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 Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.

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yanis la chouette



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MessageSujet: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:27

Comment l’Univers va-t-il mourir ?
http://xkcd.com/1732/
LES COSMOLOGISTES sont comme des mages fascinants qui détiendraient les clés de l’Univers. Dans le monde scientifique, ils font partie des rares chercheurs qui, avec les paléoanthropologues et les archéologues, peuvent répondre aux nombreuses interrogations du grand public sur les origines de l’humanité. « D’où venons-nous ? », « Qu’est-ce que le Big Bang ? », « Y a-t-il eu quelque chose avant ? » font partie des questions qu’on leur pose le plus fréquemment. Mais, par rapport aux paléoanthropologues et aux archéologues qui, par définition, ont les pieds ancrés dans le passé, les cosmologistes peuvent répondre à une autre question tout aussi fascinante, celle de notre destin. De la même manière qu’ils ont calculé le passé de l’Univers en écrivant le scénario du Big Bang, ils peuvent déterminer son avenir. Que se passe-t-il si l’on applique les lois de la physique aux prochains milliards d’années ?

Il faut commencer par s’intéresser au plus fragile, notre petit coin d’Univers. D’ici 2 à 3 milliards d’années, notre galaxie, la Voie lactée, fusionnera ou commencera à fusionner avec ses voisines, les Petit et Grand Nuages de Magellan et surtout la galaxie d’Andromède. Etant donné les distances énormes qui séparent les étoiles les unes des autres, avec un peu de chance cela ne devrait pas avoir trop de conséquences sur notre Soleil et son cortège de planètes.

En revanche, dans 4 ou 5 milliards d’années, notre étoile entrera dans le dernier stade de son évolution. En ayant consommé l’hydrogène situé dans son cœur, l’astre de nos jours sera agité d’une courte série de soubresauts destinée à trouver d’autres sources de « carburant » pour ses réactions thermonucléaires. Il gonflera tel un ballon de baudruche pour se transformer en géante rouge, avalant Mercure et Vénus au passage. Tout à coup proche de la surface solaire, la Terre deviendra une fournaise infernale puisque la température à sa surface s’y élèvera de plus de 1 700°C. Puis le Soleil éjectera une partie de sa substance dans l’espace pour se transformer en une naine blanche, un cadavre d’étoile inactif mais encore chaud.

Trois scénarios

Mais le cosmos ne mourra pas avec cette minuscule poussière qu’est la Terre. Les cosmologistes savent bien que 5 milliards d’années, ce n’est en réalité que… du court terme. L’avenir de l’Univers se jouera avec beaucoup plus de zéros au compteur des années. Pour ce qui est de la suite, les chercheurs ont longtemps hésité entre trois scénarios, ne sachant pas trop comment l’expansion de l’Univers risquait de se comporter. Soit – premier cas de figure – la gravité l’emportait et l’expansion se transformait en contraction. Au bout du compte, le cosmos se ratatinait de plus en plus vite et tout se terminait dans l’inverse du Big Bang, un Big Crunch, un effondrement total de l’espace, de la matière et du temps en un point. Soit, deuxième possibilité, la gravité ralentissait l’expansion de l’Univers de plus en plus, mais sans jamais pouvoir inverser le mouvement et le cosmos connaissait une vieillesse longue et tranquille, dans un paysage quasi-inchangé, attendant simplement que toutes ses ressources s’épuisent. Soit, troisième et dernier scénario, la gravité perdait le combat et l’expansion de l’Univers s’accélérait.

On sait, depuis 1998, que ce scénario est en train de se produire, sous l’action d’une mystérieuse énergie sombre à effet répulsif. Comment cela va-t-il se traduire ? Dans un premier temps, il ne se passera rien de particulier. Les galaxies du Groupe local (qui inclut la Voie lactée et la galaxie d’Andromède) continueront à fusionner doucement, les unes après les autres. Les nuages de gaz présents dans les galaxies, réensemencés en éléments lourds par les explosions d’étoiles mourantes, continueront de se contracter pour donner de nouvelles étoiles et de nouveaux systèmes planétaires. Les plus petites des étoiles ne nécessitant pas de grandes quantités de matière pour se former et ayant des durées de vie de plusieurs milliers de milliards d’années, il se passera environ 100 000 milliards d’années avant d’arriver au bout de ce que les astrophysiciens appellent l’ère stellaire, dans laquelle nous sommes entrés environ 100 millions d’années après le Big Bang.

Petit à petit, le ciel s’assombrira. Cela se fera d’abord de manière insidieuse. En raison de l’expansion accélérée du cosmos, toutes les galaxies avec lesquelles la future super-Voie lactée n’entretiendra aucun lien gravitationnel sortiront une à une de notre champ de vision, tombant hors de l’Univers observable. Puis, les étoiles de la galaxie mourront les unes après les autres et s’éteindront comme si l’on soufflait lentement toutes les bougies d’un gigantesque gateau d’anniversaire. Si l’on fait exception des naines brunes, ces étoiles avortées qui n’ont pas atteint la masse critique pour déclencher en elles le feu thermonucléaire, tous les autres objets massifs de la galaxie seront des cadavres d’étoiles : naines blanches pour les plus chauds, naines noires pour les plus froids, étoiles à neutrons, trous noirs.

Les trous noirs s’évaporent

On pourrait croire qu’il n’y a plus guère d’évolution possible mais, comme c’est le cas avec les cadavres d’animaux, il existe des charognards cosmiques : ce sont les trous noirs. Dans les galaxies, les étoiles, mêmes mortes, continuent de se mouvoir, de se croiser et de perturber les trajectoires de leurs voisines. Certaines finissent par être éjectées tandis que d’autres se rapprochent du centre galactique, où trône généralement un trou noir supermassif. Plus le temps passe, plus ce phénomène s’accélère. De plus en plus d’astres errent dans le vide intergalactique et les trous noirs centraux grossissent.

Vue d’artiste d’une naine brune. © NASA/JPL-Caltech.

Selon certains chercheurs, tout cela n’aura qu’un temps car ni la matière ni les trous noirs ne sont immortels. Dans environ 10 millions de milliards de milliards de milliards d’années (un 1 suivi de 34 zéros, qui se note 1034), les protons situés dans les noyaux atomiques commenceront à se désintégrer en particules plus petites. Comme les neutrons solitaires ont une espérance de vie d’environ dix minutes, la matière des étoiles à neutrons, des naines brunes, blanches ou noires se désagrégera. Il ne restera plus que les trous noirs.

On a coutume de dire que rien n’en sort, pas même la lumière. En réalité, un rayonnement extraordinairement faible, né de fluctuations microscopiques, s’en échappe. Il porte le nom du cosmologiste britannique Stephen Hawking qui l’a prédit. En temps normal, ce phénomène ne peut se voir car le trou noir absorbe beaucoup plus qu’il n’émet. Mais, une fois entouré par le vide, le trou noir ne pourra rien faire d’autre que s’évaporer très lentement. Si lentement qu’il faudra probablement plus de 10100 ans (un 1 suivi de 100 zéros !) à tous les trous noirs de l’Univers pour restituer leur masse sous forme de rayonnement Hawking.

La grande déchirure

Le cosmos entrera alors dans l’âge des ténèbres. A partir de ce moment très lointain, il ne contiendra rien d’autre que la matière noire – qui compte actuellement pour 27 % du contenu de l’Univers et dont on ignore la nature –, des particules immortelles comme les électrons et leurs antiparticules et des photons, des grains d’énergie. Cet état est celui de la mort thermique de l’Univers, imaginé par Lord Kelvin, physicien britannique, dès le milieu du XIXe siècle.

Un scénario alternatif à cette longue agonie a été imaginé en 2003 par trois chercheurs américains, Robert Caldwell, Marc Kamionkowski et Nevin Weiberg. Il n’est pas moins dramatique mais a le mérite d’abréger les souffrances cosmiques. Cette hypothèse du « big rip » (la grande déchirure en français) s’appuie sur l’idée que l’énergie noire augmente au cours du temps et que l’accélération de l’expansion de l’Univers… s’accélère. Comme le résume le cosmologiste français Jean-Pierre Luminet dans Le destin de l’Univers, « toute la matière de l’Univers, même les atomes, sera déchirée par la dilatation de l’espace. D’après le scénario le plus pessimiste, cet événement se produirait dans 22 milliards d’années. (…) Environ 60 millions d’années avant le big rip, la gravité sera trop faible pour maintenir la cohésion de notre galaxie, qui se dispersera ; trois mois avant le big rip, le système solaire sera déchiré ; dans les dernières minutes, étoiles et planètes seront déchiquetées, et 10-19 seconde avant, les atomes et les noyaux seront détruits, laissant un Univers vide et sans aucune structure. »

Pour l’heure, rien ne laisse supposer que l’énergie noire augmentera ainsi et ce scénario demeure spéculatif. Néanmoins, tout comme celui de la mort thermique de l’Univers, il a le mérite de montrer que la matière et l’espace ne sont pas les notions intangibles auxquelles la vie à notre échelle d’humains nous a habitués.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:28

Several animals have gone extinct in the last decade – including the Baiji dolphin, the Spix’s macaw, the Liverpool Pigeon and the West African black rhino.

One animal which has been pulled back from extinction however, is a species of Galapagos giant tortoise - thanks to the sexual exploits of just one male.

Diego is over 100 years old and has fathered some 800 offspring.
Yes, he’s been quite the busy boy…

Null

Diego weighs almost 13 stones, is just shy of a metre long and 1.5 metres tall.

He was initially found at the San Diego zoo, and his species - Chelonoidis hoodensis - was founded then.

Fifty years ago there were only two males and 12 females on the island and they were so spread out they couldn’t be bred successfully.
He was taken to the Galapagos Islands soon after his discovery, and he now shares his enclosure with six other females.

Washington Tapia, a specialist at Galapagos National park, where Diego resides told AFP:

We did a genetic study and we discovered that he was the father of nearly 40 per cent of the offspring released into the wild on Espanola.

I wouldn't say [the species] is in perfect health, because historical records show there probably used to be more than 5,000 tortoises on the island. But it's a population that's in pretty good shape - and growing, which is the most important.

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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:30

Toutes ces lettres montre l'improviste dans le monde et la détermination du monde à vivre sa passion, ses colères et ses haines. Poussières

Ce qui me désole dans une mort universelle, c'est le fait que l'oubli puisse emporter le vent. Je ne peux croire en une mort universelle.

Je suis heureux de transmettre ces lettres et je vous encourage à écrire des journées. On croit que... Mais un témoignage trace une route.

Quand vous partez de la guerre civile, il y a un problème avec lequel vous vivez. Celui de grandir en souvenirs mais vous êtes mémoires.

La journée commence et je vais laisser les ondes sur des interrogations et des joies. Bonnes Musiques et Quizzs.. Sortez Couverts, Yeux 👀

Ecrit de
TAY
La chouette effraie

Consuelo Suncín-Sandoval (1901-1979), sculptrice et peintre salvadorienne, amie de Duchamp et Breton, fut l’épouse dévouée du célèbre écrivain-aviateur Antoine de Saint-Exupéry. Pendant la guerre, elle l’abreuvait de courriers écrits à l’avance pour qu’il les reçoive partout. Elle continua à lui écrire après sa disparition le 31 juillet 1944, lors d’une reconnaissance aérienne au-dessus de la Méditerranée : cette prière est déchirante de désarroi.

Fin décembre 1944

Que j’aille très loin, en train, en avion, sous la mer, par la terre, j’ai l’impression que jamais je ne pourrai arriver jusqu’à toi.

Tonio, Tonito, mon homme, mon fils, mon clocher, fais sonner les grandes cloches parce que je ne peux pas respirer. J’ai grossi en attendant la houle qui va te ramener.

Je tombe avec les feuilles, avec la pluie, avec ma jupe de fête. Je ne peux pas marcher à force d’attendre le moment où je reverrai tes yeux, ronds comme des fleurs.

Tu ne vois pas que je ne peux pas arroser l’arbre de Noël pour le faire grandir. Mon mari des étoiles, j’ai de tout petits pieds et de toutes petites mains, il faut que tu reviennes m’aider.

Je ne sais pas comment j’ai marché depuis mon enfance jusqu’à aujourd’hui. Ma vie fut un immense vertige. A présent, j’ai des cheveux gris, j’ai tellement de larmes dans ma bouche que cela me suffirait pour boire toute ma vie. Pourquoi Tonio, mon Tonio, mon mari, mon mal et mon bien, mon ciel et mon enfer, es-tu parti pour ne jamais revenir ? Je ne peux pas le croire, je ne veux pas le savoir, tu es parti dans ton avion, le 31 juillet, en mission de guerre et tu n’es pas revenu. Pas de nouvelles de toi et l’année va finir. Il faut que je l’accepte, et si je l’accepte, c’est pour t’aimer davantage. Comme je t’aurais aimé si tu étais revenu ! Comme toi aussi tu aurais fait la même chose pour moi !

Seigneur à la couronne d’épines, arrache-moi le cœur pour qu’il ne me fasse plus mal. Tu sais, toi, que Tonio est tout pour moi. Sans lui, je ne suis rien. Sur la table de ma chambre d’hôtel, j’ai un livre de lui, son portrait avec son manteau de soldat en cuir et ses fines mains d’homme comme des ailes et sa barbe pousse avec mes larmes.

Seigneur grand et miséricordieux, je te donne ma peine et ma douleur. Mon Père, aide-moi. Je n’ai personne pour aimer, pour attendre, pour embrasser. Ma maison est devenue petite, seule ma fenêtre reste ouverte pour faire entrer le ciel où il est parti en s’envolant pour ne pas revenir.

Rendez-le-moi mon Père, je vous en prie, faites un miracle. Si vous me le rendez dans sa tendresse, je le coifferai, je le laverai, je l’embrasserai et ensemble nous irons jusqu’à vous.
( Consuelo de Saint-Exupéry, Lettres du dimanche, Plon, 2001 ) - (Source image : Fotografia de Maria Consuelo Suncini Sandoval de Saint Exupery, tomada en Armenia, El Salvador, http://community.wikia.com/wiki/Community_Central:Licensing, © Wikimedia Commons)
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:34

George Sand, sous son célèbre pseudonyme masculin, ne fut pas seulement une femme en avance sur son temps pour l’écriture, elle le fut aussi en matière matrimoniale. Mariée à Casimir Dudevant, elle obtint le divorce par l’entremise d’un célèbre avocat, Michel de Bourges, dont elle tomba inéluctablement amoureuse.

23 janvier 1837

Si je couvais d’autres amours, je n’aurais pas fait violence à ma fierté pour aller m’humilier dans les larmes devant toi. Si je ne t’aimais plus, je n’aurais pas subi l’affront de reproches que je ne ouillé avec moi. Si je n’avais pas eu le cœur brisé, j’aurais su renfermer des pleurs qui n’avaient peut-être guère d’écho dans le tien et qui m’ont semblé ne te causer que de l’ennui. Si j’avais pu t’oublier, je l’aurais fait, car l’amour que j’ai pour toi est un martyre et ne me causera jamais que trouble et douleur. S’il suffisait de se savoir aimée pour rendre la pareille et si avec la conviction d’être aimée fort peu, on acquérait tout d’un coup la force de se vaincre et d’oublier, il est certain que j’aimerais d’autres que toi, il est certain que je ne t’aimerais plus.

Ce n’est pas à cause de l’amour que tu as eu pour moi que je t’ai aimé. Combien d’autres en ont eu davantage qui ne m’ont pas fait seulement lever les yeux de dessus mes livres ! Ce n’est pas à cause des belles paroles que tu sais dire aux femmes, j’ai bien rencontré d’autres beaux parleurs qui n’ont pas seulement distrait mon oreille. Ce n’est pas parce que j’ai compté sur du bonheur ou sur de la gloire ou seulement sur de l’affection. Je méprise les faux biens, et je savais en me donnant à toi que le torrent du monde nous séparerait toujours. Je savais que les ambitieux n’aiment qu’une heure par jour et que l’amour est un jour dans leur vie. Je t’ai aimé parce que tu me plais, parce que nul autre ne peut me plaire. Je t’aime parce que quand je me représente la grandeur, la sagesse, la force et la beauté, c’est ton image qui se présente devant moi, parce que ton nom est le seul qui me fasse tressaillir et ton souvenir le seul qui ne s’efface pas comme une ombre de ma mémoire. Et ce n’est pas que tu mérites cette adoration, tu ne vaux pas mieux que moi, si tu as des talents et des forces en plus, tu as en moins la sagesse et la philosophie.

Si tu as plus de sympathie avec les hommes, tu as moins de commerce avec Dieu, si tu as plus de miséricorde et de retour, tu as moins de constance et de dévouement, non, tu n’es pas si grand que tu parais, nous sommes frères, et je t’ai mesuré de la tête aux pieds. Tu as plus de justice que moi parce que tu as plus de lumière, mais tu as des vices que je n’ai pas, car tu n’as jamais gouverné tes passions. Je te sais tout entier, car nous sommes un et tu es la moitié de mon être. Je vois en toi la face de ma vie qui ne s’est pas réalisée, mais ce qu’elle a d’affreux, je l’aime encore parce que c’est moi dans toi, de même que tu dois aimer mes ignorances et mes ténèbres parce que c’est toi dans moi. Je suis aujourd’hui ce que tu as été dans ta cabane avant d’avoir été flétri par le souffle du monde ; tu es ce que j’aurais été si mon mauvais génie m’avait poussée dans la même vie. Dès le premier jour où nous nous sommes appartenus par la pensée. Je t’ai ouvert mon âme, je t’ai raconté ma vie comme si tu avais le droit de la savoir, comme si tu avais le pouvoir de la changer. Et tu l’as changée, en effet ; d’où t’es venue cette puissance ? Nul autre homme n’avait exercé sur moi une influence morale, et malgré de nombreuses amours, mon esprit toujours libre et sauvage n’avait accepté aucune direction.

Liée par la fibre à des êtres dévoués à des principes tout opposés, j’étais restée moi, doutant de tout, n’admettant que ce qui ne venait que de moi-même, haïssant toutes les erreurs. J’étais vierge par l’intelligence, j’attendais qu’un homme de bien parût et m’enseignât. Tu es venu et tu m’as enseignée, et cependant tu n’es pas l’homme de bien que j’avais rêvé. Il me semble même parfois que tu as l’esprit du mal, tant je te vois un fond de cruauté froide et d’insigne tyrannie envers moi, mais puisque tel que tu es, tu m’as persuadé ce que tu as voulu, puisque tu as entamé le rocher, puisque tu m’as attachée à tes convictions et liée à tes actes par une chaîne invincible, il faut que tu sois mon lot et mon bien depuis l’éternité et pour l’éternité. Tu n’es pas capable de comprendre pourquoi, comment et combien je t’aime. Je ne sais vraiment pourquoi je fatigue ma plume à te l’expliquer. Ton amour est tout différent du mien et je crois que, plus violent peut-être dans l’occasion, il est d’un ordre inférieur comme l’être inférieur en intelligence qui te l’inspire. Tu n’as pas besoin de moi, toute âme a peu de tendresse pour ce qui ne lui sert à rien. Toute âme tend à l’infini et je suis un être plus fini que toi. Il est simple que tu ne te retournes pas souvent en arrière pour me tirer avec toi. Moi j’aspire à te suivre comme le Dante suivait à travers les enfers et les cieux son guide fantastique. Je vois bien souvent que tu n’es pas dans la route, mais je sais que tu la connais et que tu la retrouveras. Je sais encore mieux que si tu ne la retrouves [pas], nous périrons ensemble, car je sens que je ne puis plus reprendre mon âme. Tu peux la briser, l’anéantir. Tu ne peux me la rendre, tu ne peux t’en débarrasser au profit d’un autre… Je crois que souvent tu le désires… Je ne sais quelle lueur fatale m’est venue à la casa Speranza. J’ai cru voir, j’ai cru comprendre. – Que la volonté de Dieu s’accomplisse ! Que sommes-nous pour lui demander son amour ? L’arbre ne se plaint pas du vent qui le brise, ni la terre des montagnes qui la pressent.
( Texte : George Sand, Lettres d’une vie, Folio classique, Gallimard, 2004. Image : Image taken by User:Mathiasrex Maciej Szczepańczyk ) - (Source image : Portrait de George Sand par Auguste Charpentier (1838) coll. Musée de la vie romantique, à Paris © Wikimedia Commons)
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:35

Penseur et acteur de la révolution, père du communisme, Marx domine le XIXème siècle de sa stature immense. Le chemin parcouru et l’empreinte laissée dans le monde sont longs depuis cette lettre qu’il adresse, jeune étudiant épris de philosophie, à son père. Naissance d’un génie!

Le 10 novembre 1837

Cher père,

Il y a des moments, dans la vie d’un homme, qui sont des postes- frontières marquant la fin d’une période et indiquant clairement une nouvelle direction. En de tels moments de transition, on se sent obligé de regarder le passé et l’avenir avec des yeux d’aigle pour être conscient de la réalité. En vérité, l’histoire du monde elle-même aime à regarder ainsi en arrière, à faire le bilan, ce qui donne parfois un sentiment de recul ou de stagnation, alors qu’il s’agit simplement de s’asseoir dans un fauteuil pour se comprendre soi- même et embrasser intellectuellement toute l’activité de son propre esprit. En de tels moments de mutation, chacun peut céder au lyrisme, car toute métamorphose est en partie comme un chant du cygne, en partie comme l’ouverture d’un ample et nouveau poème. Chacun a alors le sentiment qu’il doit élever un mémorial à ce qu’il a vécu, de telle façon que l’expérience retrouve dans les émotions ce qui a été oublié de l’action. Il n’y a pas meilleur lieu pour élever un tel mémorial que le cœur d’un père, le plus indulgent, leplus empathique, dont le soleil de l’amour réchauffe toutes nos actions. Et quel meilleur pardon espérer pour ce qui est blâmable que de tenter de le faire reconnaître comme la manifestation d’une nécessité ? Et comment faire au moins admettre que ce qui vient, pour l’essentiel, du hasard ou d’erreurs intellectuelles ne mérite pas d’être critiqué comme résultant de l’action volontaire d’un cœur perverti ? A la fin d’une année passée ici, je regarde en arrière, mon cher père, et permettez-moi de regarder ma vie comme je regarde la vie en général, c’est-à-dire comme l’expression d’une activité intellectuelle se développant dans toutes les directions, en sciences, en arts et dans la sphère privée. Attristé par la maladie de Jenny et par mes vains efforts intellectuels pour échapper à l’idolâtrie qui m’animait pour une pensée que maintenant j’exècre, je suis tombé malade, comme je te l’ai déjà écrit, mon cher père. Quand j’ai été mieux, j’ai brûlé mes poèmes et mes débuts de romans, pensant à renoncer totalement, car, jusqu’à aujourd’hui, rien ne me permet de penser qu’il existe la moindre preuve de mon talent. Et même mon séjour à Berlin, qui aurait dû me plaire infiniment, m’inciter à contempler la nature, m’a laissé indifférent car, finalement, aucune œuvre d’art n’est aussi belle que Jenny. Mais mon cher, très cher père, ne serait-il pas possible d’en parler avec vous personnellement ? La santé de mon frère, de ma chère maman, votre propre maladie (que j’espère peu sérieuse), tout cela me fait désirer me précipiter vers vous, et cela en fait presque une nécessité. Je serais déjà là si je n’avais douté de votre permission de me voir quitter Berlin. Croyez-moi, mon cher, cher père, je ne suis animé par aucune intention égoïste (même si ce serait une bénédiction pour moi de revoir Jenny) ; mais il est une pensée qui m’émeut et que je n’ai pas le droit d’exprimer. Et, bien qu’il soit difficile de l’admettre, comme me l’écrit ma chère Jenny, ces considérations sont sans valeur, comparées à l’accomplissement de devoirs sacrés. Je vous supplie, cher père, quoi que vous décidiez, de ne pas montrer cette page de ma lettre à ma mère : mon arrivée à l’improviste pourrait aider cette femme si magnifique à se rétablir, tout en espérant que s’éloigneront les nuages qui se sont assemblés sur la famille, et qu’il me sera donné de souffrir et de pleurer avec vous, peut-être aussi de vous donner des preuves de mon amour profond et démesuré que j’exprime en général si mal. Dans l’espoir que vous aussi, cher, très aimé père, vous preniez en compte l’état de trouble de mon esprit, et que vous recouvrirez vite votre santé en sorte que je puisse vous serrer dans mes bras et vous dire toutes mes pensées. Votre fils à jamais aimant.

PS : S’il vous plaît, cher père, excusez mon mauvais style et mon écriture illisible. Il est presque quatre heures du matin, la chandelle arrive à sa fin, mes yeux sont fatigués, une excitation extrême a pris possession de moi et je ne saurai calmer ces spectres turbulents avant d’être avec vous, qui m’êtes si chers. S’il vous plaît, faites part de mes pensées à ma douce et merveilleuse Jenny. J’ai lu sa dernière lettre douze fois et j’y découvre chaque fois de nouvelles délices, y compris de style. C’est à mon avis la plus belle lettre jamais écrite pas une femme.
( )
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:36

Khalil Gibran, l’immense écrivain arabe du début du XXème siècle (né le 6 janvier 1883 et mort le 10 avril 1931), auteur du livre Le Prophète, élut pour compagne amoureuse une femme d’exception : May Ziadah, libanaise établie en Égypte, écrivaine, poétesse et pionnière du féminisme oriental. Leur amour dura 19 ans (jusqu’à la mort de Gibran) mais ils ne se rencontrèrent jamais : il fut exclusivement épistolaire. Voici une des lettres de cette union sacrée.

26 février 1924

Vous me dites que vous avez peur de l’amour ; pourquoi cela, ma tendre amie ? Avez-vous peur de la lumière du soleil ? Avez-vous peur du flux et du reflux de la mer ? Avez-vous peur du jour naissant ? Avez-vous peur du retour du printemps ? Je me demande pourquoi vous avez peur de l’amour ? Je sais que l’amour d’une âme basse ne peut vous satisfaire, tout comme je sais qu’il ne peut pas me plaire. Vous et moi ne saurons jamais satisfaire de ce qu’il y a de mesquin dans l’esprit. Nous voulons tout en quantité. Nous voulons tout avoir. Nous voulons la perfection. Je dis, Mary, que dans cette aspiration qui est la nôtre se trouve notre accomplissement, car si notre volonté n’était qu’une ombre parmi les innombrables ombres de Dieu, nul doute que nous atteindrions l’un des nombreux rayons de Sa lumière.

Oh ! Mary, n’ayez pas peur de l’amour ! N’ayez pas peur de l’amour, amie de mon cœur. Nous devrons nous soumettre à lui malgré ce qu’il peut nous apporter de souffrance, de désolation, de nostalgie, de perplexité et de confusion. Ecoutez, Mary : aujourd’hui, je suis dans une prison de désir, qui sont nés lorsque moi-même je suis venu au monde. Et aujourd’hui, je me trouve entravé par les chaînes d’une idée aussi vieille que les saisons de l’année. Pouvez-vous faire montre de mansuétude à mon égard, dans ma prison, afin que nous puissions émerger enfin à la lumière du soleil ? Resterez-vous près de moi jusqu’à ce que ces chaînes soient détruites et que nous puissions marcher librement et sans entraves jusqu’au sommet de la montagne ? Et maintenant, venez plus près, rapprochez votre front de moi – comme ceci, comme ceci, et que Dieu vous bénisse et vous protège, compagne bien-aimée de mon cœur.
( Texte : Khalil Gibran, Lettres d'amour, Les Editions La Part commune. Image : Par Inconnu (http://www.al-funun.org/al-funun/images/index.html) [Public domain], via Wikimedia Commons )
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:36

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, né le 24 janvier 1732, professeur de harpe des filles de Louis XV, reconnu pour son œuvre dramatique, ses talents de journaliste et la fondation de la SACD, était un Don Juan impénitent. L’une de ses maîtresses, Amélie Houret de La Morinaie, a conservé les lettres relevées de ce personnage pour le moins original.

Février 1788

Vous êtes sans mentir une mignonne maîtresse, une charmante créature de m’avoir envoyé ma douce volupté du matin, je ne l’espérais pas, nous étant vus hier au soir. Après nos débats, nos plaisirs, votre lettre est un bienfait que mon âme n’oubliera pas.

Je ne t’ai point rendu mon coeur, femme adorée ! Était-il à moi pour le rendre ? La douleur de sécher d’amour auprès d’une femme à la glace [sic] allait sans doute m’éloigner de toi. Je pouvais bien cesser de te dire je t’aime, mais non pas cesser de t’aimer. Tout est oublié, réparé. Règne par l’amour et ne détruis pas ton empire, règne par la volupté, tu es céleste dans le bonheur. Tu pleurais lorsque ton âme dans tes yeux enchanteurs renaissait, expirait, me disait « je t’adore » ! Ô spectacle délicieux ! Mélange exquis de la sensibilité de l’âme, de la sensualité du cœur, vous êtes l’état le plus désirable où une créature humaine puisse entrer ! Ah ! le bonheur que tu donnes, que tu sens est d’une nature divine. Faisons-nous sur la terre un bonheur qui ne soit qu’à nous, composons-le de tous les bonheurs épars et dispersés, rassemblons-les dans notre sanctuaire d’amour, donnons à cette union sacrée toute la valeur dont nous sommes capables. Penses-tu n’être qu’une femme pour moi ? Ta beauté, ta forme, ton sexe sont les intermédiaires entre ta belle âme et la mienne.

Nos corps, doux instruments de nos jouissances, n’auraient que des plaisirs communs sans cet amour divin qui les rend sublimes. Crois ton amant, céleste amie, quand on a le bonheur d’aimer, tout le reste est vil sur la terre. C’est cet état privilégié dans lequel j’étais désolé de n’avoir pas pu t’entraîner, tu résistais, tu résonnais, au lieu de ranimer le feu sacré, tu le laissais éteindre ! Inventons au contraire mille moyens de multiplier son éclat. Méprise les cris de tout ce qui t’environne, femme étonnante, plane sur la tête de tes compagnes et vivons ensemble dans une région de feu. Tu veux mon cœur ? il est à toi pour la vie entière, que le tien soit ma récompense. Ne regrette plus tes vingt ans, tu vaux mieux que tu ne valais lorsque tu te croyais parfaite. Ta figure est toujours angélique, ton corps fait à plaisir et ton âme bien instruite, et dans sa noble maturité, la belle femme de trente ans sensible et spirituelle est le chef-d’œuvre de la nature. La jeunesse bouillante aime fort, mais n’aime pas bien, les délicieux détails d’une union amoureuse lui sont inconnus. C’est lorsque l’âme est réfléchie, qu’elle a senti mille fois combien la félicité humaine est fragile, combien il est facile de la voir échapper, qu’elle fait alors son unique étude de bien conserver ce bonheur qu’on acquiert si difficilement.

Recueille-toi, femme pensante, sur ce texte ébauché que mon cœur te présente. Livre-toi sans réserve à l’amour qui te tend les bras, c’est cet océan de bonheur inconnu aux mortels ordinaires qu’il faut te jeter les yeux fermés, ton amant est là pour te retenir. Bonjour délices de mon cœur, âme que je révère, traits charmants que j’idolâtre. Je ne te quitte pas, tu me suis partout, fantôme adoré, tu es sans cesse devant mes yeux.
Lettre de Beaumarchais à Amélie : « Quand on a le bonheur d’aimer, tout le reste est vil sur la terre. »
( Beaumarchais, Lettres d'amour à Amélie Houret , Editions La Lettre et La Plume ) - (Source image : Larousse)
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:37

Voltaire, né le 21 novembre 1694, n’est pas seulement l’éminent philosophe des Lumières, l’historien du Siècle de Louis XIV, l’ennemi virulent de la religion et des prêtres, et une figure cardinale de la culture française. Personnage audacieux et intrépide, sacrilège et libertin dans sa jeunesse, emprisonné et censuré, il scandalise son époque autant par ses idées que par sa conduite et ses moeurs. Après une décennie de concubinage avec Mme du Châtelet, il termine ses vieux jours dans les bras de sa nièce, Mme Denis. Invité à Berlin par Frederic le Grand, il part seul et adresse cette lettre somptueuse à sa nièce chérie.

26 décembre 1750

Je vous écris à côté d’un poêle, la tête pesante et le cœur triste, en jetant les yeux sur la rivière de la Sprée, parce que la Sprée tombe dans l’Elbe, l’Elbe dans la mer, et que la mer reçoit la Seine, et que notre maison de Paris est assez près de cette rivière de Seine ; et je me dis : ma chère enfant, pourquoi suis-je dans ce palais, dans ce cabinet qui donne sur la Sprée, et non pas au coin de notre feu ? Rien n’est plus beau que la décoration du palais du soleil dans Phaéton. Mademoiselle Astrua est la plus belle voix de l’Europe ; mais fallait-il vous quitter pour un gosier à roulades et pour un roi ? Que j’ai de remords, ma chère enfant ! Que mon bonheur est empoisonné ! Que la vie est courte ! Qu’il est triste de chercher le bonheur loin de vous ! Et que de remords si on le trouve !

Je suis à peine convalescent, comment partir ? Le char d’Apollon s’embourberait dans les neiges détrempées de pluie, qui couvrent le Brandebourg. Attendez-moi, aimez-moi, recevez-moi, consolez-moi, et ne me grondez pas. Ma destinée est d’avoir affaire à Rome de façon ou d’autre. Ne pouvant y aller, je vous envoie Rome en tragédie par le courrier de Hambourg, telle que je l’ai retouchée ; que cela serve du moins à amuser les douleurs communes de notre éloignement. J’ai bien peur que vous ne soyez pas contente du rôle d’Aurélie. Vous autres femmes, vous êtes habituées à être le premier mobile des tragédies, comme vous l’êtes de ce monde. Il faut que vous soyez amoureuses comme des folles, que vous ayez des rivales, que vous fassiez des rivaux ; il faut qu’on vous adore, qu’on vous tue, qu’on vous regrette, qu’on se tue avec vous.

Mais, mesdames, Cicéron et Caton ne sont pas galants ; César et Catilina couchaient avec vous, j’en conviens ; mais assurément ils n’étaient pas gens à se tuer pour vous. Ma chère enfant, je veux que vous vous fassiez homme pour lire ma pièce. Envoyez prier l’abbé d’Olivet de vous prêter son bonnet de nuit, sa robe de chambre et son Cicéron, et lisez Rome sauvée dans cet équipage.

[…]

J’ai besoin de plus d’une consolation. Ce ne sont point les rois, ce sont les belles lettres qui la donnent.
( Voltaire, Correspondance Tome III, La Pléiade, 1975 ; Image : Atelier de Nicolas de Largillière/Musée Carnavalet )
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:38

Marcel Proust, en pleine sortie de À l’ombre des jeunes filles en fleurs, adressait une lettre à un Maître, en écriture du moins : Colette. Bien avant les scandales multiples et la réputation polémique de ce « génie très particulièrement féminin » (Gide), le singulier Marcel louait l’écrivaine et plus exactement ses talents d’épistolière: la lettre finale de son roman Mitsou ou Comment l’esprit vient aux filles l’avait subjugué. D’une lettre à l’autre, d’un géant de la littérature à une grande dame du siècle, les jeunes filles entamaient leur destin !

Mai 1919

Madame,
J’ai un peu pleuré ce soir, pour la première fois depuis longtemps, et pourtant depuis q[uel]q[ue] temps je suis accablé de chagrins, de souffrances et d’ennuis. Mais si j’ai pleuré, ce n’est pas de tout cela, c’est en lisant la lettre de Mitsou. Les deux lettres finales, c’est le chef-d’œuvre du livre (j’entends de Mitsou car je n’ai pas encore lu En Camarades, j’ai de très mauvais yeux, je ne lis pas vite). Peut-être s’il fallait absolument pour vous montrer que je suis sincère dans mes éloges, vous dire que je ne me permettrais pas d’appeler une critique, appliquée à un Maître tel que vous, je trouverais que cette lettre de Mitsou si belle, est aussi un peu trop jolie, qu’il y a parmi tant de naturel admirable et profond, un rien de précieux. Certes quant au restaurant (au prodigieux restaurant – auquel je compare avec un peu d’humiliation mes inférieurs innombrables restaurants des Swann que vous ne connaissez pas encore et qui paraîtront peu à peu) (au restaurant qui me fait aussi penser avec un peu de mélancolie à ce dîner que nous devions faire ensemble et qui, comme rien dans ma vie depuis ce moment-là, et déjà longtemps auparavant — ne s’est réalisé), le lieutenant bleu parle d’un joli vin qui sent le café et la violette, c’est tellement dans le caractère et le langage du lieutenant bleu. (À ce restaurant comme j’aime le sommelier, les dédains rêveurs etc…) Mais pour Mitsou il y a dans sa lettre des choses qui me sembleraient pas trop « jolies » si je n’avais trouvé dès le début (comme vous n’est-ce pas?) que Mitsou est beaucoup plus intelligente que le lieutenant bleu, qu’elle est admirable, que son mauvais goût momentané en matière d’ameublement n’a aucune importance (je voudrais que vous vissiez mes « bronzes », il est vrai que je les ai simplement conservés, non choisis), et que du reste ce progrès miraculeux de son style rapide comme la Grâce, répond exactement au titre: « Comment l’esprit vient aux filles. » (…)

Marcel Proust

———

Lettre de Mitsou au Lieutenant Bleu :

Voilà donc que vous partez, c’est détestable et même pire. Mais pourquoi vous en excusez-vous? J’ai dans l’idée que ce n’est pas de partir que vous vous excusez, mais de me quitter. Ah! Vous allez dire: « C’est Mitsou, je ne peux pas partir sans la quitter! » Que si. Ce n’est difficile qu’à expliquez mais pas à comprendre… Mon amour, mettez-vous une chose dans la tête: c’est que je vous aime. Ô je ne vous dis pas ça comme on fait un cadeau, au contraire. Mon pauvre chéri, je vous aime. Et je vous donne permission de vous écriez en le lisant: « Eh bien, me voilà frais! » Une femme qui aime, même une petite bête comme moi, ça devient insupportable, ça comprend, ça devine… Ça devient comme l’électricité quand le courant y est posé, une minute avant c’était cordon et une boule de verre stupide, une minute après c’est un fil de feu qui éclaire tout.

Le bon côté pour vous de cet ennui qui vous arrive, c’est que je sais à présent que vous pouvez comptez sur moi. Comptez sur moi pour tout ; pour vous attendre si vous voulez que je vous attende, pour deviner ce que vous auriez honte à me dire; et comptez sur moi, si la fantaisie vous prend de me déclarer en face « c’est fini nous deux », pour vous montrez que je sais me conduire et qu’il n’y a pas besoin d’eau de mélisse ni de vinaigre.

J’ajoute encore que si ça vous convenez que je fasse un autre métier, que j’apprenne des choses, que je me change en ci ou en ça, j’en suis également capable, quand même ce ne serait que pour vous faire une distraction ou un sujet de conversation avec moi.

Si j’avais préféré la promenade de jour au lieu de notre prochaine nuit? Je n’hésite pas, j’aurai préféré la nuit. Mon amour, la nuit c’est moins embarrassant, c’est moins intime. Je serai toujours à peu près à la hauteur de vous, pourvu que je soie toute nue dans vos bras et couchée. Le plus terrible c’est qu’il faut nous relevez, et alors là je tremble devant vous. Tout ce que vous avez désiré inutilement de moi pendant que nous étions ensemble, moi je l’ai eu de vous. Je n’en ai pas encore fini de m’étonner que votre peau soit si douce, ni que vous avez l’air si sérieux en dormant, ni que vous couchez sans chemise. Je ne croyais pas que vous aviez les pieds si petits. Et aussi je croyais qu’un jeune homme si raffiné, qui mange au restaurant avec de petites manières et des précautions, allait s’occupez de toutes sortes de choses en faisant l’amour, et pas du tout ! Quand j’ai vu que vous ne vous occupiez que de me prendre toute à la fois tout uniment, je ne peux pas vous dire comme j’étais contente. Alors, comment voulez-vous que je ne vous aime pas?

Mon chéri, le difficile pour vous, c’était de ne pas être aimé de moi. Le presque impossible pour moi, c’est d’être aimé de vous. Je dis presque impossible, parce que je suis ainsi faite que je n’accepte pas dans mon esprit le pire des malheurs ni le pire des bonheurs. Tu me trouves bien humble! Ne crois pas que je mendie. Si tu me réponds « adieu Mitsou », je ne mourrai pas. J’ai un petit cœur assez dur pour qu’on le nourrisse avec chagrin.

Mon amour, je vais essayer de devenir ton illusion. C’est une ambition très grande, mon cher Lieutenant Bleu, et vous ne m’avez pas invitée à une promenade qui peut faire le tour de la vie… Commençons donc par le plus facile, et si vous n’êtes pas tout à fait découragé, donnez-moi, je vous en prie, encore votre sommeil à côté de moi, encore la surprise de vous suivre si facilement jusqu’au plaisir, — accordez-moi la confiance et la bonne amitié de votre corps: peut-être qu’une nuit, à tâtons, tout doucement, elles m’amèneront enfin jusqu’à vous.

Mitsou
( Colette, Lettres à ses pairs, Flammarion, 1973 et Colette, Mitsou, Livre de Poche, 1987. Image: Leopold Reutlinger (1863-1937) via Wikimedia Commons. )
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:40

Père et chef spirituel de l’Inde moderne, artisan de son indépendance, Mahatma Gandhi incarne dans le monde la philosophie de la non-violence. Parmi les polémiques qui entourent cette figure capitale du XXème siècle, la question de son orientation sexuelle semble être définitivement levée par la publication de ses lettres à un architecte allemand, Hermann Kallenbach. L’histoire et la vérité par Des Lettres.

AHMEDABAD,
22 juillet 1915

Mon cher ami,

[…] Mon cœur est avec vous. J’ai déballé nos affaires et en tant que perpétuel nostalgique, je me sers de votre oreiller de bois favori que, vous vous en souviendrez, vous ne vouliez pas abandonner. Alors que je tente de mettre les choses en ordre, je pense à vous sans cesse, vous me manquez sans cesse. A l’heure actuelle, je prépare simplement la maison comme si je m’apprêtais à vous y recevoir. C’est que vous êtes vraiment avec moi lorsque je nettoie la maison et ses placards. Je me demande si vous approuveriez mon travail et mes méthodes de nettoyage. Vos suggestions et votre nez me manquent énormément.

Mais, pour le meilleur ou pour le pire, nous devons vivre quelque temps physiquement séparés. Nous devons vraiment agir pour que nos esprits soient rapprochés, si nous voulons supporter cette séparation physique forcée. Votre internement vous a rendu plus proche de moi, s’il est possible que vous soyez encore plus près que vous ne l’étiez déjà.

Votre vie là-bas doit être un modèle pour les autres. Comme j’aimerais penser que vous revendiquez là-bas vos origines allemandes, votre foi ancestrale et nos idéaux communs. Vous revendiquez les deux premiers si vous accomplissez le troisième. Et je sais que vous n’échouerez pas.

J’attends que vous me décriviez entièrement votre vie là-bas.

J’espère que vous ne laisserez aucune chose vous irriter et que vous agirez avec la plus grande sérénité d’esprit et le détachement adéquat.

Ici, la vie va en s’adoucissant. C’est difficile mais cela en vaut la peine. […]

J’ai déballé tous vos livres. Ils sont un peu abimés. Je tacherai de prendre soin de ceux qui ont été épargnés.

Votre,

VIEL AMI
( Texte : Gandhi-Kallenbach Correspondence. Courtesy: National Archives of India ; Image : Wikipédia, http://en.wikipedia.org/wiki/File:Gandhi,_Sonia_Schlesin,_Hermann_Kallenbach.jpg )
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:46

Serge Diaghilev, fondateur des Ballets russes et impresario de ballet de renommée, s’éprit de l’un de ses danseurs, et pas des moindres, Vaslav Nijinski, qui lui-même avait une liaison avec un riche aristocrate. Lorsque les deux tourtereaux se marièrent, Diaghilev démit de ses fonctions son danseur fétiche. Nijinski reviendra des années plus tard aux Ballets russes mais leur vieille amitié est définitivement brisée. Il sombre alors peu à peu dans la folie jusqu’à ne plus reconnaître son vieil amant.

A l’Homme

Je ne peux pas te nommer, car on ne peut pas te nommer. Je ne t’écris pas à la hâte, car je ne veux pas que tu croies que je suis nerveux. Je ne suis pas un homme nerveux. Je sais écrire calmement. J’aime écrire. Je n’aime pas écrire de belles phrases. Je n’ai pas appris à écrire de belles phrases. Je veux écrire la pensée. J’ai besoin de la pensée. Je n’ai pas peur de toi. Je sais que tu me détestes. Je t’aime comme on aime un être humain. Je ne veux pas travailler avec toi. Je veux te dire une chose. Je travaille beaucoup. Je ne suis pas mort. Je vis. Dieu vit en moi. Je vis en Dieu. Dieu vit en moi.

Je travaille beaucoup la danse. Ma danse progresse. J’écris bien, mais je ne sais pas écrire de belles phrases. Tu aimes les belles phrases. Je n’aime pas les belles phrases. Tu formes des troupes. Je ne forme pas de troupes. Je ne suis pas un cadavre. Je suis un homme vivant. Tu es un homme mort, car tes buts sont morts.

Je ne t’ai pas appelé ami, car je sais que tu es mon ennemi.

Je ne suis pas ton ennemi. L’ennemi n’est pas Dieu. Dieu n’est pas un ennemi. Les ennemis recherchent la mort, je recherche la vie. J’ai de l’amour. Tu as de la méchanceté. Je ne suis pas une bête féroce. Tu es une bête féroce. Les bêtes féroces n’aiment pas les gens. J’aime les gens.

Dostoïevski aimait les gens. Je ne suis pas un idiot. Je suis un homme. L’Idiot de Dostoïevski est un homme. Je suis un idiot. Dostoïevski est un idiot. Tu croyais que j’étais bête. Je croyais que tu étais bête. Nous croyions que nous étions bêtes. Je ne veux pas conjuguer. Je n’aime pas les conjugaisons. Tu aimes qu’on s’incline devant toi. J’aime qu’on s’incline devant moi. Tu injuries ceux qui s’inclinent. J’aime ceux qui s’inclinent. J’attire les inclinations. Tu fais peur aux inclinations. […]

Je ne veux pas de ton sourire, car il sent la mort. Je ne suis pas la mort, et je ne souris pas. Je n’écris pas pour me moquer. J’écris pour pleurer. Je suis un homme avec du sentiment et de la raison. Tu es un homme avec de l’intelligence, mais sans sentiment. Ton sentiment est mauvais. Mon sentiment est bon.

Tu veux me perdre. Je veux te sauver. Je t’aime. Tu ne m’aimes pas. Je te veux du bien. Tu me veux du mal. Je connais tes astuces. Je faisais semblant d’être nerveux. Je faisais semblant d’être bête. Je n’étais pas un gamin. J’étais Dieu. Je suis Dieu en toi. Tu es une bête, et je suis l’amour. Tu n’aimes pas ceux-là maintenant. J’aime ceux-là et tous maintenant. Ne pense pas, n’écoute pas. Je ne suis pas à toi. Tu n’es pas à moi. Je t’aime maintenant. Je t’aime toujours. Je suis à toi. Je suis à moi. Tu es à moi. J’aime te conjuguer. Je suis à toi. Je suis à moi.

[…]

Tu es en moi, et je suis en toi.

Tu es à moi, et je suis à toi.

Tu es celui qui veut la mort

Tu es celui qui aime la mort

J’aime l’amour l’amour.

Je suis amour, et tu es mort

Tu as peur de la mort, de la mort

J’aime, j’aime, j’aime

Tu es mort, et je suis sang.

Ton sang nest pas amour.

Je t’aime, toi, toi.

Je ne suis pas sang, je suis esprit

Je suis sang et esprit en toi.

Je suis amour, je suis amour.

Tu ne veux pas vivre avec moi.

Je te veux du bien.

Tu es à moi, tu es à moi.

Je suis à toi, je suis à toi.

J’aime écrire avec une plume,

J’écris, j’écris.

Toi, tu n’écris pas tu dépêches

Tu es une dépêche je suis une lettre.

Tu es machine je suis amour

Je suis machine je suis amour. […]

Pou, pou, pou, pou, pou, pou, dre

Je suis pou, je suis pou.

Je suis pou, je suis pou

Tu es poud, tu es poud

Je suis poud, tu es poud

Je suis re, et tu es re

Dre, dre, dre, poudre

Je suis poud et tu es dre

Dre, dre,dre, poudre

Je suis pou et tu es dre

Je suis oudre et tu es ordre

Je suis outre et tu es autre

Nous sommes en poudre et il y a de la poudre

Je suis poud, et tu es dre.

Nous faisons du bruit

Tu n’es pas bruit, et je suis bruit

Je suis jeune, et tu es vieux.

Nous sommes vieux, et je suis jeune

Jeune est vie, et pas le marteau

Je suis le grand marteau pas le petit marteau

Tu es teau, et je suis toc

Toc, toc, toc, mais pas toc.

Nous sommes toc, toc, toc

Tu n’es pas toc, et je suis toc.

Je suis toc, toc, toc.

Tu n’es pas toc, toc, toc.

Je veux pour toi toc, toc.

Tu n’es pas toc, tu n’es pas toc

Je suis toc, je suis toc

Je toque tous les jours

Tu toques tous les jours

Nous toquons, nous toquons

Tu toques je ne notch

Nous sommes totch, mais pas tchetch

Tchectch et totch, mais pas tchetch

Nous tchetchons dans tchetch je suis tchetch

Tchetch, tchetch, tchetch n’est pas tchetch.

Tchetchouia je ouia tchouia.

Je tcheou je ouia houia

Houia tchouiaaa je ne suis tchouia

Tchouia tchouia tu es leur tchouia

Tchouia tchouia tu es houia

Je suis bite, mais pas à toi

Tu es à moi, mai je ne suis pas à toi

La bite est à moi car c’est une Bite

Je suis Bite, je suis Bite.

Je suis Dieu dans ma bite.

Je suis Dieu dans ma bite.

Ta bite n’est pas à moi n’est pas à moi

Je suis bite dans sa Bite

Je bite, je bite, je bite

Tu es bite mais pas Bite

Je peux biter, biter

Tu ne peux pas biter la bite

Je ne suis pas une bite dans ta bite

Je suis une bite dans Sa bite.

Tchouï, tchouï, je ne suis pas tchouï

Tu es tchouiou pas à moi dans tchouiou.

Je suis tchouï tchouï, tu n’es pas tchouï

Nous sommes tchouï, vous n’êtes pas tchouï.

Tchouï, tchouï, tchouï n’est pas l’écaille.

Je ne suis pas tchouï en écaille

Je suis tchouï tchouï. Je suis tchouï tchouï.

Tchouï, tchouï, tchouï, mais pas ouï

Ouï est l’intelligence, l’Intelligence n’est pas à moi

J’aime, j’aime

L’intelligence dans l’intelligence tchouiou est à moi

Je suis tchouï. J’aime

Tchouï, tchouï, tchouï n’est pas écaille

Je suis Dieu sans écaille

L’écaille est intelligence dans tchouiou

Je suis tchouï, je suis tchouï.

Je suis une bite, mais pas à toi.

Tu es à moi, mais je ne suis pas à toi.

La bite est à moi, car Bite.

Je suis une Bite, je suis une Bite.

Je Dieu dans ma bite.

Je suis Dieu dans ma bite. Ta bite n’est pas à moi,

pas à moi.

Je suis bite dans Sa bite.

Je bite, je bite, je bite.
Tu es bite, mais pas Bite.

Je veux t’écrire beaucoup, mais je ne veux pas travailler avec toi, car tes buts sont autres. Je sais que tu sais faire semblant. Je n’aime pas les faux-semblants. J’aime les faux-semblants, quand l’homme veut du bien. Tu es un homme méchant. Tu n’es pas un tsar. Et moi je suis un tsar. Tu n’es pas mon tsar, et moi je suis ton tsar. Tu me veux du mal. Je ne te veux pas de mal. Tu es méchant, et moi je te berce. Dodo, dodo, dodo, dodo. Dors paisiblement, dodo, dodo. Dodo. Dodo. Dodo

Vaslav Nijinski
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 3:48

Ce « commerce avec des fantômes », Franz Kafka (3 juillet 1883 – 3 juin 1924) l’entretint de la plus intense des façons avec Milena Jesenská, qui fut dans un premier temps sa traductrice, puis un des grands amours de sa vie. Ils ne se virent qu’à deux reprises, mais leur correspondance bâtit à elle-seule, sur des fondations de souffrances et de vides, un monument littéraire d’une passion et d’une force rares. Cette lettre sublime illustre les prémices de cet amour nourri du manque et de l’absence, cet inévitable jeu de fantômes.

Début avril 1922

Voilà déjà bien longtemps, Madame Milena, que je ne vous ai plus écrit, et, aujourd’hui encore, je ne le fais que par suite d’un hasard. Je n’aurais pas au fond à excuser mon silence, vous savez comme je hais les lettres. Tout le malheur de ma vie — je ne le dis pas pour me plaindre, mais pour en tirer une leçon d’intérêt général — vient, si l’on veut, des lettres ou de la possibilité d’en écrire. Je n’ai pour ainsi dire jamais été trompé par les gens, par des lettres toujours ; et cette fois ce n’est pas par celles des autres mais par les miennes. Il y a là en ce qui me concerne un désagrément personnel sur lequel je ne veux pas m’étendre, mais c’est aussi un malheur général. La grande facilité d’écrire des lettres doit avoir introduit dans le monde — du point de vue purement théorique — une terrible dislocation des âmes : c’est un commerce avec des fantômes, non seulement avec celui du destinataire, mais encore avec le sien propre ; le fantôme grandit sous la main qui écrit, dans la lettre qu’elle rédige, à plus forte raison dans une suite de lettres, ou l’une corrobore l’autre et peut l’appeler à témoin. Comment a pu naître l’idée que des lettres donneraient aux hommes le moyen de communiquer ? On peut penser à un être lointain, on peut saisir un être proche : le reste passe la force humaine. Ecrire des lettres, c’est se mettre nu devant les fantômes ; ils attendent ce moment avidement. Les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route. C’est grâce à cette copieuse nourriture qu’ils se multiplient si fabuleusement. L’humanité le sent et lutte contre le péril ; elle a cherché à éliminer le plus qu’elle le pouvait le fantomatique entre les hommes, elle a cherché à obtenir entre eux des relations naturelles, à restaurer la paix des âmes en inventant le chemin de fer, l’auto, l’aéroplane ; mais cela ne sert plus de rien (ces inventions ont été faites une fois la chute déclenchée) ; l’adversaire est tellement plus calme, tellement plus fort ; après la poste, il a inventé le télégraphe sans fil. Les esprits ne mourront pas de faim, mais nous, nous périrons.

Je m’étonne que vous n’ayez encore rien publié à ce sujet ; non pour empêcher, par exemple, ou pour obtenir quelque chose en faisant éditer vos considérations ; il est trop tard ; mais pour « leur » montrer que du moins on les a reconnus.

L’exception peut d’ailleurs aussi permettre de les identifier ; ils laissent parfois, en effet, passer une lettre sans obstacle, elle vient se poser dans votre main, légère, affectueuse comme la main d’un ami. Attention ! Ce n’est encore là vraisemblablement qu’apparence. De tels cas sont peut-être les plus dangereux, ceux dont il faut se méfier le plus ! Mais, du moins, si c’est une illusion, elle est parfaite.

Il m’est arrivé aujourd’hui une aventure de ce genre, c’est elle qui me pousse à vous écrire ; j’ai reçu la lettre d’un ami, que vous connaissez, vous aussi : il y a longtemps que nous ne nous écrivons plus, ce qui est extrêmement raisonnable : les lettres, vous avez vu plus haut ce que j’en disais, sont en effet un prodigieux antisomnifère. En quel état n’arrivent-elles pas ! Désséchées, vides et irritantes, joies de l’instant, que suit une longue souffrance. Tandis qu’on s’oublie à les lire, le peu de sommeil qu’on a se lève et s’envole par la fenêtre ouverte ; il ne reviendra pas de sitôt. Aussi ne nous écrivons-nous pas. Mais je pense souvent à cet ami, bien que trop fugitivement : ma pensée tout entière est bien trop fugitive. Pourtant, hier soir, j’ai songé à lui pendant des heures ; ces heures de nuit, qui me sont si précieuses à cause de leur hostilité, je les ai employées à lui écrire dans ma tête une lettre où je ne cessais de lui répéter sans fin avec les mêmes mots des choses qui me paraissaient d’une extrême importance. Et, de fait, j’ai reçu de lui une lettre ce matin ; elle disait que, depuis un mois, il avait l’impression qu’il devait venir me voir, ou, plus exactement, qu’il avait eu ce sentiment il y a un mois, et cette remarque coïncide singulièrement avec des choses que j’ai vécues.

Cette histoire de lettre m’a incité à en écrire une, et maintenant que c’est chose faite, comment ne pas vous écrire à vous aussi, Madame Milena, qui êtes peut-être la personne du monde à qui j’aime le mieux écrire (pour autant qu’on puisse aimer cette occupation ; mais je n’entends parler ici que pour les fantômes qui assiègent ma table avec concupiscence).
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 9:58

NASA Astrobiology Institute
Statement of Intent to Release a Cooperative Agreement Notice
for the NASA Astrobiology Institute
https://nspires.nasaprs.com/external/
The NASA Science Mission Directorate Planetary Science Division intends to release a Cooperative Agreement Notice (CAN) soliciting team-based proposals for membership in the NASA Astrobiology Institute (NAI) in January 2017. Step 1 proposals will be due around March 15, 2017, and Step 2 proposals will be due in early June 2017.
https://astrobiology.nasa.gov/news/joint-nasa-nsf-ideas-lab-on-the-origins-of-life/

The NASA Astrobiology Institute was established in 1998 as an institution of scientific collaboration across disciplines, across organizations, and within and among its participating Teams irrespective of their geographic distribution. A large amount of reference material is available at the Institute's website, http://nai.nasa.gov, which provides proposers with details of the research suite, activities, and administrative history of the NAI.

The upcoming CAN represents Cycle 8 of the NAI team-based proposal opportunities. The goal of CAN 8 is to maintain a multidisciplinary institute by selecting focused, interdisciplinary teams that complement without replicating the strengths of the continuing teams. The teams selected in Cycle 8 will replace the teams selected in Cycle 6, whose five-year Cooperative Agreements are expiring. It is anticipated that the number of teams selected in Cycle 8 will be about the same number selected in Cycle 6 (five teams).

CAN 8 will require a brief Step-1 proposal be submitted eight weeks after the release of the CAN. Based on a programmatic review of these Step-1 proposals, proposers will be encouraged to or discouraged from submitting a full Step-2 proposal.

The time line for the CAN 8 solicitation is intended to be:

Release of CAN…………………………………January 2017
Preproposal conference………………………~2 weeks after CAN release
Step-1 proposal due…………………………~8 weeks after final CAN release
Proposal due…………………………………~18 weeks after CAN release
Selection of CAN 8 teams……………………September 2017 (target)
Start of new awards……………………………January 2018

NASA has not approved the issuance of the CAN and this notification does not obligate NASA to issue the CAN and solicit proposals. Any costs incurred by prospective investigators in preparing submission in response to this notification or the planned CAN are incurred completely at the submitters own risk.

Further information will be posted through the NSPIRES system (http://nspires.nasaprs.com) as it becomes available. Those individuals registered through NSPIRES should also receive automated E-mail notices.

Questions and comments related to this announcement should be addressed to Mary Voytek,
NASA Astrobiology Institute Program Scientist, Science Mission Directorate, NASA Washington DC 20546
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 10:02



The Astrobiology Program of NASA’s Science Mission Directorate (SMD) is joining with the Directorate for Biological Sciences (BIO) and the Directorate of Geosciences (GEO) of the National Science Foundation to sponsor an “Ideas Lab” activity on the Origins of Life.

Scientific Background

Most theories of the origin and early evolution of life focus on one of two different models. “Metabolism first” approaches generally focus on non-biological sources for the reactions of metabolism and rarely discuss in detail how bio-polymers (proteins or poly-nucleotides) arose to catalyze them. “RNA World” models assume that metabolic ribozymes existed but never describe how or why proteins took over this role — there are no naturally occurring modern ribozymes that participate directly in metabolic reactions.

Studies of the origin of life are therefore confronted with a giant chasm between the reactions of small molecules that can generate nucleic or amino acids and, possibly, polymerize them, and a fully developed system that satisfies the working definition of “life.”

The ultimate aim of this Ideas Lab is to facilitate the generation and execution of innovative research projects aimed at identifying and funding potentially transformative research to address the origin and early evolution of the modern, two-polymer life system. Understanding plausible pathways for the origin of life will contribute directly to our understanding of the indispensable properties of life on Earth and inform our search for life on other worlds.

The Ideas Lab Concept

An Ideas Lab is an intensive, interactive and free-thinking workshop on a particular topic, involving up to thirty diverse participants. It aims to stimulate thinking in promising new research approaches and theories aimed at understanding the origin of life. Participants will be expected to engage constructively in dialogue with each other, the facilitators, and the Director and Mentors to develop collaborative research proposals. Collaboration will be encouraged, especially by bringing diverse minds together to embrace this challenge.

An Ideas Lab will run over five days starting mid-morning on day one and finishing mid-afternoon on day five. The approach of the Ideas Lab is not to discuss ideas that are already well developed but not yet published. Rather, the goal is to bring individuals from different disciplines together to interact and engage in free-thinking on first principles, to learn from one another and create an integrated vision for future research projects. It is expected that the sharing of these ideas would be encouraged within the Ideas Lab but their confidentiality would be respected outside the Ideas Lab.

The Ideas Lab will be led by a Director whose role will be to assist in defining the topics and aid facilitated discussions at the event. The Director will be joined by a small number of Mentors. The Mentors have been selected by the NSF and NASA, based on their intellectual standing, their impartiality and objectivity, and their broad understanding of, and enthusiasm for, the subject area. The Director and Mentors will fully participate in the Ideas Lab, but will not be eligible to receive research funding under this collaborative activity. They will act as impartial “real time” peer reviewers throughout the Ideas Lab. process, providing a function analogous to that of a peer review panel.

Following the Ideas Lab, full proposals will be invited for submission by either NSF or NASA. NASA and the NSF anticipate making five to ten awards in FY 2017 pending availability of funds and the type, scale, and variety of project ideas developed at the Ideas Lab. Up to $8,000,000 will be available for US researchers in FY 2017 for successful proposals through the Ideas Lab, pending availability of funds and compelling proposals.

Submission Guidance

Individuals interested in participating in the Ideas Lab should respond to NSF solicitation “Origin of Life Program Solicitation” 16-570 by submitting applications to participate in the workshop as preliminary proposals through NSF’s FastLane system (see http://tinyurl.com/OoLideasLab2016). Participation in the Ideas Lab is by invitation only from the pool of applicants who submit preliminary proposals. Participants will be selected on the basis of the interests, expertise, and other characteristics described in their submitted preliminary proposals. All participants should be willing to engage in frank disclosure and assessment of ideas in a collegial and professional fashion. An independent selection committee will recommend a list of potential participants from all applicants. NSF and NASA Program Staff, in consultation with the Director and Mentors, will select the final list of participants from the submitted preliminary proposals.

Schedule

The time frame for the solicitation is planned to be:

Release of NSF call for proposals – June 7, 2016
Required Preliminary Proposals – August 5, 2016
Ideas Lab – September 18-23, 2016, Hyatt Regency Chesapeake Bay, Cambridge, MD
Invited proposals due – December 19, 2016
Selection – See NSF solicitation, but target is January 2017

Questions may be addressed to Michael New, at michael.h.new@nasa.gov, or Mary Voytek at mary.voytek-1@nasa.gov.

twitter facebook youtube

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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 10:04

Jules Verne évoque dans Le Phare du Bout du Monde, le phare abandonné de San Juan de Salvamento, dans le canal Beagle. En 1998, les municipalités de Nantes, ville natale de Jules Verne, et de la Rochelle décidèrent de reconstruire ce phare en hommage à l’auteur.

King Crimson - Cirkus - London (1971) SBD
https://www.youtube.com/watch?v=YDpQf9hcrN8
King Crimson: "Live at the Marquee, August 10, 1971" (CLUB 46 - DGM Live) SBD. Intro: Cirkus Guitar* (Studio).
Marquee Club, London, England -- August 10th, 1971.
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 10:06

15 Σεπτεμβρίου 2016
http://www.esa.int/ell/ESA_in_your_country/Greece/Proba-3_thhetontas_ton_helegcho_gia_ten_hakre_toy_Helioy

Συγκλίνοντας στην τροχιά, ένα ζευγάρι μικρών δορυφόρων θα ανοίξουν μία νέα θέα στην πηγή του μεγαλύτερου σώματος στο Ηλιακό Σύστημα: την ωχρή ατμόσφαιρα του Ήλιου, εκτεινόμενη εκατομμύρια χιλιόμετρα στο διάστημα.

Οι δύο δορυφόροι μαζί ονομάζονται Proba-3 και θα εκτοξευθούν στα τέλη του 2019. Μέσω ενός ακριβή σχηματισμού πτήσης, ο ένας θα κάνει σκιά στον δεύτερο ώστε να ανοίξει μια ανεμπόδιστη θέα στην εσωτερική επιφάνεια της «κορώνας», η οποία είναι ένα εκατομμύριο φορές πιο αχνή από τον εκτυφλωτικά λαμπερό ηλιακό δίσκο.

"Όταν άκουσα πρώτη φορά την ιδέα είπα ‘Πω! Είναι ακριβώς αυτό που θέλουμε’», είπε ο Αντρέι Ζούκοφ, από το Βασιλικό Παρατηρητήριο του Βελγίου, Βασικός Ερευνητής για το ηλιακό όργανο του Proba-3.

Proba-3: θέτoντας τον έλεγχο για την άκρη του Ήλιου
15-09-2016 10:09 AM CEST

"Ο καλύτερος τρόπος για να παρατηρήσεις την κορώνα από το έδαφος είναι κατά τη διάρκεια μιας ηλιακής έκλειψης, παρόλο που ακόμα έχουμε να αντιμετωπίσουμε το εκπεμπόμενο φως – δεν μπορούμε να διορθώσουμε την επιρροή της ατμόσφαιρας της Γης."

Solar eclipses
Η ηλιακή κορώνα όπως παρατηρήθηκε κατά τη διάρκεια επίγειων εκλείψεων

"Η επόμενη καλύτερη μέθοδος είναι να δημιουργήσουμε μια τεχνητή έκλειψη χρησιμοποιώντας «κορωνογράφους», είτε σε τηλεσκόπια του εδάφους είτε σε δορυφόρους που παρακολουθούν το εσωτερικό του Ήλιου, όπως οι SOHO και Stereo.

"Το πρόβλημα είναι ότι το εκπεμπόμενο φως που αναμειγνύεται γύρω από την άκρη του σκοτεινού δίσκου, περιορίζει την θέα προς ένα από τα σημαντικότερα εσωτερικά μέρη της κορώνας. Ο «κορωνογράφος» του δορυφόρου SOHO, για παράδειγμα, δεν μπορεί να παρατηρήσει πιο κοντά από 1.1 επί την διάμετρο του Ήλιου. Άλλοι δορυφόροι μπορούν να δουν πιο κοντά, αλλά το δυνατό εκπεμπόμενο φως κάνει τη λεπτομερή παρατήρηση αδύνατη."

"Με τον δορυφόρο Proba-3 σκοπεύουμε να δούμε υπερβολικά κοντά στην ηλιακή επιφάνεια σε ορατό φως, τοποθετώντας το σκίαστρο και τον κορωνογράφο σε χωριστούς δορυφόρους περίπου 150 μέτρα μακριά."

Μία πύρινη ηλιακή έκρηξη

"Αυτό ίσως μας δώσει μια καλύτερη θέα στο πιο ενδιαφέρον σημείο της κορώνας, όπου πολλά ενδιαφέροντα φυσικά φαινόμενα λαμβάνουν μέρος, εκεί όπου γεννιέται ο ηλιακός αέρας και δημιουργούνται «αποβολές της μάζας της κορώνας» – γιγάντιες ηλιακές εκρήξεις με την δυνατότητα να επηρεάσουν τις επίγειες δομές."

Ενώ η επιφάνεια του Ηλίου έχει μια σχετικά χαμηλή θερμοκρασία της τάξης των 6000ºC, η κορώνα έχει κατά μέσο όρο θερμοκρασίες εκατομμυρίων βαθμών. Το μυστήριο είναι, πώς η ενέργεια μεταφέρεται από τον «δροσερό» Ήλιο στην «καυτή» κορώνα, με εμφανή παράβαση των νόμων της Θερμοδυναμικής.

"Χαρτογραφώντας την δομή του εσωτερικού μέρους της κορώνας για παρατεταμένο χρόνο – στοχεύουμε περίπου έξι ώρες – η ελπίδα μας είναι ότι θα λάβουμε γνώση για το είδος των ενεργειακών ροών που παίρνουν μέρος", σημειώνει ο Δρ. Ζούκοφ.
Proba-3
Το ζεύγος δορυφόρων Proba-3

"Η σταθερή λειτουργία παρατήρησης θα είναι μία φορά ανά λεπτό, αλλά θα μπορούσαμε να το επιταχύνουμε έως και σε λίγα δευτερόλεπτα, μέσα σε ένα επιλεγμένο οπτικό πεδίο, για παράδειγμα όταν εντοπίζουμε την ραγδαία εξέλιξη μιας απομάκρυνσης μάζας."

"Ο τελικός στόχος είναι να καταστεί δυνατή η κατανόηση της φυσικής των καιρικών φαινομένων στο διάστημα, ώστε να υπάρχει πρόγνωση αποβολών κορωνιακής μάζας, που είναι γνωστό έχουν δραματικές συνέπειες στα επίγεια ηλεκτρικά πεδία και άλλες δομές."

Το ζεύγος δορυφόρων Proba-3 είναι πρωτίστως και κυρίως μια τεχνολογική επίδειξη, εξερευνώντας την δυνατότητα ενός ακριβή σχηματισμού πτήσης σε τροχιά, αλλά η επίτευξη σημαντικών επιστημονικών αποτελεσμάτων θα βοηθήσει επιπλέον να αποδείξει ότι η προσέγγιση του λειτουργε
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Jeu 15 Sep à 10:09

Raymond Burrell was born on August 1, 1946 in Holbeach, Lincolnshire. As a teen in the 1950s, he began playing rhythm guitar for the Tea Time 4, a group formed with his school pal Bernie Rudd. They both acquired a passion for jazz and enjoyed acts such as Mose Allison, John Coltrane, and Charlie Mingus. By 1963 Burrell became the vocalist for The Tea Time 4, an R&B/Jazz quartet with a reputation of upstaging the acts for whom they opened. Lineup changes were inevitable but success came with a move to London in 1965 at the suggestion of manager, Jack Barrie. With the addition of Ian McLagan on keyboard and a name change to Boz People, the group secured a contract with EMI's Columbia label.[2][3][4]

Burrells' style leant more towards jazz where as McLagan was into Booker T, four singles being recorded and backing band slots with Kenny Lynch and Elkie Brooks. However, with little commercial success McLagan soon left to join The Small Faces.[5]

Burrell next enjoyed a short stint in the soul band, Feel For Soul, back in Norwich from 1966 until the following year. In late 1965, Burrell was briefly considered to replace Roger Daltrey in The Who.[6][7][8][9]

In 1968 Burrell recorded a cover of Bob Dylan's Down in the Flood released as a single simply as 'Boz'. He was joined by organist Jon Lord, guitarist Ritchie Blackmore and drummer Ian Paice, who formed Deep Purple at the same time, and bassist Chas Hodges, later of Chas and Dave fame. Burrell' later appeared on Centipede's Septober Energy in (1971).[10]
King Crimson
Main article: King Crimson

In 1971 Burrell joined King Crimson as the new vocalist, having met Robert Fripp while both were performing with Centipede. After a last minute let down from new bassist Rick Kemp, Boz (who had only limited guitar-playing ability) was installed as the band's bass player with Fripp and Ian Wallace teaching him to play rather than start the search again.[11]

The band toured and recorded the band's fourth studio album, Islands, a warmer sounding release and the band's only string ensemble experimentation. Tensions began socially on tour and creatively with the direction of the group's latest effort. This led to Peter Sinfield being ousted following the band's next tour. During rehearsals in early 1972 the band fell apart with all members leaving due to creative restrictions imposed by Fripp as a "quality control" measure.

The band members were convinced to rejoin and fulfil their touring commitments for that year with the intention of disbanding thereafter. Recordings from this subsequent tour exist as the live compilation, Earthbound. Although relations improved between both parties leading to an offer from the musicians to continue on in the band, Fripp had already moved on and declined.[12]

In 1973 Burrell, Wallace and Mel Collins reunited with Sinfield for his solo effort, Still. They also went on to form Snape with Collective Consciousness Society's Alexis Korner and Peter Thorup, whom had been on tour with King Crimson in the states the previous year, releasing the studio album, Accidentally Born in New Orleans, and a live album, Live on Tour in Germany. In 1974 Burrell featured with Chapman Whitney Streetwalkers along with other members of Family and King Crimson.[11][13]
Bad Company
Main article: Bad Company

Burrell was a founding member of the supergroup, Bad Company, formed in 1973 along with ex Free vocalist Paul Rodgers and drummer Simon Kirke and ex Mott the Hoople guitarist, Mick Ralphs. The band debuted with the self-titled Bad Company in 1974 which eventually went Platinum as did the 1975 follow up, Straight Shooter and 1976's Run With the Pack.[12]

1977's Burnin' Sky proved less successful but the group's fifth release in 1979, Desolation Angels, saw the band once again return to platinum status. Rough Diamonds, the final studio album featuring the original members, released in 1982, was the worst selling album in this incarnation and the band soon after split.[14]

Using the name Bad Company, Ralphs and Kirke continued to play together but it was not until 1998 that Burrell rejoined his band mates along with Rodgers for a reunion tour, recording four new songs and releasing the compilation The Original Bad Company Anthology. Burrell left the band in 1999 along with Ralphs.
Later work

In January 1981, Burrell joined Roger Chapman again for his solo band, The Shortlist, leaving in 1983. He returned in May 1987 but left again the following year in June. In 1982 Burrell contributed to Jon Lord's Solo album, Before I Forget, on the track Hollywood Rock And Roll and in 1984 he joined the short lived Nightfly.[15]

In the 1990s Burrell worked with such acts as Alvin Lee for his Best of British Blues tour of 1996 and Ruby Turner, but his main creative outlet was with his partnership with the Scottish blues singer, Tam White. Their collaboration developed into a trio, The Shoe String Band and a big band, the Celtic Groove Connection. White was present at Burrell's apartment in Spain when Burrell suddenly died of a heart attack during rehearsals, on 21 September 2006. [3][15]
Discography

solo as Boz:

Isn't That So/You're Just The Kind Of Girl I Want (11 Feb 1966) (Single) [16]
Meeting Time/No (Ah) Body Knows Blues (7 Apr 1966) (Single)
Pinocchio/Stay As You Are (10 Jun 1966) (Single)
The Baby Song/Carry On Screaming (29 Jul 1966) (Single)
I Shall Be Released/Down in the Flood (3 May 1968) (Single)[17]
Light my Fire/Back Against The Wall (16 Aug 1968) (Single)

with Centipede:

Septober Energy (1971)[18]

with King Crimson:

Islands (1971)
Earthbound (1972)
Ladies of the Road (2002)

with Pete Sinfield:

Still (1973)

with Snape:[19]

Accidentally Born in New Orleans (1973) [20][21]
Live on Tour in Germany (1973) [22]

with Bad Company
Main article: Bad Company discography

Bad Company (1974)
Straight Shooter (1975)
Run with the Pack (1976)
Burnin' Sky (1977)
Desolation Angels (1979)
Rough Diamonds (1982)
10 from 6 (1985)
The Original Bad Company Anthology (1999)
Live in Albuquerque 1976 (2006)



with Boxer:

Bloodletting (1979)

with Jon Lord:

Before I Forget (1982) Track 3 – 'Hollywood Rock And Roll'

with The Shortlist:[15]

He Was... She Was... You Was... We Was... (1982)
Mango Crazy (1983)
Riff Burglar (The Legendary Funny Cider Sessions – Vol. 1) (1988)

with Ken Hensley:

From Time To Time (1994)

with Ruby Turner:

Call Me by My Name (1998)

with Celtic Groove Connection:

Celtic Groove Connection (1999)

Notes

Leigh,Spencer (25 September 2006). "Boz Burrell obituary". London: independent.co.uk. Retrieved 9 July 2010.
Mojo, Issues 154–157. EMAP Performance (2006).
Bruce Eder. "Boz Burrell | Biography". AllMusic. Retrieved 2014-06-30.
Bruce Eder. "The Tea Time Four | Biography". AllMusic. Retrieved 2014-06-30.
Bruce Eder. "The Boz People | Biography". AllMusic. Retrieved 2014-06-30.
Hjort, Christopher. Eric Clapton & the British blues boom, 1965–1970. p. 115.
Neill, Kemp; Daltrey, Stamp. Anyway, Anyhow, Anywhere: The Complete Chronicle of the Who 1958–1978. Sterling Publishing Company. p. 66.
Fletcher, Tony. Moon: The Life and Death of a Rock Legend. William Morrow.
Bruce Eder. "Feel for Soul | Biography". AllMusic. Retrieved 2014-06-30.
The Wire, Issues 197–202. The Wire.
George-Warren, Romanowski, Pareles. The Rolling Stone Encyclopedia of Rock & Roll. Edition 3.
Eur. International Who's Who in Popular Music, Volume 4. p. 72.
Patrick Little. "Streetwalkers - Streetwalkers | Songs, Reviews, Credits, Awards". AllMusic. Retrieved 2014-06-30.
"Boz Burrell credits". allmusic.com. Retrieved 9 July 2010.
"Biography - Boz Burrell". Freewebs.com. Retrieved 2014-06-30.
"Boz* - Isn't That So (Vinyl) at Discogs". Discogs.com. 1966-02-11. Retrieved 2014-06-30.
"Boz - I Shall Be Released/Dove In The Flood (Vinyl) at Discogs". Discogs.com. Retrieved 2014-06-30.
"Centipede (3) Discography at Discogs". Discogs.com. Retrieved 2014-06-30.
"Snape Discography at Discogs". Discogs.com. Retrieved 2014-06-30.
"Alexis Korner & Peter Thorup / Snape - Accidentally Born In New Orleans at Discogs". Discogs.com. Retrieved 2014-06-30.
Al Campbell. "Accidentally Born in New Orleans - Alexis Korner | Songs, Reviews, Credits, Awards". AllMusic. Retrieved 2014-06-30.

"Alexis Korner & Peter Thorup With Snape - Live On Tour In Germany (Vinyl, LP, Album) at Discogs". Discogs.com. Retrieved 2014-06-30.

References

Eur.International Who's Who in Popular Music. Volume 4. Edition4. Routledge (2002) ISBN 978-1-85743-161-2
Fletcher, Tony. Moon: The Life and Death of a Rock Legend. HarperCollins (2000). ISBN 978-0-380-78827-9
George-Warren Holly, Romanowski Patricia, Pareles Jon. The Rolling stone Encyclopedia of Rock & Roll. Edition 3 (revised). Fireside (2001) ISBN 978-0-7432-0120-9
Hjort, Christopher. Strange Brew: Eric Clapton & the British blues boom, 1965–1970. Jawbone Press (2007) ISBN 978-1-906002-00-8
Various. Mojo, Issues 154–157. EMAP Performance (2006). Original from the University of Virginia (digitised 22 January 2010)
Neill Andrew, Kent Matthew, Daltrey Roger, Stamp Chris. "Anyway, Anyhow, Anywhere: The Complete Chronicle of the Who 1958–1978". Sterling Publishing Company (2009). ISBN 978-1-4027-6691-6
Various. The Wire, Issues 197–202. The Wire (2000). Original from the University of Virginia. Digitized (16 February 2010)

External links

Boz Burrell at AllMusic
Boz Burrell at the Internet Movie Database
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Ven 16 Sep à 10:13

Phlebologie

Die Phlebologie (griech. Φλέψ phleps „(Blut)ader“ und -logie) ist ein medizinisches Fachgebiet, das sich mit der Erkennung und Behandlung von Gefäßerkrankungen befasst, insbesondere von Venenerkrankungen wie Krampfadern (auch Varizen genannt) und Hämorrhoiden.

La phlébologie (grec :. Φλέψ phleps « wire (sang) » et - logie) est une spécialité médicale qui traite le diagnostic et le traitement des maladies vasculaires, en particulier des troubles de la veine tels que les varices (appelés aussi varices) et les hémorroïdes.

Το Phlebology (Ελληνικά:. Φλέψ phleps «(το αίμα) καλώδιο» και - βαρύς) είναι μια ιατρική ειδικότητα που ασχολείται με τη διάγνωση και θεραπεία της αγγειακής νόσου, ιδιαίτερα της φλέβας διαταραχές, όπως η φλεβίτιδα (που ονομάζεται επίσης κιρσούς) και αιμορροΐδες.

The Phlebology (Greek:. Φλέψ phleps "(blood) wire" and - logy) is a medical specialty that deals with the diagnosis and treatment of vascular disease, especially of vein disorders such as varicose veins (called also varices) and hemorrhoids.

A flebologia (grego:. Φλέψ phleps "fio (sangue)" e - logia) é uma especialidade médica que lida com o diagnóstico e tratamento da doença vascular, especialmente de veia distúrbios como (chamados também varizes) de varizes e hemorroidas.

Phlebology (יוונית:. Φλέψ phleps "(דם) חוט" ויומנים) היא התמחות רפואי העוסק באבחון וטיפול של מחלות כלי דם, במיוחד של וריד הפרעות כגון דליות (נקרא גם דליות) וטחורים.

فليبولوجي (اليونانية:. فلبس Φλέψ "(الدم) سلك" ولوجي) هو تخصص طبي الذي يتعامل مع تشخيص وعلاج أمراض الأوعية الدموية، لا سيما من اضطرابات الأوردة مثل البواسير ودوالي الأوردة (تسمى أيضا الدوالي).

Флебология (Греческий:. Φλέψ Флепс «(кровь) провод» и - логия) является медицинская специальность, которая занимается диагностика и лечение сосудистых заболеваний, особенно из вен расстройств, таких как варикозное расширение вен (также называемые varices) и геморрой.
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MessageSujet: Re: Pierre Barthélémy, Y'becca et l'Espoir du Moment.   Sam 17 Sep à 8:29

L'esprit laïque s’intègre aux sociétés qui lui demande protection tout en sauvegardant leur langage et traditions. L'esprit laïque montre qu'il est pas sectaire et en cela démontre de sa bienveillance et du terme de philosophie humaine. Il doit faire face à sauvegarder son jardin sans pour autan être hostile à sa propre misère : Celle d'être une jeune philosophie et regarder du coin de l’œil tout comme une jeune vierge que l'on veut offrir à la démence des hostiles et des esclavagistes. Malgré tout, elle avance en compagnie de la Justice et de la Tradition du sang essayant d'engendrer de l'égalité, de la fraternité et de la liberté... Mais voilà, les vieilles coutumes sur le bien du corps ne veulent pas laisser s’émanciper Serfs et esclaves des mines de sels, de champs de coton et autres richesses du conformisme esclavagiste... Non à l'Esclavage et Oui à la Gréve...

Ecrit de
TAY
La chouette effraie...

LA PÊCHE AU DJARIFA

Dans mon village, Longoni, les femmes pratiquent la pêche au djarifa : tissu filtrant. La pêche au djarifa est une pêche traditionnelle, encore pratiquée dans quelques villages mahorais (Mayotte).

Méthode de pêche
Quand la marée est basse, les femmes vont dans la mer, à quelques mètres du bord, l’eau leur arrive à la poitrine.
Deux femmes tiennent le djarifa par les extrémités et le descendent sous l’eau, le tendent comme un filet qui fait barrage.
Les autres femmes frappent l’eau pour rabattre les poissons dans le djarifa, ensuite ensemble elles lèvent rapidement le tissu.

Elles prennent les petits poissons et les versent dans un grand sac de riz vide. Elles recommencent la même opération quelques mètres plus loin, elles pêchent ainsi tout le long de la côte du village et des villages voisins. Elles arrêtent lorsque la marée est haute.

Témoignage de Mounia
« Le plus dur dans cette pêche c’est de marcher pieds nus sur le corail et d’être coupée ; avec le sel c’est très douloureux.
C’est fatigant car on reste longtemps dans l’eau avec le soleil "brûlant".
J’aime quand-même pêcher au djarifa, car ainsi on perpétue la tradition et j’aime retrouver les autres femmes pour discuter, rigoler entre nous, loin de la maison. »


Recette de kakamoucou (préparation des poissons)
On met dans une marmite les poissons vidés avec du sel, du citron, du poivre, du cumin, du curcuma, des oignons, du piment, du basilic et de toutes petites tomates.
On laisse cuire quinze minutes.
On le mange avec du batabata (bananes vertes et manioc bouillis)


Passamaïnty (ou Passamainti) 1, prononciation en français [pasamɛ̃ti], en mahorais [pasamajœ̃ti], est un village de l'île de Mayotte, département français d'outre-mer, faisant partie de la commune de Mamoudzou (Préfecture de Mayotte). En venant de Mamoudzou, par la route nationale, on entre à M'Tsapéré en passant par le quartier de Doujani, puis rejoindre Passamaïnty. C'est le canton de Mamoudzou-1 (comprenant aussi les villages de Vahibé et Toundzou 1&2).

Sommaire
1 Quartiers
2 Espaces naturels
3 Urbanisme et commerce
4 Administrations publiques
5 Sport
6 Associations culturelles
7 Enseignement
8 Références

Quartiers
Passamaïnty est composé de cinq quartiers principaux (historiques) : Gnambotiti (Mlimani, Maridrini), Msakouani, Kavani-Be, Kavani, Baïtilmali.

Baïtilmali est le dernier né des cinq grands quartiers de Passamaïnty. Ce quartier est issu du processus de décasement initié dans les années 1990 en vue du désenclavement du village : construction d’infrastructures routières au sein du village, déplacement d’un pan entier du village de la côte vers la plaine. De l’entrée à la sortie du village de Passamaïnty, toute la côte était une zone habitée : l’ancien village. D’autres quartiers (11 villas, Bangali, Tanafou et Rivière des manguiers) se sont agrégés au fur à mesure des nouvelles constructions, surtout celles de la Société immobilière de Mayotte (SIM) : ces dernières ont la particularité de n’accueillir que des fonctionnaires (métropolitains ou ceux venant de l’outre mer) mutés à Mayotte. Mais de plus en plus de mahorais ayant les revenus nécessaires s’y installent également. Ces quartiers sont communément appellés « les quartiers Mzungu » ou les « Mzungu Land » à cause du profil de ses habitants, mais aussi la qualité du logement qui correspond avec le standard européen.

Espaces naturels
Mro Wa Gouloué est une rivière qui prend racine à Gouloué dans les hauteurs de la forêt de Vahibé et qui traverse Passamaïnty jusqu’à son embouchure vers la mer. D’ailleurs, l'embouchure entre la rivière et la mer se trouve sous le pont de Passamaïnty. On y trouve une piste de terre qui suit la rivière et des plantations pour se transformer en sentier, traverser plusieurs fois par le lit du ruisseau Gouloué en le longeant pour passer près de plusieurs bassins alimentés par des cascades. Les autres cascades se trouvent plus en amont de la rivière. Elle est composée de plusieurs bassins (dzia) dont la fameuse cascade "La Piscine", Mroni Ha Larakia (au niveau des rivières des manguiers), Mroni Bambou (au niveau du collège), Mroni Manga, Mroni Maïdani : c’est sur les ruisseaux de ces bassins que les habitants du village et ceux de la commune de Mamoudzou lavaient leurs linges des décennies durant.

Particularité: lors de la période des fortes marées, la mer peut remonter la rivière jusqu’à la cascade « la piscine ».

Dingadingani est une plage qui se trouve à l’entrée du village en venant de Tsoundzou. C’est un lieu historique pour la pêche locale (la pêche traditionnelle), c’était un véritable ponton pour les pirogues des petits pécheurs. Cette plage est un lieu incontournable du village, elle a donc toujours était très fréquentée non seulement à marée haute ou basse. Marée haute pour la baignade et marée basse pour la pêche au large en hameçon simple pour les hommes, la pêche au djarifa pour les femmes, c’était aussi l’occasion de ramasser des coquillages. L'îlot M'bouzi, l'un des deux plus grands îlots du lagon de Mayotte (82 ha), fait face au village de Passamainty et plus particulièrement à la plage DINGA. Ce qui fait qu'il est accessible facilement à forte marée basse.

Mronibaraka se trouve au centre de la mangrove de Dingadingani. Il faut s’enfoncer dans la mangrove pour le trouver. Dans la tradition mahoraise, c'est un lieu d'offrandes aux djinns. Esprits issus de croyances animistes de l’île, ils sont en général invisibles, avec une capacité d’influence spirituelle et mentale sur le genre humain (contrôle psychique : possession), mais ne l’utilisant pas forcément.

Les musulmans de Mayotte sont aussi animistes, une différence fondamentale d'autres régions musulmanes dans le monde, où l’animisme n’est pas toujours accepté. L’animisme est donc beaucoup pratiqué à Mronibaraka. C’est la croyance en une âme, une force vitale, animant les êtres vivants, parfois les objets mais aussi les éléments naturels, comme les eaux, les pierres, le vent etc. Ces âmes ou ces esprits mystiques, manifestations de défunts, peuvent agir sur le monde tangible, de manière bénéfique ou non. On ne leur voue pas un culte quotidien, mais c'est par un acte cultuel - à un un moment précis, une date précise, une occasion précise - que l'on fait appel à ces esprits. Mronibaraka est traversé par une petite rivière où se baignent, se lavent, ceux qui sont en pleine procession animiste. Cet endroit a toujours fasciné, par son isolement dans la mangrove, mais surtout par les cultes qui s’y déroulent. Endroit craint, par peur de ces esprits mystiques, où la légende veut que ces derniers sont capables d'envahir ou de transformer l’esprit des humains, surtout les jeunes enfants.

Urbanisme et commerce
Au fil du temps, la ville a bénéficié de sa proximité avec le chef lieu Mamoudzou. On y trouve donc des commerces, des sociétés de service le long de la route de Vahibé, principale artère du village.

La première trame du paysage actuel du village se fixe au cours des années 1990. En effet, du quartier Baïtilmali, en passant par Bangali, Rivière des manguiers et tout le secteur du Collège (hamadi chahoula), toute cette bande de terre constituait une véritable forêt nourricière de la ville. On y trouvait des manguiers, cocotiers, des arbustes comestibles et autres fruitiers, des caféiers (secteur chez Talé). Mais la densification du village et l’urbanisation aidant tout ceci n’existe quasiment plus ce n’est dans les hauteurs de la ville.

Le massif (Mlima Mpweka) qui se trouve en face de l’école Passamainty stade a aussi connu le même sort. C’était une véritable poumon vert de la ville, mais l’activité humaine fait que c’est devenu une véritable padza, responsable d’une réduction notable des espaces boisés et de la génération des taillis. Cependant, avec le travail des associations, un travail de reboisement est en cours depuis quelque temps pour redonner à ce massif son allure naturelle. Le cimetière du village se trouve sur le versant arrière du massif, faisant face à la pleine littorale.

Passamaïnty est le lieu de bifurcation entre le Centre et le Sud de Mayotte : au rond point de Passamaïnty, pour ceux qui veulent aller vers Vahibé, Combani, Tsingoni (le centre de Mayotte), il faut prendre la première sortie à droite, ou continuer tout droit pour rejoindre le sud de l’île. Le siège de la croix rouge de Mayotte se trouve justement en face de cette bifurcation.

Administrations publiques[modifier | modifier le code]
Pour ce qui est des structures administratives et de santé. Le village de Passamainty compte un dispensaire hospitalier, rattaché au Centre Hospitalier de Mayotte (CHM). Un bureau de poste (deuxième bureau de poste ayant vu le jour à Mayotte), qui réalise les différentes activités de poste dans le cadre d’une obligation de service universel, mais aussi les flux de trésorerie consécutifs aux prestations des Services Financiers réalisées en établissement postal. Souhaitant se rapprocher de ses citoyens, la ville de Mamoudzou 2 a délocalisé différentes services pour privilégier la proximité avec sa population, mais aussi par souci de fluidité et d’accessibilité. Ainsi, Passamainty compte une mairie annexe inaugurée le mercredi 13 juillet 2016. L’objectif principal est donc de désengorger l’Hôtel de ville, pour répondre effacement aux besoins des habitants et en améliorer les conditions d’accueil.

Sport
Une panoplie d’associations sportives y est représentée, mais pendant longtemps c’est l'AS Rosador qui dominait tout le paysage sportif du village : football, handball, volley ball, basketball. La spécificité de Rosador de Passamaïnty, c’est qu’elle regroupait l’ensemble du mouvement sportif du village.

L’équipe de handball, emmenée entre autres par Haïrou (l'actuel Président de la ligue de Handball de Mayotte), Pecto, Siradji a été plusieurs fois champion de Mayotte. Elle a également remporté la coupe de France régionale ainsi que la coupe de Mayotte.

L’équipe de Football, emmenés à l'époque par Badaou, Steve, Nanou, Dayé, Badé, Taco, Houdouna, Nourdine, pour ne citer que les plus emblématiques, a fait encore plus fort: elle a dominé sans partage le football mahorais pendant plusieurs décennies, en remportant plusieurs fois le championnat de Mayotte de football, dont elle détient toujours le record aujourd'hui, plus la coupe de France régionale et la coupe de Mayotte.

Associations culturelles[modifier | modifier le code]
Il existe plusieurs associations culturelles qui œuvrent notamment pour les femmes, regroupées selon les quartiers, dans le cadre des mariages, ou l’aide aux familles qui marient leurs enfants. Des associations qui œuvrent dans le domaine de la protection de l’environnement. Ainsi la rivière Mro Wa Gouloué fait l'objet de cette protection puisqu'elle subit un nettoyage systématique à chaque fois qu'elle commence à se dégrader. Le paysage urbain du village, avec ses différents espaces verts, est aussi l’œuvre des associations (avec toujours l’engagement de SD, un spécialiste des questions environnementales).

Enseignement
La ville compte trois groupes scolaires et un collège :

Groupe Scolaire Passamaïnty I Village (entre Kavani et Msakouani)
Groupe Scolaire Passamaïnty II Stade(entre kavani-Be et Baïtilmali)
Groupe Scolaire Passamaïnty III MHOGONI (Gnambotiti Mlimani)
Collège de Passamaïnty (sur les hauteurs de Mronibambou)
Une médiathèque (elle se trouve derrière le foyer des jeunes et en face du groupe scolaire Passamainty Stade)
Références[modifier | modifier le code]
↑ Rédaction origine PASSAM Natif de Passamainty, descriptions et vécus.
↑ http://villedemamoudzou.fr/index.php# [archive]
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