagé autour de lui une centaine de fois. Avec chaque orbite, j’ai regardé notre pays et notre monde évoluer de manières qui auraient été inimaginables pour mes parents, et qui continuent de m’épater année après année.
Au cours de ma vie, les femmes américaines ont obtenu le droit de vote, et une d’entre elles est finalement candidate d’un parti politique majeur. Un Irlandais-américain catholique est devenu président. Peut-être encore plus incroyable, un Afro-américain est notre président aujourd’hui.
Plus j’ai vécu, moins j’ai été surpris par l’aspect inévitable du changement et je me suis réjoui qu’un tel nombre des changements que j’ai vus aient été positifs.
Mais j’ai aussi traversé les horreurs d’une Grande Dépression et deux guerres mondiales ; la seconde ayant été provoquée par un homme qui promettait de rendre à son pays sa grandeur d’antan. J’avais 16 ans quand cet homme est arrivé au pouvoir en 1933. Pendant près d’une décennie avant son ascension, il était raillé, on ne le prenait pas au sérieux. Il était vu comme un bouffon qui ne pouvait pas réussir à duper un peuple éduqué et civilisé avec sa rhétorique nationaliste et haineuse.
Les ‘experts’ le ne prenaient pas en considération, comme s’il était une blague. Ils avaient tort.
Il y a quelques semaines, nous avons entendu les mots prononcés en Arizona ; des mots que ma femme, Anne, qui a grandi en Allemagne, a trouvés glaçants. Ils auraient pu être prononcés en 1933 : « Nous devons aussi être honnêtes sur le fait que toutes les personnes qui cherchent à rejoindre notre pays ne seront pas capables de s’assimiler correctement. Il est de notre droit, en tant que nation souveraine, de choisir les immigrants que nous pensons être les plus à même de prospérer et s’épanouir ici… Ce qui inclut de nouveaux tests de filtrage pour tous les candidats à l’immigration comportant une certification idéologique pour nous assurer que ceux que nous acceptons dans notre pays partagent nos valeurs… »
Ce ne sont pas les valeurs pour lesquelles nous avons combattu lors de la Seconde Guerre Mondiale.
Jusqu’à ce jour, je croyais avoir tout vu sous le soleil. Mais je n’avais jamais été témoin de cette stratégie de la peur de la part d’un candidat majeur à la Présidentielle américaine de toute ma vie.
J’ai vécu une longue et belle vie. Je ne serai pas ici pour en voir les conséquences si ce mal prend racine dans notre pays. Mais vos enfants et les miens seront là. Et leurs enfants. Et les enfants de leurs enfants.
Nous aspirons tous à rester libres. C’est pour cela que nous nous battons en tant que pays. J’ai toujours été profondément fier d’être un Américain. Pour les jours qui me restent à venir, je prie pour que cela ne change jamais. Dans la démocratie qui est la nôtre, la décision de rester libres est entre nos mains.
Mon centième anniversaire tombe pile un mois après la prochaine élection présidentielle. J’aimerais le célébrer en soufflant les bougies de mon gâteau puis en sifflant ‘Happy Days Are Here Again.’
Comme ma regrettée amie Lauren Bacall a dit un jour : ‘Tu sais siffler, n’est-ce pas ? Tout ce qu’il faut, c’est joindre les lèvres et souffler’.

( http://bit.ly/2doqGuP ) - (Source image : Publicity photo of Kirk Douglas, Unknwon author, [1955] © Wikimedia Commons)

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Débats sur la pornographie

Fondé à Boston en 1986, The Boston Anarchist Drinking Brigade est un groupe anarchiste individualiste. En 1993, il publie un article intitulé « An Anarchist Defense of Pornography » (« Une défense anarchiste de la pornographie »). « Les anarchistes peuvent trouver plus d'objections aux activistes opposés à la pornographie qui appliquent une franche censure. Même s'ils partagent les vues des opposants qui cherchent à protéger d'autres de la pornographie, ceux-ci vont un pas plus loin en utilisant la force coercitive pour atteindre leurs fins. Cela est totalement incompatible avec le genre de société volontariste recherchée par la plupart des anarchistes, et il faudrait que cela soit dénoncé par tous les amoureux de la liberté... La pornographie, comme n'importe quelle autre forme de loisir, peut être bonne ou mauvaise, en fonction de des qualités individuelles de telle ou telle œuvre. Cependant, en tant que genre littéraire ou cinématographique, elle n'est ni meilleure ni pire ou même plus malfaisante que n'importe quelle autre. Si la pornographie s'avère mauvaise ou sexiste, la meilleure stratégie consiste à en discuter avec d'autres et/ou faire de la bonne pornographie non-sexiste, plutôt que la supprimer. Le sexe et ses descriptions sont une source de plaisir pour de nombreuses personnes et notre liberté de nous y adonner devrait être défendue, ou du moins tolérée, par les anarchistes. Les censeurs, en ce compris ceux qui prétendent être anarchistes, sont les ennemis de la liberté, et les anarchistes qui les défendent remettent ainsi en question leur engagement pour une société libre. »99
Wendy McElroy, auteur de XXX: A Womanʼs Right to Pornography (1995).

En 1995, l'anarchiste individualiste Wendy McElroy publie XXX: A Woman's Right to Pornography (XXX : le droit à la pornographie pour les femmes) où elle utilise le terme de Anarchists in high heels (Anarchistes en talons hauts) pour parler des anarchistes qui travaillent dans l'industrie du sexe. L'actrice porno Veronica Hart y fait ce commentaire à propos du mot « féministe » : « Je n'ai pas besoin que Andrea Dworkin me dise ce que je dois penser ou comment je dois me comporter [...] Et je n'aime pas qu'on me qualifie d'amochée psychologiquement ! J'ai des amies dans l'industrie qui se disent Anarchistes en talons hauts. Elles adoreraient lui dire un mot »100.
Membres de Fuck for Forest à Karneval der Kulturen, Berlin, 2008.

Ces positions tranchées provoquent des tensions au sein du mouvement libertaire.

À Berlin en 2009, au cours du A-Kongress (congrès anarchiste), au sein de l'atelier « Anarchie et sexe », certains membres de l'association écologiste libertaire, Fuck for Forest (« Baisez pour la forêt »), enlèvent leurs vêtements « pour démontrer la liberté d'être nu »101, et deux tiers des personnes présentes apportent leur soutien à cette action102. En revanche, d'autres participants sont outrés de voir des personnes nues à cet événement102. Le jour suivant, les membres de Fuck for Forest sont interdits d'accès et lorsqu'ils commencent à donner de la voix à leur opposition à cette décision, les organisateurs du congrès décident d'annuler tout le projet101.


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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:51

La lordose correspond à une courbure de la colonne vertébrale lombaire ou dorsolombaire.

Chez les mammifères, la lordose peut être présente naturellement soit en position de repos, par exemple en station debout chez l’être humain, soit lors d'une posture physiologique (chez la femelle pendant l’œstrus pour de nombreux mammifères quadrupèdes). La lordose devient pathologique lorsqu'elle se situe à un autre niveau ou lorsqu'elle est accentuée (on parle alors de lordose excessive ou hyperlordose). Chez les mammifères femelles, la lordose est un réflexe sexuel moteur, complexe et crucial. On observe qu’il est fonctionnel et indispensable chez tous les mammifères non-primates (rongeurs, canidés, félidés, bovidés, équidés…), mais que chez les primates, en particulier les hominidés (chimpanzés, orangs-outans, gorilles, humains), il est secondaire. Chez l’être humain, il n’est apparemment plus fonctionnel puisque les stimulations sexuelles sur la croupe de la femme ne déclenchent plus ni l’immobilisation du corps, ni la position de lordose.

Les études scientifiques récentes montrent que l’organisation neuroanatomique générale des mammifères est spécifiquement conçue pour la copulation hétérosexuelle2. En simplifiant, il existe trois grands circuits neurobiologiques : 1) les circuits olfactifs (flèches rouges, schéma ci-dessous), à l’origine de l’excitation sexuelle et de l’orientation sexuelle ; 2) les circuits des réflexes sexuels (lordose, érection, éjaculation… flèches orange), qui permettent la copulation ; et 3) les circuits des récompenses sexuelles (système de récompense associé au pénis/clitoris – flèches bleues), qui sont impliqués dans les apprentissages sexuels (en particulier de la motivation sexuelle)1. L’analyse des circuits sexuels montre que le réflexe de lordose correspond, chez la femelle, à la partie motrice du comportement de reproduction.
Schéma simplifié des circuits neurobiologiques de l’instinct sexuel des mammifères, chez la femelle.

En simplifiant, on peut schématiser les principales phases du comportement de reproduction. 1) Les odeurs et surtout les phéromones permettent d'échanger des signaux sexuels entre les éventuels partenaires3. 2) Les circuits olfactifs (flèches rouges) permettent en particulier de reconnaître le partenaire du sexe opposé4,5 et de déclencher l’excitation sexuelle6,7, ce qui induit la lubrification vaginale, l’érection et la copulation. 3) Lorsque le mâle monte la femelle, les stimuli tactiles du mâle sur la croupe de la femelle déclenchent le réflexe de lordose8,9. 4) Les circuits de la lordose (flèches orange) provoquent la courbure du dos, ce qui permet de bien présenter le vagin au mâle8,9. 5) La présentation du vagin facilite le contact tactile du pénis avec la région génitale, ce qui déclenche les mouvements réflexes du bassin du mâle (poussées pelviennes). Après l’intromission, les mouvements du pénis dans le vagin déclenchent le réflexe d'éjaculation10,11. 6) Les stimulations tactiles du clitoris (et du pénis pour le mâle) durant la copulation remontent jusqu’au cerveau (flèches bleues)12. 7) L’activation du système de récompense induit des apprentissages qui optimisent la copulation, en particulier le développement de la motivation sexuelle13. De plus, des signaux olfactifs, auditifs et visuels perçus au cours de la copulation peuvent devenir par conditionnement des signaux sexuels14, ce qui optimise les signaux phéromonaux innés6. Il existe ainsi, dans l’organisation neurobiologique innée de l’organisme, un véritable comportement de reproduction hétérosexuel chez les mammifères non-primates2,1.
Article principal : Comportement de reproduction.
Organisation neurobiologique du réflexe de lordose

L’analyse détaillée de l’organisation neurobiologique du réflexe moteur complexe de la lordose montre que ce réflexe est spécifiquement précablé pour présenter le vagin au mâle lors de la copulation, et uniquement quand la femelle est fécondable. (cf figure ci-dessous)
Lordose. Schéma simplifié des circuits neurobiologiques du réflexe sexuel de lordose, spécifique aux mammifères femelles, et indispensable à la réalisation de la copulation. Ce réflexe sexuel moteur complexe est précablé dans la moelle épinière et reçoit des afférences modulatrices du télencéphale. Légende : a) Noyau préoptique médian ; b) Noyau hypothalamique antérieur ; c) Noyau hypothalamique ventromédian ; d) Formation réticulaire mésencéphalique ; e) Faisceau vestibulo-spinal ; f) Faisceau réticulo-spinal ; g) Racines dorsales L1, L2, L5, L6 et S1. NB: le circuit neural est bilatéral. Le schéma est simplifié pour plus de lisibilité.

Le réflexe moteur de la lordose est principalement précablé dans la moelle épinière, au niveau des vertèbres lombaires L1, L2, L5 et L6 et des vertèbres sacrées S19. Dans le cerveau, plusieurs régions modulent le réflexe de lordose. Les noyaux vestibulaires et le cervelet, via le faisceau vestibulaire, envoient des informations qui permettent de coordonner le réflexe de lordose avec l’équilibre postural. Et surtout, l’hypothalamus ventromédian envoie des projections qui inhibent le réflexe au niveau médullaire8. Pour cette raison, en général, le réflexe de lordose n'est pas fonctionnel. Les hormones sexuelles contrôlent la reproduction et coordonnent les activités sexuelles avec l’état physiologique. En schématisant, à la période de reproduction, et quand un ovule est disponible, les hormones (en particulier les œstrogènes) induisent simultanément l’ovulation et l’œstrus (les « chaleurs »). Sous l’action des œstrogènes dans l’hypothalamus, le réflexe de lordose n'est plus inhibé15. La femelle est prête pour la copulation et la fécondation. Au cours de la copulation, quand un mâle s'approche de la femelle, les phéromones du mâle (partie 1 du schéma ci-dessus), sont détectées par les circuits olfactifs (partie 2). Les signaux phéromonaux stimulent, entre autres, l’hypothalamus, ce qui facilite le réflexe de lordose16. Puis, quand le mâle monte la femelle (partie 3), les stimuli tactiles sur les flancs, la croupe et le périnée de la femelle sont transmis via les nerfs sensitifs dans la moelle épinière. Dans la moelle, ils sont intégrés avec les informations provenant du cerveau, puis, en général, un influx nerveux est transmis dans les muscles via les nerfs moteurs. La contraction des muscles longissimus et transverso-spinalis provoque la courbure de la colonne vertébrale (partie 4)9. La position de lordose qui en résulte permet de bien présenter le vagin au mâle (partie 5), ce qui facilite l’intromission du pénis. Puis, au cours de l’intromission, les sensations tactiles et profondes provenant de la région génitale et du clitoris accentuent le réflexe de lordose (partie 6) 17. On observe ainsi que l’organisation physiologique et neurobiologique du réflexe de lordose est adaptée à la copulation hétérosexuelle.
Physiologie et pathologie
image illustrant la médecine
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Lordose
Description de cette image, également commentée ci-après

Personne présentant une hyper-lordose lombaire.
CIM-10 M40.3-M40.5, Q76.4
CIM-9 737.2
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La lordose est la courbure vers l’intérieur (dite aussi concavité dorsale ou, chez l’humain, posterieure) de la colonne vertébrale, en particulier au niveau des régions cervicales et lombaires, par opposition à la cyphose, qui est une concavité ventrale (chez l’humain, au niveau thoracique et sacré).

Autrefois, on appelait lordose la modification pathologique de la courbure cervicale ou lombaire18. Cette lordose devenait physiologique chez la femme enceinte.

Tout comme Testut, le Pr Elaine N. Marieb définit la lordose comme une « courbure anormale de la colonne vertébrale »19 et Kamina la décrit comme une « accentuation pathologique »20.


Références

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↑ Elaine N. Marieb, Anatomie et Physiologie Humaines, Bruxelles, DeBoeck Université, 1999
↑ Pierre Kamina, Anatomie Clinique, Paris, Maloine, 2009

Voir aussi
Articles connexes

Comportement de reproduction
Sexualité
Cyphose
Mal de Pott
Scoliose

Liens externes

(fr) Plurielles.fr, c'est quoi la lordose ?
(fr) Lordose, explications


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psychanalystes post-guerre

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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:51

Chez les hominidés (être humain, chimpanzé, bonobo, orang outan, gorille) et le dauphin, le comportement sexuel n'est plus un comportement de reproduction, mais évolue vers un comportement érotiquenote. Au cours de l'évolution et de la corticalisation du cerveau, le contrôle neurobiologique du comportement sexuel a été modifié (voir le tableau de synthèse ci-dessous).

Les réflexes sexuels, tel le réflexe moteur de la lordose2, deviennent secondaires. En particulier, la lordose, qui est un réflexe moteur complexe et indispensable à la réalisation de la copulation des mammifères non-primates (rongeurs, canidés, bovidés…), n'est apparemment plus fonctionnelle chez la femme. Les stimuli sexuels ne déclenchent plus chez la femme ni l'immobilisation ni la position réflexe de lordose. Au niveau des systèmes olfactifs, l'organe voméronasal est altéré chez les hominidés et 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones deviennent des pseudogènes chez l'être humain3,4,5. Concernant le contrôle hormonal, les activités sexuelles sont progressivement dissociées des cycles hormonaux. L'être humain peut avoir des activités sexuelles n'importe quant au cours de l'année et des cycles hormonaux6,7. Au contraire, l'importance des récompenses / renforcements 8 et de la cognition est devenue majeure. En particulier chez l'être humain, l'important développement du néocortex permet l'émergence de la culture, qui exerce une influence majeure sur les comportements. Pour toutes ces raisons, la dynamique du comportement sexuel a été modifiée.

En simplifiant, il existe chez les mammifères trois grands circuits neurobiologiques qui contrôlent le comportement de reproduction1 : 1) les circuits olfactifs (flèches rouges, schéma ci-dessous), à l'origine de l'excitation sexuelle9,10 et de l'orientation sexuelle 11,12 ; 2) les circuits des réflexes sexuels (lordose, érection, éjaculation… flèches oranges), qui permettent la copulation ; et 3) les circuits des récompenses sexuelles (système de récompense associé au pénis/clitoris – flèches bleues), qui sont impliqués dans les apprentissages sexuels (en particulier de la motivation sexuelle). L'activité de ces circuits est contrôlé par les hormones.

Mais, en raison des réflexes sexuels comme la lordose qui ne sont plus fonctionnels et de l'altération des gènes liés à l'olfaction, les circuits innés moteurs (flèches oranges) et olfactifs (flèches rouges) deviennent secondaires. Chez l'être humain, c'est surtout le circuit du système de récompense relié aux zones érogènes (clitoris et pénis - flèches bleues) qui devient le plus important. Ainsi, chez l'être humain, l'analyse des circuits neurobiologiques encore fonctionnels montre que le but du comportement sexuel n'est plus la copulation, mais la recherche des récompenses / renforcements érotiques. Ce plaisir intense est procuré par la stimulation du corps et des zones érogènes, et en particulier par la stimulation du pénis, du clitoris et du vagin. Ce comportement, où les récompenses / renforcements érotiques sont le but neurobiologique, devient un comportement érotique13,note 1. La reproduction, chez l'être humain, devient une conséquence indirecte de la recherche des récompenses érotiques1,14.

Mais cette recherche des récompenses érotiques est modulée par plusieurs types de facteurs (voir le schéma de synthèse ci-dessous)15.

Les hormones et les phéromones ont encore des effets résiduels16,17,18, et les émotions (comme la peur ou le dégoût) exercent une influence importante sur la dynamique érotique. Mais c'est surtout l'influence de la cognition et de la culture qui est prépondérante. On observe que la recherche des récompenses érotiques se réalise de manières très différentes en fonction des représentations cognitives, des croyances, et des contextes culturels19,20,21,22.

La question de la nature de la sexualité humaine est ancienne. L'opposition, entre le modèle instinctuel et hormonal du « comportement de reproduction »note 1 et le modèle hédonique et culturel du « comportement érotique »note 1 appris et réalisé pour obtenir du plaisir, a suscité de nombreuses controverses. Mais ce n'est qu'aux alentours des années 2000 que des recherches en éthologie, en ethnologie et en neurosciences ont apporté des données précises permettant d'étayer les deux modèles8. La sexualité des hominidés (qui représentent moins de 0,1 % des espèces de mammifères) et surtout celle des êtres humains, apparaît bien distincte de celle des autres animaux1.

Limites du modèle du « comportement de reproduction »

Dès les origines de la psychologie, à la fin du XIXe siècle, les principaux chercheurs, médecins ou sexologues ont supposé l'existence d'un instinct de la reproduction. Le seul comportement sexuel « naturel » était donc le coït vaginal, qui permet la fécondation, et tous les autres comportements (masturbation, sodomie, homosexualité...) ne pouvaient qu'être une déviation de l'instinct ou une pathologie.

Les recherches menées en neurosciences à la fin du XXe siècle ont confirmé, chez les mammifères non-primates, l'existence de structures innées qui orientent le comportement vers la copulation hétérosexuelle23,24. Mais le comportement de reproduction n'est pas intièrement instinctuel14, car des apprentissages cruciaux sont nécessaires. De surcroît, ces apprentissages sont influencés par les caractéristiques de l'environnement et les hormones n'ont pas un contrôle total du comportement, ce qui explique, déjà chez les mammifères non-primates, l'existence d'activités sexuelles sans rapport avec la reproduction.

Néanmoins, globalement, il s'agit d'un comportement de reproduction, car la structure du système nerveux est spécifiquement organisée pour la copulation hétérosexuelle.
Article détaillé : Comportement de reproduction.

Mais ce modèle du « comportement de reproduction », valable pour les mammifères non-primates (rongeurs, canidés, ovins…), est-il toujours pertinent pour les hominidés ?

Car dès le début du XXe siècle, les études sur la sexualité des primates, en éthologie, ainsi que chez l'être humain en ethnologie, en histoire et plus récemment en neurosciences, ont accumulé des données peu compatibles avec l'existence d'un instinct de la reproduction chez les hominidés19,20,21,22.
Les dauphins ont aussi des activités sexuelles très diversifiées25.

En synthèse, s'il existait chez les primates un « comportement de reproduction », alors comment peut-on expliquer 1 :

D'une part, toutes les activités sexuelles qui ne permettent pas la reproduction, observées tant chez les hominidés que chez l'être humain :
Les activités homosexuelles (avec quelques cas d'homosexualité presque exclusive chez les chimpanzés, les gorilles, les langurs, les macaques, les dauphins25...)
La masturbation (bonobos, orang outans, gibbons, siamangs, langurs et dauphins25)
La masturbation réciproque (bonobos, chimpanzés et dauphins25)
Le baiser (qui n'a aucun rapport avec les organes génitaux, observé chez les bonobos25)
La fellation (bonobos, chimpanzés, macaques et les dauphins)25
le cunnilingus (chimpanzés, gibbons25)
la sodomie (orang outan25)
Les activités sexuelles prépubères (alors que l'appareil reproducteur est immature, observées chez les bonobos, les chimpanzés, les gorilles, les gibbons, les siamangs, les macaques et les dauphins25)
L'utilisation d'objets (bonobos25)
Les caresses sensuelles
Des activités telles que le frottement de la vulve contre une autre vulve, fréquent chez des femelles bonobos et les diverses activités non reproductives des dauphins25)
Et les activités sexuelles entre espèces différentes (occasionnellement observées chez : bonobos, chimpanzés ou macaques, mais plus fréquentes en captivité25 ou chez les animaux domestiques — chien avec chat, lapin avec chat, chien avec poule, chien avec lion, tigre avec chien, etc.note 2)
D'autre part, toutes les activités sexuelles pouvant aboutir à une fécondation, mais particulières :
Les préférences pour certains partenaires25 (car cela réduit le nombre de partenaires fécondables) ;
Les activités bisexuelles, fréquentes chez les hominidés26 :
bonobos, activités hétérosexuelles 50 à 60 %, donc homosexuelles 50 à 40 %25 ;
chimpanzés, activités hétérosexuelles à 70 %25 ;
gorilles, hétérosexuelles à 80 %25 ;
orang outan, hétérosexuelles à 80 %, mais 80 % homo quand jeune25 ;
gibbons, hétérosexuelles de 50 à 80 %25 ;
langurs, hétérosexuelles à 70 %25 ;
macaques, hétérosexuelles à 70 %25 ;
dauphins, hétérosexuelles de 50 à 70 %25 ;
orques25
La sexualité de groupe (bonobos, chimpanzés25)
Et les orgies27 (où le sexe se combine aux aliments, chants, danses et à l'ivresse), habituelles dans l'Antiquité grecque et romaine28.

À un niveau plus théorique, plusieurs questions nécessitent des réponses précises, en particulier chez l'être humain :

Quel est le rôle et l'importance des récompenses / renforcements sexuels 8?
À quoi correspond le plaisir sexuel et quelle est sa fonction ?
Quelle est la différence entre le plaisir corporel agréable provoqué par une caresse (sur le dos par exemple) et le plaisir érotique provoqué par la stimulation d'une zone érogène ?
Pour quelles raisons la recherche du plaisir corporel agréable n'est pas considérée comme liée à l'orientation sexuelle, alors que la recherche du plaisir érotique est considérée comme indissociable d'une orientation homosexuelle ou hétérosexuelle ?
S'il existe un instinct de la reproduction, comment expliquer qu'un circuit cérébral, spécialisé pour contrôler la copulation hétérosexuelle, puisse permettre des activités inter-espècesnote 2 ?
S'il existe un instinct de la reproduction, qui contrôle les activités sexuelles vers l'hétérosexualité et le coït vaginal, alors pour quelles raisons existe-t-il en Occident une forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie ? Pour quelles raisons est-il nécessaire d'avoir des contraintes culturelles si l'être humain est « naturellement » monogame et hétérosexuel ?
S'il existe un instinct, où se trouve-t-il dans le cerveau ? Comment est-il organisé dans le système nerveux ?
Si la testostérone est l'hormone du comportement sexuel, comment agit-elle sur les activités motrices ? Comment la testostérone provoque-t-elle par exemple le baiser, la fellation ou le coït vaginal ? Sur quels centres moteurs (médullaires, mésencéphaliques…) agit-elle pour provoquer et contrôler l'anulingus ?
À quoi correspond l'amour et quelle est sa fonction ?
À quoi correspond l'addiction sexuelle et quelle est sa cause 29?
Quel est le rôle et l'importance des apprentissages ?


Au fur et à mesure qu'apparaissaient ces questions, des chercheurs et des sexologues ont proposé des explications : les apprentissages sont un complément de l'instinct ; le couple est uni par l'amour ; le baiser sert à augmenter l'excitation sexuelle pour faciliter le coït vaginal30 ; les caresses sensuelles sont des préliminaires aux activités érotiques. De plus, comme la fécondation guidée par l'instinct était la norme de référence, la pathologie a souvent été invoquée pour expliquer les activités non reproductrices : la masturbation est un vice moral31 ; l'homosexualité est, suivant les auteurs, une anomalie génétique32, un dérèglement hormonal, un trouble du développement33, ou une inversion de l'instinct34 ; la bisexualité est un état d'immaturité temporaire, de transition entre l'hétérosexualité et l'homosexualité35 ; la sexualité de groupe provient de troubles psychologiques ; la sodomie est une perversion36 ; les activités sexuelles inter-espèces sont une maladie.

Mais la majorité de ces explications sont difficilement vérifiables ou vagues, et ne sont pas toutes confirmées par les observations éthologiques ou ethnologiques : par exemple, le couple uni par l'amour n'est pas une stratégie privilégiée des mammifères, puisque moins de 5 % des espèces sont monogames (renard, chacal, castor, gibbon, siamang…)37. La bisexualité est commune chez tous les hominidés25,26, il est alors difficile de la considérer comme une maladie ou un trouble psychologique. Dans la majorité des sociétés, le baiser n'est pas pratiqué (ni d'ailleurs dans la majorité des espèces de mammifères)20, ce qui montre que sa fonction supposée d'augmenter l'excitation sexuelle n'est pas indispensable. De plus, dans les sociétés où la sexualité est fréquente et valorisée (en particulier en Océanie : Marquisiens, Hawaïens, Tahitiens…), les hommes et surtout les femmes n'ont apparemment pas de problèmes d'excitabilité sexuelle.

« Les femmes marquisiennes n'ont apparemment pas de difficulté à avoir un orgasme ; elles semblent capables d'atteindre cet état orgastique seulement après un petit nombre d'expériences sexuelles, et elles apprennent rapidement à le contrôler de telle sorte qu'elles atteindront l'orgasme avec le partenaire38. »

De plus, l'accumulation de ces explications diverses a produit un modèle explicatif de la sexualité humaine qui est complexe : une hypothèse de base, fondée sur l'instinct et les hormones39, qui n'explique qu'une minorité des faits, et qui doit être complétée par de nombreuses justifications particulières (appelées ad hocnote 3) pour chacun des nombreux faits inexpliqués.

En conclusion, on observe que le modèle du « comportement de reproduction » ne peut expliquer de manière satisfaisante, chez les primates, toutes les nombreuses activités érotiques différentes du coït vaginal1.
Données scientifiques récentes

Les recherches récentes ont mis en évidence des modifications, au cours de l'évolution, de plusieurs facteurs biologiques qui contrôlent la sexualité des mammifères1. Ces modifications sont résumées dans le schéma ci-dessous.
Évolution des principaux facteurs neurobiologiques qui contrôlent le comportement sexuel des mammifères.

Ces données scientifiques récentes, publiées depuis les années 2000, et complétées par des données plus anciennes, vont permettre de proposer pour les primates une alternative au modèle du « comportement de reproduction ».
Dissociation des activités sexuelles des cycles hormonaux
Hormones : molécule d'estriol

Les hormones sont un facteur majeur et primordial du comportement de reproduction chez les mammifères inférieurs. Quelles sont alors leurs fonctions et leur importance chez les primates et chez l'Homme ?

Les hormones contrôlent la reproduction chez les mammifères non-primates, entre autres en couplant les activités sexuelles aux saisons propices (cycles saisonniers) et aux périodes où l'organisme est physiologiquement fécondable (puberté et cycles œstraux).

La principale évolution du contrôle hormonal est le découplage, la dissociation entre la physiologie de la reproduction et les activités sexuelles. Cette évolution est particulièrement visible chez les femelles (cf. figure "Dissociation" ci-dessous).
Dissociation des activités sexuelles de la reproduction, chez les femelles des mammifères. Comparaison entre les espèces les moins corticalisées (rongeurs) et les plus corticalisées (humains).

Chez l'être humain, le contrôle hormonal saisonnier a quasiment disparu : les activités sexuelles existent toute l'année. Les hormones ont encore une faible influence, mais il faut utiliser des méthodes statistiques pour mettre en évidence un cycle sexuel saisonnier qui est résiduel40.

Chez la femme, le contrôle hormonal œstral a également quasiment disparu : les activités sexuelles existent tout au long du cycle menstruel. Néanmoins, une faible influence hormonale existe : en utilisant des analyses statistiques, on observe une plus grande fréquence des activités sexuelle à la période périovulatoire16.

Le contrôle hormonal pubertaire, également, a quasiment disparu : si le contexte culturel le permet, les activités sexuelles débutent dès les premières années de la vie41,20,38,42,43.

En conclusion, l'influence des hormones sur les activités sexuelles diminue en fonction du développement du cerveau. L'influence est maximale chez les rongeurs, atténuée chez les primates et faible chez l'être humain7.

« L’homme (ndlr : l'être humain) apparaît comme le terme d’une évolution où la part prise par le système nerveux central devient dominante, tandis que le signal hormonal, tout en restant présent et actif, perd de son importance pour n’être que facultatif6. »

Chez l'humain, l'évolution cruciale du contrôle hormonal est qu'il n'existe plus d'inhibition du comportement sexuel, et que les activités sexuelles sont dissociées des cycles hormonaux. Pour ces raisons, les activités sexuelles humaines peuvent avoir lieu même quand l'organisme ne peut se reproduire, et la sexualité est dissociée de la reproduction.
Altération des gènes des récepteurs aux phéromones
Phéromones : molécule d'ectocarpène

Les phéromones sont le principal mode de communication des organismes vivants44. Quelles sont alors leurs fonctions et leur importance chez les primates et chez l'Homme ?

Orientation sexuelle. Des données importantes, publiées en 2002 et 2007 dans les revues Science et Nature, proviennent des travaux de Catherine Dulac à l'université de Harvard aux États-Unis. Des souris mâles dont l'organe voméronasal est inactivé ne reconnaissent plus le partenaire de sexe opposé. Ces mâles se mettent alors à copuler avec des femelles et avec des mâles11,45. Ces expériences montrent que ce sont les phéromones qui permettent la reconnaissance du partenaire de sexe opposé, c'est-à-dire qui permettent l'orientation sexuelle des rongeurs12. Ces données montrent également qu'en l'absence des informations phéromonales, le comportement sexuel des rongeurs devient bisexuel46,47.

Altération du système voméronasal. D'autres données, publiées en 2003 dans PNAS, sont complémentaires aux travaux de Catherine Dulac. Ces données proviennent des travaux de Jianzhi Zhang et de David Webb à l'Université du Michigan aux États-Unis. Grâce à des techniques de séquençage des gènes (PCR), ils ont montré que les gènes de l'organe voméronasal étaient altérés chez les Catarrhiniens (les primates de l'ancien monde : être humain, chimpanzé, orang outan, gorille, gibbon, babouin, etc.). Ces travaux indiquent que l'organe voméronasal de ces primates est altéré, et donc que la capacité de cet organe à détecter des phéromones est également altérée4.

De plus, la diminution de l'importance de l'olfaction, provoquée par l'altération des systèmes olfactifs voméronasal et principal, est une tendance évolutive générale3,48.

Chez l'être humain, les travaux de Catherine Dulac suggèrent que l'altération de l'organe voméronasal des primates altérerait la capacité de reconnaître le partenaire de sexe opposé à partir des informations olfactives innées. Néanmoins, on observe encore des effets olfactifs18, mais qui sont résiduels. En effet, les expérimentations scientifiques avec des phéromones ne mettent en évidence que des effets faibles, essentiellement physiologiques (comme la synchronisation du cycle menstruel) ou affectifs17, mais aucun effet comportemental49,5.

En synthèse : chez les primates et surtout chez l'être humain, les phéromones n'ont plus qu'un effet faible sur le comportement sexuel.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:53

Disparition fonctionnelle du réflexe de lordose

Chez les mammifères non-primates, la lordose est un réflexe moteur complexe, inné et crucial pour la femelle (Figure: Lordose et Video: Copulation)50. Ce réflexe de lordose permet, par la courbure du dos, de bien présenter la région génitale au mâle, ce qui permet la pénétration vaginale. Lors de l'œstrus (les "chaleurs"), les œstrogènes arrivant dans l'hypothalamus désactivent le circuit cérébral qui bloquait le réflexe51. Puis, quand le mâle monte la femelle en œstrus, les stimuli tactiles sur les flancs et la croupe déclenchent la contraction réflexe des muscles lombaires, ce qui provoque la courbure de la colonne vertébrale.

Contrairement à la diversité des activités sexuelles humaines, les femelles non-primates ne peuvent réaliser que l'activité sexuelle instinctive et réflexe de lordose (pas de baiser, fellation, coït en face-à-face…).

Or chez l'être humain, le réflexe de lordose n'est plus fonctionnel : les stimuli sexuels (comme une caresse sexuelle sur la croupe) ne déclenchent plus l'immobilisation de la femme et la position réflexe de lordose.
Reformulation de la notion d'« instinct »

Instinct bisexuel ? D'autres données importantes, publiées en 2007 dans Nature, proviennent également des travaux de Catherine Dulac à Harvard.

Des expériences sur des souris ont montré qu'une souris femelle avait dans son cerveau les structures nécessaires à produire un comportement sexuel mâle45. Ces expériences, qui confirment des travaux antérieurs47, montrent que le cerveau des mammifères inférieurs est équipé pour avoir des comportements bisexuels46.

Le modèle hormonal classique du développement, avec ses phases organisationnelles et activationnelles, supposait que la différenciation sexuelle était plus importante : le cerveau de la femelle avait un circuit sexuel femelle et le cerveau du mâle avait un circuit sexuel mâle. Ce modèle serait donc à revoir partiellement52.

Les expériences de Catherine Dulac permettent de comprendre les raisons pour lesquelles on observe chez les mâles ou les femelles des comportements d'inversion de genre (le mâle se comporte comme une femelle et la femelle comme un mâle. Observé chez : Bonobos, Macaque, etc.25), et surtout, de comprendre l'existence des comportements bisexuels chez les mammifères25,26.

Instinct partiel ? D'autres données, neurobiologiques et anthropologiques, proviennent des travaux de Serge Wunsch et de Philippe Brenot à l'EPHE-Sorbonne à Paris. Ces travaux montrent qu'il n'existe qu'un instinct sexuel partiel14, et que des apprentissages cruciaux sont nécessaires à l'expression du comportement de reproduction13.

En synthèse : Ces données montrent que la notion d'« instinct », ainsi que les conceptions classiques de la différenciation sexuelle du cerveau, sont à reformuler, au moins partiellement.
Stimulation des zones érogènes

Comportement érotique. Des observations éthologiques importantes, publiées de 1990 à 2008 dans plusieurs ouvrages, proviennent des travaux sur le comportement sexuel des grands singes (Chimpanzés, Orang outan, Gorille…). Les travaux les plus connus sont ceux de Frans de Waal à l'Université d'Emory aux États-Unis. Ses études ont montré la grande diversité du comportement sexuel du chimpanzé pan paniscus (bonobo)53,54. La plupart des nombreuses et fréquentes activités sexuelles qu'il a observées n'ont aucun rapport avec la fécondation, ce qui n'est pas très compatible avec l'existence d'un instinct de reproduction.

Ces observations montrent, de plus, que l'existence de nombreuses activités érotiques sans rapport avec la fécondation, permet néanmoins la reproduction et la survie de l'espèce.

Exubérance sexuelle. D'autres observations éthologiques importantes concernant le comportement sexuel des grands singes ont été rassemblées et analysées par Bruce Bagemihl. Son livre, publié en 1999, montre l'« exubérante » diversité du comportement sexuel de différentes espèces animales, et en particulier des primates25. Comme les travaux de Frans de Waal, l'étude de Bagemihl montre que ces comportements ne sont guère compatibles avec un instinct de la reproduction.

En synthèse, les observations éthologiques du comportement sexuel des grands singes montrent que les activités sont centrées sur la stimulation des zones érogènes, et qu'elles ne sont guère compatibles avec l'existence d'un instinct de reproduction ou d'un comportement de reproduction.
Prépondérance des renforcements / récompenses

Prépondérance des renforcements. Des analyses et des données importantes proviennent des travaux d'Anders Agmo à l'Université de Tromsø en Norvège. Après une trentaine d'années de recherche en neurobiologie du comportement sexuel, Anders Agmo a publié en 2007 chez Elsevier un ouvrage qui est une synthèse de ses recherches et des connaissances sur le sujet. Les résultats de ses analyses indiquent que les renforcements / récompenses sont le principal facteur à l'origine du comportement sexuel chez l'être humain8.

L'importance des renforcements dans le comportement sexuel avait déjà été remarqué par plusieurs chercheurs 55.

Zones érogènes. Des travaux de Winkelmann montrent que les zones érogènes génitales sont constituées de tissu muco-cutané, et que ce tissu se trouve à tous les orifices corporels, ou à proximité (pénis/clitoris, le prépuce, la partie externe de la vulve, la peau périanale, les mamelons et les lèvres), en transition entre l'extérieur et l'intérieur de l'organisme, entre la peau et les muqueuses internes56.

Or la plupart de ces orifices sont des zones érogènes stimulées au cours des activités érotiques (organes génitaux, lèvre, mamelon, peau péri-anale). Ce qui suggère fortement que le tissu muco-cutané serait du tissu érogène, et, en relation avec les récompenses, créerait un système à l'origine de la répétition des stimulations du corps. La stimulation de ce tissu au niveau des zones érogènes activerait les récompenses, produisant une sensation consciente de plaisir érotique, ce qui entraînerait ainsi le désir de répéter cette activité de stimulation, pour obtenir encore du plaisir.

Stimulations hédoniques. Les travaux de neurophysiologie et de neuroimagerie d'Hakan Olausson à l'Université de Göteborg en Suède, et de Johan Wessberg à l'Université de Liverpool en Grande-Bretagne, publiés entre 2002 et 2008, ont montré que la peau poilue du corps était en relation avec le système de récompense 57, et avec le cortex insulaire, régions impliquées dans le traitement des sensations hédoniques58,59,60. Ces travaux montrent une relation fonctionnelle entre la stimulation du corps et la production de sensations agréables, ce qui permettrait d'expliquer la raison pour laquelle les primates sont des animaux sociaux de contact61.

En simplifiant, les mammifères rechercheraient le contact physique, les stimulations du corps ou les caresses, car la stimulation du corps procurerait du plaisir57,58,59,60. Ces résultats expliqueraient également la continuité entre les caresses agréables, les caresses sensuelles et les caresses érotiques, puisque la peau poilue se trouve sur presque tout le corps, ainsi qu'à proximité des zones érogènes et du tissu mucco-cutané.

Conditionnements. S'il n'existe pas d'instinct sexuelnote 4, et si la stimulation du corps et des zones érogènes dépend des récompenses, alors cela signifie que le comportement sexuel humain est appris, et appris par conditionnements (par conditionnement opérant avec un renforcement primaire sexuel8). Alors toutes les lois des apprentissages associatifs62 s'appliquent au développement du comportement sexuel.

L'importance des conditionnements dans le comportement sexuel avait déjà été remarqué par plusieurs chercheurs63,64.

En synthèse, ce résultat est très intéressant, car il permet d'expliquer le comportement sexuel par un seul facteur, principal et primordial, les renforcements / récompenses :

Cette hypothèse est compatible avec le modèle et les résultats béhavioristes. Le comportement sexuel est appris essentiellement par conditionnement pavlovien et skinnérien8.
Cette hypothèse permet d'expliquer avec un seul et même facteur quasiment toutes les activités érotiques : si l'être humain pratique la masturbation (autosexualité), le baiser (activité sans relation avec les organes génitaux), la fellation ou le cunnilingus (activités oro-génitales), ou le coït vaginal (qui permet la reproduction), que ce soit avec une personne de sexe différent (hétérosexualité), de même sexe (homosexualité) ou des deux sexes (bisexualité), c'est toujours essentiellement pour obtenir des récompenses.
Les renforcements / récompenses, sont des processus inconscients, mais ils sont perçus comme des sensations de plaisir sexuel. Ce qui signifie, en simplifiant, que l'être humain recherche les activités sexuelles surtout pour obtenir du plaisir érotique.
Et cela correspond à ce que chacun ressent subjectivement : on recherche des stimulations érotiques du corps et des zones érogènes car ces stimulations procurent des plaisirs intenses.

Prépondérance de la cognition
Comparaison des cerveaux de différents mammifères

Au cours de l'évolution, la taille et l'organisation du cerveau des mammifères a changé65. Les capacités cognitives (mémoire, raisonnement, abstraction, symbolisation, création d'outils…) du cerveau humain se sont développées, tant au niveau quantitatif que qualitatif66. Sur l'image ci-contre, on remarque les différences importantes entre les espèces. Le cerveau de l'être humain (en haut à gauche) est bien différent de celui des souris (en bas à droite, agrandir l'image pour voir). La très grande différence de taille provient surtout du développement du néocortex, qui est la structure qui permet la cognition. Les deux figures ci-dessous suggèrent bien l'importance majeure des processus cognitifs chez l'être humain.


Importance croissante des aires associatives du rat à l’humain. Chez l'Homme, les aires associatives représentent l'essentiel du cortex cérébral.
Légende : Aire sensorimotrice en vert; aire visuelle en rouge, aire auditive en bleu.
Parmi les aires associatives, le cortex préfrontal (en grisé) est la structure cérébrale qui a le plus évolué chez l'être humain. Et c'est le cortex préfrontal qui permet les processus cognitifs les plus complexes (symbolisation, planification, réflexion…).


De plus, des recherches en sociologie, ainsi que des travaux d'ethnologie réalisés durant tout le XXe siècle, par la confrontation de l'extrême diversité des pratiques et des croyances sexuelles, ont mis en évidence l'importance de la culture dans le développement de la sexualité humaine67,20,19,21,22. La culture étant rendue possible par le développement des capacités intellectuelles, ces travaux montrent, indirectement, l'importance devenue prépondérante chez l'être humain des capacités cognitives dans la sexualité.
Le « bricolage de l'évolution »

Enfin, les travaux sur l'évolution de Stephen Jay Gould et de François Jacob (lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine de 1965), expliquent la persistance au cours de l'évolution du comportement érotique, bien qu'il ne semble guère optimisé pour réaliser la reproduction.

La théorie de François Jacob est généralement désignée par la métaphore du « bricolage de l'évolution »68,69. Cette théorie, basée sur l'observation des bizarreries et des imperfections du monde vivant, suppose que l'effet majeur de la sélection naturelle n'est pas l'optimisation mais plutôt l'élimination des organismes non viables. C'est-à-dire passer de l'idée que tout ce qui n'est pas optimisé est évolutivement impossible à l'idée que tout ce qui survit – peu importe la manière – est possible.

Stephen Jay Gould a également critiqué l'importance démesurée accordée à l'effet d'optimisation : « La théorie de l'évolution, telle qu'elle est présentée dans de nombreux textes de vulgarisation, attribue à la sélection naturelle le rôle d'un principe de perfection qui opère avec tant de précision et d'omnipotence que les animaux paraissent répondre à un ensemble de mécanismes incorporés, programmés pour leur faire atteindre une forme optimale70 ».

Par exemple, chez les chimpanzés pan paniscus (bonobos), le comportement sexuel n'est pas optimisé pour la reproduction : les trois quart des activités sexuelles ne permettent pas la fécondation (masturbation, activités homosexuelles, activités prépubères, baiser, etc.) et, en moyenne, chaque individu pubère a quotidiennement plusieurs activités sexuelles permettant la reproduction, ce qui peut apparaître comme un « gaspillage » pour l'unique fécondation et gestation annuelle25,71,53. Néanmoins, ce comportement non optimisé permet la reproduction et la survie de l'espèce.

La conclusion de ces travaux est que l'évolution est le résultat de l'action de plusieurs facteurs : la sélection naturelle, la sélection sexuelle, mais aussi le hasard, qui explique que les organismes vivants ne sont pas complètement optimisés et parfaits.

À noter également, dans une analyse de l'évolution plus positive, que le comportement érotique peut avoir des avantages en termes d'adaptation72 : renforcement des liens sociauxnote 5, apaisement des conflits, réconciliation53,54…
Synthèse / Conclusion

En synthèse de toutes ces données anciennes et nouvelles :

Il existe chez les mammifères non-primates un instinct partiel du comportement de reproduction, qui correspond à plusieurs circuits cérébraux innés (principalement olfactifs, moteurs et des récompenses).

Description des principaux circuits neurobiologiques innés qui contrôlent le comportement de reproduction chez les mammifères femelles non-primates.

Ces circuits neuraux innés de la reproduction ont été altérés ou modifiés au cours de l'évolution, des rongeurs aux hominidés. On observe principalement l'altération de 90 % des gènes des récepteurs aux phéromones, la disparition fonctionnelle du réflexe crucial de lordose, l'important développement du néocortex et de la cognition, ainsi que la disparition des inhibitions hormonales cycliques.

Évolution des principaux des circuits neurobiologiques innés qui contrôlent le comportement sexuel chez les mammifères femelles.

Pour ces raisons, l'influence des hormones et des phéromones diminue graduellement, des rongeurs à l'Homme. En particulier la sexualité humaine est dissociée des cycles hormonaux de la reproduction, d'où les activités sexuelles et les récompenses érotiques sont continuellement fonctionnelles.
Les renforcements / récompenses et la cognition deviennent prépondérant chez les primates
Les hominidés pratiquent diverses activités sexuelles de stimulation des zones érogènes. Ce comportement érotique a des avantages sociaux, et il est peu compatible avec un instinct de la reproduction.
Le concept d'instinct est à reformuler.
Les êtres vivants ne sont pas complètement optimisés par l'évolution.

Toutes ces données étaient disponibles dans les années 2000, et elles ont été progressivement intégrées de manière cohérente dans un nouveau modèle, celui du « comportement érotique »note 1.
Changement de modèle : le « comportement érotique »

Une étape cruciale dans l'étude d'un comportement est d'identifier, de décrire et d'évaluer l'importance des différents facteurs qui sont : 1) à l'origine du développement de ce comportement, et 2) qui participent au fonctionnement de ce comportement à l'état adulte.

Pour simplifier, il y a plusieurs types de facteurs :

primordiaux : ceux qui sont les plus importants et qui interviennent avant les autres.
innés : ceux qui existent dès l'origine dans l'organisme.
acquis : ceux qui sont en général appris au cours des interactions avec l'environnement.

Ces différents facteurs déterminent le développement et la dynamique du comportement sexuel.


Chez les mammifères non-primates (rongeurs, canidés, bovidés …), le comportement de reproduction est contrôlé par cinq facteurs innés principauxnote 6 :

hormones
phéromones
réflexes sexuels
renforcements / récompenses
cognition


Chez les mammifères non-primates, les hormones et les phéromones sont les facteurs innés primordiaux, ce qui peut être représenté de la manière suivante :

HORMONES
PHÉROMONES
Réflexes sexuels
Renforcement
Cognition


Évolution des cerveaux des mammifères

Mais au cours de l'évolution, la structure des mammifères a évolué, et en particulier celle du cerveau. La figure ci-contre suggère bien l'importance des modifications cérébrales, structurelles et fonctionnelles, entre les espèces.


Chez les primates, avec la prépondérance des renforcements / récompenses et de la cognition, et l'affaiblissement des hormones et des phéromones, la représentation graphique de ces données devient :

Hormones
Phéromones
Réflexes sexuels
RENFORCEMENT
COGNITION


On constate ainsi au cours de l'évolution un transfert graduel du contrôle du comportement sexuel : des hormones et des phéromones aux renforcements et à la cognition.

Ce sont toujours les mêmes facteurs, mais leur importance relative est modifiée. Ce qui modifie la dynamique du comportement sexuel.

Le « comportement de reproduction » devient graduellement un « comportement érotique ».
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:53

Dynamique du comportement érotique
Exemple du spina bifida
(1) Poche externe avec du liquide cérébro-spinal ; (2) Moelle épinière coincée entre les vertèbres

La pathologie du spina bifida permet de bien expliquer la dynamique basique du comportement érotique. Dans cette pathologie, la moelle épinière se développe en partie en dehors du corps et se retrouve écrasée par les vertèbres. Ce qui provoque souvent des lésions médullaires et dans ce cas les sensations provenant des organes génitaux ne parviennent plus au cerveau.

Le comportement érotique se limite à la partie haute du corps, au-dessus de la lésion médullaire. Ce sont uniquement les zones érogènes préservées qui sont stimulées, c'est-à-dire celles qui sont encore reliées au cerveau73,74.

De plus, on observe que ces activités (baiser, stimulation des seins…) ne permettent pas la reproduction. Cependant le comportement érotique existe toujours, mais il est limité aux régions du corps où il existe encore de la sensibilité tactile. Par contre, comme il n'y a plus d'activités génitales spontanées, le coït vaginal permettant la fécondation n'est pas pratiqué (sauf si la personne exécute volontairement chaque mouvement permettant le rapport sexuel, dans l'objectif de procréer). La pathologie du spina bifida met ainsi en évidence une dissociation entre le comportement érotique et le comportement de reproduction.

Le spina bifida met également en évidence l'importance cruciale pour le comportement érotique : 1) des relations, grâce aux nerfs, entre les zones érogènes et le cerveau, et 2) de l'importance majeure des zones érogènes, car chaque zone peut provoquer l'apparition d'une activité érotique propre à cette zone.

En effet, quand les nerfs médullaires sont détruits ou sectionnés, les organes génitaux n'ont plus de sensibilité tactile et érogène, ce qui entraîne l'absence des activités érotiques génitales (comme l'absence de la masturbation). Si l'activité motrice de masturbation était « instinctuelle » ou « programmée » dans le cerveau, la personne pourrait continuer à se masturber ; ce qui n'est pas le cas. En conclusion, une relation anatomique entre la zone érogène et le cerveau est nécessaire à l'apparition d'une activité érotique.

Ensuite, le spina bifida (et également les lésions médullaires accidentelles) entraîne l'apparition de nouvelles zones érogènes (phénomène appelé « transfert érogène », par exemple vers la nuque ou l'épaule). En cas de transfert érogène, on observe alors que les personnes stimulent ces nouvelles régions pour ressentir du plaisir. Ce plaisir provoqué par la stimulation des nouvelles zones érogènes est un peu différent du plaisir érotique ; les personnes ressentent des « frissons ou sensations particulières », une « impression de bouffées de chaleur », ou des para-orgasmes. En conclusion, l'existence d'une zone corporelle érogène induit le développement d'une activité motrice, répétée, de stimulation de cette zone73,74.

C'est d'ailleurs un phénomène similaire qui est l'origine des stimulations non sexuelles du corps. Les travaux d'Olausson ont montré que les caresses sur la peau poilue du corps provoque une activation dans le système de récompense et dans le cortex insulaire, des régions impliquées dans les sensations de plaisir 57,58,59,60. On retrouve un schéma fonctionnel similaire : la stimulation du corps procure différentes sensations de plaisirs, et l'être humain répète les stimulations de son corps pour obtenir ces plaisirs.
Rôle des renforcements / récompenses

La région cruciale du cerveau à l'origine de la répétition des stimulations du corps est le système limbique, avec principalement le système des renforcements / récompenses. Les principales structures de ce système sont l'aire tegmentale ventrale, le noyau accumbens, l'hypothalamus latéral, le septum, l'amygdale et le cortex préfrontal.

Plusieurs expériences, réalisées chez l'animal et chez l'être humain, confirment l'importance de ce système des récompenses dans le comportement sexuel. Grâce à l'imagerie cérébrale, on observe chez l'homme que l'éjaculation et l'orgasme activent l'aire tegmentale ventrale75.

Jaak Panksepp, un neurobiologiste spécialisé dans l'étude des émotions, a montré que déjà chez le rat, quand on implante une électrode dans le septum médian, l'animal apprend très vite à appuyer sur une pédale pour stimuler électriquement cette région. Le rat manifeste alors des réactions émotionnelles de « plaisir » et répète lentement et méthodiquement la stimulation, durant une longue période. Les êtres humains qui sont stimulés dans cette même région, au cours d'opérations chirurgicales, disent ressentir des sensations sexuelles agréables76. De plus, l'injection dans cette région d'acétylcholine, un neuromédiateur excitateur, déclenche un orgasme77,78. Ces résultats suggèrent l'existence d'un système de « plaisir sexuel » dans le cerveau79,80.

En synthèse, toutes ces données supplémentaires corroborent que les zones érogènes, reliées par les nerfs au système de renforcements / récompenses, sont à l'origine de la répétition des stimulations du corps.
Rôle des hormones

Il est largement admis que les hormones, et en particulier les androgènes, exercent un effet déterminant sur le comportement sexuel81. Cet effet s'exerce : 1) durant le développement de l'organisme sur l'anatomie et la physiologie du corps et de l'appareil reproducteur (effet organisationnel82), et 2) sur le comportement sexuel (effet activationnel82). Quand les androgènes sont supprimées, surtout chez les mâles, c'est toutes les activités sexuelles qui disparaissent, qu'elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles47. Il faut un minimum d'androgène dans l'organisme (testostéronémie d'environ 2,5 ng/ml de sang chez l'homme) pour que l'activité sexuelle ne soit pas altérée.

Mais quand le niveau des hormones est normal, est-ce une hormone qui va être à l'origine d'une activité érotique particulière, comme le baiser, la fellation, ou la masturbation ? Est-ce une hormone qui agit sur des neurones moteurs pour provoquer la masturbation réciproque ou sur un circuit précablé pour déclencher l'anulingus ?

Il n'existe aucune donnée scientifique qui supporte cette hypothèse83 :

« Nos connaissances endocrinologiques ne permettent pas d’expliquer les comportements sexuels paradoxaux [différents du coït vaginal : masturbation, activités homosexuelles ou prépubères, etc.]. L’existence d’un comportement de monte chez la femelle, en œstrus ou non, est couramment observée dans de très nombreuses espèces (Rongeurs, Canidés, Ongulés, etc.), de même que chez les jeunes animaux: on voit des agneaux de quelques jours chevaucher leurs congénères. Ici le mécanisme moteur du comportement de monte apparaît sans qu’il y ait eu de sécrétion de l’hormone mâle. De tels cas [sont] suffisamment fréquents pour que l’on puisse les considérer dans ces espèces comme normaux6. »

En conclusion, les hormones sexuelles sont nécessaires (différenciation sexuelle en mâle et femelle, nécessité d'un taux minimal (2,5 ng/ml) dans l'organisme, etc.), mais pas suffisantes. En plus des hormones, il faut encore un autre facteur. Et toutes les données exposées dans les paragraphes précédents montrent que ce sont les récompenses, associées aux zones érogènes, qui vont être à l'origine des différentes activités érotiques.
Modélisation

En fonction de toutes les données présentées ci-dessus, quel serait la dynamique du comportement érotique ?

Et en donnant aux renforcements le rôle primordial, c'est-à-dire qu'ils sont le facteur le plus important et surtout qu'ils agissent avant la cognition, les hormones et les phéromones, la dynamique érotique serait, en schématisant et en simplifiant8,13 :

Les renforcements / récompenses et les zones érogènes sont innés et existent dès les premières années de la vie.
Les premières stimulations des zones érogènes activent les récompenses, ce qui provoque par conditionnement les répétitions ultérieures de ces stimulations.
Par exemple, le jeune enfant explore son corps, trouve et touche ses organes génitaux, et, comme c'est très agréable, il répétera régulièrement cette activité (sauf si elle lui est interditenote 7).
Ces apprentissages par conditionnements, associés avec toutes les autres formes d'apprentissages (sociaux, cognitifs…62), permettent le développement du comportement érotique84.
Comme il existe plusieurs zones érogènes (génitale, anale, orale, pectorale…), chaque zone peut être l'objet d'activités érotiques particulières, et ainsi les activités érotiques deviennent diversifiées.
Comme les hormones et les phéromones n'ont plus qu'une action faible, les activités érotiques sont continues tout au long du cycle menstruel16, continues toute l'année40 et sont plutôt bisexuelles (sauf si elles sont culturellement réprouvées)26,25.
Suivant le contexte culturel, certaines activités érotiques sont valorisées, favorisées ou seulement admises, tandis que d'autres sont dévalorisées, réprouvées ou interditesnote 7,67.
La majorité des personnes d'une société donnée éprouve, par conditionnement culturel, du mépris ou du dégoût pour les activités socialement réprouvées, et de l'approbation ou de la fierté pour les activités socialement valorisées.
Par exemple, les Marquisiens du XIXe siècle étaient très fiers de la propreté de leurs organes génitaux qu'ils lavaient régulièrement et méticuleusement, car dans leur culture l'hygiène sexuelle était très valorisée, et ils méprisaient les Européens en raison de la « saleté » de leurs organes génitaux38.
Les activités érotiques non reproductives, comme la masturbation ou le baiser, s'expliquent par la recherche du plaisir.
Les activités reproductrices existent et sont favorisées car les organes génitaux sont les zones les plus érogènes du corps85.
Cette description correspond globalement aux observations éthologiques et ethnologiques du comportement sexuel observé chez les primates25 et dans les différentes sociétés humaines20.
Cette description correspond globalement à ce que chaque personne perçoit intuitivement. Les humains ont des activités sexuelles pour le plaisir (comportement érotique), et pas pour avoir des enfants (comportement de reproduction).

Comment cette dynamique comportementale se développe-t-elle, de la vie fœtale jusqu'à la période du vieillissement ?
Développement du comportement érotique

En schématisant et en simplifiant, on peut distinguer plusieurs phases ou périodes physiologiques, cognitives, psychologiques et psychosociologiques dans le développement du comportement érotique8,13 :
L'enfance
Anténatal
Échographie d'un pénis en érection (flèche blanche), chez un fœtus de 36 semaines.

La première phase du développement du comportement érotique est la période fœtale.

Cette période correspond principalement au développement des tissus biologiques, des organes et des fonctions somatosensorielles qui sont directement impliqués dans le comportement érotique. On observe en particulier le développement du tissu mucco-cutané décrit par Winkelman56, et le développement des réflexes sexuels qui sont observés par échographie. La vasocongestion des organes génitaux existe apparemment dès la 12e semaine86 et l'érection a été observée dès la 23e semaine87,88. Vers la fin de la gestation, 75 % de ces érections sont associées à des phases similaires au sommeil paradoxal89, suggérant que les relations entre le cerveau et le réflexe érectile sont déjà bien développées. À cette période apparaissent des stimulations génitales qui ressemblent à de la masturbation90,91, et quelques cas de réactions comportementales qui suggèrent l'orgasme ont été observés92,93. En conclusion, à la naissance, plusieurs réflexes sexuels sont déjà fonctionnels94.
Articles connexes : Masturbation et Érection.
Postnatal

La seconde phase du développement du comportement érotique est une période de préparation fonctionnelle (phase préliminaire).

Cette période, de 0 à 2-4 ans environ, correspond principalement au développement fonctionnel de divers processus et fonctions, qui ne sont pas “sexuels”, mais qui sont absolument nécessaires à l'expression du comportement érotique. Principalement les zones pileuses décrites par Olausson, et qui sont impliquées dans les stimulations agréables du corps58,59,60, le développement des zones érogènes, et, surtout, la maturation des capacités motrices65, qui est évidemment absolument indispensable à l'expression du comportement érotique. À la fin de cette période, l'organisme est potentiellement prêt pour apprendre les activités érotiques, à condition qu'il existe des événements déclencheurs externes qui vont initier l'apprentissage des premières activités érotiques.
Prohibitions culturelles / Latence

La troisième période du développement du comportement érotique est une période d'éventuelles prohibitions culturelles, qui peuvent induire une latence sexuelle.

Cette période, qui peut aller de 0 à 15 ans, est potentielle. Le concept de période de latence a été proposé par Freud en 190595. À partir des études d'ethnologie comparative, on remarque que l'influence du contexte culturel est déterminante dans l'existence ou l'absence de cette période. En comparant les différentes sociétés humaines, on observe qu'il existe des sociétés qui autorisent et d'autres qui interdisent la sexualité infantile20,96. Si le contexte culturel permet l'expression de certaines activités érotiques, alors on observe qu'il n'existe pas de période de latence. Si la sexualité des enfants est interdite, on observe qu'il existe alors une latence qui va être conforme aux interdits culturels41,38,43.

Par ailleurs, on observe que la latence peut être sélective : par exemple en Occident la durée de la latence pour le baiser est d'environ 12-14 ans, mais de 17 pour le coït97, en raison des valeurs culturelles particulières données à chacune de ces deux activités érotiques. On remarque donc que les particularités des normes culturelles déterminent les caractéristiques de la latence sexuelle. Au niveau physiologique, il n'existe aucun lien significatif entre les hormones sexuelles, la puberté et les activités érotiques : le premier pic d'androgènes a lieu durant les trois premiers mois après la naissance puis redescend à un niveau basal jusqu'à la puberté98, alors qu'on observe dans les sociétés humaines les plus permissives que les enfants ont des activités sexuelles avant l'âge de 10 ans20,96, donc bien avant la puberté. Enfin, la durée maximale de la période de latence sexuelle serait d'environ une quinzaine d'années. En effet, après la puberté, il devient difficile de maintenir des interdits sexuels.

Chez les hominidés non humains, les activités sexuelles juvéniles sont socio-sexuées (c'est-à-dire complètement intégrées dans la vie sociale quotidienne), et il n'existe aucune forme de latence. C'est surtout chez les mammifères inférieurs, et surtout chez les femelles, qu'on observe une latence sexuelle hormono-dépendante qui prend fin à la puberté20,25. En conclusion, chez l'être humain, la période de latence est un phénomène potentiel, multiforme, et complètement dépendant du culturel.
Initiation

La quatrième phase du développement du comportement érotique est la phase d'initiation.

Cette période très courte correspond aux premières stimulations du corps ou des zones érogènes, qui vont activer les renforcements / récompenses, initiant ainsi les premières activités érotiques8. Cette période dépend du contexte culturel : s'il n'existe pas d'interdits culturels, les premières stimulations peuvent avoir lieu dès les premières années de la vie ; si les interdits sont très stricts, comme par exemple pour la masturbation au XIXe sièclenote 7, la période de latence sera longue et la découverte des premières activités érotiques pourra être tardive, après la puberté.

Les principaux évènements qui peuvent activer les premiers renforcements érotiques sont99,100 :

Les soins parentaux : la tétée, la toilette, l'affection physique, etc. Par exemple, on observe que le nourrisson est parfois en érection quand il tète sa mère.
Les contacts sexuels avec d'autres enfants lors des jeux sociaux et sexuels (quotidiens dans les sociétés qui autorisent la sexualité des enfants41,38,43).
Et l'auto-stimulation des organes génitaux ou la masturbation. La disposition anatomique des bras et des mains est extrêmement propice à l'autostimulation. Donc, sauf si les adultes empêchent activement l'enfant de toucher ses organes génitaux, l'autostimulation aura lieu dès les premiers mois après la naissance. Et dès que l'enfant aura compris que le plaisir intense provient des stimulations génitales, il sera très motivé pour répéter ces activités.

Articles détaillés : Masturbation et Sexualité infantile.

Avec toutes ces possibilités, et en particulier avec l'autostimulation, il existe toujours des stimulations érotiques dès les premiers mois de la vie. Le contexte du développement rend cet apprentissage quasi obligatoire. Sauf interdits culturels, le développement des activités érotiques est quasi certain.

À noter que chez les hominidés non humains, où la sexualité juvénile est socio-sexuée, ces premières stimulations sont nombreuses et ont lieu dès la première année après la naissance (voir photographies ci-contre)20,25.

Au niveau neurobiologique et psychologique, ces premières stimulations érotiques activent les renforcements / récompenses, qui sont un renforçateur primaire8. Ces apprentissages érotiques correspondent à des apprentissages par conditionnement, de type opérant/skinnerien, avec un renforçateur primaire sexuel. Ces conditionnements sexuels sont à l'origine de nombreux apprentissages physiologiques et comportementaux55,63,64, qui participent au développement de la sexualité. C'est l'état érotique interne qui est déterminant pour les apprentissages sexuels, et pas le label culturel de la situation : dans l'exemple du nourrisson en érection et qui tète sa mère, la situation n'est pas culturellement considérée en Occident comme « sexuelle », alors que des renforcements érotiques sont en cours.

En conclusion, ces stimulations érotiques initiales provoquent l'apprentissage des premières activités érotiques et l'apprentissage de la motivation érotique. Après cette période d'initiation, le sujet a acquis une motivation érotique, et peut rechercher consciemment et volontairement des activités érotiques.
Puberté
Développement du système pileux à la puberté
Système reproducteur féminin

Chez les hominidés, et surtout chez l'homme, la puberté est caractérisée principalement par une augmentation de la vitesse de croissance de l'organisme, ainsi que par la maturation de l'appareil reproducteur (production de spermatozoïdes et d'ovules, cycle menstruel).

Sous contrôle hormonal, entre l'âge de 11 et 15 ans, on observe101,102 :

Chez la femme :
L'ovogenèse : reprise et fin de la formation des ovules (ayant débuté au 8e mois fœtal).
La maturation du tractus génital (vagin, utérus, trompes, ovaires).
L'apparition du cycle menstruel, sous contrôle de l'hypothalamus.
Le développement des caractères sexuels secondaires : poils pubiens, croissance des seins et du clitoris.
Et on observe chez l'homme :
La spermatogenèse : formation de spermatozoïdes et de substances par les glandes annexes (prostate, vésicules séminales et bulbo-urétrales).
L'éjaculation consciente entre 13 et 14 ans en moyenne, avec du sperme fécondant.
Le développement des caractères sexuels secondaires : voix grave, poils pubiens, croissance du pénis et des testicules.

Après la puberté, l'être humain est physiologiquement apte à procréer.

Contrairement aux mammifères inférieurs (rongeurs, félidés, bovins…), la puberté n'est plus chez les hominidés la phase d'activation du comportement sexuel. Les activités sexuelles sont dissociées des cycles hormonaux (Figure: Dissociation), et, comme déjà indiqué, les activités érotiques débutent dès les premières années de la vie20,41,38,43,25.

Pourtant dans les sociétés occidentales, il semble apparemment que les activités érotiques débutent après la puberté, ce qui suggère a priori l'influence activatrice des hormones103. Mais d'autres études montrent que l'influence des hormones est faible104, et qu'il s'agit plutôt d'un fait social. C'est, provoqué par le passage de l'enfance à l'adolescence et de l'école au collège, la plus grande autonomie par rapport aux adultes, la volonté d'indépendance et surtout l'existence de nouveaux codes sociaux105, qui sont les principaux facteurs de l'apparitions d'activités érotiques à l'adolescence102.

En conclusion, la puberté correspond essentiellement à la maturation de l'appareil reproducteur, et l'influence des hormones sur les activités érotiques est faible.
Articles détaillés : Puberté et Appareil reproducteur.
La maturité

La cinquième phase du développement du comportement érotique est la phase de diversification / préférenciation. Cette période, entre 5-15 ans et le début du vieillissement, correspond à l'apprentissage de nouvelles activités érotiques (la diversification) et à la formation de préférences sexuelles (la préférenciation).
Diversification

L'apprentissage de nouvelles activités érotiques dépend principalement de deux facteurs : un facteur interne et individuel, qui correspond à l'activité cognitive (curiosité, habituation, recherche de sensations, recherche de nouveautés…), et un facteur social, qui est le contexte culturel.
Les Bonobos également sont très curieux.

L'être humain est curieux, il recherche de la nouveauté106, et comme il s'habitue, il recherche toujours de nouvelles sensations107.

Ce trait de caractère se retrouve dans tous les domaines de la vie : l'être humain aime goûter de nouveaux aliments, écouter des nouvelles musiques, rechercher des sensations de glisse et de vitesse… et quand il s'est trop habitué à quelque chose, il aime changer pour trouver de nouvelles sensations et de nouveaux plaisirs. Et ce trait de caractère se retrouve dans la recherche de nouvelles activités et de nouvelles sensations érotiques, même si cette curiosité peut comporter des risques108.

Mais la curiosité sexuelle est confrontée à l'environnement culturel, et l'influence du contexte social est déterminante : la curiosité, les attitudes, les activités et les valeurs des enfants et des adultes vont être influencées et structurées par les valorisations ou les interdits sociaux, par les scénarios culturels67, par les lois et les pratiques éducatives, médicales ou religieuses. Au XIXe siècle par exemple, pour empêcher la masturbation qui était une activité considérée comme immorale et comme une « maladie », il existait des ceintures de chasteté, des pyjamas spéciaux, des punitions physiques, des « soins » médicaux, etc. (voir des exemples dans l'article masturbation). Plus il y a d'interdits culturels, moins il y a de diversité érotique.
Articles connexes : Masturbation et Onanisme.

Au niveau individuel, les facteurs de la diversification sont la disponibilité d'informations et les compétences des partenaires. Plus une personne peut obtenir d'informations sur les activités érotiques, plus ses activités seront diversifiées. Plus ses éventuels partenaires seront expérimentés, plus la personne pourra apprendre de nouvelles techniques et pratiques érotiques.

La diversification existe également pour tous les autres domaines de la vie : pour l'alimentation (on aime varier son alimentation), la musique (on n'écoute pas toujours la même musique), les activités de loisirs, etc. La diversification n'est pas une caractéristique particulière de la sexualité humaine. C'est un phénomène psychologique général.

À noter également que les processus d'apprentissages qui permettent d'apprendre les nouvelles activités érotiques (conditionnements skinnérien et pavlovien, et tous les apprentissages sociaux et cognitifs84), n'ont pas de spécificités « sexuelles » : ce sont exactement ces mêmes processus qui permettent d'apprendre les activités alimentaires, sociales, à faire du vélo, etc.

Enfin, chez les hominidés non humains, où la sexualité est socio-sexuée, les opportunités d'apprendre de nouvelles activités érotiques sont nombreuses : l'individu peut observer ou dans certains cas participer aux diverses activités érotiques de ses congénères (voir photographies ci-contre)20,25.
Préférenciation

Les préférences sexuelles correspondent au développement, en raison des expériences sexuelles vécues au cours de la vie, de préférences pour certaines caractéristiques : l'apparence physique, la taille des seins, la forme du pénis, la couleur des cheveux, le genre et le nombre de(s) partenaire(s), les positions et les activités érotiques, l'utilisation de certains jouets sexuels, les lieux et l'heure de l'activité sexuelle, etc. La formation des préférences sexuelles dépend principalement de deux facteurs : un facteur social, qui est le contexte culturel, et un facteur individuel qui correspond au vécu sexuel personnel.

Le contexte culturel est important : par exemple, s'il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité, voire la quasi-totalité des jeunes apprennent des scénarios ou des scripts67 hétérosexuels. Ils auront alors surtout des vécus hétérosexuels (et donc des renforcements / récompenses hétérosexuels), ce qui favorisera le développement de préférences hétérosexuelles109,110. Au niveau des traitements cognitifs, les scripts culturels valorisant ou condamnant par exemple l'hétéro-, l'homo- ou la bi-sexualité, ou la fidélité, la pureté, la sexualité pré- ou extra-maritale, la performance sexuelle, les activités anales ou échangistes, la taille des seins, la pilosité, etc., influenceraient le développement des désirs sexuels par différents types d'apprentissages cognitifs complexes : par modulation de l'effet des récompenses par des représentations cognitives 57, par l'influence inconsciente des représentations culturelles 111, ou par mimétisme social 112.

L'influence majeure du contexte culturel dans la formation des préférences sexuelles est bien mise en évidence par exemple dans la société grecque antique, où la femme avait une position sociale inférieure à l'homme. L'amour le plus désirable, l'« amour céleste », était homosexuel113,114. L'hétérosexualité était dévalorisée, les épouses servant à avoir une descendance légitime et une gardienne fidèle au foyer115. Ce contexte culturel créait des situations concrètes (femmes recluses dans le gynécée) et des valeurs psychologiques (l'amour entre homme est hautement désirable) qui favorisaient les activités homosexuelles (et donc des renforcements / récompenses homosexuels), ce qui favorisait ainsi le développement de préférences homosexuelles.

Ensuite, à l'intérieur du cadre imposé par le contexte culturel, le vécu personnel devient déterminant, en fonction des expériences sexuelles et non sexuelles qui sont vécues par la personne. C'est au cours de ces différentes activités de stimulation du corps, avec soi-même, avec un ou plusieurs partenaires ou avec des objets, que se forment les préférences sexuelles par conditionnements116 et par apprentissages84. Plus que la quantité, c'est la qualité des expériences érotiques qui est déterminante117.

Chez l'être humain, on ne peut pas parler d'orientation sexuelle, telle qu'elle existe chez les animaux qui ont un système nerveux très simple, et où tous les mâles sont attirés par les phéromones de toutes les femelles, et inversement. Chez les animaux simples, l'importance des phéromones est déterminante. En manipulant génétiquement ces phéromones par exemple chez les insectes, on peut choisir l'attirance sexuelle des mâles : soit hétérosexuelle ou soit homosexuelle118. Mais chez l'être humain, les phéromones ont un effet faible5 et ce sont les conditionnements et les apprentissages qui sont prépondérants8. L'effet des phéromones, faible, se combine aux puissants effets des conditionnements et des apprentissages. Le résultat est que même chez les personnes qui se déclarent complètement hétérosexuelles, il existe des préférences : chaque femme préfère certains hommes, et chaque homme préfère certaines femmes.

Les préférences sexuelles se forment de la même manière que toutes les autres préférences119 : chaque personne a des préférences alimentaires120, des préférences musicales, des préférences olfactives ou des préférences pour certaines activités de loisirs, etc.121. La préférenciation n'est pas une caractéristique particulière de la sexualité humaine. C'est un phénomène psychologique général.

À noter également que les processus neurobiologiques qui sont à l'origine de la formation des préférences sexuelles (récompenses, conditionnements skinnérien et pavlovien55, habituation, et les autres formes d'apprentissages122) n'ont pas de spécificités « sexuelles ». C'est exactement ces mêmes processus qui interviennent dans la formation des préférences non sexuelles (alimentaires, olfactives, de loisirs…).
Article détaillé : Préférence sexuelle.

En synthèse, durant ces périodes de diversification et de préférenciation, on observe l'apprentissage d'un comportement érotique qui est propre à chaque individu.
Articles détaillés : Comportement sexuel humain et Sexualité humaine.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:55

Le vieillissement

La dernière phase du développement du comportement érotique est la période du vieillissement.

Cette période, de l'âge d'environ 70 ans jusqu'à la mort, correspond à la dégradation progressive des capacités érotiques. Les principaux facteurs du déclin de l'activité sont : l'institutionnalisation par exemple en maison retraite, avec parfois une infantilisation des personnes âgées ; l'absence de partenaires, due au veuvage, à la surmortalité masculine, ou aux stéréotypes sociaux négatifs envers les personnes âgées ; mais surtout l'état de santé : avec le vieillissement général de l'organisme, la réduction de la motricité, les maladies, et la médication84… En synthèse, on remarque que les principaux facteurs du déclin de l'activité érotique ne sont pas les processus “sexuels”, c'est-à-dire que ce ne sont pas les récompenses érotiques, c'est un peu les hormones sexuelles, mais c'est surtout l'altération de l'état de santé qui altère la sexualité.
Développement des émotions et des cognitions sexuelles

Parallèlement à l'apprentissage des activités érotiques, en raison de l'environnement social et culturel, se développent des émotions et des cognitions liées aux activités sexuelles123.
Article détaillé : Sexualité humaine.
Émotions
Les activités érotiques sont associées à de nombreuses émotions.

Durant son développement, l'enfant puis l'adolescent reçoit des messages sur la sexualité et expérimente des situations érotiques. Ces vécus génèrent des émotions et des affects qui façonnent sa future sexualité d'adulte.

Les réactions émotionnelles de l'enfant et des personnes de l'entourage ont une influence majeure. Des parents en colère peuvent punir (humiliation) et frapper (douleur) un enfant surpris dans un jeu homosexuel. Un(e) adolescent(e) peut ressentir de la tendresse, de la complicité et des plaisirs intenses avec un(e) camarade, ressentir de l'amour et être fier de sa performance.

Les messages sur la sexualité induisent des émotions et des affects plus intellectualisés, comme la culpabilité ou l'image de soi. Un(e) adolescent(e) peut se percevoir comme « normal(e) » car il/elle sait que ses activités hétérosexuelles sont valorisées par son entourage et sa culture. Une jeune femme peut ressentir une intense culpabilité car elle n'est plus vierge avant son mariage et qu'ainsi elle a souillé l'honneur de sa famille…

De la naissance à l'âge adulte, ces vécus conditionnent et façonnent les réactions émotionnelles de chaque personne face aux activités érotiques et à la sexualité.

« La sexualité pour moi est un mélange très dense de toutes ces émotions négatives que j'ai pu avoir : culpabilité, douleur, impression de ne pas être désirable, humiliation. Je n'arrive pas à me libérer de tout ça pour vivre pleinement ma sexualité actuelle. Des gestes, des paroles me rappellent souvent des moments mal vécus et me bloquent. (Cas 209)124. »

Cognitions
La cognition est à l'origine de nombreuses croyances, valeurs, signes et symboles liés aux activités érotiques.

Les processus cognitifs (catégorisation, planification, mémoire, raisonnement, symbolisation, formation des représentations…) sont les activités les plus complexes et les plus élaborées du système nerveux. Les processus cognitifs dépendent du néocortex, la structure la plus récente et la plus développée (76 %) du cerveau. Pour ces raisons, la cognition exerce une très grande influence sur les comportements.

Les processus de traitement de l'information influencent la sexualité à plusieurs niveaux :

Dans un premier temps, c'est l'activité cognitive qui permet déjà aux humains d'imaginer le concept de « sexualité », c'est-à-dire le regroupement subjectif d'éléments divers (comportements, affects, états psychiques…) dans un ensemble abstrait et unique qui est appelé « sexualité ».
Dans un second temps, les processus cognitifs induisent la « sexualisation »note 8 psychologique de chaque personne : certains éléments sont désignés comme « sexuels » (organes génitaux, baiser avec la langue, érotisme…) et d'autres sont désignés comme « non sexuels ».
Enfin, dans un troisième temps, les processus cognitifs « complexifient » la « sexualité » par l'association et la combinaison des éléments appelés « sexuels » avec d'autres éléments abstraits : catégories, jugement de valeurs, éthique, morale, devoir, interdits, lois…

Les activités érotiques, des actions motrices simples et agréables, deviennent complexes par l'ajout de sens, de valeurs, de scénarios culturels67, de croyances et de symboles.

Il existe des différences culturelles dans la sexualisation : par exemple les seins ne sont pas désignés comme « sexuel » dans certaines sociétés africaines84. De plus, la sexualisation n'est pas nécessaire : on peut avoir des activités érotiques sans avoir besoin de savoir que c'est « sexuel ». L'exemple type est la stimulation génitale chez les très jeunes enfants : l'activité autoérotique est réalisée sans aucune connaissance de sa désignation culturelle.
Article détaillé : Sexualité humaine.
Synthèse – Développement de la motivation sexuelle

En fonction de toutes les données présentées dans les sections précédentes "Développement du comportement érotique" et "Développement des émotions et des cognitions sexuelles", il est possible de proposer une synthèse modélisant l'importance et la dynamique de tous les différents facteurs qui interviennent dans l'apprentissage de la motivation sexuelle chez l'être humain.
Modélisation de la dynamique d'apprentissage de la motivation sexuelle chez l'être humain (NB: L'importance de chaque facteur reste encore à évaluer plus précisément).

Au cours du développement, la motivation sexuelle deviendrait progressivement un phénomène de plus en plus cognitif, par le traitement cognitif (mémorisation, conditionnement, catégorisation, abstraction) de toutes les activités, sensations, émotions, croyances, valeurs culturelles et signaux concomitants aux situations sexuelles vécues125,126.

À la maturité, la motivation sexuelle serait un état dynamique, constamment réévalué par l'intégration et le traitement cognitif des multiples données provenant du contexte immédiat : les informations sensorielles perçues, les émotions induites, les souvenirs remémorés, les activités des systèmes appétitifs ou aversifs, ainsi que les normes internes et les productions de l'imaginaire127,15.
Analyses comparatives des comportements
Comportement de reproduction et comportement érotique

On remarque des différences importantes entre les facteurs neurobiologiques qui contrôlent le « comportement de reproduction » des mammifères inférieurs et ceux qui contrôlent le « comportement érotique » des hominidés :

Des processus ont été altérés ou perdus :
Le contrôle temporel réalisé par les hormones a quasiment disparu (plus d'inhibition saisonnière, œstrale ou pubertaire)40,16. D'où les activités sexuelles humaines deviennent continues, durant toute l'année.
Les phéromones n'ont plus qu'un effet mineur4,5, d'où l'identification du partenaire de sexe opposé est altérée11,12,46.
Et l'ovulation réflexe disparaît.
Des processus ont été modifiés :
Il reste encore chez l'Homme les activités réflexes spécifiques du coït vaginal (les poussées pelviennes, l'érection, l'éjaculation, etc.), mais qui maintenant peuvent être déclenchées n'importe quand, dans de nombreuses situations sans aucun rapport avec la reproduction. Les réflexes sexuels sont devenus indépendants du contrôle reproducteur.
Et le système « renforcements / récompenses associé aux zones érogènes, qui devient prépondérant, est à l'origine des activités de stimulation des régions érogènes du corps8.

Le comportement de reproduction disparaît, graduellement remplacé au cours de l'évolution par un « comportement érotique ».

En récapitulant l'essentiel, il existe un comportement de reproduction chez les mammifères les plus simples, mais au cours des aléas de l'évolution68,69 des processus ont été modifiés, altérés ou perdus. D'où la dynamique comportementale est modifiée, et on observe chez l'Homme l'apparition d'un comportement érotique.

Par ailleurs, les éléments biologiques qui sont innés, les zones érogènes et les renforcements / récompenses, sont à l'origine d'activités de stimulation des zones érogènes, mais ne sont pas organisés ou « programmés » pour contrôler le coït vaginal. Donc, le but du comportement érotique est la stimulation des zones érogènes, mais pas la reproduction. Chez l'Homme, le coït vaginal est réalisé de manière indirecte. Ce qui signifie que la fonction fondamentale de reproduction est réalisée par une organisation biologique dont le but n'est pas la reproduction. On observe ainsi un début de dissociation entre la sexualité et la reproduction, dissociation qui devient totale avec la contraception et la procréation artificielle13.
Comportement érotique et comportement sexuel humain

Depuis le XIXe siècle et Richard von Krafft-Ebing, le modèle biologique et médical du « comportement sexuel humain » est basé sur l'instinct de reproduction34. Au cours du XXe siècle, ce modèle est régulièrement réexaminé en fonction des recherches sur la reproduction animale. Dans les années 2000, le modèle biologique et médical du comportement sexuel humain, présenté dans la plupart des articles128 ou des manuels129,130, provient en partie de ces expérimentations animales, et il est toujours basé sur la fonction de reproduction. Pour ces raisons, ce modèle du comportement sexuel humain est très proche du comportement de reproduction des mammifères inférieurs.

Pour comprendre la signification des nouvelles données présentées dans cet article, on peut faire une comparaison point par point entre les deux modèles (ou paradigmes) de la sexualité humaine.

Celui du comportement sexuel humain actuel, qui est basé essentiellement sur le comportement de reproduction des mammifères les plus simples.
Et celui du comportement érotique, qui est basé sur les nouvelles données présentées dans tous les paragraphes ci-dessus.

Le tableau suivant compare les deux modèles8,13 ( la légende et les explications sont données après le tableau ) :
Modèles de la sexualité humaine Modèle actuel du
Comportement sexuel humain Modèle du
Comportement érotique

Effets de l'évolution


Optimisation grâce à la sélection naturelle


« Bricolage de l'évolution »
(cf. F. Jacob68,69)
Finalité du comportement Reproduction de l'espèce Stimulation érotique du corps
(la reproduction est une conséquence indirecte des activités érotiques)
Modalités de réalisation Un homme et une femme Une ou plusieurs personne(s)
Comportement crucial Coït vaginal avec éjaculation, pour obtenir la fécondation Stimulation des zones les plus érogènes, pour obtenir l'orgasme
Variabilité du comportement Faible variabilité
(variations autour du coït vaginal) Forte variabilité
(tout ce qui permet la stimulation érotique des zones érogènes)
Processus psychobiologiques « Instinct »
(circuit neural spécifique contrôlant le comportement de reproduction – exemple la lordose) Renforcements / Récompenses
+ zones érogènes
(provoquent l'apprentissage des stimulations érotiques)
Hormones et neuromédiateurs Hormones sexuelles
(testostérone) Opioïdes endogènes
Dopamine
Signaux innés et primordiaux Signal olfactif
provoqué par
phéromones sexuelles Signal somatosensoriel
provoqué par
stimulation mécanique des zones érogènes
Orientation sexuelle Hétérosexualité
innée Préférences sexuelle
acquises
Motivation psychique Pulsion sexuelle
innée Motivation érotique
acquise
Développement Durée longue: > 15 ans
(maturation après la puberté)
- Processus spécifiques
- Dominante cognitive Durée brève: < 5 ans
(maturation vers 3-4 ans)
- Nombreux processus non spécifiques
- Dominante émotionnelle
Pathologie Écart à la fonction de reproduction34 :
- Entre personnes de même sexe
- Activités non reproductrices (oro-génitales, anales, masturbation…)
- Entre personnes impubères
- Entre races / espèces différentes Écart à la fonction hédonique :
(ou dysfonction des processus de renforcements)
- Excès des renforcements = Hypersexualité
- Défaut des renforcements = Hyposexualité
- Dysfonctionnement = Addiction sexuelle


Par rapport à l'évolution, on considère actuellement que le comportement sexuel humain a été optimisé par la sélection naturelle. Dans le nouveau paradigme, le comportement érotique est le résultat du « bricolage de l'évolution », tel que défini par François Jacob68,69. (voir Le « bricolage de l'évolution »)

La finalité du comportement sexuel humain est la reproduction de l'espèce, opposé à la finalité du comportement érotique qui est la stimulation érotique du corps (ces stimulations étant provoquées par les zones érogènes associés aux renforcements / récompenses). La reproduction existe, mais elle est une conséquence indirecte des activités érotiques.

La modalité de réalisation du comportement est traditionnellement un homme et une femme, ce qui permet la reproduction ; opposé à une ou plusieurs personnes, qui recherchent des stimulations érotiques de leurs corps.

Le comportement crucial est le coït vaginal avec éjaculation, pour obtenir la fécondation ; opposé à la stimulation des zones les plus érogènes, pour obtenir l'orgasme.

La variabilité du comportement est faible, essentiellement limitée au coït vaginal ; opposé à une forte variabilité, correspondant aux nombreuses possibilités d'activités érotiques.

Les processus innés sont l'« instinct », c'est-à-dire un circuit neural, inné, contrôlant les différentes séquences du comportement de reproduction (l'exemple type est la lordose) ; opposé aux renforcements / récompenses associés aux zones érogènes, qui eux provoquent l'apprentissage du comportement érotique.

Les hormones et neuromédiateurs sont les hormones sexuelles, et en particulier la testostérone, opposé aux opioïdes endogènes et à la dopamine, qui sont les neuromédiateurs des renforcements / récompenses.

Les signaux innés sont un signal olfactif, constitué par des phéromones sexuelles128,129, opposé à un signal somatosensoriel, constitué par la stimulation des zones érogènes.

L'orientation sexuelle est une hétérosexualité innée, opposé à des préférences sexuelles acquises, au cours des activités érotiques.

La motivation psychique est une pulsion sexuelle innée, opposé à une motivation érotique acquise, également au cours des activités érotiques.

Le développement est d'une durée longue, supérieure à 15 ans, avec la maturation après la puberté, opposé à une durée brève, inférieure à 5 ans, avec la maturation vers 4 - 5 ans si le contexte culturel le permet (La puberté correspond dans le nouveau modèle à la maturation de l'appareil reproducteur, et elle influence faiblement le comportement érotique).

Quant à la pathologie, elle se définit depuis Krafft-Ebing par rapport à un écart à la fonction de reproduction : tout comportement sexuel qui ne permet pas la reproduction est considéré, ou a été considéré, comme une maladie ; par exemple entre personnes de même sexe, les activités sexuelles non reproductrices (oro-génitales, anales, masturbation…), les activités entre personnes impubères ou entre races différentes. Dans le nouveau paradigme, la pathologie se définit par rapport à un écart à la fonction hédonique, ou plus précisément par rapport à un dysfonctionnement des renforcements / récompenses. L'excès des renforcements est la cause de l'hypersexualité, le défaut des renforcements provoque l'hyposexualité, et l'addiction sexuelle est provoquée par un dysfonctionnement des renforcements / récompenses131.

Limites du modèle

Quelles principales objections peut-on opposer au modèle du « comportement érotique », basé sur la prépondérance fonctionnelle des renforcements / récompenses ?
Absence de bisexualité

L'objection la plus intuitive est l'absence de bisexualité. En effet, le modèle comportemental implique que la majorité des activités sexuelles devraient être bisexuelles. Or, on observe dans les sociétés occidentales actuelles une sexualité quasi hétérosexuelle, ce qui, a priori, réfute le modèle. Néanmoins, on observe que quasiment tous les primates ont des activités bisexuelles25,26,132, en particulier les chimpanzés pan paniscus (Bonobo)53,71, que dans les sociétés sexuellement libérales les enfants et les adolescents ont des activités bisexuelles20,42, et qu'apparemment il existait dans toutes les sociétés anciennes de guerriers, avant l'avènement des religions actuelles qui sont peu favorables à la sexualité, des pratiques bisexuelles généralisées133,134. Toutes ces données suggèrent qu'il existe une tendance significative à la bisexualité chez l'être humain.

De plus, il faut prendre en compte en Occident la grande valorisation culturelle du couple hétérosexuel, une très forte homophobie135, le fait que les bisexuels sont souvent également rejetés par les homosexuels, que la bisexualité n'existe pas au niveau des pratiques et des valeurs culturelles136, et qu'il est donc extrêmement difficile de vivre de manière bisexuelle137.

Afin de comprendre l'effet majeur de la pression de conformité et du contexte culturel, on peut donner comme exemple les normes sociales vestimentaires. Bien qu'il n'existe pas de lois ou d'interdits formels et que les personnes sont a priori « libres », on observe que la quasi-totalité des hommes ne portent jamais d'habits de femmes. Tous les hommes se conforment aux codes implicites de la masculinité138,139. Cet exemple, relativement proche du domaine de la sexualité tout en ne dépendant d'aucun facteur biologique, permet de comprendre la puissance des normes sociales dominantes. Dans un autre registre, on peut donner l'exemple des conditionnements culturels alimentaires : dans les sociétés occidentales, on ne consomme pas d'annélides ou d'insectes, malgré leurs intérêts gustatifs et nutritionnels140, et l'idée d'en manger provoque en général du dégoût. Dans d'autres sociétés, les personnes sont par exemple prêtes à effectuer une journée de marche pour trouver des vers de palmier, et quand elles les mangent, on observe sur leur visage tous les signes du plaisir et du contentement. Ces deux exemples différents mettent en évidence l'importance majeure du facteur culturel – et surtout des conditionnements émotionnels concomitants – dans les comportements et les réactions affectives, et devraient permettre de comprendre l'effet vraisemblablement déterminant de l'homophobie et de l'hétérocentrisme sur le comportement et les affects sexuels.

Malgré tout cela, on observe quand même qu'entre un tiers et la moitié des personnes occidentales ont eu au moins une expérience bisexuelle141, mais que vraisemblablement la plupart des personnes, en raison de toutes les difficultés et pressions psychologiques exposées précédemment, se conforment aux pratiques et aux valeurs dominantes.
Orientation sexuelle innée

Une autre réfutation possible serait apparemment l'existence d'une orientation sexuelle innée, mise en évidence chez les homosexuels, et dont l'origine serait due aux caractéristiques anatomiques et fonctionnelles de l'aire préoptique médiane142,143,144. Néanmoins, même si ces résultats – bien qu'ils ne permettent pas actuellement de savoir si ces caractéristiques fonctionnelles sont innées ou acquises – correspondent effectivement à une orientation sexuelle innée, cela ne réfute pas le modèle du « comportement érotique ». En effet, ce modèle multifactoriel suppose uniquement la prépondérance des renforcements / récompenses érotique. Les effets des hormones et des phéromones existent, mais sont résiduels chez l'humain17,49,5.
Inadaptation du comportement
Enfin, la dernière principale objection serait qu'un tel comportement, dont la plupart des activités ne permettent pas la reproduction, ne serait pas adaptatif, et serait vraisemblablement éliminé au cours de l'évolution par les mécanismes de la sélection naturelle. Cependant, il semblerait que l'effet majeur de la sélection naturelle ne serait pas l'optimisation des structures vivantes mais plutôt l'élimination des organismes non viables. C'est-à-dire qu'un organisme vivant n'est pas sélectionné parce qu'il est optimisé, mais parce que son organisation biologique lui permet, peu importe la manière, de survivre68,69. Les macaques (macaca fuscata) et surtout les chimpanzés bonobos (pan paniscus), dont la sexualité se caractérise également par un comportement bisexuel de stimulation des zones érogènes25,53,71,132, semblent être de bons exemples qui montrent qu'un comportement érotique, bien que non optimisé pour la fécondation, n'est nullement un obstacle à la reproduction et à la survie de l'espèce.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:56

Problèmes généraux
Article détaillé : Sexologie#Problèmes actuels.

D'une manière générale, divers problèmes sont un obstacle à l'étude et à la compréhension de la sexualité :

Les valeurs et les représentations culturelles en Occident sont hétérocentristes.
En sexologie, la conception dominante de la sexualité est polarisée : l'« hétérosexualité » est opposée à l'« homosexualité ». Il est alors difficile d'étudier et de proposer d'autres formes de sexualité, comme la bisexualité136 ou d'autres modèles théoriques encore plus hétérodoxes.
Les activités érotiques qui ne sont pas directement liées à l'hétérosexualité (ou à l'homosexualité) sont peu étudiées.
La majorité des recherches existantes sur l'être humain concernent surtout les problèmes de la sexualité (troubles sexuels, SIDA, MST, violences sexuelles…), tandis que la compréhension globale de la sexualité humaine est rarement un objet de recherche.
Les études neurobiologiques concernent souvent des animaux éloignés de l'être humain (poissons, oiseaux, et surtout rongeurs), et de plus ces études ont souvent pour objectif d'améliorer les pratiques agricoles d'élevage et de reproduction des animaux.
La sexualité est un sujet sensible qui provoque souvent des réactions affectives particulières. Certains sujets sont polémiques, et entraînent des risques pour le chercheur, surtout si les résultats ne sont pas conformes aux normes dominantes : Watson a été licencié, Kinsey a perdu des financements84…
De plus, la sexualité humaine est un sujet complexe, multifactoriel, multidimensionnel, avec une intrication de facteurs biologiques, temporels et culturels, et on observe une très grande variation dans les pratiques et surtout dans les croyances sexuelles.
Enfin, et surtout, la recherche sur la sexualité est peu développée. Même à l'échelle mondiale, le nombre de laboratoires ou de structures spécialisées est restreint (Kinsey Institute, laboratoire de l'UQAM, Masters & Johnson Institute…).

Article détaillé : Problèmes de la recherche en sexologie.
Ancienneté du modèle érotique

Le postulat de l'importance du plaisir dans la sexualité humaine n'est pas une hypothèse nouvelle. C'est déjà presque un truisme, car c'est ce que chacun perçoit intuitivement. On trouve trace de cette hypothèse dans la philosophie antique, avec l'hédonisme. Mais c'est seulement au début du XXe siècle avec les travaux des behavioristes que cette hypothèse est intégrée dans la science moderne. Les premières expériences de conditionnements sexuels ont été réalisées dans les années 1960116. Et c'est seulement dans les années 2000 que les données scientifiques disponibles ont permis d'élaborer un modèle cohérent et détaillé, le « comportement érotique » note 1.
Controverses entre les modèles de la sexualité humaine
À partir de quelles espèces de primates le comportement de reproduction devient-il un « comportement érotique » ? Copulation entre deux macaques japonais.

Les critiques faites au modèle du « comportement érotique » proviennent surtout des neurobiologistes et des endocrinologues, et en particulier de ceux qui sont spécialisés dans l'étude des hormones sexuelles. Les principales critiques et controverses concernent :

Le rôle crucial des hormones sexuelles, et en particulier de la testostérone.
L'existence de structures neurales spécialisées dans le contrôle inné et global du comportement sexuel.
Le rôle exact des phéromones.
Les erreurs d'interprétations de certaines expériences.
Et, en synthèse, qui des hormones ou des renforcements / récompenses est le facteur primordial et prépondérant des activités érotiques.

Hormones sexuelles. Le problème concerne l'évaluation du rôle et de l'importance des hormones sexuelles. Personne ne remet en question la nécessité d'avoir un seuil minimal d'androgènes afin que le comportement sexuel puisse s'exprimer81. La question controversée est de savoir si ce sont les hormones, ou un circuit inné ou les renforcements / récompenses qui sont à l'origine des différentes activités érotiques.

Par exemple, est-ce que la testostérone stimule un circuit précablé pour déclencher le baiser ou l'anulingus ? Ou plutôt, car ces activités érotiques sont considérées comme des préliminaires, la testostérone agit-elle sur un circuit spécialisé pour provoquer le coït vaginal ? C'est-à-dire que pour les activités érotiques annexes, ce sont les récompenses qui sont à l'œuvre, mais pour l'activité principale et cruciale du coït vaginal il existe un circuit spécifique contrôlé par la testostérone.

Les principales données qui indiquent que le rôle des hormones est plutôt général, et que ce sont les renforcements / récompenses qui sont à l'origine des différents activités érotiques, sont :

On ne connaît pas de circuit spécialisé qui contrôle le coït vaginal humain (mais cela ne signifie pas que ce circuit n'existe pas). Ce qui est connu sont les réflexes sexuels (érection, poussées pelviennes, rétrocontrôle de la pénétration, lordose2…), mais on ne connaît aucun circuit pour le positionnement génital correct des partenaires (la « monte » chez les mammifères inférieurs).
Lorsque des animaux sont élevés en isolement social, ils n'arrivent pas à coïter145,146,147,148. Mais des auteurs indiquent que c'est peut-être un problème de socialisation, et dans ce cas ces expériences montrent uniquement que c'est la socialisation sexuelle qui n'est pas innée, et pas la capacité à coïter. Néanmoins, Ward a réalisé une expérience où les animaux sont élevés côte à côte, juste séparés par un grillage ; ils sont donc familiarisés aux bruits, aux mouvements et aux odeurs des congénères, seul manque le contact physique (et donc les renforcements / récompenses corporelles) ; et on observe qu'ils n'arrivent toujours pas à copuler148.
Enfin, tant chez les grands singes que chez l'être humain, lorsque le contexte le permet, les jeunes ont des activités sexuelles bien avant la puberté, ce qui montre que les hormones sexuelles (et les phéromones) n'ont pas un rôle prépondérant dans les activités érotiques20,41,38,43,25.

Structures innées. L'aire préoptique médiane est une structure clé pour le contrôle du comportement sexuel149. Personne actuellement ne remet en question l'importance de cette structure. La question controversée est de savoir si ce contrôle est inné ou s'il est acquis au cours des interactions sociales durant la période du développement.

Il est habituel dans le développement du système nerveux que le câblage global entre différentes structures soit inné, guidé par des gradients de concentration de molécules de croissance. Puis, en général, par phénomène de stabilisation sélective (cf. Jean-Pierre Changeux), les connexions inutiles sont éliminées150,151. La question précise est donc de savoir si les connexions finales des neurones de l'aire préoptique médiale se font d'après des informations génétiques innées, ou bien par stabilisation sélective à partir des stimuli provenant des organes sensoriels et des autres régions du cerveau. Or des expériences indiquent que les milliers de contacts corporels postnatals avec la mère et avec les autres nouveau-nés, et en particulier le léchage génital152,148, ainsi que les jeux sexuels avec les autres congénères, et surtout l'exploration régulière phéromone-dépendante de la région génitale des congénères153, induisent le développement des structures neurales impliquées dans le contrôle du comportement de reproduction (amygdale médiale, noyau préoptique médian, noyaux moteurs médullaires)154,155,156. L'essentiel du contrôle global du comportement sexuel est donc vraisemblablement appris.
Article connexe : Instinct sexuel.

Par ailleurs, le rôle des structures cérébrales dans le contrôle du comportement sexuel a peut-être été parfois surévalué. En effet, par exemple dans la description initiale du réflexe de lordose par Donald Pfaff en 19942, l'arc réflexe médullaire, qui est une structure périphérique, avait un rôle fonctionnel. Dans un article ultérieur de Van der Horst et Holstege, sans aucun argument le rôle médullaire n'était plus cité et c'était une structure plus centrale, la région grise périacqueducale, qui avait le rôle fonctionnel principal dans le contrôle de la lordose157. Or à l'époque le concept de « système moteur émotionnel » était populaire158, ce qui a peut-être influencé des interprétations de données expérimentales dans le sens d'un contrôle plutôt central et global que périphérique et local.

Rôle des phéromones. Un autre point de controverse concerne l'importance et le rôle exact des phéromones. Chez les rongeurs, les phéromones sont impliqués dans l'excitation sexuelle9,10 et l'orientation sexuelle11,12,46. Mais qu'en est-il chez l'être humain ? La plupart des chercheurs adopte une position nuancée130 ou ne se prononcent pas102, mais certains auteurs, comme Nicoli ou Lucy Vincent, supposent sans preuves que les phéromones ont dans le comportement sexuel humain, de manière inconsciente, le même rôle majeur d'excitation et d'orientation sexuelle qu'ils ont chez les mammifères inférieurs128,129.

Mais les expériences réalisées ne montrent que des effets physiologiques et émotionnels mineurs17,49,5. De plus, comme déjà plusieurs fois indiqué, tant chez les grands singes que chez l'être humain, lorsque le contexte le permet, les jeunes ont des activités sexuelles bien avant la puberté, ce qui montre que les phéromones sexuelles (et les hormones) n'ont pas un rôle prépondérant dans les activités érotiques20,41,38,43,25.

L'effet des phéromones est sans doute similaire à celui des hormones : une influence modérée qui se traduit par une faible variation de l'intensité et de la fréquence des activités érotiques au cours des saisons40 et du cycle menstruel16. En extrapolant les résultats obtenus sur les rongeurs11,12, les phéromones influenceraient la part des activités hétérosexuelles dans la sexualité (plus l'influence des phéromones est forte, plus il y a d'activités hétérosexuelles).
Article connexe : Comportement de reproduction.

Erreurs expérimentales. Pankevich159 n'a pas réussi à reproduire les résultats obtenus en 2002 par l'équipe de Catherine Dulac11. Ce qui remettrait en question le rôle de l'organe voméronasal dans l'orientation sexuelle des rongeurs. Mais Catherine Dulac a reproduit ses résultats en 2007 avec différents protocoles expérimentaux, et suppose que l'absence de résultats de Pankevich provient de problèmes postopératoires après la destruction de l'organe voméronasal des animaux45. À noter que cette controverse ne remet nullement en cause le modèle du “comportement érotique”, la question ici est de savoir si c'est l'organe voméronasal ou le système olfactif principal qui permet la reconnaissance du partenaire de sexe opposé160. Si c'est l'organe voméronasal, l'altération des gènes de ce système voméronasal chez les Catarrhiniens4 permet de donner une explication rationnelle et concrète à la bisexualité des hominidés.

Facteur primordial. Personne ne remet en question l'importance des hormones et des renforcements dans la sexualité humaine. La controverse concerne essentiellement l'importance relative de ces deux facteurs majeurs : si les hormones sont prépondérantes, on reste dans un comportement surtout de reproduction, avec des activités érotiques secondaires, qui ne sont que des préliminaires ; si les renforcements / récompenses sont prépondérants, on est dans un comportement où le plaisir est primordial, et même s'il existe un circuit inné du coït vaginal, il n'est alors que le moyen d'une activité érotique, parmi d'autres, au service de la recherche des plaisirs érotiques et orgastiques.

En synthèse, les différentes critiques concernant le « comportement érotique » ne remettent pas en question des aspects cruciaux de ce modèle. Des recherches complémentaires sont nécessaires pour préciser certains aspects du modèle. Mais, globalement, ce modèle du « comportement érotique » apparaît comme le moins mauvais modèle qu'il est aujourd'hui possible de proposer, et qui permette d'expliquer le comportement sexuel de l'être humain.
Conclusion

À l'issue de l'analyse des données phylogénétiques disponibles, il apparaît que les principaux facteurs biologiques innés (inhibition saisonnière du comportement sexuel, hormones sexuelles, phéromones sexuelles, renforcements / récompenses, lordose, érection, poussées pelviennes, réflexe éjaculatoire, libération de l'ovule lors du coït…), à l'origine du comportement de reproduction des mammifères inférieurs, ont beaucoup changé au cours de l'évolution. Chez les mammifères les plus corticalisés, les facteurs hormonaux et phéromonaux sont devenus secondaires tandis que les renforcements / récompenses et les facteurs émotionnels et cognitifs sont devenus prépondérants. Apparemment, chez tous les mammifères, ce sont toujours les mêmes facteurs qui sont à l'origine du comportement de reproduction, mais, comme les caractéristiques et l'importance relative de ces facteurs ont été modifiées au cours de l'évolution, la dynamique comportementale est différente.

Chez les hominidés et surtout chez l'Homme, il n'existe plus de comportement de reproduction inné, mais, en raisons de relations spécifiques entre les renforcements / récompenses et les zones érogènes, il apparaît un nouveau comportement dont le but est la stimulation du corps. Ce comportement, qualifié de “comportement érotique”, induit, indirectement, l'acquisition de la séquence du coït vaginal. Ainsi, la reproduction, pourtant fondamentale à la survie de l'espèce, n'est paradoxalement chez l'Homme qu'une conséquence indirecte de la recherche des plaisirs physiques.

Le plaisir érotique agit comme un principe organisateur et structurant : pour chaque personne, au cours du développement et des expériences, les activités érotiques deviennent de plus en plus typiques, élaborées, identifiées, conscientes et délibérées. À la maturité, le but recherché, les schèmes mentaux et les activités motrices sont alors structurés et organisés autour d'une finalité spécifique : celle de l'obtention des sensations érotiques, dont, surtout, la jouissance orgastique. Le plaisir érotique peut ainsi être considéré comme un facteur organisateur majeur du psychisme et des comportements.

Le développement du comportement érotique est similaire chez tous les hominidés. Mais chez l'être humain, ses grandes capacités intellectuelles sont à l'origine de croyances, de règles, de valeurs et de symboles qui complexifient le comportement érotique. Pour ces raisons, la sexualité humaine est bien différente de celle des autres hominidés.

La généralisation des résultats de cette étude à l'ensemble des comportements humains les plus complexes (sexuel, maternel, agression, socialisation…) suggère qu'il n'existerait pas d' “instincts” ou de “programmations” complètes et innées de ces comportements, mais plutôt tout un ensemble de processus neurobiologiques, innés mais élémentaires, à l'origine uniquement de tendances globales et approximatives. Ces tendances, au cours du développement et de l'interaction avec l'environnement, permettraient l'apprentissage par essais et erreurs de comportements relativement adaptés et appropriés à la survie de l'individu et de l'espèce.
Notes et références
Notes

↑ a, b, c, d, e et f Les distinctions entre « comportement sexuel », « comportement de reproduction » et « comportement érotique » sont expliquées dans cet article et dans l'article Comportement de reproduction. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin H. Johnson et Barry J. Everitt dans leur ouvrage Reproduction, 5e édition, publié chez De Boeck Université en 2001, car les différences neurobiologiques, cognitives et comportementales entre les espèces modifient la dynamique du comportement sexuel. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de ces distinctions est Functional and dysfunctional sexual behavior [archive] du neurobiologiste Anders Agmo.
↑ a et b Voir les causes de ces activités chez les mammifères non-primates dans l'article Comportement de reproduction.
↑ Une hypothèse ad hoc (dans ce but en latin) est une hypothèse souvent invérifiable (non testable) avancée dans le but d'expliquer une incohérence.
↑ Voir les explications et les références sur le site de sexologie de l'Université de Berlin : Absence d'instinct sexuel chez l'être humain [archive]
↑ Observé chez les Kaingáng. Voir (en) Jules Henry, Jungle people, a Kaingáng tribe of the highlands of Brazil, New York, J. J. Augustin, 1941
↑ Voir les références dans l'article Comportement de reproduction.
↑ a, b et c Voir des exemples d'interdits de la masturbation dans l'article Masturbation
↑ La « sexualisation » est un phénomène différent de la « sexuation ». La « sexuation » correspond à la formation d'un individu sexué : 1) au niveau physiologique (différenciation sexuelle mâle / femelle) et 2) au niveau psychologique (identité sexuelle féminin / masculin). La « sexualisation » correspond à l'apprentissage de la « sexualité » : 1) au niveau comportemental (apprentissage des activités sexuelles et des émotions provoquées par ces activités) et 2) au niveau psychologique (apprentissage du concept de « sexualité » et attribution de ce concept sexuel à des objets, des actions ou des situations). Les activités érotiques, des actes moteurs, peuvent être réalisées indépendamment du niveau cognitif (sexuation psychique (identité sexuelle) et sexualisation psychologique). C'est d'ailleurs le cas chez tous les animaux, qui réalisent toutes leurs activités sexuelles sans avoir besoin de savoir qu'ils sont mâle ou femelle et que leurs activités sont sexuelles.

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Éthologie

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Neurosciences / Psychologie Biologique

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(fr) Serge Wunsch, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.

Voir aussi
Articles connexes

Sexualité, l'essentiel en un article
Comportement sexuel humain, les comportements sexuels de l'être humain
Sexualité humaine, les phénomènes culturels de la sexualité humaine
Sexualité infantile, le développement sexuel chez l'être humain
Sexualité féminine, les caractéristiques de la sexualité féminine
Reproduction humaine, la physiologie de la reproduction humaine
Comportement de reproduction, les bases neurobiologiques chez l'animal
Comportement sexuel, les comportements sexuels de l'animal
Sexualité animale, l'émergence des phénomènes culturels chez l'animal
Sexualité (reproduction), la reproduction sexuée chez les organismes vivants

Liens externes

Une importante base de données sur la sexualité humaine sur le site de l'Université de Berlin :
Archives de la Sexologie
(en) Archive for Sexology
Centre de recherches et de traitements des addictions (dirigé par Michel Reynaud, auteur de L'Amour est une drogue douce, en général)

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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:57

Les origines
Bakounine.

La plupart des penseurs anarchistes majeurs de sexe masculin, à l'exception de Pierre-Joseph Proudhon, défendent vigoureusement l'égalité des sexes.

Pour Mikhaïl Bakounine (1814-1876) dans Dieu et l'État (1882) : « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres »1. Ainsi, il s'élève contre le patriarcat et la façon qu'a la loi de « soumettre les femmes à la domination absolue de l'homme ». Il défend l'idée selon laquelle « les hommes et les femmes partagent des droits égaux » afin que les femmes puissent « devenir indépendantes et être libres de déterminer leur propre vie ». Bakounine prévoit « une liberté sexuelle totale pour les femmes » et la fin de la « famille juridique autoritaire »2,3.

Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) pour sa part conçoit la famille comme l'unité de base de la société et de sa moralité, et il pense que les femmes ont la responsabilité de remplir un rôle traditionnel au sein de la famille (voir Proudhon et les femmes)4.
Oscar Wilde.

Dans The soul of man under socialism (L'Âme de l'homme sous le socialisme, 1891), Oscar Wilde (1854-1900) défend passionnément une société égalitaire dans laquelle la richesse serait partagée entre tous, tout en mettant en garde contre les dangers d'un socialisme autoritaire qui détruirait toute individualité5. Il précise plus tard « Je pense que je suis un peu plus qu'un socialiste. J'ai quelque chose d'un anarchiste, je pense ». Le libertarisme de gauche de Wilde est partagé par d'autres qui font campagne en faveur de l'émancipation homosexuelle à la fin du XIXe siècle, comme John Henry Mackay et Edward Carpenter6. En août 1894, Wilde écrit à son amant Lord Alfred Douglas pour relater une « aventure dangereuse ». Alors qu'il était parti naviguer avec « deux garçons charmants », Stephen et Alphonso, ils sont surpris par une tempête. « Il nous fallut cinq heures dans les bourrasques pour revenir. Et nous n'accostâmes qu'après onze heures du soir, dans l'obscurité totale et avec une mer déchaînée.. Tous les pêcheurs nous attendaient ». Fatigués, frigorifiés et trempés jusqu'aux os, les trois hommes se ruent à l'hôtel pour se procurer « de l'eau et du brandy chaud ». Mais ils font alors face à un problème. La loi l'interdit. « Comme il était plus de dix heures du soir un dimanche, le propriétaire ne pouvait plus nous vendre ni brandy ni aucune sorte d'alcool ! Donc, il dut nous le donner. Le résultat ne fut pas déplaisant, mais quelles lois ! » Wilde termine l'histoire en précisant que « Alphonso et Stephen sont désormais des anarchistes, cela va sans dire ».

Amour libre et anarchisme
Article détaillé : Amour libre.
Aux États-Unis
Lucifer, The Light-Bearer, 1883-1907.
The Firebrand, 1895-1897.

Le mouvement en faveur de l'amour libre fut un courant majeur de l'anarchisme individualiste aux États-Unis19. Josiah Warren et les communautés expérimentales en sont les précurseurs. Ils voient la liberté sexuelle comme une expression claire et directe de l'autodétermination des individus. L'engagement en faveur de l'amour libre se conjugue avec la lutte pour les droits des femmes dans la mesure où ce sont elles qui sont les premières victimes des discriminations inscrites dans les lois, comme celles sur le mariage ou sur l'interdiction des moyens de contraception19.
Moses Harman.

Parmi les journaux qui défendent l'amour libre, le plus important est Lucifer, The Light-Bearer (Lucifer, Le Porteur de Lumière 1883-1907), édité par Moses Harman, sa fille Lillian Harman20,21 et Lois Waisbrooker22. Selon Jesse F. Battan de la California State University : « Moses Harman, rédacteur du journal Lucifer prônant l’amour libre, le Light-Bearer affirma en 1897, que toute forme de conflit social et d’exploitation économique, de l’étalon-or aux salaires immérités et intérêts volés par les « classes dirigeantes» au travail des masses, était simplement une continuité de la « séquence logique » établie par une « vieille conspiration profondément installée contre la liberté et la justice, connue sous le nom d’institution du mariage ». Redéfinissant les enjeux associés à la question de la femme et en ajoutant la « question sexuelle » à cette cuisine, ils rejetèrent la monogamie patriarcale et la famille nucléaire et appelaient de fait à une autonomie sexuelle pour les femmes, le contrôle des naissances et la réforme eugéniste. »23
Liberty, 1881-1908.

En 1872, Ezra Heywood et Angela Heywood24 publient The Word (1872-1890 et 1892-1893)19. Le journal était sous-titré A Montly journal of Reform et il contenait des contributions de Josiah Warren et Benjamin Tucker. Mais il eut aussi, Marx E. Lazarus25, figure importante de l'anarchiste individualiste, défenseur de l'amour libre, qui collabore à Liberty.
EzraHeywood.jpg

En 1873, Ezra Heywood crée la New England Free Love League (« Ligue de la Nouvelle-Angleterre pour l'amour libre »), afin de préparer une tournée de conférences de Victoria Woodhull. Il crée aussi un « Bureau de l'amour libre » (Free love bureau) destiné à faciliter les rencontres par correspondance à l'intention des personnes en recherche d'un conjoint. Ces actions, ainsi que la promotion qu'il fait avec son épouse des méthodes de planification des naissances, et les discussions qu'il tient sur les aspects médicaux, psychologiques et moraux de la vie sexuelle lui valent de nombreux ennuis judiciaires, dont une condamnation de deux ans aux travaux forcés en 1878. Cette condamnation en vertu des lois du Comstock Act suscite une manifestation de protestation de 6 000 personnes et une pétition signée par 70 000 personnes demande l'abrogation de la loi, permettant de poursuivre pour obscénité les publications les plus diverses26.
Free Society, 1897-1904.

Autre journal libertaire majeur aux États-Unis de la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle : Free Society27 (1895-1897 sous le titre The Firebrand (Le Brandon) et 1897-1904 sous Free Society) défend farouchement l'amour libre et les droits des femmes, et critique le Comstock Act, la loi qui censure de l'information sexuelle. En 1897, afin de provoquer délibérément les défenseurs du Comstock Act, dans un acte de désobéissance civile, The Firebrand publie « A Woman Waits for Me » (« Une femme m’attend »), un poème de Walt Whitman. Tous les rédacteurs et éditeurs du journal sont arrêtés et accusés d'avoir publié des écrits « obscènes » pour le poème de Whitman et une lettre intitulée « It Depends on the Women » signée AEK. La lettre de AEK présentait différentes situations hypothétiques dans lesquelles des femmes refusaient de consentir à des relations sexuelles avec leurs maris ou leurs amants, et défendait la position selon laquelle la véritable libération nécessite une éducation des deux sexes et celle des femmes en particulier28.
Critique des rôles sexuels conventionnels
Emma Goldman.

À New York, dans le Greenwich Village, des féministes et des socialistes « bohèmes » défendent l'autoréalisation et le plaisir, ici et maintenant, pour les femmes (ainsi que les hommes), tout en militant contre la Première Guerre mondiale et dans d'autres mouvements libertaires et socialistes. Ils encouragent le fait de jouer avec les rôles sexuels conventionnels et la sexualité29. Edna St. Vincent Millay, ouvertement et radicalement bisexuelle, ainsi que la lesbienne anarchiste Margaret Anderson, n'y sont pas étrangères. Le habitants du Village sont inspirés par les travailleuses immigrées (souvent anarchistes) des années 1905-191530 et de New Life Socialism d'Edward Carpenter, Havelock Ellis et Olive Schreiner. Quant à Emma Goldman, entre autres, elle fréquente des groupes de discussion organisés sur le sujet. Magnus Hirschfeld écrit, en 1923, que Goldman « milita résolument et énergiquement pour les droits individuels, en particulier pour ceux qui en étaient privés. Il s'avéra donc qu'elle fut la première et seule femme, c'est-à-dire la première américaine, à prendre la défense de l'amour homosexuel devant le grand public »31. En fait, avant Emma Goldman, l'anarchiste hétérosexuel Robert Reitzel (1849-1898) a déjà abordé l'homosexualité en termes élogieux dès le début des années 1890 dans son journal en langue allemande Der arme Teufel (Le pauvre Diable)32.

Par ailleurs, Emma Goldman formule une critique radicale des relations hommes-femmes (voir Philosophie politique de Emma Goldman). Elle met en évidence la persistance de « l'instinct de propriété du mâle », même parmi les révolutionnaires : « dans son égocentrisme, l'homme ne supportait pas qu'il y eut d'autres divinités que lui »33, une analyse qu'elle développe dans La Tragédie de l'émancipation féminine publié dans Mother Earth en mars 190634.

Elle s'oppose aux conceptions traditionnelles de la famille, de l'éducation et des rapports de genre35. Elle s'attaque à l'institution du mariage36 dont elle dit que « c'est premièrement un arrangement économique... [la femme] le paie avec son nom, sa vie privée, son estime de soi, toute sa vie »37.
Unions libres
Union libre

« L'opinion est désormais fixée et l'importance capitale de la liberté complète, absolue de la femme en face du masculin est reconnue chez tous les anarchistes [...] Je puis dire qu'à mon avis la révolution est accomplie, le mariage officiel a virtuellement vécu. Il ne reste qu'à déblayer la voie ». - Élisée Reclus, 5 janvier 190438

En Europe et en Amérique du Nord, le mouvement en faveur de l'amour libre combine des idées issues du socialisme utopique avec l'anarchisme et le féminisme, de façon à attaquer la morale sexuelle hypocrite de l'ère victorienne ainsi que les institutions du mariage et de la famille, qui sont vues comme des moyens d'asservir les femmes. Les défenseurs de l'amour libre promeuvent des unions sexuelles volontaires sans intervention de l'État39, et affirment le droit au plaisir sexuel pour les femmes aussi bien que pour les hommes. Ils soutiennent parfois explicitement les droits des homosexuels et des prostituées.

Ces pratiques s'exportent en Europe où, par exemple en octobre 1882, le géographe libertaire Élisée Reclus prononce une allocution à l'occasion de l'union libre de ses deux filles, « sans permettre à la loi religieuse et civile de s'en occuper »40, « dans des conditions de vérité où les fiancés n'eurent point à faire de cérémonies civile ou religieuse en l'honneur d'une loi qui leur paraît injuste ou d'un culte qu'ils ne pratiquent point »41.





Voltairine de Cleyre en 1901.

Voltairine de Cleyre (1866-1912), dans son essai de 1890 Sex Slavery (l’Esclavage sexuel), condamne les idéaux de beauté qui encouragent des femmes à se déformer le corps et les pratiques éducatives qui forment de façon artificielle les enfants selon qu’ils appartiennent à un sexe ou un autre. Le titre de l’essai réfère non pas à la prostitution, bien que ce sujet soit également mentionné, mais plutôt aux lois du mariage permettant aux hommes de violer leurs épouses sans conséquences. De telles lois font de « chaque femme mariée ce qu’elle est, une esclave qui prend le nom de son maître, le pain de son maître, les ordres de son maître et sert ses passions. »

Pour elle, le mariage n’est que l’autre nom de l’esclavage sexuel. Un rapport sexuel non consenti, même entre un mari et son épouse, n’est autre qu’un viol. Les femmes doivent acquérir la pleine possession de leur propre corps. Dans Les barrières de la liberté, conférence qu’elle prononce le 15 mars 1891, elle affirme que le mariage est la caution légale de l’assujettissement des femmes. Une société libre ne peut advenir sans une responsabilisation et une rébellion des femmes13.

En 1907, lors de la conférence Le Mariage est une mauvaise action14, véritable plaidoyer en faveur de l'amour libre, elle affirme que seule la distance ménagée permet l'épanouissement des relations amoureuses. Le contrat de mariage imposant une promiscuité des âmes et des corps va à l'encontre de l'amour15.

En 1895, dans une conférence aux femmes de la Ligue libérale, elle déclare : « [la question sexuelle] est plus importante pour nous que n’importe quelle autre, à cause de l’interdit qui pèse sur nous, de ses conséquences immédiates sur notre vie quotidienne, du mystère incroyable de la sexualité et des terribles conséquences de notre ignorance à ce sujet » Toute sa vie, elle combat le système de la domination masculine. Selon l'historien Paul Avrich, « une grande part de sa révolte provenait de ses expériences personnelles, de la façon dont la traitèrent la plupart des hommes qui partagèrent sa vie [...] et qui la traitèrent comme un objet sexuel, une reproductrice ou une domestique »16.
Virginia Bolten et La Voz de la Mujer
Virginia Bolten.

En 1896 et 1897, parait en Argentine, La Voz de la Mujer (La Voix de la Femme), première publication anarcha-féministe au monde17. En épigraphe : « Ni dios, ni patron, ni marido » (soit « Ni dieu, ni patron, ni mari »). La figure de proue en est Virginia Bolten, féministe révolutionnaire et communiste libertaire. Ce n’est pas le premier journal féminin en Amérique latine, mais c'est le premier journal féministe et révolutionnaire au sein de la classe ouvrière18.

Le journal appelle les femmes à se rebeller contre l'oppression masculine mais sans abandonner la lutte prolétarienne. Il critique toute forme d'autorité, ecclésiastique, patronale, étatique et familiale. Les rédactrices dénoncent leur rôle d’objet sexuel et disent à quel type de relations elles aspirent, sous le regard moqueur des mâles de leur classe et la réprobation de la société bourgeoise18. La Voz de la Mujer suscite des tensions au sein du mouvement libertaire car beaucoup de ses militants considèrent certaines de ses positions comme des attaques contre le sexe masculin, ce qui amène la rédaction à clarifier sa position. L'institution du mariage est l'une des cibles principales du journal qui considère les femmes comme le maillon le plus opprimé de la chaîne de l'exploitation. Il défend l'idée de l'amour libre du point de vue de l'autonomie personnelle, sans préconiser la promiscuité.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:57

Opposition marxiste
Pendant quelques dizaines d'années, l'adhésion à l'amour libre est largement répandue chez les anarchistes américains et européens, mais ces conceptions se heurtent alors aux figures dominantes de la gauche : les marxistes et les sociaux-démocrates. La féministe radicale et socialiste Victoria Woodhull fut ainsi exclue en 1871 de l'International Workingmen's Association en raison de son engagement en faveur de l'amour libre et des mouvements associés42. En effet, avec le soutien de Karl Marx, la branche américaine de l'organisation est « purgée » de ses éléments pacifistes, antiracistes et féministes, sous prétexte qu'ils insistent trop sur des problèmes étrangers à la lutte des classes, et sont donc considérés comme incompatibles avec le « socialisme scientifique » de Marx et Engels43.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:57

En Europe
Articles détaillés : Communauté libertaire et Néomalthusianisme.
Rirette Maîtrejean.

Dès la fin du XIXe siècle, les cercles individualistes anarchistes français et espagnols ont un grand sens de l'expérimentation sociale et des rapports individuels, notamment au sein des colonies libertaires. L'idée d'amour libre a une forte influence sur les cercles individualistes puis s'étend au reste du mouvement libertaire44.

« Dans ce sens, les positions théoriques et les expériences vitales de l'individualisme français sont profondément iconoclastes et scandaleuses, même au sein des cercles libertaires. L'appel pour le naturisme, la défense intense de méthodes contraceptives, l'idée de l'union des égoïstes avec les pratiques sexuelles comme unique justification (camaraderie amoureuse), qui tentent d'être mises en pratique, non sans difficultés, établiront un mode de pensée et d'action et déboucheront sur la sympathie des uns et le rejet profond des autres »44.
L'En-dehors

Parmi les périodiques impliqués dans ce mouvement, on trouve L'En-dehors et L’Idée libre en France et Iniciales et La Revista Blanca en Espagne44.

Pour la sociologue Anne Steiner, « Dans les premières années du vingtième siècle, des femmes luttent pour le droit à une sexualité libre, diffusent des conseils et des méthodes pour la limitation volontaire des naissances, réfléchissent à de nouvelles méthodes d’éducation, refusent le mariage et la monogamie, expérimentent la vie en communauté. Militantes anarchistes individualistes, elles ne croient pas que la révolution ou la grève insurrectionnelle puisse être victorieuse dans un avenir proche et refusent la position de génération sacrifiée. Pour elles, l’émancipation individuelle est un préalable à l’émancipation collective et la lutte contre les préjugés est une urgence. C’est pourquoi, elles questionnent toutes les normes, toutes les coutumes, toutes les habitudes, soucieuses de n’obéir qu’à la seule raison. »45 Elle cite en exemples : Rirette Maîtrejean, Anna Mahé, Émilie Lamotte et Jeanne Morand.

En 1914, Madeleine Pelletier publie L'Éducation féministe des filles.

En 1881 est fondée aux Pays-Bas la Nieuw-Malthusiaanse Bond (nl) (Ligue néomalthusienne) animée par le médecin Jan Rutgers (nl) aux sympathies anarchistes affirmées46.
E. Armand
E. Armand

Parmi les anarchistes individualistes européens, E. Armand (1872-1962, Ernest-Lucien Juin dit) est sans conteste le plus actif partisan de l'amour libre47.

Armand défend le naturisme et le polyamour et invente la notion de « camaraderie amoureuse »48,49.

Il écrit de nombreux articles sur le sujet, comme De la liberté sexuelle en 1907, où il défend non seulement l'idée d'amour libre, mais aussi celle de partenaires multiples, qu'il appelle « pluralité amoureuse »50,51 : « Par liberté de l’amour, amour libre, amour en liberté, liberté sexuelle, j’entends l’entière possibilité pour une ou un camarade, d’en aimer un, une, plusieurs autres simultanément (synchroniquement), selon que l’y pousse ou l’y incite son déterminisme particulier »49. Ces propos ne sont alors pas très éloignés de ceux des partisans de l'amour libre. Ce n’est qu’après avoir fondé L'En-dehors en 1922 qu’il va progressivement développer une conception de la sexualité libertaire de plus en plus originale, le « sexualisme révolutionnaire »48.

Pour lui, il n'y a rien de répréhensible à faire l'amour, même si l'un des partenaires n'a pas de sentiments très marqués pour l'autre : « [La] thèse de la camaraderie amoureuse, comporte un libre contrat d'association (résiliable selon préavis ou non, après entente préalable) conclu entre des individualistes anarchistes de sexe différent, possédant les notions d'hygiène sexuelle nécessaires, dont le but est d'assurer les co-contractants contre certains aléas de l'expérience amoureuse, entre autres : le refus, la rupture, la jalousie, l'exclusivisme, le propriétarisme, l'unicité, la coquetterie, le caprice, l'indifférence, le flirt, le tant pis pour toi, le recours à la prostitution »52.

Armand publie Le Combat contre la jalousie et le sexualisme révolutionnaire (1926), suivi de Ce que nous entendons par liberté de l'amour (1928), La Camaraderie amoureuse ou « chiennerie sexuelle » (1930), et finalement, La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse (1934), un livre de presque 350 pages reprenant la plupart de ses écrits sur la sexualité48.

Dans un texte de 1937, il mentionne clairement parmi les objectifs des individualistes libertaires, la constitution d'associations volontaires aux fins purement sexuelles pouvant regrouper selon les tempéraments des hétérosexuels, des homosexuels, des bisexuels ou des « unions mixtes ». Il prend également position en faveur du droit des individus à changer de sexe, et proclame hautement sa volonté de réhabiliter les plaisirs défendus, les caresses non-conformistes (lui-même aurait eu des préférences pour le voyeurisme) ainsi que la sodomie. Cela le conduit à accorder de plus en plus de place à ce qu'il appelle les « non-conformistes sexuels », en excluant toutefois la violence physique. Pour Armand, la « recherche voluptueuse » dans le domaine des relations sexuelles ne peut-être considérée comme légitime qu'à condition que les résultats de ces pratiques ne privent pas celui qui les prodigue – comme celui qui les reçoit – de son « auto-contrôle » ou n'entament « sa personnalité »48.

Son militantisme implique aussi de traduire des textes d'auteurs comme Alexandra Kollontaï et Wilhelm Reich, comme de s'investir dans des associations en faveur de l'amour libre qui mettent en pratique la « camaraderie amoureuse » grâce à des expériences sexuelles réelles.

Armand finit par acquérir dans les cercles libertaires une telle renommée sur ce sujet que la jeune militante argentine América Scarfó lui envoie une lettre pour lui demander conseil sur sa relation avec Severino Di Giovanni (qui est déjà marié au début de leur relation)53,53. La lettre est publiée dans L'En-dehors du 20 janvier 1929 sous le titre Une expérience, avec la réponse d'Armand : « Camarade, mon opinion n'a que peu d'importance dans cette question que vous m'envoyez sur ce que vous faites. Êtes-vous ou n'êtes-vous pas intimement en accord avec votre conception personnelle d'une vie d'anarchiste ? Si oui, alors ne faites pas attention aux commentaires et insultes des autres et poursuivez sur votre propre voie. Personne n'a le droit de juger votre conduite, même s'il s'avérait que la femme de votre ami ne voie pas ces relations d'un bon œil. Toute femme unie à un anarchiste (ou vice versa), sait très bien qu'elle ne doit pas exercer sur lui, ni attendre de lui, une quelconque domination »53.
Errico Malatesta
Errico Malatesta vers 1920.

Dans le dialogue imaginaire « Au café » (1920), Errico Malatesta (1853-1932) explicite sa conception de l'amour libre : « Croyez-vous qu'il peut exister un amour esclave ? [...] l'amour vrai ne peut exister, ne se conçoit pas sinon parfaitement libre [...] L'adultère, les mensonges de toutes sortes, les haines longuement couvées, les maris qui tuent leurs femmes, les femmes qui empoisonnent leurs maris, les infanticides, les enfants qui grandissent parmi les scandales, les querelles familiales [...] aujourd'hui [...] le monde est un lupanar, parce que les femmes sont fréquemment obligées de se prostituer pour vivre ; parce que le mariage souvent contracté par pur calcul d'intérêt, est toujours pour toute sa durée une union dans laquelle l'amour n'entre pas du tout ou n'entre que comme un accessoire [...] Nous voulons la liberté. Jusqu'à présent, les unions sexuelles ont tellement subi la pression de la violence brutale, de la nécessité économique, des préjugés religieux et des prescriptions légales qu'il n'est pas possible de déduire quel sera le mode de relations sexuelles qui répondra le mieux au bien physique et moral de l'individu et de l'espèce. [...] la propriété commune admise et le principe de la solidarité sociale établi sur de solides bases morales et matérielles, l'entretien des enfants appartiendra à la communauté et leur éducation sera le soin et l'intérêt de tous. Il est probable que tous les hommes et toutes les femmes aimeront tous les enfants : et si, comme je le crois certainement, les parents ont une affection spéciale pour ceux qui sont nés d'eux, ils n'auront qu'à se réjouir en sachant que l'avenir de leurs enfants est assuré et qu'ils ont pour leur entretien et leur éducation le concours de toute la société. »

Pour lui : « Éliminons l’oppression de l’homme sur l’homme, combattons la prétention brutale du mâle de se croire le maître de la femme, combattons les préjugés religieux, sociaux et sexuels ; assurons à tous, hommes, femmes, adultes, enfants, le bien-être et la liberté ; répandons l’instruction, et nous trouverons maintes occasions d’être satisfaits s’il ne reste sur terre, d’autres maux que ceux que crée l’amour. Dans tous les cas, les malheureux en amour pourront trouver une revanche en d’autres plaisirs – tandis qu’aujourd’hui l’amour mélangé d’alcool est l’unique consolation de la plus grande partie de l’humanité. »54
Anarcha-féminisme
Article détaillé : Anarcha-féminisme.
Estudios, février 1930.

L'anarcha-féminisme, qui combine féminisme et anarchisme, considère la domination des hommes sur les femmes comme l'une des premières manifestations de la hiérarchie dans nos sociétés. Le combat contre le patriarcat est donc pour les anarcha-féministes partie intégrante de la lutte des classes et de la lutte contre l'État, comme l'a formulé Susan Brown : « Puisque l'anarchisme est une philosophie politique opposée à toute relation de pouvoir, il est intrinsèquement féministe »55.

À la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, Emma Goldman, Voltairine de Cleyre et Lucy Parsons en sont les principales théoriciennes56.

En Espagne, à partir de 1922, Estudios est à l'avant-garde d'une campagne en faveur de l'éducation sexuelle et de l'émancipation féminine57. Ouverte aux débats sur les sexualités, cette revue éclectique et libertaire aborde le nudisme, l'amour libre et l'éducation sexuelle. Elle a une influence décisive sur la classe ouvrière espagnole en contribuant à faire évoluer radicalement les mentalités58.

Lors de la Révolution sociale espagnole de 1936, l'organisation féminine libertaire59 Mujeres Libres, proche de la Confédération nationale du travail défend à la fois les idées anarchistes et féministes60. Par ailleurs, Federica Montseny, inspirée par Nietzsche et Stirner, pense que « la révolution contre le sexisme devrait venir de femmes futures intellectuelles et militantes. D'après cette conception nietzschéenne, les femmes pourraient réaliser par l'art et la littérature la nécessité de modifier leurs rôles propres »61.
Emma Goldman
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:58

Emma Goldman
Articles détaillés : Emma Goldman et Philosophie politique de Emma Goldman.
Emma Goldman vers 1911.

Infirmière de formation, Emma Goldman (1869-1940) s'est engagée toute sa vie en faveur de la contraception, de l’amour libre, du droit à la libre maternité, de l’homosexualité ou de l’égalité économique hommes-femmes62.

Bien qu'elle soit hostile au féminisme des suffragettes et à ses objectifs en matière de droit de vote des femmes, elle s'est battue passionnément pour la liberté des femmes, et elle est aujourd'hui reconnue comme l'inspiratrice de l'anarcha-féminisme, qui s'oppose au patriarcat comme à une domination à combattre au même titre que l'État ou le capitalisme63.

Elle est une pionnière de l'éducation des femmes à la contraception, qu'elle définit comme une « étape de la lutte sociale ». Comme de nombreuses féministes de son époque, elle voit l'avortement comme une conséquence tragique de la misère sociale et la contraception comme une alternative émancipatrice. Elle est aussi une fervente militante de l'amour libre et une opposante radicale au mariage.

Si le système des maisons closes et des proxénètes constitue la prostitution illicite, le mariage relève de la prostitution licite13. En 1896, dans L’anarchisme et la question sexuelle, elle écrit : « Toutes les unions artificielles qui ne sont pas consacrées par l’amour relèvent de la prostitution, qu’elles soient sanctionnées ou non par l’Église et la société. De telles unions ne peuvent avoir qu’une influence dégradante à la fois sur la morale et la santé de la société »64.

Elle juge les premières féministes bourgeoises bridées par les forces sociales du puritanisme et du capitalisme. Elle écrit : « Ce qu’il nous faut, c’est nous dégager des vieilles traditions, des habitudes désuètes, puis aller de l’avant. Le mouvement féministe n’a accompli que le premier pas dans cette direction. Il faut espérer qu’il gagnera assez de force pour en faire un second. Le droit au vote, aux capacités civiques égales peuvent constituer de bonnes revendications, mais l’émancipation réelle ne commence pas plus à l’urne qu’à la barre. Elle commence dans l’âme de la femme. [...] par sa régénération intérieure [...] le droit le plus vital c’est celui d’aimer et d’être aimée. Si l’émancipation féminine partielle doit se transformer en une émancipation complète et véritable de la femme, c’est à condition qu’elle fasse litière de la notion ridicule qu’être aimée, être amante et mère, est synonyme d’être esclave ou subordonnée. Il faut qu’elle se débarrasse de l’absurde notion du dualisme des sexes, autrement dit que l’homme et la femme représentent deux mondes antagonistes. »65

En 1897, elle écrit : « Je réclame l'indépendance de la femme, son droit à gagner sa vie ; de vivre pour elle-même ; d'aimer qui elle veut et autant de personnes qu'elle veut. Je réclame la liberté pour les deux sexes, liberté d'action, liberté d'aimer et liberté d'enfanter »66. À un journaliste qui lui demande « Est-ce qu’une personne peut en aimer plusieurs en même temps ? », elle répond : « Je ne vois pas pourquoi pas – s'ils trouvent les mêmes qualités qu’ils aiment dans plusieurs personnes. Qu’est-ce qui pourrait les empêcher d’aimer les mêmes choses dans tous ? [...] Si nous cessons d’aimer l’homme ou la femme et que nous trouvons quelqu’un d’autre, comme je l’ai dit avant, nous en parlons et nous changeons tranquillement notre mode de vie. Les affaires privées de la famille n’ont pas besoin d’être exposées dans les tribunaux et ne deviennent pas publiques. Personne ne peut contrôler les sentiments, c’est pourquoi il ne devrait pas y avoir de jalousie. »67

Dans son essai sur l'école moderne, elle a également traité des questions de l'éducation sexuelle. Elle s'élève contre le fait que « Les éducateurs connaissent également les résultats sinistres et démoniaques de l'ignorance en matière sexuelle. Pourtant, ils n'ont ni assez de compréhension ni d'humanité pour casser les barrières que le puritanisme a construit autour du sexe. Si au cours de l'enfance on apprenait aux hommes et aux femmes une belle camaraderie, cela neutraliserait la condition hyper-sexualisée des uns et des autres et aiderait l'émancipation des femmes bien plus que toutes les lois sur leur statut et leur droit de vote »68.
Madeleine Vernet.
Madeleine Vernet

À la même époque, en France, Madeleine Vernet (1878-1949) pose les mêmes questions : « Si vous défendez avec tant d’ardeur les droits politiques de la femme, c’est que vous voyez pour celle-ci la libération de son esclavage sexuel, je me permets de vous poser une question : « Quand la femme sera électeur et éligible, le problème de la prostitution sera t-il résolu ? » Et j’entends bien, n’est-ce pas, la prostitution sous toutes ses formes. [...] En carte ou sans carte, soumises ou insoumises, connues ou inconnues, nombreuses sont les femmes qui doivent, pour vivre, avoir recours à la prostitution. Depuis la mondaine que des revers de fortune firent déchoir dans le demi-monde, jusqu’à l’ouvrière qui subit les exigences d’un patron ou d’un contremaître pour sauvegarder l’emploi qui assure le pain à ses petits ; depuis la jeune fille riche qui se vend au mariage pour racheter une faute jusqu’à la pauvre jeune fille que cette même faute mènera au ruisseau (pour employer la commune expression), nombreuses, excessivement nombreuses sont les formes de prostitution. »69
Nelly Roussel
Nelly Roussel en 1911.

En 1902, Nelly Roussel (1878-1922) est la première femme à se déclarer en faveur de la contraception, ce qui déclenche d’abord une grande hostilité chez les féministes70.

Elle écrit dans Le Libertaire en 1904 : « Nul n’est plus que moi – vous le savez peut-être – partisan de l’union libre. Mais « union libre » n’est pas malheureusement synonyme de « union illégale ». L’union véritablement libre – basée uniquement sur l’amour et n’ayant point d’autre raison d’être que lui, – l’union idéale que nous rêvons et que nous travaillons de toutes nos forces à rendre un jour réalisable, cette union-là n’existe pas, ne peut pas exister actuellement pour la femme, – ou tout au moins pour la plupart des femmes. Car, vous le savez aussi bien que moi, il n’est guère de métier où elle ne puisse, même par le travail le plus acharné, subvenir complètement à ses besoins et à ceux de ses enfants. Et ce qui fait son esclavage, ce sont moins peut être les chaînes légales, l’injurieux article du Code lui prescrivant l’obéissance, que la nécessité où elle se trouve, neuf fois sur dix, de recourir à un homme qui l’aide à vivre et qui souvent abuse de sa situation pour l’humilier et l’asservir. Mariage régulier, union illégitime, ou « galanterie »... au fond, c’est toujours la même chose pour la femme, toujours la même situation, aussi périlleuse qu’humiliante : livrer son corps à l’homme en échange du pain quotidien. Si l’amour se glisse au foyer, c’est par hasard et par exception. Eh bien, c’est cela que nous ne voulons plus ! »71
Mujeres Libres
Article détaillé : Mujeres Libres.
Mujeres Libres, 1938.

En avril 1936, Lucía Sánchez Saornil, Mercedes Comaposada et Amparo Poch y Gascón fondent Mujeres Libres (« Femmes Libres »), la première organisation féministe autonome prolétarienne en Espagne. Son but est de mettre fin au « triple esclavage des femmes : l’ignorance, le capital et les hommes ». Si quelques-unes des fondatrices exercent des professions libérales, la large majorité de ses membres (20 000 environ en juillet 1937) est issue des classes ouvrières. Les femmes de Mujeres Libres visent à la fois à surmonter les obstacles de l’ignorance et de l’inexpérience qui les empêchent de participer en tant qu'égales à la lutte pour une société meilleure, et à combattre la domination des hommes au sein même du mouvement libertaire72.

La militante Anna Delso décrit cette démarche : « La capacité d’organisation des femmes me laisse stupéfaite. Plusieurs d’entre elles ont un rôle prépondérant dans leur syndicat, CNT, et font partie en même temps du comité d’autogestion de leur usine. Elles se trouvent au même niveau d’égalité que les hommes dans une société non hiérarchisée. C’est une transformation totale et radicale de la vie sociale. Les femmes espagnoles en avaient tant besoin ! Elles se sont débarrassées de l’esclavage que leur imposaient le clergé, le mari, le père, les frères et tous les autres. À tous ceux qui nous disent : Oui, nous sommes d’accord avec vos revendications de femmes, mais il faut laisser tout cela pour après, car votre attitude peut créer des divisions. Nous leur répondons : Pour après quoi ? C’est maintenant ou jamais ! [...] Leurs idées sont une chose et leur femme et leur famille autre chose. Leur femme est à eux, intouchable. Comme les abeilles vont de fleur en fleur, eux peuvent aller de femme en femme. Et ils trouvent ça très naturel, mais ils ne peuvent accepter qu’une femme puisse en faire autant. La sempiternelle devise de la femme, bonne mère, bonne épouse, fidèle et obéissante, doit changer »73.

L'organisation se bat sur deux fronts : pour la libération des femmes et pour la révolution sociale. Dans l'Espagne révolutionnaire des années 1936-1937, les Mujeres Libres s'opposent au sexisme de leurs camarades militants et elles veulent s'émanciper du statut marginal qui leur est réservé au sein d'un mouvement libertaire qui prétend abolir la domination et la hiérarchie. Pour elle, l'émancipation des femmes est inséparable de l'émancipation sociale. Si pour les anarchistes, les moyens mis en œuvre dans la lutte révolutionnaire inspirent la société future, elles affirment que l'égalité des femmes ne suivra pas automatiquement la révolution sociale si elle n'est pas mise en pratique immédiatement. Mujeres Libres prépare les femmes à des rôles de meneuses dans le mouvement anarchiste, elle organise des écoles, des groupes de parole réservés aux femmes, tout ceci afin que les femmes puissent acquérir l'estime de soi et la confiance en leurs capacités.

Mujeres Libres publie un journal éponyme où est abordé l'éducation sexuelle, définie selon les termes de l'époque, comme « la connaissance du fonctionnement physiologique de notre organisme, plus spécialement l'aspect eugénique et sexologique ». À Barcelone, l'association est à l'origine de la création de la Casa de la dona treballadora et de la campagne en faveur de la réinsertion des prostituées dans les Liberatorios de prostitucion. La prostitution est fermement combattue. Leur but n'est pas de l'aménager mais de l'éradiquer, en rendant les femmes économiquement indépendantes et en réalisant une profonde révolution sociale et morale. Elles se désolent d'ailleurs de voir nombre de leurs camarades hommes fréquenter les maisons de passe74.
Amparo Poch y Gascón
Amparo Poch y Gascón

Amparo Poch y Gascón, docteure en médecine et propagandiste de la liberté sexuelle est une des trois fondatrices des Mujeres Libres. Dans La Vie sexuelle de la femme (1932), elle incite les femmes à s'épanouir par l'amour libre et la pratique de la bisexualité. Elle est responsable, en 1936, des Liberatorios de prostitución, maisons destinées aux prostitués, où elles peuvent recevoir des soins de santé, de la psychothérapie et une formation professionnelle pour leur permettre d'acquérir une indépendance économique par des moyens socialement acceptables. En décembre 1937, elle est responsable d'un lieu d'échange et d'éducation pour les femmes nommé Casal de la Dona Treballadora75.
Lucía Sánchez Saornil.
Lucía Sánchez Saornil

Lucía Sánchez Saornil est une des trois fondatrices des Mujeres Libres. Elle est ouvertement lesbienne76. Dès son plus jeune âge, elle écrit de la poésie et est associée au mouvement littéraire des ultraïstes. En 1919, elle a déjà été publiée dans de nombreux journaux comme Los Quijotes, Tableros, Plural, Manantial et La Gaceta Literaria. Grâce à son pseudonyme masculin, elle peut explorer des thématiques lesbiennes77 à une époque où l'homosexualité est criminalisée, sujette à la censure et à la répression.
Paulette Brupbacher.

Profondément déçue par les préjugés chauvinistes des républicains, elle se ligue avec deux camarades, Mercedes Comaposada et Amparo Poch y Gascón pour former Mujeres Libres en avril 1936. Elle rejette le point de vue, dominant chez les anarchistes, que l'égalité des sexes découlera naturellement d'une société sans classes.
Paulette et Fritz Brupbacher

Dans les années 1920, en Suisse, à Zurich, Paulette Brupbacher78 et Fritz Brupbacher79, tous les deux médecins, liant activité professionnelle et engagement politique libertaire, luttent pour la liberté sexuelle, la contraception, le droit à l'avortement et l'émancipation des femmes.
Elise Ottesen-Jensen

En 1933, la féministe anarcho-syndicaliste Elise Ottesen-Jensen fonde en Suède, la Fédération pour l'éducation sexuelle. Elle résume son combat en une phrase : « Je rêve du jour où chaque enfant né sera le bienvenu, où hommes et femmes seront égaux et vivront leur sexualité dans la passion, le plaisir et la tendresse »80.
Lesbiennes, gays, bisexuels
Articles détaillés : LGBT, Queer et Front homosexuel d'action révolutionnaire.
John Henry Mackay, homosexuel et anarchiste.

Aux yeux de beaucoup, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du mouvement libertaire, l'accent mis sur les libertés individuelles par l'anarchisme le lie, tout naturellement, avec les revendications d'égalité portées par les mouvements revendiquant une libre homosexualité.

John Henry Mackay (1864-1933), rédige la seule biographie de référence sur Max Stirner et est à l'origine d'une vaste diffusion des idées individualistes libertaires. Sous le nom de plume Sagitta, il publie de nombreux essais sur « l'amour grec » ou « l'amour sans-nom ».

En 1923, Emil Szittya écrit dans Das Kuriositäten-Kabinett que « de nombreux anarchistes ont cette tendance. Ainsi, j'ai trouvé à Paris un anarchiste hongrois, Alexander Sommi, qui a fondé un groupe anarchiste homosexuel sur la base de cette idée ».

Cette conception est confirmée, en 1914, par Magnus Hirschfeld dans son livre Die Homosexualität des Mannes und des Weibes : « Dans les rangs d'un parti relativement petit, celui des anarchistes, il me semble qu'il y a proportionnellement plus d'homosexuels et d'efféminés que ce que l'on peut trouver dans les autres ».

L'anarchiste italien Luigi Bertoni (que Szytta pensait aussi être homosexuel), note que « les anarchistes demandent la liberté en tout, donc aussi dans la sexualité. L'homosexualité mène à une conception saine de l'égoïsme, pour lequel tout anarchiste devrait se battre »81.

L'écrivain anarcho-syndicaliste Ulrich Linse affirme à propos d'une « figure marquante de la scène berlinoise individualiste-anarchiste vers 1900 », le « précoce Johannes Holzmann » (connu sous le nom de Senna Hoy (de)) : « en partisan de l'amour libre, [Hoy] célébrait l'homosexualité comme un « sommet de la culture » et s'engage dans une lutte contre le Paragraphe 175 » qui criminalise l'homosexualité masculine en Allemagne, de 1871 à 199482. Le jeune Senna Hoy (1882-1914) publie, dès 1902, ses conceptions dans son hebdomadaire Der Kampf, qui est diffusé à 10 000 exemplaires l'année suivante83.

L'anarchiste et psychothérapeute allemand Otto Gross a également beaucoup écrit sur l'homosexualité chez les hommes et chez les femmes et argumenté contre les discriminations84.
Adolf Brand, activiste anarchiste homosexuel
Adolf Brand et Der Eigene
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:58

Adolf Brand et Der Eigene

Der Eigene (L'unique) est la première publication régulière homosexuelle au monde, éditée en langue allemande à Berlin, de 1896 à 1932, sous la direction d'Adolf Brand (1874-1945). Le titre, Der Eigene, est une référence explicite à l'ouvrage L'Unique et sa propriété du philosophe Max Stirner. Ce dernier influence profondément le jeune Brand qui est séduit par le concept stirnerien de « Selbsteigentum ». Der Eigene compte environ 1 500 abonnés.

Outre des poèmes d'Adolf Brand, on compte parmi les collaborateurs : Benedict Friedlaender, Hanns Heinz Ewers, Erich Mühsam, Kurt Hiller, Ernst Burchard, John Henry Mackay, Theodor Lessing, Klaus Mann, Thomas Mann, Wilhelm von Gloeden et Sascha Schneider.

Individualiste libertaire, influencé par les théories de John Henry Mackay, Adolf Brand est à l'origine membre du Comité scientifique humanitaire de Magnus Hirschfeld, mais s'en sépare en 1903, pour créer la Gemeinschaft der Eigenen, la « Communauté des spéciaux ». Dans ce nouveau groupe, l'amour entre hommes est considéré comme un des attributs de la virilité. Le groupe rejette les théories « médicales » de Hirschfeld qui définit l'homosexualité comme un « sexe intermédiaire »85.

En 1933, après l'arrivée au pouvoir des nazis, la maison d'Adolf Brand est mise à sac : l'ensemble de ses archives aurait été confisqué par Ernst Röhm et Der Eigene est interdit de parution.
Homophobie
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:58

Homophobie

En dépit de ces positionnements favorables, le mouvement libertaire de cette époque n'est pas exempt d'homophobie.

En 1935, l'éditorial d'un journal espagnol affirme ainsi qu'un anarchiste ne doit pas se fréquenter d'homosexuels, et encore moins en être un : « Si vous êtes un anarchiste, cela signifie que vous êtes moralement supérieur et physiquement plus fort que l'homme moyen. Et celui qui aime les invertis n'est pas un homme véritable, ce qui implique qu'il n'est pas non plus un véritable anarchiste »86.
Époque contemporaine
Daniel Guérin
Daniel Guérin, sans doute dans les années 1920.

Daniel Guérin (1904-1988), est un écrivain révolutionnaire français, anticolonialiste, militant de l'émancipation homosexuelle et théoricien du communisme libertaire87. À partir des années 1950, il s'émancipe du marxisme-léninisme pour élaborer une synthèse marxiste libertaire qui valorise l'individualisme tout en rejetant le capitalisme.

Ouvertement bisexuel, il dénonce les discriminations dont sont victimes les minorités sexuelles, y compris dans les milieux de la gauche radicale.

En 1955, il publie Kinsey et la sexualité88, ouvrage où il détaille l'oppression spécifique subie en France par les homosexuels : « Les plus sévères [critiques] émanent de milieux marxistes qui ont tendance à gravement sous-estimer la variété d’oppression de l’homme par l’homme qu’est le terrorisme antisexuel. Je m’y attendais d’ailleurs et je savais, en publiant mon livre, que je m’exposais au risque de me mettre à dos ceux desquels je me sens le plus proche sur le plan politique »89.

En 1965, après son coming out, il s'exprime sur l'homophobie qui domine à gauche pendant la deuxième moitié du XXe siècle, « l'incompréhension voire l'homophobie de la plupart des « gauchistes » – leur conception petite bourgeoise de la sexualité. L'attitude était beaucoup plus libérale à l'égard de l'homosexualité dans les années 1920-1930, l'hypocrisie se rencontrant alors beaucoup plus chez les bourgeois que chez les prolétaires. Depuis ces derniers ont été conditionnés par les idées bourgeoises. »90.

En 1975, il écrit : « Il n'y a pas tellement d'années se déclarer révolutionnaire et s'avouer homosexuel n'étaient pas choses compatibles. Quand je suis entré en 1930 dans le mouvement social il n'était pas question de s'y risquer, ni même d'aborder impersonnellement un sujet aussi scabreux. [...] J'étais affligé encore d'une autre vulnérabilité. Dans les mouvements syndicaux et politiques auxquels je participais, j'avais une propension à me situer toujours à leur extrême-gauche [...] Il eût été insensé d'ajouter à ces lourds handicaps une charge supplémentaire : celle de m'intéresser aux partenaires de mon sexe, qu'il s'agît de jeunes ouvriers sans conscience de classe ou, plus grave encore, de militants dont certains rayonnaient d'une juvénilité dont il fallait soigneusement cacher à quel point elle m'était attirante. »91.

Il évoque, la personnalité de Louis Aragon « arrimé à l'hétérosexualité comme au stalinisme par Elsa, son mauvais génie, devait se protéger d'un autre malfaisant sectarisme, celui du Parti communiste, hystériquement intransigeant sur le plan des « bonnes mœurs » et qui ne tolérera les extravagances amoureuses d'Aragon que beaucoup plus tard, quand Elsa ne sera plus là pour le détourner des garçons et que l'évolution de la société post-soixante-huitarde aura enfin fait voler en éclats le tabou. »92

Ses textes sur la libération sexuelle sont alors censurés dans certains journaux de gauche93.

Daniel Guérin s'implique dans les événements de Mai 68 en France et prend une part active à la création du mouvement de libération homosexuelle qui émerge dans les années suivantes. En 2000, Frédéric Martel le qualifie de « grand-père du mouvement homosexuel français »94.
Mai 68 et le Mouvement du 22-Mars
Articles détaillés : Mai 68, Mouvement du 22-Mars et Hippie.
Symbole Peace and love.

Dans les années 1960, le mouvement hippie est un promoteur de l'amour libre au point que l'expression lui est souvent associée : « Peace and love ». La sexualité, en particulier, n'y est plus perçue uniquement comme moyen de reproduction.
Daniel Cohn-Bendit en 1968.

En France, l'un des éléments déclencheurs des événements de Mai 68 est le Mouvement du 22-Mars, largement influencé par les libertaires, qui conjugue son opposition à la guerre du Vietnam avec des revendications de « vie quotidienne » et de liberté sexuelle (possibilité pour les étudiants de se rendre, après 22 heures, dans les chambres des filles de la résidence universitaire).

L'affaire démarre le 29 mars 1967, lorsque 60 étudiants décident de manière spontanée d'investir un des pavillons de la cité universitaire réservé aux étudiantes : les jeunes filles ont le droit d'accéder au bâtiment des garçons mais l'inverse est interdit. Le doyen fait appel aux forces de l'ordre. Cernés par la police, 25 étudiants maintiennent l'occupation pendant une semaine. Une « liste noire » est dressée : des étudiants contestataires que les professeurs sont invités à refuser à leurs cours, parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit qui se voit notifier une demande de quitter le territoire. Les étudiants de ce qui allait devenir le Mouvement du 22-Mars passent une année à diffuser leurs idées sur la liberté sexuelle et sur les « névroses » qu'induit le manque de liberté dans ce domaine. En janvier 68, Cohn-Bendit interpelle François Missoffe, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui inaugure la nouvelle piscine de Nanterre, sur son livre blanc sur la jeunesse : « Monsieur le ministre, j’ai lu votre Livre blanc sur la jeunesse. En trois cents pages, il n’y a pas un seul mot sur les problèmes sexuels des jeunes. » à quoi le ministre répond : « Avec la tête que vous avez, vous connaissez sûrement des problèmes de cet ordre. Je ne saurais trop vous conseiller de plonger dans la piscine. – Voilà une réponse digne des Jeunesses hitlériennes. » répond Cohn-Bendit95.
Les années 1970 et le Front homosexuel d'action révolutionnaire
Articles détaillés : Mouvement de libération des femmes et Front homosexuel d'action révolutionnaire.
Un tract du FHAR de 1971.

Le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) est un mouvement parisien et autonome, fondé en 1971, issu d'un rapprochement entre des féministes lesbiennes et des activistes gays. On a pu y voir Guy Hocquenghem, Christine Delphy, Françoise d'Eaubonne, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Laurent Dispot, Hélène Hazera, Jean Le Bitoux, René Schérer, Patrick Schindler.

Le FHAR est connu pour avoir donné une visibilité radicale au combat gay et lesbien dans les années 1970 dans le sillage des soulèvements étudiants et prolétaires de 1968, qui ne laissent que peu de place à la libération des femmes et des homosexuels. En rupture avec les anciens groupes homosexuels moins virulents, voire conservateurs, il revendique la subversion de l'État « bourgeois et hétéropatriarcal », ainsi que le renversement des valeurs jugées machistes et homophobes des milieux de gauche et d'extrême gauche.

Selon Patrick Schindler : Sans se revendiquer comme leaders, l’écrivain et coauteur avec Félix Guattari de Trois milliards de pervers, Guy Hocquenghem et l’écrivaine et cofondatrice du MLF, Françoise d'Eaubonne sont les deux principales figures qui animent le mouvement. Lors des réunions aux Beaux-Arts, on croise également la chercheuse du CNRS, Christine Delphy, spécialisée dans le féminisme et les questions de genre, l’écrivain communiste libertaire Daniel Guérin ou encore René Schérer, le philosophe fouriériste proche de Gilles Deleuze et de Michel Foucault. Fort de cette « petite armée » intellectuelle mais pacifique, en avril 1971, le FHAR participe à la rédaction du journal mao-spontex Tout ! et obtient un quatre pages où le mouvement a la possibilité de s’exprimer librement. Le groupe décide, entre autres, de publier un manifeste inspiré de celui des 343 salopes avorteuses, avec un préambule choc : « Nous sommes plus de 343 salopes. Nous nous sommes fait enculer par des Arabes. Nous en sommes fiers et nous recommencerons. »96

L'aspect outrageant pour les autorités des rencontres sexuelles (masculines) qui s'y déroulent, et la prédominance numérique des hommes qui augmente de plus en plus (ce qui occulte inévitablement petit à petit les questions féministes et les voix des lesbiennes) ont fini par amener à la scission du groupe. Sont alors apparus les Groupes de libération homosexuelle et les Gouines rouges au sein du Mouvement de libération des femmes.
Alex Comfort

En 1972, le pacifiste libertaire britannique Alex Comfort se fait connaître dans le contexte de la révolution sexuelle grâce à son best-seller, le manuel sexuel The Joy of Sex.
Actualités

À New York, Queer Fist fait son apparition en tant que « groupe d'action de rue anti-assimilationiste, anti-capitaliste, anti-autoritaire, constitué pour produire une action directe et une parole radicale queer et transidentitaire aux manifestations de la Republican national Convention (RNC) »97.
De jeunes anarcha-féministes citant Emma Goldman lors d'une manifestation contre la mondialisation en 2000.

L'anarcha-féminisme continue sous de nouvelles formes comme le collectif bolivien Mujeres Creando, le collectif Ainsi Squattent-Elles ! au Québec ou le squat espagnol Eskalera Karakola.

Parmi les auteurs et théoriciennes anarcha-féministes contemporains, on trouve Germaine Greer, L. Susan Brown et l'écoféministe Starhawk.

La question de l'amour libre est l'objet d'un traitement spécifique dans le travail du philosophe postanarchiste, Michel Onfray, dans des ouvrages comme Théorie du corps amoureux : pour une érotique solaire (2000) ou L'invention du plaisir : fragments cyréaniques (2002).

En 2009, apparaît un groupe Anarkink, dont le but est de remettre en question l'opinion au sein du mouvement anarchiste que le Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme est quelque chose de « bizarre » et de créer un espace sûr pour les anarchistes intéressés98.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:59

Amour libre et libéralisme

En 2008, le Secrétariat Antipatriarcat de l'organisation Alternative libertaire précise : « En tant que féministes, libertaires et anticapitalistes, nous revendiquons une révolution sexuelle qui ne confondent pas libéralisme et amour libre. Il ne peut donc y avoir de véritable révolution sexuelle sans remise en cause des rapports économiques d’exploitation. Cette révolution suppose aussi une remise en cause de toutes les formes de hiérarchie afin que soient possibles des relations entre individus libérés des rapports de domination. Enfin, elle suppose une éducation libertaire à une sexualité qui permette d’accepter une pluralité de formes de relations amoureuses et sexuelles délivrées du machisme. »103
Opposition à la prostitution

En 2009, deux militantes de la Fédération anarchiste, Hélène Hernandez et Élisabeth Claude publient Anarchisme, féminisme, contre le système prostitutionnel où elles précisent : « Nous espérons que nos propos (...) rendront le patriarcat – et le système prostitutionnel – plus compréhensible et surtout plus insupportable, (...) qu’ils contribueront (...) à l’élaboration de la société sans domination à laquelle aspirent toutes et tous les anarchistes. (...) Comment pourrions nous concevoir que cette société maintienne le système prostitutionnel ? »104
Articles connexes
Graffiti, Paris, 2012.

Union libre
Néomalthusianisme
Contrôle des naissances
Planification familiale
Margarethe Faas-Hardegger
Marie Equi

Bibliographie

Émile Armand, La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse, 1934, éditions La Découverte, 2009, (ISBN 2-355-22010-7).
Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, 1967, Gallimard, 1992, (ISBN 978-2070326860), texte intégral.
Thierry Lodé, La guerre des sexes chez les animaux, Odile Jacob, 2007, (ISBN 978-2-7381-1901-Cool, notice.
Michel Brix, L'Amour libre. Brève histoire d'une utopie, Éditions Molinari, 2008, (ISBN 978-2-914958-93-6).
Raoul Vaneigem, ORLAN, Raphaël Enthoven, Unions mixtes, mariages libres et noces barbares, Éditions Dilecta, Paris, 2010 (ISBN 978-2-916275-66-6).
Gaetano Manfredonia, Francis Ronsin, Émile Armand et « la camaraderie amoureuse » - Le sexualisme révolutionnaire et le combat contre la jalousie, communication présentée à l’atelier Amour libre et mouvement ouvrier, Socialisme et sexualité, Institut international d'histoire sociale, Amsterdam, 6 octobre 2000, texte intégral.

Articles

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Francis Dupuis-Déri, Les anarchistes et la prostitution : perspectives historiques, Genre, sexualité et société, no 9, printemps 2013, texte intégral.
Céline Beaudet, D'une théorie de l'amour libre à la mise en pratique de l'union libre. Les « milieux libres » anarchistes (France, 1900-1914), in Les socialistes et le mariage, Laboratoire de Démographie historique de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), 5 octobre 2006, texte intégral.
Yannick Ripa, Le genre dans l'anarcho-syndicalisme espagnol (1910-1939), Clio, Histoire‚ femmes et sociétés, no 3, 1996, texte intégral.
Anne Steiner, Les militantes anarchistes individualistes : des femmes libres à la Belle Époque, Amnis, revue de civilisation contemporaine de l'Université de Bretagne occidentale, 8/2008, texte intégral.
Petra de Vries, Le socialisme libertaire hollandais et la prostitution à la fin du XIX siècle, journée d’étude Socialisme et sexualité, 5 octobre 2001, Dijon, Université de Bourgogne, texte intégral.
Jean-Louis Guereña, Anarchisme et sexualité en Espagne jusqu’en 1939, Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, 2|2015, lire en ligne, DOI:10.4000/ccec.5591.

Document vidéo

Juan Gamero, Vivir la utopía (Vivre l'utopie), 96 min., TV Catalunya, 1997, voir en ligne.

Liens externes

Secrétariat Antipatriarcat, Pour une révolution sexuelle, féministe, libertaire et anticapitaliste, Alternative libertaire, 7 mars 2008, lire en ligne.

Notes et références

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↑ Iain McKay, Anarchist FAQ / What is Anarchism ? / What is Anarcha-Feminism ?, 12 septembre 2014, Wikibooks, texte intégral [archive].
↑ Daniel Guérin (communiste libertaire et fondateur, avec entre autres Christine Delphy et Françoise d'Eaubonne, du Front homosexuel d'action révolutionnaire) en livre une critique acerbe dans son texte Proudhon, un refoulé sexuel, in Essai sur la révolution sexuelle après Reich et Kinsey, Paris, Belfond, 1963, texte intégral [archive].
↑ Kristian Williams. « The Soul of Man Under... Anarchism? » [archive].
↑ Selon son biographe Neil McKenna, Oscar Wilde faisait partie d'une organisation secrète visant à légaliser l'homosexualité, et était connu dans ce groupe en tant que leader de «la Cause» (McKenna, Neil. 2003. The Secret Life of Oscar Wilde.)
↑ Dictionnaire des anarchistes : Louise Michel [archive].
↑ André Joucla-Ruau, Mélanges à la mémoire d'André Joucla-Ruau, vol. 1, Éditions de l'Université de Provence, 1978, page 214 [archive].
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↑ Femmes et anarchistes, recueil de textes de Voltairine de Cleyre et Emma Goldman, Éditions BlackJack, préf. Émilie Notéris, traduction de l’anglais (États-Unis) Léa Gauthier, Yves Coleman, Marco Sylvestro, Anna Gruzynski, Jean René David, Les Presses du réel, 2014, notice éditeur [archive].
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↑ Emma Goldman, Marriage and Love, dans Alix Kates Shulman, Red Emma Speaks : An Emma Goldman Reader, Schocken Books, N.Y., 1982, p. 204-13.
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↑ Jacqueline Lalouette, La Libre-pensée en France, 1848-1940, Albin Michel, 2001, texte intégral [archive].
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↑ Frédéric Martel, Le rose et le noir. Les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Seuil, 2000, p. 46, lire en ligne [archive].
↑ Le « dialogue » est rapporté par Hervé Hamon, Patrick Rotman, Génération, tome 1, Les années de rêve, Paris, Seuil, 1987, p. 401.
↑ Patrick Schindler, « Que reste-t-il du FHAR, quarante ans après ? », Le Monde libertaire, no 1639,‎ 9 juin 2011 (lire en ligne [archive]).
↑ Queer Fist blog [archive]
↑ http://anarchistbdsm.wordpress.com/ [archive]
↑ The Boston Anarchist Drinking Brigade, An Anarchist Defense of Pornography, Anarchy : A Journal of Desire Armed, n°35, hiver 1993, texte intégral [archive].
↑ Wendy McElroy, XXX : A Womanʼs Right to Pornography, chap. 1, Pornography As an Industry, 1995, (ISBN 0-312-13626-9), texte intégral [archive].
↑ a et b Fuck For Forest at A-Kongress [archive]
↑ a et b Gabriel Kuhn, Statement on the Controversy at the Anarchist Congress in Berlin, avril 2009, texte intégral [archive].
↑ Secrétariat Antipatriarcat, Pour une révolution sexuelle, féministe, libertaire et anticapitaliste, Alternative libertaire, 2008, lire en ligne [archive].
↑ Hélène Hernandez, Élisabeth Claude, Anarchisme, féminisme, contre le système prostitutionnel, Éditions du Monde libertaire, 2009, note critique [archive] sur prostitutionetsociete.fr, notice éditeur [archive].

Source de la traduction

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Anarchism and issues related to love and sex » (voir la liste des auteurs).

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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:59

Satsuma (薩摩国; -no Kuni) ou Sasshū (薩州) était une ancienne province japonaise située sur l'île de Kyūshū, dans l'actuelle préfecture de Kagoshima. Durant l'ère Sengoku, le clan Shimazu établit la base de sa puissance sur la capitale du fief Kagoshima.

En 1871, les provinces de Satsuma et Ōsumi furent combinées pour former la préfecture de Kagoshima.

La province était connue pour sa production de patates douces, appelées au Japon satsuma imo (薩摩芋?), et de mandarines.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 10:59

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 11:00

Tomoe Gozen (巴 御前?, littéralement Dame Tomoe, 1161?-1184 ou 1247?) est l'une des rares[réf. nécessaire] femmes samouraï de toute l'histoire du Japon. Tout comme Benkei, sa vie a été à tel point utilisée et distordue dans les légendes populaires qu'il est aujourd'hui impossible de distinguer la vérité de la légende.

Biographie

Tomoe Gozen combattit auprès de son mari (ou amant, selon les sources) Minamoto no Yoshinaka1 au cours de la guerre de Gempei, et ses exploits sont relatés dans le grand roman guerrier concernant cette guerre, le Heike Monogatari. Si beaucoup de femmes de l'époque savaient manier la naginata, Gozen était réputée être un samouraï de haut niveau, douée pour l'équitation, le tir à l'arc et le kenjutsu2. On dit d'elle qu'elle était sans peur et très douée dans la bataille. Très respectée par les hommes, elle était l'un des principaux capitaines de Yoshinaka durant la guerre, et mena ses troupes au combat.

Après avoir repoussé les Taira dans les provinces de l'ouest, Yoshinaka prit Kyoto et commença à intriguer pour prendre le contrôle du clan Minamoto, allant même jusqu'à kidnapper l'ex-empereur Go-Shirakawa. Le chef du clan, son cousin Minamoto no Yoritomo, envoya alors ses troupes contre le rebelle, sous le commandement de ses frères Yoshitsune et Minamoto no Noriyori. La confrontation finale eut lieu le 21 février 1184 à la bataille d'Awazu. Les troupes de Yoshinaka combattirent bravement, mais furent largement dépassées par le nombre. Quand Yoshinaka vit sa fin arriver, n'ayant plus que quelques soldats debout, il dit à Gozen de fuir au lieu de se faire tuer par Yoritomo.

Ce qui advint ensuite de Gozen n'est pas clair. Une version dit qu'elle resta et mourut à ses côtés. D'autres qu'elle a été vue fuyant le champ de bataille en emportant une tête (peut-être celle de Yoshinaka, à moins que ce fut celle d'un ennemi). La suite est encore moins certaine : certaines versions prétendent qu'elle se jeta dans l'océan avec la tête, alors d'autres la font survivre et devenir religieuse bouddhiste voire qu'elle se serait remariée.
Postérité

De par le caractère si inhabituel de sa vie, elle est devenue une légende qui elle-même s'est diversifiée en de nombreuses versions contradictoires, ce qui augmente encore son intérêt aux yeux des Japonais, certaines légendes allant même jusqu'à dire qu'elle était la réincarnation d'une déesse des rivières (voir infra le chapitre "Dans la culture populaire contemporaine").
Dans la culture populaire contemporaine
Tomoe Gozen sur son destrier, et tenant sa naginata (arme d'hast féminine par tradition)

Dans la série en deux épisodes Riverworld : le monde de l'éternité sorti en 2009, Tomoe Gozen est jouée par l'actrice Jeananne Goossen.

Références

↑ Modes of Address [archive], Nihon Zatsuroku
↑ Nussbaum, Louis Frédéric et al. (2005). "Tomoe Gozen" in 'Japan Encyclopedia, p. 984. sur Google Livres

Voir aussi

Heike monogatari

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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 11:00

Benkei (弁慶), de son nom complet Saitō Musashibō Benkei (西塔武蔵坊弁慶) (1155-1189), est un sōhei (moine-guerrier) et un yamabushi de l'ère Heian qui fut un compagnon de Minamoto no Yoshitsune. Il est généralement décrit comme un homme très fort (il était censé mesurer plus de 2 mètres) et très loyal et est l'un des sujets favoris du folklore japonais. Sa vie a été tellement utilisée et distordue dans le kabuki et le théâtre nô qu'il est aujourd'hui impossible de distinguer la vérité de la légende.

Jeunesse

Les histoires varient considérablement au sujet de la naissance de Benkei. Certaines disent que son père était un dirigeant de sanctuaire qui avait violé sa mère, fille d'un forgeron. D'autres affirment qu'il a été créé par un dieu du temple. Beaucoup lui donnent les attributs d'un démon, un enfant monstrueux avec des cheveux rebelles et de longues dents. Son nom d'enfance est censé avoir été Oniwaka (鬼若), soit « l'enfant du démon ».

Il rejoint le cloître à un jeune âge et fait de nombreux voyages dans les monastères bouddhistes du Japon qui, à cette époque, étaient d'importants centres d'administration et de culture, et possédaient des armées privées de moines-guerriers. Comme beaucoup d'autres moines, Benkei fut probablement entraîné dans l'art de la guerre. À l'âge de 17 ans, il quitte le monastère bouddhique et rejoint les yamabushi, une secte de moines montagnards reconnaissables à leurs manteaux noirs (au Japon, Benkei est souvent représenté avec ce costume).
Rencontre avec Yoshitsune
"Yoshitsune et Benkei regardant des fleurs de cerisier", par Yoshitoshi Tsukioka, 1885

Au début, il est dans le Mont Hiei. Mais à cause de sa violence, il est renvoyé. Il rase sa tête et il change son nom en Musashibou Benkei. Après cela, il va à Shikoku,puis à la Province de Harima. Là-bas, il répète ses excès de violence et met le feu au temple Engyō-ji du Mont Shosha.

Finalement,Benkei va à Kyōto et se lance le défi de prendre leur sabre à mille hommes. Il se poste sur le pont de Gojō, où il attaque tous les hommes d'armes qu'il croise, collectionnant ainsi neuf cent quatre-vingt-dix-neuf sabres. À son millième duel, Benkei est vaincu par Minamoto no Yoshitsune, un membre du clan Minamoto: Yoshitsune arrive en jouant de la flûte ; Benkei essaie de lui prendre son sabre, mais Yoshitsune esquive en sautant avec beaucoup de légèreté.
Vassal de Yoshitsune

Après cela, Benkei devient le vassal de Yoshitsune et se bat à ses côtés contre le clan Taira durant la guerre de Gempei. Yoshitsune a à son crédit la majeure partie des victoires du clan Minamoto durant la Guerre de Genpei et spécialement la bataille navale décisive de Dan-no-ura. Après la fin de la guerre, Yoshitsune rejoint la cour de l'empereur retiré Go-Shirakawa, et lorsque les relations se dégradent entre l'ancien empereur et le frère aîné de Yoshitsune, Minamoto no Yoritomo, ce dernier se retourne contre lui.

Durant les deux ans d'épreuves suivants, Benkei accompagne Yoshitsune, à présent hors-la-loi, et l'aide à se cacher dans sa fuite. Par exemple, pour franchir de la barrière de Ataka dans la Province de Kaga, Benkei frappe avec son bâton Yoshitsune déguisé en porteur afin de prouver qu'il est son serviteur et non son maître.

Finalement Yoshitsune est encerclé en 1189 à la bataille de Koromogawa. La légende raconte comment Benkei, transpercé de dizaines de flèches, combat jusqu'à la fin, et meurt debout, restant figé dans cette position même après sa mort.
Postérité
Statues de de Yoshitsune et Benkei

L'honneur et la loyauté de Benkei font de lui l'une des personnalités les plus populaires du folklore japonais. Sa légende fut notamment racontée dans des gunki-mono tels que Heike Monogatari, le Gempei Seisuiki, le Gigei-ki et le Benkei Monogatari. Il fut également sujet de nombreuses pièces de théâtre nô et de kabuki.

Dans une pièce de kabuki, Benkei est placé dans un dilemme moral, pris entre le mensonge et la protection de son seigneur, dans le but de passer un pont. Le moment critique de la pièce est lorsque le moine réalise sa situation et prie pour faire ce qu'il doit. Dans une autre pièce, Benkei va jusqu'à tuer son propre enfant pour sauver la fille d'un seigneur. Dans la pièce de kabuki Kanjinchō (filmé par Akira Kurosawa dans Les hommes qui marchèrent sur la queue du tigre), Benkei doit battre son propre maître, déguisé en porteur, pour éviter de révéler son déguisement.

Parallèlement à la littérature, les légendes orales se sont multipliées à propos de Benkei, tant au Japon qu'en Russie. On raconte que Benkei et son maître Yoshitsune, après avoir séjourné à Hiraizumi, dans la région de Tōhoku, auraient gagné secrètement la Russie, où leurs traces se seraient perdues. Dans d'autres versions, Yoshitsune serait devenu Gengis Khan.

En 2013, sur leur album Arts Martiens, les membres du groupe IAM lui rendent hommage dans une chanson titrée « Benkei et Minamoto ».
Benkei dans la culture japonaise et mondiale

personnage du jeu de combat Blood Warrior, développé par Kaneko.
personnage du jeu de carte Katana.
Histoire de Benkei, traduit du japonais par René Sieffert, Presses Orientales de France, 1995.
Benkei et Minamoto, morceau hommage du groupe de rap français IAM sortie en 2013 sur l'album Arts Martiens
Benkei, le samuraï armé, monstre du jeu de cartes Yu-Gi-Oh.

Référence

Sur les autres projets Wikimedia :

Benkei, sur Wikimedia Commons

(fr) Louis Frédéric, Le Japon, dictionnaire et civilisation, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996, 1419 p. [détail des éditions] (ISBN 2-221-06764-9)

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MessageSujet: Re: (侍, samurai, ou bushi (武士) ou Y'becca et Ninja.   Jeu 29 Sep à 11:00

e général Yevgraf Jivago recherche la fille de son demi-frère, Youri Jivago, et de Lara Antipova. Il convoque une jeune femme, Tanya Komarova, qu'il pense être la personne recherchée, sa propre nièce. Yevgraf l'interroge, mais la jeune femme ne se rappelle plus son enfance, ni l'identité de ses parents. Le général entame alors le récit de l'histoire de son demi-frère.

Youri perd sa mère alors qu'il n'est encore qu'un petit enfant. Il est recueilli par des amis de sa mère, Alexandre et Anna Gromeko, et grandit avec leur fille Tonia à Moscou. Le seul héritage de sa mère est une balalaïka, instrument dont cette dernière jouait avec virtuosité.

En 1913, bien des années plus tard, Youri est devenu étudiant en médecine et poète. Une manifestation pacifique se transforme en bain de sang à Moscou ; des gens du peuple tombent sous les sabres des cavaliers cosaques venus rétablir l'ordre. Parmi les contestataires se trouve Pavel Antipov, jeune révolutionnaire idéaliste, surnommé "Pacha" et fiancé à Lara. Blessé au visage dans l'échauffourée, il court vers elle pour lui demander des soins et en profite pour lui faire garder un pistolet récupéré par terre. Lara est une jeune et belle femme, ce qui lui vaut l'attirance de Victor Komarovsky, l'amant de sa mère. C'est un homme plus âgé et influent qui soutient les libéraux, favorables à des réformes limitées du régime tsariste. La mère de Lara tente de se suicider lorsqu'elle découvre la liaison perverse entre son amant et sa fille. Komarovsky, découvrant sa femme gisant sur le lit, fait appel à son ami docteur, qui se trouve être le professeur de Youri. Le docteur et Youri, son élève, parviennent à sauver la mère et promettent de ne rien révéler à Lara. Quand Komarovsky apprend les intentions de mariage de Lara avec Pasha, il essaie de l'en dissuader, puis la viole. En état de choc, elle tente de le tuer avec le revolver de Pasha en pleine réception pour le réveillon de Noël. Elle tire sur Komarovsky, ce qui ne le blesse que légèrement au bras. Celui-ci demande alors aux policiers de ne pas poursuivre Lara, de peur que celle-ci ne révèle les outrages de Komarovsky. Ainsi Lara quitte la salle, escortée de Pasha, Komarovsky se fait rapidement soigner par Youri. Lara et Pasha se marient et ils ont une fille prénommée Katya.

La Première Guerre mondiale éclate puis la guerre civile entre rouges et blancs. Youri est réquisitionné par le parti ouvrier social-démocrate de Russie pour soigner les blessés de l'armée impériale russe. Pasha est laissé pour mort au cours d'une charge héroïque contre les forces allemandes. Sur le front Youri retrouve Lara, engagée comme infirmière volontaire pour retrouver son mari : ils soignent ensemble les blessés dans un hôpital militaire. Dans la difficile épreuve de la guerre vue de l'arrière, Lara et Youri tombent amoureux. Mais Youri reste fidèle à Tonia, avec laquelle il vient de se marier.

Après la fin du conflit, Jivago retourne à Moscou auprès de son beau-père, sa femme et son fils Sacha et trouve sa maison partagée avec des prolétaires souffrant de disette, du froid et du typhus. Ses poèmes, jugés anti-communistes, mettent Youri en danger. Yevgraf, qui est dans la police, le sauve d'une confrontation et organise un voyage vers l'Oural dont Youri est originaire et où il a une maison, afin que sa famille soit à l'abri de la répression bolchevik.

Pendant le voyage en wagon à bestiaux, Youri est confronté à la misère et la violence de la guerre civile. Il rencontre alors fortuitement Pasha devenu le général bolchevik Strelnikov (personnage inspiré par Léon Trotski). Celui-ci est toujours marié à Lara, mais il ne l'a pas vue depuis le début des conflits. Il sait cependant qu'elle habite dans la ville (fictive) de Youriatine, occupée par les forces de l'armée blanche. Arrivés à Varykino, Youri et Tonia découvrent que la maison de famille a été réquisitionnée par les rouges. Youri, Alexandre et Tonia s'installent alors dans le pavillon d'à côté, où ils vont mener une vie paisible, vivant des récoltes du jardin.

Plus tard, Youri retrouve Lara qui vit avec sa fille à Youriatine, la bourgade voisine. L'attirance qu'ils éprouvent l'un pour l'autre refait surface et ils deviennent amants. Dans une scène avec Katya, une allusion est faite à l'endoctrinement des enfants par le nouveau régime vis-à-vis du tsarisme.

Lorsque Tonia tombe enceinte, Youri renonce à sa relation adultère et rend visite à Lara pour y mettre un terme. Sur le chemin du retour, il est capturé par les partisans communistes et doit les accompagner pour servir de médecin, sans avoir la possibilité d'avertir les siens.

Au bout de deux années, Youri réussit enfin à s'échapper dans une tempête de neige. Après une longue et difficile traversée du désert blanc de Russie, c'est presque mort de froid que Youri retrouve Lara. Elle lui indique que sa famille est partie pour Moscou et qu'elle vivra à Paris dans un proche avenir. Lara et Youri renouent leur relation dans la petite maison de la bourgade d'Youriatine. Komarovsky réapparaît et annonce au couple que la Tchéka les menace tous les deux : Lara pour son mariage avec Strelnikov, détesté du gouvernement, et Youri pour sa désertion et ses poèmes contre-révolutionnaires. Komarovsky propose alors son aide et, jouant de ses relations, un moyen de fuir la Russie par l'est. Les deux amants refusent et repoussent Komarovsky dans le froid glacial de l'hiver russe.

Croyant tout de même aux avertissements de Komarovsky, Lara et Youri repartent s'installer à Varykino, dans la maison autrefois réquisitionnée par les révolutionnaires. Youri commence la rédaction de ses poèmes pour "Lara", ce qui lui attirera la sympathie du peuple mais aussi la défaveur du gouvernement. Komarovsky refait irruption, annonce que Strelnikov a été arrêté peu de temps auparavant et qu'il s'est suicidé. De ce fait, Lara est en danger de mort car la Tchéka ne l'avait épargnée que pour attirer Strelnikov à elle. Komarovsky propose une seconde fois au couple de s'échapper avec lui vers la Mongolie ; le couple accepte cette fois-ci. Au moment de partir, Youri prétexte un manque de place dans les traineaux pour rejoindre Lara et le convoi plus tard. Ce qu'il ne fera pas ; Youri est résolu à affronter son destin, ne pouvant suivre un homme qu'il méprise.

Quelques années plus tard, pendant la période stalinienne, les deux demi-frères se retrouvent à Moscou. Youri est malade et physiquement affaibli. Lors d'un trajet dans le tramway, il aperçoit une femme dans la rue qui ressemble fortement à Lara. Il sort du tramway pour l'interpeller, mais ne parvient pas à crier assez fort ; il meurt d'une crise cardiaque en pleine rue. Ses funérailles rassemblent beaucoup de monde car ses poèmes ont gagné le cœur du peuple. Lara vient à Moscou et retrouve Yevgraf, pour qu'il l'aide à retrouver sa fille, perdue dans le tumulte de l'occupation de la Mongolie par la Chine. Elle ne la retrouvera pas à Moscou, malgré l'aide dévouée de Yevgraf. Lara disparaît ensuite, probablement déportée ou exécutée dans le cadre de la Grande Terreur.

Le film retourne alors aux années cinquante, dans le poste de garde du barrage hydroélectrique. Yevgraf suppose que Tonia est la fille de Lara et de Youri et présente à Tonia une photo de Youri ; mais celle-ci reste sceptique sur la véritable identité de son père. Yevgraf fait promettre à Tonia qu'elle y réfléchira à l'avenir.

En partant, Tonia remet sur son dos une balalaïka, instrument dont la mère de Youri jouait quand il était enfant et qui l'accompagna durant toute sa vie.
Production

Le producteur Carlo Ponti se fait céder les droits du roman de Boris Pasternak pour le compte de la MGM. Il en confie la réalisation à David Lean. C'est une superproduction dont le coût s'éleva à 16 millions de dollars de l'époque (1965), soit environ 137 millions de 2012. Le film est tourné en grande partie en Espagne (et au Canada et en Finlande) où Lean fait construire un des plus prodigieux décors de cinéma. Maniant l'ampleur épique et le raffinement psychologique, le film obtient un immense succès (5 oscars). Il demeure célèbre pour la splendeur des décors et des costumes, ainsi que pour la mélodie et la musique d'accompagnement de Maurice Jarre.
Fiche technique

Titre original : Doctor Zhivago
Titre : Le Docteur Jivago
Réalisation : David Lean
Réalisation (seconde équipe) : Roy Rossotti
Scénario : Robert Bolt, d'après le roman Le Docteur Jivago de Boris Pasternak
Direction artistique : John Box, Terence Marsh
Costumes : Phyllis Dalton
Décors : Dario Simoni
Photographie : Frederick A. Young et Nicolas Roeg
Photographie (seconde équipe) : Manuel Berenguer, Desmond Dickinson
Cadreurs : Ernest Day et Alex Thomson (non crédité)
Montage : Norman Savage
Musique : Maurice Jarre
Production : David Lean, Carlo Ponti
Production déléguée : Arvid L. Griffen
Société de production : Drapeau : États-Unis Metro-Goldwyn-Mayer, Drapeau : Italie Carlo Ponti Cinematografica, Vaduz Sostar S.A.
Société de distribution : Metro-Goldwyn-Mayer
Pays : Drapeau des États-Unis États-Unis, Drapeau de l'Italie Italie
Genre : mélodrame historique
Durée : 197 minutes
Dates de sortie :
Drapeau des États-Unis États-Unis : 22 décembre 1965
Drapeau de la France France : 7 décembre 1966

Distribution

Omar Sharif (VF : André Oumansky) : Docteur Youri Jivago
Julie Christie (VF : Nadine Alari) : Larissa Antipova ("Lara")
Geraldine Chaplin (VF : Michèle André) : Tonia Jivago
Rod Steiger (VF : André Valmy) : Victor Komarovsky
Alec Guinness (VF : Jacques Thébault) : Général Yevgraf Jivago (demi-frère)
Tom Courtenay (VF : Marc Cassot) : Pavel Antipov ("Pacha") / Strelnikov
Siobhan McKenna (VF : Micheline Dax) : Anna
Ralph Richardson (VF : Abel Jacquin) : Alexandre Gromeko
Rita Tushingham (VF : Arlette Thomas) : Tonya Komarova
Klaus Kinski (VF : Jacques Thébault) : Kostoyed Amourski (l'anarchiste dans le train)
Geoffrey Keen (VF : Jean Martinelli) : Le médecin professeur
Lucy Westmore : Katya
Peter Madden : L'officier politique
José Nieto (non crédité) : Un prêtre
Jack Mac Gowran : (VF: Maurice Chevit) Pépia le domestique

Distinctions
Récompenses

Oscars 1966 :
meilleur scénario adapté : Robert Bolt
meilleure création de costumes dans un film en couleur : Phyllis Dalton
meilleure direction artistique dans un film en couleur : John Box, Terry Marsh et Dario Simoni
meilleure musique de film : Maurice Jarre pour le thème musical Lara's Theme (La Chanson de Lara)
meilleure photographie dans un film en couleur : Freddie Young
Golden Globes 1966 :
Golden Globe du meilleur réalisateur pour David Lean
Golden Globe du meilleur scénario pour Robert Bolt
Golden Golbe du meilleur acteur dans un film dramatique pour Omar Sharif

David di Donatello de la meilleure production étrangère en 1967

Nominations

Oscars 1966 :
meilleur film
meilleur réalisateur : David Lean
meilleur son : A. W. Watkins et Franklin Milton
meilleur acteur dans un second rôle : Tom Courtenay
meilleur montage : Norman Savage
BAFTA 1967 :
meilleur film
meilleur acteur : Ralph Richardson
meilleure actrice : Julie Christie

Autour du film
Question book-4.svg

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Geraldine Chaplin et Omar Sharif
Un ticket pour une projection du film au cinéma Empire Leicester Square à Londres.

Lors de la scène dans laquelle Omar Sharif et ses compagnons tentent de hisser une femme à bord du train en marche, une rumeur prétend que l'actrice et cascadeuse (Lili Murati) passa sous le train. Il semble bien qu'il ne s'agisse que d'une rumeur. Le bonus du DVD du 40e anniversaire y fait cependant écho : cet accident est relaté par Géraldine Chaplin et le commentaire indique que David Lean prenait des nouvelles chaque jour de la victime pendant le tournage2,3,4.
Pour lui donner un physique plus "russe", les maquilleurs étirèrent les yeux d'Omar Sharif avec du sparadrap.
Dans la version française, Omar Sharif est doublé par André Oumansky. En effet Sharif ne pouvait imposer son accent franco-égyptien à un personnage russe.
Soucieux du détail, David Lean exigea que les costumes et même les sous-vêtements soient conformes aux modèles d'époque.
Le producteur Carlo Ponti, qui avait acheté les droits du roman, voulait que sa femme, Sophia Loren, obtienne le rôle de Lara. David Lean a refusé en déclarant qu'elle était trop grande pour le rôle.
David Lean avait d'abord choisi Peter O'Toole pour le rôle de Jivago mais celui-ci a refusé, déclarant que l'expérience de Lawrence d'Arabie, également réalisé par Lean, avait été exténuante pour lui. Un conflit entre les deux personnes éclata et n'a jamais été réglé par la suite.
Omar Sharif avait demandé à David Lean de lui donner le rôle de Pavel Antipov. Il fut le premier surpris lorsqu'il obtint le rôle-titre.
Le premier choix de David Lean pour le rôle de Komarovski avait été Marlon Brando mais celui-ci n'a pas daigné répondre à son invitation. James Mason a accepté de le jouer mais D. Lean a finalement décidé de ne plus le prendre car il le croyait peu apte à dominer le caractère de Jivago. Rod Steiger fut donc embauché.
Rod Steiger a passé douze mois sur le tournage. Il est l'un des seuls acteurs américains du film.
L'acteur qui joue Jivago enfant est Tarek Sharif, le fils d'Omar.
Le premier choix de David Lean pour le rôle de Tonya a été Audrey Hepburn mais il a été tellement impressionné par la prestation de Geraldine Chaplin lors de l'audition qu'il l'a aussitôt engagée.
Alec Guinness et David Lean se disputaient souvent sur le plateau, chacun critiquant le travail de l'autre.
L'intérieur de la maison tout en glace a été fait principalement en cire.
Le tournage a pris plus de 10 mois car D. Lean voulait saisir les différentes saisons dans l'histoire. Le problème fut que l'Espagne connut un hiver très doux cette année là, ce qui entraîna de sérieux retards. Il fallut fabriquer de la neige en plastique pendant l'été. Les acteurs devaient se refaire maquiller très souvent à cause de la sueur.
Le film a été presque entièrement tourné en Espagne, notamment à Canfranc, mais aussi en Finlande et dans la province de l'Alberta au Canada5. Les monts Oural que l'on y aperçoit sont en réalité les Pyrénées.
La réplique de Moscou a été construite en banlieue de Madrid. Elle comprenait une grande rue de 800 mètres avec un tramway et un viaduc, une réplique miniature du Kremlin et 60 magasins et maisons entourant une grande place.
4 000 jonquilles ont été importées des Pays-Bas et plantées à proximité de la montagne de Soria où était situé le domaine de Jivago.
Dans la scène où Julie Christie gifle Rod Steiger, celui-ci la gifle à son tour. Cette seconde gifle n'était pas dans le script et la surprise de Christie en la recevant est réelle.
Lorsque Rod Steiger donne un baiser à Julie Christie pour la première fois, celle-ci se débat pour de vrai car Steiger l'a délibérément embrassée en mettant sa langue dans sa bouche.[réf. nécessaire]
C'est seulement en 1994 que le film a été montré pour la première fois en Russie.
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