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 Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort

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yanis la chouette



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MessageSujet: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:19

Dès ses origines, l'anarchisme a joué un rôle important dans la promotion de l'amour libre.

À la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, au sein du mouvement libertaire se développe un courant important en faveur de l'union libre, avec l'émergence de l'éducation sexuelle, l'affirmation de l'anarcha-féminisme et des mouvements en faveur des droits des lesbiennes, gays et bisexuels.


http://la-5ieme-republique.actifforum.com
http://leclandesmouettes.bbflash.net/f1-le-clans-des-mouettes
http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/veme-republique/

Pour Maïmonide

  « Par la raison, l’homme distingue le vrai du faux et ceci a lieu dans toutes choses intelligibles »

— Guide des Égarés, 1re partie, chap. 2, Verdier

Le bon et le mauvais, le beau et le laid ne ressortent pas de l’intelligible, du rationnel, mais de l’opinion, du probable.

Tant qu’Adam possédait parfaitement et complètement la connaissance de toutes choses connues et intelligibles, il n’y avait en lui aucune faculté qui s’appliquât aux opinions probables et même il ne les comprenait pas (ibidem). Le bien et le mal n’existaient même pas ; seules existaient les choses intelligibles et nécessaires. La perte de cette connaissance parfaite de toutes choses intelligibles dont lui faisait bénéfice sa fusion avec Dieu fait accéder Adam à un état nouveau, un monde différent :

  les choses lui sont connues autrement que par la raison,
  la façon dont il les connaît relève de l’opinion contingente qu’il s’en fait : elles sont belles ou laides, bonnes ou mauvaises.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le Revenant

Comme les anges à l’œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit ;

Et je te donnerai, ma brune,
Des baisers froids comme la lune
Et des caresses de serpent
Autour d’une fosse rampant.

Quand viendra le matin livide,
Tu trouveras ma place vide,
Où jusqu’au soir il fera froid.

Comme d’autres par la tendresse,
Sur ta vie et sur ta jeunesse,
Moi, je veux régner par l’effroi.

Charles Baudelaire
Les Fleurs du Mal
-----------------------------------------------------------------------------------
Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Baudelaire
Les Fleurs du Mal
---------------------------------------------------

La paléontologie des atomes peut elles d'étudier dans l'espace !(?). Eh bien oui, par le reflet de la masse, par des variations chimiques et de volumes de l'environnement. Le temps d'une ombre magnétique laisse une empreinte dans la matière et le volume ! Il demeure une empreinte invisible en luminosité mais repérable par une variation chimique ou par une anomalie quelquonque crée par un phénomène antérieure à la composition chimique présente: J'appelle cela une odeur chaotique ou un reflet temporelle.

écrit de
TAY la chouette effraie


Dernière édition par yanis la chouette le Lun 26 Sep à 10:46, édité 1 fois
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:20

Le proxénétisme est une activité consistant à tirer profit de la prostitution d'autrui ou à la favoriser. Dans la plupart des pays du monde, cette activité est illégale.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t124-le-proxenetisme-le-president-et-le-lion-de-belfort
Les proxénètes (ou souteneurs), familièrement appelés « maquereaux » ou « maques » pour les hommes, maquerelles pour les femmes, déformation de l'ancien français marfaux, sont taxés de nombreux noms d'oiseaux dans le milieu.

Encadrement légal

Les législations varient en ce qui concerne la légalité des intermédiaires de la prostitution : se prostituer, être client ou être proxénète.

Les établissements engagés dans l’esclavage sexuel ou possédés par le crime organisé sont la cible des fortes actions pour l'application des lois contre le proxénétisme. La police intervient aussi fréquemment sur plaintes des résidents locaux, souvent dirigées contre la prostitution de rue.

Dans la plupart des pays où la prostitution est illégale, au moins certaines formes sont tolérées.

Encadrement international

En 1949, les Nations unies ont adopté une convention dite « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui »1 établissant que la prostitution est incompatible avec la dignité humaine[réf. nécessaire], demandant à toutes les parties prenantes de punir le proxénétisme, les opérateurs et possesseurs de maisons closes[réf. nécessaire] et d'abolir tous les traitements spéciaux d'enregistrement des prostitués[réf. nécessaire].

La convention a été ratifiée par 80 pays[réf. nécessaire] mais pas par l’Allemagne, les Pays-Bas ni les États-Unis qui n'ont pas participé.

En Afrique
L'Algérie et la Tunisie et le Maroc interdisent et criminalisent le proxénétisme.

En Amérique

Au Canada, voir la décision de la Cour supreme dans l'affaire Bedford qui déclare invalide les trois dispositions parce qu'elles portaient atteinte au droit de la sécurité de la personne garanti à l'article 7 de la Charte Canadienne.

La prostitution n'est pas illégale, mais la sollicitation dans les lieux publics, les « maisons de débauche » et vivre des revenus de la prostitution sont illégaux. La cour supérieure de justice de l'Ontario a invalidé ces trois dispositions sur demande de plusieurs prostitués. Cette décision a été confirmée par la cour d’appel de l’Ontario le 26 mars 20123.

Aux États-Unis, la prostitution est interdite dans la quasi-totalité du pays mais autorisée dans le des maisons closes dans plusieurs comtés du Nevada.

En Asie


Dans Taxi Driver, Harvey Keitel interprète « Sport » Matthew, un proxénète.
Mon homme (1996), de Bertrand Blier, avec Gérard Lanvin.
Terre promise, d'Amos Gitaï (2004).
Le documentaire de la Canadienne Ric Esther Bienstock Esclaves sexuelles retrace le cheminement des victimes depuis le départ de leurs pays, tout en apposant un visage sur cette réalité et en exposant ses conséquences.
La série télévisée belge Matrioshki : Le Trafic de la honte, de Guy Goossens et Marc Punt (2004).
Sex Traffic, de David Yates (2004).
Trafic humain (Human Trafficking, Canada, 2005), qui aborde le monde du proxénétisme et de la traite des blanches.
Taken, film sur le trafic de femmes (2008).
Hommes à louer, de Rodrigue Jean.
Le Mac, film français de comédie, réalisé par Pascal Bourdiaux, sorti en 2010.
Maison close, film français de Canal + Studio, en octobre 2010.
The Immigrant, film américain de James Gray, sorti en 2013. Le personnage de Bruno Weiss, interprété par Joaquin Phoenix, est un maquereau.

Voir catégorie « Prostitution au cinéma »

Notes et références

↑ « daccessdds.un.org/doc/RESOLUTION/GEN/NR0/052/24/IMG/NR005224.pdf » (Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?), consulté le 2013-04-01
↑ Code pénal - Tunisie [archive]
↑ Canada (Attorney General) v. Bedford [archive]
↑ Articles 225-5 et suivants du code pénal [archive].
↑ Voir sur legifrance.gouv.fr. [archive]
↑ Lequel est puni de dix ans d'emprisonnement et de 750 000 euros d'amende.
↑ « Le proxénétisme hôtelier mis à mal passage Sainte-Foy », Le Parisien, 7 février 2001.
↑ Jacques Bichot, « Conséquences économiques de la criminalité : le cas des crimes et des délits qui concernent la famille et la sexualité », Revue française de Criminologie et de Droit Pénal, vol. 6,‎ avril 2016 (lire en ligne [archive])
↑ (en) « Country Report on Human Rights in Bulgaria » [archive], sur www.state.gov, département d'État des États-Unis,‎ 11 mars 2008 (consulté le 31 mars 2010).
↑ [1] [archive]
↑ Fréttir / A new law makes purchase of sex illegal in Iceland [archive] 21.4.2009 Jafnréttisstofa
↑ Boletín Oficial del Estado. [archive]
↑ Voir sur cnrtl.fr. [archive]

En Europe

Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légales et encadrée par des lois.
Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales.
Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) tolérée, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales.
Prostitution illégale — les prostitués sont punis par la loi.
Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostitués.
Pas d'information

En France, le proxénétisme est considéré par la loi comme une atteinte à la dignité de la personne et, à ce titre, il est puni de sept ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende4. Il est défini comme « le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit, d'aider, d'assister ou de protéger la prostitution d'autrui ; de tirer profit de la prostitution d'autrui, d'en partager les produits ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution ». Dans la pratique, tout(e) partenaire de prostitué(e) peut se trouver derrière les barreaux lorsqu'il est incapable de justifier son train de vie, qu’il ou elle ait « exploité » ou non sa compagne / son compagnon5.

Est également puni le « proxénétisme hôtelier », défini comme la mise à disposition d’un local servant à un(e) prostitué(e). Si elle/il exerce chez elle ou chez lui, le/la prostitué(e) peut se retrouver à la rue du jour au lendemain, le propriétaire des lieux étant autorisé à dénoncer le bail pour se couvrir de l’accusation potentielle de proxénétisme hôtelier6. Pour lutter contre la prostitution (légale) dans une rue de sa juridiction, le maire du deuxième arrondissement de Paris a ainsi procédé à la distribution d’une missive « adressée aux cent soixante-neuf propriétaires des logements implantés […] et recensés par le cadastre »7. Destinée en principe à protéger les personnes prostitués, cette loi est utilisée pour les condamner : en cas de colocation ou de sous-location, le législateur n’hésite pas à considérer qu’il y a proxénétisme hôtelier.

En avril 2016, l'économiste Jacques Bichot estime dans son article conséquences économiques de la criminalité publié dans la RFCDP publiée par l'IPJ que le coût du proxénétisme s'élève à 4.9 milliards d'euros en France, une estimation qu'il base sur une estimation de la perte annuelle de capital humain8.

À Amsterdam, la prostitution est légale et des établissements offrent aux clients les services de prostitués, visibles derrière des fenêtres. Dans le cas de personnes de moins de 18 ans se prostituant aux Pays-Bas, être le client ou le souteneur est illégal, mais être la personne se prostituant ne l'est pas, sauf si le client est une personne âgée de moins de 16 ans. Certaines municipalités des Pays-Bas[Lesquelles ?] aimeraient une politique de tolérance zéro contre les maisons closes, sur des bases morales, mais la loi ne le permet pas. Cependant, des réglementations, y compris des restrictions sur le nombre et la localisation, existent.

La prostitution n'est pas illégale en soi en Bulgarie, mais les activités associées (tel le proxénétisme) le sont9.

La prostitution est légale au Danemark[réf. nécessaire], mais il est illégal de profiter de la prostitution [réf. nécessaire]. La prostitution n'est pas régulée comme aux Pays-Bas ; le gouvernement préfère[réf. nécessaire] essayer à travers des services sociaux de sortir les gens de la prostitution vers d'autres carrières [réf. nécessaire], et essaye de diminuer la quantité d'activité criminelle et autres effets négatifs gravitant autour de la prostitution.

En Suède, en Norvège10, en France et en Islande11 les clients sont punis par la loi, mais pas les prostitués.

En Espagne, la publicité de services ou d'établissements dédiés à la prostitution, en horaire protégé, est interdite.

Articles connexes

Articles décrivant les phénomènes liés à la prostitution et à l'esclavage sexuel :
Prostitution | Call-girl | Tourisme sexuel
Esclavage | Esclavage moderne | Traite des Blanches | Femmes de réconfort

Bibliographie

Alphonse Boudard, La Fermeture, la fin des maisons closes, 1986
Jean-Gabriel Mancini, Prostitution et proxénétisme, Presses universitaires de France, 1962, 126 p.
Michel Vincineau, Proxénétisme, débauche ou prostitution depuis 1810, Bruylant, 2006 (ISBN 280272200X et 9782802722007)

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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:21

Le réflexe cutané plantaire ou réflexe de Babinski est un réflexe primitif que l'on recherche chez le bébé par la stimulation de la plante du pied. Normalement, ce réflexe disparaît vers l'âge de 6 mois environ. Sa présence au-delà de cet âge peut indiquer des troubles neurologiques. Chez l'adulte sain, la réaction normale est plutôt de replier les orteils.

Le signe de Babinski (ou signe de Koch) est la réponse en extension dorsale du gros orteil lors de la recherche de ce réflexe cutané plantaire.
Signe de Babinski
Recherche

La jambe est légèrement fléchie sur la cuisse, le pied reposant sur le lit. La recherche se fera par excitation de la plante, partie externe, au moyen d'un objet mousse (non piquant), que l'on promènera d'arrière en avant, du talon vers les orteils. Chez le sujet sain, les orteils se fléchissent.
Réaction anormale

Ce réflexe peut être aboli. Son inversion - au lieu de se faire en flexion, se fait en extension - constitue le signe de Babinski.

Le signe de Babinski est un signe clinique en médecine qui désigne une extension lente, "majestueuse", du gros orteil, par stimulation de la région externe de la plante du pied, inconstamment associée à une abduction des autres orteils (signe de l'éventail de Dupré). Il doit son nom au médecin Joseph Babinski.

Le signe de Babinski est pathognomonique d'une atteinte des voies neurologiques qui relient le cortex moteur aux motoneurones supérieurs (aussi appelés voies pyramidales). Il peut en être la première manifestation.

Le signe de Babinski est, notamment, utilisé pour détecter un problème neurologique lors d'un accident de plongée à l'air dû à une décompression trop rapide.
Notes et références

↑ Marie-France Morel, « Le corps du petit enfant et ses représentations dans l’histoire et dans l’art », in Bébés et cultures sous la direction de Michel Bugnat, Éditions Érès, 2008, p. 23


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Réflexes
Réflexe ostéotendineux · Réflexe de flexion
Bâillement · Rire · Éructation · Éternuement · Gaz · Frissonnement · Hoquet · Nictation · Réflexe cutané plantaire · Réflexe de Pavlov · Réflexe photo-sternutatoire · Réflexe d'immersion chez les mammifères · Sudation · Toux · Vomissement
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:22

Les neurosciences correspondent à l'ensemble des disciplines biologiques et médicales qui étudient les aspects normaux ou pathologiques des neurones et du système nerveux. Le terme Neurosciences est apparu à la fin des années 1960 pour regrouper l'ensemble des avancées réalisées sur ces sujets. Les neurosciences désignent donc un domaine scientifique hétérogène qui regroupe à la fois des sciences biologiques (biologie, biochimie, pharmacologie, anatomie,physiologie, etc.) et des sciences médicales (neurologie, neuropsychologie et psychiatrie). Depuis les années 1990, l'accroissement des connaissances a considérablement transformé le champ et la portée des neurosciences et les seules sciences de la vie ne suffisent plus à répondre aux problématiques qu'apportent ces découvertes. La participation de disciplines variées (physique, mathématiques, statistiques, informatique, sciences cognitives ou encore philosophie) est désormais nécessaire à l'avancée de la recherche dans ce domaine.

Grâce aux apports de toutes ces disciplines, les neurosciences permettent actuellement l'étude pluri- et interdisciplinaire du système nerveux, normal et pathologique, tant au niveau de son fonctionnement moléculaire élémentaire, que dans ses fonctions intégrées les plus élaborées : les émotions, les comportements, la cognition et le psychisme.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:22

Le psychisme est l’ensemble, conscient ou inconscient, considéré dans sa totalité ou partiellement, des phénomènes, des processus relevant de l’esprit, de l’intelligence , de l’affectivité et de la volonté et constituant la vie psychique. Le psychisme est un concept central en psychanalyse et chez Sigmund Freud.

Le terme psyché est parfois employé dans le même sens, particulièrement par Jung et le mouvement de la psychologie analytique.

Dans une autre acception, le mot psychisme désigne un ensemble particulier de phénomènes psychiques formant un tout. Par exemple : le psychisme inconscient, le psychisme animal, le psychisme morbide1.
Notes et références

↑ Paul Foulquié, Dictionnaire de la langue philosophique, PUF 1986[réf. incomplète]

Articles connexes

Théorie historico-culturelle du psychisme
Appareil psychique, Réalité psychique, corps psychique
Infrapsychisme
Sigmund Freud
Psychanalyse
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:23

Chez les animaux, le comportement de reproductionnote 1 correspond à l'ensemble des séquences motrices qui sont exécutées pour mettre en contact les gamètes du mâle avec celles de la femelle, ce qui permet la fécondation et la reproduction de l'espèce.

Le comportement de reproduction est contrôlé par le système nerveux. Plus le système nerveux est simple, plus le comportement est simple et stéréotypé (insectes, annélidess…). Au contraire, plus le système nerveux est complexe, plus le comportement est élaboré (mammifères, et surtout les hominidés).

Chez la plupart des animaux, le comportement sexuel correspond à un comportement de reproduction : grâce à la coordination des hormones, des phéromones et des réflexes sexuels, la fécondation est le but fonctionnel de ce comportement. Chez les mammifères ayant un cerveau très développé (Homo sapiens, chimpanzés, bonobos, orangs-outans, dauphins), la structure cérébrale a évolué et la dynamique fonctionnelle du comportement a été modifiée : le comportement de reproduction devient un comportement érotiquenote 1.

Les études scientifiques récentes montrent que l'organisation neuroanatomique générale des mammifères non-primates (rongeurs, canidés, félidés, bovidés, équidés…) est spécifiquement conçue pour la copulation hétérosexuelle1. En simplifiant, il existe trois grands circuits neurobiologiques : 1) les circuits olfactifs (flèches rouges, schéma ci-dessous), à l'origine de l'excitation sexuelle et de l'orientation sexuelle ; 2) les circuits des réflexes sexuels (lordose, érection, éjaculation… flèches oranges), qui permettent la copulation ; et 3) les circuits des récompenses sexuelles (système de récompense associé au pénis/clitoris – flèches bleues), qui sont impliqués dans les apprentissages sexuels (en particulier de la motivation sexuelle).

En simplifiant, on peut schématiser les principales phases du comportement de reproduction. 1) Les odeurs et surtout les phéromones permettent d'échanger des signaux sexuels entre les éventuels partenaires3. 2) Les circuits olfactifs (flèches rouges) permettent en particulier de reconnaître le partenaire du sexe opposé4,5 et de déclencher l'excitation sexuelle6,7, ce qui induit la lubrification vaginale, l'érection et la copulation. 3) Lorsque le mâle monte la femelle, les stimuli tactiles du mâle sur la croupe de la femelle déclenchent le réflexe de lordose8,9. 4) Les circuits de la lordose (flèches oranges) provoquent la courbure du dos, ce qui permet de bien présenter le vagin au mâle8,9. 5) La présentation du vagin facilite le contact tactile du pénis avec la région génitale, ce qui déclenche les mouvements réflexes du bassin du mâle (poussées pelviennes). Après l'intromission, les mouvements du pénis dans le vagin déclenchent le réflexe d'éjaculation10,11. 6) Les stimulations tactiles du clitoris (et du pénis pour le mâle) durant la copulation remontent jusqu'au cerveau (flèches bleues)12. 7) L'activation du système de récompense induit des apprentissages qui optimisent la copulation, en particulier le développement de la motivation sexuelle13. De plus, des signaux olfactifs, auditifs et visuels perçus au cours de la copulation peuvent devenir par conditionnement des signaux sexuels14, ce qui optimise les signaux phéromonaux innés6. Il existe ainsi, dans l'organisation neurobiologique innée de l'organisme, un véritable comportement de reproduction hétérosexuel chez les mammifères non-primates1,2.

Cet article décrit en détail l'organisation et le contrôle neurobiologique du comportement de reproduction chez les mammifères non-primates. Même s'il existe des circuits innés spécialisés qui provoquent la copulation à la saison de reproduction, toutes les étapes du comportement de la reproduction ne sont pas innées. Quelques apprentissages sont nécessaires, comme la reconnaissance du partenaire de la même espèce et la monte de la femelle par le mâle. C'est l'existence d'une organisation instinctuelle incomplète, nécessitant des apprentissages complémentaires, qui est parfois à l'origine de comportements sexuels non reproducteurs. À titre d'exemple, les processus aboutissants à la copulation entre des espèces différentes sont décrits, afin d'expliquer les raisons « biologiquement normales » qui produisent dans des circonstances particulières des comportements qui peuvent être considérés comme « anormaux » ou « pathologiques ».

Description du comportement de reproduction
Copulation entre une femelle et un mâle chez les félidés
Copulation entre une femelle et un mâle chez les canidés
Copulation entre une femelle et un mâle chez les félidés
Copulation entre une femelle et un mâle chez les éléphantidés

Chez les mammifères non-primates (rongeurs, canidés, ovidés…), le comportement de reproduction, et en particulier la copulation, est relativement stéréotypé. (voir les photographies ci-contre et la video)

Le comportement de reproduction est généralement divisé en deux phases :

la phase motivationnelle, qui correspond au déclenchement de l'excitation sexuelle, puis au rapprochement physique des partenaires,
la phase consommatoire, qui correspond à la copulation.

Phase motivationnelle

La phase motivationnelle permet aux partenaires d'échanger des stimulations adéquates, qui permettent de déclencher l'excitation sexuelle, de reconnaître le partenaire de sexe opposé et d'engager le rapprochement physique des corps.

En général, par exemple chez le rat, on observe les séquences suivantes : le rat mâle effectue une exploration olfactive, puis éventuellement gustative de la femelle, plus particulièrement de sa région génitale. Cette exploration est d'autant plus longue que le rat est sexuellement inexpérimenté. Il se frotte parfois contre la femelle, et passe en dessous ou au-dessus d'elle. Au cours de ces frottements, on observe fréquemment un comportement apparemment de marquage de la femelle par l'urine du mâle. La rate œstrale répond aux stimulations du mâle par un comportement de saut et de fuite. Si le mâle n'est pas assez expérimenté, la femelle peut également prendre l'initiative en poussant les flancs de son partenaire. Durant ces activités, les deux partenaires peuvent émettre des ultrasons. Les stimulations du mâle pendant cette période (tentatives de monte, odeurs, vocalisations) induisent l’apparition de la lordose, la posture copulatoire de la femelle15.
Phase consommatoire

Puis, lors de la deuxième phase du comportement de reproduction, appelée phase consommatoire, le mâle monte par l'arrière sur le dos de la femelle. Durant la monte, le mâle palpe et étreint les flancs de la femelle avec ses pattes antérieures. La femelle est active et manifeste sa réceptivité par l'adoption d'une position de lordose et par l'orientation correcte de sa région génitale, ce qui facilite l'intromission du pénis dans le vagin. Le mâle effectue des poussées pelviennes qui permettent l'intromission du pénis et l'éjaculation. Chez le mâle, l'éjaculation s'accompagne de contractions spasmodiques des muscles squelettiques.

Après la copulation, le mâle procède généralement à une toilette de sa région génitale puis entre dans une période d'inactivité. L'éjaculation est suivie chez le mâle d'une période réfractaire caractérisée par une très faible réceptivité à tout type de stimuli et par un état de veille calme proche du sommeil15.
Facteurs à l'origine du comportement de reproduction

Une étape cruciale dans l'étude d'un comportement est d'identifier, de décrire et d'évaluer l'importance des différents facteurs qui sont : 1) à l'origine du développement de ce comportement, et 2) qui participent à son fonctionnement à l'état adulte.

Pour simplifier, on peut distinguer plusieurs types de facteurs :

les facteurs primordiaux : ceux qui sont les plus importants et qui interviennent avant les autres.
les facteurs innés : ceux qui existent dès l'origine dans l'organisme.
les facteurs acquis : ceux qui sont en général appris au cours des interactions avec l'environnement.

Ces différents facteurs déterminent le développement et la dynamique du comportement de reproduction.
Facteurs innés
Schéma simplifié des circuits neurobiologiques de l'instinct sexuel des mammifères, chez la femelle.

Chez les mammifères non-primates, et en particulier chez les rongeurs, les recherches en neurosciences dans les années 2000 ont permis d'identifier de nombreux éléments innés, tant instinctuels que physiologiques ou autonomes, qui peuvent participer directement et indirectement à la réalisation appropriée du coït vaginal fécondant2 :

les hormones contrôlent le comportement de reproduction par une inhibition saisonnière (la copulation n'a lieu qu'à la saison propice), une inhibition pubertaire (la copulation n'a lieu qu'à la période de maturité des organes reproducteurs), et une inhibition œstrale (la copulation n'a lieu qu'à la période périovulatoire)note 2 ;
les phéromones et les circuits olfactifs (flèches rouges sur le schéma ci-dessus) permettent le déclenchement de l'excitation sexuelle et la reconnaissance du partenaire de sexe opposé ;
les réflexes sexuels (lordose (flèches oranges), érection, poussées pelviennes, éjaculation, ovulation réflexe lors du coït ...) permettent l'exécution motrice du coït vaginal et optimisent la fécondation ;
les récompenses/renforcements (reliés au pénis/clitoris – flèches bleues) permettent le développement de la motivation sexuelle et divers apprentissages qui optimisent la réalisation du comportement de reproduction.

Les hormones sexuelles
Hormones : molécule d'estriol
Hormones : molécule de testostérone

Les hormones, et en particulier les hormones sexuelles, activent, coordonnent et contrôlent la plupart des autres facteurs du comportement de reproduction16.

Les hormones sexuelles ont deux rôles principaux : un rôle organisationnel et un rôle activationnel.

Rôle organisationnel. Au cours du développement, les hormones sexuelles provoquent la différentiation sexuelle de l'organisme en mâle et en femelle. Les différenciations sexuelles du cerveau qui influencent le comportement de reproduction sont situées principalement au niveau de l'amygdale, de la région préoptique, de l'hypothalamus, et de la strie terminale.

Rôle activationnel. À la période de maturité reproductrice, les hormones ont également un rôle d'activation et de contrôle du comportement.

À la puberté, elles activent le comportement de reproduction (facilitation de la motivation sexuelle, facilitation des réflexes sexuels, et synthèse et émission des phéromones sexuelles)17.
Puis, elles exercent un contrôle temporel :
saisonnier : activation du comportement durant la saison propice à la reproduction18 ;
œstral : activation du comportement à la période favorable du cycle physiologique de l'appareil reproducteur femelle (période œstrale) ;
Enfin, elles permettent la coordination du comportement de reproduction avec la physiologie de l'appareil reproducteur.

En conclusion, les hormones sont un facteur majeur du comportement de reproduction.
Les phéromones sexuelles
Phéromones : molécule d'ectocarpène

Chez les mammifères, on trouve à l'intérieur du nez des structures sensorielles innées, spécialisées dans la détection des phéromones sexuelles :

l'organe voméronasal ;
et certaines régions de l'épithélium olfactif.

Les rôles principaux des phéromones sexuelles sont :

de déclencher l'excitation sexuelle (via le système olfactif principal et voméronasal6,7 ;
et de permettre la reconnaissance du partenaire de sexe opposé (orientation sexuelle, via le système voméronasal4,5,19).

Les phéromones permettent la réalisation de la partie initiale du comportement de reproduction, c'est-à-dire l'excitation et le rapprochement physique des partenaires, qui sont les préalables qui vont provoquer les séquences motrices de la copulation.

Remarque importante : les phéromones sont le principal mode de communication des organismes vivants20. Ce qui explique leur importance dans le comportement de reproduction.
Les réflexes sexuels

Chez les mammifères, il existe 3 types de réflexes sexuels innés : moteurs, autonomes et neuroendocriniens.

les réflexes moteurs :
la lordose (voir le schéma ci-dessous)9 et l'immobilisation chez la femelle.
les poussées pelviennes et l'intromission chez le mâle15.
les réflexes autonomes :
la lubrification vaginale chez la femelle.
l'érection21 et l'éjaculation10,11 chez le mâle.
et un réflexe neuroendocrinien :
l'ovulation réflexe, provoquée par le coït22

Lordose. Schéma simplifié des circuits neurobiologiques du réflexe sexuel de lordose, spécifique aux mammifères femelles, et indispensable à la réalisation de la copulation. Ce réflexe sexuel moteur complexe est précablé dans la moelle épinière et reçoit des afférences modulatrices du télencéphale. Légende : a) Noyau préoptique médian ; b) Noyau hypothalamique antérieur ; c) Noyau hypothalamique ventromédian ; d) Formation réticulaire mésencéphalique ; e) Faisceau vestibulo-spinal ; f) Faisceau réticulo-spinal ; g) Racines dorsales L1, L2, L5, L6 et S1. NB: le circuit neural est bilatéral. Le schéma est simplifié pour plus de lisibilité.

Les réflexes sexuels innés permettent la réalisation des séquences finales du comportement de reproduction, c'est-à-dire la copulation, qui est déclenchée principalement par le contact physique des régions génitales.
Les récompenses/renforcements

Le système cérébral des récompenses/renforcements a été découvert par Olds & Milner en 1954. Il est localisé dans l'aire préoptique médiane et surtout dans le noyau accumbens. Les principaux neuromédiateurs de la récompense/renforcement sont la dopamine, les cannabinoïdes endogènes23 et les opioïdes endogènes.

Chez le rat, un stimulus aversif (odeur répugnante), mais couplé avec l'éjaculation, devient appétitif. Ce qui montre, que déjà chez les mammifères les plus simples, les récompenses/renforcements érotiques peuvent être à l'origine de puissants conditionnements qui modifient le comportement sexuel24.

Les récompenses/renforcements provoquent la répétition de l'activité qui a activé ces processus. Ces processus, associés à la peau poilue du corps25, aux zones érogènes, à la copulation26,27 ainsi qu'à l'éjaculation et à l'orgasme28, seraient à l'origine de la répétition de toutes les activités agréables de stimulation du corps et surtout des zones érogènes génitales. Ces processus seraient également, mais indirectement, à l'origine de l'apprentissage de la plupart des séquences non innées du comportement de reproduction1 (voir section “Facteurs acquis” ci-dessous).
Facteurs acquis

En plus de ces facteurs innés, des recherches ont mis en évidence des éléments cruciaux, absolument nécessaires à la réalisation du comportement de reproduction, mais qui eux ne sont pas innés29. Ces éléments, qui sont acquis au cours de la période du développement de l'organisme, sont :

la reconnaissance des congénères (c'est-à-dire pouvoir reconnaître le partenaire de la même espèce) ;
la motivation sexuelle (et en particulier à rechercher le contact physique génital et la copulation) ;
la socialisation sexuelle (c'est-à-dire être capable d'émettre, d'échanger et de comprendre des informations sociales qui permettent le comportement sexuel);
la séquence de la monte, chez le mâle (la capacité à positionner correctement le pénis en face du vagin, pour réussir l'intromission).

On remarque que ces éléments du comportement de reproduction qui nécessitent un apprentissage sont en fait ceux qui seraient les plus difficiles à précabler ou à coder génétiquement. La reconnaissance des congénères, la motivation sexuelle à rechercher le contact physique génital, la socialisation sexuelle et la position de la monte chez le mâle, nécessiteraient en effet l'existence innée de représentations élaborées du corps (de l'individu et de celui du partenaire), qui ne pourraient être codées que dans les régions les plus complexes du système nerveux. En fonction des connaissances neurobiologiques actuelles, le codage inné de telles capacités cognitives est difficilement explicablenote 3.
Images mentales prototypiques. Existe-t-il, codées dans le cerveau, des images mentales prototypiques qui permettraient de contrôler de manière innée les comportements ?

Par exemple, certaines hypothèses sexologiques supposent qu'il existerait des images mentales, simplifiées et prototypiques (voir la figure ci-dessus), qui seraient codées et précablées dans des régions corticales spécialisées (comme le cortex temporal inférieur, qui est spécialisé dans le traitement cognitif des formes). Ces images prototypiques permettraient de contrôler de manière innée les comportements (dans l'exemple ci-dessus, deux images prototypiques indiqueraient au mâle les caractéristiques du congénère femelle et la position de la monte, informations qui lui permettraient de copuler)2.

Mais comment ces images prototypiques, complexes, pourraient-elles être codées dans des régions corticales connues pour être le siège de phénomènes de plasticité, de stabilisation sélective et de réorganisation ? Comment pourrait-on expliquer le contrôle génétique du précablage spécifique et précis des millions d'interconnexions synaptiques vraisemblablement nécessaires au codage de ces formes complexes ?
Images mentales prototypiques, chez l'humain. Comment les éventuelles images mentales prototypiques évolueraient-elles d'une espèce à l'autre ?

Cette hypothèse d'images mentales innées qui guideraient les comportements est encore plus difficile à expliquer dans l'espèce humaine. En effet, comment le précablage de ces images pourrait-il évoluer, d'une ancienne espèce à une nouvelle espèce, de manière à ce que la représentation mentale corresponde toujours à la morphologie du nouvel organisme ? Par exemple, l'homme ayant évolué à partir d'un ancêtre primate, il devrait exister une image prototypique de ce primate originel (voir la figure ci-dessus). Alors comment le codage génétique de l'hypothétique image mentale qui guiderait le comportement de reproduction de l'homme pourrait-il avoir évolué de manière à refléter les nouvelles caractéristiques prototypiques de la morphologie féminine ? Et inversement pour la femme ? En fonction des connaissances actuelles en génétique et en biologie du développement, c'est inexplicable2.

Par contre, en étudiant l'environnement dans lequel se développent les jeunes mammifères, on remarque que toutes ces capacités non innées peuvent être apprises au cours du développement, lors des nombreuses interactions physiques et sociales avec la mère et les congénères30,31. Les données qui montrent que ces capacités ne sont pas innées, ainsi que les arguments expérimentaux qui donnent des indications sur les conditions probables de leur apprentissage, sont détaillées dans les sections ci-dessous.
Reconnaissance des congénères

Comment un animal fait-il pour savoir qu'il doit, pour se reproduire, s'accoupler avec un partenaire de la même espèce ?

Cette capacité de reconnaissance des congénères n'est pas innée. En effet, des animaux élevés dès la naissance par une mère d'une autre espèce (chevreau par brebis et agneau par chèvre) manifestent une attraction sexuelle pour les animaux de leur espèce adoptive et pas pour ceux de leur espèce génétique32. Cette expérience montre qu'il n'existe apparemment pas d'informations innées relatives aux caractéristiques spécifiques des congénères chez les capridés, et, vraisemblablement, chez les autres mammifères.

On remarque d'ailleurs qu'il n'existe aucune nécessité à coder génétiquement ces informations, puisque les caractéristiques morphologiques, olfactives, auditives et visuelles des congénères sont forcément toujours apprises : sauf cas exceptionnel, un nouveau-né est toujours en contact et se développe avec des membres de son espèce. L'apprentissage des caractéristiques des congénères est donc prédéterminé par le contexte du développement et il est toujours effectué.
Socialisation sexuelle

Comment un animal fait-il pour connaître les attitudes et les signaux permettant d'engager un comportement sexuel ?

Cette capacité de socialisation sexuelle, c'est-à-dire l'ensemble des attitudes et des réactions appropriées à l'interaction sociale sexuelle avec les congénères, ne serait pas innée. En effet, on observe que des animaux élevés en isolement social dès la naissance sont incapables d'interactions sociales et sexuelles normales33. Il est d'ailleurs difficile d'expliquer, en fonction des connaissances neurobiologiques actuelles, de quelle manière toutes les capacités sensorielles, émotionnelles et cognitives nécessaires aux interactions sociales et sexuelles appropriées peuvent être programmées dans le système nerveux.

La socialisation sexuelle est apprise au cours des nombreux et fréquents jeux sociaux qui sont pratiqués quotidiennement par les jeunes mammifères durant toutes les années de leur développement34. Ces activités ludiques sont fréquemment répétées car elles procurent des récompenses, en particulier durant la période du développement35.
Motivation sexuelle

D'où provient la motivation d'un animal à copuler ?

Cette motivation sexuelle à rechercher le contact physique génital ne serait pas innée. En effet, quels sont les processus neurobiologiques qui provoquent l'attirance réciproque d'un mâle et d'une femelle puis qui provoquent la copulation ?

En fonction des connaissances disponibles en 2014, on peut expliquer la reconnaissance du partenaire et l'état d'excitation sexuelle par les phéromones et les hormones. En schématisant, les phéromones sexuelles permettent la reconnaissance du partenaire4,5 et l'induction d'un état d'excitation sexuelle36,37,38,6, par des connexions entre les récepteurs olfactifs et certaines structures cérébrales (amygdale, hypothalamus, neurones à gonadolibérine qui contrôlent les hormones sexuelles7,39).

Mais, une fois que le mâle et la femelle sont dans un état d'excitation sexuelle (lubrification vaginale, érection…) – c'est-à-dire un état cérébral et génital favorable au déclenchement de différentes actions physiologiques ou motrices – quels sont les processus qui vont les amener à la copulation ?

On peut envisager qu'il existerait des connaissances, des représentations ou des séquences motrices innées, spécifiques du coït vaginal. Mais aucune donnée actuelle ne permet de prouver ni même d'expliquer comment des phénomènes cognitifs aussi complexes que des connaissances ou des représentations spécifiques à la copulation peuvent être codés dans les cortex associatifs (voir la figure images prototypiques ci-dessus)29. Quant aux séquences motrices innées, les seules actuellement connues sont les réflexes sexuels (lordose, intromission…) qui permettent la réalisation de la partie finale de la copulation.

En récapitulant, les processus innés connus expliquent l'excitation sexuelle des animaux, la reconnaissance du partenaire de sexe opposé, et, seulement si les animaux parviennent à mettre en contact leurs organes génitaux, les réflexes innés permettront d'exécuter les séquences successives de la copulation (intromission, mouvements rythmiques, éjaculation). Mais il manque une motivation innée, spécifique à rechercher la copulation, puis à positionner correctement le pénis et le vagin, puis à commencer le coït vaginal.
Description des principaux circuits neurobiologiques innés qui contrôlent l'apprentissage de la motivation sexuelle chez les mammifères femelles non-primates.

Néanmoins, plusieurs expériences suggèrent que cette motivation particulière est acquise durant le développement, grâce en particulier aux récompenses génitales. En effet, il existe des connexions neurales entre les récepteurs somatosensoriels génitaux, les récepteurs olfactifs aux phéromones et le système de récompense40 (voir sur le schéma ci-dessus les circuits moteur et olfactif qui sont reliés au noyau accumbens et au pallidum – cf. les flèches "sensations génitales" et "informations phéromonales"). Les phéromones sexuelles activent le système de récompense41 et induisent des apprentissages42. Les stimulations corporelles, en particulier au niveau des zones génitales, procure également des récompenses cérébrales12,13. Durant les mois ou les années que dure le développement, les milliers de contacts corporels postnatals avec la mère et avec les autres nouveau-nés, et en particulier le léchage génital43,44,30, ainsi que les jeux sexuels avec les autres congénères et l'exploration régulière phéromone-dépendante de la région génitale des congénères33, induisent le développement graduel d'une motivation sexuelle à rechercher des stimulations génitales45.

Cette motivation sexuelle acquise est ensuite fortement potentialisée à la puberté sous l'effet des hormones sexuelles, vraisemblablement par une action modulatrice de la testostérone, dans la région préoptique, sur les enzymes contrôlant la synthèse des neuromédiateurs impliqués dans les processus sexuels46. Puis la répétition des copulations et des récompenses sexuelles induit l'apprentissage et le développement d'une motivation sexuelle qui va devenir spécifique du vécu particulier de chaque animal14.
Séquence motrice de la monte

Comment un mâle fait-il pour savoir qu'il faut monter sur le dos de la femelle, par l'arrière, afin de copuler ?

La capacité au positionnement génito-génital approprié des corps (la séquence de la monte chez les mammifères non-primates) n'est pas innée. En effet, on observe que lorsque les mammifères non humains, et tout particulièrement les primates, sont mis dans des conditions où ils ne peuvent apprendre aucun élément du comportement de reproduction, de manière systématique le mâle est incapable de coïter31,47,48,30. Cette incapacité du mâle à pratiquer le coït en dehors de toute expérience préalable a été vérifiée dans plusieurs espèces (cochon d'Inde, rat, chat, chien, macaque rhésus, chimpanzé), et elle est systématique chez tous les primates.

En variant les conditions expérimentales, il est apparu que c'est vraisemblablement la privation du contact physique, et non de la vue, des sons ou des odeurs des congénères, qui est le facteur critique à l'origine du déficit coïtal31,30. On peut ainsi observer des mâles sexuellement naïfs manifester de nombreux comportements spécifiques de la reproduction (excitation, érection, contacts avec le partenaire…) mais ils ne parviennent pas à copuler. Un des principaux problèmes, bien qu'il existe également des problèmes connexes de socialisation et de peur des autres congénères49, pourrait être lié à un déficit de construction du “schéma corporel” et se caractérise par une incapacité à positionner correctement le corps afin de réussir l'intromission50.

Le positionnement génito-génital est appris durant le développement, au cours des milliers d'interactions corporelles avec les congénères. Parmi ces interactions corporelles, celles qui provoquent des contacts physiques avec les régions génitales ou qui déclenchent des réflexes sexuels peuvent amorcer des séquences sexuelles partielles (jeux sexuels), qui sont progressivement intégrés par apprentissage dans des schèmes moteurs plus globaux50, initiant ainsi progressivement l'apprentissage d'un comportement de reproduction plus complet. Ces activités sont fréquemment répétées car elles procurent des récompenses35. Ces contacts corporels lors de jeux sociaux et sexuels sont à l'origine de la construction d'un “schéma corporel” de l'individu et des congénères. Ce schéma corporel permet à l'animal de réaliser des ajustements posturaux adaptés – dont le positionnement génito-génital – lors des interactions corporelles spécifiques avec ses congénères (toilettage, agression, copulation…).

Au niveau neurobiologique, tous ces apprentissages réalisés grâce à ces activités et ces stimulations corporelles se traduisent concrètement par le développement des structures neurales impliquées dans le contrôle du comportement de reproduction (amygdale médiale, noyau préoptique médian, noyaux moteurs médullaires)51,44,52.

On remarque ainsi que l'apprentissage des schèmes moteurs plus globaux correspond au développement des structures qui sont impliquées dans le contrôle du comportement de reproduction. Le contrôle que ces structures exercent sur le comportement de reproduction n'est donc pas un contrôle inné, dépendant d'une organisation génétiquement ou hormonalement “programmée” de ces structures, mais un contrôle en grande partie acquis. On observe ainsi que l'interaction entre les facteurs environnementaux (jeux sociaux et sexuels) et les facteurs innés (réflexes sexuels, phéromones, récompense) permet le développement structurel et fonctionnel du circuit neural spécifique au comportement de reproduction53.
Modélisation du comportement de reproduction

En fonction de toutes les données présentées dans les sections précédentes, quel serait, en simplifiant, le développement et la dynamique du comportement de reproduction des mammifères ?
Développement du comportement de reproduction

Dans la période prénatale, sous l'effet organisateur des hormones (qui sont le facteur majeur et primordial), l'organisme se différencie en mâle ou en femelle16. Les structures innées (réflexes sexuels, organe voméronasal, connexions olfactives…) se développent, ainsi que le système de récompense et les capacités d'apprentissage.

Puis, dès la naissance, le petit mammifère apprend au contact de sa mère et des congénères les caractéristiques sensorielles des animaux de son espèce. Au cours des nombreuses interactions physiques et sociales quotidiennes, il acquiert par les jeux physiques un schéma corporel50, par les jeux sociaux il apprend à interagir socialement de manière appropriée34, et, surtout pour le mâle, ses circuits neuraux, ses réflexes sexuels et sa motivation sexuelle se développent progressivement au cours des jeux sexuels51,44,52,45.

De cette manière, tous les éléments innés et acquis permettant le comportement de reproduction deviennent fonctionnels avant la puberté.
Dynamique du comportement de reproduction à la maturité

À la puberté, les hormones sont toujours le facteur majeur. Par rapport au comportement, elles ont principalement un rôle de coordination et de modulation, en rendant actifs de manière simultanée les différents processus neurobiologiques impliqués dans le comportement de reproduction.

La mélatonine, par son action sur les neurones à gonadolibérine, active le comportement sexuel durant la saison favorable à la reproduction18. Les hormones sexuelles initient le comportement de reproduction à la puberté17, lèvent les inhibitions toniques sur les réflexes sexuels, abaissent les seuils de détection des organes sensoriels54, déclenchent la synthèse et la libération des phéromones sexuelles et potentialisent la motivation sexuelle. L'organisme est ainsi prêt pour effectuer les séquences comportementales aboutissant à la copulation.

Puis, lors de la phase motivationnelle, lorsque les animaux sexuellement naïfs sont en présence, les phéromones sont les principaux signaux primaires qui provoquent le déclenchement de la motivation sexuelle37 et permettent la discrimination du partenaire sexuel de sexe opposé4,5. L'état d'excitation sexuelle et la vue du partenaire provoquent le rappel contextuelnote 4 des souvenirs des jeux sexuels antérieurs, ce qui induit la motivation à entrer en contact physique génital, pour obtenir de nouvelles récompenses sexuelles.

Enfin, lors de la phase consommatoire, lorsque les animaux sont en contact physique, les stimuli corporels provoqués par chaque action constituent les stimuli déclencheurs de l'action réflexe suivante55. Chaque action déclenche l'action suivante : la monte déclenche la lordose9, qui déclenche les poussées pelviennes15 et l'intromission, qui déclenchent alors l'éjaculation10,11 et (chez certaines espèces) la libération de l'ovule22.

Après que l'animal naïf a réalisé plusieurs copulations, différents signaux (visuels, auditifs, gustatifs, etc.) deviennent par conditionnement des signaux sexuels qui peuvent déclencher et influencer les copulations ultérieures56. Le comportement de reproduction peut alors être effectué malgré l'absence de certains signaux innés (comme les phéromones sexuelles) qui sont cruciaux pour l'animal sexuellement naïf57,58. Puis, au fur et à mesure de l'accroissement de l'expérience sexuelle et des apprentissages concomitants, les différentes séquences motrices sont exécutées plus efficacement et le comportement de reproduction devient mature et optimisé.
Analyses phylogénétiques et fonctionnelles

À partir de toutes les données présentées dans les sections précédentes, en analysant l'organisation et la dynamique fonctionnelle des processus innées et des apprentissages qui participent à la réalisation du comportement de reproduction, il apparaît deux caractéristiques remarquables : l'existence d'un véritable comportement de reproduction, et l'existence d'un instinct partiel. De plus, les phéromones apparaissent comme étant le facteur de l'orientation sexuelle.
Orientation sexuelle & Préférences sexuelles

Orientation sexuelle. L'analyse des facteurs innés à l'origine du comportement de reproduction met en évidence que le seul facteur inné qui permet d'identifier le partenaire de sexe opposé est celui des phéromones sexuelles4,5. Cette importance des phéromones dans la communication sexuelle des mammifères est en cohérence avec l'importance fondamentale des phéromones dans la communication de quasiment tous les organismes vivants (procaryotes, champignons, algues, végétaux, insectes, poissons, mammifères…)20.

Préférences sexuelles. Il ne semble pas exister de préférences sexuelles chez les rongeurs. Des préférences, en général pour un ou plusieurs partenaires sexuels avec lesquels se forment des relations privilégiées, n'apparaissent clairement qu'à partir des primates.
Article détaillé : Préférence sexuelle.
Véritable comportement de reproduction

L'analyse des facteurs innés permettant le comportement de reproduction met en évidence une caractéristique remarquable :

on remarque qu'il existe un contrôle temporel optimisé, réalisé par les hormones. Ce contrôle est exercé à trois niveaux :
un contrôle pubertaire : les activités sexuelles n'ont lieu qu'à la période de maturité de l'appareil reproducteur ;
un contrôle saisonnier : les activités n'ont lieu qu'à la saison propice (chez les espèces saisonnières) ;
et un contrôle œstral : les activités n'ont lieu qu'à la période de maturité des gamètes ;
il existe une identification du partenaire de sexe opposé, réalisé grâce aux phéromones ;
il existe des activités réflexes innés spécifiques du coït vaginal : lordose, érection, éjaculation, etc.
et il existe, chez certaines espèces, une ovulation réflexe lors du coït qui permet une optimisation de la fécondation.

En synthèse, ces facteurs innés tendent à ce que la copulation soit hétérosexuelle, ait lieu à la saison propice et à la période de maturité de l'ovule. Ce qui signifie que dans le plan d'organisation général des mammifères, il existe un véritable comportement de reproduction53.
Concept d' “instinct partiel”

Les données présentées ci-dessus et décrivant les facteurs innés et acquis à l'origine du comportement de reproduction montrent qu'il n'existe pas d'instinct de la reproduction (ou d'instinct sexuel), c'est-à-dire une programmation centrale innée des différentes séquences motrices nécessaires à la réalisation de ce comportement.

On observe plutôt que le comportement de reproduction émerge principalement de la coordination fonctionnelle de différents réflexes et processus sexuels innés, d'interactions avec les congénères et de différents apprentissages qui sont toujours réalisés au cours du développement dans l'environnement écologique normal.

Ces caractéristiques particulières amènent à proposer le concept d'un “instinct partiel”, c'est-à-dire un ensemble incomplet d'éléments innés, mais, parce qu'ils sont associés à des circonstances environnementales spécifiques qui existent quasiment toujours au cours du développement (par exemple les interactions mère-enfant, les stimuli sensoriels et les contacts corporels avec les congénères, etc.), les éléments manquants sont indirectement toujours acquis et le comportement “partiellement instinctuel” s'exécute correctement à sa période de maturité, sans nécessité d'apprentissages spécifiques29.

À noter que pour un observateur extérieur, le comportement de reproduction peut apparaître comme instinctuel, dans la mesure où les apprentissages, tels ceux induits par le léchage de la région génitale, ne sont pas apparents, ne sont pas directement liés à la reproduction ou ne sont pas considérés comme “sexuels”.
Variations du comportement de reproduction

Le modèle du comportement de reproduction présenté ci-dessus correspond à un modèle général, prototypique, basé sur les connaissances en neurosciences disponibles en 2013. Le cadre général de ce modèle est valable pour tous les mammifères non-primates.

Mais pour compléter ce modèle, certaines précisions doivent être apportées afin d'expliciter certains cas particuliers : les variations du comportement suivant les espèces de mammifères, l'existence d'activités non reproductrices, et, plus paradoxal encore, l'existence d'activités sexuelles entre espèces différentes.
Variations en fonction des espèces

Suivant les espèces de mammifères non-primates (rats, chiens, chèvres, moutons…) certains facteurs innés (réflexes sexuels, phéromones, hormones, récompense…) n'existent pas ou plus, ou sont modifiés. Par exemple, le contrôle saisonnier ou le réflexe neuroendocrinien d'ovulation n'existent pas dans plusieurs espèces (l'ovulation réflexe existe chez le furet, la lapine, ou la chatte, mais pas chez la brebis ou la ratte).

Néanmoins, le modèle général reste toujours valable. Seule la dynamique du comportement est modifié. Par exemple, s'il n'existe pas de contrôle saisonnier, alors les copulations existent toute l'année, et des naissances peuvent avoir lieu à des saisons moins favorables. Le comportement de reproduction reste toujours fonctionnel, il est seulement moins optimisé.
Activités sexuelles non reproductrices

Le contrôle exercé par les hormones et les phéromones n'est pas toujours ni parfait, ni total. Et plus on monte dans l'échelle phylogénétique, plus le cerveau est développé, plus le contrôle hormonal s'affaiblit16. En particulier pour le mâle, des réflexes sexuels peuvent être exécutés avant la puberté, bien que le système reproducteur de l'animal ne soit pas mature. Il n'est donc pas “biologiquement anormal” d'observer parfois chez les mammifères non-primates des activités sexuelles sans rapport avec la reproduction.
Activités sexuelles inter-espèces

Le comportement sexuel a priori le plus aberrant, le plus « contre-nature », est la copulation entre deux animaux appartenant à des espèces différentes.

Néanmoins, on remarque que ce comportement existe et que ces activités inter-espèces sont d'autant plus fréquentes que la morphologie des organismes est similaire (âne/cheval, tigre/lion, etc.)59

Est-ce une anomalie, une pathologie, un dysfonctionnement de l'instinct sexuel ?

Comme indiqué dans les paragraphes précédents, chez les mammifères non-primates (comme les rongeurs ou les capridés), plusieurs caractéristiques du comportement de reproduction ne sont pas innées. Par exemple, la reconnaissance du congénère est apprise durant les premières années de la vie : comme déjà indiqué, des chevreaux adoptés par des brebis et des agneaux adoptés par des chèvres copulent à l'âge adulte avec des partenaires de l'espèce adoptive et pas avec des membres de leur espèce32. On remarque ici que les modifications du comportement de reproduction trouvent leur origine dans des apprentissages précocesnote 5.

De façon plus générale, toutes les capacités apprises qui sont nécessaires à la réalisation du comportement de reproduction (reconnaissance du congénère, socialisation sexuelle, motivation sexuelle, et positionnement génito-génital du corps), sont influencées par les conditions et le contexte des apprentissages. Et ces apprentissages dépendent des caractéristiques de l'environnement et des interactions entre les animaux.

En reprenant l'exemple d'adoption croisée des chevreaux et des agneaux32, on remarque que ce qui apparaît a priori comme le plus aberrant et contre-nature, est en fait « biologiquement normal » : les nouveau-nés interagissent avec leurs mères adoptives, et durant toutes les années de leur développement, au cours des milliers d'interactions physiques et sociales, les chevreaux apprennent les différentes caractéristiques sensorielles, comportementales et sociales des brebis, et les agneaux apprennent celles des chèvres. Les chevreaux et les agneaux apprennent les caractéristiques de leurs mères adoptives, apprennent les codes de socialisation de leurs « congénères » adoptifs, ont des jeux sociaux et sexuels avec leurs « congénères » adoptifs, et ainsi il est « biologiquement normal » qu'à l'âge adulte ils copulent avec un partenaire de leur espèce adoptive, et non de leur espèce génétique qui leur est complètement étrangère.

De plus, on observe expérimentalement que lorsqu'un animal sexuellement expérimenté est excité, la force de l'excitation sexuelle est telle que la vue ou le contact avec tout animal ou objet de forme similaire suffit à déclencher la copulationnote 6. L'élevage en commun n'est donc parfois même pas nécessaire.

Pour toutes ces raisons, il est « biologiquement normal » que des animaux qui vivent dans certains types d'environnements, par exemple élevés ensemble dans une ferme ou un zoo, puissent avoir des interactions sexuelles (pour exemple, voir les vidéos : chien avec chat, lapin avec chat, chien avec poule, chien avec lion, tigre avec chien).

Toujours pour ces raisons, il n'est pas « biologiquement anormal » que des animaux domestiques (surtout les chiens) ou élevés dans des zoos (et tout particulièrement les primates) tentent parfois d'avoir des interactions sexuelles avec des humains59 (et vice-versa d'ailleurs60).

En conclusion, comme il n'existe qu'un instinct partiel du comportement de reproduction, tous les types d'activités sexuelles qui n'ont aucun rapport avec la reproduction s'expliquent par l'existence des apprentissages cruciaux (reconnaissance du congénère, motivation sexuelle, socialisation, et position de copulation pour le mâle). Ces apprentissages cruciaux sont influencés par les caractéristiques de l'environnement, et dans certaines circonstances, des apprentissages précoces peuvent induire des modifications comportementales importantes.
Évolution du comportement de reproduction : le comportement érotique
Article principal : Comportement érotique.


Chez les mammières ayant connu un fort développement du cortex cérébral au cours de leur évolution (Hominidés et dauphins), les activités sexuelles ne sont plus sous le contrôle des hormones61,62 et des phéromones63,64,65,66. La sexualité s'est ainsi dissociée de la reproduction. Au contraire, l'importance des récompenses / renforcements et de la cognition est devenue majeure1. Le but du comportement sexuel n'est plus le coït vaginal mais la recherche du plaisir érotique, procuré par la stimulation du corps et des zones érogènes. Le comportement de reproduction a laissé la place au comportement érotique53.
Notes et références
Notes

↑ a et b Les distinctions entre “comportement sexuel”, “comportement de reproduction” et “comportement érotique” sont expliquées dans cet article et dans l'article Comportement érotique. Ces expressions ont été proposées par les auteurs Martin H. Johnson et Barry J. Everitt dans leur ouvrage Reproduction, 5e édition, publié chez De Boeck Université en 2001, car les différences neurobiologiques, cognitives et comportementales entre les espèces modifient la dynamique du comportement sexuel. L'ouvrage qui présente le plus de vérifications expérimentales de ces distinctions est Functional and dysfunctional sexual behavior [archive] du neurobiologiste Anders Agmo.
↑ NB: l'inhibition saisonnière et l'inhibition œstrale n'existent pas dans certaines espèces. Mais quelles que soient les variations entre les espèces, les hormones restent le facteur primordial du comportement de reproduction.
↑ Voir les explications détaillées dans l'article Instinct
↑ Rappel contextuel : rappel d'un souvenir provoqué par la perception d'un contexte similaire au contexte de mémorisation de ce souvenir. GERRIG Richard, ZIMBARDO Philip. Psychologie, Pearson education, 18e édition, 2008
↑ L'importance du vécu et des apprentissages était déjà vérifié expérimentalement dès les années 1950 : « L'expérience et l'apprentissage influencent la tendance des mammifères non-primates à avoir des réponses sexuelles pour des partenaires d'une autre espèce. » FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965
↑ « Les mammifères mâles qui sont habitués à recevoir des femelles réceptives dans une même cage, souvent deviennent si excité par les caractéristiques de cet environnement qu'ils vont tenter de s'accoupler avec un animal d'une autre espèce. Les lapins mâles qui copulent régulièrement dans leur cage vont essayer de copuler avec des rats, des petits chats, et même des objets inanimés s'ils sont présentés de la même manière que la femelle réceptive. Les rats mâles qui ont copulé avec une femelle dans une cage d'observation essayent de copuler avec quasiment tout animal d'une taille appropriée qui est rencontré dans cette cage expérimentale. » FORD Clellan S. , BEACH Frank A. : Patterns of sexual behavior, Methuen & Co, London, 1965

Références

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Annexes
Articles connexes

Sexualité, l'essentiel en un article
Comportement érotique, les bases neurobiologiques de la sexualité humaine
Comportement sexuel humain, les comportements sexuels de l'être humain
Sexualité humaine, les phénomènes culturels de la sexualité humaine
Sexualité infantile, le développement sexuel chez l'être humain
Sexualité féminine, les caractéristiques de la sexualité féminine
Reproduction humaine, la physiologie de la reproduction humaine
Comportement sexuel, les comportements sexuels de l'animal
Sexualité animale, l'émergence des phénomènes culturels chez l'animal
Sexualité (reproduction), la reproduction sexuée chez les organismes vivants

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:27

La pornographie est la « représentation complaisante — à caractère sexuel — de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique »[réf. nécessaire]. Mot apparu au siècle des Lumières, la pornographie désignait alors plus spécifiquement les études concernant la prostitution. Définition qui se retrouve dans son étymologie, le mot pornographie dérivant du grec ancien πορνογράφος / pornográphos, lui-même un dérivé de πόρνη / pórnê signifiant « prostituée » et de γράφω / gráphô, qui signifie « peindre », « écrire » ou « décrire ». On le dérive sous les termes porno (abréviation française), et porn (abréviation anglo-américaine)1.

Le terme se confond aujourd'hui avec sa perception à travers le prisme des films pornographiques : soit d'une représentation d'actes sexuels ayant pour objectif d'exciter sexuellement le spectateur2,3. Ainsi, l'actrice Tiffany Hopkins la définit comme « avant tout un objet de divertissement qui a pour finalité la masturbation »4.

Une immense industrie de consommation de la pornographie est apparue grâce à l'utilisation des cassettes vidéos, des DVD, et d'Internet. La pornographie amateur est également devenue très populaire et se distribue gratuitement via internet.

Pornographie et érotisme
Exemple d'image montrant un mannequin dans une pose suggestive. Ce type est appelé « pornographie softcore ».

André Breton avait pour formule : « La pornographie, c'est l'érotisme des autres »5, afin de démontrer simplement que ce qui choque l'un en s'apparentant à de la pornographie peut être toléré par un autre et s'inscrire plus élégamment dans l'érotisme - ceci valant pour des individus, des temps ou des civilisations. Ce terme peut donc être considéré comme négatif sur la frontière aussi morale que fluctuante de l'érotisme. Ce constat démontre que la définition de la pornographie est surtout basée sur la perception des individus, comme l'affirme Marie-Anne Paveau qui qualifie la pornographie d'une « affaire de réception, de regard, voire d'imagination »1. Ainsi, il s'agit d'une « construction, par les mots et/ou les images, plus ou moins sophistiquée, et donc une activité de représentation du rapport sexuel, représentation directe et explicite.»6 D'ailleurs, la nudité est un élément essentiel de la pornographie, mais n'est pas garante de celle-ci : la pornographie exige une réception basée sur l'excitation.

De son côté, Michela Marzano affirme que la différence entre érotisme et pornographie est dans le récit : « Là où l'érotisme est un récit - en images ou en mots - du désir qui pousse un être à la rencontre de l'autre, la pornographie [...] ne vise jamais à raconter une histoire et représente des individus qui ne se reconnaissent pas comme sujets de leur désir.»7 Non seulement l'érotisme est-il davantage rattaché à la narrativité, mais il est aussi beaucoup plus associé à l'art que la pornographie.

Depuis les années 1970 et son assimilation à la production de films X, la pornographie est à la fois portée par le milieu de la contre-culture et décriée par ses opposants comme une industrie du sexe plus intéressée par un intérêt mercantile de nature mafieuse8 (légalement proche du proxénétisme) que par une quelconque expression de la Révolution sexuelle. Devant le constat d'une importante dissymétrie homme/femme (acteur/spectateur, relation à l'homosexualité…), un rapprochement de la pornographie et de la prostitution peut s‘établir : non seulement dans les formes de représentation féminine mais aussi dans un mode d'exploitation financier et physique du corps féminin. Ceci permet alors de différencier plus explicitement les domaines du comportement sexuel, de l'érotisme et de la pornographie.

De même, si certaines personnes acceptent en dehors d'une logique sexuelle la représentation des parties intimes de l'être humain, comme les naturistes, elles ne peuvent accepter la représentation réaliste de l'acte sexuel - pour des raisons très variables, allant de la pudeur à l'association de l'acte sexuel à quelque chose de honteux ou de bestial, qui tend à abaisser la dignité de l'Homme (argument auquel on peut opposer celui de l'acte de se nourrir que nous partageons aussi avec les animaux et que l'on élève plus aisément au rang d'art, contre-argument auquel on peut opposer la défécation que nous partageons avec les animaux et que nous ne pratiquons pas en public). Mais pour d'autres, ce n'est pas l'acte qui est honteux, mais le fait de s'exhiber et de se livrer au désir d'autrui en niant ainsi sa propre dignité humaine (on s'abaisse à n'être qu'un moyen de satisfaction). Dans ces cas, la pornographie est alors synonyme de vulgarité ou d'obscénité.
Champs de représentations

On trouve des représentations d'actes sexuels dans la plupart des sociétés humaines depuis la Préhistoire. Les fonctions de ces représentations restent mal connues : ainsi, on associe souvent de telles scènes à des rites de fécondité de l'Antiquité au Moyen Âge (qui restent cependant hypothétiques).

Selon les sociétés, la représentation de la sexualité est soumise à des normes différentes qui sont souvent liées aux définitions qu'elles donnent de la sexualité : les célèbres sculptures érotiques des temples de Khajurâho en Inde, qui s'intègrent dans une architecture religieuse, n'avaient certainement pas le même statut que les photos pornographiques vendues « sous le manteau » dans les cités occidentales au XIXe siècle. La définition même de la pornographie change donc selon les sociétés. Par exemple, les sculptures médiévales (y compris dans les cathédrales) représentent des scènes qui peuvent paraître aujourd'hui obscènes, mais qui visaient certainement d‘autres objectifs à cette époque.

La représentation pornographique est par ailleurs étroitement liée aux techniques artistiques, littéraires ou autres. Les romans du marquis de Sade s'inscrivent dans la tradition littéraire française du XVIIIe siècle dont ils constituent à la fois un chef-d'œuvre et un extrême. Les gravures qui les accompagnent recourent en revanche à des techniques graphiques de l'époque qui sont bien souvent peu innovantes d'un point de vue formel.

Aujourd'hui, la pornographie est un enjeu de débat sociétal essentiellement à cause des moyens de reproduction technique (selon l'expression de Walter Benjamin) — photographie, cinéma, vidéo, Internet — qui donnent à ces images une audience quasiment universelle. Le réalisme de l'image photographique ou cinématographique a également modifié notre perception de la pornographie : alors que toute représentation littéraire ou artistique était jusque-là frappée du sceau de l'imaginaire (l'écrivain a pu imaginer ce qu'il raconte, et le peintre reconstituer ce qu'il nous montre), la photographie, même si elle est mise en scène de façon artificielle et parfois même manipulée, nous montre quelque chose qui indubitablement a existé, a effectivement eu lieu (cf. les analyses de Roland Barthes dans La Chambre claire9). Cette forme nouvelle de pornographie en tire incontestablement un pouvoir de fascination inédit qui explique la large diffusion de ces images mais également les débats qui les entourent : le sort des actrices pornographiques (beaucoup moins souvent des acteurs) est au cœur des débats — sont-elles contraintes ? le font-elles uniquement pour l'argent ? est-ce un métier comme un autre ? — tandis que les modèles éventuels des célèbres estampes japonaises ou des sculptures érotiques hindoues suscitent moins l'interrogation.
Histoire
Antiquité
Couple faisant l'amour. Peinture murale, à Pompéi.

Les images pornographiques sont légion dans tout l’Empire romain10. Elles sont présentées aux yeux de tous sans aucune censure. Elles sont aussi bien moulées sur des céramiques sigillées que peintes à l'intérieur des riches villas aristocratiques et des lupanars afin de distraire une noblesse avide de licencieuses représentations. Cet art contribue à rappeler les interdits tout en faisant rire par d'odieuses situations11.

En Chine, une riche littérature existe et de nombreux artefacts (peintures et sculptures) montrent une liberté de représentation de la sexualité. En Inde également, la culture a produit de nombreuses représentations d'actes sexuels notamment à l'extérieur des temples, car la culture valorisait la sexualité dans sa dimension « sacrée » (voir à ce sujet l'article sur le Tantrisme).
Moyen Âge et Renaissance
Une illustration du Kâmasûtra.

Oubliant quelques textes explicites du Roman de Renart et de François Villon (1431-1463), certains voient dans François Rabelais un précurseur de la pornographie moderne. Son Pantagruel a d'ailleurs été condamné en 1533 comme ouvrage « obscène » par la Sorbonne. Mais cette condamnation portait sans doute moins sur l'obscénité du livre que sur son esprit général (que l'on peut qualifier de carnavalesque), trop éloigné des enseignements de l'Église. L'œuvre de Rabelais témoigne en outre d'une mentalité pour laquelle la sexualité faisait encore pleinement partie de la vie humaine et n'était pas considérée comme un sujet « tabou », interdit à la représentation et au discours commun. À cette époque, une catégorie comme la « pornographie » était en fait inconnue, et l'accusation d'obscénité visait beaucoup plus des comportements que des représentations (écrites ou graphiques).

Les guerres de religion qui déchirent peu après l'Europe et le mouvement de la Contre-Réforme qui va s'ensuivre modifient cependant profondément les mœurs de l'époque : d'une part, la dévalorisation de la « chair » dans ce contexte de religiosité exacerbée sera générale au XVIe siècle et au XVIIe siècle, tandis que l'Église cherchera à contrôler les comportements les plus intimes de ses fidèles (par l'entremise de la confession notamment). C'est également à cette époque que naissent en réaction les premiers textes libertins12 qui, s'inscrivant dans la modernité opposent la vérité de nature aux doctrines religieuses et aux dogmes. Si les représentations pornographiques ne sont pas prioritairement visées, elles sont les victimes de ce climat général de « puritanisme » (au sens courant du terme) qui s'installe en Europe : c'est alors qu'on repeint des feuilles de vigne sur les fresques de Michel-Ange au Vatican.
Époque classique

C'est à l'époque de la Réforme et de la Contre-Réforme que l'on situe la distinction occidentale entre ce qui serait « érotique » (le nu artistique, par exemple) et ce qui serait « pornographique », c'est-à-dire illicite et condamné à la clandestinité (même si ce ne sont pas les termes employés à l'époque classique). La contrainte exercée sur les mœurs fait donc à ce moment de la pornographie un exercice de liberté et de subversion13.

C'est le cas notamment en France avec l'expansion de la littérature libertine au XVIIIe siècle avec des auteurs aussi différents que Diderot (Les Bijoux indiscrets), Crébillon fils (Le sopha, Les Égarements du cœur et de l'esprit), Fougeret de Monbron (Margot la ravaudeuse), et bien d'autres auteurs aujourd'hui oubliés14. Les œuvres du marquis de Sade constituent l'aboutissement extrême et singulier de cette littérature dont il donne une version qui peut apparaitre particulièrement noire et cruelle (le "sadisme" de l'auteur va jusqu'au meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants). En Angleterre, Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir de John Cleland appartiennent à la même tradition "libertine".
XIXe siècle
Illustration du roman Gamiani attribué à Alfred de Musset.

Le XIXe siècle se caractérise par une généralisation du climat de « puritanisme » instauré par l‘ère victorienne et qui va s‘étendre aux valeurs dites « bourgeoises », marqué par la condamnation qui frappe en France en 1857 ; Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire en est l'exemple le plus célèbre. Ce siècle est particulièrement répressif en matière de pornographie : la décence impose des limites très strictes à toute représentation sexuelle, et la moindre transgression suscite scandale, comme c'est le cas par exemple avec l'Olympia d'Édouard Manet ou encore Madame Bovary de Gustave Flaubert (même si l'écrivain réaliste, contrairement à Baudelaire, n'est pas condamné). Au début du XIXe siècle, la Bibliothèque nationale de Paris constitue d'ailleurs son célèbre « Enfer », qui rassemble les ouvrages offensant la « pudeur ».

Derrière cette prudence, le mot « pornographie » commence à prendre un sens contemporain : celui d'un désir caché et refoulé qui va commencer à s'inscrire clandestinement dans des écrits, des photographies, des lieux. Certaines œuvres sont aujourd'hui encore célèbres (par exemple Gamiani ou Deux nuits d'excès attribué de façon hypothétique à Alfred de Musset ou bien l'œuvre gravée de Félicien Rops). La « prostituée » devient l'une des grandes figures apocryphe du XIXe siècle C'est également l'époque où s'inventent bien des rituels qui se confondent à la prostitution et à la pornographie contemporaine. Les jeux de ces « messieurs » dans les « bordels » et le rapport à la « bonne » constituent l'archéologie de la ménagère et du fantasme bourgeois15 qui s'assumera un peu plus vers la fin avec les spectacles de théâtres et cabarets de Montmartre, comme ceux du Moulin rouge.
Début du XXe siècle

La littérature « pornographique » émerge néanmoins progressivement dans l'espace public à partir de la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, en particulier après la Première Guerre mondiale dans le climat de liberté des années folles. Des auteurs comme Pierre Louÿs, Apollinaire (Les Onze Mille Verges), Henry Miller, Anaïs Nin, parmi d'autres, lui donnent ses lettres de noblesse.

Par ailleurs, avec la photographie puis le cinéma sont nées de nouvelles images pornographiques « prises sur le vif » et d'un réalisme inédit. Ces images circulent pendant de nombreuses années « sous le manteau » avant d'apparaître progressivement au grand jour. Les pays scandinaves sont les premiers à autoriser la diffusion de telles images, notamment sous couvert d'éducation sexuelle (Je suis curieuse de Vilgot Sjöman, Suède, 1967).
« Libération sexuelle »
Article détaillé : Révolution sexuelle.

Le principal obstacle à la pratique libre de la sexualité s'explique par l'opposition des religions, pour lesquelles la sexualité ne doit être accomplie que dans le cadre privé, entre personnes mariées, et pour lesquelles certains actes sexuels sont interdits. La pornographie est définie comme un péché. Mais avec le recul progressif des religions, tout particulièrement en Occident, on commence à assister à une véritable révolution sexuelle. Dans les années 1970, les films pornographiques sont autorisés dans les salles de cinéma en France et dans la plupart des pays occidentaux. Différentes restrictions sont cependant mises à cette diffusion, en particulier une interdiction générale aux mineurs. En France notamment, une loi nouvelle rend la production plus difficile avec le classement X qui multiplie les contraintes de diffusion : alors que certains films pornographiques (ou jugés comme tels) étaient diffusés sur les écrans des cinémas des « Grands Boulevards », cette nouvelle loi taxe fortement les cinémas réputés pornographiques, qui deviennent un secteur « spécialisé » et marginalisé. On[Qui ?] assiste ensuite à la disparition quasi totale de ces salles dans les années 1990, conséquence, entre autres, de l'apparition de la cassette vidéo.

Dans ce contexte où la sexualité est devenue omniprésente dans différents médias, certains s'interrogent sur les effets sociologiques et psychologiques de cette survalorisation du sexe (ou sexualisation excessive). Le cinéma pornographique présente, outre les caractéristiques et les comportements hors norme des acteurs (notamment dû aux effets de montages), une sexualité qui se focalise sur la génitalité et la performance. Ainsi représentée, la pornographie véhicule de vieux mythes sur la sexualité (rôle actif de l'homme, focus sur l'orgasme coïtal de la femme, recherche de l'orgasme simultané du couple, etc.)16.
Développement d'Internet

Actuellement, le développement d'Internet permet aux contenus pornographiques de se diffuser plus largement encore et modifie profondément la structure du marché en favorisant une consommation strictement privée de ces productions. La variété des sites à caractère pornographique est grande, allant de pages très chargées en images et en publicité à des pages à l'esthétique très soignée. L'industrie pornographique alimente d'ailleurs une confusion stratégique entre les productions professionnelles et personnelles7. Les nombreuses catégories de médias que présentent les sites pornographiques sont révélatrices de la grande liberté de visionnement que procure la toile : la navigation anonyme permet d'explorer des espaces numériques tabous sans risque7. Ainsi, la diffusion de la pornographie sur le web atteint un public diversifié. La cyberpornographie se veut donc un espace numérique où le sujet et ses désirs sont transmis comme une vérité dans un discours très catégorisé7. Si le cloisonnement entre le monde de la « pornographie » (plus ou moins stigmatisée) et la sphère publique n'est pas totalement étanche, la barrière est bien présente et maintenue sous la pression de différents groupes sociaux plus ou moins actifs (beaucoup de féministes sont hostiles à la pornographie, mais également des associations familiales, des groupes religieux, des militants anti-capitalistes hostiles à « l'exploitation commerciale des corps », les raisons avancées par les uns ou les autres peuvent différer ou converger).

Pour ses détracteurs, la pornographie sur Internet n'est pas en soi une rupture mais plutôt une poursuite d'un mouvement qui s'est esquissé avec l'invention du cinéma. La vraie rupture se situerait donc au tournant du XXe siècle. Internet constituerait une amplification particulièrement visible du phénomène, non sa mutation profonde17.
Médias
Littérature
Article détaillé : Littérature et sexualité.

Le sexe et l'érotisme accompagnent la naissance de la littérature18. Du Cantique des Cantiques au Kâmasûtra, du Banquet de Platon aux chants de Sappho, de L'Art d'aimer d'Ovide au Satyricon de Pétrone, des écrits libertins et blasphématoires du Divin Marquis à la philosophie transgressive et sacrilège de Georges Bataille, ces thèmes traversent siècles et civilisations.

La sexualité et ses manifestations directes ou indirectes, des représentations de l’acte sexuel aux signes du désir en passant par les symboliques de l’amour, font en effet partie intégrante de la littérature et ne sont pas confinées à un genre spécifiquement « érotique » ou « pornographique », aux frontières d'ailleurs floues et discutées.

Des nombreuses conquêtes de Don Juan à L'Amour fou d’André Breton, des Confessions de Jean-Jacques Rousseau sur ses premiers émois sexuels aux Femmes damnées de Charles Baudelaire, la sexualité s’immisce entre les pages des œuvres littéraires sans distinction de genre : essai, théâtre, roman, poésie, etc19.

Les auteurs de livres pornographiques font souvent usage de pseudonymes, mais cette littérature ne cesse d'être lue et étudiée. Selon le Dictionnaire du littéraire, cette littérature « manifeste le rôle de la littérature comme transgression des codes en même temps qu'affirmation de ce que ces codes valorisent en secret »20.
Peinture
Article détaillé : Nu (genre artistique).
L'Origine du monde, de Gustave Courbet.

Le célèbre tableau naturaliste L'Origine du monde a été peint par Gustave Courbet, à la demande d'un diplomate turc, en 1866, dans une période (Second Empire) où les mœurs étaient très austères et policées (il s'agit dans ce cas plus de l'Empire ottoman, pays du commanditaire, que de la France, pays du peintre). Ce tableau, qui ne circula qu'au sein de collections privées, fut considéré par les quelques intimes du peintre et du propriétaire de l'œuvre comme hautement pornographique ; il eût pu être interdit et provoquer les foudres de la censure s'il s'était trouvé sous tous les yeux. Il fut, à un moment, propriété du psychanalyste Jacques Lacan qui le dissimula dans un cadre à double fond. Lacan commanda à son beau-frère, l'artiste André Masson, un nouveau masque; ce sera le «Paysage anthropomorphe», paysage de collines et buissons qui reprend le tableau caché21. Depuis 1995, le tableau a rejoint la collection du musée d'Orsay et est exposé parmi d'autres tableaux de Courbet, signe que la notion de « pornographie » est relative aux mœurs d'une époque.

Dans ses cahiers, Léonard de Vinci a laissé plusieurs dessins obscènes, l'un notamment de Salaï posant pour un ange tout en étant affublé d'une érection (angelo incarnato). Beaucoup de ces dessins, longtemps censurés, restent à découvrir. On a même, arguant cette parole mystérieuse du peintre « Misérables mortels, ouvrez les yeux ! », cru découvrir une pornographie cachée dans plusieurs de ses œuvres les plus célèbres (La Vierge aux rochers, etc.)22.
Philosophie

Dans Le discours pornographique6, Marie-Anne Paveau fait état du lien qui existe entre philosophie et pornographie. Reprenant les mots de Robert Danton, elle souligne que les deux termes ont été synonymes dans la France prérévolutionnaire. Ils faisaient tout deux référence à des écrits subversifs ou libertins. Ainsi, les deux champs ont longtemps eu le même objectif : la contestation de l'ordre établi6. Sous le règne de Louis XVI, la philosophie et la pornographie se sont associées dans le combat politique à travers les pamphlets de la Révolution française. Au XVIIIe siècle, la pornographie servait au développement de la pensée philosophique. Paveau fait ici référence au roman Thérèse philosophe. Elle cite aussi en exemple La philosophie dans le boudoir du Marquis de Sade où l'éducation est mise en place à travers une alternance de discours philosophique et de scènes pornographiques.

Toutefois, bien qu'elle soit présente dans la pensée philosophique, la pornographie a toujours été marginalisée puisque l'histoire occidentale l'a opposée à la vertu et à la morale. Ruwen Ogien affirme d'ailleurs que « l'influence libératrice de Michel Foucault, pour tout ce qui concerne la recherche relative à la sexualité, n'a pas suffi à rendre le thème philosophiquement respectable »23.
Cinéma et industrie audiovisuelle
Article détaillé : Film pornographique.
Article détaillé : Acteur de films pornographiques.

En réalité, les premiers films pornographiques sont quasiment contemporains de l'invention du cinéma. Ils étaient principalement montrés dans les fêtes foraines, lieu principal de diffusion des films à l'orée du XXe siècle[réf. nécessaire]. C'est l'un des facteurs qui a contribué à faire considérer le cinéma d'abord comme un art mineur ou populaire.

Même s'il ne pouvait pas s'agir d'une production de type industriel, certains pensent que ce passage à une pornographie cinématographique constitue une rupture. Si elle existait bien avant, le vecteur cinématographique lui confère un réalisme et une puissance de suggestion qu'aucun support ne proposait. Il ne s'agirait pas seulement d'une nouveauté mais d'une inflexion forte qui signale en même temps la puissance du cinéma. Ce dernier aurait eu cette tentation dès sa naissance dans la mesure où sa puissance de captation fonctionne comme un pouvoir sur autrui, ce que l'exposition de l'intime manifesterait tout particulièrement24.

« L'industrie de la pornographie contemporaine a pris son essor au début des années cinquante, avec la création de Playboy (1953). »

— Richard Poulin

Les choix de l'industrie pornographique influencent parfois directement certains secteurs. Ainsi le succès du VHS de JVC par rapport à son concurrent direct aux États-Unis, le Betamax, est en partie dû au choix de l'industrie pornographique de commercialiser des cassettes VHS et non Betamax25. Le phénomène ne s'est cependant pas reproduit avec le successeur du DVD, l'industrie pornographique ayant annoncé lors du CES 2007 à Las Vegas, sa préférence26,27,28 pour le format HD DVD et non pour le Blu-Ray, ce dernier remporta finalement la guerre des supports hautes définitions.
Magazines

Dans un registre plus érotique (car ne présentant pas de pénétration), les principaux magazines aux États-Unis sont Playboy et Penthouse. Dans celui ouvertement pornographique, Hustler a une place toute particulière de par son histoire et surtout celle de son créateur Larry Flynt.

En France, il y a Union qui traite de sexualité avec des photos dans une optique de voyeurisme et Swing qui est la revue historique des pratiquants de l'échangisme. Toujours en France, l'expression de « magazine de charme » est utilisée par euphémisme de bienséance pour désigner des revues érotiques telles que Lui, Newlook, etc. On parle de même de « presse de charme ».
Internet
Article connexe : Cybersexe.

L'arrivée d'Internet a fait exploser le marché de la pornographie. La diffusion de multimédia y est plus facile et touche un public plus large, banalisant en quelque sorte le commerce du sexe. Des sites peuvent être consacrés à des acteurs ou actrices de films pornographiques, ce qui permet de fidéliser une clientèle. Internet a vu aussi le développement de films réalisés par des amateurs.

Un système d'indexation fine permet aux utilisateurs de ces sites de retrouver le contenu désiré par l'entremise de ce que François Perea appelle des pornotypes29. Il s'agit de catégories nominales ou verbales ciblant une notion recherchée précise. Cela peut être une caractéristique physique, une nationalité, une pratique, un genre, etc. Pour Perea, « l’entreprise pornographique de monstration repose ainsi sur ce que nous avons appelé des pornotypes, qui consistent en une atomisation catégorielle qui, plutôt que proposer une image globale et simplifiée du personnage ou de l’action, le réduit à un trait prégnant, rendu saillant et représentatif par une sorte de réduction métonymique ». En d'autres termes, les «tags» ou mots-clefs lié à la catégorie recherchée augmente les chances du pornophile de trouver le matériel qu'il souhaite consulter.

En lien avec cette notion de "pornotypes", Marianne Paveau soumet l'idée qu'il existerait ce qu'elle appelle des "pornèmes"6. C'est-à-dire des mots ou termes ayant une connotation quasi exclusivement pornographique. « Le pornème pourrait se définir comme un élément langagier spécifique du discours pornographique, un mot appartenant à la pornographie considérée comme un lexique spécialisé. »6 Par exemple, les mots relevant de la pratique sexuelle : gorge profonde, levrette, "threesome", "bukake", creampie", "gapping", etc. Un autre cas de figure est l'usage du "X" comme substantif et adjectif. Paveau affirme qu'« en tout cas, ce mot d'une lettre s'est lexicalisé et s'emploie comme nom ("le X, regarder du X"), comme adjectif ("un film X", "une actrice X", "la loi X"), et même comme verbe : ixer est en effet construit par dérivation sur X »6. Encore, le nombre "69" ou "Soixante-neuf" peut aussi être considéré comme un pornème compte tenu de sa relation à la position sexuelle que sa graphie suggère. Finalement, les sigles tels que "BDSM", "BBW", "MILF", "MOFO", et autres sont eux aussi des pornèmes puisqu'ils désignent des catégories bien établies dans la communauté pornographique.

Certains réseaux de particulier à particulier (P2P) sont accusés de favoriser la diffusion de contenu pornographique impliquant des mineurs. Une enquête du General Accounting Office a montré le lien entre réseaux d'échange de fichiers et la pornographie juvénile. Le vice-président directeur de Sharman Networks, propriétaire de KaZaA, Alan Morris, a nié cette accusation devant un comité sénatorial américain (septembre 2003).

L'évaluation chiffrée de la pornographie sur Internet s'effectue via des analyses ou des extrapolations qui, n'offrant pas de véritables sources fiables, sont souvent contestées et critiquées.

Les analystes spécialistes du commerce sur l'Internet estiment qu'un site pornographique peut gagner entre 10 000 et 15 000 dollars chaque jour. Certains des plus anciens sites ont des revenus de presque 2 millions de dollars par mois30.
Les internautes ont dépensé près de 1 milliard de dollars pour accéder à des sites pornographiques en 1998.
En 1998, il y avait plus de 100 000 sites pornographiques commerciaux et 200 nouveaux sites apparaissaient quotidiennement31.
Sur 57 millions d'Américains accédant à Internet, près de la moitié consultent des sites pornographiques pendant 1 à 10 heures par semaine32.

Les détracteurs de ces études leur opposent qu'ils omettent le fait que beaucoup de sites pornographiques sont petits, ou n'arrivent pas à dégager de bénéfices, dans une concurrence trop pléthorique. Cette tendance est renforcée par l'échange gratuit de fichiers sur Internet comme pour les autres médias numériques.

Néanmoins, en 2006, des chercheurs de l'université de Californie-Berkeley, pour le Departement of Justice américain, affirment que la pornographie n'occupe qu'environ 1,1 % des pages Web indexés par Google et MSN live search33. Le ministère de la Justice américain déclara que 1 % signifie tout de même un nombre de pages élevé34.

En 2010, une étude menée par Optenet, société spécialisée dans le filtrage et la sécurité informatique, estime que « les contenus pornographiques occuperaient près de 37 % du total des pages web35 ».
Législations
Droits sur la pornographie dans le monde

Pornographie légale
Pornographie légale sous restrictions
Pornographie illégale
Pas d'information

La pornographie infantile est condamnée par les diverses législations en vigueur sur l'abus sexuel sur mineur. Concernant la pornographie impliquant des adultes, un grand nombre d'États réglementent strictement la liberté de publication des œuvres pornographiques : âge minimum d'accès requis, limitation des lieux d'accès, limitation des choses représentables.
Interdictions et restrictions
Article connexe : Classement X.
Caricature de « La grande épidémie de pornographie » - XIXe siècle.

La diffusion et la pratique de la pornographie est majoritairement autorisée dans la quasi-totalité des pays occidentaux, en raison de la baisse progressive de l'influence des religions (tout particulièrement en raison de la déchristianisation de la société occidentale). Cette libéralisation n'a cependant été que progressive, et parfois très lente (l'« immoralisme » était ainsi durement réprimé sous la dictature de la Révolution argentine, national-catholique, de 1966-73).

La constitution de l'Oregon, États-Unis, (33e État, créé en novembre 1857) avait interdit la possession de documents pornographiques. La Cour suprême d'Oregon a aboli cette loi en 1987 dans l'affaire "State v. Henry"36. Dans l'affaire Miller v. California en 1973 en Californie avait redéfini l'obtention de matériel obscène, cela regroupe énormément d'œuvres littéraires et artistiques dans la catégorie porno exemple : Gore Vidal -"Myra Breckinridge", D. H. Lawrence à Gustave Flaubert…

En revanche, elle reste interdite dans la totalité des pays arabo-musulmans37.

Cette interdiction s'explique principalement pour des raisons religieuses, l'islam, comme de nombreuses autres religions, condamnant la sexualité débridée. Pour celles-ci, en effet, la sexualité doit être réservée au cadre privé des couples hétérosexuels et légitimes (donc mariés), et certains actes sexuels sont considérés comme répréhensibles (par exemple la sodomie).

En Chine, des vendeurs de rue proposent ouvertement des DVD pornographiques, mais elle est néanmoins interdite et les peines encourues peuvent aller jusqu'à l'emprisonnement à perpétuité38. Selon Reporters sans frontières, le prétexte de «pornographie» a permis au gouvernement de censurer des sites web en Chine 39.

Le Japon n'autorise pas la représentation des organes génitaux, qu'on voit donc parfois floutés sur les images. La pornographie y est néanmoins très aisément accessible, et constitue un marché important.

En France, l'article 227-24 du Code pénal édicte que « le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (375 000 euros pour les personnes morales) lorsque ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur. » Depuis 1994, l'outrage aux bonnes mœurs n'est constitué que si le message pornographique atteint les mineurs. Vendeurs de presse et loueurs de vidéo doivent masquer les magazines et DVD érotiques ou pornographiques, ainsi que vérifier l'âge de leur clientèle. Les films pornographiques télévisés ne sont disponibles que sur des chaînes payantes. Les décodeurs sont munis d'un système de verrouillage, nécessitant un code pour l'accès à ces programmes. Les fournisseurs d'accès à internet proposent des logiciels de contrôle parental, permettant d'interdire l'accès aux sites contenant certains mots-clés.

L'exposition d'Alberto García-Alix à Arles en 2007 est censurée pour les photos des stars porno. En 2010, l'exposition de Larry Clark au Musée d'art moderne de la ville de Paris est censurée au -18 ans40.
Critiques
Article détaillé : Mouvement anti-pornographie.

Alors que jusque dans les années 1960, toute représentation d'actes sexuels était jugée « pornographique » et interdite dans la plupart des pays occidentaux, cette représentation s'est ensuite généralisée avec le mouvement de « libération des mœurs » (maîtrise par les femmes de leur fécondité par la contraception, légalisation de la contraception et de l'avortement, augmentation du nombre des divorces, revendications féministes portant notamment sur le « droit au plaisir », émergence du militantisme homosexuel). Mais le développement de la pornographie suscite aujourd'hui des réactions diverses, parfois extrêmement négatives.

Ces critiques d'origines diverses — féministes, et également issues de différents mouvements de réaction morale — peuvent être synthétisées en trois grands points :

Les critiques portent d'abord sur les conditions de réalisation des images pornographiques, qui impliqueraient une exploitation forcée des actrices contraintes par la violence ou par la misère à des pratiques sexuelles auxquelles elles répugneraient. L'abus est en tout cas manifeste et légalement condamnable lorsqu'il concerne des enfants : la lutte contre la pornographie infantile a dû en particulier devenir beaucoup plus active avec le développement de l'Internet, qui a facilité la diffusion de celle-ci. À ces critiques majeures s'ajoute une critique secondaire (mais importante) concernant les risques de maladies sexuellement transmissibles encourus par les acteurs et actrices n'utilisant pas de préservatifs tout en incitant certains spectateurs à adopter des pratiques à risques.
D'autres critiques portent sur les effets supposés de la pornographie sur les spectateurs : la pornographie par la multiplication des scènes de violence faite aux femmes, serait une incitation au viol. En outre, l'on constaterait que la pornographie développe chez certains spectateurs des phénomènes de dépendance les poussant à augmenter leur consommation de telles images.
Les critiques portent sur les valeurs que véhicule la pornographie à réduire les femmes à n'être que des « objets » et ramènerait les relations amoureuses à de simples rapports sexuels.

L'organisation les Femen ont manifesté au "Salon de l'érotisme à Paris" le Bourget le 23 mars 2013 contre l'image de la femme dans la pornographie41. Alors qu'en 2009-2010 cette organisation Femen s'est opposé au Président Ukrainien "Viktor Iouchtchenko" et sa "loi contre la pornographie" avec l'actrice x Wiska42,43.
Industrie pornographique et le VIH

L'apparition du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) dans les années 1980 cause la mort de plusieurs actrices et acteurs de films pornographiques. Durant un temps, le port du préservatif est la règle aux États-Unis, mais les productions avancent que des films avec des rapports protégés sont moins achetés que ceux sans protection. Par conséquent, certains films sont réalisés sans préservatifs. Pour encadrer l'industrie et limiter les risques, l’Adult Industry Medical Health Care Foundation est créée aux États-Unis, qui se charge de tester les actrices et acteurs tous les mois et de recenser tous les partenaires sexuels, de manière à lancer une alerte dans les plus brefs délais dès qu'un cas de séropositivité est déclaré et arrêter tous les tournages. Dès lors, seuls quelques cas ont été recensés, bien souvent en dehors de l'industrie américaine (comme Darren James contaminé lors d'un tournage au Brésil) ou de tout tournage (comme Marc Wallice consommateur de drogue par intraveineuse).

Concernant les films homosexuels, le port du préservatif est de règle.

En France, plusieurs actrices et acteurs se battent pour le port du préservatif comme Julia Channel, Ovidie ou encore Clara Morgane. Nombre de films s'y conforment, notamment du fait que le Conseil supérieur de l'audiovisuel prescrit aux chaînes de télévision autorisées à diffuser des programmes pornographiques de ne pas en diffuser qui comportent des images de relations sexuelles non protégées par le port du préservatif, considérant que ce type de programme a une influence auprès des jeunes adultes sur leur comportement sexuel44.

À partir de 2006, Act Up-Paris entame un travail sur la prévention dans la pornographie. En juin 2006, Act Up-Paris publie une tribune dans Libération afin d'imposer le port du préservatif à la production pornographique à travers le monde45.

Depuis quelques années[Combien ?], l'industrie pornographique Brésilienne l'impose et ceci pour plusieurs raisons. L'avantage avancé est de montrer aux personnes qu'il est possible de prendre du plaisir avec un préservatif. Cet effet aurait eu un rapport positif dans la population brésilienne[réf. souhaitée].
Incitation à la violence

Certaines études montrent que la violence sexuelle vis-à-vis des femmes pourrait être due à l'usage de la pornographie46,47. D'autres sont plus pondérées en reconnaissant que la pornographie n'est pas le seul facteur48. D'autres études montrent que les effets de la pornographie sont variables49. La pornographie servirait en effet à certains individus d'exutoire dans lequel des fantasmes et des pulsions seraient libérés ; ceci permettrait que ceux-ci ressurgissent de manière moins fréquente dans la vie réelle.

Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de consensus sur la question et les diverses corrélations révélées par ces études n'impliquent pas nécessairement la cause.
Dépendance pornographique
Article détaillé : Dépendance à la pornographie.

L'existence de la dépendance pornographique n'est pas reconnue par la psychiatrie et ne fait pas consensus.

Une étude menée à l'Institut Max Plank for Human Development à Berlin indique une corrélation entre la consommation de pornographie et des atteintes de certaines zones du cerveau, pouvant provoquer une altération de processus cognitifs cruciaux. Selon les travaux des chercheurs allemands publiés le jeudi 29 mai 2014 aux États-Unis, des hommes qui passent beaucoup de temps à regarder de la pornographie sur internet paraissent avoir moins de matière grise dans certaines parties du cerveau et une activité cérébrale réduite. « Nous avons constaté un lien négatif significatif entre le fait de regarder de la pornographie pendant plusieurs heures par semaine et le volume de matière grise dans le lobe droit du cerveau » indique l'étude. « Ces effets pourraient indiquer des changements dans la plasticité neuronale résultant d'une intense stimulation du centre du plaisir », ajoutent-ils dans cette étude, publiée en ligne dans le Journal of the American Medical Association, Psychiatry. Les auteurs ne peuvent toutefois pas prouver que ces phénomènes sont provoqués par une grande consommation de pornographie et jugent que davantage de recherches sont de ce fait nécessaires. Mais selon eux, ces travaux fournissent la première indication de l'existence d'une corrélation entre le fait de regarder de la pornographie et une réduction de la taille et de l'activité du cerveau en réaction à une stimulation sexuelle.

Une étude publiée dans la revue Journal of the American Medical Association, Psychiatry observe une corrélation entre une consommation d'images pornographiques élevée, et une détérioration des connexions entre le striatum et le cortex préfrontal, la couche extérieure du cerveau liée au comportement et au processus décisionnel. « Des individus dont le volume du striatum est plus petit pourraient avoir besoin de plus de stimulations externes pour avoir du plaisir. Ils chercheraient ainsi dans la vue de films pornographiques davantage de plaisir, ce qui pourrait aussi conduire à en consommer de plus en plus », créant une sorte de dépendance, conclut l'étude50.
Immoralité ou nihilisme

Les détracteurs de la pornographie lui reprochent de nier la subjectivité humaine, de détruire les relations sentimentales à l'autre en en faisant l'instrument d'un plaisir insatiable. Ce caractère insatiable du désir mis en scène, dans la surenchère des signes de la jouissance (hurlements orgasmiques, frénésie des pulsions, multiplication presque sans limites des partenaires, réduction de l'être humain à la seule pulsion sexuelle) marqueraient paradoxalement l'absence totale du désir : en effet, désirer, c'est désirer quelqu'un ; l'élimination de la dignité d'autrui, par des pratiques de domination, anéantit le corps en le transformant en « viande » à consommer, alors que c'est cet être que l'on désirait51. On pourra tout de même nuancer cette critique en envisageant le caractère révélateur et non initiateur de la déconsidération humaine : il est possible que ce refus de reconnaissance de l'autre en tant que personne eut été d'ores et déjà présente, consciemment ou non, chez l'individu avant son passage à l'acte : la pornographie aurait alors seulement été une incitation renforçant de tels idéaux au point d'autoriser, du point de vue de l'être, leur application.[réf. nécessaire]

Certains[Qui ?] précisent que la pornographie brise l'idée même de l'intimité en voulant que tout soit absolument visible, alors que l'intimité est par définition ce que l'on montre à très peu, ou bien même ce qu'on ne peut absolument pas dévoiler. Ce serait alors un refus de l'autre comme autre, une vision caricaturale et en cela un manque fondamental de respect. Cette critique est néanmoins discutable dès lors qu'on se réfère à l'intention de la pornographie : les individus mis en scène, qu'ils soient amateurs ou professionnels, n'en demeurent pas moins consentants dans la diffusion de l'œuvre filmée (par opposition aux Sex tapes, réalisées sans le consentement des individus réalisant l'acte sexuel et violant alors effectivement leur intimité).

La pornographie refuserait par l'obsession de l'image et de la visibilité ce qui en l'autre reste toujours en partie inaccessible, distant, c'est-à-dire différent. Elle rendrait le rapport intime formaté, ou encore "prévisible". Sans doute qu'une certaine peur de la relation peut permettre de comprendre cette attitude, mais sans l'excuser. Sans être le mal absolu, la pornographie cinématographique serait le symptôme d'une difficulté réelle mais mal surmontée24. D'autre part, selon le sociologue américain Michael Kimmel, la banalisation de contenus à caractère pornographique sur internet aurait des effets néfastes sur la capacité même de certaines personnes à gérer la frustration sexuelle dans la mesure ou ils peuvent en quelques clics assouvir leurs fantasmes. La pornographie sur le net rendrait les hommes inaptes à supporter ou dépasser les insatisfactions inhérentes à la condition humaine, se réfugiant dans une sexualité de l'immédiateté et du voyeurisme narcissique plutôt que dans la recherche de partenaires réels 52.

Les détracteurs de la pornographie dénoncent une banalisation de la pornographie dans la société actuelle. Ils considèrent que cette banalisation est caractéristique de la passivité des spectateurs qui l'acceptent sans aucune conscience morale ; ils[Qui ?] avancent parfois cette citation de Fiodor Dostoïevski : « L'Homme est une ordure, il s'habitue à tout. » (Crime et Châtiment).

Alexandre Soljenitsyne pensait que « on asservit bien mieux les peuples avec la pornographie qu'avec les miradors ».

Certains[Qui ?] s'opposent à ces arguments considérant que ces discours ne s'appuient sur aucune donnée fiable sur les spectateurs de pornographie. Ainsi que le note Virginie Despentes : « Les articles et ouvrages consacrés au genre sont extraordinairement nombreux. Les études sérieuses le sont moins, on se donne rarement la peine d'enquêter sur les réactions des hommes qui consomment du porno. On préfère imaginer ce qu'ils ont dans le crâne que poser directement la question »53.
Psyché
Article détaillé : Comportement érotique.

Les processus neurobiologiques mis en jeu lors d'une activité pornographique existent également, en partie, chez l'animal :

« La perception et la représentation de l’activité sexuelle possèdent aussi, comme chez l’animal, un effet d’augmentation de la motivation, si bien que la pornographie met en jeu des mécanismes élémentaires communs à l’animal et à l’homme54. »

L'être humain cherche, dans ses activités sexuelles, à maximiser le plaisir érotique. Les images pornographiques, plus chez l'homme que chez la femme55, augmentent l'excitation sexuelle et l'intensité des plaisirs érotiques.
Études pornographiques (porn studies)

Domaine de recherches en sciences sociales apparu aux États-Unis au début des années 2000 puis en Europe56, il vise à étudier les représentations sexuelles, dans le texte ou dans l’image et, au-delà, à réfléchir à l’origine de ces représentations ainsi qu'à leur impact sur les pratiques57. Ses promoteurs insistent sur la nécessité des études pornographiques par le renouveau des controverses autour de l’influence de la pornographie sur les jeunes (sexualité, épilation...) et de la diffusion massive de pornographie permise par Internet58. D'ailleurs, en introduction du premier numéro de Porn Studies, les auteurs Clarissa Smith et Feona Attwood insistent sur la nécessité de combiner plusieurs perspectives sur l'étude de la pornographie, qui regroupent plusieurs disciplines tels que la psychologie, la sociologie, les cultural studies, l'éducation, la pédagogie ainsi que des études sur la pornographie en tant que genre cinématographique et en tant que performance59.

En avril 2014, le premier numéro de la revue académique trimestrielle Porn Studies a été publié en Angleterre. Le premier ouvrage francophone sur les études pornographiques est Introduction aux Porn Studies et a été publié en 2014, en Belgique, par Les Impressions nouvelles60.
Notes et références

↑ a et b Marie-Anne Paveau, Le discours pornographique, Paris, La Musardine, 2014, 395 p. (ISBN 978-2-84271-762-9), p. Chapitre : Notions et catégories : de quoi parle-t-on?
↑ N. M. Malamuth, International Encyclopedia of the Social & Behavioral Sciences, Pergamon, 2001 (ISBN 978-0-08-043076-Cool, « Pornography - Defining Pornography », p. 11817
↑ (en) Judith Roof, Encyclopedia of Sex and Gender, vol. 3 : J-P, Détroit (Michigan), The Gale Group, 2007, relié (ISBN 978-0-02-865963-3, LCCN 2007020796), « Pornography », p. 1173
↑ (fr) Vincent Cocquebert, « Tiffany Hopkins : « J'arrête le X » », Technikart,‎ 30 avril 2007 (consulté le 14 mars 2008)
↑ http://www.evene.fr/celebre/biographie/andre-breton-628.php?citations [archive]
↑ a, b, c, d, e et f Marie-Anne Paveau, Le discours pornographique, Paris, La Musardine, 2014, 395 p. (ISBN 978-2-84271-762-9), emplacement 1652 (version numérique)
↑ a, b, c et d François Perea, « Fragmentation et saisissement pornographiques », Itinéraires [En ligne], no 2014-1 | 2015,‎ 15 janvier 2015 (lire en ligne [archive])
↑ Inside Deep Throat
↑ Roland Barthes, La chambre claire, Paris, Gallimard, 1980, 192 p. (ISBN 978-2-07-020541-7)
↑ (en) Catharine Edwards, The Politics of Immorality in Ancient Rome, Cambridge University Press, 1993, p. 65
↑ Cyril Dumas, Le Sexe à Rome, Dossier de l’Archéologie, no 22, avril, hors-série (2012), édition Faton.
↑ le libertinage apparait au XVIe siècle en Italie (Cardan, Paracelse, Machiavel), puis au siècle suivant en France avec (Gassendi)
↑ cf.Michel Jeanneret, Éros rebelle. Seuil, 2003
↑ cf. Jean-Marie Goulemot, Ces livres qu'on ne lit que d'une main : lecture et lecteurs de livres pornographiques au XVIIIe siècle, Aix-en-Provence, Alinéa, 1991
↑ Alain Corbin, Le temps, le désir et l'horreur. Essais sur le XIXe siècle, éditions Champs/Flammarion, p. 81-90.
↑ Gilles Trudel et Sylvie Aubin, La Baisse du désir sexuel, Paris, Masson, 2003 (réimpr. 2003), 233 p. (ISBN 978-2-294-00999-0, lire en ligne [archive]), Variables cognitives dans la baisse du désir sexuel, chap. 1, p. 51-52
↑ Cf. Matthieu Dubost, La tentation pornographique - réflexions sur la visibilité de l'intime, 2005.
↑ Et bien avant l'écriture, avec les peintures rupestres comme l'a analysé Georges Bataille dans La Peinture préhistorique. Lascaux ou la naissance de l'art, publié en 1955. L'érotique de l’art préhistorique [archive]
↑ C'est d'abord de la littérature avant d'être de l'érotisme. Tout comme le roman policier, la science-fiction, elle ne peut être classée dans un genre mineur s'opposant à une littérature noble
↑ Paul Aron, Denis Saint-Jacques, Alain Vial (dir.), Le dictionnaire du littéraire, Paris, Quadrige, Presses universitaires de France, 2014 [2002], 814 p., p. 246
↑ http://galerie.brimaud.free.fr/fr/expo-erotique.htm [archive] (une petite animation du cache est visible sur cette page)
↑ L'œuvre pornographique de Léonard de Vinci [archive], diaporamas, 2010.
↑ Ruwen Ogien, 2003, p. 4
↑ a et b Matthieu Dubost, La tentation pornographique - réflexions sur la visibilité de l'intime
↑ Blu-Ray vs HD DVD : le porno fait gagner le HD DVD [archive], Ratiatum, 12 janvier 2007
↑ L'industrie du porno se tourne vers le HD-DVD [archive], Clubic, 15 janvier 2007
↑ L'industrie du porno opte finalement pour le HD-DVD ? [archive], PC INpact, 12 janvier 2007
↑ « L'industrie porno préfère le HD DVD » [archive], Branchez-vous, 12 janvier 2007.
↑ François Perea, « Fragmentation et saisissement pornographiques », Itinéraires. Littérature, textes, cultures,‎ 1er février 2015 (ISSN 2100-1340, DOI 10.4000/itineraires.2335, lire en ligne [archive])
↑ Gazette de Montréal, 19 mars 1997
↑ Enough is Enough
↑ Étude de l'année 2000 aux États-Unis par la chaîne de télévision MSNBC
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↑ Larry Clark censuré: «une attaque des adultes contre les ados» | Slate [archive]Larry Clark censuré: «une attaque des adultes contre les ados», slate.fr
↑ [1] [archive]FEMEN : elles interviennent au Salon de l'Erotisme du Bourget, 2013jourstranquilles.canalblog.com
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↑ Marie-Anne Paveau, Le discours pornographique, Paris, La Musardine, 2014, 395 p. (ISBN 978-2-84271-762-9), p. 23

Annexes
Bibliographie
Contre la pornographie

Richard Poulin, La Mondialisation des industries du sexe. Prostitution, pornographie, traite des femmes et des enfants ; éd. canadienne, Ottawa, L'Interligne, 2004, (ISBN 2-921463-94-6) ; éd. française, Imago, 2005, (ISBN 2-84952-013-6).
Michela Marzano, La Pornographie ou l'épuisement du désir, Éditions Buchet Chastel, novembre 2003. réédition en format de poche : Hachette Littératures, collection Pluriel
Laurent Guyenot, Le Livre noir de l'industrie rose. De la pornographie à la criminalité sexuelle, Imago, Paris 2000.
Guy Hénaut, L'École du viol : porno-addiction et crimes sexuels, Chambéry, éd. Exergue, 1997
Jean-Laurent Fernand, "La pornographie : un fléau social complice de l'exploitation de la prostitution", in Prostitution : problème mondial, une menace pour l'humanité, rapport du 29e congrès international, Stuttgart-Felbach, septembre 1997
Pauline Jeanne, "Pornographie et prostitution", in Prostitution et société, mouvement du Nid, no 91, septembre 1991
Dubost Matthieu, "La tentation pornographique, Réflexions sur la visibilité de l'intime", Ellipses, 2005

Défense de la pornographie

Virginie Despentes, King Kong théorie, Paris, Éditions Grasset, 2006, (ISBN 9782246686118).
Ovidie, Porno Manifesto, Paris, Flammarion, 2002, (ISBN 2080683446).
Olivier Smolders, Éloge de la pornographie, Liège, Éditions Yellow Now (Collection "De parti pris"), 1993, (ISBN 2873400854).
Nathalie Collard et Pascale Navarro, Interdit aux femmes: le féminisme et la censure de la pornographie, Boréal, 1996, 143 p. (ISBN 978-2-89052-755-3)

Neutres

Ouvrages

Dominique Baqué, Mauvais genre(s), érotisme, pornographie, art contemporain, éditions du Regard, 2002, ISBN 2-84105-143-9
Patrick Baudry, La Pornographie et ses images, Colin, Paris, 1997
Philippe Di Folco (dir.), Dictionnaire de la pornographie, Paris, PUF, novembre 2005, ISBN 2-13-054414-2
Ruwen Ogien, Penser la pornographie, Paris, PUF, 2003, ISBN 2-13-053867-3
Robert Stoller (1991). Porn. Myths for the twentieth century. New Haven: Yale University Press.
Syndicat de la magistrature, Le Sexe et ses juges, éditions Syllepse, 2006, ISBN 2-84950-091-7
Mathieu Trachman, Le travail pornographique. Enquête sur la production de fantasmes, La Découverte, 2013, 300 p. (ISBN 9782707175441)
Linda Williams (1989). Hard Core, Power, Pleasure and the 'Frenzy of the Visible'. Berkeley: University of California Press.
Linda Williams (dir.), Porn Studies, Durham, Duke University Press, 2004, ISBN 0-8223-3312-0

Articles

Alain Giami, de Colomby, P., & ACSF (1997). La vie sexuelle des amateurs de pornographie. Sexologies - Revue Européenne de Sexologie Médicale, 6(22), 40-47.
Patrick Schmoll, "L'organisation spectaculaire de l'intime. L'exemple de la pornographie", Revue des sciences sociales, 33, 2005, p. 66-77
Patrick Schmoll, « La pornographie : de l'interdit de montrer à l'empêchement de penser », in Matières à controverses, Strasbourg, Néothèque, p. 167-178, ISBN 978-2-35525-054-5

Témoignages

HPG, Autobiographie d'un hardeur. Entretiens avec Stéphane Bou et Karine Durance, Hachette, Paris, 2002
Ovidie, Films X : y jouer ou y être. Un entretien avec Michela Marzano, éditions Autrement, collection Le corps plus que jamais, Paris, 2005 (ISBN 2-7467-0654-7)
Raphaëla Anderson, Hard, récit, Éditions Grasset & Fasquelle, Paris, mai 2001 (ISBN 2-2466-1511-9). Réédition Le Livre de poche. (ISBN 2-2531-5449-0) extrait
John B. Root, Porno Blues ou la belle et édifiante histoire d'un réalisateur de films, La Musardine, Paris, 1999
Coralie Trinh Thi, La voie humide, une œuvre au rouge, Au diable vauvert, Paris, 2007 (ISBN 978-2-84626-123-4)

Articles connexes

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Acteur de films pornographiques
Classement X
Comportement érotique
Dépendance à la pornographie
Érotisme
Excitation sexuelle
Féminisme pro-sexe
Film pornographique
Guerres pubiennes
Industrie du sexe
Liste des studios produisant des films pornographiques
Littérature et sexualité
Porno chic
Pornographie gonzo
Pornographie réalité
Publisexisme
Révolution sexuelle
Salle de cinéma pour adultes
Sexisme
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:28

Bondage des testicules et torture du pénis

La torture des organes génitaux masculins (ou plus familièrement torture de couilles) (traduction de l'anglais cock and ball torture abrégé en CBT) désigne un ensemble de procédés appliqués en particulier par les adeptes de BDSM, qu'il s'agisse de brûlures infligées aux organes génitaux masculins par de la cire chaude, de « fessée » administrée aux mêmes organes, d'écrasement des testicules, de flagellation des parties génitales, de sondage urétral, d'électro-stimulation érotique voire d'électro-torture, de chatouillements, de coups de pieds sur les testicules, etc. Cet article présente les tortures les plus connues ainsi qu'un cas particulier qui s'y rattache : le tamakeri japonais.

D'une pratique régulière ou d'une utilisation dans le cadre d'une punition, ces supplices ne sont pas l'apanage du sadomasochisme. Au Moyen Âge, certaines tortures visaient les organes génitaux, que ce soit lors des interrogatoires de l'Inquisition ou les condamnations à mort pour trahison en Angleterre avec l'émasculation selon le rite du « Hanged, drawn and quartered ».[précision nécessaire]

Ces pratiques qui consistent à tourmenter le scrotum et les testicules d'un partenaire, sont généralement associées à un jeu sexuel. Sous ce terme, on peut en fait distinguer des pratiques anodines qui provoquent une douleur assez légère éventuellement associée à une excitation considérée comme agréable et la torture proprement dite, qui provoque d’intenses souffrances.

Le tamakeri

Le tamakeri (玉蹴り)(lit. coups de pieds dans les couilles) est une forme de fétichisme sexuel qui émaille les films pornographiques et les films d'horreur japonais (ex : le film Busted Balls). Le partenaire dominant (en général une femme) montre sa supériorité en tenant les testicules du partenaire dominé à sa merci dans le but de lui faire exécuter ses instructions. Elle lui boxe les testicules comme elle le ferait d'un punching ball ou lui expédie coups de pied et de genoux dans les organes génitaux. Elle peut aussi saisir les testicules et les écraser douloureusement entre ses doigts ou leur faire effectuer un certain nombre de tours de spire.

Erika Nagaï (en), une actrice spécialisée du genre, se sert de ses connaissances en arts martiaux pour envoyer des coups de genoux ou des coups de pieds dans les testicules de ses partenaires.

Les vidéos de tamakeri satisfont le penchant qu'ont certains hommes pour le sadisme à l'égard de la gent masculine. L'idée d'avoir leurs propres testicules pressés, écrasés et tordus (dans le cadre d'un jeu choisi) les stimule sexuellement. Le tamakeri, exécuté dans des films pornographiques, est suivi par des scènes de sexe, ce qui implique que l'acteur soit exceptionnellement résilient.

Ce genre plaît surtout aux hommes mais aussi à certaines femmes au Japon et ailleurs. Les actrices de ce genre de films sont de jeunes mannequins au chômage ou bien des actrices confirmées qui n'interprètent qu'occasionnellement de tels rôles, comme c'est le cas, par exemple, d'Erika Nagaï qui en a fait une spécialité.[réf. nécessaire] Les acteurs sont, en revanche, souvent d'authentiques masochistes candidats pour tourner dans ce type de vidéos.
Les différentes tortures
Un ballstretcher.
Les ballstretchers

Littéralement « étireur de couilles », ce sont généralement des anneaux en métal, cuir, latex ou matières plastiques. L'effet d'allongement est le fruit de l'extension imposée et, pour les variantes en métal, du poids variant de 0,3 kg à plus de 2 kg qui est appliqué aux testicules qui progressivement s'affaissent. Ils positionnent à la base du scrotum qu'ils permettent d'étirer d'une distance de 2 à près 12 cm (voire même 30 cm pour les hommes ayant un scrotum initialement laxe)

Certains de ces ballstretchers sont fixés avec des vis, et peuvent être munis de pointes internes ce qui intensifie la douleur. Ils peuvent également être associés à des poids externes (quelques centaines de grammes à 2 kg[réf. nécessaire]) qui pèseront sur les testicules1.
Les séparateurs

Généralement associés à un cockring, ils sont formés d'anneaux se plaçant de telle façon qu'une pièce métallique s'intercale entre les deux testicules, séparant ainsi le scrotum en deux parties distinctes.
Les parachutes

Ce sont des cônes de cuir (le plus souvent), de métal ou de latex qui s'accrochent à la base du scrotum via des lanières. Ils comportent de trois à quatre courtes chaînes qui peuvent servir de points d'attache à des poids. Sa ressemblance avec le parachute aérien est évidente. Les parachutes sont essentiellement décoratifs mais peuvent également être garnis de pointes sur leur face en regard des bourses.

Utilisé dans le cadre d'une relation intime au sein d'un BDSM, le parachute exerce une traction constante et un effet de pression sur les testicules de celui qui le porte. Des poids plus ou moins lourds peuvent y être suspendus. Ils sont particulièrement lourds pendant le bondage et seront plus légers lorsque le dominé est libre de ses mouvements. Dans ce cas, le balancement d'un poids trop lourd pourrait limiter certains mouvements de l'homme en même temps qu'il procure un stimulus visuel du partenaire dominant.
La cire chaude

Le cire chaude peut être utilisée afin de brûler et d'épiler le scrotum. Elle provient le plus souvent d'une bougie en train de se consumer mais peut aussi être obtenue à l'aide d'appareils électriques destinés à l'épilation. Il existe à cette fin des cires dont le point de fusion est relativement bas pour que le supplice puisse se dérouler dans des conditions optimales de sécurité.
L'infusion du scrotum

Consiste à plonger les bourses dans un petit récipient contenant de l'eau chauffée à une température élevée. Elle est censée provoquer une stérilité temporaire, les spermatozoïdes ne résistant pas à une chaleur excessive.
L'électro-torture

Elle se pratique en appliquant des électrodes sur le scrotum ou autour de la verge, de façon à délivrer des décharges électriques d'intensité variable.
Les nuts-crackers

Littéralement « casse-noix », permettent d'exercer de fortes pressions sur les bourses. Il peut s'agir de deux planchettes reliées par quatre vis qu'on peut serrer ou de dispositifs plus complexes tels que des tubes métalliques comportant en leur centre une grande vis soudée à son sommet à une pièce métallique en contact avec les bourses. La pratique de l'écrasement des testicules servait autrefois à la castration des castrats de l'opéra entre autres et relève donc d'une pratique dangereuse qui peut aboutir à la stérilité de l'homme, infraction réprimée par le code pénal comme mutilation aux dispositions de l'article 222-9 du code pénal.
Des poids

De quelques centaines de grammes à 2 kg, ils sont souvent utilisés en association avec les ballstretchers et les parachutes.
Le humbler
Homme avec humbler.

Du verbe anglais to humble (humilier ou plus littéralement : rendre humble) il est également rattaché à la torture de couilles.

Il est constitué d'un ball cuff (« menotte à couilles ») qui se ferme sur la base du scrotum et monté au centre d'une barre qui passe derrière les cuisses à la base des fesses. Le ball cuff ferme à l'aide d'une clef. Qui ne la possède pas ne peut pas retirer l'appareil. Le humbler oblige son porteur à fléchir les jambes et à ramper à genoux, étant donné que tenter de se redresser provoquerait une traction sur le scrotum qui constituerait une douleur considérable. En raison de la force des muscles des membres inférieurs, le humbler peut provoquer des lésions irréversibles et doit être utilisé avec précaution. Des lésions peuvent également être causées par un port prolongé.
Le testicle cuff

C'est une variante du précédent. Il comporte, en plus du ball cuff, un anneau qui enserre la base du pénis. Il ferme également à clef.

Certaines personnes aiment posséder, d'autres être possédés. Le port du testicle cuff donne à celui qui le porte la sensation d'appartenir à son partenaire. De plus, il apporte un certain degré d'humiliation qui lui procure une excitation sexuelle. Au total, les cuffs peuvent éventuellement faire partie du fétichisme sexuel de celui qui le porte aussi bien que de son partenaire.
L'orgasme forcé

C'est une torture du pénis. Il s'agit, dans le milieu du BDSM, d'un jeu dans lequel le partenaire dominant procure un orgasme au partenaire soumis alors que celui-ci tente de retarder son éjaculation le plus longtemps possible.

En général, le dominant continue à masturber le partenaire soumis après l'orgasme, ce qui s'avère désagréable et même douloureux en raison de la sensibilité du pénis pendant la période réfractaire. Cependant, l'excitation du soumis est due en partie à cette période douloureuse qu'il doit surmonter pour jouir derechef. Un autre aspect souvent jugé excitant par les adeptes de cette pratique est que le soumis n'a pas de contrôle pour décider quand et comment il éjaculera.

Il est également fréquent d'utiliser l'orgasme forcé comme préparation à l'orgasme interdit : le soumis est forcé de jouir de nombreuses fois pendant quelques jours afin de provoquer une sorte d'addiction puis la phase d'orgasme interdit commence et il ne lui est plus permis de jouir pendant une période plus ou moins longue.
Le Numbing

Cette pratique consiste à engourdir partiellement ou intégralement la verge à l'aide de pommades anesthésiantes. En y associant le port d'un cockring, l'homme peut garder son érection mais n'éprouve plus de stimulation ni de plaisir lors du rapport sexuel.

Il peut ainsi rester en érection très longtemps, ce qui prolonge considérablement la pénétration.

C'est une pratique très prisée pour la frustration sexuelle qu'elle procure à l'homme. Elle est souvent utilisée en complément du port d'une cage de chasteté masculine.
Brimades scolaires assimilables à la torture des organes génitaux

Le wedgie est une pratique en vogue aux États-Unis qui consiste à tirer les sous-vêtements de la victime de façon à lui écraser les testicules.
Le Happy Corner, très pratiqué sur les campus universitaires en Chine et à Taïwan consiste à choquer contre un poteau les parties génitales de la victime.

Notes et références

↑ (en) Hartley, Nina : « Guide to Total Sex », 2006, p. 136

Voir aussi

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Articles connexes

BDSM
Bondage
Dominatrice
Jouet sexuel
Tease and denial

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Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme (BDSM)
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Sexologie
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:29

La révolution sexuelle recouvre les changements substantiels du comportement et des mœurs sexuels intervenus en Occident à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Ce mouvement est essentiellement marqué par l'émancipation sexuelle des femmes, l'affirmation de l'égalité des sexes et la reconnaissance des sexualités non procréatrices et non conjugales.

Cette révolution est consubstantielle à deux éléments essentiels. Le premier est la sortie des régimes démographiques anciens, marqués par l'omniprésence de la mort et la nécessité d'engendrer de nombreux enfants pour contrer cette dernière, et l'entrée dans les régimes démographiques contemporains, caractérisés par une faible mortalité qui rend indispensable la limitation de la fécondité, pour empêcher tout risque d'explosion démographique. Le second élément est une révolution scientifique marquée par un faisceau de découvertes et d'avancées dans le domaine de la sexualité : la diffusion du préservatif en latex après les années 1930, le traitement des maladies sexuellement transmissibles, au premier lieu desquelles la syphilis qui faisait des ravages depuis la Renaissance, avec la découverte des antibiotiques à partir de 1941, et la diffusion de la contraception (le stérilet est inventé en 1928, et la pilule contraceptive découverte au début des années 1950).

Elle s'accompagne d’une « révolution du droit » en Occident par lesquels les femmes acquièrent progressivement une égalité législative, notamment l'obtention du droit de vote et donc la possibilité de pousser aux réformes qui les concernent, l'égalité au sein du couple1, le droit à la contraception2 et le droit à l'avortement3.

Si l'acte sexuel était risqué, entrainant la possibilité d'une procréation non voulue, le risque de maladies sexuellement transmissibles ne l'est plus que dans une moindre mesure. La révolution sexuelle se développe dans ce contexte ; on parle d’« amour libre ».

La révolution scientifique et ses conséquences
Fin des régimes démographiques anciens

La « révolution sexuelle » puise sa première origine dans le changement de régime démographique occasionné dans les pays occidentaux par les progrès de la médecine. Les régimes démographiques anciens (avant le XIXe siècle) se caractérisaient par l'omniprésence de la mort dans la vie des sociétés humaines. La forte mortalité des enfants et des adolescents sous l'effet de maladies comme la rougeole, la rubéole, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite ou la tuberculose obligeait les couples à engendrer systématiquement une progéniture nombreuse (entre sept et dix enfants par femme, voire davantage), car il s'agissait du seul moyen de garantir le renouvellement des générations. Autrement, ce dernier aurait été facilement compromis, dans la mesure où un enfant sur trois (voire un enfant sur deux) n'atteignait pas l'âge adulte. Les nombreuses causes de surmortalité des adultes dans les sociétés anciennes (guerres, famines, épidémies) rendaient d'autant plus nécessaire cette forte fécondité. Dans ce contexte, ce n'était pas le plaisir qui apparaissait comme la finalité première de la sexualité humaine, mais bien la procréation. Une morale sociale ou religieuse prônant le refus du plaisir sexuel et la réduction de la sexualité au seul engendrement des enfants pouvait donc facilement trouver de nombreux adeptes.

Les choses changent radicalement à partir du XIXe siècle, principalement avec les progrès de la médecine (antibiotiques, vaccination, etc.) qui font fortement reculer la mortalité grâce à la lutte contre les maladies frappant les enfants et les adultes. La mort cesse d'accompagner chaque instant de la vie des hommes. Désormais, tous les enfants arrivent presque systématiquement à l'âge adulte. Dans les pays occidentaux, il s'ensuit dans un premier temps une phase d'explosion démographique, qui régresse et s'apaise à partir de la première moitié du XXe siècle, lorsque les couples se mettent à limiter volontairement leur fécondité à la suite de plusieurs facteurs (constat de l'inutilité - voire de la nocivité sociale - d'une descendance nombreuse, émancipation des femmes, etc.). C'est l'entrée dans les régimes démographiques modernes, caractérisés par une faible mortalité et une fécondité très réduite (deux enfants par femme en moyenne) sous l'effet d'un choix volontaire des couples, qui adoptent une attitude contraceptive.

Ce changement de régime démographique bouleverse la conception de la sexualité dans les pays occidentaux et ouvre la voie à une réhabilitation de la recherche du plaisir. Désormais, en effet, un couple n'a plus besoin que de deux coïts reproductifs dans sa vie pour renouveler les générations. La sexualité des hommes et des femmes ne peut donc plus être considérée comme tournée exclusivement vers la procréation. Du coup, les doctrines valorisant le rejet du plaisir sexuel et la focalisation sur la seule génération sont battues en brèche au profit d'une nouvelle morale qui prône comme facteur essentiel d'épanouissement dans la vie la recherche de l'orgasme, indépendamment de toute volonté d'engendrer des enfants. D'autre part, comme le renouvellement des générations semble garanti, les formes de sexualité non reproductives (homosexualité, masturbation, sodomie, etc.) n'apparaissent plus comme une menace pour l'avenir des sociétés humaines, d'où leur réhabilitation.
Perfectionnement de la contraception masculine

À la suite de la révolution industrielle du dix-neuvième siècle, les progrès de la science et des techniques ont pour conséquence la fabrication de meilleurs contraceptifs. Les avancées dans la fabrication et la production du latex rendent possible la fabrication des préservatifs qui peuvent être employés par les hommes et les femmes pour empêcher la grossesse, à bas coût. À l'origine (1855) en caoutchouc et d'une épaisseur de un à deux millimètres, les préservatifs présentent une couture latérale, sont onéreux (quoique réutilisables !) et peu répandus. En 1912, Julius Fromm, un chimiste polonais, invente un procédé de production qui consiste à tremper un moule en verre dans la solution de latex ce qui permet l'obtention de préservatifs plus fins et sans couture. La marque Fromms Act est commercialisée en 1919 et toujours en vente de nos jours en Allemagne. Dès les années 1930, la production de masse de ce produit permet l'obtention d'un produit aussi fin et aussi bon marché que celui que nous connaissons aujourd'hui. L'usage du préservatif s'est réellement répandu avec la Seconde Guerre mondiale, les GI's américains se voyant fortement incités à leur utilisation : « Don't forget — put it on before you put it in. » En effet, les vétérans de la Première Guerre mondiale étaient revenus en nombre infectés d'une maladie vénérienne [réf. nécessaire] et les autorités militaires ne souhaitent alors pas que cela se renouvelle.
Développement des antibiotiques

Le développement des antibiotiques dans les années 1940 rend guérissables la plupart des maladies vénériennes autrefois graves, enlevant la peur et la menace des maladies sexuellement transmises telles que la syphilis.

Jusqu'alors, la syphilis associée à la propagation vénérienne habituelle pose un grave problème de santé publique. À partir de 1870 quand la maladie et ses symptômes sont formellement identifiés, les traitements à base de mercure sont largement diffusés mais les médecins ont souvent des difficultés à convaincre leurs patients de traiter cette maladie peu spectaculaire dans ses formes bénignes. Le mercure, remède pluricentenaire et l'iodure de potassium offrent une solution de traitement. Mais dans les faits, le mercure tuait autant que la syphilis elle-même. On comprend la réticence des malades à se soigner et, par conséquent, le problème insoluble de santé publique qui se posait.

La pénicilline (pénicilline G) est découverte par Sir Alexander Fleming en septembre 1928. Elle n'est introduite pour des thérapies qu'à partir de 1941, treize ans plus tard, ne servant jusque là qu'en laboratoire, à nettoyer les boîtes de Petri de leurs bactéries. Elle sera largement diffusée après-guerre pour soigner les maladies vénériennes d'origine bactérienne.
Émergence et généralisation de la contraception féminine

Les progrès en chimie, pharmacologie, et connaissance de la biologie et physiologie humaine mènent à la découverte et au perfectionnement des contraceptifs, stérilet ou pilule contraceptive.

Le stérilet est un dispositif de contraception intra-utérin inventé en 1928 par Ernst Gräfenberg, il contient du cuivre qui a un effet spermicide et provoque une légère inflammation de la muqueuse qui la rend impropre à la nidation. Il s'agit de la méthode réversible de contrôle des naissances la plus largement utilisée.

La recherche concernant la pilule contraceptive commence en 1953 avec les travaux des docteurs Gregory Pincus et Min Chueh Chang (en), sous l'impulsion de la pionnière du planning familial qu'est Margaret Sanger et grâce aux financement privé fourni par Katharine McCormick, riche héritière et suffragette. Les premiers tests ont lieu en 1956 à Porto Rico et l'autorisation de mise sur le marché américain est donnée par la Food and Drug Administration le 9 mai 1960. D'abord réservé aux seules femmes mariées, puis étendu aux femmes célibataires, son usage se généralise en dépit de résistances légales. L'apparition des méthodes de contraception permet aux couples de contrôler leur reproduction. Elles sont accessibles en France à partir de 1967.

La disponibilité de préservatifs en latex bon marché, pour les hommes et du stérilet et de la pilule contraceptive pour les femmes contribue à libérer la sexualité de la menace de la grossesse, dissociant rapports sexuels et procréation. Si, avec le préservatif ou des méthodes plus traditionnelles comme le coït interrompu, les femmes étaient soumises au bon-vouloir de leurs partenaires masculins en termes de limitation du risque de grossesse, avec le stérilet et la pilule contraceptive, elles prennent la maîtrise de la fonction reproductrice de leur corps et s'affranchissent. Cela ne se fait pas sans résistance de la part du « pouvoir patriarcal » qui freine la légalisation et la diffusion des produits de ces découvertes scientifiques. Ce frein fait l'objet d'une analyse détaillée ci-dessous.

La médicalisation de l'avortement et sa légalisation le rendent plus sûr et plus accessible. Il ne s'agit pas d'une « révolution scientifique » en tant que telle, les méthodes employées étant connues, sa médicalisation, l'interruption volontaire de grossesse ou IVG, le rend en revanche moins risqué pour les femmes qui parfois décédaient d'une septicémie à la suite d'une intervention par une faiseuse d'anges, ne respectant pas toujours les principes d'asepsie. Une innovation scientifique en la matière, l'IVG médicamenteuse (RU 486) a lieu après la révolution sexuelle proprement dite. Les femmes obtiennent ainsi un moyen de contrôler la fonction reproductrice de leur corps au prix d'une lutte contre un important barrage légal4.

Une fois tombées les menaces jumelles de la maladie sexuellement transmissible et de la grossesse non désirée, la génération du baby boom, née après la Seconde Guerre mondiale, va peu à peu faire disparaître les contraintes traditionnelles sur le comportement sexuel : contraintes morales, religieuses et légales.
Le sexe et la morale

Le sexe est une pulsion, un instinct irrépressible et comme tous les êtres vivants, l'homme ne fait pas exception à la pression. Cependant, l'homme n'est pas régi que par son instinct ; c'est également un être social et les sociétés qu'il constitue n'ont eu de cesse de réguler, contrôler, normer l'acte sexuel, sa suggestion qualifiée d’érotique ou sa représentation qualifiée de pornographique.
Gravure érotique maniériste

L'humanité n'a pas attendu les années 1960 pour être libertine.

Ce qui caractérise la révolution sexuelle, c'est :

le déclin d'une morale normative née de la subordination de la femme[non neutre], et l'opposition à toute forme d'autorité sur la vie privée en général. La génération du baby boom impose une culture de jeunesse ;
le passage du « sexuel » en termes de libertés de la sphère du privé à celle du public. Ce qui se faisait dans les alcôves et se vendait « sous le manteau » a désormais droit de cité ;
en parallèle avec l'émergence du consumérisme, le développement d'une idéologie hédoniste de la jouissance.

Le poème Annus Mirabilis de Philip Larkin5 cristallise l'esprit de la révolution sexuelle dans cette première strophe :

Les rapports sexuels ont commencé
en mille neuf cent soixante-trois
(qui étaient plutôt tardifs pour moi)
entre la fin d'interdit de Chatterley
et le premier disque des Beatles en LP.

Le déclin du patriarcat et du poids social des Églises

Les années 1960 et 1970 voient le recul d'une moralité à caractère patrimoniale fondée sur la tradition de chasteté judéo-chrétienne et l'émergence de sociétés permissives, ainsi que d'attitudes qui acceptent une plus grande liberté sexuelle qui se manifeste dans l'expression « amour libre ».

Des préceptes comme le « croissez et multipliez » de la Genèse, sont controversés dans des pays développés (Europe du Nord, États-Unis) sous l'influence du protestantisme. En juillet 1968, avec l'encyclique Humanae Vitae, le pape Paul VI redéfinit la position de l'Église catholique romaine « sur le mariage et la régulation des naissances » marque ce décalage entre libéralisme social catholique et malthusianisme protestant.
Les théoriciens de la sexualité

Pour Sigmund Freud, le comportement humain est enracinée dans la libido. Ce paradigme psychanalytique modifie l'image de soi d'une culture entière. La pruderie victorienne est remplacée par une nouvelle conscience du désir sexuel. Les hommes ont un complexe d’Œdipe et les femmes ont une envie de pénis. Le sein de la mère est la source de toute sensation érotique de la vie postérieure.Pourtant, cette théorie freudienne est critiquée par des professionnels [Qui ?] dans le domaine.

Cette nouvelle philosophie est le soutien d'une nouvelle idéologie intellectuelle et culturelle du nouvel âge de la franchise sexuelle. Ce sont les disciples plus "révolutionnaires" de Freud, Otto Gross et particulièrement Wilhelm Reich, qui inventent l'expression « révolution sexuelle », développent une sociologie de sexe dans les années 1920 et 1930 en participant au début de la sexologie.

En 1948, Alfred Kinsey et ses collègues, répondant à une demande d'information des étudiant(e)s de l'université de l'Indiana sur le comportement sexuel humain, publient le Comportement sexuel de l'homme (Sexual behavior in the human male), et, cinq ans après, le Comportement sexuel de la femme (Sexual behavior in the human female). Leur publication amorce une révolution dans les représentations de la sexualité, et met la sexualité humaine en lumière. À l'époque, la moralité publique réprouve les discussions ouvertes à propos de sexualité humaine, et plus particulièrement sur les comportements sexuels qui n'ont pas pour finalité la procréation. Ces livres qui étudient par exemple la fréquence de diverses pratiques sexuelles comme l'homosexualité, font scandale et auront une influence considérable, beaucoup estimant que l'étude du comportement sexuel risque de briser la structure familiale et de détériorer la société américaine.

Ces livres constituent une base pour le travail de William Masters et Virginia Johnson, dont l'étude initiale, Les réactions sexuelles (Human sexual response), parue en anglais en 1966, explicite la physiologie de la clinique de la sexualité.

Le Rapport Hite en abordera d'autres détails environ dix ans plus tard.

Les écrits d'Herbert Marcuse et de Wilhelm Reich se référant parfois à Karl Marx fournissent à l'ensemble une justification politique. La morale concernant les questions sexuelles s'en ressent.
La parole et les actes se libèrent

L'ampleur réelle de cette évolution des mœurs reste incertaine. Le changement principal n'est pas une augmentation du nombre de rapports sexuels ni dans des formes nouvelles de sexualité. Mais simplement l'apparition d'une parole plus ouverte que les générations précédentes sur ce sujet. Pour l'historien David Allyn (en), c'est une période où on se montre plus tolérant pour le sexe prénuptial, la masturbation, les fantasmes érotiques, la pornographie et, éventuellement, l'homosexualité.

Dans la pratique, le grand succès en France du roman La Garçonne de Victor Margueritte, publié en 1922, ne semble pas confirmer cette thèse. En Europe, on l'imputerait à la diffusion graduelle dans le grand public des écrits de Sigmund Freud, Margaret Mead, etc. Mais cette thèse est actuellement controversée par les philosophes athées tels que Michel Onfray qui y voient un schéma régressif de la femme.

Aux États-Unis, ce conformisme prend des traits puritains, en contradiction avec des schémas culturels plus libéraux. En réaction à cette période de puritanisme de guerre froide, une révolution culturelle aurait eu lieu sous la forme d'une révolution sexuelle.

Le comportement sexuel de la grande majorité des femmes date pourtant d'une génération après le début de la « révolution ». Les femmes arrivant à la maturité sexuelle après environ 1984 ont des comportements similaires à ceux admis en général chez les hommes, sauf dans les foyers les plus religieux. Elles tendent, en dépit des épidémiologies actuelles du SIDA ou des autres MST graves, à mentionner davantage de partenaires, deux à trois, et commencent les rapports sexuels classiques trois à cinq ans avant les femmes de la génération des années 1970. Néanmoins ses effets statistiques sont stabilisés depuis les années 1970.

La représentation de la nudité, jusque là enfermée dans le carcan d'un prétexte mythologique (la cohorte des dieux gréco-romains aux multiples amours, les nymphes aux cuisses diaphanes, Éros s'il ne fallait nommer que lui) se libère, envahit alors la publicité, les magazines érotiques ou pornographiques se vendent en kiosques. Le naturisme se développe. L'éducation sexuelle fait son entrée dans les collèges et les minijupes font leurs premières sorties dans la rue. La chanson 69 Année érotique de Serge Gainsbourg n'aurait pu voir le jour sans cette libération des mœurs.

Un retour en arrière a lieu quelques années plus tard, les positions morales au sujet de la sexualité devenant nettement plus conservatrices dans les années 1980, en partie à cause de l'épidémie de SIDA. Une seconde vague vient avec Michel Houellebecq qui, dans son premier roman Extension du domaine de la lutte, entend montrer que le libéralisme sexuel conduit aux mêmes situations instables que le libéralisme économique.
La politique du sexe

La question de la libération sexuelle est lancée en France avec la publication en 1966 d’un numéro de la revue Partisans « Sexualité et répression » qui comprend des contributions des principaux théoriciens de la révolution sexuelle et des enquêtes sur la situation des jeunes et des femmes visant à illustrer la misère sexuelle. Ce numéro ouvre le débat sur cette question en se situant dans la perspective de l’émancipation générale des hommes : « Il nous a donc semblé nécessaire de montrer l’importance fondamentale du vieux débat, liberté ou répression, dans la perspective de cette société égalitaire et libertaire que nous souhaitons voir naître un jour ». D’emblée, et dès avant les événements de mai 1968, la question de la répression et de la libération sexuelle est posée en termes politiques. Un deuxième numéro de Partisans sur le même thème paraîtra en 1972. Il poursuit l’élaboration théorique de la révolution sexuelle et accorde une section importante à la répression de l’homosexualité. Il s’agit de l’une des rares tentatives qui traite conjointement des homosexuels et des « hétérosexuels». Le Rapport contre la normalité (manifeste du Front homosexuel d’action révolutionnaire) paraît en 1971 et s’inscrit aussi dans le courant révolutionnaire dont il critique le conformisme sexuel et la phallocratie. « Si donc nos rapports homo-sexuels sont par définition la négation de certains rapports sociaux constitutifs du patriarcat et du capitalisme, pourquoi n’avons-nous pas toujours été une force révolutionnaire ? ». (Giami, 2002)

Un personnage important qui a joué un rôle fondamental dans le développement du mouvement de mai 68 en France est : Boris Fraenkel décédé à Paris le 23 avril 2006 à l'âge de 85 ans.

Les années 1960 et 1970 marquent d'une certaine manière la fin du patriarcat, de la censure et l'avancée de l'égalité des femmes dans les législations nationales.

La politique est imbriquée dans des questions sexuelles connexes, appelées la « politique du sexe »6. Le droit d'une femme à un avortement suscite des réactions d'activistes traditionalistes contre des avortements de la « pro-vie » contre les « pro-choix ». La libération sexuelle, couplée à l'individualisme, suscite ainsi parfois un courant réactionnaire puissant, qui s'incarne par exemple dans la dictature de la Révolution argentine (1966-73), influencée par le national-catholicisme7. Le sexe entre les personnes du même genre, l'homosexualité, strictement tabou à différentes époques, de domination de la société par l'Église, n'est plus stigmatisé. Les femmes et les hommes, lesbiennes et gays, réclament et obtiennent de nombreux droits précédemment réservés aux couples hétérosexuels.

Pour André Giani, la révolution sexuelle est impensable sans la prise en compte de son corollaire : la misère sexuelle, et la répression sexuelle qu'elle a pour fonction de combattre et d'éradiquer. "La misère sexuelle consiste principalement dans l’absence ou la faiblesse de vie sexuelle non reproductive. La répression sexuelle réside dans l’ensemble des dispositifs, sociaux, médicaux, légaux, idéologiques, esthétiques, qui contribuent à l’affaiblissement ou à l’absence de vie sexuelle non reproductive. La libération sexuelle se définit comme la conquête des possibilités de vie sexuelle non reproductive et de la satisfaction qui est supposée y être associée à un niveau psychologique (comme dépassement des processus psychologiques qui s’opposent à ces possibilités). La révolution sexuelle décrit la politisation de la lutte contre les dispositifs de la répression sexuelle et s’inscrit dans un projet de transformation de la société qui peut prendre des formes réformistes et/ou radicales (Giami, 2002).


Fin de la censure au cinéma

La doxa cinématographique américaine, très conservatrice au milieu du XXe siècle, est inscrite dans le code Hays qui spécifie que :

l'adultère, parfois nécessaire pour la narration, ne doit pas être présenté explicitement, ou justifié, ou présenté d'une manière attrayante,
les scènes de passion (baisers, caresses, gestes suggestifs) ne doivent pas être présentées sauf si elles sont essentielles au scénario,
toute référence à la perversion sexuelle est formellement interdite ; séduction et viol sont des sujets interdits d'écran ou fortement censurés,
la présentation de rapports amoureux entre les personnes de race blanche et celles de race noire est interdite,
l'hygiène sexuelle et les maladies vénériennes ne sont pas des thèmes abordés au cinéma,
la naissance d'un enfant (même en silhouette) ne doit jamais être représentée8,
la nudité (réelle ou suggérée) est interdite ainsi que les allusions d'un personnage à ce sujet,
les danses lascives et les costumes trop révélateurs sont interdits.

Bref, le cinéma se veut le reflet d'une société morale, prude, austère, bien-pensante, correcte. Dans les faits, la société est éloignée de ce miroir déformant : c'est ce que révèlent les travaux publiés par Alfred Kinsey en 1948 et 1953.

Le code Hays est aboli en 1966 et cède la place à un climat érotique croissant popularisé. Progressivement, l'opinion publique devient plus tolérante vis-à-vis de la nudité partielle pour les hommes, et de l'affichage des seins pour les actrices, d'abord dans les « films adultes », et plus tard dans les films plus grand public. En France, Et Dieu… créa la femme marque, en 1956, la propulsion de Brigitte Bardot au rang de sexe-symbole et déchaine une hystérie médiatique : toute la société française n'est pas encore prête à accepter l'image d'une femme émancipée.

Une catégorie de stars particulièrement bien dotées en charisme et en sex appeal émerge. Ainsi une culture entière apparaît, immergée et érotisée par le film et la culture TV. Des actrices comme Mae West, Raquel Welch, Jane Fonda ou Sophia Loren ont exposé explicitement leur aura sexuelle dans les castings dont étaient friands les médias.

L'acceptation de la représentation médiatique de la nudité frontale ou de la sexualité devient la norme dans beaucoup de pays américains et européens. Gorge profonde est le premier film pornographique à connaitre, en 1972, une distribution grand public et renvoie toute critique au statut de « ringard » : « Gorge profonde a été un des premiers films pornographiques à obtenir une audience débordant les salles pornographiques. Il a défié les lois américaines sur l'obscénité et a été présenté dans des salles de cinéma 'ordinaires' ; il a ainsi participé à la 'libération' de la pornographie aux États-Unis et dans le reste du monde occidental. Il a fait de la pornographie un phénomène social acceptable qui ne pouvait être contesté que par des conservateurs, des groupes religieux et des femmes coincées9. »
La fin de la censure littéraire

Aux États-Unis, de 1959 à 1966, des interdictions contre ces trois livres au contenu érotique explicite sont demandées aux tribunaux, et refusées.

Un peu auparavant, une réforme des règlements (aussi bien que des coutumes locales et des actions de surveillance) détermine ce qui peut et ne peut pas être publié. Par exemple, le service des douanes des États-Unis interdit Ulysse de James Joyce, en refusant son importation. Le grand poids porté par l'Index librorum prohibitorum de l'Église catholique romaine parmi des catholiques constitue un boycott effectif, efficace, et immédiat de tout livre qui y est recensé. La Watch and Ward Society (en), une création en grande partie protestante inspirée par Anthony Comstock (en), fait de la chasse à l'outrage un sport national.

En 1959, Grove Press publie la version non expurgée de L'Amant de Lady Chatterley par D.H. Lawrence. La poste des États-Unis confisque des exemplaires envoyés par courrier. L'avocat Charles Rembar (en) poursuit en justice le receveur du bureau de poste de New York, et gagne à New York, puis en appel fédéral.

En Angleterre, en 1960, le gouvernement britannique essaie sans succès de poursuivre Penguin Books pour obscénité, pour avoir édité L'Amant de Lady Chatterley, le roman de D.H. Lawrence, interdit depuis les années 1920 pour son contenu choquant. Mervyn Griffith-Jones synthétise les raisons de la plainte devant le jury : « Est-ce un livre que vous souhaiteriez que votre épouse lise ? ». Après l'échec de la demande d'interdiction, le roman devient un best-seller, se vendant à 2 millions d'exemplaires.

En 1965, Tom Lehrer célèbre l'appel érotique du roman dans sa chanson gaiement satirique Smut avec le couplet « qui a besoin d'un passe-temps comme le tennis ou la philatélie a obtenu un passe-temps : relecture de Madame Chatterley. »

Le roman Tropique du Cancer d'Henry Miller (1934) contient des passages sexuels explicites et ne peut pas être publié aux États-Unis ; une édition imprimée par Obelisk Press à Paris voit des exemplaires pénétrer en contrebande aux États-Unis. (En 2003, des bouquinistes demandent plus 7500 $ pour cette édition.)[réf. nécessaire]

En 1961, Grove Press publie une copie de l’œuvre et des procès sont intentés contre des douzaines de libraires en beaucoup d'États qui le vendent. La question est finalement réglée en 1973 de la Cour suprême des États-Unis par l'arrêt Miller v. California. Par cette décision, la cour définit l'obscénité par ce qui s'appelle maintenant le test Miller. Selon Wikipedia anglophone, "Aux États-Unis, la pornographie inconditionnelle est légale à moins qu'elle contredise le test de l'obscénité de Miller, ce qu'elle ne fait presque jamais."

En 1965, Putnam publie le roman Fanny Hill de 1750 de John Cleland. Charles Rembar fait appel d'une décision de justice jusqu’à la cour suprême des États-Unis, et gagne.

Dans l'arrêt Memoirs v. Massachusetts (en), la Cour décide que le sexe est « une grande et mystérieuse force motrice dans la vie humaine » et que son expression en littérature est protégée par le Ier amendement de la Constitution. La principale réserve est qu'une incitation « à l'intérêt lascif » pourrait être interdite. Dans une expression célèbre, la cour indique que l'obscénité est « tout à fait sans importance sociale rédemptrice », et que, inversement, aucune œuvre d'un peu d'importance sociale n'est obscène, même si elle contient des passages isolés susceptibles de « diffamer ou corrompre » quelques lecteurs.

Cette décision est particulièrement importante, parce que, des trois livres mentionnés, Fanny Hill est celui qui fait le plus appel à l'intérêt lascif, par rapport à ses mérites littéraires et son "importance sociale rédemptrice". Considérant que si une version expurgée de L'Amant de Lady Chatterley avait été éditée par le passé, aucune version expurgée de Fanny Hill ne l'avait jamais l’été (et il est difficile même d'imaginer le produit d'un telle entreprise). En permettant la publication de Fanny Hill, la Cour suprême place la barre pour n'importe quelle interdiction si haute que Rembar lui-même considère la décision de 1966 comme « la fin de l'obscénité ».
Les manuels de sexe non fiction

Les décisions de Cour qui légalisent la publication de Fanny Hill ont un effet bien plus important : libérés des craintes d'action judiciaire, les travaux de non fiction au sujet du sexe et de la sexualité apparaissent.

En 1962, on publie Sex and the single girl (en) (en traduction française Quitte ou double) de Helen Gurley Brown. Le titre lui-même aurait été impensable une décennie plus tôt. (En 1965 elle devint rédacteur en chef de la revue Cosmopolitain.)

En 1968, une minirévolution éclate au sein même de l'Église catholique lorsque l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI est rejetée par quelques théologiens, fidèles, prêtres et évêques.

En 1969, Joan Garrity, s'identifiant seulement en tant que "J.", publie The Sensuous Woman (en traduction française : La femme sensuelle), plein de conseils pratiques, par exemple pour améliorer la dextérité de la langue. La même année voit l’apparition du livre de David Reuben (en) Everything You Always Wanted to Know About Sex (But Were Afraid to Ask) (en) (en traduction française Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander). En dépit des qualifications médicales de Reuben, ce livre est accessible. Pour beaucoup de lecteurs, il tient exactement ses promesses. Une femme d'une petite ville du Wisconsin déclare : « jusqu'à ce que j'aie lu ce livre, je n'avais jamais réellement su avec précision ce que les homosexuels faisaient. »[réf. nécessaire]

En 1970, le Boston Women's Health Book Collective (Collectif de Boston pour la santé des femmes) publie Our Bodies, Ourselves (en) (devenu célèbre un an après sous son second titre, Nos corps, nous-mêmes). Ni traité ni manuel érotique de sexe, le livre comporte pourtant des descriptions franches de la sexualité, et des illustrations, interdites quelques années plus tôt.

L’année 1972 est marquée par The Joy of Sex (en traduction française Les joies du sexe) d'Alex Comfort.

En 1975 Zeig Mal! (Show Me! (en) en traduction anglaise) de Will McBride, écrit avec la psychologue Helga Fleichhauer-Hardt pour des enfants et leurs parents. Apprécié par beaucoup de parents pour sa description franche pour des préadolescents découvrant et explorant leur sexualité, il en scandalise d'autres. Par la suite, il est retiré de la circulation aux États-Unis et dans quelques autres pays. Il a été suivi en 1989 par Zeig Mal Mehr! (Montrez-moi davantage !).

Ces livres ont un certain nombre de points en commun. Ils sont concrets, et, de fait, éducatifs, pour un lectorat traditionnel. Leurs auteurs sont invités dans des spectacles, télévisés ou non, de fin de soirée, et font des lectures publiques. Dans la classe moyenne respectable, à la maison Playboy et Fanny Hill peuvent être présents mais hors de la vue. Au moins, certains de ces livres peuvent figurer sur une table de café.

Plus important, tous ces livres reconnaissent et célèbrent la culture consciente du plaisir érotique. La contribution de tels livres à la révolution sexuelle ne doit cependant pas être exagérée.

Des livres écrits plus tôt comme What Every Girl Should Know de Margaret Sanger (1920) et A Marriage manual, a practical guidebook to sex and marriage (Hannah et Abraham Stone, 1939) cassent le silence total dans lequel beaucoup de gens, de femmes en particulier, ont grandi.

Dans les années 1950, aux États-Unis, il est finalement devenu rare que les femmes arrivent à leur nuit de noce encore ignorantes. Mais la discussion ouverte du sexe comme du plaisir, et les descriptions des pratiques et des techniques sexuelles, sont vraiment révolutionnaires. Certaines pratiques peuvent être connues des adultes par ouï-dire, mais sans qu'on sache si c'est du réel ou de la fiction pornographique.

Est-ce normal, ou psychopathologique ? (Quand nous employons des mots tels que fellation nous employons toujours la terminologie de Psychopathia Sexualis de Richard von Krafft-Ebing). Les dames mariées font-elles ces choses, ou seulement les prostituées ?

Le rapport Kinsey indique que ces pratiques sont, pour le moins, étonnamment fréquentes. Les autres livres confirment, comme celui du Dr Irene Kassorla en 1980, que « Les filles gentilles le font – et maintenant vous pouvez aussi » !
L'égalité des sexes

La représentation de la nudité n'a jamais été bannie en Occident, elle n'est que soumise à des normes qui s'allègent progressivement. La nouveauté de la révolution sexuelle, c'est l'émergence du désir de la femme, son affirmation, mais aussi l'émergence de la connaissance publique des fantasmes sexuels des hommes et de la propagation de la pornographie.
L’homme-objet
Article détaillé : bellâtre.

Pendant les années 1950 un chanteur / acteur particulier, Elvis Presley, présente une manière très lascive de danser en utilisant des mouvements de son corps d'une façon sexuellement suggestive. C'est « Elvis the pelvis » pour ses mouvements de hanche significatifs. Des millions de jeunes femmes deviennent ses fans, et lui leur « idole ».

Sur la scène et en concert, des jeunes femmes couinent, poussent des cris perçants et pleurent. C'est un facteur important dans la « perte d'inhibition » et la « rébellion de la jeunesse » des années 1950 et 1960.
Sexe prénuptial

Faire l'amour avant le mariage était un apanage masculin et la visite des bordels un passage presque obligé pour les jeunes hommes (au moment de leur service militaire par exemple). La virginité féminine, en revanche, était une « valeur » farouchement défendue par les familles, la doxa. Les choses changent alors…

Au début des années 1970, il devient acceptable que les universités permettent le logement coéducationnel où les étudiants masculins et féminins se mélangent librement. L'amour libre continue sous différentes formes tout au long des années 1970, mais finit brutalement quand le public découvre le SIDA, maladie sexuellement transmise et mortelle, au début des années 1980.

Le sexe prénuptial ouvert est adopté par les adeptes de la contre-culture, puis par la majorité de jeunes des années 1970. Dès les milieux des années 1960 à San Francisco, une nouvelle culture « de l'amour libre » surgit ; des dizaines de milliers de jeunes « hippies » prêchent la puissance de l'amour et la beauté du sexe en tant qu'élément de la vie ordinaire d'étudiant. Cela fait partie d'une contre-culture du présent.

En outre dans les années 1970 et 1980 les grossesses s'interrompent plus facilement, car l’avortement est accessible. Ceci entraîne une appréciation par certains de cette époque comme un « âge de promiscuité », de décadence et d'hédonisme, provoquant même une réaction en Amérique, où certains cherchent à retourner aux « valeurs de la famille ».
La redéfinition de la pornographie

La pornographie n'est plus stigmatisée, et des films plus traditionnels montrent des rapports sexuels comme « divertissement », avec très peu de réaction.

Les revues dépeignant la nudité et les actes sexuels parfois très sophistiqués, comme le magazine Playboy, sont acceptés en tant que journaux respectables où les célébrités s'expriment en sécurité, puisque la liberté de la parole leur est garantie par la constitution des États-Unis.

Le mouvement féministe lance des slogans d'abandon du soutien-gorge, et plus tard s'oppose à la description des femmes comme des « objets » dans des contextes comme les revues pornographiques et des concours annuels tels que Miss Monde et Miss Univers.
La libération homosexuelle
Article détaillé : Militantisme homosexuel.

La libéralisation des mœurs dans les années 1960 et 1970 a pour corolaire l'acceptation des sexualités minoritaires au premier rang desquelles, l'homosexualité. La libération gaie est intimement liée à celle de la femme hétérosexuelle : dans l'ordre machiste traditionnel, un couple homosexuel est une menace au concept inégal du couple au sein duquel règne pater familias qui a un « pouvoir de vie et de mort » sur sa femme, ses enfants et ses esclaves. Si la femme est l'égale de l'homme10,

La date que les gays considèrent comme un tournant en la matière est celle des émeutes de Stonewall qui ont commencé le 22 juin 1969 et duré quelques jours. Affrontant la police venue faire une descente dans un bar gay de Greenwich Village, des homosexuels, des travestis, des transgenres et des transsexuelles new-yorkais ont, pour la première fois, défié le pouvoir, les autorités et la société en général pour s'affirmer.

Dans la foulée plusieurs mouvements se créent pour fédérer cette nouvelle fierté homosexuelle. Le Gay Liberation Front nait aux États-Unis en 1969. Au Québec, mars 1971 voit la création du Front de libération homosexuel. En 1971, en France, influencé par le gauchisme post-soixante-huitard, nait le Front homosexuel d'action révolutionnaire. Ses slogans proclament avec humour : « prolétaires de tous les pays, caressez-vous ! » ou, plus ciblé : « lesbiennes et pédés, arrêtons de raser les murs ! » Le FHAR revendique la subversion contre l'État « bourgeois et hétéropatriarcal » et lutte contre l'« hétérosexisme ».

L'inscription progressive dans le droit de l'égalité des couples homosexuels se fait en parallèle à l'égalité juridique acquise progressivement par les femmes au sein de sociétés occidentales encore empreinte du machisme grécoromain qui les a façonné pendant plus de deux-mille ans.
Notes

↑ La France ne supprime qu'en 1983 le concept de « bon père de famille » comme chef de famille dans le Code Civil
↑ 1967 en France
↑ 1975 en France
↑ http://www.liberation.fr/societe/2014/11/26/la-bataille-de-simone-veil-pour-le-droit-a-l-avortement_1149560 [archive]
↑ Publié en 1974. Lire la poésie entière en anglais [archive]
↑ Janine Mossuz-Lavau, Les lois de l'amour référencé dans la section biographie de cet article.
↑ Cyrus Stephens Cousins (Université du Texas, 2008), General Ongania and the Argentine (Military) Revolution of the Right: Anti-Communism and Morality, 1966-1970 [archive], Historia Actual, n°17 (automne 2008), p. 65-79, publié en ligne le 15 octobre 2008
↑ Parce qu'elle induit la représentation ou l'évocation de la nudité de sa mère
↑ Richard Poulin, La Mondialisation des industries du sexe. Prostitution, pornographie, traite des femmes et des enfants, éditions Interligne, 2004, p. 194-95.
↑ Juridiquement parlant, en France, l'épouse ne sera l'égale du mari qu'en 1983 avec la suppression, dans le Code civil de toute mention au « bon père de la famille » et l'acquisition de droits égaux entre les époux en ce qui concerne la gestion de la communauté de biens (jusqu'alors une prérogative du mari).

Voir aussi
Bibliographie

Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, Gallimard, 1949
Radu Clit, La Sexualité collective: de la révolution bolchévique à nos jours, Éditions du Cygne, 2007.
Alain Giami, "Misère, répression et libération sexuelles", Mouvements no 20 mars-avril 2002, p. 23–29
Alexandra Kollontaï, Marxisme et révolution sexuelle, La Découverte
Janine Mossuz-Laval, Les Lois de l'amour, Petite bibliothèque Payot, 1991 (ISBN 222889656-X)
Madeleine Pelletier, L'Émancipation sexuelle de la femme, Brochure Mensuelle, Paris, 1926
Wilhelm Reich, La Révolution sexuelle, Christian Bourgois, 1993 (ISBN 2267011581)
Pierre Simon, Rapport Simon sur le comportement sexuel des Français, Julliard, 1972
Michel Brix, L'Amour libre. Brève histoire d'une utopie, Éditions Molinari, 2008
FHAR, Rapport contre la normalité, Éditions Champ libre, 1971. Rééd. QuestionDeGenre/GKC, 2013

Articles connexes

Révolution tranquille
Féminisme
Histoire d'O
Emmanuelle Arsan
Ordre moral
Bill omnibus
Liberté sexuelle et anarchisme

Liens externes

Entrevue avec Pascal Bruckner, La révolution sexuelle « Tout le monde couchait avec tout le monde », l'Express, 15 aout 2002
Biographie de Wilhelm Reich, théoricien de la révolution sexuelle
Analyse sur Les malentendus de la révolution sexuelle par Thomas Férenczi

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:30

L'anulingus ou anilinctus voire anilingus (en anglais « rimming » ou « rimjob »), ou encore « feuille de rose1 » en langage populaire, est une pratique sexuelle consistant en l'excitation buccale de l'anus ou du périnée.

Pratiques

La région anale est une des zones érogènes du corps. Mais l'anus n'est pas aussi spontanément érogène que les organes génitaux3, et il faut parfois répéter régulièrement les stimulations pour éveiller la sensibilité érogène de la région anale. Chez un tiers des personnes qui pratiquent régulièrement les stimulations anales, surtout internes (stimulations digitales, sodomie), ces stimulations peuvent déclencher l'orgasme4.
Article connexe : Comportement érotique.

Une variante, appelée « le colibri », consiste à enfoncer sa langue le plus profondément possible dans l'anus de son ou sa partenaire. Cette pratique fait allusion au colibri, un oiseau introduisant sa langue dans les fleurs afin d'en collecter le nectar.

Pour la personne utilisant sa bouche, on parle d'un anulingus actif. En revanche, pour la personne dont l'anus est léché, il s'agit d'un anulingus passif.
Utilisation comme lubrification

L'anulingus peut aussi être pratiqué comme une préparation à la sodomie. En effet la salive possède des propriétés lubrifiantes. Cependant, cette pratique ne constitue pas une lubrification cohérente avec l'usage du préservatif, l'anulingus présentant en lui-même des risques de transmission pour certaines MST, IST.
Risques

Cette pratique sexuelle est considérée comme pratique sexuelle à risque car elle comporte non seulement des risques de transmission de maladies sexuellement transmissibles : virus (dont surtout hépatite5, herpès6), mais aussi des parasites intestinaux et bactéries fécales ou non fécales pathogènes7,8,9,10.

Le risque de transmission des hépatites est particulièrement élevé pour l'Hépatite A, fort heureusement beaucoup moins dangereuse que les autres car réversible et peu grave pour un adulte sans fragilité particulière. Le risque de transmission des hépatites B et C (et potentiellement d'autres) est inférieur car celles-ci se transmettent par le sang; la contamination nécessite donc une fragilité particulière des muqueuses et une mise en continuité des compartiments sanguins de chaque personne. Ce risque n'est cependant pas exclu. Hors blessure et saignement, cette pratique comporte peu de risques de transmission du VIH.
Prévention

Outre une toilette minutieuse à l'eau et au savon, seule la digue dentaire permet de prévenir les risques de transmissions des MST.
Digue dentaire

L'utilisation d'une barrière en latex offre la même protection qu'un préservatif. Cet accessoire est le même que celui recommandé pour la pratique du cunnilingus. Il est cependant difficile à se procurer en dehors des fournisseurs spécialisés en articles médicaux ou des sex shops. Cependant, il est tout à fait possible de s'en fabriquer une en découpant un préservatif dans le sens de la longueur.
Lavement

Les inconvénients dus aux reliquats de matières fécales peuvent être réduits par la pratique du lavement avant l'acte, dans le cas d'un anulingus perforant qui s'apparente à une sodomie, mais également pour un anulingus plus classique où la proximité du contenu de l'ampoule rectale se fait sentir. Cependant, le lavement ne constitue pas une réduction du risque de maladies infectieuses, les germes ou les œufs les induisant ne sont pour la plupart pas situés dans les fèces. Les virus et bactéries les plus virulents sont situés dans la paroi intestinale ou dans le sang, et les œufs de parasites sont souvent déposés sur la marge de l'anus, dans les replis de celui-ci, attendant d'être transmis par voie manuportée.

Le lavement, par la contrainte importante qu'elle fait subir à la partie inférieure du tube digestif, ou de la mauvaise utilisation de la canule, ainsi que de ses bords potentiellement coupants, pourrait même induire des microlésions et augmenter les risques infectieux.

Le lavement peut être aussi pratiqué par plaisir : il s'agit alors de clystérophilie.
Cas des parasites intestinaux

Le cycle de transmission oro-fécal de certains parasites intestinaux est habituellement engendré par une mauvaise hygiène des mains après défécation ou par grattage de l'anus à cause du prurit induit par les parasites, ce qui est source d'autocontamination et de réinfestation.

Dans le cas de l'anulingus, cette contamination est extrêmement probable, voire systématique. Il peut s'ensuivre un cycle de réinfestations perpétuelles pour un couple dont les deux membres ont recours à cette pratique. Cette pratique n'est pas toujours prise en compte dans les risques potentiels de contamination oro-fécale.

Cas du ténia : ce ver nécessite habituellement un hôte intermédiaire qui est le plus souvent un bovin ou un porc, chez qui la larve se développe et qui est consommé ensuite par l'être humain. Dans le cas de contamination par ingestion d'œufs de ténia, l'homme peut alors servir d'hôte intermédiaire de substitution. Il se développe alors une maladie correspondant au développement de l'œuf appelé cysticercose, autrement plus dangereuse que la Tæniasis, infection classique due à l'absorption d'aliments trop peu cuits. Cette maladie provoque des atteintes très graves des muscles voire du cerveau.

Il est donc recommandé de ne pas pratiquer l'anulingus sur une personne souffrant de tæniasis sans une protection par digue buccale. Toutefois la contamination est moins probable en raison de la taille des proglottis, visibles à l'œil nu.
Orthographe et désignations

Le mot semble avoir été créé de toutes pièces à l'époque moderne. De nombreuses orthographes ont été utilisées de manière plus ou moins abusive, sans que l'une d'entre elles se soit aujourd'hui imposée. On recense ainsi les variantes : anulingus (la plus commune en français, sa relation avec le mot anus étant évocatrice, et la racine lingus se retrouvant dans cunnilingus), anilinctus, analingus (ces deux versions seraient inspirées de l'anglais), anilingus, anulinctus, analinctus. De manière générale, toutes les combinaisons des préfixes ana-, ani-, anu- et des suffixes -lingus, -linctus ont été utilisées. Les préfixes anna- ou annu- sont toutefois impropres.

Un certain nombre de mots anglais sont utilisés, souvent dans le cadre de la pornographie ; le plus connu est rimming.

En français, on utilise les expressions « rapport bucco-anal » ou « rapport oro-anal ». Celle retenue dans la Wikipédia en anglais est « anal-oral contact »11.

La connotation plus poétique de certaines périphrases permet d'atténuer l'image du terme. Comme toute expression argotique, c'est aussi un code permettant de ne pas dévoiler la vraie nature de l'acte. Il est même possible que ces termes soient antérieurs aux précédents, plus médicaux :

feuille de rose : cette expression se réfère à l'aspect de l'anus. Les pétales froissés d'une fleur fermée et leur défroissement lors de l'ouverture du bouton de la rose est dans ce contexte très représentatif de la dilatation de l'anus.
fleur de rose : cette appellation moins fréquente représente plus le fait que l'on associe l'anus aux pétales.
ass licking et rimjob : expression anglaise pour nommer l'anulingus.

Dans la littérature

À la feuille de rose, maison turque est une pièce de théâtre libertine de Guy de Maupassant représentée pour la première fois en 187512.
Notes et références

↑ Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette et Isabella Bruni, Petit Futé Paris Love, 27 février 2012, 132 p. (ISBN 2746952165 et 9782746952164, lire en ligne [archive]), p. 10
« Feuille de rose : expression ancienne qui désigne l'anulingus (caresse buccale de l'anus). »
↑ (fr) « Sexualité : l'anulingus, ce qu'il faut savoir » [archive], sur www.plurielles.fr (consulté le 19 septembre 2010)
↑ (en) William Masters et Virginia Johnson, Human sexual response, Bantam Books, 1980
↑ (fr) WUNSCH Serge, Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [PDF] [archive] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.
↑ Judson FN (1984), Sexually transmitted viral hepatitis and enteric pathogens ; Urol Clin North Am. fév. 1984 ;11(1):177-85. Review. PMID 6424296 [archive]
↑ Janier M, Scieux C, Méouchi R, Tournoux C, Porcher R, Maillard A, Fouéré S, Taquin Y, Lassau F, Morel P (2006), Virological, serological and epidemiological study of 255 consecutive cases of genital herpes in a sexually transmitted disease clinic of Paris (France): a prospective study Int J STD AIDS. 2006 Jan;17(1):44-9. PMID 16409679 [archive]
↑ Lautenschlager S (2013), [Anorectal manifestations of sexually transmitted infections]. Ther Umsch. juillet 2013 ;70(7):407-16. doi: 10.1024/0040-5930/a000426. Review. German. PMID 23798024 [archive]
↑ Van Kemseke C (2009 ), Sexually transmitted diseases and anorectum ; Acta Gastroenterol Belg. Oct-déc 2009 ; 72(4):413-9 (résumé [archive])
↑ Zuccati G, Tiradritti L, Lorenzoni E, Giomi B, Mastrolorenzo A (2012), Sexually transmitted diseases syndromic approach: proctitis ; G Ital Dermatol Venereol. Aout 2012; 147(4):395-406
↑ Hamlyn E, Taylor C (2006), Sexually transmitted proctitis ; Postgrad Med J. 2006 Nov; 82(973):733-6
↑ La traduction du rapport Monica Lewinsky emploie l'expression « contact oral-anal ».
↑ Gallica [archive]

Annexes
Articles connexes

Sodomie
Comportement érotique
Anus
Cul à la bouche

Liens externes

Positifs, site d'information sur les IST
Sida-info-service, page sur les risques de contamination en fonction des différents types de rapports sexuels
Doc-Johnson, dans un article sur le SIDA, ce site classe la pratique comme à faible risque de transmission de cette maladie.


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Sexologie
Généralité

Sexualité humaine Sexualité féminine Sexualité masculine Transsexualisme Rapport sexuel Amour Libido Orgasme Contrôle de l'orgasme Zone érogène Genre

Aspects sociaux

Éducation sexuelle Majorité sexuelle Sexualité dans le judaïsme Paraphilie Tourisme sexuel Club échangiste Cybersexe Érotisme Pornographie
Japon Pornographie transsexuelle Prostitution
Allemagne Chine France Grèce antique Japon Népal Thaïlande Prostitution masculine CFNM

Activités
Positions

69 99 Bateau ivre Brouette Chevauchement Levrette Missionnaire Union de l’aigle Union du lotus

Pratiques et rapports
Préliminaires

Massage érotique Stimulation des tétons Vocalisation copulatoire Jouet sexuel

Masturbation

Cravate de notaire

Vaginale

Coït vaginal Stimulation vaginale

Orale

Fellation Autofellation Cunnilingus Gorge profonde Irrumation

Anale

Sodomie Anulingus

En groupe

Double pénétration Gang bang Bukkake

BDSM

Bifle Creampie Éjaculation faciale Bondage des testicules et torture du pénis Barebacking Fist-fucking Des fesses à la bouche Des fesses au vagin Felching Snowballing Gokkun Sodurètre

Santé

Infection sexuellement transmissible Préservatif Lubrifiant Excision Circoncision Dysfonction sexuelle
Frigidité Vaginisme Dyspareunie Anorgasmie Impuissance Éjaculation précoce Contrôle des naissances
Planification familiale Contraception Coït interrompu Contragestion Avortement Abstinence sexuelle Addiction sexuelle Trouble de l'excitation sexuelle

Thématiques

Littérature Cinéma Mythologie Religion

Histoire

Histoire des représentations érotiques Néomalthusianisme Liberté sexuelle et anarchisme Révolution sexuelle Homosexualité dans les sources chrétiennes latines

Auteurs
Les précurseurs : avant le XIXe siècle

Hippocrate Platon Aristote Galien Ovide cheikh Nefzaoui Boccace Vâtsyâyana Nicolas Venette Samuel Auguste Tissot Charles Darwin

Fin XIXe, début XXe : les pionniers

Richard von Krafft-Ebing Havelock Ellis Sigmund Freud Marie Bonaparte Bronislaw Malinowski Otto Gross

Entre-deux-guerres : les fondateurs

Richard Richter Magnus Hirschfeld René Guyon Wilhelm Reich Bertrand Russell

sexologues post-guerre

Alfred Kinsey William Masters et Virginia Johnson Henry Miller Shere Hite

psychanalystes post-guerre

Helene Deutsch Françoise d'Eaubonne

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:31

L'addiction sexuelle, ou dépendance sexuelle, se caractérise par la perte de contrôle de la sexualité et la poursuite du comportement pathologique lié à l'acte sexuel malgré la connaissance de ses conséquences négatives. La dépendance sexuelle n'est pas encore référencée par le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) au même titre que l'alcoolisme ou la prise régulière de drogues comme la cocaïne, l'héroïne, le crack ou l'ecstasy. Cette notion est à ce jour très discutée, en ceci qu'elle ne repose sur aucun protocole scientifique démontrable (au sens expérimental). Elle est très influencée par des croyances religieuses (cf. la notion d'abstinence dans le catholicisme). Ainsi, en France, cette pseudo dépendance est rarement traitée dans les établissements hospitaliers.

Histoire

Le concept de dépendance sexuelle a été introduit pour la première fois au milieu des années 1970 à Boston par un membre des Alcooliques anonymes (Al Anon). Cette maladie a ensuite fait l'objet d'un ouvrage de Patrick Carnes en 1980 intitulé Out of the Shadows: understanding Sexual Addiction1.
Typologie et caractéristiques

Il existe deux types d'addictions : les addictions/dépendances avec produit, et les addictions sans produit. L'addiction sexuelle fait partie des addictions dites "sans produit", si ce n'est à une autre personne (mais pas toujours). Selon le Dictionnaire des addictions de Laurent Karila2, l'addiction sexuelle est définie comme "une addiction comportementale dont il existe différentes présentations cliniques comme la masturbation compulsive, la drague compulsive, la consultation compulsive de sites internet classés X, de journaux ou de services téléphoniques à caractère pornographique, de sex shops, de peep shows, de bars lap-dance et l'hypersexualité".

La dépendance sexuelle, comme toute dépendance, comporte des phases (ou cycles). Ils sont au nombre de 4, et s'intensifient à chaque répétition :

Phase d'obsession (champ psychique dominé par les préoccupations de recherche de stimulations sexuelles) ;
phase de ritualisation (précède l'acte sexuel) ;
phase compulsive (exécution de l'acte sexuel précis, et le sujet ne peut pas arrêter ou dominer son comportement) ;
phase de désespoir (sentiment d'impuissance devant le comportement).

Selon le docteur Aviel Goodman, les critères de la dépendance sexuelle sont « la perte de contrôle et la poursuite du comportement pathologique malgré la connaissance de ses conséquences négatives pour l'individu »3. Comme toute addiction, la dépendance sexuelle est dissimulée à l'entourage du sujet. Celui-ci s'adonne donc seul à son addiction, pouvant alors éprouver de la culpabilité et pouvant très souvent privilégier son addiction à son entourage. Les proches se plaindront donc souvent du manque de disponibilité du sujet, et souffriront en tant que « codépendants » de l'addiction du sujet, qui restera secret, souvent dans le mensonge malgré sa souffrance. L'addiction sexuelle est une réelle maladie du système de récompense, et peut être très négative pour le sujet, parfois mener au décès de celui-ci, notamment en cas de conduites dites « à risques » qui peuvent entraîner la contamination par le VIH, ou par le virus de l'hépatite. Des dépendants sexuels ont perdu leur travail à cause de leur consommation d'internet au bureau[réf. nécessaire].

Le premier livre français sur le sujet : Les SEX ADDICTS, quand le sexe devient une drogue dure a été écrit par Florence Sandis avec la collaboration du psychanalyste Jean-Benoît Dumonteix 4.

Une étude plus spécifique a été menée par Jean-Benoît Dumonteix sur la prise de risques et la dépendance au sexe bareback (non-protégé) des personnes séropositives.
Épidémiologie

L'addiction sexuelle est perçue comme étant, quelquefois mais pas toujours, associé au trouble obsessionnel compulsif (TOC), au trouble de la personnalité narcissique5,6 et la dépression maniaque7.
Le « shoot » sexuel

Une personne souffrant de dépendance sexuelle sera avant tout en recherche des sensations libérées par l'acte sexuel, souvent obtenues au moment de l'orgasme. En effet, l'orgasme sexuel apporte une récompense au cerveau: il libère des endorphines, provoquant ainsi un profond bien-être. Cependant, il n'est pas toujours nécessaire qu'un orgasme ait lieu pour que la personne dépendante ressente une sensation d'apaisement total : la masturbation (sans aller jusqu'au déclenchement de l'orgasme), l'acte de faire quelque chose de sexuel (préliminaires, caresses) ou même tout simplement le fait de voir ou d'imaginer une situation excitante peut suffire à déclencher le processus du "shoot".

Le « shoot » (terme utilisé par les personnes dépendantes, mais non reconnu publiquement dans le cadre du sexe[réf. nécessaire]) est une réaction qui se déclenche pendant et/ou après l'acte sexuel. Il se caractérise par un état euphorique, un profond bien-être, un détachement des soucis en général : des sensations proches de celles obtenues par la prise d'héroïne, d'où le terme de « shoot ». Cette sensation peut durer 30 minutes voire plusieurs heures : sa durée est indéterminée et très variable. Selon la dépendance de la personne, la réaction est plus ou moins forte. Cet état peut aussi se traduire par des réactions physiques minimes, comme la dilatation des pupilles ou l'augmentation du rythme cardiaque.

La personne dépendante au sexe sera donc sans cesse en recherche de cet apaisement, qui la poussera à recommencer l'acte sexuel le plus souvent possible ou à multiplier tous types de comportements liés au sexe.

Une fois la sensation du shoot disparue, la phase 4 s'installe rapidement (voir plus haut, « phase de désespoir ») qui fermera la boucle de l'addiction, un cycle continu. Ainsi, entre chaque nouveau comportement sexuel, la sensation de manque est fréquente.
Le manque

Le manque est un comportement typique de l'addiction. C'est une réaction psychologique et parfois physiologique douloureuse que ressent la personne dépendante au sexe lorsque le comportement sexuel n'a pas lieu.

Le manque peut se traduire par une sensation de vide, de tristesse profonde, de paresse. Chez certaines personnes, il peut provoquer des réactions impulsives comme de l'agressivité, de la peur, de l'hyperactivité ou dans le cas contraire de la passivité, de l'anxiété, des insomnies, des comportements à risques tels que l'automutilation ou la prise de produits (médicaments, alcool, drogue), la boulimie, l'anorexie... La personne dépendante peut avoir plusieurs de ces réactions en même temps lorsqu'elle est en manque, ce qui est très fatigant et éprouvant psychologiquement. Le manque peut parfois se traduire par des réactions physiques souvent liées à l'anxiété: contractions musculaires, crises d'angoisse, augmentation soudaine ou ralentissement soudain du rythme cardiaque. Dans le cas où le manque devient quasiment insupportable, il peut conduire au suicide.
Diagnostic et Traitement

La dépendance sexuelle, véritable maladie du système de récompense, peut être soignée à l'aide de la psychothérapie et de groupes de paroles. Elle trahit d'autres problèmes plus profonds qu'il est urgent et important de traiter en psychothérapie ou en psychanalyse lorsque le sujet a admis qu'il/elle est dépendant sexuel et qu'il/elle ne peut pas s'en sortir seul(e). Plusieurs outils permettent d'évaluer le degré de dépendance8,9.

Le questionnaire en 25 points de Carnes, créé dans les années 1990 est un questionnaire aux réponses fermées oui/non. Si, sur les 25 points, 13 au moins ont reçu la réponse affirmative, le praticien peut en déduire que le sujet est bien dépendant et doit être soigné si tel est son désir.
L'échelle de comportement sexuel compulsif de Coleman.
le "sexual compulsive scale".

Des centres comme le Rhind Practice à Londres proposent des séjours de « désintoxication » ainsi que des groupes de parole thérapeutiques.

En France, certains psychanalystes et addictologues spécialisés en dépendance sexuelle et affective effectuent des consultations pour les dépendants de quelque sexualité que ce soit contre la dépendance sexuelle.

Crée en 1976, DASA est une fédération rassemblant les dépendants affectifs et sexuels lors de réunions anonymes. Ils ne proposent pas de traitement mais une sollutions en 12 étapes pour aider les personnes qui en ressentent le besoin. Le concept de Dieu est très présent dans la fédération DASA.
Notes et références

↑ (en) Ed. Hazelden Information & Educational Services, 3e éd. revue, 2001 (ISBN 978-1-56838-621-Cool
↑ Laurent Karila, Dictionnaire des addictions, éd. Phase 5, 2007 (ISBN 978-2-915439-65-6).
↑ (en) Aviel Goodman, Sexual Addiction: An Integrated Approach, éd. International Universities Press, 1998 (ISBN 978-0-8236-6063-6)
↑ Florence SANDIS et Jean-Benoît DUMONTEIX, Les Sex Addicts, HORS COLLECTION (26 avril 2012)
↑ (en) Ulman Richard B. et Harry Paul, The Self Psychology of Addiction and Its Treatment, Psychology Press, 2006 (ISBN 1-58391-307-6)
↑ (en) =Ralph Earle, Gregory M. Crow et Kevin Osborn, Lonely All the Time: Recognizing, Understanding, and Overcoming Sex Addiction, for Addicts and Co-dependents, 1989, p. 57
↑ (en) Williams Terrie M., Black Pain: It Just Looks Like We're Not Hurting, Simon & Schuster, 2008 (ISBN 0-7432-9882-9), p. 114 :

« [..]diagnosed as bipolar or manic-depressive, but his depression first started manifesting itself as sexual addiction, »

↑ http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/74/58/17/PDF/CHANSIN_Anne-Gaelle.pdf [archive]
↑ http://www.resapsad.org/page/echelles-et-questionnaires [archive]

Annexes
Articles connexes

Dépendance à la pornographie
Hypersexualité
Psychanalyse

Liens externes

Contre la dépendance sexuelle blog de Jean-Benoît Dumonteix
Orroz.net site pionnier de lutte contre la dépendance sexuelle
Stopporn.fr blog généraliste de conseils pratiques
Cliniques Promis UK
Rhind Practice (en)
Sex Help: site web de Patrick Carnes (en)

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Drogues et addiction
Substances

Amphétamines Alcool Benzodiazépines Cannabinoïdes Chanvre Cocaïne Drogue psychédélique Hallucinogène Héroïne LSD MDMA Opiacés Opium Psychotrope (Classification des psychotropes) Stupéfiant Sucre Tabac

Conduites addictives

Dépendance Accoutumance Alcoolisme Toxicomanie Héroïnomanie Tabagisme Dépendance aux médicaments Dépendance au sucre

Dépendances comportementales

Jeu pathologique Workaholisme/Ergomanie Achat compulsif Troubles des conduites alimentaires Dépendance au jeu vidéo Addiction sexuelle Dépendance à la pornographie Dépendance à la télévision Dépendance à Internet Trouble du contrôle des impulsions

Traitement des addictions

Sevrage Abstinence Cure de désintoxication Post-cure Traitement de substitution aux opiacés
Méthadone Bupropion Réduction des risques Réduction des méfaits Sevrage tabagique Modèle transthéorique de changement Entretien motivationnel

Thématique

Alcooliques anonymes Narcotiques anonymes Prohibition des drogues Libéralisation des drogues Injonction thérapeutique Test de dépistage de drogue Salle de consommation à moindre risque Listes de chansons ayant trait aux stupéfiants

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:33

L'entretien motivationnel est une approche de la relation d'aide conceptualisée par William R. Miller et Stephen Rollnick à partir des années 1980. C'est un style de conversation collaboratif permettant de renforcer la motivation propre d’une personne et son engagement vers le changement1. La méthode propose l'exploration chez la personne aidée de son ambivalence, ses motivations et de ses capacités de changement.

Historique

Décrit pour la première fois en 1983 par le psychologue américain William R. Miller, l’entretien motivationnel (EM) a d'abord été une approche d'intervention en addictologie. L'EM a été formalisé dans un premier manuel cosigné par William R. Miller et Stephen Rollnick en 1991, révisé en 2002, puis à nouveau redéfini en 2012. La seconde et la troisième édition ont fait l'objet d'une traduction française.

Miller et Rollnick ont, au début de leur réflexion, emprunté certains concepts au modèle transthéorique de changement de Prochaska et DiClemente, modèle dont ils se sont progressivement séparés depuis. Selon Prochaska (en) et DiClemente, les personnes en prise avec une problématique de dépendance passeraient par une série de stades de changement : précontemplation, contemplation, action, maintien, rechute.

Dans certaines études, les interventions testées d'inspiration motivationnelle (thérapies de renforcement de la motivation) portent sur une à six sessions2. L'approche motivationnelle peut s'appliquer tout au long d'une relation d'aide.

Scientifiquement établis, les entretiens motivationnels montrent certains avantages[Lequel ?] face à d'autres types interventions auprès des patients3,4. L'EM s'est progressivement diffusé au-delà du secteur de l'addictologie, et est aujourd'hui utilisé dans de nombreux contextes, notamment :

dans le champ médical, dans le cadre de l'éducation thérapeutique, du traitement des maladies chroniques, de la diététique.
dans le champ social, notamment dans un contexte de prévention
dans le champ de l'éducation, pour l'accompagnement des élèves en difficulté
dans le champ judiciaire, pour l'accompagnement à la réinsertion après un parcours carcéral

Aspects théoriques
Concepts fondamentaux
La motivation

L'entretien motivationnel perçoit la motivation comme « un processus interpersonnel, le produit d'une interaction entre personnes »5. L'aidant influence favorablement ou négativement la motivation des personnes aidées de par la qualité de ses stratégies d'intervention. Il s'agit de faire ressortir la motivation intrinsèque des personnes aidées.
L'ambivalence

Le médecin et le patient doivent pouvoir parler des points positifs de prendre une substance : détente, plaisir, anxiolyse... L'ambivalence est source d'immobilité. Elle s'oppose aux changements. Le but des entretiens motivationnels est d'abord de faire ressortir cette ambivalence naturelle et de l'explorer en entretien clinique neutre et non directif. Une manière de l'explorer est d'utiliser l'outil de la « balance décisionnelle »6. Le comportement actuel et le nouveau comportement possèdent chacun des avantages et des inconvénients sources de motivations conflictuelles à l'origine d'une ambivalence inhibitrice.

La perception d'inconvénients dans la situation actuelle peut générer une envie de changement. C'est ce qu'on appelle la motivation extrinsèque. Le patient cherche à fuir des situations menaçantes (sanitaires, professionnelles, familiales, etc.). Les avantages de la situation antérieure sont toujours présents à l'esprit et peuvent faire rechuter le patient dans la prise de produit. Les entretiens motivationnels cherchent à susciter une motivation intrinsèque (se sentir bien, estime de soi) en explorant les avantages perçus dans le changement. La motivation extrinsèque va engendrer une demande de changement, la motivation intrinsèque va pérenniser le changement.
Le changement

Les stades de changement sont inspirés du modèle transthéorique de changement et peuvent être décrits de la manière suivante7[réf. incomplète].

Pré-contemplation : Le patient ne pense pas avoir de problèmes avec sa consommation. Il n'envisage pas de changer de comportement, dont il ressent essentiellement les bénéfices.
Contemplation : à ce stade commence à se manifester l'ambivalence. Le patient envisage un changement de comportement mais il hésite à renoncer aux bénéfices de la situation actuelle. On parle alors de balance décisionnelle, qui amène à comparer les pour et les contre d'un changement avec ceux de son comportement actuel. Le patient passe ensuite dans une période ou il est décidé à faire des changements. Cette phase est très labile et difficile à déterminer ; c'est la phase de « décision ».
Action : le changement est engagé vers des modifications de son style de vie. Les difficultés sont importantes. Le soutien et l'encouragement sont nécessaires.
Maintien : à cette phase de consolidation, il convient de rester prudent car les tentations sont nombreuses de retourner au comportement problématique.
Rechute : la rechute est possible et fait partie du processus normal de changement. Ce n'est pas une manifestation pathologique mais un temps peut-être nécessaire à la réussite finale du processus.

Dans cette approche, à chaque stade le thérapeute devrait donc adapter son discours aux représentations du patient sur son comportement problématique, de façon à induire un passage au stade suivant.

Cette description des processus de changement a connu un grand succès, mais a été peu validée et tend à laisser la place à l'approche plus spécifiquement motivationnelle du changement, qui s'appuie sur le renforcement de la motivation par un travail conscient de l'intervenant pour faire émerger puis renforcer le « discours-changement », qui est l'étape préparant sa mise en œuvre.
Esprit de l'entretien motivationnel

L'entretien motivationnel regroupe un ensemble de concepts, méthodes et savoir-faire qui permettent la mise en application de principes éthiques fondamentaux. Ainsi, l'EM repose sur les idées de partenariat, non-jugement, évocation et altruisme8.
Le partenariat

L'EM considère la relation entre un intervenant et une personne aidée comme la collaboration entre deux experts : l'intervenant est expert dans son domaine (qu'il soit thérapeute, intervenant social, professeur, etc.), tandis que la personne est experte de sa situation; c'est elle qui connait ses faiblesses et difficultés, ses capacités et ses ressources qui lui seront nécessaires pour évoluer.
Le non-jugement

Le principe de non-jugement est issu de l'approche de Carl Rogers9. Il consiste à :

porter un regard inconditionnellement positif sur la personne, c'est-à-dire l'accepter telle qu'elle est et croire en sa capacité à évoluer ;
être dans une empathie approfondie, c'est-à-dire tenter de faire sien le cadre de référence de la personne, essayer d'envisager la manière dont elle perçoit le monde et sa propre situation ;
respecter et soutenir l'autonomie de la personne. Ce principe est la base d'une intervention non confrontante, dans laquelle l'intervenant ne cherchera pas à contraindre l'autre ;
valoriser en reconnaissant les capacités et les efforts de la personnes.

L'évocation
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L'altruisme
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Les principes directeurs de l'EM

Les sept principes directeurs de l'entretien motivationnel sont10 :[réf. incomplète] :

La motivation au changement doit émaner du patient et non être imposée de l'extérieur ;
Il revient à la personne aidée et non à l'intervenant de résoudre son ambivalence ;
La persuasion directe n'est pas une méthode efficace pour résoudre l'ambivalence ;
Le style de l'entretien motivationnel évite la confrontation et invite à l'exploration ;
Le thérapeute est directif dans l'exploration et la résolution de l'ambivalence ;
La motivation au changement n'est pas un trait de caractère du patient mais un état qui fluctue en fonction de la qualité d'une interaction personnelle ;
La relation thérapeutique est plus un partenariat qu'une relation expert/patient.

Aspects pratiques
Les 4 processus

Le déroulement de l'accompagnement d'une personne est envisagé comme la mise en œuvre de quatre processus qui sont à la fois successifs et interdépendants. Chaque processus repose sur les processus précédents, de sorte qu'il est régulièrement nécessaire de revenir à un processus antérieur pour pouvoir avancer à nouveau dans l'accompagnement. Les quatre processus sont :

L'engagement dans la relation
La focalisation
L'évocation
La planification

Les compétences utilisées

Cinq savoir-faire principaux sont utilisés en entretien motivationnel :

poser des questions ouvertes : elles poussent le patient à développer ses idées et aller profondément dans ses réflexions. Elles permettent d’explorer l’ambivalence, les attentes et les possibilités de changement, et constituent le premier mouvement vers l’avant. Elles doivent, selon les principes de Carl Rogers, être congruentes et authentiques ;
valoriser : il s'agit de mettre en évidence les forces et ressources du patient ainsi que de lui signifier que le changement est possible notamment avec les expériences antérieures. La valorisation, également appelée renforcement, peut également relancer la réflexion ;
pratiquer l'écoute réflective : il s'agit de renvoyer en miroir à la personne son propre discours, en lui redisant un mot ou une expression qu'elle a utilisé par exemple (reflet simple) ou en reformulant ce qu'elle a dit (reflet complexe), éventuellement en minimisant ou en soulignant certains aspects. Ce faisant, on favorise notamment la poursuite par la personne de l'exploration de l'idée qu'elle est en train de formuler ;
résumer. Lorsqu'un ensemble de faits ou d'idées ont été énoncés par la personne, résumer ses propos permet au praticien de valider ce qu'il a compris, mais aussi mettre en lumière l’ambivalence ou une évolution par exemple. Ils peuvent aussi permettre de décaler la conversation sur un autre sujet. Il est important à la fin d’un résumé d’inviter le client à donner son avis dessus, lui permettre de le modifier s’il ne lui convient pas, afin que l'intervenant puisse se corriger notamment ;
Informer et conseiller : pour respecter l'autonomie de la personne aidée, le praticien en EM recueille l'accord de la personne avant de lui fournir de l'information.

Les 4 premières compétences sont regroupées sous l'acronyme « OuVER » (questions Ouvertes, Valorisation, Écoute Réflective, Résumés).
Ce qu'il faut éviter

Considérer que l'acceptation par le patient de l'étiquette d'alcoolique ou de toxicomane est essentiel au changement.
Convaincre à tout prix le patient d'accepter le diagnostic.
Tenir pour acquis que le patient est motivé.
Utiliser des techniques relationnelles confrontantes.
Argumenter pour le changement.
Donner les motivations du thérapeute pour le changement et ne pas chercher les motivations du patient

Ce qui est indiqué

Faire preuve d'empathie, ce qui incite à l'ouverture et au dévoilement de soi. Ne pas hésiter par exemple à reformuler des difficultés du patient
Faire une évaluation neutre et objective de la situation de manière à faire ressortir les divergences entre la situation actuelle et la situation désirée (ou entre le comportement problématique et les valeurs propres du sujet)
Renforcer le sentiment d'efficacité personnelle.
Abaisser la dissonance en adaptant son propre comportement.

Notes et références

↑ Miller et Rollnick 2013, p. 12.
↑ (en)Motivational Interviewing and Treatment Adherence among Psychiatric and Dually Diagnosed Patients [archive], Journal of Nervous & Mental Disease, octobre 1999
↑ (en) Rubak S, Sandbaek A, Lauritzen T, Christensen B, « Motivational interviewing: a systematic review and meta-analysis », Br J Gen Pract, vol. 55, no 513,‎ 2005, p. 305-12. (PMID 15826439, PMCID PMC1463134, lire en ligne [archive] [html]) modifier
↑ (en) Lundahl B, Moleni T, Burke BL, Butters R, Tollefson D, Butler C, Rollnick S, « Motivational interviewing in medical care settings: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials », Patient Educ Couns, vol. 93, no 2,‎ 2013, p. 157-68. (PMID 24001658, DOI 10.1016/j.pec.2013.07.012, lire en ligne [archive] [html]) modifier
↑ Miller et Rollnick 2006, p. 27.
↑ (en) Janis IL. & Mann L. Decision making: A psychological analysis of conflict, choice, and commitment, . Free Press, 1977.
↑ James Prochaska et Carlo DiClemente (1982)
↑ Miller et Rollnick 2013, p. 14-22.
↑ Miller et Rollnick 2013, p. 16-17.
↑ Rollnick & Miller, 1995-Traduit par Rossignol

Annexes
Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Florence Chanut, Maurice Dongier et al., « Étude pilote de l’entretien motivationnel chez des personnes condamnées pour conduite avec facultés affaiblies », Drogues, santé et société, vol. 6, no 2,‎ 2007, p. 83-115 (ISSN 1703-8839 et 1703-8847, DOI 10.7202/018041ar, lire en ligne)

[Miller et Rollnick 2006] William Miller et Stephen Rollnick (trad. Dorothée Lécallier et Philippe Michaud), L'Entretien motivationnel : aider la personne à engager le changement [« Motivational Interviewing : Preparing People for Change »], Paris, InterEditions, coll. « Techniques de développement personnel », 2006, 241 p. (ISBN 978-2-10-049916-8, présentation en ligne).

William Miller, Stephen Rollnick et Christophe Butler (trad. Émeric Languérand, Dorothée Lécallier et Philippe Michaud), Pratique de l'entretien motivationnel : communiquer avec le patient en consultation [« Motivational Interviewing in Health Care : Helping Patients Change Behavior »], Paris, InterEditions, coll. « Développement personnel », 2009, 247 p. (ISBN 978-2-7296-0978-8, présentation en ligne)

William R. Miller et Stephen Rollnick (trad. Dorothée Lécallier, Philippe Michaud), L’entretien motivationnel – Aider la personne à engager le changement [« Motivational Interviewing: Helping People Change, 3rd Edition »], Paris, InterEditions, 2013, 434 p. (ISBN 978-2-7296-1361-7, lire en ligne)

Murielle Reiner, Isabelle Carrard et Alain Golay, « L’Entretien motivationnel dans la thérapie cognitivo-comportementale des patients obèses », Revue médicale suisse, no 242,‎ 31 mars 2010, p. 677-681 (ISSN 1660-9379, lire en ligne)

Articles connexes

addiction
observance
éducation thérapeutique du patient
psychothérapie
maladie chronique
dissonance cognitive
Engagement (psychologie sociale)
Ambivalence

Liens externes

Association francophone de diffusion de l'entretien motivationnel (AFDEM)
Association francophone belge de diffusion de l'entretien motivationnel
Reportage vidéo L'entretien motivationnel dans le contexte d'une intervention cardiologique, HUG, 2010

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Psychologie
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Drogues et addiction
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:34

Une cure de désintoxication est un processus permettant de ramener les problèmes liés à l'addiction à un niveau minimum acceptable vis-à-vis des conséquences néfastes sur la vie quotidienne (émotives, sociales, économiques). De nombreux programmes différents existent avec chacun leur spécificité. Idéalement, la plupart des cures de désintoxication visent à instaurer une abstinence.

La mise en œuvre d'une cure de désintoxication doit être une action volontaire de la personne souffrant de l'addiction, pour le personnel soignant c'est une condition essentielle à la réussite de la cure. La cure de désintoxication est souvent la première étape d'un processus permettant à l'individu d'adopter un changement durable de style de vie. Elle est par exemple préalable à la post-cure.

En cas de dépendance physique, la cure de désintoxication commence par un sevrage de quelques jours souvent fortement médicalisé, correspondant à la désintoxication physique.

Les critiques s'adressent généralement au manque de suivi après la cure qui entraîne des rechutes et visent à dire que tant qu'un suivi correct ne sera pas mis en place, les cures resteront les éléments d'un « cercle vicieux »1.

Les centres de désintoxication sont des établissements spécialisés dans la cure de désintoxication.

En France

Si la cure de désintoxication est menée à son terme, elle est considérée légalement comme une acceptation de soin et met fin aux poursuites pénales concernant l'usage de stupéfiants2.

Selon le code de santé publique2, le procureur de la République peut signaler à la DDASS des toxicomanes ayant obligation de suivre une cure de désintoxication.

Les frais sont couverts par l'assurance maladie et les soins peuvent être anonymes.
Aux États-Unis

Il existe plusieurs centres de désintoxication. Un des plus célèbres, en raison des célébrités qui le fréquentèrent est le Betty Ford Center. Différents centres faisant appel à l'acupuncture, plutôt qu'à la méthadone, furent fondés dans les années 1970 par des proches des Black Panthers ou des Young Lords (notamment à l'Hôpital Lincoln dans le Bronx).
Références

↑ Addiction Research Foundation, Alcohol and Drug Treatment in Ontario, Toronto : 1994
↑ a et b Code de santé publique, article L.3423-1

Annexe
Articles connexes

Abstinence
Addiction
Sevrage
Post-cure

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:36

Les origines
Bakounine.

La plupart des penseurs anarchistes majeurs de sexe masculin, à l'exception de Pierre-Joseph Proudhon, défendent vigoureusement l'égalité des sexes.

Pour Mikhaïl Bakounine (1814-1876) dans Dieu et l'État (1882) : « Je ne suis vraiment libre que lorsque tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres »1. Ainsi, il s'élève contre le patriarcat et la façon qu'a la loi de « soumettre les femmes à la domination absolue de l'homme ». Il défend l'idée selon laquelle « les hommes et les femmes partagent des droits égaux » afin que les femmes puissent « devenir indépendantes et être libres de déterminer leur propre vie ». Bakounine prévoit « une liberté sexuelle totale pour les femmes » et la fin de la « famille juridique autoritaire »2,3.

Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) pour sa part conçoit la famille comme l'unité de base de la société et de sa moralité, et il pense que les femmes ont la responsabilité de remplir un rôle traditionnel au sein de la famille (voir Proudhon et les femmes)4.
Oscar Wilde.

Dans The soul of man under socialism (L'Âme de l'homme sous le socialisme, 1891), Oscar Wilde (1854-1900) défend passionnément une société égalitaire dans laquelle la richesse serait partagée entre tous, tout en mettant en garde contre les dangers d'un socialisme autoritaire qui détruirait toute individualité5. Il précise plus tard « Je pense que je suis un peu plus qu'un socialiste. J'ai quelque chose d'un anarchiste, je pense ». Le libertarisme de gauche de Wilde est partagé par d'autres qui font campagne en faveur de l'émancipation homosexuelle à la fin du XIXe siècle, comme John Henry Mackay et Edward Carpenter6. En août 1894, Wilde écrit à son amant Lord Alfred Douglas pour relater une « aventure dangereuse ». Alors qu'il était parti naviguer avec « deux garçons charmants », Stephen et Alphonso, ils sont surpris par une tempête. « Il nous fallut cinq heures dans les bourrasques pour revenir. Et nous n'accostâmes qu'après onze heures du soir, dans l'obscurité totale et avec une mer déchaînée.. Tous les pêcheurs nous attendaient ». Fatigués, frigorifiés et trempés jusqu'aux os, les trois hommes se ruent à l'hôtel pour se procurer « de l'eau et du brandy chaud ». Mais ils font alors face à un problème. La loi l'interdit. « Comme il était plus de dix heures du soir un dimanche, le propriétaire ne pouvait plus nous vendre ni brandy ni aucune sorte d'alcool ! Donc, il dut nous le donner. Le résultat ne fut pas déplaisant, mais quelles lois ! » Wilde termine l'histoire en précisant que « Alphonso et Stephen sont désormais des anarchistes, cela va sans dire ».
Louise Michel
Louise Michel à Nouméa.

Fille naturelle, à la paternité incertaine, d'une domestique et d'un membre de la petite noblesse7, on sait peu de chose sur la vie privée de Louise Michel (1830-1905), surnommée par Verlaine (ou par Clovis Hugues8), la « Vierge Rouge ». Sa proximité avec Victor Hugo, son amour (platonique ?) avec Théophile Ferré, ses compagnonnages féminins avec Paule Minck et Nathalie Lemel, sa longue relation avec Charlotte Vauzelle, qu'elle nomme sa « compagne depuis 15 ans » à la fin de sa vie. À son enterrement, c’est Séverine, libertaire et féministe qui prononce l’éloge funèbre9. « Dans notre langage d'aujourd'hui, nous imaginerions facilement une relation lesbienne mais Louise Michel était souvent critiquée pour son comportement, plutôt qualifié de puritain. »10
Marie Ferré, Louise Michel et Paule Mink.

Ses positions sur les relations hommes/femmes sont connues : « Si l'égalité entre les deux sexes était reconnue, ce serait une fameuse brèche dans la bêtise humaine. En attendant, la femme est toujours, comme le disait le vieux Molière, le potage de l'homme. Le sexe fort descend jusqu'à flatter l'autre en le qualifiant de beau sexe. Il y a fichtre longtemps que nous avons fait justice de cette force-là, et nous sommes pas mal de révoltées. [...] ne comprenant pas qu'on s'occupe davantage des sexes que de la couleur de la peau. [...] Jamais je n'ai compris qu'il y eût un sexe pour lequel on cherchât à atrophier l'intelligence. »11

Sur la prostitution, ses propos sont sans ambiguïtés : « Il y a entre les propriétaires des maisons de prostitution échange de femmes, comme il y a échange de chevaux ou de bœufs entre agriculteurs ; ce sont des troupeaux, le bétail humain est celui qui rapporte le plus. [...] Si les grands négociants des marchés de femmes qui parcourent l’Europe pour leur négoce, étaient chacun au bout d’une corde, ce n’est pas moi qui irais la couper. [...] Est-ce qu'il n'y a pas des marchés où l'on vend, dans la rue, aux étalages des trottoirs, les belles filles du peuple, tandis que les filles des riches sont vendues pour leur dot ? L'une, la prend qui veut ; l'autre, on la donne à qui on veut. La prostitution est la même [...] Esclave est le prolétaire, esclave entre tous est la femme du prolétaire »11,12.
Voltairine de Cleyre
Voltairine de Cleyre en 1901.

Voltairine de Cleyre (1866-1912), dans son essai de 1890 Sex Slavery (l’Esclavage sexuel), condamne les idéaux de beauté qui encouragent des femmes à se déformer le corps et les pratiques éducatives qui forment de façon artificielle les enfants selon qu’ils appartiennent à un sexe ou un autre. Le titre de l’essai réfère non pas à la prostitution, bien que ce sujet soit également mentionné, mais plutôt aux lois du mariage permettant aux hommes de violer leurs épouses sans conséquences. De telles lois font de « chaque femme mariée ce qu’elle est, une esclave qui prend le nom de son maître, le pain de son maître, les ordres de son maître et sert ses passions. »

Pour elle, le mariage n’est que l’autre nom de l’esclavage sexuel. Un rapport sexuel non consenti, même entre un mari et son épouse, n’est autre qu’un viol. Les femmes doivent acquérir la pleine possession de leur propre corps. Dans Les barrières de la liberté, conférence qu’elle prononce le 15 mars 1891, elle affirme que le mariage est la caution légale de l’assujettissement des femmes. Une société libre ne peut advenir sans une responsabilisation et une rébellion des femmes13.

En 1907, lors de la conférence Le Mariage est une mauvaise action14, véritable plaidoyer en faveur de l'amour libre, elle affirme que seule la distance ménagée permet l'épanouissement des relations amoureuses. Le contrat de mariage imposant une promiscuité des âmes et des corps va à l'encontre de l'amour15.

En 1895, dans une conférence aux femmes de la Ligue libérale, elle déclare : « [la question sexuelle] est plus importante pour nous que n’importe quelle autre, à cause de l’interdit qui pèse sur nous, de ses conséquences immédiates sur notre vie quotidienne, du mystère incroyable de la sexualité et des terribles conséquences de notre ignorance à ce sujet » Toute sa vie, elle combat le système de la domination masculine. Selon l'historien Paul Avrich, « une grande part de sa révolte provenait de ses expériences personnelles, de la façon dont la traitèrent la plupart des hommes qui partagèrent sa vie [...] et qui la traitèrent comme un objet sexuel, une reproductrice ou une domestique »16.
Virginia Bolten et La Voz de la Mujer
Virginia Bolten.

En 1896 et 1897, parait en Argentine, La Voz de la Mujer (La Voix de la Femme), première publication anarcha-féministe au monde17. En épigraphe : « Ni dios, ni patron, ni marido » (soit « Ni dieu, ni patron, ni mari »). La figure de proue en est Virginia Bolten, féministe révolutionnaire et communiste libertaire. Ce n’est pas le premier journal féminin en Amérique latine, mais c'est le premier journal féministe et révolutionnaire au sein de la classe ouvrière18.

Le journal appelle les femmes à se rebeller contre l'oppression masculine mais sans abandonner la lutte prolétarienne. Il critique toute forme d'autorité, ecclésiastique, patronale, étatique et familiale. Les rédactrices dénoncent leur rôle d’objet sexuel et disent à quel type de relations elles aspirent, sous le regard moqueur des mâles de leur classe et la réprobation de la société bourgeoise18. La Voz de la Mujer suscite des tensions au sein du mouvement libertaire car beaucoup de ses militants considèrent certaines de ses positions comme des attaques contre le sexe masculin, ce qui amène la rédaction à clarifier sa position. L'institution du mariage est l'une des cibles principales du journal qui considère les femmes comme le maillon le plus opprimé de la chaîne de l'exploitation. Il défend l'idée de l'amour libre du point de vue de l'autonomie personnelle, sans préconiser la promiscuité.
Amour libre et anarchisme
Article détaillé : Amour libre.
Aux États-Unis
Lucifer, The Light-Bearer, 1883-1907.
The Firebrand, 1895-1897.

Le mouvement en faveur de l'amour libre fut un courant majeur de l'anarchisme individualiste aux États-Unis19. Josiah Warren et les communautés expérimentales en sont les précurseurs. Ils voient la liberté sexuelle comme une expression claire et directe de l'autodétermination des individus. L'engagement en faveur de l'amour libre se conjugue avec la lutte pour les droits des femmes dans la mesure où ce sont elles qui sont les premières victimes des discriminations inscrites dans les lois, comme celles sur le mariage ou sur l'interdiction des moyens de contraception19.
Moses Harman.

Parmi les journaux qui défendent l'amour libre, le plus important est Lucifer, The Light-Bearer (Lucifer, Le Porteur de Lumière 1883-1907), édité par Moses Harman, sa fille Lillian Harman20,21 et Lois Waisbrooker22. Selon Jesse F. Battan de la California State University : « Moses Harman, rédacteur du journal Lucifer prônant l’amour libre, le Light-Bearer affirma en 1897, que toute forme de conflit social et d’exploitation économique, de l’étalon-or aux salaires immérités et intérêts volés par les « classes dirigeantes» au travail des masses, était simplement une continuité de la « séquence logique » établie par une « vieille conspiration profondément installée contre la liberté et la justice, connue sous le nom d’institution du mariage ». Redéfinissant les enjeux associés à la question de la femme et en ajoutant la « question sexuelle » à cette cuisine, ils rejetèrent la monogamie patriarcale et la famille nucléaire et appelaient de fait à une autonomie sexuelle pour les femmes, le contrôle des naissances et la réforme eugéniste. »23
Liberty, 1881-1908.

En 1872, Ezra Heywood et Angela Heywood24 publient The Word (1872-1890 et 1892-1893)19. Le journal était sous-titré A Montly journal of Reform et il contenait des contributions de Josiah Warren et Benjamin Tucker. Mais il eut aussi, Marx E. Lazarus25, figure importante de l'anarchiste individualiste, défenseur de l'amour libre, qui collabore à Liberty.
EzraHeywood.jpg

En 1873, Ezra Heywood crée la New England Free Love League (« Ligue de la Nouvelle-Angleterre pour l'amour libre »), afin de préparer une tournée de conférences de Victoria Woodhull. Il crée aussi un « Bureau de l'amour libre » (Free love bureau) destiné à faciliter les rencontres par correspondance à l'intention des personnes en recherche d'un conjoint. Ces actions, ainsi que la promotion qu'il fait avec son épouse des méthodes de planification des naissances, et les discussions qu'il tient sur les aspects médicaux, psychologiques et moraux de la vie sexuelle lui valent de nombreux ennuis judiciaires, dont une condamnation de deux ans aux travaux forcés en 1878. Cette condamnation en vertu des lois du Comstock Act suscite une manifestation de protestation de 6 000 personnes et une pétition signée par 70 000 personnes demande l'abrogation de la loi, permettant de poursuivre pour obscénité les publications les plus diverses26.
Free Society, 1897-1904.

Autre journal libertaire majeur aux États-Unis de la fin du XIXe siècle, début du XXe siècle : Free Society27 (1895-1897 sous le titre The Firebrand (Le Brandon) et 1897-1904 sous Free Society) défend farouchement l'amour libre et les droits des femmes, et critique le Comstock Act, la loi qui censure de l'information sexuelle. En 1897, afin de provoquer délibérément les défenseurs du Comstock Act, dans un acte de désobéissance civile, The Firebrand publie « A Woman Waits for Me » (« Une femme m’attend »), un poème de Walt Whitman. Tous les rédacteurs et éditeurs du journal sont arrêtés et accusés d'avoir publié des écrits « obscènes » pour le poème de Whitman et une lettre intitulée « It Depends on the Women » signée AEK. La lettre de AEK présentait différentes situations hypothétiques dans lesquelles des femmes refusaient de consentir à des relations sexuelles avec leurs maris ou leurs amants, et défendait la position selon laquelle la véritable libération nécessite une éducation des deux sexes et celle des femmes en particulier28.
Critique des rôles sexuels conventionnels
Emma Goldman.

À New York, dans le Greenwich Village, des féministes et des socialistes « bohèmes » défendent l'autoréalisation et le plaisir, ici et maintenant, pour les femmes (ainsi que les hommes), tout en militant contre la Première Guerre mondiale et dans d'autres mouvements libertaires et socialistes. Ils encouragent le fait de jouer avec les rôles sexuels conventionnels et la sexualité29. Edna St. Vincent Millay, ouvertement et radicalement bisexuelle, ainsi que la lesbienne anarchiste Margaret Anderson, n'y sont pas étrangères. Le habitants du Village sont inspirés par les travailleuses immigrées (souvent anarchistes) des années 1905-191530 et de New Life Socialism d'Edward Carpenter, Havelock Ellis et Olive Schreiner. Quant à Emma Goldman, entre autres, elle fréquente des groupes de discussion organisés sur le sujet. Magnus Hirschfeld écrit, en 1923, que Goldman « milita résolument et énergiquement pour les droits individuels, en particulier pour ceux qui en étaient privés. Il s'avéra donc qu'elle fut la première et seule femme, c'est-à-dire la première américaine, à prendre la défense de l'amour homosexuel devant le grand public »31. En fait, avant Emma Goldman, l'anarchiste hétérosexuel Robert Reitzel (1849-1898) a déjà abordé l'homosexualité en termes élogieux dès le début des années 1890 dans son journal en langue allemande Der arme Teufel (Le pauvre Diable)32.

Par ailleurs, Emma Goldman formule une critique radicale des relations hommes-femmes (voir Philosophie politique de Emma Goldman). Elle met en évidence la persistance de « l'instinct de propriété du mâle », même parmi les révolutionnaires : « dans son égocentrisme, l'homme ne supportait pas qu'il y eut d'autres divinités que lui »33, une analyse qu'elle développe dans La Tragédie de l'émancipation féminine publié dans Mother Earth en mars 190634.

Elle s'oppose aux conceptions traditionnelles de la famille, de l'éducation et des rapports de genre35. Elle s'attaque à l'institution du mariage36 dont elle dit que « c'est premièrement un arrangement économique... [la femme] le paie avec son nom, sa vie privée, son estime de soi, toute sa vie »37.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:37

Unions libres
Union libre

« L'opinion est désormais fixée et l'importance capitale de la liberté complète, absolue de la femme en face du masculin est reconnue chez tous les anarchistes [...] Je puis dire qu'à mon avis la révolution est accomplie, le mariage officiel a virtuellement vécu. Il ne reste qu'à déblayer la voie ». - Élisée Reclus, 5 janvier 190438

En Europe et en Amérique du Nord, le mouvement en faveur de l'amour libre combine des idées issues du socialisme utopique avec l'anarchisme et le féminisme, de façon à attaquer la morale sexuelle hypocrite de l'ère victorienne ainsi que les institutions du mariage et de la famille, qui sont vues comme des moyens d'asservir les femmes. Les défenseurs de l'amour libre promeuvent des unions sexuelles volontaires sans intervention de l'État39, et affirment le droit au plaisir sexuel pour les femmes aussi bien que pour les hommes. Ils soutiennent parfois explicitement les droits des homosexuels et des prostituées.

Ces pratiques s'exportent en Europe où, par exemple en octobre 1882, le géographe libertaire Élisée Reclus prononce une allocution à l'occasion de l'union libre de ses deux filles, « sans permettre à la loi religieuse et civile de s'en occuper »40, « dans des conditions de vérité où les fiancés n'eurent point à faire de cérémonies civile ou religieuse en l'honneur d'une loi qui leur paraît injuste ou d'un culte qu'ils ne pratiquent point »41.
Opposition marxiste

Pendant quelques dizaines d'années, l'adhésion à l'amour libre est largement répandue chez les anarchistes américains et européens, mais ces conceptions se heurtent alors aux figures dominantes de la gauche : les marxistes et les sociaux-démocrates. La féministe radicale et socialiste Victoria Woodhull fut ainsi exclue en 1871 de l'International Workingmen's Association en raison de son engagement en faveur de l'amour libre et des mouvements associés42. En effet, avec le soutien de Karl Marx, la branche américaine de l'organisation est « purgée » de ses éléments pacifistes, antiracistes et féministes, sous prétexte qu'ils insistent trop sur des problèmes étrangers à la lutte des classes, et sont donc considérés comme incompatibles avec le « socialisme scientifique » de Marx et Engels43.
En Europe
Articles détaillés : Communauté libertaire et Néomalthusianisme.
Rirette Maîtrejean.

Dès la fin du XIXe siècle, les cercles individualistes anarchistes français et espagnols ont un grand sens de l'expérimentation sociale et des rapports individuels, notamment au sein des colonies libertaires. L'idée d'amour libre a une forte influence sur les cercles individualistes puis s'étend au reste du mouvement libertaire44.

« Dans ce sens, les positions théoriques et les expériences vitales de l'individualisme français sont profondément iconoclastes et scandaleuses, même au sein des cercles libertaires. L'appel pour le naturisme, la défense intense de méthodes contraceptives, l'idée de l'union des égoïstes avec les pratiques sexuelles comme unique justification (camaraderie amoureuse), qui tentent d'être mises en pratique, non sans difficultés, établiront un mode de pensée et d'action et déboucheront sur la sympathie des uns et le rejet profond des autres »44.
L'En-dehors

Parmi les périodiques impliqués dans ce mouvement, on trouve L'En-dehors et L’Idée libre en France et Iniciales et La Revista Blanca en Espagne44.

Pour la sociologue Anne Steiner, « Dans les premières années du vingtième siècle, des femmes luttent pour le droit à une sexualité libre, diffusent des conseils et des méthodes pour la limitation volontaire des naissances, réfléchissent à de nouvelles méthodes d’éducation, refusent le mariage et la monogamie, expérimentent la vie en communauté. Militantes anarchistes individualistes, elles ne croient pas que la révolution ou la grève insurrectionnelle puisse être victorieuse dans un avenir proche et refusent la position de génération sacrifiée. Pour elles, l’émancipation individuelle est un préalable à l’émancipation collective et la lutte contre les préjugés est une urgence. C’est pourquoi, elles questionnent toutes les normes, toutes les coutumes, toutes les habitudes, soucieuses de n’obéir qu’à la seule raison. »45 Elle cite en exemples : Rirette Maîtrejean, Anna Mahé, Émilie Lamotte et Jeanne Morand.

En 1914, Madeleine Pelletier publie L'Éducation féministe des filles.

En 1881 est fondée aux Pays-Bas la Nieuw-Malthusiaanse Bond (nl) (Ligue néomalthusienne) animée par le médecin Jan Rutgers (nl) aux sympathies anarchistes affirmées46.
E. Armand
E. Armand

Parmi les anarchistes individualistes européens, E. Armand (1872-1962, Ernest-Lucien Juin dit) est sans conteste le plus actif partisan de l'amour libre47.

Armand défend le naturisme et le polyamour et invente la notion de « camaraderie amoureuse »48,49.

Il écrit de nombreux articles sur le sujet, comme De la liberté sexuelle en 1907, où il défend non seulement l'idée d'amour libre, mais aussi celle de partenaires multiples, qu'il appelle « pluralité amoureuse »50,51 : « Par liberté de l’amour, amour libre, amour en liberté, liberté sexuelle, j’entends l’entière possibilité pour une ou un camarade, d’en aimer un, une, plusieurs autres simultanément (synchroniquement), selon que l’y pousse ou l’y incite son déterminisme particulier »49. Ces propos ne sont alors pas très éloignés de ceux des partisans de l'amour libre. Ce n’est qu’après avoir fondé L'En-dehors en 1922 qu’il va progressivement développer une conception de la sexualité libertaire de plus en plus originale, le « sexualisme révolutionnaire »48.

Pour lui, il n'y a rien de répréhensible à faire l'amour, même si l'un des partenaires n'a pas de sentiments très marqués pour l'autre : « [La] thèse de la camaraderie amoureuse, comporte un libre contrat d'association (résiliable selon préavis ou non, après entente préalable) conclu entre des individualistes anarchistes de sexe différent, possédant les notions d'hygiène sexuelle nécessaires, dont le but est d'assurer les co-contractants contre certains aléas de l'expérience amoureuse, entre autres : le refus, la rupture, la jalousie, l'exclusivisme, le propriétarisme, l'unicité, la coquetterie, le caprice, l'indifférence, le flirt, le tant pis pour toi, le recours à la prostitution »52.

Armand publie Le Combat contre la jalousie et le sexualisme révolutionnaire (1926), suivi de Ce que nous entendons par liberté de l'amour (1928), La Camaraderie amoureuse ou « chiennerie sexuelle » (1930), et finalement, La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse (1934), un livre de presque 350 pages reprenant la plupart de ses écrits sur la sexualité48.

Dans un texte de 1937, il mentionne clairement parmi les objectifs des individualistes libertaires, la constitution d'associations volontaires aux fins purement sexuelles pouvant regrouper selon les tempéraments des hétérosexuels, des homosexuels, des bisexuels ou des « unions mixtes ». Il prend également position en faveur du droit des individus à changer de sexe, et proclame hautement sa volonté de réhabiliter les plaisirs défendus, les caresses non-conformistes (lui-même aurait eu des préférences pour le voyeurisme) ainsi que la sodomie. Cela le conduit à accorder de plus en plus de place à ce qu'il appelle les « non-conformistes sexuels », en excluant toutefois la violence physique. Pour Armand, la « recherche voluptueuse » dans le domaine des relations sexuelles ne peut-être considérée comme légitime qu'à condition que les résultats de ces pratiques ne privent pas celui qui les prodigue – comme celui qui les reçoit – de son « auto-contrôle » ou n'entament « sa personnalité »48.

Son militantisme implique aussi de traduire des textes d'auteurs comme Alexandra Kollontaï et Wilhelm Reich, comme de s'investir dans des associations en faveur de l'amour libre qui mettent en pratique la « camaraderie amoureuse » grâce à des expériences sexuelles réelles.

Armand finit par acquérir dans les cercles libertaires une telle renommée sur ce sujet que la jeune militante argentine América Scarfó lui envoie une lettre pour lui demander conseil sur sa relation avec Severino Di Giovanni (qui est déjà marié au début de leur relation)53,53. La lettre est publiée dans L'En-dehors du 20 janvier 1929 sous le titre Une expérience, avec la réponse d'Armand : « Camarade, mon opinion n'a que peu d'importance dans cette question que vous m'envoyez sur ce que vous faites. Êtes-vous ou n'êtes-vous pas intimement en accord avec votre conception personnelle d'une vie d'anarchiste ? Si oui, alors ne faites pas attention aux commentaires et insultes des autres et poursuivez sur votre propre voie. Personne n'a le droit de juger votre conduite, même s'il s'avérait que la femme de votre ami ne voie pas ces relations d'un bon œil. Toute femme unie à un anarchiste (ou vice versa), sait très bien qu'elle ne doit pas exercer sur lui, ni attendre de lui, une quelconque domination »53.
Errico Malatesta
Errico Malatesta vers 1920.

Dans le dialogue imaginaire « Au café » (1920), Errico Malatesta (1853-1932) explicite sa conception de l'amour libre : « Croyez-vous qu'il peut exister un amour esclave ? [...] l'amour vrai ne peut exister, ne se conçoit pas sinon parfaitement libre [...] L'adultère, les mensonges de toutes sortes, les haines longuement couvées, les maris qui tuent leurs femmes, les femmes qui empoisonnent leurs maris, les infanticides, les enfants qui grandissent parmi les scandales, les querelles familiales [...] aujourd'hui [...] le monde est un lupanar, parce que les femmes sont fréquemment obligées de se prostituer pour vivre ; parce que le mariage souvent contracté par pur calcul d'intérêt, est toujours pour toute sa durée une union dans laquelle l'amour n'entre pas du tout ou n'entre que comme un accessoire [...] Nous voulons la liberté. Jusqu'à présent, les unions sexuelles ont tellement subi la pression de la violence brutale, de la nécessité économique, des préjugés religieux et des prescriptions légales qu'il n'est pas possible de déduire quel sera le mode de relations sexuelles qui répondra le mieux au bien physique et moral de l'individu et de l'espèce. [...] la propriété commune admise et le principe de la solidarité sociale établi sur de solides bases morales et matérielles, l'entretien des enfants appartiendra à la communauté et leur éducation sera le soin et l'intérêt de tous. Il est probable que tous les hommes et toutes les femmes aimeront tous les enfants : et si, comme je le crois certainement, les parents ont une affection spéciale pour ceux qui sont nés d'eux, ils n'auront qu'à se réjouir en sachant que l'avenir de leurs enfants est assuré et qu'ils ont pour leur entretien et leur éducation le concours de toute la société. »

Pour lui : « Éliminons l’oppression de l’homme sur l’homme, combattons la prétention brutale du mâle de se croire le maître de la femme, combattons les préjugés religieux, sociaux et sexuels ; assurons à tous, hommes, femmes, adultes, enfants, le bien-être et la liberté ; répandons l’instruction, et nous trouverons maintes occasions d’être satisfaits s’il ne reste sur terre, d’autres maux que ceux que crée l’amour. Dans tous les cas, les malheureux en amour pourront trouver une revanche en d’autres plaisirs – tandis qu’aujourd’hui l’amour mélangé d’alcool est l’unique consolation de la plus grande partie de l’humanité. »54
Anarcha-féminisme
Article détaillé : Anarcha-féminisme.
Estudios, février 1930.

L'anarcha-féminisme, qui combine féminisme et anarchisme, considère la domination des hommes sur les femmes comme l'une des premières manifestations de la hiérarchie dans nos sociétés. Le combat contre le patriarcat est donc pour les anarcha-féministes partie intégrante de la lutte des classes et de la lutte contre l'État, comme l'a formulé Susan Brown : « Puisque l'anarchisme est une philosophie politique opposée à toute relation de pouvoir, il est intrinsèquement féministe »55.

À la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, Emma Goldman, Voltairine de Cleyre et Lucy Parsons en sont les principales théoriciennes56.

En Espagne, à partir de 1922, Estudios est à l'avant-garde d'une campagne en faveur de l'éducation sexuelle et de l'émancipation féminine57. Ouverte aux débats sur les sexualités, cette revue éclectique et libertaire aborde le nudisme, l'amour libre et l'éducation sexuelle. Elle a une influence décisive sur la classe ouvrière espagnole en contribuant à faire évoluer radicalement les mentalités58.

Lors de la Révolution sociale espagnole de 1936, l'organisation féminine libertaire59 Mujeres Libres, proche de la Confédération nationale du travail défend à la fois les idées anarchistes et féministes60. Par ailleurs, Federica Montseny, inspirée par Nietzsche et Stirner, pense que « la révolution contre le sexisme devrait venir de femmes futures intellectuelles et militantes. D'après cette conception nietzschéenne, les femmes pourraient réaliser par l'art et la littérature la nécessité de modifier leurs rôles propres »61.
Emma Goldman
Articles détaillés : Emma Goldman et Philosophie politique de Emma Goldman.
Emma Goldman vers 1911.

Infirmière de formation, Emma Goldman (1869-1940) s'est engagée toute sa vie en faveur de la contraception, de l’amour libre, du droit à la libre maternité, de l’homosexualité ou de l’égalité économique hommes-femmes62.

Bien qu'elle soit hostile au féminisme des suffragettes et à ses objectifs en matière de droit de vote des femmes, elle s'est battue passionnément pour la liberté des femmes, et elle est aujourd'hui reconnue comme l'inspiratrice de l'anarcha-féminisme, qui s'oppose au patriarcat comme à une domination à combattre au même titre que l'État ou le capitalisme63.

Elle est une pionnière de l'éducation des femmes à la contraception, qu'elle définit comme une « étape de la lutte sociale ». Comme de nombreuses féministes de son époque, elle voit l'avortement comme une conséquence tragique de la misère sociale et la contraception comme une alternative émancipatrice. Elle est aussi une fervente militante de l'amour libre et une opposante radicale au mariage.

Si le système des maisons closes et des proxénètes constitue la prostitution illicite, le mariage relève de la prostitution licite13. En 1896, dans L’anarchisme et la question sexuelle, elle écrit : « Toutes les unions artificielles qui ne sont pas consacrées par l’amour relèvent de la prostitution, qu’elles soient sanctionnées ou non par l’Église et la société. De telles unions ne peuvent avoir qu’une influence dégradante à la fois sur la morale et la santé de la société »64.

Elle juge les premières féministes bourgeoises bridées par les forces sociales du puritanisme et du capitalisme. Elle écrit : « Ce qu’il nous faut, c’est nous dégager des vieilles traditions, des habitudes désuètes, puis aller de l’avant. Le mouvement féministe n’a accompli que le premier pas dans cette direction. Il faut espérer qu’il gagnera assez de force pour en faire un second. Le droit au vote, aux capacités civiques égales peuvent constituer de bonnes revendications, mais l’émancipation réelle ne commence pas plus à l’urne qu’à la barre. Elle commence dans l’âme de la femme. [...] par sa régénération intérieure [...] le droit le plus vital c’est celui d’aimer et d’être aimée. Si l’émancipation féminine partielle doit se transformer en une émancipation complète et véritable de la femme, c’est à condition qu’elle fasse litière de la notion ridicule qu’être aimée, être amante et mère, est synonyme d’être esclave ou subordonnée. Il faut qu’elle se débarrasse de l’absurde notion du dualisme des sexes, autrement dit que l’homme et la femme représentent deux mondes antagonistes. »65

En 1897, elle écrit : « Je réclame l'indépendance de la femme, son droit à gagner sa vie ; de vivre pour elle-même ; d'aimer qui elle veut et autant de personnes qu'elle veut. Je réclame la liberté pour les deux sexes, liberté d'action, liberté d'aimer et liberté d'enfanter »66. À un journaliste qui lui demande « Est-ce qu’une personne peut en aimer plusieurs en même temps ? », elle répond : « Je ne vois pas pourquoi pas – s'ils trouvent les mêmes qualités qu’ils aiment dans plusieurs personnes. Qu’est-ce qui pourrait les empêcher d’aimer les mêmes choses dans tous ? [...] Si nous cessons d’aimer l’homme ou la femme et que nous trouvons quelqu’un d’autre, comme je l’ai dit avant, nous en parlons et nous changeons tranquillement notre mode de vie. Les affaires privées de la famille n’ont pas besoin d’être exposées dans les tribunaux et ne deviennent pas publiques. Personne ne peut contrôler les sentiments, c’est pourquoi il ne devrait pas y avoir de jalousie. »67

Dans son essai sur l'école moderne, elle a également traité des questions de l'éducation sexuelle. Elle s'élève contre le fait que « Les éducateurs connaissent également les résultats sinistres et démoniaques de l'ignorance en matière sexuelle. Pourtant, ils n'ont ni assez de compréhension ni d'humanité pour casser les barrières que le puritanisme a construit autour du sexe. Si au cours de l'enfance on apprenait aux hommes et aux femmes une belle camaraderie, cela neutraliserait la condition hyper-sexualisée des uns et des autres et aiderait l'émancipation des femmes bien plus que toutes les lois sur leur statut et leur droit de vote »68.
Madeleine Vernet.
Madeleine Vernet

À la même époque, en France, Madeleine Vernet (1878-1949) pose les mêmes questions : « Si vous défendez avec tant d’ardeur les droits politiques de la femme, c’est que vous voyez pour celle-ci la libération de son esclavage sexuel, je me permets de vous poser une question : « Quand la femme sera électeur et éligible, le problème de la prostitution sera t-il résolu ? » Et j’entends bien, n’est-ce pas, la prostitution sous toutes ses formes. [...] En carte ou sans carte, soumises ou insoumises, connues ou inconnues, nombreuses sont les femmes qui doivent, pour vivre, avoir recours à la prostitution. Depuis la mondaine que des revers de fortune firent déchoir dans le demi-monde, jusqu’à l’ouvrière qui subit les exigences d’un patron ou d’un contremaître pour sauvegarder l’emploi qui assure le pain à ses petits ; depuis la jeune fille riche qui se vend au mariage pour racheter une faute jusqu’à la pauvre jeune fille que cette même faute mènera au ruisseau (pour employer la commune expression), nombreuses, excessivement nombreuses sont les formes de prostitution. »69
Nelly Roussel
Nelly Roussel en 1911.

En 1902, Nelly Roussel (1878-1922) est la première femme à se déclarer en faveur de la contraception, ce qui déclenche d’abord une grande hostilité chez les féministes70.

Elle écrit dans Le Libertaire en 1904 : « Nul n’est plus que moi – vous le savez peut-être – partisan de l’union libre. Mais « union libre » n’est pas malheureusement synonyme de « union illégale ». L’union véritablement libre – basée uniquement sur l’amour et n’ayant point d’autre raison d’être que lui, – l’union idéale que nous rêvons et que nous travaillons de toutes nos forces à rendre un jour réalisable, cette union-là n’existe pas, ne peut pas exister actuellement pour la femme, – ou tout au moins pour la plupart des femmes. Car, vous le savez aussi bien que moi, il n’est guère de métier où elle ne puisse, même par le travail le plus acharné, subvenir complètement à ses besoins et à ceux de ses enfants. Et ce qui fait son esclavage, ce sont moins peut être les chaînes légales, l’injurieux article du Code lui prescrivant l’obéissance, que la nécessité où elle se trouve, neuf fois sur dix, de recourir à un homme qui l’aide à vivre et qui souvent abuse de sa situation pour l’humilier et l’asservir. Mariage régulier, union illégitime, ou « galanterie »... au fond, c’est toujours la même chose pour la femme, toujours la même situation, aussi périlleuse qu’humiliante : livrer son corps à l’homme en échange du pain quotidien. Si l’amour se glisse au foyer, c’est par hasard et par exception. Eh bien, c’est cela que nous ne voulons plus ! »71
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:37

Mujeres Libres
Article détaillé : Mujeres Libres.
Mujeres Libres, 1938.

En avril 1936, Lucía Sánchez Saornil, Mercedes Comaposada et Amparo Poch y Gascón fondent Mujeres Libres (« Femmes Libres »), la première organisation féministe autonome prolétarienne en Espagne. Son but est de mettre fin au « triple esclavage des femmes : l’ignorance, le capital et les hommes ». Si quelques-unes des fondatrices exercent des professions libérales, la large majorité de ses membres (20 000 environ en juillet 1937) est issue des classes ouvrières. Les femmes de Mujeres Libres visent à la fois à surmonter les obstacles de l’ignorance et de l’inexpérience qui les empêchent de participer en tant qu'égales à la lutte pour une société meilleure, et à combattre la domination des hommes au sein même du mouvement libertaire72.

La militante Anna Delso décrit cette démarche : « La capacité d’organisation des femmes me laisse stupéfaite. Plusieurs d’entre elles ont un rôle prépondérant dans leur syndicat, CNT, et font partie en même temps du comité d’autogestion de leur usine. Elles se trouvent au même niveau d’égalité que les hommes dans une société non hiérarchisée. C’est une transformation totale et radicale de la vie sociale. Les femmes espagnoles en avaient tant besoin ! Elles se sont débarrassées de l’esclavage que leur imposaient le clergé, le mari, le père, les frères et tous les autres. À tous ceux qui nous disent : Oui, nous sommes d’accord avec vos revendications de femmes, mais il faut laisser tout cela pour après, car votre attitude peut créer des divisions. Nous leur répondons : Pour après quoi ? C’est maintenant ou jamais ! [...] Leurs idées sont une chose et leur femme et leur famille autre chose. Leur femme est à eux, intouchable. Comme les abeilles vont de fleur en fleur, eux peuvent aller de femme en femme. Et ils trouvent ça très naturel, mais ils ne peuvent accepter qu’une femme puisse en faire autant. La sempiternelle devise de la femme, bonne mère, bonne épouse, fidèle et obéissante, doit changer »73.

L'organisation se bat sur deux fronts : pour la libération des femmes et pour la révolution sociale. Dans l'Espagne révolutionnaire des années 1936-1937, les Mujeres Libres s'opposent au sexisme de leurs camarades militants et elles veulent s'émanciper du statut marginal qui leur est réservé au sein d'un mouvement libertaire qui prétend abolir la domination et la hiérarchie. Pour elle, l'émancipation des femmes est inséparable de l'émancipation sociale. Si pour les anarchistes, les moyens mis en œuvre dans la lutte révolutionnaire inspirent la société future, elles affirment que l'égalité des femmes ne suivra pas automatiquement la révolution sociale si elle n'est pas mise en pratique immédiatement. Mujeres Libres prépare les femmes à des rôles de meneuses dans le mouvement anarchiste, elle organise des écoles, des groupes de parole réservés aux femmes, tout ceci afin que les femmes puissent acquérir l'estime de soi et la confiance en leurs capacités.

Mujeres Libres publie un journal éponyme où est abordé l'éducation sexuelle, définie selon les termes de l'époque, comme « la connaissance du fonctionnement physiologique de notre organisme, plus spécialement l'aspect eugénique et sexologique ». À Barcelone, l'association est à l'origine de la création de la Casa de la dona treballadora et de la campagne en faveur de la réinsertion des prostituées dans les Liberatorios de prostitucion. La prostitution est fermement combattue. Leur but n'est pas de l'aménager mais de l'éradiquer, en rendant les femmes économiquement indépendantes et en réalisant une profonde révolution sociale et morale. Elles se désolent d'ailleurs de voir nombre de leurs camarades hommes fréquenter les maisons de passe74.
Amparo Poch y Gascón
Amparo Poch y Gascón

Amparo Poch y Gascón, docteure en médecine et propagandiste de la liberté sexuelle est une des trois fondatrices des Mujeres Libres. Dans La Vie sexuelle de la femme (1932), elle incite les femmes à s'épanouir par l'amour libre et la pratique de la bisexualité. Elle est responsable, en 1936, des Liberatorios de prostitución, maisons destinées aux prostitués, où elles peuvent recevoir des soins de santé, de la psychothérapie et une formation professionnelle pour leur permettre d'acquérir une indépendance économique par des moyens socialement acceptables. En décembre 1937, elle est responsable d'un lieu d'échange et d'éducation pour les femmes nommé Casal de la Dona Treballadora75.
Lucía Sánchez Saornil.
Lucía Sánchez Saornil

Lucía Sánchez Saornil est une des trois fondatrices des Mujeres Libres. Elle est ouvertement lesbienne76. Dès son plus jeune âge, elle écrit de la poésie et est associée au mouvement littéraire des ultraïstes. En 1919, elle a déjà été publiée dans de nombreux journaux comme Los Quijotes, Tableros, Plural, Manantial et La Gaceta Literaria. Grâce à son pseudonyme masculin, elle peut explorer des thématiques lesbiennes77 à une époque où l'homosexualité est criminalisée, sujette à la censure et à la répression.
Paulette Brupbacher.

Profondément déçue par les préjugés chauvinistes des républicains, elle se ligue avec deux camarades, Mercedes Comaposada et Amparo Poch y Gascón pour former Mujeres Libres en avril 1936. Elle rejette le point de vue, dominant chez les anarchistes, que l'égalité des sexes découlera naturellement d'une société sans classes.
Paulette et Fritz Brupbacher

Dans les années 1920, en Suisse, à Zurich, Paulette Brupbacher78 et Fritz Brupbacher79, tous les deux médecins, liant activité professionnelle et engagement politique libertaire, luttent pour la liberté sexuelle, la contraception, le droit à l'avortement et l'émancipation des femmes.
Elise Ottesen-Jensen

En 1933, la féministe anarcho-syndicaliste Elise Ottesen-Jensen fonde en Suède, la Fédération pour l'éducation sexuelle. Elle résume son combat en une phrase : « Je rêve du jour où chaque enfant né sera le bienvenu, où hommes et femmes seront égaux et vivront leur sexualité dans la passion, le plaisir et la tendresse »80.
Lesbiennes, gays, bisexuels
Articles détaillés : LGBT, Queer et Front homosexuel d'action révolutionnaire.
John Henry Mackay, homosexuel et anarchiste.

Aux yeux de beaucoup, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du mouvement libertaire, l'accent mis sur les libertés individuelles par l'anarchisme le lie, tout naturellement, avec les revendications d'égalité portées par les mouvements revendiquant une libre homosexualité.

John Henry Mackay (1864-1933), rédige la seule biographie de référence sur Max Stirner et est à l'origine d'une vaste diffusion des idées individualistes libertaires. Sous le nom de plume Sagitta, il publie de nombreux essais sur « l'amour grec » ou « l'amour sans-nom ».

En 1923, Emil Szittya écrit dans Das Kuriositäten-Kabinett que « de nombreux anarchistes ont cette tendance. Ainsi, j'ai trouvé à Paris un anarchiste hongrois, Alexander Sommi, qui a fondé un groupe anarchiste homosexuel sur la base de cette idée ».

Cette conception est confirmée, en 1914, par Magnus Hirschfeld dans son livre Die Homosexualität des Mannes und des Weibes : « Dans les rangs d'un parti relativement petit, celui des anarchistes, il me semble qu'il y a proportionnellement plus d'homosexuels et d'efféminés que ce que l'on peut trouver dans les autres ».

L'anarchiste italien Luigi Bertoni (que Szytta pensait aussi être homosexuel), note que « les anarchistes demandent la liberté en tout, donc aussi dans la sexualité. L'homosexualité mène à une conception saine de l'égoïsme, pour lequel tout anarchiste devrait se battre »81.

L'écrivain anarcho-syndicaliste Ulrich Linse affirme à propos d'une « figure marquante de la scène berlinoise individualiste-anarchiste vers 1900 », le « précoce Johannes Holzmann » (connu sous le nom de Senna Hoy (de)) : « en partisan de l'amour libre, [Hoy] célébrait l'homosexualité comme un « sommet de la culture » et s'engage dans une lutte contre le Paragraphe 175 » qui criminalise l'homosexualité masculine en Allemagne, de 1871 à 199482. Le jeune Senna Hoy (1882-1914) publie, dès 1902, ses conceptions dans son hebdomadaire Der Kampf, qui est diffusé à 10 000 exemplaires l'année suivante83.

L'anarchiste et psychothérapeute allemand Otto Gross a également beaucoup écrit sur l'homosexualité chez les hommes et chez les femmes et argumenté contre les discriminations84.
Adolf Brand, activiste anarchiste homosexuel
Adolf Brand et Der Eigene

Der Eigene (L'unique) est la première publication régulière homosexuelle au monde, éditée en langue allemande à Berlin, de 1896 à 1932, sous la direction d'Adolf Brand (1874-1945). Le titre, Der Eigene, est une référence explicite à l'ouvrage L'Unique et sa propriété du philosophe Max Stirner. Ce dernier influence profondément le jeune Brand qui est séduit par le concept stirnerien de « Selbsteigentum ». Der Eigene compte environ 1 500 abonnés.

Outre des poèmes d'Adolf Brand, on compte parmi les collaborateurs : Benedict Friedlaender, Hanns Heinz Ewers, Erich Mühsam, Kurt Hiller, Ernst Burchard, John Henry Mackay, Theodor Lessing, Klaus Mann, Thomas Mann, Wilhelm von Gloeden et Sascha Schneider.

Individualiste libertaire, influencé par les théories de John Henry Mackay, Adolf Brand est à l'origine membre du Comité scientifique humanitaire de Magnus Hirschfeld, mais s'en sépare en 1903, pour créer la Gemeinschaft der Eigenen, la « Communauté des spéciaux ». Dans ce nouveau groupe, l'amour entre hommes est considéré comme un des attributs de la virilité. Le groupe rejette les théories « médicales » de Hirschfeld qui définit l'homosexualité comme un « sexe intermédiaire »85.

En 1933, après l'arrivée au pouvoir des nazis, la maison d'Adolf Brand est mise à sac : l'ensemble de ses archives aurait été confisqué par Ernst Röhm et Der Eigene est interdit de parution.
Homophobie

En dépit de ces positionnements favorables, le mouvement libertaire de cette époque n'est pas exempt d'homophobie.

En 1935, l'éditorial d'un journal espagnol affirme ainsi qu'un anarchiste ne doit pas se fréquenter d'homosexuels, et encore moins en être un : « Si vous êtes un anarchiste, cela signifie que vous êtes moralement supérieur et physiquement plus fort que l'homme moyen. Et celui qui aime les invertis n'est pas un homme véritable, ce qui implique qu'il n'est pas non plus un véritable anarchiste »86.
Époque contemporaine
Daniel Guérin
Daniel Guérin, sans doute dans les années 1920.

Daniel Guérin (1904-1988), est un écrivain révolutionnaire français, anticolonialiste, militant de l'émancipation homosexuelle et théoricien du communisme libertaire87. À partir des années 1950, il s'émancipe du marxisme-léninisme pour élaborer une synthèse marxiste libertaire qui valorise l'individualisme tout en rejetant le capitalisme.

Ouvertement bisexuel, il dénonce les discriminations dont sont victimes les minorités sexuelles, y compris dans les milieux de la gauche radicale.

En 1955, il publie Kinsey et la sexualité88, ouvrage où il détaille l'oppression spécifique subie en France par les homosexuels : « Les plus sévères [critiques] émanent de milieux marxistes qui ont tendance à gravement sous-estimer la variété d’oppression de l’homme par l’homme qu’est le terrorisme antisexuel. Je m’y attendais d’ailleurs et je savais, en publiant mon livre, que je m’exposais au risque de me mettre à dos ceux desquels je me sens le plus proche sur le plan politique »89.

En 1965, après son coming out, il s'exprime sur l'homophobie qui domine à gauche pendant la deuxième moitié du XXe siècle, « l'incompréhension voire l'homophobie de la plupart des « gauchistes » – leur conception petite bourgeoise de la sexualité. L'attitude était beaucoup plus libérale à l'égard de l'homosexualité dans les années 1920-1930, l'hypocrisie se rencontrant alors beaucoup plus chez les bourgeois que chez les prolétaires. Depuis ces derniers ont été conditionnés par les idées bourgeoises. »90.

En 1975, il écrit : « Il n'y a pas tellement d'années se déclarer révolutionnaire et s'avouer homosexuel n'étaient pas choses compatibles. Quand je suis entré en 1930 dans le mouvement social il n'était pas question de s'y risquer, ni même d'aborder impersonnellement un sujet aussi scabreux. [...] J'étais affligé encore d'une autre vulnérabilité. Dans les mouvements syndicaux et politiques auxquels je participais, j'avais une propension à me situer toujours à leur extrême-gauche [...] Il eût été insensé d'ajouter à ces lourds handicaps une charge supplémentaire : celle de m'intéresser aux partenaires de mon sexe, qu'il s'agît de jeunes ouvriers sans conscience de classe ou, plus grave encore, de militants dont certains rayonnaient d'une juvénilité dont il fallait soigneusement cacher à quel point elle m'était attirante. »91.

Il évoque, la personnalité de Louis Aragon « arrimé à l'hétérosexualité comme au stalinisme par Elsa, son mauvais génie, devait se protéger d'un autre malfaisant sectarisme, celui du Parti communiste, hystériquement intransigeant sur le plan des « bonnes mœurs » et qui ne tolérera les extravagances amoureuses d'Aragon que beaucoup plus tard, quand Elsa ne sera plus là pour le détourner des garçons et que l'évolution de la société post-soixante-huitarde aura enfin fait voler en éclats le tabou. »92

Ses textes sur la libération sexuelle sont alors censurés dans certains journaux de gauche93.

Daniel Guérin s'implique dans les événements de Mai 68 en France et prend une part active à la création du mouvement de libération homosexuelle qui émerge dans les années suivantes. En 2000, Frédéric Martel le qualifie de « grand-père du mouvement homosexuel français »94.
Mai 68 et le Mouvement du 22-Mars
Articles détaillés : Mai 68, Mouvement du 22-Mars et Hippie.
Symbole Peace and love.

Dans les années 1960, le mouvement hippie est un promoteur de l'amour libre au point que l'expression lui est souvent associée : « Peace and love ». La sexualité, en particulier, n'y est plus perçue uniquement comme moyen de reproduction.
Daniel Cohn-Bendit en 1968.

En France, l'un des éléments déclencheurs des événements de Mai 68 est le Mouvement du 22-Mars, largement influencé par les libertaires, qui conjugue son opposition à la guerre du Vietnam avec des revendications de « vie quotidienne » et de liberté sexuelle (possibilité pour les étudiants de se rendre, après 22 heures, dans les chambres des filles de la résidence universitaire).

L'affaire démarre le 29 mars 1967, lorsque 60 étudiants décident de manière spontanée d'investir un des pavillons de la cité universitaire réservé aux étudiantes : les jeunes filles ont le droit d'accéder au bâtiment des garçons mais l'inverse est interdit. Le doyen fait appel aux forces de l'ordre. Cernés par la police, 25 étudiants maintiennent l'occupation pendant une semaine. Une « liste noire » est dressée : des étudiants contestataires que les professeurs sont invités à refuser à leurs cours, parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit qui se voit notifier une demande de quitter le territoire. Les étudiants de ce qui allait devenir le Mouvement du 22-Mars passent une année à diffuser leurs idées sur la liberté sexuelle et sur les « névroses » qu'induit le manque de liberté dans ce domaine. En janvier 68, Cohn-Bendit interpelle François Missoffe, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui inaugure la nouvelle piscine de Nanterre, sur son livre blanc sur la jeunesse : « Monsieur le ministre, j’ai lu votre Livre blanc sur la jeunesse. En trois cents pages, il n’y a pas un seul mot sur les problèmes sexuels des jeunes. » à quoi le ministre répond : « Avec la tête que vous avez, vous connaissez sûrement des problèmes de cet ordre. Je ne saurais trop vous conseiller de plonger dans la piscine. – Voilà une réponse digne des Jeunesses hitlériennes. » répond Cohn-Bendit95.
Les années 1970 et le Front homosexuel d'action révolutionnaire
Articles détaillés : Mouvement de libération des femmes et Front homosexuel d'action révolutionnaire.
Un tract du FHAR de 1971.

Le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) est un mouvement parisien et autonome, fondé en 1971, issu d'un rapprochement entre des féministes lesbiennes et des activistes gays. On a pu y voir Guy Hocquenghem, Christine Delphy, Françoise d'Eaubonne, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Laurent Dispot, Hélène Hazera, Jean Le Bitoux, René Schérer, Patrick Schindler.

Le FHAR est connu pour avoir donné une visibilité radicale au combat gay et lesbien dans les années 1970 dans le sillage des soulèvements étudiants et prolétaires de 1968, qui ne laissent que peu de place à la libération des femmes et des homosexuels. En rupture avec les anciens groupes homosexuels moins virulents, voire conservateurs, il revendique la subversion de l'État « bourgeois et hétéropatriarcal », ainsi que le renversement des valeurs jugées machistes et homophobes des milieux de gauche et d'extrême gauche.

Selon Patrick Schindler : Sans se revendiquer comme leaders, l’écrivain et coauteur avec Félix Guattari de Trois milliards de pervers, Guy Hocquenghem et l’écrivaine et cofondatrice du MLF, Françoise d'Eaubonne sont les deux principales figures qui animent le mouvement. Lors des réunions aux Beaux-Arts, on croise également la chercheuse du CNRS, Christine Delphy, spécialisée dans le féminisme et les questions de genre, l’écrivain communiste libertaire Daniel Guérin ou encore René Schérer, le philosophe fouriériste proche de Gilles Deleuze et de Michel Foucault. Fort de cette « petite armée » intellectuelle mais pacifique, en avril 1971, le FHAR participe à la rédaction du journal mao-spontex Tout ! et obtient un quatre pages où le mouvement a la possibilité de s’exprimer librement. Le groupe décide, entre autres, de publier un manifeste inspiré de celui des 343 salopes avorteuses, avec un préambule choc : « Nous sommes plus de 343 salopes. Nous nous sommes fait enculer par des Arabes. Nous en sommes fiers et nous recommencerons. »96

L'aspect outrageant pour les autorités des rencontres sexuelles (masculines) qui s'y déroulent, et la prédominance numérique des hommes qui augmente de plus en plus (ce qui occulte inévitablement petit à petit les questions féministes et les voix des lesbiennes) ont fini par amener à la scission du groupe. Sont alors apparus les Groupes de libération homosexuelle et les Gouines rouges au sein du Mouvement de libération des femmes.
Alex Comfort

En 1972, le pacifiste libertaire britannique Alex Comfort se fait connaître dans le contexte de la révolution sexuelle grâce à son best-seller, le manuel sexuel The Joy of Sex.
Actualités

À New York, Queer Fist fait son apparition en tant que « groupe d'action de rue anti-assimilationiste, anti-capitaliste, anti-autoritaire, constitué pour produire une action directe et une parole radicale queer et transidentitaire aux manifestations de la Republican national Convention (RNC) »97.
De jeunes anarcha-féministes citant Emma Goldman lors d'une manifestation contre la mondialisation en 2000.

L'anarcha-féminisme continue sous de nouvelles formes comme le collectif bolivien Mujeres Creando, le collectif Ainsi Squattent-Elles ! au Québec ou le squat espagnol Eskalera Karakola.

Parmi les auteurs et théoriciennes anarcha-féministes contemporains, on trouve Germaine Greer, L. Susan Brown et l'écoféministe Starhawk.

La question de l'amour libre est l'objet d'un traitement spécifique dans le travail du philosophe postanarchiste, Michel Onfray, dans des ouvrages comme Théorie du corps amoureux : pour une érotique solaire (2000) ou L'invention du plaisir : fragments cyréaniques (2002).

En 2009, apparaît un groupe Anarkink, dont le but est de remettre en question l'opinion au sein du mouvement anarchiste que le Bondage et discipline, domination et soumission, sado-masochisme est quelque chose de « bizarre » et de créer un espace sûr pour les anarchistes intéressés98.
Débats sur la pornographie

Fondé à Boston en 1986, The Boston Anarchist Drinking Brigade est un groupe anarchiste individualiste. En 1993, il publie un article intitulé « An Anarchist Defense of Pornography » (« Une défense anarchiste de la pornographie »). « Les anarchistes peuvent trouver plus d'objections aux activistes opposés à la pornographie qui appliquent une franche censure. Même s'ils partagent les vues des opposants qui cherchent à protéger d'autres de la pornographie, ceux-ci vont un pas plus loin en utilisant la force coercitive pour atteindre leurs fins. Cela est totalement incompatible avec le genre de société volontariste recherchée par la plupart des anarchistes, et il faudrait que cela soit dénoncé par tous les amoureux de la liberté... La pornographie, comme n'importe quelle autre forme de loisir, peut être bonne ou mauvaise, en fonction de des qualités individuelles de telle ou telle œuvre. Cependant, en tant que genre littéraire ou cinématographique, elle n'est ni meilleure ni pire ou même plus malfaisante que n'importe quelle autre. Si la pornographie s'avère mauvaise ou sexiste, la meilleure stratégie consiste à en discuter avec d'autres et/ou faire de la bonne pornographie non-sexiste, plutôt que la supprimer. Le sexe et ses descriptions sont une source de plaisir pour de nombreuses personnes et notre liberté de nous y adonner devrait être défendue, ou du moins tolérée, par les anarchistes. Les censeurs, en ce compris ceux qui prétendent être anarchistes, sont les ennemis de la liberté, et les anarchistes qui les défendent remettent ainsi en question leur engagement pour une société libre. »99
Wendy McElroy, auteur de XXX: A Womanʼs Right to Pornography (1995).

En 1995, l'anarchiste individualiste Wendy McElroy publie XXX: A Woman's Right to Pornography (XXX : le droit à la pornographie pour les femmes) où elle utilise le terme de Anarchists in high heels (Anarchistes en talons hauts) pour parler des anarchistes qui travaillent dans l'industrie du sexe. L'actrice porno Veronica Hart y fait ce commentaire à propos du mot « féministe » : « Je n'ai pas besoin que Andrea Dworkin me dise ce que je dois penser ou comment je dois me comporter [...] Et je n'aime pas qu'on me qualifie d'amochée psychologiquement ! J'ai des amies dans l'industrie qui se disent Anarchistes en talons hauts. Elles adoreraient lui dire un mot »100.
Membres de Fuck for Forest à Karneval der Kulturen, Berlin, 2008.

Ces positions tranchées provoquent des tensions au sein du mouvement libertaire.

À Berlin en 2009, au cours du A-Kongress (congrès anarchiste), au sein de l'atelier « Anarchie et sexe », certains membres de l'association écologiste libertaire, Fuck for Forest (« Baisez pour la forêt »), enlèvent leurs vêtements « pour démontrer la liberté d'être nu »101, et deux tiers des personnes présentes apportent leur soutien à cette action102. En revanche, d'autres participants sont outrés de voir des personnes nues à cet événement102. Le jour suivant, les membres de Fuck for Forest sont interdits d'accès et lorsqu'ils commencent à donner de la voix à leur opposition à cette décision, les organisateurs du congrès décident d'annuler tout le projet101.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 10:37

Amour libre et libéralisme

En 2008, le Secrétariat Antipatriarcat de l'organisation Alternative libertaire précise : « En tant que féministes, libertaires et anticapitalistes, nous revendiquons une révolution sexuelle qui ne confondent pas libéralisme et amour libre. Il ne peut donc y avoir de véritable révolution sexuelle sans remise en cause des rapports économiques d’exploitation. Cette révolution suppose aussi une remise en cause de toutes les formes de hiérarchie afin que soient possibles des relations entre individus libérés des rapports de domination. Enfin, elle suppose une éducation libertaire à une sexualité qui permette d’accepter une pluralité de formes de relations amoureuses et sexuelles délivrées du machisme. »103
Opposition à la prostitution

En 2009, deux militantes de la Fédération anarchiste, Hélène Hernandez et Élisabeth Claude publient Anarchisme, féminisme, contre le système prostitutionnel où elles précisent : « Nous espérons que nos propos (...) rendront le patriarcat – et le système prostitutionnel – plus compréhensible et surtout plus insupportable, (...) qu’ils contribueront (...) à l’élaboration de la société sans domination à laquelle aspirent toutes et tous les anarchistes. (...) Comment pourrions nous concevoir que cette société maintienne le système prostitutionnel ? »104
Articles connexes
Graffiti, Paris, 2012.

Union libre
Néomalthusianisme
Contrôle des naissances
Planification familiale
Margarethe Faas-Hardegger
Marie Equi

Bibliographie

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Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations, 1967, Gallimard, 1992, (ISBN 978-2070326860), texte intégral.
Thierry Lodé, La guerre des sexes chez les animaux, Odile Jacob, 2007, (ISBN 978-2-7381-1901-Cool, notice.
Michel Brix, L'Amour libre. Brève histoire d'une utopie, Éditions Molinari, 2008, (ISBN 978-2-914958-93-6).
Raoul Vaneigem, ORLAN, Raphaël Enthoven, Unions mixtes, mariages libres et noces barbares, Éditions Dilecta, Paris, 2010 (ISBN 978-2-916275-66-6).
Gaetano Manfredonia, Francis Ronsin, Émile Armand et « la camaraderie amoureuse » - Le sexualisme révolutionnaire et le combat contre la jalousie, communication présentée à l’atelier Amour libre et mouvement ouvrier, Socialisme et sexualité, Institut international d'histoire sociale, Amsterdam, 6 octobre 2000, texte intégral.

Articles

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Francis Dupuis-Déri, Les anarchistes et la prostitution : perspectives historiques, Genre, sexualité et société, no 9, printemps 2013, texte intégral.
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Document vidéo

Juan Gamero, Vivir la utopía (Vivre l'utopie), 96 min., TV Catalunya, 1997, voir en ligne.

Liens externes

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Notes et références

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↑ Lettre du 27 mai 1955, Fonds Guérin, BDIC, F° Δ 721/carton 12/4, in Sylvie Chaperon, Le fonds Daniel Guérin et l’histoire de la sexualité, Journal de la BDIC, n°5, juin 2002, p. 10, texte intégral [archive].
↑ Daniel Guérin à confesse, interview avec Gérard Ponthieu, in « Un monde à refaire », Sexpol, no 1, 20 janvier 1975, pp. 11-14, notice [archive].
↑ Daniel Guérin, Être homosexuel et révolutionnaire, in Les homosexualités, La Quinzaine littéraire, n°215, août 1975, p. 9-10 ; Homosexualité et Révolution, Les Cahiers du Vent du Ch'min, novembre 1983, pp. 36-42, lire en ligne [archive].
↑ Daniel Guérin, Aragon, victime et profiteur du tabou, Gai Pied Hebdo, 4 juin 1983, texte intégral [archive].
↑ David Berry, For a dialectic of homosexuality and revolution. Daniel Guérin’s engagement with sexology from the 1950’s and his contribution to the theorization of sexuality and gender from a historical materialist perspective, note pour la conférence Socialism and Sexuality. Past and present of radical sexual politics, Amsterdam, 3–4 octobre 2003, texte intégral [archive].
↑ Frédéric Martel, Le rose et le noir. Les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Seuil, 2000, p. 46, lire en ligne [archive].
↑ Le « dialogue » est rapporté par Hervé Hamon, Patrick Rotman, Génération, tome 1, Les années de rêve, Paris, Seuil, 1987, p. 401.
↑ Patrick Schindler, « Que reste-t-il du FHAR, quarante ans après ? », Le Monde libertaire, no 1639,‎ 9 juin 2011 (lire en ligne [archive]).
↑ Queer Fist blog [archive]
↑ http://anarchistbdsm.wordpress.com/ [archive]
↑ The Boston Anarchist Drinking Brigade, An Anarchist Defense of Pornography, Anarchy : A Journal of Desire Armed, n°35, hiver 1993, texte intégral [archive].
↑ Wendy McElroy, XXX : A Womanʼs Right to Pornography, chap. 1, Pornography As an Industry, 1995, (ISBN 0-312-13626-9), texte intégral [archive].
↑ a et b Fuck For Forest at A-Kongress [archive]
↑ a et b Gabriel Kuhn, Statement on the Controversy at the Anarchist Congress in Berlin, avril 2009, texte intégral [archive].
↑ Secrétariat Antipatriarcat, Pour une révolution sexuelle, féministe, libertaire et anticapitaliste, Alternative libertaire, 2008, lire en ligne [archive].
↑ Hélène Hernandez, Élisabeth Claude, Anarchisme, féminisme, contre le système prostitutionnel, Éditions du Monde libertaire, 2009, note critique [archive] sur prostitutionetsociete.fr, notice éditeur [archive].

Source de la traduction

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Anarchism and issues related to love and sex » (voir la liste des auteurs).

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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Lun 26 Sep à 11:00

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Mar 27 Sep à 9:00

L’électroconvulsivothérapie (ECT), anciennement appelée sismothérapie et plus connue sous le nom de traitement par électrochocs, est une méthode de traitement par l'électricité utilisée en psychiatrie, consistant à délivrer un courant électrique d'intensité variable sur le cuir chevelu. Réalisée en principe sous anesthésie générale, l'ECT déclenche une crise d'épilepsie de type grand mal. Sans que le mécanisme soit connu, cette technique permet d'améliorer certaines pathologies psychiatriques résistantes aux traitements médicamenteux et psychothérapeutiques, comme une dépression grave.

Précurseurs

Avant le XXe siècle, les médecins psychiatres ne possédaient que très peu de médicaments pour soigner les pathologies mentales (l'opium ou l'un de ses dérivés, le chloral, les barbituriques, le bromure). Ils se révélaient très toxiques et inefficaces.

Ce furent en grande partie des traitements de choc dont on a fait usage comme le cardiazol (molécule provoquant une crise épileptique chez le patient) utilisé par L. Meduna en 1932. Les résultats étaient bien prometteurs, mais la toxicité avérée du produit était trop grande.

Ce n'est qu'à Vienne, en 1933, que Manfred Sakel fit l'observation que les diabétiques, après un coma insulinique, se réveillaient brutalement confus et agités (Cure de Sakel). Il eut alors l'idée de provoquer des comas insuliniques afin de choquer des patients atteints de schizophrénie. Les résultats furent immédiats et intéressants mais temporaires. Le réveil en état de confusion et le maternage des soignants permettait à l'équipe d'entrer en contact avec le patient. Le traitement allait jusqu'à 30 à 40 comas par cure, à raison d'un par jour. Ces séances furent par la suite abandonnées à cause de la confusion intense et persistante et ainsi que de l'angoisse majeure provoquée.

Au début des années 1930, un psychiatre hongrois, Ladislas Joseph von Méduna (1896-1964), était convaincu de l’existence d’un antagonisme clinique entre schizophrénie et épilepsie. Ainsi pensait-il avoir observé qu’un épileptique ne pouvait être schizophrène, et inversement, il eut donc l'idée d'engendrer artificiellement ces crises par l'injection de pentylènetétrazole (Cardiazol) (1937).
Essor de la méthode du choc électrique

En 1938, Ugo Cerletti et Lucio Bini, aidés des expériences de leurs prédécesseurs, observèrent l'attitude des porcs qui, avant d'être tués, sont électrisés afin d'être plus calmes durant la séance. Cerletti et Bini décident alors d'expérimenter cette nouvelle technique sur des chiens (entre 1930 et 1938) puis sur des hommes. Ils reprirent l'idée du choc au cardiazol en le remplaçant par le choc électrique. C'est le 15 avril 1938 à l'hôpital psychiatrique de Rome que l'équipe italienne appliqua le premier électrochoc à un patient schizophrène ayant des hallucinations et confusions, sans son accord. Après le deuxième essai, le malade supplie qu'on ne recommence pas1. Finalement, les résultats sont peu concluants et même incertains dans le traitement des psychoses mais très positifs dans le traitement des dépressions sévères.
Controverses

Cet ensemble de méthodes donna des résultats appréciables. Malgré ses côtés brutaux, extrêmement désagréables, la thérapeutique biologique donnait des résultats croissants et pouvait donner l'impression que la psychiatrie sortait de son sentiment de fatalité quant à l'efficacité de ses traitements. « Merveilleux et terribles électrochocs qui révolutionnèrent le traitement de la mélancolie avant de devenir, 20 ans plus tard, une cible privilégiée de l'antipsychiatrie »2. Il est évident que la technique a donné lieu à de nombreux abus : en effet, on réprimait parfois bien plus qu'on ne soignait et ceci quelquefois de manière explicite. Dans les années 1950 à 1970, beaucoup de médecins ou d'infirmiers ont connu ou pratiqué des pseudo-indications pour des patients réfractaires qu'on souhaitait plus punir physiquement et mentalement qu'autre chose. La citation suivante résume bien le paradoxe de ce traitement : « Curieux destin d'une méthode dont les bases théoriques se sont révélées fausses, dont le mode d'action reste mal connu, dont l'indication primitive dans le traitement de la schizophrénie n'est pas bonne, mais qui depuis plus de quarante ans, et en dépit des chimiothérapies modernes, demeure actuellement encore le traitement le plus rapidement efficace de la mélancolie, à laquelle il n'était primitivement pas destiné. »3

À l'heure actuelle, sans parler des approches psychothérapeutiques, les différents antidépresseurs et autres médicaments psychotropes ont remplacé progressivement les électrochocs. En effet, malgré de bons résultats statistiques, cette thérapeutique de choc garde une image extrêmement brutale, entretenue par la non connaissance précise de ses effets réels et de ses mécanismes d'action. Ce n'est que dans quelques indications limitées et bien précises qu'est prescrit l'électrochoc, selon des techniques plus modernes4. Par ailleurs, la technologie permettant de mesurer précisément l'impédance du patient, la délivrance de trains d'onde impulsionnels remplaçant les courants sinusoidaux anciennement utilisés, a diminué la sévérité des effets secondaires5.
Technique
Appareil à électrochocs utilisé dans les années 1970 et 1980 à l'Hôpital psychiatrique de Kristiansand (Musée des Techniques de Norvège, Oslo).

Les appareils de convulsivothérapie délivrent des stimulations électriques par impulsions, de durée variant de 0,5 à 2 ms, de fréquence 70 Hz, avec une durée totale de l'ordre de 4 s et une énergie de l'ordre de 70 joules.

Le geste technique se déroule pendant que le patient est sous anesthésie générale brève (de l'ordre de 5 minutes) ce qui permet au patient de ne garder aucun souvenir de l'épisode et de ne pas être angoissé par la curarisation.

De façon très concrète : le jour même, du fait de l'anesthésie, le patient doit arriver à jeun. Il peut venir soit d'un service de psychiatrie soit de son domicile.

Le patient est alors installé, monitoré, c'est-à-dire qu'on lui installe des appareils de mesure de la tension artérielle, des battements du cœur (électrocardiogramme), de l'oxygénation du sang (oxymétrie colorimétrique), pour la surveillance de l'anesthésie ; et on enregistre également l'électroencéphalogramme.

Une perfusion est nécessaire pour l'anesthésie générale. Les électrodes crâniennes sont installées au niveau du front. Le patient est anesthésié et un curare d'action rapide et courte (de préférence la succinylcholine) est administré pour éviter les contractions musculaires. On protège les dents du patient avec des compresses, car les mâchoires peuvent se serrer fortement. La bonne oxygénation du patient est assurée par une ventilation manuelle avec un masque et un ballon.

Le courant est alors délivré brièvement. Il provoque une crise convulsive, qui se résout en quelques minutes au maximum. On a observé une meilleure efficacité des séances si l'arrêt de la crise est net.

L'anesthésie se termine, et le patient se réveille quelques minutes après. Il est le plus souvent confus au réveil, cette sensation disparaît plus ou moins vite selon les patients. La personne est alors surveillée en salle de réveil, en attendant que l'anesthésie se dissipe totalement.

Le patient peut ensuite retourner dans le service hospitalier, sera autorisé à manger quelques heures plus tard et pourra regagner ensuite son domicile si les critères de l'anesthésie ambulatoire sont remplis6.

Le nombre de séances varie de 6 à 12, au rythme de 2 à 3 séances par semaine. Le traitement par ECT nécessite en principe l'accord préalable du patient, selon la loi du 4 mars 2002.
Mode d'action

Il reste flou, le cerveau étant de très loin l'organe le moins bien compris du corps humain.

La sismothérapie serait associée à une réduction importante des connexions cérébrales dans la zone du cortex préfrontal dorsolatéral, cette réductivité des connexions cérébrales étant elle-même associée à une réduction significative des symptômes dépressifs. Cela serait donc en faveur de la thèse selon laquelle une hyperconnectivité cérébrale dans cette région du cerveau serait associée à la dépression7.
Indications

L'électroconvulsivothérapie, lorsqu’elle est utilisée, comme toute thérapeutique, repose sur une décision qui doit être prise en fonction du rapport risques/bénéfices attendu, de l'existence de traitements alternatifs ainsi que du choix du patient et de son entourage.

Indications8 : après échec des psychotropes et de la psychothérapie :

les dépressions mélancoliques de type délirantes, stuporeuses, résistantes aux psychotropes ;
les états maniaques résistant aux traitements psychotropes ;
les délires paranoïaques ;
les psychoses aiguës (bouffées délirantes), et certaines schizophrénies délirantes résistant aux neuroleptiques.

Des séries de plusieurs chocs (une dizaine le plus souvent, parfois plus) sont en général nécessaires pour obtenir un résultat. Les ECT sont pratiquées en CHU, dans certains en CHS, certains CHG et dans les cliniques habilitées.

L’ECT n'est en principe pas considérée comme un traitement de première intention dans les syndromes mélancoliques graves sauf lorsqu'il existe un risque vital ou lorsque l'utilisation d'une autre forme de thérapeutique efficace est contre indiquée. Elle sera parfois utilisée en seconde intention après échec d’un traitement pharmacologique bien conduit.

L’ECT a une efficacité démontrée sur la dépression modérée et sévère et les accès maniaques9.

Il est démontré que l’ECT améliore à court terme certains symptômes de la schizophrénie10, les symptômes positifs notamment lorsque les neuroleptiques se sont montrés inefficaces, ou en association.

D’autres indications tels la maladie de Parkinson, certains types d’épilepsie, les troubles de l'humeur réactionnels sont validées.
Contre-indications

La contre-indication absolue est l'hypertension intracrânienne. Les contre-indications relatives sont : masse cérébrale, phéochromocytome, accident vasculaire cérébral et infarctus du myocarde récent (moins de 6 semaines), décollement rétinien, anticoagulants, etc.

Les contre-indications de l'anesthésie contre indiquent évidemment les sismothérapies (cardio-vasculaire, respiratoire, allergique, etc.). Elles doivent être éliminées lors de la consultation pré-anesthésie
Efficacité
À court terme

D'après une méta-analyse récente11, il existe dix études qui ont comparé l'ECT au placebo pour traiter la dépression.

5 de ces études concluent que l'ECT est efficace, et 4 qu'elle est inefficace. 5 études ne révèlent aucune différence entre le groupe ECT et le groupe placebo. Dans les études qui concluent à l'efficacité, l'ECT ne se révèle pas efficace pour toutes les formes de dépression, et l'amélioration n'est visible que sur certaines échelles d'évaluation. Dans toutes les études, les groupes placebo obtiennent de bons résultats, même pour les dépressions dites « organiques ».

Dans ses recommandations de 199812, l'ANAES rapporte 85 à 90 % d'amélioration sur les dépressions majeures par rapport aux ETC simulées, mais elle ne donne aucune source (ce document ne comporte pas de bibliographie). Cette efficacité est égale ou supérieure aux antidépresseurs, (mais le délai d'action est souvent plus bref)13,14.

L'ECT a démontré son efficacité également après échec d'un traitement par antidépresseurs bien conduit15,16,13.
À long terme

Aucune étude n'a démontré d'efficacité à long terme de l'ECT11 : après 6 mois au plus tard, les résultats sont les mêmes dans les groupes ECT et les groupes placebo.

Aucune étude n'a démontré que l'ECT prévenait le suicide.

En ce qui concerne l'efficacité du traitement à long terme sur la dépression, celle-ci est probable17 mais deux situations sont possibles :

Dans un premier cas, le patient bénéficie d'ECT dites d'entretien et après un espacement progressif des séances il bénéficie d'un soin toutes les 8 semaines maximum et ce, tant que le soin est efficace et qu'il reste bien toléré.
Dans un deuxième cas, le patient a bénéficié de soins dits curatifs (de 4 à 20 soins à raison de 2 soins par semaine) et continue la phase d'entretien par un relais médicamenteux (à savoir qu'un traitement qui n'a pas été efficace avant les ECT peut l'être après).

Un arrêt trop précoce des soins et/ou l'absence de thérapeutique médicamenteuse de relais peut entraîner une récidive de la symptomatologie initiale18.
Effets secondaires
À court terme

Au décours immédiat du choc, un ralentissement de la fréquence cardiaque (bradycardie). 66% des patients gériatriques expérimentent un arrêt cardiaque de plusieurs secondes, considéré comme sans conséquence fâcheuse19.

Juste après l'ECT, les patients peuvent souffrir de céphalées (maux de tête)20. On prévoit parfois un antalgique systématique administré juste après la séance, pour prévenir toute céphalée, des acouphènes, des cauchemars, des courbatures musculaires, des nausées très gênantes, transitoires.

Les accidents graves sont très rares : 2 décès pour 100 000 traitements21.
À long terme

Les effets secondaires à long terme concernent essentiellement la mémoire, en particulier le souvenir de la période de la cure. En 2007, fut publiée une étude démontrant que l'ECT provoquait non seulement une perte de mémoire, mais également une baisse des capacités cognitives (apprentissage et pensée)22. Les troubles de mémoire ont habituellement tendance à régresser, la récupération requérant le plus souvent plusieurs mois, voire, dans certains cas, persister indéfiniment. Certains patients ont été jusqu'à oublier définitivement leur métier, voire dans le cas de certaines femmes, qu'elles avaient eu des enfants23.
Nombre d'ECT par an24

France : 70 000 en forte régression.
Grande-Bretagne : 200 000.
États-Unis : 100 000 en forte régression.
Québec : 8 000 en 2003 contre la moitié en 198825.

Dans la culture

Plusieurs œuvres littéraires et cinématographiques ont montré l’univers psychiatrique sous des angles tragiques, romancés ou caricaturaux et l’électrochoc y est souvent mis en cause. Le livre de M. J. Ward et le film qu’en a tiré Anatole Litvak, sort de ce point du lot parce que, sans décrier la pratique de l'électrochoc, l’argument du livre se porte sur le fait qu’aucune guérison durable n'est possible sans un véritable et authentique dialogue psychothérapeutique.

Mary Jane Ward : La Fosse aux serpents, livre et film 1948
George Orwell : 1984 (roman), livre 1949
Samuel Fuller : Shock Corridor, film 1963
Sylvia Plath : La Cloche de détresse, livre 1963
Ken Loach : Family Life, film 1971
Ken Kesey : Vol au-dessus d'un nid de coucou, livre et film 1975
Lou Reed : Kill your sons, chanson de 1975 (décrivant le traitement aux électrochocs pratiqué sur l’auteur dans son adolescence pour le "guérir" de sa bisexualité)
Poison Girls : Under the doctor, chanson de 1979 (évoquant le milieu (in)hospitalier et les milliers de femmes électrocutées et ayant subi des lobotomies)
Florence de Mèredieu, Sur l'électrochoc, le Cas Antonin Artaud, livre, Paris, Blusson, 1996
Eels : Electro-Shock Blues, chanson de 1998 (et titre de l'album évoquant la sœur de l'auteur, qui a subi des séances d'électrochocs)
Hubert Selby : Requiem for a Dream, livre et film 2000
Ron Howard : Un homme d'exception, film 2001
Jonathan Caouette : Tarnation, documentaire 2003
Homeland : série 2012 (saison 1, épisode 13, Electrochocs)
American Horror Story : série 2012 (Saison 2, épisode 02)
Stonehearst Asylum : film 2014

Notes et références

↑ Quand la médecine gagne, Patrick Berche, Jean-Jacques Lefrère, Ed. Flammarion, 2012, (ISBN 978-2-0812-7914-Cool, p. 63
↑ Jean-Noël Missa: Naissance de la psychiatrie biologique. Paris, PUF, 2006,ISBN 2-13-055114-9
↑ Morel, Quétel, Les Médecines de la folie, 1985 <ISBN 2-01-011281-4>
↑ Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Indications et Modalités de l'électroconvulsivothérapie. Avril 1997
↑ Calev A, Cohen R, Tubi N, Nigal D, Shapira B, Kugelmass S, Lerrer B. Disorientation and bilateral moderately suprathreshold titrated ECT. Convulsive Ther 1991; 7 : 99-110.
↑ Recommandations [archive] de la SFAR
↑ http://www.pnas.org/content/109/14/5464.full [archive]
↑ (source HAS) actuelles indications et modalités de l'ECT (consensus)
↑ Small JG, Klapper MH, Milstein V, Marhenke JD, Small IF. Comparison of therapeutic modalities for mania. Psychopharmacol Bull 1996
↑ (Review) Tharyan P, Adams CE, Electroconvulsive therapy for schizophrenia [archive], Cochrane Database Syst Rev. 2005 Apr 18;(2):CD000076.
↑ a et b The effectivness of electroconvulsive therapy: A litterature review, John Read and Richard Bentall https://www.power2u.org/downloads/1012-ReadBentallECT.pdf [archive]
↑ http://www.senon-online.com/Documentation/telechargement/guidelines/anaes/electro.pdf [archive]
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↑ Rose D, Fleischmann P, Wykes T, Leese M, Bindman J, Patients' perspectives on electroconvulsive therapy: systematic review [archive], BMJ, 2003;326:1363-1363
↑ (source SFAR 1999)
↑ Infos choqués [archive], octobre 2010

Annexes
Bibliographie

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de Mèredieu, Florence , "Sur l'électrochoc, le Cas Antonin Artaud", Paris, Blusson, 1996, ISBN 978-2907784115
Morel, Pierre, Claude Quétel : Les médecines de la folie, Pluriel-poche, ISBN 2-01-011281-4
Porot, Antoine: Manuel alphabétique de psychiatrie, PUF, 1996, ISBN 2-13-047148-X
Freeman CPL, Basson JV, Creighton A. Double-blind controlled trial of electroconvulsive therapy (ECT) and simulated ECT in depressive

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Feighner JP, Robins E, Guze S, Woodruff R, Winokur G, Munoz R. Diagnostic criteria for use in psychiatric research. Arch Gen Psychiatry 1972 ;26 :57-63.
Beck AT, Ward CH, Mendelson M, Mock J, Erbaugh J. An inventory for measuring depression ; Arch Gen Psychiatry 1961;4:561-71.
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Bibliographie technique

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Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé. Indications et Modalités de l'électroconvulsivothérapie. Avril 1997.
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SFAR Anesthésie pour électroconvulsivothérapie Conférences d'actualisation 1999, p. 123-136.Elsevier, Paris
John Friedberg, M.D., "Electroshock Therapy: Let's Stop Blasting the Brain ", Psychology Today magazine, August 1975, p. 18.
L’électroconvulsivothérapie par Jean-Jacques Aulas - SPS no 248 L'électroconvulsivothérapie - Afis - Association française pour l'information scientifique
Témoignage de Sherwin Nuland sur le traitement par électrochoc http://www.ted.com/talks/sherwin_nuland_on_electroshock_therapy.html
ED West, Electric convulsion therapy in depression: a double-blind controlled trial ; British medical journal (Clinical research ed.), Vol. 282 1981-01-31.

Articles connexes

Ugo Cerletti Médecin italien ayant étudié et utilisé la sismothérapie
Mélancolie Indication principale des sismothérapies
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Mar 27 Sep à 9:39

Ce film est tiré du roman d'Ernest Hemingway Pour qui sonne le glas.

Venu combattre aux côtés des républicains lors de la Guerre d'Espagne, l'américain Robert Jordan est chargé de faire sauter en Castille un pont défendu par les fascistes afin de couper la route à l'armée franquiste. Il tombe amoureux de Maria, une des résistantes du groupe dirigé par Pablo et sa femme Pilar.
Commentaires

De la séquence d'ouverture à la séquence de fermeture, le film est traversé par trois thèmes majeurs.

Le thème de la mort. Robert a pour mission de faire sauter le pont et il sait qu’il n’y survivrait pas. Pablo, en connaissant la mission, sait immédiatement qu’elle conduira à leur mort. Sordo, aussi, y voit cette issue inévitable. Presque tous les personnages contemplent leur propre mort.
Le thème de la camaraderie accompagne la perspective de la mort, sacrifice des personnages pour une juste cause. Robert Jordan, Anselmo et les autres sont prêts à le faire, comme «tout homme de bien le ferait», avec des accolades fréquentes qui renforcent l’impression d’un compagnonnage intense. Après avoir annoncé à Joaquim l’exécution de toute sa famille, tout le monde l’embrasse et déclare être maintenant sa famille. Cet amour des uns pour les autres se porte aussi à la terre d’Espagne, dès le début jusqu’à la fin. C’est un hymne à la vie traversée par la mort, la vie simple et poignante décrite comme «sentir son cœur battre contre le sol tapissé d’aiguilles de pin».
Le thème du suicide chez tous les personnages où chacun préfère se donner la mort ou être achevé par un camarade plutôt qu’être capturé. L’image finale est Robert Jordan, blessé et incapable de suivre ses compagnons, qui se prépare à mourir en protégeant ses compagnons par une embuscade contre les poursuivants.

Fiche technique

Titre : Pour qui sonne le glas
Titre original : For Whom the Bell Tolls
Réalisation : Sam Wood
Scénario : Dudley Nichols d'après le roman éponyme d'Ernest Hemingway
Direction artistique : Haldane Douglas et Hans Dreier
Création des décors : William Cameron Menzies
Photographie : Ray Rennahan
Montage : John F. Link Sr. et Sherman Todd
Producteur : Sam Wood et Buddy G. DeSylva producteur exécutif (non crédité)
Musique : Victor Young
Société de production et de distribution : Paramount Pictures
Effets visuels : Collaborateurs divers, dont Gordon Jennings
Pays d'origine : Drapeau des États-Unis États-Unis
Format : Couleur Technicolor - Son : Mono (Western Electric Mirrophonic Recording) s
Langue : Anglais, Espagnol
Genre : Drame de guerre
Durée : 170 minutes
Dates de sortie :
Drapeau des États-Unis États-Unis : 14 juillet 1943 (New York)
Drapeau de la France France : 20 juin 1947

Distribution

Gary Cooper (VF : Richard Francœur) : Robert Jordan
Ingrid Bergman (VF : Éléonore Hirt) : María
Akim Tamiroff (VF : Georges Chamarat) : Pablo
Arturo de Córdova : Agustín
Vladimir Sokoloff : Anselmo
Mikhail Rasumny : Rafael
Fortunio Bonanova (VF : Robert Dalban) : Fernando
Eric Feldary (VF : Pierre Leproux) : Andrés
Victor Varconi : Primitivo
Katína Paxinoú (VF : Germaine Kerjean) : Pilar
Joseph Calleia : le sourd
Lilo Yarson : Joaquin
Alexander Granach : Paco
Adia Kuznetzoff : Gustavo
Leonid Snegoff : Ignacio
Leo Bulgakov : Général Golz
Duncan Renaldo : Lieutenant Berrendo
Frank Puglia : Capitaine Gomez
Pedro de Cordoba : Colonel Miranda
Michael Visaroff : un officier
Martin Garralaga : Capitaine Mora
Jean Del Val : le tireur embusqué
John Mylong (VF : Jean-Henri Chambois) : Colonel Duval
Fédor Chaliapine fils : Kashkin

Et, parmi les acteurs non crédités :

George Coulouris : André Massart
Yvonne De Carlo : une fille dans un café
William Edmunds : 1er soldat
Alberto Morin : 2e soldat
Konstantin Shayne : Karkov
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Mar 27 Sep à 9:42

L'État doit prendre en compte tous ces processus de remboursements et les procès qu'ils engendrent: Certes c'est colossal mais c'est vital. Il s'agit de l'acte individuel face au carnaval des camouflé de la personne Morale.

Il y a des protections civiles et dès qu'il y a un problème, les aides et les remboursements sont très lent : Beaucoup de gens s'endettent au niveau des personnes morales et physiques au profil d'un cannibalisme industriel programmé sur l'échelle d'un bouton prénommé : Existence d'une crépuscule désigné secte des profits ou la réquisition...

Un résultat de la pauvreté est que les assurances sont mal géré et ont plus de mal à rembourser les victimes. Rapport de Mutuelle.

La démarche sur l'emploi et l'existence doit être lié sur le temps et le secourisme : entretenir et investir. Regarder les assurances.

Trois heures que je suis réveillé. J'ai méditer sur pour qui sonne le glas de Hemingway. Je vais replonger dans l'actualité secouriste.

Les jours se font plus court et la nuit repose sur la route. Les petites grippes font leurs apparitions. Douce France. L'appréhension frais...

J'ai passé une bonne nuit à dormir sur mes deux oreilles. Aucun tourment ni cauchemar n'as troublé ma nuit. L'été s'évapore: la République...

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Le proxénétisme, Le Président et le Lion de Belfort   Aujourd'hui à 0:56

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