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 Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca

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yanis la chouette



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MessageSujet: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:33

L’Iran demande à la Turquie de cesser ses opérations militaires en Syrie.
fr.timesofisrael.com
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Le principal symbole de la ville d'Erevan est le mont Ararat, situé en Turquie, visible par beau temps depuis n'importe quel endroit de la ville. Les armes de la ville reprennent le symbole du lion couronné (12) déjà utilisé par la République d'Arménie
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Les menaces internes sont “plus inquiétantes” que les externes, prévient Tamir Pardo, qui déplore que des Israéliens soient “plus intéressés par souligner ce qui divise que ce qui unit”.
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Joseph et ses frères devant leur père. Je prends note de l'avertissement. Y'becca et la République de l'Olivier. TAY La chouette effraie.
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Brésil : la présidente Dilma Rousseff destituée

La présidente dispose désormais de trente jours pour quitter la résidence présidentielle, le palais de l’Alvorada, à Brasilia, qu’elle occupait depuis son élection en 2010 et dans lequel elle s’était recluse depuis son éloignement du pouvoir, le 12 mai. Elle conserve toutefois ses droits civiques.

Elle est accusée d’infraction à la loi de responsabilité budgétaire et d’avoir maquillé les comptes publics via une acrobatie financière appelée « pédalage budgétaire ». Une pratique, à laquelle se sont adonnés d’autres dirigeants, qui aurait contribué à masquer la réalité du déficit public, avant sa laborieuse réélection en 2014.

L’ironie veut que si la corruption a fait descendre des millions de Brésiliens dans les rues ces derniers mois, ce n’est pas à cause d’elle que tombera Dilma Rousseff. Pire : les artisans de sa chute ne sont pas eux-mêmes des enfants de chœur. L’homme qui a lancé la procédure de destitution, Eduardo Cunha, ancien président de la Chambre des députés, est accusé de corruption et de blanchiment d’argent. La présidente du Brésil est jugée par un Sénat dont un tiers des élus font, selon le site Congresso em Foco, l’objet de poursuites criminelles. Elle sera remplacée par son vice-président, Michel Temer, pourtant censé être inéligible pendant huit ans pour avoir dépassé la limite autorisée de frais de campagne.

Le bras droit de M. Temer, Romero Juca, ancien ministre de la planification du gouvernement intérimaire, a été confondu en mai par une écoute téléphonique datée du mois de mars dans laquelle il réclamait explicitement un « changement de gouvernement » pour barrer la route de l’opération judiciaire « Lava Jato ». S’il n’y a pas coup d’Etat, il y a au moins tromperie. Et les vraies victimes de cette tragi-comédie politique sont, malheureusement, les Brésiliens.

Extraits lemonde.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:34

Il est déplorable que la situation kurde se trouve actuellement en train de se libérer et pourtant, cela semble inquiéter son voisin d'Ankara. Rien n'est bon dans une guerre civile et celui qui jette du feu sur l'huile n'est pas mieux que celui qui jette de l'huile sur le feu. Tant que l'harmonie ne sera revenu en Syria, Ankara poursuivra son action dites de "liberté d'expression". Elle sortira des preuves de sa bonne foi et creusera une frontière déjà très grande entre Israël et l'Iran. Il n'y a pas de paix réel dans cette intervention, c'est une action de précautions emplis de méfiance, de médisance et de racismes envers les racines d'un peuple condamné par la haine de son père. Le sujet est épineux et aussi anciens que la rancoeur entre " arabe et juif ". Et tant que cette haine perturbera dans le Coeur Moyen Orient et du Monde, le fléau du racisme religieux er humain gangrènera l'existence des nouvelles générations et envoutera de nouvelles troupes sur le chemin du terrorisme, de l'hypocrisie et du mensonge. La République de l'Olivier et Y'becca. Universelle dans la liberté d'expression, Laïque contre l'esclavage, les viols physiques et morales tout opposés à tous styles de tortures, Démocratique dans le droit de manifester, de grève et d'un salaire digne pour la citoyenne et le citoyen. Tel est la volonté de l'Éternel dans le respect de la nature dans la découverte du vent et du temps : Respect des oasis, de l'hospitalité et codes d'honneurs. Vivre libre sans doute et dans l'harmonie du savoir perpétuel et de ses mouvements. Nomades et Sédentaire dans l'Existence et L'Exigence de la Perpétuelle rotation du vide ou L'infini. Celui qui s'appelle L'Éternel.

Ecrit de
TAY La chouette effraie : Laïque, Anarchistes et croyante sur le mouvement des mouvements.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:35

L'aigle et le renard
Ésope
Un aigle et un renard, ayant fait amitié ensemble, décidèrent d’habiter l’un près de l’autre, dans la pensée que la cohabitation affermirait leur liaison. Et alors l’aigle prenant son essor s’établit sur un arbre très élevé et y fit sa couvée, tandis que le renard, se glissant dans le buisson qui était au pied de l’arbre, y déposa ses petits. Mais un jour que le renard était sorti pour chercher pâture, l’aigle à court de nourriture fondit sur le buisson, enleva les renardeaux et s’en régala avec ses petits. À son retour, le renard, voyant ce qui s’était passé, fut moins affligé de la mort de ses petits que de l’impossibilité de se venger ; en effet il ne pouvait, lui quadrupède, poursuivre un volatile. Il dut se contenter, seule ressource des impuissants et des faibles, de maudire son ennemi de loin. Or il arriva que l’aigle ne tarda pas à subir la punition de son crime contre l’amitié. Des gens sacrifiaient une chèvre à la campagne ; l’aigle fondit sur l’autel, y ravit un viscère enflammé et l’apporta dans son nid. Or un vent violent s’étant mis à souffler fit flamber un vieux fétu, et par suite les aiglons furent brûlés, car ils étaient encore hors d’état de voler, et ils tombèrent sur le sol. Le renard accourut et sous les yeux de l’aigle les dévora tous.
Cette fable montre que, si vous trahissez l’amitié, vous pourrez peut-être vous soustraire à la vengeance de vos dupes, si elles sont faibles ; mais qu’en tout cas vous n’échapperez pas à la punition du ciel.

ou alors :

S'étant liés d'amitié, un aigle et une renarde avaient décidé de devenir voisins, afin que l'habitude resserre leurs liens.
L'aigle s'éleva donc au sommet d'un grand arbre et y fit sa couvée ; la renarde se glissa dans le buisson au pied de l'arbre pour y mettre bas.
Or un jour qu'elle était sortie en quête de pâture, l'aigle dans la disette fondit sur le buisson et ravit les renardeaux, dont il se régala avec ses aiglons.
A son retour, la renarde comprit ce qui s'était produit, et s'affligea non pas tant de la mort de ses petits que de son incapacité à la venger :
elle qui vivait sur terre ne pouvait en effet pour chasser un volatile.
Aussi dut-elle rester à l'écart et s'en tenir au seul recours des impuissants et des faibles: maudire son ennemi.
Cependant l'aigle ne tarda pas à subir le châtiment de son manque de foi.
Un jour, à la campagne, au cours du sacrifice d'une chèvre, il emporta de l'autel un viscère encore en feu, qu'il ramena dans son aire.
A peine l'avait-il déposé parmi les brindilles qu'un vent violent se leva et fit jaillir d'un vieux fétu une flamme brillante ;
les aiglons furent consumés, car ils étaient encore trop jeunes pour voler, et tombèrent sur le sol.
La renarde se précipita, et sous les yeux de l'aigle les dévora jusqu'au dernier.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:36

Paroles d’un Amant
Poèmes de Louise Ackermann

À M. Louis de Ronchaud
I
Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.


Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?


Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : « Aime et meurs ici-bas ! »
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.


Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !


II

Non, non, tout n'est pas dit, vers la beauté fragile
Quand un charme invincible emporte le désir,
Sous le feu d'un baiser quand notre pauvre argile
A frémi de plaisir.


Notre serment sacré part d'une âme immortelle ;
C'est elle qui s'émeut quand frissonne le corps ;
Nous entendons sa voix et le bruit de son aile
Jusque dans nos transports.

Nous le répétons donc, ce mot qui fait d'envie
Pâlir au firmament les astres radieux,
Ce mot qui joint les coeurs et devient, dès la vie,
Leur lien pour les cieux.

Dans le ravissement d'une éternelle étreinte
Ils passent entraînés, ces couples amoureux,
Et ne s'arrêtent pas pour jeter avec crainte
Un regard autour d'eux.

Ils demeurent sereins quand tout s'écroule et tombe ;
Leur espoir est leur joie et leur appui divin ;
Ils ne trébuchent point lorsque contre une tombe
Leur pied heurte en chemin.

Toi-même, quand tes bois abritent leur délire,
Quand tu couvres de fleurs et d'ombre leurs sentiers,
Nature, toi leur mère, aurais-tu ce sourire
S'ils mouraient tout entiers ?

Sous le voile léger de la beauté mortelle
Trouver l'âme qu'on cherche et qui pour nous éclôt,
Le temps de l'entrevoir, de s'écrier : « C'est Elle ! »
Et la perdre aussitôt,


Et la perdre à jamais ! Cette seule pensée
Change en spectre à nos yeux l'image de l'amour.
Quoi ! ces voeux infinis, cette ardeur insensée
Pour un être d'un jour !

Et toi, serais-tu donc à ce point sans entrailles,
Grand Dieu qui dois d'en haut tout entendre et tout voir,
Que tant d'adieux navrants et tant de funérailles
Ne puissent t'émouvoir,

Qu'à cette tombe obscure où tu nous fais descendre
Tu dises : « Garde-les, leurs cris sont superflus.
Amèrement en vain l'on pleure sur leur cendre ;
Tu ne les rendras plus ! »

Mais non ! Dieu qu'on dit bon, tu permets qu'on espère ;
Unir pour séparer, ce n'est point ton dessein.
Tout ce qui s'est aimé, fût-ce un jour, sur la terre,
Va s'aimer dans ton sein.

III

Éternité de l'homme, illusion ! chimère !
Mensonge de l'amour et de l'orgueil humain !
Il n'a point eu d'hier, ce fantôme éphémère,
Il lui faut un demain !

Pour cet éclair de vie et pour cette étincelle
Qui brûle une minute en vos coeurs étonnés,
Vous oubliez soudain la fange maternelle
Et vos destins bornés.

Vous échapperiez donc, ô rêveurs téméraires
Seuls au Pouvoir fatal qui détruit en créant ?
Quittez un tel espoir ; tous les limons sont frères
En face du néant.

Vous dites à la Nuit qui passe dans ses voiles :
« J'aime, et j'espère voir expirer tes flambeaux. »
La Nuit ne répond rien, mais demain ses étoiles
Luiront sur vos tombeaux.

Vous croyez que l'amour dont l'âpre feu vous presse
A réservé pour vous sa flamme et ses rayons ;
La fleur que vous brisez soupire avec ivresse :
« Nous aussi nous aimons ! »

Heureux, vous aspirez la grande âme invisible
Qui remplit tout, les bois, les champs de ses ardeurs ;
La Nature sourit, mais elle est insensible :
Que lui font vos bonheurs ?

Elle n'a qu'un désir, la marâtre immortelle,
C'est d'enfanter toujours, sans fin, sans trêve, encor.
Mère avide, elle a pris l'éternité pour elle,
Et vous laisse la mort.

Toute sa prévoyance est pour ce qui va naître ;
Le reste est confondu dans un suprême oubli.
Vous, vous avez aimé, vous pouvez disparaître :
Son voeu s'est accompli.

Quand un souffle d'amour traverse vos poitrines,
Sur des flots de bonheur vous tenant suspendus,
Aux pieds de la Beauté lorsque des mains divines
Vous jettent éperdus ;

Quand, pressant sur ce coeur qui va bientôt s'éteindre
Un autre objet souffrant, forme vaine ici-bas,
Il vous semble, mortels, que vous allez étreindre
L'Infini dans vos bras ;

Ces délires sacrés, ces désirs sans mesure
Déchaînés dans vos flancs comme d'ardents essaims,
Ces transports, c'est déjà l'Humanité future
Qui s'agite en vos seins.

Elle se dissoudra, cette argile légère
Qu'ont émue un instant la joie et la douleur ;
Les vents vont disperser cette noble poussière
Qui fut jadis un coeur.

Mais d'autres coeurs naîtront qui renoueront la trame
De vos espoirs brisés, de vos amours éteints,
Perpétuant vos pleurs, vos rêves, votre flamme,
Dans les âges lointains.

Tous les êtres, formant une chaîne éternelle,
Se passent, en courant, le flambeau de l'amour.
Chacun rapidement prend la torche immortelle
Et la rend à son tour.

Aveuglés par l'éclat de sa lumière errante,
Vous jurez, dans la nuit où le sort vous plongea,
De la tenir toujours : à votre main mourante
Elle échappe déjà.

Du moins vous aurez vu luire un éclair sublime ;
Il aura sillonné votre vie un moment ;
En tombant vous pourrez emporter dans l'abîme
Votre éblouissement.

Et quand il régnerait au fond du ciel paisible
Un être sans pitié qui contemplât souffrir,
Si son oeil éternel considère, impassible,
Le naître et le mourir,

Sur le bord de la tombe, et sous ce regard même,
Qu'un mouvement d'amour soit encor votre adieu !
Oui, faites voir combien l'homme est grand lorsqu'il aime,
Et pardonnez à Dieu !

L’Amour et la Mort
Poèmes de Louise Ackermann

Citations de Louise Ackermann

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Au courant de l'amour lorsque je m'abandonne,
Dans le torrent divin quand je plonge enivré,
Et presse éperdument sur mon sein qui frissonne
Un être idolâtre.

Je sais que je n'étreins qu'une forme fragile,
Qu'elle peut à l'instant se glacer sous ma main,
Que ce cœur tout à moi, fait de flamme et d'argile,
Sera cendre demain ;

Qu'il n'en sortira rien, rien, pas une étincelle
Qui s'élance et remonte à son foyer lointain :
Un peu de terre en hâte, une pierre qu'on scelle,
Et tout est bien éteint.

Et l'on viendrait serein, à cette heure dernière,
Quand des restes humains le souffle a déserté,
Devant ces froids débris, devant cette poussière
Parler d'éternité !

L'éternité ! Quelle est cette étrange menace ?
A l'amant qui gémit, sous son deuil écrase,
Pourquoi jeter ce mot qui terrifie et glace
Un cœur déjà brisé ?

Quoi ! le ciel, en dépit de la fosse profonde,
S'ouvrirait à l'objet de mon amour jaloux ?
C'est assez d'un tombeau, je ne veux pas d'un monde
Se dressant entre nous.

On me répond en vain pour calmer mes alarmes !
« L'être dont sans pitié la mort te sépara,
Ce ciel que tu maudis, dans le trouble et les larmes,
Le ciel te le rendra. »

Me le rendre, grand Dieu ! mais ceint d'une auréole,
Rempli d'autres pensers, brûlant d'une autre ardeur,
N'ayant plus rien en soi de cette chère idole
Qui vivait sur mon cœur !

Ah! j'aime mieux cent fois que tout meure avec elle,
Ne pas la retrouver, ne jamais la revoir ;
La douleur qui me navre est certes moins cruelle
Que votre affreux espoir.

Tant que je sens encor, sous ma moindre caresse,
Un sein vivant frémir et battre à coups pressés,
Qu'au-dessus du néant un même flot d'ivresse
Nous soulève enlacés,

Sans regret inutile et sans plaintes amères,
Par la réalité je me laisse ravir.
Non, mon cœur ne s'est pas jeté sur des chimères :
Il sait où s'assouvir.

Qu'ai-je affaire vraiment de votre là-haut morne,
Moi qui ne suis qu'élan, que tendresse et transports ?
Mon ciel est ici-bas, grand ouvert et sans borne ;
Je m'y lance, âme et corps.

Durer n'est rien. Nature, ô créatrice, ô mère !
Quand sous ton œil divin un couple s'est uni,
Qu'importe à leur amour qu'il se sache éphémère
S'il se sent infini ?

C'est une volupté, mais terrible et sublime,
De jeter dans le vide un regard éperdu,
Et l'on s'étreint plus fort lorsque sur un abîme
On se voit suspendu.

Quand la Mort serait là, quand l'attache invisible
Soudain se délierait qui nous retient encor,
Et quand je sentirais dans une angoisse horrible
M'échapper mon trésor,

Je ne faiblirais pas. Fort de ma douleur même,
Tout entier à l'adieu qui va nous séparer,
J'aurais assez d'amour en cet instant suprême
Pour ne rien espérer.
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yanis la chouette



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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:36

Ecrits vers Aladine Baïa.

Le miroir aura toujours le mot de trop, chercher cette réponse tardive dans le Coeur d'un homme... Vous dit le corbeau de l'univers auquel j'appartiens. Rire ne provoque pas des rires mais la jouvence de l'esprit. Je me permet donc de vous le lancer dans l'arrogance du temps et du silence... Bises.

Aladine... Vous êtes une nymphe et si les dieux existaient, vous provoqueriez guerres et odyssées... Mais un jour, vous rencontrerez Ulysse qui se révélera être gardien de votre serment. Les rois et les mendiants célébreront vos charmes même certaines femmes. Vous grandirez dans le bonheur et vous oublierez ce sombre coté. Tel Blanche-Neige, vous succomberez aux charmes vénéneux d'une pomme amer dites de Adam et au l(i)eu d’Être enlever par un paris. Vous serez dans les bras du cupidon. Et moi pauvre miroir, je serai le cadet de vos soucis. Dit l'oracle de Delphes qui fait parti de mon univers. Rire ne provoque pas que des Meaux de tête mais il est une jouvence de la vie. Je me permet donc de vous le rappeler dans l'arrogance du temps et du silence. Bises.

Clin d'oeil... Sur la petite créature... A plus dans les rêves et les réalités de l'Histoire. Bises.

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:37

La Géorgie (en géorgien : საქართველო, translittéré en Saqartvelo) est un pays sur la côte de la mer Noire dans le Caucase... situé à la fois en Europe de l'Est et en Asie. Il est considéré comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant, partie de l'Europe. La capitale de la Géorgie est Tbilissi.
http://leclandesmouettes.bbflash.net/t101-les-republiques-de-georgie-d-armenie-et-de-moldavie
L'histoire de la Géorgie remonte aux royaumes antiques de Colchide et d'Ibérie, qui furent ensuite unifiés. La Géorgie est l'une des premières nations à avoir adopté la religion chrétienne comme religion officielle, au début du IVe siècle : elle a rejoint l'orthodoxie après le schisme de 1054. Elle connaît son âge d'or au XIIe siècle, sous le règne de Thamar. Confrontée tour à tour aux Perses, Romains, Byzantins, Arabes, Mongols et Ottomans8, la Géorgie est annexée au début du XIXe siècle, par la Russie impériale sous Paul Ier, mais retrouve son indépendance de 1918 à 1921. Elle est ensuite intégrée en tant que république au sein de l'Union soviétique.

L'indépendance de la Géorgie est une nouvelle fois restaurée en 1991. Le pays accumule difficultés économiques et guerres de sécession ; l'Adjarie redevient totalement géorgienne en 2004, par contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud proclament unilatéralement leur indépendance après les combats des années 1990 et la guerre russo-géorgienne de 2008 : au total, 30 % du territoire n'est plus sous contrôle de Tbilissi. La Révolution des Roses, en 2004, pacifique, et l'alternance démocratique, en 2012, non moins pacifique, ont conduit le pays sur le chemin de la démocratie.

Le pays couvre un territoire de 69 700 km2. En droit international, il possède des frontières avec la Fédération de Russie au nord, l'Azerbaïdjan à l'est, l'Arménie au sud et la Turquie au sud-ouest. Les limites avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, sécurisée du côté extérieur par des forces russes, constituent des obstacles qui ne peuvent plus être franchis depuis 2008.

Les Géorgiens nomment leur terre, la Géorgie, Sakartvelo, se nomment eux-mêmes Kartvelebi (ქართველები) et appellent leur langue, le géorgien, kartuli (ქართული).
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:37

Erevan ou Yerevan (en arménien Երևան, Yerevan) est la plus grande des villes d’Arménie et sa capitale6 depuis 1918, la douzième depuis les origines de l’Arménie. La ville actuelle est en partie fondée sur l'ancienne cité urartéenne d'Erebouni. Elle est située à l'ouest du pays, à l'extrémité orientale de la plaine de l'Ararat, au-dessus des gorges de la rivière Hrazdan.

Elle connaît une histoire mouvementée faite de batailles, de pillages, d'incendies et de séismes pendant plus de 2 500 ans, devient la capitale de l'éphémère première République d'Arménie après la Première Guerre mondiale et recueille une partie des rescapés du génocide arménien. La ville s'étend rapidement au XXe siècle lorsque l'Arménie devient une des quinze républiques de l'URSS. D'une petite bourgade de quelques milliers d'habitants sous la première République, elle devient en moins de cinquante ans le principal centre culturel, artistique et industriel du pays, ainsi que le siège de ses institutions politiques.

En 2007, la population d’Erevan est estimée à 1 107 800 habitants et son agglomération très peu étendue autour de la ville regroupe avec ses 1 245 700 habitants (estimation officielle actuelle10), plus de 42 % de la population arménienne. Ses habitants sont appelés les Erevanais et les Erevanaises.

Erevan a été nommé capitale mondiale du livre 2012 par l'UNESCO. Erevan est membre associé de Eurocitie
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:37

Histoire des jeux L'un des plus anciens jeux à apparaître sur la planète terre est le yoyo. Vraisemblablement utilisé par les chasseurs du paléolithique pour assommer leur proie au sol tandis qu'ils attaquaient depuis les arbres, ce dispositif leur permettait de remonter facilement la pierre, alors attachée à une liane, en cas d'échec de la manœuvre. Récupéré par les Grecs, le concept a donné, au final, deux disques de terre cuite, réunis par un axe sur lequel une fine corde était enroulée. De nos jours, seuls les matériaux de confection du yoyo ont changé, le principe, lui, est resté le même. Dès le IIIe millénaire av. J.-C., on retrouve les traces archéologiques d'éléments de jeu. C'est d'ailleurs de cette époque lointaine que seraient apparus les dés, au cœur de l'Indus. Les ethnologues et les historiens s'entendent sur le principe que plusieurs jeux d'adresse ont dû alors se pratiquer parmi les premiers peuples. Mais les indices découverts dans les manuscrits ne nous permettent de remonter qu'à ce IIIe millénaire. Selon un mythe chinois, le jeu de go, par exemple, aurait été inventé par le légendaire empereur Yao, toujours au cours de ce IIIe millénaire. On peut ainsi supposer que le goût du jeu constitue une constante de l'esprit humain depuis que l'homme a su maîtriser les objets. D'abord mise à l'épreuve toute simple, à partir de ce qu'il trouvait au cœur de son environnement, l'individu complexifiait le jeu à mesure qu'il développait son intelligence. Histoire des jeux Plus près de nous, la balançoire aurait fait le bonheur des petits comme des grands depuis le VIe siècle avant notre ère, et dans pratiquement toutes les civilisations de l'Antiquité. L'Iconographie grecque en témoigne à Athènes, notamment. Le jeu des osselets, quant à lui, apparu au Ve siècle av. J.-C., et d'abord utilisé à titre d'objet divinatoire par les pythies, devint le jeu des soldats d'Alexandre le Grand, qui le firent connaître aux Égyptiens. De là se déclina toute une suite de modifications au fil des siècles et des utilisateurs. Évidemment, entre les batailles, la distraction occasionnée par les jeux donnait sans doute du cœur au ventre et permettait l'oubli. En Asie, toujours à la même époque, c'est au mikado que s'initiaient les samouraïs. Joué à l'aide d'un ensemble de très fines baguettes qu'on laissait tomber au sol, en amas, pour ensuite les retirer une à une sans faire bouger les autres, le mikado portait à l'origine, au même titre que les osselets, une connotation religieuse bouddhiste. Il servait à prouver la maîtrise de soi du moine guerrier aussi bien que son habilité dans les tâches les plus fines. Au IIIe siècle av. J.-C., en Asie serait né le cerf-volant. La légende dit que les habitants d'une ville assiégée l'auraient inventé afin de leur permettre de se manifester à la ville voisine. Selon d'autres sources, il pourrait être encore plus vieux, car Japonais, Siamois, Coréens, entre autres le connaissaient déjà depuis fort longtemps. Dans la Rome Antique, ce sont les jeux de dés que l'on retrouvait le plus souvent, si l'on fait exception des jeux du cirque. Toutefois, les Romains aimaient bien pratiquer une sorte d'ancêtre de la pétanque, qui consistait à lancer des pièces le plus près possible de piquets fichés en terre. Les enfants, pour leur part, pratiquaient déjà la marelle sur les routes pavées de l'empire, à cette époque. Le moyen-âge, fidèle à sa politique obscurantiste, relégua toute forme d'activité oisive aux interdits. Les jeux se développèrent peu quoique l'on fit quand même place aux échecs. Venu de Perse ou d'Inde, et inventé dans ces contrées, pense-t-on, au IIe millénaire avant notre ère, le jeu d'échecs apparut au VIIIe siècle en Europe. Les pièces, à l'effigie des armées d'Orient, originalement, subirent quelques mutations au cours de l'Histoire. Leur arrivée en sol européen poussa les figures du jeu à prendre des traits plus occidentaux. C'est ainsi que les chars devinrent des tours, les éléphants se transformèrent en fous, les fantassins se mutèrent en pions, le shah devint le roi et le vizir représenta désormais la reine. Seuls les cavaliers ne connurent aucun changement. C'est aussi vers 1650 que les règles, telles que nous les connaissons aujourd'hui, s'établirent. C'est entre le XIe et le XIIIe siècle que l'on croit que remonte l'apparition du jeu de dames, dans le sud de la France ou peut-être encore en Espagne. Comme la plupart des jeux, il fut modifié et c'est en 1668 que l'on stabilisa ses règles. Le damier comporte 100 cases pour 20 dames noires et 20 dames blanches. Un peu plus tard, ce sont les cartes à jouer qui se retrouvèrent sur les tables d'Europe, au XIVe siècle. Apparues sans doute en Chine au cours de l'Antiquité, l'usage que l'on en fit en Occident se déclina en plusieurs centaines de jeux depuis. Un siècle plus tard, l'Allemagne lança ses premières figurines de bois, peintes à la main, et représentant de petits soldats. On s'en servit alors pour simuler des jeux de guerre ou pour élaborer des stratégies de batailles. Connu depuis les civilisations crétoises de l'Antiquité, le jeu de l'oie fit son entrée dans le monde occidental à la Renaissance, en passant par Florence, en Italie. Les 31 cases en spirales du jeu ont permis, à travers l'Histoire, d'exposer toutes les propagandes politiques et religieuses souhaitées. Les jeux, évidemment, portaient aussi leur responsabilité sociale. Étrangement le Siècle des Lumières passa pratiquement sous silence l'univers du jeu. C'est au XVIIIe siècle que les Allemands revinrent à la charge avec les soldats de plomb et les imprimés. Ils ouvrirent alors les premières boutiques de jouets. Mais le siècle qui suivit allait vraiment révolutionner la place du jeu dans la société. L'industrialisation combinée à l'instruction obligatoire pour tous donna au jeu une implication éducative croissante, en plus de lui fournir les possibilités d'une diffusion mondiale. Dès lors, des compagnies spécialisées dans la fabrication de jeux et de jouets virent le jour ; Milton Bradley, Parker et Grimaud, notamment. Ce XIXe vit également l'apparition des premiers puzzles qui figuraient le découpage géographique de la France. En rafale, voici maintenant quelques dates d'apparition concernant les jeux les plus connus de la planète, mais tels que nous les jouons aujourd'hui. La Belote (autour de 1914), le billard (15e siècle), le bridge (XVe sicle), colin-maillard (moyen-âge), le croquet (XIXe siècle), le jeu de billes (environ 4000 ans av. J.-C.) le jeu de quilles (XIVe siècle), le Monopoly (inventé en 1904, commercialisé sous ce nom en 1934), le Poker (17e siècle), le Scrabble (1938), le Tarot (fin XIIIe siècle), le tennis (1874-1877). Sans même le soupçonner, nous occultons souvent que la plupart des jeux actuels ont un ancêtre qui remonte à l'Antiquité. Si une forme de badminton fut pratiquée sous le règne de l'empereur Huangdi, près de trois mille ans avant la naissance du Christ, on peut logiquement supposer que la plupart des jeux présentent des composantes d'époques lointaines. Reste les jeux vidéo… mais ça, c'est une autre histoire ! Extraits Site du jour > Dossiers exclusifs > Histoire des jeux
Histoire des jeux

L'un des plus anciens jeux à apparaître sur la planète terre est le yoyo. Vraisemblablement utilisé par les chasseurs du paléolithique pour assommer leur proie au sol tandis qu'ils attaquaient depuis les arbres, ce dispositif leur permettait de remonter facilement la pierre, alors attachée à une liane, en cas d'échec de la manœuvre. Récupéré par les Grecs, le concept a donné, au final, deux disques de terre cuite, réunis par un axe sur lequel une fine corde était enroulée. De nos jours, seuls les matériaux de confection du yoyo ont changé, le principe, lui, est resté le même.

Dès le IIIe millénaire av. J.-C., on retrouve les traces archéologiques d'éléments de jeu. C'est d'ailleurs de cette époque lointaine que seraient apparus les dés, au cœur de l'Indus. Les ethnologues et les historiens s'entendent sur le principe que plusieurs jeux d'adresse ont dû alors se pratiquer parmi les premiers peuples. Mais les indices découverts dans les manuscrits ne nous permettent de remonter qu'à ce IIIe millénaire. Selon un mythe chinois, le jeu de go, par exemple, aurait été inventé par le légendaire empereur Yao, toujours au cours de ce IIIe millénaire. On peut ainsi supposer que le goût du jeu constitue une constante de l'esprit humain depuis que l'homme a su maîtriser les objets. D'abord mise à l'épreuve toute simple, à partir de ce qu'il trouvait au cœur de son environnement, l'individu complexifiait le jeu à mesure qu'il développait son intelligence.

Histoire des jeux Plus près de nous, la balançoire aurait fait le bonheur des petits comme des grands depuis le VIe siècle avant notre ère, et dans pratiquement toutes les civilisations de l'Antiquité. L'Iconographie grecque en témoigne à Athènes, notamment. Le jeu des osselets, quant à lui, apparu au Ve siècle av. J.-C., et d'abord utilisé à titre d'objet divinatoire par les pythies, devint le jeu des soldats d'Alexandre le Grand, qui le firent connaître aux Égyptiens. De là se déclina toute une suite de modifications au fil des siècles et des utilisateurs. Évidemment, entre les batailles, la distraction occasionnée par les jeux donnait sans doute du cœur au ventre et permettait l'oubli. En Asie, toujours à la même époque, c'est au mikado que s'initiaient les samouraïs. Joué à l'aide d'un ensemble de très fines baguettes qu'on laissait tomber au sol, en amas, pour ensuite les retirer une à une sans faire bouger les autres, le mikado portait à l'origine, au même titre que les osselets, une connotation religieuse bouddhiste. Il servait à prouver la maîtrise de soi du moine guerrier aussi bien que son habilité dans les tâches les plus fines.

Au IIIe siècle av. J.-C., en Asie serait né le cerf-volant. La légende dit que les habitants d'une ville assiégée l'auraient inventé afin de leur permettre de se manifester à la ville voisine. Selon d'autres sources, il pourrait être encore plus vieux, car Japonais, Siamois, Coréens, entre autres le connaissaient déjà depuis fort longtemps.

Dans la Rome Antique, ce sont les jeux de dés que l'on retrouvait le plus souvent, si l'on fait exception des jeux du cirque. Toutefois, les Romains aimaient bien pratiquer une sorte d'ancêtre de la pétanque, qui consistait à lancer des pièces le plus près possible de piquets fichés en terre. Les enfants, pour leur part, pratiquaient déjà la marelle sur les routes pavées de l'empire, à cette époque.

Le moyen-âge, fidèle à sa politique obscurantiste, relégua toute forme d'activité oisive aux interdits. Les jeux se développèrent peu quoique l'on fit quand même place aux échecs. Venu de Perse ou d'Inde, et inventé dans ces contrées, pense-t-on, au IIe millénaire avant notre ère, le jeu d'échecs apparut au VIIIe siècle en Europe. Les pièces, à l'effigie des armées d'Orient, originalement, subirent quelques mutations au cours de l'Histoire. Leur arrivée en sol européen poussa les figures du jeu à prendre des traits plus occidentaux. C'est ainsi que les chars devinrent des tours, les éléphants se transformèrent en fous, les fantassins se mutèrent en pions, le shah devint le roi et le vizir représenta désormais la reine. Seuls les cavaliers ne connurent aucun changement. C'est aussi vers 1650 que les règles, telles que nous les connaissons aujourd'hui, s'établirent.

C'est entre le XIe et le XIIIe siècle que l'on croit que remonte l'apparition du jeu de dames, dans le sud de la France ou peut-être encore en Espagne. Comme la plupart des jeux, il fut modifié et c'est en 1668 que l'on stabilisa ses règles. Le damier comporte 100 cases pour 20 dames noires et 20 dames blanches. Un peu plus tard, ce sont les cartes à jouer qui se retrouvèrent sur les tables d'Europe, au XIVe siècle. Apparues sans doute en Chine au cours de l'Antiquité, l'usage que l'on en fit en Occident se déclina en plusieurs centaines de jeux depuis. Un siècle plus tard, l'Allemagne lança ses premières figurines de bois, peintes à la main, et représentant de petits soldats. On s'en servit alors pour simuler des jeux de guerre ou pour élaborer des stratégies de batailles.

Connu depuis les civilisations crétoises de l'Antiquité, le jeu de l'oie fit son entrée dans le monde occidental à la Renaissance, en passant par Florence, en Italie. Les 31 cases en spirales du jeu ont permis, à travers l'Histoire, d'exposer toutes les propagandes politiques et religieuses souhaitées. Les jeux, évidemment, portaient aussi leur responsabilité sociale.

Étrangement le Siècle des Lumières passa pratiquement sous silence l'univers du jeu. C'est au XVIIIe siècle que les Allemands revinrent à la charge avec les soldats de plomb et les imprimés. Ils ouvrirent alors les premières boutiques de jouets. Mais le siècle qui suivit allait vraiment révolutionner la place du jeu dans la société. L'industrialisation combinée à l'instruction obligatoire pour tous donna au jeu une implication éducative croissante, en plus de lui fournir les possibilités d'une diffusion mondiale. Dès lors, des compagnies spécialisées dans la fabrication de jeux et de jouets virent le jour ; Milton Bradley, Parker et Grimaud, notamment. Ce XIXe vit également l'apparition des premiers puzzles qui figuraient le découpage géographique de la France.

En rafale, voici maintenant quelques dates d'apparition concernant les jeux les plus connus de la planète, mais tels que nous les jouons aujourd'hui. La Belote (autour de 1914), le billard (15e siècle), le bridge (XVe sicle), colin-maillard (moyen-âge), le croquet (XIXe siècle), le jeu de billes (environ 4000 ans av. J.-C.) le jeu de quilles (XIVe siècle), le Monopoly (inventé en 1904, commercialisé sous ce nom en 1934), le Poker (17e siècle), le Scrabble (1938), le Tarot (fin XIIIe siècle), le tennis (1874-1877).

Sans même le soupçonner, nous occultons souvent que la plupart des jeux actuels ont un ancêtre qui remonte à l'Antiquité. Si une forme de badminton fut pratiquée sous le règne de l'empereur Huangdi, près de trois mille ans avant la naissance du Christ, on peut logiquement supposer que la plupart des jeux présentent des composantes d'époques lointaines. Reste les jeux vidéo… mais ça, c'est une autre histoire !

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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:38

Processus de Paix des secouristes de la république de l'Olivier.

Je crois qu'à l'avenir, plus personne ne pourra recréer des bulles d'exclusions...
Pour cela, je ne peux me permettre de mettre à l'écart tout individu(e) et "État".

Je ne suis qu'une femme ou un homme humble qui en vous adressant ces ces vers,
espère qu'il puisse vous conduire vers l'expérience, le travail et la communauté...
La solitude augmente ou diminue le nervosité... Cela s'appelle le malheur...

Alors par décision, on recherche à se tranquilliser et remettre la balance sur le zéro;
alors par construction, on décèle la notion d'une fragile tolérance:
Celle d'insulter !

Par Yahvé, cela est une horreur et une erreur...

La République de l'Olivier dit :
"Oui à la gréve, Non à l'Esclavage..."
la constitution rajoute :
"Oui à la Bibliothèque et Non à la Faim."
et le peuple doit rajouter :
"Oui à l'écoute et Non aux viols physiques et moraux."

Alors le Novice du Secourisme prends en charge sa nouvelle fonction autre qu'un service
militaire mais basé aussi sur la protection du Bien et du Corps.

"Je suis Y'becca"

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:38

She's 22 de Norah Jones.
Droit d'auteur

And she's loving you
And you'll never know how it makes me blue
Does it make you happy?

I'm holding on
To a thing that's wrong
'Cause we don't belong
But you like my songs
And you make me happy
Does she make you happy?

You can throw away
Every word I say

I'm standing still
On this hidden hill
And I'm looking around
For the right way down
To your distant valley


Your flowers grow in the frozen snow
And I'd like to know if it's all a show
'Cause you sure look happy
Are you really happy?

You'll just throw away
Every word I say
You can throw away

Ooo ooo...

Does she make you happy?
Does she make you happy?
Does she make you happy?
I'd like to see you happy

---------------------------------------------

Feeling tired
By the fire
The long day is over

The wind is gone

Asleep at dawn
The embers burn on

With no reprise
The sun will rise
The long day is over
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:38

Prométhée
Poèmes de Louise Ackermann

Frappe encor, Jupiter, accable-moi, mutile
L'ennemi terrassé que tu sais impuissant !
Écraser n'est pas vaincre, et ta foudre inutile
S'éteindra dans mon sang,

Avant d'avoir dompté l'héroïque pensée
Qui fait du vieux Titan un révolté divin ;
C'est elle qui te brave, et ta rage insensée
N'a cloué sur ces monts qu'un simulacre vain.
Tes coups n'auront porté que sur un peu d'argile ;
Libre dans les liens de cette chair fragile,
L'âme de Prométhée échappe à ta fureur.
Sous l'ongle du vautour qui sans fin me dévore,
Un invisible amour fait palpiter encore
Les lambeaux de mon cœur.

Si ces pics désolés que la tempête assiège
Ont vu couler parfois sur leur manteau de neige
Des larmes que mes yeux ne pouvaient retenir,
Vous le savez, rochers, immuables murailles
Que d'horreur cependant je sentais tressaillir,
La source de mes pleurs était dans mes entrailles ;
C'est la compassion qui les a fait jaillir.

Ce n'était point assez de mon propre martyre ;
Ces flancs ouverts, ce sein qu'un bras divin déchire
Est rempli de pitié pour d'autres malheureux.
Je les vois engager une lutte éternelle ;
L'image horrible est là ; j'ai devant la prunelle
La vision des maux qui vont fondre sur eux.
Ce spectacle navrant m'obsède et m'exaspère.
Supplice intolérable et toujours renaissant,
Mon vrai, mon seul vautour, c'est la pensée amère
Que rien n'arrachera ces germes de misére
Que ta haine a semés dans leur chair et leur sang.

Pourtant, ô Jupiter, l'homme est ta créature ;
C'est toi qui l'as conçu, c'est toi qui l'as formé,
Cet être déplorable, infirme, désarmé,
Pour qui tout est danger, épouvante, torture,
Qui, dans le cercle étroit de ses jours enfermé,
Étouffe et se débat, se blesse et se lamente.
Ah ! quand tu le jetas sur la terre inclémente,
Tu savais quels fléaux l'y devaient assaillir,
Qu'on lui disputerait sa place et sa pâture,
Qu'un souffle l'abattrait, que l'aveugle Nature
Dans son indifférence allait l'ensevelir.
Je l'ai trouvé blotti sous quelque roche humide,
Ou rampant dans les bois, spectre hâve et timide
Qui n'entendait partout que gronder et rugir,
Seul affamé, seul triste au grand banquet des êtres,
Du fond des eaux, du sein des profondeurs champêtres
Tremblant toujours de voir un ennemi surgir.

Mais quoi ! sur cet objet de ta haine immortelle,
Imprudent que j'étais, je me suis attendri ;
J'allumai la pensée et jetai l'étincelle
Dans cet obscur limon dont tu l'avais pétri.
Il n'était qu'ébauché, j'achevai ton ouvrage.
Plein d'espoir et d'audace, en mes vastes desseins
J'aurais sans hésiter mis les cieux au pillage,
Pour le doter après du fruit de mes larcins.
Je t'ai ravi le feu ; de conquête en conquête
J'arrachais de tes mains ton sceptre révéré.
Grand Dieu ! ta foudre à temps éclata sur ma tête ;
Encore un attentat, l'homme était délivré !

La voici donc ma faute, exécrable et sublime.
Compatir, quel forfait ! Se dévouer, quel crime !
Quoi ! j'aurais, impuni, défiant tes rigueurs,
Ouvert aux opprimés mes bras libérateurs ?
Insensé ! m'être ému quand la pitié s'expie !
Pourtant c'est Prométhée, oui, c'est ce même impie
Qui naguère t'aidait à vaincre les Titans.
J'étais à tes côtés dans l'ardente mêlée ;
Tandis que mes conseils guidaient les combattants,
Mes coups faisaient trembler la demeure étoilée.
Il s'agissait pour moi du sort de l'univers :
Je voulais en finir avec les dieux pervers.

Ton règne allait m'ouvrir cette ère pacifique
Que mon cœur transporté saluait de ses vœux.
En son cours éthéré le soleil magnifique
N'aurait plus éclairé que des êtres heureux.
La Terreur s'enfuyait en écartant les ombres
Qui voilaient ton sourire ineffable et clément,
Et le réseau d'airain des Nécessités sombres
Se brisait de lui-même aux pieds d'un maître aimant.
Tout était joie, amour, essor, efflorescence ;
Lui-même Dieu n'était que le rayonnement
De la toute-bonté dans la toute-puissance.

O mes désirs trompés ! O songe évanoui !
Des splendeurs d'un tel rêve, encor l'œil ébloui,
Me retrouver devant l'iniquité céleste.
Devant un Dieu jaloux qui frappe et qui déteste,
Et dans mon désespoir me dire avec horreur :
« Celui qui pouvait tout a voulu la douleur ! »

Mais ne t'abuse point ! Sur ce roc solitaire
Tu ne me verras pas succomber en entier.
Un esprit de révolte a transformé la terre,
Et j'ai dès aujourd'hui choisi mon héritier.
Il poursuivra mon œuvre en marchant sur ma trace,
Né qu'il est comme moi pour tenter et souffrir.
Aux humains affranchis je lègue mon audace,
Héritage sacré qui ne peut plus périr.
La raison s'affermit, le doute est prêt à naître.
Enhardis à ce point d'interroger leur maître,
Des mortels devant eux oseront te citer :
Pourquoi leurs maux ? Pourquoi ton caprice et ta haine ?
Oui, ton juge t'attend, - la conscience humaine ;
Elle ne peut t'absoudre et va te rejeter.

Le voilà, ce vengeur promis à ma détresse !
Ah ! quel souffle épuré d'amour et d'allégresse
En traversant le monde enivrera mon cœur
Le jour où, moins hardie encor que magnanime,
Au lieu de l'accuser, ton auguste victime
Niera son oppresseur !

Délivré de la Foi comme d'un mauvais rêve,
L'homme répudiera les tyrans immortels,
Et n'ira plus, en proie à des terreurs sans trêve,
Se courber lâchement au pied de tes autels.
Las de le trouver sourd, il croira le ciel vide.
Jetant sur toi son voile éternel et splendide,
La Nature déjà te cache à son regard ;
Il ne découvrira dans l'univers sans borne,
Pour tout Dieu désormais, qu'un couple aveugle et morne,
La Force et le Hasard.

Montre-toi, Jupiter, éclate alors, fulmine,
Contre ce fugitif à ton joug échappé !
Refusant dans ses maux de voir ta main divine,
Par un pouvoir fatal il se dira frappé.
Il tombera sans peur, sans plainte, sans prière ;
Et quand tu donnerais ton aigle et ton tonnerre
Pour l'entendre pousser, au fort de son tourment,
Un seul cri qui t'atteste, une injure, un blasphème,
Il restera muet : ce silence suprême
Sera ton châtiment.

Tu n'auras plus que moi dans ton immense empire
Pour croire encore en toi, funeste Déité.
Plutôt nier le jour ou l'air que je respire
Que ta puissance inique et que ta cruauté.
Perdu dans cet azur, sur ces hauteurs sublimes,
Ah ! j'ai vu de trop près tes fureurs et tes crimes ;
J'ai sous tes coups déjà trop souffert, trop saigné ;
Le doute est impossible à mon cœur indigné.
Oui ! tandis que du Mal, œuvre de ta colère,
Renonçant désormais à sonder le mystère,
L'esprit humain ailleurs portera son flambeau,
Seul je saurai le mot de cette énigme obscure,
Et j'aurai reconnu, pour comble de torture,
Un Dieu dans mon bourreau.


Citations de Louise Ackermann

La guerre
Poèmes de Louise Ackermann
I

Du fer, du feu, du sang ! C'est elle ! c'est la Guerre
Debout, le bras levé, superbe en sa colère,
Animant le combat d'un geste souverain.
Aux éclats de sa voix s'ébranlent les armées ;
Autour d'elle traçant des lignes enflammées,
Les canons ont ouvert leurs entrailles d'airain.

Partout chars, cavaliers, chevaux, masse mouvante !
En ce flux et reflux, sur cette mer vivante,
A son appel ardent l'épouvante s'abat.
Sous sa main qui frémit, en ses desseins féroces,
Pour aider et fournir aux massacres atroces
Toute matière est arme, et tout homme soldat.

Puis, quand elle a repu ses yeux et ses oreilles
De spectacles navrants, de rumeurs sans pareilles,
Quand un peuple agonise en son tombeau couché,
Pâle sous ses lauriers, l'âme d'orgueil remplie,
Devant l'œuvre achevée et la tâche accomplie,
Triomphante elle crie à la Mort: « Bien fauché ! »

Oui, bien fauché ! Vraiment la récolte est superbe ;
Pas un sillon qui n'ait des cadavres pour gerbe !
Les plus beaux, les plus forts sont les premiers frappés.
Sur son sein dévasté qui saigne et qui frissonne
L'Humanité, semblable au champ que l'on moissonne,
Contemple avec douleur tous ces épis coupés.

Hélas ! au gré du vent et sous sa douce haleine
Ils ondulaient au loin, des coteaux à la plaine,
Sur la tige encor verte attendant leur saison.
Le soleil leur versait ses rayons magnifiques ;
Riches de leur trésor, sous les cieux pacifiques,
Ils auraient pu mûrir pour une autre moisson.


II

Si vivre c'est lutter, à l'humaine énergie
Pourquoi n'ouvrir jamais qu'une arène rougie ?
Pour un prix moins sanglant que les morts que voilà
L'homme ne pourrait-il concourir et combattre ?
Manque-t-il d'ennemis qu'il serait beau d'abattre ?
Le malheureux ! il cherche, et la Misère est là !

Qu'il lui crie : « A nous deux ! » et que sa main virile
S'acharne sans merci contre ce flanc stérile
Qu'il s'agit avant tout d'atteindre et de percer.
A leur tour, le front haut, l'Ignorance et le Vice,
L'un sur l'autre appuyé, l'attendent dans la lice :
Qu'il y descende donc, et pour les terrasser.

A la lutte entraînez les nations entières.
Délivrance partout ! effaçant les frontières,
Unissez vos élans et tendez-vous la main.
Dans les rangs ennemis et vers un but unique,
Pour faire avec succès sa trouée héroïque,
Certes ce n'est pas trop de tout l'effort humain.

L'heure semblait propice, et le penseur candide
Croyait, dans le lointain d'une aurore splendide,
Voir de la Paix déjà poindre le front tremblant.
On respirait. Soudain, la trompette à la bouche,
Guerre, tu reparais, plus âpre, plus farouche,
Écrasant le progrès sous ton talon sanglant.

C'est à qui le premier, aveuglé de furie,
Se précipitera vers l'immense tuerie.
A mort ! point de quartier ! L'emporter ou périr!
Cet inconnu qui vient des champs ou de la forge
Est un frère ; il fallait l'embrasser, - on l'égorge.
Quoi ! lever pour frapper des bras faits pour s'ouvrir !

Les hameaux, les cités s'écroulent dans les flammes.
Les pierres ont souffert ; mais que dire des âmes ?
Près des pères les fils gisent inanimés.
Le Deuil sombre est assis devant les foyers vides,
Car ces monceaux de morts, inertes et livides,
Étaient des cœurs aimants et des êtres aimés.

Affaiblis et ployant sous la tâche infinie,
Recommence, Travail ! rallume-toi, Génie !
Le fruit de vos labeurs est broyé, dispersé.
Mais quoi ! tous ces trésors ne formaient qu'un domaine ;
C'était le bien commun de la famille humaine,
Se ruiner soi-même, ah ! c'est être insensé !

Guerre, au seul souvenir des maux que tu déchaînes,
Fermente au fond des cœurs le vieux levain des haines ;
Dans le limon laissé par tes flots ravageurs
Des germes sont semés de rancune et de rage,
Et le vaincu n'a plus, dévorant son outrage,
Qu'un désir, qu'un espoir : enfanter des vengeurs.

Ainsi le genre humain, à force de revanches,
Arbre découronné, verra mourir ses branches,
Adieu, printemps futurs ! Adieu, soleils nouveaux !
En ce tronc mutilé la sève est impossible.
Plus d'ombre, plus de fleurs ! et ta hache inflexible,
Pour mieux frapper les fruits, a tranché les rameaux.


III

Non, ce n'est point à nous, penseur et chantre austère,
De nier les grandeurs de la mort volontaire ;
D'un élan généreux il est beau d'y courir.
Philosophes, savants, explorateurs, apôtres,
Soldats de l'Idéal, ces héros sont les nôtres :
Guerre ! ils sauront sans toi trouver pour qui mourir.

Mais à ce fier brutal qui frappe et qui mutile,
Aux exploits destructeurs, au trépas inutile,
Ferme dans mon horreur, toujours je dirai : « Non ! »
O vous que l'Art enivre ou quelque noble envie,
Qui, débordant d'amour, fleurissez pour la vie,
On ose vous jeter en pâture au canon !

Liberté, Droit, Justice, affaire de mitraille !
Pour un lambeau d'Etat, pour un pan de muraille,
Sans pitié, sans remords, un peuple est massacré.
- Mais il est innocent ! - Qu'importe ? On l'extermine.
Pourtant la vie humaine est de source divine :
N'y touchez pas, arrière ! Un homme, c'est sacré !

Sous des vapeurs de poudre et de sang, quand les astres
Pâlissent indignés parmi tant de désastres,
Moi-même à la fureur me laissant emporter,
Je ne distingue plus les bourreaux des victimes ;
Mon âme se soulève, et devant de tels crimes
Je voudrais être foudre et pouvoir éclater.

Du moins te poursuivant jusqu'en pleine victoire,
A travers tes lauriers, dans les bras de l'Histoire
Qui, séduite, pourrait t'absoudre et te sacrer,
O Guerre, Guerre impie, assassin qu'on encense,
Je resterai, navrée et dans mon impuissance,
Bouche pour te maudire, et cœur pour t'exécrer !
La guerre
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:39

“La solitude désole le coeur et contente l'esprit.”
De Camille Belguise / Echos du Silence.

“Un corps peut-il guérir, dont le coeur est malade ?”
De Pierre Corneille / Clitandre


“Le coeur fait tout, le reste est inutile.”
De Jean de La Fontaine / Belphégor


“Un coeur qui sait haïr est toujours criminel.”
De Marie-Joseph Chénier / Hymne du 9 Thermidor

“Le tombeau des héros est le coeur des vivants.”
De André Malraux / Oraisons funèbres

“Un égarement du coeur vaut mieux que cent génuflexions.”
De Muhammad Iqbal / Maître

“La vie est pleine de choses qui blessent le coeur.”
De Madame de Sévigné / Lettres


“Le coeur sent rarement ce que la bouche exprime.”
De Jean-Galbert de Campistron / Pompeia

“La pire de toutes les mésalliances est celle du coeur.”
De Chamfort / Maximes et pensées


“Ayons le coeur haut, et l’esprit modeste.”
De Joseph Joubert / Pensées

“Il faut au coeur perfide un visage hypocrite.”
De Emile Deschamps / Macbeth de Shakespeare


“La haine, c’est l’hiver du coeur.”
De Victor Hugo / Les Contemplations


“La vie se charge de “classer” les affaires du coeur.”
De Tristan Bernard / Un mari pacifique

“Coeur las de haïr, n'apprendra jamais à aimer.”
De Nikolaï Alekseïevitch Nekrassov / Tais-toi, ô muse de vengeance et de tristesse


“On ne partage pas un coeur de mère.”
De Honoré de Balzac / Le Colonel Chabert
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:40

XXVII
Les Filles de Minée
Sujet tiré des Metamorphoſes
d’Ovide.


Je chante dans ces Vers les Filles de Minée,
Troupe aux arts de Pallas dés l’enfance adonnée,

Et de qui le travail fit entrer en courroux
Bacchus, à juſte droit de ſes honneurs jaloux.
Tout Dieu veut aux humains ſe faire reconnaître.
On ne voit point les champs répondre aux ſoins du Maître,
Si dans les jours ſacrez autour de ſes guerets,
Il ne marche en triomphe à l’honneur de Cérés.
La Grece étoit en jeux pour le fils de Séméle ;
Seules on vid trois ſœurs condamner ce ſaint zele.
Alcithoé l’aînée aïant pris ſes fuſeaux,
Dit aux autres : Quoi donc toûjours des Dieux nouveaux ?
L’Olympe ne peut plus contenir tant de têtes,

Ni l’an fournir de jours aſſez pour tant de Fêtes.
Je ne dis rien des vœux dûs aux travaux divers
De ce Dieu qui purgea de monſtres l’Univers ;
Mais à quoi ſert Bacchus, qu’à cauſer des querelles ?
Affoiblir les plus ſains ? enlaidir les plus belles ?
Souvent mener au Stix par de triſtes chemins ?
Et nous irons chommer la peſte des humains ?
Pour moi, j’ai reſolu de pourſuivre ma tâche.
Se donne qui voudra ce jour-ci du relâche :
Ces mains n’en prendront point. Je ſuis encor d’avis

Que nous rendions le temps moins long par des recits.
Toutes trois tour à tour racontons quelque hiſtoire ;
Je pourrois retrouver ſans peine en ma memoire
Du Monarque des Dieux les divers changemens ;
Mais comme chacun ſçait tous ces évenemens,
Diſons ce que l’amour inſpire à nos pareilles :
Non toutefois qu’il faille en contant ſes merveilles,
Accoûtumer nos cœurs à goûter ſon poiſon ;
Car, ainſi que Bacchus, il trouble la raiſon.
Recitons-nous les maux que ſes biens nous attirent.

Alcithoé ſe tut, & ſes sœurs applaudirent.
Aprés quelques momens, hauſſant un peu la voix,
Dans Thebes, reprit-elle, on conte qu’autrefois
Deux jeunes cœurs s’aimoient d’une égale tendreſſe :
Pyrame, c’eſt l’amant, eut Thiſbé pour maîtreſſe :
Jamais couple ne fut ſi bien aſſorti qu’eux ;
L’un bien fait, l’autre belle, agreables tous deux,
Tous deux dignes de plaire, ils s’aimerent ſans peine ;
D’autant plûtôt épris, qu’une invincible haine
Diviſant leurs parens, ces deux Amans unit,

Et concourut aux traits dont l’Amour ſe ſervit.
Le hazard, non le choix, avoit rendu voiſines
Leurs maiſons où regnoient ces guerres inteſtines ;
Ce fut un avantage à leurs deſirs naiſſans.
Le cours en commença par des jeux innocens :
La premiere étincelle eut embraſé leur ame
Qu’ils ignoroient encor ce que c’étoit que flâme.
Chacun favoriſoit leurs tranſports mutuels,
Mais c’étoit à l’inſçû de leurs parens cruels.
La défenſe eſt un charme ; on dit qu’elle aſſaiſonne

Les plaiſirs, & ſur tout ceux que l’amour nous donne.
D’un des logis à l’autre, elle inſtruiſit du moins
Nos Amans à ſe dire avec ſigne leurs ſoins.
Ce leger réconfort ne les put ſatisfaire ;
Il falut recourir à quelque autre myſtere.
Un vieux mur entr’ouvert ſeparoit leurs maiſons,
Le temps avoit miné ſes antiques cloiſons.
Là ſouvent de leurs maux ils déploroient la cauſe ;
Les paroles paſſoient, mais c’étoit peu de choſe.
Se plaignant d’un tel ſort, Pirame dit un jour,
Chere Thiſbé, le Ciel veut qu’on s’aide en amour ;

Nous avons à nous voir une peine infinie ;
Fuïons de nos parens l’injuſte tyrannie :
J’en ai d’autres en Grece ; ils ſe tiendront heureux
Que vous daignez chercher un azile chez eux ;
Leur amitié, leurs biens, leur pouvoir, tout m’invite
À prendre le parti dont je vous ſollicite.
C’eſt vôtre ſeul repos qui me le fait choiſir,
Car je n’oſe parler, helas ! de mon deſir ;
Faut-il à vôtre gloire en faire un ſacrifice ?
De crainte des vains bruits faut-il que je languiſſe ?
Ordonnez, j’y conſens, tout me ſemblera doux ;

Je vous aime Thiſbé, moins pour moi que pour vous.
J’en pourrois dire autant, lui repartit l’Amante ;
Vôtre amour étant pure, encor que vehemente,
Je vous ſuivrai par tout ; nôtre commun repos
Me doit mettre au-deſſus de tous les vains propos ;
Tant que de ma vertu je ſerai ſatisfaite,
Je rirai des diſcours d’une langue indiſcrete,
Et m’abandonnerai ſans crainte à vôtre ardeur,
Contente que je ſuis des ſoins de ma pudeur.
Jugez ce que ſentit Pirame à ces paroles ;
Je n’en fais point ici de peintures frivoles.

Suppléez au peu d’art que le Ciel mit en moi :
Vous-mêmes peignez-vous cet Amant hors de ſoi.
Demain, dit-il, il faut ſortir avant l’Aurore ;
N’attendez point les traits que ſon char fait éclore ;
Trouvez-vous aux degrez du terme de Cerés ;
Là nous nous attendrons ; le rivage eſt tout prés :
Une barque eſt au bord ; Les Rameurs, le vent même,
Tout pour nôtre départ montre une hâte extrême ;
L’augure en eſt heureux, nôtre ſort va changer ;
Et les Dieux ſont pour nous, ſi je ſçai bien juger.

Thiſbé conſent à tout ; elle en donne pour gage
Deux baiſers par le mur arrêtez au paſſage,
Heureux mur ! tu devois ſervir mieux leur deſir ;
Ils n’obtinrent de toi qu’une ombre de plaiſir.
Le lendemain Thiſbé ſort & prévient Pirame ;
L’impatience, helas ! maîtreſſe de ſon ame,
La fait arriver ſeule & ſans guide aux degrez ;
L’ombre & le jour luttoient dans les champs azurez.
Une lionne vient, monſtre imprimant la crainte ;
D’un carnage recent ſa gueule eſt toute teinte.

Thiſbé fuit, & ſon voile emporté par les airs,
Source d’un ſort cruel, tombe dans ces deſerts.
La lionne le voit, le ſoüille, le déchire,
Et l’aïant teint de ſang, aux forêts ſe retire.
Thiſbé s’étoit cachée en un buiſſon épais.
Pirame arrive, & void ces veſtiges tout frais.
Ô Dieux ! que devient-il ? un froid court dans ſes veines ;
Il apperçoit le voile étendu dans ces plaines :
Il le leve ; & le ſang joint aux traces des pas,
L’empêche de douter d’un funeſte trépas.
Thiſbé, s’écria-t-il, Thiſbé, je t’ai perduë,

Te voila par ma faute aux Enfers deſcenduë !
Je l’ai voulu ; c’eſt moi qui ſuis le monſtre affreux
Par qui tu t’en vas voir le ſéjour tenebreux :
Attens-moi, je te vais rejoindre aux rives ſombres ;
Mais m’oſerai-je à toi preſenter chez les Ombres ?
Jouïs au moins du ſang que je te vais offrir,
Malheureux de n’avoir qu’une mort à ſouffrir.
Il dit, & d’un poignard coupe auſſi-tôt ſa trame.
Thiſbé vient ; Thiſbé voit tomber ſon cher Pirame.
Que devint-elle auſſi ? tout lui manque à la fois,

Le ſens, & les eſprits auſſi bien que la voix.
Elle revient enfin ; Cloton pour l’amour d’elle
Laiſſe à Pirame ouvrir ſa mourante prunelle.
Il ne regarde point la lumiere des Cieux ;
Sur Thiſbé ſeulement il tourne encor les yeux.
Il voudroit lui parler, ſa langue eſt retenuë ;
Il témoigne mourir content de l’avoir vûë.
Thiſbé prend le poignard ; & découvrant ſon ſein,
Je n’accuſerai point, dit-elle, ton deſſein ;
Bien moins encor l’erreur de ton ame alarmée ;
Ce ſeroit t’accuſer de m’avoir trop aimée.

Je ne t’aime pas moins : tu vas voir que mon cœur
N’a non plus que le tien merité ſon malheur.
Cher Amant, reçois donc ce triſte ſacrifice.
Sa main & le poignard font alors leur office :
Elle tombe, & tombant range ſes vétemens,
Dernier trait de pudeur, même aux derniers momens.
Les Nymphes d’alentour lui donnerent des larmes ;
Et du ſang des Amans teignirent par des charmes
Le fruit d’un Meurier proche, & blanc juſqu’à ce jour,
Éternel monument d’un ſi parfait amour.
Cette hiſtoire attendrit les filles de Minée :

L’une accusoit l’Amant, l’autre la deſtinée,
Et toutes d’une voix conclurent que nos cœurs
De cette paſſion devroient être vainqueurs.
Elle meurt quelquefois avant qu’être contente ;
L’eſt-elle ? elle devient auſſi-tôt languiſſante :
Sans l’hymen on n’en doit recueillir aucun fruit,
Et cependant l’hymen eſt ce qui la détruit.
Il y joint, dit Climene, une âpre jalouſie.
Poiſon le plus cruel dont l’ame ſoit ſaiſie.
Je n’en veux pour témoin que l’erreur de Procris.

Alcithoé ma sœur, attachant vos eſprits,
Des tragiques amours vous a conté l’élite ;
Celles que je vais dire ont auſſi leur merite.
J’acourcirai le temps ainſi qu’elle, à mon tour.
Peu s’en faut que Phœbus ne partage le jour.
À ſes raïons perçans oppoſons quelques voiles.
Voïons combien nos mains ont avancé nos toiles.
Je veux que ſur la mienne, avant que d’être au ſoir,
Un progrés tout nouveau ſe faſſe appercevoir :
Cependant donnez-moy quelque heure de ſilence,
Ne vous rebutez point de mon peu d’éloquence ;

Souffrez-en les défauts ; & ſongez ſeulement
Au fruit qu’on peut tirer de cet évenement.

Cephale aimoit Procris, il étoit aimé d’elle ;
Chacun ſe propoſoit leur Hymen pour modelle.
Ce qu’Amour fait ſentir de piquant & de doux
Combloit abondamment les vœux de ces Époux.
Ils ne s’aimoient que trop ; leurs ſoins & leur tendreſſe
Approchoient des tranſports d’Amant & de Maiſtreſſe ;
Le Ciel même envia cette felicité :
Cephale eut à combattre une Divinité.

Il étoit jeune & beau, l’Aurore en fut charmée ;
N’étant pas à ces biens, chez elle, accoûtumée.
Nos belles cacheroient un pareil ſentiment :
Chez les Divinitez on en uſe autrement.
Celle-cy declara ſon amour à Cephale.
Il eut beau luy parler de la foy conjugale ;
Les jeunes Deïtez qui n’ont qu’un vieil Époux,
Ne ſe ſoûmettent point à ces loix comme nous.
La Déeſſe enleva ce Heros ſi fidelle :
De moderer ſes feux il pria l’Immortelle.
Elle le fit ; l’amour devint ſimple amitié :
Retournez, dit l’Aurore, avec votre moitié.

Je ne troublerai plus vôtre ardeur ni la ſienne ;
Recevez ſeulement ces marques de la mienne.
(C’étoit un javelot toujours seur de ſes coups.)
Un jour cette Procris qui ne vit que pour vous,
Fera le deſeſpoir de vôtre ame charmée,
Et vous aurez regret de l’avoir tant aimée.
Tout Oracle eſt douteux, & porte un double ſens ;
Celuy-cy mit d’abord nôtre Époux en ſuſpens :
J’aurai regret aux vœux que j’ai formez pour elle ;
Et comment ? N’eſt-ce point qu’elle m’eſt infidelle ?
Ah finiſſent mes jours plûtôt que de le voir !

Éprouvons toutefois ce que peut ſon devoir.
Des Mages auſſi-tôt conſultant la ſcience,
D’un feint adoleſcent il prend la reſſemblance ;
S’en va trouver Procris, éleve juſqu’aux Cieux
Ses beautez qu’il ſoûtient être dignes des Dieux ;
Joint les pleurs aux ſoûpirs comme un Amant ſçait faire,
Et ne peut s’éclaircir par cet art ordinaire.
Il falut recourir à ce qui porte coup,
Aux preſens ; il offrit, donna promit beaucoup,
Promit tant que Procris lui parut incertaine.
Toute choſe a ſon prix : voilà Cephale en peine ;

Il renonce aux citez, s’en va dans les forêts,
Conte aux vents, conte aux bois ſes déplaiſirs ſecrets :
S’imagine en chaſſant diſſiper ſon martyre.
C’étoit pendant ces mois où le chaud qu’on reſpire
Oblige d’implorer l’haleine des Zephirs.
Doux Vents, s’écrioit-il, prétez-moi des ſoupirs,
Venez, legers Demons par qui nos champs fleuriſſent :
Aure, fais-les venir ; je ſçai qu’ils t’obeïſſent ;
Ton emploi dans ces lieux eſt de tout ranimer.
On l’entendit, on crut qu’il venoit de nommer
Quelque objet de ſes vœux autre que ſon Épouſe.

Elle en eſt avertie, & la voilà jalouſe.
Maint voiſin charitable entretient ſes ennuis :
Je ne le puis plus voir, dit-elle, que les nuits.
Il aime donc cette Aure, & me quitte pour elle ?
Nous vous plaignons ; il l’aime, & ſans ceſſe il l’appelle ;
Les échos de ces lieux n’ont plus d’autres emplois
Que celui d’enſeigner le nom d’Aure à nos bois.
Dans tous les environs le nom d’Aure réſonne.
Profitez d’un avis qu’en paſſant on vous donne.
L’interêt qu’on y prend eſt de vous obliger.
Elle en profite, helas ! & ne fait qu’y ſonger.

Les Amants ſont toûjours de legere croïance.
S’ils pouvoient conſerver un raïon de prudence,
(Je demande un grand poinct, la prudence en amours)
Ils ſeroient aux rapports inſenſibles & ſourds.
Nôtre Épouſe ne fut l’une ni l’autre choſe :
Elle ſe leve un jour ; & lorſque tout repoſe,
Que de l’aube au teint frais la charmante douceur
Force tout au ſommeil, hormis quelque Chaſſeur,
Elle cherche Cephale ; un bois l’offre à ſa vuë.
Il invoquoit déja cette Aure pretenduë.

Viens me voir, diſoit-il, chere Déeſſe accours :
Je n’en puis plus, je meurs, fais que par ton ſecours
La peine que je ſens ſe trouve ſoulagée.
L’Épouſe ſe prétend par ces mots outragée ;
Elle croit y trouver, non le ſens qu’ils cachoient,
Mais celui ſeulement que ſes ſoupçons cherchoient.
Ô triſte jalouſie ! ô paſſion amere !
Fille d’un fol amour, que l’erreur a pour mere !
Ce qu’on voit par tes yeux cauſe aſſez d’embarras,
Sans voir encor par eux ce que l’on ne void pas.
Procris s’étoit cachée en la même retraite

Qu’un Fan de Biche avoit pour demeure ſecrete :
Il en ſort ; & le bruit trompe auſſi-tôt l’Époux.
Cephale prend le dard toûjours seur de ſes coups,
Le lance en cet endroit, & perce ſa jalouſe ;
Malheureux aſſaſſin d’une ſi chere Épouſe.
Un cri lui fait d’abord ſoupçonner quelque erreur ;
Il accourt, void ſa faute, & tout plein de fureur,
Du même javelot il veut s’ôter la vie.
L’Aurore & les Deſtins arrêtent cette envie.
Cet office lui fut plus cruel qu’indulgent.
L’infortuné Mari ſans ceſſe s’affligeant,
Eût accrû par ſes pleurs le nombre des fontaines,

Si la Déeſſe enfin, pour terminer ſes peines,
N’eût obtenu du Sort que l’on tranchat ſes jours ;
Triſte fin d’un Hymen bien divers en ſon cours.
Fuïons ce nœud, mes Sœurs, je ne puis trop le dire.
Jugez par le meilleur quel peut être le pire.
S’il ne nous eſt permis d’aimer que ſous ſes loix,
N’aimons point. Ce deſſein fut pris par toutes trois.
Toutes trois pour chaſſer de ſi triſtes penſées,
À revoir leur travail ſe montrent empreſſées.
Climene en un tiſſu riche, pénible, & grand,

Avoit preſque achevé le fameux different
D’entre le Dieu des eaux & Pallas la ſçavante.
On voïoit en lointain une ville naiſſante.
L’honneur de la nommer entr’eux deux conteſté,
Dépendoit du preſent de chaque Deïté.
Neptune fit le ſien d’un ſymbole de guerre.
Un coup de ſon trident fit ſortir de la terre
Un animal fougueux, un Courſier plein d’ardeur.
Chacun de ce preſent admiroit la grandeur.
Minerve l’effaça, donnant à la contrée
L’Olivier, qui de paix eſt la marque aſſurée ;
Elle emporta le prix, & nomma la Cité.

Athene offrit ſes vœux à cette Déité.
Pour les lui preſenter on choiſit cent pucelles,
Toutes ſçachant broder, auſſi ſages que belles.
Les premieres portoient force preſents divers.
Tout le reſte entouroit la Déeſſe aux yeux pers.
Avec un doux ſouris elle acceptoit l’hommage.
Climene aïant enfin reploïé ſon ouvrage,
La jeune Iris commence en ces mots ſon recit.

Rarement pour les pleurs mon talent réüſſit,
Je ſuivrai toutefois la matiere impoſée.
Telamon pour Cloris avoit l’ame embraſée :

Cloris pour Telamon brûloit de ſon côté.
La naiſſance, l’eſprit, les graces, la beauté ;
Tout ſe trouvoit en eux, hormis ce que les hommes
Font marcher avant tout dans ce ſiecle où nous ſommes.
Ce ſont les biens, c’eſt l’or, merite univerſel.
Ces Amants, quoi-qu’épris d’un deſir mutuel,
N’oſoient au blond Hymen ſacrifier encore ;
Faute de ce métail que tout le monde adore.
Amour s’en paſſeroit, l’autre état ne le peut :
Soit raiſon, ſoit abus, le Sort ainſi le veut.

Cette loi qui corrompt les douceurs de la vie,
Fut par le jeune Amant d’une autre erreur ſuivie.
Le Démon des Combats vint troubler l’Univers.
Un Païs conteſté par des Peuples divers
Engagea Telamon dans un dur exercice.
Il quitta pour un temps l’amoureuſe milice.
Cloris y conſentit, mais non pas ſans douleur.
Il voulut meriter ſon eſtime & ſon cœur.
Pendant que ſes exploits terminent la querelle,
Un parent de Cloris meurt, & laiſſe à la belle
D’amples poſſeſſions & d’immenſes treſors :

Il habitoit les lieux où Mars regnoit alors.
La Belle s’y tranſporte ; & partout révérée,
Par tout, des deux partis Cloris conſiderée,
Void de ſes propres yeux les champs où Telamon
Venoit de conſacrer un trophée à ſon nom.
Lui de ſa part accourt, et, tout couvert de gloire
Il offre à ſes amours les fruits de ſa victoire.
Leur rencontre ſe fit non loin de l’élement
Qui doit être évité de tout heureux Amant.
Des ce jour l’âge d’or les eût joints ſans myſtere ;

L’âge de fer en tout a coûtume d’en faire.
Cloris ne voulut donc couronner tous ces biens
Qu’au ſein de ſa Patrie, & de l’aveu des ſiens.
Tout chemin, hors la mer, alongeant leur ſouffrance,
Ils commettent aux flots cette douce eſperance.
Zephyre les ſuivoit quand preſque en arrivant,
Un Pirate ſurvient, prend le deſſus du vent,
Les attaque, les bat. En vain par ſa vaillance
Telamon juſqu’au bout porte la réſiſtance.
Aprés un long combat ſon parti fut défait ;

Lui pris ; & ſes efforts n’eurent pour tout effet
Qu’un eſclavage indigne. Ô Dieux, qui l’eût pû croire !
Le ſort ſans reſpecter ni ſon ſang ni ſa gloire,
Ni ſon bonheur prochain, ni les vœux de Cloris,
Le fit être forçat auſſi-tôt qu’il fut pris.
Le deſtin ne fut pas à Cloris ſi contraire ;
Un celebre Marchand l’achète du Corſaire :
Il l’emmene ; & bien-tôt la Belle, malgré ſoi,
Au milieu de ſes fers, range tout ſous ſa loi.
L’Épouſe du Marchand la void avec tendreſſe.
Ils en font leur Compagne, & leur fils ſa Maîtreſſe.

Chacun veut cet Hymen : Cloris à leurs deſirs
Répondoit ſeulement par de profonds ſoûpirs.
Damon, c’étoit ce fils, lui tient ce doux langage :
Vous ſoûpirez toûjours, toûjours vôtre viſage
Baigné de pleurs nous marque un déplaiſir ſecret.
Qu’avez-vous ? vos beaux yeux verroient-ils à regret
Ce que peuvent leurs traits, & l’excez de ma flâme ?
Rien ne vous force ici, découvrez-nous vôtre ame ;
Cloris, c’eſt moi qui ſuis l’eſclave, & non pas vous ;
Ces lieux, à vôtre gré, n’ont-ils rien d’aſſez doux ?

Parlez ; nous ſommes prêts à changer de demeure ;
Mes parens m’ont promis de partir tout-à-l’heure.
Regretez-vous les biens que vous avez perdus ?
Tout le nôtre eſt à vous, ne le dédaignez plus.
J’en ſçai qui l’agréroient ; j’ai ſçû plaire à plus d’une ;
Pour vous, vous meritez toute une autre fortune.
Quelle que ſoit la nôtre, uſez-en ; vous voïez
Ce que nous poſſedons, & nous-même à vos pieds.
Ainſi parle Damon, & Cloris toute en larmes,
Lui répond en ces mots accompagnez de charmes.

Vos moindres qualitez, & cet heureux ſejour
Même aux Filles des Dieux donneroient de l’amour ;
Jugez donc ſi Cloris eſclave & malheureuſe,
Voit l’offre de ces biens d’une ame dédaigneuſe.
Je ſçai quel eſt leur prix ; mais de les accepter,
Je ne puis ; & voudrois vous pouvoir écouter.
Ce qui me le défend, ce n’eſt point l’eſclavage ;
Si toûjours la naiſſance éleva mon courage,
Je me vois, grace aux Dieux, en des mains où je puis
Garder ces ſentimens malgré tous mes ennuis.

Je puis même avouër (helas ! faut-il le dire ? )
Qu’un autre a ſur mon cœur conſervé ſon empire.
Je cheris un Amant, ou mort ou dans les fers ;
Je prétens le cherir encor dans les enfers.
Pourriez-vous eſtimer le cœur d’une inconſtante ?
Je ne ſuis déja plus aimable ni charmante,
Cloris n’a plus ces traits que l’on trouvoit ſi doux,
Et doublement eſclave eſt indigne de vous.
Touché de ce diſcours, Damon prend congé d’elle :
Fuïons, dit-il en ſoi, j’oublîrai cette Belle,

Tout paſſe, & même un jour ſes larmes paſſeront :
Voïons ce que l’abſence & le temps produiront.
À ces mots il s’embarque ; et, quittant le rivage,
Il court de mer en mer, aborde en lieu ſauvage ;
Trouve des malheureux de leurs fers échapez,
Et ſur le bord d’un bois à chaſſer occupez.
Telamon, de ce nombre, avoit briſé ſa chaiſne ;
Aux regards de Damon il ſe preſente à peine,
Que ſon air, ſa fierté, ſon eſprit, tout enfin
Fait qu’à l’abord Damon admire ſon deſtin,

Puis le plaint, puis l’emmeine, & puis lui dit ſa flâme.
D’une Eſclave, dit-il, je n’ai pû toucher l’ame :
Elle cherit un mort ! Un mort ! ce qui n’eſt plus
L’emporte dans ſon cœur ! mes vœux ſont ſuperflus.
Là-deſſus de Cloris il lui fait la peinture.
Telamon dans ſon ame admire l’avanture,
Diſſimule, & ſe laiſſe emmener au ſejour
Où Cloris lui conſerve un ſi parfait amour.
Comme il vouloit cacher avec ſoin ſa fortune,
Nulle peine pour lui n’étoit vile & commune.
On apprend leur retour & leur débarquement ;

Cloris ſe preſentant à l’un & l’autre Amant,
Reconnoît Telamon ſous un faix qui l’accable ;
Ses chagrins le rendoient pourtant méconnoiſſable ;
Un œil indifferent à le voir eût erré,
Tant la peine & l’amour l’avoient défiguré.
Le fardeau qu’il portoit ne fut qu’un vain obſtacle ;
Cloris le reconnoît, & tombe à ce ſpectacle ;
Elle perd tous ſes ſens & de honte & d’amour.
Telamon d’autre part tombe preſque à ſon tour ;
On demande à Cloris la cauſe de ſa peine ?
Elle la dit, ce fut ſans s’attirer de haine ;

Son récit ingénu redoubla la pitié
Dans des cœurs prévenus d’une juſte amitié.
Damon dit que ſon zele avoit changé de face.
On le crut. Cependant, quoi-qu’on diſe & qu’on faſſe,
D’un triomphe ſi doux l’honneur & le plaiſir
Ne ſe perd qu’en laiſſant des reſtes de deſir.
On crut pourtant Damon. Il reſtraignit ſon zele
À ſceller de l’Hymen une union ſi belle ;
Et par un ſentiment à qui rien n’eſt égal,
ll pria ſes parens de doter ſon Rival.
Il l’obtint, renonçant dés-lors à l’Hyménée.
Le ſoir étant venu de l’heureuſe journée,

Les nôces ſe faiſoient à l’ombre d’un ormeau :
L’enfant d’un voiſin vid s’y percher un corbeau :
Il fait partir de l’arc une fleche maudite,
Perce les deux Époux d’une atteinte ſubite.
Cloris mourut du coup, non ſans que ſon Amant
Attirât ſes regards en ce dernier moment.
Il s’écrie en voïant finir ſes deſtinées ;
Quoi ! la parque a tranché le cours de ſes années ?
Dieux, qui l’avez voulu, ne ſuffisoit-il pas
Que la haine du Sort avançât mon trépas ?
En achevant ces mots il acheva de vivre ;

Son amour, non le coup, l’obligea de la ſuivre ;
Bleſſé legerement il paſſa chez les morts ;
Le Styx vid nos Époux accourir ſur ſes bords ;
Même accident finit leurs précieuſes trames ;
Même tombe eut leurs corps, même ſejour leurs ames.
Quelques-uns ont écrit (mais ce fait eſt peu ſeur)
Que chacun d’eux devint ſtatuë & marbre dur.
Le couple infortuné face à face repoſe,
Je ne garantis point cette metamorphoſe ;
On en doute. On le croit plus que vous ne penſez,
Dit Climene ; & cherchant dans les ſiecles paſſez

Quelque exemple d’amour & de vertu parfaite,
Tout ceci me fut dit par le ſage Interprete.
J’admirai, je plaignis ces Amans malheureux ;
On les alloit unir ; tout concouroit pour eux ;
Ils touchoient au moment ; l’attente en étoit ſûre ;
Helas ! il n’en eſt point de telle en la nature ;
Sur le point de jouïr tout s’enfuit de nos mains ;
Les Dieux ſe font un jeu de l’eſpoir des humains.
Laiſſons, reprit Iris, cette triſte penſée.
La Feſte eſt vers ſa fin, grace au Ciel avancée ;

Et nous avons paſſé tout ce temps en recits,
Capables d’affliger les moins ſombres eſprits !
Effaçons, s’il ſe peut, leur image funeſte :
Je pretends de ce jour mieux emploïer le reſte ;
Et dire un changement, non de corps, mais de cœur :
Le miracle en eſt grand ; Amour en fut l’auteur :
Il en fait tous les jours de diverſe maniere.
Je changerai de ſtile en changeant de matiere.

Zoon plaiſoit aux yeux, mais ce n’eſt pas aſſez :
Son peu d’eſprit, ſon humeur ſombre,

Rendoient ces talens mal placez :
Il fuïoit les citez, il ne cherchoit que l’ombre,
Vivoit parmi les bois concitoïen des ours,
Et paſſoit ſans aimer les plus beaux de ſes jours.
Nous avons condamné l’amour, m’allez-vous dire ;
J’en blâme en nous l’excés ; mais je n’approuve pas
Qu’inſenſible aux plus doux appas
Jamais un homme ne ſoûpire.
He quoi, ce long repos eſt-il d’un ſi grand prix ?
Les morts ſont donc heureux ; ce n’eſt pas mon avis.
Je veux des paſſions ; & ſi l’état le pire
Eſt le neant, je ne ſçai point
De neant plus complet qu’un cœur froid à ce poinct.

Zoon n’aimant donc rien, ne s’aimant pas lui-même,
Vit Iole endormie, & le voilà frapé ;
Voilà ſon cœur développé.
Amour par ſon ſçavoir ſuprême,
Ne l’eut pas fait amant qu’il en fit un heros
Zoon rend grace au Dieu qui troubloit ſon repos :
Il regarde en tremblant cette jeune merveille.
À la fin Iole s’éveille :
Surpriſe & dans l’étonnement,
Elle veut fuir, mais ſon Amant
L’arrête, & lui tient ce langage :
Rare & charmant objet, pourquoi me fuïez-vous ?
Je ne ſuis plus celui qu’on trouvoit ſi ſauvage :
C’eſt l’effet de vos traits, auſſi puiſſans que doux :

Ils m’ont l’ame & l’eſprit, & la raiſon donnée.
Souffrez que vivant ſous vos loix
J’emploie à vous ſervir des biens que je vous dois.
Iole à ce diſcours encor plus étonnée,
Rougit, & ſans répondre elle court au hameau,
Et raconte à chacun ce miracle nouveau.
Ses Compagnes d’abord s’aſſemblent autour d’elle :
Zoon ſuit en triomphe, & chacun applaudit.
Je ne vous dirai point, mes ſœurs, tout ce qu’il fit,
Ni ſes ſoins pour plaire à la Belle.
Leur hymen ſe conclut : un Satrape voiſin,
Le propre jour de cette fête,
Enleve à Zoon ſa conquête.

On ne ſoupçonnoit point qu’il eût un tel deſſein.
Zoon accourt au bruit, recouvre ce cher gage,
Pourſuit le raviſſeur, & le joint ,& l’engage
En un combat de main à main.
Iole en eſt le prix, auſſi bien que le juge.
Le Satrape vaincu trouve encor du refuge
En la bonté de ſon rival.
Helas ! cette bonté lui devint inutile ;
Il mourut du regret de cet hymen fatal.
Aux plus infortunez la tombe ſert d’azile.
Il prit pour héritiere, en finiſſant ſes jours,
Iole, qui moüilla de pleurs ſon Mauſolée.
Que ſert-il d’être plaint quand l’ame eſt envolée ?
Ce Satrape eût mieux fait d’oublier ſes amours.

La jeune Iris à peine achevoit cette hiſtoire ;
Et ſes sœurs avoüoient qu’un chemin à la gloire
C’eſt l’amour : on fait tout pour ſe voir eſtimé ;
Eſt-il quelque chemin plus court pour eſtre aimé ?
Quel charme de s’ouïr louër par une bouche
Qui même ſans s’ouvrir nous enchante & nous touche.
Ainſi diſoient ces Sœurs. Un orage ſoudain
Jette un ſecret remords dans leur profane ſein.
Bacchus entre, & ſa cour, confus & long cortege :
Où ſont, dit-il, ces Sœurs à la main ſacrilege ?
Que Pallas les défende, & vienne en leur faveur

Oppoſer ſon Ægide à ma juſte fureur :
Rien ne m’empêchera de punir leur offence :
Voïez :; & qu’on ſe rie aprés de ma puiſſance.
Il n’eut pas dit, qu’on vid trois monſtres au plancher,
Ailez, noirs & velus, en un coin s’attacher.
On cherche les trois Sœurs ; on n’en void nulle trace :
Leurs métiers ſont briſez, on éleve en leur place
Une Chapelle au Dieu, pere du vrai Nectar.
Pallas a beau ſe plaindre, elle a beau prendre part
Au deſtin de ces Sœurs par elle protegées.
Quand quelque Dieu voyant ſes bontez negligées,

Nous foit ſentir ſon ire ; un autre n’y peut rien :
L’Olympe s’entretient en paix par ce moïen.
Profitons, s’il ſe peut, d’un ſi fameux exemple.
Chommons : c’eſt faire aſſez qu’aller de Temple en Temple
Rendre à chaque Immortel les vœux qui lui ſont dûs :
Les jours donnez aux Dieux ne ſont jamais perdus.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:41

Le Juge arbitre, l'Hospitalier, et le Solitaire est la vingt-cinquième fable du livre XII de Jean de La Fontaine situé dans le troisième et dernier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1693 mais daté de 1694.

Synopsis

Le moralisateur fait dans cette fable l'éloge de la retraite à travers l'histoire de trois saints qui veulent chacun atteindre le salut. Le premier se fait juge afin de résoudre les disputes. Le deuxième devient hospitalier, afin de soigner les souffrants.

Malheureusement, le juge se rend compte qu'il ne parvient à concilier les hommes, pour qui cet arbitre ne convient jamais, et l'hospitalier ne reçoit que les plaintes de malades. Ils rendent donc visite au troisième saint, lequel s'est exilé dans une retraite, un otium. Pour lui, un homme ne peut apprendre à se connaître dans un environnement habité :

Troublez l'eau. Vous y voyez vous?
Agitez celle-ci comment nous verrions nous?

Cette fable est la dernière écrite par La Fontaine et se conclut par les vers :

Cette leçon sera la dernière de ces Ouvrages :
Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir !
Je la présente aux Rois, je la propose aux Sages :
Par où saurais-je mieux finir ?

FABLE XXIX.
Le Juge Arbitre, l’Hoſpitalier, & le Solitaire.


TROIS Saints également jaloux de leur ſalut,
Portez d’un même eſprit, tendoient à même but.
Ils s’y prirent tous trois par des routes diverſes.

Tous chemins vont à Rome : ainſi nos Concurrens
Crurent pouvoir choiſir des ſentiers differens.
L’un touché des ſoucis, des longueurs, des traverſes
Qu’en appanage on voit aux Procés attachez,
S’offrit de les juger ſans recompenſe aucune,
Peu ſoigneux d’établir icy-bas ſa fortune.
Depuis qu’il eſt des Loix, l’Homme pour ſes pechez
Se condamne à plaider la moitié de ſa vie.
La moitié ? les trois quarts, & bien ſouvent le tout.
Le Conciliateur crut qu’il viendroit à bout
De guérir cette folle & deteſtable envie.

Le ſecond de nos Saints choiſit les Hôpitaux.
Je le louë ; & le ſoin de ſoulager ces maux
Eſt une charité que je préfere aux autres.
Les Malades d’alors étant tels que les nôtres,
Donnoient de l’exercice au pauvre Hoſpitalier ;
Chagrins, impatiens, & ſe plaignant ſans ceſſe :
Il a pour tels & tels un ſoin particulier ;
Ce ſont ſes amis ; il nous laiſſe.
Ces plaintes n’étoient rien au prix de l’embarras
Où ſe trouva reduit l’Appointeur de débats.
Aucun n’étoit content ; la Sentence arbitrale
À nul des deux ne convenoit :
Jamais le Juge ne tenoit

À leur gré la balance égale,
De ſemblables diſcours rebutoient l’Appointeur.
Il court aux Hôpitaux, va voir leur Directeur.
Tous deux ne recueillant que plainte & que murmure,
Affligez, & contraints de quitter ces emplois,
Vont confier leur peine au ſilence des bois.
Là ſous d’âpres rochers, prés d’une ſource pure,
Lieu reſpecté des vents, ignoré du Soleil,
Ils trouvent l’autre Saint, lui demandent conſeil.
Il faut, dit leur ami, le prendre de ſoi-même.
Qui mieux que vous ſçait vos beſoins ?
Aprendre à ſe connoître eſt le premier des ſoins

Qu’impoſe à tous mortels la Majeſté Suprême.
Vous étes-vous connus dans le monde habité ?
L’on ne le peut qu’aux lieux pleins de tranquillité :
Chercher ailleurs ce bien, eſt une erreur extrême.
Troublez l’eau ; vous y voyez-vous ?
Agitez celle-ci. Comment nous verrions-nous ?
La vaſe eſt un épais nuage
Qu’aux effets du criſtal nous venons d’oppoſer.
Mes Freres, dit le Saint, laiſſez la repoſer ;
Vous verrez alors vôtre image.
Pour vous mieux contempler demeurez au deſert.
Ainſi parla le Solitaire.

Il fut crû, l’on ſuivit ce conſeil ſalutaire.
Ce n’eſt pas qu’un emploi ne doive être ſouffert.
Puiſqu’on plaide, & qu’on meurt, & qu’on devient malade,
Il faut des Medecins, il faut des Avocats.
Ces ſecours, grace à Dieu, ne nous manqueront pas ;
Les honneurs & le gain, tout me le perſuade.
Cependant on s’oublie en ces communs beſoins.
Ô vous dont le Public emporte tous les ſoins,
Magiſtrats, Princes, & Miniſtres,
Vous que doivent troubler mille accidens ſiniſtres,
Que le malheur abbat, que le bonheur corrompt,

Vous ne vous voïez point, vous ne voïez perſonne.
Si quelque bon moment à ces penſers vous donne,
Quelque flateur vous interrompt.
Cette leçon ſera la fin de ces Ouvrages :
Puiſſe-t-elle être utile aux ſiecles à venir !
Je la preſente aux Rois, je la propoſe aux Sages ;
Par où ſçaurois-je mieux finir ?
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Jeu 1 Sep à 9:41

Belphégor (La Fontaine)

Belphégor est la vingt-septième fable du livre XII de Jean de La Fontaine situé dans le troisième et dernier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en 1693.

Résumé
Le Diable, qui interrogeait les damnés, se rendit un jour compte qu'une grande partie fût envoyée ici par une femme ou un mari. Lui et ses sujets décidèrent d'envoyer le plus habile d'entre eux, Belphégor, sur Terre pour comprendre le mariage. Il devait y rester 10 ans et rapporter tout ce qu'il apprenait et avait une bonne somme d'argent à sa disposition. Le démon arriva à Florence, ville de luxe à l'époque, et commença sa mission en prenant pour nom Roderic. Il décida de se marier pour étudier la chose plus précisément. Il s'unit à Honnesta, une femme belle et riche mais insupportable. Mais fut ruiné par son intendant et décida de fuir sa femme et ses créancier. Il se cacha près de Naples, chez un fermier nommé Matheo. Les deux hommes élaborèrent un plan qui enrichirait le fermier et permettrait à Roderic de se cacher un certain temps : ce dernier posséderait trois personnes et Matheo viendrait les exorciser sans problèmes, en échange d'une récompense pour cet acte. Ils réussirent avec succès, les victimes de ce stratagème furent trois jeunes demoiselles. Les trois « exorcismes » accomplis, le rôle de Matheo était rempli, mais Belphégor pour se cacher de ses précédents malheurs, entra dans le corps de la fille du roi de Naples. Ce dernier eut vent des dons du fermier, il le fit venir auprès de lui, mais son accord avec le démon dépassé, il ne put le renvoyer. Le pauvre Matheo fut conduit à la potence et demanda qu'on l'accompagne au tambour. Belphégor interpellé lui demanda l'origine de ce son et le condamné lui répondit que c'était Honnesta qui le réclamait : terrifié, le diable quitta le corps de la princesse pour retourner en Enfer. Il rapporta les défauts du mariage à son Maître et retourna à sa place parmi les autres démons.

FABLE XXVII.
BELPHÉGOR.
Nouvelle tirée de Machiavel.


Un jour Satan, Monarque des enfers,
Faisoit paſſer ſes Sujets en revûë.
Là confondus tous les états divers,

Princes & Rois, & la tourbe menuë,
Jettoient maint pleur, pouſſoient maint & maint cri,
Tant que Satan en étoit étourdi.
Il demandoit en paſſant à chaque ame ;
Qui t’a jettée en l’éternelle flame ?
L’une disoit, Helas ! c’eſt mon Mari ;
L’autre auſſi-tôt répondoit, C’eſt ma Femme.
Tant & tant fut ce diſcours repeté,
Qu’enfin Satan dit en plein Conſiſtoire :
Si ces gens-ci diſent la verité
Il eſt aiſé d’augmenter nôtre gloire.
Nous n’avons donc qu’à le verifier.
Pour cet effet il nous faut envoïer
Quelque Demon plein d’art & de prudence ;
Qui non content d’obſerver avec ſoin
Tous les Hymens dont il ſera témoin,

Y joigne auſſi ſa propre experience.
Le Prince aïant propoſé la Sentence,
Le noir Senat ſuivit tout d’une voix.
De Belphegor auſſi-tôt on fit choix.
Ce Diable étoit tout yeux & tout oreilles,
Grand éplucheur, clairvoïant à merveilles,
Capable enfin de penetrer dans tout,
Et de pouſſer l’examen juſqu’au bout.
Pour ſubvenir aux frais de l’entrepriſe,
On lui donna mainte & mainte remiſe,
Toutes à vûë, & qu’en lieux differens
Il pût toucher par des correſpondans.
Quant au ſurplus, les fortunes humaines,
Les biens, les maux, les plaiſirs & les peines,
Bref ce qui ſuit nôtre condition,
Fut une annexe à ſa legation.
Il ſe pouvoit tirer d’affliction,
Par ſes bons tours, & par ſon induſtrie,

Mais non mourir, ni revoir ſa patrie,
Qu’il n’eût ici conſumé certain tems :
Sa miſſion devoit durer dix ans.
Le voilà donc qui traverſe & qui paſſe
Ce que le Ciel voulut mettre d’eſpace
Entre ce monde & l’éternelle nuit ;
Il n’en mit guere, un moment y conduit.
Nôtre Demon s’établit à Florence,
Ville pour lors de luxe & de dépenſe.
Même il la crut propre pour le trafic.
Là ſous le nom du Seigneur Roderic,
Il ſe logea, meubla, comme un riche homme ;
Groſſe maiſon, grand train, nombre de gens ;
Anticipant tous les jours ſur la ſomme
Qu’il ne devoit conſumer qu’en dix ans.
On s’étonnoit d’une telle bombance.
Il tenoit table, avoit de tous côtez

Gens à ſes frais, ſoit pour ſes voluptez,
Soit pour le faſte & la magnificence.
L’un des plaiſirs où plus il dépenſa
Fut la loüange : Apollon l’encenſa ;
Car il eſt maître en l’art de flaterie.
Diable n’eût onc tant d’honneurs en ſa vie.
Son cœur devint le but de tous les traits
Qu’amour lançoit : il n’étoit point de belle
Qui n’emploïât ce qu’elle avoit d’attraits
Pour le gagner, tant ſauvage fût-elle :
Car de trouver une ſeule rebelle,
Ce n’eſt la mode à gens de qui la main
Par les preſens s’aplanit tout chemin.
C’eſt un reſſort en tous deſſeins utile.
Je l’ai jà dit, & le redis encor ;
Je ne connois d’autre premier mobile
Dans l’Univers, que l’argent & que l’or.
Nôtre Envoïé cependant tenoit compte

De chaque Hymen, en journaux differens ;
L’un des Époux ſatisfaits & contens,
Si peu rempli que le Diable en eut honte.
L’autre journal incontinent fut plein.
À Belphegor il ne reſtoit enfin
Que d’éprouver la choſe par lui-même.
Certaine fille à Florence étoit lors ;
Belle, & bien faite, & peu d’autres treſors ;
Noble d’ailleurs, mais d’un orgueil extrême ;
Et d’autant plus que de quelque vertu
Un tel orgueil paroiſſoit revétu.
Pour Roderic on en fit la demande.
Le Pere dit que Madame Honneſta,
C’étoit ſon nom, avoit eu juſques-là
Force partis ; mais que parmi la bande
Il pourroit bien Roderic preferer,
Et démandoit tems pour déliberer.

On en convient. Le pourſuivant s’applique
À gagner celle où ſes vœux s’adreſſoient.
Fêtes & bals, ſerenades, muſique,
Cadeaux, feſtins, bien fort appetiſſoient,
Alteroient fort le fonds de l’Ambaſſade.
Il n’y plaint rien, en uſe en grand Seigneur,
S’épuiſe en dons. L’autre ſe perſuade
Qu’elle lui fait encor beaucoup d’honneur.
Concluſion qu’aprés force prieres,
Et des façons de toutes les manieres,
Il eut un oüi de Madame Honneſta.
Auparavant le Notaire y paſſa :
Dont Belphegor ſe mocquant en ſon ame ;
Hé quoi, dit-il, on acquiert une Femme
Comme un Château ! Ces gens ont tout gâté.

Il eut raiſon : ôtez d’entre les hommes
La ſimple foi, le meilleur eſt ôté.
Nous nous jettons, pauvres gens que nous ſommes,
Dans les procés en prenant le revers.
Les ſi, les cas, les Contracts ſont la porte
Par où la noiſe entra dans l’Univers :
N’eſperons pas que jamais elle en ſorte.
Solemnitez & loix n’empêchent pas
Qu’avec l’Hymen Amour n’ait des débats.
C’eſt le cœur ſeul qui peut rendre tranquille.
Le cœur fait tout, le reſte eſt inutile.
Qu’ainſi ne ſoit, voïons d’autres états.
Chez les Amis tout s’excuſe, tout paſſe ;
Chez les Amants tout plaît, tout eſt parfait ;
Chez les Époux tout ennuie & tout laſſe.

Le devoir nuit, chacun eſt ainſi fait :
Mais, dira-t-on, n’eſt-il en nulles guiſes
D’heureux ménage ? Aprés meur examen,
J’appelle un bon, voir un parfait Hymen,
Quand les conjoints ſe ſouffrent leurs ſottiſes.

Sur ce point-là c’eſt aſſez raiſonné.
Dés que chez lui le Diable eut amené
Son Épouſée, il jugea par lui-même
Ce qu’eſt l’Hymen avec un tel Demon :
Toûjours debats, toûjours quelque ſermon
Plein de ſottiſe en un degré ſuprême.
Le bruit fut tel que Madame Honneſta
Plus d’une fois les voiſins éveilla :
Plus d’une fois on courut à la noiſe.
Il lui falloit quelque ſimple Bourgeoiſe,
Ce disoit-elle ; un petit Trafiquant
Traiter ainſi les Filles de mon rang !

Meritoit-il femme ſi vertueuſe ?
Sur mon devoir je ſuis trop ſcrupuleuſe :
J’en ai regret, & ſi je faiſois bien...
Il n’eſt pas seur qu’Honneſta ne fiſt rien :
Ces prudes-là nous en font bien accroire.
Nos deux Époux, à ce que dit l’Hiſtoire,
Sans diſputer n’étoient pas un moment.
Souvent leur guerre avoit pour fondement
Le jeu, la juppe ou quelque ameublement
D’Été, d’Hyver, d’entre-tems, bref un monde
D’inventions propres à tout gâter.
Le pauvre Diable eut lieu de regretter
De l’autre Enfer la demeure profonde.
Pour comble enfin Roderic épouſa
La parenté de Madame Honneſta,
Aïant ſans ceſſe & le pere & la mere,
Et la grand’ſœur avec le petit frere,
De ſes deniers mariant la grand’ſœur,

Et du petit païant le Precepteur.
Je n’ai pas dit la principale cauſe
De ſa ruine infaillible accident ;
Et j’oubliois qu’il eut un Intendant.
Un Intendant ? qu’eſt-ce que cette choſe ?
Je definis cet être, un animal
Qui, comme on dit, ſçait pêcher en eau trouble ;
Et plus le bien de ſon Maître va mal,
Plus le ſien croît, plus ſon profit redouble ;
Tant qu’aiſément lui-même acheteroit
Ce qui de net au Seigneur reſteroit :
Dont par raiſon bien & dûment déduite
On pourroit voir chaque choſe réduite
En ſon état, s’il arrivoit qu’un jour
L’autre devinſt l’Intendant à ſon tour ;
Car regagnant ce qu’il eut étant Maître,
Ils reprendroient tous deux leur premier être.

Le ſeul recours du pauvre Roderic,
Son ſeul eſpoir, étoit certain trafic
Qu’il pretendoit devoir remplir ſa bourſe,
Eſpoir douteux, incertaine reſſource.
Il étoit dit que tout ſeroit fatal
À nôtre Époux, ainſi tout alla mal.
Ses Agents tels que la plûpart des nôtres,
En abuſoient. Il perdit un vaiſſeau,
Et vid aller le commerce à vau-l’eau,
Trompé des uns, mal ſervi par les autres.
Il emprunta. Quand ce vint à païer,
Et qu’à ſa porte il vid le creancier,
Force lui fut d’eſquiver par la fuite,
Gagnant les champs, où de l’âpre pourſuite
Il ſe ſauva chez un certain Fermier,
En certain coin remparé de fumier.
À Matheo, c’étoit le nom du Sire,

Sans tant tourner il dit ce qu’il étoit ;
Qu’un double mal chez lui le tourmentoit,
Ses Creanciers & ſa Femme encor pire :
Qu’il n’y ſçavoit remede que d’entrer
Au corps des gens, & de s’y remparer,
D’y tenir bon : Iroit-on là le prendre ?
Dame Honneſta viendroit-elle y prôner
Qu’elle a regret de ſe bien gouverner ?
Choſe ennuïeuſe, & qu’il eſt las d’entendre.
Que de ces corps trois fois il ſortiroit
Si-tôt que lui Matheo l’en prîroit ;
Trois fois ſans plus, & ce pour récompenſe
De l’avoir mis à couvert des Sergens.
Tout auſſi-tôt l’Ambaſſadeur commence
Avec grand bruit d’entrer au corps des gens.
Ce que le ſien, ouvrage fantaſtique,

Devint alors, l’Hiſtoire n’en dit rien.
Son coup d’eſſai fut une Fille unique
Où le Galand ſe trouvoit aſſez bien ;
Mais Matheo moïennant groſſe ſomme
L’en fit ſortir au premier mot qu’il dit.
C’étoit à Naples, il ſe tranſporte à Rome ;
Saiſit un corps : Matheo l’en bannit,
Le chaſſe encore ; autre ſomme nouvelle.
Trois fois enfin, toûjours d’un corps femelle,
Remarquez bien, nôtre Diable ſortit.
Le Roi de Naples avoit lors une Fille,
Honneur du ſexe, eſpoir de ſa famille ;
Maint jeune Prince étoit ſon pourſuivant,
Là d’Honneſta Belphegor ſe ſauvant,
On ne le put tirer de cet azile.
Il n’étoit bruit aux champs comme à la ville
Que d’un manant qui chaſſoit les Eſprits.

Cent mille écus d’abord lui ſont promis.
Bien affligé de manquer cette ſomme
(Car les trois fois l’empêchoient d’eſperer
Que Belphegor ſe laiſſât conjurer)
Il la refuſe : il ſe dit un pauvre homme,
Pauvre pecheur, qui ſans ſçavoir comment,
Sans dons du Ciel, par hazard ſeulement,
De quelques corps a chaſſé quelque Diable,
Apparemment chetif, & miſerable,
Et ne connoît celui-ci nullement.
Il a beau dire ; on le force on l’ameine,
On le menace, on lui dit que ſous peine
D’être pendu, d’être mis haut & court
En un gibet, il faut que ſa puiſſance
Se manifeſte avant la fin du jour.

Dès l’heure même on vous met en preſence
Nôtre Demon & ſon Conjurateur.
D’un tel combat le Prince eſt ſpectateur.
Chacun y court, n’eſt fils de bonne mere
Qui pour le voir ne quitte toute affaire.
D’un côté ſont le gibet & la hart,
Cent mille écus bien comptez d’autre part.
Matheo tremble, & lorgne la finance.
L’Eſprit malin voïant ſa contenance
Rioit ſous cape, alleguoit les trois fois ;
Dont Matheo ſuoit dans ſon harnois,
Preſſoit, prioit, conjuroit avec larmes.
Le tout en vain : Plus il eſt en alarmes,
Plus l’autre rit. Enfin le Manant dit
Que ſur ce Diable il n’avoit nul credit.
On vous le hape & mene à la potence.
Comme il alloit haranguer l’aſſiſtance,
Neceſſité lui ſuggera ce tour :

Il dit tout bas qu’on batît le tambour,
Ce qui fut fait ; de quoi l’Eſprit immonde
Un peu ſurpris au Manant demanda :
Pourquoi ce bruit ? coquin, qu’entends-je là ?
L’autre répond : C’eſt Madame Honneſta
Qui vous reclame, & va par tout le Monde
Cherchant l’Époux que le Ciel lui donna.
Incontinent le Diable décampa,
S’enfuit au fond des Enfers, & conta
Tout le ſuccés qu’avoit eu ſon voïage.
Sire, dit-il, le nœud du Mariage
Damne auſſi dru qu’aucuns autres états.
Vôtre Grandeur voit tomber ici-bas,
Non par flocons, mais menu comme pluie,
Ceux que l’Hymen fait de ſa Confrerie,

J’ai par moi-même examiné le cas.
Non que de ſoi la choſe ne ſoit bonne ;
Elle eut jadis un plus heureux deſtin ;
Mais comme tout ſe corrompt à la fin,
Plus beau fleuron n’eſt en vôtre Couronne.
Satan le crut : il fut récompenſé,
Encor qu’il eût ſon retour avancé ;
Car qu’eût-il fait ? Ce n’étoit pas merveilles
Qu’aïant ſans ceſſe un Diable à ſes oreilles,
Toûjours le même, & toûjours ſur un ton,
Il fut contraint d’enfiler la venelle ;
Dans les Enfers, encore en change-t-on ;
L’autre peine eſt à mon ſens plus cruelle.
Je voudrois voir quelques gens y durer.
Elle eût à Job fait tourner la cervelle.
De tout ceci que pretends-je inferer ?

Premièrement je ne ſçai pire choſe
Que de changer ſon logis en priſon :
En ſecond lieu, ſi par quelque raiſon
Vôtre aſcendant à l’Hymen vous expoſe,
N’épouſez point d’Honneſta s’il ſe peut ;
N’a pas pourtant une Honneſta qui veut.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Mar 13 Sep à 10:12

Toulouse, le 13 Septembre 2016

"Lettre vers tous les Croyants, les Laics, les Athées et Indiférents sans distinction de sexes et d'appartenance"

"A travers l'histoire, il y a tout ces regards qui porte sur l'espérance d'une terre bénite où résonne la paix et l'harmonie si désireuse dans le cœur de l'Homme. Certains ont construit et d'autres ont détruit... Les Femmes n'eurent pas dans un premier temps à se soucier de leur image, telle des lionnes, elles étaient libre de se soumettre ou de se dérober à l'acte naturel de la Nature et de ses lois. Mais voilà; nous avons voulu une femme unique dans sa présentation et son comportement: La diversité lui fut enlevé et l'Homme perdit son statut d'être suprême de Dieu. Les Hyènes, les lions et les Éléphants devint les inspirateurs de l'évolution humaine, plus nous apprenons à observer ce qui reste de sauvage dans la nature, nous voyions que nous avons voulu supprimer ces codes d'honneurs... Ce qui était preuve de charité fut transformé en faiblesse ! Le lion qui élevait les fils de ses frères, ce lion là fut tué par les Hommes et ceux qui prirent sa défense furent exilés du cœur des femmes... On les transforma pour les soustraire à leurs regards... Trouvé vous cela juste mesdames d'être puni pour un acte de bonté à l'égard de ce lion qui adopta les orphelins de ces crimes et qui honoré les dettes des Dames Lionnes à l'égard de Yahvé, Dieu, Allah, Vishnou ou Éternel est l’Éternel. Oui malgré mon sens laïque, je crois au courage de la Charité et de la Valeur malgré tout j'ai perdu ma naïveté devant le Lâche, le Traitre, l’Envieux et la Haine. J'aime le regard tel le lion qui protège son territoire, Sa Lionne et Son Peuple et qui n'ose pas cacher son admiration devant les singes et les éléphants imprégné de sagesse et de Bonté... Le Courage de la Girafe, la Hargne de la Hyène, l'endurance du Serpent, la moquerie du Scorpion et les enseignements de la Mouche. Les Mouches indiquent l'eau et sont des reversoirs aussi utile que le Chameau et le Cheval... Les hirondelles qui faisait sourire les Femmes et les Enfants; Et malgré la Cruauté du Temps, il y avait toujours une place pour la valeur du Courage et du charitable... Voilà à partir de quoi et selon les percepts de Gordon Pacha et l’Enseignement de l’Écoute du Temps et de La Nature nous pouvons reconstruire Alep, Petra et tous ces Oasis qui faisait les charmes de nos querelles de Commerçants, de Patriarches et de Familles. Nous ne pourrons jamais éviter des querelles ou des discordes de Voisinages, mais Sauvegarder Notre Honneur, ça sera mon premier engagement d'Homme contre l'Esclavage, le Viol, la Torture, La Faim, La soif et pour l'équilibre, le partage, la manifestation, l'égalité, de réunion et de gréve."

Ecrit de
TAY
La chouette effraie.
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MessageSujet: Re: Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca   Aujourd'hui à 0:58

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Sur le souffle qui ombrage l'esprit ou le glaive de Y'becca
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