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 Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.

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yanis la chouette



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MessageSujet: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:03

Notre Dame Isis, la déesse-mère alchimique secrète, "de la Gaule romane à la france-maçonnerie"....
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t30-veritis-ciconia-la-cigogne-verte-ou-la-lune
Isis est une reine mythique et la déesse-mère de l’Égypte antique. Elle est représentée, le plus communément, comme une jeune femme affublée d’un trône au-dessus de la tête ou, à la ressemblance d’Hathor, coiffée d’une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de bovidé. Isis est l’une des déesses les plus populaire du panthéon égyptien. Le culte d’Isis est actif tout au long de l’histoire de l’Égypte antique et ne s’éteint qu’au cours des ve et vie siècles.

Malgré la disparition du culte d’Isis en Égypte et en Europe, balayé par la croyance en Jésus-Christ (un autre culte oriental), la déesse égyptienne est restée dans la mémoire des lettrés et érudits européens en tant qu’objet de curiosité intellectuelle, artistique et savante. Face à la montée du christianisme, le culte d’Isis périclite puis disparaît au tournant des ve et vie siècles de notre ère. Toutefois, le souvenir d’Isis ne disparaît pas car entretenu par la scolastique monacale et universitaire.

Les mystères isiaques de la Renaissance

Au cours du Moyen Âge tardif, Isis devient un objet de curiosité de la part des érudits laïcs. Ce phénomène s’accentue durant la Renaissance. L’aspect d’Isis est confondu avec celui de l’Artémis multimammia d’Éphèse. Au cours du Siècle des Lumières, certains philosophes francs-maçons épris d’égyptomanie portent leurs intérêts sur les Mystères d’Isis et tentent de les réinventer dans le cadre des rituels de leurs Loges initiatiques. Les artistes et les poètes ont, quant à eux, sans cesse spéculé autour de l’image de la déesse voilée et fait d’Isis le symbole des lois cachées de la Nature. Depuis les années 1950, aux États-Unis surtout, Isis est particulièrement vénérée auprès des convents kémitistes de la Wicca qui lui adressent un culte païen moderne en tant que grande déesse originelle, maternelle et lunaire.
Lire L’âge d’or médiéval isiaque : les peintres initiés de la Renaissance, disciples matriciens d’Isis
Une famille incestueuse ?

Rusée et grande magicienne, Isis est la sœur et l’épouse du roi Osiris, un être divin dont le règne généreux et civilisateur fut placé sous le signe de l’harmonie cosmique. Plutarque rapporte qu’Osiris enseigna à son peuple les manières civilisées (mariage ?) afin que les hommes ne ressemblent plus à des bêtes sauvages (patriarcat ?). Il leur enseigna l’agriculture ainsi que le respect des dieux et des lois (patriarcales ?). Horus fils d’Isis et vengeur d’Osiris assassiné par Seth, réussit à se faire reconnaître comme le successeur légitime de son père, devenant par là, le prototype idéal du pharaon.
Ou une famille matriarcale ?

photo d'une statuette

Dans la société égyptienne, le statut de la femme est très élevé. Or universellement, plus le statut de la femme est élevé, plus la filiation est maternelle et non paternelle, plus le rôle de l’oncle maternel prime sur celui du père, et moins le mariage n’a d’importance. La transmission se fait de mère en fille, et d’oncle à neveux maternel, et non de père en fils. Ainsi, cette coutume matrilinéaire est encore vivace en Afrique, et l’était bien d’avantage du temps des pharaons : le souverain règne avec sa mère et sa sœur, et lègue son trône à son neveu maternel sans en être le géniteur. Pourquoi la société égyptienne ferait exception ? Osiris étant le frère d’Isis, et l’oncle maternel d’Horus, est-il réellement l’amant de la première, et le père du deuxième ?
Lire Matriarcat égyptien : us et coutumes occultés par l’archéologie officielle
Osiris père de son neveux maternel ?

Dans l’iconographie, le moment de l’accouplement posthume n’apparaît qu’au Nouvel Empire.

File:Abydos Tempelrelief Sethos I. 36.JPGDès les Textes des Pyramides de l’Ancien Empire égyptien, il serait attesté que le dieu faucon Horus est le fils du couple que forment Osiris et Isis. Dans les pyramides à textes, ces écrits sont gravés en colonnes sur les murs des corridors, des antichambres et des chambres funéraires. Les chapitres 366 et 593 des Textes des Pyramides, très proches dans leur rédaction, relatent la naissance et la conception d’Horus. Il y apparaît que ses parents seraient Osiris et Isis. La traduction est-elle fiable ? Cet unique texte est-il authentique ? Une version antérieure a-t-elle existé ?

« Ta sœur Isis est venue à toi, heureuse de ton amour. Après que tu l’as placée sur ton phallus, ta semence a jailli en elle »

— Textes des Pyramides. Chap. 366.
Au nom de la mère, du frère, et du fils : la trinité matricienne

On retrouve à travers les croyances égyptiennes des éléments démontrant la place importante qu’occupaient les femmes dans la société. Ainsi, la triade principale n’est pas composée du père, du fils et du Saint-Esprit comme dans le catholicisme, mais :

de la mère (Isis, Déesse mère dont l’influence et l’amour règne partout, Déesse du blé et à l’origine de sa culture),
du frère (Osiris, Dieu de l’agriculture et de la fertilité),
et du fils (Horus).

L’héritière de la Grande Déesse préhistorique

Isis est la lointaine héritière de la Grande Déesse préhistorique. Si ses pouvoirs sont identiques, protection et fertilité, son apparence est radicalement transformée. La jeune beauté aux seins fermes a pris la place de la mère originelle aux seins lourds et au ventre déformé par les accouchements. Au premier siècle de l’empire romain, le culte de la belle déesse africaine s’étend à l’ensemble du bassin méditerranéen, remontant jusqu’au nord de la Gaule. En bien des cités, les temples d’Isis attiraient plus de fidèles que ceux des divinités gréco-latines. Dans les premiers siècles du christianisme la figure d’Isis allaitant Horus, Isis lactans en latin, servit de base au culte de la vierge Marie.
Lire La Vierge Noire chrétienne, survivance d’un culte païen matriarcal (Isis – Artémis)
Les mystères d’Isis

La rencontre des cultures grecques et égyptiennes durant la période ptolémaïque a donné naissance aux Mystères d’Isis, un culte de la déesse basé sur des événements festifs publics et sur des cérémoniels plus confidentiels. Ces derniers ne sont accessibles qu’aux individus ayant entrepris un enseignement spirituel inauguré par une initiation aux mythes et symboles de la croyance en Isis durant des épreuves, nocturnes et secrètes, tenues dans l’enceinte des temples isiaques.
Le voile du sexe d’Isis

Isis-Aphrodite soulevant sa tunique

« À Saïs, la statue assise d’Athéna, qu’ils identifient à Isis, porte cette inscription: « Je suis tout ce qui a été, qui est et qui sera, et mon voile (peplos), aucun mortel ne l’a encore soulevé. »

— Plutarque, Sur Isis et Osiris, 9. Traduction de Pierre Hadot

L’inscription de Saïs est évoquée, une seconde fois, au ve siècle, par le grec Proclus dans son Commentaire du Timée de Platon mais sous une forme différente et plus développée:

« Ce qui est, ce qui sera, ce qui a été, je le suis. Ma tunique (chitôn), personne ne l’a soulevée. Le fruit que j’ai engendré, c’est le soleil. »

— Proclus, Commentaire du Timée de Platon, 21e. Traduction de Pierre Hadot

L’expression « aucun mortel n’a jamais soulevé mon voile » qu’adopte Plutarque prête à confusion. Il est tentant d’imaginer une statue d’Isis, le visage caché sous un châle que l’initié soulève tel un époux le jour des noces lorsque se présente à lui son épouse voilée ; le dévoilement signifiant la découverte des mystères cachés. Cette interprétation est peu crédible, les égyptiens ne voilant pas leurs déesses. Plutarque parle plutôt d’une tunique, le peplos étant un lourd vêtement en laine, tandis que le soulèvement de la robe et le dévoilement du sexe féminin d’Isis (ou des déesses qui lui sont identifiées) est un motif mythique et iconographique attesté en Égypte.
La déesse-mère de la parthénogenèse
fresque

Isis-arbre allaitant le roi Thoutmosis III

Isis, la déesse des anciens Égyptiens, la mère des dieux, est venue d’elle-même ; elle est aussi la déesse vierge ; ses temples à Saïs, la ville sainte, portaient cette fière inscription : »Personne n’a jamais relevé ma robe, le fruit que j’ai enfanté est le Soleil ». L’orgueil de la femme éclate dans ces paroles sacrées ; elle se proclame indépendante de l’homme, elle n’a pas besoin de recourir à sa coopération pour procréer. La Grèce répliquera à cette insolente assertion. Jupiter, le père des dieux, enfantera Minerve sans le secours de la femme, et Minerve, la déesse « qui n’a pas été conçue dans les ténèbres du sein maternel », sera l’ennemie de la suprématie familiale de la femme.
Un monothéisme féminin

Avant la première dynastie en Égypte, la grande déesse NEIT était « la Mère de tous les dieux », qui gouvernait le ciel, la terre et le séjour des morts. Elle était éternelle et s’était créée elle-même, personnifiant dès les temps les plus reculés le principe féminin, créateur de sa propre existence, qui se suffit à lui-même et dont l’action se reconnaît partout. Sous sa forme de mère universelle, NEIT formait le germe des dieux et des hommes, elle était la mère de RA. Horus, tue Seth, le fils et le défenseur de la Mère, et devient le premier monarque mâle.

« Neit […] celle qui fait dire très justement à Ifor Evans, dans The earlier religion of Greece (1931), que « nous sommes en présence d’un culte qui tend au monothéisme et qui donne la première place à une religion féminine ». Ce qui, du reste, dément totalement le préjugé courant que le monothéisme apparaît avec le patriarcat des Hébreux ».
La diaspora isiaque
Isis gréco-romaine

Isis tenant un sistre et une situle

Entre la fin du ive siècleav. J.-C. et la fin du ive siècle ap. J.-C., le culte d’Isis se répand à travers le bassin méditerranéen et un nombre important de sanctuaires lui sont élevés en Grèce et en Italie. En ces nouveaux lieux, les rites égyptiens voués à la déesse sont adaptés à la pensée religieuse gréco-romaine. L’iconographie et le culte d’Isis s’hellénisent, et, par un rapprochement avec la quête de Perséphone par Démeter (Mystères d’Éleusis) se créent les Mystères d’Isis organisés sous la forme d’un cérémonial initiatique, progressif et secret. À partir de la fin du ive siècle av. J.-C., le culte de la déesse Isis est attesté sur le sol grec. À partir de la fin du iie siècle av. J.-C., le culte d’Isis se répand largement en Italie et autour de la méditerranée occidentale.
Lire Déméter et les mystères d’Eleusis : le culte secret de la déesse-mère de l’agriculture
Jusqu’aux Indes

Durant plus de sept siècles, entre la fin du ive siècle av. J.-C. et la fin du ive siècle ap. J.-C., les cultes d’Isis, de son parèdre Sérapis (forme hellénisé d’Osiris), de leur fils Harpocrate et d’Anubis (le dieu chacal) se sont diffusés hors d’Égypte tout autour du bassin méditerranéen et même au-delà, en Arabie, dans l’Empire kouchan (Inde), en Germanie et en Bretagne. Ce phénomène religieux est l’un des plus remarquable des époques hellénistique et romaine. La déesse Isis est la figure centrale de ce panthéon et de nombreuses cités grecques et romaines lui voueront un culte officiel. Dans la littérature scientifique moderne, cette diffusion de la croyance égyptienne prend les noms de « cultes égyptiens », « cultes alexandrins », « cultes nilotiques » ou « cultes isiaques ».
L’empire romain isiaque

Vierge Noire de Monserrat, Catalogne, Espagne

Dès le ier siècle av. J.-C., le culte d’Isis se répand en dehors de la péninsule italienne vers le reste de l’occident européen par les routes alpines et vers l’Orient grâce aux marins et marchands égyptiens et syriens. En Gaule, en Germanie et en Bretagne, l’implantation du culte d’Isis est la conséquence de la colonisation romaine et la pénétration du culte correspond aux grands axes marchands, principalement la vallée du Rhône, dans celle du Rhin, et dans les provinces danubiennes (Dacie,Pannonie). En Afrique du Nord, la présence de la déesse reste modeste et se cantonne le long des côtes dans la région de Carthage. En Ibérie, sa présence se remarque dans quelques vallées fluviales (Guadiana et Douro).

« Suivant Tacite (Germ. 9), une partie des Suèves, peuple germanique, sacrifiaient à Isis (déesse égyptienne) ; en fait, on a trouvé des inscriptions où Isis est associée à la ville de Noreia divinisée ; Noreia est aujourd’hui Neumarket en Styrie. Isis, Osiris, Sérapis, Anubis ont eu des autels à Fréjus, à Nîmes, à Arles, à Riez (Basses Alpes), à Parizet (Isère), à Manduel (Gard), à Boulogne (Haute Garonne), à Lyon, à Besançon, à Langres, à Soissons. Isis était honoré à Melun, à Sérapis, à York et à Brougham Castle, mais aussi en Pannonie et aussi dans le Norique ». – J. Vendyes, Les religions des Celtes, des Germains et des Anciens Slaves, Coll. Mana, tome 3, p. 244.
Le culte impérial d’Horus

Vers la fin du règne de Commode (161-192), Sérapis et Isis deviennent les protecteurs de l’Empereur et de l’Empire. Au iiie siècle ap. J.-C., la période sévérienne marque l’apogée du culte d’Isis dans le monde antique. Les temples isiaques sont souvent des centres du culte impérial : l’enfant Horus pharaon sur les genoux d’Isis devient l’enfant empereur sur les genoux d’Isis, et deviendra par la suite l’enfant Jésus sur les genoux de la Vierge Marie. Durant le iiie siècle av. J.-C., malgré la progression du christianisme, la croyance en Isis persiste fortement. Jusqu’à la fin du ive siècle av. J.-C., l’aristocratie romaine qui reste attachée à la défense du paganisme, maintient le culte d’Isis malgré les nombreuses attaques polémiques des cercles chrétiens.
Anahita et Mithra – de la Perse à Rome

Anahita (en persan : آناهیتا), anagramme d’Athéna, ou Nahid (en persan : ناهید, immaculée) en persan moderne, est une ancienne divinité perse. Le culte de cette déesse a atteint son apogée en Iran. On peut aussi rapprocher Anahita de la déesse sémitique Ishtar. Comme l’a démontré Georges Dumézil, elle correspondrait à la déesse-rivière indienne Sarasvatî. Anahita est, d’après la mythologie perse, la mère de Mithra. L’Avesta la décrit comme celle « celle qui hait les Daevas et obéit aux
lois d’Ahura ». Or les Devas sont aussi les dieux védiques du patriarcat aryen.
Lire Matriarcat pré-aryen dans l’hindouisme : Krishna-Christ contre Indra, tueur du serpent de la Déesse
Source de la vie et protectrice des rois

Le Yasht V (Aban Yasht) est consacré à la déesse Ardvi Sura Anahita, décrite comme une jolie femme au corps ferme et élancé. Elle est la déesse de toutes les eaux à la surface de la terre ainsi que de la pluie, de l’abondance, de la fertilité, des unions, de l’amour, de la maternité et de la victoire. Les Anciens voyaient en elle la source de la vie et elle symbolise la prépondérance du rôle féminin dans la société. C’est une des raisons évoquées pour expliquer que les cérémonies de couronnements royaux se tenaient au temple d’Anahita.
La Vierge Mère Artémis

Durant la période hellénistique, Anahita a été associée au culte de Mithra. Une inscription datant de l’an 200 av. J.-C. dédicace un temple séleucide d’Iran à « Anahita, Vierge immaculée, Mère du seigneur Mythras », qui procréa donc sans l’intervention d’un homme, ou d’un père reconnu. Le Temple d’Anahita à Kangavar en Iran est l’un des plus importants temples dédiés à la déesse. Le géographe grec Isidore de Charax mentionne pour la première fois le temple d’Anahita à Kangavar comme « temple d’Artémis » au ier siècle.

Lire Artémis d’Éphèse (Turquie & Marseille), déesse des Amazones, et prototype de la Vierge Marie
Un proto-christianisme ?

Mithra sacrifiant le Taureau (100-200 après J-C) collection Borghése, achat par le Louvre en 1807 exposé dans la Galerie du Temps au Louvre-Lens.

Mithra ou Mithras est un dieu indo-iranien, fils d’Anahita, dont le culte connut son apogée à Rome aux IIe et IIIesiècles de notre ère. Le mithraïsme serait un culte polythéiste antérieur de plus de 1500 ans au christianisme primitif, mais qui connut son apogée à Rome au moment de la naissance de ce dernier. Au ive siècle, il est supplanté par le christianisme qui le déclare illégal en 391.
Un christ solaire ?

À la fin du iiie siècle un syncrétisme s’opère entre la religion mithraïque et certains cultes solaires de provenance orientale, qui cristallisent dans la nouvelle religion du Sol Invictus « soleil invaincu ». Cette religion est officialisée dans l’Empire en 274 par l’empereur Aurélien qui érige à Rome un splendide temple dédié à la nouvelle divinité, et crée un corps de clergé d’État pour assurer le culte (son dirigeant, le pontife, est dénommé le pontifex solis invicti).
Pour restaurer l’ordre patriarcal ?

Pièce de monnaie en or représentant Constantin et Sol Invictus

À la suite de la crise du iiie siècle, l’empire était au bord de la dislocation. L’empereur Aurélien (270-275) , vainqueur de la reine Zénobie et restaurateur de l’ordre, décida d’instaurer ce culte commun à tout l’Empire. Un de ses successeurs, Constantin Ier, fut au début de son règne adepte du Soleil invaincu, comme en témoignent ses émissions monétaires. Aurélien lui assure une place officielle à Rome en proclamant que le Soleil invaincu est le patron principal de l’Empire romain.
Un Noël solaire païen

Une grande fête du Soleil Invaincu avait lieu le 25 décembre, soit la date du solstice d’hiver selon le calendrier julien : c’était le Dies Natalis Solis (« Jour de naissance du Soleil »), christianisé par la suite en Occident (Natalis a donné les termes Natale en italien, Nadal en occitan et en catalan, Noël en français).
Une religion impériale

Des mithræa ont été découverts dans beaucoup de provinces de l’Empire romain. Le culte s’est principalement répandu en Italie, en Grande Bretagne, sur le Rhin et le Danube. La plus grande concentration de mithræa se trouve dans la capitale, Rome, mais on en a découvert dans des lieux éloignés tels que le nord de l’Angleterre, la Palestine ou encore sur la frontière orientale de l’Empire à Doura-Europos en Syrie. En France on a trouvé des sanctuaires dédiés à Mithra à Angers, Biesheim, Bordeaux, Bourg-Saint-Andéol, Metz (quartier du Sablon), Nuits-Saint-Georges (site des Bolards), Septeuil et Strasbourg.
Eglises ou temples de Mithra ?

Le Mithraeum de San Clemente à Rome.

Certains temples furent postérieurement convertis en cryptes sous des églises chrétiennes, comme le site de Notre-Dame d’Avinionet à Mandelieu. À Rome, la Basilique Saint-Clément-du-Latran possède dans ses sous-sols des vestiges d’un temple mithraique. En Espagne, en Galice, on a trouvé des restes de mithraeum à côté de la cathédrale de Lugo.
Où sont passés les temples isiaques gallo-romains ?

Abbaye de Tournus (Bourgogne), dédiée à Isis, et ornée d’un zodiaque en mosaïque romaine.

Arcade de Gerlannus de l’abbaye de Tournus (Bourgogne) : GERLANDUS X RATIONE ISIS HOMON ET EPISCOPUS VOTUM MERITO ILLE, ce qui donne en français – GERLANDUS X DISCIPLE DE LA DOCTRINE D’ISIS ET ÉVÊQUE, J’OFFRE EN RECONNAISSANCE CETTE (magnifique église)

La religion gallo-romaine était une fusion des formes religieuses romaine et égyptiennes, ainsi que des culte aux divinités gauloises du polythéisme celtique. Il s’agissait d’une acculturation sélective. Les hasards des découvertes archéologiques n’ont pas encore permis de découvrir les vestiges d’un sanctuaire d’Isis sur le territoire français. La présence de son culte est toutefois attesté par de nombreuses sources épigraphiques (inscriptions sur des stèles ou sur des statues). La Narbonnaise est la région gauloise qui fournit le plus grand nombre de témoignages de ce genre. Les principaux secteurs sont la vallée de la Garonne, les environs de Toulouse (Tolosa), de Narbonne (Colonia Narbo Martius) et la vallée du Rhône depuis le delta et jusqu’aux villes de Lyon (Lugdunum) et Vienne (Colonia Julia Viennensis). La croyance a sans doute été introduite en Gaule par l’entremise des villes côtières fréquentées par des Grecs, des Orientaux hellénisés et des Italiques (Campaniens) pratiquant le commerce maritime.
Lire L’évêque de Tournus (XIe siècle) vénérait-il la déesse égyptienne Isis ?
La Gaule isiaque romaine

Monnaie romaine découverte à Nîmes

La présence d’un temple d’Isis est attestée à Nîmes (Nemausus), une ville fondée par Auguste pour des vétérans militaire revenus d’Égypte. Ce fait a été commémoré par des pièces de monnaie frappées d’un crocodile enchaîné à un palmier (ce motif figure sur les armoiries de la ville depuis 1535). Nîmes est aussi connue pour sa confrérie des Anubiaques vouées au culte du chacal Anubis. Les villes de Marseille (Massalia) et Arles (Arelate) disposaient elles aussi de temples d’Isis.
Photo d'une statue

Isis-Fortuna portant une tunique noire (ciel nocturne).

Celui de la cité de Lyon (Lugdunum) se situait probablement sur la colline de Fourvière où une inscription dédiée à Isis Augusta a été découverte sur une statue de Fortuna : La basilique de Notre-Dame de Fourvière domine la ville de Lyon depuis le sommet de la colline de Fourvière, sur l’emplacement de l’ancien Forum de Trajan (Forum vetus, d’où le nom de Fourvière). Depuis cette ville, le culte d’Isis s’est propagé vers les vallées de la Loire, de l’Allier et de la Saône. Des statuettes égyptiennes ou de style égyptisant ont été sporadiquement découvertes sur l’ensemble du territoire gaulois. Tel est le cas à Strasbourg (Argentoratum). Dans cette ville militaire, le culte d’Isis ne semble toutefois pas avoir bénéficié d’un temple, contrairement à Mithra (Mithraeum de Koenigshoffen). À Paris, on peut signaler la découverte en août 1944 d’artefacts égyptiens (fragments de statuettes en céramique, restes de papyrus du Livre des Morts) dans les vestiges d’un bâtiment que l’on pourrait interpréter comme étant une bibliothèque dépendant d’un sanctuaire isiaque (quartier latin, non loin des thermes de Cluny).
La déesse aux dix mille noms

Isis-Perséphone.

Dès le ve siècle av. J.-C., les deux déesses, Isis et Déméter, ont été assimilée l’une à l’autre dans la pensée grecque. Hérodote affirme ainsi que « dans la ville de Bousiris en l’honneur d’Isis ; il y a un très important sanctuaire d’Isis ; la ville est située au milieu du Delta égyptien ; Isis est celle qu’en langue grecque on appelle Déméter » (Histoire, II).

Isis-Fortuna.

Même si Isis est adoptée par les peuples gréco-romains, la déesse reste largement perçue comme une divinité étrangère. De nombreuses épithètes signalent son origine égyptienne ; Isis Aigyptia (l’Égyptienne) ; Isis Taposirias d’après l’antique nom de la ville côtière d’Abousir (située à l’ouest d’Alexandrie) ; Isis Memphitis (Memphis) ; Isis Tachnèpsis (Mont Casion près de Péluse). De nombreuses fois, Isis a été assimilée ou confondue avec des déesses grecques dont Aphrodite, Tyché, Déméter, Hygie. En Italie, la déesse prend les aspects de la déesse Fortuna adorée à Préneste, une divinité de l’agriculture, de la fécondité et de l’amour. Ces nombreuses associations font d’Isis la déesse aux dix mille noms Isis Myrionyma:

Isis-Tyché-Fortuna.

« Je suis la Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des dieux et des déesses. C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du Ciel, les souffles salubres de l’Océan, le silence lugubre des Enfers.

Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents. Les Phrygiens, premiers nés sur la terre, m’appellent la Déesse Mére de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la stygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone ; ceux-ci Hécate, ceux-là la Déesse de Rhamnonte.

Mais ceux qui les premiers, sont éclairés par les rayons du Soleil naissant, les peuples de l’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là seuls me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la reine Isis. » – Apulée, les Métamorphoses ou l’Ane d’Or, XI, 4
D’Isis à la Vierge Marie : la Vierge Noire ?
photo d'une statue

Isis lactans, statue romaine

Durant les quatre premiers siècles de l’ère chrétienne, les figures maternelles d’Isis, mère d’Horus et de Marie, mère de Jésus ont coexisté. Tant en Égypte qu’autour de la Mer Méditerranée, le culte d’Isis est florissant jusqu’au ive siècle et ses figurations sont très répandues. La plus ancienne représentation connue de la mère du Christ serait une peinture de la catacombe de Sainte Priscille à Rome qui pourrait être datée du iie siècle. La Vierge est assise et elle allaite son fils tandis qu’un personnage montre du doigt une étoile située au-dessus de sa tête.

Vierge allaitante de Sainte-Priscille

La chrétienté a pris naissance dans le milieu juif où l’interdit des images divines est très fort, « Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre » (Exode, 20, 4). Les premiers croyants chrétiens n’ont donc pas disposé d’une tradition picturale monothéiste. Par conséquent, il est fort possible qu’ils aient puisé dans le répertoire polythéiste. Or, l’iconographie d’Isis montre très souvent la déesse assise sur un trône en train d’allaiter le très jeune Horus. L’emprunt aux cultes isiaques est d’autant plus probable que la culture gréco-romaine n’offre pas d’autre modèle de déesse allaitante.
Lire La Vierge Noire chrétienne, survivance d’un culte païen matriarcal (Isis – Artémis)
Eglises chrétiennes ou temples païens ?

À partir du Moyen Âge tardif, la déesse Isis connaît un nouvel intérêt de la part des érudits grâce à l’étude attentive des auteurs de l’Antiquité et aussi par les nombreuses découvertes de statues et figurines égyptiennes ou égyptisantes laissées par les adeptes des antiques cultes isiaques. La Renaissance est une époque où nombre de savants croient pouvoir affirmer la présence, un peu partout, d’anciens temples d’Isis ; à Paris, à Augsbourg, à Soissons, à Tournai, etc : de nombreuses églises et cathédrales auraient été bâties sur, ou dans d’anciens temples païens gallo-romains. Le site de la cathédrale de Strasbourg par exemple, est utilisé par plusieurs édifices religieux successifs, à partir de l’occupation romaine. Un sanctuaire romain dédié au dieu Mars occupe alors l’emplacement jusqu’à une date inconnue. A Paris, on a trouvé près de l’église actuelle de Notre-Dame-des-Champs les vestiges d’un temple romain dédié au culte du dieu Mercure.
Lire Révisionnisme récentiste : le patriarcat, une histoire récente inventée par les Jésuites ?
Paris, la maison d’Isis

« C’est ainsi qu’à Paris, une grande statue d’Isis sur sa barque fut longtemps conservée dans l’église Saint-Germain-des-Prés, jusqu’à ce qu’un prêtre la détruise à coup de pioche au 18ème siècle. La nef ornant les armoiries de la ville de Paris ne serait autre que la barque d’Isis, tandis que la devise « Fluctua Nec Mergitur » rappellerait la navigation héroïque des suivants d’Horus (…) mais aussi celles des initiés circulant dans le secret des temples. Selon certains chercheurs, les antiques parisii, précurseurs des habitants de la capitale devraient même leur nom à la déesse ». – Robert-Jacques Thibaud, Dictionnaire de mythologie et de symbolique égyptienne, éd. Dervy, 1996.

Le moine Abbon de l’Abbaye de saint-germain des près (fin IXéme siècle) écrivait :

« Lutèce. Ainsi te nommait-on autrefois ; Mais a présent ton nom vient de la ville d’Isia, sise au centre du vaste pays des grecs. Ô Lutèce. Ce nom nouveau que le monde te donne, c’est PARIS, c’est a dire « pareille a ISIA » ; avec raison car elle t’est semblable ».

L’écrivain François Maspéro précise que « Le culte d’Isis, comme on le voit, était très répandu en France, en particulier dans le Bassin Parisien ; il y avait partout des Temples d’Isis, selon la terminologie occidentale, mais il serait plus exact de dire « Maison d’Isis », car des dits temples étaient appelé en égyptien Per ou Par, lequel mot signifie exactement en égyptien ancien, l’enclos qui entoure la maison. Paris résulterait de la juxtaposition de Per/Par-Isis, mot qui désigne effectivement des villes d’Égypte. »

« Le nom même de Parisii pourrait bien signifier » Temple d’Isis », car il existait au bord du Nil une citée de ce nom et l’hiéroglyphe per figure sur l’enceinte d’un Temple de l’Oise ». – Pierre Hubac, Carthage, éd. Bellenand, 1952, P. 170.
Melun, cité de la déesse Iséos

Cette explication est cependant concurrencée par une étymologie alternative qui présente la ville de Melun comme un ancien lieu dédié à la déesse sous le nom d’Iséos ; Parisis serait alors quasi par Isis c’est-à-dire « pareil à Iséos », les villes de Paris et de Melun/Iséos étant toutes deux situées sur une île de la Seine, Paris autour de l’Île de la Cité et Melun autour de l’Île Saint-Étienne.
Saint-Germain-des-Prés, temple isiaque de Lutèce

Selon les clercs de l’abbaye royale de Saint-Germain-des-Prés, leur abbaye a été fondée en un lieu où se situait un temple d’Isis. La plus ancienne mention connue de cette thèse est une notule ajoutée à la chronique De Gestis Francorum du moine Aimoin (ixe siècle). Cet ajout est difficilement datable, des XIIIe et XIVe siècles ou peut-être plus précisément du règne de Charles V(1364-1380) ; il y est dit que:

« Cette Isis fut adorée et vénérée jadis par le peuple de la ville de Lutèce dit maintenant Paris, en un lieu nommé Lutoticia, à l’opposé du Mont de Mars. Elle s’y voit jusqu’à présent et elle y était adorée et vénérée par plusieurs princes francs païens, Francion, Pharamond, Mérovée, Childéric, jusqu’au temps de Clovis, premier chrétien. Un temple y fut élevé en l’honneur de Saint Étienne, de la Sainte Croix et de Saint Vincent. Childebert, fils de Clovis, roi des Francs, l’avait fondé. »
Les églises conservent leurs divinités païennes originelles

La notule mentionne la présence d’une statue d’Isis au sein de l’abbaye. L’affirmation n’est pas surprenante en soi. Jusqu’au xvie siècle, nombres d’édifices religieux abritaient d’antiques statues, une Artémis multimammia en l’église Saint-Étienne de Lyon, un Hercule en la cathédrale de Strasbourg, etc. D’après la description de l’écrivain et éditeur Gilles Corrozet (1510-1568), dans son guide, Les Antiquitez et Singularitez de Paris:

« … comment la ville de Paris fut nommée ! Près d’Icelle ou saint-germain des prés, était un temple a l’idole de la déesse Isis, laquelle selon Jehan le maire, fut reine d’Égypte et femme du grand OSIRIS, surnommé JUPITER-LE JUSTE… La dite cité était si proche dudit temple, qu’elle fut nommée Paris, qui est à dire « juste et près de la déesse Isis ». […] Elle était maigre, haute, droite, noire pour son antiquité, nue sinon avec quelque figure de linge entassé autour de ses membres (…) elle fut ôtée par un monseigneur Briçonnet, évêque de Meaux et abbé du dit lieu environ l’an 1514 ».

Ce fait fut encore confirmé par le père Jean du Breul qui dans son ouvrage Théâtres des antiquités de Paris publié en 1639 dit ceci : « Au lieu où le roi Childebert fit construire à l’église de Saint-Vincent, à présent dite de Saint-Germain-des-Près et à laquelle il donna son fief d’Issy, la commune opinion est qu’il y avait un temple d’Isis, femme d’Osiris ».
Lire Révisionnisme récentiste : la vraie chronologie depuis Rome – Essai matricien du 31/01/2014
Abbaye Saint Victor, temple romain d’Isis de Marseille

La Vierge noire de l’église Saint-Victor de Marseille a une origine qui ne laisse aucun doute sur sa forme première, qui, de toute évidence, était la statue d’Isis. La légende raconte qu’en l’an 416 de notre ère, un religieux, Jean Cassien, qui venait de passer vingt-cinq années dans les couvents du Liban et d’Egypte, revint à Marseille, d’où il était originaire, en rapportant d’Egypte une statue de femme en bois noire. A l’église Saint-Victor, dans les catacombes, il installe cette statue, la débaptise, et instaure le culte de la vierge qui, assez rapidement, se propage en Gaule et y remplace la dévotion d’Isis et de Cybèle.

Les navettes de Marseille, pâtisseries-barques d’Isis

Aujourd’hui encore, le 2 février, jour de la Chandeleur, s’ouvre à Saint-Victor, une neuvaine à la Vierge noire. On célèbre l’office dans les catacombes et la tradition est de toucher la robe verte de la statue avec des cierges verts (couleur d’Allat, déesse-mère arabe pré-islamique) et de ne les allumer qu’ensuite. On y vend des pâtisseries dont la recette est gardée secrète de père en fils et qui se préparent elles aussi dans les catacombes ; elles portent le nom de « Navettes » et affectent très exactement la forme de la barque d’Isis, ou, pour les marseillais, la barque qui, selon la légende, aurait amené aux Saintes-Maries-de-la-Mer Marie Salomé, Marie Jacobé et Marie Madeleine accompagnées de Sarah (les Trois Grâces, divinités antiques). Cette fête, typiquement marseillaise, très populaire, a rassemblé au début du XIXème siècle entre 60 000 et 80 000 personnes. L’histoire de la Vierge noire de Boulogne-sur-Mer est similaire, datant de l’an 620 de notre ère, et qu’on prétend être venue de la mer sur une barque de pêche. Les habitants furent témoins de l’accostage d’une barque, poussée par des anges, en laquelle se tenait debout une statue en bois de la Vierge Marie. Cette dernière tenait l’Enfant-Jésus sur son bras gauche.
La cathédrale de Chartres, temple druidique d’Isis

A Chartres, où se trouve une Vierge noire, dont le culte se célèbre dans le puits des Saint-Forts, c’est-à-dire dans la crypte de la cathédrale, on pré-tend que cent ans avant la naissance du Christ on y adorait déjà une Vierge noire qui aurait été « celle qui devait enfanter ». Or, il se trouve que l’on vénère aussi à Chartres le voile de la Vierge, seul objet connu que la tradi­tion dit lui avoir appartenu, et qu’on ne peut manquer de mettre en parallèle avec le voile d’Isis.
Lire La Vierge Noire chrétienne, survivance d’un culte païen matriarcal (Isis – Artémis)
Le panthéon, temple de Ste Geneviève-Marianne-Isis

Les nautes de Lutèce constituèrent la confrérie des nautes, armateurs mariniers gaulois, de la tribu des Parisii. Les nautes de Lutèce formaient une corporation de riches armateurs mariniers et commerçants naviguant sur la Seine (la déesse Séquana) et de là vers les fleuves et rivières du reste de la Gaule. Les nautes de Lutèce vouaient un culte à la déesse égyptienne Isis, dont le culte était assez répandu en Gaule avant l’arrivée des Romains. Un temple était dédié à cette divinité sur la rive gauche de la Seine, sur la montagne Sainte-Geneviève, près des thermes et des arènes : le Panthéon est l’église bâtie par Louis XV en l’honneur de cette sainte protectrice de Paris, qui pourrait être Isis. Les nautes furent à la base du commerce et des échanges entre la cité de Lutèce et le reste du monde antique. Ils nous laissèrent des objets archéologiques divers, tels que statuettes votives et le célèbre pilier des Nautes qui fut mis au jour sous les fondations de la cathédrale Notre-Dame de Paris en 1711.
Notre-Dame de Paris, cathédrale d’Isis

File:Notre-Dame de Paris-France.JPG

En 1705, l’urbaniste français De Lamare dressa le plan de la ville de Paris et y mentionna des temples d’Isis en lieu et place de l’abbaye de Saint-Germain-des-Près et de la Cathédrale de Notre-Dame. On pense qu’au début de l’ère chrétienne il existait à l’emplacement de Notre-Dame, un temple païen gallo-romain dédié à Isis (comme en atteste la découverte du pilier des Nautes), ensuite remplacé par une grande basilique « paléochrétienne » semblable aux basiliques civiles antiques.
Le pilier païen de l’autel de Notre-Dame

Le pilier des Nautes est une colonne monumentale gallo-romaine érigée en l’honneur de Jupiter par les Nautes de Lutèce au ier siècle, sous le règne de l’empereur Tibère. C’est le plus vieux monument de Paris et le plus ancien ensemble sculpté découvert en France et daté par une inscription impériale. Le pilier des Nautes est exposé dans la salle du frigidarium des thermes de Cluny. Il s’agit de l’empilement de quatre blocs ou autels qui ont été mis au jour dans les fondations de l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 16 mars 1711 lors des fouilles entreprises pour la réalisation du Vœu de Louis XIII. On appelle vœu de Louis XIII la consécration, le 10 février 1638, de la France à la Vierge Marie : le roi promet d’élever un nouveau maître-autel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.n« Tout Paris a été les voir » a rapporté Baudelot, membre de l’Académie des médailles et auteur d’une Description des bas-reliefs anciens trouvez depuis peu dans l’église cathédrale de Paris. En dédiant le pilier à Jupiter, ils montraient qu’ils agréaient à la religion des Romains tout en affirmant leur fidélité aux cultes indigènes par la mention de dieux gaulois.
Confrérie armée des Nautes et chevaliers templiers

Un indice de la puissance des Nautes est donné par une des sculptures du pilier : on les voit défiler en armes avec boucliers et lances, privilège octroyé par les Romains, ce qui est exceptionnel moins d’un demi-siècle après la conquête de la Gaule. Les nautes vénéraient donc Isis et Cernunnos, que l’on peut rapprocher de la Vierge Noire et du Baphomet, vénérés par les templiers (et les basques), financiers de la construction des cathédrales. C’est en priant en direction de la cathédrale que les templiers furent immolés sur les bûchers de Philippe le Bel au début du XIVème siècle. Notre-Dame-de-Paris est-elle la cathédrale des nautes ou celles des templiers ?
Lire Gnose et templiers : féminin sacré de la Sophia, sagesse divine, déesse mariale au croissant étoilé
Isis, déesse des germains

Deux auteurs gréco-romains rapportent la présence des dieux Osiris et Isis en Europe. Selon Tacite, sénateur et historien romain du ier siècle, les Anciens Germains auraient porté un culte à la déesse égyptienne:

« Une partie des Suèves sacrifie aussi à Isis. Je ne trouve ni la cause ni l’origine de ce culte étranger. Seulement la figure d’un vaisseau, qui en est le symbole, annonce qu’il leur est venu d’outre-mer. Emprisonner les dieux dans des murailles, ou les représenter sous une forme humaine, semble aux Germains trop peu digne de la grandeur céleste. Ils consacrent des bois touffus, de sombres forêts ; et, sous les noms de divinités, leur respect adore dans ces mystérieuses solitudes ce que leurs yeux ne voient pas. »

— Tacite, Mœurs des Germains, chap. IX
Lire Paganisme matriarcal germain : la déesse-mère totémique face aux nouveaux dieux-pères aryens
Les cités isiaques de Germanie

En 1506, Konrad Peutinger (1465-1547) croit pouvoir relier la fondation de sa ville d’Augsbourg au culte d’Isis. En se basant sur une chronique du xiiie siècle qui affirme que les Suèves vénéraient la déesse Zisa (Cisa) avant l’arrivée des Romains et sur Tacite qui prétend qu’il s’agit d’Isis, Peutinger écrit « Le temple qui s’élevait comme on le croit à l’endroit où se trouve actuellement l’hôtel de ville était dédié non pas à Cisa mais à Isis. De même la montagne, où s’élève la prison, n’est pas le Cisen mais le Isenberg ».
La déesse qui enseigna l’art de la forge
Photo d'un statue

Statue du roi Grambrinus auquel Isis a enseigné le brassage de la bière

Selon Andreas Althamer (1500–1539), la ville de Eisenach (Isenac) en Thuringe a reçu son nom d’Isis car « les Suèves qui dans l’Antiquité rendaient un culte à Isis habitaient sur l’Elbe pas loin d’Isenac ». La ville d’Eisleben (Islebia) en Saxe, patrie de Martin Luther, a elle aussi été associée à ce culte. La question s’est vite posé si ces étymologies reposent vraiment sur le nom d’Isis (baptisée Eysen par Johann Turmair) ou sur le mot « fer », Eisen en allemand. La question fut rondement tranchée par Georg Fabricius (1516-1571) pour qui seul les incultes pouvaient s’opposer à l’explication mythologique ; les Souabes ayant baptisé le fer d’après le nom de la déesse pour la remercier de leur avoir enseigné l’art de forger le métal.
Les innombrables lieux d’Isis

Selon Sebastian Münster (1488-1552), le roi Dagobert fit construire un château à Rouffach en Alsace et « lequel il fit appeler Isenbourg, c’est à dire bourg de fer à cause que c’est une forteresse bien sûre contre les ennemies, combien que les autres disent qu’à cause de la déesse Isis qui trouva les blés (pour ce qu’ils estiment qu’elle ait été autrefois adorée en ce coteau pour la fertilité d’iceluy) le dit château soit été appelé Isisbourg ». De semblable explications sont avancées pour un nombre considérable de villes, villages, ruisseaux, rivières et autres lieux-dits ; pour Issenheim près de Colmar, pour l’Isenberg une montagne dans le canton suisse de Zurich, etc.
Isis à la Renaissance

Au XVIe siècle, les attributs d’Isis-Cléopâtre se retrouvent dans certaines toiles représentant Elisabeth Ire d’Angleterre (1533 – 1603).
Isis invente la science et l’écriture

« Aussi dit-on qu’elle trouva (qui fut beaucoup plus merveilleuse en une femme) moyennant les subtilités de son esprit, certaines figures et lettres, non seulement convenables à leur parler, mais, d’avantage, propres à comprendre les sciences, leur montrant par quel ordre ils les devaient conjoindre, et par quelle manière en user »

— Boccace (1313-1375), Les Dames de renom, invention des hiéroglyphes et de la science par Isis.
Déesse de l’agriculture et Mère de Dieu
photo d'une enluminure

Isis soignant les arbres, enluminure de l’Allégorie XXV, début du xve siècle.
La déesse est aussi celle qui sema pour la première fois les blés et qui chaque année fait fructifier les arbres :

« Toutes vertus entes et plantes en toy comme Ysis faict les plantes et tous les grains fructifier ; ainsi doidbs tu edifier »

— Épitre d’Othéa, allégorie XXV, la poétesse française Christine de Pisan (1364-1430).

Christine de Pisan inaugure aussi une nouvelle idée en faisant d’Isis la préfiguration de la Vierge Marie. La fertilité d’Isis qui fait naître les plantes est une métaphore de la conception de Jésus-Christ:

« La ou il dit que a Isys qui est plantureuse doibt ressembler, povons entendre la benoiste conception de jesucrist par le sainct esperit en la benoiste Vierge Marie mere de toute grace (…) Laquelle digne conception doit le bon esperit avoir entee en soy et tenir fermement le digne article comme dit sainct Jacques le grand Qui conceptus est de spiritu sancto natus es Maria virgine »

— Épitre d’Othéa, allégorie XXV, la poétesse française Christine de Pisan (1364-1430).
La civilisatrice de l’Europe

Au début de la Renaissance, le vif intérêt des érudits pour la mythologie égyptienne se manifeste le plus spectaculairement en la personne de Giovanni Nanni (1432-1502) dit « Annius de Viterbe ». En 1498, il publie un recueil connu en langue française sous le titre des Antiquités d’Annius. Dans cette anthologie commentée se trouvent rassemblés des écrits attribués à des auteurs de l’Antiquité, tels Bérose ou Manéthon de Sebennytos. En s’inspirant des pérégrinations d’Osiris narrées par Diodore (Bibliothèque historique, Livre I), Annius relate un voyage d’Osiris et Isis en Europe. Durant ce séjour, le héros s’attarde plus particulièrement en Italie où il occupé à batailler contre des géants durant dix longues années. Après la mort d’Osiris en Égypte, Isis retourne en Italie où elle poursuit son œuvre civilisatrice (sous le nom de Cérès) et où, selon Annius, la déesse aurait cuit du pain pour la première fois (à Viterbe). Ce dire s’inspire de Pline l’Ancien (Histoires naturelle, Livre VII, chap. 57) qui rapporte que la déesse a remplacé les glands par les céréales pour nourriture des humains en Attique et en Sicile.
La nouvelle déesse des francs-maçons

Statue d’Isis voilée par Gustave Puttemans.

La Franc-maçonnerie, apparue vers la fin du xvie siècle en Grande-Bretagne, s’inspire avant tout du mythe d’Hiram, l’architecte du temple de Salomon, et des rites des Anciens Devoirs (les corporations des constructeurs des cathédrales). Toutefois, vers la fin du xviiie siècle, le mythe d’Isis et ses mystères deviennent un autre aspect fondamental de cet enseignement ésotérique et élitiste : la figure d’Isis en tant que personnification de la Nature connaît une évolution très nette et désormais les dangers du dévoilement sont mis en avant. Sous l’influence de la franc-maçonnerie, les idéaux des Lumières et de la philosophie se répandent dans la société. Le mouvement franc-maçon, épris d’égyptomanie, se proclame comme étant l’héritier des cultes à mystères de l’Antiquité. Dans ce cadre, la figure d’Isis va, peu à peu, jouer un rôle éminent.
D’Isis à Yahvé : du matriarcat au patriarcat

À Vienne, dans la Loge maçonnique Zur wahren Eintracht s’élabore une nouvelle interprétation de l’Isis-Nature. En 1787, le philosophe Karl Leonhard Reinhold (1757-1823) disserte sur les mystères hébraïques (Kabbale) et prend la suite de John Spencer et William Warburton en voulant démontrer que la Révélation de Dieu à Moïse n’est qu’un emprunt à l’antique sagesse des Égyptiens. D’une manière forcée, il assimile les paroles d’Isis « Je suis tout ce qui a été, qui est et qui sera » à celles que Yahvé prononça devant Moïse lors de l’épisode du Buisson ardent « Je suis qui je suis (YHWH) » (Exode 3:13-14).
Déesse-mère ou dieu-père ?

Même si Isis affirme qu’elle est tout, à savoir la « Nature », et que Yahvé s’affirme comme étant « Celui qui Existe » ; en étant comparée au dieu Yahvé, la déesse Isis-Nature devient la divinité suprême des cercles franc-maçons. Cette identification panthéiste s’inscrit aussi dans la mouvance des philosophes qui se réclament de Baruch Spinoza (1632-1677) pour qui Dieu et Nature sont d’autres appellations de l’Être éternel (deus sive natura). Isis étant Dieu et la Nature, l’Un et le Tout, Dieu et le Cosmos, la déesse doit inspirer au philosophe terreur, respect et vénération. Entourée d’une aura de mystère et d’indicible, Isis ne peut pas être atteinte par le raisonnement et le cheminement scientifique. Le philosophe ne peut l’atteindre que par la voie contemplative et seulement au terme d’un long cheminement initiatique graduel.
Des loges maçonniques isiaques

En 1783, le grand maître anglais George Smith voit dans le couple d’Osiris et Isis une représentation mythique de l’Être suprême dont l’influence s’étend sur la nature à travers les deux luminaires (Soleil et Lune). En 1784, le comte Cagliostro profite de la fascination de la bonne société envers l’Antiquité et ses mythes pour créer à Paris la Mère Loge de l’Adaptation de la haute maçonnerie égyptienne où il officie en tant que grand-prêtre dans un temple d’Isis. En 1812, lors d’un convent philosophique, le français Alexandre Lenoir (1769-1839), médiéviste et franc-maçon, considère l’Égypte antique comme la véritable source et l’inspiratrice de la tradition maçonnique. Cette thèse continue à être entretenue dans certaines Loges, en particulier par celles qui suivent les rites de Memphis et de Misraïm.
Les enfants de la veuve

Lors de de son initiation, le nouvel adepte apprend que les maçons se désignent sous l’expression des « enfants de la Veuve ». L’institution maçonnique est généralement interprétée comme étant la « Veuve » d’Hiram, une communauté constituée par les fils spirituels d’Hiram, le fondateur mythique assassiné par trois de ses ouvriers avides de ses secrets. Cependant, la « Veuve » maçonnique peut aussi être perçue comme une reformulation du mythe d’Osiris, assassiné par Seth, pleuré et régénéré par Isis.
Horus, le premier initié franc-maçon

En assimilant Hiram à Osiris, la Maçonnerie peut alors considérer Isis comme la personnification de la Loge et Horus, fils d’Osiris comme le premier franc-maçon, l’initié primordial. L’enseignement étant progressif, l’initié passe par une structure philosophique et rituelles constituées de multiples grades. Dans sa forme la plus élaborées, le rite de Memphis-Misraïm compte 99 grades ; le 76e s’intitulant « Patriarche d’Isis ». Dans un rituel remanié en 1862 et réduit au tiers, il s’agit du 27e grade sur un parcourt initiatique qui en compte 33 (Grand Ordre Égyptien du Grand Orient de France).
Mozart, franc-maçon disciple d’Isis

Dans l’Europe du xviiie siècle, il est un lieu commun de considérer l’Égypte comme le pays des enseignements secrets, des mystères religieux et des pratiques initiatiques. Cette vision se reflète le plus parfaitement dans l’opéra en deux actes La Flûte enchantée. Cette œuvre fut jouée pour la première fois à Vienne, en 1791, la musique est une composition de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791). Même si l’action n’est pas explicitement située en Égypte, l’utilisation du thème des Mystères d’Isis est flagrante (Acte II). Une prétendue version française a d’ailleurs été donnée à Paris en 1801 sous le titre Les Mystères d’Isis.

Une des sources d’inspiration est le roman français Séthos de l’abbé Jean Terrasson (1670-1750) paru en 1731 et traduit en allemand en 1732 et 1777 qui donne la part belle aux descriptions des rites initiatiques égyptiens. L’opéra est sans doute aussi influencé par les activités maçonniques de Mozart, membre de la Loge Zur Wahren Eintracht fondée en 1781 à Vienne. La Flûte enchantée peut donc être considérée comme un opéra maçonnique décrivant une religion double où les secrets divins ne sont réservés qu’à une élite d’initié tandis que le peuple est laissé dans l’ignorance.
Sous la Révolution et Napoléon
Une idole géante d’Isis sur les ruines de la Bastille

Influencés par la pensée maçonnique, les Révolutionnaires français on tenté de restreindre l’influence du christianisme sur la société, entre autres, en mettant en avant le culte de l’Être suprême. Lors de la Fête de l’Unité et de l’indivisibilité du 10 août 1793, la déesse Isis-Nature en tant que symbole visible de l’Être suprême a été l’objet d’une cérémonie symbolique. Pour l’occasion, une imposante Fontaine d’Isis en plâtre fut édifiée sur les ruines de la Bastille. Cette fontaine patriotique n’eut qu’une existence éphémère et du fait de sa fragilité sera détruite peu après. La déesse apparaissait sous la forme d’une statue assise sur un trône, flanquée de deux lions assis, et qui faisait jaillir de l’eau régénératrice de ses seins :

Fontaine de la Régénération (Place de la Bastille).jpg« Le rassemblement se fera sur l’emplacement de la Bastille. Au milieu de ses décombres, on verra s’élever la fontaine de la Régénération, représentée par la Nature. De ses fécondes mamelles qu’elle pressera de ses mains, jaillira avec abondance l’eau pure et salutaire, dont boiront tour à tour quatre-vingt-six commissaires des envoyés des assemblées primaires, c’est-à-dire un par département ; le plus ancien d’âge aura la préférence ; une seule et même coupe servira pour tous. »

— Extrait du Décret ordonnant la fête
Le blason isiaque de Paris
blason isiaque de Paris

Blason isiaque de Paris (1811-1814).

Sous le Premier Empire, des Lettres patentes signées le 20 janvier 1811 par Napoléon Ier accordent à la municipalité de Paris de se doter de nouvelles armoiries inspirées par le culte d’Isis. Sur proposition d’une commission d’experts, le blason municipal pré-révolutionnaire portant le vaisseau de la corporation des Nautes (mariniers) est réinterprété comme étant le symbole de la déesse Isis perçue durant l’époque gréco-romaine comme la protectrice des marins. La proue du vaisseau est surmontée d’une figure d’Isis assise sur un trône inspirée par le motif central de la table isiaque de Turin. Le blason est abandonné en 1814 avec le rétablissement de la monarchie.
Le dollar d’Isis et sa statue de la liberté

Déesse de la Terre : ancien sceau montrant gravé un S en forme de serpent, croisé par deux os de cuisse humaine.

Le sigle du dollar pourrait être un « sigil » de la déesse-mère Isis. En effet, les sigils sont ces puissants symboles graphiques ancestraux, qu’on a longtemps dit être chargés de pouvoirs magiques, et utilisés pour représenter les signatures de différentes divinités, anges et démons. Une technique simple de « réalisation» d’un sigil consiste à condenser toutes les lettres d’un mot sur un seul et même caractère. Ainsi le nom ISIS peut se condenser simplement en un seul S barré d’un ou deux I. Les sigils ont été abondamment utilisés par les sociétés secrètes, par des alchimistes tels que l’illustre John Dee, ou dans le but d’encrypter des messages.

Pour aller plus loin, on peut noter que les dollars sont imprimés sur des billets vert olive, d’une couleur très particulière (« le billet vert ») que l’on retrouve sur la statue de la liberté. Le vert est aussi associé à la Vierge Noire phocéenne, et à la déesse arabe Allat pré-islamique. La statue de la liberté à New York est un cadeau de la France aux Etats-Unis, et elle a été sculptée par le français Auguste Bartholdi, un franc-maçon notoire (voir ses nombreuses photos avec sa main dissimulée sous sa redingote, la fameuse « main cachée » maçonnique, façon Napoléon).

Il se trouve que la déesse Isis est tout particulièrement vénérée par les franc-maçons, et qu’il est dit que la statue de la liberté serait en fait une représentation de celle-ci (les 7 rayons qui émanent de son auréole, son visage, la torche qu’elle porte, etc…). D’ailleurs lors de son inauguration dans le port de New York le 28 Octobre 1886, le visage de la statue était voilée par un drapeau français bleu-blanc-rouge, et elle fut dévoilée lors de la cérémonie par Bartholdi lui-même.

L’idée d’une Isis voilée et dévoilée est une constante dans la symbolique associée à cette déesse. Si on envisage qu’elle représente l’archétype de la mère, on comprend rapidement ce que cela veut dire en regardant les derniers millénaires qui ont vu le triomphe et la prédominance de l’archétype du père.

On peut donc envisager une situation où certaines sociétés se disant secrètes, tentent de tirer les ficelles dans l’ombre, tout en rendant hommage à Isis, ou détournant son image, en plaçant des références à peine cachées à celle-ci derrière des symboles maintenant connus de tous (argent/dollar, statue de la liberté, etc…).

Le culte d’Isis dévoyée – la filiation mondialiste : judaïsme, Rome, Vatican, francs-maçons…
La Nature secrète dévoilée

Depuis l’Antiquité, la pensée européenne est traversée par l’idée du secret de la Nature. Cette idée est formulée pour la première fois sous l’aphorisme: « La Nature aime à se cacher » par Héraclite d’Éphèse, un philosophe grec de la fin du vie siècle av. J.-C.. Dans l’art, ce secret est fréquemment personnifié sous les traits de la mystérieuse Isis qui selon Plutarque ne se laisse point dévoiler par les mortels.
L’alchimie secrète d’Isis, persécutée par l’Eglise

A partir du IIe s. av. J.-C. sont mis en circulation les premiers écrits alchimiques attribués à Hermès Trismégiste. Ainsi commence ce qu’on appelle « la tradition hermético-alchimique ». L’un des titres des travaux d’Hermès T. est : Isis la prophétesse à son fils Horus.

Au XVe siècle, les écrits d’Hermès T. sont traduits et divulgués par Marsile Ficin. En raison de son intérêt pour ces auteurs païens de l’Antiquité et pour l’astrologie, il fut accusé de sorcellerie par le pape Innocent VIII et échappa de peu aux rigueurs de l’Inquisition.
Lire La chasse aux sorcières, prêtresses d’Artémis : extermination du paganisme matriarcal par l’Eglise
La Mère alchimie de Notre-Dame de Paris

Isis enseignant les sciences à Moïse et Hermes Trimégiste (Pinturicchio)

À partir du xviie siècle, Isis apparaît dans les réflexions et les spéculations des philosophes pratiquant l’alchimie. En tant que déesse symbolisant la Nature et ses mystères, Isis devient la « Mère alchimie » qui préside au Grand-Œuvre et à la transmutation des métaux (plan physique) et des âmes (plan psychique). En 1672-73, dans un chapitre de la Bibliothèque des Philosophes chimiques publiée par William Salmon (1644–1713), Esprit Gobineau de Montluisant, gentilhomme à Chartres, disserte sur la symbolique cachée de la cathédrale Notre-Dame de Paris, sur les origines isiaques de la capitale française et sur le symbolisme des antiques statues de la déesse Isis.

Arbre anthropomorphe symbolisant la Nature et le processus alchimique.

« Pour expliquer l’énigme en un seul mot, Isis figurait l’assemblage de toutes les vertus supérieures et inférieures en unité dans un seul sujet essentiel et primordial. Enfin, cette idole était l’image de toute la nature en abrégé, le symbole de l’épitome et du thélème de tout. C’était sous cette allégorie que les philosophes avaient donné leur science à la nation et qu’ils avaient dépeint et assorti la nature même ou la matière première qui la contient, comme mère de tout ce qui existe et qui donne la vie à tout. Telle était la raison pour laquelle ils attribuaient tant de merveilles à la nature en la personne de la fausse divinité d’Isis. »

— Esprit Gobineau, Enigmes et hiéroglyphes physiques (extrait).
La Nature Isis est Artémis d’Éphèse
vieille gravure

Frontispice du tome 2 du « Mondus subterraneus » d’Athanasius Kircher montrant une statue d’Isis-Artémis aux multiples seins

Entre la fin de l’Antiquité et le début du xixe siècle, Artémis et Isis sont volontairement confondues pour personnifier la générosité de la Nature. Cette confusion fait ainsi dire à Macrobe, au ive siècle, qu‘« Isis est ou la terre ou la nature qui est sous le soleil. C’est pourquoi le corps tout entier de la déesse est hérissé d’une multitude de seins serrés les uns contre les autres parce que l’ensemble des choses est nourri par la terre ou par la nature ».

La Nature dévoilée par la Philosophie, 1793, François Peyrard

Au début du xvie siècle, les artistes de la Renaissance s’approprient cette description, et, très souvent la Nature (Isis) prend les traits de l’Artémis multimammia « aux multiples seins » figurée comme une femme couronnée et voilée, les jambes étroitement gainées et dont la poitrine porte de nombreux seins.
Lire Artémis d’Éphèse (Turquie & Marseille), déesse des Amazones, et prototype de la Vierge Marie
L’idole de la science naissante

Isis se dévoilant aux sciences, 1687, Antonie van Leeuwenhoek

Avec le développement de la pensée scientifique aux xviie et xviiie siècles, l’esprit humain tente de percer les secrets de la Nature et, métaphoriquement parlant, de soulever le voile d’Isis. De nombreux ouvrages scientifiques, de botanique ou d’anatomie par exemple, s’ornent alors d’un frontispice montrant le dévoilement de la Nature. Plusieurs types de représentations existent. La plus fréquente consiste en une réinterprétation de l’Artémis multimammia figurée sous les traits d’une jeune femme vivante portant plusieurs seins où le geste du dévoilement est amplement mis en valeur :

Une des plus anciennes figure dans le traité Anatome animalium publiée en 1681 par le néerlandais Gerhard Blasius (1625-1692) où l’on voit la Science dévoiler la Nature.
En 1687, dans le Anatomia seu interiore rerum d’Antonie van Leeuwenhoek (1632-1723) Isis se dévoile elle-même mais aidée par le vieillard du Temps devant la Philosophie et la Recherche scientifique.
En 1793, un Philosophe dévoile Isis en ouverture du livre De la Nature et de ses lois de François Peyrard (1759-1822).
En 1899, la métaphore du dévoilement d’Isis reste d’actualité grâce au sculpteur Louis-Ernest Barrias (1841-1905) qui dote les facultés de médecine de Paris et Bordeaux d’une figuration où une Isis, portant un scarabée entre ses deux seins, se dévoile elle-même. L’exemplaire parisien de cette Nature se dévoilant devant la Science est désormais conservée au Musée d’Orsay.

Isis dans l’ésotérisme moderne
Blavatsky, Steiner, et Crowley

La fondatrice de la Théosophie moderne, la russe Helena Blavatsky (1831-1891) publie en 1877 son ouvrage majeur Isis dévoilée (titre anglais: Isis Unveiled) où elle cherche à faire la synthèse de multiples anciens savoirs (Égypte, Inde, Tibet). Mais, en fin de compte, à propos d’Isis, cette auteure s’inscrit dans une vision assez traditionnelle et fait de la déesse qu’un simple symbole de la Nature.

Pour l’autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), le fondateur de l’Anthroposophie, l’Isis des Égyptiens, la Marie des chrétiens, la Shekhina des kabbalistes juifs et la Sophia des gnostiques ne sont que des formes différentes d’un même féminin sacré.

Le mage anglais Aleister Crowley (1875-1947) d’abord membre du temple Isis-Urania de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée, élabore, après son exclusion, une démarche initiatique propre où la magie sexuelle a une grande place. Dans son poème « Le chant d’Isis » intégré dans la pièce Tannhäuser consacrée au voyage de l’âme, la déesse égyptienne assimile l’érotisme et la sensualité des déesses Hathor et Vénus. Cette puissance syncrétique est ambivalente ; à la fois porteuse de vie et de mort, de ténèbres et de lumière.
Aube Dorée, Wicca, et kémitisme

Dès la fin du xixe siècle, la société secrète anglaise du Golden Dawn (Aube dorée) vénère Isis comme une déesse de la fertilité, de la magie, de la maternité et comme une incarnation mythique de la régénération.
photo d'un autel wicca

Autel wicca dédié au dieu cornu et à la déesse mère.

Depuis les années 1950, Isis est une des divinités majeures de la Wicca (du vieil anglais: wiccacraeft, sorcellerie) en tant que manifestation de la grande Déesse mère et du féminin sacré. Cette mouvance religieuse, fondée par Gerald Gardner (1884-1964), regroupe quelques 150 000 fidèles au États-Unis au début du xxie siècle. La Wicca se rattache, dès ses origines, au néopaganisme et s’inspire du druidisme, du chamanisme et des mythologies slave, germanique, gréco-romaine et égyptienne. Depuis les années 1970, la Wicca s’est augmentée des valeurs de la contreculture Hippie, du féminisme, de l’écologisme et du New Age.

Pour les groupes qui se rattachent plus spécialement à l’Égypte antique et au Kémitisme (reconstruction du paganisme égyptien), Isis est le symbole de l’énergie magique féminine, de la nuit, de l’eau et sa puissance se manifeste principalement dans les phases de la Lune. Parmi les mouvances pratiquant de pseudo-rites égyptiens ont peut citer le groupe du Fellowship of Isis (Confrérie d’Isis) fondé en 1976 par la grande prêtresse Olivia Robertson (1917-2013) à Clonegal en Irlande. Ce groupe revendique en 2002 près de 21 000 adeptes à travers le monde. L’une des disciples, Tamara Siuda, fonde à Chicago en 1988 la Kemetic Orthodoxy (Orthodoxie khémite), enregistré en 1993 comme association cultuelle dans l’Illinois sous le nom de House of Netjer.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:04

Dans le contexte de la vie, viens et rejoins moi autour d'un feu. Un homme a réussi à créer une étincelle. Certains sont heureux, envieux, craintif et d'autres dérobeurs. Une nouvelle notion s'introduit donc de nouveaux échelons, de nouvelles théoriques ou théories. Cela peut conduire à l'exil ou à la reconnaissance par le conseil des sages. Ainsi né le caractère. Zarathoustra fut exilé de ses études et il se met à méditer: " Mozart ou Wagner, dans quelles catégories peut on me dévoiler." Le Vent alors se mets à gronder : " Et Beethoven et Strauss." Mais Lequel Seigneur." S'écrit Zarathoustra. Le ciel s'éclaircit et le vent murmure : "L'EXISTENCE." . Zarathoustra alors se construit une caverne où il nourrit les animaux et raconte des fables qu'il colle sur les murs. Le Patrimoine Jacques et le Pire Nicolas représente ses actions en des formes de banquets et de satyre conduisant le peuple dans une euphorie. Zarathoustra tomba malade et ces animaux furent chassés de sa caverne. Ils étaient dans des fermes et furent tués à cause de la grippe aviaire. Il pleura ses animaux de la prairie des filtre, une fois qu'il fut remis sur les pieds. Il regarde Toulouse et La France d'un autre regard. Il se rappelle du message du Vent: "L'EXISTENCE.". Il aurait pu crier sa colère mais certains porte l'empreinte et la générosité de l'existence. Il recommence sa caverne et s'appelle par son prénom, Moi. Il reparle de secourisme et ne se dérobe aux critiques et critères de ses ennemis envieux même accompagné de leurs fanatiques et bacchantes. Le Secourisme est la première protection envers l'existence. Je m'appelle Yanis.

Ecrit de
TAY
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11 janvier 2013
La France intervient au Mali

Guerriers touareg (image ancienne)Le 11 janvier 2013, les Touareg et leurs alliés islamistes lancent une offensive en direction de la capitale Bamako.

Cette guerre est la conséquence de plusieurs phénomènes croisés : la guerre en Libye qui a déstabilisé les populations sahariennes, le réveil des Touareg, l'usure du pouvoir malien, le repli vers le Sahara d'islamistes chassés d'Afghanistan etc.

Appelée à l'aide par le gouvernement malien, la France, ancienne puissance coloniale, ne peut se dérober. Elle envoie au Mali une force d'intervention rapide qui a vite fait d'arrêter l'invasion et de repousser les assaillants vers le nord.

Mais derrière les troupes françaises s'engouffrent les soldats maliens, inaptes au combat mais prompts au pillage.

Ils ne vont pas tarder pas à se venger de leurs humiliations et de leur impéritie sur les Touareg civils, au risque de leur faire regretter les exactions des islamistes.

À ce stade de la guerre, il eut été souhaitable que Paris remette le gouvernement de Bamako à sa place et accorde aux Touareg l'autonomie et la protection qu'ils sont en droit d'attendre.

Un demi-siècle après leur indépendance, le Mali et la plupart des pays d'Afrique subsaharienne apparaissent plus que jamais démunis avec des administrations, des armées et des économies à la merci des premiers venus, combattants islamistes ou compradores asiatiques.

N'osant pas imposer un règlement politique, la France et l'Union européenne se contentent d'ouvrir leur carnet de chèques, une solution de facilité qui encourage la corruption et aggrave la déliquescence de l'État malien et de son armée.


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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:10

« Le collyre de la mémoire »

Il y a 60 ans, les 29-30-31 août et le 1er septembre 1953, un petit relief de plâtre, représentant la Vierge Marie, placé au chevet du lit d’un jeune couple, Angelo Iannuso et Antonina Giusto, a versé des larmes "humaines" ici, à Syracuse en Sicile, selon l'analyse chimique effectuée.

Dans cette ancienne et splendide cité de Syracuse, Marie versa des larmes humaines d’une simple petite statue de plâtre illustrant son cœur Immaculé. Des pleurs humains, de compassion, un langage du cœur pas toujours facile à comprendre, signe mystérieux de l’attention et de la miséricorde de Dieu, un signe à méditer en profondeur, qui doit nous interroger. Marie, montée en gloire, vit désormais dans la Cité du Ciel, là où Dieu a séché toute larme des yeux des hommes. (…).

Les larmes de Marie sont comme « le collyre de la mémoire » contre l’idolâtrie de notre époque, un collyre qui nous aide à avoir un regard plein d’espérance envers l’avenir; un regard plein de foi, pour être prêts à la conversion et dociles à l’Esprit (…). Laissons donc la tendresse de Dieu pénétrer au plus profond de nos cœurs. A l’école de Marie, soyons les uns pour les autres des outils de consolation.
Cardinal Tarcisio Bertone
Secrétaire d’Etat
Homélie
3 septembre 2013 (Zenit.org)
Découvrir plus sur mariedenazareth.com :
Siracuse : Notre Dame des larmes (Madonna delle lacrime)

Je vous salue, Marie pleine de grâces ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.
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https://www.youtube.com/watch?v=frdj1zb9sMY
Ecrit de
TAY
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:11

6 septembre 1522
Le tour du monde de Magellan et Del Caño

Le 6 septembre 1522, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. À son bord, 18 hommes commandés par un ancien bagnard, Juan Sebastian del Caño.

C'est tout ce qui reste des 5 caravelles et des 265 marins qui ont quitté l'Espagne trois ans auparavant, le 19 septembre 1519, en direction de l'ouest, sous la direction de Fernand de Magellan.
Un loup de mer brutal

Fernand de Magellan (1480-1521), portrait par Luigi VanvitelliNé au Portugal quarante ans plus tôt, Fernao de Magalhaes (Magellan en français) s'est porté volontaire auprès du jeune roi d'Espagne Charles Quint pour contourner le continent américain et rallier l'Asie par l'océan Atlantique, ce que n'avait pas réussi Christophe Colombtrente ans plus tôt.

Il part avec cinq navires et 265 hommes, longe le continent américain vers le Sud, relâche à Noël dans la baie où sera plus tard fondée Rio de Janeiro.

L'impatience grandit à mesure que se prolonge le voyage. Elle débouche sur des mutineries que Magellan mate avec brutalité.
La découverte de l'océan Pacifique

Le 21 octobre 1520, la flotte s'engage dans le détroit qui portera désormais le nom de Magellan. Voyant sur la rive, côté Sud, de nombreux feux allumés par les indigènes, les marins baptisent cet endroit Terre de Feu. Le 28 novembre, c'est le débouché sur un nouvel océan, exceptionnellement calme et lisse ce jour-là, ce qui lui vaut d'être baptisé Grand Océan Pacifique !

Plus de trois mois s'écoulent avant d'atteindre le 6 mars 1521 l'archipel des Mariannes, en pleine Océanie, puis l'île de Cebu, dans l'archipel des Philippines. L'un des marins, un esclave malais baptisé Henrique, reconnaît ses congénères et ne tarde pas à les rejoindre. Il est ainsi le premier homme à avoir fait le tour du monde.

Le 27 avril 1521, Magellan est blessé par une flèche empoisonnée et meurt dans une embuscade avec huit de ses hommes. Il ne reste bientôt plus qu'une caravelle en état, la Victoria. Une partie des hommes doivent demeurer sur l'archipel des Moluques cependant que le pilote del Caño prend le commandement du navire. Il le mènera à bon port après avoir rempli les cales d'épices.
Le jour de trop

En arrivant aux îles du Cap Vert, l'une des dernières étapes avant Lisbonne, Juan Sebastian del Caño a une surprise. D'après son journal de bord, qu'il a tenu consciencieusement jour après jour depuis le départ, on serait un mercredi. Or, ses interlocuteurs du cru lui affirment qu'on est jeudi ! D'où vient l'erreur ? Chacun s'interroge et, faute de réponse, on finit par conclure à une erreur dans le journal de bord...

C'est en retrouvant bien plus tard cette anecdote dans une bibliothèque espagnole que Jules Verne aurait eu l'idée de son roman Le tour du monde en quatre-vingts jours (son héros Phileas Fogg fait le tour du monde en sens inverse de Del Caño et gagne de justesse son pari du fait du même phénomène, lié à la rotation de la Terre et aux fuseaux horaires).

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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:12

7 mars 1524
Verrazane explore la côte nord-américaine

Le 7 mars 1524, le navigateur florentin Jean de Verrazane aborde le rivage américain pour le compte du roi de France François 1er, dont l'intérêt pour les explorations a été éveillé par les succès des navigateurs espagnols et portugais.

Il a reçu mission de découvrir une voie maritime permettant de gagner l'Asie des épices en contournant le continent américain par le Nord-Ouest (autrement dit le Nord du Canada actuel).

Dans ce but, il remonte la côte vers le nord, jusqu'à une rivière qu'il baptise Vendôme et qui sera plus tard appelée Hudson.

À son embouchure naîtra un siècle plus tard la ville de New York. Le navigateur baptise cet endroit Terre d'Angoulême en l'honneur du roi de France, ex-duc d'Angoulême. C'est le premier contact officiel d'un Européen avec le territoire des futurs États-Unis (exception faite de la Floride, abordée par les Espagnols en 1513).

Verrazane poursuit sa route vers Terre-Neuve. Sur une carte datée de 1529, il représente l'embouchure du Saint-Laurent et lui donne le nom de Nova Gallia. C'est la première évocation connue de la Nouvelle-France (le Québec actuel), dont Samuel de Champlain jettera les fondations en 1608.

Mais il va s'apercevoir qu'il n'existe pas de passage du Nord-Ouest ou du moins que celui-ci est caché sous les glaces et impraticable.

Le roi de France, déçu et empêtré dans ses guerres d'Italie, se détournera des explorations pendant 10 ans avant de reporter ses espoirs sur Jacques Cartier.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:12

5 septembre 1871 : Découverte de Grand Zimbabwe

Le 5 septembre 1871, l'explorateur allemand Karl Mauch découvre en Afrique australe une vaste enceinte en pierre et des murailles et tourelles en ruines. Il croit pouvoir identifier une cité évoquée dans la Bible comme étant celle de la reine de Saba (Ophir).

Les chercheurs finiront par admettre l'origine proprement africaine de ces ruines appelées Grand Zimbabwe. On sait aujourd'hui qu'elles relèvent de la civilisation bantoue des Shona.


Grand Zimbabwe
Une mystérieuse cité bantoue

Les ruines monumentales de Grand Zimbabwe, révélatrices d’une civilisation élaborée au coeur de l'Afrique australe, ont fasciné et intrigué les Européens qui les ont découvertes.

Doutant d'avoir affaire à une civilisation proprement africaine, ils ont longtemps cru qu'il s'agissait des ruines du royaume de la Reine de Saba ou des mines du roi Salomon, mentionnées par la Bible...
Béatrice Roman-Amat
Victime de préjugés

Le 5 septembre 1871, l'explorateur allemand Karl Mauch découvre en plein coeur de l'Afrique australe une vaste enceinte en pierre et des murailles et tourelles en ruines.

Étendues sur environ 7 km2, les ruines de la cité de Grand Zimbabwe se déploient entre les fleuves Zambèze et Limpopo, dans une zone de savanes, sur un haut plateau granitique, en Afrique australe.

Elles comportent d'imposants remparts de granit et de nombreuses constructions en pierres taillées, assemblées sans mortier. Des statues de forme phallique ou représentant des oiseaux laissent deviner l'habileté des artistes de ce royaume médiéval d'Afrique australe. Ce site constitue un témoignage unique de la culture bantoue au Moyen-Âge.

Les ruines de Grand Zimbabwe, DR
Or et ivoire locaux, perles et soie orientales

Karl Mauch, imprégné des préjugés européens de la fin du XIXe siècle, veut voir dans ces vestiges une cité évoquée dans la Bible comme étant celle de la reine de Saba (Ophir). Il faudra du temps aux chercheurs pour qu'ils admettent leur origine proprement africaine...

C'est à la civilisation bantoue des Shona que l'on doit les ruines de Grand Zimbabwe. Zimbabwe signifierait «cour du roi» en shona.

La ville connaît son apogée entre le XIe et le XVe siècle, peu après la migration des populations bantoues vers le sud. Sa population pouvait atteindre 10.000 à 20.000 habitants. Elle commerce avec l'Extrême-Orient par l'intermédiaire des ports arabo-swahili de la côte orientale de l'Afrique. Les importants gisements d'or qui entourent la ville, mais également l'ivoire, fournissent des monnaies d'échange pour commercer avec les Arabes installés dans les ports de Kiloa ou Sofala.

Les fouilles archéologiques ont mis à jour des perles en provenances d'Orient, des objets en cuivre et des bijoux en or. Elles donnent à penser que les souverains de Grand Zimbabwe étaient amateurs de perles de verre indiennes et de soieries chinoises.

Le royaume de Grand Zimbabwe s'étend sur des territoires appartenant aujourd'hui à quatre États différents : le Zimbabwe, la Zambie, le Mozambique et le Malawi, et l'on peut penser qu'il incluait d'autres villes similaires.
De Grand Zimbabwe à Monomotapa

Quand les Portugais prennent pied sur la côte africaine de l'océan Indien, au XVIe siècle, Grand Zimbabwe est déjà entré en décadence, au bénéfice du royaume voisin du Monomotapa.

Au milieu du XVe siècle, le Monomotapa en vient à s'étendre sur les États actuels du Zimbabwe et du sud du Mozambique. Grand Zimbabwe tombe peu à peu dans l'oubli. Le cœur politique et commercial de la région se déplace vers le sud et l'ouest.

En peu de temps, les Portugais s'approprient l'exploitation des mines d'or et le commerce de la région, tout en tentant de christianiser les habitants. À la fin du XVIIe siècle, ils sont toutefois expulsés par le Changamire, souverain de régions du sud qui ont fait sécession contre le Monomotapa.
Patrimoine menacé

Suite à la redécouverte de Karl Mauch, les ruines de Grand Zimbabwe sont en partie saccagées, du fait de la recherche frénétique d'or par les Blancs, parfois sous couvert de fouilles archéologiques. Elles sont aujourd'hui inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco.

En 1980, lorsque la majorité noire de l'ancienne colonie britannique de Rhodésie du sud prend le pouvoir à Salibusry (aujourd'hui Harare), le pays abandonne son nom, formé à partir de celui du Britannique Cecil John Rhodes, pour prendre celui de Zimbabwe, en souvenir de Grand Zimbabwe.



Localisation :
Grand Zimbabwe Zimbabwe
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:12

Jérusalem
Foi, Histoire et Mémoire

On ne présente pas Jérusalem ! Ville sainte du judaïsme et par voie de conséquence du christianisme et de l'islam, elle est avant tout un symbole majeur de l'histoire occidentale...


Jérusalem
Foi, Histoire et mémoire

On ne présente pas Jérusalem ! Ville sainte du judaïsme et par voie de conséquence du christianisme et de l'islam, elle est avant tout un symbole majeur de l'histoire occidentale.
André Larané
Le poids de l'Histoire

La ville s'accroche aux montagnes de Judée, entre la plaine littorale et la vallée du Jourdain, et son altitude (700 à 800 mètres) lui vaut de connaître la neige et les frimas de l'hiver.

En ce début du XXIe siècle, c'est une agglomération bourdonnante de 700 000 habitants aux colorations très orientales. Mais plus que cela, c'est une cité chargée de foi, d'histoire et de mémoire, comme le donnent à voir les nombreux juifs religieux en robe noire et papillotes qui se sont établis ici, au plus près des restes du Temple.

Voici deux sites majeurs de Jérusalem en relation avec l'Histoire : l'esplanade du Temple et le mémorial de Yad Vashem, sur la colline du Souvenir.
L'esplanade du Temple

L'esplanade du Temple occupe le mont Moriah. C'est l'endroit où Abraham, venant de Beersheba, aurait selon la tradition biblique failli sacrifier son fils Isaac.

Autour de ce rocher sacré, le roi Salomon a fait ériger un premier Temple, réputé pour sa magnificence, mais il fut détruit par les Babyloniens un demi-millénaire plus tard. Un deuxième Temple fut construit par les Juifs de retour d'exil de Babylone. Lui aussi fut détruit un demi-millénaire plus tard, cette fois par les Romains.

De ces constructions, il ne reste que les fondations de l'enceinte. Depuis la destruction du Second Temple, les juifs du monde entier ont coutume de prier devant le mur occidental, à l'endroit le plus proche du rocher et de l'autel d'Abraham. Le mur Ouest (« Qoleth » en hébreu) est appelé « Mur des Lamentations » par les chrétiens.

L'Histoire ne s'arrête pas là... La pierre du sacrifice d'Abraham est aussi celle à partir de laquelle le prophète Mahomet serait monté une nuit jusqu'au ciel, d'après la tradition islamique.

Lorsque les musulmans ont conquis Jérusalem (Al Qods en arabe), ils n'ont rien trouvé de significatif sur le mont Moriah, le Temple ayant été détruit un demi-millénaire plus tôt par les Romains.

Aussi se sont-ils empressés d'ériger un monument au-dessus du rocher sacré ; c'est le Dôme du Rocher. Il est faussement appelé « mosquée d'Omar » car ce n'est pas une mosquée et ce n'est pas le calife Omar mais un calife ultérieur qui l'a fait construire ! Pendant l'occupation jordanienne (1948-1967), le roi Hussein a fait dorer la coupole du monument de sorte qu'aujourd'hui, il accroche immédiatement le regard de quiconque s'approche de Jérusalem.

Plus discret avec son dôme gris mais tout aussi important aux yeux des musulmans est le monument voisin : la mosquée Al-Aqsa. Son nom, « la lointaine » en arabe, fait référence au voyage nocturne qui aurait conduit le prophète Mahomet de Jérusalem au paradis.

L'accès à l'esplanade fait l'objet d'une surveillance policière très stricte qui ne suffit pas à éviter les incidents communautaires. Au pied de l'esplanade, les archéologues israéliens ont entamé des fouilles importantes pour mettre à jour les vestiges de la ville hébraïque.

Yad Vashem

« Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés » (Isaïe 56-5). Ainsi parla Dieu selon le prophète Isaïe après qu'une communauté hébraïque eut été exterminée sans laisser de descendance.

C'est en référence à ce souvenir biblique qu'en 1953, l'assemblée législative israélienne (la Knesset) a adopté une loi portant création d'un mémorial consacré aux victimes de la Shoah : Yad Vashem (« Un mémorial et un nom »).

Pendant la discussion, un député suggéra de rajouter sur la liste des buts de Yad Vashem : « se souvenir et honorer les Justes des Nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs».

Le mémorial de Yad Vashem couvre aujourd'hui plusieurs dizaines d'hectares sur la colline du Souvenir, un site propice au recueillement, à l'orée de l'agglomération.

Les identités des victimes de la Shoah sont exposées dans un monument voué à leur mémoire. L'un des lieux les plus émouvants est celui dédié aux enfants, avec autant de lucioles que de disparus...

D'austères allées de pierre rappellent les ghettos détruits pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est la « vallée des communautés disparues ».

Dans « l'allée des Justes » ont été plantés des milliers d'arbres, chacun ayant à son pied une plaque portant le nom du Juste à qui l'arbre est dédié.

Depuis quelques années, par manque de place, un Jardin des Justes a été créé sur le site, avec la liste de tous ceux qui ont été reconnus mais pour lesquels il n'est plus possible de planter d'arbres.

Notons un wagon des « convois de la mort » qui rappelle le déroulement de la tragédie.

Le lieu central de Yad Vashem est le musée ; une aile de béton sous laquelle les visiteurs parcourent plusieurs kilomètres dans une pénombre remplie de souvenirs de la Shoah et des années qui l'ont précédée. À l'évocation presque joyeuse des communautés juives d'avant la tourmente succède la descente aux enfers.

Le parcours se termine sur une note d'espoir avec la sortie sur une terrasse baignée de soleil et de lumière, d'où l'on embrasse les monts de Judée...

Yad Vashem, c'est aussi une école internationale qui accueille des gens de tous âges, de tous pays et de toutes conditions pour des stages d'information et de sensibilisation sur la Shoah, d'où nul ne sort indemne...

À proximité de Yad Vashem, on peut arpenter le mont Herzl, ainsi nommé en l'honneur du fondateur du sionisme, Theodor Herzl. Il abrite sa tombe ainsi que celles de la plupart des personnalités israéliennes défuntes, comme le Premier ministre Isaac Rabin, assassiné par un extrémiste juif (exception majeure : David Ben Gourion a choisi de reposer dans son kibboutz).

Yad Vashem et Pie XII

Dans le musée de Yad Vashem, dans la partie consacrée aux « Silences du monde », se trouve une photographie du pape Pie XII accompagnée de deux textes qui ont suscité une protestation du Vatican du fait de leur condamnation sans nuances de l'action du pape à l'époque du nazisme (lire à ce propos la biographie du pape Pie XII).

Le premier est un poème écrit pendant la guerre, en 1942, par le grand poète israélien Nathan Alterman (1910-1970), né à Varsovie et installé à Tel-Aviv depuis 1925 :
« Et le couperet tombait jour et nuit
Tandis que le Saint Père à Rome
Ne sortait pas de la basilique avec l'image du Sauveur
Pour assister à au moins un jour de pogrome.

Participer à une journée, à une seule et unique journée,
À l'endroit où se tient depuis des années, comme un agneau,
Un petit enfant, anonyme, un enfant juif. » (traduction : Alain Michel).

Le deuxième texte est un commentaire historique réalisé par le musée :
« Le pape Pie XII :
Les réactions de Pie XII au meurtre des Juifs pendant la Shoah sont sujettes à controverse. En 1933, quand il était Secrétaire du Vatican, il fut actif pour obtenir un Concordat avec le pouvoir allemand afin de protéger le droits de l'Église en Allemagne, même si cela signifiait la reconnaissance du régime nazi raciste. Quand il fut élu pape en 1939, il « enterra » une lettre contre le racisme et l'antisémitisme qu'avait préparée son prédécesseur. Même lorsque les rapports sur le massacre des Juifs s'accumulèrent au Vatican, le pape ne protesta jamais par oral ou par écrit. En décembre 1942, il s'abstint de signer la déclaration des Alliés condamnant l'extermination des Juifs. Lorsque les Juifs furent déportés de Rome à Auschwitz, le Pape n'intervint pas. Le Pape maintint sa position de neutralité pendant toute la guerre, à l'exception d'un appel aux dirigeants de Hongrie et de Slovaquie vers la fin. Son silence et l'absence de directives obligea les hommes d'Église, à travers l'Europe, à déterminer par eux-mêmes quelles devaient être leurs réactions. » (traduction : Alain Michel).

Quelques mètres plus loin, dans la section consacrée aux justes des nations, un hommage appuyé est donné aux hommes d'Églises qui ont contribué à sauver des Juifs.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:13

Machu Picchu
Le repos de l'Inca

Machu Picchu

Les ruines monumentales du Machu Picchu, vieilles de cinq siècles, sont devenues la fierté du Pérou, jusqu'à faire oublier les autres témoignages d'une Histoire multimillénaire...Construite par la présence d'une source d'eau venu d'un autre versant de la montagne. Machu Pichu et son repaires des Dieux est un chef d’œuvre d'une architecture dites Antique, Contemporaine et Moderne. Il s'agit d'un concept exceptionnel d'une architecture qui s’intègre à la nature et pas qui intégrè la nature à l'Homme; tel une Pétra (de πέτρα petra, « rocher » en grec ancien ; البتراء Al-Butrāʾ en arabe), de son nom sémitique Reqem ou Raqmu (« la Bariolée »), est une cité nabatéenne préislamique située au sud de l'actuelle Jordanie et le pôle touristique majeur de ce pays et un Le Mont-Saint-Michel est une commune française située dans le département de la Manche en Normandie. Elle tire son nom de l'îlot rocheux consacré à saint Michel où s’élève aujourd’hui l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Machu Pichu figure parmi les parmi les chefs d’œuvres des architectures humaines qui porte à croire à la survie de l'Homme dans des environnements hostiles tel que le système solaire et l'univers !

Ecrit de
TAY
La chouette effraie


Machu Picchu
Le repos de l'Inca

La cité de Machu Picchu (photo : Caroline et Hubert Rameye, 2015)Le 24 juillet 1911, l’archéologue américain Hiram Bingham (36 ans), mandaté par l'université de Yale, arrive au sommet d’une montagne, au Pérou, en compagnie d’un officier péruvien et d’un jeune paysan de la région.

Il aperçoit alors d’énormes murs de maisons en ruines !... Il vient de découvrir les restes de la cité inca du Machu Picchu (vieille montagne en langue quechua, la langue majoritaire des Améridiens du Pérou).

Les ruines monumentales du Machu Picchu, vieilles de cinq siècles, sont devenues la fierté du Pérou, jusqu'à faire oublier les autres témoignages d'une Histoire plurimillénaire.

Les ruines de Macchu Picchu, photographie d'Hiram Bingham (1911)

Perchée à 2400 mètres d’altitude, au-dessus de la vallée sacrée de l’Urubamba, à 120 kilomètres de Cuzco, Machu Picchu couvre un plateau de dix hectares.

Pierre de libations à Machu Picchu (doc: Marcelle Aurelle, 1983)La cité surprend par ses murs en grosses pierres assemblées sans mortier, selon une technique bien maîtrisée par les Incas.

Construite vers 1450, soit peu avant l’arrivée des Espagnols, pour servir de lieu de repos à l’empereur Pachacutec (1438-1471) et à sa famille, loin du tumulte de la capitale Cuzco, elle aurait abrité un maximum de 600 personnes.

La cité de Machu Picchu (photo : Caroline et Hubert Rameye, 2015)Du fait que l'empereur est aussi un chef religieux (le fils du Soleil), la religion est indissociable de ses résidences et l'on identifie au Machu Picchu des édifices qui devaient servir à des rites religieux.

Difficile d'accès, le site a été rapidement abandonné après la conquête espagnole.

Mais il n’a cessé d’être connu localement de quelques habitants et aventuriers avant que n'y mette le pied l'archéologue américain Hiram Bingham.

Son reportage photographique, publié par la revue National Geographic, allait valoir au Machu Picchu une notoriété mondiale et en faire - de façon quelque peu excessive - le symbole de la grandeur du Pérou précolombien.
André Larané

La cité de Machu Picchu (photo : Caroline et Hubert Rameye, 2015)
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:13

Mont-Louis
La gardienne de la Cerdagne
par Sylvie Candau, responsable du Patrimoine

Mont-Louis est la ville fortifiée la plus haute de France, à 1600 mètres d’altitude, dans les Pyrénées orientales, au bord de la Cerdagne.2 mai 1679, une citadelle qui défie le temps

Son autre originalité est d’être l’une des neuf villes créées ex nihilo par Vauban et certainement l’une des mieux conservées, tant d’un point de vue architectural que dans sa vocation originelle de place militaire.

Très bien conservée, elle attire en grand nombre les touristes et continue aussi de relever les défis du temps.

De la science militaire de Vauban elle est aujourd'hui passée à l’énergie solaire...
Mont-Louis est la ville fortifiée la plus haute de France, à 1600 mètres d’altitude, dans les Pyrénées orientales, au bord de la Cerdagne.

Son autre originalité est d’être l’une des neuf villes créées ex nihilo par Vauban et certainement l’une des mieux conservées, tant d’un point de vue architectural que dans sa vocation originelle de place militaire.


Une alliance à éclipses

Son histoire commence avec le traité des Pyrénées qui met fin à un quart de siècle de guerres entre les deux grandes puissances de l’époque, la France et l’Espagne.

L’Espagne, en situation de faiblesse, cède à la France des places en Flandre et en Lorraine, mais surtout, elle abandonne le comté d’Artois et la province du Roussillon. Désormais, la frontière méridionale de la France est fixée aux Pyrénées.

Le mariage entre le jeune Louis XIV et sa cousine l’infante Marie-Thérèse est également conclu et célébré le 9 juin 1660. Ce mariage sera à l’origine du blason de Mont-Louis où sont associées les armes de la couronne de France et celles de la maison d’Aragon.

Cependant, jusqu’au traité de Nimègue, en 1678, Louis XIV caresse le projet de troquer la province du Roussillon contre les Flandres et, pour cette raison, tarde à la mettre en défense. Le roi ne tient pas non plus à s’embarrasser d’une province plutôt rétive à l’assimilation.

À partir de 1674, les Espagnols en profitent et reprennent leurs attaques sur cette frontière.
Et Vauban conçut Mont-Louis…

Vauban, commissaire général des fortifications, entreprend d’y remédier en fortifiant enfin la province.

En plaine, Collioure interdit déjà l’accès au littoral méditerranéen. Bellegarde au col du Perthus et Prats-de-Mollo dans la vallée du Tech surveillent les liaisons entre les royaumes de France et d’Espagne.

Échauguette, citadelle de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales) © RETP Mont-LouisDans la plaine, au débouché de la Têt, la citadelle de Villefranche-de-Conflent ne suffit pas à garder la vallée. Elle est éloignée de la frontière et laisse à découvert le Languedoc et le comté de Foix. Elle ne fait pas obstacle à une éventuelle occupation de la Cerdagne française.

Louis XIV approuve donc l’établissement d’un point fortifié à l’entrée de la vallée de la Têt à l’Est. Par sa situation, il empêchera les incursions vers le Conflent et le Capcir et défendra le passage vers le Roussillon.

Le choix définitif du site est déterminé par sa situation stratégique au carrefour de trois territoires : le Conflent qui descend vers la Méditerranée, la Cerdagne s’ouvrant sur l’Espagne et le Capcir rejoignant la France par la vallée de l’Aude. Cet emplacement, au voisinage du hameau du Vilar d’Ovença, dispose à proximité de matériaux, pacages, moulins, bois et cultures.

Vauban conçoit selon des principes simples l’agencement de la future place afin qu’elle réponde aux exigences militaires, offre un urbanisme pratique et présente un aspect ordonné et sobre, où les lieux du commandement, du combat et des activités civiles, s’intègrent harmonieusement.

En avril 1679, le commissaire général aux fortifications Vauban rédige sur le site même l’Instruction générale du projet. Mont-Louis est conçu selon un étagement en quatre zones avec la citadelle et la ville haute, mais aussi une ville basse et une redoute qui ne seront jamais édifiées, faute de moyens.

La ville haute est prévue pour loger une petite bourgeoisie d’artisans et de commerçants avec des casernes d’infanterie, de part et d’autre de l’unique porte d’entrée. Le plan tire avantage de la topographie naturelle des lieux. De l’extérieur, avec l’enfoncement des murs au niveau du terrain naturel, on ne distingue rien d’autre… que les murailles !
Plan de Mont-Louis (Vauban, 1679, Bibliothèque du Génie – SHD Vincennes)

Le 2 mai 1679, le ministre de la Guerre Louvois reçoit à Versailles le projet ainsi qu’un document notifiant les détails des travaux, leur coût estimatif et l’organisation du chantier.
Les bâtisseurs de Mont-Louis

Le 5 juin 1679, les ingénieurs La Motte et Trobat arrivent sur le chantier accompagnés de soldats. C’est en effet la troupe qui, bénéficiant d’une accalmie dans les guerres, sera employée sur le chantier. Sont requis les régiments de Vierzet-Famechon, Castries, Stuppa-Brendelé et Furstemberg.

Un an plus tard, le 25 mai 1680, lors de la visite d’inspection de Louvois et Vauban, on compte déjà 3.700 hommes sur le chantier.

Installés aux abords de Mont-Louis, mal payés pour une tâche effectuée dans des conditions difficiles (climat, altitude), les soldats sont encadrés par des artisans spécialisés (maçons, tailleurs de pierre, charpentiers, menuisiers, forgerons, puisatiers…) et surveillés par les intendants et ingénieurs à la solde du roi.

Le prestige de l’uniforme est sacrifié à la petitesse de ces travaux de manœuvre-terrassier. Certains choisissent de déserter au risque d’être dénoncés, repris et envoyés aux galères ou condamnés à mort.

Mais le 26 octobre 1681, soit vingt-neuf mois après le voyage de Vauban, l’essentiel des travaux est terminé et la place considérée en état de défense. Le premier gouverneur, François de Fortia, marquis de Durban prend possession des lieux lors d’une fastueuse célébration, au milieu «de grandes acclamations de Vive le Roi ! des peuples de Cerdagne qui s’y trouvèrent en grand nombre et ravis de voir telle cérémonie».

Dès lors, Mont-Louis marque l’ultime frontière militaire méridionale et permet de garder un œil sur la place forte de Puigcerdà, en Cerdagne espagnole. L’excellence du choix éclate immédiatement. Dès le 11 novembre 1681, le gouverneur de Mont-Louis renseigne le ministre sur ce qui se passe dans l’Espagne voisine qui «appréhende extrêmement la guerre».
Vue aérienne de Mont-Louis, © RETP Mont-Louis
Mont-Louis aux XVIIe et XVIIIe siècles

Si la citadelle de Mont-Louis est opérationnelle, il n’en est pas de même pour la ville. En 1720, sur les 50 maisons de la ville haute, seules cinq sont bâties en dur pour une population d’environ 320 personnes.

Le gouverneur favorise alors l’établissement de particuliers, attirés par les bénéfices que peuvent générer la garnison et les ouvriers. Une petite ville prend forme, dont la physionomie ne changera plus de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.

À partir des années 1720, la fonction militaire de Mont-Louis décline. Hôpital militaire associé à l’hôtel des Invalides (Paris), la place forte sert aussi de prison pour la «viguerie» ou circonscription de Cerdagne. Elle devient par ailleurs une plaque tournante des échanges commerciaux entre France et Espagne. En effet, si la contrebande de sel ou de tabac apporte quelques menus profits, il est possible de gagner beaucoup plus dans l’importation plus ou moins légale de monnaies espagnoles.
Mont-Libre : une épopée révolutionnaire

En 1793, sous la 1ère République, Mont-Louis devient Mont-Libre.

Profitant du chaos révolutionnaire, le roi d’Espagne Charles IV prétend mettre à la raison les régicides français mais ses troupes vont être deux fois repoussées par le général Dagobert qui commande l’armée des Pyrénées-Orientales.

Le 28 août 1793, après une marche forcée de nuit, il attaque par surprise, avec 1500 hommes, le général La Pena au col de La Perche. Dagobert mène lui-même des charges à la baïonnette. 250 Espagnols sont tués abandonnés sur le terrain, 60 sont capturé. Les Français ne déplorent que 8 blessés et récupèrent 8 canons.

Le 4 septembre suivant, en pleine nuit et dans le brouillard, 1.600 Français fondent par surprise sur le camp d’Olette. Déconcertés, les Espagnols se replient à Villefranche-de-Conflent en ayant perdu 108 hommes. Les Français ont perdu 18 hommes mais ont fait 300 prisonniers et se sont emparés de 14 canons.

Dagobert envahit dans la foulée la Cerdagne espagnole et s’empare de Puigcerdà, Bellver et enfin La Seu d'Urgell. Il meurt le 18 avril 1794 à Puigcerdà d’une mauvaise fièvre.

Un monument sur le parvis de l'église de Mont-Louis rappelle ces heures glorieuses.

Après la paix, le 1er août 1795, la citadelle est réduite à une fonction d’entrepôt. Elle reprend le nom de Mont-Louis le 24 octobre 1803, sous le Consulat de Bonaparte.
Mont-Louis à l’époque contemporaine

À partir de 1808 et de la guerre d’Espagne, Mont-Louis devient un camp de passage et un hôpital militaire.

En 1887, la citadelle est renforcée. Des batteries et redoutes sont établies aux alentours, aux Estagnols et à Bolquère, puis sur les pics de la Tossa (2038 m) et de Figuema (2037 m). Un chemin stratégique dit Chemin des Canons relie ces positions à Mont-Louis.
Le village de Mont-Louis à la fin du XIXe siècle © RETP Mont-Louis

En 1939, suite à la guerre civile en Espagne, des réfugiés républicains et anarchistes s’entassent provisoirement dans la citadelle. En 1946 enfin, Mont-Louis retrouve sa fonction première de place militaire, avec l’installation du 11e Bataillon Parachutiste de Choc, d’abord dénommé Bataillon de démonstration, qui fait campagne en Indochine puis en Algérie.

De 1946 à 1963, cette unité fut la branche militaire du Service Action et du Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage (SDECE). Elle est dissoute après la guerre d’Algérie en décembre 1963. Le Centre National d’Entraînement Commando lui succède.
Mont-Louis et les commandos

Implanté sur les deux sites Vauban de Mont-Louis et Collioure, le Centre National d’Entraînement Commando constitue le pôle d’expertise français dans le domaine de la formation commando.

Il forme les cadres (officiers, sous-officiers et militaires du rang) des armées de terre et de l’air, légion, gendarmerie nationale, police ou des armées étrangères. C’est aussi un centre de formation avec des compétences spécifiques pour les journalistes reporters de guerre, étudiants STAPS, sportifs de haut niveau ainsi que le personnel des ministères de la justice ou de l’intérieur…

Chaque année, près de 4000 stagiaires passent en instruction sur les différentes actions de formation des techniques commandos ou des stages orientés vers des techniques particulières : détachement d’accompagnement d’autorité ou survie.

Des instructeurs pédagogues et polyvalents, professionnels des activités à risques dispensent une formation dans les domaines des sports de combat, tir de combat, mines et explosifs, chute opérationnelle, haute montagne, escalade, combat en zone urbaine mais aussi navigation et franchissement nautique, palmage et transbordements maritimes.

Lors de sa formation, le stagiaire est placé dans des situations difficiles au plan physique et psychologique, confronté à ses propres limites physiques et morales. Il acquiert des techniques spécifiques et développe sa capacité à commander.

Désigné pour concevoir et expérimenter dans le domaine des techniques commandos, le CNEC reste au contact des engagements modernes et propose les adaptations nécessaires des cursus de formation, des techniques de combat et la mise en place de nouveaux équipements. Sa devise : «En pointe toujours».
Mont-Louis et la science

Les premiers essais sur l’énergie solaire, menés dès 1948 par l’équipe du professeur Félix Trombe à l’abri de la citadelle, débouchent sur la création du grand four solaire d’Odeillo, dirigé par une équipe de chercheurs CNRS.

À Mont-Louis, un four solaire plus modeste offre une présentation pédagogique et pratique du fonctionnement et des applications possibles de l’énergie solaire dans la vie quotidienne (pile voltaïque, cuisson de céramiques, fusion de métaux, travail de pierres précieuses…).

De la science militaire de Vauban à l’énergie solaire, la citadelle de Mont-Louis relève tous les défis et résiste à l’usure du temps.
La citadelle de Mont-Louis sous la neige (Pyrénées-Orientales), © RETP Mont-Louis
Mont-Louis au patrimoine mondial de l’Unesco

Une inscription en quelques dates …
- 31 mars 2006 : après inspection des experts du Réseau, Mont-Louis intègre le Réseau des Sites majeurs Vauban.
- 11 octobre 2006 : le Réseau des Sites majeurs Vauban valide les dossiers de présentation et les dossiers techniques de 14 sites.
- 22 novembre 2006 : L’œuvre de Vauban est présenté au Ministère de la Culture. Il est en compétition avec Le Corbusier, les Grands Causses-Cévennes, les villes d’Albi et de Rochefort.
- 5 janvier 2007 : le gouvernement français choisit la candidature de L’œuvre de Vauban pour une inscription au titre des biens culturels. Le Comité national des biens français du patrimoine a jugé ce dossier prioritaire, en raison de la célébration du tricentenaire de la mort de Vauban en 2007.
- 31 janvier 2007 : le dossier est présenté par le gouvernement français au Comité du patrimoine mondial de l’Unesco.
- 2007/2008 : inspection des 14 sites.
- 8 juillet 2008 : le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco rend sa décision et inscrit douze places au titre des fortifications Vauban : Arras, Longwy, Neuf-Brisach, Besançon, Briançon, Mont-Dauphin, Villefranche-de-Conflent, Mont-Louis, Blaye/Cussac/Fort Médoc, Saint-Martin de Ré, Camaret-sur-Mer et Saint-Vaast/Tatihou/La Hougue.

par Sylvie Candau, responsable du Patrimoine
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:14

Pétra
La légende de pierre

Il est des cités dont le seul nom fait rêver. Pétra est de celles-ci.

Entrée dans la légende en 1812, elle fait depuis partie de l'imaginaire de tous les passionnés de vieilles pierres et de légendes oubliées.

Prise d'assaut par les touristes faisant une escale en Jordanie, elle n'a rien perdu de son pouvoir d'attraction. Jugez-en vous-mêmes !
Isabelle Grégor
Pétra (Jordanie), Vue du siq (photo : Gérard Grégor)
Le réveil de la belle endormie

Pétra (Jordanie), Le Khazneh vu du siq (photo : Gérard Grégor) L'explorateur n'en croit pas ses yeux. Après une demi-heure de marche entre deux parois escarpées, il a devant lui une façade rosée composée de colonnes ouvragées et de restes de sculptures.

Le premier bâtiment d'une ville entière ! Car Johann Burckhardt en est presque sûr : «il semble très probable que les ruines du wadi Moussa soient celle de l'antique Pétra».

Mais il ne peut s'attarder : les habitants de cette partie de l'empire ottoman regardent d'un œil peu amical tout étranger, et ce n'est pas son déguisement de pèlerin qui va le protéger longtemps. Pressé par son guide, il lui faut faire demi-tour sans avoir eu la possibilité d'amorcer le moindre croquis ou de prendre des notes précises.

La nouvelle se diffuse pourtant vite parmi la communauté de savants installés en Égypte et au Levant. Les expéditions s'organisent dès 1818 et les missions archéologiques commencent à étudier la ville en 1828. C'est à deux Français, Léon de Laborde et Louis Linant de Bellefonds, que l'on doit les premiers relevés scientifiques mais c'est l'Écossais David Roberts, de la Royal Academy, qui a immortalisé la Pétra du XIXe siècle dans ses célèbres dessins. D'abord considérée comme un élément de l'archéologie biblique, la ville devient un objet d'étude à part entière au début du XXe siècle. C'est toute une civilisation qui est apparue !
Un rêve jailli comme un visage de pierre

Pétra (Jordanie), Le Khazneh (photo : Gérard Grégor)«Tout à coup, je l'ai vu. Le Trésor, la légèreté, la tendresse. La nouveauté. Une idée. Mieux qu'une idée, un rêve. Couleur de nuage. Comme cela lui est apparu, en cette matinée du 22 août 1812, vers huit heures, au débouché du sîq, après tant de fatigues et d'atermoiements, immense et brillant comme l'aurore entre les parois de la montagne. Alors, comme moi, il titubait sur place, enveloppé dans les tourbillons du vent de poussière, il déposait l'outre par terre et il s'asseyait pour mieux voir. Le guide avait déposé la chèvre ligotée sur le sol, et lui aussi regardait la demeure des génies. Puis il s'est retourné vers Burckhardt, il lui a demandé : Que fais-tu ? Le Voyageur, courbé en avant, serrant dans ses mains son journal caché sous sa robe : Je ne peux plus marcher, je suis fatigué, restons un instant ici. Et son regard brillant démentait ses paroles. Il ne sentait aucune fatigue. Son cœur battit plus fort, ses yeux brûlaient, parce qu'il avait découvert le Trésor. Un rêve [...] jailli comme un visage de pierre. » (J.-M. G. Le Clézio in Pétra. Le Dit des pierres, 1993)
«Une cité vermeille, moitié vieille comme le temps» (John Burgon, poète anglais)

Stèle en grès portant inscription, Pétra, 1er s., département des antiquités, Amman, JordanieDès l'Antiquité, les savants se sont intéressés à cette cité enserrée dans son berceau de pierre. Mais les auteurs, comme Strabon, géographe grec du 1er s. av. J.-C., ne précisent pas l'origine de ses habitants, les Nabatéens.

D'où vient donc cette population ?

Statue de la Victoire, 1er s., département des antiquités, Amman, JordanieOn pense aujourd'hui qu'elle est issue d'une tribu arabe installée sur le site au VIe siècle av. J.-C. D'abord nomade, elle va à partir de 200 av. J.-C. construire dans ce refuge naturel une étape sur la route des caravanes, puis un véritable royaume qui était à la fois le centre économique et politique de la région.

De l'Arabie heureuse (le Yémen), de l'Inde, du Golfe persique et d'Alexandrie, toutes les routes menaient à Pétra ! La Grèce ou l'Italie ne pouvaient s'approvisionner en épices et encens qu'en comptant sur ses marchands.

Rome n'accepta pas longtemps cette mainmise : elle envoya l'armée de Pompée assiéger la ville en 64 av. J.-C. puis choisit de développer le transport de marchandises par les routes maritimes ou par le nord, à Palmyre.

Pétra se tourna alors vers l'agriculture et devint une ville moyenne annexée à l'Empire en 106.

Elle se couvrit de nombreuses églises sous la période byzantine (IVe siècle) avant de perdre de son influence, sous l'effet notamment du tremblement de terre de 747 qui la priva de ses habitants.
«La ville avait commencé à sortir du rocher» (Jamal Abu Hamdan, romancier jordanien)

Pétra (Jordanie), Montée au Deir (photo : Gérard Grégor)Pétra est intiment liée à la pierre : par son nom d'abord (du latin petrus : «pierre»), mais aussi par son environnement exceptionnel. Lovée dans un cirque de 3 km sur 5, protégée par des montagnes pour certaines hautes de 300 mètres, la ville a pour le visiteur des allures de forteresse naturelle. L'impression qu'elle a été taillée dans la falaise est amplifiée par les multiples grottes et chambres rupestres qui s'ouvrent dans le grès aux couleurs changeantes.

L'accès se fait par le sîq («le fossé»), défilé dépassant rarement les 5 mètres de large, encadré de rochers de près de 200 mètres de hauteur. Il est le résultat de l'érosion créée par le wadi («rivière») Mousa. Celui-ci doit son nom à Moïse qui, de son bâton, aurait fait naître une source un peu plus loin. Le problème de l'eau est en effet capital dans cet endroit désertique. La rivière ne suffisant pas à subvenir aux besoins de la cité, les Nabatéens multiplièrent les systèmes pour recueillir et redistribuer l'eau de pluie : barrages, citernes et canalisations permirent finalement de subvenir aux besoins et de développer l'élevage et l'agriculture en terrasses, et même de faire pousser des vignes.
Les Nabatéens au carrefour de plusieurs influences

Remontons les siècles jusqu'au règne d'Arétas IV (1er s. ap. J.-C.) qui marque l'apogée de la civilisation nabatéenne. Le royaume de Philopatris («Ami de son peuple») s'étend alors jusqu'à Damas et au sud de l'Égypte, alors que la ville compte elle-même près de 25.000 habitants.

Parlant une langue issue de l'araméen, le peuple nabatéen a mis au point une écriture considérée comme l'ancêtre de l'arabe. Cette capacité à assimiler diverses influences pour créer une culture propre est également visible dans le domaine de la religion : son panthéon est en effet composé de divinités arabes (comme Dusarès, protecteur des rois) auxquelles ont été assimilés des dieux grecs (Zeus) mais aussi syriens et égyptiens. Ces dieux étaient le plus souvent figurés de façon abstraite par des bétyles, sortes de pierres sacrées.

On trouve à Pétra de d'autres éléments occidentaux dans l'urbanisme (théâtre, colonnade à portique...) ou l'architecture (bas-relief de style hellénistique, chapiteaux corinthiens...). Par ailleurs, le culte des morts, dont témoignent les nombreux tombeaux-tours présents dans toute la ville, est issu de la tradition orientale. Cette diversité explique la personnalité unique de la cité, située à la rencontre de plusieurs civilisations et forte d'une double influence, orientale et occidentale.
Pétra (Jordanie), Tombeau-palais (photo : Gérard Grégor)
Hercule Poirot dans la vallée de la mort

Hergé, Les Aventures de Tintin : Coke en stock, 1958Pétra a été le terrain d'aventures de nombreux héros, de Tintin à Indiana Jones. Mais saviez-vous qu'Agatha Christie, mariée à un archéologue, avait eu l'occasion de visiter le site et s'en était servi comme décor dans son Rendez-vous avec la mort (1938) ? Voici les premières impressions de son héroïne :

Déjà fatiguée par le long trajet en voiture, Sarah se sentait étourdie. Cette promenade à cheval lui produisait l'effet d'un cauchemar. Il lui semblait que l'enfer allait s'ouvrir sous ses pieds. Le chemin descendait en serpentant à travers un labyrinthe de rocs rouges. Dans cette gorge de plus en plus étroite, Sarah suffoquait.
Une pensée lancinante hantait son cerveau : «Je descends dans la vallée de la mort !».
La caravane descendait toujours. La nuit tombait. Le rouge vif des falaises s'assombrit et les touristes poursuivaient leur marche sinueuse, vers les entrailles de la terre.
Sarah songeait : «C'est hallucinant... Une ville morte...»
Les principaux monuments

Pétra compte quelque 700 monuments éparpillés sur plusieurs km2, mais la ville elle-même fait une dizaine de kilomètres de long et se visite à pied.

- le sîq : ce célèbre défilé de 1.200 mètres, autrefois pavé, comporte tout le long de sa paroi une canalisation et de petites niches rendant hommage à diverses divinités. Il était en effet une des principales voies sacrées de la région. Y coulait autrefois le wadi Moussa qui a été détourné après la crue meurtrière de 1963.

- le Khazneh (le «Trésor») : surgissant à la sortie du sîq, ce monument est le plus célèbre des tombeaux de Pétra, taillé dans la roche puis décoré dans le style hellénistique. Il participe au mystère de la ville, puisqu'on ne sait pas quand ni pour quelle personnalité il a été construit. L'urne qui le surmonte a subi des coups de fusil : ne disait-on pas qu'il renfermait le trésor de Pharaon ?
Pétra (Jordanie), Le Khazneh (photo : Gérard Grégor)

- les tombeaux-tours à la façade rectangulaire percée d'une petite ouverture.
Pétra (Jordanie), L'intérieur d'un tombeau (photo : Gérard Grégor)

- la voie à portique ou cardo.
Pétra (Jordanie), Le cardo (photo : Gérard Grégor)

- le théâtre : totalement taillé dans la roche, il pouvait accueillir jusqu'à 6 000 personnes.
Pétra (Jordanie), Le théâtre (photo : Gérard Grégor)

- le Grand temple, appelé «le château de la fille de Pharaon».
Pétra (Jordanie), Le grand temple (photo : Gérard Grégor)

- El-Deir (le «Monastère») : après trois-quarts d’heure d'ascension sur une voie sacrée de 800 marches, on atteint à 1000 mètres d'attitude une terrasse présentant un panorama exceptionnel sur la région.

Sur ce promontoire se dresse le «Monastère» dont la façade égale en largeur celle de Notre-Dame de Paris (48 mètres) ! Ce monument n'était pas un tombeau car il ne renferme aucune niche funéraire, mais sûrement un mausolée commémoratif destiné au culte d'une dynastie.
Pétra (Jordanie), Le Deir (photo : Gérard Grégor)

Le site de Pétra a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985.
Sources

Christian Augé et Jean-Marie Dentzer, Pétra. La cité des caravanes, éd. Gallimard (« Découvertes» n°372), 1999.
Maria Giulia Amadasi Guzzo et Eugenia Equini Schneider, Pétra, éd. Arthaud, 1997.
Marie-Jeanne Roche, Pétra et les Nabatéens, éd. Les Belles Lettres («Des civilisations»), 2009.
Henry Stierlin, Cités du désert. Pétra, Palmyre, Hatra, éd. du Seuil, 1987.


22 août 1812
Pétra sort de l'oubli

Pétra (Jordanie), Le Khazneh vu du siq (photo : Gérard Grégor) Le 22 août 1812 un jeune Suisse de 28 ans retient son souffle.

À l’issue d’une longue marche dans le Sîq, un étroit défilé près de wadi Moussa, dans les montagnes du sud de la Jordanie, il vient d’apercevoir une immense façade sculptée dans le grès rose.

Le jeune voyageur évite toutefois de laisser paraître son émerveillement pour ne pas éveiller les soupçons de son guide.

Officiellement Johann Ludwig Burckhardt, alias Sheikh Ibrahim, ne parcourt le Sîq que pour se rendre au Djebel Haroun – le « mont Aaron» en arabe – et y sacrifier une chèvre au prophète, frère de Moïse…
Et si la Jordanie était reconnue comme l’autre pays de la Bible ?

La Jordanie biblique en 20 sites (hors série, juillet-août 2012, 10 euros)Le récit ci-après de la découverte de Pétra est extrait du somptueux hors-série publié par Le Monde de la Bible et La Croix : « La Jordanie biblique en 20 sites » (sortie en kiosque, été 2012, 10 €).

Même si, en Jordanie, les traces des événements et des héros des Ancien et Nouveau Testaments semblent éparses, elles n’en demeurent pas moins fort nombreuses avec plus d’une vingtaine de sites qui nous parlent de Moïse et de Jésus, en passant par Jacob, Ruth, Loth, ou Jean-Baptiste pour ne citer que les plus célèbres personnages.

L’apôtre Paul aussi aurait séjourné dans le royaume nabatéen, ainsi que l’évoque une lettre aux Galates.
Pétra entre mythe et réalité

Après des siècles d’oubli, le jeune homme est le premier Européen à découvrir le spectacle grandiose de la Khazneh, ce monument qui deviendra bientôt l’emblème de Pétra, l’antique capitale des Nabatéens.

Comment celle-ci a-t-elle pu sortir des mémoires occidentales ? Le premier facteur est géographique : la cité est nichée dans une région semi-désertique, à l’écart des grandes voies de communication, au cœur d’un massif gréseux très difficile d’accès. Depuis des siècles, elle est redevenue un lieu de pâturage et d’habitat saisonnier pour les populations nomades de la région.

L’autre facteur, c’est la relative discrétion des sources antiques sur Pétra, dont aucune ne permet de situer exactement la cité. Les textes grecs les plus développés sont ceux de Diodore de Sicile et de Strabon. Si l’un et l’autre désignent Pétra comme la capitale des Nabatéens, un peuple arabe caravanier qui s’est enrichi par le commerce des épices et de l’encens, ils en donnent deux images assez contradictoires.
L'entrée du Siq, 9 mars 1839, lithographie de Louis Hague, in David Roberts, The Holy Land, Londres, 1842-1849, DR

Diodore rapporte le témoignage oculaire de l’historien Hiéronyme de Cardia, contemporain d’Alexandre le Grand : « Les Nabatéens vivent en plein air [...], ils ont pour coutume de ne pas semer de grains, de ne pas planter d’arbres fruitiers, de ne pas boire de vin et de ne pas construire de maisons. » Bref, ce sont des nomades. Diodore relate aussi deux expéditions ordonnées contre eux par le roi Antigone le Borgne, successeur d’Alexandre : la « Roche » qu’attaque l’armée hellénistique et qui est vraisemblablement Pétra n’apparaît pas comme une ville mais plutôt comme un refuge, protégé par la nature et permettant aux tribus nomades de mettre à l’abri leurs richesses.

Strabon au contraire, s’appuyant sur le témoignage du philosophe Athénodore qui a visité Pétra au tournant de l’ère chrétienne, décrit la capitale des Nabatéens comme une véritable ville, avec de l’eau en abondance, des jardins et de coûteuses maisons en pierre : en trois siècles, les nomades se sont sédentarisés et sont devenus des citadins installés dans une ville luxueuse. Voilà ce que les érudits occidentaux savent de Pétra lorsque Burckhardt vient la tirer de l’oubli en août 1812.
Johann Ludwig Burckhardt, anonyme
Un explorateur avisé

Issu d’une grande famille bâloise, Johann Ludwig Burckhardt est né à Lausanne en 1784. Après de solides études dans les universités de Leipzig et de Göttingen, il se destinait à une carrière diplomatique mais des difficultés familiales – son père était résolument antinapoléonien – l’ont contraint à s’exiler à Londres en 1806.

Deux ans plus tard, ayant perdu tout espoir de décrocher un poste, il offre ses services à l’Association for Promoting the Discovery of the Interior Parts of Africa ou African Association. On l’envoie à Cambridge apprendre l’arabe. Puis, en 1809, il s’embarque pour Malte et, de là, pour la Syrie où il s’installe à Alep. Désormais, il a adopté le costume local, s’est laissé pousser la barbe et se fait appeler Sheikh Ibrahim : son objectif est de s’accoutumer à l’accent et aux coutumes du pays pour se faire ensuite passer pour un commerçant syrien et voyager incognito.

En juin 1812, s’estimant suffisamment préparé, il se met en route pour Le Caire, avec pour destination finale le Fezzan. En chemin, probablement non loin de la forteresse croisée de Shawbak, il entend parler de ruines fabuleuses qui se situeraient dans un lieu appelé Wadi Mousa, « la vallée de Moïse » ; d’après une tradition islamique, il s’agit d’une des douze sources que Moïse aurait fait jaillir au cours de l’Exode en frappant la roche de son bâton (...).

Diodore rapporte le témoignage oculaire de l’historien Hiéronyme de Cardia, contemporain d’Alexandre le Grand : « Les Nabatéens vivent en plein air [...], ils ont pour coutume de ne pas semer de grains, de ne pas planter d’arbres fruitiers, de ne pas boire de vin et de ne pas construire de maisons. » Bref, ce sont des nomades. Diodore relate aussi deux expéditions ordonnées contre eux par le roi Antigone le Borgne, successeur d’Alexandre : la « Roche » qu’attaque l’armée hellénistique et qui est vraisemblablement Pétra n’apparaît pas comme une ville mais plutôt comme un refuge, protégé par la nature et permettant aux tribus nomades de mettre à l’abri leurs richesses.

Strabon au contraire, s’appuyant sur le témoignage du philosophe Athénodore qui a visité Pétra au tournant de l’ère chrétienne, décrit la capitale des Nabatéens comme une véritable ville, avec de l’eau en abondance, des jardins et de coûteuses maisons en pierre : en trois siècles, les nomades se sont sédentarisés et sont devenus des citadins installés dans une ville luxueuse. Voilà ce que les érudits occidentaux savent de Pétra lorsque Burckhardt vient la tirer de l’oubli en août 1812.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:14

Alep
Patrimoine en sursis

Le 30 septembre 2012, la guerre civile a frappé le vieux souk d'Alep, l'un des plus vastes d'Orient avec ses 1500 échoppes. Le cœur historique de la deuxième ville de Syrie a été, semble-t-il, détruit par les flammes. Avec lui, c'est un patrimoine inestimable qui risque de disparaître dans les combats qui ravagent la Syrie depuis 2011...


30 septembre 2012,
La guerre civile en Syrie frappe le souk d'Alep

Le 30 septembre 2012, la guerre civile frappe le vieux souk d'Alep, l'un des plus vastes d'Orient avec ses 1500 échoppes. Le cœur historique de la deuxième ville de Syrie est en grande partie détruit par les flammes. Avec lui, c'est un patrimoine inestimable qui risque de disparaître dans les combats qui ravagent la Syrie depuis 2011.
Isabelle Grégor
Indiscrétion dans le vieux quartier chrétien d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net
Aux sources de la civilisation. On peut lire sur le sujet Ross Burns, Monuments de Syrie, guide historique (Ross Burns, éd. Dummar, 1998) et l'excellent livre d'Henri Stierlin : L'Art de l'Islam, Méditerranée (Gründ).

Alep, avec Damas, revendique le titre de «plus ancienne cité habitée au monde de façon continue». Il est vrai qu'elle apparaît dans les archives des Hittites il y a 4.000 ans sous le nom de Halap. Elle vit passer nombre de conquérants, des Assyriens (VIIIe s. av. J.-C.) à Alexandre (IVe s. av. J.-C.), sans oublier les Grecs puis les Romains qui la négligèrent.

Une importante communauté chrétienne s'y développe avant que les Arabes s'y installent en 637. En 962, les troupes byzantines de Nicéphore Phocas saccagent la ville. Elle est deux siècles plus tard relevée par Nour el-Din. L'émir turc qui donne aux vieux quartiers leur configuration actuelle. Le Moyen Âge voit l'apogée de la cité devenue la capitale du fils de Saladin qui en fait une des principales places marchandes de la région.

Le minaret de la grande mosquée d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net En 1516, c'est au tour des Ottomans de s'y implanter. Sous leur tutelle, Vénitiens, Français et Anglais s'invitent dans ce lieu commercial stratégique. Ces nations finissent par s'en désintéresser au profit de leurs colonies, marquant ainsi le déclin de la ville de nouveau fragilisée par un important séisme en 1822.

L'arrivée du chemin de fer en 1906 lui permet de garder ses liens avec l'Europe et de se lancer dans la modernité avec plus d'ardeur que sa rivale, Damas. Depuis l'indépendance de la Syrie en 1946, Alep se présente comme la capitale du nord avec une population de près de deux millions d'habitants, vivant essentiellement de la production de coton.
La citadelle

La citadelle d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net Au cœur de la ville se dresse l'ancien tell de la cité néo-hittite (Xe s. av. J.-C.).

Ce monticule artificiel de près de 40 mètres de haut supporte aujourd'hui la citadelle médiévale, chef-d'oeuvre de l'architecture militaire et gardienne de la ville.

On dit qu'Abraham fit à cet endroit une halte pour traire sa vache rousse. Plus sérieusement, les Séleucides y érigent une première place forte au IVe s. av. J.-C..

L'empereur romain Julien y procède à un sacrifice religieux peu avant de trouver la mort au combat.

À la fin du XIIe s., le fils et successeur du sultan Saladin consolide la citadelle et l'entoure d'un fossé large de 30 mètres. Pour empêcher tout assaut, il fait recouvrir les pentes inclinées de larges dalles glissantes, retenues par des restes de colonnes antiques.
La citadelle d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net

Meurtrières, angles droits des couloirs et autres chemins de ronde complètent le dispositif sur lequel se brisèrent tous les efforts des Francs. Certains cependant y pénétrèrent, mais couverts de chaînes : ce fut le cas de Renaud de Châtillon, prince d'Antioche, qui y passa seize années de sa vie. Les Mongols en vinrent cependant une première fois à bout au XIIIe s., avant que Tamerlan ne la détruise en 1400.
La vieille ville

Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, la vieille ville d'Alep, avec son labyrinthe de venelles, est devenue un terrain de bataille dans la guerre civile, en 2012. Il en est résulté des dommages immenses pour ses monuments patrimoniaux.
Le souk d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net
Quel souk !

Le souk d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net Depuis le XIIe siècle, sur plus de 10 kilomètres d'allées en contrebas de la citadelle, les petites boutiques du vieux marché s'alignent suivant leur spécialité dans un désordre très organisé.

Le marché d'Alep (souk en arabe, bazar en persan) est un bel exemple de l'organisation des anciens quartiers commerciaux dans les villes arabes.

Installés au cœur des cités antiques, ils étaient constitués de toiles tendues sur les anciens monuments puis furent remplacés par des boutiques en dur qui ont fait disparaître la belle ordonnance grecque ou romaine.

Le souk d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net Au IX s., les Qarmates, membres d'une secte chiite, organisèrent ces ensembles en veillant à la qualité des produits et créant des taxes.

L'ordre, malgré les apparences est partout : au plus près de la mosquée se trouvent les activités les plus pures (orfèvres, vendeurs de tissus ou livres).

Puis viennent les produits moins nobles : épices, alimentation puis tannerie.

Les boutiques, minuscules, se ferment par un volet de bois qui sert de comptoir.

Elles s'alignent le long de ruelles très étroites qui ne permettent souvent que le passage d'ânes ou de petites charrettes qui se faufilent dans cet univers de couleurs et de saveurs.
La Grande Mosquée

Au cœur de la vieille ville, elle a été voulue par le calife omeyyade Souleiman au VIIIe s. mais la majeure partie de la construction date des Mamelouks, au XVe s.

Elle a été bâtie dans l'enceinte de la cathédrale, qui avait elle-même pris la place de l'agora romain.

Son minaret carré de 45 mètres de haut est un des chefs-d'oeuvre de l'art seldjoukide.
La grande mosquée d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net
Le khan al-Wazir

Le caravansérail désigne dans le monde oriental l'auberge où s'arrêtent voyageurs et marchands, avec, autour d'une cour carrée, les locaux pour les ballots de marchandises et les bêtes, et à l'étage les chambres.

Ce caravansérail monumental du XVIIe s., parfaitement conservé, rappelle qu'Alep était avant tout un site commercial. On peut noter, sur les deux fenêtres de sa façade, d'un côté une croix et de l'autre le haut d'un minaret. La légende raconte qu'elles sont l'oeuvre de deux artisans, l'un chrétien et l'autre musulman. Elle rappelle que la Syrie, sous l'autorité des califes, a toujours connu une grande diversité religieuse.
L'entrée du caravansérail d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net
L'hôpital Argoun

Construit au XIVe s., le bâtiment resté intact présente dans les anciennes cellules des malades une exposition sur la riche histoire de la médecine arabe.
L'hôpital Argoun, Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net
Jdéïdé, le quartier chrétien

Construit à partir du XVIIe s. par les marchands chrétiens maronites et arméniens enrichis dans le commerce du textile, ce quartier se compose de petites ruelles dallées et passages voutés.
Le quartier chrétien d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net
Le savon d'Alep

Si la pistache a participé à la fortune d'Alep, c'est le savon qui a fait sa gloire. Connu depuis l'Antiquité, son usage a été développé par l'Islam qui fait de la propreté du corps une de ses priorités.

Le savon d'Alep (Syrie), photo : Gérard Grégor, Herodote.net Toujours en activité, les savonneries font la réputation d'Alep depuis l'époque ayyoubide, au XIIe s. À la veille de la guerre civile, elles produisaient encore 25.000 pièces par jour (6 tonnes).

Composé d'un savant mélange d'huile d'olive, d'eau, de soude et de laurier bouilli dans d'énormes chaudrons, le savon est coulé sur le sol des fabriques où il demeure plusieurs mois, le temps que la pâte durcisse et se couvre d'une croûte verte empêchant la déshydratation du mélange. L'ensemble est ensuite débité en pains qui vont de nouveau sécher pendant neuf mois. Ils étaient alors autrefois vendus aux enchères dans le souk as-Saboun («marché du savon»).
Le musée d'Alep

Le musée d'Alep (Syrie), déesse de Mari, photo : Gérard Grégor, Herodote.net Bâtiment moderne sans charme, le musée archéologique d'Alep a pourtant une importance considérable : il renferme les trésors archéologiques de la région, en particulier des villes de Mari (XXXe s. av. J.-C.), d'Ebla (XXIV s. av. J.-C.) et d'Ougarit (XIIIe s. av. J.-C.) qui sont aux sources de la civilisation.

Une partie des vestiges du temple araméen de Tell Halaf (Xe s. av. J.-C.) y sont également visibles.

Ils sont d'autant plus précieux que la majorité des découvertes, en particulier les statues colossales en basalte, a été détruite ou gravement endommagée dans des bombardements à Berlin en 1943. À partir de milliers de débris, certaines ont été reconstituées et se trouvent aujourd'hui au musée de Pergame (Berlin).
Le musée d'Alep (Syrie) : vestiges de Tell Halaf, photo : Gérard Grégor, Herodote.net
Bibliographie
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:15

Ornans
Au pays de Gustave Courbet

Gustave Courbet à Ornans (photo : musée Courbet)Le peintre Gustave Courbet, contemporain du Second Empire et de Napoléon III, demeure très populaire avec ses toiles monumentales qui illustrent de façon réaliste la France de son époque.

Fils de paysans jurassiens, il fait la fierté de sa ville natale, Ornans (Doubs), un bourg de 4.000 habitants, dans les montagnes du Jura, entre Besançon et Pontarlier.

Il naît le 10 juin 1819 dans une maison bourgeoise au bord de la Loue, la maison Hébert, où s'est établie provisoirement sa famille suite à l'incendie de la ferme familiale, au lieu-dit le Flagey.

Dès la mort du peintre en exil en Suisse en 1877, sa soeur Juliette décide de lui consacrer un musée. Il sera installé dans la maison Hébert et finalement inauguré en 1971.
Le musée Courbet à Ornans (photo : Varlet, conseil général du Doubs)

Agrandi quarante ans plus tard à l'initiative du Conseil général du Doubs, il a réouvert le 1er juillet 2011.

Vue sur la Loue et Onans du musée Courbet (photo : Varlet, conseil général du Doubs)Le musée Courbet compte un fonds permanent de 70 œuvres qui rappellent pour l'essentiel la jeunesse du peintre et présente régulièrement des expositions sur l'école de Courbet et ses disciples, d'hier à aujourd'hui.

Judicieusement réaménagé, le musée Courbet offe par ailleurs de très belles vues sur la rivière qui baigne ses pieds, sur la vieille ville et sur les falaises environnantes qui ont beaucoup inspiré l'artiste.
Le musée Courbet à Ornans (photo : Varlet, conseil général du Doubs)

La ferme de Flagey, près d'Ornans (photo : musée Courbet)La ferme de Flagey, à quelques kilomètres d'Ornans, est quant à elle devenue un lieu de vie et d'échanges culturels ouvert au public.

Les chambres de la famille ont été modernisées et converties en chambres d'hôtes.

Un point de départ pour des randonnées aux roches ou aux sources de la Loue, sur les sentiers qu'a arpentés Courbet armé de son chevalet.

En 1858, Gustave Courbet, qui est devenu à Paris un peintre à la mode mais n'a pas oublié ses jeux d'enfance, décide de se rapprocher d'Ornans.

Gustave Courbet devant son atelier à Ornans (photo : musée Courbet) Il aménage un atelier spacieux dans une fabrique entourée d'arbres, à l'orée de la ville.

Là, il travaille mais aussi reçoit ses amis parisiennes (et leurs compagnes du moment). Il donne des fêtes et organise des parties de chasse, une passion héritée de sa jeunesse.

Cet atelier, saccagé pendant la guerre franco-prussienne puis reconverti en dépôt de vins, a été racheté par la ville et pourrait à son tour devenir un lieu de mémoire.
Le chêne de Flagey chez lui
Gustave Courbet, Le chêne de Flagey, 1864

Le chêne de Flagey (1864) est l'une des oeuvres les plus originales du «maître-peintre d'Ornans». Sa première particularité tient à sa composition : l'arbre s'impose à la vue en occupant presque tout l'espace de la toile. Une deuxième particularité tient à son sous-titre : Chêne de Vercingétorix, camp de César près d'Alésia, Franche-Comté, une pique à l'adresse de Napoléon III qui se passionnait pour Vercingétorix et avait officialisé l'avis de la majorité des historiens selon lequel Alésia se situerait en Bourgogne plutôt qu'en Franche-Comté.

Claude Jeannerot, président du Conseil général du Doubs, et Michimasa Murauchi (photo : Conseil général du Doubs)D'abord vendu à un Américain, le tableau est passé en 1983 entre les mains d'un industriel japonais, grand amateur d'art, Michimasa Murauchi

Le Conseil général du Doubs a lancé une souscription auprès du public français qui a permis de le racheter pour 5 millions d'euros et de l'installer le 9 mars 2013 à la place d'honneur dans le musée d'Ornans.


Gustave Courbet (1819 - 1877)
Bourgeois et socialiste

Gustave Courbet cultive une technique de peinture conventionnelle mais se veut révolutionnaire et provocateur par le choix des sujets, ce qui lui vaut d'être désigné comme le chef de file de l'école réaliste sous le règne de Napoléon III, aux côtés d'Honoré Daumier et Jean-François Millet.
Un autre regard

Gustave Courbet, L'homme à la pipe (autoportrait, 1846), musée Fabre, Montpellier

Gustave Courbet passe les années heureuses de l'enfance dans la ferme familiale de Flagey. À 14 ans, il entre pour cinq ans au petit séminaire d'Ornans. Il perd complètement la foi mais découvre la peinture sous la direction d'un professeur attentionné, le père Beau.

Il poursuit sa formation à l'Académie de Besançon et «monte» enfin à Paris.

À grand renfort de cours privés et de travail personnel, avec le soutien aussi du marchand néerlandais Hendrik Jan Van Wisselingh, il se fait enfin remarquer au Salon de 1850-1851 avec trois toiles monumentales : Une après-dîner à Ornans, Les casseurs de pierre et surtout Un enterrement à Ornans. Cette toile est une forme de parodie du Sacre de Napoléon par David. Les personnages sont montrés à taille réelle mais dans toute leur crudité et leur médiocrité.
Un enterrement à Ornans, 1851, Gustave Courbet, musée d'Orsay, Paris

Ces toiles sont le reflet de la nouvelle esthétique réaliste dont Courbet s'affirme le chef de file, en rupture avec la peinture académique et les sujets mythologiques ou historiques.
Foin de convenances

Bourgeois voltairien et anticlérical, convaincu de son génie («Je peins comme un Dieu», dit-il), Gustave Courbet ne s'embarrasse pas de convenances, aidé en cela par la bienveillance du pouvoir impérial. Si conservateur soit-il, celui-ci traite ses artistes avec l'indulgence d'un père pour ses garnements.

L'artiste se rapproche en 1863 du penseur anarchiste Joseph Proudhon (il peindra à sa mort un célèbre portrait du penseur entouré de ses filles).

Conséquent avec lui-même, il refuse en 1870 la Légion d'honneur proposée par le gouvernement de Napoléon III. Après que celui-ci eut été renversé par les républicains, il participe à la Commune de Paris comme conseiller municipal du 6e arrondissement et président d'une Commission pour la protection des beaux-arts. Un décret inspiré par ladite commission ordonne d’abattre la colonne Vendôme, témoin honni de l'ère napoléonienne. Il semble toutefois que Courbet était absent lorsque la décision a été prise et que lui-même préconisait simplement qu’elle soit déplacée.


Arrêté le 7 juin 1871 et interné à Sainte-Pélagie, le peintre est condamné à six mois de prison et à une forte amende en raison de sa participation à la Commune.

Après quoi, il reprend son atelier à Ornans et s’entoure de plusieurs élèves. Mais cette trêve ne dure pas. Il est poursuivi en justice sous l’accusation d’avoir fait abattre la colonne Vendôme pendant la Commune. Ses biens sont saisis et il doit s’exiler en Suisse.

C'est là, à La Tour-de-Peilz, près du lac Léman, qu'il finit ses jours le 31 décembre 1877, à 58 ans.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:16

Angkor
Le sourire des dieux

Le temple du Bayon (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)«Du ciel seul a pu tomber sur la terre Angkor, prodigieux fragment des royaumes stellaires, précipité par sa chute dans le féérique décor des forêts équinoxiales» (Roland Meyer, Saramani, 1907).

Isabelle Grégor nous emmène à la découverte du plus fabuleux site d'Asie tropicale, Angkor. Cet ensemble exceptionnel de «temples-montagnes» a été érigé il y a un millénaire au Cambodge.

Préparons-nous à une promenade onirique tissée de témoignages littéraires, dessins et photographies de Gérard Grégor et Brice Charton..
Bibliothéque de Y'becca et d'Alexandrie.

Angkor
Le sourire des dieux

La découverte de ce bijou de l'architecture mondiale ne peut laisser indifférent.

Nouvelle Atlantide pour les uns, Versailles des Khmers pour les autres, la plus grande cité médiévale encore visible aujourd'hui occupe un parc archéologique de 400 km2 au cœur du Cambodge. Mais les visiteurs d'hier comme d'aujourd'hui ont-ils vraiment percé tous les secrets de celle dont le nom signifie simplement «la ville» ? Joignons-nous à eux pour découvrir son histoire et la fascination que la cité morte a créée.
Louis Delaporte, Vue générale des façades orientales de Bayon prises de l'entrée des terrasses, 1891, Paris, musée Guimet
Au pays du serpent Nâga

Il ne faut pas se fier à l'allure peu avenante du Nâga : ce cobra à plusieurs têtes aux yeux exorbités est en fait le protecteur des eaux qui sont à la base de la civilisation khmère. Ne dit-on pas que ses premiers souverains, les rois du Fou-nan (Ve s.) seraient les descendants d'un brahmane indien et d'une princesse-serpent locale ?

Fenêtre d'Angkor Vat (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)Ce n'est pas un hasard : située le long du golfe de Thaïlande, la région bénéficie en son centre d'un Grand Lac (le Tonlé Sap), régulateur du Mékong, qui se transforme en véritable petite mer intérieure à la saison des pluies. Un vivier inépuisable !

Les populations locales vont donc devoir devenir expertes en hydraulique : au fil des siècles, des systèmes de digues et de canaux, toujours plus perfectionnés, vont permettre la création des «barays» (bassins) et le développement de la riziculture. Tous les ingrédients sont là pour la création d'un royaume puissant : il ne manque plus qu'un bâtisseur...

Parvenu au pouvoir à la fin du VIIIe siècle, Jayavarman 1er, souverain khmer du Kambuja, libère le pays de la tutelle de Java avant de l'unifier dans un royaume très centralisé autour de sa personne. En 802, il transporte sa capitale sur le site de la future métropole d'Angkor.

S'instaure alors un véritable culte pour la personne royale qui va s'associer aux religions déjà présentes : le brahmanisme et le bouddhisme, venus d'Inde.

Dans le même temps, les «souverains universels» s'attachent à créer des cités organisées autour des temples-montagnes, pour leur plus grande gloire, bien sûr.

C'est ainsi qu'à la fin du IXe s. le site d'Angkor commence à sortir de terre. En 881 est construit le premier temple-montagne le Bakong, en référence à la cosmologie hindouiste.

Barattage de l'Océan de lait, XIIe s., Paris, musée GuimetAngkor ne va cesser de grandir et d'embellir au fil des règnes de chaque roi qui s'empresse dès son arrivée au pouvoir de bâtir sa propre «ville». Composé de bâtiments civils et religieux disposés dans un carré, l'ensemble a pour fonction de recréer l'univers : entouré de bassins symbolisant l'océan primitif, il représente la terre, elle-même reliée au ciel par le temple-sanctuaire central du roi, intermédiaire des dieux. Et bien sûr, pour séduire les divinités, ces bâtiments se devaient d'être grandioses !
«La ville-séjour de la gloire»

Yasodharapura, la première cité d'Angkor, va donc devenir petit à petit une capitale brillante malgré des situations politiques parfois confuses. L'empire khmer est en effet affecté par les rivalités personnelles au sommet de l'État tout comme par les guerres avec ses voisins, notamment le royaume du Champa (à cheval sur le Cambodge et le Vietnam actuels).

Le Champa est envahi et annexé en 1145 sous le règne de Suryavarman II. Ce roi guerrier est aussi un grand constructeur puisqu'il est à l'origine du temple prestigieux d'Angkor Vat, joyau de l'art khmer.
Angkor Vat - défilé de l'armée du roi Suryavarman II (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)

Quelques années plus tard, en 1181, son successeur Jayavarman VII inaugure un règne qui voit la cité atteindre son apogée. On estime que près de 250.000 personnes y vivent alors, chiffre considérable puisqu'à la même époque Paris compte à peine 80 000 habitants !

Le temple du Bayon (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)Le nouveau roi se lance dans une frénésie de constructions, faisant élever, pendant ses trente ans de règne, plus de bâtiments à lui seul que tous ses successeurs réunis... On lui doit les fortifications qui entourent la ville mais aussi les temples de Ta Prohm, Preah Khan et bien d'autres.

Avec la cité d'Angkor Thom et son Bayon, il donne un écrin unique au Mahâyâna, forme du bouddhisme valorisant la compassion. Même les murs se mettent à sourire !

La mort du roi marque le retour de l'hindouisme avant que le bouddhisme ne revienne en force dans toute la région sous l'influence des envahisseurs thaïs.
Bas-relief du Bayon, Angkor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)

Ceux-ci détruisent les systèmes hydrauliques et provoquent le retour des fièvres, rompant le fragile équilibre qui avait apporté la prospérité à la région.

Elle-même attaquée plusieurs fois, Angkor est finalement abandonnée en 1431 au profit de Chadomukh, future Phnom-Penh. La belle cité va alors entrer dans le silence...


Promenade dans les ruines d'Angkor

Banteay-Srei, Angkor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)La quasi-totalité des vestiges sont des bâtiments religieux à l'exception de la terrasse des éléphants qui était la base de la salle du trône et de la terrasse du Roi Lépreux. Ces temples-montagnes adoptent la symbolique du mont Meru, une montagne mythique considérée par la cosmogonie hindoue comme l'axe du monde et le lieu de séjour des dieux.

Ces monuments ont seul résisté au temps et aux intempéries car ils étaient construits en pierre, généralement en grès. Les habitations ordinaires l'étaient en bois et n'ont pas survécu au départ des habitants (un sort qui n'est pas sans rappeler celui des cités mayas du Guatémala et du Yucatan).
- Le Banteay Srei : le joyau

Ce petit monument doit sa taille au statut de son créateur : l'œuvre d'un simple brahmane ne pouvait égaler les temples des rois ! Qu'à cela ne tienne... Il suffit de diminuer l'échelle de moitié, et tant pis si la hauteur des portes doit culminer à 1m 30 ! Édifié en 967 pour honorer Shiva, il présente une profusion impressionnante de bas-reliefs d'une finesse extrême.

Sur presque chaque centimètre de sa pierre rose se déroulent, dans des décors de dentelles, des scènes du Ramayana, épopée hindoue du dieu Rama.
Banteay-Srei, Angkor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)
- Angkor Vat : le symbole

D'une surface de près de 2 km2, ce temple devenu le symbole du Cambodge et figure d'ailleurs sur le drapeau national. Dédié au dieu Vishnou, il a été construit en 37 ans sous le règne de Suryavarman II, au début du XIIe siècle.

Aisément reconnaissable avec ses cinq tours imposantes, Angkor Vat est protégé par une large douve de 190 mètres de largeur, qui le fait ressembler à un palais flottant... et lui a permis de ne pas être envahi par la forêt. C'est de ce fait le temple le mieux conservé du site.

Angkor Vat – apsara ou danseuse céleste (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)Angkor Vat réunit les trois caractéristiques majeures de l'architecture khmère, soit les douves, la pyramide et les galeries concentriques. Les douves représentent les océans mythiques qui entourent la terre. Les galeries concentriques représentent les chaînes de montagne qui l'entourent.

Le monument, orné de près de 1500 apsaras (nymphes ou danseuses célestes) toutes différentes, a longtemps intrigué les voyageurs comme le naturaliste Henri Mouhot qui en reste... confondu : «Qui nous dira le nom de ce Michel-Ange de l'Orient qui a conçu une pareille œuvre, en a coordonné toutes les parties avec l'art le plus admirable […] et qui, non content encore, a semblé partout chercher des difficultés pour avoir la gloire de les surmonter et de confondre l'entendement des générations à venir !» (Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos, 1868).
Vue générale d'Angkor Vat (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)
- Angkor Thom et le Bayon : le chef-d’œuvre

Bayon, sourire de pierre - Angkor (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net, 2013)Érigée à partir de la fin du XIIe, «la Grande cité» renferme, entre autres monuments, les célèbres terrasses «des éléphants» et du «roi lépreux», seuls vestiges civils d'Angkor.

Mais c'est surtout le Bayon qui lui a permis d'entrer dans la légende : s'y dressent en effet 54 tours sur lesquelles les visages du Bouddha-roi, dirigés aux quatre points cardinaux, nous sourient avec douceur. Ne subsistent aujourd'hui que 37 de ces tours...
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:16

Nécropole de Notre-Dame-de-Lorette
L'anneau de la mémoire

Située près d'Arras, sur une colline de la commune d'Ablain-Saint-Nazaire, Notre-Dame-de-Lorette est la plus grande nécropole militaire de France.

Plus de 40.000 combattants français y reposent, dont la moitié dans des tombes individuelles. Tous sont tombés pendant la Grande Guerre, sur les champs de bataille de l'Artois et des Flandres.

En octobre1914, les Allemands s'emparèrent de ce promontoire surmonté d'une chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Lorette, d'où l'on domine toute la plaine d'Artois.

Il s'ensuivit différentes offensives autour de ce lieu stratégique. Les principales eurent lieu :
- durant la deuxième offensive de l'Artois, en mai-juin 1915 : les Français, commandés par le général Philippe Pétain, natif des environs, n'arrivèrent pas à reprendre aux Allemands la crête de Vimy, proche de Notre-Dame de Lorette,
- durant la bataille d'Arras, conduite par les Anglo-Saxons du 9 avril au 16 mai 1917, en soutien à l'offensive malheureuse du général Nivelle sur le Chemin des Dames, plus au sud ; les Canadiens arrivèrent à cette occasion à s'emparer enfin de la crête de Vimy,
- durant la contre-offensive allemande de mars 1918.

Une association du souvenir de Notre-Dame-de-Lorette veille sur les lieux depuis l'inauguration de la nécropole en 1925. Tous les ans, du dimanche des Rameaux au 11 novembre, elle accueille les visiteurs.

Une basilique, en son centre, rappelle l'ancienne chapelle du lieu et associe l'Église catholique au souvenir du drame. Cette entorse à la laïcité est un témoignage d'ouverture de la part de Monseigneur Julien, évêque d'Arras et partisan du rapprochement entre l'Église et la République pendant la Grande Guerre.
Anneau de la mémoire, Nécropole militaire de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais, 2014), DR
Six cent mille soldats morts au champ d'honneur

Le monument de forme elliptique inauguré à proximité de la nécropole le 11 novembre 2014 - l'« anneau de la mémoire » - rappelle à notre souvenir les noms et prénoms de près de 600.000 combattants de toutes nationalités tombés dans les Flandres et l'Artois en 1914-1918.

Anneau de la mémoire, Nécropole militaire de Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais, 2014), DRParmi eux 394.000 Britanniques, 194.000 Allemands, 106.000 Français mais aussi deux mille Portugais et quelques centaines de Russes, morts dans les camps de prisonniers.

Conçu par l'architecte Philippe Prost, avec le concours de l'historien Yves Le Maner, ce mémorial émouvant témoigne du caractère universel du drame par la litanie des noms, gravés dans l'ordre alphabétique, sans considération de nationalité ou de camp.


1914-1918
Commémorations de la Grande Guerre

Près d'un siècle après, la commémoration de l'Armistice demeure l'un des moments forts de la vie civique dans les grands pays européens, en France, en Belgique, au Royaume-Uni, mais aussi en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande...

L'Allemagne fait exception. Elle garde de novembre 1918 le souvenir d'une dramatique période assombrie par la famine, les troubles révolutionnaires, l'agitation politique et bien sûr le retour des soldats du front, humiliés mais « invaincus » du point de vue officiel. Aussi n'a-t-elle jamais fait le deuil de cette tragédie, laquelle est aujourd'hui occultée dans sa mémoire par celle du nazisme.
À chaque commune son lieu de mémoire

Parmi les grands pays, la France est celui qui a payé le tribut le plus élevé à la Grande Guerre (3,4 morts pour 100 habitants), d'où la profusion de monuments aux morts dans ce pays plus qu'en aucun autre...

Le monument aux morts de Bastia (DR)De 1920 à 1925, la France va se doter d'environ 30.000 monuments aux morts, chaque commune ayant à coeur d'honorer ses morts et disparus.

Ces ensembles statuaires de plus ou moins bon goût mais toujours émouvants avec leur liste de tués et de disparus deviennent un nouveau lieu d'expression de la vie civique.

La dimension exceptionnelle de la Grande Guerre n'échappant à personne, la France et les autres belligérants ont instauré par ailleurs de nouveaux rites pour en rappeler le souvenir.

À l'occasion du premier anniversaire de l'armistice de 1918, la France a ainsi inventé le cérémonial de la « minute de silence » en hommage aux victimes du conflit.

L'année suivante, le 11 novembre 1920, la IIIe République célèbre son cinquantenaire en transférant le coeur de Gambetta au Panthéon et, pour la première fois, rend hommage à un Soldat inconnu mort pendant la guerre, représentant anonyme de l'ensemble des « poilus » morts pour la France. D'autres pays comme la Belgique et le Royaume-Uni adoptent le même rituel.
Un coquelicot pour se souvenir

Contre l'avis des autorités françaises, peu soucieuses de rajouter un jour chômé au calendrier, les anciens combattants obtiennent que le 11 novembre, anniversaire de la cessation des combats, devienne un jour férié et chômé. C'est chose faite à partir de 1922.

L'anniversaire de l'Armistice est devenu depuis lors l'une des fêtes civiques les plus marquantes en France, mais aussi en Belgique et au Canada. Il est également commémoré avec ferveur - mais non chômé - en Grande-Bretagne, ainsi qu'aux États-Unis sous le nom de Veterans Day.

Dans les pays anglo-saxons, les anciens combattants, les officiels et aussi les particuliers communient dans le souvenir des morts en portant un coquelicot de papier à la boutonnière. Cette fleur a une prédilection pour les sols fortement remués et, pour cette raison, s'épanouit dans les champs de bataille et les cimetières militaires. Cette particularité lui a valu d'être évoquée dans des poèmes à la mémoire des soldats défunts.

On dit que deux jours avant l'armistice du 11 novembre 1918, une Américaine eut l'idée d'arborer un coquelicot sur la poitrine. Son idée fut aussitôt reprise par ses concitoyens et, en 1921, le feld-maréchal Douglas Haig encouragea la vente de coquelicots en papier par la Légion britannique en vue d'amasser des fonds pour les anciens combattants pauvres et invalides (British Poppy Day Appeal).
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Publié ou mis à jour le : 2016-06-28 18:42:25
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Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Giloubat (10-11-2014 22:57:52)
Auguste Thin a expliqué son choix de l'Inconnu. Il aurait souhaité choisir le cercueil provenant du secteur où il avait combattu, mais il ignorait lequel. Après avoir fait deux fois le tour des cercueils, il a pensé au n° de son régiment 132ème dont il a additionné les chiffres 1+3+2 soit 6. Affecté à la 6ème compagnie, il a vu un signe dans ce chiffre et à désigné le 6ème cercueil. C'est lui qui repose sous l'Arc de Triomphe.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:17

le reve d'un homme à la grandeur d'un peuple :

Tianjin (Tien Tsin)
Quel avenir pour les concessions occidentales ?

Au début du XXe siècle, toutes les cultures se rencontraient à Tianjin (Tien Tsin), avant-port de Pékin. Il reste de cette époque de beaux témoignages architecturaux hélas menacés par le développement anarchique de la Chine moderne.

Disposant d'un patrimoine d'environ mille maisons et bâtisses de facture occidentale, construites entre 1860 et 1940, la municipalité de Tianjin (ou Tien Tsin) entreprend aujourd'hui leur réhabilitation à marche forcée.
François de la Chevalerie

Les Occidentaux prennent pied en Chine

Au milieu du XIX siècle, les pourtours du fleuve Hai intéressent les puissances européennes. À 120 kilomètres de Pékin, elles cherchent un site où s'établir. Créée au quinzième siècle, Tianjin (en mandarin, «L'embarcadère par lequel est passé le Fils du Ciel») offre une configuration géographique idéale. Ouvert à l'activité fluviale, le fleuve Hai dessine un arc de cercle au milieu d'un bassin aéré se prolongeant jusqu'à la mer Bohai.

Clôturant la Seconde guerre de l'opium, la convention de Pékin (1860) offre trois concessions aux puissances occidentales (France, Royaume-Uni et États-Unis). En 1894, de nouvelles concessions sont attribuées à l'Allemagne et au Japon. À la fin de la guerre des Boxeurs, quatre autres concessions sont octroyées (Italie, Autriche Hongrie, Russie et Belgique). Dans leur sillage, vingt ambassades s'installent à Tien Tsin (ou Tientsin), ainsi baptisée par les Occidentaux.

Le découpage des concessions est arbitraire. Elles recouvrent des étendues variables. Si le Royaume-Uni et l'Allemagne se taillent la part du lion, Belges et Italiens sont cantonnés à des espaces confinés. Entre 1860 et 1870, les premières bâtisses voient le jour. Chaque concession reflète un style de chaque pays. Des architectes occidentaux en élaborent les plans, certains deviendront très prospères. En bordure du fleuve Hai, l'hôtel Astor devient le point de ralliement des entrepreneurs occidentaux. C'est le premier établissement hôtelier de Chine du nord ouvert aux étrangers.

Dans les premières années, la présence des Occidentaux n'est pas acquise. En juin 1870, une foule importante saccage l'orphelinat français. 18 étrangers sont tués dont le consul. Cependant la dynastie Qing apporte ses excuses et une sévère répression sera exercée contre les fauteurs de troubles. L'histoire des concessions évolue alors au rythme d'une situation internationale particulièrement chaotique. Très engagés aux Philippines, les Américains cèdent en 1902 leur concession au Royaume-Uni. Dans la foulée de l'entrée de la Chine en guerre du côté des Alliés, en mars 1917, les concessions allemandes et austro-hongroise sont dissoutes.
La cité de toutes les cultures

De 1902 à 1937, Tien Tsin connaît une période faste. Personnage séduisant, Gustav Detring incarne le dynamisme de la ville. Au service de Li Hongzhang, l'homme exerce sans le titre les fonctions de maire. Herbert Clark Hoover, futur président des États-Unis, réside alors à Tien Tsin. Dans son journal, il témoigne : «C'est une cité universelle, comme le monde en grandeur miniature. S'y côtoient toutes les nationalités, tous les styles architecturaux, toutes les cuisines ».

De son côté, le général Georges C. Marshall, qui séjournera un temps dans l'American Barracks, ajoute : «Mon premier contact avec la Chine fut surprenant. Je logeais dans une maison d'allure viennoise, je mangeais un pot-au-feu, je jouais au Badminton et le soir, combien de fois n'ai-je pas bu de bière allemande? Tirant parti de cette expérience, j'ai toujours vanté dans ma vie politique les mérites d'une cité universelle et fraternelle».

En 1932, Teilhard de Chardin y demeure, «le temps, dit-il, de prendre langue avec des cultures si opposées». Ville ouverte et libre, Tien Tsin accueille des réfugiés. En 1935, elle abrite une communauté juive forte de 3.500 âmes dont beaucoup rescapés des pogroms. «Alors que nos frères sur la Vistule souffraient le martyr, nous vivions heureux, sans la moindre turbulence», souligne Harry Rozents, originaire de Pologne. En 1938, la synagogue de Nanjin Lu est inaugurée en grande pompe. «Occidentaux, Chinois et juifs étaient de la fête», se souvient Harry Rozents.

Tien Tsin est aussi la ville des notables chinois. Comme en témoignent de nombreuses plaques à l'entrée des maisons, seigneurs de guerre et lettrés s'installent dans les concessions. Puyi, dernier empereur de la dynastie Qing, après avoir été chassé de Pékin y résidera jusqu'en 1931. Tien Tsin est aussi considéré comme la ville d'adoption de Zhou Enlai qui y a vécu une partie de son enfance. Plus tard, ses visites répétées à l'hôtel Astor témoignent d'un réel attachement à cette ville.

Le déclin et la ruine

Mais le ciel de l'Histoire s'assombrit. En 1937, l'armée japonaise occupe les concessions. Les Occidentaux sont bousculés, plusieurs bâtiments sont pillés. Sur leur déclin, les dernières concessions sont dissoutes de 1943 à 1945 par le gouvernement nationaliste.

Le 15 janvier 1949, Tianjin est libéré par l'armée de libération populaire. Tout son patrimoine architectural devient alors bien d'état. Mais aucune administration spécifique n'est créée pour en assurer la gestion. Chaque district de la ville entretient son parc de vieilles maisons comme le reste. Pendant la guerre froide, l'héritage est délaissé.

Épisodiquement entretenu, le bâti se détériore, en particulier, les anciennes concessions russes et françaises. Le rythme des dégradations s'accélère avec l'industrialisation urbaine. Des usines polluantes sont construites au coeur de la ville. Inexorablement, les édifices se délabrent, certains menacent ruine, les murs noircissent.

Dans les années 80, une nouvelle menace guette. La demande en logements et en bureaux entraîne une spirale presque incontrôlable de nouvelles constructions à la finition aléatoire. S'ajoute la boulimie financière des groupes immobiliers qui boudent cet héritage jugé peu rentable. Bientôt l'ancienne concession russe est engloutie sous le béton. Des gratte-ciel se calent entre les vieux bâtiments, les écrasent aussitôt. Faute de lumière, ce patrimoine s'enfonce désormais dans l'obscurité.

Tianjin (concessions occidentales), photo de François de La Chevalerie
Mince espoir de restauration

Aujourd'hui la prise en compte par la municipalité de cette richesse et sa volonté de remettre de l'ordre n'est guère chose aisée. Certaines constructions sont perdues à jamais, d'autres en très mauvais état.

Située sur la rive gauche de l'Hai, l'ancienne concession italienne (quarante maisons) est actuellement en voie de restauration sous la conduite d'une société italienne connue pour ses travaux dans le centre historique de Naples. Ce quartier rappelle Imperia ou Alassio. «Flânant dans les rues Bo Ai Dao et Jian Guo Dao (ex-via Marchese et Corso Vittorio Emanuele), d'un seul coup, je reprenais pied dans mon pays», racontait dans les années vingt, un aventurier Italien.

Dessinée autour de larges rues et d'un quartier verdoyant, la concession anglo-américaine est d'un bon maintien. Sauf exception, les bâtiments demandent une restauration légère. Entourées par de petits jardins, l'architecture est d'inspiration Victorienne. Parfois, d'audacieuses bâtisses surprennent comme, par exemple, l'Institut des langues étrangères. Dans ce quartier, les bâtisses américaines sont plus amples, les jardins plus étendus comme si l'Amérique toute fière de sa grandeur souhaitait damer le pion à la cour de Saint-James.

La concession française est d'achèvement plus complexe. Véritable jeu de piste, elle abrite des ouvrages disparates mêlant des genres différents et diverses époques. S'y côtoient maisons de maître et modernisme volontariste. Comme en témoigne le pont métallique enjambant le fleuve Hai ou la cathédrale Notre-Dame des Victoria, juste réplique d'une église en pays d'Artois.

La concession française a connu un parcours très accidenté à l'issue toujours incertaine. Construites dans le quartier commerçant du Heiping Lu, les bâtisses sont encerclées par des immeubles modernes à l'esthétisme médiocre et une activité commerciale mal maîtrisée. L'église de Nanjing Lu est horriblement enclavée par deux gratte-ciel curieusement inachevés.

Au coeur du quartier, des maisons disposées en cercle entourent «le jardin français». Sous la conduite de l'architecte français, Antony Béchu, qui a par ailleurs redessiné les nouvelles structures de l'École du Parti à Shanghai, onze maisons recouvrant une surface de 60 000 mètres carrés devraient être restaurées.

Commanditaire du projet, le groupe TEDA International Hotel Group Co., Ltd. (TIHG), sous l'autorité de Mme Chang, souhaite redonner ainsi un nouveau souffle au quartier. Cependant ce projet se heurte à une difficulté majeure. Comment redresser la barre alors que les constructions modernes urbaines s'empilent à côté?

Comment à partir du jardin français irradier l'ensemble d'un quartier dont l'activité commerciale ne joue pas dans le raffinement ? Afin d'y remédier, une société franco-chinoise, China Messengers, a engagé un remodelage de l'offre et des itinéraires commerciaux du Heiping district.

Quant à la concession russe, elle a tout simplement vécu. Si subsistent quelques bâtisses, çà et là, l'ensemble du quartier est noyé sous les gratte-ciel et les autoroutes urbaines. Dans son prolongement, la concession belge n'est plus qu'un pâle souvenir. Enfin, la concession japonaise a été durablement sinisée.

En ce début du XXIe siècle, Tianjin offre l'aspect d'une ville étouffant sous la pollution, bruyante et chaotique. Les énormes travaux engagés le long du fleuve Hai comme la restauration des anciennes concessions et l'amélioration des voies d'accès donnent toutefois à Tianjin meilleure allure, en attendant de lui rendre, qui sait ? la gloire qu'elle a connue dans les années 30.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:18

Tianjin (Tien Tsin)
Quel avenir pour les concessions occidentales ?

Au début du XXe siècle, toutes les cultures se rencontraient à Tianjin (Tien Tsin), avant-port de Pékin. Il reste de cette époque de beaux témoignages architecturaux hélas menacés par le développement anarchique de la Chine moderne.

Disposant d'un patrimoine d'environ mille maisons et bâtisses de facture occidentale, construites entre 1860 et 1940, la municipalité de Tianjin (ou Tien Tsin) entreprend aujourd'hui leur réhabilitation à marche forcée.
François de la Chevalerie

Les Occidentaux prennent pied en Chine

Au milieu du XIX siècle, les pourtours du fleuve Hai intéressent les puissances européennes. À 120 kilomètres de Pékin, elles cherchent un site où s'établir. Créée au quinzième siècle, Tianjin (en mandarin, «L'embarcadère par lequel est passé le Fils du Ciel») offre une configuration géographique idéale. Ouvert à l'activité fluviale, le fleuve Hai dessine un arc de cercle au milieu d'un bassin aéré se prolongeant jusqu'à la mer Bohai.

Clôturant la Seconde guerre de l'opium, la convention de Pékin (1860) offre trois concessions aux puissances occidentales (France, Royaume-Uni et États-Unis). En 1894, de nouvelles concessions sont attribuées à l'Allemagne et au Japon. À la fin de la guerre des Boxeurs, quatre autres concessions sont octroyées (Italie, Autriche Hongrie, Russie et Belgique). Dans leur sillage, vingt ambassades s'installent à Tien Tsin (ou Tientsin), ainsi baptisée par les Occidentaux.

Le découpage des concessions est arbitraire. Elles recouvrent des étendues variables. Si le Royaume-Uni et l'Allemagne se taillent la part du lion, Belges et Italiens sont cantonnés à des espaces confinés. Entre 1860 et 1870, les premières bâtisses voient le jour. Chaque concession reflète un style de chaque pays. Des architectes occidentaux en élaborent les plans, certains deviendront très prospères. En bordure du fleuve Hai, l'hôtel Astor devient le point de ralliement des entrepreneurs occidentaux. C'est le premier établissement hôtelier de Chine du nord ouvert aux étrangers.

Dans les premières années, la présence des Occidentaux n'est pas acquise. En juin 1870, une foule importante saccage l'orphelinat français. 18 étrangers sont tués dont le consul. Cependant la dynastie Qing apporte ses excuses et une sévère répression sera exercée contre les fauteurs de troubles. L'histoire des concessions évolue alors au rythme d'une situation internationale particulièrement chaotique. Très engagés aux Philippines, les Américains cèdent en 1902 leur concession au Royaume-Uni. Dans la foulée de l'entrée de la Chine en guerre du côté des Alliés, en mars 1917, les concessions allemandes et austro-hongroise sont dissoutes.
La cité de toutes les cultures

De 1902 à 1937, Tien Tsin connaît une période faste. Personnage séduisant, Gustav Detring incarne le dynamisme de la ville. Au service de Li Hongzhang, l'homme exerce sans le titre les fonctions de maire. Herbert Clark Hoover, futur président des États-Unis, réside alors à Tien Tsin. Dans son journal, il témoigne : «C'est une cité universelle, comme le monde en grandeur miniature. S'y côtoient toutes les nationalités, tous les styles architecturaux, toutes les cuisines ».

De son côté, le général Georges C. Marshall, qui séjournera un temps dans l'American Barracks, ajoute : «Mon premier contact avec la Chine fut surprenant. Je logeais dans une maison d'allure viennoise, je mangeais un pot-au-feu, je jouais au Badminton et le soir, combien de fois n'ai-je pas bu de bière allemande? Tirant parti de cette expérience, j'ai toujours vanté dans ma vie politique les mérites d'une cité universelle et fraternelle».

En 1932, Teilhard de Chardin y demeure, «le temps, dit-il, de prendre langue avec des cultures si opposées». Ville ouverte et libre, Tien Tsin accueille des réfugiés. En 1935, elle abrite une communauté juive forte de 3.500 âmes dont beaucoup rescapés des pogroms. «Alors que nos frères sur la Vistule souffraient le martyr, nous vivions heureux, sans la moindre turbulence», souligne Harry Rozents, originaire de Pologne. En 1938, la synagogue de Nanjin Lu est inaugurée en grande pompe. «Occidentaux, Chinois et juifs étaient de la fête», se souvient Harry Rozents.

Tien Tsin est aussi la ville des notables chinois. Comme en témoignent de nombreuses plaques à l'entrée des maisons, seigneurs de guerre et lettrés s'installent dans les concessions. Puyi, dernier empereur de la dynastie Qing, après avoir été chassé de Pékin y résidera jusqu'en 1931. Tien Tsin est aussi considéré comme la ville d'adoption de Zhou Enlai qui y a vécu une partie de son enfance. Plus tard, ses visites répétées à l'hôtel Astor témoignent d'un réel attachement à cette ville.

Le déclin et la ruine

Mais le ciel de l'Histoire s'assombrit. En 1937, l'armée japonaise occupe les concessions. Les Occidentaux sont bousculés, plusieurs bâtiments sont pillés. Sur leur déclin, les dernières concessions sont dissoutes de 1943 à 1945 par le gouvernement nationaliste.

Le 15 janvier 1949, Tianjin est libéré par l'armée de libération populaire. Tout son patrimoine architectural devient alors bien d'état. Mais aucune administration spécifique n'est créée pour en assurer la gestion. Chaque district de la ville entretient son parc de vieilles maisons comme le reste. Pendant la guerre froide, l'héritage est délaissé.

Épisodiquement entretenu, le bâti se détériore, en particulier, les anciennes concessions russes et françaises. Le rythme des dégradations s'accélère avec l'industrialisation urbaine. Des usines polluantes sont construites au coeur de la ville. Inexorablement, les édifices se délabrent, certains menacent ruine, les murs noircissent.

Dans les années 80, une nouvelle menace guette. La demande en logements et en bureaux entraîne une spirale presque incontrôlable de nouvelles constructions à la finition aléatoire. S'ajoute la boulimie financière des groupes immobiliers qui boudent cet héritage jugé peu rentable. Bientôt l'ancienne concession russe est engloutie sous le béton. Des gratte-ciel se calent entre les vieux bâtiments, les écrasent aussitôt. Faute de lumière, ce patrimoine s'enfonce désormais dans l'obscurité.

Tianjin (concessions occidentales), photo de François de La Chevalerie
Mince espoir de restauration

Aujourd'hui la prise en compte par la municipalité de cette richesse et sa volonté de remettre de l'ordre n'est guère chose aisée. Certaines constructions sont perdues à jamais, d'autres en très mauvais état.

Située sur la rive gauche de l'Hai, l'ancienne concession italienne (quarante maisons) est actuellement en voie de restauration sous la conduite d'une société italienne connue pour ses travaux dans le centre historique de Naples. Ce quartier rappelle Imperia ou Alassio. «Flânant dans les rues Bo Ai Dao et Jian Guo Dao (ex-via Marchese et Corso Vittorio Emanuele), d'un seul coup, je reprenais pied dans mon pays», racontait dans les années vingt, un aventurier Italien.

Dessinée autour de larges rues et d'un quartier verdoyant, la concession anglo-américaine est d'un bon maintien. Sauf exception, les bâtiments demandent une restauration légère. Entourées par de petits jardins, l'architecture est d'inspiration Victorienne. Parfois, d'audacieuses bâtisses surprennent comme, par exemple, l'Institut des langues étrangères. Dans ce quartier, les bâtisses américaines sont plus amples, les jardins plus étendus comme si l'Amérique toute fière de sa grandeur souhaitait damer le pion à la cour de Saint-James.

La concession française est d'achèvement plus complexe. Véritable jeu de piste, elle abrite des ouvrages disparates mêlant des genres différents et diverses époques. S'y côtoient maisons de maître et modernisme volontariste. Comme en témoigne le pont métallique enjambant le fleuve Hai ou la cathédrale Notre-Dame des Victoria, juste réplique d'une église en pays d'Artois.

La concession française a connu un parcours très accidenté à l'issue toujours incertaine. Construites dans le quartier commerçant du Heiping Lu, les bâtisses sont encerclées par des immeubles modernes à l'esthétisme médiocre et une activité commerciale mal maîtrisée. L'église de Nanjing Lu est horriblement enclavée par deux gratte-ciel curieusement inachevés.

Au coeur du quartier, des maisons disposées en cercle entourent «le jardin français». Sous la conduite de l'architecte français, Antony Béchu, qui a par ailleurs redessiné les nouvelles structures de l'École du Parti à Shanghai, onze maisons recouvrant une surface de 60 000 mètres carrés devraient être restaurées.

Commanditaire du projet, le groupe TEDA International Hotel Group Co., Ltd. (TIHG), sous l'autorité de Mme Chang, souhaite redonner ainsi un nouveau souffle au quartier. Cependant ce projet se heurte à une difficulté majeure. Comment redresser la barre alors que les constructions modernes urbaines s'empilent à côté?

Comment à partir du jardin français irradier l'ensemble d'un quartier dont l'activité commerciale ne joue pas dans le raffinement ? Afin d'y remédier, une société franco-chinoise, China Messengers, a engagé un remodelage de l'offre et des itinéraires commerciaux du Heiping district.

Quant à la concession russe, elle a tout simplement vécu. Si subsistent quelques bâtisses, çà et là, l'ensemble du quartier est noyé sous les gratte-ciel et les autoroutes urbaines. Dans son prolongement, la concession belge n'est plus qu'un pâle souvenir. Enfin, la concession japonaise a été durablement sinisée.

En ce début du XXIe siècle, Tianjin offre l'aspect d'une ville étouffant sous la pollution, bruyante et chaotique. Les énormes travaux engagés le long du fleuve Hai comme la restauration des anciennes concessions et l'amélioration des voies d'accès donnent toutefois à Tianjin meilleure allure, en attendant de lui rendre, qui sait ? la gloire qu'elle a connue dans les années 30.


Tianjin (Tien Tsin)
Les Français à Tianjin

Présents à Tianjin (autrefois Tientsin) dès le XVIIIe siècle, les Français participent à l'essor de cet avant-port de Pékin au tournant du XXe siècle. Il reste de cette époque de beaux témoignages architecturaux.

La présence française à Tianjin remonte au milieu du XVIIIe siècle, quand un jésuite du nom d'Hector de Zondth s'établit au bord du fleuve Hai dans ce qui est alors une petite bourgade.

Au service d'un seigneur, le religieux enseigne des rudiments de mathématique tout en subtilisant au passage des techniques inconnues en Occident. Hector de Zondth se fond discrètement dans la population et joue profil bas. Il n'entend pas perturber les habitudes d'un peuple engoncé dans les traditions. D'autres jésuites lui succèderont, tous prudents.
Le golfe de Petchili

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Le golfe de Petchili (aujourd'hui Bohai) est au coeur de l'histoire chinoise depuis l'époque mandchoue (1644-1910). On voit sur la carte les lieux par lesquels transita la mission Macartney (1793), la ville de Tientsin (Tianjin), avant-port de Pékin, le Palais d'Été et le pont de Palikao, enfin le pont Marco Polo.
Babylone chinoise

En 1860, la convention de Pékin qui met fin à la «Seconde guerre de l'opium» offre à la France une concession à Tientsin, ainsi dénommée à l'époque.

Sans tarder, des vaisseaux tricolores mouillent dans la rade de Tanggu. Militaires et religieux se déploient le long du fleuve. Un orphelinat français est construit. La présence occidentale est désormais visible, bientôt dérangeante. Cette intrusion n'est pas du goût de tous. Le zèle prosélyte incommode. S'ensuivent des bousculades. En juin 1870, une foule saccage l'orphelinat français (Wanghailou). Venu à la rescousse, le consul français est tué. Dans la mêlée, 17 étrangers dont dix religieuses sont abattus.

La France, alors très affaiblie, s'interroge. Doit-on dépêcher sur place une canonnière ? Contre toute attente, le commissaire impérial chinois présente ses excuses. Une sévère répression s'abat contre les fauteurs de troubles. La paix revenue, la présence occidentale se renforce. D'abord limitée à des religieux, la communauté française s'élargit à des architectes, des ingénieurs.

Tientsin devient aussi l'incontournable étape des aventuriers. « Cette ville, c'est la future Babylone ! » proclame Adolphe Rouvillois, un ingénieur français. À Tientsin, l'appétit des constructeurs est insatiable. Chaque pays occidental aménage sa concession avec l'idée d'y bâtir d'indélébiles vestiges. Tientsin, l'allemande ! Tientsin, l'anglaise ! Tientsin, l'autrichienne ! Tientsin, l'Italienne ! Tienstin s'enorgueillit aussi d'être une ville française. D'un côté, le Hai He ; de l'autre, les axes alors embryonnaires de Nanjing lu et Ufu dao ; la section française s'étire sur une cinquantaine d'hectares. Dans le quartier de Heiping, des maisons se dressent. En fait, de véritables bâtisses empruntant à plusieurs styles. La plupart seront occupées par des Seigneurs de guerre. À quelque encablure de Nanjing lu, s'élève une église française. Toutefois le pont métallique enjambant le Hai, le jardin circulaire et la rue Chifeng dao, généreusement bordée de petites maisons, illustrent le mieux l'ingéniosité française.

Au tournant du siècle, Tientsin est en pleine expansion. Comme elle nous apparaît aujourd'hui, la ville ne semble retenue par aucune limite ! Toutes les nationalités s'y côtoient. Anglais, allemands, Américains, Italiens sont les plus nombreux mais les français forment une communauté solide. Alsacienne de souche, Hortense Helmer tient un salon, rue Hami dao. Se gorgeant au thé vert, les français s'y retrouvent la nuit tombante. Quand éclate la guerre de 14, les Français adressent une missive à la délégation allemande. Ton sobre et clair : « À partir de maintenant, chacun restera chez soi ! »

Même à Tientsin, la guerre s'insinue ! Les Français s'enferment dans leur enclave, l'oeil aux aguets. Chaque lundi, un convoyeur traverse la ville en charrette. Au poste d'accueil de chaque concession, il livre des liasses de journaux. Ce sont les nouvelles du front, veilles de plus d'un mois, parfois plus ! Parfois un incident éclate, un allemand ivre s'aventure dans le quartier français. Que faire ? Prendre les armes ? Déjà, l'on se compte ! Alerté, un seigneur chinois déclare : « L'auriez-vous oublié ? Nous en sommes en Chine ! » Une autre fois, exaspérés par une guerre qui n'en finit pas, des français entonnent la marseillaise à la lisère de la concession allemande. Les allemands répondent par des chants militaires. La joute nationaliste n'est pas vraiment sérieuse. Les chinois rient, acclament d'insolites comédiens, plutôt piètres chanteurs ! A la messe dominicale de l'église de Nanjing lu, la répartition des bancs est savamment orchestrée : bavarois et austro-hongrois sur l'aile gauche ; français, italiens et anglais sur l'aile droite.

« L'après guerre, ce fut comme un délice ! » note un voyageur français. La concession allemande dissoute, la ville est désormais entièrement accessible. L'année 1928 marque l'apogée de Tientsin. L'on dénombre alors 112 français, deux fois plus d'hommes que de femmes ! Les français sont dynamiques, entreprenants, la plupart déterminés à ne jamais quitter la ville ! L'un d'eux a le projet de construire un opéra, un autre s'enthousiasme à l'idée d'élever un arc de triomphe. Cependant, ils vivent à l'écart de la population, se mélangent peu. Rares sont ceux qui maîtrisent le mandarin. En 1932, Teilhard de Chardin y passe un long séjour, « le temps, dit-il, de prendre langue avec cette grande culture ! ». Et puis, le glas ! 1937, l'invasion Japonaise ! La plupart des français quittent la ville. Beaucoup prennent la route de l'Annam et du Tonkin. D'autres s'exilent en Californie. Lorsque l'empire du soleil levant rend les armes, le plaisir n'y est plus. Certains s'accrochent mais le temps est compté. 1948, l'hiver est pluvieux, le ciel saumâtre. Un air de nostalgie plombe le quartier français. Les bâtisses sont abandonnées, certaines prennent l'eau. 1949, la révolution populaire, les derniers français plient bagage.

Silence, maintenant ! Une chape de plomb s'abat sur la ville, bientôt coupée du monde ! Le très francophone Zhou Enlai séjourne souvent à Tianjin où il a vécu une partie de sa jeunesse. Il descend à l'hôtel Astor. Soudain, il lâche un très inattendu « garçon ! » à l'adresse d'un serveur médusé. Pendant la révolution culturelle, des étudiants français y passent de courts séjours, certains à l'Université de Nankai. Curieusement, aucun ne garde un mauvais souvenir de cette période. « Malgré les remous, raconte l'un d'eux, nous y sentions très bien. Jamais nous n'avons subi la moindre provocation ! » Tout de même, ils se tiennent à l'écart des zones sensibles, notamment, Tanggu, le district portuaire. Fin des années soixante dix, Deng Xio Ping lève la parenthèse. Lentement, Tianjin reprend des couleurs. Confident de Deng Xio Ping, Jacques Van Minden, le truculent Président du Cercle franco-chinois, mise aussitôt sur cette ville dont il assure « qu'elle est plus belle que Beijing ! » Selon le consulat de Beijing, une cinquantaine de français seraient domiciliés aujourd'hui à Tianjin, chiffre infime pour une population évaluée à 10,4 millions d'habitants. Des expatriés, des étudiants. La seule perspective de l'installation d'airbus devrait faire doubler les effectifs.

Cependant une nouvelle génération de français s'annonce. Ni expatriés, ni fonctionnaires, plutôt des entrepreneurs, des architectes, chercheurs, artisans et créateurs. Bravant les peurs, ils n'ont pas de préjugés. Le choix de Tianjin n'est pas le fruit du hasard. Souvent, un ami ou amie chinoise leur en ont ouvert les portes, les secrets. Donc, avant les affaires, l'amitié ! Jeune architecte, originaire de Rouen, le parcours d'Alexandre en témoigne. S'étant lié d'amitié avec Christine Liu, une urbaniste, lors du séjour de celle-ci en France, Alexandre décide de s'y rendre. Aussitôt sur place, il est embauché dans une société de construction où le chinois est la langue exclusive. Il s'accommode aussi d'un salaire local. Le risque valait la chandelle, il est désormais reconnu. « Nous ne répéterons pas l'erreur de nos aînés, assure Jacques. Péchant par arrogance, ils se tenaient à distance des chinois. Nous préférons l'immersion ! Et, bien sûr, nous parlons le mandarin avec l'inimitable accent nasillard du Bohai ! »

À leur côté, les franco-chinois incarnent aussi le renouveau de la France. Plus d'une centaine ont regagné le pays. Tel M. Dai arrivé en France sans le sou, désormais prospère homme d'affaires, Président de la zone industrielle Europe. Le rythme s'accélère. En 2008, plus de deux cents français devraient vivre à Tianjin, peut-être plus ! Éparpillés dans les quatre coins de la ville, rares sont ceux qui résident dans l'ancienne concession française. Toutefois, en fin de semaine, ils respirent un petit air de Paris. Ils s'aventurent alors dans l'ancienne concession, prolongeant jusqu'à l'étonnante réplique du pont Alexandre III, récemment construit.
François de la Chevalerie
L'auteur : François de la Chevalerie

François de la ChevalerieEntrepreneur, je réside une bonne partie de mon temps en Chine, à Tianjin précisément. J’anime deux entreprises franco-chinoises, d’une part, China Messengers, spécialisée dans les opérations de gestion commerciale et, d’autre part, Paneurochina (Zhong Ou Lu), dédiée à la valorisation de la vase de mer en vue de fabriquer des matériaux de construction (remblayage de routes, parkings, bordures de trottoir, briques).

Mais je suis également un passionné d’histoire. À cet égard, je pense qu’il est difficile de travailler en Chine sans comprendre l’histoire et la civilisation de ce pays.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:18

Montségur
Les châteaux du pays cathare

Les murailles de Montségur, dans les contreforts des Pyrénées, à quelques kilomètres au sud de Lavelanet, ont baigné dans un oubli presque total pendant plus de six siècles, jusqu'à leur redécouverte par un érudit passionné de catharisme, Napoléon Peyrat, à la fin du XIXe siècle.

Depuis lors, le grand public et les historiens se passionnent pour l'histoire des cathares et la croisade des Albigeois, ainsi que pour le dernier et plus tragique épisode de celle-ci : la reddition de Montségur, haut lieu du catharisme pendant 40 ans, après dix mois de siège acharné... Comment ne pas être ému par les 200 religieux cathares qui, refusant de renier leur foi, marchent volontairement au bûcher ?
Équilibre instable

Après vingt ans de violents combats, la croisade contre l'hérésie cathare aboutit en 1229 à la soumission du comte de Toulouse.

Les croisés venus du Nord se voient confirmer la possession des seigneuries dont ils se sont emparés.

Mais leurs exactions suscitent la rébellion de nombreux chevaliers du Midi, dépouillés de leurs biens et traqués bien que bon catholiques.

Ces chevaliers dit faidits (ou en fuite) entrent en résistance au côté des hérétiques.

Malgré le zèle des tribunaux de l'Inquisition, l'hérésie cathare reste vivace dans les villages des Corbières et des Pyrénées et, pendant de longues décennies, Bonshommes et faidits trouvent refuge au pied des forteresses dont le seigneur est acquis à leur cause.

À la lisière du comté de Foix, Montségur est la plus connue de ces «citadelles du vertige», selon la belle expression de Michel Roquebert.
Citadelles du vertige

Plus à l'est, dans le rude massif des Corbières, d'autres forteresses ont aussi vécu, quoique de façon moins dramatique, l'assaut des croisés venus du nord de la France.

Il s'agit de forteresses érigées à la frontière avec le royaume d'Aragon, en un temps où celui-ci débordait sur la frange nord des Pyrénées. Ces forteresses vont occasionnellement accueillir des faidits, voire des Bonshommes, mais ne prendront jamais le parti des hérétiques, comme Montségur.

Parmi elles, Peyrepertuse (ci-dessus) et Quéribus. Ces deux géants se font face dans le rude massif des Corbières, dans le département de l'Aude. On peut encore admirer leurs vestiges impressionnants, sur des crêtes rocheuses de part et d'autre du village de Cucugnan qu'a popularisé le conteur Alphonse Daudet (aujourd'hui dans le département de l'Aude).

Peyrepertuse est la mieux conservée de toutes les fortesses des Corbières et sa visite permet de saisir l'art médiéval des fortifications. Elle s'est rendue aux armées de Saint Louis sans résistance en 1240. Elle a été ensuite renforcée et agrandie pour devenir forteresse royale, étant située, de même que Quéribus, sur la frontière méridionale du royaume, face aux terres du roi d'Aragon.

La citadelle de Puylaurens, ci-dessous, est une forteresse du même type que les précédentes. Édifiée du Xe au XIIe siècle sur le point culminant de la vallée de la Boulzane (Aude), elle fut investie et occupée par Simon de Montfort et les croisés dès 1212.

Au XVIIe siècle, après le traité des Pyrénées qui verra la cession du Roussillon à la France et repoussera la frontière bien plus au sud, ces forteresses des Corbières perdront tout intérêt stratégique et seront rapidement abandonnées aux ronces.
Montségur et la légende

À 1207 mètres d'altitude, sur un piton rocheux au milieu des forêts de l'actuel département de l'Ariège, la forteresse de Montségur a été renforcée dès 1204 par le seigneur du lieu, Raymond de Péreille, à la demande de la communauté cathare.

Le seigneur reçoit la demande avec d'autant plus de bienveillance qu'elle est formulée par Esclarmonde, une Bonne femme qui n'est autre que la soeur du comte de Foix.

Les fortifications et les habitations sont construites avec la pierre taillée sur place, dans le piton.

Dans l'enceinte de Montségur vivent une centaine d'hommes d'armes (des faidits) et leurs familles, autour du seigneur du lieu, Raymond de Pareille. À l'ombre des murailles se constitue un véritable village cathare de 600 habitants avec son évêque, ses diacres et ses fidèles.

Cet ordre précaire résistera à un siège de dix mois.
Fabienne Manière.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:19

Haut-Koenigsbourg
Un témoin du Moyen Âge germanique

Haut lieu du tourisme culturel en Alsace, le château du haut-Koenigsbourg a célébré en 2009 le centenaire de sa restauration par l'empereur Guillaume II.
Un héritage des Habsbourg

Accroché à un éperon rocheux vosgien dominant la plaine d'Alsace, le château du Haut-Koenigsbourg permet de revisiter l'histoire de la région, du XIIe siècle au début du XXe siècle.

D'abord possession du duc de Souabe, puis des Habsbourg, le château est confié aux frères Thierstein en 1479, qui le dotent d'un bastion et de murs assez épais pour résister à des attaques d'artillerie.

Durant la guerre de Trente Ans, il est assiégé pendant un mois par les troupes suédoises, alliées du roi de France, avant d'être pillé et incendié. Il connaît ensuite plus de deux siècles d'abandon.

L'année 1899 marque un tournant dans l'histoire du château : la ville de Sélestat, dont les ruines du Haut-Koenigsbourg font partie du patrimoine, les offre à l'empereur Guillaume II. L'Alsace se trouve en effet sous administration allemande depuis le traité de Francfort de 1871.

Afin de transformer le site en symbole de la puissance germanique, l'empereur décide de faire reconstruire le château médiéval sur ses fonds personnels.

Il confie les travaux à l'architecte Bodo Ebhardt, qui fait réapparaître les volumes des XVe et XVIe siècles.

L'objectif des travaux est de créer un vrai musée du Moyen Âge, non une résidence pour l'empereur.

Aujourd'hui, les touristes peuvent visiter un château d'1,5 hectare de superficie, dont les masses de grès rose forment logis, donjon, cour intérieure, bastions, chemins de ronde couverts.

Un vrai château fort du sud du bassin rhénan, malgré les critiques formulées à l'égard de Bodo Ebhardt, qui imagina une partie des toitures.
Béatrice Roman-Amat.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:19

La Chaise-Dieu
L'abbatiale et sa Danse macabre

La Chaise-DieuLorsque l'on pénètre dans ce grand vaisseau de pierre qu'est l'abbatiale de La Chaise-Dieu, en Auvergne, on ne peut manquer la présence de la mort. Cette particularité est celle de nombreuses abbayes ou églises, où de riches prélats ou laïcs, jusqu'au XVIIème siècle, ont souhaité trouver la quiétude dans l'éternité.

Le pape Clément VI ordonne la reconstruction de l'abbaye en 1343, trois siècles après sa fondation, selon les canons de l'art gothique.

Il la choisit comme lieu de sa dernière demeure et y fait aménager son tombeau, avec un gisant de marbre blanc entouré de cinquante cinq personnages représentant sa famille et l'archevêque d'Arles. Pierre Boye sculpte le gisant et le décor du tombeau, assisté par Jean Sanholis et Jean David. L'oeuvre est monumentale. Son exécution a demandé pas moins de cinq années de 1346 à 1351.

L'ensemble, placé dans le choeur des moines subit d'importantes dégradations au cours des guerres de religions de 1562. Quelques fragments sont conservés au musée Crozatier au Puy-en-Velay. Après le décès de Clément VI le 6 décembre 1352 à Avignon, sa dépouille, selon ses voeux, est déposée le 8 avril 1353 au centre du choeur des moines.

Le pape, mécène de l'abbaye, n'est pas le seul à reposer dans l'abbatiale. Plusieurs abbés, moines, novices ou laïcs y reposent dans un sommeil qu'ils ont voulu éternel. Les moines avaient obtenu du pape Alexandre III en 1162, «l'autorisation de donner sépulture dans l'église abbatiale en reconnaissance de services rendus ou de donations faites». Construite sur un sol granitique, l'église abbatiale ne possède pas de crypte. Aussi, servant de pavage à l'église, de lourdes dalles, pour certaines funéraires, recouvrent le sol. Le passage répété des pèlerins, des fidèles et maintenant des visiteurs ont pour partie effacé les inscriptions qui les recouvraient. Mais celles qui restent visibles portent des épitaphes anonymes où seule, une date subsiste : Die 10 decembris 1681.

Quelques-unes sont plus précises et permettent d'identifier l'occupant du lieu comme celle de l'abbé Hugues de Chauvigny de Blot, face à l'autel. Cette pierre très particulière, identifiée comme table d'autel dédié à un culte solaire, présente de nombreuse cupules dont le dessin représente les constellations de la Grande Ourse, de la Petite Ourse, du Dragon, de Cassiopée.

Les dalles les plus significatives se situent devant la chapelle de Saint Robert au pied du jubé à l'image de celle composée de cinq écussons en forme de croix attribuée aux Balzac d'Entraigues, Seigneurs de Pauhlac près de Brioude ou celle de Gilbert Motier de La Fayette, Maréchal de France, décédé le 23 février 1463. Dévasté pendant les guerres de religions, on la remplaça par une plaque de cuivre rouge ou figuraient les armes des Lafayette. Disséminées dans toute l'église abbatiale, on relève celles de Pierre de Giac, de Guillaume de la Roue, évêque du Puy, de Nicolas de Montclar, de Pierre et de Robert de Canillac, d'Armand d'Allègre, de Pierre de Vissac, évêque de Saint Flour, d'Alix de Beaufort, Comtesse de Valerne et de Vienne, de Guillaume VII, Comte de Clermont et son fils le Dauphin d'Auvergne, du Vicomte de Polignac, de Guy-Charles de Beaujeu Duc de Montpensier et bien d'autres encore.

Dans le collatéral nord, sous la fresque de la Danse macabre, deux tombeaux sont présents. Ils ont subi d'importantes mutilations.

Le premier tombeau, couvert d'un gisant en marbre blanc, représente un abbé mitré et passe pour appartenir à Jean de Chandorat, abbé de la Chaise-Dieu pendant 24 années puis évêque du Puy, décédé en 1356. Un second tombeau, reconstruit au XVIème siècle ou après la révolution avec les fragments d'autres tombeaux se situe au dessous d'une fresque, elle aussi inachevée, datée du XVème siècle, représentant la Vierge Marie.

Le gisant représente une femme, les mains jointes, la tête reposant sur un coussin parsemé d'écussons aux armes de la famille de Vichy. Une tradition ancienne voulait que ce tombeau soit celui de la reine Edith d'Angleterre. Plus raisonnablement, cette sépulture pourrait être celle de Smaragde de Vichy, mariée à Morinot de Tourzel, seigneur d'Allègre en 1387.

Entre ces deux tombeaux, on découvre un bloc de pierre mesurant, environ, deux mètres de long. Cette pierre, connue sous le nom de «pierre d'exposition», servait à laver puis à exposer le corps des moines décédés. Au fond de ce collatéral, une peinture murale, dont il ne reste que quelques traces, représente le Jugement Dernier. Seuls quelques détails de la gueule du Léviathan qui engloutit les âmes impures, coloré de rouge et de noir, sont perceptibles.

Dans le collatéral sud, on découvre un troisième tombeau dont l'enfeu est composé de médaillons sculptés d'anges musiciens. Cet ensemble est plus connu sous le nom de «tombeau des musiciens». Bien qu'il n'y ait aucune preuve, il est attribué à Reginald de Montclar, abbé de la Chaise-Dieu de 1342 à 1346. Aux dires de plusieurs chercheurs, ce tombeau aurait été réédifié avec des fragments de deux tombeaux jumeaux. Lors de récents travaux, un gisant, daté du XIVème siècle, représentant un évêque, fut mis au jour.

Dans la maison de Dieu (la Casa dei), la mort est finalement bien plus familière qu'il n'y paraît. Sous les hautes voûtes gothiques, dans la pénombre et un silence monacal, tout semble reposer en paix pour l'éternité.
La Danse macabre

La célèbre Danse macabre de La Chaise-Dieu est un véritable sermon, une leçon d'égalité devant la mort. Un défilé de couples composés d'un mort nu, parfois drapé d'un linceul et d'un vivant représentant l'ordre hiérarchique de la société médiévale. Nul n'y échappe, les richesses, les honneurs et la gloire ne sont rien au moment du trépas et cette égalité devant la mort rassure. C'est la promesse d'une vie nouvelle et éternelle.

Elle expose aussi bien le Pape, le plus haut dignitaire à l'époque médiévale, que le médecin, l'astrologue, le moine, le prêtre, la bergère, le laboureur ou l'enfant. Comme pour le jour du Jugement Dernier, ce sont les plus grands qui ouvrent la marche. N'auraient-ils pas plus à se faire pardonner ?

La fresque de la Danse Macabre reste, là comme ailleurs, le message de l'Église aux chrétiens, les invitant au repentir et à la pénitence. Dans l'abbatiale, elle prépare non seulement les fidèles, mais aussi les moines à ce qui les attend. On doit être prêt à mourir, c'est la loi de Dieu. Lui seul, décidera de l'heure. Cette oeuvre n'est aujourd'hui accessible qu'en arrivant du choeur. Elle orne les troisième, quatrième et cinquième travées. L'ensemble est composé de trois panneaux séparés par deux piliers donnant l'aspect d'un triptyque.

Modestement éclairée par de hautes fenêtres en lancette, elle expose en une procession, 46 personnages répartis entre 23 vifs et 23 morts ou «transis» sur une longueur de 26 mètres. Chacun de ces personnages a une hauteur d'un mètre vingt environ. Au début du second panneau, une partie de la fresque a disparu. Ce dommage irréparable est le résultat de l'installation d'un escalier menant à la chaire, réalisé à la fin du XIXème siècle et détruit au début du XXème.

L'oeuvre dans son ensemble est aujourd'hui bien conservée et mise en valeur par un éclairage approprié. Elle a fait l'objet d'une restauration en 1989 qui l'a débarrassée des poussières, mousses et algues qui l'avaient envahie depuis longtemps. L'oeuvre n'a jamais été achevée, seule l'ébauche reste visible, colorée d'ocre rouge pour le fond et d'ocre jaune pour le sol sur lequel dansent les personnages.

«Le mort, le vif fait avancer». Le dessin, clair et assuré, laisse l'impression d'une mort amusante. Un mort (ou transi) rieur, joueur, parfois enclin à la plaisanterie, à la cajolerie voire à l'encouragement, allant d'un vif à l'autre. Le vif, plutôt tranquille parfois dubitatif, cherche à tout prix à éviter la rencontre ou à retarder le dernier instant. Les sentiments exprimés, tant par les vifs que par les morts, restent très humains autant par leur posture que par l'expression de leur visage.

Dans l'abbaye de la Chaise-Dieu, la Danse Macabre présente quelques particularités qui en font une représentation unique comme la présence de deux femmes.

Premier panneau : le Pape, l'Empereur, le Légat, le Roi, le Cardinal, le Connétable, l'Abbé mitré, le Chevalier.

Second panneau : le Moine bénédictin, le Bourgeois, la Chanoinesse, le Marchand, la Moniale, le Sergent à verges, le Chartreux.

Troisième panneau : l'amoureux, le Médecin, le Clerc théologien, le Laboureur, le Cistercien, l'Enfant, le novice.

Dans ces hautes terres du Livradois, aux confins de l'Auvergne et du Velay, sur une terre au climat souvent rude, dans une abbaye où nombre de pèlerins se sont retrouvés durant des siècles, le message universel, «l'âme d'un puissant vaut bien celle d'un humble», prend alors tout son sens.

«La Danse Macabre s'appelle
Que chacun à danser apprant
A l'homme et femme est naturelle
Mort n'espargne petit ne grant».
Les tapisseries

Au dessus des stalles, tout autour du choeur, se développe une tenture composée de 14 pièces. Longues de 65 mètres, ces tapisseries ou draps imagés étaient à l'origine composées de 18 pièces. Elles sont tissées dans de la laine mêlée de fils de soie. Jacques de Saint Nectaire, dernier abbé régulier de 1491 à 1518 est le commanditaire de cette oeuvre. Ses armoiries figurent en bonne place sur les tapisseries. Il semble que les scènes représentées soient extraites de la Bible des Pauvres dans une édition de 1460. Chaque scène du Nouveau Testament est encadrée par deux événements qui l'annoncent, associée à quatre versets prophétiques.

Les versets tissés sont identiques à ceux présents dans la Bible des Pauvres. Cette oeuvre reste énigmatique quant à son style et le lieu de son exécution. Toutefois, il est probable qu'elle ait été réalisée dans le nord de la France ou en Flandre (actuelle Belgique).

Les villes de Lille, Arras, Tournai ou Bruxelles étaient passées maîtres dans l'exécution de ce type de tapisserie à la fin du XVème siècle.

L'enfance du Christ, la Passion, le Jugement Dernier et des scènes de l'ancien Testament sont représentés de façon brutale et cruelle. Les corps sanguinolents sont bien visibles et les visages représentés gardent un côté bestial. On notera que chaque tapisserie est parfaitement remplie, il n'y a pas de place pour le vide.

Les «draps imagés» se présentent dans l'ordre suivant :
- l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des Mages
- la fuite en Egypte, le massacre des innocents, le baptême de Jésus
- la tentation de Jésus, la résurrection de Lazare, l'entrée de Jésus à Jérusalem,
- Jésus vendu par Judas, la Cène, le baiser de Judas,
- la flagellation, le couronnement d'épines, Jésus devant Pilate
- le portement de Croix, la mise au tombeau,
- la résurrection du Christ, les saintes femmes au tombeau vide
- l'incrédulité de Saint Thomas, l'Ascension, la Pentecôte,
- le couronnement de la Vierge, le Jugement de Salomon et le Jugement Dernier.

Trois autres tapisseries figurent à cet inventaire mais ne se trouvent pas dans le choeur.
- la Naissance de Jésus,
- le Crucifiement,
- la Résurrection.

Elle sont visibles dans la salle du trésor au côté de magnifiques sculptures du XIIème siècle. Ce principe de l'imagerie, comme celui de la Danse Macabre, permettait au peuple et à tous les fidèles du Moyen-âge de comprendre les Saintes Ecritures sans le besoin de savoir lire et écrire.
Les stalles

Fine dentelle de bois, véritable ouvrage d'un maître ébéniste, ces 144 stalles seraient l'oeuvre d'un sculpteur flamand. Elles ont été commandées par Jacques de Saint Nectaire, dernier abbé régulier de 1491 à 1518. Marius Vachon écrit que «les artistes qui ont réalisé cet oeuvre ont laissé le champ libre à leur imagination. Ces chimères, ces moines accroupis dans des attitudes grotesques contiennent une allusion discrète, pour nous obscure, mais parfaitement saisissable par les contemporains de l'artiste».

Sculptées dans du chêne, elles couvrent les trois côtés du choeur. Une sorte de dais en bois sculpté surmonte l'ensemble. Le dossier est constitué d'une série d'arcs d'ogive soutenus par trois colonnettes à chapiteaux. La cloison qui sépare les stalles entre elles est ornée de petites colonnes supportant les accoudoirs.

Les demi-sièges sous les stalles, appelés «miséricordes» parce qu'ils permettaient aux moines de se tenir dans une position moitié assis, moitié debout pendant les longs offices, sont ornés de feuillages. Celle de l'abbé est ornée d'une chimère.
Le cloître

Cette magnifique construction de pierre composée d'un mélange d'arcs romans et ogivaux, préfigure ce que sera l'architecture de la fin du XIVème siècle. André Chanac fit construire les 4 premières travées (ses armes figurent sculptées sur les clés de voûtes). Le reste de cette imposante construction fut l'oeuvre de Pierre de Jouvenroux, infirmier-mage de l'abbaye de 1491 à 1527.


La prouesse architecturale tient au fait que le cloître est construit sur un plan incliné. Chacun des angles se trouve sur un niveau différent. Dans le flanc des meneaux, on peut encore voir les rainures destinées à recevoir les verrières mobiles que les moines plaçaient l'hiver pour échapper aux grands froids.

C'est au-dessus de la partie encore visible que se trouvait la bibliothèque de l'abbaye. Elle comprenait, dit-on, pas moins de 5853 ouvrages et chartes malheureusement dispersés ou détruits pendant la Révolution. Dans l'angle nord une petite galerie, aujourd'hui disparue, donnait accès à la chapelle du collège fondé par Grégoire XI. C'est dans cette chapelle que fut inhumé Jean Soanen, Janséniste exilé à la Chaise-Dieu, décédé en 1740.

Du cloître, on aperçoit la chapelle dite des «Pénitents». Elle tient son nom de la confrérie des Pénitents de la Chaise-Dieu qui y tenaient leurs réunions. Ce bâtiment est en fait l'ancien réfectoire des moines construit par les abbés Hugues de Chauvigny de Blot et Jacques de Saint Nectaire.
Les bâtiments conventuels

Sur le «monasticon gallicanum», sorte de plan en élévation relevé à la fin du XVIIème siècle, les bâtiments conventuels occupaient une vaste étendue formant un quadrilatère. Il ne reste aujourd'hui que les parties sud et est de cette imposante construction édifiée au XVIIème siècle lorsque les Mauristes prirent possession de l'abbaye en 1640 sous les ordres du Cardinal de Richelieu. Ces bâtiments comprenaient les habitations des moines, l'infirmerie, des lieux de stockage de denrées diverses, du fourrage et des écuries.

Vendus comme biens nationaux à la Révolution, ils sont occupés par des particuliers, la Mairie et, jadis, par la justice de Paix, l'école publique et l'hospice pour les vieillards. Les deux vastes cours ont longtemps servi de foirail.

La salle de l'écho, partie intégrante de ces bâtiments, est une salle dont la voûte présente une particularité liée à la propagation des sons. En parlant à voix basse dans l'un de ses angles, seule la personne dans l'angle opposé entend vos propos. Rien aujourd'hui n'a permis de déterminer s'il s'agissait d'un pur hasard architectural ou si cette architecture était l'oeuvre d'un savant calcul. La tradition locale prétend que cette salle servait aux moines pour confesser les lépreux.
La façade

La majestueuse façade de l'abbatiale est érigée au XIVème siècle. Financé par le Pape Clément VI, l'édifice devait abriter son tombeau. De style gothique languedocien, son aspect sévère et massif s'intègre tout particulièrement au plateau du Livradois doté d'un climat rude et austère. La porte est de forme ogivale à triple voussure. Sur le trumeau qui la divise, une statue, probablement celle de Saint Robert, accueille le visiteur et le pèlerin.

À l'origine, des statues garnissaient les six niches du portail, le tympan et le trumeau. Elles ont été détruites lors des guerres de religion en 1562. Une fenêtre centrale et deux fenêtres ogivales éclairent la nef et les collatéraux. Au dessus, trois arches massives composent le système de défense de l'entrée. Elles sont surmontées d'une galerie ou chemin de ronde communiquant entre les deux tours. La façade mesure 60 mètres de hauteur. Elle est soutenue par des contreforts massifs à plusieurs niveaux. On accède à cette façade par un escalier en forme d'éventail construit en 1758, composé d'une quarantaine de marches et divisé en paliers qui s'étirent sur toute la largeur de la façade.
Le jubé

Cette lourde construction séparant la nef en deux parties, l'une réservée au moines dans le choeur, l'autre pour recevoir les pèlerins et fidèles, date du XVème siècle. Il est composé de trois arches bordées de feuillages qui soutiennent une balustrade. Sous l'arche de droite, se trouve l'autel dédié à Saint Robert, le fondateur de l'abbaye. Cette petite chapelle et celle de gauche ont été érigées par Gilbert Motier de Lafayette, Maréchal de France, qui souhaitait y voir sa sépulture et celle de sa famille. Elles furent détruites pendant les guerres de religion.

Le jubé est surmonté d'un grand Christ. La tradition locale prétend que sous la Révolution, on voulut l'abattre. Celui qui tenta le forfait fut précipité au sol où il se fendit le crâne. Pour le sauver les habitants de la Chaise-Dieu le couchèrent sur le jubé mais les deux bras de la croix étaient trop larges. Celui de droite en fit les frais, ce qui explique la dissymétrie de la longueur des bras de la croix.

Ce Christ criant de vérité est l'oeuvre de Jean Bonnefoy, frère novice, qu'il réalisa en 1603. Il est entouré de la Vierge et de Saint Jean réalisés au XVème siècle. Au pied du jubé, plusieurs dalles du sol présentent des épitaphes ou des armoiries sculptées. La plupart de ces dalles recouvrent les corps des moines, novices ou laïcs qui ont souhaité reposer dans l'abbaye pour l'éternité.
La tour Clémentine

Cette tour massive, encastrée dans l'abside de l'abbatiale, portait le nom de «tour du vestiaire» ou «tour de la Trésorerie» Son nom de «tour Clémentine» lui sera attribué bien plus tard, en l'honneur de Clément VI. Construite au XIVème siècle à l'initiative de Jean de Chandorat, abbé de la Chaise-Dieu, les travaux s'arrêteront faute d'argent. Grégoire XI, nouveau Pape, neveu de Clément VI semble avoir mis un point d'honneur à l'achèvement des travaux.

Puissante tour de défense pourvue de créneaux et de mâchicoulis, elle est maintenue au sol par de puissants contreforts et des arcs-boutants. Elle servait à la fois de donjon, de grenier, à conserver le trésor des reliques et de refuge pour les religieux. Lorsque les attaques huguenotes de 1562 se firent particulièrement violentes, les moines purent rester à l'abri et conserver de quoi subsister. Cette tour avait jadis un puits nommé fontaine de Saint Robert. Son eau était réputée pour apaiser les fièvres. Un important escalier en colimaçon de 147 marches dessert les étages de la tour.
Le buffet d'orgue

Construit et sculpté en bois de pin, il se situe au dessus de la grande porte d'entrée et occupe la totalité de la largeur de la nef centrale. Il porte la signature du sculpteur, COX et la date de 1683. Une tradition locale voudrait que ce buffet d'orgue ait été réalisé par un moine de l'abbaye répondant au nom de Cox, d'origine flamande. L'orgue, quant à lui, a été réalisé par Martin Carouge, facteur d'orgue à Paris en 1736-1737. La Révolution passant par là a détruit une grande partie de l'instrument en épargnant toutefois le buffet.

L'ensemble est supporté par quatre atlantes et de belles têtes de lions dont la gueule ouverte laisse se dérouler une guirlande de fleurs et de fruits. Le balcon est orné d'anges musiciens, de chérubins accompagnés par Sainte Cécile et le roi David. On y découvre aussi les armoiries de Hyacinthe Serroni, abbé de 1672 à 1687 qui devint évêque de Mende et archevêque d'Albi. Il paraît probable que cet abbé ait été le commanditaire de l'instrument et du buffet. L'instrument a fait l'objet d'une importante restauration. Quelques concerts viennent, de temps en temps, troubler la quiétude de l'abbatiale pour la plus grande joie des amateurs d'orgue.
Bibliographie

- Aimé Brunereau, La Danse Macabre de la Chaise-Dieu, Béal éditeur, la Chaise-Dieu, 1923
- Georges Paul, abbaye bénédictine de la Chaise-Dieu, Librairie Edouard Champion, Paris 1924.
- J. Lespinasse et L. Grand, abbaye de la Chaise-Dieu, Imprimerie Jeanne D'arc, le Puy
- Pierre Roger Gaussin, Huit siècles d'histoire : L'abbaye de la Chaise-Dieu 1043-1790, Almanach de Brioude, 1967.
- Michel Pomarat et Pierre Burger, Les tapisseries de l'abbatiale Saint Robert de la Chaise-Dieu, Brioude 1975.
- Alain Erlande-Brandenburg, La Chaise-Dieu, édition ouest-France, 1995.
Patrick Rossi.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:20

Fontevraud
Des moines aux ordres d'une abbesse

Sur les bords de la Loire, près de Saumur, le village de Fontevraud abrite une splendide abbaye de style romano-poitevin. Elle a été fondée au XIIe siècle par un mystique breton aux mœurs sulfureuses, Robert d'Arbrissel.

Cette cité monastique, qui avait la particularité d'abriter des couvents d'hommes et de femmes tous dirigés par une abbesse, s'est acquise une très grande prospérité grâce à Aliénor d'Aquitaine et aux Plantagenêt qui y sont inhumés.

Elle manqua toutefois d'être détruite après la Révolution et fut transformée en prison. C'est aujourd'hui un centre culturel très actif.
André Larané


Un ermite sulfureux

L'abbaye de Fontevrault (ou Fontevraud) a été fondée à la Pâques 1101 par le fervent breton Robert d'Arbrissel. Celui-ci mourut le 25 février 1116 au prieuré d'Orsan, dans le Berry. Il a été inhumé le 7 mars suivant dans sa chère abbaye de Fontevraud.

Du fait de sa critique des abus du clergé et de ses pratiques ascétiques, comme de dormir nu au milieu de jeunes femmes pour mieux résister à la tentation (Gandhi agissait de façon semblable !), Robert d'Arbrissel n'eut pas la chance d'être canonisé à l'égal de la plupart des autres fondateurs d'ordres monastiques...

L'abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon, fille adultérine d'Henri IV, tenta pourtant de le disculper. En 1645, soit cinq siècles après sa mort, elle envoya deux de ses moines à l'abbaye de la Trinité avec mission de retrouver et détruire des lettres compromettantes qui évoquent les pratiques curieuses du fondateur, mais ils échouèrent dans leur tentative...
Splendeur romane

L'église abbatiale est construite dans le style roman poitevin, avec des coupoles qui rappellent la cathédrale Saint-Front de Périgueux. Ces coupoles, supportées par les piliers et non les murs, permettent de dégager sur les côtés de grandes ouvertures à travers lesquelles pénètre la lumière naturelle.

À côté de la grande salle commune se tiennent les cuisines (ci-contre). Il s'agit d'un curieux édifice octogonal hérissé de cheminées. À l'intérieur, chacun des huit alvéoles latéraux pouvait servir de foyer pour la cuisson des aliments.

Dans les conduits de cheminée, on mettait à fumer pendant plusieurs semaines les poissons de la Loire, qui faisaient l'ordinaire des repas, afin de bien les conserver. Cette organisation ingénieuse se retrouve dans les cuisines du palais de Cintra (Portugal) et du palais du Topkapi (Istamboul).
Le pouvoir aux femmes

La cité comprend une abbaye mère, le grand Moustier, dédié à la Vierge Marie, et trois prieurés : Saint-Jean-de-l’Habit, Sainte-Marie-Madeleine et Saint-Lazare. Au XIIIe siècle, elle compte au total jusqu'à une centaine d'hommes et près de 500 femmes.

L'ensemble a la particularité d'avoir toujours été commandé par une femme. Cette pratique inhabituelle est inspirée à Robert d'Arbrissel par les mots du Christ sur la Croix à l'adresse de sa mère et de Jean : « Mère, voilà ton fils, fils voici ta mère » (il serait anachronique d'y voir une forme de féminisme).

36 abbesses se succèdent ainsi à la tête de Fontevrault jusqu'à ce que les moines et les moniales en soient chassés à la Révolution. La première d'entre elles est une veuve énergique joliment dénommée Pétronille de Chemillé, qui bénéficie d'une importante donation de la duchesse Aliénor d'Aquitaine.

Sous le règne de Louis XIV, une abbesse n'est autre que Marie-Madeleine de Rochechouart de Mortemart, soeur de l'influente Madame de Montespan, maîtresse du Roi-Soleil, laquelle lui rend de fréquentes visites.

La règle est révisée et fixée au XVIe siècle par l'abbesse Marie de Bretagne. La discipline est assurée par des « soeurs cherches » nommées pour un an, dont la mission consiste à repérer « les oisives, les babillettes et les dormantes » (autrement dit les moniales qui tirent au flanc et celles qui babillent ou dorment pendant les offices religieux). La viande est absente des repas mais pas le vin... À noter que les moniales ont droit à une ration double de celle des hommes.

Après la Révolution, de 1804 à 1963, Fontevrault sert de prison et laisse le souvenir d'une très grande dureté. D'aucuns prétendent qu'elle aurait « hébergé » l'écrivain et truand Jean Genet mais il ne s'agit que d'une légende.
La nécropole des Plantagenêts

Le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, étant mort à Chinon pendant l'été 1189, a été inhumé dans l'urgence à Fontevrault, non loin de là. Sa veuve Aliénor d'Aquitaine, qui a plus tard fini sa vie dans sa chère abbaye, a été inhumée à côté de son mari ainsi que de son fils, le roi Richard Coeur de Lion. Sa bru Isabelle d'Angoulême, épouse de Jean sans Terre, a été également inhumée sur place.

C'est ainsi que les premiers Plantagenêt ont fait de Fontevrault leur dernière demeure. Ils reposent dans la crypte de l'église abbatiale pour l'éternité et chacun peut admirer leurs gisants polychromes dans la nef.

Selon la tradition médiévale, ces gisants sont orientés les pieds vers Jérusalem. Ils représentent les défunts dans leur tenue de la cérémonie funéraire. Aliénor tient dans ses mains un livre ouvert pour rappeler qu'elle fut, sa vie durant, l'amie des poètes et des troubadours.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 6 Sep à 9:22

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

le 6 septembre 1522 et des grandes architectures.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t106-le-6-septembre-1522-et-des-grandes-architectures
Les Siths de la République et Les Jedis du Savoir.
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mar 13 Sep à 10:01

Toulouse, le 13 Septembre 2016

"Lettre vers tous les Croyants, les Laics, les Athées et Indiférents sans distinction de sexes et d'appartenance"

"A travers l'histoire, il y a tout ces regards qui porte sur l'espérance d'une terre bénite où résonne la paix et l'harmonie si désireuse dans le cœur de l'Homme. Certains ont construit et d'autres ont détruit... Les Femmes n'eurent pas dans un premier temps à se soucier de leur image, telle des lionnes, elles étaient libre de se soumettre ou de se dérober à l'acte naturel de la Nature et de ses lois. Mais voilà; nous avons voulu une femme unique dans sa présentation et son comportement: La diversité lui fut enlevé et l'Homme perdit son statut d'être suprême de Dieu. Les Hyènes, les lions et les Éléphants devint les inspirateurs de l'évolution humaine, plus nous apprenons à observer ce qui reste de sauvage dans la nature, nous voyions que nous avons voulu supprimer ces codes d'honneurs... Ce qui était preuve de charité fut transformé en faiblesse ! Le lion qui élevait les fils de ses frères, ce lion là fut tué par les Hommes et ceux qui prirent sa défense furent exilés du cœur des femmes... On les transforma pour les soustraire à leurs regards... Trouvé vous cela juste mesdames d'être puni pour un acte de bonté à l'égard de ce lion qui adopta les orphelins de ces crimes et qui honoré les dettes des Dames Lionnes à l'égard de Yahvé, Dieu, Allah, Vishnou ou Éternel est l’Éternel. Oui malgré mon sens laïque, je crois au courage de la Charité et de la Valeur malgré tout j'ai perdu ma naïveté devant le Lâche, le Traitre, l’Envieux et la Haine. J'aime le regard tel le lion qui protège son territoire, Sa Lionne et Son Peuple et qui n'ose pas cacher son admiration devant les singes et les éléphants imprégné de sagesse et de Bonté... Le Courage de la Girafe, la Hargne de la Hyène, l'endurance du Serpent, la moquerie du Scorpion et les enseignements de la Mouche. Les Mouches indiquent l'eau et sont des reversoirs aussi utile que le Chameau et le Cheval... Les hirondelles qui faisait sourire les Femmes et les Enfants; Et malgré la Cruauté du Temps, il y avait toujours une place pour la valeur du Courage et du charitable... Voilà à partir de quoi et selon les percepts de Gordon Pacha et l’Enseignement de l’Écoute du Temps et de La Nature nous pouvons reconstruire Alep, Petra et tous ces Oasis qui faisait les charmes de nos querelles de Commerçants, de Patriarches et de Familles. Nous ne pourrons jamais éviter des querelles ou des discordes de Voisinages, mais Sauvegarder Notre Honneur, ça sera mon premier engagement d'Homme contre l'Esclavage, le Viol, la Torture, La Faim, La soif et pour l'équilibre, le partage, la manifestation, l'égalité, de réunion et de gréve."

Ecrit de
TAY
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Jeu 20 Oct à 9:35

Au lieu d'obtenir la sédation par des méthodes agressives ou susceptibles de réaliser des déficits dans le système nerveux, un nouveau courant s'est développé en psychiatrie visant à obtenir l'effet non seulement sédatif mais régulateur par des substances chimiques appropriées.

Ce courant pharmacologique a présenté de nombreux précurseurs. C'est surtout Moreau de Tours qui au milieu du Dix neuvième siècle, après ses études sur le HASCHICH, et ensuite sur une série de substances, notamment le protoxyde d'Azote, les sédatifs divers, l'opium, l'Alcool, ect..., a développé l'idée de modifications psychologiques déterminées par les substances chimiques. Moreau de la Tours a été ainsi après la conception chimiques des PSYCHOSES et ainsi a mentionné en premier avec Mlle Pascal, les dissociations psychiques sur le soi et le paraitre. Mais il a encore utilisé diverses substances chimiques non seulement pour déterminer des "troubles psychologiques expérimentaux" mais pour encore plus pour explorer la psychologie profonde. Ainsi Moreau de Tours a été le précurseur de la narcoanalyse et le promoteur des thérapeutiques chimiques. Ainsi et mais, cette conception chimique pharmacologique a été longue à ce développer. Dans la Ligne de Moreau, Les beaux travaux de Mlle Pascal et de ses élèves sur les substances psychotropes et l'exploration pharmacologique de la psychologie des éléments précoces puis de Claude, Borel et Robin avec l'éthérisation prolongé par Claude et Baruk sur le somnifères...

Et puis dans cette clarté une part d'ombre sur le soi, la conscience de souffrance, la naissance et le développement de la catatonie expérimentale et de la psychiatrie expérimentale chez les animaux par De Jong et H.Baruk, devait apporter dés 1930 une démonstration objectives des causes toxiques des maladies mentales, et des "applications thérapeutiques" antitoxiques (psychoses colibacillaires de H.Baruk, psychoses hyper-folliculiniques, ect,) et a donc ouvert dans ses travaux du 19iéme siècle qui ressemble sur bien des aspects sur des études antiques Égyptiennes et Romaines élaborés sur l'analyse mortuaire et Momification donc moins soumise à la torture de patients vivants tels que des animaux et être humains, élaborés sur l'hygiène de vie du Vivant et qui par la suite d'une mort à définir aurait pu éviter la souffrance engendrer par ce docteur H.Baruk, Ces études primaires permettent l'entrer dans le champs de la Psychopharmacologie.

Comme en tout temps et malgré le fait que nous soyons aux vingt et unième siècles, la découvertes de nouvelles substances "psychotropes" a renouvelé la thérapeutique psychiatrique en particulier dans le domaine des substances dites "neuroleptiques"; sans une réelle surveillance accru de la part de secouristes devant l'investissement des grands laboratoires voir de personnes physiques de l'aspect morale de l’État et de la société.

Se rappeler des sujets comme la découverte de l'évidence des troubles sympathiques en pathologie, rôle souligné par Laignel-Lavastine, par Tinel et Santenoise... Le phénomène de Reilly et les antihistaminiques des synthèses.... Les travaux de Bovet dans les laboratoires de Fourneau à Paris et poursuivi en Italie à l'institut supérieur de la santé à Rome.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie sur les études de
Henry Baruk publié par Presses Universitaires de France

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Romain Gary nous a particulièrement émus dans une lettre où il suppliait Christel de l'aimer, même un peu... Au contraire, Musset a prouvé qu'il était possible de rester fier et élégant malgré la douleur en faisant ses adieux à la célèbre George Sand. Apollinaire nous a émoustillé les sens dans une lettre à Lou alliant douleur et jouissance ; tandis que la domination exercée par Wanda sur Leopold von Sacher-Masoch nous captivait. Enfin, les mots de Jean Cocteau pour son amant Jean Marais nous ont apaisé l'âme et l'esprit...

Lettre de Romain Gary à Christel
“ Aime-moi, veux-tu ? Un tout petit peu.

Romain Gary (21 mai 1914 – 2 décembre 1980), aussi connu sous son nom de naissance Roman Kacew ou sous son nom d’emprunt Émile Ajar avec lequel il signe un grand nombre de ses oeuvres, est un auteur et diplomate français très influent du XXe siècle. En juillet 1937, il rencontre Christel Söderlund, journaliste suédoise avec qui il entretient un passion dévorante mais de courte durée. En effet, épouse et mère de famille, elle le quitte et retourne en Suède. Voici ses mots.

6 septembre 1937

Nice 6. IX. 37

Christel, ma lointaine, ton petit cheval est ravissant et il restera toujours sur mon bureau, à côté de ta photo.

Et « Gösta Berling » sera toujours mon livre de chevet. Et tes yeux sont ce qu’il y a de plus bleu sur terre et tes cheveux sont plus blonds que ceux de Gösta.

Je ne peux pas les oublier, petite Christel. Je ne peux rien oublier. Aime-moi, veux-tu ? Un tout petit peu. En tout cas, mens-moi. Dis-moi que tu m’aimes. Même si ce n’est pas vrai.

Il est une heure du matin. Je viens de me baigner. Je suis rentré dans l’eau là où… tu sais où. J’ai nagé loin, très loin. J’ai eu peur. Et je pensais à toi, tout le temps. Puis je suis allé boire une fine dans ce petit bistro… tu sais, là où tu as dit « oui ».

Maintenant je suis fatigué. J’ai le cafard. Ich will so, aber so in deinen Armen jetzt sein, weisst du ! Aber nein, du weisst nicht. Du kannst nicht wissen. Dieser Brief wird ein Liebebrief sein. Du willst das nicht, ich weiss… Du liebst mich nicht, ich weiss. Wie kannst du mich lieben ? Drei Tage… Du kennst doch mich überhaupt nicht !

En ce moment, tiens, j’ai envie de me saouler la gueule ! J’écrirai, cette nuit. Je vais continuer un roman policier que je dois livrer en décembre. J’ai déjà tué trois personnes. Avec l’argent – deux mille francs – j’irai à Stockholm. Si tu permets… Ou plutôt non, je n’irai pas à Stockholm, j’irai à Christel. Si Christel permet… J’habiterai 14 Blasieholmsborg.

Es-tu libre à Noël ? Est-ce que je peux venir le 23 décembre ? Ou plus tôt ? Ou plus tard ? Ou pas du tout ? Écris-moi. Je t’aime, petite-fille, tu sais ?

Romain Kacew

Il fait trop chaud. Je ne peux pas dormir. Je vais prendre un canot à la Grande Bleue et je vais passer la nuit en mer.

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Le Rosaire récité en commun est bien plus terrible au démon

Le Rosaire récité en commun est bien plus terrible au démon, puisqu'on fait, par ce moyen, un corps d'armée pour l'attaquer. Il triomphe quelquefois fort facilement de la prière d'un particulier, mais, si elle est unie à celle des autres, il n'en peut venir à bout que difficilement.

Il est aisé de rompre une houssine toute seule ; mais si vous l'unissez à plusieurs autres et en faites un faisceau, on ne peut plus la rompre. Vis unita fit fortior. Les soldats s'assemblent en corps d'armée pour battre leurs ennemis ; les méchants s'assemblent souvent pour faire leurs débauches et leurs danses ; les démons même s'assemblent pour nous perdre.

Pourquoi donc les chrétiens ne s'assembleraient-ils pas pour avoir la compagnie de Jésus-Christ, pour apaiser la colère de Dieu, pour attirer sa grâce et sa miséricorde, et pour vaincre et terrasser plus puissamment les démons ?
Saint Louis Marie Grignion de Montfort
Dans Le secret admirable du T. S. Rosaire, 46e Rose
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mer 26 Oct à 10:27

Fenrir Le Loup est un personnage cruel et incorruptible au charme de la convoitise et de la force; mais, il n'est pas lâche au contraire de Loki... Il remplace la brutalité par la ruse, il est respecté et craint des Dieux... Pourtant, il obéit à la règle de l'Honneur au contraire de certains Humains et des créatures de La Nature. C'est pour cela que je crois que Fenrir n'a nul besoin de pitié mais son caractère est emprunt de la vaillance de Tyr. C'est un personnage que je respecte au même titre que Balder de Lightalfaheim, Yahvé, Athéna et Nephtys L'Egyptienne.

Observation de
TAY
La chouette effraie

Dans la mythologie nordique, Fenrir (« habitant des marais ») ou Fenrisúlfr (« loup de Fenrir ») ou Fenris est un loup gigantesque, fils de Loki1 et de la géante Angrboda2, tout comme Jörmungand, le serpent de Midgard, et Hel, qui règne sur le monde des morts. Considéré trop puissant et dangereux par les dieux, Fenrir est enchaîné par ruse et se libérera pour la bataille prophétique Ragnarök durant laquelle il avalera Odin puis sera abattu violemment par Vidar, un des fils du dieu.

Sommaire

1 Mythes
1.1 Enchaînement
1.2 Ragnarök
1.2.1 Edda poétique
1.2.2 Edda de Snorri
2 Culture populaire
2.1 Dans la littérature
2.2 Dans les jeux vidéo
2.3 Dans la musique
3 Notes et références
3.1 Notes
3.2 Références
4 Bibliographie

Mythes
Enchaînement
Týr nourrit Fenrir, de Louis Huard (1891).

L'épisode du sacrifice de la main du dieu Týr dans la mâchoire de Fenrir est raconté en détail dans le chapitre 34 du Gylfaginning, il est également évoqué au chapitre 25 en guise d'« exemple de sa hardiesse »3. Fenrir est élevé par les Ases et grandit démesurément, à tel point que seul Týr a le courage de lui donner à manger. Les Ases décident alors de l'enchaîner pour qu'il ne puisse accomplir la prophétie selon laquelle il causera leur perte. Ils fabriquent une chaîne (Loeding) et le mettent au défi de se libérer ; celui-ci, voulant accroître son prestige, s'y soumet et y parvient. Alors ils en fabriquent une autre plus solide (Dromi) mais elle cède aussitôt. Craignant de ne pouvoir l'emprisonner, les Ases envoient le messager Skirnir à Svartalfaheimr, chez les elfes sombres, pour fabriquer un lien magique : Gleipnir, faite par des ingrédients qui depuis n'existent plus ; bruits de pas de chat, barbe de femme, racines de montagnes, nerfs d'ours, haleine de poisson et crachat d'oiseau. Le lien a alors l'aspect d'un ruban de soie. Ils demandent à Fenrir de se soumettre une fois de plus à l'épreuve mais celui-ci leur répond qu'il n'a rien à gagner à briser un simple ruban et, s'il était magique, il ne leur fait pas confiance pour le libérer. Il n'accepte de le faire que si l'un d'eux met sa main dans sa gueule en guise de bonne foi.
Fenrir arrache la main de Týr. Manuscrit SÁM 66, 1765, Copenhague, Bibliothèque royale.
Fenrir enchaîné. Manuscrit ÁM 738 4to, 1680, Reykjavik, Institut Árni Magnússon.

Seul Týr a le courage d'accepter, et il s'exécute. Fenrir attaché se démène mais plus il essaye de se libérer, plus le lacet se raidit. Alors tous les Ases éclatent de rire, sauf Týr, qui venait de perdre sa main. Les dieux attachent les liens au sol tandis que Fenrir se débat et tente de les mordre. Pour l'en empêcher, les Ases lui mettent une épée en travers de la bouche (la garde reposant sur la mâchoire inférieure et la pointe à l'opposé). Depuis, le loup ne cesse de rugir, et de la bave s'écoule de ses mâchoires formant les fleuves Ván (espoir) et Víl (volonté). Il restera ainsi attaché jusqu'à la bataille prophétique du Ragnarök, lorsque toutes les chaînes se briseront4.

Dans le poème eddique Lokasenna, le dieu malin Loki s'en prend successivement aux principaux dieux par une joute verbale. Loki alors s'en prend à Týr en évoquant la perte de sa main par Fenrir :

Loci qvaþ:
38.
«Þegi þv, Tyr!
þv kvnnir aldregi
bera tilt meþ tveim;
handar ennar hogri
mvn ec hinnar geta,
er þer sleít Fenrir fra.»



Loki dit :
38.
«Tais-toi, Týr,
Jamais tu n'as su
Rétablir la paix entre deux opposants;
Ta dextre,
Je la mentionnerai,
Celle que t'arracha Fenrir.»



Tyr qvaþ:
39.
«Handar em ec vanr,
enn þv hroþrs-vitniss,
ba/l er beggia þrá;
vlfgi hefir oc vel,
er i bondom scal
bíþa ragnara/crs.» 5



Týr dit :
39.
«S'il me manque une main,
À toi manque HródvitnirNote 1 ;
Malheur nous angoisse tous deux.
Le loup ne l'a pas belle non plus
Qui dans les chaînes doit
Attendre le crépuscule des dieux.»6


Ragnarök
Article détaillé : Ragnarök.

Dans l'eschatologie nordique, il est prophétisé qu'une grande bataille aura lieu dans laquelle les géants, conduits par le dieu Loki, attaqueront les Ases sur la plaine de Vígríd. Cet événement s'appelle le Ragnarök. Toutes les chaînes se briseront, et le loup Fenrir, comme son père Loki, sera libéré. Le géant du feu Surt combattra aux côtés des autres forces du chaos et enflammera le monde, qui coulera dans l'océan. Au cours de cette bataille, la majorité des dieux, et tous les hommes hormis un couple, Líf et Lífþrasir, périront. Plusieurs textes s'accordent que le dieu Odin sera tué par le loup monstrueux Fenrir. Puis le fils d'Odin, Vidar, vengera son père, tuant Fenrir en lui arrachant la mâchoire ou en lui transperçant le cœur avec son épée7.
Edda poétique

Le poème eddique Völuspá décrit en détail les évènements du Ragnarök et mentionne Fenrir à plusieurs reprises. À la strophe 40 il est dit qu'une vieille enfante « la race de Fenrir » (il s'agit peut être de la mère de Fenrir, Angrboda), et qu'un d'entre eux détruira le soleil (référence probable au loup Hati). La strophe 53 annonce qu'à la bataille, le dieu Odin ira combattre le loup (Fenrir) mais il sera tué. On apprend ensuite à la strophe 55 que le fils d'Odin, Vidar, vengera son père en transperçant le cœur de Fenrir :

55.
Þá kemr inn mikli
mögr Sigföður
Viðarr vega
at valdýri;
lætr hann megi hveðrungs
mund um standa
hjör til hjarta;
þá er hefnt föður8.



55.
Alors arrive le noble
Fils de SigfödrNote 2,
Vidarr, pour tuer
La bête à charogne,
Du poing il enfonce
L'épée jusqu'au cœur
Du fils de HvedrungrNote 3
Voici que le père est vengé9.



Dans le poème eddique Vafþrúðnismál, le dieu Odin et le géant Vafþrúðnir jouent à un classique jeu de questions où ils s'interrogent sur les choses des mondes, testant ainsi mutuellement leur sagesse. À la strophe 52, Odin demande au géant ce qui causera sa mort au Ragnarök, et celui-ci répond à la strophe suivante que le loup (Fenrir) l'engloutira, mais Vidar le vengera en fendant la gueule du loup. Ceci diffère quelque peu du récit de la Völuspá. Une autre référence au combat se trouve à la strophe 17 des Grímnismál où il est dit simplement que Vidar vengera son père, mais Fenrir n'est pas mentionné.
Edda de Snorri
Vidar combat Fenrir. Illustration de W. G. Collingwood (1908).

Le Ragnarök est décrit dans l'Edda de Snorri, au chapitre 51 de la partie Gylfaginning. Fenrir se libèrera et accompagnera les géants à la bataille contre les dieux, ce que Snorri évoque en ces termes :

« Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel, et il l'ouvrirait davantage encore s'il y avait la place. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »

— Gylfaginning, chapitre 5110

À la bataille, Fenrir engloutira Odin. Mais le loup sera ensuite tué par Vidar qui lui déchirera la gueule, description en désaccord avec la Völuspá dont les vers sont pourtant cités dans le texte.

« Le loup engloutira Odin, et telle sera sa mort. Mais aussitôt, Vidar s'avancera et posera un pied sur la mâchoire inférieure du loup. À ce pied, il porte la chaussure dont la matière a été assemblée de toute éternité : ce sont les morceaux de cuir que les hommes rognent à la pointe et au talon de leurs chaussures, et c'est la raison pour laquelle tout homme qui veut venir en aide aux Ases doit jeter ces rognures. D'une main, il saisira la mâchoire supérieure du loup et lui déchirera la gueule : telle sera la mort du loup. »

— Gylfaginning, chapitre 5111
Culture populaire
Dans la littérature

Dans la série Magnus Chase et les Dieux d'Asgard de Rick Riordan, Fenrir est un loup géant dont la corde doit être remplacée par les héros.
Dans l'univers de Warhammer 40,000, Fenrir est le monde chapitral des Space Wolves, dont l'histoire et l'emblème reposent principalement sur le thème du loup. Il est aussi intéressant de noter que le Primarque Leman Russ partait au combat flanqué de ses deux loups, Freki et Geri, rappel de la représentation d'Odin et ses loups.
Dans la saga Harry Potter, l'écrivaine anglaise J. K. Rowling donne le nom de Fenrir à un loup-garou, particulièrement sauvage, parmi les Mangemorts qui apparaissent dans le sixième tome de la saga : Fenrir Greyback.
Dans la saga Les Chroniques de la Tour, de l'écrivain espagnol Laura Gallego García, l'elfe Fenris est un personnage capable de se transformer en loup-garou.
Dans le roman intitulé Fenrir, par l'auteure néerlandaise Hella S. Haasse, il y a une peinture illustrant le loup Fenrir en train d'avaler le soleil. L'histoire traite entre autres des loups.
Dans le Silmarillion, Tolkien décrit un loup, Carcharoth, appelé aussi Anfauglir, qui est très proche du Fenrir mythologique et dévore la main de Beren devant le palais de Morgoth
Dans la saga Anita Blake de Laurell K. Hamilton, la meute des loup-garou compte dans sa hiérarchie un fenrir (celui qui veut prendre la place du chef de la meute, l'Ulfric)
Dans la bande dessinée Louve, de la série Les Mondes de Thorgal, le deuxième tome intitulé La Main coupée du dieu Tyr relate la légende de Fenrir et Tyr.
Dans la saga Les Vampires de Manhattan de Melissa de la Cruz, dans le septième et dernier tome Les Portes du paradis.
Dans le manga Saint Seiya, Fenrir fait partie des guerriers divins d'Asgard, et combat et vit avec une meute de loups. Comme les six autres guerriers divins, il fait référence à un personnage important de la mythologie nordique.
Dans la série Arielle Queen de Michel J. Lévesque, Fenrir est un personnage mi-homme, mi-loup, qui a pour devoir d'avaler la Lune et faire régner la Lune noire sur Midgard. Il est le fils de Loki et d'Angrboda et le demi-frère de Hel et le frère de Jörmungandr.
Dans le manga Inazuma Eleven, Fenrir est une des techniques spéciales de tir de l'équipe américaine, Ray Unicorn.
Dans le roman Everworld de K. A. Applegat où Fenrir joue un personnage secondaire.
Dans le manga High school DxD Born ( saison 3 ) Fenrir au côté de Loki, affronte le Clan Gremory en enfer. Qui sera ensuite capturé par une organisation de l'ombre.
Dans le manga Berserk, une bête représentant le côté sombre du Héros Guts,en forme de loup enchainé et violent, fait beaucoup penser à Fenrir.

J'ai toujours pensé que Fenrir le Loup est porté par le symbole de son peuple:

Loci qvaþ:
38.
«Þegi þv, Tyr!
þv kvnnir aldregi
bera tilt meþ tveim;
handar ennar hogri
mvn ec hinnar geta,
er þer sleít Fenrir fra.»

Dans la mythologie nordique, Svartalfheim est le domaine des Alfes noirs (svartálfar), également appelés Alfes sombres (drökkálfar), par opposition aux Alfes clairs résidant à Lightalfaheim. Il est parfois confondu avec Nidavellir, domaine des Nains. Comme Midgard, Jötunheim et Nidavellir, Svartalfheim se trouve à mi-hauteur de l'arbre cosmique Yggdrasil.

La distinction entre Alfes lumineux et Alfes sombres ne se rencontre que chez Snorri et il est vraisemblable (c'est l'opinion exprimée en premier lieu par Jacob Grimm) qu'elle soit la transposition du dualisme chrétien anges / démons.

Toutefois, il est possible qu'elle renvoie à deux aspects du culte des Alfes : culte de la fécondité pour les Alfes lumineux, culte des morts pour les Alfes sombres.

Un elfe est une créature légendaire anthropomorphe dont l'apparence, le rôle et la symbolique peuvent être très divers. À l'origine, il s'agissait d'êtres de la mythologie nordique, dont le souvenir dure toujours dans le folklore scandinave. Les elfes étaient originellement des divinités mineures de la nature et de la fertilité. On les retrouve dans la mythologie celtique, puisque quelques textes irlandais et écossais les évoquent.

Leur figure est reprise plus tard dans la littérature, comme élément merveilleux du conte de fées et de la fantasy. Le succès des récits de J. R. R. Tolkien, dans lesquels des personnages beaux, nobles et sages sont désignés comme des elfes en font un archétype du personnage de fantasy et du jeu de rôle. L'apparence de l'elfe dans la perception des connaisseurs de la fantasy s'est modifiée du fait de son succès littéraire. Ils deviennent des êtres d'apparence jeune et de grande beauté, vivant le plus souvent dans des forêts, considérés comme immortels et dotés de pouvoirs magiques, et se distinguant physiquement des humains par leurs oreilles pointues et une apparence plus svelte.

Les Alfes noirs (svartálfar en vieux-norrois) sont une espèce d'êtres de la mythologie nordique. Il s'agit, selon Snorri Sturluson, d'une catégorie d'Alfes, les autres étant les Alfes lumineux et les Alfes sombres.

Leur existence n'est évoquée qu'indirectement par Snorri, lorsqu'il mentionne Svartalfheim (monde des Alfes noirs) (Gylfaginning, 34, Skáldskaparmál, 37). Svartalfheim désignant dans les deux cas la demeure souterraine des nains, il semblerait qu'Alfes noirs et nains soient assimilés.

Elfe noir

Le Cauchemar, par le peintre Henry Fuseli (1802). Cette peinture est probablement inspirée de la vision allemande d'un mauvais Alb (Alfe ou Elfe) assis sur la poitrine des dormeurs touchés par la paralysie du sommeil.
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Pourtant, Créatures de la mythologie nordique
Créatures peuplant Yggdrasil Heidrun (chèvre) • Dain et Eikthyrnir (cerfs) • Ratatosk (écureuil) • Vidofnir (coq) • Moin et Nídhögg (dragons) Norðurlendskar ljós- og myrkurssøgur.jpg
Liées à la cosmogonie Audhumla (vache) • Árvakr et Alsviðr (chevaux) • Hati (loup) • Hrímfaxi et Skínfaxi (chevaux) • Sköll (loup) • Jörmungand (serpent)
Associées aux Ases Odin : Hugin et Munin (corbeaux), Bon article Sleipnir (cheval), Geri et Freki (loups) • Freyja : Hildisvíni (sanglier) • Freyr : Gullinbursti (sanglier) • Thor : Tanngrisnir et Tanngnjóstr (boucs) • Heimdall : Gulltopp (cheval)
Habitants des neuf mondes Les Alfe lumineux • Les Alfe noirs • Les Jötunn et Trolls • Les Nains
Autres Fáfnir (serpent ou dragon) • Fenrir (loup) • Garm (chien) • Bon article Grani (cheval) • Bon article Gullfaxi (cheval) • Gullinkambi (coq) • Managarm (loup) • Sæhrímnir (sanglier) • Bon article Svadilfari (cheval) • Hræsvelg (aigle)
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Mer 26 Oct à 10:48

http://leclandesmouettes.bbflash.net/t7p25-la-grande-famine-le-premier-age-ou-une-oeuvre-laique#3408

Fenrir Le Loup est un personnage cruel et incorruptible au charme de la convoitise et de la force; mais, il n'est pas lâche au contraire de Loki... Il remplace la brutalité par la ruse, il est respecté et craint des Dieux... Pourtant, il obéit à la règle de l'Honneur au contraire de certains Humains et des créatures de La Nature. C'est pour cela que je crois que Fenrir n'a nul besoin de pitié mais son caractère est emprunt de la vaillance de Tyr. C'est un personnage que je respecte au même titre que Balder de Lightalfaheim, Yahvé, Athéna et Nephtys L'Egyptienne. certains personnages de la grande famine ont des caractères communs avec les entités terrestres car il existe un lien universel dans l'essence de la Nature. Il s'agit d'une œuvre laïque incitant à connaitre les différences croyances et philosophies sans créer une zizanie dans le monde réelle. Il y a une part de vraie et de rêverie... Certains désigne l'ombre comme mal et la lumière comme bien... J'essaye de montrer la difficulté de jugement et d'existence où chaque créature se remets en cause par intérêt, par peur, par honneur ou d'autres créatures. j'essaye de faire entendre la pensée d'une essence organique sans pour autan renier l’âme spirituelle. Lilith est par exemple une jeune femme courageuse mais dont la sensibilité l'a conduit à renier le propre de l'existence de son peuple par rancœur à son mari Adam qui n'a pas assisté à son accouchement: Une Femme a des besoins certes sexuelles mais son âme l'engage à une volonté spirituelle... La Prière, le Bronzage, Le secourisme et le droit d'être unique au cœur du peuple et de la nature voilà ce que un homme doit apporter à une femme ou ce qu'un compagnon doit apporter à son "argonaute". Ce jeu se doit d'être un jeu de stratégie mais il demeure un aspect de philosophie et de réflexion au même titre que l'histoire sans fin... Créer, Imaginer et Secourir votre partenaire dans le contexte de votre mission.
cela est fiction bien sur et il ne s'agit pas d'un exercice de guerre... A vous, de donner une place à votre imagination dans la conclusion du Vingt et unième siècle et de la naissance de nouvelle épopée dans les siècles à venir.

Observation de
TAY
La chouette effraie
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MessageSujet: Re: Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.   Aujourd'hui à 19:13

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Isis de Nout, Y'becca et les Vierges dans le temps.
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