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 Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.

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yanis la chouette



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MessageSujet: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:33

Marxisme et terrorisme
http://isj.org.uk/www.isj.org.uk/indexcebd.html?id=182&issue
par Gareth Jenkins

18 mars 2015

Article paru au printemps 2006 dans la revue International Socialism.
Traduction en 2015 par Jean-Marie Guerlin.

Le « terrorisme » est la nouvelle menace mondiale contre laquelle il faut aujourd’hui, à en croire les politiciens de la classe dirigeante et les médias, mener une guerre totale. Ben Laden et Al Qaida sont pour eux une ombre omniprésente contre laquelle se rangent en ordre de bataille les valeurs démocratiques de la civilisation – un démon devant être exorcisé à tout prix, y compris par la réduction des libertés publiques.

Cette attitude se propage jusque dans des secteurs de la gauche. Ceux qui, dans les années 1970, manifestaient de la sympathie pour des organisations qui, comme l’IRA provisoire, utilisaient des méthodes « terroristes », ont souvent une attitude complètement différente face au « terrorisme » d’aujourd’hui. Les anciennes organisations « terroristes », semble-t-il, pouvaient être considérées favorablement dans la mesure où leurs actes se justifiaient au nom d’une idéologie laïque et progressiste, comme la libération nationale, l’anti-impérialisme ou le socialisme. Celles d’aujourd’hui, à l’inverse, sont vues comme « islamo-fascistes » ou « anticapitalistes réactionnaires », et doivent par conséquent être condamnées comme peu différentes du système qu’elles combattent, sinon pires.

Mais quelles que soient les différences entre le terrorisme d’aujourd’hui et celui de jadis – et elles sont, malgré les apparences, peu nombreuses – la question de savoir comment y répondre interroge avec insistance les révolutionnaires.

Marx et Engels, à diverses occasions, durent critiquer le type de stratégie qui mettait l’accent, non sur l’action de masse, mais sur les actes d’individus isolés (comme faire sauter des bâtiments ou assassiner des êtres haïssables) – désignée sous l’appellation de « terrorisme » à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle.1

Le premier cas fut celui des Fenians, ou Irish Republican Brotherhood, une société secrète révolutionnaire dédiée à l’émancipation de l’Irlande. En septembre 1867, des Fenians locaux de Manchester firent sauter la porte d’un fourgon cellulaire qui amenait au tribunal deux dirigeants de l’organisation. Un policier fut tué dans l’explosion. Quatre des libérateurs furent arrêtés (en même temps qu’un cinquième homme parfaitement innocent pris lors d’une descente de police dans le quartier irlandais de Manchester), accusés de meurtre et condamnés à mort. Ils furent pendus le 23 novembre, bien qu’aucun des accusés n’ai tiré de coup de feu fatal, la mort ayant été accidentelle. La sauvagerie de la réaction du gouvernement britannique provoqua d’immenses manifestations en soutien à la cause de l’indépendance irlandaise – impliquant des travailleurs anglais aussi bien qu’irlandais. Mais une quinzaine de jours plus tard, une nouvelle tentative des Fenians de libérer un de leurs dirigeants eut des conséquences désastreuses. Les explosifs dont le but était d’extraire un organisateur fenian de la prison de Clerkenwell firent s’écrouler une rangée de maisons voisines, tuant sept habitants et en blessant sérieusement 120.

Quelle fut la réaction de Marx et Engels ? Marx avait consacré toute son énergie à amener l’Internationale à soutenir la revendication de l’indépendance irlandaise, convaincu que si l’aristocratie terrienne anglaise n’était pas affaiblie la révolution de la classe ouvrière anglaise ne serait pas possible.2 Il était donc dans l’intérêt des ouvriers anglais de soutenir la résistance des Irlandais. Marx écrivit à Engels le 2 novembre : « J’ai cherché de toutes les manières possibles à provoquer cette manifestation des ouvriers anglais en soutien au fénianisme ».3 Dans une autre lettre à Engels, le 7 novembre, il disait : « Cette affaire provoque l’émotion de la partie intelligente de la classe ouvrière d’ici ».4 Engels faisait écho à ces sentiments dans une lettre à Kugelmann : « Les prolétaires londoniens se déclarent chaque jour plus ouvertement pour les Fenians et sont donc – chose inouïe et splendide – pour un mouvement, d’abord, violent, et, ensuite, anti-Anglais ».5

La totalité de l’opinion progressive n’était pas disposée à soutenir les Fenians. La Reform League, une organisation constituée en 1865 pour agiter en faveur du suffrage universel, et dans laquelle siégeaient les dirigeants des trade unions membres de l’Internationale, passa une résolution condamnant le fénianisme. Ceci exerça une pression sur l’Internationale elle-même, et il fallut tous les efforts de Marx pour faire en sorte que l’Internationale conserve une position ferme. L’explosion de Clerkenwell, à l’évidence, n’arrangeait pas les choses. Marx écrivit le lendemain à Engels une lettre pleine de colère :

   Le dernier exploit des Fenians est vraiment une chose très stupide. Les masses londoniennes, qui ont montré une grande sympathie pour l’Irlande, vont être enragées et jetées dans les bras du parti gouvernemental. On ne peut pas s’attendre à ce que le prolétariat londonien accepte de se laisser exploser en l’honneur des émissaires fenians. Il y a toujours une espèce de fatalité dans ce genre de conspiration secrète mélodramatique.6

Quelques jours plus tard Engels répondait : « L’affaire stupide de Clerkenwell était à l’évidence l’œuvre d’une poignée de fanatiques spécialisés ; c’est le malheur de toutes les conspirations qu’elles mènent à de telles stupidités, parce que « après tout quelque chose doit arriver, après tout quelque chose doit être fait » ».7

Avant même l’horreur de Clerkenwell, Engels était d’accord avec Marx pour dire que « la stupidité des anglais ne doit pas nous faire oublier que les dirigeants de cette secte sont pour la plupart des ânes et en partie des exploiteurs, et nous ne pouvons d’aucune façon être tenus pour responsables des stupidités qui se produisent dans toute conspiration. Et elles sont inévitables ».8 Mais rien de tout cela ne réduisait leur soutien public à la cause pour laquelle les Fenians combattaient.

Ainsi le soutien au fenianisme, en tant qu’expression d’une lutte nationale, était tempéré par la lucidité sur la nature de la direction du mouvement (sa composition de classe) et la faiblesse de sa tactique (la priorité donnée à la conspiration). Ce que nous voyons ici, sous une forme embryonnaire, ce sont les deux axes de la tradition marxiste. L’un est la compréhension que les socialistes ne mettent pas de conditions à leur soutien aux mouvements de résistance nationale à l’oppression impérialiste. Le second est la compréhension de la limitation de ces mouvements – l’idée qu’une minorité sélectionnée puisse amener le changement social par des méthodes conspiratives les isole inévitablement de la masse de la population et les condamne à l’échec.9 La question n’est pas de savoir si les socialistes doivent se tenir à l’écart parce qu’ils sont conscients de ces limitations. Elle consiste au contraire à construire le soutien en termes de classe – comme Marx, avec la Première Internationale, put le faire alors même que le fénianisme était en déclin.
Le terrorisme individuel en Russie

Les morts de Clerkenwell furent accidentelles – les Fenians n’avaient pas eu l’intention de tuer des gens, bien que de tels accidents soient les conséquences prévisibles des méthodes conspiratives. Le ciblage délibéré d’individus, le « terrorisme » au sens moderne du terme, était en fait devenu la méthode de prédilection de certains anarchistes et d’une section des révolutionnaires russes (les Narodniks et leurs successeurs) dans la période allant de la fin des années 1870 au début du 20ème siècle.10

En Russie, Narodnaïa Volia (l’organisation appelée La Volonté du peuple) accomplit une série d’actions visant des membres éminents du gouvernement, culminant dans l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881. Le tournant des Narodniks vers le terrorisme était une réaction à l’échec des premières tentatives d’ « aller vers le peuple » et de persuader la paysannerie à renverser le tsarisme – une tentative qui avait mené à une répression impitoyable de la part de l’autocratie. Seule la terreur, croyaient-ils désormais, pouvait ébranler la confiance du peuple dans le gouvernement et donc accroître leur réceptivité à son renversement.11 Lorsque Véra Zassoulitch fut jugée pour la tentative d’assassinat du brutal gouverneur de Moscou en 1878, la haine pour la victime était telle et la sympathie pour l’accusée si évidente que le jury l’acquitta. Seul un complet réactionnaires l’aurait critiquée pour l’ « immoralité » de sa tentative de tuer un membre de la classe dirigeante.12 Marx lui-même refusait de condamner ce type de violence. Après l’assassinat d’Alexandre II il écrivit à sa fille Jenny que la terreur était « un moyen d’action historiquement inévitable dont il était aussi inutile de discuter que du séisme de Chios », et il admirait les terroristes russes comme des « gens excellent à tous égards... simples, directs, héroïques ».13

Son admiration n’était pas contradictoire, comme celle qui l’avait porté à condamner la politique de conspiration des Fenians. La Russie, à l’inverse de l’Angleterre, était arrivée à un point de désintégration tel qu’elle était « indubitablement à la veille d’une révolution ».14 Dans ce contexte l’émergence d’un courant révolutionnaire se donnant pour tâche de contribuer à l’effondrement d’un Etat vacillant, quels qu’en fussent les moyens, ne pouvait empêcher le processus de se poursuivre. En Angleterre, par contre, le choix des moyens était déterminant. Les conspirations fénianes pouvaient nuire au but d’une Irlande indépendante en contrariant le processus du développement de la conscience des travailleurs anglais.

En même temps, la question de savoir quelles forces de la société russe pouvaient modeler l’avenir était mise en relief par les activités des Narodniks. La motivation de leur tactique consistant d’abord à « aller vers le peuple » et ensuite à se tourner vers le terrorisme résidait dans leur conviction que la forme paysanne archaïque de propriété commune (l’obchtchina) pouvait devenir la base d’une forme supérieure de société, permettant ainsi à la Russie d’éviter l’étape capitaliste. Mais avec l’échec des deux tactiques, certains Narodniks en virent à remettre en cause cette conviction – et la centralité de la paysannerie.15

L’une de ces personnes était Véra Zassoulitch elle-même. Elle en vint, avec d’autres, à tourner ses regards vers la force sociale que le capitalisme avait créée à la fin des années 1880 et au début des années 1890, la nouvelle classe ouvrière. Et Lénine, en particulier, s’employant à appliquer les idées marxistes aux conditions russes, développa une analyse qui non seulement critiquait la vision du développement qui était celle des Narodniks mais rejetait également leurs méthodes terroristes. Ce n’était pas un rejet de la révolution (la critique de Lénine ne se basait pas sur l’attente que le capitalisme mûrisse), mais plutôt une critique de l’efficacité du terrorisme en tant que méthode révolutionnaire dès lors que le capitalisme développait en Russie une classe ouvrière capable d’auto-organisation pour la défense de ses intérêts. Une organisation révolutionnaire ferme était aussi importante pour Lénine qu’elle l’avait été pour les Narodniks. Mais là où, pour Lénine, l’organisation révolutionnaire était centrale pour l’auto-organisation de la classe ouvrière, pour les Narodniks elle était un substitut à l’activité populaire autonome. C’était une conséquence de leur politique – l’échec des Narodniks à « inspirer » les paysans par leur propagande les avait amenés à la conclusion que le terrorisme, mis en oeuvre par eux au nom d’une classe qui n’agissait pas pour elle-même, pouvait être un raccourci vers la révolution. Leur impatience désespérée était une erreur tragique, leur isolement rendant facile aux autorités le harcèlement et l’infiltration des Narodniks – y compris pour accomplir des actions terroristes. Le terrorisme devint une stratégie autodestructrice. Pour Lénine, au contraire, l’élément interventionniste de la politique révolutionnaire devait être fondé dans l’activité autonome de la classe ouvrière.

Lénine combinait un grand respect pour les traditions révolutionnaires du narodnisme avec une critique sévère de ses méthodes et de son programme. Ecrivant en 1899, il maintenait que le marxisme révolutionnaire russe « perpétue la cause et les traditions de toute la période révolutionnaire précédente » et « se dirige vers le but déjà désigné par les glorieux représentants de l’ancienne Narodnaïa Volia ».16 Il ajoutait immédiatement que la différence entre eux était que l’héroïsme des Narodniks s’appuyait sur une base sociale trop étroite et une compréhension théorique inadéquate des développements sociaux.17 Mais ce qui était peut-être, dans la période (fin des années 1870 – début 1880) de Narodnaïa Volia, caractérisée par des conditions politiques répressives et des forces sociales non développées, être une erreur pardonnable, ne l’était plus au tournant du siècle, alors que le mouvement ouvrier avait fait d’énormes pas en avant.

Cet argument devint particulièrement important lorsque se produisit une nouvelle vague d’actions « terroristes » mises en œuvre par les Socialistes-Révolutionnaires (les descendants politiques de Narodnaïa Volia). Elle commença par l’assassinat d’un ministre en 1902, connut un pic en 1907 avec 82 assassinats avant de se terminer rapidement. L’assassinat le plus célèbre fut celui de Plehve, le ministre de l’intérieur, en 1904. Un des coupables, Azef, devait s’avérer en 1909 être un agent de la police.

Lénine, écrivant en 1902, était encore plus dur qu’il ne l’avait été avec les Narodniks. Le « grondement des événements », disait-il, avait mis en branle des membres de l’intelligentsia, « entraînés par le tourbillon des événements et n’ayant aucune base, ni théorique ni sociale ».18 Face à cela, les Socialistes-Révolutionnaires appelant au terrorisme « non pas en remplacement du travail dans les masses, mais précisément au nom de ce travail et parallèlement à lui »19 semblaient admettre la primauté de la classe ouvrière. Mais cette admission masquait un éloignement de la politique de classe, tout autant que la conversion au réformisme de sections de la gauche. Pour Lénine, le réformisme reflétait « une totale incompréhension du mouvement de masse et un manque total de confiance en lui ». Il révélait « l’inutilité du terrorisme, puisque sans le peuple ouvrier, toutes les bombes sont impuissantes, notoirement impuissantes ».20 La justification du terrorisme était, d’après Lénine, encore plus stupide. Les Socialistes-Révolutionnaires prétendaient que ni la « foule » (c’est-à-dire les masses) ni les organisations révolutionnaires n’étaient à l’abri de la puissance répressive de l’Etat. Seuls, « les personnes isolées ou les petits groupes qui, continuellement, et même à l’insu les uns des autres (!!) se préparent à attaquer et attaquent » sont « insaisissables »21, ce qui les rend invincibles. Il s’agissait là, pour Lénine, d’un renversement complet de la vérité évidente selon laquelle « le seul « espoir » de la révolution [était] la « foule » » et son organisation révolutionnaire.22 Lénine était également d’une ironie mordante face aux affirmations des Socialistes-Révolutionnaires selon lesquelles « chaque combat singulier d’un héros éveille en nous l’esprit de lutte et de vaillance ». Bien au contraire, disait-il,

   seules de nouvelles formes de mouvement de masse, ou le déclenchement d’une lutte cohérente par de nouvelles couches de la masse, pourront effectivement animer en tous l’esprit de lutte et de vaillance. Quant aux combats singuliers, précisément dans la mesure où ils restent des combats singuliers […], ils ne provoquent dans l’immédiat qu’un choc tout passager, et dans la suite conduisent même à l’apathie, à l’attente passive du prochain combat singulier.23

Lénine avait un autre argument contre ce type de terrorisme – qui consistait à dire « les terroristes d’aujourd’hui sont de véritables économistes [ceux qui limitent le mouvement à la réforme par des méthodes syndicales] à l’envers ».24 En mettant les terroristes et les réformistes dans le même panier, il ne voulait bien évidemment pas dire que leurs méthodes étaient les mêmes, mais que les deux tendances se détournaient du rôle central des travailleurs eux-mêmes dans le changement social et de la façon dont l’organisation politique se reliait à cela. Une tendance substituait le terrorisme au travail dans les masses, l’autre la réforme à la révolution. L’une se tournait vers l’intelligentsia comme agent du changement politique, l’autre vers la bourgeoisie libérale pour mener la lutte contre le tsarisme.25 L’intérêt de cette question aujourd’hui est que la réforme parlementaire n’est pas l’alternative au terrorisme lorsque c’est de changer la société qu’il s’agit – aucun des deux ne considère l’activité autonome de la classe ouvrière comme le levier du changement révolutionnaire. En ce sens, les approches réformiste et terroriste, malgré toutes leurs différences, partagent les mêmes limitations.


« La propagande par le fait »

L’usage des méthodes « terroristes » n’était pas limité à la Russie. Un concept anarchiste de « propagande par le fait » inspira une vague d’assassinats (et de tentatives) de personnalités gouvernementales de haut rang, essentiellement en Europe de l’Ouest. Le point culminant fut une série de spectaculaires attentats terroristes en France, avec notamment l’assassinat du président Sadi Carnot en 1894.

Le développement capitaliste n’avait pas seulement produit une classe ouvrière. Ses victimes dans les grandes villes comportaient une masse d’individus déclassés, dont la haine du capitalisme s’exprimait dans des formes de révolte individuelle. En France, la défaite de la Commune de Paris en 1871 projeta une ombre démoralisante sur la politique de la classe ouvrière. La Troisième République était le jouet corrompu de politiciens en compétition pour des postes ministériels, les socialistes eux-mêmes cherchant à y être représentés. La « propagande des actes » offrait une solution à côté de laquelle les arguments socialistes sur les masses laborieuses étaient de peu d’attrait. Régler ses comptes avec des personnages détestés de la classe dirigeante semblait préférable à tout discours de riposte collective au système.26 Mais ce désir impatient de forcer le pas de l’histoire était élitiste dans ses conséquences. Il ouvrait la voie à un terrorisme beaucoup moins précis dans son ciblage que l’ancien terrorisme des Narodniks.

Une partie seulement de ce terrorisme était dirigée vers des institutions ou des représentants de la classe dirigeante. Ainsi, en 1886, Charles Gallo jeta de l’acide sulfurique dans la Bourse de Paris et tira trois coups de revolver au hasard. Personne ne fut touché et Gallo utilisa son procès, à l’issue duquel il fut condamné à vingt ans de travaux forcés, pour faire une conférence d’une heure et demie sur l’anarchisme. Il avait voulu, déclara-t-il, exécuter un « acte de propagande par l’action pour la doctrine anarchiste ».27 En 1893, de façon encore plus spectaculaire, Auguste Vaillant lança une bombe à la chambre des députés, faisant beaucoup de dégâts mais ne tuant personne. Cette fois, le coupable fut exécuté, ses derniers mots étant « Vive l’anarchie ! Ma mort sera vengée ! » — ce qui fut effectivement le cas, six mois plus tard, avec l’assassinat du président de la république.28

Mais d’autres attentats terroristes étaient moins ciblés. Une semaine après l’exécution de Vaillant, Emile Henry, fils âgé de 18 ans d’un ancien communard, lança une bombe dans un café bondé à la gare Saint Lazare.29 Il y eut de nombreux blessés, dont l’un succomba.30 A son procès, on demanda à Henry pourquoi il s’en était pris à des innocents. Sa réponse, qui devint célèbre, fut : « Il n’y a pas d’innocents » :

   J’étais convaincu que l’organisation actuelle était mauvaise, j’ai voulu lutter contre elle, afin de hâter sa disparition. J’ai apporté dans la lutte une haine profonde, chaque jour avivée par le spectacle révoltant de cette société, où tout est bas, tout est louche, tout est laid, où tout est une entrave à l’épanchement des passions humaines, aux tendances généreuses du cœur, au libre essor de la pensée.31

Sa justification pour ne pas avoir épargné des innocents était, poursuivait-il, que les anarchistes

   n’épargnent ni femmes ni enfants bourgeois, parce que les femmes et les enfants de ceux qu’ils [les anarchistes] aiment ne sont pas épargnés non plus. Ne sont-ce pas des victimes innocentes que ces enfants qui, dans les faubourgs, se meurent lentement d’anémie, parce que le pain est rare à la maison ; ces femmes qui dans vos ateliers pâlissent et s’épuisent pour gagner quarante sous par jour ?32

Le seul regret d’Henry était qu’il n’y ait pas eu davantage de victimes33 – dans l’idée fausse que l’échec à soulever les masses venait de n’avoir pas provoqué un choc assez violent.

Si l’acte d’Henry causa une répulsion générale, ce n’était pas le cas des attentats anarchistes dont les cibles étaient les riches et les puissants, ou les institutions de la société bourgeoise, pour lesquels il y avait bien plus de sympathie. Le terrorisme devint « populaire »34 — et le fait que la classe dirigeante française réagisse si brutalement (elle alla jusqu’à exécuter ceux qui n’avaient causé aucune perte de vie humaine) n’en était pas la moindre raison, outre qu’il pouvait sembler que la société bourgeoise payait ainsi pour ses crimes. Un terroriste célèbre, Ravachol, qui avait fait sauter deux immeubles d’habitation en 1892 en représailles aux condamnations infligées aux manifestants du Premier Mai, fut comparé par un artiste au Christ, donna son nom à un nouveau verbe (ravacholiser – faire exploser), et vit un hymne à la dynamite composé en son honneur. La raison d’une telle « popularité » n’est pas difficile à découvrir. Les terroristes pouvaient avoir un mépris élitiste pour l’action de masse les portant à se substituer eux-mêmes aux masses. Mais les masses elles-mêmes, en l’absence de confiance en elles-mêmes et d’auto-organisation, pouvaient admirer, secrètement ou ouvertement, ceux qui semblaient capables de faire ce dont elles n’osaient rêver – se venger de leur humiliation.

La vague d’attentats « terroristes » fut un test pour le mouvement socialiste français de l’époque, relativement jeune et inexpérimenté. Il avait fait une avancée en termes électoraux au début des années 1890, et la coalition socialiste avait désormais une présence parlementaire significative. Mais comment pouvait-il réagir à la façon dont le gouvernement français utilisait la bombe du parlement et l’assassinat du président Sadi Carnot pour édicter dans l’urgence des lois qui écrasaient la liberté d’expression et les libertés publiques – et servaient de diversion salutaire à la crise financière malodorante entourant le canal de Panama ? Engels écrivit au gendre de Marx, Paul Lafargue, que ces « lois scélérates » seraient davantage utilisées contre les socialistes que contre les anarchistes,35 mais que « vous les battrez et vous émergerez des luttes infiniment plus forts que vous n’y êtes entrés ».36

Jules Guesde, dirigeant d’un courant socialiste censé être parmi les plus révolutionnaires, dénonça la violence anarchiste et déclara que « le socialisme ne triomphera que par la volonté du peuple exprimée pacifiquement ».37 Le meilleur orateur socialiste, Jean Jaurès, réagit d’une façon qui faisait moins de concessions aux idées dominantes, malgré son extraction radicale non socialiste. Il sympathisait avec les motivations de terroristes comme Ravachol et Vaillant.38 Il passa à l’offensive au parlement en se concentrant sur les multiples « perquisitions et arrestations de pauvres » opérées par le gouvernement, ses tentatives de contrôler l’activité du mouvement ouvrier, son utilisation d’agents provocateurs, son interdiction de la discussion d’ « idées anarchistes », et son introduction de « tribunaux correctionnels » spéciaux et secrets pour remplacer les procès avec jury.39 Jaurès essaya aussi de proposer une législation de réforme fiscale en tant que moyen de montrer où était le véritable problème – la « tyrannie du capitalisme ». Le bloc parlementaire socialiste n’était qu’une petite minorité et n’avait aucune chance de battre les « lois scélérates ». Mais leur opposition conséquente éloigna le projecteur des exactions anarchistes, exposant la corruption et la réalité antidémocratique du système, et secoua le gouvernement sur ses bases. Au plus fort du débat, Jaurès dénonça « tous les hommes qui, dans la vie publique, ont vendu leurs votes ou ont été impliqués dans des scandales financiers ». Il seraient, disait-il,

   jugés comme la véritable cause de la propagande anarchiste... Et le jour où le même navire emportera vers les terres fiévreuses de la relégation le politicien véreux et l’anarchiste meurtrier, ils pourront lier conversation : ils s’apparaîtront l’un à l’autre comme les deux aspects complémentaires d’un même ordre social.40

Ainsi Jaurès fut-il capable de s’opposer au terrorisme anarchiste sans céder un pouce de terrain au système qu’il combattait.
La polémique de Trotsky contre le terrorisme individuel

Léon Trotsky a écrit deux articles dans lesquels il critique le terrorisme individuel – le premier en 1909, en réponse à la découverte que l’assassin de Plehve était un agent de la police, et le second en 1911, comme commentaire aux humeurs terroristes de la classe ouvrière autrichienne.41 Ils résument l’expérience accumulée de la tradition marxiste sur la question — tout en ayant besoin d’être contextualisés.

Dans le premier article, Trotsky commence par expliquer que la terreur systématique utilisée par les Narodniks russes était liée au fait que l’Etat tsariste, construit avec le capital et la technologie européens plutôt qu’à l’aide des ressources locales, était comme suspendu au-dessus de la société. Il apparaissait comme « un organe de coercition purement externe, n’ayant aucune racine dans l’organisation sociale elle-même... s’élevant au-dessus de toutes les classes de la société », y compris des classes privilégiées elles-mêmes qui se virent privées de la possibilité de développer l’Etat selon le modèle « normal » (démocratique bourgeois). Cela affectait aussi les représentants européanisés de la vie intellectuelle russe, l’intelligentsia. L’isolement social de l’Etat et son manque de racines donna naissance à l’illusion (vite dissipée) qu’il n’y avait pas besoin d’une véritable force sociale pour détruire le tsarisme. Des bombes aux mains de quelques individus dévoués seraient suffisantes pour éliminer cet organe externe de coercition. Mais ce qui avait été une illusion héroïque dans une période où les forces sociales étaient sous-développées était désormais rattrapé par le développement de véritables puissances sociales – la classe ouvrière et son organisation autonome. Même si les Socialistes-Révolutionnaires restaient attachés aux méthodes terroristes désormais considérées comme moyens accessoires, et non remplaçant la lutte de masse, les deux sont incompatibles :

   Engendré par l’absence d’une classe révolutionnaire, régénéré plus tard par un manque de confiance dans les masses révolutionnaires, le terrorisme ne peut se maintenir qu’en exploitant la faiblesse et l’inorganisation des masses, minimisant leur conquêtes et exagérant leurs défaites.

Et précisément parce qu’il substitue une organisation secrète de conspirateurs au type d’action qui se tourne vers l’action de masse, le terrorisme est vulnérable à l’infiltration policière.

Dans l’article suivant, Trotsky développe cet argument pour l’étendre aux situations autres que celle de la Russie. Il commence par répondre à l’accusation dirigée contre les révolutionnaires selon laquelle ils utilisent la violence (la terreur – le terrorisme) pour arriver à leurs fins. Il ne nie pas le rôle de la violence, mais fait observer que le fait pour la classe capitaliste de condamner les grévistes pour leur « violence » sur les piquets ou contre les jaunes est une pure hypocrisie, lorsqu’on compare cette violence avec celle de l’appareil d’Etat capitaliste (la loi, la police et les forces armées). Si elle veut dire qu’ « inspirer la crainte, ou faire du mal à l’ennemi » à la classe ennemie est du terrorisme, alors « la lutte de classe toute entière n’est pas autre chose que du terrorisme ».

Suit une sévère condamnation du terrorisme au sens restreint du terme, dont l’assassinat de ministres (la forme classique du terrorisme individuel) ou de patrons n’est qu’un exemple. Trotsky cite le sabotage des machines et l’incendie des usines comme des exemples de terrorisme – ce qui peut paraître surprenant, dans la mesure où aucun des deux n’est dirigé contre des individus. Ce qu’il veut dire est que la motivation de classe de ces cibles – qu’elles soient des personnes ou des biens – n’a rien de spécifiquement prolétarien, et par conséquent ne saurait renforcer la confiance collective ou l’organisation de la classe ouvrière comme l’action gréviste. L’insistance de Trotsky sur l’importance du rôle de la grève se passe de commentaires. Il ne la limite pas à la question « économique » — il la relie à la politique, y compris la politique parlementaire. Du fait de sa situation au cœur de la production capitaliste, la classe ouvrière ne peut faire progresser ses intérêts que collectivement. Les méthodes qui s’appuient sur la « terreur » individuelle n’en sont pas capables et peuvent même créer la confusion – si la classe dirigeante peut être vaincue en abattant ses représentants, à quoi sert la lutte des classes ? D’où la conclusion de Trotsky :

   A nos yeux la terreur individuelle est inadmissible précisément parce qu’elle rabaisse le rôle des masses dans leur propre conscience, les faits se résigner à leur impuissance, et leur fait tourner les yeux vers un héros vengeur et libérateur qui, espèrent-ils, viendra un jour et accomplira sa mission.

Ainsi donc la « propagande par le fait » a l’effet inverse de celui que proclamaient les anarchistes. Il ne soulève pas les masses. Au contraire, il détourne l’attention de l’organisation autonome vers les « terroristes ». Un ministre nouveau remplace l’ancien, et la vieille machine de l’exploitation poursuit son cours. C’est aussi vrai de la vie après le 11 septembre et le 7 juillet que cela l’était du temps de Trotsky.

Mais nous devons faire attention à la manière dont nous utilisons l’argument de Trotsky. Parfois la condamnation des terroristes sous-entend que s’ils n’étaient pas là les conditions seraient favorables – l’Etat n’aurait pas d’excuse pour nous attaquer. C’est faire des terroristes un problème aussi important que le système qu’ils souhaitent affaiblir. C’est comme si le capitalisme n’avait pas toujours cherché à restreindre notre sphère d’activité, et comme si le mouvement ouvrier n’avait pas la force de se rétablir après des défaites temporaires. Comme dit Trotsky, « La société capitaliste a besoin d’un prolétariat actif, mobile et intelligent – elle ne peut, donc, maintenir le prolétariat pieds et poings liés pendant très longtemps ». Un usage unilatéral de la polémique de Trotsky peut reproduire ce même pessimisme que Trotsky dénonce dans le terrorisme individuel.
Les révolutionnaires en Grande-Bretagne et l’IRA

Au début des années 1970, la répression britannique en Irlande du Nord provoqua une série d’attentats républicains. L’IRA avait un large soutien, même s’il était passif, dans la communauté catholique, parce qu’elle était considérée comme les défendant à la fois de l’armée britannique et de l’Ordre Orange. Il ne pouvait être question de se joindre au concert de vociférations haineuses des médias et des politiciens anglais. Mais quelle devait être l’attitude des révolutionnaires ? Certains, comme la Tendance Militant (prédécesseurs du Socialist Party), proclamaient que seule une politique de classe pouvait résoudre la question nationale qui était une conséquence de la partition. Cette position, vraie dans l’abstrait, évitait de poser la question de savoir si les révolutionnaires devaient soutenir la lutte nationale. D’autres prétendaient que dans une guerre civile il fallait choisir son camp – et que poser des bombes dans les pubs, les boutiques, les usines et autres lieux étaient des tactiques légitimes dans la lutte armée contre les forces d’occupation britanniques.

Les International Socialists (prédécesseurs du SWP) reconnaissaient qu’il y avait des éléments de guerre civile en Irlande du Nord, mais concluaient que les limites du républicanisme exigeaient des révolutionnaires qu’il émettent des critiques dans le contexte d’un soutien global à la lutte nationale. Dans un éditorial du 12 février 1972, Socialist Worker affirmait :

   un soutien critique mais inconditionnel pour tous ceux, y compris les deux IRA, qui luttent contre l’impérialisme. Par inconditionnel nous voulons dire soutien malgré notre critique de la direction et de la tactique. Par critique nous voulons dire s’opposant aux illusions selon lesquelles la lutte peut être gagnée autrement que par la victoire de la classe ouvrière luttant sur un programme de libération sociale aussi bien que nationale.42

En particulier, la politique des nationalistes (et la tactique basée uniquement sur la défense de la communauté catholique minoritaire) avait peu d’attraits pour les travailleurs protestants et ne pouvait briser l’emprise que l’orangisme tory (conservateur) avait sur eux. Cela ne serait possible que s’il existait une organisation ouvrière suffisamment importante manifestant une égale hostilité aux tories verts du Sud qu’aux tories oranges du Nord. En pratique, la politique nationaliste de l’IRA en était incapable. Par conséquent, malgré le soutien inconditionnel au mouvement républicain dont la défense de la minorité catholique était un défi à la puissance de l’Etat britannique, il devait y avoir une critique. Subordonner la classe à la nation consistait à refuser de voir que les patrons verts (aussi bien au Sud qu’au Nord) étaient tout autant les ennemis que les patrons oranges, et qu’il ne pouvait y avoir de solution sans les travailleurs protestants. En réalité, à moins d’évoluer au delà d’une politique basée uniquement sur le nationalisme, c’est-à-dire de s’orienter vers une politique de classe, l’anti-impérialisme ne pouvait même pas résoudre la question nationale. Duncan Hallas et Jim Higgins, deux membres dirigeants, défendaient l’éditorial de Socialist Worker dans un bulletin interne dans les termes suivants :

   La ligne de notre organisation – qui est l’application à l’Irlande de la théorie de la révolution permanente – est que le renversement de l’impérialisme en Irlande (du Nord ou du Sud) est impossible sinon sur la base d’un mouvement de masse sous la direction des révolutionnaires... La défense de la communauté catholique contre le terrorisme gouvernemental contribue à ce développement en défiant la puissance de l’Etat et donc en posant la question de sa destruction... Les attentats empêchent le développement en resserrant les liens des travailleurs oranges avec Stormont. Et cela détourne les militants ouvriers catholiques en leur donnant une perspective et une activité fausses.43

Cette argumentation reposait sur une analyse selon laquelle l’impérialisme britannique ne pouvait être battu sur la seule base d’une lutte menée par la minorité catholique d’Irlande du Nord (un tiers ou un quart de la population de l’île tout entière). Elle devait trouver un soutien actif ailleurs – dans la classe ouvrière de la République et chez au moins une partie des travailleurs protestants d’Irlande du Nord – outre un minimum de sympathie de la part des travailleurs du Royaume-Uni. Les bombes avaient inévitablement l’effet indésirable de tuer des passants innocents, ce qui permettait à la classe dirigeante d’isoler les républicains du Sud et de détourner les Irlandais vivant en Angleterre de soutenir activement la lutte – de telle sorte que les immenses manifestations de Londres à la fin des années 1960 et au début des années 1970 ne se reproduisirent pas dans les années 1980 et 1990. On peut voir aujourd’hui que nos arguments étaient corrects dans l’abandon de la lutte armée par l’IRA et le consentement des dirigeants républicains à participer aux institutions du Nord toujours séparé.

Dans ce contexte, Socialist Worker mit en avant année après année un double argument. L’essentiel consistait à dire que les « troubles » en Irlande du Nord – et leur produit collatéral, les attentats en Angleterre – étaient une conséquence de la présence britannique, le dernier stade d’une domination impérialiste de l’Irlande durant depuis des siècles. Pour cette raison, la résistance aux troupes britanniques était tout à fait légitime. Mais il était également nécessaire de proclamer clairement que poser des bombes n’était pas la bonne manière de vaincre l’impérialisme et qu’elle devait donc être critiquée.

Un exemple important en fut fourni lorsqu’une bombe posée dans un pub de Birmingham, en novembre 1974, tua 19 ouvriers et blessa 200 autres personnes. L’hystérie se répandit dans la ville, entretenue par les médias, créant un climat dans lequel un immigré irlandais risquait dans le meilleur des cas d’essuyer des insultes, et dans lequel six travailleurs totalement innocents furent condamnés à la réclusion perpétuelle – et attendirent leur libération pendant 16 ans. La réponse de Socialist Worker fut un titre de première page sur trois lignes : « Arrêtez les attentats, Luttez contre la répression en Angleterre et en Irlande, Troupes hors d’Irlande ». La « une » ajoutait :

   La cause fondamentale des attentats est la répression en Irlande du Nord. Des internements sans procès, des meurtres sectaires de la part de gangs protestants agissant sans entraves, des perquisitions brutales et des meurtres de la part de l’armée britannique ont poussé la minorité au désespoir. Des poses de bombes insensées semblent à certains membres de cette minorité la seule issue. La répression n’annule pas le terrorisme nourri par la répression. Tous deux augmentent ensemble.

   La colère des travailleurs de Birmingham a montré qu’il n’y a pas assez de révolutionnaires organisés dans les usines pour lutter efficacement contre l’opinion anti-irlandaise, pour expliquer que la mobilisation de la classe ouvrière britannique devrait servir à attaquer à la racine les troubles irlandais... Le gouvernement britannique et son armée... portent la responsabilité de 400 ans de misère humaine en Irlande.

Un article de la deuxième page du journal rappelait l’histoire de la domination anglaise de l’Irlande, et la façon dont un mouvement pacifique pour les droits civiques en 1968-1969 avait vu se dresser contre lui toute la puissance de l’Etat : « Ce qu’ont ressenti les habitants de Birmingham vendredi dernier est ce que ressentent quotidiennement les membres de la communauté catholique d’Irlande du Nord depuis cinq ans. » L’éditorial concluait :

   Nous avons toujours dit clairement que les révolutionnaires britanniques doivent défendre le droit du peuple irlandais à lutter pour expulser d’Irlande les troupes anglaises. Cela inclut le droit des républicains à s’organiser pour lutter contre ces troupes... Poser des bombes dans des lieux fréquentés par des ouvriers ne peut contribuer à la défense des zones catholiques ou à les débarrasser des troupes d’occupation... C’est la raison pour laquelle nous condamnons les attentats... Mais nous devons continuer à proclamer avec insistance que la condition sine qua non de la solution des problèmes de l’Irlande est le retrait des troupes britanniques.44

Les terroristes islamistes d’aujourd’hui

Les médias et la plus grande partie de la gauche voudraient nous faire croire que les terroristes islamistes d’aujourd’hui sont pires que tout ce qui s’est produit dans le passé. Même les républicains irlandais – dont les voix elles-mêmes ont été bannies des ondes il y a une douzaine d’années – sont présentés aujourd’hui comme rationnels par comparaison. Ce qui domine est l’image d’un poseur de bombe suicidaire présenté comme un islamiste fanatique frappé de démence.

Mais l’attentat-suicide n’a rien de spécifiquement islamiste. Ceux qui ont le plus fait usage de l’arme de l’attentat-suicide ne viennent pas du Moyen-orient, ils ne sont même pas musulmans. Ce sont les Tigres tamouls du Sri Lanka, dont l’idéologie n’est pas religieuse mais « marxiste-léniniste »45 (même si leur origine culturelle est hindoue), et dont le but est très laïque : la libération nationale. Robert Pape, qui a analysé avec soin les attentats-suicides entre 1980 et 2003, estime qu’ils sont responsables du groupe unique le plus important d’attentats – 76 sur un total de 315. C’est plus que le nombre de ceux commis par le Hamas palestinien46. Et tous les « kamikazes » des groupes « islamiques » ne sont pas des musulmans. Le Hezbollah, apparu au Liban dans les années 1980, a été le premier mouvement moderne à utiliser cette méthode (il a contraint les troupes US au retrait après que 241 Marines aient été tués dans un seul attentat). Sur les 41 auteurs d’attentats-suicides commis entre 1982 et 1986, seulement trois étaient des intégristes islamiques. Les reste était très majoritairement composé de communistes ou de révolutionnaires – et trois d’entre eux étaient chrétiens47 !

Les campagnes d’attentats-suicides peuvent utiliser un langage islamique. Cela ne signifie pas que l’intégrisme religieux explique leurs visées. Pape tire des éléments de son enquête la conclusion suivante :

   Il n’y a pas, entre le terrorisme suicidaire et l’intégrisme islamique, la connexion étroite que l’on croit. Bien au contraire, ce que toutes les campagnes de terrorisme suicidaire ont en commun, c’est un but spécifique séculier et stratégique – contraindre les démocraties à retirer leurs forces des patries nationales des terroristes. La religion est rarement la cause fondamentale, même si elle est souvent utilisée comme outil par les organisations terroristes dans leur recrutement et dans d’autres efforts au service de leur objectif stratégique large.48

Cette évaluation est confortée par une analyse d’al-Qaida provenant d’une autre source. Cette organisation est généralement considérée comme le nec plus ultra de l’intégrisme islamique – le groupe le plus enclin à déclarer la guerre sainte contre l’Occident, la modernité et la laïcité. Mais la question que pose Stephen Holmes avec pertinence est celle de savoir si la foi religieuse est la cause d’une action (telle que l’attentat sur les twin towers) ou si cette action est motivée par une autre cause, mais exprimée sous une forme religieuse :

   Oussama Ben Laden veut-il expulser les Etats-Unis de l’Arabie saoudite parce que leurs troupes profanent le sol sacré, ou est-il furieux, comme tout combattant anticolonialiste ou nationaliste sincère, du pillage des ressources naturelles de son pays par ces mêmes Etats-Unis ? Ayman al-Zawahiri, le médecin qui a fondé le Djihad Islamique égyptien et qui est considéré comme le plus proche collaborateur de Ben Laden, veut-il renverser le président égyptien Moubarak parce que celui-ci est un apostat ou parce qu’il est un tyran ?49

Aussi difficile soit-il de démêler le religieux de ce qui ne l’est pas, la conclusion de Holmes sur la nature de la « guerre » d’al-Qaida contre les USA est essentiellement la même que celle de Pape :

   La grande majorité des déclarations publiques de Ben Laden fournit des raisons séculières et non religieuses aux attentats du 11 septembre. Le but principal de l’attaque était de punir « l’Amérique injuste et tyrannique ». Le casus belli qu’il invoque encore et encore est l’injustice et non l’impiété. Il est exact qu’il déclare à l’occasion que les Etats-Unis ont déclaré la guerre à Dieu, mais ces arguments seraient peu convaincants s’ils n’étaient appuyés par la proclamation que les USA tyrannisent et exploitent les peuples musulmans... Ben Laden ne justifie presque jamais le terrorisme anti-occidental comme un moyen de soumettre les infidèles occidentaux à la vraie foi. Bien au contraire, il justifie presque toujours le terrorisme contre l’Ouest comme une forme de légitime défense.50

En d’autres termes, le but d’al-Qaida n’est pas différent de celui des autres mouvements de libération nationale – accéder à l’indépendance en forçant les puissances impérialistes à se retirer. Il peut s’exprimer en termes religieux, mais dans son essence il poursuit le même but que les anciens mouvements nationalistes laïques du Moyen-orient – vaincre l’impérialisme US et ses alliés dans la région51.

C’est une erreur de croire que la stratégie des attentats-suicides est la preuve d’une irrationalité qui trouve sa source dans l’intégrisme islamique. Il y a une justification pour l’adoption de cette stratégie qui dérive du problème posé par le combat dans des conditions d’extrême inégalité de ressources. L’oppresseur possède une puissance militaire infiniment plus grande que tout ce que les opprimés ont à leur disposition. Les opprimés ne peuvent espérer infliger à l’ennemi le genre de dommages matériels qui le forceraient à reculer. Tout ce qu’ils peuvent espérer, c’est lui occasionner des dommages psychologiques en montrant qu’ils ne reculeront devant rien – même pas le sacrifice de soi – pour terroriser le pays oppresseur. Comme dit Pape, « le terrorisme suicidaire cherche à infliger des souffrances à la société opposée... et ainsi amener le gouvernement à faire des concessions, ou pousser la population à se révolter contre son gouvernement ».52

C’est là une « stratégie pour des acteurs faibles » qui manquent des moyens militaires « normaux » pour se battre. Les attentats-suicides peuvent être un moyen de lutte « sale », inhumain (à cause des victimes civiles). Cela dit, ils sont le résultat de l’incapacité à concurrencer la violence que l’oppresseur peut infliger d’une manière « propre » (par des opérations de haute technologie) mais bien plus dévastatrice que tout ce que peut causer un attentat-suicide. Il y a aussi l’espoir que le fait d’être prêt à transformer son propre corps en machine à tuer sacrificielle inspirera les opprimés à donner leur soutien à la lutte.

C’est une erreur de croire que les terroristes « kamikazes » sont motivés psychologiquement par le fanatisme islamique. Bien au contraire, ce qui les pousse à l’action est la rage face aux conditions matérielles de l’oppression et de l’exploitation – qui s’exprime ensuite par un engagement dans une foi et un mode de comportement religieux. Les terroristes ne sont pas « différents » — ils sont comme nous, ou plutôt comme tous ceux que l’inégalité, la pauvreté et l’injustice mettent en furie. C’est ce qui ressort du vécu d’un des hijackers du 11 septembre, Mohammed Atta :

   Les accusations qu’il proférait souvent et bruyamment contre les Etats-Unis et les autocraties musulmanes qu’ils soutiennent étaient presque entièrement laïques. La plupart de ceux qui le connaissaient avant 1996 n’ont pas particulièrement noté sa piété religieuse... mais sa furie implacable face au malheur des pauvres et à l’indifférence des riches... Il était en rage contre l’étalement devant tous, au Caire, d’un luxe extravagant et frivole et d’une pauvreté sordide et sans espoir. L’élite égyptienne, il s’en était convaincu, était hypocrite. Elle montrait un « visage démocratique » à l’Occident tout en manifestant une indifférence complète à la misère des gens ordinaires devant leur porte. Ils avaient vendu leur pays à l’Ouest pour des colifichets.53

De la même manière qu’Henry, le terroriste français de la Gare Saint Lazare plus d’un siècle auparavant, considérait les femmes et les enfants bourgeois comme « coupables » par association, il y a des gens qui souffrent du fait de l’impérialisme dans le monde (et pas seulement des musulmans) qui voient les habitants ordinaires de la nation oppressive comme « complices » des crimes que « leur » nation commet. C’est une terrible inversion de l’argument qui consiste à dire que puisque Bush et Blair ont été démocratiquement élus leur guerre était légitime. La logique terroriste est que la population ne peut pas être « innocente » puisqu’elle a voté pour Bush et Blair.

C’est la politique du désespoir. C’est aussi la conséquence de la vision de la lutte contre l’injustice en termes niant les divisions de classe. C’est la même logique qui a mené certaines sections des nationalistes irlandais à considérer les britanniques ordinaires comme faisant partie du problème. David O’Connell, l’un des dirigeants militaires des républicains au milieu des années 1970, disait après les attentats de Birmingham :

   Pendant cinq ans, le gouvernement anglais a mené une campagne de terreur... contre le peuple d’Irlande. Qu’avons-nous eu du peuple britannique ? Une indifférence totale. Le gouvernement britannique et la population britannique doivent se rendre compte qu’ils en subiront les conséquences.54

Hormis le discours religieux, c’est exactement les mêmes arguments que ceux qui soutiennent al-Qaida utilisent aujourd’hui. Les commentaires que faisait Socialist Worker à l’époque sont toujours valables aujourd’hui :

Cette conclusion doit être combattue par tout socialiste révolutionnaire. Elle met à égalité les dirigeants... et le peuple. Toute notre argumentation repose sur le fait que la société est divisée en classes, dont les intérêts sont inconciliables.55

Tout aussi valable est l’analyse de la politique d’une organisation qui se soumet à une telle logique :

Elle n’est pas, comme le prétendent la presse et les politiciens de croite, constituée de maniaques assoiffés de sang – après tout, c’est la presse et les politiciens de droite qui ont toujours soutenu les violences commises par les forces armées britanniques contre des civils innocents dans le monde entier... Le vrai problème... c’est que ses dirigeants voient le monde comme divisé en nations et non en classes... comme les politiciens petits bourgeois du monde entier.56

C’est une logique semblable qui pense que seul un petit groupe de combattants résolus peut venger les injustices de la société, que la masse du peuple est soit corrompue soit incapable de passer à l’action – à moins que des actions « exemplaires » ne soient accomplies par des combattants dévoués. Et comme c’est la politique du désespoir, plus ceux qui sont pris dans cette spirale sont impuissants et plus grand est leur rêve de destruction – pour obtenir un meilleur impact.

Les attentats-suicides ne sont pas un retour barbare à l’ère pré-moderne. Ils sont une réponse horriblement déformée aux horreurs très réelles de l’impérialisme et du capitalisme. L’échelle de certains attentats d’aujourd’hui est supérieure à tout ce que les organisations terroristes du passé ont été capables de réaliser. Mais la dévastation et le prix à payer en vies humaines restent massivement inférieurs à ce que peut infliger une « frappe » de routine des forces armées d’un pays « civilisé ».

Un argument développé en son temps par Trotsky est particulièrement adapté à la situation présente. Lorsqu’on critique les actions terroristes, disait-il, il est important de ne pas se ranger du côté des « moralistes patentés » (que l’on voit aujourd’hui surgir de toutes parts) qui font des « déclarations solennelles sur la « valeur absolue » de la vie humaine ».57

La tradition marxiste n’a jamais approuvé le terrorisme comme méthode de changement social, le considérant comme une stratégie contre-productive. Mais nous ne pouvons nous joindre au concert des condamnations déversées jusqu’à la nausée par les politiciens et par les médias – malgré les énormes pressions que nous subissons dans ce sens. Nous ne pouvons développer notre critique du terrorisme de manière significative que si nous commençons par stigmatiser les horreurs de la violence impérialiste et du racisme islamophobe dirigé contre les musulmans. Nous ne serons pas capables d’intervenir dans le mouvement pour expliquer pourquoi des jeunes musulmans en viennent à des actes aussi terribles. Et nous ne serons pas davantage en situation de proposer une alternative crédible à ceux que le désespoir pousse dans l’impasse du terrorisme.


(traduit de l’anglais par JM Guerlin)

1Cette idée de terreur ne doit pas être confondue avec « la mobilisation des forces pour intimider la contre-révolution » (H Draper, Karl Marx’s Theory of Revolution : The ‘Dictatorship of the Proletariat’, vol 3 (New York, 1986), p366), telle qu’elle a été pratiquée par les jacobins de la Révolution française, puis, de manière différente, par le gouvernement bolchevik pendant la guerre civile, ni avec la terreur contre-révolutionnaire mise en œuvre par Staline contre la masse de la population dans les années 1930.

2Voir sa lettre à Kugelman in K Marx and F Engels, Ireland and the Irish Question (Moscow, 1971), pp378-379.

3Ibid, p144.

4Ibid, p145.

5Ibid, p146.

6Ibid, p150.

7Ibid.

8Ibid, pp146-147.

9Engels notait en 1882 qu’à part exercer une pression sur les libéraux pour les pousser à agir de façon plus déterminée, les Fenians « ne peuvent aucunement effrayer John Bull. Même s’il s’affaiblit visiblement sur les limites de l’empire, il peut facilement réprimer toute rébellion irlandaise si proche du centre » (Marx and Engels, ibid, p435).

10Et l’anarchisme peut avoir influencé le groupe appelé « The Invincibles » (auquel appartenaient d’anciens fenians) qui a commis l’assassinat à Phoenix Park (à Dublin) de deux employés gouvernementaux en 1882—c’est ce que pensait Engels (voir K Marx and F Engels, ibid, p436).

11Loin d’être un signe de force, c’était une tentative désespérée de reprendre l’initiative face à un adversaire infiniment plus fort.

12De même, peu de membres de la classe ouvrière versèrent une larme lorsque l’IRA provisoire essaya de faire sauter Margaret Thatcher et son gouvernement en 1984. En vérité, un certain nombre de lecteurs de Socialist Worker ont regretté l’échec des Provos – malgré notre argumentation soigneusement formulée sur les limites d’une telle action.

13Cité in B Nicolaesky and O Maenchen-Helfen, Karl Marx : Man and Fighter (Harmondsworth, 1976), p398.

14K Marx et F Engels, Collected Works, vol 24 (Moscou, 1989), p50. La citation provient de la fin de la critique par Engels de la littérature des réfugiés russes, publiée entre 1874 et 1875 dans la presse socialiste allemande. Même si la crise devait mûrir beaucoup plus lentement qu’Engels ne l’escomptait, il avait incontestablement raison de considérer que la réaction européenne apparemment stable était en train de s’écrouler, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans l’histoire de l’Europe.

15Marx et Engels n’avaient pas l’opinion déterministe selon laquelle la Russie était destinée à devenir capitaliste (une vision qui invitait à attendre paisiblement les évènements). « Si quelque chose, disait Engels, peut sauver la propriété communale russe et lui donner une chance de se transformer en une forme nouvelle vraiment viable – c’est la révolution prolétarienne en Europe occidentale »(Marx et Engels, ibid, p48). Ce point fut répété en 1881 dans la préface à la deuxième édition du Manifeste communiste – l’obchtchina paysanne peut survivre si une révolution russe « devenait le signal d’une révolution prolétarienne à l’Ouest ».

16V I Lénine, « Protestation des sociaux-démocrates russes », Œuvres vol 4 (Moscou). (Lénine cite le manifeste du POSDR, publié l’année précédente, dans le contexte d’une polémique contre des tendances voulant limiter l’activité socialiste à l’agitation « économique » pour améliorer les conditions d’existence des travailleurs et au soutien « politique » à l’opposition libérale au tsarisme).

17Ibid.

18V I Lénine, « L’aventurisme révolutionnaire », Œuvres, vol 6 (Paris, 1966), p189.

19Cité in ibid, p192.

20Ibid, p.193.

21Ibid, p193-194. Lénine cite un tract socialiste-révolutionnaire..

22Ibid.

23Ibid, p.195. Il est important de noter la distinction implicite que fait Lénine entre le combat singulier et le combat collectif. Comme l’indique son commentaire sur la nécessité d’un soulèvement armé en 1905, le « terrorisme intelligent », séparé du mouvement de masse, était une chose à laquelle il fallait s’opposer, mais pas le genre de recours à la force dont le « terrorisme de la grande Révolution Française » donnait l’exemple, qui était « la force du mouvement révolutionnaire du peuple » (V I Lenin, « D’un accord de combat pour l’insurrection », Œuvres, vol 8 (Moscou). Lénine considérait également comme erroné de condamner les opérations de guérilla comme « terroristes » dans la mesure où elles ne constituaient ni des actes de vengeance individuelle ni des manifestations de manque de foi en l’insurrection de la classe ouvrière (même si, bien sûr, des erreurs étaient possibles) (V I Lenin, « La situation actuelle en Russie et la tactique du parti ouvrier », Œuvres, vol 10 (Moscou, 1967), p 111 et suivantes). Ce qu’il faut comprendre, ici, c’est que la condamnation par Lénine du terrorisme individuel n’est jamais une condamnation de la violence révolutionnaire.

24« L’aventurisme révolutionnaire », p.194

25L’essence de la critique par Lénine de l’ « économisme » dans la social-démocratie russe était qu’en restreignant l’activité socialiste aux questions « économiques », d’une part, et au soutien « politique » des revendications bourgeoises-libérales, de l’autre, l’ « économisme » était une variante, dans les conditions particulières de la Russie où les institutions démocratiques n’existaient pratiquement pas, de l’adaptation révisionniste/réformiste au parlementarisme qui était devenue une importante caractéristique des partis socialistes en Europe occidentale. Voir « un mouvement rétrograde dans la social-démocratie russe » in VI Lenin, Œuvres, vol 4 (moscou) ; et la section « Ce qu’il y a de commun entre l’économisme et le terrorisme » dans Que faire ?.

26Victor Serge a laissé une impression vivante mais critique de ce milieu (qu’il connaissait de près comme étant impliqué dans la célèbre « bande à Bonnot » à la veille de la 1re Guerre mondiale). Ce qu’il y avait rencontré était un « idéalisme exigeant chez des hommes élémentaires dont l’énergie ne peut pas trouver d’issue dans la conquête d’une dignité et d’une conscience plus haute, parce que en vérité il n’y a pas d’issue à leur portée, et qui se sentent dans l’impasse, se battent, succombent. Le monde de ces époques avait une structure achevée, si durable en apparence qu’on ne lui voyait pas la possibilité d’un changement réel. En pleine ascension, en plein progrès, il broyait cependant des masses sur son chemin. La dure condition ouvrière ne s’améliorait que très lentement, elle était sans issue pour l’immense majorité des prolétaires. En marge de la classe ouvrière, ces déclassés trouvaient toutes les portes fermées, sauf celles des avilissements banals. D’insolentes richesses s’accumulaient avec orgueil au-dessus de ces foules. De cette situation naissaient inexorablement les luttes de classe, avec leur cortège de grèves sanglantes, la criminalité, les batailles insensées de l’Un contre tous... Celles-ci témoignaient aussi de la faillite d’une idéologie ». (V Serge, Mémoires d’un révolutionnaire, Seuil, 1951, p.50)

27James Joll, The Anarchists, 1979, p113.

28Ibid, pp113-114.

29Joll dit que la foule consistait de « modestes boutiquiers parisiens, d’employés et même d’ouvriers »(p118). La question de la composition sociale de la foule semble sans importance, mais il est possible que, comme dans un attentat terroriste dans un music hall de Lyon en 1882, Henry considérait le café comme une institution représentative des « fausses valeurs bourgeoises » (Joll, ibid, p112)— ce qui peut expliquer la motivation qu’il fournit au procès (voir la citation en dessous).

30Aussi bien Kedward, The anarchists ; the men who shocked an era, pp 41-42, que Joll, op. cit., pp 117-119, fournissent des narrations détaillées. Selon Kedward, p 42, à son procès Henry était cynique et détaché. Il accueillit calmement la condamnation à mort et refusa d’exercer un recours en grâce. Sa calme acceptation de la mort peut être vue comme un signe avant-coureur de l’acceptation de l’autodestruction qui caractérise les kamikazes contemporains.

31Déclaration d’Emile Henry à son procès.

32Déclaration d’Emile Henry à son procès.

33Woodcock, ibid.

34En particulier dans les milieux de la bohème. Un écrivain anarchiste, lui-même victime de l’explosion d’une bombe dans un restaurant, disait : « Qu’importent les vagues humanités, si les geste est beau ? » cité in Joll, ibid, p. 152. Le poète Stéphane Mallarmé, célèbre pour son esthétisme raffiné, refusait de discuter des « actes de ces saints » lorsqu’on le pressait de réagir au terrorisme (Joll, ibid, p. 150). L’écrivain anglo-polonais Joseph Conrad brosse un portrait bien moins sympathique des anarchistes et du terrorisme dans son roman L’agent secret, qui s’inspirait d’une tentative de faire sauter l’observatoire de Greenwich.

35Il avait raison. La première victime de ces lois fut un socialiste breton.

36F Engels, P Lafargue and L Lafargue, Correspondence, vol 3 (1891-1895) (Moscou n.d. [1963]), pp 337-338.

37Cité in H Goldberg, The Life of Jean Jaurès (Madison, 1962), p. 120.

38Il écrivit dans La petite République au début de 1894 que Vaillant n’était pas foncièrement mauvais – il était une victime de la société, mû par la haine de la vie pour mourir pour quelque chose qui ait un sens. Avec d’autres socialistes, il signa un appel à la clémence que Sadi Carnot rejeta.Voir Goldberg, ibid, p121.

39L’équivalent de la tentative aujourd’hui de criminaliser la « glorification du terrorisme » et d’abolir l’habeas corpus pour les crimes terroristes.

40H Goldberg, ibid, pp. 126-127 et jaures.eu. Le ministère fut si ébranlé qu’il n’évita la censure que par une voix.

41On peut trouver celles-ci, imprimées dans l’ordre inverse, en même temps que des commentaires de Trotsky sur les calomnies de Staline contre l’opposition de gauche dans les années 1930 et l’assassinat d’un fonctionnaire nazi à Paris en 1938, in L Trotsky, Against Individual Terrorism (New York, 1974). On peut aussi trouver ces articles sur internet.

42Reproduit dans les conclusions de D Hallas and J Higgins, Marxism and Terrorism (mars 1972).

43Ibidem.

44Socialist Worker, 30 novembre 1974.

45Que nous devons, bien sûr, comprendre comme un produit dérivé du stalinisme.

46R Pape, Dying to Win (New York, 2005), p. 4. Pape n’a pas de sympathie pour son sujet – ce qui rend son analyse d’autant plus convaincante. Son rejet des mythes entourant le « terrorisme islamique » est dû au fait qu’il les voit, avec leur utilisation par Bush dans sa guerre contre le terrorisme et l’occupation de l’Irak, comme contraires aux intérêts de la « démocratie » — c’est-à-dire de l’impérialisme US (qu’il soutient).

47Ibid, pp. 129-130.

48Ibid, p. 38. Là où Pape écrit « démocraties » nous devons, bien évidemment, lire « puissances impérialistes ».

49Stephen Holmes, « Al-Qaeda, September 11, 2001 » in D Gambetta (ed), Making Sense of Suicide Missions (Oxford, 2005), p. 133.

50Ibid, pp.164, 165.

51Cela dépasse le cadre de cet article que d’étudier pourquoi les organisations islamistes ont remplacé les mouvements nationalistes laïques. Pour une analyse de l’islamisme, voir C Harman, Le prophète et le prolétariat.

52Ibid, pp. 27-28.

53Holmes, ibid, p139.

54Cité in Socialist Worker, 30 novembre 1974.

55Socialist Worker, 30 novembre 1974.

56Ibidem.

57Holmes, ibid, p. 8.
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:38

La National Security Agency (NSA, « Agence nationale de la sécurité ») est un organisme gouvernemental du département de la Défense des États-Unis, responsable du renseignement d'origine électromagnétique et de la sécurité des systèmes d'information et de traitement des données du gouvernement américain.

Le Central Security Service (CSS) est une agence qui loge dans les mêmes bureaux que la NSA et qui a été créée dans le but de coordonner les efforts des sections de cryptographie de la NSA et de l'armée des États-Unis.

Missions

La NSA/CSS est chargée de diriger les activités de cryptologie du gouvernement américain. La cryptologie, selon sa définition, comprend deux missions principales :

Signals Intelligence (SIGINT), c'est-à-dire le renseignement d'origine électromagnétique ;
Information Assurance (IA), la sécurité des systèmes de communications et de traitement des données.

Par ailleurs elle rend techniquement possibles les Computer Network Operations (CNO)3, c'est-à-dire les opérations d'attaque, de défense et de renseignement menées sur les réseaux informatiques.

En pratique, la NSA est le seul collecteur et traiteur de Communications Intelligence (COMINT, renseignement venant de l'interception de communications), le principal (mais pas le seul) traitant de Foreign instrumentation signals intelligence (en) (FISINT), et coordonne le programme d'Electronic Intelligence (ELINT) depuis 1958. La NSA est également chargée depuis les années 1980 de la formation des services du gouvernement à l'Operations Security (OPSEC).

La NSA dirige l'US Cryptologic System (USCS)note 1 qui englobe les entités du gouvernement américain chargées du SIGINT et de l'IA4. En plus de la NSA, l'USCS comprend les Service Cryptologic Components (SCC, « composants cryptologiques des services », c'est-à-dire les éléments chargés du SIGINT des forces armées des États-Unis)note 2 et des milliers de personnes chargées du SIGINT dans divers commandements et unités militaires de par le monde. La NSA contrôle aussi les opérations de SIGINT de la Central Intelligence Agency (CIA) et notamment leur service conjoint de collecte clandestine de renseignement, le Special Collection Service (SCS)5.
Histoire
Origine

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le renseignement d'origine électromagnétique (Communications Intelligence ou COMINT) joua un rôle important dans la conduite de la guerre par les États-Unis. Les « éléments cryptologiques des services » (éléments des forces armées des États-Unis chargés de l'écoute et du décryptage des communications ennemies) de l'US Army et de l'US Navy remportèrent, en coopération avec leurs homologues britanniques, de nombreux succès contre les communications japonaises et allemandes dans les opérations Magic et Ultra. Combinés à la radiogoniométrie (direction finding ou DF), l'analyse de trafic et l'exploitation du texte diffusé en clair (non chiffré), le COMINT fournit énormément de renseignements6.

De la guerre dériva une certaine culture marquée par :

l'importance du COMINT
la nécessité de maintenir le secret à son sujet pour que l'ennemi ne sache pas que ses codes étaient décryptés et continue à les utiliser. Cela conduisit à limiter sévèrement la circulation des informations issues du COMINT, au risque d'en tenir à l'écart ceux en ayant besoin7,note 3
le besoin de concentrer d'importantes ressources humaines et matérielles pour attaquer des systèmes de chiffrage complexes. Les États-Unis et le Royaume-Uni avaient collaboré efficacement contre Enigma, mais la rivalité entre l'Army et la Navy avait conduit à une répartition séparée des tâches entre les deux services.

Des prisonniers allemands préparent le transport du « Russian Fish » vers l'Angleterre en juin 1945.

Peu avant la fin de la guerre, un Target Intelligence Committee (TICOM) fut chargé de déterminer quelles avaient été les performances des services cryptographiques des pays de l'Axe, et éviter que d'éventuels moyens « ne tombent en des mains non autorisées »8. Une de ses équipes trouva le personnel et le matériel d'un service allemand de décryptage qui avait réussi à intercepter les messages soviétiques de plus haut niveau transmis par un radiotélétype multiplexé dit « Russian Fish ». Ce travail allemand semble avoir formé la base des interceptions américaines ultérieures des radiotélétypes soviétiques9.
Officiers américains et britanniques à la signature de l'accord de coopération BRUSA (futur UKUSA) à Washington, le 5 mars 1946

Après la fin de la guerre, les services cryptologiques furent massivement démobilisés. Leurs effectifs passèrent de 37 000 au moment de la capitulation du Japon à 7 500 en décembre 194510. Les effectifs restants s'attaquèrent à de nouveaux objectifs : l'URSS, les communistes chinois, la France et la Grèce. À la mi-1946, la moitié des rapports du service cryptologique de l'US Army étaient dérivés de l'interception de communications françaises11. L'US Army avait créé une section ciblant l'URSS dès février 194312, et à la fin de la guerre, plus de 100 soldats et près de 200 marins travaillaient sur les communications soviétiques. À cette époque, les Américains et les Britanniques conclurent un accord verbal de coopération sur ce projet, qui reçut le nom de code Bourbon. C'est sur cette base que fut ultérieurement construit l'accord UKUSA13. À partir de 1946, les cryptologues américains et britanniques parvinrent à « casser » plusieurs systèmes de chiffrage soviétiques importants. De cette année jusqu'au début 1949, plus de 12 500 messages de l'armée russe et plus de 21 000 messages de la marine soviétique furent ainsi décryptés14. Parallèlement, une opération séparée, le projet Venona, aboutit au décryptage de télégrammes chiffrés du KGB envoyés plusieurs années auparavant, révélant notamment l'existence d'espions soviétiques au sein du projet Manhattan et les « cinq de Cambridge »15.

Mais ces progrès furent rapidement contrés par une série de changements dans les systèmes et procédures de chiffrage soviétiques à partir de novembre 1947 et qui culminèrent en 1948. Les systèmes soviétiques que les Américains et Britanniques décryptaient furent changés les uns après les autres. Bien que les disparitions de ces systèmes s'étalèrent sur plusieurs mois, et qu'aucune n'eut lieu en fin de semaine, les cryptanalystes américains appelèrent le désastre « Black Friday » (« vendredi noir »)16. Bon nombre de communications importantes passèrent par câble au lieu de la radio, déjouant les interceptions. Sur les canaux radio restant utilisés, de nouvelles machines à chiffrer furent introduites, et les procédures de sécurité furent largement améliorées. Ce fut un désastre pour le renseignement américain, auquel il fallut six ans pour commencer à récupérer le terrain perdu17.

La responsabilité du « Black Friday » a souvent été attribuée par les anciens de la NSA à William Weisband, un linguiste de l'AFSA travaillant sur le problème soviétique, qui fut suspecté en 1950 par le FBI d'avoir été un agent communiste ; le FBI ne put jamais déterminer si Weisband avait passé des informations aux Soviétiques. Son cas causa une certaine paranoïa dans la profession et contribua à l'attitude très restrictive de la NSA dans la diffusion de ses informations18.
Armed Forces Security Agency (AFSA)

En 1947, l'Army et la Navy furent rejointes par une nouvelle armée, l'Air Force, qui ne tarda pas à créer son propre service cryptologique19. Pendant ces années, plusieurs forces poussèrent vers une unification des services cryptologiques : le comité du Congrès sur l'attaque de Pearl Harbor, qui recommanda en 1946 une telle unification, des cryptologues qui sentaient le besoin de concentrer leurs moyens réduits, et le secrétaire de l'armée pour des raisons financières. Après une opposition initiale de la Navy et de l'Air Force, le secrétaire à la Défense créa l'Armed Forces Security Agency (AFSA) le 20 mai 1949, et la plaça sous les ordres du Joint Chiefs of Staff (JCS)20.

L'AFSA fut créée en lui transférant environ 80 % du personnel des services cryptologiques de l'Army et de la Navy affectés dans la zone de Washington, limitant ces derniers au rôle de collecte du renseignement sur le terrain. Mais cette structure laissait les stations d'écoutes sous l'autorité des services cryptologiques, l'AFSA n'ayant qu'une autorité indirecte sur eux. Le service de l'Air Force, lui, parvint à rester un service quasi indépendant. La rivalité interservices conduisit à la duplication d'efforts et à l'absence de coordination. Enfin, le fait que les décisions générales de l'AFSA devaient être votées à l'unanimité des services entraîna une paralysie du système. L'AFSA fut inefficace dès le départ et n'était qu'un service cryptologique de plus, sans apporter l'unification désirée du système cryptologique américain21.

À la suite du « Black Friday », l'AFSA se concentra sur l'exploitation de communications soviétiques de bas niveau non chiffrées, qui devint la principale source de renseignement sur l'URSS et connut une forte expansion22,note 4. Cette expansion demandait une importante concentration sur l'URSS, au détriment des autres pays : fin 1949, plus de la moitié du personnel travaillait sur le « problème soviétique », et le nombre de personnes travaillant sur les pays d'Asie à l'AFSA était passé de 261 à 11223.

Lorsque la Corée du Nord déclencha la guerre de Corée en juin 1950, l'AFSA n'avait personne travaillant sur ce pays, et n'avait ni linguiste ni dictionnaire coréens24.
Création
Insigne de la NSA de 1963 à 1966 (auparavant, la NSA utilisait l'insigne du département de la Défense)1
Un IBM 7950 Harvest spécialement créé par la NSA ; il servit de 1962 à 1976 dans cette agence.

Le 24 octobre 1952, le président Harry S. Truman signe un mémorandum classifié top secret qui ordonne une réorganisation des activités d'interception des télécommunications. La NSA est formellement créée sur ordre du secrétaire de la Défense le 4 novembre 1952 par renommage de l'AFSA25.

Les missions de la NSA sont définies par la National Security Council Intelligence Directive no 6, selon les besoins et ordres du directeur du renseignement national. Bien qu'elle appartienne au département de la Défense, la NSA agit pour l'ensemble de l'Intelligence Community.

Contrairement à la CIA, fondée de manière très officielle, la NSA est restée très secrète, et son existence ne fut officiellement reconnue qu'en 1957. Cet épisode fit gagner à la NSA son premier surnom, « No Such Agency » (« Une telle agence n'existe pas ») par les journalistes.
Opérations connues

Après la Seconde Guerre mondiale, la NSA a obtenu systématiquement des principales entreprises de télégraphie (RCA global, ITT World Communications et Western Union) l'accès aux messages circulant par câble (projet Shamrock26). L'interception des télécommunications se faisait au départ par le collectage des copies papier de télégrammes, puis par la remise de bandes magnétiques 27. Selon la commission Church du Sénat américain (1975), la NSA sélectionnait environ 150 000 messages par mois, sur un total de 6 millions de messages par mois, pour en faire un compte rendu (soit 1 message sur 4027). Des milliers de messages étaient transférés à d'autres agences de renseignement pour analyse27. Lew Allen, alors directeur de la NSA, reconnaissait le 8 août 1975, devant la commission Pike, que « la NSA [interceptait] systématiquement les communications internationales, les appels téléphoniques comme les messages câblés »27, dont « des messages adressés à des citoyens américains ou émanant d'eux »28. La NSA a organisé un sabotage des systèmes de chiffrage de la compagnie suisse Crypto AG, lui permettant de lire le trafic de messages diplomatiques et militaires codés de plus de 130 pays. L'intervention de la NSA se faisait via le propriétaire-fondateur de la compagnie, Boris Hagelin, et impliquait des visites périodiques de « consultants » américains travaillant pour la NSA, dont Nora L. Mackebee29.

Le Central Security Service (CSS) a été créé en 1972 pour centraliser les activités de renseignement d'origine électromagnétique de théâtre effectuées par les composantes cryptologiques des forces armées des États-Unis (Service Cryptologic Components ou SCC). Lors de cette réorganisation, les SCC étaient l'US Army Security Agency, l'US Naval Security Group et l'US Air Force Security Service30. En 2012, ces SCC sont l'US Fleet Cyber Command, le Director of Intelligence de l'US Marine Corps, l'United States Army Intelligence and Security Command, l'US Air Force Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance Agency, et le Deputy Assistant Commandant for Intelligence de l'US Coast Guard31.

Au sein du département du Commerce des États-Unis, l'Office of Executive Support est chargé de disséminer à des firmes clés l'information obtenue à travers les agences de renseignement américaines32.

La NSA, avec divers autres pays anglo-saxons, alliés dans le cadre du traité UKUSA, est à l'origine du système d'espionnage des communications Echelon. Depuis les années 1980, ce système est la principale source de renseignements de la NSA. Elle a été accusée, notamment à la suite d'un rapport de Duncan Campbell pour le Parlement européen, de s'occuper aussi d'espionnage industriel (ayant notamment fait échouer deux contrats Airbus).

Le IVe amendement de la Constitution des États-Unis et le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) de 1978 interdisent aux agences gouvernementales d'espionner un citoyen américain sans mandat. Cependant, il est parfois difficile de déterminer, avec un système mondial automatisé d'interception comme Echelon, si une communication est destinée ou non à un citoyen américain. Pour contourner le IVe amendement, il a souvent été dit que la NSA pourrait demander à ses alliés étrangers les renseignements désirés sur des citoyens américains, même si, en principe, ceci est aussi interdit depuis le FISA et contraire au traité UKUSA.

En 1991, 12 tonnes de cocaïne appartenant au cartel de Cali sont saisies grâce à des informations fournies par la NSA33. En 1994, lors des négociations du GATT entre les États-Unis et l'Union européenne, Echelon aurait été utilisé pour connaître la position des différents pays de l'Union européenne et la stratégie de la Commission européenne.

En 2005, sur ordre du président des États-Unis George W. Bush, elle a procédé à l'écoute d'une énorme quantité de conversations téléphoniques (ainsi que l'enregistrement d'informations comme la date et la durée des appels ou les numéros de téléphone impliqués), l'ordre n'étant, d'après certains, pas légalement valide34. Pour la première fois, ces écoutes concernaient des appels à l'origine ou à destination des États-Unis, ce qui les rendent potentiellement illégales d'après les lois américaines.
Article détaillé : Programme de surveillance électronique de la NSA.

En juin 2009, la NSA subit à nouveau une enquête du Congrès des États-Unis sur ses pratiques d'écoute électronique : elle aurait intercepté, sans surveillance ou autorisation judiciaire, plusieurs appels téléphoniques et plusieurs courriels de citoyens américains35.

En juillet 2009, la NSA a dévoilé le projet de construction de l'Utah Data Center, un centre de traitement de données dont le coût final est estimé à 1,6 milliard de dollars36,37. Opérationnel depuis septembre 2013, ce centre d'interception des communications est décrit comme le plus important des États-Unis et vraisemblablement du monde38. En juin 2015, des documents internes de la NSA divulgués par WikiLeaks et publiés par le quotidien français Libération et le site Mediapart, révèlent une nouvelle affaire d'espionnage, baptisée FranceLeaks. Ces documents révèlent que la NSA a espionné entre 2006 et 2012 les conversations des présidents français Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, ainsi que de certains membres du gouvernement et conseillers39,40.

Fin juillet 2015, Wikileaks dévoile que les États-Unis ont espionné de hauts responsables du gouvernement et d'entreprises japonais telles que Mitsubishi, ainsi que le gouverneur de la banque centrale Haruhiko Kuroda (en), depuis au moins septembre 200641.
Autre

Le 30 mars 2015, une fusillade éclate dans la matinée à l'entrée du quartier général de la NSA. Un homme est tué et un autre blessé42.

En août 2016, un groupe de hackers, les "Shadow Brokers", pirate la NSA et publie ses outils de cyber-attaque. Le lanceur d'alerte américain, Edward Snowden, ancien agent de la NSA, émet publiquement l'hypothèse sur Twitter que les services de renseignement russes pourraient être derrière cette fuite.43
Organisation
Quartier général de la NSA, le 14 novembre 201344

En 1974, un livre intitulé La CIA et le culte du renseignement indique qu'elle a 24 000 employés et un budget de 1,2 milliard de dollars (5,36 milliards de dollars valeur 2011) et qu'elle est alors la seconde plus grosse agence de renseignement américaine derrière l'Air Intelligence Agency45.

Selon certaines estimations, le quartier général de la NSA utilise à lui seul assez d'électricité pour alimenter quatre Earth Simulators (l'ordinateur le plus puissant connu à la date du 20 septembre 2002).

Son budget prévu pour 2012 était de 10,2 milliards de dollars américains2, sur un programme de renseignement national s'élevant à 53 milliards. Ce budget ne comprend pas celui des services cryptologiques des armées, de programmes communs CIA-NSA, et de possibles programmes de renseignement militaire.

En dépit du fait qu'elle soit le plus grand employeur de mathématiciens et d'utilisateurs de superordinateurs au monde46, qu'elle possède un grand nombre d'ordinateurs, et un budget qui dépasse même celui de la CIA, l'agence a été remarquablement discrète jusqu'au dévoilement du réseau Echelon à la fin des années 1990.
Effectifs

Les effectifs de la NSA ont considérablement varié au cours de son histoire, typiquement augmentant au cours des périodes de tensions de la guerre froide et diminuant lors des périodes de détente. Ses effectifs ont diminué avec la fin de la guerre froide puis augmenté depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Dans les statistiques, il est important de distinguer les employés directs de la NSA du total comprenant aussi le personnel des services cryptographiques des différentes forces armées américaines :
NSA Total
1952 8 760 33 010
1960 12 120 72 56047
1970 19 29048 88 60049
1979 16 54248 41 00049
1989-1990 26 679 (1990)50 75 000 (1989)51
1996 ~21 500 ~38 00052
2012 21 650 35 0832
Organigramme
Organigramme de la NSA en 2001

La NSA évite généralement de rendre publiques des informations sur son organisation interne. La Public Law 86-36 lui permet même de ne pas être obligée à communiquer des informations non classifiées sur son organisation.

À l'origine, la NSA était organisée en « lignes fonctionnelles ». En 1956, elle fut réorganisée en une structure géographique dont elle garda les grandes lignes pendant le reste de la guerre froide. Son Office of Production (PROD) était divisé en quatre divisions opérationnelles53 :

ADVA (Advanced Soviet) : décryptage de chiffres soviétiques de haut niveau
GENS (General Soviet) : traitement de chiffres soviétiques de moyen et bas niveau (principalement analyse de leur contenu)
ACOM (Asian Communist) : traitement de chiffres des pays communistes asiatiques
ALLO (All Others) : traitement de chiffres d'autres pays.

À la suite de la défection de Martin et Mitchell en 1960, les services de la NSA furent renommés et réorganisés. PROD devint le Directorate of Operations (direction des opérations, DO), chargé de la collecte et du traitement du SIGINT), qui était organisé en plusieurs « groupes » codés par une lettre et ayant chacun une spécialisation. Ses principaux groupes étaient54 :

A Group (bloc soviétique)
B Group (pays communistes asiatiques et Cuba)
G Group (reste du monde)

À ses côtés existaient le Directorate of Technology (DT) qui développait les nouveaux systèmes pour le DO, le Directorate of Information Systems Security chargé de protéger les communications du gouvernement américain, le Directorate of Plans, Policy and Programs qui servait d'état-major de l'agence, et le Directorate of Support Services qui s'occupait des fonctions logistiques et administratives.

En 1992, à la suite de la dislocation de l'URSS, le A Group fut étendu pour couvrir toute l'Europe et l'ex-URSS, et le B Group absorba le G Group pour couvrir le reste du monde55. En 1997, une autre réorganisation eut lieu, aboutissant à la création de deux groupes dont l'un se voulait adapté aux cibles transnationales56 : le M Group (Office of Geopolitical and Military Production) et le W Group (Office of Global Issues and Weapons Systems).

En février 2001, la structure de la NSA subit une nouvelle réorganisation importante avec la disparition des directions existantes depuis près d'un demi-siècle, remplacées par deux directions spécialisées dans les deux missions principales de la NSA, les autres services étant centralisés sous l'autorité du directeur de la NSA ou son chef de cabinet57 : le Signals Intelligence Directorate (SID) et l'Information Assurance Directorate (IAD).

En 2013, la NSA est décrite comme ayant cinq directions opérationnelles, trois centres opérationnels et plusieurs directions administratives :

Signals Intelligence Directorate (SID) chargée du renseignement d'origine électromagnétique ;
Information Assurance Directorate (IAD) chargée de la sécurité des systèmes d'information ;
Research Directorate (RD) chargée de la recherche ;
Technology Directorate (TD) chargée du développement ;
Foreign Affairs Directorate (FAD) qui supervise les interactions avec des services de renseignement étrangers ;
National Security Operations Center (NSOC) qui est le centre national de gestion de crise du renseignement électronique et de sécurité ;
NSA/CSS Threat Operations Center (NTOC) qui est le principal centre d'alerte en matière de cybersécurité ;
NSA/CSS Commercial Solutions Center (NCSC) établi pour gérer les interactions avec les compagnies commerciales et la recherche publique.

Le Signals Intelligence Directorate est organisé en trois entités. Le premier est le Directorate for Data Acquisition dont divers offices collectent les renseignements bruts. Le second est le Directorate for Analysis and Production qui est organisé en « lignes de produits » telles que la Counterterrorism Product Line sur le terrorisme et dont le rôle est d'analyser les renseignements bruts pour en tirer du renseignement fini. Le troisième est l'Enterprise Engagement Mission Management (E2M2, anciennement appelé Directorate for Customer Relationships) qui dissémine ce dernier58.
Installations
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:39

Allemagne
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La NSA a des installations dans les villes de Berlin, Francfort-sur-le-Main, Stuttgart, Wiesbaden, Griesheim et Bad Aibling59.
États-Unis
Quartier général de la NSA à Fort George G. Meade, Maryland, États-Unis.

Le quartier général de la NSA est situé depuis 1954 à Fort George G. Meade, 9800 Savage Road, Maryland, États-Unis, sur une base militaire de l'US Army à approximativement 16 kilomètres au nord-est de Washington. Elle a sa propre sortie sur l'autoroute Baltimore-Washington Parkway, indiquée par le panneau « NSA: Employees Only » (« Réservée aux employés de la NSA »).

Fort Meade est également le siège d'autres entités dont la Defense Media Activity, la Defense Informations Systems Agency, le Defense Courier Service et l'US Cyber Command. Environ 11 000 militaires, 29 000 employés civils et 6 000 membres de leurs familles y résident60. L'ensemble formé par le complexe de bâtiments de la NSA à Fort Meade et les autres installations de la NSA dans l'État du Maryland est appelé NSA/CSS Washington (NSAW)61. En janvier 2001, 13 475 employés civils travaillaient au NSAW62.

Le système cryptologique américain s'organise autour de quatre centres cryptologiques principaux dits Global Net-centric Cryptologic Centers63 :

NSA/CSS Georgia (NSAG) à Fort Gordon, en Géorgie
NSA/CSS Texas (NSAT) ou Texas Cryptology Center (TCC) à Lackland Air Force Base, au Texas
NSA/CSS Hawaii (NSAH) à Kunia, à Hawaï
NSA/CSS Colorado (NSAC) à Buckley Air Force Base, Colorado

Ces centres traitent les communications interceptées de diverses manières, par des postes d'écoute situés à l'étranger, des satellites, ou depuis le 11 septembre des postes d'écoute à l'intérieur des États-Unis64.

Les données devraient être stockées dans un grand centre de traitement de données en cours de construction à Camp Williams dans l'Utah, nommé Intelligence Community Comprehensive National Cybersecurity Initiative (IC CNCI) Data Center ou Utah Data Center et qui devrait être achevé en octobre 201365.

La NSA a un programme de superordinateur pour la cryptanalyse dans la Multi-Program Research Facility (MPRF) ou Building 5300 du laboratoire national d'Oak Ridge66.

Des Cryptologic Service Groups (CSG) sous l'autorité du directeur de la NSA servent d'interface avec les commandements militaires pour leur fournir un soutien en matière de SIGINT.
France
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Description des missions
Collecte de renseignements par ondes électromagnétiques
Article détaillé : Renseignement d'origine électromagnétique.

La NSA utilise ou a utilisé de nombreux moyens de collecte de renseignement : interception de communications HF à l'aide d'antennes au sol (FLR-9 « cage à éléphants »), de communications type VHF/micro-ondes depuis des avions ou des satellites-espions, écoute de câbles sous-marins à l'aide de systèmes enregistreurs déposés par des sous-marins, l'accès autorisé par des opérateurs de télécommunications à leur trafic, et des méthodes clandestines.

Aux débuts de la NSA, les communications étaient dominées par les ondes HF, principalement en morse ou par radiotélétype. La propagation en haute fréquence permet des communications à grande distance malgré la présence d'obstacles ou au-delà de l'horizon. En conséquence, les signaux d'un émetteur HF peuvent être écoutés à très grande distance depuis une base sûre. Un des premiers efforts de la guerre froide fut de construire des sites d'écoute un peu partout autour de l'URSS67. Les antennes utilisées étaient généralement des antennes rhombiques, connectées à des récepteurs analogiques. L'affichage de la fréquence ne fit son apparition sur les récepteurs que dans les années 196068.
Infiltration du réseau Internet, des ordinateurs et des téléphones mobiles
Article détaillé : Révélations d'Edward Snowden.

En 2013, les révélations d'Edward Snowden mettent en lumière les opérations de surveillance électronique et de collecte de métadonnées menées à grande échelle sur le réseau Internet. La surveillance de citoyens américains divise la communauté légale aux États-Unis, étant jugée orwellienne par un juge de Washington et légale selon un juge de la Cour fédérale de New York69. Selon un observateur, « ce nouveau rebondissement accroît la probabilité que la question de la légalité du programme de l'Agence américaine de sécurité soit, in fine, tranchée par la Cour suprême69 ». En février 2014, le New York Times révèle qu'un bureau d'avocats américain a été espionné alors qu'il représentait un pays étranger en litige commercial avec les États-Unis; l'opération d'espionnage a été menée par l'intermédiaire de l'Australie pour le compte de la NSA70.

La NSA a aussi capté les communications des dirigeants de pays alliés, notamment Angela Merkel, François Hollande et Dilma Rousseff. Depuis février 2013, à l'aide du programme baptisé QuantumInsert, la NSA a réussi à pénétrer dans le réseau informatique gérant le câble sous-marin SEA-ME-WE 4 qui achemine les communications téléphoniques et internet depuis Marseille vers l'Afrique du Nord, les pays du Golfe et l'Asie71. Le 16 janvier 2014, la société Orange, qui est une des 16 entreprises gérant ce réseau, annonce qu'elle portera plainte contre X pour des faits « d’accès et maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données »72. Belgacom, un opérateur belge de téléphonie, a également été massivement piraté, ainsi que l'ordinateur de son consultant en cryptographie, le professeur Quisquater73.

À l'aide des outils dénommés Feed through, Gourmet through et Jet plow, la NSA a aussi réussi à insérer des « implants » dans les serveurs de différents constructeurs, dont Cisco, Dell et Huawei74. Parmi de nombreux autres outils, on mentionne : Dropout jeep, qui permet de récupérer des informations dans un iPhone; Monkey calendar envoie par SMS la géolocalisation du téléphone sur lequel il est installé; Rage master capte les informations transmises à l'écran de l'ordinateur par câble VGA. Les ingénieurs de la NSA analysent également les rapports d'erreur automatiquement envoyés par le système d'opération Windows afin de déterminer les faiblesses spécifiques d'un ordinateur visé par le service. L'agence a aussi intercepté des ordinateurs neufs avant leur livraison pour y installer des systèmes espions74.

Devant les réactions extrêmement critiques que ces pratiques d'espionnage ont suscitées dans les pays touchés, le président Obama annonce, le 17 janvier 2014, quelques mesures75 d'encadrement au programme de collecte de métadonnées, qui ne sera désormais possible que sur autorisation d'un juge. Il demande notamment à la NSA de cesser d'espionner les dirigeants de pays alliés76.

Ces mesures ne couvrent toutefois qu'une infime partie des activités de la NSA et ne mettent pas en cause le programme Bullrun, qui vise à affaiblir les technologies de chiffrement grand public76. Le 18 janvier 2014, Obama précise que l'agence va « continuer à s'intéresser aux intentions des gouvernements de par le monde », mais que cela ne devrait pas inquiéter les pays alliés77. Ce discours déçoit les eurodéputés, qui demandent à entendre Edward Snowden78.

En juin 2014, Obama s'engage à modifier l'US Privacy Act de façon à étendre aux citoyens européens le degré de protection de la vie privée dont jouissent les citoyens américains79.
Un renseignement essentiellement économique

Selon Éric Denécé, chercheur spécialiste du renseignement, la NSA, bien que prenant prétexte d'activités contre-terroristes, est essentiellement « utilisée à des fins économiques ». Il avance la proportion de 90 % en faveur du renseignement économique80.
Note secrète de la NSA concernant l'espionnage économique de la France.
La NSA a espionné le président François Hollande : Rapport d’analyse de la NSA faisant état de conversations téléphoniques entre François Hollande et son Premier ministre.

Des documents classifiés divulgués par WikiLeaks le 29 juin 2015, confirment que l'espionnage économique exercé par les États-Unis à l'aide du réseau Echelon après la Guerre froide, a pris en 2002 une dimension massive et industrielle. À cette date, les moyens colossaux d’interception et de surveillance déployés dans la lutte contre le terrorisme apparaissent démesurés par rapport à leurs cibles, et l'administration américaine décide de faire de la NSA le bras armé des États-Unis dans la guerre économique.

Concernant la France, une note secrète baptisée « France  : développements économiques » datée de 2002, expose la doctrine de la NSA en matière d'espionnage économique, qui consiste à recueillir toutes les informations pertinentes sur :

les pratiques commerciales françaises,
les relations entre le gouvernement français et les institutions financières internationales,
l’approche des questions liées au G8 et au G20,
les grands contrats étrangers impliquant la France.

Ce dernier point, détaillé dans une sous-section intitulée « Contrats étrangers-études de faisabilité-négociations », consiste à récupérer toutes les informations possibles sur les contrats d’envergure impliquant des entreprises françaises, notamment ceux dépassant les 200 millions de dollars. Les secteurs stratégiques suivants sont visés par la NSA :

technologies de l’information et des télécommunications,
énergie électrique, gaz naturel, pétrole, nucléaire, énergies renouvelables,
infrastructures et technologies des systèmes de transport, y compris les ports, aéroports, trains à grande vitesse et métro,
technologies de l'environnement à usage domestique ou destinées à l'export,
infrastructures, services et technologies de santé et de soins, y compris les progrès des biotechnologies.

Toutes les informations recueillies sont destinées à être ensuite partagées avec les principales administrations américaines  : la CIA, le département de la Sécurité intérieure, le département du Commerce, le département de l’Énergie, l'agence du renseignement de la Défense, la Réserve fédérale, le Département du Trésor et le Commandement des forces américaines en Europe.

La révélation de ces rapports secrets de la NSA apportent pour la première fois la preuve qu'un espionnage économique massif de la France est opéré par le plus haut niveau de l'État américain81,82.
Fichage mondial des individus et reconnaissance faciale

Pour des motifs de prévention du terrorisme, la NSA aurait espionné les flots de données chez des opérateurs mondiaux comme Google ou Yahoo. Ces allégations ont été réfutées par le directeur de la NSA, qui souligne que ce genre d'opération serait illégal83,84.

La NSA recueillerait quotidiennement quelque 55 000 photos d'individus afin de constituer une gigantesque base de données et d'affiner un logiciel de reconnaissance faciale permettant de reconnaître et d'identifier avec un certain degré de précision le visage de n'importe quel individu sur des photos ou des vidéos85,86.
Traitement des renseignements
Superordinateurs

Pour déchiffrer les messages qu'elle capte, la NSA a besoin d'une puissance de calcul importante. C'est pourquoi elle dispose d'un grand nombre de superordinateurs pour lesquels elle participe à la recherche et développement.
Le Cray X-MP/24, superordinateur utilisé par la NSA de 1983 à 1993 et désormais exposé au National Cryptologic Museum87.
Superordinateurs de la NSA (2002)88 Type d'ordinateur Puissance
(en gigaFlops)
Cray T3E-1200E LC1900 2 280,00
Cray T3E-900 LC1324 1 191,60
Cray SVI-18/576 (-4Q02) 1 152,00
SGI 2800/250-2304 1 152,00
HP SuperDome/552-512 1 130,50
Cray T3E-1350 LC800 1 080,00
SGI 3800/400-1064 851,20
Cray T3E-1200E LC540 648,00
Cray T3E-1200E LC540 648,00
Cray T3E-1200E LC540 648,00
Cray T3E-1200 LC404 484,80
Cray T3E-1200 LC284 340,80
Cray X1-6/192 (+1Q03) 1 966,08
Total 13 572,98

De par la nature secrète de la NSA, il est difficile de contrôler la véracité de ces informations.
Recherche en matière de calculateur quantique

La NSA finance ou a proposé de financer divers projets de recherche en matière de calculateur quantique, jusqu'à des laboratoires de l'université d'Orsay89. En 2014, les révélations d'Edward Snowden confirment que la NSA cherche à construire une machine à décrypter universelle grâce à un ordinateur quantique, dont la puissance de calcul serait sans commune mesure avec les ordinateurs courants90.
Protection des systèmes d'information

La NSA a aussi pour rôle la protection des informations et des systèmes d'information du gouvernement américain91.

Dans le cadre de sa mission de sécurisation des ordinateurs du gouvernement des États-Unis, la NSA a contribué à plusieurs logiciels libres en fournissant plusieurs patches, notamment pour Linux (Security-Enhanced Linux) et OpenBSD.

À la suite de la National Strategy to Secure Cyberspace lancée en 2003, la NSA collabore avec le département de la Sécurité intérieure pour encourager la recherche et l'innovation en matière de cybersécurité. La NSA en partenariat avec la Mitre Corporation, le National Institute of Standards and Technology et des entreprises privées dont Symantec, McAfee et Intel, encourage les compagnies de technologies de l'information à utiliser les Security Content Automation Protocols (SCAP) pour automatiser l'évaluation et la gestion des vulnérabilités de systèmes. À partir de 2005, la NSA a travaillé avec Microsoft pour définir des configurations de sécurité sur Windows XP, Vista, Internet Explorer et les pare-feu Microsoft. La NSA a également aidé à définir le guide de sécurité de Windows 792.
Contributions à l'économie et à la recherche

La NSA a participé à la recherche, développement et industrialisation de nombreux secteurs liés à ses activités.

Par exemple, la NSA a participé au développement du premier superordinateur imaginé par Seymour Cray en 197793 et dans les années 1980, lorsque les entreprises électroniques américaines choisiront de recourir presque exclusivement aux composants japonais alors plus compétitifs, elle décide de fabriquer elle-même, avec l'aide de National Semiconductor, les composants nécessaires à ses propres ordinateurs94.

En septembre 2011, la NSA a légué l'un de ces « système de base de données », Accumulo, à la fondation Apache95.
Directeurs

Le directeur de l'Armed Forces Security Agency (AFSA) était le prédécesseur du directeur de la NSA entre 1949 et 1952.

mai 1949 - juillet 1951 : RADM Earl E. Stone (en), USN
juillet 1951 - novembre 1952 : LTG Ralph J. Canine, US Army

Le directeur de la NSA est également chef du Central Security Service (CSS) et commandant du United States Cyber Command (USCYBERCOM), depuis leurs créations respectives en 1971 et 2010.
Michael S. Rogers, actuel directeur de la NSA

novembre 1952 – novembre 1956 : LTG Ralph J. Canine, US Army
novembre 1956 – novembre 1960 : Lt Gen John A. Samford, USAF
novembre 1960 – janvier 1962 : VADM Laurence H. Frost, USN
janvier 1962 – juin 1965 : Lt Gen Gordon A. Blake, USAF
juin 1965 – août 1969 : LTG Marshall S. Carter, US Army
août 1969 – août 1972 : VADM Noel Gayler, USN
août 1972 – août 1973 : Lt Gen Samuel C. Phillips USAF
août 1973 – juillet 1977 : Lt Gen Lew Allen USAF
juillet 1977 – avril 1981 : VADM Bobby Ray Inman, USN
avril 1981 – mai 1985 : Lt Gen Lincoln D. Faurer, USAF
mai 1985 – août 1988 : LTG William E. Odom, US Army
août 1988 – mai 1992 : VADM William O. Studeman, USN
mai 1992 – février 1996 : VADM Mike McConnell, USN
février 1996 – mars 1999 : Lt Gen Kenneth A. Minihan, USAF
mars 1999 – avril 2005 : Lt Gen Michael V. Hayden, USAF
avril 2005 – mars 2014 : GAL Keith B. Alexander, US Army
avril 2014 – aujourd'hui : ADM Michael S. Rogers, USN

Richard Ledgett, directeur adjoint de la NSA

Le directeur adjoint (deputy director) de la NSA est typiquement un civil de carrière.

août 1956 : M. Joseph H. Ream
octobre 1957 : Dr H. T. Engstrom
août 1958 : Dr Louis W. Tordella
avril 1974 : M. Benson K. Buffham
mai 1978 : M. Robert E. Drake
avril 1980 : Mme Ann Z. Caracristi
juillet 1982 : M. Robert E. Rich
juillet 1986 : M. Charles R. Lord
mars 1988 : M. Gerald R. Young
juillet 1990 : M. Robert L. Prestel
février 1994 : M. William P. Crowell
octobre 1997 : Mme Barbara A. McNamara
juin 2000 : M. William B. Black, Jr.96
août 2006 : M. John C. Inglis97
janvier 2014 : Richard Ledgett
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:40


Day school: Marxism and Nature
Issue: 150
Posted on 27th April 2016

A one-day conference hosted by International Socialism

Saturday 15 October 2016
10.30am- 5pm
Student Central, Malet Street, London, WC1E 7HY
Nearest tube stations: Russell Square/Euston/Euston Square/Goodge St
Venue is wheelchair accessible

New speaker
We are very pleased to announce a new speaker for this event: Ted Benton, founder member of the Red-Green Study Group, author of The Rise and Fall of Structural Marxism (1984), The Greening of Marxism (1986), Natural Relations (1993) and others will be speaking.
Ted has a life-long project of integrating green analysis with Marxism. He is also former secretary of Colchester Trade Union Council and a field ecologist specialising in bumblebees, grasshoppers and crickets.

Tickets:
£5 (unwaged), £10 (waged), £20 (solidarity)

Capitalism’s thirst for profit is leading to climate change, pollution, species extinction and the depletion of natural resources at alarming rates. Despite promises made at the Paris COP21 conference in December 2015, global solutions rest on market mechanisms that offer little promise of success.

The ideas of Marx and Engels were once dismissed as irrelevant to contemporary environmental issues. But recent scholarship has demonstrated the profound ecological implications of their thinking.

The idea that we are living in the Anthropocene- a new geological epoch defined by human influence- has further highlighted the urgency of the situation and caused Marxists to rethink the role of science and scientists in radical politics and even caused us to rethink what we mean by “nature”.

The Anthropocene question itself raises other debates. Are all humans to blame for climate change? How can anti-capitalist politics inform the discussion? Can the environmental crisis be solved under capitalism? What is the role of science under capitalism?

This one day conference, hosted by the International Socialism journal, will explore the relevance of Marxist ideas to our understanding of environmental issues, discuss the specific reasons why capitalism is so destructive and debate different approaches to science and nature.

Confirmed speakers
Ian Angus, Canadian ecosocialist activist, editor of the online journal Climate & Capitalism, author of Facing the Anthropocene (2016) and co-author of Too Many People? Population, Immigration, and the Environmental Crisis (2011)
http://climateandcapitalism.com/

Martin Empson, author of Land and Labour: Marxism, Ecology and Human History.

John Parrington, associate professor in Molecular and Cellular Pharmacology at the University of Oxford. Author of The Deeper Genome and Redesigning Life.

Suzanne Jeffery, member of the Campaign against Climate Change trade union group (speaking in a personal capacity).

Ian Rappel, conservation ecologist.

Camilla Royle, deputy editor, International Socialism.

Sarah Ensor, who is researching the history of class struggle in Iceland and blogs at
http://herringandclassstruggle.blogspot.co.uk/

Pay online by filling in the form below (which links to a secure payment page).

Alternatively you can pay for tickets by cheque- make payable to “ISJ” and send to International Socialism journal, PO Box 71327, London, SE11 9BW, email isj@swp.org.uk or phone 0207 840 5640.
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Some recent articles from International Socialism on environmentalism, climate change, science and nature

Marxism and the Anthropocene by Camilla Royle

Capitalism and Species Extinction by Ian Rappel

Up Against the clock: Climate, Social Movements and Marxism by Suzanne Jeffery

Paul Hampton, Workers and Trade Unions for Climate Solidarity reviewed by Martin Empson

Two Books that Swim Against the Tide by Sarah Ensor

The Human Genome Project: Brave New World of Scientific Understanding or False Dawn? by John Parrington

Good Sense on Global Warming by Andreas Ytterstad

Sherborne publications ltd, Registered office
Marquis House, 68 Great North Rd, Hatfield, Hertfordshire, AL9 5ER
Company number 2652964, finance@sherbornepublications.co.uk, 0207 840 5603
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:41

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

En terme de droit de l'homme, elles y ont droit en terme de laïcité, c'est plus complexe que vous croyez. La laïcité est un mode vivre et de coexistence établi par une charte. Cette charte n'est pas les droits de l'homme tout comme tous ce qui est morale n'est pas parole sainte ou égalitaire. Chacun a son âme et conscience. Il y a cette charte, et tous le monde la contexte. Et je trouve cela déplorable de la part de tous ceux qui se lamente pour un peu et un rien auprès de la cour européenne des droits de l'homme. Voilà comment affaiblir la liberté en voulant toujours défendre une forme de communautarisme et ça finira où les plages deviendrons privé et pas uniquement pour telle ou telle personnalité ou industrie. Et je pense malheureusement que c'est le souhait de tous ceux qui rejette l'autre et le statut de Laïcité.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:42

Wikipédia face à la NSA
Illustration
Image illustrant l'article du Blog Wikipédia annonçant l'utilisation du protocole HTTPS : Green_Keys.jpg, Electronic Frontier Foundation (eff.org) graphic created by EFF Senior Designer Hugh D'Andrade.

Le 10 mars 2015, L'Union américaine de défense des libertés (ACLU) dépose une plainte au nom d'Amnesty International USA, de Human Rights Watch (HRW) et de sept autres organisations non-gouvernementales, médiatiques et juridiques, dont la fondation Wikimedia, à l'encontre de la NSA, l'accusant d'avoir « dépassé l'autorité que le Congrès lui confère ». La plainte argue que les droits constitutionnels des plaignants sont violés, en particulier le Premier Amendement qui protège la liberté de parole et de la presse, et le 4e Amendement qui interdit « les fouilles ou saisies sans raison ». Lila Tretikov, directrice de la Fondation Wikimedia, déclare alors : « Wikipédia est fondé sur la liberté d'expression, d'enquête et d'information. En violant la vie privée de nos usagers, la NSA menace la liberté intellectuelle qui est centrale pour la capacité à créer et à comprendre des connaissances98. »

Le 12 juin 2015, la Wikimedia Foundation annonce l'utilisation du protocole de communication HTTPS pour tout le trafic Wikimedia, dans l'optique de contrer la surveillance de masse exercée par la NSA, qui profite en particulier des insuffisances du protocole de communication HTTP en matière de sécurité99,100.

« Aujourd'hui, nous sommes heureux d'annoncer que nous sommes en train de mettre en œuvre le protocole HTTPS pour chiffrer tout le trafic Wikimedia. Nous allons aussi utiliser le mécanisme HTTP Strict Transport Security (HSTS) afin de se prémunir contre les efforts visant à casser le trafic HTTPS pour intercepter ensuite le trafic » annonce la Fondation, via son blog, qui poursuit, en dénonçant la surveillance de l'Internet : « Dans un monde où la surveillance de masse est devenue une menace sérieuse pour la liberté intellectuelle, les connexions sécurisées sont devenues essentielles pour protéger les utilisateurs tout autour du monde101. » L'utilisation du protocole HTTPS s'étendra donc à Wikipédia et ses projets frères, afin de garantir un maximum de sécurité aux utilisateurs99.
Les géants du Net et « l'effet Snowden »

Les documents de la NSA fournis par Snowden ont aussi mis en lumière le rôle joué, volontairement ou involontairement, par certains acteurs majeurs d'Internet dans la collecte des données personnelles des utilisateurs de leurs produits et services. Parmi les plus importantes compagnies américaines citées dans les documents de la NSA, un certain nombre se sont montrées particulièrement embarrassées par ces révélations. Pour contrer les effets négatifs de ces révélations sur leur image, ces compagnies ont été contraintes de réagir en cherchant à se démarquer de cette implication dans l'espionnage de leurs utilisateurs, par le biais d'un certain nombre d'annonces publiques.

En premier lieu, dans une lettre ouverte envoyée en novembre 2013 à des responsables des commissions de la Justice de la Chambre et du Sénat, six grands groupes américains de la technologie (Google, Apple, Microsoft, Facebook, Yahoo! et AOL) pressent le Congrès des États-Unis de contrôler davantage la NSA, en exigeant plus de transparence sur la surveillance et plus de protection de la vie privée. Cette initiative, baptisée « campagne de réforme de la surveillance gouvernementale », sera rejointe par les sociétés Dropbox, Evernote, Linkedin et Twitter102.

L'année suivante, la société Google, après que son président a déclaré « scandaleuse » l'interception par le gouvernement américain des données des utilisateurs de son moteur de recherche, annonce en mars 2014 le renforcement du chiffrement du trafic lié à sa messagerie Gmail. En juin 2014, c'est au tour du navigateur Chrome de faire l'objet de l'annonce d'une nouvelle extension baptisée End-to-end, destinée à chiffrer les communications de bout en bout pour améliorer leur sécurité. En septembre 2014, Google annonce qu'il proposera un système de chiffrement rendant impossible le déverrouillage des téléphones sous Android par les forces de police.

De son côté, la société Yahoo! annonce en août 2014 la mise en place du même niveau de chiffrement que Gmail pour les courriels de sa messagerie Yahoo! Mail.

La compagnie multinationale Apple publie en septembre 2014 une lettre ouverte de son PDG « au sujet de l'engagement d'Apple pour votre vie privée », se concluant par « Pour finir, je veux être absolument clair sur le fait que nous n'avons jamais travaillé avec aucune agence gouvernementale d'aucun pays pour insérer une porte dérobée dans aucun de nos produits ou de nos services. Nous n'avons jamais autorisé non plus aucun accès à nos serveurs. Et nous ne le ferons jamais103. » Dans la foulée, la firme annonce une série de mesures destinées à protéger la vie privée de ses clients, à l'occasion de la sortie de son système d'exploitation iOS 8 pour iPad et iPhone.

Ces nouvelles politiques de protection des données entraînent de sévères critiques de la part du directeur du FBI, qui s'inquiète que ces entreprises « puissent délibérément faire la promotion de quelque chose qui mette les gens au-dessus des lois », tout en soulignant que des discussions sont en cours avec Apple et Google pour qu'ils changent leur politique de sécurité104.
Dans la culture populaire

La NSA est restée extrêmement discrète pendant son existence. Elle est cependant plus largement connue depuis la fin des années 1990, de même qu'Echelon. La NSA, la collaboration selon le pacte UKUSA et le réseau Echelon sont souvent confondus par le public.
Dans la fiction

La NSA est de plus en plus fréquemment citée dans des œuvres de fiction, remplaçant la CIA, peut-être trop célèbre, pour attirer le public. Toutefois, la plupart de ces œuvres exagèrent le rôle de la NSA, entre autres en négligeant le fait que la NSA ne s'occupe que du renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT), et que c'est la CIA qui est chargée du renseignement humain (HUMINT) et des opérations clandestines.

Le film Les Experts (Sneakers, 1992), de Phil Alden Robinson, est un des premiers à évoquer des agents de la NSA. Elle est également mentionnée dans Will Hunting (1997).

Par la suite, les apparitions de la NSA deviennent très courantes. On peut citer parmi les plus marquantes :

Dans la bande dessinée XIII, la NSA est citée pour la première fois dans l'album Trois Montres d'argent (tome 11, 1995), mais, dirigée par son machiavélique directeur Frank Giordino, ses agents tiennent un rôle de premier plan à partir du tome 13 (1999).
En 1998, deux films, Ennemi d'État et Code Mercury, évoquent la NSA, sous une vision peu positive (l'agence apparaît hors de contrôle et cherche à tuer des personnes menaçant son travail de déchiffrement).
La série télévisée Numb3rs où le personnage principal, le mathématicien Charlie Eppes, est lui-même consultant pour la NSA.
La série télévisée 24 heures chrono (saison 2, 2002), et aussi dans la saison 8, où après un attentat contre l'agence anti-terroriste CTU (qui est désactivée), Jack Bauer fait appel à la NSA.
Le film Meurs un autre jour, où Halle Berry interprète un agent de la NSA (2002).
Le roman de science-fiction de Dan Brown, Forteresse digitale, qui implique la section de cryptologie de la NSA.
Le film XXX où Vin Diesel interprète Xander Cage, un agent atypique de la NSA (2002).
La série de jeux vidéo Splinter Cell (à partir de 2003)
La série télévisée Jake 2.0 (à partir de 2003) où Jake travaille pour la NSA. Bien que ce soit de la pure fiction, on y retrouve la NSA et son siège.
La série télévisée Sept jours pour agir, où le héros voyage dans le temps.
La série télévisée Prison Break, où un analyste de la NSA récupère une conversation téléphonique de la présidente Caroline Reynolds avec son frère Terrence Steadman.
La série télévisée Burn Notice où la NSA et le CSS sont mentionnés à plusieurs reprises.
La série télévisée Commander in Chief, où la NSA apparaît quelques fois auprès du personnage principal, la présidente fictive des États-Unis ; elle est aussi très souvent mentionnée au cours des 18 épisodes de la série.
Dans le jeu vidéo 007 : Quitte ou double, l'agent Mya Starling est un agent de la NSA.
Le jeu vidéo Deus Ex où l'on peut trouver bon nombre de références à la NSA.
Le roman Phaenomen de Erik L'Homme, dans lequel se trouvent des extraits du Monde sous surveillance, par Phil Riverton (auteur et œuvre imaginaire mais informations bien réelles).
La série télévisée Stargate SG-1, où il est souvent fait référence aux satellites de la NSA utilisés pour rechercher des Goa'uld cachés sur Terre.
La série télévisée Chuck, où Chuck Bartowski est accompagné par John Casey, un agent de la NSA.
Dans la série télévisée Le Retour de K 2000 (Knight Rider 2008), le Centre de Knight Industries Recherches et Développement a de nombreuses relations avec la NSA (bases de données par exemple), notamment avec le projet K.A.R.R. Ainsi, l'agent Carrie Rivai a pour père un agent à la retraite de la NSA.
Dans le jeu vidéo Perfect Dark, Trent Easton est le directeur de la NSA, il est chargé de protéger le président des États-Unis.
Dans Les Simpson, le film, la NSA intercepte une communication entre Homer et Marge, la famille étant recherchée par le gouvernement.
Dans le film Conspiracy (Echelon Conspiracy), le réseau Echelon est utilisé pour envoyer des messages sur des téléphones portables de façon anonyme.

Surnoms

La NSA a reçu un grand nombre de surnoms, en particulier dus à sa très grande discrétion :

SIGINT City, sobriquet couramment utilisé dans le monde du renseignement américain ;
Crypto City (« ville » de la cryptologie) ;
The Puzzle Palace, titre d'un des premiers livres écrits sur la NSA ;
No Such Agency (« Une telle agence n’existe pas ») ;
Never Say Anything (« Ne jamais rien dire » ou « Ne dites rien »).

Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

National Security Agency, sur Wikimedia Commons National Security Agency, sur Wikinews

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

(en) James Bamford, The Puzzle Palace : Inside the National Security Agency, America's Most Secret Intelligence Organization, New York, Penguin Books, 1983 (1re éd. 1982), 655 p. (ISBN 0-14-006748-5 et 978-0-14-006748-4)
(en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989 Document utilisé pour la rédaction de l’article : Histoire interne de la NSA pendant la guerre froide en quatre volumes :
(en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I : The Struggle for Centralization, 1945-1960, Fort Meade, Center for Cryptologic History, National Security Agency, 1995 (lire en ligne)
(en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. II : Centralization Wins, 1960-1972, Fort Meade, Center for Cryptologic History, National Security Agency, 1995 (lire en ligne)
(en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. III : Retrenchment and Reform, 1972-1980, Fort Meade, Center for Cryptologic History, National Security Agency, 1998 (lire en ligne)
(en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. IV : Cryptologic Rebirth, 1981-1989, Fort Meade, Center for Cryptologic History, National Security Agency, 1999 (lire en ligne)
« No Such Agency », série de six articles sur la NSA publiée en décembre 1995 :
(en) Scott Shane et Tom Bowman, « America's Fortress of Spies », The Baltimore Sun,‎ 3 décembre 1995 (lire en ligne)
(en) Scott Shane et Tom Bowman, « A Strange and Secret Workplace », The Baltimore Sun,‎ 5 décembre 1995
(en) Tom Bowman et Scott Shane, « Espionage from the Front Lines », The Baltimore Sun,‎ 8 décembre 1995 (lire en ligne)
(en) Scott Shane et Tom Bowman, « Rigging the Game », The Baltimore Sun,‎ 10 décembre 1995 (lire en ligne)
(en) Scott Shane et Tom Bowman, « Catching Americans in NSA's Net », The Baltimore Sun,‎ 12 décembre 1995 (lire en ligne)
(en) Tom Bowman et Scott Shane, « Battling High-Tech Warriors », The Baltimore Sun,‎ 15 décembre 1995 (lire en ligne)
(en) James Bamford, Body of Secrets : Anatomy of the Ultra-Secret National Security Agency, New York, Anchor Books, 2002 (1re éd. 2001), 426 p. (ISBN 0-385-49907-8 et 0-385-49908-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
(en) Matthew M. Aid, « The National Security Agency and the Cold War », Intelligence and National Security, vol. 16, no 1,‎ été 2001, p. 27-66 (ISSN 1743-9019 et 0268-4527) (n° spécial sur le thème Secrets of Signals Intelligence during the Cold War and Beyond, également publié comme (en) Matthew M. Aid et Cees Wiebes, Secrets of Signals Intelligence during the Cold War and Beyond, Abingdon/New York, Frank Cass Publishers, coll. « Studies in intelligence », 2001 (ISBN 0-7146-5176-1 et 0-7146-8182-2), chap. 2, p. 27-66, mêmes chapitres et même pagination)
(en) James Bamford, The Shadow Factory: The Ultra-Secret NSA from 9/11 to the Eavesdropping on America, Doubleday, New York, 2008 (ISBN 978-0-385-52132-1) (réédition Anchor, 2009, (ISBN 978-0-307-27939-2))
(en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry : The Untold History of the National Security Agency, New York, Bloomsbury Press, 2010 (1re éd. 2009), 426 p. (ISBN 978-1-60819-096-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article
(en) Matthew M. Aid, « The Troubled Inheritance : The National Security Agency and the Obama Administration », dans Loch K. Johnson, The Oxford Handbook of National Security Intelligence, New York, Oxford University Press, 2010 (ISBN 978-0-19-537588-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Collections de documents déclassifiés

Declassification Initiatives sur le site de la NSA
The National Security Agency Declassified sur le site des National Security Archive
Electronic Surveillance: From the Cold War to Al-Qaeda sur le site des National Security Archive
The Secret Sentry Declassified sur le site des National Security Archive
National Security Agency Tasked with Targeting Adversaries' Computers for Attack Since Early 1997, According to Declassified Document sur le site des National Security Archive
National Security Agency : Resources from the Federation of American Scientists sur le site de la Federation of American Scientists
Department of Defense (DoD) Documents sur le site http://www.governmentattic.org/

Filmographie

NSA, l'agence de l'ombre (2008) [The Spy Factory], film documentaire de James Bamford (en) et Scott Willis (en), PBS, 3 février 2009, diffusé sur Arte le 10 janvier 2010

Articles connexes

Programmes de renseignement :

Projet Venona
Projet Shamrock
Opération Gold
Projet Minaret
Echelon
Programme de surveillance électronique de la NSA
PRISM
Boundless informant
XKeyscore

Sécurité de l'information :

TEMPEST
Data Encryption Standard
KL-7
KG-84
Skipjack
Clipper chip
Advanced Encryption Standard
SHA-0, SHA-1 et SHA-2
SELinux
Perfect Citizen

Autres :

Surveillance globale
Problème de Zendian
Dundee Society
Crypto AG
National Cryptologic Museum
NSAKEY

Services de renseignements partenaires dans le cadre du traité UKUSA :

GCHQ pour le Royaume-Uni ;
CSTC pour le Canada ;
DSD pour l'Australie ;
GCSB pour la Nouvelle-Zélande ;

Liens externes

(en) Site officiel
(en) Security-Enhanced Linux module de sécurité pour GNU/Linux soutenu par la NSA
(fr) « Foreign Intelligence Surveillance Act », enquête du quotidien Le Monde
(fr) Plongée dans la « pieuvre » de la cybersurveillance de la NSA Maxime Vaudano, Le Monde, dernière mise à jour le 21 octobre 2013
(fr) Comment la NSA vous surveille, Synthèse des révélations d'Edward Snowden (vidéo de 4 minutes et 21 secondes) - Olivier Clairouin, Maxime Vaudano et Martin Untersinger - Le Monde, 21 octobre 2013

Notes et références
Notes

↑ Le terme « US Cryptologic System » remplace celui de « US SIGINT System » (USSS) bien que les deux ne soient pas strictement équivalents, l'USSS ne couvrant que la mission de SIGINT mais pas celle d'Information Assurance ((en) Maritime SIGINT Architecture Technical Standards Handbook, version 1.0, mars 1999, [lire en ligne [archive]], p. 88 [PDF])
↑ Les Service Cryptologic Components (SCC) ont changé plusieurs fois de noms au cours de leur histoire :
Service Cryptologic Components (SCC) US Army US Navy US Air Force
Signal Intelligence Service (SIS), Signal Corps (1938-1943) Communications Intelligence Organization (OP-20-G) (1942-1946) Air Force Security Group (AFSG) (1948)
Signal Security Agency (SSA), Signal Corps (1943-1945) Communications Supplementary Activities (OP-20-2) (1946-1950) Air Force Security Service (USAFSS, AFSS) (1948-1979)
Army Security Agency (ASA puis à partir de 1957 USASA) (1945-1976) Navy Security Group (OP-202) (1950) Electronic Security Command (ESC) (1979-1991)
Intelligence and Security Command (INSCOM) (depuis 1976) Naval Security Group (NAVSECGRU) (1950-1968) Air Force Intelligence Command (AFIC) (1991-1993)
Naval Security Group Command (NAVSECGRU) (1968-2005) Air Intelligence Agency (AIA) (1993-2007)
Naval Network Warfare Command (NETWARCOM) (2005-2010) Air Force Intelligence, Surveillance and Reconnaissance Agency (AF ISR Agency) (depuis 2007)
US Fleet Cyber Command (depuis 2010)

Précédemment, ces services étaient appelés Service Cryptologic Agencies (SCA) et Service Cryptologic Elements (SCE).

Pour une liste plus détaillée, voir Records of the National Security Agency/Central Security Service (NSA/CSS) [archive].

L'US Marine Corps et l'United States Coast Guard ont également des services crytologiques, confiés à l'US Marine Corps Director of Intelligence (DIRINT) et au US Coast Guard Deputy Assistant Commandant for Intelligence respectivement ((en) « Central Security Service (CSS) » [archive], sur http://www.nsa.gov/ [archive] (consulté le 2 août 2013)).
↑ Le nom de code Ultra, bien que souvent utilisé pour désigner l'opération de décryptage d'Enigma, était en fait une classification spéciale des renseignements issus de cette activité. Dans la même veine, les services américains utilisent toute une série de noms de code pour classifier les informations issues du SIGINT en plus des classifications normales (confidentiel, secret, top secret) : Special Intelligence (SI), Handle via COMINT Channels Only (CCO), Moray, Delta, Gamma, Spoke, Umbra, Zarf (indiquant le SIGINT issu de satellites), Very Restricted Knowledge (VRK), etc. (National Reconnaissance Office Review and Redaction Guide for Automatic Declassification of 25-Year Old Information [archive] pp. 9-10)
↑ La branche chargée de cette analyse, l'AFSA-213, était totalement composée d'Afro-Américains. À l'époque, à l'AFSA puis à la NSA, la ségrégation étaitla norme, comme le reste de l'armée et des États-Unis. (Jeannette Williams et Yolande Dickerson, The Invisible Cryptologists.)

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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:43

L’Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie.
fr.timesofisrael.com
-------------------------------------------------------------
Le principal symbole de la ville d'Erevan est le mont Ararat, situé en Turquie, visible par beau temps depuis n'importe quel endroit de la ville. Les armes de la ville reprennent le symbole du lion couronné (12) déjà utilisé par la République d'Arménie
---------------------------------------------------------------------
Les menaces internes sont “plus inquiétantes” que les externes, prévient Tamir Pardo, qui déplore que des Israéliens soient “plus intéressés par souligner ce qui divise que ce qui unit”.
--------------------------------------------------------------------
Joseph et ses frères devant leur père. Je prends note de l'avertissement. Y'becca et la République de l'Olivier. TAY La chouette effraie.
--------------------------------------------------------------
Brésil : la présidente Dilma Rousseff destituée

La présidente dispose désormais de trente jours pour quitter la résidence présidentielle, le palais de l’Alvorada, à Brasilia, qu’elle occupait depuis son élection en 2010 et dans lequel elle s’était recluse depuis son éloignement du pouvoir, le 12 mai. Elle conserve toutefois ses droits civiques.

Elle est accusée d’infraction à la loi de responsabilité budgétaire et d’avoir maquillé les comptes publics via une acrobatie financière appelée « pédalage budgétaire ». Une pratique, à laquelle se sont adonnés d’autres dirigeants, qui aurait contribué à masquer la réalité du déficit public, avant sa laborieuse réélection en 2014.

L’ironie veut que si la corruption a fait descendre des millions de Brésiliens dans les rues ces derniers mois, ce n’est pas à cause d’elle que tombera Dilma Rousseff. Pire : les artisans de sa chute ne sont pas eux-mêmes des enfants de chœur. L’homme qui a lancé la procédure de destitution, Eduardo Cunha, ancien président de la Chambre des députés, est accusé de corruption et de blanchiment d’argent. La présidente du Brésil est jugée par un Sénat dont un tiers des élus font, selon le site Congresso em Foco, l’objet de poursuites criminelles. Elle sera remplacée par son vice-président, Michel Temer, pourtant censé être inéligible pendant huit ans pour avoir dépassé la limite autorisée de frais de campagne.

Le bras droit de M. Temer, Romero Juca, ancien ministre de la planification du gouvernement intérimaire, a été confondu en mai par une écoute téléphonique datée du mois de mars dans laquelle il réclamait explicitement un « changement de gouvernement » pour barrer la route de l’opération judiciaire « Lava Jato ». S’il n’y a pas coup d’Etat, il y a au moins tromperie. Et les vraies victimes de cette tragi-comédie politique sont, malheureusement, les Brésiliens.

Extraits lemonde.
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:43

Il est déplorable que la situation kurde se trouve actuellement en train de se libérer et pourtant, cela semble inquiéter son voisin d'Ankara. Rien n'est bon dans une guerre civile et celui qui jette du feu sur l'huile n'est pas mieux que celui qui jette de l'huile sur le feu. Tant que l'harmonie ne sera revenu en Syria, Ankara poursuivra son action dites de "liberté d'expression". Elle sortira des preuves de sa bonne foi et creusera une frontière déjà très grande entre Israël et l'Iran. Il n'y a pas de paix réel dans cette intervention, c'est une action de précautions emplis de méfiance, de médisance et de racismes envers les racines d'un peuple condamné par la haine de son père. Le sujet est épineux et aussi anciens que la rancoeur entre " arabe et juif ". Et tant que cette haine perturbera dans le Coeur Moyen Orient et du Monde, le fléau du racisme religieux er humain gangrènera l'existence des nouvelles générations et envoutera de nouvelles troupes sur le chemin du terrorisme, de l'hypocrisie et du mensonge. La République de l'Olivier et Y'becca. Universelle dans la liberté d'expression, Laïque contre l'esclavage, les viols physiques et morales tout opposés à tous styles de tortures, Démocratique dans le droit de manifester, de grève et d'un salaire digne pour la citoyenne et le citoyen. Tel est la volonté de l'Éternel dans le respect de la nature dans la découverte du vent et du temps : Respect des oasis, de l'hospitalité et codes d'honneurs. Vivre libre sans doute et dans l'harmonie du savoir perpétuel et de ses mouvements. Nomades et Sédentaire dans l'Existence et L'Exigence de la Perpétuelle rotation du vide ou L'infini. Celui qui s'appelle L'Éternel.

Ecrit de
TAY La chouette effraie : Laïque, Anarchistes et croyante sur le mouvement des mouvements.

Paroles d’un Amant
Poèmes de Louise Ackermann

À M. Louis de Ronchaud
I
Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.


Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?


Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : « Aime et meurs ici-bas ! »
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.


Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !


II

Non, non, tout n'est pas dit, vers la beauté fragile
Quand un charme invincible emporte le désir,
Sous le feu d'un baiser quand notre pauvre argile
A frémi de plaisir.


Notre serment sacré part d'une âme immortelle ;
C'est elle qui s'émeut quand frissonne le corps ;
Nous entendons sa voix et le bruit de son aile
Jusque dans nos transports.

Nous le répétons donc, ce mot qui fait d'envie
Pâlir au firmament les astres radieux,
Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie,
Leur lien pour les cieux.

Dans le ravissement d'une éternelle étreinte
Ils passent entraînés, ces couples amoureux,
Et ne s'arrêtent pas pour jeter avec crainte
Un regard autour d'eux.

Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ;
Leur espoir est leur joie et leur appui divin ;
Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe
Leur pied heurte en chemin.

Toi-même, quand tes bois abritent leur délire,
Quand tu couvres de fleurs et d'ombre leurs sentiers,
Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire
S'ils mouraient tout entiers ?

Sous le voile léger de la beauté mortelle
Trouver l'âme qu'on cherche et qui pour nous éclôt,
Le temps de l'entrevoir, de s'écrier : « C'est Elle ! »
Et la perdre aussitôt,


Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée
Change en spectre à nos yeux l'image de l'amour.
Quoi ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée
Pour un être d'un jour !

Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles,
Grand Dieu qui dois d'en haut tout entendre et tout voir,
Que tant d'adieux navrants et tant de funérailles
Ne puissent t'émouvoir,

Qu'à cette tombe obscure où tu nous fais descendre
Tu dises : « Garde-les, leurs cris sont superflus.
Amèrement en vain l'on pleure sur leur cendre ;
Tu ne les rendras plus ! »

Mais non ! Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'on espère ;
Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein.
Tout ce qui s'est aimé, fût-ce un jour, sur la terre,
Va s'aimer dans ton sein.

III

Éternité de l'homme, illusion ! chimère !
Mensonge de l'amour et de l'orgueil humain !
Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère,
Il lui faut un demain !

Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle
Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés,
Vous oubliez soudain la fange maternelle
Et vos destins bornés.

Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ?
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères
En face du néant.

Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
« J'aime, et j'espère voir expirer tes flambeaux. »
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles
Luiront sur vos tombeaux.

Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
« Nous aussi nous aimons ! »

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle,
C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son voeu s'est accompli.

Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre
L'Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims,
Ces transports, c'est déjà l'Humanité future
Qui s'agite en vos seins.

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière
Qui fut jadis un coeur.

Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l'amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme
Votre éblouissement.

Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime,
Et pardonnez à Dieu !

L’Amour et la Mort
Poèmes de Louise Ackermann

Citations de Louise Ackermann

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Au courant de l'amour lorsque je m'abandonne,
Dans le torrent divin quand je plonge enivré,
Et presse éperdument sur mon sein qui frissonne
Un être idolâtre.

Je sais que je n'étreins qu'une forme fragile,
Qu'elle peut à l'instant se glacer sous ma main,
Que ce cœur tout à moi, fait de flamme et d'argile,
Sera cendre demain ;

Qu'il n'en sortira rien, rien, pas une étincelle
Qui s'élance et remonte à son foyer lointain :
Un peu de terre en hâte, une pierre qu'on scelle,
Et tout est bien éteint.

Et l'on viendrait serein, à cette heure dernière,
Quand des restes humains le souffle a déserté,
Devant ces froids débris, devant cette poussière
Parler d'éternité !

L'éternité ! Quelle est cette étrange menace ?
A l'amant qui gémit, sous son deuil écrase,
Pourquoi jeter ce mot qui terrifie et glace
Un cœur déjà brisé ?

Quoi ! le ciel, en dépit de la fosse profonde,
S'ouvrirait à l'objet de mon amour jaloux ?
C'est assez d'un tombeau, je ne veux pas d'un monde
Se dressant entre nous.

On me répond en vain pour calmer mes alarmes !
« L'être dont sans pitié la mort te sépara,
Ce ciel que tu maudis, dans le trouble et les larmes,
Le ciel te le rendra. »

Me le rendre, grand Dieu ! mais ceint d'une auréole,
Rempli d'autres pensers, brûlant d'une autre ardeur,
N'ayant plus rien en soi de cette chère idole
Qui vivait sur mon cœur !

Ah! j'aime mieux cent fois que tout meure avec elle,
Ne pas la retrouver, ne jamais la revoir ;
La douleur qui me navre est certes moins cruelle
Que votre affreux espoir.

Tant que je sens encor, sous ma moindre caresse,
Un sein vivant frémir et battre à coups pressés,
Qu'au-dessus du néant un même flot d'ivresse
Nous soulève enlacés,

Sans regret inutile et sans plaintes amères,
Par la réalité je me laisse ravir.
Non, mon cœur ne s'est pas jeté sur des chimères :
Il sait où s'assouvir.

Qu'ai-je affaire vraiment de votre là-haut morne,
Moi qui ne suis qu'élan, que tendresse et transports ?
Mon ciel est ici-bas, grand ouvert et sans borne ;
Je m'y lance, âme et corps.

Durer n'est rien. Nature, ô créatrice, ô mère !
Quand sous ton œil divin un couple s'est uni,
Qu'importe à leur amour qu'il se sache éphémère
S'il se sent infini ?

C'est une volupté, mais terrible et sublime,
De jeter dans le vide un regard éperdu,
Et l'on s'étreint plus fort lorsque sur un abîme
On se voit suspendu.

Quand la Mort serait là, quand l'attache invisible
Soudain se délierait qui nous retient encor,
Et quand je sentirais dans une angoisse horrible
M'échapper mon trésor,

Je ne faiblirais pas. Fort de ma douleur même,
Tout entier à l'adieu qui va nous séparer,
J'aurais assez d'amour en cet instant suprême
Pour ne rien espérer.
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:44

Références

↑ a et b (en) « History of The Insignia » [archive], sur www.nsa.gov, site de la NSA,‎ 15 janvier 2009 (consulté le 7 août 2013).
↑ a, b, c et d (en) FY 2013 Congressional Budget Justification, volume I: National Intelligence Program Summary, février 2012, [lire en ligne [archive]] p. 135, 137
↑ (en) « NSA/CSS Mission, Vision, Values » [archive], sur www.nsa.gov, site de la NSA,‎ 10 janvier 2013 (consulté le 26 avril 2015)
↑ (en) Joint and National Intelligence Support to Military Operations, Joint Publication 2-01, 5 janvier 2012, [lire en ligne [archive]], p. II-16 [PDF]
↑ (en) Matthew M. Aid, « The Troubled Inheritance: The National Security Agency and the Obama Administration », p. 243
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 1
↑ (en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry, p. 4
↑ (en) European Axis Signal Intelligence in World War II as Revealed by 'TICOM' Investigations and by Other Prisoner of War Interrogations and Captured Material, Principally German, vol. I : Synopsis, Washington, Army Security Agency, 1er mai 1946 (lire en ligne [archive]), p. 2-3
↑ (en) James Bamford, Body of Secrets, p. 15-17, 20. Pour plus de détails, voir la page Russian FISH [archive] sur le site TICOM Archive [archive] et les pages German exploitation of Soviet multichannel radio-teletype networks 1936-1945 [archive] et American exploitation of Soviet multichannel radio-teletype networks 1946-1956 [archive] du blog Christos military and intelligence corner [archive]. Cette capture avait été rapportée précédemment dans (en) Thomas Parrish, The Ultra Americans : The U.S. Role in Breaking the Nazi Codes, New York, Stein & Day, 1986 (ISBN 0-8128-3072-5 et 978-0-8128-3072-9), chap. 14 et (en) Nigel West, Venona: The Greatest Secret of the Cold War, Harper Collins, Londres, 2000 (ISBN 0-00-653071-0) p. 32. Le surnom « Russian Fish » vient du fait que c'était un radiotélétype chiffré, tout comme les machines allemandes Fish.
↑ (en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry, p. 8-9, 319
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, 1945-1989, vol. I, p. 10
↑ (en) Robert Louis Benson et Cecil J. Phillips, History of Venona, Ft. George G. Meade, Center for Cryptologic History, 1995 (lire en ligne [archive]), p. 8
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 159
↑ (en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry, p. 16
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 160-168
↑ (en) Jeannette Williams et Yolande Dickerson, The Invisible Cryptologists : African-Americans, WWII to 1956, Center for Cryptologic History, National Security Agency, 2001 (lire en ligne [archive]), p. 19 (la source citée est Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 168, source qui est, elle, presque entièrement censurée par la NSA, y compris les passages cités dans The Invisible Cryptologists). David A. Hatch et Robert Louis Benson, The Korean War : The SIGINT Background, Fort Meade, Center for Cryptologic History, 2000 (lire en ligne [archive])
↑ (en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry, p. 18-19
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 277-278
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 10-11
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 23-26
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 26-30
↑ (en) Jeannette Williams et Yolande Dickerson, The Invisible Cryptologists, p. 17-19
↑ (en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry, p. 22
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 39
↑ (en) Thomas L. Burns, The Origins of the National Security Agency 1940-1952, Fort Meade, Center for Cryptologic History, National Security Agency, 1990 (lire en ligne [archive]), p. 107-108
↑ Duncan Campbell, Surveillance électronique planétaire, éd. Allia, 2001 (traduction du rapport IC 2000 pour le STOA), p. 36
↑ a, b, c et d Duncan Campbell, Surveillance électronique planétaire, p. 37
↑ Duncan Campbell, Surveillance électronique planétaire, p. 38
↑ (en) Scott Shane et Tom Bowman, « Rigging the Game »
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. III, p. 59-65
↑ (en) « Central Security Service (CSS) » [archive], sur http://www.nsa.gov/ [archive] (consulté le 2 août 2013)
↑ Claude Delesse, Du réseau Echelon à la « révolution des affaires de renseignement » aux États-Unis [archive], site du ministère des Affaires étrangères français.
↑ (en) Scott Shane et Tom Bowman, « America's Fortress Of Spies »
↑ (en) James Risen et Eric Lichtblau, « Bush Lets U.S. Spy on Callers Without Courts », The New York Times,‎ 16 décembre 2005 (lire en ligne [archive])
↑ (en) James Risen et Eric Lichtblau, « E-Mail Surveillance Renews Concerns in Congress », The New York Times,‎ 16 juin 2009 (lire en ligne [archive])
↑ (en) Rich Miller, « NSA Plans $1.6 Billion Utah Data Center », Data Center Knowledge,‎ 1er juillet 2009 (lire en ligne [archive])
↑ (en) By Matthew D. LaPlante, « New NSA center unveiled in budget documents », The Salt Lake Tribune,‎ 2 juillet 2009 (lire en ligne [archive])
↑ Philippe Bernard, « Au cœur de l'Utah, les États-Unis déploient leurs "grandes oreilles" » [archive], Le Monde,‎ 12 juin 2013 (consulté le 9 février 2014)
↑ WikiLeaks - Chirac, Sarkozy et Hollande : trois présidents sur écoute [archive] - Libération, 23 juin 2015
↑ Nos révélations sur l'espionnage de l'Élysée : ce qu'il faut savoir [archive]- Libération, 24 juin 2015
↑ Les États-Unis ont espionné gouvernement et entreprises au Japon [archive] - Les Échos, 31 juillet 2015
↑ « Fusillade à l'entrée du siège de la NSA » [archive], sur www.lemonde.fr,‎ 30 mars 2015 (consulté le 31 mars 2015)
↑ Des hackers ont piraté la NSA et publié ses outils d'espionnage contre Cisco et Fortinet [archive]
↑ Trevor Paglen, « New Photos of the NSA and Other Top Intelligence Agencies Revealed for First Time », The Intercept,‎ 10 février 2014 (lire en ligne [archive])
↑ Victor Marchetti et John D. Marks, La CIA et le culte du renseignement [« The CIA and the Cult of Intelligence »], Robert Laffont, coll. « Notre époque », 1er février 1975, 363 p. (ISBN 2-221-03061-3)
↑ (en) Decades on the Trail of a Shadowy Agency [archive] - The New York Times, 10 octobre 2008
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 64
↑ a et b (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. III, p. 21
↑ a et b (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. IV, p. 271
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. IV, p. 273
↑ (en) Matthew M. Aid, The Secret Sentry, p. 190
↑ Nombres dérivés de (en) « Intelligence Agency Budgets: Commission Recommends No Release But Releases Them Anyway » [archive], sur http://fas.org [archive] (site de la Federation of American Scientists),‎ 14 mars 1996 (consulté le 29 juillet 2014), « FAS Improved Figure 13.2 » pour les effectifs totaux et « FAS Improved Figure 9-2 » pour les effectifs de la NSA.
↑ (en) Thomas R. Johnson, American Cryptology during the Cold War, 1945-1989, vol. I, p. 239-241 ; la signification des termes est donnée dans (en) James Bamford, Body of Secrets, p. 42
↑ (en) James Bamford, Body of Secrets, p. 93
↑ (en) « National Security Agency » [archive], sur Federation of American Scientists (consulté le 26 août 2013), d'après (en) Bill Gertz, « Electronic Spying Reoriented at NSA », The Washington Times,‎ 27 janvier 1992. Voir aussi (en) Matthew M. Aid, « All Glory is Fleeting: Sigint and the Fight Against International Terrorism », Intelligence and National Security, vol. 18, no 4,‎ hiver 2003, p. 72-120 (ISSN 1743-9019 et 0268-4527) (note 32).
↑ (en) James Bamford, Body of Secrets, p. 500. Cette réorganisation avait précédemment été dévoilée dans « Une NSA globale et transnationale », Intelligence Online, no 324,‎ 4 décembre 1997 (lire en ligne [archive]). Le directeur du W Group en 1997 était Michael S. Green ; le M Group était dirigé par Jeanne Y. Zimmer en l'an 2000. Deux organigrammes partiels de la NSA datant de 1998 ont été déclassifiés :
NSA Operations Directorate « America's most valued source of intelligence », 6 novembre 1998 [lire en ligne [archive]]
organigramme partiel obtenu par FOIA par le journal Defense Information and Electronics Report, 18 décembre 1998 [lire en ligne [archive]]
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↑ (en) Jeffrey T. Richelson, The US Intelligence Community, Boulder, Colorado, Westview Press, 2008, 5e éd. (1re éd. 1985), 592 p. (ISBN 0-8133-4362-3 et 978-08133-4362-4), p. 32 ; (en) Marc Ambinder, « An Educated Guess About How the NSA Is Structured » [archive], sur The Atlantic.com,‎ 14 août 2013 (consulté le 17 septembre 2013) ; (en) Matthew M. Aid, « Updated NSA Order of Battle » [archive], sur blog http://matthewaid.tumblr.com [archive],‎ 25 août 2013 (consulté le 17 septembre 2013)
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↑ Mediapart, 16 janvier 2014, La NSA a réussi à hacker le cœur même d'Internet [archive]
↑ La Libre Belgique, 1er février 2014, Le génie belge du cryptage espionné par la NSA [archive]
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↑ a et b Le Monde, 17 janvier 2014, Réforme de la NSA : les États-Unis promettent la fin des écoutes des dirigeants alliés [archive]
↑ Le Monde, 18 janvier 2014, Obama prévient que la NSA va continuer à espionner les étrangers [archive]
↑ Le Monde, 18 janvier 2014, Le discours d’Obama déçoit les eurodéputés qui demandent à entendre Snowden [archive]
↑ (en) The Guardian, 26 juin 2014, US to extend privacy protection rights to EU citizens [archive]
↑ Vous ne mesuriez pas le pouvoir de nuisance de la NSA ? Avec le scandale de la FIFA vous voilà éclairés [archive], entretien, atlantico.fr, 4 juin 2015
↑ NSA : espionnage économique, le sale jeu américain [archive], Libération, 29 juin 2015.
↑ L’espionnage économique, priorité de la NSA [archive], Le Monde, 29 juin 2015.
↑ « La NSA a piraté Yahoo et Google et les données de millions d’utilisateurs… », Pierre-Alain Depaw, Media-Press, 1er novembre 2013 [archive]
↑ (en) NSA and GCHQ accused of hacking Google and Yahoo [archive], 31 octobre 2014
↑ "Souriez, la NSA collectionne vos photos pour ses logiciels de reconnaissance faciale", Pierre-Alain Depaw, Media-Press, 2 juin 2014 [archive]
↑ (en) THe New York Times, 31 mai 2014, N.S.A. Collecting Millions of Faces From Web Images [archive]
↑ (en) « National Cryptologic Museum - Virtual Tour » [archive], sur www.nsa.gov, site de la NSA,‎ 9 avril 2009 (consulté le 26 août 2013)
↑ Jacques Baud, Encyclopédie du renseignement et des services secrets, Lavauzelle, 2002, p. 492
↑ Pierre Vandeginste, « L'ordinateur quantique : partie 3 : Ceux qui parient sur la réussite », La Recherche, no 398,‎ juin 2006, p. 45 (lire en ligne [archive])
↑ Le Monde, 3 janvier 2014, La NSA cherche à construire une machine à décrypter universelle [archive]
↑ (en) « Information Assurance at NSA » [archive], sur www.nsa.gov, site de la NSA,‎ 30 juillet 2013 (consulté le 26 août 2013)
↑ Déclaration de Richard C. Schaeffer, Jr., Directeur de l'Information Assurance à la NSA, devant le sous-comité judiciaire du Sénat sur le terrorisme et la sécurité du territoire, Cybersecurity: Preventing Terrorist Attacks and Protecting Privacy in Cyberspace, 17 novembre 2009 [lire en ligne [archive]]
↑ (en) A View from the Quarter-Deck at the National Security Agency [archive] - Amiral William Studeman, University of California Press
↑ (en) James Bamford, Body of Secrets, p. 595
↑ Pierre Dandumont, « La NSA ouvre une de ses technologies au monde », Tom's Hardware,‎ 9 septembre 2011 (lire en ligne [archive])
↑ (en) « Former Deputy Directors » [archive], sur www.nsa.gov, site de la NSA,‎ 15 janvier 2009 (consulté le 26 août 2013)
↑ (en) Siobhan Gorman, « Second-ranking NSA official forced out of job by director », Baltimore Sun,‎ 31 mai 2006 (lire en ligne [archive])
↑ « Wikipédia porte plainte contre la NSA » [archive] (consulté le 16 juin 2015)
↑ a et b Julien L., « Face à la NSA, Wikipédia protège un peu plus ses articles » [archive], sur Numerama,‎ 13 juin 2015 (consulté le 16 juin 2015).
↑ « Wikimedia sécurise tous ses sites via HTTPS » [archive] (consulté le 16 juin 2015)
↑ (en) Yana Welinder, Victoria Baranetsky et Brandon Black, « Securing access to Wikimedia sites with HTTPS », sur https://blog.wikimedia.org,‎ 12 juin 2015 (consulté le 16 juin 2015)
↑ Reform Government Surveillance [archive]
↑ (en) Apple’s commitment to your privacy [archive] - Tim Cook, Apple, septembre 2014
↑ Bras de fer entre le FBI, Apple et Google sur le chiffrement [archive] - Le Monde, 26 septembre 2014

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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:45

Histoire des jeux L'un des plus anciens jeux à apparaître sur la planète terre est le yoyo. Vraisemblablement utilisé par les chasseurs du paléolithique pour assommer leur proie au sol tandis qu'ils attaquaient depuis les arbres, ce dispositif leur permettait de remonter facilement la pierre, alors attachée à une liane, en cas d'échec de la manœuvre. Récupéré par les Grecs, le concept a donné, au final, deux disques de terre cuite, réunis par un axe sur lequel une fine corde était enroulée. De nos jours, seuls les matériaux de confection du yoyo ont changé, le principe, lui, est resté le même. Dès le IIIe millénaire av. J.-C., on retrouve les traces archéologiques d'éléments de jeu. C'est d'ailleurs de cette époque lointaine que seraient apparus les dés, au cœur de l'Indus. Les ethnologues et les historiens s'entendent sur le principe que plusieurs jeux d'adresse ont dû alors se pratiquer parmi les premiers peuples. Mais les indices découverts dans les manuscrits ne nous permettent de remonter qu'à ce IIIe millénaire. Selon un mythe chinois, le jeu de go, par exemple, aurait été inventé par le légendaire empereur Yao, toujours au cours de ce IIIe millénaire. On peut ainsi supposer que le goût du jeu constitue une constante de l'esprit humain depuis que l'homme a su maîtriser les objets. D'abord mise à l'épreuve toute simple, à partir de ce qu'il trouvait au cœur de son environnement, l'individu complexifiait le jeu à mesure qu'il développait son intelligence. Histoire des jeux Plus près de nous, la balançoire aurait fait le bonheur des petits comme des grands depuis le VIe siècle avant notre ère, et dans pratiquement toutes les civilisations de l'Antiquité. L'Iconographie grecque en témoigne à Athènes, notamment. Le jeu des osselets, quant à lui, apparu au Ve siècle av. J.-C., et d'abord utilisé à titre d'objet divinatoire par les pythies, devint le jeu des soldats d'Alexandre le Grand, qui le firent connaître aux Égyptiens. De là se déclina toute une suite de modifications au fil des siècles et des utilisateurs. Évidemment, entre les batailles, la distraction occasionnée par les jeux donnait sans doute du cœur au ventre et permettait l'oubli. En Asie, toujours à la même époque, c'est au mikado que s'initiaient les samouraïs. Joué à l'aide d'un ensemble de très fines baguettes qu'on laissait tomber au sol, en amas, pour ensuite les retirer une à une sans faire bouger les autres, le mikado portait à l'origine, au même titre que les osselets, une connotation religieuse bouddhiste. Il servait à prouver la maîtrise de soi du moine guerrier aussi bien que son habilité dans les tâches les plus fines. Au IIIe siècle av. J.-C., en Asie serait né le cerf-volant. La légende dit que les habitants d'une ville assiégée l'auraient inventé afin de leur permettre de se manifester à la ville voisine. Selon d'autres sources, il pourrait être encore plus vieux, car Japonais, Siamois, Coréens, entre autres le connaissaient déjà depuis fort longtemps. Dans la Rome Antique, ce sont les jeux de dés que l'on retrouvait le plus souvent, si l'on fait exception des jeux du cirque. Toutefois, les Romains aimaient bien pratiquer une sorte d'ancêtre de la pétanque, qui consistait à lancer des pièces le plus près possible de piquets fichés en terre. Les enfants, pour leur part, pratiquaient déjà la marelle sur les routes pavées de l'empire, à cette époque. Le moyen-âge, fidèle à sa politique obscurantiste, relégua toute forme d'activité oisive aux interdits. Les jeux se développèrent peu quoique l'on fit quand même place aux échecs. Venu de Perse ou d'Inde, et inventé dans ces contrées, pense-t-on, au IIe millénaire avant notre ère, le jeu d'échecs apparut au VIIIe siècle en Europe. Les pièces, à l'effigie des armées d'Orient, originalement, subirent quelques mutations au cours de l'Histoire. Leur arrivée en sol européen poussa les figures du jeu à prendre des traits plus occidentaux. C'est ainsi que les chars devinrent des tours, les éléphants se transformèrent en fous, les fantassins se mutèrent en pions, le shah devint le roi et le vizir représenta désormais la reine. Seuls les cavaliers ne connurent aucun changement. C'est aussi vers 1650 que les règles, telles que nous les connaissons aujourd'hui, s'établirent. C'est entre le XIe et le XIIIe siècle que l'on croit que remonte l'apparition du jeu de dames, dans le sud de la France ou peut-être encore en Espagne. Comme la plupart des jeux, il fut modifié et c'est en 1668 que l'on stabilisa ses règles. Le damier comporte 100 cases pour 20 dames noires et 20 dames blanches. Un peu plus tard, ce sont les cartes à jouer qui se retrouvèrent sur les tables d'Europe, au XIVe siècle. Apparues sans doute en Chine au cours de l'Antiquité, l'usage que l'on en fit en Occident se déclina en plusieurs centaines de jeux depuis. Un siècle plus tard, l'Allemagne lança ses premières figurines de bois, peintes à la main, et représentant de petits soldats. On s'en servit alors pour simuler des jeux de guerre ou pour élaborer des stratégies de batailles. Connu depuis les civilisations crétoises de l'Antiquité, le jeu de l'oie fit son entrée dans le monde occidental à la Renaissance, en passant par Florence, en Italie. Les 31 cases en spirales du jeu ont permis, à travers l'Histoire, d'exposer toutes les propagandes politiques et religieuses souhaitées. Les jeux, évidemment, portaient aussi leur responsabilité sociale. Étrangement le Siècle des Lumières passa pratiquement sous silence l'univers du jeu. C'est au XVIIIe siècle que les Allemands revinrent à la charge avec les soldats de plomb et les imprimés. Ils ouvrirent alors les premières boutiques de jouets. Mais le siècle qui suivit allait vraiment révolutionner la place du jeu dans la société. L'industrialisation combinée à l'instruction obligatoire pour tous donna au jeu une implication éducative croissante, en plus de lui fournir les possibilités d'une diffusion mondiale. Dès lors, des compagnies spécialisées dans la fabrication de jeux et de jouets virent le jour ; Milton Bradley, Parker et Grimaud, notamment. Ce XIXe vit également l'apparition des premiers puzzles qui figuraient le découpage géographique de la France. En rafale, voici maintenant quelques dates d'apparition concernant les jeux les plus connus de la planète, mais tels que nous les jouons aujourd'hui. La Belote (autour de 1914), le billard (15e siècle), le bridge (XVe sicle), colin-maillard (moyen-âge), le croquet (XIXe siècle), le jeu de billes (environ 4000 ans av. J.-C.) le jeu de quilles (XIVe siècle), le Monopoly (inventé en 1904, commercialisé sous ce nom en 1934), le Poker (17e siècle), le Scrabble (1938), le Tarot (fin XIIIe siècle), le tennis (1874-1877). Sans même le soupçonner, nous occultons souvent que la plupart des jeux actuels ont un ancêtre qui remonte à l'Antiquité. Si une forme de badminton fut pratiquée sous le règne de l'empereur Huangdi, près de trois mille ans avant la naissance du Christ, on peut logiquement supposer que la plupart des jeux présentent des composantes d'époques lointaines. Reste les jeux vidéo… mais ça, c'est une autre histoire ! Extraits Site du jour > Dossiers exclusifs > Histoire des jeux
Histoire des jeux

L'un des plus anciens jeux à apparaître sur la planète terre est le yoyo. Vraisemblablement utilisé par les chasseurs du paléolithique pour assommer leur proie au sol tandis qu'ils attaquaient depuis les arbres, ce dispositif leur permettait de remonter facilement la pierre, alors attachée à une liane, en cas d'échec de la manœuvre. Récupéré par les Grecs, le concept a donné, au final, deux disques de terre cuite, réunis par un axe sur lequel une fine corde était enroulée. De nos jours, seuls les matériaux de confection du yoyo ont changé, le principe, lui, est resté le même.

Dès le IIIe millénaire av. J.-C., on retrouve les traces archéologiques d'éléments de jeu. C'est d'ailleurs de cette époque lointaine que seraient apparus les dés, au cœur de l'Indus. Les ethnologues et les historiens s'entendent sur le principe que plusieurs jeux d'adresse ont dû alors se pratiquer parmi les premiers peuples. Mais les indices découverts dans les manuscrits ne nous permettent de remonter qu'à ce IIIe millénaire. Selon un mythe chinois, le jeu de go, par exemple, aurait été inventé par le légendaire empereur Yao, toujours au cours de ce IIIe millénaire. On peut ainsi supposer que le goût du jeu constitue une constante de l'esprit humain depuis que l'homme a su maîtriser les objets. D'abord mise à l'épreuve toute simple, à partir de ce qu'il trouvait au cœur de son environnement, l'individu complexifiait le jeu à mesure qu'il développait son intelligence.

Histoire des jeux Plus près de nous, la balançoire aurait fait le bonheur des petits comme des grands depuis le VIe siècle avant notre ère, et dans pratiquement toutes les civilisations de l'Antiquité. L'Iconographie grecque en témoigne à Athènes, notamment. Le jeu des osselets, quant à lui, apparu au Ve siècle av. J.-C., et d'abord utilisé à titre d'objet divinatoire par les pythies, devint le jeu des soldats d'Alexandre le Grand, qui le firent connaître aux Égyptiens. De là se déclina toute une suite de modifications au fil des siècles et des utilisateurs. Évidemment, entre les batailles, la distraction occasionnée par les jeux donnait sans doute du cœur au ventre et permettait l'oubli. En Asie, toujours à la même époque, c'est au mikado que s'initiaient les samouraïs. Joué à l'aide d'un ensemble de très fines baguettes qu'on laissait tomber au sol, en amas, pour ensuite les retirer une à une sans faire bouger les autres, le mikado portait à l'origine, au même titre que les osselets, une connotation religieuse bouddhiste. Il servait à prouver la maîtrise de soi du moine guerrier aussi bien que son habilité dans les tâches les plus fines.

Au IIIe siècle av. J.-C., en Asie serait né le cerf-volant. La légende dit que les habitants d'une ville assiégée l'auraient inventé afin de leur permettre de se manifester à la ville voisine. Selon d'autres sources, il pourrait être encore plus vieux, car Japonais, Siamois, Coréens, entre autres le connaissaient déjà depuis fort longtemps.

Dans la Rome Antique, ce sont les jeux de dés que l'on retrouvait le plus souvent, si l'on fait exception des jeux du cirque. Toutefois, les Romains aimaient bien pratiquer une sorte d'ancêtre de la pétanque, qui consistait à lancer des pièces le plus près possible de piquets fichés en terre. Les enfants, pour leur part, pratiquaient déjà la marelle sur les routes pavées de l'empire, à cette époque.

Le moyen-âge, fidèle à sa politique obscurantiste, relégua toute forme d'activité oisive aux interdits. Les jeux se développèrent peu quoique l'on fit quand même place aux échecs. Venu de Perse ou d'Inde, et inventé dans ces contrées, pense-t-on, au IIe millénaire avant notre ère, le jeu d'échecs apparut au VIIIe siècle en Europe. Les pièces, à l'effigie des armées d'Orient, originalement, subirent quelques mutations au cours de l'Histoire. Leur arrivée en sol européen poussa les figures du jeu à prendre des traits plus occidentaux. C'est ainsi que les chars devinrent des tours, les éléphants se transformèrent en fous, les fantassins se mutèrent en pions, le shah devint le roi et le vizir représenta désormais la reine. Seuls les cavaliers ne connurent aucun changement. C'est aussi vers 1650 que les règles, telles que nous les connaissons aujourd'hui, s'établirent.

C'est entre le XIe et le XIIIe siècle que l'on croit que remonte l'apparition du jeu de dames, dans le sud de la France ou peut-être encore en Espagne. Comme la plupart des jeux, il fut modifié et c'est en 1668 que l'on stabilisa ses règles. Le damier comporte 100 cases pour 20 dames noires et 20 dames blanches. Un peu plus tard, ce sont les cartes à jouer qui se retrouvèrent sur les tables d'Europe, au XIVe siècle. Apparues sans doute en Chine au cours de l'Antiquité, l'usage que l'on en fit en Occident se déclina en plusieurs centaines de jeux depuis. Un siècle plus tard, l'Allemagne lança ses premières figurines de bois, peintes à la main, et représentant de petits soldats. On s'en servit alors pour simuler des jeux de guerre ou pour élaborer des stratégies de batailles.

Connu depuis les civilisations crétoises de l'Antiquité, le jeu de l'oie fit son entrée dans le monde occidental à la Renaissance, en passant par Florence, en Italie. Les 31 cases en spirales du jeu ont permis, à travers l'Histoire, d'exposer toutes les propagandes politiques et religieuses souhaitées. Les jeux, évidemment, portaient aussi leur responsabilité sociale.

Étrangement le Siècle des Lumières passa pratiquement sous silence l'univers du jeu. C'est au XVIIIe siècle que les Allemands revinrent à la charge avec les soldats de plomb et les imprimés. Ils ouvrirent alors les premières boutiques de jouets. Mais le siècle qui suivit allait vraiment révolutionner la place du jeu dans la société. L'industrialisation combinée à l'instruction obligatoire pour tous donna au jeu une implication éducative croissante, en plus de lui fournir les possibilités d'une diffusion mondiale. Dès lors, des compagnies spécialisées dans la fabrication de jeux et de jouets virent le jour ; Milton Bradley, Parker et Grimaud, notamment. Ce XIXe vit également l'apparition des premiers puzzles qui figuraient le découpage géographique de la France.

En rafale, voici maintenant quelques dates d'apparition concernant les jeux les plus connus de la planète, mais tels que nous les jouons aujourd'hui. La Belote (autour de 1914), le billard (15e siècle), le bridge (XVe sicle), colin-maillard (moyen-âge), le croquet (XIXe siècle), le jeu de billes (environ 4000 ans av. J.-C.) le jeu de quilles (XIVe siècle), le Monopoly (inventé en 1904, commercialisé sous ce nom en 1934), le Poker (17e siècle), le Scrabble (1938), le Tarot (fin XIIIe siècle), le tennis (1874-1877).

Sans même le soupçonner, nous occultons souvent que la plupart des jeux actuels ont un ancêtre qui remonte à l'Antiquité. Si une forme de badminton fut pratiquée sous le règne de l'empereur Huangdi, près de trois mille ans avant la naissance du Christ, on peut logiquement supposer que la plupart des jeux présentent des composantes d'époques lointaines. Reste les jeux vidéo… mais ça, c'est une autre histoire !

Extraits Site du jour > Dossiers exclusifs > Histoire des jeux
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:45

Prométhée
Poèmes de Louise Ackermann

Frappe encor, Jupiter, accable-moi, mutile
L'ennemi terrassé que tu sais impuissant !
Écraser n'est pas vaincre, et ta foudre inutile
S'éteindra dans mon sang,

Avant d'avoir dompté l'héroïque pensée
Qui fait du vieux Titan un révolté divin ;
C'est elle qui te brave, et ta rage insensée
N'a cloué sur ces monts qu'un simulacre vain.
Tes coups n'auront porté que sur un peu d'argile ;
Libre dans les liens de cette chair fragile,
L'âme de Prométhée échappe à ta fureur.
Sous l'ongle du vautour qui sans fin me dévore,
Un invisible amour fait palpiter encore
Les lambeaux de mon cœur.

Si ces pics désolés que la tempête assiège
Ont vu couler parfois sur leur manteau de neige
Des larmes que mes yeux ne pouvaient retenir,
Vous le savez, rochers, immuables murailles
Que d'horreur cependant je sentais tressaillir,
La source de mes pleurs était dans mes entrailles ;
C'est la compassion qui les a fait jaillir.

Ce n'était point assez de mon propre martyre ;
Ces flancs ouverts, ce sein qu'un bras divin déchire
Est rempli de pitié pour d'autres malheureux.
Je les vois engager une lutte éternelle ;
L'image horrible est là ; j'ai devant la prunelle
La vision des maux qui vont fondre sur eux.
Ce spectacle navrant m'obsède et m'exaspère.
Supplice intolérable et toujours renaissant,
Mon vrai, mon seul vautour, c'est la pensée amère
Que rien n'arrachera ces germes de misére
Que ta haine a semés dans leur chair et leur sang.

Pourtant, ô Jupiter, l'homme est ta créature ;
C'est toi qui l'as conçu, c'est toi qui l'as formé,
Cet être déplorable, infirme, désarmé,
Pour qui tout est danger, épouvante, torture,
Qui, dans le cercle étroit de ses jours enfermé,
Étouffe et se débat, se blesse et se lamente.
Ah ! quand tu le jetas sur la terre inclémente,
Tu savais quels fléaux l'y devaient assaillir,
Qu'on lui disputerait sa place et sa pâture,
Qu'un souffle l'abattrait, que l'aveugle Nature
Dans son indifférence allait l'ensevelir.
Je l'ai trouvé blotti sous quelque roche humide,
Ou rampant dans les bois, spectre hâve et timide
Qui n'entendait partout que gronder et rugir,
Seul affamé, seul triste au grand banquet des êtres,
Du fond des eaux, du sein des profondeurs champêtres
Tremblant toujours de voir un ennemi surgir.

Mais quoi ! sur cet objet de ta haine immortelle,
Imprudent que j'étais, je me suis attendri ;
J'allumai la pensée et jetai l'étincelle
Dans cet obscur limon dont tu l'avais pétri.
Il n'était qu'ébauché, j'achevai ton ouvrage.
Plein d'espoir et d'audace, en mes vastes desseins
J'aurais sans hésiter mis les cieux au pillage,
Pour le doter après du fruit de mes larcins.
Je t'ai ravi le feu ; de conquête en conquête
J'arrachais de tes mains ton sceptre révéré.
Grand Dieu ! ta foudre à temps éclata sur ma tête ;
Encore un attentat, l'homme était délivré !

La voici donc ma faute, exécrable et sublime.
Compatir, quel forfait ! Se dévouer, quel crime !
Quoi ! j'aurais, impuni, défiant tes rigueurs,
Ouvert aux opprimés mes bras libérateurs ?
Insensé ! m'être ému quand la pitié s'expie !
Pourtant c'est Prométhée, oui, c'est ce même impie
Qui naguère t'aidait à vaincre les Titans.
J'étais à tes côtés dans l'ardente mêlée ;
Tandis que mes conseils guidaient les combattants,
Mes coups faisaient trembler la demeure étoilée.
Il s'agissait pour moi du sort de l'univers :
Je voulais en finir avec les dieux pervers.

Ton règne allait m'ouvrir cette ère pacifique
Que mon cœur transporté saluait de ses vœux.
En son cours éthéré le soleil magnifique
N'aurait plus éclairé que des êtres heureux.
La Terreur s'enfuyait en écartant les ombres
Qui voilaient ton sourire ineffable et clément,
Et le réseau d'airain des Nécessités sombres
Se brisait de lui-même aux pieds d'un maître aimant.
Tout était joie, amour, essor, efflorescence ;
Lui-même Dieu n'était que le rayonnement
De la toute-bonté dans la toute-puissance.

O mes désirs trompés ! O songe évanoui !
Des splendeurs d'un tel rêve, encor l'œil ébloui,
Me retrouver devant l'iniquité céleste.
Devant un Dieu jaloux qui frappe et qui déteste,
Et dans mon désespoir me dire avec horreur :
« Celui qui pouvait tout a voulu la douleur ! »

Mais ne t'abuse point ! Sur ce roc solitaire
Tu ne me verras pas succomber en entier.
Un esprit de révolte a transformé la terre,
Et j'ai dès aujourd'hui choisi mon héritier.
Il poursuivra mon œuvre en marchant sur ma trace,
Né qu'il est comme moi pour tenter et souffrir.
Aux humains affranchis je lègue mon audace,
Héritage sacré qui ne peut plus périr.
La raison s'affermit, le doute est prêt à naître.
Enhardis à ce point d'interroger leur maître,
Des mortels devant eux oseront te citer :
Pourquoi leurs maux ? Pourquoi ton caprice et ta haine ?
Oui, ton juge t'attend, - la conscience humaine ;
Elle ne peut t'absoudre et va te rejeter.

Le voilà, ce vengeur promis à ma détresse !
Ah ! quel souffle épuré d'amour et d'allégresse
En traversant le monde enivrera mon cœur
Le jour où, moins hardie encor que magnanime,
Au lieu de l'accuser, ton auguste victime
Niera son oppresseur !

Délivré de la Foi comme d'un mauvais rêve,
L'homme répudiera les tyrans immortels,
Et n'ira plus, en proie à des terreurs sans trêve,
Se courber lâchement au pied de tes autels.
Las de le trouver sourd, il croira le ciel vide.
Jetant sur toi son voile éternel et splendide,
La Nature déjà te cache à son regard ;
Il ne découvrira dans l'univers sans borne,
Pour tout Dieu désormais, qu'un couple aveugle et morne,
La Force et le Hasard.

Montre-toi, Jupiter, éclate alors, fulmine,
Contre ce fugitif à ton joug échappé !
Refusant dans ses maux de voir ta main divine,
Par un pouvoir fatal il se dira frappé.
Il tombera sans peur, sans plainte, sans prière ;
Et quand tu donnerais ton aigle et ton tonnerre
Pour l'entendre pousser, au fort de son tourment,
Un seul cri qui t'atteste, une injure, un blasphème,
Il restera muet : ce silence suprême
Sera ton châtiment.

Tu n'auras plus que moi dans ton immense empire
Pour croire encore en toi, funeste Déité.
Plutôt nier le jour ou l'air que je respire
Que ta puissance inique et que ta cruauté.
Perdu dans cet azur, sur ces hauteurs sublimes,
Ah ! j'ai vu de trop près tes fureurs et tes crimes ;
J'ai sous tes coups déjà trop souffert, trop saigné ;
Le doute est impossible à mon cœur indigné.
Oui ! tandis que du Mal, œuvre de ta colère,
Renonçant désormais à sonder le mystère,
L'esprit humain ailleurs portera son flambeau,
Seul je saurai le mot de cette énigme obscure,
Et j'aurai reconnu, pour comble de torture,
Un Dieu dans mon bourreau.


Citations de Louise Ackermann

La guerre
Poèmes de Louise Ackermann
I

Du fer, du feu, du sang ! C'est elle ! c'est la Guerre
Debout, le bras levé, superbe en sa colère,
Animant le combat d'un geste souverain.
Aux éclats de sa voix s'ébranlent les armées ;
Autour d'elle traçant des lignes enflammées,
Les canons ont ouvert leurs entrailles d'airain.

Partout chars, cavaliers, chevaux, masse mouvante !
En ce flux et reflux, sur cette mer vivante,
A son appel ardent l'épouvante s'abat.
Sous sa main qui frémit, en ses desseins féroces,
Pour aider et fournir aux massacres atroces
Toute matière est arme, et tout homme soldat.

Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles
De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles,
Quand un peuple agonise en son tombeau couché,
Pâle sous ses lauriers, l'âme d'orgueil remplie,
Devant l'œuvre achevée et la tâche accomplie,
Triomphante elle crie à la Mort: « Bien fauché ! »

Oui, bien fauché ! Vraiment la récolte est superbe ;
Pas un sillon qui n'ait des cadavres pour gerbe !
Les plus beaux, les plus forts sont les premiers frappés.
Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne
L'Humanité, semblable au champ que l'on moissonne,
Contemple avec douleur tous ces épis coupés.

Hélas ! au gré du vent et sous sa douce haleine
Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,
Sur la tige encor verte attendant leur saison.
Le soleil leur versait ses rayons magnifiques ;
Riches de leur trésor, sous les cieux pacifiques,
Ils auraient pu mûrir pour une autre moisson.


II

Si vivre c'est lutter, à l'humaine énergie
Pourquoi n'ouvrir jamais qu'une arène rougie ?
Pour un prix moins sanglant que les morts que voilà
L'homme ne pourrait-il concourir et combattre ?
Manque-t-il d'ennemis qu'il serait beau d'abattre ?
Le malheureux ! il cherche, et la Misère est là !

Qu'il lui crie : « A nous deux ! » et que sa main virile
S'acharne sans merci contre ce flanc stérile
Qu'il s'agit avant tout d'atteindre et de percer.
A leur tour, le front haut, l'Ignorance et le Vice,
L'un sur l'autre appuyé, l'attendent dans la lice :
Qu'il y descende donc, et pour les terrasser.

A la lutte entraînez les nations entières.
Délivrance partout ! effaçant les frontières,
Unissez vos élans et tendez-vous la main.
Dans les rangs ennemis et vers un but unique,
Pour faire avec succès sa trouée héroïque,
Certes ce n'est pas trop de tout l'effort humain.

L'heure semblait propice, et le penseur candide
Croyait, dans le lointain d'une aurore splendide,
Voir de la Paix déjà poindre le front tremblant.
On respirait. Soudain, la trompette à la bouche,
Guerre, tu reparais, plus âpre, plus farouche,
Écrasant le progrès sous ton talon sanglant.

C'est à qui le premier, aveuglé de furie,
Se précipitera vers l'immense tuerie.
A mort ! point de quartier ! L'emporter ou périr!
Cet inconnu qui vient des champs ou de la forge
Est un frère ; il fallait l'embrasser, - on l'égorge.
Quoi ! lever pour frapper des bras faits pour s'ouvrir !

Les hameaux, les cités s'écroulent dans les flammes.
Les pierres ont souffert ; mais que dire des âmes ?
Près des pères les fils gisent inanimés.
Le Deuil sombre est assis devant les foyers vides,
Car ces monceaux de morts, inertes et livides,
Étaient des cœurs aimants et des êtres aimés.

Affaiblis et ployant sous la tâche infinie,
Recommence, Travail ! rallume-toi, Génie !
Le fruit de vos labeurs est broyé, dispersé.
Mais quoi ! tous ces trésors ne formaient qu'un domaine ;
C'était le bien commun de la famille humaine,
Se ruiner soi-même, ah ! c'est être insensé !

Guerre, au seul souvenir des maux que tu déchaînes,
Fermente au fond des cœurs le vieux levain des haines ;
Dans le limon laissé par tes flots ravageurs
Des germes sont semés de rancune et de rage,
Et le vaincu n'a plus, dévorant son outrage,
Qu'un désir, qu'un espoir : enfanter des vengeurs.

Ainsi le genre humain, à force de revanches,
Arbre découronné, verra mourir ses branches,
Adieu, printemps futurs ! Adieu, soleils nouveaux !
En ce tronc mutilé la sève est impossible.
Plus d'ombre, plus de fleurs ! et ta hache inflexible,
Pour mieux frapper les fruits, a tranché les rameaux.


III

Non, ce n'est point à nous, penseur et chantre austère,
De nier les grandeurs de la mort volontaire ;
D'un élan généreux il est beau d'y courir.
Philosophes, savants, explorateurs, apôtres,
Soldats de l'Idéal, ces héros sont les nôtres :
Guerre ! ils sauront sans toi trouver pour qui mourir.

Mais à ce fier brutal qui frappe et qui mutile,
Aux exploits destructeurs, au trépas inutile,
Ferme dans mon horreur, toujours je dirai : « Non ! »
O vous que l'Art enivre ou quelque noble envie,
Qui, débordant d'amour, fleurissez pour la vie,
On ose vous jeter en pâture au canon !

Liberté, Droit, Justice, affaire de mitraille !
Pour un lambeau d'Etat, pour un pan de muraille,
Sans pitié, sans remords, un peuple est massacré.
- Mais il est innocent ! - Qu'importe ? On l'extermine.
Pourtant la vie humaine est de source divine :
N'y touchez pas, arrière ! Un homme, c'est sacré !

Sous des vapeurs de poudre et de sang, quand les astres
Pâlissent indignés parmi tant de désastres,
Moi-même à la fureur me laissant emporter,
Je ne distingue plus les bourreaux des victimes ;
Mon âme se soulève, et devant de tels crimes
Je voudrais être foudre et pouvoir éclater.

Du moins te poursuivant jusqu'en pleine victoire,
A travers tes lauriers, dans les bras de l'Histoire
Qui, séduite, pourrait t'absoudre et te sacrer,
O Guerre, Guerre impie, assassin qu'on encense,
Je resterai, navrée et dans mon impuissance,
Bouche pour te maudire, et cœur pour t'exécrer !
La guerre
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:47

Les Flutistes de la Communauté du Roseau.

Amalgame des mots afin d'être proche
de l'être et de son oreille:
l'Intelligence démontre son envie d'étendre,
d'être lasse.

La petite femmes pointe du doigt l’élégance
afin de faire étendre ses connaissances, ses goûts
et ses couleurs. Une Barrière protégè les légumes
tout comme la vertu sème les graines du Partage
dans la déchirure de la discorde: Le ventre.

Un Au-revoir s'adresse à un ami(e) ou un adieu
s'adresse à une espérance... Regard dans cette
image, tu y verra une tendresse... Le bleu oscille
entre le vert: Cela s'appelle le feu et le cercle de
la Danse du Roseau...

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
-----------------------------------------------------------
Les Femmes et la douane.

La Femme n'est pas un jouet...
Il est détestable de frapper sa femme
quand celle-ci refuse d'agréer à une union
entre l'homme et sa servante.

La Femme n'est pas un jouet...
La situation reste malheureusement préoccupante.
Les Citoyens se mobilisent pour les grandes causes, et
il est vrai que pour une autre part de la population, cela est
un fait acquis. La population ne doit étouffer le parole
de la Citoyenne et des son Vote.

La Femmes n'est pas un jouet...
Le Régime de Séjour ou d'utilisation temporaires
sous formes de marchandises de nos Citoyennes...
Qui de plus qu'il s'agit d’entrepôt de stockage
où l'importation et l'exportation s'affrontent
dans l'échange de la durée, nous est insupportable
car il s'agit d'Esclavage. Nos lois répriment de telles faits
envers les citoyennes.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:54

Profils des Juges du Secourisme et
la république de l'Olivier.

Chére Minouska, Féline de Pierre et Yvette et toutes les bonnes volonté(e)s

Je regarde le temps différemment après la mort de Athéna la chatte Bleue.
De longues années à voyager; à travailler et à écrire... Tel un Spartiate, je me suis emprunt à une apogée sur la compréhension du monde qui m'entourai de ses richesses; J' y ai rencontré des lueurs, des affronts et des forces.

Je regarde celle qui a su réveiller la force de réveiller ces écrits que j'ai voulu sauvegarder par le fait que après
tout, aide toi et le ciel te répondra: Et je dois dire que ma volonté fut exaucer... Alors je regarde Minouska, une chatte qui a recueilli mon cœur en lambeau lors de la guerre ou intifada, si vous préférez:

Le Juge Suprême de la république de l'Olivier est un personnage
qui doit s'informer et accueillir la Parole de l'un et de l'Autre. Il se doit d'écrire des vers, des proverbes, des espoirs, des fables car notre peuple aime cela: Ni fouet, ni chaines ! être sérieux devant les nuages gris !
Car l'arbre peur garantir notre fraternité et la justice de l'eau propager la diversités des écritures des forets donc vers la connaissance et Yahvé... La République est le pilier de l’Âme dans le sens où il s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première du Juge Suprême de la République de l'olivier.

Dans la vallée du Nil à la plaine des cèdres; le juge suprême doit présenter ses hontes et ses espoirs... je vous fait part de mon expérience... Nuls réponses dans un premiers temps ne se fit entendre alors j'envoyai des mouettes, des chouettes et des canaris sous forme de lettre tel un oiseau qui apprends son premier envol.

Alors sous forme de mirage pour certains et pour d'autres, cela s'appelle un message. Je me fis ce constat et que la volonté en soit ainsi si il ne veulent pas entendre;

"Propage la Connaissance des serments car ce sont les hommes qui s'entretuent par leur entreprise, leur volonté et leur désir! Car certains vomissent sur la fraternité voilà un maillon de haine du trois en un délivré par le vieux coq... Rétablit l'apprentissage de l'Espérance sur l'apprentissage de marcher ! La canne de l'age n'est pas un spectre; elle est une source d'eau ! Tu apprendra à entendre ta douleur devant la faim ! Nous sommes des étapes et en cela cherche le fait d'exister ! La République est le pilier de l’Âme dans le sens où elle s’inclut dans le peuple et ne cherche pas à devenir idole, idolâtre ou idolâtré. Être humble doit être la qualité première !

Ecrit de
TAY
La chouette Effraie.

------------------------------------------------------------

Le chemin de l'olivier, Minouska et la chatte Athéna.

Sur les bords d'une fenêtre, la Chatte Athéna sauta
de la fenêtre entrouverte... Tel un gentleman, la chatte
s'aventura vers les hordes de l’automobile... Tous les
chats étaient là, mais sa force anaconda lui permit de
sauvegarder sa pudeur et ses principes face à ses mâles
encombrants.

La belle Féline alors, adressa un miaulement en direction
des fauves et alla méditer sur les manières qu'elle pourrait
apporter à son petit appartement... son regard évanouie n'est
point effacé dans l'ombre de la rotation. Son souvenir résonne
dans l'âme de celle qui m'amena à reprendre mon bâton de guide,
de pèlerin et de secouriste. La douce Minouska fière de son vivant.
Digne empreinte de l'existence féline dans la sphère divine et Laïque.
Ne t’inquiète pas ami"e" anarchiste, elle est unique et en aucun cas
elle ne veut devenir divine: Elle est fière tout comme l'était Athéna
la chatte bleu d’Être secouriste.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:56

Toujours elle me fut chère cette colline solitaire et cette haie qui dérobe au regard tant de pans de l'extrême horizon. Mais demeurant assis et contemplant, au-delà d'elle, dans ma pensée j'invente des espaces illimités, des silences surhumains et une quiétude profonde ; où peu s'en faut que le coeur ne s'épouvante. Et comme j'entends le vent bruire dans ces feuillages, je vais comparant ce silence infini à cette voix : en moi reviennent l'éternel, et les saisons mortes et la présente qui vit, et sa sonorité. Ainsi, dans cette immensité, se noie ma pensée : et le naufrage m'est doux dans cette mer.

L'Infini de Leopardi

Depuis le début du soulèvement contre le régime syrien, difficile de comprendre la position des Kurdes, certains combattant contre les rebelles et d'autres penchant pour l'opposition réunie au sein du Conseil national syrien.

Alors que les combats opposent les Kurdes aux djihadistes du groupe Etat islamique à Kobané, nous republions un article d'Ariane Bonzon sur les Kurdes de Syrie paru en février 2013 qui permet d'éclairer la situation actuelle (de nombreux points ont évidemment évolué depuis). Elle s'intéressait notamment à la question: pourquoi n'y a-t-il pas plus antidjihadiste qu'un Kurde?

Depuis le début du soulèvement, les Kurdes de Syrie ont beaucoup louvoyé et hésité entre les promesses de Bachar el-Assad et celles du Conseil national syrien.

Finalement, le Parti de l'union démocratique (PYD, la branche syrienne du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan) a profité de ce que Bachar el-Assad a retiré ses troupes pour instaurer une zone kurde au nord du pays, jouant ainsi la «division» voulue par le régime.

Résultat: les combattants, majoritairement arabes, de l'Armée syrienne libre (ALS, bras armé du Conseil national syrien) affrontent les combattants kurdes du PYD, tandis que le reste des partis kurdes pencheraient plutôt pour l'opposition réunie au sein du Conseil national syrien. En revanche, contre les djihadistes venus se battre en Syrie, les Kurdes se retrouvent unis.
1.Est-il vrai que des dizaines de milliers de Kurdes syriens sont apatrides?

Au début des années 1960, le gouvernement syrien veut arabiser sa frontière avec la Turquie dans les régions kurdes, en particulier la zone de Djézireh, triangle peuplé de Kurdes (et de chrétiens) qui s’enfonce tel un bec de canard[1] entre la Turquie et l’Irak.

Objectif: sécuriser cette région qui a connu des mouvements autonomistes durant le Mandat français et garder ces terres agricoles fertiles et riches en pétrole.

En 1962, le régime baassiste prétexte un recensement au cours duquel un grand nombre de Kurdes ne pouvant prouver qu’ils y résidaient avant 1945 sont expropriés et se retrouvent sans identité, apatrides.

Ils seraient entre 300.000 et 800.000 (sur un total de un à deux millions, selon les estimations). Ces Kurdes «étrangers en Syrie» ne peuvent circuler librement, accéder à des emplois publics, se marier ou pire pour certains à ne posséder aucun papier légal, donc sans accès à l'université et à l'aide alimentaire ou médicale.
2.Comment Hafez el-Assad s’est-il mis les Kurdes de son côté pendant trente ans

Ayant les pleins pouvoirs à partir de 1971, Hafez el-Assad gèle l’arabisation forcenée des zones kurdes. Le nouveau président syrien, qui veut promouvoir son clan alaouite, ne peut se mettre à dos les autres minorités. En 1982, la révolte des Frères musulmans est écrasée dans la terreur, mais les Kurdes ne prennent pas parti. D’ailleurs les gardes du corps d’Hafez el-Assad sont souvent des chrétiens ou des Kurdes, peu susceptibles de l’assassiner ou de fomenter un coup d’Etat.

Le pays est alors prospère, l’école obligatoire, les contacts universitaires avec l’étranger nombreux, les Kurdes de Syrie n’ont aucun droit politique et culturel, mais ils vivent plutôt bien. Pour autant qu’ils ne soient pas politisés, car dans ce cas-là, ils connaissent le sort de tout opposant au régime: accusés de trahison, de séparatisme, de propagande au service d’une puissance étrangère, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, etc.
3.Interdit en Turquie, le PKK agissait-il en toute liberté en Syrie?

A propos du PKK en Syrie, on a pu parler d’un «Etat dans l’Etat». C’est à partir du Liban et de la Syrie –où réside le numéro 1 du PKK, Abdullah Öcalan de juillet 1979 à novembre 1988– que les Kurdes syriens s’engagent et s’entraînent (parfois aux côtés des Palestiniens du FPLP et des Arméniens de l’Asala). Dès 1980-90, de nombreux Kurdes syriens vont se battre contre la Turquie dans le Kurdistan d’Irak. Arabophones, ils sont aussi très utiles à la branche politique du PKK dans ses contacts syro-libanais, et dans le reste du monde arabe.

La Syrie s’allie dès 1979 au PKK. Ils ont tous deux un adversaire commun: la Turquie avec laquelle la Syrie compte de nombreux contentieux (guerre de l’eau, Iskenderum). Et puis, membre de l’Otan, la Turquie est alignée sur l’ennemi numéro 1 de la Syrie, Israël.

La proximité du PKK avec le régime alaouite est telle qu’il a collaboré avec les moukhabarat (agents de renseignement) pour contrer l’influence d’autres partis kurdes.

En novembre 1998, Damas expulse Abdullah Öcalan. A la clé, une réconciliation avec le voisin turc, la signature de protocoles et une réintégration dans le concert des Nations. Arrêté au Kenya le 15 février 1999, le leader du PKK est jugé et condamné à mort en Turquie le 29 juin 1999, peine commuée en perpétuité en 2002.

Le PKK syrien n’est alors plus «persona grata» en Syrie; Öcalan déclare un cessez-le-feu unilatéral, demande aux combattants kurdes de se rendre et lance sa politique de «paix et de fraternité» avec les Turcs. Le PKK arrête ses attaques contre la Turquie, et en Syrie, connaît un véritable effondrement politique.
4.Quand l'opposition kurde au régime a-t-elle commencé à se faire entendre?

Après l’arrestation d’Öcalan, c’est l’heure du bilan pour les Kurdes de Syrie. Ceux qui se sont battus dans la guerrilla du PKK contre la Turquie ont l’impression d’avoir été bernés et sacrifiés et les pro-Barzani ou pro-Talabani (Irak) sont déçus par la guerre fratricide de ces deux leaders kurdes.

«Nos problèmes à nous d’abord», disent les militants d’un petit parti kurde syrien, Yekitî (unité) fondé en 1992. Les revendications sont modestes: la régularisation des Kurdes apatrides, le droit à l’éducation en kurde, etc. Pas question de demander l’indépendance, de toucher aux frontières.

C’est un mode d’intervention qui est original pour le Moyen-Orient: des actions civiques, des micro-manifestations, avec pancartes en anglais pour attirer l’audience internationale, et très vite l’utilisation d’Internet.

Le régime de Bachar el-Assad réprime ces militants. Les Kurdes syriens du PKK-PYD, eux, ne bougent pas une oreille.

En mars 2004, à Kameshli, un match de foot opposant l’équipe kurde locale à une équipe arabe dégénère. En toile de fond: l’émergence du Kurdistan d’Irak soutenu par les Américains. Une véritable psychose paranoïaque s’empare des Arabes syriens. Des milices armées tirent sur des Kurdes, faisant quelques morts. Les villes et quartiers kurdes de Syrie s’embrasent. Bachar el-Assad tente de temporiser, et reconnaît pour la première fois l’existence des Kurdes. Depuis 2004, chaque Newroz donne lieu à des émeutes et des manifestations violemment réprimées par les miliciens qui tabassent ou tirent dans la foule.

En mai 2005, le cheik soufi kurde Khaznawi est enlevé, torturé et assassiné. C’est une figure de premier plan pour les Kurdes, un patriote, prônant la non-violence et le dialogue inter-religieux. Une nouvelle génération kurde se fait entendre. Les arrestations, procès, emprisonnements et tortures de Kurdes se multiplient; à partir de 2009, les statistiques sont publiées sur le site Kurdwatch.

En octobre 2011, tous les partis kurdes syriens –hormis le PYD-PKK– fondent le Conseil national Kurde syrien (CNKS), opposé à Bachar el-Assad. Et de nombreux jeunes Kurdes syriens très politisés et plutôt pacifiques descendent dans la rue par solidarité avec la jeunesse arabe, dénonçant «les partis kurdes de papa», trop timorés, et agitant autant les drapeaux syriens que kurdes. Pour ces jeunes, le printemps arabe est un printemps syrien.
5.Le PKK syrien (le PYD) est-il devenu un supplétif du régime de Bachar el-Assad?

Au début du soulèvement populaire, en mars 2011, Bachar el-Assad veut mettre les Kurdes de son côté. C’est pourquoi il publie un décret accordant des cartes d’identité à 6.000 des Kurdes apatrides.

Ne voulant pas ouvrir un second front contre les Kurdes, le régime de Bachar el-Assad se désengage des régions kurdes et laisse faire. Les militants du PKK-PYD ne participent pas aux manifestations anti-Bachar des autres Kurdes. Pis: ils les empêchent voire même tabassent les manifestants.

D'abord attentiste, le PKK-PYD s'allie finalement au Baas. C'est le meilleur moyen, pense-t-il, de constituer une future zone «autonome kurde et démocratique» en Syrie (à l'image de ce qui s'est fait en Irak du nord).

Tolérés par les milices arabes, les membres du PKK-PYD sont les seuls à être armés. Ce sont parfois de très jeunes adolescents de 15-16 ans qui font la loi. Ils contrôlent les barrages, prélèvent des taxes sur les marchandises, réquisitionnent certains biens. De nombreux Kurdes syriens dénoncent leurs exactions (rackets, tortures, intimidation politique, tribunaux populaires de type maoïste).

A Erbil (Kurdistan d’Irak) en juillet 2012, Massoud Barzani réunit et réconcilie tous les partis kurdes syriens y compris le PKK–PYD. Selon l'accord, ce dernier consent à la cogestion des villes et de la population. Mais il refuse d’appliquer une des clauses qui prévoit une force armée unifiée avec les peshmergas kurdes syriens bloqués en Irak du nord qui veulent s’allier à l’Armée syrienne libre (ASL).

Au sein de l’ASL existe déjà un bataillon kurde du nom du plus illustre d’entre eux, Salahaddin. Les Kurdes qui le composent sont très anti-PYD syrien, qu'ils considèrent comme des «traîtres qui roulent pour Bachar el-Assad». Sur le terrain, à Alep comme à Ras Al-Aïn, les trêves se succèdent entre YPG (branche armée du PYD) et ALS, chacun voulant contrôler seul «son territoire». Mais des attaques de djihadistes indépendants contre les Kurdes compliquent la situation.
6.Pourquoi n'y a-t-il pas plus antidjihadiste qu'un Kurde?

Les Kurdes abhorrent les djihadistes qui les ont depuis toujours pris pour cible. Quant aux Frères musulmans (sunnites), ils considèrent les Kurdes comme de mauvais musulmans (en raison du soufisme kurde, des yézidis, de leurs femmes non voilées, non séparées, et puis les Kurdes refusent l’arabisation). En Irak du nord, les Kurdes n’ont pas laissé un djihadiste mettre le pied dans la région autonome kurde depuis l’attentat de février 2004 qui fit 105 morts. Et ils comptent bien faire de même en Syrie.

Décrié, parfois détesté par de nombreux Syriens kurdes, le PKK-PYD a un atout dans la mesure où il est en première ligne face aux djihadistes que la Turquie, dit-il, aurait laissé passer la frontière.

Durant l’un des combats de la ville de Ras Al-Aïn, il y a eu 5 morts du PYD et 30 djihadistes, ce qui tend à prouver que des membres aguerris de la guerilla du PKK sont là-bas aussi. Et puis, à la différence de ces djihadistes venus d’on ne sait où, les Kurdes syriens connaissent le terrain, ils sont chez eux. De facto, ils constituent l’un des meilleurs barrages contre les djihadistes.
7.A quoi ressemble la carte du Kurdistan de Syrie?

Le Kurdistan de Syrie est constitué de trois poches qui ne communiquent pas entre elles et que le régime de Bachar el-Assad a abandonnées au PKK-PYD depuis juillet 2012. D’abord toute la région d’Afrin au nord ouest d’Alep, puis de petits territoires qui débordent du Kurdistan de Turquie (sous la ville turque d’Urfa, la région de Ras-Al-Aïn, Amude, Hassaké); enfin le «bec de canard» de la Djézireh, avec la ville de Kameshli, une ville stratégique –pouvant être rattachée au Kurdistan d’Irak– que le régime de Bachar el-Assad tient toujours.
8.Les Kurdes de Syrie pourraient-ils être les grands perdants de l'après Assad?

Sans parler des représailles dont pourraient souffrir les Kurdes du PYD-PKK qui ont fait le jeu du régime, les Kurdes syriens redoutent que les arabes de la «nouvelle Syrie» oublient une fois de plus d'accéder à leurs revendications (comme c'est arrivé en Irak).

Les partis kurdes syriens tentent donc l'impossible: s'entendre à la fois avec le Conseil national syrien (pour la reconnaissance de la nation kurde dans la future constitution) et avec le PYD (co-gestion des régions kurdes, force armée kurde unique) hostile au CNS.

Finalement, c'est le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, qui tente d'unir les Kurdes syriens et de les pousser –non sans heurts– à rejoindre le camp de l’opposition au régime. La tutelle du président de la première entité kurde autonome rassure quelque peu les Kurdes, comme une garantie pour obtenir un minimum de droits.

L’auteure remercie Sandrine Alexie, traductrice de littérature kurde, en poste à l’Institut kurde de Paris, pour l’aide qu’elle lui apportée. Sandrine Alexie qui blogue le monde kurde a écrit également deux romans, dont La Rose de Djam.

1 — Entre les deux guerres, lorsque la Syrie était sous mandat français, un jeune colonel nommé Charles de Gaulle rédige un mémoire sur la «question du bec de canard de Djézireh». Il aurait également consacré une brochure à «La question kurde» publiée en 1930 par l’Imprimerie du Bureau topographique du Levant. Retourner à l'article

Ariane Bonzon
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Lun 5 Sep à 9:57

O Panda, O Y'becca.
Le Praakrti et le Purusa...

On appelle "Champ" le corps, o fils de Kunti et " connaissant du chams";
Celui qui connait le corps... La Chine à travers le Panda oubliera pour aller vers le peuple.
L'Univers est divisible et l'étoile est une matière silencieuse,
je parle de physique et pas de découpage territoriale... En effet, la dérive peut être programmer
mais la galaxie est un ensemble d'étoiles, "l'univers est peut être une étoile abstraite"...

La conscience nous rappelle que le corps n'est pas un conditionnement de l'âme. Ainsi
l’Étranger de Baudelaire n'est pas exclu du cercle et comme tout être,
il ne peut comploter contre la société pour y inclure le massacre du plaisir...
La Chine n'est plus un empire, elle se veut être Panda.

Dans le champs d'action, l'attraction détermine le positionnement de la matière et de l'étoile:
Ce déterminisme donne à l'avenir le droit d'apprendre, de pardonner et de s'inclure pour Yahvé,
le Laïque et La survie. Les chats vous le diront, il n'y a plus de chine, c'est un panda, ce mouvement.

La connaissance nous a été décrit par Yahvé, l'orale des discordes et l'écriture de dix commandements.
Même ceux qui croit en plusieurs Dieux font parties de notre histoire, nous ne pouvons les laisser derrière nous ! Dieu me le pardonnera ! Cette illumination s'est juste l'apprentissage de la carte du ciel, de la scolarité et des courants marins, terrestres, solaires et humains... Car Yahvé est ainsi dans sa connaissance, la foi lui importe peu du moments où la règle des dix est respecté... Cela n'est pas Blasphème, la connaissance a son tranchant: la Genèse et l'Exode...

Les Oreilles nous permettent d'entendre les rumeurs, les inquiétudes et les espérance de chacun... Je ne suis ni athée, ni bouddhiste, ni sectaire... Humble et imprévisible; elle est la République de l'Olivier :
" Non à l'Esclavage.
Non à la Torture et Viols qu'ils ou elles soient physiques et morales.
Non à la Pauvreté et à la Faim.
Oui à l’Écoute et à la Gréve , élargissements et soutient des taxis-handicaps. Aménagements et entretient
des écoles, des locaux d'accouchements et des salles de repos des Hôpitaux et des Maternelles"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.

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La Dame Blanche.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t40-analyse-ou-nursery-crime
La Chouette Effraie est d'après moi, un merveilleux et brave animal...
il m'arrivait et m'arrivera de leur répondre car j'apprends à
reconnaître les sons et les silences du peuple animal...

Tout comme partout, la chouette effraie n'est pas aimée car symbole de la sorcellerie et de la terreur... Oh laissez vous dire que le chat et la femme eu cette reconnaissance de l'Homme.

Et pourtant, ce ne fut pas toujours le cas, O rappelez vous, le cheval ou l'Olivier, fut l'objet
d'offrande et d'opposition dans le royaume antique d’Athènes. L'Esprit de la chouette jouait d'un vrai équilibre et durable lors de la naissance de la République mais les prêtres des Dieux rejetteront l'alliance établit entre le peuple et la nature : Les femmes perdrons le droit de vote de peur d'être maudite
par les eaux et les chouettes rappelant l'enseignement de l’Égide et des amazones.

La chouette maudites par les rois, la république, les religions et les enfants tout comme les crapauds et les dauphins comparés à des sirènes. Vraiment, cette animal n'est pas la paix, je vous l'accorde mais son esprit s'est bien plus que de la réflexion... "Le Gnou n'est pas un lâche et il a peur de mourir: Pourtant il survit en groupe, Lui ! dit l’Éternel et il a raison. Tout comme les Gnous et les animaux, nous avons une langue commune: La Survie et la Médecine.

"Regarde où elle vit cette chouette !" dit le gnou malgré la menace de la foudre
"En plein cœur des tourments. Ce n'est pas elle la responsable de nos maux et de notre pauvreté... C'est le fait de vouloir rendre l'égide une arme de destruction et de mort ! Le feu soulève la poussière et les parasites à bon escient lorsque l'équilibre des Eléments fait entendre le cri de la faim dans l'accent circonflexe de la nature... Uni pour vivre dans le bien et
le cri de la vie." réponds Athéna, la chatte bleue.
Moi naïvement ce jour là, j'ai dit :"On la surnomme , La Dame Blanche et je la présente Sagesse de la République... Je croyais et j’espère que les cités s’élèvent pour créer une Arche et des bibliothèques ! La Bibliothèque d’Athènes a choisit le symbole de l'Olivier car il reconnait les tribus en créant des citées et des quartiers... Certes, on ne crache pas sur un drapeau qui est sujet de la couleur de l'arc-en-ciel. La connaissance est la vertu du caractère, celle qui permet de démasquer un menteur d'un fou !"
Alors la Dame Blanche me répondit: " En tout heure, Femmes et Hommes est bouillant"e" et essoufflé"e"... Un jour, je vous dirais, Seuls et Seules, quand vous ne verrez plus la Lune, et que vous ne verrez plus le terme de maudits comme des craintes mais tels des Achille et des Hector comme la valeur d'être une source. Vous reprendrez vos activités de préoccupations et d'unité... Car voilà... La notion d'apprendre la Découverte..."

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TAY
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Mar 13 Sep à 10:12

Toulouse, le 13 Septembre 2016

"Lettre vers tous les Croyants, les Laics, les Athées et Indiférents sans distinction de sexes et d'appartenance"

"A travers l'histoire, il y a tout ces regards qui porte sur l'espérance d'une terre bénite où résonne la paix et l'harmonie si désireuse dans le cœur de l'Homme. Certains ont construit et d'autres ont détruit... Les Femmes n'eurent pas dans un premier temps à se soucier de leur image, telle des lionnes, elles étaient libre de se soumettre ou de se dérober à l'acte naturel de la Nature et de ses lois. Mais voilà; nous avons voulu une femme unique dans sa présentation et son comportement: La diversité lui fut enlevé et l'Homme perdit son statut d'être suprême de Dieu. Les Hyènes, les lions et les Éléphants devint les inspirateurs de l'évolution humaine, plus nous apprenons à observer ce qui reste de sauvage dans la nature, nous voyions que nous avons voulu supprimer ces codes d'honneurs... Ce qui était preuve de charité fut transformé en faiblesse ! Le lion qui élevait les fils de ses frères, ce lion là fut tué par les Hommes et ceux qui prirent sa défense furent exilés du cœur des femmes... On les transforma pour les soustraire à leurs regards... Trouvé vous cela juste mesdames d'être puni pour un acte de bonté à l'égard de ce lion qui adopta les orphelins de ces crimes et qui honoré les dettes des Dames Lionnes à l'égard de Yahvé, Dieu, Allah, Vishnou ou Éternel est l’Éternel. Oui malgré mon sens laïque, je crois au courage de la Charité et de la Valeur malgré tout j'ai perdu ma naïveté devant le Lâche, le Traitre, l’Envieux et la Haine. J'aime le regard tel le lion qui protège son territoire, Sa Lionne et Son Peuple et qui n'ose pas cacher son admiration devant les singes et les éléphants imprégné de sagesse et de Bonté... Le Courage de la Girafe, la Hargne de la Hyène, l'endurance du Serpent, la moquerie du Scorpion et les enseignements de la Mouche. Les Mouches indiquent l'eau et sont des reversoirs aussi utile que le Chameau et le Cheval... Les hirondelles qui faisait sourire les Femmes et les Enfants; Et malgré la Cruauté du Temps, il y avait toujours une place pour la valeur du Courage et du charitable... Voilà à partir de quoi et selon les percepts de Gordon Pacha et l’Enseignement de l’Écoute du Temps et de La Nature nous pouvons reconstruire Alep, Petra et tous ces Oasis qui faisait les charmes de nos querelles de Commerçants, de Patriarches et de Familles. Nous ne pourrons jamais éviter des querelles ou des discordes de Voisinages, mais Sauvegarder Notre Honneur, ça sera mon premier engagement d'Homme contre l'Esclavage, le Viol, la Torture, La Faim, La soif et pour l'équilibre, le partage, la manifestation, l'égalité, de réunion et de gréve."

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TAY
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MessageSujet: Re: Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.   Aujourd'hui à 0:56

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Y'becca entre la N.S.A et le Marxisme ou Aiguilles.
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